Revue de presse du Vendredi 24 Juillet 2020

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Discours de Dakar : Nicolas Sarkozy signe et persiste

https://www.financialafrik.com Dans son nouveau livre de 523 pages intitulé «Le temps des tempêtes» (Editions de l’Observatoire), écrit par temps de confinement depuis sa résidence au Cap Nègre, l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, revient sur les épisodes marquants des deux premières années de son mandat à l’Elysée.
De son divorce retentissant avec Cécilia aux signes avant-coureurs du monumental scandale Dominique Strauss Kahn en passant par le portrait au vitriol de quelques adversaires politiques, Nicolas Sarkozy livre des détails croustillants sur la période allant de son élection en 2007 à la crise financière de 2008. Et bien sûr, il a été question de ce fameux discours de Dakar où il avait déclaré que «l’Afrique n’était pas suffisamment entré dans l’histoire».
Treize ans plus tard, celui que l’on pensait piégé par l’un de ses plumitifs et idéologues dissipe toute ambiguïté : s’il fallait le répéter, je le referai », a-t-il dit en substance dans son livre-événement en librairie à partir du 24 juillet 2020. «l’Afrique est responsable des malheurs qui lui arrivent», assène celui qui considère que son déplacement à Dakar et le discours qui porte son nom « constituèrent la première difficulté de mon quinquennat ». Sur le fond, je n’ai rien à renier”, écrit Nicolas Sarkozy. “Je crois encore aujourd’hui que l’Afrique a une part de responsabilité dans son propre malheur.”
Sur le plan politique, Nicolas Sarkozy, raconte avoir été surpris par la polémique, et confesse une “erreur”. “Je dois reconnaître que je suis rentré tout seul dans le piège politique où mes adversaires souhaitaient me voir tomber”, raconte-t-il alors que l’on pensait que le piège en question, s’il existe, était l’oeuvre de son conseiller Henri Guaino, à l’époque incontournable. “Ai-je trop voulu en dire ? L’ai-je dit trop franchement, ou trop brutalement, ou les deux à la fois ? (…), s’interroge celui que les français sortiront de l’Elysée après un seul mandat. “C’était une erreur”, ajoute-t-il du bout de la plume.
Et de conclure avec l’excuse habituelle des amis de l’Afrique : “Je le regrette d’autant plus que j’aime profondément l’Afrique et les Africains.” « Ce déplacement était difficile dès le départ”, confesse celui qui avait créé le ministère de l’identité française et pesé de tout son poids pour emmener les historiens et les législateurs à faire valider une loi sur les bienfaits de la colonisation. Quel message voulait-il donc porter à Dakar ? “Je voulais aborder franchement la question d’une maîtrise des flux migratoires. Je voulais aussi refuser la repentance. Mais j’avais bien l’intention de qualifier l’esclavage de crime contre l’humanité ». Des objectifs politiques et idéologiques qui l’ont conduit finalement au dérapage dans une université au nom de Cheikh Anta Diop plus que symbolique et devant un auditoire abasourdi, qui mettra plusieurs heures, voire des jours, avant de revenir sur ses propres applaudissements.  Albert Savana

Voici l’intégralité du discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy

Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l’on doit à des amis que l’on aime et que l’on respecte. J’aime l’Afrique, je respecte et j’aime les Africains. Entre le Sénégal et la France, l’histoire a tissé les liens d’une amitié que nul ne peut défaire. Cette amitié est forte et sincère. C’est pour cela que j’ai souhaité adresser, de Dakar, le salut fraternel de la France à l’Afrique toute entière.
Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique.
Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la souffrance, frères dans l’humiliation, frères dans la révolte, frères dans l’espérance, frères dans le sentiment que vous éprouvez d’une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, foi qui se transmet de génération en génération et que l’exil lui-même ne peut effacer.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour m’apitoyer sur votre sort parce que votre sort est d’abord entre vos mains. Que feriez-vous, fière jeunesse africaine de ma pitié ?
Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s’efface pas.
Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.
Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité toute entière.
Et l’homme noir qui éternellement “entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l’un d’entre eux qu’on jette à la mer”. Cet homme noir qui ne peut s’empêcher de se répéter sans fin ” Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes “. Cet homme noir, je veux le dire ici à Dakar, a le visage de tous les hommes du monde.
Cette souffrance de l’homme noir, je ne parle pas de l’homme au sens du sexe, je parle de l’homme au sens de l’être humain et bien sûr de la femme et de l’homme dans son acceptation générale. Cette souffrance de l’homme noir, c’est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l’âme de l’homme noir est une blessure ouverte dans l’âme de tous les hommes.
Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance sont les nôtres et sont donc les miennes.
Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance.
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non d’oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir.
Je suis venu, jeunes d’Afrique, regarder en face avec vous notre histoire commune.
L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s’est entretué en Afrique au moins autant qu’en Europe. Mais il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont coupé vos pères de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l’Afrique.
Ils ont eu tort.
Ils n’ont pas vu la profondeur et la richesse de l’âme africaine. Ils ont cru qu’ils étaient supérieurs, qu’ils étaient plus avancés, qu’ils étaient le progrès, qu’ils étaient la civilisation.
Ils ont eu tort.
Ils ont voulu convertir l’homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu’ils avaient tous les droits, ils ont cru qu’ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l’Afrique, plus puissants que l’âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d’Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.
Ils ont eu tort.
Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.
Ils ont eu tort.
Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre. Ils ont nourri la haine. Ils ont rendu plus difficile l’ouverture aux autres, l’échange, le partage parce que pour s’ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être assuré de son identité, de ses valeurs, de ses convictions. Face au colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l’autre, par la crainte de l’avenir.
Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.
Il a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs.
Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l’aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l’amour sans voir qu’ils semaient la révolte et la haine.
La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution.
Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant.
La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé l’estime de soi et fit naître dans son cœur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres.
La colonisation fut une grande faute mais de cette grande faute est né l’embryon d’une destinée commune. Et cette idée me tient particulièrement à cœur.
La colonisation fut une faute qui a changé le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.
Et la France n’oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté.
Nul ne peut faire comme si rien n’était arrivé.
Nul ne peut faire comme si cette faute n’avait pas été commise.
Nul ne peut faire comme si cette histoire n’avait pas eu lieu.
Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a transformé l’homme africain et l’homme européen.
Jeunes d’Afrique, vous êtes les héritiers des plus vieilles traditions africaines et vous êtes les héritiers de tout ce que l’Occident a déposé dans le cœur et dans l’âme de l’Afrique.
Jeunes d’Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de vos ancêtres, mais désormais la civilisation européenne vous appartient aussi.
Jeunes d’Afrique, ne cédez pas à la tentation de la pureté parce qu’elle est une maladie, une maladie de l’intelligence, et qui est ce qu’il y a de plus dangereux au monde.
Jeunes d’Afrique, ne vous coupez pas de ce qui vous enrichit, ne vous amputez pas d’une part de vous-même. La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme.
Je veux vous dire, jeunes d’Afrique, que le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa culture. Car, pour ce qui est de l’art, de la pensée et de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique.
L’art moderne doit presque tout à l’Afrique. L’influence de l’Afrique a contribué à changer non seulement l’idée de la beauté, non seulement le sens du rythme, de la musique, de la danse, mais même dit Senghor, la manière de marcher ou de rire du monde du XXème siècle.
Je veux donc dire, à la jeunesse d’Afrique, que le drame de l’Afrique ne vient pas de ce que l’âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen.
C’est en puisant dans l’imaginaire africain que vous ont légué vos ancêtres, c’est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui, depuis l’aube des temps, se transmettent et s’enrichissent de génération en génération que vous trouverez l’imagination et la force de vous inventer un avenir qui vous soit propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où vous vous sentirez enfin libres, libres, jeunes d’Afrique d’être vous-mêmes, libres de décider par vous-mêmes.
Je suis venu vous dire que vous n’avez pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu’elles ne vous tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu’elles sont un antidote au matérialisme et à l’individualisme qui asservissent l’homme moderne, qu’elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l’aplatissement du monde.
Je suis venu vous dire que l’homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l’homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires.
Je suis venu vous dire que cette déchirure entre ces deux parts de vous-mêmes est votre plus grande force, et votre plus grande faiblesse selon que vous vous efforcerez ou non d’en faire la synthèse.
Mais je suis aussi venu vous dire qu’il y a en vous, jeunes d’Afrique, deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l’Afrique et celle de l’Europe.
Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des leçons.
Je ne suis pas venu vous faire la morale.
Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne.
Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles.
Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance.
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire.
Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé.
Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance.
Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter.
Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de s’inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres.
Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l’Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde.
Le problème de l’Afrique, c’est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à regarder son accession à l’universel non comme un reniement de ce qu’elle est mais comme un accomplissement.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à se sentir l’héritière de tout ce qu’il y a d’universel dans toutes les civilisations humaines.
C’est de s’approprier les droits de l’homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes.
C’est de s’approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l’intelligence humaine.
Le défi de l’Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement est mortel.
Les civilisations sont grandes à la mesure de leur participation au grand métissage de l’esprit humain.
La faiblesse de l’Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher, l’Afrique, ce désengagement du monde qui l’a rendue si vulnérable. Mais, de ses malheurs, l’Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant à son tour. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l’Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale.
La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les cœurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’histoire.
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l’intolérance que l’intolérance, au racisme que le racisme.
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d’une histoire qui vous appartient aussi parce qu’elle fut l’histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents et de vos aïeux.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent faire sortir l’Afrique de l’histoire au nom de la tradition parce qu’une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous empêcher de prendre votre part dans l’aventure humaine, parce que sans vous, jeunes d’Afrique qui êtes la jeunesse du monde, l’aventure humaine sera moins belle.
N’écoutez pas jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous déraciner, vous priver de votre identité, faire table rase de tout ce qui est africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce que pour parler aux autres, il faut avoir quelque chose à leur dire.
Ecoutez plutôt, jeunes d’Afrique, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’histoire avaient placé l’Afrique.
Il disait, lui l’enfant de Joal, qui avait été bercé par les rhapsodies des griots, il disait :  ” nous sommes des métis culturels, et si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à vocation universelle, que notre message s’adresse aussi aux Français et aux autres hommes “.
Il disait aussi :  ” le français nous a fait don de ses mots abstraits -si rares dans nos langues maternelles. Chez nous les mots sont naturellement nimbés d’un halo de sève et de sang ; les mots du français eux rayonnent de mille feux, comme des diamants. Des fusées qui éclairent notre nuit “.
Ainsi parlait Léopold Senghor qui fait honneur à tout ce que l’humanité comprend d’intelligence. Ce grand poète et ce grand Africain voulait que l’Afrique se mit à parler à toute l’humanité et lui écrivait en français des poèmes pour tous les hommes.
Ces poèmes étaient des chants qui parlaient, à tous les hommes, d’êtres fabuleux qui gardent des fontaines, chantent dans les rivières et qui se cachent dans les arbres.
Des poèmes qui leur faisaient entendre les voix des morts du village et des ancêtres.
Des poèmes qui faisaient traverser des forêts de symboles et remonter jusqu’aux sources de la mémoire ancestrale que chaque peuple garde au fond de sa conscience comme l’adulte garde au fond de la sienne le souvenir du bonheur de l’enfance.
Car chaque peuple a connu ce temps de l’éternel présent, où il cherchait non à dominer l’univers mais à vivre en harmonie avec l’univers. Temps de la sensation, de l’instinct, de l’intuition. Temps du mystère et de l’initiation. Temps mystique où le sacré était partout, où tout était signes et correspondances. C’est le temps des magiciens, des sorciers et des chamanes. Le temps de la parole qui était grande, parce qu’elle se respecte et se répète de génération en génération, et transmet, de siècle en siècle, des légendes aussi anciennes que les dieux.
L’Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu’ils avaient partagé la même enfance. L’Afrique en a réveillé les joies simples, les bonheurs éphémères et ce besoin, ce besoin auquel je crois moi-même tant, ce besoin de croire plutôt que de comprendre, ce besoin de ressentir plutôt que de raisonner, ce besoin d’être en harmonie plutôt que d’être en conquête.
Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceux-là ont oublié que la Grèce antique qui nous a tant appris sur l’usage de la raison avait aussi ses sorciers, ses devins, ses cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore, aujourd’hui, un inestimable trésor de sagesse humaine.
L’Afrique qui a aussi ses grands poèmes dramatiques et ses légendes tragiques, en écoutant Sophocle, a entendu une voix plus familière qu’elle ne l’aurait crû et l’Occident a reconnu dans l’art africain des formes de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu’il éprouvait le besoin de ressusciter.
Alors entendez, jeunes d’Afrique, combien Rimbaud est africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en mettaient sur leurs masques, “masque noir, masque rouge, masque blanc–et-noir”.
Ouvrez les yeux, jeunes d’Afrique, et ne regardez plus, comme l’ont fait trop souvent vos aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour votre identité mais la civilisation mondiale comme quelque chose qui vous appartient aussi.
Dès lors que vous reconnaîtrez dans la sagesse universelle une part de la sagesse que vous tenez de vos pères et que vous aurez la volonté de la faire fructifier, alors commencera ce que j’appelle de mes vœux, la Renaissance africaine.
Dès lors que vous proclamerez que l’homme africain n’est pas voué à un destin qui serait fatalement tragique et que, partout en Afrique, il ne saurait y avoir d’autre but que le bonheur, alors commencera la Renaissance africaine.
Dès lors que vous, jeunes d’Afrique, vous déclarerez qu’il ne saurait y avoir d’autres finalités pour une politique africaine que l’unité de l’Afrique et l’unité du genre humain, alors commencera la Renaissance africaine.
Dès lors que vous regarderez bien en face la réalité de l’Afrique et que vous la prendrez à bras le corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l’Afrique, c’est qu’elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause.
Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l’Afrique.
La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.
La réalité de l’Afrique, c’est encore trop de famine, trop de misère.
La réalité de l’Afrique, c’est la rareté qui suscite la violence.
La réalité de l’Afrique, c’est le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez, c’est le manque de routes, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux.
La réalité de l’Afrique, c’est un grand gaspillage d’énergie, de courage, de talents, d’intelligence.
La réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes.
La Renaissance dont l’Afrique a besoin, vous seuls, Jeunes d’Afrique, vous pouvez l’accomplir parce que vous seuls en aurez la force.
Cette Renaissance, je suis venu vous la proposer. Je suis venu vous la proposer pour que nous l’accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de l’Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l’Europe et la Renaissance du monde.
Je sais l’envie de partir qu’éprouvent un si grand nombre d’entre vous confrontés aux difficultés de l’Afrique.
Je sais la tentation de l’exil qui pousse tant de jeunes Africains à aller chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas ici pour faire vivre leur famille.
Je sais ce qu’il faut de volonté, ce qu’il faut de courage pour tenter cette aventure, pour quitter sa patrie, la terre où l’on est né, où l’on a grandi, pour laisser derrière soi les lieux familiers où l’on a été heureux, l’amour d’une mère, d’un père ou d’un frère et cette solidarité, cette chaleur, cet esprit communautaire qui sont si forts en Afrique.
Je sais ce qu’il faut de force d’âme pour affronter le dépaysement, l’éloignement, la solitude.
Je sais ce que la plupart d’entre eux doivent affronter comme épreuves, comme difficultés, comme risques.
Je sais qu’ils iront parfois jusqu’à risquer leur vie pour aller jusqu’au bout de ce qu’ils croient être leur rêve.
Mais je sais que rien ne les retiendra.
Car rien ne retient jamais la jeunesse quand elle se croit portée par ses rêves.
Je ne crois pas que la jeunesse africaine ne soit poussée à partir que pour fuir la misère.
Je crois que la jeunesse africaine s’en va parce que, comme toutes les jeunesses, elle veut conquérir le monde.
Comme toutes les jeunesses, elle a le goût de l’aventure et du grand large.
Elle veut aller voir comment on vit, comment on pense, comment on travaille, comment on étudie ailleurs.
L’Afrique n’accomplira pas sa Renaissance en coupant les ailes de sa jeunesse. Mais l’Afrique a besoin de sa jeunesse.
La Renaissance de l’Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser.
La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que le monde lui appartient comme à toutes les jeunesses de la terre.
La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que tout deviendra possible comme tout semblait possible aux hommes de la Renaissance.
Alors, je sais bien que la jeunesse africaine, ne doit pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Elle ne peut pas être la seule jeunesse du monde qui n’a le choix qu’entre la clandestinité et le repliement sur soi.
Elle doit pouvoir acquérir, hors d’Afrique la compétence et le savoir qu’elle ne trouverait pas chez elle.
Mais elle doit aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents qu’elle aura développés. Il faut revenir bâtir l’Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence le dynamisme de ses cadres. Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines dont l’Afrique a besoin pour se développer.
Ce que veut la jeunesse africaine c’est de ne pas être à la merci des passeurs sans scrupules qui jouent avec votre vie.
Ce que veut la jeunesse d’Afrique, c’est que sa dignité soit préservée.
C’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir vivre décemment. C’est au fond, ce que veut toute l’Afrique. L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passe-droit.
Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect.
Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place.
Ce que veut l’Afrique est ce que veut la France, c’est la coopération, c’est l’association, c’est le partenariat entre des nations égales en droits et en devoirs.
Jeunesse africaine, vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C’est à vous d’en décider. La France ne décidera pas à votre place. Mais si vous choisissez la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France s’associera à vous pour les construire.
Jeunes d’Afrique, la mondialisation telle qu’elle se fait ne vous plaît pas. L’Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire.
Jeunes d’Afrique vous croyez que le libre échange est bénéfique mais que ce n’est pas une religion. Vous croyez que la concurrence est un moyen mais que ce n’est pas une fin en soi. Vous ne croyez pas au laisser-faire. Vous savez qu’à être trop naïve, l’Afrique serait condamnée à devenir la proie des prédateurs du monde entier. Et cela vous ne le voulez pas. Vous voulez une autre mondialisation, avec plus d’humanité, avec plus de justice, avec plus de règles.
Je suis venu vous dire que la France la veut aussi. Elle veut se battre avec l’Europe, elle veut se battre avec l’Afrique, elle veut se battre avec tous ceux, qui dans le monde, veulent changer la mondialisation. Si l’Afrique, la France et l’Europe le veulent ensemble, alors nous réussirons. Mais nous ne pouvons pas exprimer une volonté à votre place.
Jeunes d’Afrique, vous voulez le développement, vous voulez la croissance, vous voulez la hausse du niveau de vie.
Mais le voulez-vous vraiment ? Voulez-vous que cessent l’arbitraire, la corruption, la violence ? Voulez-vous que la propriété soit respectée, que l’argent soit investi au lieu d’être détourné ? Voulez-vous que l’État se remette à faire son métier, qu’il soit allégé des bureaucraties qui l’étouffent, qu’il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu’il domine les féodalités, qu’il domine les corporatismes ? Voulez-vous que partout règne l’État de droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu’il peut attendre des autres ?
Si vous le voulez, alors la France sera à vos côtés pour l’exiger, mais personne ne le voudra à votre place.
Voulez-vous qu’il n’y ait plus de famine sur la terre africaine ? Voulez-vous que, sur la terre africaine, il n’y ait plus jamais un seul enfant qui meure de faim ? Alors cherchez l’autosuffisance alimentaire. Alors développez les cultures vivrières. L’Afrique a d’abord besoin de produire pour se nourrir. Si c’est ce que vous voulez, jeunes d’Afrique, vous tenez entre vos mains l’avenir de l’Afrique, et la France travaillera avec vous pour bâtir cet avenir.
Vous voulez lutter contre la pollution ? Vous voulez que le développement soit durable ? Vous voulez que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Vous voulez que chacun paye le véritable coût de ce qu’il consomme ? Vous voulez développer les technologies propres ? C’est à vous de le décider. Mais si vous le décidez, la France sera à vos côtés.
Vous voulez la paix sur le continent africain ? Vous voulez la sécurité collective ? Vous voulez le règlement pacifique des conflits ? Vous voulez mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? C’est à vous, mes amis africains, de le décider . Et si vous le décidez, la France sera à vos côtés, comme une amie indéfectible, mais la France ne peut pas vouloir à la place de la jeunesse d’Afrique.
Vous voulez l’unité africaine ? La France le souhaite aussi.
Parce que la France souhaite l’unité de l’Afrique, car l’unité de l’Afrique rendra l’Afrique aux Africains.
Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est regarder en face les réalités. C’est faire la politique des réalités et non plus la politique des mythes.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c’est-à-dire le développement partagé.
La France veut avec l’Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est élaborer une stratégie commune dans la mondialisation.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une politique d’immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse africaine puisse être accueillie en France et dans toute l’Europe avec dignité et avec respect.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur.
Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est préparer l’avènement de l’Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique.
A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand projet de l’Union Méditerranéenne que la France a proposé à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux dire que, dans l’esprit de la France, il ne s’agit nullement de mettre à l’écart l’Afrique, qui s’étend au sud du Sahara mais, qu’au contraire, il s’agit de faire de cette Union le pivot de l’Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prospérité qu’Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble.
Alors, mes chers Amis, alors seulement, l’enfant noir de Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura et comprendra qu’il peut lever la tête et regarder avec confiance l’avenir. Et cet enfant noir de Camara Laye, il sentira réconciliées en lui les deux parts de lui-même. Et il se sentira enfin un homme comme tous les autres hommes de l’humanité.Je vous remercie.

Mali : la mission de la CEDEAO se termine en queue de poisson

https://www.financialafrik.com Le ton du Mouvement du 5 juin était aussi sec que le vent de l’harmattan. Les cinq chefs d’Etat de la CEDEAO arrivés ce jeudi 23 juillet à Bamako ont mesuré, de visu, la fracture béante entre le président Ibrahima Boubacar Keïta et le mouvement M5 RFP constitué d’un regroupement hétéroclite d’anciens ministres, de politiciens, de sympathisants islamistes. Bref, de toutes les catégories de maliens.
Le mouvement a réitéré sa demande de démission du président IBK appelant “leurs excellences, les chefs d’Etat, à s’incliner sur la mémoire des 23 victimes” des dernières manifestations. Les premières informations laissent comprendre que «les lignes n’ont pas bougé» entre les différentes parties.
En effet, dès sa sortie d’audience avec la délégation de la CEDEAO, l’Imam Mahmoud Dicko a indiqué que “les lignes n’ont pas bougé”, ajoutant avec un sourire stratège “pour le moment”. Les membres du M5 n’ont pas refusé de dialoguer, a-t-il encore précisé, mais, martèle-t-il, “nul ne peut venir leur imposer ses solutions”. Le parrain du mouvement du 5 juin a exprimé son insatisfaction des recommandations faites par la délégation des chefs d’État africains. Selon la personnalité morale du M5-RFP, “il est hors de question de se laisser gouverner par ceux qui ont été à l’origine des assassinats et des tirs à balles réelles survenus les 10, 11 et 12 juillet 2020. À l’en croire, ” le peuple malien n’est pas un peuple résigné “mais un peuple debout”.
Pour Mohamed Ali Bathily, Ancien Ministre de la justice du Mali, parlant de la délégation de chefs d’État de la CEDEAO : “le problème du Mali n’est pas seulement un problème de crise post-électorale mais plutôt de mal gouvernance, de favoritisme, de corruption, etc. Le protocole de la CEDEAO précisant qu’un chef d’État est élu pour cinq et qu’on ne peut pas exiger sa démission avant la fin de son mandat n’est pas mieux que la vie des Maliens qui sont morts lors de ces manifestations de désobéissance civile”.
De son côté, Choguel Kokalla Maiga, président par intérim du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), abonde dans le même sens. À l’en croire, le M5 a fait savoir lors de cette rencontre que «le problème du Mali ne peut pas se résumer au problème des élections, de gouvernement, mais doit englober la question mal gouvernance”. En clair, à Bamako rien de nouveau. La énième mission de médiation de la CEDEAO se termine en queue de poisson. Les chefs d’Etat se retrouveront lundi prochain en visioconférence pour statuer sur un casse-tête malien au potentiel de contagion élevé Daouda Bakary KONÉ

MISSION DE HAUT NIVEAU DE LA CEDEAO  : Pas de solution pour sortir de la crise


Libération Sénégal online
 Un sommet extraordinaire de l’Afrique de l’Ouest se tiendra par visioconférence lundi 27 juillet, a annoncé jeudi soir le Chef de l’Etat nigérien et président en exercice de la Cédéao, Mahamadou Issoufou. Annonce qui intervient à l’issue d’une journée de pourparlers à Bamako qui n’ont pas résolu la crise que traverse le Mali depuis juin.Des «mesures fortes pour accompagner le Mali»seront prises lors de ce rendez-vous,a précisé M.Issoufou.Source : Rfi

 Macky Sall au M5-RFP : «On n’est pas là pour imposer une voie(…)On ne peut pas négocier la démission d’IBK»

https://www.dakaractu.com Membre de la délégation de chefs d’État de la CEDEAO en mission de médiation à Bamako, le président sénégalais Macky Sall a tenu à rassurer le Mouvement du 05 –Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) sur leur réelle motivation. « On n’est pas au Mali pour imposer une voie. Nous ne sommes pas des dictateurs », a dit le chef de l’exécutif sénégalais au M5-RFP avec lequel lui et ses homologues du Niger, du Ghana, de la Cote d’Ivoire et du Nigeria s’entretiennent depuis quelques minutes à l’hôtel Sheraton de Bamako pour trouver une solution à la crise malienne.
Cette solution ne passera pas sans doute par la démission du président en exercice du Mali. En tout cas, c’est une option déjà écartée par les chefs d’État comme l’a rappelé le président Sall. « On n’est pas venu négocier la démission de IBK. On ne peut pas négocier sa démission », écarte Macky Sall.
Le président Issoufou du Niger a pour sa part assuré que les revendications du Mouvement du 05 juin seront exposées au sommet extraordinaire sur la situation malienne de la CEDEAO prévue la semaine prochaine.

Crise Au Mali : Les Propositions Du M5-RFP Aux Dirigeants De La CEDEAO

Les chefs de l’Etat du  Ghana, du Niger, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Nigeria ont  séjourné, ce jeudi, à Bamako  pour tenter,   à leur tour, après l’échec des négociations avec  les deux premières de la délégation de la CEDEAO,  d’obtenir un accord par  rapport à la contestation qui secoue  le Mali depuis maintenant  plus d’un mois.  
Cette énième médiation  n’est pas parvenue à un accord final tant le M5-RFP  avec  à sa tête l’imam Dicko est resté campé à sa position de demande de démission du Président de la République.  Sans tirer une conclusion officielle, ces dirigeants de la CEDEAO ont prévu, dans les prochains jours, un sommet par vidéoconférence pour entériner une décision.   En attendant, Maliweb.net  vous propose l’intégralité des propositions du M5  qui ont été soumises à la délégation des chefs  de l’Etat de la CEDEAO.

I-LES CAUSES DE LA CRISE ACTUELLE :

Le Président Ibrahim Boubacar Keïta a, dès son élection en 2013, mis en place un système de prédation fondée sur la corruption et l’impunité qui ont gravement impacté l’ensemble des secteurs de la vie sociale, économique, politique, administrative, culturelle et surtout la situation sécuritaire du Mali, voire de la sous-région.
Avec sa famille et ses amis, il a mis en place un véritable système de captation des richesses nationales, de mainmise sur l’appareil d’Etat et sur l’administration publique, de prise d’intérêts personnels dans tous les secteurs économiques et financiers.
Cette façon de gérer a empêché l’Etat d’assumer ses fonctions régaliennes de sécurité et de développement, et a conduit le Mali au bord du gouffre et compromet la stabilité dans le Sahel.

II-LES MANIFESTATIONS ET LES CONSEQUENCES DE LA CRISE AU MALI :

Ainsi, des faits et pratiques graves ont cours au Mali depuis l’élection de M. Ibrahim Boubacar Keïta, comme notamment :
▪ l’immixtion flagrante d’intérêts privés qui ont pris le contrôle total de la gestion des affaires publiques ;
▪ les détournements massifs et documentés des fonds alloués, y compris ceux alloués à nos Forces de défense et de sécurité, pour un pays en guerre et sous assistance africaine et internationale ;
▪ l’instrumentalisation de la crise au nord et au centre du pays ;
▪ le développement de toutes sortes de trafics et de pratiques impactant la sous-région ;
▪ la remise en cause de l’unité nationale et du vivre-ensemble par la création et l’entretien de milices ethniques, intercommunautaires ;
▪ le laxisme et les complicités dans la lutte contre le terrorisme qui a finalement pris racine dans des pays voisins et qui font de notre Pays, l’épicentre et le maillon faible dans la déstabilisation de la sous-région ;
▪ le non-respect de multiples engagements pour la décrispation de la situation sociopolitique et sécuritaire ;
▪ l’abandon de secteurs entiers de la vie socio-économique (école, santé, secteur agricole, infrastructures …) ;
▪ les disparitions forcées, les arrestations arbitraires et les incarcérations ;
▪ les violations réitérées de la Constitution ;
▪ les fraudes électorales qui ne permettent plus aux élections de jouer leur rôle régulateur, notamment lors du scrutin présidentiel de 2018 et des deux (2) tours de l’élection des députés en mars et avril 2020 ;
▪ les répressions sanglantes des dernières manifestations populaires, ayant causé au moins vingt-trois (23) morts et plus d’une centaine de blessés graves, par des forces spéciales antiterroristes (FORSAT) usant d’armements de guerre et de balles réelles contre des manifestants pacifiques à mains nues, dans les rues, les sièges des organisations politiques, les domiciles privés et même dans des lieux de culte.

III-LA RESPONSABILITE PLEINE ET ENTIERE DE M. IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA  :

En 2013, M. Ibrahim Boubacar Keïta a été quasiment plébiscité et nul n’a durablement contesté cette élection.
A l’inverse, son élection de 2018, largement entachée de fraudes, a été longuement contestée entraînant une profonde crise post-électorale.
C’est précisément une mission de la CEDEAO du 18 octobre 2018 conduite à Bamako par le Ministre des Affaires Étrangères du Nigeria, Président du Conseil des Ministres qui y a mis un terme en préconisant ce qui suit :
« Prenant acte de la prolongation de la législature actuelle selon l’avis de la cour constitutionnelle et au regard des dysfonctionnements largement reconnus et évoqués par tous les interlocuteurs lors du scrutin présidentiel passé, il est impératif que le Gouvernement et tous les acteurs socio-politiques conviennent, de manière consensuelle, d’entreprendre des réformes courageuses des cadres légaux, y compris la Constitution de février 1992, et du système électoral avant de s’engager dans les prochaines échéances électorales que compte mener le pays… ».
Au demeurant, les pratiques de mal-gouvernance voire de non-gouvernance instaurées par M. Ibrahim Boubacar Keïta et son régime ont :
a) rendu inopérantes les conclusions des différents Dialogues politiques internes ;
b) causé une rupture totale de la confiance entre le Chef de l’Etat, l’opposition politique et une bonne partie du corps social, en particulier les forces syndicales ;
c) conduit à une instabilité gouvernementale avec notamment les nominations de six (6) premiers ministres et autant de ministres chargés respectivement des secteurs régaliens de la Défense, de l’Administration territoriale, des Affaires étrangères, de Chefs d’Etats-Majors Généraux des Armées, alors que le Mali est en guerre contre le terrorisme et menacé de partition ;
d) et enfin, entraîné l’illégalité et la perte de légitimité de toutes les institutions de la République sans exception.

LA SOLUTION : LA DEMISSION DE M. IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA ET LA REFONDATION DE L’ETAT :

Après avoir essayé, sans succès, toutes les voies du dialogue et celles de droit pour résorber les conséquences de la crise, et pris acte de la confiscation du mécanisme électoral ôtant aux élections toute signification et toute fonction régulatrice du système démocratique, le M5-RFP, soucieux du devenir et de la survie du Mali, s’est engagé à :
1) Organiser des manifestations légales et pacifiques sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora pour amener M. Ibrahim Boubacar Keïta à prendre lui-même la décision de démissionner de la présidence de la République du Mali.
2) Agir exclusivement dans le cadre de la Loi, dans le strict respect de la Constitution et des engagements communautaires et internationaux du Mali.
3) Tirer les conséquences de la caducité du Mémorandum du 30 Juin 2020 qui proposait à M. Ibrahim Boubacar Keïta des solutions politiques de sortie de crise qui n’y a jamais répondu.
4) Eviter un vide au sommet de l’Etat et la rupture de la chaine de commandement militaire et sécuritaire par des discussions avec M. Ibrahim Boubacar Keïta.
Au constat de la volonté affichée de M. Ibrahim Boubacar Keïta de gagner du temps, et surtout, suite aux répressions meurtrières des manifestations populaires reprises à partir du 10 juillet 2020, le M5-RFP, lors des échanges avec une Mission de Médiation de la CEDEAO dépêchée au Mali sous la conduite de M. Goodluck JONATHAN, a soumis un document articulé autour de 4 points qui, malheureusement n’ont connu aucune suite.
5) A présent, les tueries de masse des 10, 11 et 12 juillet 2020 de 23 manifestants aux mains nues par des forces spéciales antiterroristes (FORSAT) ont ôté à M. Ibrahim Boubacar Keïta toute légitimité pour continuer à gouverner le Mali. Le M5-RFP travaille d’ailleurs au dépôt d’une plainte devant les juridictions nationales et la Cour Pénale Internationale (CPI) ;
6) Enfin, pour le M5-RFP, M. Ibrahim Boubacar Keïta manque manifestement de leadership et de capacité à présider aux destinées du Mali en tant que Nation en crise. Au demeurant, il a abandonné cette mission à des personnes qui n’en ont ni la légitimité, ni les compétences requises, ni même le souci du devenir du Mali.
En conclusion, le M5-RFP sollicite des Chefs d’Etats de la CEDEAO l’accompagnement du Peuple malien dans sa quête de sécurité, de paix et de prospérité socioéconomique, à travers la restauration d’un Mali démocratique, républicain et laïc, avec une gouvernance responsable et vertueuse.Maliweb

Les salaires et pensions virés pour 76,9 milliards de Fcfa

Libération Sénégal online -Selon les informations de Libération online, les salaires et pensions ont été virés pour un montant de 76,943 milliards FCFA. A titre de rappel, les avances tabaski des agents publics et des pensionnés d’un montant de 16,232 milliards FCFA ont été payées à fin juin

‘’Bonds Covid-19’’ : Le Sénégal cherche 103 milliards 130 millions de francs CFA pour atténuer les effets du Covid-19

IGFM – L’Etat du Sénégal va lancer une émission de bons assimilables du Trésor dénommée ‘’Bonds Covid-19’’, pour un montant de 103 milliards 130 millions de francs CFA, a appris l’APS jeudi de l’Agence UMOA-Titres.
La présente émission ‘’vise à permettre à l’émetteur de mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales dans le but de couvrir les décalages de trésorerie créés par la lutte contre la pandémie de Covid-19 et ses conséquences’’, précise une note d’information de l’Agence UMOA-Titres.
Elle rappelle que l’Etat du Sénégal a levé, début juin dernier, 38,5 milliards de francs CFA sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, au terme d’une émission d’obligations assimilables du Trésor d’un montant de 35 milliards de francs CFA.
A la fin de ce même mois de juin, il avait aussi récolté 82 milliards de francs CFA d’une émission simultanée d’obligations assimilables du Trésor de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique.
En mai, l’Agence UMOA-Titres annonçait la mobilisation, dans le cadre des ‘’Bons Social Covid–19’’, de ‘’plus de 1.000 milliards de francs CFA’’ sur le marché des titres publics de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, pour faire face aux besoins de financement des Etats membres.
Le programme d’émissions des ‘’Bons Social Covid–19’’, d’un montant d’environ 1.172 milliards de francs CFA, a été validé par les pays de l’Union, ‘’dans le cadre de la mise en œuvre des actions en vue d’atténuer les impacts négatifs de la pandémie liée au coronavirus’’.
Cette validation a été faite avec la collaboration des partenaires techniques et financiers.
Le but visé à travers ce nouvel instrument dénommé ‘’Bons Social Covid-19’’ est de ‘’permettre aux Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine de mobiliser les ressources financières leur permettant de faire face aux urgences liées à la lutte contre la pandémie’’.
L’Agence UMOA-Titres estime que ‘’l’exécution du programme des ‘Bons Social Covid-19’ au cours des mois d’avril et mai 2020 a connu un franc succès’’.
Elle évoque la participation de 85 investisseurs de l’UEMOA, ‘’une moyenne globale de couverture des émissions de l’ordre de 368 % et un taux moyen pondéré des émissions de 3,1433 %’’.
‘’La dispersion des taux autour de cette moyenne pondérée varie entre 2,7574 % et 3,5208 %’’, indique l’Agence UMOA-Titres.
Pour elle, le niveau important de la mobilisation des investisseurs en un temps relativement court démontre deux choses. La première, c’est ‘’l’engagement des acteurs pour le développement du marché des titres publics de l’UEMOA’’.< Il démontre ‘’aussi et surtout le niveau élevé de leur responsabilité sociale face à l’ampleur de la crise sanitaire qui ébranle le monde’’. Les ‘’Bons Social Covid-19’’ sont des bons assimilables du Trésor, d’une maturité de trois mois, émis par voie d’adjudication à des taux précomptés inférieurs ou égaux à 3,75 %. Ils bénéficient non seulement de l’accès au guichet classique de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi de l’accès à un guichet spécial Covid de refinancement à trois mois, au taux directeur fixe de 2,5%, sur toute leur durée de vie. Aps

L’activité économique est restée vigoureuse en 2019

https://www.lejecos.com Au regard de l’évolution de l’environnement international et de la conjoncture intérieure, l’activité économique du Sénégal est restée vigoureuse en 2019 avec un taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib) réel est estimé à 5,3%, contre 6,4% en 2018. Pour la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee), ce ralentissement s’explique par les contreperformances de certaines branches d’activité comme l’agriculture, les extractives, la fabrication de produits chimiques entre autres.

L’activité économique du Sénégal est restée vigoureuse en 2019. C’est du moins ce qui ressort d’une publication de la Dpee intitulée « situation économique et financière en 2019 et perspectives en 2020 ».

En effet, la structure confie que le taux de croissance du Pib réel est estimé à 5,3%, contre 6,4% en 2018. Un ralentissement qui est expliqué, d’après elle, par les contreperformances de certaines branches d’activité, notamment, l’agriculture, les extractives, la fabrication de produits chimiques, la construction, le commerce et les « activités spécialisées, scientifiques et techniques ».
Du côté des prix, le document indique que l’inflation mesurée par le déflateur du Pib, est estimée à 1,7% en 2019 contre -0,5% en 2018 suite au renchérissement des matières premières sur le marché international conjugué à la vigueur de la demande intérieure. En 2019, l’inflation mesurée par l’indice national des prix à la consommation (Inpc), est ressortie à 1,0% comparativement à la même période de 2018.
« En 2019, la gestion budgétaire a été marquée par la poursuite de la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) ainsi que les engagements souscrits à travers le programme économique et financier appuyé par les partenaires extérieurs », indique la Dpee. Qui ajoute que cette situation a bénéficié du renforcement du recouvrement des recettes mais également de la maîtrise progressive des charges de fonctionnement de l’administration. « Au total, le déficit budgétaire, dons compris, est ressorti à 537,5 milliards, soit 3,9% du Pib en 2019, contre 477,6 milliards (3,7% du Pib) en 2018 », fait-elle savoir.
A l’en croire, les échanges extérieurs se sont traduits par une atténuation du déficit du compte courant, passant de 1230 milliards en 2018 à 1087,5 milliards en 2019. Cependant, relève-t-elle, le solde global de la balance des paiements est ressorti excédentaire de 146,4 milliards en 2019 en liaison, notamment avec l’excédent enregistré au niveau du compte financier. S’agissant de la situation monétaire en 2019, elle a été marquée, selon la Dpee, par une progression des avoirs extérieurs nets (+146,5 milliards), une hausse des créances intérieures (+410,8 milliards) et une expansion de la masse monétaire de 8,2% (+432,3 milliards).Bassirou MBAYE

Uemoa : La liquidité propre des banques s’est consolidée de 6,3 milliards de FCFA

https://www.lejecos.com Au cours du mois d’avril 2020, la liquidité propre des banques s’est consolidée de 6,3 milliards, en lien avec le retour des billets aux guichets des banques (+106,4 milliards) et le solde positif des opérations avec les Etats et autres facteurs nets (+80,8 milliards).
L’information est donnée par la Bceao dans sa Note mensuelle de conjoncture économique d’avril 2020. Selon la Bceao, l’incidence de ces facteurs sur la liquidité a été en partie compensée par les émissions de transferts à destination de l’étranger, dont le solde est ressorti déficitaire de 180,9 milliards.
Elle ajoute que l’analyse de la mise en œuvre du dispositif des réserves obligatoires, au terme de la période de constitution échue le 15 avril 2020, fait apparaître une situation excédentaire pour les banques de l’Union par rapport aux réserves requises. Les réserves libres des banques, évaluées sur la période, sont ressorties à 1.242,8 milliards, soit 164,7% des réserves requises.
En lien avec l’orientation des facteurs autonomes, les engagements des banques envers la Banque Centrale en avril 2020 ont augmenté de 76,2 milliards par rapport à fin mars 2020.Adou FAYE

Impact du Covid sur la filière mangue : Baisse de 40% des exportations

https://www.lequotidien.sn Les exportations de mangues, qui étaient sur une courbe ascendante depuis plus de deux décennies, ont chuté de moitié cette année avec la crise du Covid-19. «Les exportations de mangues ont fait un bon important entre 1999 et 2018», a fait savoir Yasmina Hachem Sarr, membre de la Sénégalaise d’exportations de produits agricoles et de services (Sepas). Elle a évoqué à ce propos un passage de 288 tonnes à 21 mille tonnes entre ces deux années. Et avec le contexte de la pandémie en cours, la montée crescendo a été brisée. «Le Covid-19 est venu perturber cette dynamique enregistrée depuis 2014. De 21 mille tonnes en 2018, l’exportation du Sénégal est tombée, en raison de la pandémie, à 11 mille tonnes, soit une baisse de 40%, ramenant ainsi 10 ans en arrière», a poursuivi Mme Sarr, qui s’est exprimée à l’occasion de la toute première Journée nationale de la mangue. L’événement s’est déroulé au centre de conditionnement des mangues Feltiplex de Noflaye (commune de Sangalkam). Cela dit, Mme Sarr a soulevé, au nom des producteurs et exportateurs, les nombreuses contraintes qui plombent leur secteur d’activité. Celles-ci ont pour noms  : l’urbanisation galopante dans la zone des Niayes, le manque d’eau et d’infrastructures, la faible contribution de la zone Sud qui pourtant reste le plus grand bassin de production…  «L’essentiel de l’exportation du Sénégal vient des Niayes de plus en plus agressés par l’urbanisation, alors que le Sud du pays qui est le plus grand bassin de production, ne contribue que pour 4%», a-t-elle relevé, en appelant à la préservation des espaces dédiés dans les Niayes. «Nous sollicitons un plan d’accompagnement de la filière notamment les petits producteurs qui, dans les Niayes, sont en voie de disparition», a exhorté la dame s’activant dans le secteur depuis une trentaine d’années. Au sujet du manque d’eau, elle a regretté que seuls 2 forages sur les 8 du réseau de Berthiélane soient en marche, invitant ainsi le ministre de l’Agriculture à porter le plaidoyer à son homologue de l’Eau pour la résolution de ce problème qui handicape gravement l’horticulture dans la zone des Niayes.
Venu présider la journée, le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, Moussa Baldé, a manifesté le souhait d’insuffler une dynamique positive pour faire prospérer l’activité sur toute la chaîne de valeur. «C’est une journée désormais inscrite à l’agenda annuel du ministère et qui a pour objectif de regrouper tous les acteurs en vue d’échanger sur les contraintes auxquelles nous faisons face mais aussi les opportunités qu’offre l’environnement pour mieux booster la filière», a-t-il dit. «C’est une filière qui utilise plus de 25 mille personnes et avec 20 milliards francs de chiffre d’affaires annuel», a-t-il rajouté pour relever l’importance du secteur.  «Nous allons porter votre plaidoyer, notamment sur l’eau, à notre collègue en charge de l’Hydraulique mais aussi au niveau du Conseil des ministres», a tenu à rassurer Pr Baldé à propos des contraintes relevées par Mme Sarr. Il a aussi fait savoir que la production de mangues du pays est estimée à 150 mille tonnes tout en apportant une nuance sur le chiffre à l’exportation de 21 mille tonnes donné par Mme Sarr. «Des records d’exportation de 15 mille tonnes soit plus de 10% de la production nationale», a précisé le ministre qui invite à plus d’efforts pour aller au-delà. «La demande du marché international se chiffrant à 1.6 million de tonnes donc nous avons de la marge et nous devons la combler», a-t-il exhorté.
La cérémonie a été l’occasion pour la coopération allemande et la Fondation origine Sénégal de signer une convention pour soutenir le développement des entreprises exportatrices de mangues.

ARACHIDE : LE CNC PRÔNE DES CONDITIONS PERMETTANT AUX INDUSTRIELS LOCAUX DE COLLECTER LES GRAINES

Dakar, 23 juil (APS) – Le Conseil national du crédit (CNC) du Sénégal a préconisé jeudi de mettre en place « les conditions requises pour favoriser la collecte par les industriels locaux de quantités significatives de graines comparativement aux exportateurs ».
Le CNC tenait sa vingt-huitième réunion, par vidéoconférence, sous la présidence de Moussa Touré, Directeur de la monnaie et du crédit (DMC), représentant le ministre des Finances et du Budget, président statutaire du Conseil, informe un communiqué reçu à l’APS.
A l’occasion de cette rencontre, souligne le texte, le Conseil a « pris connaissance du bilan définitif du financement des campagnes de commercialisation agricole 2019/2020 et de la situation du financement des campagnes de production 2020 présentés par le Directeur général de La Banque agricole (LBA).

Le communiqué indique qu’il « s’est félicité des résultats globalement satisfaisants du financement de la commercialisation des filières autres que l’arachide »

Il a fait part, à propos, de « la nécessité de tirer les enseignements idoines pour la prochaine campagne de commercialisation arachidière, notamment les conditions requises pour favoriser la collecte par les industriels locaux de quantités significatives de graines comparativement aux exportateurs ».
Pour le financement des campagnes de production de l’hivernage 2020, « le Conseil a relevé l’urgence liée à une meilleure maîtrise de l’efficacité des appuis financiers de l’Etat aux producteurs, en particulier au travers d’une structuration des coopératives de producteurs et du renforcement des moyens financiers de La Banque Agricole ».
A propos de l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur la situation des institutions financières établies au Sénégal, arrêtée à fin mai 2020, le CNC « s’est félicité des mesures mises en oeuvre avec célérité par la BCEAO et l’Etat, en vue d’assurer la stabilité financière et la poursuite ordonnée de l’intermédiation financière ainsi que du financement des besoins de trésorerie du secteur productif ».
« Au niveau du secteur bancaire, relève le communiqué, le Conseil a noté une progression des emplois (+5,5%) expliquée en partie par la souscription de titres publics émis notamment dans le cadre de la lutte contre la pandémie. »

Une bonne dynamique dans l’accompagnement du prive

Pour ce qui est des crédits nets, en quasi-stabilité comparativement à fin décembre 2019, le Conseil a relevé la bonne dynamique dans l’accompagnement du secteur privé. Cela s’est « traduite par le niveau des mises en place de crédits d’exploitation et l’encours de crédits ayant fait l’objet de reports d’échéances (environ 300 milliards ; 6,0% du total des crédits) aussi bien en faveur des entreprises (955 entreprises) que des particuliers (6.053 particuliers) », souligne le CNC.
Au niveau du secteur de la microfinance, le Conseil s’est félicité de l’accompagnement apporté à la clientèle en termes de reports d’échéances octroyés (encours de 38 milliards, soit environ 10% du total des crédits).
« Il a pris bonne note des préoccupations soulevées par les professionnels, notamment le ralentissement de l’activité et l’impact attendu de la pandémie sur la rentabilité et leur exploitation. Il a exhorté l’ensemble des parties prenantes à examiner avec attention cette situation, au regard de la nature particulière de la clientèle de ce secteur. »ASG/BK

Pauvreté au Sénégal : les premiers résultats de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages de l’ANSD

https://www.lactuacho.com Sur la pauvreté au Sénégal, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, (ANSD) a publié les premiers résultats issus de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages au Sénégal (EHCVM 2018/2019).
Cette enquête vise à produire des indicateurs pour le suivi de la pauvreté et des conditions de vie des ménages mais aussi de fournir les données pour l’évaluation des politiques publiques.
Selon la note d’information reçu de l’ANSD, elle s’est déroulée simultanément dans les huit Etats membres de l’UEMOA, sur la période de septembre à décembre 2018 pour la première vague et d’avril à juillet 2019 pour la seconde.
Chaque vague a porté sur la moitié de l’échantillon global de 7156 ménages. L’approche des deux vagues se justifie par la nécessité de prendre en compte la saisonnalité de la consommation des ménages.

L’EHCVM est, en outre, marquée par :

– des outils de collecte, notamment des questionnaires, et une méthodologie d’enquête harmonisés ;
– un échantillon représentatif au niveau national permettant d’assurer la significativité des indicateurs désagrégés jusqu’au niveau régional et par milieu de résidence (urbain et rural) ;
– l’utilisation de la technologie de la collecte des données assistée par ordinateur ;
– le traitement des données sur la base de méthodologies communes à travers un processus inclusif regroupant les experts de tous les instituts nationaux de la statistique (INS) des Etats membres de l’UEMOA et ceux de la Banque mondiale.

Les indicateurs de la pauvreté obtenus et mentionnés dans le tableau ci-dessous sont calculés suivant deux approches différentes  :

– la première approche est basée sur l’élaboration d’un seuil de pauvreté national afin de permettre l’évaluation des politiques publiques du pays. Avec cette approche, l’incidence de la pauvreté individuelle au Sénégal est de 37,8 % ;
– la deuxième approche utilise le seuil international de pauvreté monétaire modérée qui est de 3,2 dollars par personne et par jour en Parité du Pouvoir d’Achat (PPA) de 2011Avec cette approche, l’incidence de la pauvreté au Sénégal est de 32,6 %.
Cependant note l’Agence, il est aussi important de relever que compte tenu des différences d’ordre méthodologique entre l’enquête harmonisée et les enquêtes de pauvreté qui ont été menées par le passé, les indicateurs de pauvreté de l’EHCVM ne sont pas comparables avec ceux issus des anciennes enquêtes comme l’Enquête de suivi de la Pauvreté (ESPS, 2005 et 2011).
L’ANSD, en collaboration avec la Banque mondiale et l’UEMOA, est en train de travailler sur certaines techniques de raccordement afin de disposer d’une nouvelle série de données comparable sur la pauvreté.

Les boulangers s’arc-boutent au prix de 200 francs,le ministère du commerce dit niet

https://www.dakarmatin.com Ousmane Mbaye directeur du commerce intérieur est catégorique : «Avec l’homologation, il ne peut pas faire l’objet d’une variation à la hausse sur le prix de la baguette», nous avons élaboré un plan et nous avons démarré la mise en œuvre de son application depuis trois mois.
Nous avons coupé un maillon de la distribution qui est la vente dans les boutiques et demandé aux boulangers d’investir dans cette distribution du pain par l’implantation de kiosques. Egalement, nous leur avions demandé de se conformer à la nouvelle réglementation par rapport à leur obligation de déclaration, Nous devons essayer de surmonter les difficultés ensemble, mais non pas lancer des menaces sur l’augmentation du prix du pain qui ne passera pas», a averti le directeur du commerce sur la RFM

Au Sénégal, la filière laitière se noie sous les excédents de lait européens

https://www.lemonde.fr/afrique Avec la crise du Covid-19, la flambée des stocks de lait en poudre importé, qui inondent déjà le marché sénégalais depuis 2018, va encore fragiliser les producteurs locaux.
En cette saison des pluies, à la mi-juillet, la dizaine de vaches de Michel Doudou Sène pâture toute la journée dans la brousse redevenue verdoyante des environs de Kaolack, à 200 kilomètres à l’ouest de Dakar. Mais le soir venu, à l’étable, seules quelques-unes passeront à la traite. L’éleveur sénégalais se désole  :  « Nous limitons la production car nous peinons à l’écouler. Les clients préfèrent le lait en poudre importé, moins cher et plus facile à trouver. » Pour s’aligner sur le prix des importations, Michel Doudou Sène a dû baisser le tarif du litre de lait de 700 à 500 francs CFA (de 1 euro à 75 centimes). « Pourtant, notre lait est de meilleure qualité ! Mais il est aussi plus cher à produire », s’agace-t-il, en regardant avec désespoir ses trois génisses sur le point de mettre bas.
Au Sénégal, le lait en poudre représente 84 % des importations de lait, majoritairement en provenance de l’Union européenne (UE). « Depuis 2018, nos marchés sont inondés par des stocks sans précédent de l’UE, qui concurrencent notre lait local », résume Fatou Cheikh Ndione Sané, directrice des industries animales au ministère de l’élevage.
Une situation qui risque d’être encore amplifiée par les excédents de stocks de poudre de lait européens constitués lors de la crise du Covid-19, alors que la demande en produits laitiers s’effondrait sous l’effet des confinements. Ces surplus ont toutes les chances d’être déversés en Afrique de l’Ouest, au risque d’affaiblir durablement des filières laitières déjà fragiles et peu structurées.

Les moyens de l’autosuffisance

 « Nous sommes préoccupés par la situation des éleveurs, et surtout des femmes qui composent la majorité de ce secteur », alerte Khar Ndiaye, directrice des programmes pour Oxfam Sénégal. Le lait importé, de faible qualité nutritionnelle, est 30 % moins cher que le lait local grâce aux subventions de la politique agricole commune européenne, fait valoir Mme Ndiaye. Dans ces conditions, les producteurs sénégalais ne peuvent guère résister à la concurrence, pâtissant déjà de la faible productivité de leurs vaches, du prix élevé des aliments de bétail et d’un circuit logistique compliqué.
Pourtant, avec 3,9 millions de bovins sur territoire – parmi lesquels 70 % de femelles dont la moitié est en âge de produire du lait –, le Sénégal a les capacités d’être autosuffisant. L’un des enjeux est d’arriver à acheminer le lait local des zones de production aux unités de transformation puis aux points de vente. Pour y parvenir, « nous sensibilisons au changement des habitudes de consommation », explique Mme Ndiaye.
A Kaolack, seule une petite laiterie de transformation artisanale tenue par cinq femmes achète la production des éleveurs installés non loin de la ville. Toute de rose vêtue, Awa Diallo montre la machine manuelle en inox qui permet de produire du lait caillé, des fromages ou des yaourts. Sur une étagère sont alignés des flacons d’arôme à la vanille, à la banane ou à la fraise. « Mon lait, je l’aime local », clame un slogan inscrit en lettres vertes à l’entrée des locaux. « Nous luttons contre le lait en poudre pour aider nos éleveurs », affirme Mme Diallo qui, elle-même, peine à vendre ses produits laitiers, jugés trop coûteux par les clients.
La filière laitière ne pourra pas se développer tant que les grands transformateurs n’incorporeront pas ou trop peu de matière première sénégalaise dans leurs produits. « Notre lait n’intéresse pas les industriels, installés à Dakar et qui ne se déplacent pas pour le collecter », constate l’éleveur Michel Doudou Sène de Kaolack. Et encore, son exploitation est relativement accessible depuis la capitale, comparée à la plupart des éleveurs, qui se concentrent dans les lointaines régions peules du nord-est du pays.

Mesures protectionnistes

Seuls deux industriels sénégalais font l’effort de favoriser le lait local. Le groupe Kirène a installé un centre de collecte dans la région de Fatick, en partenariat avec le ministère de l’élevage. Mais l’entreprise pionnière dans ce domaine est La Laiterie du berger (LDB). Entre 2007 et 2019, elle est passée de 200 000 litres de lait collecté à 1,1 million de litres. Arona Diaw, secrétaire général de la LDB, avoue que leurs produits ne sont « pas très compétitifs » par rapport aux produits en lait en poudre. Résultat, « certains sont confectionnés avec un mélange de lait local et importé, en attendant que l’Etat prenne des mesures plus protectionnistes », explique Arona Diaw.
Une première décision gouvernementale a soulagé les acteurs laitiers avec l’exonération de la TVA sur le lait pasteurisé produit au Sénégal, entrée en vigueur en février 2019. Mais ce n’est pas suffisant pour structurer une filière laitière locale résiliente, analyse Arona Diaw. Une piste pour faire baisser les coûts de production pourrait être la mise en place d’un régime de subventions aux tarifs de l’énergie, suggère Mme Sané, au ministère de l’élevage, assurant que « des réflexions sont en cours ».
Les différents acteurs de la filière, soutenus par Oxfam, demandent surtout une augmentation des droits de douane, actuellement de 5 %, sur les importations de lait en poudre depuis l’UE. Ce plaidoyer est mené au niveau de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour faire émerger une industrie régionale plus compétitive. L’éleveur Michel Doudou Sène, lui, rêve que « soient subventionnés des kiosques à lait » installés en plusieurs endroits de la ville de Kaolack, comme cela se fait à Dakar. A portée de main de tous les consommateurs.Théa Ollivier(Kaolack, Sénégal, envoyée spéciale)

L’Armp bloque encore Diouf Sarr

https://www.dakarmatin.com L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a encore  annulé un marché du ministre de la Santé relatif à l’acquisition de vaccin contre les maladies prioritaires pour violation des procédures. D’un montant de plus de 400 millions Fcfa le marché était attribué provisoirement à l’entreprise Fermon, rapporte Les Echos.. Le marché a été bloqué pour violation des dispositions du Code des marchés.

Vente appartements Bibo Bourgi par l’Etat du Sénégal : ce que le Tribunal Arbitral a tranché

https://www.pressafrik.com Sur fondement du Traitement bilatéral d’investissement (Tbi) signé entre le Sénégal et la France en 2007, un Tribunal Arbitral a rendu le 24 octobre 2019 une décision dans l’affaire Bibo Bourgi et l’Etat du Sénégal. En effet, c’est en tant que ressortissant français qu’Ibrahim Aboukhalil  Bourgi, dit Bibo avait saisi la commission des Nations Unies pour le Droit du Commerce international.
Dans leur décision, d’après Libération, les juges affirment que le Sénégal n’a pas eu un comportement juste et équitable vis-à-vis de Bibo Bourgi, en indexant les manœuvres  du cabinet Auditex qui avait été désigné par la Crei pour administrer provisoirement Hardstand, la société porteuse du projet Eden Roc.
Bibo Bourgi ayant été condamné par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) à payer 148 milliards FCFA en guise de dommages et intérêts, le Sénégal a été condamné par l’arbitrage, à lui verser le même montant, tout en indiquant que le paiement ne sera exigible qu’en cas d’exécution forcée de l’arrêt de la Crei. En clair, tant que le Sénégal n’applique pas la décision de la Crei concernant les amendes et intérêts réclamés à Bibo, il ne payera pas ce moment. Pour autant, l’Etat a encore été condamné à verser 12 millions d’euros à Bibo Bourgi.
A propos d’Eden Roc, le tribunal, qui n’a jamais remis en cause la souveraineté de la justice sénégalaise, a rejeté la demande de restitution des appartements confisqués, car le demandeur n’ayant pas qualité pour former une telle requête. Le tribunal estime que les propriétaires, compétents pour réclamer leur restitution, sont Alteos 1 et Alteos 2, deux fondations logées au Panama dont les actionnaires sont Bibo et son frère, Khalil.
Toutes les autres prétentions de Bibo Bourgi ont été rejetées. Selon des sources judiciaires françaises autorisées, le Sénégal a attaqué, en annulation la décision arbitrale, devant la Cour d’appel de Paris.Salif SAKHANOKHO

Oui l’Afrique peut bien se passer de l’aide Par Magaye Gaye

L’aide publique octroyée à l’Afrique a selon l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE)  atteint 149, 3 milliards de dollars en 2018.
L’aide n’a pas été une solution au développement de l’Afrique. Il suffit de constater la situation globale du Continent pour s’en convaincre.  Comment en effet comprendre que le Continent le plus riche en ressources naturelles avec 10 % des réserves mondiales de pétrole, 40 % de celles  d’or, 80 % du chrome, 90 % du groupe des métaux du platine et 30 % des ressources minérales sans compter un réseau hydrographique dense et des spéculations agricoles de toutes sortes en soit arrivé à des résultats absolument paradoxaux  :   2 % du commerce international, 1,6 % de la production manufacturière mondiale et 13 % des échanges commerciaux intra-africains. Dans un rapport sur la pauvreté dans le monde publié en 2018, la Banque Mondiale estimait à 41 %  la population de l’Afrique subsaharienne qui vit en dessous du seuil de l’extrême pauvreté, fixé à 1,90 dollar.

De mon point de vue, l’aide n’a pas porté ses fruits  pour plusieurs raisons.

Elle est en général ciblée suivant les priorités des donateurs et est parfois « liée » entrainant des surcoûts de l’ordre de 15 à 30%  et des procédures très bureaucratiques. Ensuite, une bonne partie est dévoyée et recyclée hors du continent. L’Afrique perdrait selon un rapport commandité en 2012 par la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) à un Groupe des personnalités de haut-niveau (GPHN) présidé par l’ancien président de la République d’Afrique du Sud, Monsieur Thabo Mbeki, entre 50 et 60 milliards de dollars annuellement.  Des estimations qui  à l’époque n’incluaient pas les fuites de capitaux provenant des transactions commerciales des multinationales, des activités criminelles ou encore de la corruption.
En 2013, un rapport conjoint de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de Global Financial Integrity, une ONG américaine, s’alarmait de ce que «l’hémorragie illicite des ressources de l’Afrique représente près de quatre fois sa dette extérieure».
La CEA, dans une déclaration récente de sa Secrétaire Exécutive Madame Vera SONGWE en 2018, évaluait  les pertes annuelles subies par le Continent à environ 148 milliards soit une moins-value en termes de croissance de l’ordre de 25% du PIB.
De notre point de vue, la situation est dans la réalité  pire. La corruption en effet se manifeste de plusieurs façons : exportateurs rapatriant une infime partie des recettes d’exportation, le reste étant comptabilisé dans des sociétés-écrans situées dans les pays d’exportation, mauvaises négociations de contrats notamment dans les domaines des mines et des concessions, surfacturation  dans les importations et dans les marchés publics, versement de commission voire de rétro commission, organisation  peu satisfaisante de marchés internationaux de matières premières hors de contrôle. Le seul profil des acteurs suscite encore l’interrogation, puisque, selon la CNUCED et l’Oxfam, 65% des intervenants sur les marchés des matières premières sont de purs spéculateurs, ne tenant pas compte de l’impact de la variation des cours sur la réalité quotidienne de la population.
Oui, avec ce pillage des ressources, l’Afrique est probablement et potentiellement  une  créancière nette par rapport à ces partenaires du monde. l’économiste et  ancien ambassadeur français Pierre Jacquemot ne dit pas autre chose en déclarant  le 14 novembre  2019 à l’occasion du panel d’ouverture du forum Medays « Les flux de capitaux illicites qui quittent chaque année l’Afrique vers le reste du monde surclassent l’argent injecté dans le continent »
Pouvait-il en être autrement vu la structuration globale des économies du Continent marquée par la sous capitalisation critique des acteurs du secteur privé local, le contrôle des économies par des intérêts étrangers qui n ont pas forcément les mêmes priorités que les pays concernés. A cela s’ajoutent des  économies dépendant pour 43,3% de leu PIB d’un commerce extérieur principalement exportateur de matières premières brutes et où le faible taux d’industrialisation (1,6% de la production manufacturière) est sans commune mesure avec les performances atteintes par l’Asie et le Pacifique (44 ,6%).

 Selon  l’ONG Oxfam chez le quatrième producteur mondial d’uranium le Niger, les exportations de ce minerai « ne contribuent qu’à hauteur de 4 % à 6 % du budget national, pendant que l’aide au développement en représente près de 40 % ».

Le phénomène  lié aux vagues massives de  transfert illégal voire illégitime de devises n’est pas le seul indicateur qui reflète le potentiel de devises que l’Afrique aurait pu utiliser de manière vertueuse dans son développement. Il convient d’y ajouter un système d’endettement peu efficient et une qualité de la dépense publique médiocre.
Les stratégies de financement, malgré leur caractère parfois concessionnel, présentent de nombreux inconvénients liés d’abord au non ciblage de projets à forte valeur. Beaucoup de pays africains ont choisi la solution consistant à réaliser des projets de prestige comme les centres de conférence, les stades,  mais aussi  des infrastructures  coûteuses peu rentables sur le court terme et tout ceci dans une trajectoire globale de financement et de maintien d’institutions « démocratiques » inopportunes, budgétivores et inefficaces mais aussi de stratégies inopportunes de financement de clientèles politiques. L’autre paramètre réside dans  la faiblesse des taux de décaissement liée à l’incorporation de rigoureuses conditions préalables au premier décaissement dans les contrats de prêt. Le seul cas de la Banque Mondiale reflète cette problématique avec un  taux de décaissement très faible (21% pour la zone Afrique en 2018) sans compter les aveux de détournement d’en moyenne 7,5% des décaissements de l’Institution consentis  au profit des pays en voie de développement, révélés par une étude commanditée par ladite banque.
Au regard de ce qui précède, je suis un économiste  convaincu que l’Afrique peut financer son développement et même envisager d’être créancière pour le reste du monde à l’image de la chine qui détenait par exemple en Septembre 2019 une créance de 1.102,4 milliards de dollars en bons du Trésor américain selon la revue capital.
Par ailleurs, du point de vue moral, il n’est pas souhaitable pour un Continent de vivre éternellement dans un cycle structurel et sans fin d’aide ; autrement cela devient de l’assistanat nuisible à la prise de responsabilité, inhibe les efforts et écorne à l’image de l’Afrique.  Selon un de nos  proverbes africains, « le fait de donner du poisson à celui qui a faim est une bonne chose du point de vue de la solidarité, mais lui permettre de  pêcher c’est encore mieux ».
Oui, l’Afrique peut se passer de l’aide ; un exemple de modèle endogène dont on parle rarement est celui de la communauté des Mourides au Sénégal dont jusqu’ici tous les projets ont toujours été financés de manière endogène, sans l’appui de qui que ce soit. Il s’agit là d’une très longue tradition d’autonomie insufflée par le fondateur de cette communauté  Cheikh Ahmadou Bamba  qui eut l’occasion d’ailleurs en 1907 d’aider la France à hauteur de Cinq cent mille franc dans les efforts de relèvement du Franc. Cette success-story est peu connue.

En ce qui concerne les solutions que nous préconisons, elles sont de 5 ordres mais tous se résument en un seul leitmotiv « arrêter le pillage organisé et le gaspillage de ressources en Afrique ».
Premièrement,  il faut des solutions structurelles que nous appelons par « la double déconnection salutaire »
La déconnection  entre décideurs politiques africains et ceux de ses grands partenaires traditionnels. Il faut réformer des constitutions post-indépendanceS qui donnent toujours la prééminence aux Chefs d’Etats, seuls décideurs in fine et qui disposent dans les faits des leviers décisionnels importants pour engager le pays sur des questions parfois vitales notamment au plan économique. Cela bien évidemment arrange de facto les décideurs politiques de partenaires traditionnels comme l’Europe , la Chine ou la Turquie,  vu le fait que ce système présente l’avantage de l’existence d’un seul interlocuteur, le caractère opaque des paramètres qui entourent les décisions et le circuit court observé dans l’attribution des marchés publics, des concessions et  dans les opérations de privatisation.
Il faut sur cette première proposition  renforcer, devant le constat d’immobilisme constaté dans l’exercice des contrepouvoirs institutionnels dans les pays africains (parlement et  justice) et face à une tendance nette à la formation de véritables oligarchies autour de prébendes foncières, les contrôles citoyens en promouvant les alertes.
La deuxième déconnexion salutaire concerne les décideurs économiques nationaux et leurs partenaires d’affaires extérieurs. Les exportations et les importations  africaines n’étant pas comptabilisées à leur juste prix, il faut instituer des prix de référence révisables périodiquement sur la base d’une approche benshmarking pour tenir compte des conditions des marchés.
Deuxièmement, il faudra que les pays Afrique songent à amorcer un changement de mentalité réel en matière de gestion de ressources publiques en étant plus rigoureux dans le choix de la qualité des dirigeants économiques et en appliquant les règles de sanction pour mettre fin à l’impunité.
Troisièmement,  l’Afrique devrait transformer plus ses ressources sur place et chercher les moyens d’accroitre le commerce entre ses pays qui ne représente que 15% contre  61,7% pour l’Union Européenne et 40,3% pour l’Accord de libre échange nord-américain NAFTA. Pourtant une synergie réfléchie gagnant-gagnant est bien possible ; l’Afrique recelant des matières premières abondantes, un dividende démographique, une bonne connaissance de l’environnement local, une main-d’œuvre bon marché et de véritables relais de croissance. Les partenaires traditionnels de leurs côtés prenant avantage sur la technologie, les capacités d’organisation et les financements.
Quatrièmement et au plan international,  nous  plaidons en faveur de l’avènement d’un  Droit d’Immixtion Economique (DIE) pour amener les pays et institutions créanciers à avoir un droit de regard sur l’utilisation des concours financiers. Par ailleurs, le FMI en sa qualité de garant du système financier international devrait aussi participer à la recherche de solutions en appelant les Etats à plus de responsabilité notamment dans le contrôle des flux financiers en partance pour les paradis fiscaux. A plus long terme, il est important de renforcer les modules d’éducation civique de manière à inculquer aux jeunes les bonnes pratiques.
Cinquièmement sur la question de la gestion du stock de la dette actuelle de l’Afrique, il faudra imaginer des solutions innovantes bâties autour de concepts novateurs comme celui de « dette contre terre ». Imaginer des titres de propriétés originaux, des partenariats publics privé fonciers, des marchés secondaires de la dette foncière.Magaye GAYE,Economiste,00 221 77 245 07 58,Auteur du Livre « Afrique abandonner les solutions occidentales et repenser le développement autrement »

Mon devoir de vérité sur le rapport de l’IGE Par Jacques Habib Sy

Par suite de la publication du rapport de l’Inspection générale d’Etat sur l’organisation du quinzième sommet de la francophonie (décembre 2014) et de la couverture médiatique qui s’en est suivie, il me revient, en tant que Délégué général pour l’organisation de ce sommet qui a reçu 75 chefs d’Etat et de gouvernement, d’apporter les clarifications attendues, à juste raison, par le peuple sénégalais.
Me soumettant à la loi sur l’interdiction de divulguer les rapports estampillés « secret » et non déclassifiés de l’Ige, j’ai néanmoins décidé d’user de mon droit d’expression sur les mensonges publiquement entretenus au sujet de ma mission, dans l’intention évidente de nuire délibérément à mon honorabilité.
Deux raisons m’ont amené à accepter la mission de Délégué général, au moment où, en 2013, j’étais déjà engagé dans des missions internationales. D’abord impulser au Sommet francophone « un tournant décisif », selon les termes mêmes du Président Macky Sall, en produisant un livrable visant à créer des pôles de transformation industrielle de nos matières premières, en Afrique même. L’autorité étatique me demandait, par ailleurs, d’assurer la transparence et la robustesse de la gestion financière et opérationnelle du Sommet, en tenant compte des « prérequis » de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) qui serviraient d’aiguillon pour l’organisation du Sommet.
Après mûre réflexion, j’ai pris la décision d’accepter la proposition du chef de l’Etat. En tant qu’anti-impérialiste ayant mené un combat cinquantenaire contre l’hégémonisme et l’asservissement des peuples, il me paraissait tout à fait légitime de soutenir l’une des plus vieilles revendications des Etat africains membres de la francophonie, à savoir leur capacitation pour transformer leurs matières premières en Afrique même. Le pari d’un sommet « propre », sans détournements de deniers publics tels, me paraissait également envisageable pour éviter au Sénégal les graves dérives qui avaient entaché la tenue des sommets de l’Oci et du Fesman. En 2013, les fortes promesses de vertu et de sobriété du Président Macky Sall étaient encore fraîches dans les mémoires.
Au tout début de mon mandat, j’ai fait ma déclaration de patrimoine auprès de l’Ofnac en y incluant mes données foncières, matérielles et bancaires et celles de mon épouse puisque nous étions en régime matrimonial de communauté de biens depuis quatre décennies. Dès la fin de ma mission, j’ai procédé auprès de l’Ofnac à une nouvelle déclaration de nos biens qui montrait que nous ne trainions aucune casserole en termes de biens détournés ou mal acquis.
L’organisation du XVe sommet francophone a été marquée par plusieurs décisions prises par voie de décret (création d’un Conseil d’orientation, d’un maître d’ouvrage délégué, l’Apix), d’une agence de construction d’un centre international de conférences par l’agence turque Summa à travers le prêt consenti par Eximbank Turquie à travers des accords ficelés bien avant ma nomination). Un cabinet français d’architecture avait également été choisi avant mon arrivée cependant qu’un architecte privé sénégalais était déjà à pied d’œuvre en ce qui concerne l’élaboration du design et de nouveaux plans architecturaux. Les membres immédiats du cabinet présidentiel avaient été cooptés pour encadrer la gestion opérationnelle et financière du sommet. Le rétro-planning de construction du centre international de conférences ne laissait alors pas plus de huit mois au grand maximum pour compléter le projet.
J’ai été soumis par la suite à un changement de taille  : les coordinations opérationnelles et des programmes de substance étaient radicalement séparées. Après ce changement de taille dans les discussions que j’avais directement engagées avec le chef de l’Etat, j’avais pris la décision de démissionner, et je l’ai fait savoir directement à qui de droit. Compte tenu des graves déconvenues opérationnelles pouvant aller jusqu’à entacher la réputation internationale du Sénégal en tant que pays hôte du Sommet, j’ai pris du recul en acceptant cette première césure. Malgré la possibilité qui m’était donnée de participer aux réunions d’élaboration de l’agenda et de la déclaration finale du sommet, je me suis tenu à l’écart des discussions de substance.
Les rapports entre la Délégation générale et les membres du Conseil d’orientation étaient bons dans l’ensemble. Elles m’ont montré qu’il y avait des fonctionnaires compétents, dignes et dévoués dans l’appareil d’Etat. Vu le délai de temps très court qui nous était imparti pour réaliser le projet, la tendance dominante du recours au gré à gré dans les marchés de la Délégation générale était inévitable quoiqu’encadrée par la loi.  La Délégation générale était dotée de commissions en charge des opérations, sur la base de l’arbitrage budgétaire et de l’encadrement attentif du Président de la République et de ses services. Tous les marchés sans exception ont été validés par la Direction centrale des marchés publics et/ou l’Agence de régulation des marchés publics.
La Délégation générale pour l’organisation du XVe sommet de la francophonie a fourni à qui de droit le tableau de ses immobilisations contradictoirement établies avec accusé de réception. Elle n’a négligé aucune assiette foncière du Cicad, contrairement à certaines allégations, pas plus qu’elle n’a soustrait le plus petit centime d’une comptabilité vérifiée et validée par un expert comptable agréé dont le quitus a été accepté par le Conseil d’orientation de la Délégation.
Sur la question du chapiteau fourni par les soins de l’opérateur privé international Richard Attias, sélectionné au terme d’un appel d’offres international qui lui a été légalement favorable, je démens les « fake news » qui ont voulu faire croire qu’il n’y a pas eu d’appel d’offres et que le chapiteau livré par ce dernier se serait volatilisé dans la nature. Le chapiteau est parfaitement visible au Cicad au moment où ces lignes sont écrites. Il n’est donc pas utile de s’appesantir outre-mesure sur ces faussetés.
L’organisation du sommet a été exécutée par une équipe dont la charge de travail était considérable et pour certains d’entre eux presque inhumaine, tant la pression de l’action ultra rapide, dans un environnement complexe, était intense. D’après les statistiques des sommets de la francophonie, celui tenu à Dakar a utilisé quatre fois moins d’employés, ce qui veut dire que pour les mêmes exigences, la Délégation générale a travaillé quatre fois plus que les autres sommets.
Beaucoup d’observateurs ont estimé que l’organisation du sommet a été un succès au plan de son organisation, dans un contexte de contraintes administratives réelles, il est vrai. C’est pourquoi, des interrogations légitimes n’ont pas manqué de surgir. Il convient surtout de souligner que l’Ige n’est pas allée suffisamment loin dans sa mission de vérification et d’analyse et d’évaluer la responsabilité première du chef de l’Etat quant aux conséquences découlant des actes qu’il a lui-même posé. C’est pourquoi les questions suivantes auraient dû être examinées  :
1/ Le Sénégal aurait-il dû tenir un sommet d’une telle ampleur sans que les questions fondamentales relatives aux rapports entre la France et l’Afrique, rapports décriés par la jeunesse africaine, les militants panafricanistes, des chefs d’états de la sous-region et des observateurs internationaux, ne soient placés au centre des débats ?
2/ Le Sénégal pouvait-il organiser un sommet avec un cahier de charges aussi dense comprenant notamment la construction, clés en main, d’un centre international de conférences avec des exigences spécifiques de l’Oif, exigences qui ont nécessité des avenants coûteux ? Pour ma part, j’avais opté pour la réfection de l’hôtel Kind Fahd qui aurait pu offrir, à bien moindre coût, toutes les commodités hôtelières et conférencières requises.
3/ La Dgf avait-elle une option autre que la prévalence contractuelle du gré à gré (encadré par la loi et les institutions en charge de la transparence et la régularité des opérations financières) quand c’est l’Etat qui a été l’ordonnateur de fait des dépenses à travers les commissions de la Délégation générale logées dans les ministères et que l’agenda conduisant au Sommet des chefs d’Etat était sur-congestionné ?
Par suite de trois audits internes menés par des fonctionnaires à la retraite de la hiérarchie A recommandés par le ministère de l’Economie et des finances, la Délégation générale a procédé à des « régularisations » au forceps sur la base des pièces justificatives, des reçus ou des factures obtenus bien après les échéances administratives et sans lesquels des opérateurs n’auraient pu être payés avec l’arbitrage de l’Agence judiciaire de l’État. Ces régularisations ont été créées par l’inobservation de règles administratives par quelques commissions. Il convient de noter que certaines commissions se sont acquittées très honorablement de leurs responsabilités. L’Ige ne s’est pas sérieusement investie dans cette question pas plus qu’elle n’a pris en compte l’impossibilité, pour le Délégué général d’accéder aux archives de la Délégation générale pour mieux répondre aux questions qui lui étaient posées.

J’ai tenu à soulever ces questions parce qu’elles interpellent non seulement l’Ige, institution prisonnière d’un Exécutif omniscient, mais aussi l’ensemble de la pyramide institutionnelle de gouvernance du Sénégal.

Il convient d’examiner la nécessité de l’indépendance de l’Ige présentement mise sous la tutelle sans partage du Président de la République et orpheline d’une institution totalement indépendante du contrôle de ses missions de vérification. Il convient aussi d’examiner dans quelle mesure les analyses et investigations de l’Ige, à charge et à décharge, sont dénuées de tout apriorisme ou même d’instincts punitifs ou revanchards à l’endroit d’opposants ou de cibles désignées ?
Je voudrais terminer par la question de savoir s’il ne faudrait pas veiller à publier dans les rapports mêmes de l’Ige ou dans les condensés de ses rapports les réponses des ordonnateurs surtout lorsqu’ils sont injustement mis en accusation sans avoir la possibilité de bénéficier du principe de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’ils soient jugés par une juridiction compétente ? Dakar le 23 juillet 2020

Inondations au Sénégal : le directeur général de l’ONAS invite à revoir le code de l’assainissement pour trouver des solutions durables

https://www.vivafrik.com Alors que l’hivernage s’est définitivement installé au Sénégal, l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) assure être bien préparé à l’arrivée des pluies de la présente saison pour parer à toute éventualité. Suffisant pour son directeur général, Lansana Gagny Sakho, dans une interview accordée à VivAfrik, de parler du plan mis en place par sa structure pour lutter contre les inondations dans la capitale sénégalaise. M. Sakho a également invité les autorités compétentes à revoir un peu le code de l’assainissement, le code l’environnement et le code de l’urbanisme pour arriver à trouver des solutions durables sur toute l’étendue du territoire national.

L’hivernage s’est définitivement installé dans le pays, quel est aujourd’hui le dispositif mis en place et les constatations qui ont été faites ?

Les dispositifs sur lesquelles nous avons commencé à travailler depuis le 25 avril 2020 concernent en général les mesures d’hygiènes avec gestion et renforcement de toutes les capacités à cause de la pandémie du Covid-19, structurer l’ensemble des canaux en coordination avec les institutions comme l’APIX, la mairie de la ville de Dakar, l’Ageroute… Il y a donc une coordination de synergies d’efforts pour prendre des mesures adéquates visant à curer l’ensemble des canaux, le drainage des eaux pluviales, mettre en place, dans des endroits stratégiques, des stations de pompage et renforcer les équipes sur le terrain pour nous assurer que nos ouvrages sont suivis correctement. Ce n’est pas l’échelle de Dakar que nous avons dans le viseur mais l’échelle du Sénégal. Dans les zones où il n’y a pas d’ouvrages de service comme Keur Massar, ces zones sont prises en charge par les sapeurs-pompiers en général pour mettre un terme aux inondations.

Est-ce qu’on vous a rapporté des cas d’inondations malgré ce dispositif ?

On ne peut pas dire que ce dispositif ne fonctionne pas. Il fonctionne correctement, au contraire. On ne peut pas dire, non plus, qu’il n’y a pas d’eau stagnante. Il faut faire la part des choses entre ce qu’on appelle inondation et des eaux stagnantes. Il y aura toujours des eaux stagnantes quand vous avez des points bas, il y aura toujours des eaux stagnantes quand vous avez le flux d’entrée d’eau qui est plus important que des flux d’écoulement dans les ouvrages. Le plus important c’est qu’il faut s’organiser pour que ces eaux partent. Vous avez des zones comme la Médina où les réseaux sont très vieux, ils datent des années 60. Ces réseaux ne peuvent plus supporter la capacité d’écoulement. Dans ce cadre, nous avons un programme de renouvellement de réseau qui va concerner la Médina, Rebeuss et la Gueule Tapée. Vous allez Parcelles Assainies, c’est la même problématique. Des zones qui se sont peuplées très vite, qui nécessitent d’avoir un bon réseau et qui parfois posent des problèmes ponctuels sur lesquels on arrive toujours à trouver des solutions. En conclusion, je peux dire que le réseau fonction très bien par rapport au dispositif, cependant, il va y avoir naturellement des moments où des eaux vont rester et stagner.

Comment pouvez-vous comprendre que dans une capitale comme Dakar qu’il y a encore des quartiers qui n’ont pas d’assainissement. Avez-vous un programme global au profit des quartiers ?

Le problème de dépasse largement un problème d’assainissement. Ce que nous avons, c’est un problème de cadre de vie, des quartiers spontanés ont poussé très dans des zones non propices sans forcément que des chantiers d’assainissement, en particulier, ne soient mis en place. En général, ce sont des opérateurs privés qui vont dans les Almadies, la cité des Mamelles et beaucoup d’autres zones où on a vendu des parcelles sans des réseaux d’assainissement. C’est malheureusement un fait courant dans ce pays. Mais je pense qu’il faut revoir un peu le code de l’assainissement, revoir le code l’environnement et le code de l’urbanisme pour arriver à trouver des solutions durables sur toute l’étendue du territoire national.

Il y a également la responsabilité des populations qui, quand il pleut, elles ouvrent souvent leur fosse septique, d’autres déposent de la matière solide sur les rues. Est-ce qu’il ne faut pas corser cette police de l’assainissement ?

On ne peut pas tout régler par des lois qui sont dures. Je pense que c’est plus un problème d’éducation, d’explication. La moitié des problèmes d’inondation, la moitié des problèmes de dégradation des ouvrages sont liées aux actes posés par les populations. Elles transforment nos regards en poubelles, des bassins en poubelles et dégradent les ouvrages. Mais il y a pire, certains volent les regards, les transforment en cendre. Je pense que le mal est beaucoup plus profond que ça. Cette situation met en évidence la relation que nous avons avec le bien public, un bien public, étant un bien qui appartient à tout le monde. Ce n’est pas un bien qui appartient à une personne. A ce niveau, je crois qu’il faut redoubler de vigilance, d’explication et d’éducation. Pour ce qui est de l’éducation, elle commence à la maison d’abord. Quand les fondements ne sont pas mis en œuvre, quand ils ne sont pas compris dans les foyers, ils ne peuvent pas être compris dehors. Et je crois que c’est à ce niveau qu’il faudrait qu’on travaille on peu plus afin que la nouvelle génération comprenne un peu plus quelles sont différents enjeux, pourquoi un bien public doit être bien préservé ?

156 nouveaux cas testés positifs au coronavirus,121 nouveaux guéris,4 nouveaux décès et 49 cas graves en réanimation.

Sur 1602 tests réalisés, 156 sont revenus positifs au coronavirus soit un taux de positivité de 9,74 %. Il s’agit de 122 cas contacts suivis et 34 cas issus de la transmission communautaire répartis comme suit : Saint-Louis (4), Guédiawaye (3), Joal (2), Mbao (2), Thiès (2), Ziguinchor (2), Cambérène (1), Cité Soprim (1), Diamniadio (1), Golf Sud (1), Grand Yoff (1), Mermoz (1), Patte d’Oie (1), Point E (1), Sacré-Coeur (1), Scat Urbam (1), Yeumbeul (1), Keur Massar (1), Rufisque (1), Diourbel (1), Pout (1) Kaffrine (1), Kolda (1), Matam (1) et Oussouye (1)
121 patients ont été testés négatifs et déclarés guéris.
49 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation.
4 nouveaux décès liés à la Covid-19, enregistrés.
A ce jour, le Sénégal compte 9422 cas positifs dont 6291 guéris, 182 décès et 2948 encore sous traitement.

Riposte contre les épidémies : Le Dr Bousso évoque l’insuffisance des ressources allouées au Cous.

https://www.dakaractu.com Le Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) est confronté à une insuffisance de ressources financières qui menace ses activités. Il fonctionne grâce à l’appui des partenaires. Le Directeur de service de cette structure de santé en a fait la révélation ce jeudi 23 juillet 2020, au cours d’un webinaire qui portait sur le thème ‘’quelles approches de financement pour les crises sanitaires’’.
Ayant en charge un sujet relatif au ‘’travail parlementaire dans la gestion des fonds collectés pour faire face à la crise’’, le Dr Abdoulaye Bousso, puisque  que c’est de lui qu’il s’agit a, d’emblée, mis en exergue l’urgence et la nécessité pour les États d’investir dans la prévention des épidémies.
‘’Si nous ne nous organisons pas, d’autres vont venir nous organiser. Et cela n’est pas acceptable. (…). Si on n’avait pas l’appui des partenaires on allait fermer le centre. Les 50 millions (alloués au Crous) c’est pour le fonctionnement. On ne peut absolument rien faire sans des ressources. Il y a vraiment urgence à pouvoir disposer de fonds. Aujourd’hui nous sommes capables de nous déployer un peu partout dans le pays parce qu’il y a des partenaires. Mais sur le plan de l’État ce n’est pas possible et ce n’est pas prévu. Il est important que dans nos budgets  cela soit prévu. Nous devons être en mesure de les avoir. Donc, j’insiste sur le financement de la prévention. Parce que cela nous permet d’être plus efficace et plus performant au moment de la riposte’’, a-t-il dit lors de cette rencontre virtuelle organisée par Cicodev et Enda Santé en partenariat avec Osiwa.
Le Dr Bousso qui a rappelé que les ressources du Cous sont passées de 75 millions à 51 millions entre 2017 et 2020, a aussi évoqué la nécessité pour les autorités en charge de la santé, ‘’d’insister sur cette phase de préparation de la prévention. Certains peuvent ne pas le comprendre, mais dans l’état où nous sommes c’est un village planétaire, il faut nécessairement qu’on se prépare. Il faut aussi qu’on mette des ressources sur cette phase de prévention’’.

Dans sa présentation longue d’une dizaine de minutes, le Dr Bousso a insisté sur la nécessité d’anticiper la gestion des crises sanitaires. ‘’La gestion des crises sanitaires ne se résume pas à la réponse. Il faut investir avant la crise, cela permet d’économiser et de limiter les conséquences de la crise éventuelle’’.

Ce fut l’occasion pour lui de procéder à la présentation de la cartographie des risques. Ces risques sont, selon lui, d’ordre biologiques (fièvres hémorragiques, rougeole, syndrome respiratoire aigu sévère etc.) technologiques (incendies en zone urbaine, accidents industriels chimiques, accidents industriels biologiques) ; environnementaux (crise alimentaire produites par des évènements météorologiques ou climatiques inattendus, inondations) ou sociétaux (attentat terroriste par arme à feu ou explosion). L’évaluation des risques, selon lui, demande des ressources financières importantes. Elles ne sont pas les mêmes, d’une localité à une autre. Il faut évaluer les ressources avant toute crise. La préparation est extrêmement importante et indispensable. Je pense que pour des pays à faibles ressources, ce sont des axes sur lesquels nous devons travailler.

RIPOSTE CONTRE LE NOUVEAU CORONAVIRUS AU SÉNÉGAL : Quand l’État se perd dans ses stratégies !

http://www.sudonline.sn Sans aucune mesure contraignante, les populations relèguent au second plan les gestes barrières. Les vieilles habitudes de salutations et de regroupements refont surface. En conséquence, le Sénégal franchit la barre des 9000 cas de contaminations et décompte 178 décès à la date d’hier, jeudi 23 juillet. Pis, le ministère de la santé et de l’action sociale a trouvé judicieux de limiter les tests de dépistage de Covid-19 aux personnes asymptomatiques. Une stratégie qui s’oppose aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et également à l’avis de plusieurs épidémiologistes–spécialistes en santé publique. Entre le flou et le recul, le spécialiste en santé publique, Dr Mohamed Lamine Ly a dénoncé «une démission coupable»
La situation devient insoutenable et le mutisme de l’État est tout aussi inquiétant. Le tableau épidémiologique s’obscurcit jour après jour, alors que les discours d’allègement des mesures restrictives se succèdent.
Rappelons que tout au début de cette pandémie de Covid 19, le ministère de la santé semblait adopter une stratégie qui s’inscrivait sans ambiguïté dans le cadre d’endiguer la propagation de la nouvelle maladie. Et pour y arriver, l’élargissement des tests de dépistages était l’un des arguments prôné par le directeur du Centre d’opérations d’urgence sanitaire (Cous), Dr Abdoulaye Bousso. «Il y a actuellement beaucoup de tests qui sont en cours d’analyse même au niveau de nos laboratoires. Si ces tests sont validés, ils pourront être utilisés et ils nous serviront pour faire une stratégie avancée autour des cas contacts et autour des zones qui sont touchées», avait-il déclaré le 27 avril dernier.
Du même avis, Dr Ousmane Guèye, directeur du Sneips et membre du Comité national de la gestion des épidémies (Cnge) soutenait de ton ferme que «la politique que nous voulons appliquer, c’est d’associer à ce qui est déjà en train de se faire concernant les dépistages des cas positifs à la Covid 19, des tests aléatoires», précisant que «les tests aléatoires consistent à tester toutes personnes qui présentent des symptomatologies similaires et qui arrivent à l’hôpital.
Et également, de fouiller dans les registres pour contacter ceux qui étaient là auparavant et qui présentaient des symptômes similaires. Je pense que cette nouvelle méthode permettra d’augmenter l’éventail, la fourchette de personnes testées». Mais sans aucune explication rationnelle épousant l’avis des épidémiologistes et spécialistes en santé publique, le ministère de la santé a décidé de limiter les tests de dépistages de Covid 19 aux personnes symptomatiques. «Il faut que les populations comprennent que la stratégie a changé et qu’on ne soit pas là à demander des tests. Désormais, les tests se feront sur les personnes symptomatiques et les personnes vulnérables», a justifié lors du dernier point mensuel, Dr Bousso. Une décision dénoncée et refoulée par le Groupe de recherche interdisciplinaire pour le développement (Grid), composé de 29 universitaires dont l’agrégé en épidémiologie et santé publique et président du Conseil d’administration de la mutuelle de l’enseignement supérieur, Professeur Massamba Diouf. «Cette option pourrait davantage rendre les mailles élastiques et laisser échapper des cas potentiellement contagieux avec un risque de propagation au niveau de toutes les franges de la population. Ce qui laisserait «libre cours» au virus, ferait le lit aux cas dits issus de la transmission communautaire et rallongerait la durée de la riposte», a fait savoir le Pr. Diouf. Comme lui, le Dr Mouhamadou Mbengue a d’emblée affirmer que «vous êtes malades ?…

Circule on ne teste pas, allez transmettre le virus à vos proches, allez donner la mort! Quel État irresponsable».

On pourrait également citer dans le même spectre d’analyse le spécialiste en santé publique, Dr Mohamed Lamine Ly, qui indique que «sans dépistage, l’épidémie devient souterraine» car poursuit-il, «si on y ajoute le non-respect, tant décrié, des mesures barrières par les populations, la décision de ne pas tester des cas-contacts considérés comme «non vulnérables» relève, si ce n’est de l’irresponsabilité, tout au moins de l’inconscience». Selon la blouse blanche, «le dépistage aidera mieux à contrôler la pandémie, s’il est réalisé dans des réseaux de soins de proximité et non centralisé dans deux grands instituts (Institut Pasteur, Iressef)».

DEMISSION MEURTRIERE POUR UNE IMMUNITE COLLECTIVE

On se rappel des recommandations hors du commun de Dr Moussa Thior sur les ondes de la Radio iTv. «Il faut laisser le virus circuler et arrêter d’ameuter les populations. Dans le cadre d’une maladie comme le coronavirus, les cas communautaires, c’est une très bonne chose, je pèse mes mots. Il faut laisser le virus circuler, ça va contribuer à développer l’effet de protection de masse», avait laissé entendre la blouse blanche, spécialiste en santé publique.
Une position immédiatement désapprouvée par le chef service des maladies infectieuse et tropicale de l’hôpital de Fann, Pr. Moussa Seydi qui explique que «si tous les Sénégalais sont infectés, même avec 1% de létalité, ça fait plus de 100.000 morts». Et d’ajouter : «on dit qu’il faut protéger les personnes âgées mais quelqu’un peut être infecté sans le savoir. De retour chez lui, il ne peut pas prendre de précautions. Nous avons ici un jeune qui était malade, qui a infecté son père qui est décédé (…) Il n’y a pas d’immunité collective. Je suis absolument opposé à cela. Il y a des pays qui l’ont fait et qui l’ont regretté». La directrice de la santé publique, Dr Marie Khémèsse Ngom Ndiaye, n’est pas restée en marge face à ses déclarations de Dr Thior. «Certaines caractéristiques ne sont pas encore connues et il n’y a pas encore de vaccin pour le Covid-19. Voilà pourquoi la stratégie préconisée par le Dr Moussa Thior ne fait pas partie de celles développées par le ministère de la Santé». En dépit de ces multiples contestations, la nouvelle stratégie adoptée par le ministère de la santé semble épouser de tels contours. Même si le port de masque est déclaré obligatoire par l’État, aucune mesure contraignante n’est actée jusqu’à ce jour. Les populations circulent sans masque et boycottent d’une facilité malsaine les gestes barrières.
Un comportement qui a dépité profondément le Colonel Amadou Moctar Dièye, au point d’hausser le ton et de fait savoir que «la réticence des Sénégalais aux masques est due au fait que les gens ne sont pas sanctionnés. C’est pourquoi je pense qu’il faut beaucoup communiquer et sensibiliser mais aussi sanctionner ceux qui ne respectent pas les instructions qui sont données». N’étant pas d’avis avec le ministre de la santé, Diouf Saar, pour qui «il s’agit donc d’une responsabilité communautaire et individuelle de chaque dakarois», le Directeur des Laboratoires au niveau du même ministère, laisse entendre sur les ondes de la radio Sud Fm que, «moi, je ne suis pas de ceux qui disent que la population doit prendre ses responsabilités, cela est certes une bonne chose mais il faut sanctionner les gens qui sortent de chez eux sans masque».
D’ailleurs, Dr Ly conclut qu’en «définitive, en privilégiant le dépistage des patients symptomatiques, le gouvernement met davantage le focus sur la prise en charge curative au détriment des aspects préventifs». En clair, la stratégie adoptée par le ministère semble voiler ses vraies motivations et objectives. Considérant que le ministère de la santé et de l’action sociale qui clamait l’élargissement des tests de dépistage Covid 19 rétropédale pour une régression purement et simplement, qu’aucune mesure contraignante n’est adoptée pour le respect du port obligatoire des masques, entre autres, on pourrait rationnellement conclure que la tactique «d’immunité collective» prônée par Dr Moussa Thior est enclenchée. Même si elle doit coûter des «plus de 100.000 vies» comme le craint le Pr. Seydi, ce gouvernement semble avoir fait son choix. Le même constat a d’ailleurs poussé le Khalife général des Tidianes, Sérigne Babacar Sy Mansour a assené ses vérités à l’État. «Ce qu’on a noté avec le dé-confinement n’est qu’une démission ; alors qu’un responsable ne démissionne pas», a-t-il lâché

Paludisme dans le Ferlo : Une campagne d’aspersion lancée

https://www.seneweb.com/ Le paludisme fait de la résistance. En 2019, le Sénégal avait enregistré 35.400 cas de paludisme. Soit une baisse de 28% comparé à 2018. Mais dans le Ferlo et le département de Kanel, la tendance est plutôt à la hausse.
Pour éviter une propagation de la maladie en cette période d’hivernage, une campagne d’aspersion des maisons a été lancée par le programme national de lutte contre le paludisme.
« Dans le contexte actuel de la Covid-19, il était important d’assurer la continuité des services. C’est dans ce sens que le ministre de la Santé a insisté auprès des programmes pour la mise en œuvre effective de l’ensemble de nos activités et toutes les dispositions ont été prises pour dérouler cette campagne avec l’appui de la Banque Islamique de Développement pour garantir l’objectif que nous avons fixé pour cette pré-éliminatoire du paludisme », a soutenu Dr. Doudou Sène, coordonnateur national du PNLP, sur Rfm.
Avant d’ajouter : « Kanel et Ranérou, c’est des zones où la prévalence du paludisme reste encore très élevée et dans ce sens il fallait avoir des interventions majeures ».
À partir de cette localité du département de Kanel, plus d’un millier de volontaires va investir les habitations dans les différentes localités. Il s’agit de l’assaut contre les larves et les moustiques, vecteurs de la maladie, renseigne-t-il.

SUIVI ET TRAITEMENT DES RAPPORTS DE CORPS DE CONTRÔLE : Quand le calcul politicien dicte sa loi !

http://www.sudonline.sn Alors qu’il est attendu sur le traitement qu’il fera des différents rapports de corps de contrôle qu’il a reçus cette année, dont en dernier ceux de l’IGE sur la période 2016, 2017 et 2018-2019, le président de la République, Macky Sall, est dans un dilemme cornélien. Avec l’approche des prochaines élections locales prévues avant le 28 mars prochain, le chef de l’Etat qui est également président de l’Alliance pour la République (Apr) est appelé à arbitrer entre sa promesse de reddition des comptes et la «protection» de ses partisans épinglés en matière de mal gouvernance, dans le souci de consolider les bases de sa formation politique, voire la nécessité de conforter l’assise politique de son quinquennat.
L’année 2020 restera certainement gravée dans les annales de l’histoire politique du Sénégal. En effet, en plus de coïncider avec le premier anniversaire de la réélection de l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, cette année a été également très fournie en termes de rapports de corps de contrôle.
Ainsi, entre le mois de janvier et celui de juillet, près de huit documents d’évaluation de la manière dont sont gérées les affaires publiques, pour ne pas dire le bien commun, ont été remis entre les mains du chef de l’Etat qui s’était engagé à inscrire la bonne gouvernance au cœur de sa gestion. Ces rapports ont été le fait des différents corps de contrôle publics dont l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), l’Inspection générale d’État (Ige), la Cour des comptes ou encore l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp, rapport 2016).
Ces institutions, comme dans leurs précédents rapports, ont encore épinglé la gestion de plusieurs proches collaborateurs de l’actuel chef de l’Etat, responsables d’actes notoires de mal gouvernance en totale rupture avec la gestion dite « sobre et vertueuse » de la quatrième République. Une situation qui n’est pas du tout à arranger les choses pour le président de la République, Macky Sall.
Seul habilité à décider de la suite à donner aux rapports d’organes de contrôle, Macky Sall, également président de l’Alliance pour la République (Apr) se retrouve ainsi entre l’enclume de sa promesse de reddition des compte et de transparence dans la gestion des affaires publiques et le marteau de calcul politique qui pourrait le pousser à mettre encore sous le coude ces fameux rapports incriminant certains de ses proches, souvent grands électeurs, dans le souci de consolider les bases de sa formation politique et de conforter l’assise politique de son quinquennat.
Et pour cause, le déclenchement d’une procédure judiciaire en cette veille d’élections locales prévues avant le 28 mars prochain contre tous ses proches épinglés ou soupçonnés de malversations ne serait pas sans conséquence pour son parti, l’Alliance pour la République, qu’il est en train de massifier par tous les moyens en enrôlant à gauche et à droite avec des membres de l’opposition casés à certains postes clés (Pca et autres). Car la plupart des responsables sur qui pèsent aujourd’hui des soupçons de malversations sont soit à la tête des collectivités territoriales soit des candidats potentiels de l’Apr au niveau de leurs localités. Face à cette situation, il faut dire qu’il est très peu probable de voir l’actuel chef de l’Etat qui a déjà mis aux oubliettes de précédents rapports de ces organes de contrôle incriminant ses proches, décider enfin de laisser la machine judicaire faire son travail de suivi des documents en question.
D’ailleurs, lors de sa déclaration à la suite de la réception des rapports publics sur l’état de la Gouvernance et de la Reddition des comptes 2016, 2017, 2018, 2019 de l’Inspection générale d’État (Ige), Macky Sall n’a pas fait état d’aucune sanction. «Les rapports sur l’état de la Gouvernance et de la Reddition des Comptes, produits par l’Ige, invitent à l’introspection et à la responsabilité, individuelle et collective, afin d’avancer résolument dans la transformation de l’action publique pour consolider un Etat performant». De là à imaginer que Macky Sall se joue encore des corps de contrôle sous la dictée de ures considérations politiques, il n’y a qu’un pas que le moindre observateur franchit aisément. *

 Macky Sall est tenu de déposer une nouvelle déclaration de patrimoine Par Seybani SOUGOU

Macky Sall est tenu de déposer une nouvelle déclaration de patrimoine  : il n’y a aucun débat possible à ce niveau. En effet, l’article 37 de La Constitution sénégalaise est extrêmement clair et ne laisse place à aucune forme d’interprétation. « Le Président de la République nouvellement élu fait une déclaration écrite de patrimoine déposée au Conseil constitutionnel qui la
rend publique ».

En vérité, l’exigence constitutionnelle de la déclaration de patrimoine du chef de l’état est intimement liée au serment présidentiel qui précède l’installation du Président de la République, moment où il est investi des prérogatives liées à son statut.

1-Chaque prestation de serment doit être accompagnée d’une déclaration de patrimoine La prestation de serment inaugure un nouveau mandat présidentiel. Macky Sall a prêté serment à 2 reprises, devant le Conseil Constitutionnel.
· La première prestation de serment a eu lieu le 02 avril 2012,
· La seconde prestation de serment s’est déroulée le 02 avril 2019.
Chaque prestation de serment doit être accompagnée d’une déclaration de patrimoine, en bonne et due forme  : 1 prestation de serment équivaut à 1 déclaration de patrimoine ;
2-prestations de serment = 2 déclarations de patrimoine. C’est clair, net et précis. Un laudateur du régime, ancien administrateur de la Fondation servir le Sénégal, s’est livré à un exercice périlleux en affirmant « Le Président n’a jamais quitté son bureau de la présidence de la république ». Un argument loufoque, digne d’un élève de primaire. Demandez-lui pourquoi Macky Sall a prêté serment une seconde fois et a été installé à nouveau, en tant que Président de la République par le Conseil Constitutionnel ? M. Alioune Fall ferait mieux d’éclairer la lanterne des sénégalais sur des transactions financières illégales effectuées par la fondation servir le Sénégal en 2012, alors qu’elle n’avait aucune existence juridique, en particulier sur l’opération CICES, au lieu d’aborder des sujets qu’il ne maîtrise pas.
3-La Constitution sénégalaise impose au Président de déposer une déclaration de patrimoine en début de mandat, mais n’exige pas d’effectuer une déclaration en fin de mandat
En France, les élus doivent faire, au cours de leur mandat, plusieurs déclarations : d’abord au moment de la prise de fonction ; puis en cours de mandat si une modification substantielle affecte leur patrimoine (héritage, mariage, divorce, etc…) ; et enfin, ils doivent déposer une déclaration de patrimoine de fin de mandat. Toutefois, la loi est extrêmement claire concernant la déclaration de fin de mandat  : « Les élus dont le mandat s’achève doivent déposer une déclaration patrimoniale de fin de mandat deux mois plus tôt et un mois plus tard avant l’expiration de leur mandat », auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), conformément aux dispositions de la loi n°2013- 907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique. Il convient de préciser que la déclaration de patrimoine de fin de mandat doit intervenir au plus tard un mois avant l’expiration du mandat. Au Sénégal, l’article 37 de la Constitution impose au Président de déposer une déclaration de patrimoine en début de mandat, mais n’exige en aucun cas d’effectuer une déclaration de patrimoine en fin de mandat. L’article 37 de la charte suprême taillade en pièces, l’argument fallacieux de Mounirou Sy selon lequel Macky Sall doit faire sa déclaration de patrimoine en fin de mandat. Cette disposition n’est prévue par aucun texte (ni
par la Constitution, ni par loi n°2014-17 du 2 avril 2014 relative à la déclaration de patrimoine).
A supposer d’ailleurs que Macky Sall doive faire sa nouvelle déclaration de patrimoine en fin de mandat (ce qui est totalement faux, car n’étant prévu par aucun texte), ladite déclaration devait obligatoirement être effectuée avant la fin de son premier mandat, et donc avant les élections présidentielles du 24 février 2019. Une déclaration de patrimoine de fin de mandat ne doit pas être effectuée, après que l’élu ait quitté la magistrature suprême, mais bien avant(au cours du mandat).

Manifestement, le Constitutionnaliste Mounirou Sy a une mauvaise compréhension de la temporalité de la déclaration de patrimoine de fin de mandat. L’attestation sur l’honneur de l’actuel Président Français,

M.Emmanuel MACRON, suite à sa déclaration de patrimoine (disponible sur le site légifrance) devrait lui rafraichir la mémoire et lui permettre de mieux
comprendre le sens de la déclaration de patrimoine de fin de mandat.
« Je soussigné  : Emmanuel Macron, Certifie sur l’honneur l’exactitude des renseignements indiqués dans la présente déclaration et m’engage, en cas
d’élection à déposer deux mois au plus tôt et un mois avant l’expiration de mon mandat de Président de la République ou, en cas de démission, dans un délai d’un mois après celle-ci, une déclaration de situation patrimoniale de fin de mandat, en application du neuvième alinéa du I de l’article 3 de la loi n°62-1292 du 06 novembre 1962 » Fait le 16 mars 2017 Emmanuel Macron
Les partisans du régime qui croyaient trouver la parade pour Macky Sall, en invoquant une déclaration de patrimoine en fin de mandat, ne font que l’enfoncer davantage. La déclaration de patrimoine de fin de mandat doit intervenir avant la fin du mandat, pas après (dans cette hypothèse, Macky Sall aurait dû déposer sa déclaration de patrimoine de fin de mandat, avant
les élections de 2019). Quel que soit l’angle choisi par les soutiens du régime (déclaration de fin de mandat ou nouvelle déclaration de patrimoine), Macky Sall est pris au piège, et se trouve face à une équation insoluble. En conclusion, la Constitution sénégalaise (article 37) est très claire et impose au Président de déposer une déclaration de patrimoine en début de mandat. En conséquence, Macky Sall qui a entamé son second mandat et dernier mandat est tenu de déposer une nouvelle déclaration de patrimoine, dans les meilleurs délais. Tout le reste relève de la sorcellerie juridique et n’est que pure affabulation.La violation de l’article 37 de la Constitution n’a que trop duré.Seybani SOUGOU

Les recommandations bizarres d’Habib Sy Par Alioune Fall

Ancien Ministre, ancien Ministre d’État dans différents gouvernements du Président Abdoulaye Wade dont il fut par ailleurs le Directeur de cabinet et le fidèle compagnon politique jusqu’à la chute du 25 mars 2012, Habib Sy vient de faire une sortie pour le moins surprenante pour préconiser des élections anticipées en 2022 après seulement 3 ans d’exercice d’un mandat présidentiel de 5 ans ; et cerise sur ce fabuleux gâteaux pour opposants à la traîne, le Président Macky Sall devrait « annoncer urbi et orbi » qu’il ne participerait pas à ces élections.

Pourquoi une telle situation d’exception ?

L’ancien ministre d’État énumère, au titre de son argumentaire : « Les scandales à répétition du Pouvoir exécutif, la soumission de l’Assemblée nationale à l’Exécutif, le Pouvoir Judiciaire perçu par une grande partie de l’opinion comme aux ordres, la pérennisation d’institutions budgétivores, la gestion nébuleuse du Fonds Covid-19, l’effondrement de l’économie, les couches sociales défavorisées au bord de l’abîme etc… », des faits allégués qui, selon lui, sont « susceptibles de déclencher de futures manifestations populaires aux conséquences imprévisibles ».
A côté de cette peinture particulièrement sombre de la situation nationale, Habib Sy évoque l’existence d’un « virus d’instabilité qui sévit dans la sous-région ouest Africaine » qui pourrait avoir un effet de contagion sur notre pays.

C’est simplement hallucinant !!!

On serait très à l’aise de discuter pour remettre en cause la justesse de la caractérisation du contexte national portée par Habib Sy. Ce qui est en revanche indiscutable, c’est que la période de 2000 à 2012 répond parfaitement à cette caractérisation, alors que Mr Sy était au cœur du pouvoir. On ne l’a jamais entendu s’émouvoir encore moins demander un départ du Président de la République et l’organisation d’une élection anticipée. La persistance de pratiques réprouvables au cœur de l’État, durant cette période n’a jamais incité non plus les populations à se soulever pour abréger le mandat qu’elles avaient souverainement dévolu au Président de la république.Parlons-en !
En matière de scandales à répétition de l’Exécutif au moment où Habib Sy en était un des piliers, on pourrait citer de manière à titre d’échantillon : l’attentat contre l’opposant Talla Sylla pour avoir critiqué le Président de la République, l’inique effacement de la peine carcérale suivi d’une indécente indemnisation en faveur des assassins du juge constitutionnel Babacar Sèye, le feuilleton de la spectaculaire polémique d’argent entre le Président de la République de l’époque et un de ses anciens Premiers ministres (qui n’est qu’une des nombreuses polémiques d’argent qui impliquaient directement le Président de la République), la rocambolesque attribution à l’entourage institutionnel du Président de la République et à des membres du gouvernement de marchés de fourniture de riz à l’État (dossier qui avait abouti à la DIC sans suite judiciaire), l’assaut lancé par une milice privée armée par l’Exécutif contre la mairie de Mermoz – Sacré – cœur avec mort d’homme, l’affaire Alex Segura impliquant directement le Président de la République, la tentative de constitutionnalisation d’un mécanisme de dévolution dynastique du pouvoir d’État tenue en échec par le soulèvement populaire du 23 juin 2011, etc.

Malgré la déroute subie ce fameux 23 juin, on n’a pas noté une prise de position de Mr Sy appelant son leader à renoncer à briguer un 3ème mandat dont la légalité était fortement contestée dans l’opinion. Au contraire, il a choisi de l’accompagner, de le soutenir dans sa détermination à imposer sa candidature dans la répression, le sang et la mort. Ensemble, ils ont choisi de boire le calice jusqu’à la lie.

En matière de soumission de l’Assemblée nationale à l’Exécutif, c’est à cette époque qu’on a vu le Président de la République faire démettre un Président de l’Assemblée nationale et faire retirer leur mandat à deux députés élus par le peuple. Habib Sy était alors une figure éminente de l’Exécutif.
Il parle d’un pouvoir judiciaire aux ordres. L’expression est en usage dans le débat public depuis l’avènement de la pluralité démocratique dans notre pays, mais c’est sous le règne de Mr Sy et de sa famille politique que l’on a vécu l’affaire dite du Protocole de Reubeuss avec ses péripéties connues de tous les Sénégalais grâce aux médias dans un premier temps, puis aux aveux des acteurs clefs de cette infamie, l’un des rares exemples factuels, en dehors de tout jugement personnel, que l’on pourrait citer pour illustrer une situation de subordination de la Justice à l’Exécutif.
Il parle aussi de la pérennisation d’institutions budgétivores. Pourtant, depuis 2012, on en a beaucoup supprimées sur le legs transmis par lui et les siens. Outre la vice-présidence de la République, on pourrait citer des dizaines d’agences publiques dont mêmes les noms n’étaient pas connus des populations, chacune avec ses organes et personnels fortement équipés, dotés et rémunérés à ne rien faire sinon favoriser l’entretien d’une clientèle politique.
Habib Sy fait état également d’une gestion nébuleuse du Fonds Covid-19. En attendant qu’on dépasse le stade d’allégations pour nous démontrer qu’il existe des irrégularités dans la gestion du Fonds Covid-19, on le renvoie aux prédations incontestables, établies par des rapport d’enquête des organes de contrôle de l’État, perpétrées dans le cadre de l’organisation du Sommet de l’OCI et du FESMAN.
Il parle d’effondrement de l’économie. Cette économie était tellement malmenée par le gouvernement dont Habib Sy était membre qu’elle avait renoncé à la croissance, à l’orthodoxie budgétaire et aux politiques sociales. Ainsi, en 2012, ils ont transmis à l’actuel Président une situation caractérisée par un déficit budgétaire abyssal devenu chronique, la consommation en un trimestre de la réserve budgétaire annuelle, la non prévision dans le budget en cours d’exécution des ressources nécessaires à des politiques publiques prioritaires et des perspectives tellement sombres que le Président sortant avait publiquement déclaré que les salaires des fonctionnaires ne pourraient être payés à la fin du mois qui suivrait son départ. Aujourd’hui que la croissance tourne autour de 7%, que le déficit budgétaire est maitrisé, que des politiques sociales diverses sont exécutées sans faille et que l’État peut se permettre de payer les salaires des fonctionnaires une semaine avant la fin du mois, un représentant du clan responsable du chaos économique qui prévalait en 2012 fait état d’un effondrement de l’économie.
Il prétend que les couches sociales défavorisées sont au bord de l’abime. Ce serait alors peut-être pour finir d’en être tirées par le gouvernement actuel après y avoir été profondément enfoncées par le gouvernement auquel appartenait Habib Sy. Depuis 2012, les populations des différents secteurs d’activités ont vu leurs revenus améliorés par différents mécanismes (hausse de salaires et de pensions de retraite, baisse de l’impôt sur le revenu, augmentation du prix au producteurs des produits agricoles…). Elles paient moins cher les produits et services de première nécessite (riz, huile, sucre, carburant, électricité, certains soins médicaux vitaux…). Elles bénéficient aussi d’un filet social d’une densité jamais connue dans l’histoire de ce pays, avec notamment une allocation financière trimestrielle pour les plus défavorisées d’entre elles.

Clairement, l’appel de Habib Sy aurait eu beaucoup plus d’actualité s’il avait été lancé en 2010 ou en 2011, en considération des justifications brandies.

En ce qui concerne le « virus d’instabilité qui sévit dans la sous-région », il convient de rappeler qu’il s’agit d’une réalité avec laquelle le Sénégal coexiste depuis l’indépendance il y a 60 ans, en étant toujours parvenu à se prémunir de tout risque de contamination. Ce qui en fait le seul pays de son environnement à n’avoir jamais connu de coup d’état civil ou militaire et l’un des rares de la région sahélienne à parvenir encore à sanctuariser son territoire contre l’action des groupes « jihadistes ». Il y a lieu de préciser ici, sans entrer dans des détails sensibles, qu’il est très peu probable que cette dernière performance eût pu être une réalité si le pays était toujours gouverné par le clan de Mr Sy qui avait tant malmené la couverture sécuritaire nationale.
Envisager que la population sénégalaise, en particulier la jeunesse, puisse s’inspirer de ce qui passe chez le voisin en matière d’aspirations démocratiques et de bonne gouvernance, c’est perdre de vue le leadership que nos populations ont exercé de tous temps dans ce domaine. Celles-ci ont toujours été les modèles et les références qui inspirent, elles ne s’inspirent pas des autres. En considérant en plus les éléments de contexte, totalement différents, on peut parier que ce risque de contagion dont parle Mr Sy est au niveau zéro.
Il y a une conjoncture mondiale qui incite aujourd’hui à des réflexions et des remises en cause profondes. Pas un seul État n’est épargné par la vague de contestation boostée par la crise sanitaire sans précédent que connaît l’humanité. Le Sénégal n’est pas plus touché que ces grandes démocraties auxquelles il se mesure et ses Institutions ne sont pas plus ébranlées que celles des États les plus solides du monde parmi lesquels il se compte.
Très certainement, nos sociétés, à l’échelle mondiale et non sous – régionale ou régionale, auront à se repenser et repenser doctrines, méthodes et modèles. Les démocrates, d’où qu’ils soient, sont engagés à faire en sorte que tout cela se passe dans le respect des règles républicaines. L’opportunisme -ou le désespoir- consistant à vouloir dégrader en un contexte d’insurrection et de putsch cette probable phase de transition dans la gouvernance des États dont le Président Sall a été l’un des premiers dirigeants de la planète à percevoir l’avènement n’a aucun avenir.
Certes, Macky Sall fait peur dans le jeu démocratique sénégalais car depuis son entrée en scène, il s’est révélé invincible, ayant remporté toutes les élections dans lesquelles il s’est engagé. On comprend dès lors que ses adversaires n’envisagent l’avenir politique que dans une perspective qui l’exclurait. De là à vouloir l’envoyer à la retraite par anticipation…
Le Président Macky Sall a été réélu en février 2019 pour un mandat de 5 ans et il est déterminé à l’exercer jusqu’à son terme par la grâce de Dieu.,Conseiller du Président de la République

Le PS désavoue Abdoulaye Wilane

YERIMPOST.COM Dans les colonnes de Walf Quotidien, la semaine dernière, le porte-parole du Parti socialiste se projetait sur la présidentielle prochaine de 2024. Abdoulaye Wilane déclarait que le PS ne comptait pas jouer au suiveur et qu’il allait proposer son propre candidat. Une sortie qui, selon la Tribune, n’engage que son auteur puisqu’au PS, l’encrage au sein de la coalition Benno Bokk Yakaar ne souffre d’aucune contestation. Le Parti socialiste se démarque ainsi totalement des propos tenus par Wilane.

« PREMIER TOUR AVANT L’HEURE… »PAR MAMOUDOU IBRA KANE

http://www.emedia.sn Et si seulement l’affaire des terres de Ndingler était le premier tour, avant l’heure, de l’élection présidentielle de 2024 ? Difficile de ne pas voir un relent politique dans le dénouement provisoire arrêté par le gouvernement. Ndingler va cultiver ses champs le temps d’un hivernage, en attendant une solution définitive avec la SEDIMA de Babacar Ngom. Telle est la substance du compromis annoncé par le Ministre de l’Intérieur. Un pouvoir central qui a déjà le regard rivé sur l’échéance électorale prévue dans 4 ans et qui n’avait aucune envie de laisser un lopin de terre à une opposition, incarnée par les PASTEF d’Ousmane Sonko dans cette zone rurale ; laquelle opposition n’a pas hésité, à son tour, à faire des « terres promises » son cheval et son arme pour les batailles futures.
Avant même la Présidentielle, il y a l’étape des élections locales renvoyées aux calendes sénégalaises et qui se tiendront en principe en mars 2021 au plus tard. D’où l’enjeu politique des terres de Ndingler et de toutes les autres terres. Tant mieux si le succédané préconisé peut atténuer la tension faute de mieux. Mais attention, la solution peut décourager plus d’un investisseur. L’environnement des affaires est surveillé de très près la haute finance. Car, l’insécurité juridique est la porte ouverte à toutes les insécurités. Il y a un an disparaissait un grand capitaine d’industrie nommé Ameth Amar. Et nous voilà plongés dans une affaire qui concerne un autre capitaine d’industrie. Hasard de calendrier certes. Mais une coïncidence qui interpelle. Le premier appelé à la barre ne peut être que l’Etat.
Un constat s’impose  : le Sénégal s’est désindustrialisé ces dernières années. Le risque est maintenant grand, à force de frustrations, d’assister à un désinvestissement, pire une fuite de capitaux de nos champions économiques. Cela doit faire réfléchir. Si les collectivités locales sont à administrer, un pays, lui, est à gouverner. Le pouvoir central ne doit pas avoir peur d’assumer ses responsabilités. La faiblesse d’un Etat peut entraîner sa faillite. N’allons pas loin. Il suffit de regarder autour de soi pour s’en convaincre.
Laissons nos terres en jachère pour traverser nos frontières. Le soleil se lève à l’est mais se couche à l’ouest. C’est une vérité astronomique. Le Mali est justement à l’ouest du Sénégal. Le Pays du Ndiatigui, comprenez pays de l’hospitalité et donc de la téranga – le Mali et le Sénégal ont la même devise et presque le même drapeau. Les deux pays n’avaient-ils pas appartenu à la même Fédération du Mali au début des indépendances ? L’ancien Soudan suscite cette semaine, un espoir sous régional. L’expédition diplomatique des présidents Macky Sall du Sénégal, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Mahamadou Issoufou du Niger, Muhammadu Buhari du Nigeria et Nana Akufo-Addo du Ghana, sauvra-t-elle le Mali du chaos politique ?
Ce Big Five de la CEDEAO auprès de leur homologue malien, Ibrahima Boubacar Keïta et de son opposition et de la société civile regroupées au sein du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces patriotiques, a pour mission d’aider les acteurs politiques maliens à trouver une solution à la crise sociopolitique aigüe qui secoue le pays. Déjà tout part en vrille avec des groupes djihadistes qui tiennent Bamako en laisse depuis plusieurs années. Les termes de l’alternative sont simples pour le président IBK  : former au plus vite un Gouvernement d’Union nationale moitié-moitié tout en restaurant la Cour constitutionnelle qu’il a maladroitement dissoute ou alors démissionner comme l’y pousse le M5-RFP en position de force, il faut l’avouer.
Un Mouvement du 5 juin qui n’a pas encore adhéré aux dernières recommandations de la Troïka de la CEDEAO, conduite la semaine dernière par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan envoyé en éclaireur en attendant l’arrivée des 5 majeurs que sont Sall, Ouattara, Issoufou, Addo et Buhari. Goodluck ? Auront-ils la chance ? Ce qui se joue au Mali va au-delà du Mali. L’enjeu est sous régional voire continental, avec l’œil intéressé des Occidentaux, particulièrement la France, incontournable au Sahel. En plus, chacun des 5 présidents de la Sous-région a un intérêt particulier, à la fois pour son pays et pour son régime. Pas besoin de dessin pour lire le tableau. Ça saute aux yeux !

1316 jours à faire au Palais : Macky Sall,un « cartouchard » qui ne le sait pas?

https://www.leral.net Le journal « Kritik » indique que le Président de la République, Macky Sall est un cartouchard qui est rattrapé par la limite des mandats.
Les 1316 jours qui lui restent à faire au Palais, seront déterminants.
1316 jours pour préparer sa sortie ou mettre en orbite son successeur, le temps est désormais compté pour Macky Sall. Selon « Kritik », ce dernier est en train de griller son ultime mandat en 2024.
Parti sur les chapeaux de roues, le second mandat du Chef de l’Etat entre dans sa vitesse de croisière et, malgré l’impact de la Covid-19, les légalistes lorgnent le calendrier électoral, surtout la date de la prochaine élection présidentielle qui se disputera sans Macky Sall, un cartouchard rattrapé par la limite des mandats.

Golf Sud : un site de 800 mètres carrés divise la mairesse de la Commune et certains de ses conseillers

https://actusen.sn Alors que l’on n’a pas encore fini d’épiloguer sur l’affaire des terres de Ndénguéler opposant les populations de ladite contrée au milliardaire Bababacar Ngom de la Sédima, voici une autre affaire foncière qui risque de faire du bruit dans la Commune de Golf-Sud.
Et il s’agit selon SourceA dans sa livraison de ce vendredi, de deux baux détenus par le fiston de la mairesse Aïda Sow Diawara et le président de la Commission domaniale, Racine Ba. Les deux baux concernent des terrains de 800 mètres carrés appartenant au Domaine public. Mais aussi, il n’y a jamais eu de délibération à ce sujet.
Toutefois, précise le journal, si Aïda Sow Diawara dit que son fils dispose d’un bail sur ce site et nie toute implication, Racine Ba, pour sa défense, brandit aussi un bail en bonne et due forme. Les conseillers municipaux, qui estiment qu’aucune délibération n’a eu lieu, exigent que toute la lumière soit faite au sujet de ces terrains du domaine public.

Thierno Alassane Sall : «Le sapeur pompier Macky à Bamako pour que l’incendie ne se propage pas au Sénégal»

https://directnewsinfo.com “Le Mali et le Sénégal ce ne sont pas seulement des drapeaux et devises communs mais bien plus : la corruption, le trafic de drogue, des élections reportées ou truquées, des institutions en faillite”, déclare Thierno Alassane Sall. Le président Macky Sall est arrivé jeudi à Bamako dans le cadre d’une mission de la CEDEAO pour le règlement de la crise politique au Mali. Et il a été accueilli par le Premier ministre malien Boubou Cissé.


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