Ziguinchor/Les chiffres et les données désastreux de la santé de l’hôpital régional.

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Ziguinchor/Les chiffres et les données désastreux de la santé de l’hôpital régional.

https://www.dakaractu.com Le centre hospitalier régional de Ziguinchor qui est un hôpital de niveau 2 souffre en silence depuis des décennies.
Les autorités étatiques sont bel et bien courant et « malheureusement rien n’est fait et la situation s’empire au fil des ans », rouspète Siméon Faye Sg de la Sous-Section Cnts.
Le premier problème évoqué par le syndicaliste est la situation désastreuse des agents. Joint par téléphone, le représentant de Mody Guiro informe que « les agents du centre hospitalier régional de Ziguinchor recrutés en 2003 dans le décret 74-347 n’ont jamais bénéficié d’avancement dans leurs carrières. La majeure partie des 85 stagiaires sont dans la structure depuis 10 ans grâce à un mois de break qui permet à l’administration de les utiliser de manière continue. »

La thérapie des ressources humaines, malades de tous bords.

La situation des ressources humaines du centre hospitalier de Ziguinchor se dessine telle un malade qui sollicite la prise en charge d’un spécialiste. Selon Siméon Faye « au total l’Etat a recruté 87 agents et 187 sont des contractuels de l’hôpital », fait-il savoir.
De façon détaillé, il poursuit : « pour les agents de l’Etat : 16 médecins, le personnel paramédical 52 agents et le personnel administratif d’appoint c’est 19» et « pour les contractuels : 12 médecins, 95 agents pour le personnel paramédical et 80 agents pour le personnel administratif d’appoint », fait-il savoir.
Il souligne que « l’hôpital n’est pas en mesure de prendre en charge tout le personnel car les recettes sont infimes et cela est dû à la pauvreté de la population appauvrie par la crise trentenaire. C’est pourquoi l’hôpital a les tarifs les plus faibles au Sénégal. Ce qui ne permet pas à la structure de faire des recettes à la hauteur des dépenses », regrette Siméon qui impute la responsabilité à l’Etat qui, dit-il, a abandonné la direction et l’hôpital.
Il enfonce le clou pour dire que «depuis quelques années, l’hôpital manque de médecin spécialiste surtout un cardiologue en cette période de pandémie de Covid-19.
L’un était affecté à Diamniadio et depuis le décès de l’autre, personne n’a été réaffecté. On n’a pas un médecin réanimateur depuis des années. Celui qui est là est un stagiaire.
Depuis trois ans, l’hôpital n’a pas de médecin anesthésiste. Le ministère le sait et fait la sourde oreille. On a que des techniciens en anesthésie. Dans le service d’accueil des Urgences, aucun n’est urgentiste parmi les médecins.
La garde séniorale n’est pas respectée, on n’a pas assez de médecins. La plupart des médecins qui se relaient à la garde sont des étudiants de l’université Assane Seck de Ziguinchor. Aucun médecin sénior n’accompagne ces jeunes la nuit.Le centre de néphrologie est géré lui aussi par un stagiaire.»

Les dettes risquent de précipiter la structure dans le gouffre.

La situation des créances de la structure est énorme. Les dettes de l’hôpital qui est une référence dans la partie méridionale et même en la Guinée Bissau, sont énormes. Le syndicaliste de faire le point : « Le centre hospitalier régional de Ziguinchor n’a pas d’Ipm depuis sa création. Ce qui fait que le personnel contractuel est dépourvu de prise en charge médicale adéquate. La dette s’élève à plus de 140.000.000 francs Cfa. La prise en charge médicale des fonctionnaires de l’Etat dépasse les 200.000.000.
Le plan Sésame de l’Etat s’élève à 123.656.381 francs Cfa et celui de l’Ipres est à plus de 64.000.000 francs Cfa. Les frais de césarienne avoisine les 200.000.000f Cfa, plus de 60.000.000f Cfa pour l’hémodialyse et la dette de l’Etat est estimée à 724.811.942 francs Cfa », explique Siméon Faye qui ajoute que la dette de l’Ipres jusqu’à la date du 01 juin 2020, a atteint la barre de 181.876.989f Cfa.
L’Ipres n’est pas en mesure de verser leurs pensions aux retraités et aux agents qui sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions pour défaut de cotisation.

Des médecins stagiaires aux manettes des spécialités très sensibles.

Au-delà de ce que le syndicaliste a indiqué à Dakaractu, nos sources concordantes nous ont signifiés que soixante-dix-huit agents parmi les contractuels ne bénéficient pas de la motivation exceptionnelle appelée Nepad.
Les heures supplémentaires sont payées annuellement à hauteur de moins de 50.000f par agent. Le centre n’a pas de cardiologue. Le seul qui y était est décédé et jusque-là pas de remplaçant, il manque de médecin anesthésiste, de médecin réanimateur, celui qui est là est en stage pour six mois. Malgré l’implantation du centre de dialyse de Ziguinchor, le centre n’a pas connu l’affectation d’un néphrologue. C’est un médecin en stage rural qui fait office de spécialiste en la matière. Il a rempilé son stage au mois d’août qui était de six mois vu l’absence du prestataire de service à qui le centre a signé un contrat. Il n’y a pas de médecin urgentiste. Le manque criard d’ambulance médicalisée d’où nos difficultés d’évacuer nos malades…


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