SITUATION TENDUE A L’UNIVERSITÉ DE THIÈS : La rectrice recadre le Saes

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SITUATION TENDUE A L’UNIVERSITÉ DE THIÈS : La rectrice recadre le Saes

http://www.enqueteplus.com La professeure Ramatoulaye Diagne Mbengue, que le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes)/ Section Thiès, accuse de ‘’mauvaise’’ gestion de l’institution universitaire, s’est défendue hier. Elle affirme aussi n’être pas mêlée à ‘’cette question du foncier’’ dont on veut lui faire porter le chapeau.   
Depuis quelques semaines, un vent d’agitation ponctué par une grève incessante souffle dans les campus de l’université de Thiès (UT). Les remous persistent. D’un côté, les syndicalistes et, de l’autre, la patronne de l’UT. Ce mardi et hier mercredi, les enseignants membres du Saes/Section Thiès ont décrété à nouveau 48 heures de grève pour dénoncer la ‘’mauvaise’’ gestion de l’établissement universitaire par la rectrice.
Il est reproché, entre autres, à la rectrice Ramatoulaye Diagne Mbengue de bloquer le fonctionnement de l’université, en refusant de procéder au recrutement d’un personnel enseignant suffisant. Face à cette atmosphère tendue, elle a mis à profit, hier, le point de presse de présentation du projet d’optimisation de la chimio-prévention du paludisme saisonnier pour contrattaquer. ‘’Il est vrai que depuis quelque temps, notre famille (l’université de Thiès) est agitée par quelques mouvements, et notamment le Saes de Thiès qui a posé un certain nombre de questions. J’ai déjà apporté certains éclaircissements. Je voudrais situer mon propos avant de revenir sur ces questions-là. Je considère que nous sommes une famille et nous sommes également une jeune université. Et il n’y a pas de maturation sans difficulté. Comme dirait Hegel (Georg Wilhelm Friedrich Hegel, philosophe allemand né le 27 août 1770 à Stuttgart et décédé le 14 novembre 1831 à Berlin, NDLR), parfois on ne peut s’opposer qu’en s’opposant. La négation, les oppositions font partie de la vie et de la lente maturation qui nous permet de devenir véritablement ce que nous sommes’’, a lancé aux enseignants grévistes la professeure Ramatoulaye Diagne Mbengue.
Poursuivant sa logique de situer les responsabilités que traverse l’université de Thiès depuis quelques semaines, la première femme rectrice du Sénégal a insisté sur le fait que les uns et les autres doivent penser au processus de maturation de la jeune université de la cité du Rail. Lorsque certaines questions sont posées, a-t-elle ajouté, elles nous obligent à ‘’nous asseoir et à nous demander ce que nous voulons’’. Pour elle, le climat qui prévaut actuellement au sein de l’institution universitaire est tout simplement un quiproquo. ‘’Le malentendu consiste à parler de gestion des fonds concernant deux choses. Je répéterai  : la gestion de deux choses a été posée. La première question de gestion concernait le foncier. Vous savez que les recteurs ne s’occupent pas à proprement parler du foncier. C’est le ministère (Enseignement supérieur) et l’Agence de construction du patrimoine bâti et des édifices publics qui s’occupent du foncier (…). Il se trouve qu’il y a quatre ans de cela, en 2017, un terrain était prévu pour abriter le rectorat. Je n’étais pas encore recteur. Je pense que le recteur d’alors (Matar Mour Seck) a échangé ces trois hectares ravinés contre deux hectares sur lesquels sont en train d’être construites des infrastructures pour notre université. Donc, vous voyez que je n’y suis pour rien’’, s’est disculpée le professeur de philosophie.

‘’Je ne suis pas mêlée à cette histoire de foncier’’

Clamant haut et fort ne pas être mêlée à cette histoire de foncier sur une superficie de trois hectares, la rectrice de l’université de Thiès a indiqué que n’eût été la continuité de l’Administration, elle n’aurait pas hérité de ce dossier.
Cependant, Ramatoulaye Diagne Mbengue affirme continuer la réflexion pour voir ‘’exactement ce qu’il en est’’. En attendant, le professeur titulaire des universités précise que son souci principal est de sécuriser le patrimoine de l’université, dans la mesure où celle-ci est en perpétuelle construction sur le site de la voie de contournement nord (VCN).
De l’avis de la patronne de l’UT, il est important que ce site soit matriculé et sécurisé comme étant le site de l’université de Thiès.
Un autre point soulevé par le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur, c’est celui qui traite des postes d’enseignants qui ont été octroyés à l’université. Sur ce point précis, le coordonnateur de la section Saes de Thiès, le Dr Mamadou Tandiang Diaw, et ses collègues accusent Ramatoulaye Diagne de bloquer le processus de recrutement. Faux ! Rétorque-t-elle. Avant de rappeler que les défis de l’heure de l’UT concernent, en grande partie, le paiement des salaires des vacataires. Car, renchérit-elle, à l’université de Thiès, deux professeurs sur trois sont des vacataires. ‘’Nous avons réfléchi et dit que notre université a un défi important à relever.
Le premier défi, c’est de parvenir à payer les vacations à temps, parce que les vacataires qui nous accompagnent et dont notre institution dépend largement sont des mères et pères de famille qu’il nous faut payer. Lorsque je suis arrivée, il y avait quand même beaucoup d’arriérés de vacation, mais on a réussi à les éponger (…)’’, s’est-elle défendue. Restant toujours sur cette question, elle précise que les 20 postes dont parlent les syndicalistes du Saes ont été octroyés à l’UT par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, outre les 20 autres prévus et qui seront pris en charge par l’institution universitaire.
Par contre, elle a ajouté que la masse salariale des 20 postes viendrait après le recrutement et que l’UT ne peut pas payer 40 postes. ‘’Telle est la situation. Je pense qu’il y a eu ce malentendu, et finalement il est retenu que les 20 postes seront notifiés au directeur d’établissement pour qu’il procède au recrutement. Je puis vous assurer et vous rassurer que tout s’est passé de manière très claire’’, a conclu la professeure Ramatoulaye Diagne Mbengue.

… Qui hausse le ton    

Aussitôt après la sortie de la rectrice pour faire quelques précisions sur les points qui poussent les enseignants de l’université de Thiès à se radicaliser, la coordination Saes locale n’a pas tardé à contre-attaquer. Une mise au point au goût amer et qui pollue davantage l’atmosphère.
Le coordonnateur du Saes de l’université de Thiès et ses camarades ont décidé, dans leur réponse, de hausser le ton. Entre Ramatoulaye Diagne Mbengue et les enseignants affiliés au Saes, ce n’est plus le grand amour. Les derniers nommés dénoncent une ‘’vision dictatoriale des projets’’ et s’indignent de sa réponse.
‘’Au moment où nous attendions des propositions de sortie de crise avec la médiation du ministère de tutelle, nous avons appris, dans la presse, la sortie de Madame le Recteur au cours d’une séance d’information sur le projet OPT-SMC. C’était également une occasion pour Madame le Recteur de partager sa vision dictatoriale sur les projets. Quelle honte !’’, déplore dans un communiqué le coordonnateur de la section Saes de l’université de Thiès.
Mamadou Tandiang Diaw ne s’en est pas tenu à ça. Il trouve, dans la réponse que leur a servi la rectrice Ramatoulaye Diagne Mbengue, un ‘’caractère irrespectueux de Madame le Recteur qui, au moment où nous l’attendons sur la table de négociations afin de trouver des solutions aux différents points de revendications et de dépasser cette situation qui n’honore personne, a préféré nous divertir avec son interprétation personnelle (et de ses services) sur le régime financier’’. La coordination Saes de l’UT condamne et trouve sans fondement les propos de la rectrice.
De plus, Mamadou Tandiang Diaw et ses collègues continuent à dénoncer un parfum de mauvaise gestion de l’institution universitaire établie dans la région du Rail. ‘’Le Saes voudrait rappeler à l’opinion publique nationale et internationale que jusqu’en août 2018, les projets étaient gérés dans les établissements de l’UT. Et aucun d’eux n’a connu de problème jusqu’à cette date. C’est uniquement suite à des suspicions de malversations sur une caisse qui n’avait rien à voir avec les projets, que le conseil de gestion du 16 août 2018 avait, de façon conservatoire, décidé de fermer les régis de recettes et de (provisoirement) tout gérer au niveau central’’, précise le Dr Tandiang Diaw dans le document remis à la presse.
Depuis le début de cette semaine, poursuit le texte, la coordination constate le mutisme de la rectrice, qui semble renouer avec sa politique habituelle de ‘’pourrissement’’. D’ailleurs, les enseignants grévistes accusent le Pr. Ramatoulaye Diagne Mbengue d’être ‘’la seule responsable des perturbations actuelles à l’UT’’. GAUSTIN DIATTA (THIÈS)


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