Système de récépissé d’entrepôt de marchandises au Sénégal : L’Etat engage la lutte contre les pertes post-récoltes

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Système de récépissé d’entrepôt de marchandises au Sénégal : L’Etat engage la lutte contre les pertes post-récoltes

http://lesoleil.sn Mis en place au Sénégal à travers la loi 2017-29 du 14 juillet 2017, le Système de récépissé d’entrepôt de marchandises au Sénégal (Sre) a, entre autres objectifs, de lutter contre les pertes post-récoltes. Le dispositif est actuellement testé sur la commercialisation de la noix de cajou dans les régions de Kolda, Ziguinchor et Sédhiou.
Les pertes post-récoltes constituent un problème majeur de l’agriculture sénégalaise. Selon des données du ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural, elles représentent 15 % de la production, toutes céréales confondues. Les mauvaises pratiques de stockage sont la principale cause de ces pertes. Pour remédier à cette situation, le Sénégal a adopté, depuis trois ans, la loi 2017-29 du 14 juillet 2017 portant Système de récépissé d’entrepôt de marchandises (Sre), qui a eu du succès dans plusieurs pays du monde. Ce dispositif vise à aider les producteurs agricoles, les commerçants et les transformateurs à éviter les pertes post-récoltes et le bradage des récoltes, à réduire les coûts de la logistique et du transport, à faciliter le financement bancaire dans l’agriculture et, enfin, la commercialisation des productions agricoles. Après avoir été expérimenté avec succès, en 2018, dans la vallée du Fleuve Sénégal, avec la filière riz, le ministère du Commerce, grâce à l’aide de la Société financière internationale (Sfi), du groupe de la Banque mondiale, est en train de tester le système sur la commercialisation de la noix de cajou brute dans les régions de Kolda, Ziguinchor et Sédhiou. Cette phase pilote a démarré le 27 mai et court jusqu’au 30 septembre. Durant cette période, il est mis gratuitement à la disposition des producteurs, des commerçants et des transformateurs de noix de cajou brutes des entrepôts gérés par un entreposeur professionnel qui émettra des récépissés sur base de la marchandise déposée en entrepôt. Ces récépissés pourront être utilisés par leurs détenteurs pour l’obtention d’un prêt auprès des banques partenaires uniquement pendant la durée de la phase pilote.

Un moyen d’accès aux crédits bancaires

Le processus est simple. Le Système de récépissé d’entrepôt de marchandises permet au propriétaire de produits agricoles de déposer sa marchandise dans un entrepôt agréé et de recevoir, en contrepartie, un titre de propriété dénommé récépissé d’entrepôt qui fera foi de la quantité et de la qualité du produit stocké. Le détenteur d’un récépissé d’entrepôt peut alors souscrire à un crédit auprès d’une banque ou d’une institution du système financier décentralisé. Ainsi, il pourra décider du moment de la vente de sa marchandise et faire face à ses besoins financiers. Ce, sans avoir à brader sa récolte. Les commerçants et les transformateurs peuvent aussi utiliser ce mécanisme pour financer leurs stocks en entrepôt agréés afin d’accroître leurs activités et leur capacité de transformation.

L’anacarde, une filière porteuse en expansion

Le choix de tester le Système de récépissé d’entrepôt de marchandises sur la commercialisation de l’anacarde n’est pas anodin. Cette filière est en plein essor en Casamance, dans les trois régions au sud du pays qui constituent cette région naturelle. La zone d’intervention de la phase pilote couvre une superficie moyenne de 18 000 hectares répartie entre les régions de Kolda (8000 ha), de Sédhiou (7000 ha) et de Ziguinchor (3000 ha), soit 80 % des plantations d’anacarde au Sénégal. Chacune des trois régions dispose d’un entrepôt de stockage répondant aux normes et implanté à proximité des zones de production et de commercialisation des noix de cajou brutes. Avec l’application de la recommandation gouvernementale privilégiant l’exportation de la noix de cajou brute par voie maritime, le port de Ziguinchor est devenu un véritable hub de transit pour ce produit, avec des flux ayant atteint plus de 55 000 tonnes en 2019. En effet, avec l’application de la mesure, le port de Ziguinchor est devenu l’unique point de sortie des noix de cajou brutes en provenance des régions de Sédhiou et de Kolda, voire des pays limitrophes, tels que la Gambie et la Guinée-Bissau.


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