Revue de Presse du Vendredi 24 Avril 2020

Unes de la presse du Vendredi 24 Avril 2020
Unes de la presse du Vendredi 24 Avril 2020
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Dominique Strauss-Kahn«Pourquoi les Occidentaux créeraient-ils de la monnaie et pas les Africains ?»

https://www.jeuneafrique.com/L’ancien directeur général du FMI détaille les mesures qui devraient être adoptées pour affronter la crise liée au coronavirus, dont la suspension de la dette institutionnelle africaine et l’utilisation des Droits de tirage spéciaux par le FMI.
Rare dans les médias ces dernières années, l’ancien ministre de l’Économie et ex-cadre du Parti socialiste français a multiplié les interventions pour partager son analyse de la situation et ses recommandations, alors que la pandémie du Covid-19 plonge l’économie mondiale dans une profonde crise.
Aux commandes de l’institution internationale lors de la crise de 2008-2009, celui qui a l’oreille de plusieurs chefs d’État et aussi, selon la presse française, celle de la « Macronie », a répondu aux questions de JA.

Le président français Emmanuel Macron a appelé à une annulation massive de la dette africaine. Vous aussi ? 

La démarche va dans le bon sens, c’est évident, mais annuler une dette ne se fait pas en un claquement de doigts. Ce type de procédure prend du temps. On l’a vu avec l’initiative PPTE [Pays pauvres très endettés], que j’avais moi-même en partie conduite lorsque je dirigeais le FMI. Là, on est dans l’urgence. C’est pour cela que la solution du moratoire est sans doute plus adaptée à la situation actuelle, même si cela n’empêche pas de réfléchir à la question de l’annulation….  Suite …Par Stéphane Ballong

Adama Gaye: “LA CHINE N’EST PAS EN POSITION DE JOUER LES GRANDS SEIGNEURS AVEC LES AFRICAINS”

RFI- https://www.seneplus.com/–Qu’est ce qui change dans la relation sino-africaine depuis le début de l’épidémie de coronavirus ? Adama Gaye, auteur de « Le dragon et l’autruche » en 2006, répond aux questions de Christophe Boisbouvier
Un milliardaire chinois distribue de l’aide à l’Afrique tandis que des policiers tabassent des résidents africains dans les rues de Canton… Qu’est ce qui change dans la relation sino-africaine depuis le début de l’épidémie de coronavirus ? Après la sortie de son livre « Le dragon et l’autruche » en 2006, l’essayiste sénégalais Adama Gaye est devenu l’un des spécialistes de cette relation Chine-Afrique. Dernier livre en date : « Otage d’un État », aux éditions L’Harmattan. En ligne du Caire, Adama Gaye répond aux questions de Christophe Boisbouvier.
RFI : Est-ce que la pandémie du coronavirus va affaiblir ou renforcer l’influence de la Chine en Afrique ?
Adama Gaye : Les deux perspectives sont possibles. D’un côté, évidemment ce qui s’est passé dernièrement, ce sont les Africains qui ont été vus dans des images violentes et virales être malmenés à Guangzhou [Canton], dans le sud de la Chine, par des Chinois ordinaires qui les ont tabassés et les ont presque présentés comme étant les porteurs de ce virus. Ces images ont été reçues par l’ensemble des populations africaines, et aussi par les dirigeants africains, comme des images insultantes qui portent préjudice à une coopération qui semblait être lisse. Cela étant dit, cette relation est une relation forte, longue, assise sur une coopération financière solide, sur une présence massive des opérateurs chinois. Cela fait que la Chine fera tout pour essayer de rattraper l’image négative qui est sortie de cette bastonnade d’Africains.
Y a-t-il un décalage entre Pékin et la province, entre les élites chinoises et le peuple chinois ?
Bien évidemment. Pour ce qui est de l’élite chinoise, elle a choisi comme le dit le président chinois actuel [Xi Jinping] de faire de ce XXIe siècle celui de la renaissance de la Chine. Donc, cela nécessite un engagement de plusieurs régions du monde, y compris celle du continent africain qui est devenu donc un des grands partenaires de la Chine. Par contre, le Chinois lambda, quand on vit en Chine, semble être déconnecté de cette approche. Il y a un racisme continu à ce niveau-là. Il faut qu’un aggiornamento soit engagé et peut-être que cela pourrait se faire à l’occasion du prochain sommet Chine-Afrique qui devrait avoir lieu, si cette crise sanitaire est surmontée, à Dakar l’an prochain.
Depuis le début de cette pandémie, on voit s’aiguiser cette compétition entre la Chine et l’Occident en Afrique. Sur le terrain de l’aide matérielle d’abord, sur la livraison des masques, du matériel médical, sur l’envoi d’experts, de médecins, qui est gagnant : plutôt la Chine ou plutôt l’Occident en Afrique ?
Si on s’arrête à l’image, a priori la Chine a fait des efforts en déployant par exemple l’une de ses figures de proue du capitalisme chinois qui n’est autre que Jack Ma [le milliardaire chinois], qui a proposé à travers le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, de donner à l‘ensemble des pays africains des masques, une aide financière. C’est le pouvoir de séduction que la Chine essaie de déployer pour essayer de conquérir les cœurs et les esprits. Mais, au-delà de ça, le temps des médecins chinois aux pieds nus, à l’aube de la coopération entre la Chine et l’Afrique au début des années 1960, cette ère est un peu révolue. On peut dire que, dans la coopération, l’Occident a quand même le logiciel de la coopération médicale avec l’Afrique. Ce sont les pays européens en particulier qui ont établi les premiers centres hospitaliers où la recherche fondamentale dans le domaine des maladies infectieuses a pu être menée. C’est le cas de ce qui se passe à Dakar [Centre des maladies infectieuses de l’hôpital Fann, institut Pasteur, etc.] de ce qui s’est passé à Lambaréné [Centre de recherches médicales de Lambaréné (Cermel)-Gabon].Et on pourrait prendre comme exemple emblématique aujourd’hui celui du professeur Raoult [Didier Raoult, fondateur et directeur de l’IHU Méditerranée Infection], qui, à Marseille, a autour de lui beaucoup d’Africains. Il n’y a pas de compétition, il y a complémentarité au plan médical. La Chine n’est pas partie prenante dans l’investissement en matière de santé sur le continent. Par contre, la compétition ne pourra pas être évitée sur le plan économique et sur le plan géopolitique. Là, ça va reprendre de plus belle une fois que la crise du coronavirus aura été surmontée.
Quelque 40% de la dette africaine est due aux Chinois. Sur le terrain économique, qui peut être le gagnant entre la Chine et l’Occident en ces temps de pandémie ?
Le problème qui se pose, c’est que l’endettement souscrit au niveau de la Chine l’a été sur des bases léonines, dans des conditions obscures, parfois qui ont été destructrices de démocratie sur le continent africain. Et engager le débat aujourd’hui sur l’annulation de la dette, c’est absoudre un peu ces dirigeants africains qui ont utilisé la voie chinoise pour eux-mêmes s’enrichir. Cela pose problème, et vous l’avez vu, beaucoup d’Africains sont contre l’annulation [de la dette]. Je fais partie de ceux-là qui pensent qu’il faut créer un compte séquestre et que tout ce qui pourrait être annulé comme dette devrait être mis dans ce compte pour que son utilisation se fasse dans des conditions transparentes. Alors la Chine évidemment voudra faire un effort pour l’annulation des dettes. Elle le fait lors des sommets Chine-Afrique, ou Afrique-Chine si on veut, mais souvent la Chine n’est pas très généreuse en la matière. Lors de la dernière rencontre du G20, elle fait partie de ceux qui ont accepté un moratoire. Mais je ne pense pas que, compte-tenu des difficultés que la Chine rencontre aujourd’hui, avec le tassement de ses réserves extérieures, avec le tassement de sa croissance économique, aujourd’hui la Chine n’est pas en posture de vouloir jouer les grands seigneurs vis-à-vis du continent africain. Surtout le président chinois sait qu’il lui faut répondre aux attentes d’une population de plus en plus exigeante et qui sait qu’il y a un mandat du ciel, selon la tradition confucéenne, qui veut qu’un dirigeant qui ne donne pas de résultats, peut être contesté par l’opinion publique et par le peuple chinois. Christophe Boisbouvier  |

Louise Mushikiwabo: face au coronavirus,«l’Afrique ne veut pas de traitement spécial»

http://www.rfi.fr/fr/Dans un entretien exclusif accordé jeudi 23 avril à RFI et France 24, la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, revient sur la crise du coronavirus en Afrique, la mort du chanteur rwandais Kizito Mihigo ou encore sur le report des Jeux de la Francophonie.
RFI-F24: La pandémie de Covid-19 n’a peut-être pas encore frappé l’Afrique de plein fouet mais ce qui est d’ores et déjà évident c’est que la crise économique est là. Est-ce que vous craignez une catastrophe économique pour le continent ? Qu’est-ce que la Francophonie peut faire pour en atténuer les effets ?
Louise Mushikiwabo 
Le monde francophone et le monde entier, cela comprend l’Afrique, ont été durement frappés par cette pandémie, d’abord du point de vue sanitaire et certainement du point de vue économique. Il n’y a pas que l’Afrique qui est frappée économiquement, le gouverneur de la Banque de France, ce jeudi 23 avril, parlait de l’économie française qui fonctionne aux deux tiers. Mais l’Afrique jusqu’à présent n’a pas été aussi frappée que l’Europe ou l’Amérique.
L’Afrique a été très prudente dès le début de la crise, presque tous les pays africains ont pris des mesures pour se protéger et pour limiter la propagation de la maladie. Vu la faiblesse qui existe dans certaines économies africaines, l’Afrique n’étant pas un seul pays mais plusieurs pays avec des variantes du point de vue économique, certaines s’attendent, même si les effets sont déja là, à avoir beaucoup de pièces à ramasser à la fin de cette crise.
Qu’est-ce que la Francophonie peut faire ?
La Francophonie s’est déja engagée dès le début de cette crise à la hauteur de ses moyens. Nous avons très rapidement mis en ligne des ressources éducatives en Français, surtout pour les jeunes temporairement déscolarisés, mais dans beaucoup de nos pays aussi ces jeunes ne sont pas connectés. On est donc en train de voir, notamment avec notre institut pour l’éducation (l’IFEF) qui est basé à Dakar, en collaboration avec l’Agence universitaire de la Francophonie et avec les ministres de l’Éducation des pays francophones qui se sont rencontrés, pour notamment trouver un moyen de donner l’accès aux jeunes qui ne sont pas sur internet, peut-être par la radio ou d’autres moyens beaucoup plus adaptés à leur situation locale.
La semaine dernière, les pays du G20 ont accordé un moratoire d’un an sur le paiement du service de la dette des pays africains. Dans la tribune que vous venez de signer avec sept autres personnalités africaines vous dites que c’est un bon début mais qu’il faut faire plus. Emmanuel Macron, le président de la République française, ou Macky Sall, son homologue sénégalais, demandent carrément l’annulation de la dette africaine mais est-ce que c’est réaliste étant donné que la clé se trouve plutôt en Chine, qui est le premier créancier de l’Afrique ?
Concernant l’annulation de la dette, moi-même et cette équipe d’Africains internationalistes, beaucoup d’entre nous, des sommités dans le domaine de la finance et de l’économie internationale, nous demandons plutôt un moratoire, un gel sur le paiement de la dette puisque l’Afrique, comme le reste du monde, doit trouver l’espace et le temps de s’adresser à cette question très épineuse de la maladie et puis ensuite remettre ses économies sur les rails.
En réalité, l’Afrique ne veut pas de traitement spécial, l’Afrique veut comme tous les autres grands pays en Europe et ailleurs qui ont pris des mesures économiques importantes, ont même changé des lois pour pouvoir gérer cette crise et ensuite se préparer à remonter leurs économies après la crise. Donc pour nous ce qui est important c’est ce gel si vous voulez. Il y a encore à faire effectivement, c’est ce qu’on a publié dans cette tribune parce que d’abord il faudrait considérer tous les pays africains. Aujourd’hui, ce ne sont pas tous les pays, c’est un bon nombre, c’est un bon début mais cette maladie ne discrimine pas les grands ou les petits, ca se voit même à travers le monde.
Ensuite le moratoire qui va jusqu’en 2020, ce n’est même pas jusqu’à fin 2020, c’est moins d’un an. Nous aimerions beaucoup que cette période s’étende jusqu’à la fin de 2021, ensuite, un échange franc et productif sur le secteur privé africain. Beaucoup de pays ont pris des mesures pour accompagner et faire en sorte que les entrepreneurs et les grandes sociétés à travers le monde puisse ne pas être emportées par cette crise et l’Afrique en a vraiment besoin. Il en va aussi de la nécessité d’emploi. Beaucoup d’Africains aujourd’hui, surtout dans le secteur informel, se retrouvent sans emploi donc cela aussi c’est une discussion que l’on aimerait voir entre les dirigeants africains et leurs créanciers.
Il y a dix jours, à Guangzhou, dans le sud de la Chine, des dizaines d’Africains ont été expulsés de leur logement et tabassés sur la voie publique. Vous avez sans doute vu ces images, quelle est votre réaction ?

Ces images sont choquantes. J’ai suivi de très près, je connais les relations privilégiées entre l’Afrique, qui est mon continent, et la Chine. Je pense que les chefs d’État et l’Union africaine, au niveau de la Commission et au niveau du président en exercice Cyril Ramaphosa, ont saisi très vite les autorités chinoises. Pour l’Afrique ce n’est pas acceptable, on espère que cette situation ne va pas durer, on espère que c’était peut être des errements de certains acteurs chinois, du monde commercial. En tout cas, l’Afrique ne peut pas supporter de voir ses commercants et ses étudiants qui sont en Chine traités de cette manière, c’est vraiment regrettable.
Au Rwanda, le 17 février, l’artiste Kizito Mihigo est mort en prison. Officiellement c’est un suicide mais beaucoup en doutent. Depuis la déclaration de Bamako de novembre 2000, on sait l’attachement de la Francophonie aux droits de l’Homme, on sait aussi qu’en octobre 2018 votre élection à la tête de l’OIF a été facilitée par la libération quelques semaines plus tôt du même Kizito Mihigo. Alors aujourd’hui est-ce que la mort en prison de cet artiste ne vous met pas en porte-à-faux par rapport à l’une des missions fondamentales de la francophonie ?
Ne faisons pas d’un arbre une forêt. D’abord une correction, peut-être de l’avis de Radio France Internationale, mais mon élection n’a rien à voir avec la libération de ce jeune homme. Il a été libéré à côté de 200-300 personnes à cette époque. C’est une bonne coïncidence mais cela n’a rien à voir. Je connais bien ce cas, je connais ce jeune homme de par mes fonctions précédentes. Je dois dire que moi ce qui m’a étonné c’est cette idée qu’un suicide est suspect au Rwanda.
Je vous réponds peut-être comme Rwandaise, ensuite je vais vous répondre comme Secrétaire générale de la Francophonie. Il y a une partie des médias et certainement de la presse dans notre région, notre pays aussi, mais je pense qu’il faudra un jour accepter qu’il y a des Rwandais qui meurent de mort naturelle ou de suicide. En une année, j’ai connu trois suicides de jeunes gens au Rwanda et chaque fois il fallait trouver la main du gouvernement derrière ça. Je pense que c’est une erreur qu’il faudra un jour corriger.
Maintenant du point de vue de la Francophonie, bien sûr que tout ce qui est droit, autant les droits liés à la personne que le droit à la dignité, c’est extrêmement important pour le Rwanda et pour notre organisation. On reste très vigilant. Je pense que si on devait aller chercher dans chaque État membre un cas particulier on en trouverait beaucoup. D’ailleurs j’ai du répondre à cette question pour vos consœurs de TV5 Monde il y a quelques semaines et cela m’a fait réfléchir et m’a incité à aller voir comment est la situation en France, et j’ai remarqué qu’il y a un an ou deux, il y avait eu au moins 130 suicides en prison. Je crois que cet incident ne devrait pas définir le Rwanda par rapport à nos textes de Bamako, ce qui est sûr c’est que, et moi-même, et la Francophonie, restons très vigilants sur tout ce qui est droit et liberté.
Les jeux de la francophonie étaient prévus en juillet 2021 mais on apprend aujourd’hui que les Jeux olympiques de Tokyo sont aussi prévus à la même date. Qu’est-ce que vous allez faire ?
J’ai eu récemment un échange avec le président de la République démocratique du Congo et ensuite j’ai parlé au ministre qui est responsable des Jeux de la Francophonie et nous avons décidé, à la demande de l’État congolais de les reporter justement parce que les Jeux olympiques de Tokyo, qui impliquent le monde entier y compris le monde francophone, sont exactement à la même période l’été prochain. La République démocratique du Congo propose l’été 2022. On va donc étudier tout cela suivant les procédures en place ici à la francophonie avec le comité des jeux et puis acter cette décision par le conseil permanent de la Francophonie qu’on espère tenir à la fin du confinement.
Personnellement, vous êtes pour l’été 2022 ?
Il faudra examiner cette période. Je sais que l’année 2022 c’est aussi les Jeux du Commonwealth qui sont planifiés depuis longtemps. Il faudra étudier cela avec le reste du calendrier sportif cette année-là, il y a toute une structure qui va dans ces détails et nous vous tiendrons informés.
Est-ce qu’on peut envisager l’annulation pure et simple des Jeux 2021 ?

Non il n’y a aucune raison d’annuler les jeux de la Francophonie. Tout était selon le calendrier, tout allait bien, nos équipes à la Francophonie et la République démocratique du Congo avaient déja commencé le travail et ce n’est donc qu’un report. Marc Perelman|Christophe Boisbouvier

«Comment construire l’Afrique avec moins de dette»  Par Papa Demba Thiam*

https://www.lepoint.fr/afrique/ TRIBUNE. Impulsés par des fonds publics limités, des investissements privés seront le moteur d’une croissance inclusive portée par plus de création de valeur dans un ensemble intégré.
Dans le contexte des mesures d’urgence de lutte contre les conséquences sanitaires et économiques de la crise du Covid-19, il importe de décrypter la réalité des financements proposés à l’Afrique. Certains de ses pays, parmi les 25 les plus pauvres du monde, bénéficient d’aides spéciales du FMI pour rembourser leurs dettes pendant ces six prochains mois. Ce sont des dons. D’autres utilisent des droits de tirage spéciaux (DTS) pour obtenir des prêts sans intérêts. Mais tous bénéficient d’un moratoire de six mois qui leur permet de ne pas payer les intérêts de leurs dettes pour cette période. Enfin, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale (BM) offrent des ressources supplémentaires y compris par la réallocation des fonds de certains projets qui étaient déjà approuvés.

Dette africaine : un puits sans fond

Bien qu’appréciés par les gouvernements africains, ces efforts ne réduisent pas leurs dettes de manière significative. Certaines de ces mesures en augmentent même le volume. Ce sont pourtant les institutions financières multilatérales qui s’étaient récemment alarmées du poids grandissant de la dette africaine. Le sujet était même au centre de la Conférence de Dakar du décembre dernier sur le thème « Développement durable et dette soutenable : trouver le juste équilibre ». Peu après, s’est ensuivie une polémique entre la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) quant à leurs responsabilités respectives dans l’accroissement de la dette africaine. Au même moment, le cataclysme de la crise du Covid-19 était sournoisement en marche en Chine et vraisemblablement en Italie aussi. Et voilà donc qu’en trois mois, l’urgence de réduire la dette semble rangée au placard par ces mêmes institutions pour parer aux destructions du Covid-19. C’est que les institutions financières multilatérales ne font qu’avec ce qu’elles savent faire le mieux.
Dans ce contexte nouveau, ce sont donc paradoxalement les États africains, encore tout récemment accusés de « frivolité » envers les emprunts, qui ont pris conscience de la nécessité de sortir des cycles d’endettement sans fin qui risquent de noyer leurs économies. L’Afrique, dans le sillage de l’appel lancé par le président du Sénégal Macky Sall, réclame maintenant l’annulation pure et simple de la totalité de sa dette publique ainsi que la restructuration et le rééchelonnement de sa dette privée. Même le pape François s’y est mis lors de son homélie de la messe de Pâques, suivi par le président français Emmanuel Macron. Au-delà même de la faisabilité d’une telle opération, il convient de replacer la dette dans le contexte de son expansion.

L’endettement, fruit d’un système

À chaque modèle économique, son système d’endettement. Celui hérité du « consensus de Washington » n’a été le bon ni pour l’Afrique ni pour les pays développés. Parce que dans les pays occidentaux, l’endettement public massif a été favorisé par la mise en œuvre des dix « commandements du consensus de Washington » pendant les années où Margaret Thatcher était Premier ministre de Grande-Bretagne (1979-1990) et où Ronald Reagan a présidé les États-Unis d’Amérique (1981-1989). Concrètement, il s’agissait de libéraliser toutes les économies et de privatiser la plupart de leurs entreprises publiques.

Le désinvestissement dans l’industrie et les infrastructures

Des arrangements devant donner naissance à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont préparé presque tous les pays à s’ouvrir au libre mouvement des biens et services. Résultat : beaucoup d’entreprises des pays de l’hémisphère nord se sont délocalisées vers les « économies des marchés émergents ». Ayant laissé faire, les États ont littéralement cessé d’investir dans les infrastructures, la santé, la recherche-développement et bien d’autres domaines d’importance comme l’industrie, pour laquelle presque plus aucune politique n’a été poursuivie dans plusieurs pays…
En effet, excepté les pays du nord de l’Europe, l’Allemagne et la Suisse, qui ont maintenu leurs bases industrielles avec force internalisation de chaînes de valeurs pour la protection de leurs labels économiques, la plupart des économies occidentales se sont mises en mode « pilotage automatique » sous la férule d’institutions nationales et multilatérales dont la particularité était d’être administrées par des bureaucrates.

L’affaiblissement de pays développés

Ainsi a été poursuivi un modèle de globalisation qui a, petit à petit, fabriqué de la pauvreté dans des pays dits développés. L’explication en est simple. Les investisseurs privés occidentaux eux-mêmes étant allés ailleurs financer et monter des usines pour fabriquer à bas coûts, ont exporté vers les économies des marchés émergents, technologie, savoir-faire et emplois. Ils ont contribué à augmenter la masse de produits importés en Europe, aux USA et en Afrique. Pire, même les services s’y sont mis. Il en est ainsi de la comptabilité qui, entre autres services, a été délocalisée.

Covid-19 et risque de surendettement des Economies Africaines

https://www.financialafrik.com/-L’Europe, La Chine, aux côtés de l’OMS, s’accordent à dire que le risque d’une «hécatombe sanitaire» pèse sur le continent Africain. Pour cause, le manque de structures adéquates de prise en charge, couplé à l’insuffisance de moyens financiers conséquents. Pour la première fois dans l’histoire contemporaine du monde, ce n’est pas l’Afrique qui tend la main au monde, mais c’est le monde qui vient prétendument au chevet de l’Afrique. Intéressant certes, mais pourquoi donc ?
A ce jour le nombre de morts enregistré à la suite du COVID-19, en Afrique, n’atteint même pas le quart de celui des pays développés. Les causes annoncées sont régulièrement d’ordre pathologique (les Africains souffrent de pathologies apparentées, tel que le paludisme et la malaria), peut-être climatiques (les fortes chaleurs ne favoriseraient pas une propagation a grande vitesse) ou encore liée aux coutumes (médecine traditionnelle). Et pourtant l’Afrique, continent le plus pauvre, où le taux de salubrité est le plus élevé, parvient jusqu’à présent à contenir cette pandémie.
Le FMI et la Banque Mondiale, «volant au secours» des Etats Africains, ont décidé d’apporter des aides chiffrées a plusieurs centaines de millions de dollars pour faire face au COVID-19. Officiellement, ces aides sont des prêts dits a taux zéro, avec des délais de remboursement assez faibles. De plus, suite à l’engagement de la France et de l’Europe d’annuler la dette de certains pays, l’on est en droit de se poser la question de savoir, de quel type de dette s’agit -il essentiellement ? Il s’agit des dettes souveraines, c’est-à-dire des dettes contractées directement a l’endroit des Etats. Ce sont généralement des dettes dites bilatérales. Seul bémol, cette tendance était valable dans les années 80 et ne représente plus aujourd’hui qu’une infime portion du stock global de dette sur le continent.
Depuis le début des années 2000, les Etats Africains se sont endettés, entre 80 et 90% , auprès d’acteurs privés (banques, traders, fonds spécialisés etc..). Cette tendance a été accentuée par le fait que ces bailleurs privés ont une capacité à mobiliser des ressources de façon plus importante et de manière plus rapide. Ce recours aux bailleurs privés est une option inévitable pour permettre aux pays sous-développés de rattraper/combler les retards infrastructurels. Cependant, il est reproché à bon nombre de pays Africains un surendettement exacerbé, ce qui fait que les critères de convergence régionaux en matière de respect des limites du niveau d’endettement (70%-80%), sont casi-en passe de ne pas être respectés.
Avec ces nouvelles «aides», il est clair que nos Etats vont demeurer dans la spirale. De plus, notons que nombre de ces pays ont des économies essentiellement adossées sur les revenus de la rente pétrolière ; les tous récents soubresauts sur les marchés des commodities vont à n’en point douter créer des déséquilibres macroéconomiques profonds. Ces pays n’ont pas le même niveau de résilience que les pays développés.

Amputation budgétaire de l’Union Africaine

Si les Etats sont à la recherche de réponses individuelles face au COVID-19, c’est bien parce que l’Union Africaine peine à apporter une réponse Africaine réelle. Notons que le budget de l’UA avoisinait les 800 millions de USD en 2018, et doit osciller autour de $ 1 milliard USD en 2020. Environ 20% à 30% de cette enveloppe pourrait être amputé afin d’apporter une vraie réponse coordonnée, plutôt que de de financer une institution déjà suffisamment budgétivore. Cette amputation pourrait concerner les lignes suivantes:
a) Reduction de moitié de salaires pour les hauts cadres et cadres moyens sur une période de 3 à 6 mois.
b) Fermeture momentanée de certaines missions non cruciales.
Les $ 300 millions USD dégagés de ces coupes budgétaires pourrait permettre d’acquérir 50 mille respirateurs d’une valeur de $6000 USD. A raison à peu près de 600 à 700 respirateurs par Pays membre. Notons que chaque pays membre s’est engagée à contribuer a hauteur de 0.2% de son PIB afin de soutenir le budget de l’U.A. En somme, l’Afrique ne doit guère tomber dans le piège d’une riposte calquée, mais surtout apporter une réponse en adéquation avec les réalités du continent.

L’ANNULATION DE LA DETTE PUBLIQUE,VERS UN AUTRE ENDETTEMENT PAR PHILIPPE NELSON NDIAYE

Le constat est que les nombreux crédits contractés par les Etats n’ont produit aucun effet positif visible à long terme sur le vécu des ménages
L’actualité du moment fortement marquée par la pandémie du covid-19 n’a cessé, depuis janvier 2020, de drainer son lot de polémiques et de théories conspirationnistes.
Dans ce quadrant rocambolesque entre gouvernance, mondialisation, médecine et  économie, l’Afrique cherche encore son rythme, beaucoup de gouvernement ont déjà commencé à tirer leur épingle du jeu, d’autres par contre en  profite pour avancer leur cartes politiques (faire voter des lois, donner les pleins pouvoirs au président…).
En effet, si certains dirigeants du tiers monde apprennent de la crise pour changer de cap dans la gouvernance, avec des réformes positives, des structures plus durables dans l’appui au développement et l’autonomisation des secteurs industriel et agricole. D’autres par contre s’enfoncent d’avantage dans un cercle vicieux d’endettement, de rééchelonnement de la dette ou tout simplement d’une « annulation de la dette publique » souvent précoce dans des conditions mal négociés.
Au Sénégal, le plan d’ajustement structurel est resté dans les mémoires. En effet, le pays comme d’autres de la sous-région, s’était rapproché du FMI pour un prêt. Le déblocage des fonds de l’institution est cependant toujours subordonné au respect absolu de conditions précises relatives à la gestion économique du pays emprunteur.
En nous arrêtant sur cette première forme de condition, il est clairement visible que la dette ici n’est pas seulement une somme d’argent à rembourser avec ou sans taux d’intérêt sur un délai donné, mais c’est une imposition d’intrusion dans la gestion publique. Vu sur cet angle, si l’économie politique est le socle de la gouvernance, car comme on dit « l’argent est le nerf de la guerre » autrement dit le FMI dicterait sa loi aux gouvernements.
Parmi les nombreuses conditions, il y a la dévaluation immédiate de la monnaie nationale pour stabiliser l’économie, afin de booster les exportations. Cependant, si le pays ne produit pas assez, cela constitue un coût globalement négatif.
Prenons l’exemple de la Chine, en tant que pays producteur à grande échelle, il a la capacité de baisser sa monnaie pour augmenter la valeur de ses exportations et ainsi réduire le coût des importations. Par contre pour le Sénégal qui produit très peu, la charge de ses importations revient plus chère encore pour des exportations presque nulles.
Une autre condition concernait la réduction de façon drastique de la balance des payements, en réduisant les dépenses publiques et en augmentant les impôts afin de dégager les ressources pour payer la dette. La conséquence est la suppression de la gratuité du service public, tel que l’éducation et la santé. Ce qui a mené rapidement à une dégradation des conditions de vie.
D’autres conditions étaient la libéralisation des prix pour favoriser une économie de marché, la réduction des dépenses courantes (baisse des salaires des fonctionnaires et forces de l’ordre, coût élevé de  l’électricité… ), la libéralisation du marché du travail  (non-respect des conditions légales du travail, augmentation du chômage…), l’élimination des barrières de protection douanière (asphyxie des entreprises nationales), libéraliser les flux de capitaux installation des multinationales, leur accorder des exonérations de taxes  (Total, Orange, Auchan…), privatisation du service public, la banque centrale devient indépendante (libre de tout contrôle de l’Etat), etc.
Voilà un ensemble d’éléments qui a ainsi freiné l’élan de développement de la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne.
Aujourd’hui, le débat est autours de la nouvelle monnaie africaine l’Eco, pour une nouvelle dévaluation avec 1 euro = 1200 eco, l’économie de nos pays en subirait un coup encore plus énorme et pour une énième fois et pourtant pour éviter cela nos gouvernants n’ont pas facilité les choses.
On croirait presque qu’il manquerait de professeurs d’histoire ou d’économie dans nos différents palais ou que les leaders préfèrent fermer les yeux sur les erreurs passés. Peut-être se disent-ils qu’au moment de payer l’addition et de vivre les conséquences désastreuses de leur choix politiques, ils seront déjà en sécurité avec les leurs, aujourd’hui la pandémie à prouver le contraire.
Bref, le constat est que les nombreux crédits contractés par les Etats n’ont produit aucun effet positif visible à long terme sur le vécu des ménages. C’est le cas d’ailleurs de nombreux ONG et donateurs qui pullulent encore en Afrique,  laissant les pays souvent dans des situations pires.
Serait-il ainsi le moment propice de mener une analyse pertinente sur la situation économique, de réfléchir sur les réels enjeux de l’aide international ?
La question était encore en débat lorsque le secrétaire de l’Union Africaine Moussa Faki Mahamat se présentait sur France 24 le 06/04/2020 pour demander un soutien financer, pour faire face au covid-19, à la communauté internationale.
Cette sortie médiatique avait révolté plusieurs activistes panafricanistes, l’avis général voulait que les leaders africains essaient d’abord de trouver des solutions concrètes en interne avant de faire appel à l’aide international.
Il faut rappeler que 5 jours avant (le 01/04/2020), le FMI approuvait un prêt de 221 millions de dollars du président de la République du Sénégal Macky Sall. Ce dernier oubliant ou tout juste minimisant  l’histoire encore récente du pays avec le FMI. Allant plus loin, sur France 24 encore au jour du 17/04/2020 il demandait tout bonnement l’annulation de la dette publique pour les « pays pauvres ».
Est-il ainsi possible d’annuler une dette de 365 milliards de dollars pour un emprunteur qui a une industrie presque inexistante, des matières premières et des ressources naturelles encore inexploitées ?

L’APPEL DE DAKAR… UNE OFFRE AFRICAINE PAR CHEIKH NGAIDO BA

https://www.seneplus.com/LeTemoin-Lancé, mercredi 8 avril 2020, par le président Macky Sall, l’Appel de Dakar pour une nouvelle gouvernance mondiale est une offre africaine.
Lancé, mercredi 8 avril 2020, par le président Macky Sall, l’Appel de Dakar pour une nouvelle gouvernance mondiale est une offre africaine. Le prétexte n’est pas des meilleurs mais l’initiation positive nous enseigne qu’une très grande partie du bien peut provenir du mal : c’est tout le sens qu’il faut donner à l’appel de Dakar. « L’Afrique et le monde face au Covid 19 : point de vue d’un Africain » : un magnifique texte du président Macky Sall. « L’Afrique berceau de l’humanité et terre de vieille civilisation n’est pas et ne saurait être ‘’un no man’s land’’. Elle ne saurait non plus s’offrir comme terre de cobayes, également les scénarios catastrophiques qui s’évertuent à dessiner un futur d’apocalypse pour le continent.
Ayant subi, à travers sa longue et riche histoire, des épreuves autrement plus périlleuses, et plus cruelles ce continent est et reste résilient et tien plus que jamais debout » Ces propos d’un chef d’Etat né après les indépendances, ou plus exactement d’un Africain de la jeune génération des présidents de la République, sont d’une lucidité sans faille et prouvent la vision d’un grand dirigeant, comme l’écrivait d’ailleurs le journaliste Alioune Fall.
Dans son texte très réaliste « L’Afrique face au covid 19 : point de vue d’un Africain », le président Macky Sall, dès le début, campe le décor en ces termes : «Avec une population estimée à un milliard trois cent millions d’habitants, l’Afrique est atteinte par le covid 19 au moment où plusieurs de ses pays, malgré les défis du sous-développement, sont sur une trajectoire d’émergence alors que d’autres continuent de faire face à la lutte contre le terrorisme.
Le covid 19 freine ainsi l’élan des uns, aggrave la situation des autres et remet en cause les efforts de tous. De plus, il soumettra à rude épreuve des systèmes nationaux de santé publique déjà vulnérables. De nombreux pays ont adopté des plans de confinement pour éradiquer la propagation du virus à l’échelle nationale. Mais le niveau d’impréparation due à la survenance brutale de la pandémie, à son évolution rapide et à l’ampleur des besoins montre clairement les limites des mesures nationales ».
Dans l’appel historique de Dakar sur la guerre contre le covid 19, et les difficultés inhérentes à l’importation des équipements et des produits médicaux pharmaceutiques nécessaires à lutter dans un contexte de forte demande et de perturbation du trafic aérien, pour gagner le combat en maintenant le niveau des capacités de riposte, le président Macky Sall préconise notamment « de disposer en quantité suffisante d’équipements et de matériels médicaux et de protection : kits de test, masques, équipement de protection individuelle, aménager et équiper des centres d’isolements et de traitement des malades, assurer la détection précoce des cas d’infection liés au covid 19 au niveau des sites de références, assurer l’isolement rapide et la prise en charge des cas suspects et confirmés d’infection pour renforcer les mesures de protection et de contrôle et d’assurer une bonne coordination de toutes les interventions ».
Après quoi, il s’est adressé à l’Afrique en ces termes : « Il faut dire qu’en dépit des efforts jusque-là consentis, les pays africains n’ont pas encore atteint les normes préconisées par l’Organisation mondiale de la santé en infrastructures sanitaires et personnel qualifiés dont la répartition reste encore inégale au détriment des zones rurales. De façon générale, les besoins de l’Afrique dans le secteur de la santé se posent avec acuité. De la formation des ressources humaines en qualité et quantité suffisantes en passant par l’utilisation optimale des technologies de l’information et de la communication (TIC), la télémédecine et la mise en réseaux des expertises nationales au sein et entre les autres pays d’Afrique jusqu’à la création de plateforme régionale pour faciliter le déploiement d’opération d’urgence à l’instar de la plateforme de Dakar qui a servi de base aérienne et logistique lors de la crise d’Ebola qui avait frappé certains pays de la région ouest africaine et l’appui aux initiatives pour la couvertures maladie et/ou sanitaires universelle ».
Selon le chef de l’Etat Macky Sall, trois leçons sont à retenir de la crise. «D’abord l’infiniment petit fait trembler le monde entier, c’est que devant des mesures transfrontalières grands ou petits, riches ou pauvres nous sommes tous vulnérables.
Ensuite, le covid 19 renvoie au monde ses propres contradictions. Nous vivons, en effet, une crise de paradoxes. La terre est assurément ronde, mais quelque close, quelque part ne tourne pas rond. L’homme continue de faire des progrès tous azimuts reculant chaque jour et à tout instant les limites de la science et de la technologie, y compris dans la conquête de l’espace et pendant ce temps sur terre, il manque des masques, des kits de tests, d’équipements de protection individuelle, de lits, de respirateurs ; autant de produits, matériels et équipement indispensables à la prise en charge des malades et à la protection des personnels de santé, les véritables héros engagés au front d’une lutte risquée et potentiellement mortelle contre un ennemi invisible à l’œil nu .Il est donc temps de revenir sur terre »
S’agissant de la troisième leçon, le président de la République estime que la pandémie du covid 19 « confirme les limites objectives de l’Etat-Nation dans la réponse aux menaces transfrontalières ». Il est donc temps de revenir à la sagesse des ainés comme nous y invite notre compatriote Cheikh Hamidou KANE, ce gardien du temple, qui, dans son roman à succès mondial « L’aventure ambigüe » édité et publié en 1961 (l’année de naissance de son excellence le président Macky SALL) énonçait à la page 92 ce message prémonitoire : « Nous n’avons pas eu le même passé, mais nous aurons le même avenir, rigoureusement…
L’heure des destinées singulières est révolue… Nul ne peut vivre de la seule préservation de soi ». La victoire sans avoir raison fort justement décrite dans le chef d’œuvre littéraire ‘’L’Aventure ambigüe’’ est aujourd’hui tout à fait remise en cause et le président Macky Sall le rappelle avec pertinence en soutenant que devant les défis planétaires quels que soient sa puissance et ses moyens, l’Etat-Nation ne peut se suffire à lui-même. « Nous avons tous besoin les uns des autres, surtout quand nos vulnérabilités communes s’ajoutent à nos fragilités individuelles, alors, il est d’apprendre de nos erreurs et de nos limites, de redéfinir l’ordre des priorités, de redonner plein sens à l’économie réelle en investissant plus dans l’agriculture, l’énergie durable, les infrastructures, la santé, l’éducation et la formation, pour réaliser un développement soucieux du bien-être de l’homme intégral ».
Poursuivant, le chef de l’Etat a estimé qu’« il est temps de travailler ensemble à l’avènement d’un nouvel ordre mondial qui met l’humain et l’humanité au cœur des relations internationales. Ce nouvel ordre mondial, que j’appelle de mes vœux, suppose une confiance mutuelle et une volonté sincère de coopérer autour des questions d’intérêt commun et de valeurs partagées dans le respect de nos différences et de nos diversités. Je postule aussi et surtout pour un nouvel Etat d’esprit qui reconnait que toutes les cultures et toutes les civilisations sont d’égale dignité et qu’il ne saurait y avoir de centre civilisationnel supérieur qui dicterait aux autres la façon d’être et d’agir.
Comme le dit une sagesse africaine, l’arc en ciel doit sa beauté aux tons variés des couleurs ». L’appel Historique de Dakar, du président Macky Sall, à l’ intention des cent quatre-vingt-treize Etats de la planète terre, donne une excellente réponse à la lancinante question de la crise de la pensée universelle, en pensant à la crise par une offre africaine pour une nouvelle gouvernance mondiale plus juste.
Pour sa mise en œuvre, une bonne équipe africaine s’impose avec un ‘’ top management ‘’ de qualité composé de cinq chefs d’Etat de la même génération : UHURU KENYATA du Kenya, FELIX TSHISEKEDI de la République démocratique du Congo, Paul KAGAME du Rwanda, le roi MOHAMMED 6 du Maroc et, last but not least, MACKY SALL du SENEGAL, l’initiateur. Ces chefs d’Etat devraient être les points focaux des cinq régions naturelles de l’UNION AFRICAINE. Nés après les indépendances, ils sont les héritiers des pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ancêtre de l’Union africaine. Cette génération de chefs d’Etat est porteuse de l’offre africaine pour un nouvel ordre mondial.
Cette noble, belle et historique mission, elle doit l’assumer avec des partenaires mondiaux comme le jeune chef d’Etat français EMMANUEL MACRON. Lequel l a tout à fait raison de dire que nous pleurons, toute l’humanité pleure, les morts d’un même virus, tout en préconisant un plan en quatre en axes importants en partenariat avec l’Afrique dont l’annulation pure et simple de la dette publique et l’échelonnement de la dette privé africaines, un point essentiel de l’Appel de Dakar dont la mise en œuvre se fera avec la société civile, mais la vraie dans le sens gramscien du terme car dotée de la sincérité et de la conviction de veille et d’alerte qui aura couté une décennie carcérale dans les geôles mussoliniennes à Antonio GRAMSCI, brillant intellectuel organique italien – de 1917 jusqu’à son assassinat en 1927 en prison. Il est donc heureux que sous le titre « Il est temps d’agir », quatre-vingt-cinq universitaires, intellectuels, hommes de culture d’Afrique et de sa diaspora adressent une lettre aux dirigeants du continent sur les risques qui planent sur l’Afrique relatifs à la propagation du covid 19, sur la gravité de l’heure.
Leur interpellation individuelle et collective est plus que salutaire. Ce faisant, ils sont tous des alliés objectifs du président Macky Sall dans le cadre de l’Appel historique de Dakar pour une offre africaine d’un nouvel ordre mondial fondé sur une gouvernance plus juste. C’est pourquoi, sans aucun risque de me tromper, j’affirme avec force que l’appel Historique de Dakar par une offre africaine pour un nouvel ordre d’une gouvernance mondiale plus juste n’est pas conjoncturel. Il va au-delà de l’après covid -19 qui consacrera inéluctablement des relations internationales autrement structurées. J’en profite pour dire que Boubacar Boris Diop n’a pas raison même si c’est son droit d’être gêné d’entendre la président Macky Sall prendre la grande initiative de l’annulation de la dette publique africaine, ce qui du reste n’est pas nouveau puisqu’il la réclamée a plusieurs reprises.
L’écrivain journaliste a encore tort parce que le président Macky Sall n’est l’obligé de personne surtout que, dans cette initiative historique, c’est bien le président Emmanuel MACRON qui appuie sans réserve une des propositions de l’appel de Dakar en l’occurrence l’annulation de la dette publique africaine. Une proposition soutenue aussi par le Pape François dans son message à l’occasion de la célébration de Pâques.
L’écho est donc plus que favorable même si Boubacar Boris Diop le reconnait quand il déclare dans l’interview publiée dans le « Témoin quotidien » du jeudi 16 et vendredi 17 Avril 2020 ceci : « même si personne ne sait de quoi demain sera fait, le pays tient debout et on le doit en partie au président Macky Sall. Je suis de ceux qui n’avait pas compris son refus de rapatrier les 13 étudiants sénégalais de Wuhan mais les faits lui ont donné raison.’’ C’est pourquoi je dis à Boubacar Boris DIOP qu’aucun doute n’est permis que le président Macky Sall conçoit son action politique en toute souveraineté même s’il est partisan de la concertation pour toujours aboutir à des consensus les plus forts possibles.
De mon point de vue, aucun autre cadre concernant son action n’obéit à aucune dépendance. Cela dit, mon cher Boris, je partage votre opinion selon laquelle « notre réponse à ce qui arrive en ce moment devra être fondamentalement culturelle. Pour le dire en termes plus clairs, au lendemain de la pandémie, la révolution africaine sera culturelle ou ne sera pas ». Justement, l’appel Historique de Dakar du président Macky Sall concernant une offre africaine a aussi un soubassement culturel mais très éloigné de l’idéologie primaire de l’anti-impérialisme de nos vingt ans. Pour tout cela, aucun doute n’est permis sur le quinquennat de la confirmation.

Récession inévitable due au covid-19: Le partenariat économique, le salut du Sénégal Par Assane Samb

https://www.rewmi.com/ Cette année, le taux de croissance va considérablement baisser. Les plus pessimistes parlent de 2 à 3% à la place des 6 à 7% attendus même si la Banque mondiale et le Fmi ne parlent pas le même langage à ce propos.
Ainsi, notre pays, à l’instar de beaucoup d’autres, se préparent à une situation économique difficile laquelle exige une anticipation par une planification de crise afin de tenir compte de la nouvelle donne.
Il nous semble, à cet effet, que face à la faiblesse de nos recettes et à l’ampleur de nos dépenses publiques imprévues pour faire face au défi sanitaire, le salut du Sénégal est dans le partenariat économique. Mais, pas de n’importe quel partenariat.
Il s’agit de travailler à promouvoir les partenariats gagnant-gagnants, ceux-là qui excluent toute forme d’exploitation et de pression politique dans leurs conceptions et leurs planifications.
C’est pourquoi, l’objectif premier, est de se retourner vers les pays du Sud et ceux du BRICS pour lesquels nous avons des similitudes dans les approches, les préoccupations et les objectifs finaux.
Le partenariat entre pays africains, jusqu’ici cannibalisé, doit être de rigueur dans tous les secteurs importants où les pays peuvent se donner la main.

A ce propos, l’opérationnalisation rapide de la Zone de libre-échange économique (Zlec) doit être l’objectif majeur des Etats africains qui, par-là, ont trouvé la clef de voûte d’un développement futur endogène et auto-entretenu.

Qu’il soit permis que ceux qui excellent dans un domaine agricole, artisanal, industriel et même culturel donné, puissent exposer et écouler leurs produits dans d’autres pays sans que les tracasseries douanières ne les dissuadent de recommencer. Cet avantage comparatif et bien d’autres de ce genre doivent inciter nos chefs d’Etat à aller vite.
S’agissant des BRICS, la coopération jusqu’ici avec la Chine et l’Inde sont assez promoteurs pour encourager nos autorités à aller de l’avant.
S’agissant du seul secteur du transport, la Chine et l’Inde, par les bus King Long de Dakar Dem Dikk et les Tata ont révolutionné tout le secteur.
Et les acteurs du secteur et les mareyeurs attendent incessamment la matérialisation des accords pour le démarrage rapide de l’usine d’assemblage de camions de la société russe Kamaz.
Un investissement de 50 millions d’euros (57 millions de dollars) est attendu à ce propos.
Exactement comme ce qui s’était passé avec Sen Iran, la société iranienne dont l’arrivée sur le marché a changé le visage du parking de taxis sénégalais.
Il en est ainsi d’autres formes de partenariat qui sont à encourager parce que permettant aux Etats d’en faire profiter leurs populations.
L’avantage de ces partenariats, ce sont justement les innovations apportées au niveau des bénéfices mutuels.
Il a été en effet constaté que non seulement, il y a apport important de technologie, mais aussi promotion de l’emploi local. Leur mode de financement et l’implication de sociétés sénégalais en font de réelles opportunités d’affaires dont la multiplication ne fera qu’assoir les conditions d’une émergence rapide.
Car, l’accent à ce niveau doit être mis sur les produits qui ne coûtent pas trop chers et qui sont de bonne qualité.

Nous avons longtemps souffert d’une forme de partenariat classique coûteux et sans transfert de technologie.

Aujourd’hui, ces temps doivent être révolus. La preuve, la force de certains pays comme ceux du BRICS, c’est que les contrats qu’ils signent avec leurs pays-partenaires peuvent s’accompagnent de transferts de technologie. Il faudrait de plus en plus que les négociations aillent dans ce sens car, c’est la seule façon de créer les conditions d’un savoir-faire local, gage d’autonomie.
Car, en toile de fond, nous ne devons pas perdre de vue le fait qu’au sortir du Covid-19, la récession mondiale sera telle que les pays riches auront tendance à vouloir rattraper rapidement le retard accusé dans une accélération de l’exploitation des pays pauvres par des contrats léonins et une coopération dont ils sont les seuls à en profiter.
C’est d’ailleurs à ce propos qu’ils n’entendent pas du tout annulé la dette de nos pays.Assane Samb

La dette de l’Afrique doit être allégée pour lui permettre de lutter contre le Covid-19 Par Ngozi Okonjo-Iweala, ancien ministre des Finances du Nigéria et Brahima Coulibaly,chercheur

https://www.lejecos.com/Après un temps de latence, le Covid-19 se propage de plus en plus vite en Afrique, où l’on compte, le 7 avril, plus de 7 000 cas diagnostiqués et 294 décès dans 45 pays et deux territoires. Si le continent ne reçoit pas rapidement des aides supplémentaires, le virus continuera d’y imprimer sa marque mortelle et impitoyable, avec des perspectives sanitaires et économiques sans cesse plus sombres. C’est pourquoi nous appelons, dans un premier temps, à un allègement immédiat de la dette des pays africains, afin de donner à leurs gouvernements les marges budgétaires nécessaires à la lutte contre la pandémie.
Car la lutte contre le Covid-19 est plus difficile en Afrique que dans d’autres parties du monde. L’accès aux soins de santé sur le continent demeure limité, malgré quelques progrès récemment enregistrés dans certains pays. Un tiers des Africains ne peuvent se laver régulièrement les mains, parce qu’ils ne disposent pas d’eau propre. L’absence de réfrigération pour stocker les denrées périssables ou les médicaments complique pour la plupart des ménages le respect des consignes de confinement chez soi, et les moyens de subsistance de millions d’employés sont fragilisés par des connexions dont la bande passante est trop faible pour permettre le travail à domicile ou les autres solutions de rechange susceptibles d’assurer le maintien d’un minimum de revenus.
Les gouvernements africains font néanmoins face avec détermination au Covid-19, déclarant l’état d’urgence, préconisant la distanciation sociale, imposant des mesures de quarantaine, restreignant les déplacements et les rassemblements. Et les entreprises du secteur privé, les groupes de la société civile, les mouvements citoyens se joignent chaque fois qu’ils le peuvent à la mobilisation.
De son côté, l’Union africaine, afin de garantir la synergie et d’éviter les redondances, adopte une stratégie continentale conjointe et met sur pied un groupe dédié pour coordonner les efforts des États membres et de leurs partenaires. L’Organisation mondiale de la santé montre aussi sa résolution lorsqu’il s’agit d’aider les gouvernements africains.

Mais le grand défi demeure celui des moyens disponibles.

L’Afrique a besoin d’une aide initiale de 100 milliards de dollars, car la chute des prix des matières premières, la diminution brutale des échanges et du tourisme – conséquences directes de la pandémie – assèchent rapidement les recettes publiques. Dans le même temps, la méfiance des investisseurs envers les actifs à risque renchérit l’emprunt sur les marchés financiers et limite les opportunités de mobilisation des ressources.
Il n’est donc pas surprenant qu’en moyenne les plans de soutien budgétaire annoncés par les gouvernements africains ne se montent pour l’heure qu’à 0,8 % du PIB, soit un dixième des niveaux envisagés dans les économies avancées. Au-delà du court terme, les besoins de financement supplémentaires du continent pourraient se monter à 200 milliards de dollars.
Certes, les institutions internationales et les organismes de développement intensifient leur action pour compléter les efforts nationaux. La Banque africaine de développement a récemment émis des obligations sociales « Combattre le Covid-19 » pour une valeur de 3 milliards de dollars, tandis que la Banque africaine d’import-export a ouvert une facilité de crédit de 3 milliards de dollars.
En outre, le G20 a récemment appelé  à une riposte collective et coordonnée afin d’assister les pays les plus vulnérables, s’engageant à fournir des ressources immédiates en faisant appel au volontariat, et enjoignant aux ministres des Finances et aux gouverneurs des banques centrales de mettre en œuvre un plan d’action. Les organisations internationales – dont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Agence des États-Unis pour le développement international, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ainsi que Gavi, l’Alliance mondiale du vaccin – ont toutes annoncé des programmes de soutien aux pays en développement. Le recours massif des gouvernements africains à ce type de dispositifs en dit long sur la faiblesse de leurs moyens.
Nonobstant ces récents efforts, l’action et l’aide mondiale en faveur de l’Afrique ne vont pas à ce jour assez loin. Nous soutenons donc avec la dernière énergie l’appel urgent lancé par le FMI et la Banque mondiale pour un allégement bilatéral de la dette des pays à faible revenu. Nous pensons en outre que cette initiative devrait être complétée par un traitement similaire de la dette privée et commerciale, qui représente désormais une part significative  de la dette extérieure de nombreux pays africains.
Comme le temps est essentiel, nous appelons à un moratoire de deux ans sur tous les remboursements de la dette extérieure, capital et intérêts. Durant ce moratoire, le G20 devra charger le FMI et la Banque mondiale d’une évaluation générale de la soutenabilité de la dette et d’envisager, le cas échéant, une restructuration ultérieure, afin de garantir ou de rétablir cette soutenabilité.
L’allègement de la dette doit aussi s’étendre aux pays à revenu moyen qui subissent aujourd’hui la fuite des capitaux et une charge insoutenable de la dette. Les évaluations de la soutenabilité de leur dette doivent aller plus loin que le simple examen du ratio de la dette au PIB, et prendre aussi en compte celui du service de la dette aux recettes publiques. Plusieurs pays à revenu moyen dépensent aujourd’hui 20 % ou plus de leurs recettes dans le service de la dette, ce qui évince les dépenses indispensables pour la santé, l’éducation et les infrastructures.
Les fruits d’un allègement immédiat de la dette doivent permettre aux gouvernements africains de protéger les populations vulnérables et de renforcer les filets de protection sociale. Et à l’instar des autres gouvernements, ils doivent aussi aider le secteur privé, notamment les petites et moyennes entreprises. Cette aide comprend le paiement des arriérés et la limitation des perturbations qui affecteront les flux de crédit, afin d’éviter, autant que possible, que la crise bancaire et économique ne s’aggrave et ne se prolonge.
Ces mesures contribueront à préserver l’emploi. Sans elles, l’Afrique pourrait devoir faire face à une catastrophe humaine et économique sans précédent, qui la précipiterait dans une instabilité politique et sociale plus coûteuse encore.
La pandémie de Covid-19 révèle jusqu’à quel point nous sommes interconnectés, et nous rappelle que les destinées de nos pays sont étroitement liées. Le système de santé mondiale n’a jamais la force que de son maillon le plus faible : tant que tous les pays ne l’auront pas vaincue, les succès enregistrés localement contre la pandémie ne seront qu’éphémères.
Au-delà des réactions immédiates, la pandémie et ses retombées économiques font donc apparaître les efforts de long terme nécessaires au renforcement des systèmes de santé africains, à la diversification des économies du continent et à l’élargissement de l’assiette des recettes intérieures. Il importe que ces buts soient atteints, pour le monde entier autant que pour l’Afrique.
Sont également signataires de cette tribune : le Council on Foreign Relations ; Donald Kaberuka, ancien président de la Banque africaine de développement et président du conseil d’administration du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; Vera Songwe, secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies et chercheuse invitée de l’Initiative pour la croissance en Afrique à la Brookings Institution ; Strive Masiyiwa, fondateur et président exécutif d’Econet Global ; Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie ; et Cristina Duarte, ancienne ministre des Finances du Cap-Vert.
Traduit de l’anglais par François Boisivon
Ngozi Okonjo-Iweala, ancien ministre des Finances du Nigéria, est président du conseil d’administration de Gavi, l’Alliance mondiale du vaccin, et chercheur émérite de l’Initiative pour la croissance en Afrique à la Brookings Institution. Brahima Coulibaly est chercheur et directeur de l’Initiative pour la croissance en Afrique à la Brookings Institution. © Project Syndicate 1995–2020–La rédaction

Covid-19:la CEDEAO appelle à l’annulation de la dette des pays africains

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire)–Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont appelé jeudi à l’annulation de la dette des pays africains au regard de la menace du Covid-19 sur les économies du continent, à l’occasion d’un Sommet extraordinaire, auquel ils ont pris part par visioconférence, en raison de la pandémie.
A l’issue de ce Sommet qui a permis de faire le point de l’évolution du Covid-19 ainsi que son impact économique, financier et social dans la sous-région, les dirigeants de la CEDEAO, ont recommandé une annulation de la dette des pays africains, rapporte une note de la présidence ivoirienne.
Ils ont en outre décidé de la création d’un Comité ministériel comprenant les ministres de la Santé et du Transport en vue de coordonner les efforts sous la supervision d’un chef d’Etat ainsi que la création d’un fonds de solidarité de la CEDEAO.
L’organisation a encouragé les Etats membres à accroître, de manière substantielle, les tests de dépistage. Et ce, afin de renforcer le dispositif de lutte contre le Covid-19 dans la sous-région, où l’on compte des milliers de cas confirmés.
Les dirigeants ouest-africains ont recommandé des actions fortes, notamment la nomination d’un chef d’Etat comme « champion » pour superviser la riposte et le processus d’éradication de cette pandémie  au sein de l’espace communautaire.
Ils ont passé en revue les mesures barrières prises par les Etats membres de la CEDEAO dans le cadre des plans nationaux de riposte, notamment la restriction de la circulation des personnes, la fermeture temporaire des écoles et universités, ainsi que des frontières aériennes et terrestres.
Dans chacun des Etats membres, le confinement est partiel et renforcé par l’adoption de mesures de distanciation sociale. Les gouvernements ont accru les moyens opérationnels du secteur de la santé et augmenté l’achat d’équipements médicaux.
Les chefs d’Etat se sont félicités des actions engagées, notamment à travers l’organisation d’une réunion des ministres de la santé de la CEDEAO, le 14 février 2020, à Bamako afin de convenir d’une stratégie régionale ainsi que la finalisation du plan de riposte au Covid-19 évalué à 51 millions de dollars US.
Au terme du sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont lancé un  appel à la mutualisation des efforts pour venir à bout de cette pandémie. Concernant l’annulation de la dette évoquée, ils devront faire un lobbying auprès des bailleurs de fonds.
L’Afrique Subsaharienne devrait, face à l’impact économique du Covid-19, connaître un recul de la croissance dans « une fourchette entre -2 et -5% en 2020 » contre 2,4% en 2019, selon Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Afrique.
La pandémie de Covid-19 qui plonge l’Afrique subsaharienne dans sa première récession depuis 25 ans, aura aussi un impact sur le bien-être social, a dit M. Zeufack, soulignant que le rapport de la banque montre que « le bien-être des individus en Afrique Subsaharienne pourra baisser de 7% ».AP/ls/APA

 CEDEAO: Buhari désigné chef de file de la lutte contre le Covid-19

APA-Abuja (Nigeria) –Le président nigérian Muhammadu Buhari a été désigné chef de file de la CEDEAO dans la lutte contre la pandémie du coronavirus par les chefs d’Etats et de gouvernements de l’organisation sous-regionale.

La nomination du chef d’Etat nigérian est intervenue jeudi lors de la téléconférence extraordinaire du Sommet de la CEDEAO sur le Covid-19 sous la présidence de M. Mahamadou Issoufou, Président de la République du Niger.

Lors de cette visioconférence, le président  nigérian a appelé ses homologues de la CEDEAO à regarder au-delà des défis posés par la pandémie de Covid-19 et à exploiter les diverses possibilités qu’elle offre pour l’amélioration des conditions de vie dans les États membres, indique un communiqué de l’assistant spécial du président Buhari, Femi Adesina.
« Dans toute situation difficile comme celle que nous vivons actuellement, il y a aussi des opportunités. Notre région doit donc s’efforcer de tirer parti des possibilités offertes par cette sombre perspective mondiale en s’engageant dans la mise en œuvre de ces politiques essentielles, qui, jusqu’à présent, seront difficiles à accepter », a-t-il déclaré.
Tout en appelant ses collègues à intensifier leur collaboration afin de sauver la région de « cette pandémie mortelle en partageant nos expériences et nos meilleures pratiques », le président Buhari a présenté certaines mesures prises par son gouvernement en réponse à la pandémie.
Ces mesures comprennent la réduction des taux d’intérêt sur toutes les interventions de la Banque centrale du Nigeria (CBN) de 9 à 5% et l’introduction d’un moratoire d’un an sur les facilités d’intervention de la CBN.
Il y a également la mise en place d’un groupe de travail présidentiel chargé de coordonner les efforts nationaux de lutte contre la propagation du virus et assurer l’efficacité et l’efficience conformément au plan d’action nigérian sur la sécurité sanitaire.
D’autres mesures sont la fourniture de matériel de secours, notamment des fournitures médicales et alimentaires ainsi que des transferts d’argent liquide (sous conditions) de 20.000 nairas pour les ménages pauvres et vulnérables et la création de centres d’isolement et d’installations de test supplémentaires pour contenir la propagation du virus.
Le dirigeant nigérian a également déclaré que les incertitudes économiques sans précédent, y compris les graves contraintes budgétaires et de change, dans un contexte de ralentissement de la croissance économique mondiale auquel la plupart des nations sont confrontées, ont rendu impératif que « notre sous-région se recentre sur l’accélération de la mise en œuvre de notre vision populaire de la « CEDEAO du peuple » en adoptant des politiques régionales dynamiques visant à apporter des secours à nos citoyens ».
« Malgré la baisse des revenus, le gouvernement continue de dépenser massivement pour contenir le virus, soigner les personnes infectées et minimiser l’impact de la crise sur les populations pauvres et vulnérables. Cette situation exerce une forte pression sur nos finances en augmentant nos dépenses alors que nos recettes diminuent. Cela a invariablement conduit à une restructuration et à une réduction de notre budget », a-t-il ajouté.

Le président Buhari a profité de l’occasion pour rallier d’autres dirigeants à l’agriculture, à la technologie et à l’innovation afin d’en sortir plus fort.

« Il est impératif que tout en relevant les défis à court terme, nous explorions également les possibilités de promouvoir des politiques agricoles fortes et dynamiques qui garantiront la sécurité alimentaire de nos populations, en créant des emplois et en réduisant la pauvreté dans la région. Nous devons innover et utiliser la technologie pour dynamiser l’économie numérique et faire les choses différemment, mais mieux », a-t-il déclaré.
Le président nigérian a affirmé la solidarité du Nigeria avec les autres États membres dans leur lutte contre le virus :
« En cette période d’incertitude mondiale comme celle-ci, causée par l’impact dévastateur du Covid-19, permettez-moi de transmettre la solidarité du Nigeria avec tous les États membres alors que nous luttons collectivement pour vaincre la pandémie. Je suis très attristé par la perte de nombreuses vies et j’adresse mes sincères condoléances aux familles de ceux qui ont perdu des proches dans toute la région. Je souhaite également aux victimes infectées un rétablissement rapide et complet », a-t-il déclaré.
Il a réitéré l’engagement du Nigeria en faveur du bien-être et de la sécurité des populations de la sous-région et a réaffirmé son soutien à toute initiative visant à freiner la propagation de la pandémie découlant du sommet.MM/GIK/lb/cgd/APA

La BCEAO veut émettre des «Bons Covid-19»

APA-Dakar (Sénégal) Par Massamba SallLa Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé d’accompagner ses Etats membres dans l’émission de bons du Trésor dénommés «Bons Covid-19», ont annoncé, jeudi à Dakar, les responsables de cet institut d’émission.
Cette décision entre dans le cadre de la mise en œuvre des mesures prises par la BCEAO en vue de contrer les impacts négatifs de la pandémie du Covid-19, a précisé la banque centrale.
« Ces bons, d’une maturité de trois mois, seront émis sur le marché financier régional et serviront à faire face aux dépenses immédiates liées à la lutte contre la pandémie du Covid-19 », poursuit-elle, sans préciser le montant de ces bons.
En pratique, la BCEAO procédera, avec le concours de l’Agence UMOA-Titres, à la structuration et à la programmation de ces émissions. Pour ce faire, un guichet spécial de refinancement à trois mois est ouvert par la BCEAO pour permettre aux banques de refinancer ces bons.
Sur ce guichet spécial, les banques pourront ainsi avoir de la liquidité auprès de la banque centrale pour une maturité de trois mois, à un taux fixe de 2,50%. Les « Bons Covid-19» pourraient être soumis au refinancement sur le guichet spécial dès le jour de l’émission et au plus tard un mois après leur acquisition pour la durée restante du titre.
Ainsi, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) entend appuyer les États dans la mobilisation de ressources financières à faible coût pour résoudre des difficultés induites par la crise sanitaire liée au Covid-19.MS/te/APA

 Moussa Diao, DG d’Oryx Energies: «L’évolution des cours du pétrole n’a en général guère d’impact sur nos affaires, puisque nous avons des instruments financiers de couverture contre les fluctuations»

https://www.dakaractu.com/-Les cours du pétrole sont en chute libre devant la propagation de la pandémie du coronavirus et il y a des conséquences potentielles sur les échanges et la demande mondiale en brut. Le Directeur général d’Oryx Energies a analysé dans un entretien avec Jeune Afrique, « la séquence particulière que traverse l’industrie pétrolière.
Moussa Diao est revenu sur les impacts de la crise sanitaire sur « la santé des négociants en hydrocarbures ». Pour le groupe Oryx Energies, en tant que négociant de produits pétroliers, dit-il, « l’évolution des cours du pétrole n’a en général guère d’impact sur nos affaires. Nous avons des instruments financiers de couverture contre les fluctuations»,se félicite le patron de Oryx Energies.
« Mais un effondrement tel que celui que nous avons vécu – avec un cours du brut divisé par deux en un mois [à 27 dollars le baril de Brent ce 20 avril] – nécessite toutefois d’avoir une trésorerie suffisamment étoffée, et des liens de confiance solides avec les banques », a-t-il expliqué.
Le DG d’Oryx renseigne que les banques multiplient actuellement ce que l’on nomme les appels de marge. « Nous devons parfois avancer la perte liée à la chute des cours – entre le moment où nous achetons et celui où nous vendons une cargaison – tant que le produit pétrolier n’est pas payé et transféré physiquement à nos clients africains », a-t-il indiqué.
Le transport d’une cargaison de produit raffiné acheté en Europe fait quatorze jours pour rejoindre un port ouest-africain comme Dakar, a-t-on appris du leader d’Oryx. « Or, en quatorze jours, il peut se passer beaucoup de choses sur les marchés pétroliers. Ce n’est qu’une fois la vente finale conclue en Afrique que nous récupérons la somme convenue initialement avec la banque », a-t-il ajouté.

 L’économie sénégalaise enregistre des gains de compétitivité-prix au mois de février

https://www.lejecos.com/–La Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) dans son « Point mensuel de conjoncture -Mars2020 », souligne qu’au mois de février 2020, l’économie sénégalaise a enregistré des gains de compétitivité-prix de 0,7%, en variation mensuelle, sous l’effet conjugué du différentiel d’inflation favorable (-0,5%) et de la dépréciation du franc CFA par rapport à la monnaie des pays partenaires (-0,2%).
Selon la Dpee, face aux pays partenaires membres de l’UEMOA et de la zone Euro, des gains de compétitivité respectifs de 0,8% et 0,4% sont relevés en variation mensuelle, en liaison avec le différentiel d’inflation favorable.
En glissement annuel, des gains de compétitivité de 4,5% sont enregistrés en février 2020, du fait d’un différentiel d’inflation favorable (-4,1%) combiné à une dépréciation de 0, 3% du franc CFA par rapport à la monnaie des pays partenaires.
En cumul sur les deux (02) premiers mois de l’année 2020, il ressort des gains de compétitivité de 3,4% comparativement à la même période de l’année précédente, en rapport avec la dépréciation du franc CFA vis-à-vis des monnaies des pays partenaires (-1,4%) et d’un différentiel d’inflation favorable de 2,0%.Oumar Nourou

CAMPAGNE AGRICOLE: LE MINISTRE MOUSSA BALDÉ EXHIBE SES CHIFFRES

http://www.emedia.sn/ Malgré les menaces qui pèsent sur l’économie sénégalaise en cette période de pandémie, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural rassure. Dans un entretien accordé au journal « Le Soleil », Moussa Baldé annonce que des mesures ont été prises pour éviter tout impair et, avoir au moins, les mêmes performances que la précédente campagne agricole 2019-2020 qui a enregistré une production de 2,7 millions de tonnes de céréales toutes spéculations confondues
Ainsi, il souligne que globalement les objectifs de production ont été atteints. « Nous avons ainsi produit 807 044 tonnes de mil, 1 115 337 tonnes de riz, 270 167 tonnes de maïs », a informé le ministre, ajoutant que ces chiffres traduisent une certaine stabilisation des productions, avec de faibles baisses pour le mil et le sorgho et une hausse appréciable pour le maïs. « S’agissant des cultures industrielles, celle de l’arachide, avec des quantités atteignant 1 421 288 tonnes est relativement stable, tandis que le coton a connu une hausse de 15 751 tonnes », a assuré le ministre.
Par rapport à la présente campagne, Moussa Baldé indique : « Nous avons 160 357 tonnes pour la pomme de terre soit une hausse de 15% ; 468 mille tonnes pour l’oignon, soit une hausse de 8% ; 107 645 tonnes pour les exportations de fruits et légumes au 31 décembre 2019. » Ce qui lui fait dire que le bilan de cette campagne est d’autant plus satisfaisant qu’il a été obtenu dans un contexte de rationalisation et d’optimisation des ressources budgétaires alloués à l’agriculture. Aliou DIOUF

 Greenpeace Afrique au Ministre Alioune Ndoye : “l’octroi de licences à de nouveaux navires de pêche est une attaque contre les stocks de poissons et le secteur artisanal”

http://www.lactuacho.com/–Le Ministère de la Pêche et de l’Economie Maritime du Sénégal a demandé au Comité consultatif son avis pour l’attribution des licences de pêche à 54 navires d’origine chinoise et turque, dont certains sont impliqués dans la pêche INN dénoncée par Greenpeace

Communiqué

« En attendant que les conséquences sociales et économiques dévastatrices du COVID-9 se manifestent. le Sénégal et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest doivent réserver leurs stocks de poissons pour la subsistance de leur population. Toute autorisation de nouveaux navires de pêche contribuerait á décimer les stocks et pourrait exposer des millions de personnes á l’insécurité alimentaire croissante », déclare Dr. Ibrahima Cissé, Responsable de la Campagne Océan à Greenpeace Afrique.
« Les prix du poisson s’envolent et les stocks de poisson sont dans un état d’épuisement irréversible, dans un contexte de lutte contre une pandémie mondiale, nous devrions nous arrêter pour réécrire les règles de notre économie et redéfinir nos relations avec la nature », ajoute le Dr Cissé.
Le processus de demande de licence de pêche ajoute une pression sur les pêcheurs, les femmes transformatrices de poisson et toute une économie artisanale qui lutte déjà pour concurrencer les grandes entreprises de pêche et de farine et d’huile de poisson, dont les navires ont doublé leurs opérations dans les eaux sénégalaises depuis 2012[4]. En outre, ces dernières semaines, les communautés ont été confrontées à des difficultés encore plus grandes, avec les restrictions d’accès aux zones maritimes imposées par les mesures de confinement dues au COVID-19.
« La mauvaise gestion, la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, et l’expansion de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson entraînent la pauvreté, la migration clandestine et la disparition des pêcheurs en mer. La gestion des pêches nécessite un minimum de cohérence, la recherche d’autorisations de pêche dans les pays voisins pour les pêcheurs artisanaux est contradictoire avec l’octroi de licences à des navires étrangers pour les mêmes ressources. Le ministre de la pêche, Mr. Alioune Ndoye, doit respecter ses engagements internationaux et nationaux [4] et suivre les recommandations des scientifiques afin de donner la priorité d’accès aux ressources aux communautés côtières et donner une chance á la restauration des ressources », a conclu le Dr. Cissé.
Depuis 15 ans, Greenpeace Afrique fait campagne avec la société civile et d’autres organisations pour mettre fin à des décennies de surexploitation des stocks de poissons en Afrique de l’Ouest et de politiques inadéquates. L’année dernière, Greenpeace Afrique a également lancé une campagne pour mettre fin à l’expansion des usines de farine et d’huile de poisson qui ne sont pas durables sur les plans environnemental, économique et social au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie

Le secteur des transports aériens en lambeaux au Sénégal

https://www.lejecos.com/–C’est la bamboula à la direction de l’Agence des Aéroports du Sénégal (ADS) ! C’est le site d’informations dakaractu.com qui résume ainsi les révélations faites par Ibra Ndiaye, le président du Conseil d’Orientation de l’ADS.
Des révélations relatives à des salaires importants payés à des retraités retenus dans la boîte, le recrutement de prestataires au moment où l’entreprise n’a presque plus de revenus suite au transfert des activités à l’aéroport Dakar Blaise Diagne, la possibilité donnée à des agents qui étaient déjà de ce transfert de négocier un départ volontaire au niveau de LAS (Limak-Aibd-Summa), la société de gestion de l’aéroport de Diass, d’encaisser des millions et de réintégrer l’ADS. Le journal Source A qui a fait état de ce dernier aspect, précise qu’il s’agit de Médoune Sarr (informaticien) fils d’Alioune Sarr, président du CNG de lutte et un certain Pape Gueye (comptable), beau-fils de l’ancien ministre Diène Farba Sarr.
Les révélations du président du Conseil d’Orientation des Aéroports du Sénégal auraient beaucoup plus de crédit si c’était fait avant la sortie du personnel de la boîte qui l’accuse de bloquer leur assurance maladie juste à cause des contradictions avec le directeur général Papa Maël Diop. Mais où est le ministère du Tourisme et des Transports Aériens dans tout cela ? Apparemment la tutelle n’a plus de lien avec l’agence alors que toutes les questions de gestion soulevées par Ibra Ndiaye et discutées en Conseil d’Orientation doivent être sur la table du ministre Alioune Sarr qui a un ou deux représentant lors des sessions dudit conseil.
Cette situation au niveau des Aéroports du Sénégal est la résultante d’une mauvaise organisation du secteur qui semble manquer d’objectifs clairs. Si on reste dans le giron de l’ADS ou disons des aéroports régionaux, on constate une cacophonie totale. Pour rappel par décret n°2008-460 du 09 Mai 2008, l’Agence des Aéroports du Sénégal (ADS) est créée. Le principal rôle qui lui est dévolu est la gestion technique, commerciale de l’ensemble des aéroports du Sénégal. Avant le transfert vers Diass, il s’agissait principalement de l’Aéroport International Léopold Sédar Senghor devenu depuis décembre 2017 un aéroport militaire. Donc en principe, il restait pour l’ADS la gestion de quatre aéroports régionaux (Ziguinchor, Saint-Louis, Cap Skirring et Tambacounda) et neuf aérodromes de moindre importance mais ouverts au trafic et faisant l’objet d’inspections périodiques (Kaolack, Linguére, Richard Toll, Podor, Matam, Bakel, Simenti, Kédougou et Kolda). Cette situation un peu claire a cédé la place à la confusion depuis lors.  En décembre 2018, le  Programme de réhabilitation des aéroports régionaux du Sénégal (Pras) est lancé.
Cet ambitieux programme comporte plusieurs volets dont le premier porte sur la reconstruction, par la  société tchèque TRANSCON ELECTRONIC SYSTEMS, de cinq (5) aéroports que sont Saint-Louis, Ourossogui/Matam, Ziguinchor, Tambacounda et Kédougou, pour un coût global de 98.979.371.681,59 de francs CFA, financé à hauteur de 85% par la Czech Export Bank et à hauteur de 15% par le Budget Consolidé d’investissement (BCI) du Sénégal. La première phase de ce premier volet du PRAS, portant sur les aéroports de Saint-Louis et de Ourossogui-Matam, devrait être achevée d’ici la fin de l’année 2020, alors que la seconde relative aux aéroports de Ziguinchor, Tambacounda et Kédougou, est prévue sur la période 2021-2023. Un programme géré au niveau du ministère qui exclut de cette affaire l’ADS. C’était avec Maîmouna Ndoye Seck mais pas de changement dans la démarche avec Alioune Sarr. Sous la gestion de ce dernier, précisément en janvier 2019, AIBD SA qui porte la part de l’Etat (34%) dans la gestion de l’aéroport de Diass, lance un appel d’offres pour la construction et/ou la réhabilitation des huit (8) aéroports régionaux (Bakel, Kolda, Cap-Skirring, Sédhiou, Simenti, Kaolack, Linguère et Podor). Là aussi on ne voit pas l’Agence des aéroports du Sénégal (ADS). Alors pourquoi ne pas dissoudre l’ADS ou travailler sur la fusion entre l’ADS et AIBD SA ? Cette dernière entité encaisse de l’argent de la gestion de l’aéroport de Diass et n’a apporté depuis lors aucune plus value dans le secteur des transports aériens du Sénégal. D’ailleurs sa mission est terminée depuis l’ouverture de l’aéroport de Diass. AIBD-SA est une société à Participation Publique Minoritaire qui a été mise en place en février 2006. Elle était chargée par l’Etat du Sénégal de conduire les travaux péri-aéroportuaires financés par le Budget Consolidé d’Investissement (BCI) ou autre source de financement apportée par ce dernier.
Depuis trois ans aucune avancée dans ses trois nouveaux projets : un centre de maintenance, une aéroville (Airport City) et une académie sur la formation des métiers aéroportuaires. Au mois de févier dernier, le directeur général adjoint de la société, Cheikh Diouf disait devant la presse lors d’une visite des administrateurs de la Banque Africaine de Développement (BAD) que « AIBD SA était  à la recherche de partenaires techniques et financiers pour le développement d’infrastructures extra-aéronautiques de grande envergure avec des projets structurants ». Aujourd’hui, n’ayant rien à faire, des agents de l’AIBD SA sont dans le quotidien du gestionnaire.  Pour faire face à la concurrence sous-régionale et atteindre les objectifs d’un hub aérien, il est nécessaire de réorganiser le secteur.
Du côté du ministère pour ne pas dire d’Alioune Sarr on fait beaucoup dans la communication qui n’a aucune prise sur le réel. La preuve par les millions dépensés par accueillir notre deuxième A330 néo alors que la fête était grandiose et légitime sous Maîmouna Ndoye Seck avec le premier appareil.  Là où en France c’est Benjamin Smith, PDG du groupe Air France-KLM, qui reçoit côté piste son tout premier Airbus A350-900. Sous nos tropiques, on un problème avec le pragmatisme ! Alioune Sarr doit-être le ministre le plus présent sur les réseaux ou ses moindres faits et gestes sont exposés, son image bien gérée.
Il faut encore beaucoup plus de pragmatisme et de réorganisation et des techniciens qui disent la vérité aux politiques pour remettre le secteur des transports aériens sur les rails pour ne pas dire sur  les routes du ciel. Mais entre temps il faut gérer l’intermède du coronavirus qui a mis le secteur des transports aériens mondial à terre pour parler un peu comme le consultant Tahir NDIAYE, directeur de l’Ecole Supérieure Aéronautique (ESA). Makhtar FALL,Journaliste-consultant

ME BASSIROU SAKHO, VICE-PRESIDENT DE L’ADLS :‘’Si la mesure préjudicie aux intérêts du bailleur, cela crée un déséquilibre contractuel’’

http://www.enqueteplus.com/Vu le contexte économique particulier, propriétaires et locataires demandent des mesures adaptées à la situation. Dans cet entretien accordé à ‘’EnQuête’’, le vice-président de l’Association pour la défense des locataires du Sénégal passe au crible la réalité du terrain, concernant les deux parties.
Vous avez adressé, récemment une demande au président de la République en faveur de l’allègement des charges des locataires, vu la situation économique du pays. Avez-vous obtenu gain de cause ?
Sur deux doléances présentées à l’autorité, une seule a été satisfaite, à savoir la suspension des expulsions, parce que nous avons estimé qu’il fallait prendre certaines décisions pour réussir le pari de mettre fin à la propagation de la pandémie. Donc, il s’agissait, d’une part, de demander le gel des expulsions et, d’autre part, de faire en sorte que les locataires puissent bénéficier au moins d’une subvention des loyers pendant la période de la pandémie. Quant à la première, le président de la République, lors du Conseil des ministres du mercredi passé, a pris des mesures tendant à surseoir à l’exécution de toutes les décisions de justice.
Mais en mettant l’accent sur la suspension de toutes les expulsions, il aurait pu se limiter à dire que les décisions de justice, les sentences, sont suspendues dans leur exécution. Cela nous aurait concernés, parce que l’ordonnance d’expulsion est une décision de justice. Et à partir du moment où l’exécution des décisions de justice est suspendue, nous sommes concernés, mais, il est allé plus loin. Le président a dit également que les expulsions seront suspendues, cela veut dire qu’aujourd’hui, au-delà du fait que la décision, en tant que telle, n’est plus exécutoire pour la période considérée, nous considérons également qu’aucun huissier, aujourd’hui, ne peut produire un acte, un commandement à assignation en expulsion à un locataire pour défaut de paiement de loyer, et cela est fondamental. Car c’est là où se trouve l’intérêt de la mesure qui a été prise. C’est important pour les locataires, parce qu’ils ne seront plus inquiétés durant cette période.
Et en termes d’équilibre entre les intérêts du bailleur et celui du locataire, cette mesure est-elle juste, selon vous ?
En effet, cela peut entrainer des conséquences, parce qu’au cours d’une relation contractuelle entre le bailleur et le locataire, si la mesure préjudicie aux intérêts du bailleur, ça crée un déséquilibre contractuel et c’est à ce niveau que notre deuxième doléance est importante. Nous avons estimé que la relation entre locataire et bailleur est une relation contractuelle assez particulière, pour la bonne et simple raison que, souvent, ce sont deux parties qui vivent ensemble dont les relations sont caractérisées par une certaine humanité. Le fait, par exemple, de prendre une mesure qui porte préjudice aux intérêts d’une des parties peut créer un déséquilibre et, par-là, une animosité entre les parties et c’est ce qui a fait l’échec de la loi de 2014.
Cette loi n’a échoué que du fait que les intérêts du bailleur n’ont pas été pris en compte dans la mesure qui a été édictée. Nous ne voulons pas récidiver. Nous ne voulons pas commettre la même erreur, parce que cela aura pour conséquence, à la fin de la pandémie, une flambée de procédures pour défaut de paiement de loyer et même pour d’autres raisons, parce que les relations auront fini d’être caractérisées par un système d’animosité entre les deux. C’est pourquoi nous avions demandé à l’autorité, en même temps que l’appel du gel, de faire en sorte de maintenir cet équilibre contractuel entre le locataire et le bailleur.
Justement, en quoi faisant ?
Nous avons estimé qu’aujourd’hui, il y a plusieurs catégories de bailleurs. Il y a, par exemple, des pères de famille qui ont travaillé toute leur vie pour acquérir une villa, une maison. Donc, aujourd’hui, ils vivent en situation de rente. C’est-à-dire, le loyer leur sert à se nourrir et nourrir leurs familles.  Il y a une autre catégorie de bailleurs qui ont fait des emprunts bancaires ; ils ont construits et sont tenus par des échéances bancaires. Et pour ceux-là, nous avons dit que si l’Etat n’est pas en mesure de subventionner ne serait-ce que la moitié des locataires, au moins, il pourrait prendre des mesures en direction des banques pour différer les échéances. Et si les échéances sont différées, l’Etat pourrait également demander aux bailleurs de surseoir à percevoir leurs loyers sur la période considérée et de considérer que tous les loyers qui ne sont pas payés le seront dans un délai que lui-même va déterminer avec un moratoire de paiement.
Pour les autres, nous avons estimé qu’en ce qui concerne la couche vulnérable, celle qui paie en deçà de 150 000 F CFA, elle mérite l’aide de l’Etat. En effet, les statistiques dont nous disposons et qui nous viennent des institutions montrent que c’est la couche la plus touchée. L’Etat peut, à défaut de payer l’intégralité, au moins subventionner la moitié de leur loyer, de façon à permettre au locataire de pouvoir payer et de respecter le slogan ‘’Restez chez vous’’.
Maintenant, cela, à mon avis, n’exonère pas ces bailleurs-là qui ont la possibilité de renoncer, parce qu’il y en a qui le font. Moi, j’ai reçu des appels de locataires qui m’ont avoué que leur bailleur a renoncé au loyer pour la période considérée. Il y en a qui ont renoncé à un tiers ou à la moitié. Nous avons également lancé un appel à cette catégorie de bailleurs, qui sont dans des dispositions financières pour renoncer au loyer jusqu’à la fin de la pandémie. Pour moi, c’est dans un esprit de solidarité que la question peut être réglée, bien entendu avec l’apport de l’Etat.
Avez-vous eu échos, malgré toutes ces démarches, de locataires qui ont été expulsés de leur maison, en ce moment, pour non-paiement de loyer ?
Il y a des réclamations qui me sont parvenues. J’ai reçu, il y a deux ou trois jours, des appels de locataires qui me disaient que des huissiers se sont présentés à leur domicile, dans le but de les expulser, mais c’était au cas par cas. Les situations ne se ressemblaient pas, parce que pour l’un d’entre eux, l’ordonnance date de 2018. Mais comme après les relations se sont pacifiées, il continuait à payer, le bailleur l’a laissé dans les lieux. Or, actuellement, il a raté le mois de mars ; du coup, le bailleur a sorti l’ordonnance de 2018 pour procéder à son expulsion. Je lui ai dit que si l’ordonnance a été rendue à l’insu du locataire et qu’elle ne lui a jamais été signifiée dans l’année, cette décision est caduque. Pour parer au plus pressé, je lui ai conseillé d’aller voir le huissier pour demander un référé sur difficultés ; cela suspend l’exécution parce qu’il n’y a pas d’audience en ce moment pour statuer sur ce référé-là.  C’est ce qui a résolu le problème. Donc, à ma connaissance, il n’y a pas de locataires expulsés au moment où je vous parle.
Que comptez-vous faire pour que les autorités compétentes répondent favorablement à votre deuxième doléance ?
En dépit de la mesure qui a été prise par président de la République, nous continuons à travailler avec le ministère de la Justice, pour voir comment trouver la mesure la plus indiquée. Surtout qu’il n’est pas facile, également pour l’Etat, de faire face à tous les fronts et nous savons aujourd’hui que l’Etat est sur tous les fronts. Maintenant, vouloir prendre en charge l’intégralité de paiements de tous les locataires du Sénégal, à mon avis, représenterait une manne financière importante, mais nous estimons que si l’Etat veut réussir le pari du slogan ‘’Restez chez vous’’, il y a forcément un prix à payer. Nous essayons de voir avec les autorités afin de trouver la formule la plus simple et la plus indiquée.
Qui sont vos interlocuteurs finalement, dans cette quête de consensus, surtout qu’il n’y a pas d’association nationale de bailleurs au Sénégal ?
Il n’y en a pas, en effet, mais nous avons des contacts et moi je reçois des appels de bailleurs qui voudraient intégrer notre association, parce que lors des dernières sorties que nous avons eu à faire, j’ai joué un rôle d’équilibre. Car je ne peux pas demander des faveurs pour les locataires au préjudice des intérêts du bailleur, cela ne fait que créer des problèmes.
Nous avons intérêt, en tant que locataires, à ce que dans nos discours, prime l’équilibre contractuel, parce que la conséquence, c’est que c’est toujours le locataire qui paie le prix le plus fort. C’est une relation contractuelle entre le fort et le faible.EMMANUELLA MARAME FAYE
 Les pensions payées, les salaires suivent à partir de mardi
Libération Sénégal online–Le ministre des Finances et du Budget informe que les services de la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor ont commencé le paiement des pensions de retraite FNR et procéderont au paiement des salaires à compter du mardi 28 avril 2020. Compte tenu de la situation sanitaire, les guichets du centre de paiement de Cerf-Volant seront ouverts exceptionnellement le samedi 25 avril 2020 de 09 h à 13h 30 mn.

Sénégal: communication sur les dépôts des états financiers

https://www.financialafrik.com/-En raison de la pandémie du Covid-19, la Direction générale des Impôts et des Domaines informe les contribuables relevant de la Direction des grandes Entreprises (DGE) et de la Direction des moyennes Entreprises (DME) que
le dépôt des états financiers de l’exercice 2019, initialement fixé au 30 avril 2020, est reporté au 30 juin 2020.
Pour cette échéance, un dispositif de dépôt en ligne sera mis à la disposition des contribuables concernés.
Toutefois, ce report ne concerne pas les déclarations d’Impôt sur les Sociétés (IS) et d’Impôt sur le Revenu (IR) dont le délai de souscription reste maintenu au 30 avril 2020, ainsi que le paiement du deuxième acompte provisionnel.
Pour toute information complémentaire, consulter le site web de la DGID www.impotsetdomaines.gouv.sn ou appeler le centre d’appel au 818 00 11 11.
NB : le report au 15 juillet 2020 de toutes les obligations de déclaration et de paiement reste valable pour les petites et moyennes Entreprises (PME) dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 100 millions et les entreprises évoluant dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, du transport de personnes, de la presse, de la culture, de l’éducation et de l’agriculture.

Report et suspension d’échéances de crédit: L’Apbefs met en place un dispositif

https://www.lejecos.com/–L’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (Apbefs), dans le cadre des mesures d’accompagnement de la clientèle bancaire impactée par le Covid-19, a mis en place un dispositif de report et de suspension d’échéances de crédit sur une période de 3 mois renouvelable une fois.
Selon un communiqué de presse, les modalités de ce dispositif exceptionnel ont été arrêtées à la suite d’échanges avec les autorités de la Bceao et des ministères des Finances et du Budget et de l’Economie, du Plan et de la Coopération. Selon le document, l’Apbefs rappelle que les rapports entre la banque et son client sont régis par des conventions, des normes, une règlementation et des principes de sécurité et de confidentialité, sans aucune tierce interférence non autorisée.
L’Apbefs ajoute que les demandes de report seront traitées sur la base de requêtes en bonne et due forme des clients intéressés et éligibles ; aucune demande sur des formulaires dont l’authenticité n’est pas vérifiable ne sera traitée. Elle souligne également que la Bceao a mis en place une plateforme de suivi des demandes rejetées pour médiation et facilitation
Chaque banque, précise-t-on,  mettra en place pour ses clients concernés, la procédure de réception et de traitement des demandes dans des délais express.Adou FAYE

 Entourloupe autour des 1000 milliards du fonds Force Covid-19

https://www.xibaaru.sn/-Les propagandistes du régime ont poussé des rugissements de victoire, histoire de montrer la facilité avec laquelle le président de la République a mobilisé les 1000 milliards de francs de son Fonds Force Covid 19.
Ce même si ce ne sont pas 1000 milliards « khobett, khobett » que Macky Sall va mettre sur la table puisque les 200 milliards, par exemple, sont représentés par des remises d’impôts. Pour le reste, l’Etat a réaménagé certains budgets en gelant par exemple des projets ou en différant des investissements prévus cette année et renvoyés à des temps meilleurs.
Il y a aussi qu’avec l’impossibilité pour les fonctionnaires de voyager à l’étranger pour cause de coronavirus, une belle économie a été réalisée sur les billets d’avion et les frais de mission. Ensuite, la chute des prix du pétrole à l’international a permis d’économiser une sacrée cagnotte de l’ordre de 159 milliards de francs. Quant aux partenaires techniques et financiers du Sénégal, c’est vrai qu’ils ont effectivement répondu présents. Et sorti le chéquier.
Par exemple, le Fonds monétaire international (FMI) a donné 266 milliards de francs. Il a même été dit que cette institution de bretton Woods a donné deux milliards de francs de plus que ce qui avait été annoncé ! En réalité, et de manière moins romancée, le Sénégal a tout simplement usé d’un droit qu’il a, comme tous les autres pays membres du Fmi et conformément aux statuts du Fonds, de retirer l’équivalent de sa participation au capital du Fonds en cas de calamités comme c’est le cas.
Un quota qui, pour le Sénégal, se monde à 264 milliards de francs, un taux de change favorable ayant permis à notre pays de bénéficier de deux milliards supplémentaires. De même, il n’y a vraiment aucun exploit à avoir décroché, par exemple, 26 milliards à la banque ouest-africaine de Développement (bOAD).
Là aussi, les ministres des Finances des Etats membres avaient demandé à l’institution d’avancer à chaque Etat membre la somme de 15 milliards de francs pour faire face aux impacts du Covid-19.
En plus de cela, le Sénégal a demandé le report d’une échéance de 11 milliards qu’il devait décaisser de manière imminente dans le cadre du remboursement d’un prêt accordé à l’Apix ! Autant de choses qui relativisent l’ « exploit » présidentiel de mobilisation de 1000 milliards de francs. Sans compter que, pour le reste, une bonne partie de ce pactole est constituée de prêts et non de dons  à rembourser donc plus tard.
Et quand on sait que l’essentiel de cet argent aura servi à des dons et non pas à des investissements productifs, on comprend que certains ferraillent pour une annulation totale de dettes !Christian SENE,kàCCoor bi

LES CONTRIBUTIONS VOLONTAIRES AU FONDS DE RISPOSTE CONTRE LE COVID-19 ONT DÉJÀ RAPPORTÉ 17 MILLIARDS (OFFICIEL)

Dakar, 23 avr (APS) – Les contributions volontaires des personnes physiques et morales au Fonds de riposte contre le coronavoirus (Force-Covid-19) s’élevaient à 17. 33 milliards de francs CFA, au 21 avril 2020, a indiqué jeudi le chef de l’Etat,en Conseil des ministres.
Macky Sall ‘’a magnifié les contributions volontaires effectuées par les personnes physiques et morales qui s’élèvent à 17. 33 milliards de francs CFA, au 21 avril 2020’’, rapporte le communiqué du Conseil des ministres.
Le chef de l’Etat qui est revenu sur la création du Fonds de riposte et de solidarité ‘’FORCE COVID-19’’, a souligné que ‘’cet instrument de financement inédit, vise à prendre en charge intégralement le plan de contingence de la pandémie, et à consolider durablement la résilience économique et sociale du Sénégal’’.
‘’A ce titre, il a magnifié les contributions volontaires effectuées par les personnes physiques et morales qui s’élèvent à 17. 33 milliards de francs CFA, au 21 avril 2020’’, selon le communiqué.
Macky Sall ‘’a notamment insisté sur la nécessité de démarrer dans les meilleurs délais les activités du Comité de suivi de la mise en œuvre des opérations du Force Covid-19 dont il a nommé le président et les membres, représentants l’ensemble des forces vives de la Nation’’.
Le président de la République a informé le Conseil avoir pris part, mercredi et jeudi, à des sessions de visioconférence du Bureau élargi de l’Union africaine et du Sommet extraordinaire de la CEDEOA au sujet de la riposte contre le COVID-19.
elon le communiqué, Macky Sall a par ailleurs informé le Conseil du montant de la contribution financière du Sénégal au fonds africain de riposte contre la pandémie, pour un montant d’un milliard de francs CFA.OID/AKS

CORONAVIRUS: UN SEPTIÈME DÉCÈS AU SÉNÉGAL

http://www.emedia.sn/Le Sénégal vient d’enregistrer son septième cas de décès lié au coronavirus. Selon un communiqué du ministère de la Santé et de l’Action sociale, il s’agit d’un homme âgé de 65 ans, décédé ce vendredi, 24 avril 2020, au centre CUOMO sis à l’hôpital Fann. la victime a rendu l’âme à 11h50, peu de temps après la sortie du ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, qui annonçait en faisant le point de la situation du jour, d’un nouveau cas grave enregistré, avec un patient admis en réanimation.
 Covid-19 de ce vendredi 24 avril 2020:66 nouveaux cas dont 5cas communautaires,1 grave, 5 malades guéris
Sur 528 tests réalisés, 66 sont revenus positifs au coronavirus. Il s’agit de 61 cas contacts suivis et 5 cas issus de la transmission communautaire. 5 patients ont été testés négatifs et déclarés guéris.
Un cas grave signaglé en réanimation.
A ce jour, le Sénégal compte 540 cas positifs dont 262 guéris, 6 décès, 1 évacué et 276 encore sous traitement.

TRANSMISSION COMMUNAUTAIRE

Libération Sénégal online–Le cas de Pout vendait des légumes au marché Castor (Rfm)
Selon la Rfm, le cas positif issu de la transmission communautaire du coronavirus à Pout vendait des légumes au marché Castor de Dakar

COUVRE-FEU : Macky annonce le maintien des horaires

Libération Sénégal online–Ce jeudi, lors de la rencontre du conseil des ministres qui s’est tenue par visioconférence, Macky Sall a annoncé le maintien des horaires du couvre-feu ( 20 heures- 6 heures du matin). Par ailleurs le conseil a adopté le projet d’ordonnance aménageant des mesures dérogatoires au fonctionnement des conseils départementaux, municipaux et de ville mais aussi le projet d’ordonnance relative aux mesures fiscales et en soutien aux entreprises dans le cadre de la pandémie du COVID-19; et, enfin le projet d’ordonnance relative à l’admission en franchise des droits, taxes et matériels sanitaires destinés à la lutte contre la pandémie

Diouf Sarr: «Les deux constats majeurs qui s’imposent en analysant la transmissions communautaire»

iGFM – (Dakar) Les cas communautaires inquiètent de plus en plus l’autorité. Ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr a expliqué, qu’en analysant les données de cette transmissions communautaire, deux constats majeures se dégagent.
«D’abord, les commerçants font partie des personnes les plus exposées. Par exemple, sur les cinq cas communautaires enregistrés, 4 sont commerçants. C’est pourquoi j’insiste sur le port systématique de masque  dans les marchés et  autres lieux publics», a indiqué  Abdoulaye Diouf Sarr.
L’autre constat, c’est que les mesures  d’interdiction et de déplacement inter-région ne sont pas rigoureusement respectées par certains sénégalais. «Cette attitude, au-delà d’exposer leur auteur à la maladie, favorise la propagation du virus», regrette le ministre de la Santé.
Par ailleurs, il a appelé les personnels de santé à renforcer leurs moyens de protection  et exhorté les populations au respect strict des mesures de prévention collectives.Youssouf SANE

COVID-19: A ZIGUINCHOR, PR SEYDI DÉPLORE DES PROBLÈMES D’ÉQUIPEMENTS

Dakar, 23 avr (APS) – Le Coordonnateur national de la prise en charge médicale des patients atteints de Covid-19, Pr Moussa Seydi, a déploré, jeudi, des problèmes d’équipements à l’hôpital régional de Ziguinchor où le service de réanimation ’’n’est pas du tout fonctionnel’’.
’’A Ziguinchor j’ai constaté qu’il y a quelques petits problèmes au niveau des équipements. Le service de réanimation du centre hospitalier régional de Ziguinchor n’est pas du tout fonctionnel. Ce service de réanimation n’est pas construit selon les normes, alors que quand on gère ce genre de maladie on doit se préparer au pire’’, a confié le Pr Seydi au sortir d’une audience avec le gouverneur de la région Guédj Diouf.
Pr Mussa Seydi était ce jeudi à Ziguinchor pour s’enquérir des conditions de prise en charge et l’état de santé des malades atteints de Covid-19 dans la principale région du Sud. Il s’est rendu au site de traitement des patients avant de s’entretenir avec le gouverneur.
’’J’insiste à ce niveau. Ziguinchor ayant une Unité de formation et de recherche UFR Santé (à l’Université Assane Seck) et des professeurs de talent dans cette UFR, il est inconcevable qu’il ne puisse pas se doter un service de réanimation répondant aux normes. C’est la fausse note majeure que j’ai constatée à Ziguinchor’’, a poursuivi Pr Seydi invitant à mettre ‘’le focus sur les cas très graves qui nécessitent une intubation ou une réanimation’’.
En dehors des difficultés liées au manque d’équipements appropriés, le responsable national de la prise en charge médicale des patients atteints de covid-19, s’est dit ‘’globalement satisfait’’ du niveau de prise en charge des patients de Ziguinchor.
’’Les patients sont correctement pris en charge. On ne s’inquiète pas de leur état de santé. Les médecins font leur travail de la meilleure manière possible. En plus le gouverneur Guédj Diouf a fait preuve d’un leadership fort dans la gestion de l’épidémie dans cette partie du pays’’, a-t-il indiqué.
Evoquant le cas du malade qui aurait rechuté mercredi à Ziguinchor, Pr Moussa Seydi a donné des assurances affirmant que ‘’la charge virale de ce malade est redevenue basse et va certainement sortir de l’hôpital dans les prochains jours’’.
’’Si toutefois c’est une rechute, c’est un phénomène extrêmement rare qui peut arriver à tous les pays du monde. Il n’y a aucune faute médicale ou professionnelle. Avec l’Afrique du Sud, le Sénégal dispose d’un des meilleurs laboratoires en Afrique’’, s’est défendu M. Seydi.
Il est également revenu sur l’augmentation des nombres de cas au Sénégal et le danger que représentent les cas issus de la transmission communautaire.
’’L’augmentation des cas positifs est rassurant s’il s’agit de cas contacts. Cela ne pose pas de soucis même si nous en avons 1000. Par contre un seul cas communautaire est plus dangereux que 1000 cas contacts. Le dépistage massif est bon. La Corée du Sud et l’Allemagne l’ont réussi’’, a-t-il déclaré.MTN/OID

 Coronavirus au Sénégal: Un cas grave en réanimation

https://www.pressafrik.com/En plus des 66 nouvelles contaminations annoncées ce vendredi 24 avril 2020, le ministre de la Santé et de l’Action Sociale Abdoulaye Diouf Sarr a révélé, un cas grave en réanimation sans préciser dans quel établissement le malade mal en point est pris en charge.
A rappeler que sur les 528 tests réalisés,  66 nouveaux sont revenus positifs, ( 61 cas contacts – 5 cas communautaires ).

COVID-19 AU SENEGAL–LE CAS DE GOUDIRY

NETTALI.COM – Goudiry semble être le point de diffusion de la maladie du coronavirus au Sénégal Oriental avec 36 personnes contaminées.
Le Covid-19 se propage au pays de la teranga et le Sénégal Oriental fait partie des zones de focalisation. En clair, le cas zéro, I Kane, a contaminé, pour l’heure, 36 personnes dont la majorité vient du village de Pété Niébé.
Devant cette flambée, nous apprend le quotidien L’As dans sa livraison de vendredi, il n’y a même plus de places pour loger les cas suspects, d’autant plus qu’il n’y a pas de réceptifs hôteliers au niveau du département de Goudiry. Tambacounda étant distante de plus de 100 kilomètres, la situation est devenue, du coup, très compliquée. Aussi bien pour le personnel administratif que pour le personnel sanitaire.
Le journal informe qu’une réunion d’urgence est convoquée, aujourd’hui, par le ministre Diouf Sarr pour se pencher sur le cas de Goudiry qui est devenu plus que préoccupant.

 Pr Moussa Seydi: “Il n’y a pas encore lieu de confiner…”

https://www.seneweb.com/–Le confinement général des Sénégalais ne s’impose pas pour le moment, car la maladie à coronavirus n’est pas devenue incontrôlable au Sénégal. Tel est l’avis du président du comité scientifique sur le Covid-19, le Pr Moussa Seydi, malgré la cinquantaine de cas issus de la transmission communautaire.
“Le confinement est efficace mais pour le moment, je pense qu’on n’est pas arrivé au stade du confinement. Il n’est pas encore l’heure de confiner. Mais si la maladie persiste, il arrive qu’on confine la population “, déclare-t-il dans un entretien accordé à Walf Quotidien.

 Essai Clinique: Saisi Pour Tester L’artémisia Sur Les Patients, Le Ministère De La Santé Aphone

http://www.walf-groupe.com/La Maison de l’artémisia affirme avoir adressé des correspondances aux ministères de la santé des différents pays où elle est établie pour un essai clinique aux fins de combattre le covid19.
Un appel à projet a été lancé à l’intention de tous les 23 pays où est présente cette association humanitaire française à but non lucratif a affirmé Pierre Van Damme la représentante au Sénégal. Elle a confirmé que le ministère sénégalais de la Santé a reçu «cette lettre». Une correspondance restée cependant sans réponse, d’après Cornet-Vernet Lucile selon Dakaractu.
Il faut noter que cette plante est à la base du « remède malgache » appelé Covid organic qui est présenté comme curatif du covid19.

Multiplication des cas communautaires: Abdoulaye Diouf Sarr charge les Sénégalais qui continuent de voyager

https://www.pressafrik.com/Le ministre de la Santé et de l’Action sociale a fait une analyse froide de la multiplication des cas communautaires au Sénégal, ces derniers jours (60 cas issus de la transmission communautaire à ce jour). Selon Abdoulaye Diouf Sarr, le phénomène est surtout favorisé par les Sénégalais qui ne veulent pas s’empêcher de voyager de région à région dans ce contexte très dangereux.
“Les mesures d’interdiction de déplacements inter-régions ne sont pas rigoureusement respectées par certains Sénégalais. Cette attitude, au-delà d’exposer leurs auteurs à la maladie, favorise la propagation du virus”, a regretté le ministre qui a, par ailleurs demandé à ses services “d’augmenter considérablement le nombre de prélèvements effectués par jour, afin de permettre l’identification d’un maximum de porteurs asymptomatiques”.
Le ministre de la Santé a également constaté que “les commerçants font partie des personnes les plus exposées; par exemple, sur les cinq (5) cas communautaires enregistrés hier (jeudi), quatre (4) sont des commerçants”. Raison pour laquelle, Abdoulaye Diouf Sarr a encore insisté sur “le port systématique des masques dans les marchés et autres lieux publics, conformément à l’arrêté du ministère de l’Intérieur”.AYOBA FAYE

 Riposte au Covid-19: Après le tollé sur le riz et l’huile, les micmacs dans le sucre

https://www.seneweb.com/Riposte au Covid-19 : Après le tollé sur le riz et l’huile, les micmacs dans le sucre
Exit la polémique sur le riz et l’huile. Voila qu’un autre “scandale” éclabousse le “marché nébuleux” du sucre relatif à l’acquisition de vivres dans la lutte contre le Covid-19.
Selon les informations de Walf Quotidien, l’État paie plus cher que les prix qu’il a homologués.
En d’autres termes, alors que le prix du sucre est fixé à 575 000 Fcfa la tonne, le gouvernement a décidé de violer ce dispositif en l’achetant chez certains commerçants et affairistes peu connus dans la distribution de produits alimentaires à 690 000 Fcfa la tonne.
Soit une perte de 160 000 Fcfa sur la tonne par rapport au prix acheté au niveau de la CSS mais également un écart d’au moins 1 milliard 500 millions Fcfa.
Le sucre payé sans taxe douanière, encore moins la Tva, pourrait revenir à 350 000 la tonne à ces commerçants qui ont raflé le marché. Ce qui leur ferait un bénéfice de 340 000 Fcfa la tonne. Et, sur la totalité de la cargaison, ils auront touché un pactole de 3 milliards 323 millions Fcfa.
Dans cette hypothèse, ils auront surfacturé de plus de 100% alors qu’ils ne disposeraient présentement d’aucun gramme en stock, si ce n’est ces fameux droits d’importations en produits alimentaires (Dipa).
De plus, si le sucre cristallisé est vendu aux prix annoncés, l’acheteur aurait violé la réglementation puisque les prix du sucre sont homologués et ne peuvent avoir aucune variation à la hausse, à 530 420 Fcfa, prix usine et 575 000 Fcfa la tonne au détail.

Plan d’investissement du ministère de la santé:vLes interrogations du Forum Civil

https://www.dakaractu.com/Face aux effets de la pandémie du Covid-19, le président de la République , a récemment nommé les membres du comité de suivi de la mise en oeuvre des opérations du Fonds Force Covid-19.
Une décision, visant à impliquer toutes les couches de la société dans cette gestion exceptionnelle d’une situation exeptionnelle.
Une partie de ce fonds de riposte est réservée au secteur de la santé pour un montant de 64 milliards qui suscite toutefois des inquiétudes auprès du Forum Civil. En effet, selon Birahime  Seck et ses camarades, “depuis des jours, la demande de  publication du plan d’investissement de ces 64 milliards du secteur de la santé, reste sans succès”.
En plus, toujours, dans le but d’avoir des informations transparentes, le Forum Civil notera avoir fait des remontées d’informations de ses sections et il en est apparu une parfaite simulitudes avec les alertes récemment lancées par le médecin chef de Bignona et un syndicat du secteur par rapport aux limites actuelles de la prise en charge des personnels soignants.
À cet effet, le Forum Civil, compte tenu du contexte particulier qui exige  une transparence dans la gestion de la pandémie, estimera opprtun d’alerter sur les limites dans la prise en charge du personnel soignant qui, reste le premier exposé.
Enfin, le Forum Civil fera aussi remarquer une  opacité dans le traitement des questions relatives au port du masque et aux tests qui sont faits tout comme le retard apporté à la publication du plan d’investissement du secteur de la santé “qui posent un véritable problème de transparence de la gouvernance sectorielle”.
Le coordonnateur du Forum Civil jugera d’ailleurs nécessaire, toujours dans l’optique de la transparence, de savoir “qu’en est-il de la comptabilité des dons (en nature) reçus par le Ministère de la santé.

Secteur du Transport- Désenclavement- Gestion du Coronavirus: Le ministre Oumar Youm étale ses convictions

https://directnewsinfo.com/Le secteur du transport routier a subi une perte énorme liée au Covid 19. Un déficit financier de plusieurs milliards de francs CFA est noté par le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. Oumar Youm a également profité d’une émission télévisée à Sen Tv avec le journaliste Pape Alé Niang pour souligner les « aberrations » sur ce que les détracteurs de Mansour Faye appellent « un scandale » dans la gestion de la distribution des vivres destinés aux couches vulnérables. Entre autres sujets d’actualités.
Le Covid-19 ne fait pas que des morts dans le monde. Le virus est aussi destructeur d’industries et déstabilisateur des secteurs économiques. Dans le domaine du transport, au Sénégal, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement a révélé un déficit financier énorme causé par l’épidémie du coronavirus.
« Pour un premier calcul le déficit financier engendré par la pandémie tournait autour de 24 milliards de perte de chiffre d’affaire plus les charges fixées à 30% », a laissé entendre la tutelle, d’après qui le transport international et le transport interurbain qui regroupe plus de 9000 personnes sont les deux secteurs les plus impactés. Pour le transport urbain,  il estime qu’ « ils ne sont pas à l’arrêt certes mais les mesures restrictives qui ont été prises impactent sur leurs chiffres d’affaires. Dakar Dem Dikk c’est encore pire vu qu’une partie de son parking a été réquisitionné par l’Etat ».
Par conséquent, poursuit Omar Youm « en matière de transport tout est au ralenti mais pas au point mort.  Les projets se poursuivent  malgré le Coronavirus ». Mais pour rassurer les acteurs du domaine, il donne rendez-vous, à la fin de l’épidémie, sans fixer de date, pour la livraison de ces projets dans les prochains mois. « Les Sénégalais peuvent attendre la livraison du Ter après l’épidémie du Coronavirus. Pour les autoponts, on a déjà réceptionné un en mars, un autre sera réceptionné en juin si le rythme est maintenu et un troisième auto-pont en fin décembre. Il faut souligner que le budget force Covid 19 n’a rien à voir avec le budget du Sénégal ».
Toujours dans cette même veine, Maître Youm soutient   que « déjà avant le Covid-19, le secteur du transport était malade. C’est un secteur désorganisé,  un peu informel, le parc automobile est caduc. C’est cela l’image du secteur routier qui doit changer. Les Sénégalais aspirent à un mieux-être. Le mécanisme de renouvellement est assez irrationnel, très complexe. Déjà, ça ne donne pas de résultats. On a commencé les renouvellements depuis 2005 pour 2500 unités, aujourd’hui nous sommes à 1500 unités. On ne peut pas être efficace car  le cadre de renouvellement  n’est pas rationnel. Toutefois, on a un projet de loi d’orientation du transport  pour  moderniser le secteur ».

Multiplication des cas communautaires

Sur un autre registre, le ministre des transports évoque l’évolution de la pandémie au Sénégal en affichant son inquiétude sur l’accroissement des cas communautaires.  Youm indique : « les cas communautaires suscitent plus de préoccupations. Car ils varient considérablement. L’autre préoccupation,  c’est les quartiers populeux où on signale les cas issus de la transmission communautaires. Le gouvernement a pris des mesures pour limiter cette propagation. Notamment avec l’arrêté qui annonce le port obligatoire du masque », indique-t-il en marquant sa réticence sur un possible confinement. Son avis : « je suis d’accord pour le confinement si c’est nécessaire. Mais on n’est pas encore à un stade pour le confinement général qui est quelque chose de compliquer.  Surtout dans les pays africains avec des économies précaires, des populations vulnérables. Mais si la maladie l’exige on le fera».

Mesures prises pour limiter la propagation du virus

 Toutefois, le ministre se dit satisfait des mesures prises par le secteur du transport pour limiter la propagation du virus. « Il faut d’abord rappeler que les mesures ont été pris bien avant l’Etat d’urgence. Des recommandations ont été données aux acteurs du transport routier pour endiguer la maladie. Et parmi les recommandations, on avait conclu que les usagers ne prennent plus les transports en commun si ce n’est pour un déplacement nécessaire, de respecter les mesures d’hygiène. Pour les chauffeurs il leur a été demandé de respecter les places limitées, de recenser les passagers dans les gares routières pour faciliter la traçabilité au ministère de la santé », rappelle-t-il et ajoute : « Dès l’apparition des cas communautaires, nous avons à nouveau pris des mesures. Ainsi,  les transports interurbains ont été suspendus,  les nombres de places dans les transports urbains ont été divisés par 2, Nous avons exigé le port du masque pour le personnel du transport entre autres. Ce qui justifie que dans le secteur du transport on n’a pas encore détecté de cas. Néanmoins on leur demande de redoubler de vigilance ». Aussi affirme le ministre Oumar Youm,  « il n’y aura plus de nouvelles mesures. L’essentiel a été fait. Et si toutefois il y a confinement général, c’est l’arrêt total des transports et ce sera une évidence ».
Quant au Plan de résilience pour le sous-secteur des transports, M. Youm avance : «Cet aspect a été mis en exergue. Le ministère de l’économie a mis en place un comité de croissance et de suivi  pour suivre les secteurs impactés. Des réflexions sont en train d’être muries avec le comité pour voir comment redorer le secteur  du transport terrestre.  Des acteurs se sont réunis autour d’une table pour voir comment obtenir une injonction de liquidité pour accompagne les entreprises dudit secteur ».
Autre aspect non moins important au regard du ministre des infrastructures concerne les chantiers sénégalais confiés aux étrangers. Là-dessus, il explique avec regret : « ce n’est pas de gaieté de cœur de le faire. Mais notre pays ne dispose pas d’entreprises suffisamment organisées, compétentes, dotées d’une ressource humaine de qualité pour faire certains projets. Mais nous avons demandé aux entreprises étrangères de s’appuyer de celles locales pour qu’il y ait un transfert de technologies.  En ce qui concerne mon secteur, les entreprises sénégalaises y gagnent beaucoup de marchés ». Oumar Youm s’est aussi prononcé sur la distribution des vivres destinés aux couches impactées par le coronavirus. Actualité oblige.

Distribution des vivres

Sur ce, il regrette d’abord la polémique née de l’attribution du marché du riz et du transport destiné à l’aide alimentaire et s’érige en bouclier de Mansour Faye. « Il ne devait pas y avoir de polémique concernant ce marché. Parce que pour l’achat de riz et  du transport, la loi permet de ne pas  faire d’appel à compétition. Car c’est une dépense urgente. Mais malgré cela le ministre a tenu à faire un appel à concurrence d’abord. Pour moi, ils ont acheté le riz à un bon prix, et c’était très compétitif. Cette polémique est sans fondement. Il n’y a pas d’absence de transparence. Il y a que de la manipulation», argue-t-il. A l’en croire, le même procédé a été utilisé pour le transport de ces denrées. Il félicite cependant ces personnes qui ont mis leurs véhicules à la disposition de l’Etat. « C’est un acte patriotique », atteste-il. Si toutefois il y a confinement général, c’est l’arrêt total des transports et ce sera une évidence ».

Comité de pilotage

Au sujet du Comité de pilotage, le ministre estime que les gens ont fait dans la désinformation. Et pour cause : « le schéma c’est d’abord un comité de pilotage qui est le comité de pilotage force Covid 19 présidé par le Chef de l’Etat. Au sens de ce comité existe le comité technique qui devra préparer les mesures avant que le président ne les adopte,  présidé par le ministre Abdoulaye Daouda Diallo. A la suite de sa rencontre avec l‘opposition, le Président a décidé de mettre en parallèle un comité de suivi  présidé par une autorité indépendante qui devra apprécier les décisions prises par le Chef de l’Etat et ses engagements. Ainsi, la transparence est garantie ».
L’annulation de la dette, une autre préoccupation du ministre des Infrastructures qui partage l’avis du président de la République sur la dette  africaine. « Je pense ce que le président a posé comme offre politique internationale, tout le monde doit le faire. Mais, il y aura tôt ou tard une annulation. Cette dette doit être effacée. Il doit y avoir une grande coalition autour de l’appel du Président », suggère-t-il.
Pour conclure, le ministre Omar Youm se lance dans des félicitations et encouragements dédiés à la police et la gendarmerie, pour leur posture depuis le début de la pandémie. Mais également  au corps médical et au personnel de transport pour le travail abattu  afin d’éradiquer la maladie.Adama FAYE

Souleymane Bachir Diagne:“EN TEMPS DE CRISE, LES CROYANTS SE TOURNENT VERS LEUR RELIGION POUR L’INTERROGER”

France Culture–https://www.seneplus.com/–Le philosophe Souleymane Bachir Diagne, analyse les leçons politiques du hadith – traditions relatives aux actes et aux paroles de Mahomet – dans la gestion étatique du covid-19 au Sénégal
Face à la pandémie de coronavirus, Le Temps du Débat avait prévu une série d’émissions spéciales « Coronavirus : une conversation mondiale » pour réfléchir aux enjeux de cette épidémie, en convoquant les savoirs et les créations des intellectuels, artistes et écrivains du monde entier. Cette série a dû prendre fin malheureusement après le premier épisode : « Qu’est-ce-que nous fait l’enfermement ? »
Nous avons donc décidé de continuer cette conversation mondiale en ligne en vous proposant chaque jour sur le site de France Culture le regard inédit d’un intellectuel étranger sur la crise que nous traversons.
En ce jour de début du ramadan, Souleymane Bachir Diagne, professeur à Columbia et philosophe sénégalais déconstruit les préjugés autour des présumées interférences de l’islam dans la gestion de la crise sanitaire par l’État laïc sénégalais. 
Leçons du hadith de la peste … 
Il est naturel qu’en temps de crise, quand il y va de la vie ou de la mort, les croyants se tournent vers le message de leur religion pour l’interroger sur ce qu’il faut penser de ce qui arrive et la manière de faire face à la situation qu’ils vivent.
“C’est ainsi que l’on entend souvent citer aujourd’hui, dans les sociétés musulmanes où sévit le fléau du Covid-19, cette parole du prophète Mahomet : « Si la peste se déclare dans une contrée n’y allez pas, mais si vous vous y trouvez déjà, n’en sortez pas.”
Cette tradition prophétique (hadith) contredit le préjugé qui présente l’islam comme une religion fataliste et fanatique, fanatique par fatalisme. Un préjugé répété non pas seulement par la vox populi mais même par un philosophe comme Leibniz qui a cru pouvoir affirmer que l’aveugle croyance des musulmans en l’inéluctable fatalité de ce qui « est déjà écrit » (qu’il a appelée fatum mahometanum) est telle qu’ils sont prêts à se rendre dans un lieu où ils savent pourtant que sévit une épidémie, dans la conviction que ce qui leur arrivera ne dépend que de l’éternel décret de Dieu.
On notera comment la force du préjugé a conduit le philosophe à lire complètement à contresens le propos auquel il fait allusion.
Cette tradition est donc souvent évoquée par les musulmans, en ces temps inouïs où sévit le Covid-19, d’abord dans le but pratique de répondre aux questions urgentes de l’heure : « quoi penser  ? » et « que faire ? »
“Comment faire entendre alors aux croyants que « aimez-vous les uns les autres » puisse aujourd’hui signifier « écartez-vous les uns des autres” ?
Au Sénégal, où je me trouvais au moment où les premiers cas déclarés ont fait sonner l’alarme, on a pu ainsi craindre au début une résistance « religieuse » à ces mesures (qui aurait été « islamique » pour l’essentiel, les catholiques ayant vite suivi les décisions venues du Vatican). Renoncer à la prière du Vendredi à la mosquée ? Renoncer aux célébrations programmées par les différentes confréries soufies auxquelles adhère une majorité de musulmans sénégalais et qui drainent vers les capitales religieuses comme Touba ou Tivaouane des centaines de milliers de fidèles ?
Il est heureux que l’État, tout en ayant pris le temps d’expliquer aux guides spirituels du pays le sens de ses actions, ait appliqué les décisions que commandait seule sa responsabilité devant les citoyens : fermeture de l’aéroport, interdiction des rassemblements, religieux et autres, et bientôt état d’urgence avec couvre-feu la nuit pour mieux faire respecter les mesures barrières.
Certes, les décisions ont été dictées par le seul bon sens et la science à l’État laïc sénégalais. Elles n’en sont pas moins une traduction contemporaine du hadith de la peste.
Qui donc enseigne d’abord que mettre Dieu au défi en tentant le diable est la négation de l’attention que l’on doit porter aux autres, à cette humanité que le Coran appelle « les enfants d’Adam  »  :
“celui qui se rend à un rassemblement religieux, n’a pas seulement décidé que sa foi lui dictait de jouer sa propre santé et celle des disciples avec qui il fait foule, mais aussi celle de ses concitoyens qui n’ont pas la même religion, ou qui n’ont pas de religion du tout : il ne se comporte pas en “gardien de son frère”.
Qui enseigne ensuite que le décret de Dieu ne parle pas contre le bon sens. Que faire fi de celui-ci et de ce que dit la science n’est pas le signe d’une intensité de foi, ni de la remise confiante de soi à Dieu qu’elle demande.
Quand la science aura vaincu le fléau, la leçon du hadith de la peste devra continuer de rappeler que la religion trouve son sens lorsqu’elle est religion de l’humanité, l’identification de la foi en Dieu avec la fraternité humaine. Et continuer ainsi d’éclairer le sens de cette autre parole islamique, inscrite dans le texte coranique même  (5 : 32) : « celui qui sauve une vie humaine est comme s’il avait sauvé toute l’humanité. » Emmanuel Laurentin et Manon Prissé

AKILEE–SENELEC, LES POSITIONS DIVISÉES DES SYNDICATS

http://www.emedia.sn/Engagé à revoir les termes de l’accord que la lie à Akilee, la société chargée de lui fournir des compteurs intelligents et un nouveau système de gestion avec « des solutions logicielles avancées pour le suivi, l’analyse et la compréhension des consommations d’énergie », la Direction générale de la Senelec se trouve face à des syndicats divisés : le SUTELEC et le SUDETEN en sa faveur, le SATEL et le SYNTES opposés à sa volonté, tandis que le SYCAS adopte, jusqu’ici, une position de neutralité. Afin d’y voir plus clair avec la position de chacune desdites organisations syndicales, Emedia.sn a épluché leurs dernières sorties officielles sur la question.

EN FAVEUR D’UNE RUPTURE DU CONTRAT

Dans un communiqué daté du lundi 19 avril 2020, le Syndicat unique des travailleurs de l’électricité (Sutelec), dirigé par Habib Aïdara, a dénoncé ce qu’il dénomme un « Akilee Gate », en évoquant un « contrat signé en catimini », une nébuleuse qui « fait fi de tous les principes en matière de bonne gouvernance », un « (marché) gré à gré qui ne dit pas son nom, signé sur une période de 10 ans à l’encontre des intérêts de (la) Senelec (et qui) risque de compromettre tous les efforts déployés jusqu’ici, pour assurer la continuité du service public de l’électricité ».

POUR LE SUTELEC, LA SENELEC REGORGE DE COMPÉTENCES POUR FAIRE LE JOB

Le Sutelec, qui assure avoir alerté les autorités sur la nécessité de faire la lumière sur ce contrat, depuis sa signature en février 2019, déplore l’absence de réponses aux questions des travailleurs, portant entre autres, sur l’expertise d’Akilee dans le domaine de l’électricité, la pertinence du contrat dans la mesure où la Senelec regorgerait, en interne, de compétences aptes à faire le même travail confié à Akilee, ou encore le statut de cette entreprise par rapport à la Senelec et l’impact du contrat sur l’outil de travail et les emplois des agents de la Senelec.
Autre syndicat en faveur de la voie engagée par la Direction générale : le Syndicat unique et démocratique des travailleurs de l’énergie (Sudeten), qui a tenu son premier congrès le 7 décembre dernier et engage la même voie que le Sutelec duquel il est sorti des flancs. Dans une déclaration signée également lundi dernier, le Sudeten évoque « une scandaleuse combine » et doute que « la politique de désengagement et de désintégration avec le transfert et l’externalisation des principales activités à de nouvelles entités », dont Akilee, puisse signifier « plus de performances dans les résultats et la baisse des coûts d’accès à l’électricité. »

LE SUDETEN S’INTERROGE SUR LE STATUT D’AKILEE

Au nombre de ses griefs, le syndicat s’interroge sur le statut d’Akilee vis à vis de la Senelec en mentionnant que l’entreprise leur aurait été présentée au départ comme une filiale avant qu’ils ne constatent que l’opérateur ne détient qu’une participation dite minoritaire de blocage de 34% sur le capital. D’autre part, le Sudeten déplore un « grossier montage juridico financier maquillé par un saupoudrage technologique » et se frustre de constater dans le préambule du contrat liant Akilee à la Senelec, des passages (EDF, absence de stratégie de la Senelec, compteurs intelligents, performances techniques, etc.) qui semblent mettre en doute l’expertise des agents. Et, pour contre attaquer, l’organisation syndicale estime que le partenaire est un intermédiaire qui bénéficierait de largesses de l’opérateur pour lui offrir des services.

CONTRE UNE RUPTURE DU CONTRAT

Deux jours après les sorties du Sutelec et du Sudeten, dont l’une faisait des allusions à des agents qui joueraient aux avocats du diable, le Syndicat national des travailleurs de l’électricité du Sénégal (SYNTES) publie à son tour, une déclaration révélant « un charivari à la Senelec » et accuse, sans le nommer, une autre organisation syndicale d’être proche d’une haute autorité de la boite et de chercher à bénéficier des largesses de l’actuelle direction générale. Puis, le Syntes « s’arroge le droit inaliénable de s’interroger sur les tenants et les aboutissants du débat, de forger son opinion et de la livrer en toute indépendance. »
Cette opinion tient principalement en quatre points majeurs : d’abord l’externalisation des activités du commercial (relève, mise en service, recouvrement, etc.) après celle de la production avec les centrales indépendantes et avant d’autres domaines d’activités, « est dans l’air du temps partout au Sénégal et dans le monde et donc l’importation de compteurs intelligents et leur gestion efficace, par une structure dédiée, s’imposent », estime-t-on au Syntes. Puis, le syndicat souligne que « les pertes commerciales, techniques et non techniques font perdre à l’entreprise une part importante de ses revenus », ce qui rend opportun « de recourir à une infrastructure de comptage intelligent, afin de juguler le mal qui gangrène un bien précieux pour l’Etat, le partenaire (client) et le travailleur ».

LE SYNTES RAPPELLE LES ARGUMENTS DU TOP MANAGEMENT

Egalement, autre argument pour lequel le Syntes penche en faveur du maintien du contrat entre le Senelec et Akilee : tous les membres actuels du Top management étaient là lors de la signature dudit contrat et l’avaient approuvé, voire vanté aux travailleurs comme étant une bonne opportunité, notamment lors de la signature en 2017, du protocole d’accords (MOU) préalable à la signature du contrat. Et, à ce titre, le Syntes se dit « convaincu de la pertinence d’Akilee par les plaidoyers et mémorandums produits par l’ancien Directeur des Systèmes d’information (DSI) », aujourd’hui devenu Secrétaire général mais également par la signature et l’onction de « quatre Directeurs d’unité », dont les arguments garantissaient que la Senelec ferait des gains substantiels avec ce contrat. De quoi se demander selon le syndicat, ce qui a bien pu changer pour motiver ce virage. Enfin, le Syntes explique sa position par le fait que le contrat en question ne menace ni les emplois ni les avantages du client, ne met pas en péril la souveraineté du pays et l’outil de travail.
La dernière organisation syndicale à s’être exprimée sur le sujet est le SATEL (Syndicat autonome des travailleurs de l’électricité), par la voix de son Secrétaire général, Souleymane Souaré, dans une tribune publiée dans l’édition du 21 avril du quotidien Enquête. Dans une contribution intitulée « interrogations sur les motivations du DG de Senelec », le SG du SATEL constate le débat par presse interposée sur le contrat liant Akilee à la Senelec et impute le conflit au nouveau management de l’opérateur d’électricité. En revisitant le contexte dans lequel Akilee s’est engagé avec la Senelec, Souaré souligne la nécessité de digitalisation des sociétés d’énergie comme partout dans le monde, en particulier en ce qui concerne leurs systèmes de comptage transformés en système intelligent.

LE SG DU SATEL DÉTAILLE LES BONS POINTS D’AKILEE

Le syndicaliste mentionne également les partenariats ficelés par le passé et qui n’avaient pas été en mesure de régler le problème d’approvisionnement en compteurs, d’abord triphasés, puis prépayés puis il rappelle le blocage de l’appel d’offres qui opposait deux sociétés chinoises (Hexing et Clou) qui se seraient alors appuyées d’agents de la Senelec qui défendaient davantage les intérêts desdites sociétés que de leur entreprise. « Le constat honnête de tout (agent de Senelec), notamment au Commercial, est que dès que Akilee a commencé à assurer l’approvisionnement des compteurs, Senelec n’a plus connu de ruptures, les délais de livraison des compteurs ont été diminués drastiquement de 1 (un) an à 3 (trois) mois et les coûts des compteurs ont baissé avec des économies de 1,5 milliard FCFA alors qu’Akilee travaille avec les mêmes fournisseurs qu’avant, avec les mêmes spécifications techniques. Toutes choses, aujourd’hui, qui permettent de constater le rôle que Akilee a pu jouer dans la stratégie que Senelec avait mise en place », constate le responsable syndical, qui se satisfait également du « logiciel développé par Akilee, appelé SmartSEN, qui facilite la vie en tant qu’exploitant et fait gagner beaucoup d’argent à Senelec. En 2019, rien qu’à Dakar c’est 1 milliard de FCFA d’économies qui ont été réalisées ; ces chiffres ne viennent pas d’Akilee, c’est Senelec elle-même qui les a évalués », applaudit-il. Autant de raisons, parmi d’autres, pour que le SG de SATEL se pose la question de savoir qui a intérêt à mettre ce débat sur la place publique.

LES PIQUES DE L’AS DE CE VENDREDI

SenePlus  |   Publication 24/04/2020
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Les mises en garde de Mamadou Talla aux écoles privées

Le ministre de l’Education nationale est préoccupé par les écoles privées qui violent la décision présidentielle de suspendre les enseignements et apprentissages jusqu’à nouvel ordre. Mamadou Talla dit constater, malgré la mesure, que des établissements privés continuent de convoquer leurs élèves pour des exercices à faire à la maison et à retourner, une fois le travail accompli. Le ministre de l’Education prévient les directions et les parents d’élèves que de telles pratiques comportent des menaces de contamination et exposent les enfants à la propagation du Covid-19.

Le Ramadan démarre dans la division Sans surprise !

Les musulmans vont démarrer cette année encore le Ramadan dans la division. En effet, les membres de la Commission Nationale de Concertation sur le Croissant Lunaire (Cnccl) dirigée par Ahmed Iyane Thiam se sont réunis hier pour scruter le ciel. La Cnccl a saisi ses antennes à l’intérieur du pays pour savoir si le croissant lunaire n’était pas aperçu quelque part. A l’issue de la séance d’observation, Iyane Thiam a déclaré qu’il n’est nulle part aperçu sur toute l’étendue du territoire national. Idem à Touba, Tivaouane et chez les autres familles religieuses. Par conséquent, il annonce le démarrage du Ramadan pour le samedi. Cependant, la Coordination des musulmans de Dakar, à travers sa commission d’observation, a déclaré que le croissant lunaire a été aperçu dans la région de Louga, plus précisément au village de Mewel, en Arabie Saoudite et en Côte d’Ivoire. Ils entament le Ramadan ce vendredi.

Le procureur libère les 135 jeunes de la Médina

Ouf de soulagement pour les jeunes de la Médina ! Les 135 jeunes arrêtés par la police à la Médina pour violation du couvre-feu et déférés au parquet ont été libérés par le procureur de la République. Il a classé sans suite leurs dossiers. Toutefois, ces jeunes de la Médina dont le comportement avait fini de choquer tout le monde ont passé deux jours de garde à vue avant d’être présentés au procureur. La riposte de la police a ramené les jeunes à la raison. Puisqu’avant-hier, les policiers n’ont pu mettre la main que sur 4 personnes. La leçon est retenue.

21 agents de santé dont 5 médecins de Louga en quarantaine

A Louga, après le décès du célèbre marabout Djiby Sow (74 ans) des suites du Covid-19, les autorités de la région ont placé en quarantaine 141 personnes dont les 120 sont des membres de son entourage. Cette information a été donnée hier par le médecin chef de la région médicale, Dr Cheikh Sadibou Senghor. «Les 21 autres individus sont des agents de santé qui sont entrés en contact avec le défunt. Et parmi eux, 5 sont des médecins», renseigne Dr Senghor qui annonce que les résultats des 120 prélèvements effectués hier sont attendus ce vendredi. Ceci étant, Dr. Cheikh Sadibou Senghor a signalé que Louga n’a pas enregistré hier de nouveaux cas. «Sur les 13 prélèvements envoyés mardi à l’Institut Pasteur de Dakar, les 12 sont revenus négatifs, et un autre est à reprendre», dit-il. Au total, 260 personnes sont actuellement en train d’être suivies par le district de Louga, depuis l’apparition du virus dans la zone.

Gendarmerie nationale

La gendarmerie nationale dément la famille du jeune conducteur de moto décédé à Mbour. Elle accuse les pandores de Nianing d’avoir tué le jeune. Donnant sa version des faits, la gendarmerie nationale indique dans un communiqué parvenu à «L’As» que dimanche dernier, les éléments de la brigade de Nianing ont installé un poste de surveillance et de contrôle à hauteur de la station d’essence de la localité. Les pandores veillaient sur le respect des mesures de l’Etat d’urgence. Ainsi vers 18h, d’après la Division de la communication, un cortège d’une vingtaine de conducteurs de motos «Jakarta» qui roulaient dans le sens Joal-Mbour, ayant aperçu le véhicule de la gendarmerie stationné, ont tenté de le contourner pour éviter d’être interpellés pour violation de l’interdiction de circulation interurbaine. Si d’aucuns ont réussi leur manœuvre, ça n’a pas été le cas pour la victime. Ce dernier, selon la gendarmerie, a heurté légèrement le côté droit de l’arrière du véhicule avant de poursuivre sa course dans un canal d’évacuation des eaux. A cause de la violence du choc, le jeune est devenu inconscient. Il a été évacué par les sapeurs-pompiers avec l’assistance des gendarmes à l’hôpital de Mbour. Le jeune est décédé finalement lundi. Une enquête est ouverte par le procureur de Mbour.

Bby contribue pour 99.272.000 Fcfa

Jusque-là, peu de partis politiques ont contribué financièrement au fonds «Force Covid-19». La mouvance présidentielle se signale avec une grosse enveloppe. La coalition Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) a mis la main à la poche et remis d’abord un chèque de 41.150.000 Fcfa, ensuite 58.122.000 Fcfa en espèces, au ministre des Finances et du Budget. Au total, la mouvance présidentielle a contribué à hauteur de 99.272.000 Fcfa. Elle montre la voie aux autres coalitions politiques.

Macky multiplie les sommets

Le Président Macky Sall a participé hier à la session extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, en visioconférence, sur l’impact de la pandémie. Le chef de l’Etat a salué l’engagement et la belle solidarité entre États membres pour faire face à la crise. C’est d’ailleurs pourquoi le conseil des ministres s’est tenu en début d’après-midi. Aujourd’hui, encore Macky Sall va poursuivre avec le commet de l’Uemoa en visioconférence.

Embalo confirmé président de Guinée Bissau

Ça a finalement bougé en Guinée Bissau. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a voté pour le Président Umaro Sissoco Embalo. Après quatre mois d’impasse à cause des recours intempestifs de l’adversaire de Embalo, Domingos Simoes Pereira, pour contester les résultats, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) reconnaît Umaro Sissoco Embalo comme Président de Guinée-Bissau. Pour rappel, Domingos Simoes Pereira est arrivé premier au premier tour de la Présidentielle. Mais au second, il a été battu par Embalo qui a bénéficié des soutiens des autres candidats perdants.

L’Ofnac accuse réception de la plainte de Frapp

L’office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (Ofnac) va instruire l’affaire de l’attribution du marché de transport du riz destiné aux ménages démunis. Le ministre du Développement communautaire, Mansour Faye et Demba Diop Sy député et directeur général de l’Ude ont été vilipendés par Frapp/France Dégage. Guy Marius Sagna et Cie ont a reçu hier l’accusé de réception de l’Ofnac relatif à sa lettre de dénonciation contre Mansour Faye, et Diop Sy député. Frapp reste ainsi à la disposition de l’Ofnac pour fournir les éléments qui justifient sa dénonciation.

Un Sénégalais décède encore du Covid-19 en France

Horizon Sans Frontières interpelle les autorités sur le nombre exact de Sénégalais de la diaspora décédés du Covid-19 par pays et par juridiction. Puisque l’organisation continue de recevoir des informations sur des cas de décès de Sénégalais à l’étranger. Le président de l’Ong, Boubacar Sèye, a été informé hier de la disparition d’un compatriote vivant en Haute-Savoie en France, suite au coronavirus. Le décès est survenu mardi dernier à Annemasse et il a été inhumé mercredi 22 avril à Annecy. Il est curieux de constater, selon M. Sèye, qu’à chaque décès lié au Covid-19 au Sénégal, le ministère de la Santé communique, mais c’est l’omerta lorsqu’il s’agit d’un Sénégalais de la diaspora.

FRANCMAÇONNERIE AU SENEGAL–RÉVÉLATIONS DU GRAND MAÎTRE DANIEL BOLENS

NETTALI.COM – Loin de toutes tensions et crispations, l’Ordre maçonnique mixte international du Droit humain a pu tenir, dans la discrétion, une réunion entre ses membres européens et africains, il y a environ un mois, à Dakar. C’est la révélation faite par EnQuête, vendredi. A ce sujet, le journal s’est entretenu avec Daniel Bolens, Grand Maître de l’ordre maçonnique mixte international : Le Droit Humain. Suisse de nationalité, il est revenu sur le mode de fonctionnement, les cultes et  les interdits  de la loge. Il évoque, dans la même veine, la perception ou les préjugés que certaines populations nourrissent à l’endroit de la franc-maçonnerie en général.
Daniel Bolens, Grand Maître de l’ordre maçonnique mixte international : Le Droit Humain aborde, dans les colonnes de EnQuête, la tension entre la franc-maçonnerie présente ici et les différents ordres religieux, surtout avec l’islam.
C’est ainsi qu’il a révélé qu’ « Ici au Sénégal, par exemple, il y a des frères et des sœurs qui déclarent ouvertement être croyants, pratiquant les prières selon leurs religions ».
« Oui, on doit la constater, bien sûr. Cela impose à nos sœurs et nos frères d’être relativement discrets, de ne pas mettre en péril leur sécurité, leurs familles, etc. Mais cette opposition résulte d’une incompréhension fondamentale de ce qu’est la franc-maçonnerie. La francmaçonnerie n’est pas une religion et n’a jamais voulu se poser en concurrent d’une quelconque religion, parce que ce n’est pas le même domaine. Les francs-maçons – et l’Ordre maçonnique mixte du Droit humain est très clair là-dessus – prônent une totale et absolue liberté de conscience. On peut être catholique, musulman ou athée, cela n’a aucune espèce d’importance, parce qu’on ne fait pas de religion. Le domaine de la franc-maçonnerie est essentiellement éthique, pas confessionnel. C’est une façon de se dire finalement : “Voilà, on a un idéal, une vision d’une société idéaliste qu’on aimerait réaliser, de contribuer à l’avènement d’une société juste, égalitaire, qui offre à chacun les droits fondamentaux auxquels il peut prétendre », dit-il.
Comme pour tenter de prouver que ce n’est pas « antinomique », il ajoute : « Ce n’est absolument pas antinomique. Et c’est de là que vient le malentendu, parce qu’il y a certaines franges de la maçonnerie qu’on appelle continentale par rapport au continent européen, où à une certaine période, il y a eu une certaine tendance athéiste. Mais vous avez aussi des obédiences maçonniques qui sont déistes, qui ne refusent absolument pas l’idée d’un créateur d’un dieu, etc. Peut-être que les religieux ont de la peine à le comprendre et considèrent toujours qu’on est des concurrents. C’est tellement pratique de dire que ce sont des athées, donc on les combat. C’est un raccourci très, très abusif ».

LA MEDINA STIGMATISEE SUITE AU COMPORTEMENT DE CERTAINS JEUNES DE LA LOCALITE : Le cri de cœur de Cheikh Tidiane Bâ qui invite les élites locales à plus d’implication

https://www.jotaay.net/L’attitude de certains jeunes de la Médina défiant les forces de sécurité ou violant allègrement le couvre-feu est regrettable et condamnable. C’est la position de Cheikh Tidiane Bâ, qui trouve que cela ne doit pas non plus être un prétexte pour mettre toute la localité dans le même sac, en stéréotypant et stigmatisant toute une population. Soulignant que ce qui s’est passé ne reflète nullement la vie quotidienne des citoyens médinois, le Directeur général de la Caisse de dépôts et consignations (CDC) évoque les nombreuses personnalités de la localité qui font la fierté du Sénégal dans tous les domaines. Aussi, il invite les élites de la Médina à se mobiliser et à s’investir dans l’accompagnement des populations, car le contraire serait un refus d’assister des populations en danger.
Des jeunes de la Médina qui défient les forces de l’ordre pendant le couvre-feu, les images ont fini de faire le tour de la toile. Une situation que déplore Cheikh Tidiane Bâ, qui évoque en guise d’illustration l’image de ce jeune, arrêté pour avoir enfreint les règle du couvre-feu, riant, la bouche fendue jusqu’aux oreilles, pour reprendre Zola, comme si tout cela l’égayait, qui l’a «fait frissonner». Et «Messi» de se demander si c’est de «l’insouciance», de «l’inconscience» ou de «l’insolence». Cheikh Bâ est d’autant plus irrité que, par la faute de tels comportements, à la Médina, ils ont tout «lu ou entendu» de désagréable sur leur localité. Dès lors, il urge d’agir. En effet, selon le Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, au lieu de «se taire» ou «faire le mort», il faut affronter le problème, en allant au-delà de l’analyse de premier degré et envisager la solution. «Non, nous ne pouvons pas nous taire», martèle-t-il. Surtout que des extrapolations et des stigmatisations dangereuses sont en train d’être faites. «Autant le comportement de certains des nôtres est inadmissible, autant les réactions semblent disproportionnées. Certes, tous ceux qui ont bravé l’Etat et qui nous ont réellement mis en danger sont condamnables, mais de là à tomber dans le stéréotype et la stigmatisation de toute une population, il y a un pas infranchissable», explique Cheikh Bâ. Et d’ajouter avec force que «ce qui s’est passé ne reflète nullement la vie quotidienne des citoyens médinois».

Ces «centaines et ces centaines de cadres qui ont contribué au rayonnement du pays»

La Médina, martèle Cheikh Bâ, c’est aussi des «centaines et des centaines de cadres et d’hommes qui ont contribué au rayonnement du pays». Et il cite entre autres : Mamina Camara, Expert-comptable, Maïmouna Ndoye Seck, Pr Pape Amadou Ndiaye, Arame Diène, Colonel Mamadou Adje, Awa Marie Colle, Souleymane Mboup, Me Seydou Diagne, Mbaye Dièye Faye, Marguerite Thiam, Seydou Guèye, Aldiouma Sèye, Ousmane Ndoye, Ousmane Paye, El Hadji Malick Sy Souris, Youssou Ndour, Amadou Dia Ba… Et à toutes ses personnalités, il lance un appel. «Face au comportement inqualifiable de certains et aux réactions négatives qui, jusqu’à présent, s’ensuivent, nous avons l’obligation d’appeler les Médinois, les élites d’abord, à prendre conscience des dangers qui nous guettent», alerte-t-il. Et il est d’autant plus urgent d’agir, à ses yeux, que «la pandémie a mis à nu tout un chapelet d’insuffisances, d’incohérences, de quiproquos, de malentendus et montré la démission de certaines élites». Des faits qui, reconnaît-il, sont «imputables à une loufoque guéguerre politique qui ne profite à personne». Quoi qu’il en soit, pour Cheikh Bâ, «les élites locales n’ont pas le droit de laisser cette grande cité, mère de la plupart des quartiers de Dakar, montrée en mal du doigt et ont la quasi-obligation de s’impliquer dans une opération «dello ndjoukeul» (redevabilité)». Pour lui, «la neutralité des élites (de la Médina), dans ce combat contre les déperditions de toutes sortes, sera considérée comme une non-assistance à populations en danger».Mbaye THIANDOUM


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