Je dois cet honneur au gouvernement égyptien et au Directeur général d’AfricaRice, à qui j’exprime toute ma gratitude.
L’exemple de l’Égypte, pays ayant atteint l’autosuffisance rizicole avec un rendement de 10 tonnes à l’hectare, le plus élevé au monde,a servi de boussole tout au long de débats particulièrement riches en enseignements.
Il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il n’existe pas de modèle agricole de portée universelle :ce sont les réalités du terrain qui doivent guider toute méthode.Cependant, il convient de retenir que toute démarche vers l’autosuffisance rizicole repose sur, au moins, quatre piliers essentiels :
1- Une recherche agricole forte et un conseil agricole et rural émancipé, conditions sine qua non pour concilier productivité et durabilité, tout en intégrant les innovations technologiques majeures ;
2) Un État visionnaire et stratège, qui assainit l’environnement de la production et de la commercialisation grâce à des investissements publics conséquents, des incitations financières et des facilités fiscales ;
3) Des exploitations familiales modernisées, engagées dans une dynamique continue de compétitivité, de diversification et de durabilité ;
4) Un secteur privé agricole dynamique, qui investit plus et mieux grâce au cadre incitatif créé par l’État.
En un mot comme en mille, il nous faut construire un véritable système d’innovation, ou mieux encore, une écologie de l’innovation.
Et n’oublions jamais ce que nous répètons à volonté : les problemes de l’agriculture sont à 30 pour cent dans les champs et à 70 pour cent en dehors.Ce qui légitime des approches systémiques et participatives.
Oui,nos pays ont de bonnes raisons de viser l’autosuffisance rizicole : il faut de » tout pour faire un monde » et , évidemment, de tout pour materialiser cet objectif .
