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Je fais partie de ceux qui ont baissé la garde, vaincu par la publicité sociale des patriotes. Risque générationnel que j’ai pris, fascination de l’attrait pour l’interdit ou pas ? Il fallait oser l’avenir comme disait l’autre, franchir le Rubicon, s’apprêter à goûter à ce menu alléchant, un pot-au- feu, qu’on mijote depuis dix ans, l’âge du Pastef, mais surtout faire l’effort de prêter une oreille attentive au puissant émetteur pour les bonnes choses, pour sauver le pays du « chaos ». Puis ouvrir encore les portugaises aux décibels du changement intégral, se cristalliser sur les talents culinaires du chef et ses nouvelles recettes.
L’idée d’organiser des agapes et la distribution d’un bonheur à nul autre pareil à travers le pays, résument toute la force et l’adhésion massive au projet. Son concepteur a promis, un visage radieux du pays avec le partage équitable du pib et le bonheur dans toutes les chaumières. Sonko, après avoir séduit, est à la barre, sauf que diantre, il traîne les pieds, s’il ne se fait pas désirer pour déclarer, décliner le « Projet» ?
La dpg est un rituel au bout de trois moins d’exercice, après la prise de fonction du Premier ministre. Un moment fort attendu où ce dernier, dégage sa vision et le mode opératoire dans la gestion du pays. C’est nous dire trivialement, à quelle sauce, on va être mangé ? Un discours soumis à la sagacité de l’Assemblée dans son rôle de contrôle de l’Exécutif, approuvé ou non par les représentants du peuple, dans leurs prérogatives, ces sentinelles qui veillent sur la consommation de la démocratie, dans l’application stricte des lois et règlements du pays.
Mais voilà contre toute attente, que surgit une peur bleue de servir le repas, faute d’être sûr d’avoir réussi la recette proposée. Quid des convives qui ont déjà pris l’apéro et qui attendent le chef ? En lieu et place, c’était d’abord le différemment de cette déclaration, l’option choisie, qui s’appuie sur du dilatoire infantile, de l’artifice, d’un règlement intérieur non remis à jour. On ergote sur la forme et non sur l’esprit républicain, démocratique de cette disposition organique pour cacher l’impréparation d’une équipe arrivée au pouvoir avec 54% des suffrages exprimés.
Mais, c’est sous la bronca, que Ousmane Sonko, change aujourd’hui de fusil d’épaule, en acceptant d’aller devant les représentants du peuple, mais escorté par un jury d’honneur, une nouveauté. Lequel jury, qui n’était pas là pour entériner avec les députés, la loi sur l’amnistie et témoigner sur les deals entre le Pastef et Macky Sall avant l’élargissement de prison, des tenants actuels du pouvoir.
La posture versatile permanente de Sonko, a de quoi inquiéter, qui plus est, bénie par le chef de l’État qui ne dit mot. Il semble aujourd’hui, que la rupture marche au feeling, aux humeurs d’un Premier ministre inarrêtable, qui s’arroge tout, qui a littéralement éclipsé, le président de la République. L’occupation, l’enflure médiatique sur tous les fronts du Premier ministre, suscitent maintes interrogations, surtout sur l’inversion des rôles, d’un président de la République élu à la place de son mentor politique. C’est étayer de manière péremptoire, factuelle, que la République est en danger, faute de lois, de règlements et même des règles les plus élémentaires de la bienséance, à respecter. Nous allons droit dans le mur quand, un ego démesuré dirige le pays, lorsqu’on a peur de lui donner des conseils, quand les bonnes vertus sont piétinées, lorsque la drogue du pouvoir, coule présentement dans les veines, lorsqu’on devient sans crier gare, des désormais honneurs-dépendants.
Sonko à la mission de servir le peuple comme il l’a toujours clamé.
Le ramdam, la théâtralisation autour de ce DPG, ne sauraient chasser de nos esprits, la grande devinette, les contours de cette énorme Arlésienne, de ce fantomatique projet, toujours dans la cuisine, sur les fourneaux entre les mains d’un grand chef, qui manifestement, n’a pas tous ses ingrédients.
En attendant nous nous contentons jusqu’ici, que de frugalité et de futilités, pour calmer nos crampes d’estomac, le temps de réceptionner la grande bouffe.
Cette situation farfelue avec cette presentation iconoclaste de la dpg, nous rappelle la belle formule de Macron « Du Cuba sans le soleil »,une situation analogue à ce qui se passe sous nos cieux.

Elng
Mamelles le 26 juin 2024