DÉCLARATION :
la CDS s’engage ! Sénégalaises, Sénégalais, engageons-nous !
La Conférence des leaders de la CDS s’est réunie le vendredi 04 septembre 2026 pour, entre autres questions, examiner la situation politique nationale.
À l’issue de ses travaux, la Conférence a constaté que l’espace politique national est aujourd’hui largement dominé par les positionnements des différentes catégories d’acteurs — partis au pouvoir, opposition et société civile — autour de la question des élections territoriales.
Pour la CDS, les autorités ont installé le pays, depuis février 2026, dans une situation d’illégalité en ce qui concerne le processus électoral, en violation manifeste des dispositions prévues par la loi électorale. Cette situation ne saurait perdurer. La CDS réaffirme donc avec force son exigence du strict respect des règles démocratiques et de l’organisation, dans les délais légaux, des élections départementales et municipales.
Sur l’accord avec le FMI
S’agissant de l’accord conclu entre les services du FMI et l’État du Sénégal, la CDS exige des pouvoirs publics la publication intégrale de son contenu, afin de permettre aux citoyens et aux organisations représentatives d’en apprécier la portée, les engagements qu’il comporte ainsi que les conséquences prévisibles sur la vie des populations, notamment sur les conditions d’existence des masses laborieuses.
En tout état de cause, la CDS ne saurait accepter que les errements du pouvoir populiste au cours de ces deux dernières années soient aujourd’hui payés par les masses populaires, dont le seul tort aurait été d’avoir cru aux promesses largement illusoires du couple Diomaye-Sonko et de lui avoir confié leur destin.
Deux ans après leur arrivée au pouvoir, une large partie de la population mesure désormais l’écart considérable entre les promesses faites et les réalités vécues au quotidien. Les difficultés économiques et sociales s’accumulent, tandis que les réponses apportées par le pouvoir apparaissent insuffisantes face à l’ampleur des attentes populaires.
Dans ce contexte, la CDS rejette fermement toute mesure susceptible de fragiliser davantage les conditions d’existence des populations, en particulier celles des travailleurs, des jeunes, des femmes, des retraités et des catégories les plus vulnérables.
Une situation sociale de plus en plus préoccupante
La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte marqué par une lutte pour le pouvoir au sommet de l’État. Pendant que les acteurs du pouvoir se livrent à des affrontements et à des positionnements politiques, les populations, elles, subissent de plein fouet les conséquences de la crise économique et sociale.
La vie quotidienne devient de plus en plus difficile, avec l’augmentation tous azimuts des prix des denrées et produits de consommation courante, la dégradation du pouvoir d’achat et la multiplication des incertitudes qui pèsent sur l’avenir des ménages.
Cependant, loin de briser la résistance des forces populaires, cette situation contribue à faire émerger une détermination croissante à défendre les droits sociaux et économiques. Les travailleurs de différents secteurs se mobilisent pour faire entendre leurs revendications et exiger le respect de leurs droits.
Ainsi, le FSDT, dont les revendications demeurent largement ignorées par les pouvoirs publics, est sur le pied de guerre et travaille à l’élaboration d’un plan d’action qui pourrait conduire à une nouvelle grève générale de 72 heures.
Dans le même temps, les anciens travailleurs de la Sotrac, de la Sias et d’Ama Sénégal observent depuis deux semaines une grève de la faim, s’exposant à des risques graves pour leur santé et faisant craindre de véritables drames humains. Face à cette situation, le silence et l’inaction des pouvoirs publics sont particulièrement préoccupants.
Dans le secteur de la santé, les médecins, pharmaciens et odontologistes regroupés au sein du SAMES ont annoncé une grève les 8 et 9 septembre. Cette situation traduit la persistance de graves difficultés dans les conditions de travail des personnels de santé et l’absence de réponses satisfaisantes à leurs revendications.
Que dire enfin des agents de la RTS, qui viennent de déposer un préavis de grève, dans une démarche inédite, en raison notamment de ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de leurs droits sociaux ? L’accord d’établissement, obtenu au terme d’une longue lutte et de près d’une décennie de négociations, est aujourd’hui remis en cause par la direction générale.
Face à l’accumulation de ces conflits sociaux, la CDS considère que les pouvoirs publics ne peuvent continuer à privilégier les luttes de positionnement politique et les querelles au sommet au détriment des préoccupations essentielles des travailleurs et des populations.
Solidarité avec les luttes populaires
Pour toutes ces raisons, la CDS exprime sa solidarité pleine et entière aux populations victimes des politiques qu’elle considère comme mortifères du régime Diomaye-Sonko. Elle réaffirme également son soutien aux masses travailleuses dans leurs luttes légitimes pour la défense de leurs droits et la satisfaction de leurs revendications.
La CDS appelle l’ensemble des forces vives de la Nation, les démocrates, les organisations syndicales, les forces sociales et citoyennes ainsi que toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à la justice sociale à se mobiliser massivement pour mettre fin au calvaire que vivent les populations.
La CDS estime que le changement attendu par le peuple ne pourra être véritablement porteur d’espoir que s’il s’accompagne d’une rupture avec les pratiques qui ont conduit à l’aggravation des difficultés sociales, économiques et démocratiques.
Dans ce combat, la CDS exhorte les forces de Gauche à prendre pleinement leur part de responsabilité. Elles doivent œuvrer à la construction d’une alternative politique crédible, démocratique et sociale, capable de répondre effectivement aux aspirations profondes des masses populaires et de porter un véritable projet de transformation de la société.
Pour sa part et en fidélité avec ses options doctrinales, la CDS s’engage à donner le meilleur d’elle-même pour contribuer, aux côtés de toutes les forces démocratiques et populaires, à la défense de la République, de la démocratie, de la justice sociale, des intérêts des travailleurs et des populations pour un Sénégal où il ferait bon vivre pour toutes ses filles et pour tous ses fils.
Fait à Dakar, le 06 septembre 2026 La Conférence des leaders
Contact : 77 643 90 68


