LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE MIGRANTS : UN OFFICIEL SÉNÉGALAIS PRÉCONISE UNE MEILLEURE COOPÉRATION INTERNATIONALE

Dakar, 4 oct (APS) – Le directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice, Yakham Lèye, a invité, mardi, à Dakar, les Etats engagés dans la lutte contre le trafic de migrants et la traite des personnes à s’appuyer sur ‘’les mécanismes de coopération pénale internationale’’ pour lutter plus efficacement contre ces fléaux.

‘’La coopération internationale est devenue un outil incontournable, si nous voulons démanteler les groupes organisés et faire en sorte que le gain criminel ne puisse échapper à la sanction pénale’’, a-t-il dit.

‘’La mise en place des outils en est un pas très important qu’il faut consolider par l’ensemble des Etats, ainsi qu’une implication active de tous les acteurs opérationnels’’, a recommandé M. Lèye. Il intervenait à un séminaire sur le renforcement de la coopération judiciaire et policière dans la lutte contre le trafic de migrants et la traite des personnes. Des responsables de la délégation de l’Union européenne au Sénégal participent à ce séminaire, de même que Mame Seydou Ndour, le directeur de la police de l’air et des frontières. Des magistrats et des policiers venus de la Côte d’Ivoire, d’Espagne, de la France, de la Gambie, de la Guinée, de la Mauritanie, du Niger et du Sénégal y prennent part. Yakham Lèye a relevé ‘’la faible coopération entre les intervenants de la chaîne pénale’’. C’est l’une des principales difficultés notées dans la lutte contre le trafic de migrants et la traite des personnes, selon lui. ‘’L’analyse de nos pratiques juridiques et l’examen du flux de dossiers d’entraide pénale laisse apparaître une faible utilisation des mécanismes de coopération pénale internationale’’, a souligné M. Lèye. Au niveau judiciaire, par exemple, ‘’les magistrats ont très peu recours aux demandes d’entraide pénale internationale’’, alors que le trafic des migrants relève de la ‘’criminalité transfrontalière’’ et ne peut être combattu, selon lui, qu’en limitant les investigations à l’intérieur des frontières.

‘’Il est important que les acteurs puissent se connaître, identifier les canaux de coopération et mettre en commun les bonnes pratiques qui permettront de venir à bout de ces fléaux’’, a insisté Yakham Lèye.

Selon le directeur des affaires criminelles et des grâces, la traite des personnes présente des ‘’éléments d’extranéité’’. Pour cette raison, les intervenants (commissaires de police judiciaire et magistrats) doivent être suffisamment outillés pour exploiter les canaux de coopération, pour plus d’efficacité dans la lutte contre ce phénomène. Lèye a rappelé que le trafic de migrants est la troisième activité criminelle la plus lucrative après le trafic de drogue et le trafic d’armes. Ce phénomène ‘’affecte notre jeunesse et l’avenir de nos nations’’, a-t-il dit.SK/BK/ESF
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