Revue de presse du Samedi 25 Juillet 2020

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L’or se rapproche des 2000 dollars

https://www.financialafrik.com Avec un peu plus de 18 milliards de dollars de transactions quotidiennes (source LBMA), Londres confirme sa première place sur le marché mondial de l’or. Une position vieille de 3 siècles.
Le cours de l’or grimpe a grimpé depuis le mardi 21 juillet à 1 823,20 dollars l’once, s’éloignant encore un peu plus de neuf an de léthargie au niveau du marché de Londres. L’an dernier, le métal jaune se négociait aux alentours de 1200 dollars l’once. Depuis le début de la crise, les achats chinois et russes rythment le marché.
Cette nouvelle montée de ce métal précieux pousse des analystes techniques à prédire un cours à 2000 dollars. Par le passé, à chaque fois que la Réserve fédérale a annoncé des baisses surprises de ses taux d’intérêt, l’or s’est en moyenne apprécié de plus de 26% dans les 18 mois qui ont suivis.
Interprétant la tendance, la Banque Centrale russe possède maintenant 2 292,2 tonnes d’or équivalent à117,26 milliards d’euros, soit la cinquième institution centrale la dans le domaine. Les Etats Unis occupent la place de leader dans les réserves sous forme d’or avec 8 133,5 tonnes équivalant à 414,81 milliards d’euros, suivie loin derrière de l ’Allemagne (3 363,6 tonnes) et de l’Italie (2 451,8 tonnes) qui se disputent respectivement la deuxième et troisième place. Selon les spécialistes des matières premières, le prix de l’or connait une ascension parce que dans cette période d’incertitude corsée par par la crise sanitaire, les investisseurs le considèrent comme une valeur privilégiée et un abri solide contre un éventuel affaiblissement du dollar.

L’Once d’or en question

L’once d’or est l’unité de mesure « traditionnelle » pour l’or, adoptée, depuis 1828, par la United States Mint (organisme gouvernemental qui produit et met en circulation les pièces de monnaie des États-Unis). Le poids d’une once d’or avoisine les 31 grammes. Ainsi, 1 once = 31.104 grammes (soit 0.031104 kg).  Issouf Kamgate

Banque mondiale-Chine-Afrique : nouvelle donne

https://www.lepoint.fr/afrique ANALYSE. Le « modèle chinois » que la Banque mondiale et Lin Yifu (Justin Lin), un temps son économiste en chef, vantaient aux pays africains en mal de solutions miracles serait-il désormais en berne ?
David Malpass, l’actuel président du groupe de la Banque mondiale, dans les remarques pour la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, qu’il énonça le 18 juillet 2020, a d’une manière feutrée très clairement mis en joue la Chine à cause de son attitude dans la recherche d’une solution pour les pays hautement endettés. Nous traduisons quelques brefs passages  :
Pour maximiser le soutien indispensable aux pays éligibles à l’initiative de suspension du service de la dette (ISSD), tous les créanciers bilatéraux officiels, y compris les banques politiques nationales, doivent mettre en œuvre l’ISSD de manière transparente. Par exemple, la pleine participation de la Banque chinoise de développement en tant que créancier bilatéral officiel est importante pour que l’initiative fonctionne.
La transparence de la dette, y compris la transparence des restructurations de la dette dont nous avons parlé précédemment, est bien sûr le point de départ de dénouements plus équilibrés en matière de dette.
Les créanciers du Club de Paris en voient l’intérêt, mais une grande partie du crédit bilatéral officiel provient de l’extérieur du Club de Paris, comprendre de la Chine. Pour que l’ISSD soit pleinement efficace, il faut qu’il y ait un ensemble commun minimum d’informations sur la restructuration de la dette. Cela permettra d’éviter les rééchelonnements secrets qui sont en cours dans certains pays, tels que l’Angola et le Laos, souvent assortis de délais de grâce et de conditions non divulgués.

Plongée dans les créances chinoises

La référence à l’Angola et au Laos n’est pas neutre et vise très spécifiquement la Chine. L’Angola, qui est débiteur d’un tiers des créances chinoises de l’Afrique, doit faire face en 2020 à un service de la dette publique bilatérale dont 90 % sont dus à la Chine. Le total de ce qui est dû à la Chine s’élève à près de 60 % du service total de la dette. Le Laos doit faire face en cette même année 2020 à un service de la dette publique bilatérale dont 70 % sont dus à la Chine.
Les déclarations de David Malpass sont à mettre en relation avec un autre événement, la nomination de Carmen Reinhart comme économiste en chef de la Banque mondiale, un poste que Lin Yifu avait occupé de 2008 à 2012, à une époque où la Chine faisait figure de modèle incontournable que tous les pays en développement se devaient d’émuler. Aujourd’hui, l’arrivée de Carmen Reinhart signalerait elle aussi une nouvelle ère dans laquelle la Chine n’aurait plus un si beau rôle.
En juin 2019, soit six à neuf mois avant que ne se déclenche l’actuelle crise sanitaire et ne soient lancés les appels à l’annulation des dettes des pays les plus pauvres, Carmen Reinhart a publié avec deux coauteurs, Sebastian Horn et Christoph Trebesch, une étude sur les prêts de la Chine à l’étranger dont la version initiale a été corrigée en avril de cette année.

Voici la présentation qu’en donnent les auteurs  :

« Le rôle de la Chine dans la finance mondiale est mal compris par rapport à son statut prééminent dans le commerce mondial. Cette note de recherche étudie la taille, les caractéristiques et les déterminants des exportations de capitaux de la Chine en construisant une nouvelle base de données de 5 000 prêts et subventions à 152 pays, de 1949 à 2017.
Nous constatons que 50 % des prêts de la Chine aux pays en développement ne sont pas déclarés au FMI ou à la Banque mondiale. Ces “dettes cachées” faussent la surveillance des politiques, l’évaluation des risques et les analyses de viabilité de la dette. Étant donné que les prêts chinois à l’étranger sont presque entièrement publics, c’est-à-dire contrôlés par l’État, les facteurs habituels de “poussée” et de “traction” des flux transfrontaliers privés ne s’appliquent pas de la même manière. »

Changement de paradigme

Même si Deborah Bräutigam, de la China Africa Research Initiative de l’université Johns-Hopkins, a pu discuter de certains aspects méthodologiques de ce travail dans un article paru sur son blog (Is China Hiding its Overseas Lending ? Horn, Reinhart and Trebesch’s « Hidden Loans » and Hidden Data), ce qui nous intéresse ici est non pas l’exactitude du contenu, mais d’abord et avant tout le message que fait passer l’étude de Carmen Reinhart dans la mesure où il servira d’emblème à sa mission à la Banque mondiale – comme le fut en son temps le livre de Lin Yifu sur le miracle chinois. La nommer à la tête de la Banque mondiale dans la conjoncture a forcément un sens politique très fort et, indirectement, lance une accusation à l’égard de la Chine.
Car ici il ne s’agit plus de discuter de l’interprétation à donner aux chiffres officiels, comme j’ai pu moi-même le faire, mais de mettre en cause un système de financement opaque qui pourrait endetter outre mesure les pays les plus pauvres. In fine, le message pourrait être de dénoncer, sans vraiment le dire, une entreprise hégémonique qui aurait pris les apparences patelines des nouvelles routes de la soie. D’ailleurs, Carmen Reinhart et ses coauteurs notent que « les deux plus importants bailleurs chinois à l’étranger sont, de loin, les deux banques d’État chinoises »  : la Banque chinoise d’import-export et la Banque chinoise de développement. Traditionnellement, ces deux institutions étaient axées sur les pays en développement et les pays à revenu intermédiaire, mais, depuis cinq ans, elles sont de plus en plus souvent actives dans les pays avancés.
Cette vision est confirmée par l’interview que le président de l’Exim Bank de Chine, Zhang Qingsong, a accordée à la chaîne de télévision chinoise CCTV le 23 avril 2020. Il affirmait que 1 800 projets le long des nouvelles routes de la soie bénéficieraient de l’aide financière de sa banque qui y aurait ainsi contribué pour un trillion de renminbi – soit près de 150 milliards de dollars. Zhang Qingsong insistait sur le rôle de ces relations financières, de ces prêts-emprunts souverains pour souligner qu’ils servaient l’internationalisation du renminbi et l’affirmation de la Chine comme grande puissance. Il s’agit donc clairement d’une politique assumée d’influence et non d’une simple stratégie commerciale. Par Thierry Pairault
* Directeur de recherche émérite au CNRS – École des hautes études en sciences sociales et au Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine (UMR 8173).

Cao Jibin : «Ne doutons pas de l’énorme potentiel de connectivité de l’Afrique!»

https://www.lepoint.fr/afrique/ LETTRE ÉCO D’AFRIQUE. Convaincu que « la connectivité est un droit humain fondamental », le président pour l’Afrique du Nord de Huawei explique comment le géant chinois appréhende le Continent.
Comme pour confirmer sa devise « En Afrique, pour l’Afrique », le géant chinois des TIC persiste à faire feu de tout bois sur le continent alors que la crise sanitaire du Covid-19 n’est pas encore circonscrite. Malgré les moments difficiles qui semblent promis à l’Afrique quant aux conséquences économiques de la pandémie du nouveau coronavirus, Huawei s’évertue à montrer combien il croit dans le potentiel humain et technique d’une Afrique connectée. C’est que le géant chinois veut continuer à labourer un champ qu’il a investi en 1997 en ouvrant un bureau en Egypte. Depuis, le chemin parcouru lui permet de couvrir la quasi-totalité des pays du continent en s’appuyant sur 17 bureaux de représentation, deux Open Labs (en Egypte et en Afrique du Sud), de déployer 200.000 kilomètres de fibre optique, soit 50 % des réseaux 3 et 4G, de fournir par ses produits et services deux tiers de la population du continent, de travailler avec plus de 200 opérateurs et tout cela pour un chiffre d’affaires de 5,8 milliards de dollars en 2018, soit 5 % de son chiffre d’affaires mondial.
Dans sa logique, d’une part, de développement de ses ressources locales qui représentent 75 % de ses employés en Afrique, d’autre part, d’accompagner l’éducation et la formation d’un maximum d’Africains, Huawei a, parallèlement aux solutions proposées au plus fort de la crise du Covid-19 (télétravail, vidéoconférences, accélération de la phase de diagnostic des malades, enseignement à distance, modernisation des équipements, formation de femmes aux métiers des TIC, déploiement de la fibre pour améliorer la couverture des services universels à large bande), décidé de renforcer ses programmes d’éducation et de formation érigés comme une priorité du groupe. Ainsi de la mise à disposition de 5 millions de dollars au Huawei ICT Academy Development Incentive Fund pour des cours, formations et partage d’expériences en ligne, de la création d’une plateforme en ligne autour du programme ICT Academy, du déploiement de 130 ressources MOOC sur l’intelligence artificielle, les données de grande taille, la 5G et l’internet des objets, de la formation de 50.000 étudiants par l’auto-apprentissage, du partenariat avec près de 300 universités et académies du continent dans des pays comme le Maroc, l’Egypte, le Cameroun, le Sénégal et la Côte d’Ivoire entre autres. Last but not least  : un signal fort a été envoyé quant à la place des Africains dans le management de Huawei.
En mai dernier, au plus fort de la crise du Covid-19, le géant chinois a nommé deux vice-présidents en charge des relations publiques au sein de Huawei Northern Africa. C’est le Burkinabè Loïse Tamalgo qui a été choisi pour l’Afrique subsaharienne et le Tunisien Adnane Ben Halima pour la région Méditerranée. Chargé de concrétiser et mettre en musique pour la région Northern Africa toutes ses initiatives, Cao Jibin, son président, a accepté de confier au Point Afrique comment Huawei voit l’Afrique, entend y défendre et mettre en œuvre sa vision du partenariat technique et humain dans un environnement international où la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine crée un climat de défiance avec son lot de dégâts collatéraux.

Le Point Afrique  : Comment avez-vous vécu l’épidémie du Covid-19 avec vos partenaires africains ?

Le Covid-19 a surpris tout le monde par son caractère imprévisible comme par la vitesse de la propagation du virus. Cette pandémie a eu, et a encore, un impact sur l’économie mondiale, principalement du fait de l’interdépendance de nos systèmes économiques. Face à cette catastrophe mondiale, notre réponse ne peut être que commune, et la coopération entre les nations est une obligation.
Tout en assurant le bon fonctionnement de nos activités, notre priorité a d’abord été la santé de nos employés, clients et partenaires en respectant strictement les réglementations locales. Nous nous sommes fixé les normes les plus strictes en matière de prévention. Nous avons également généralisé le télétravail et mis à disposition de tous un ensemble d’outils numériques.
En Afrique, nous avons très tôt suivi l’évolution de la propagation du virus et de son impact, et en coopération renforcée avec nos partenaires africains. Nous avons pu maintenir un réseau et une connectivité stables. Le système de télétravail s’étant généralisé à vitesse grand V, nous avons proposé une digitalisation des plateformes, et des solutions liées aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans les secteurs de la santé et du travail. Mais également dans le domaine de l’éducation où nous avons renforcé nos investissements en multipliant les formations à distance, avec notre programme « Learn ON » (ICT Academy, MOOC, Train The Trainer…), pour continuer de former les jeunes générations.
Nous nous inscrivons dans la logique d’une crise qui va durer.La digitalisation de notre économie est donc loin d’être terminée et nous sommes persuadés que le rebond des économies passera par le numérique. Il faut voir dans cette crise une opportunité de se réinventer vers plus de connectivité.

La crise du Covid-19 a mis en exergue la fragilité des systèmes de santé des pays africains. Avez-vous réfléchi ou mis en œuvre, avec certains d’entre eux, des protocoles à même d’en limiter les effets et a contrario d’améliorer l’environnement des systèmes de santé ?

La pandémie de Covid-19 reste un défi à surmonter pour le monde entier. Les systèmes de santé de tous les pays ont été mis à rude épreuve, en Afrique mais également partout ailleurs. De par son expérience et sa maîtrise des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), Huawei a bien sûr le savoir-faire et la capacité pour aider les pays à lutter contre la propagation du virus. Dans cet esprit, nous sommes évidemment mobilisés en Afrique pour collaborer avec les gouvernements en vue d’améliorer durablement leurs systèmes de santé.
Dès le début de la pandémie, nous nous sommes mobilisés à travers notre expertise dans l’Intelligence Artificielle (IA), les outils de diagnostic basés sur l’IA aidant en effet à mieux comprendre la maladie. Le développement de l’IA repose sur la connectivité et l’infrastructure informatique. Sur le continent africain, notre collaboration avec le ministère de la santé marocain pour l’accès à distance d’une plateforme d’IA a permis d’accélérer la phase de diagnostic des malades via notre solution Huawei Cloud (diagnostic 8 fois plus rapide). Le Gabon a été le 2e pays africain à avoir bénéficié de cette solution en avril dernier. Nous avons d’ailleurs créé une business unit spécialisée sur le Cloud et l’Intelligence Artificielle dédiée à l’Afrique, preuve de l’importance stratégique que nous accordons au continent.
Sur la base de ces expériences et en se projetant sur le long terme, nous réalisons à quel point les nouvelles technologies permettent de se préparer et de faire face aux crises futures. Par exemple, la large bande passante, la faible latence et la large couverture du réseau 5G permettront de mettre en œuvre de nouvelles applications d’IA en télémédecine, pour sauver plus de vies.
En cela, notre expérience à Wuhan est frappante. En effet, l’hôpital Wuhan Xie He, au cœur de la pandémie, a pu bénéficier des appuis et de l’expertise des médecins à Pékin (1200 km de distance entre les deux villes) en installant un dispositif intelligent de visioconférence basé sur le réseau 5G. Grâce à ce système, des consultations de spécialistes ont pu être réalisées depuis des hôpitaux d’autres régions. L’installation de système de visioconférence et plus largement de télécommunications entre les hôpitaux a également rendu possible une meilleure coordination des soins.

Quels enseignements avez-vous tirés de cette crise en Afrique au regard des réalités multiples et complexes des environnements économiques et sociaux africains ? 

Nos partenaires africains ont pris conscience, avec cette crise, de l’importance du numérique pour accompagner le développement économique et social du continent. Leurs politiques en matière de TIC doivent ainsi être renforcées. En effet, des investissements sont nécessaires pour garantir un réseau internet solide, accessible même dans les territoires les plus enclavés, pour garantir une connectivité universelle. Ces investissements doivent être accompagnés de politiques en faveur de la culture et de l’éducation pour former le plus grand nombre de personnes aux métiers des TIC, et stimuler ainsi pleinement le potentiel de ces technologies sur le développement humain et économique du continent.
Cette prise de conscience a déjà commencé quand on voit l’importance des solutions de téléconsultation et de paiements à distance qui se sont développées en Afrique. Malgré l’impact attendu de la crise sur les activités, beaucoup ont réussi à trouver dans la pandémie des opportunités pour se relancer. Cette crise a donc accéléré les projets de transformation numérique de la plupart des États et des entreprises, leur permettant de garder une longueur d’avance et d’être mieux préparées pour l’avenir. L’Afrique dispose, plus que jamais, des capacités pour devenir un acteur incontournable sur la scène internationale. Tels sont les enjeux du numérique sur le continent  : rendre la croissance inclusive, contribuer à ajuster les compétences aux besoins du marché du travail, et bien sûr, générer des emplois pour les millions de jeunes Africains qui arrivent chaque année sur le marché du travail. La révolution numérique n’en est qu’à ses débuts.

La crise du Covid-19 a révélé la nécessité d’une organisation différente du travail, des études et de la formation. Comment avez-vous intégré cette nouvelle donne dans votre approche de l’Afrique ?

Les États africains et les organisations ont compris qu’un changement majeur est en train de s’opérer. Des termes comme « télétravail », « téléenseignement », ou « télémédecine » font maintenant partie du quotidien des Africains. Nous avons d’ailleurs observé une croissance importante de la consommation des données pouvant aller jusqu’à 63 % dans certains pays d’Afrique. En Égypte, il y a eu une hausse d’utilisation de 40 % sur les applications de visioconférence et sociales.
Huawei a toujours été engagé dans la promotion d’une Afrique entièrement connectée et intelligente. C’est pour cette raison que nous avons déployé tant d’efforts durant la pandémie et mobilisé nos équipes d’ingénieurs sur le continent pour absorber la demande réseau et le volume important de données. Malgré la crise, nous nous sommes engagés à maintenir une qualité réseau pour l’ensemble de nos clients. Aussi, nous voulons encourager le développement des talents en interne et en externe, car nous sommes persuadés du caractère stratégique de l’information et de la formation, particulièrement en matière de concurrence économique internationale.

Huawei est au cœur d’une bataille internationale de technologie dans laquelle les États-Unis veulent l’isoler. Quel impact cela a-t-il eu sur votre business en Afrique ? Huawei a-t-elle résisté ? Si oui, comment ?

La concurrence est saine dans un monde globalisé. Elle est même nécessaire pour une économie plus juste et qui bénéficie au plus grand nombre. S’y opposer tout en politisant la concurrence est contre-productif et va à l’encontre de toutes les politiques économiques promues jusqu’ici par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Je veux donc remercier nos clients en Afrique qui, depuis 20 ans, sont toujours plus nombreux à nous faire confiance. Grâce à eux, notre activité n’a cessé de croître avec un bilan financier en hausse. Nous avons confiance en l’avenir mais nous avons surtout confiance en l’Afrique. Ce marché africain affiche un potentiel énorme ! Le secteur de la téléphonie mobile est en plein essor  : d’après la GSMA, le nombre d’abonnés mobiles uniques en Afrique de l’Ouest s’élevait à 185 millions à la fin de 2018, soit 48 % de la population de la région. Le potentiel d’inclusion numérique est encore important puisque le taux de pénétration d’Internet en Afrique se situe autour d’une moyenne de 22 % dans la partie subsaharienne et 55 % en Afrique du Nord, contre une moyenne mondiale de 49 % selon la Banque mondiale. Pour accompagner cet essor, nous sommes entrés dans une phase de croissance avec un développement très rapide pour permettre au plus grand nombre d’Africains d’accéder au monde numérique. Nous travaillons sans relâche à la qualité de nos produits et services et considérons que la connectivité est un droit humain fondamental. C’est pourquoi notre stratégie en Afrique reste la même. Elle consiste à fournir aux individus, aux entreprises ainsi qu’aux organisations, un socle technologique sur lequel ils pourront greffer leurs activités quotidiennes afin de gagner en efficacité et de favoriser leur développement socio-économique.
D’un point de vue plus global, et malgré les défis auxquels nous devons faire face, notre bilan financier en hausse. Nous venons de publier les résultats qui indiquent que nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 64,2 milliards de dollars sur les six premiers mois de l’année, soit une augmentation de 13,1 % par rapport à la même période, l’année dernière.

Quelle place occupe Huawei dans le déploiement de la partie africaine de la stratégie de la nouvelle route de la soie telle qu’imaginée par le gouvernement chinois ? 

En Afrique, notre stratégie est la même qu’en Europe ou en Amérique et elle ne date pas d’aujourd’hui. Nous y sommes présents depuis 1997 avant même la mise en place des ambassades chinoises et nous existons désormais dans presque tous les pays du continent. Cela s’illustre par notre mobilisation sans faille pour réduire la fracture numérique et permettre au plus grand nombre d’accéder aux effets bénéfiques des TIC.
Huawei est une société privée qui, comme toutes entreprises, se développe en cherchant des opportunités de coopération avec différents partenaires. A ce titre, nous sommes ouverts au renforcement de la coopération régionale qui doit permettre une mondialisation plus juste, bénéfique à toutes les parties dans un partenariat gagnant-gagnant. Dans cette optique, nous adhérons depuis de nombreuses années à cette stratégie de mondialisation  : Huawei fournit des services dans plus de 170 pays et régions et j’aime dire que nous existons partout où il y a des gens.

L’Afrique représente 5 % de votre chiffre d’affaires mondial, ce qui n’est pas beaucoup. Elle va connaître une forte récession cette année. Comment s’y relancer dans de telles conditions ?

Tout d’abord, je tiens souligner que la mission de Huawei en Afrique est de répondre aux besoins essentiels de communication des populations. C’est notre devoir en tant qu’acteur économique et digital engagé ! Huawei et les opérateurs ont fait de grands efforts pour assurer la stabilité du réseau. Par conséquent, en Afrique, l’exploitation de la société elle-même n’est pas la considération principale.
Il est vrai que le continent africain va être très touché par l’impact économique de la pandémie de Covid-19. La Banque mondiale estime que l’Afrique subsaharienne connaîtra sa première récession depuis 25 ans en 2020, avec un taux de croissance négatif pouvant aller de -2,1 à -5,1 %. Cependant, n’oublions pas que seuls 11 % des abonnés à Internet dans le monde sont africains (Internet World Stats). Or, l’extension de l’accès au réseau ainsi qu’un accès universel au haut débit seront générateurs de millions d’emplois et de possibilités. Le potentiel d’une Afrique connectée est immense, et nous serons là pour l’accompagner. Notons que les pays africains ont bien réagi à la crise du Covid-19, grâce, notamment, à l’utilisation des TIC de manière accélérée et innovante.
Pendant cette pandémie, la consommation de données sur l’ensemble du continent africain a énormément augmenté. C’est pourquoi, en collaboration avec les gouvernements, les associations, les opérateurs, les organisations régionales et les organisations africaines, nous continuerons de déployer des réseaux sur le continent et d’accélérer la mise en œuvre de la numérisation pour nous assurer que l’ensemble des populations ait un accès à un Internet abordable et de qualité. C’est l’engagement et la responsabilité sociale du Groupe. Comme je l’ai dit plus haut, je suis persuadée que le rebond de l’économie passera par un investissement massif dans les TIC.
Ne doutons pas de l’énorme potentiel de connectivité de l’Afrique ! C’est à nous, l’industrie des TIC de participer au sursaut économique. C’est pourquoi, plutôt que de parler de relance, je préfère parler de continuité. Plutôt qu’évoquer un chiffre d’affaire, je préfère penser aux possibilités futures. L’Afrique entre dans une nouvelle ère numérique !

Quelles sont les lignes de force dans lesquelles vous souhaitez inscrire votre politique de management des ressources humaines en Afrique, actuellement et dans les années à venir ?

La devise de Huawei sur le continent est « en Afrique, pour l’Afrique ».D’ailleurs 75 % de nos employés sont africains. Cette politique d’inclusivité se retrouve également par la nomination de cadres. Nous avons deux vice-présidents pour la région Afrique du Nord de Huawei  : Loïse Tamalgo, du Burkina Faso, est vice-président en charge des relations publiques pour l’Afrique subsaharienne, tandis qu’Adnane Ben Halima, de Tunisie, est vice-président en charge des relations publiques pour la région Méditerranée.
Dans la dynamique d’africanisation progressive de son management sur le Continent, Huawei a nommé le Burkinabè
Nous développons en parallèle des programmes de formation des jeunes talents africains, ce qui permettra, à terme, de renforcer le développement d’entreprises innovantes. Dans la continuité de cette politique de ressources humaines fondamentalement inclusive, nous participons à la formation des jeunes générations aux métiers des TIC, notamment grâce à des partenariats avec près de 300 universités du continent, pour des programmes tels que « ICT Academy » et « Seeds for the future ». Notre philosophie repose sur l’ouverture et la coopération  : les talents locaux en sont un élément clé.

Quels avantages comparatifs mettriez-vous en avant aujourd’hui face un pays ou une entreprise africaine qui hésiterait à travailler avec vous ?

Peu de pays ou d’entreprises ont refusé de travailler avec nous. D’ailleurs, nos partenaires et clients sont nos meilleurs ambassadeurs, vous pouvez leur poser la question. Je crois surtout que quelques chiffres seront plus convaincants qu’un long discours. En Afrique, nous sommes fiers d’être présents dans la quasi-totalité des États du continent. Notre couverture réseau sur le continent est de 200.000 kilomètres de fibre optique, et nous avons 50 % des réseaux 3G et 4G. Près de 200 opérateurs régionaux majeurs ont fourni des produits et des solutions Huawei à un tiers de la population africaine. Au niveau global, nous avons investi en 2019 15,3 % de notre chiffre d’affaire dans la Recherche et le Développement, pour continuer de proposer des services toujours plus innovants à nos clients. Notre travaillons en étroite collaboration avec les gouvernements, la société civile, des partenaires privés, dans des secteurs variés tels que l’industrie, les transports, l’énergie, la finance et l’éducation. Nous sommes d’ailleurs en train d’explorer actuellement une coopération plus approfondie avec ces différentes parties prenantes dans les domaines de la technologie et de l’éducation, pour que l’Afrique soit mieux préparée à affronter les prochaines turbulences économiques ou sanitaires. Nous travaillons dans l’intérêt de l’Afrique et des Africains, et cela s’est illustré encore dernièrement, en 2019, par la signature d’un nouveau Memorandum of Understanding (MoU) avec l’Union africaine alors que nous coopérons avec l’institution depuis 2015. Et un nouveau MoU est d’ailleurs prévu. Nous serons en mesure d’en dire plus assez rapidement. Notre philosophie reste la même depuis notre création  : au service de nos clients, nous créons de la valeur pour les accompagner dans leur développement, en leur proposant toujours les meilleures technologies et les meilleurs services.
Dans la dynamique d’africanisation progressive de son management sur le Continent, Huawei a nommé le Tunisien Adnane Ben Halima vice-président en charge des RP pour la région Méditerranée au sein de Huawei Northern Africa. 

Au-delà de Huawei, comment voyez-vous l’évolution dans l’avenir des relations entre les entreprises chinoises et des entités africaines ?  

Je parle ici uniquement en ma qualité de Président de Huawei en Afrique du Nord. Comme de nombreuses entreprises, nous nous développons au niveau local grâce à des partenariats durables et ouverts. Chez Huawei, nous croyons aux bienfaits du commerce international, lorsque celui-ci est juste et équilibré. Nous croyons aux partenariats gagnants-gagnants, et à ce titre il faut se réjouir du renforcement de la coopération entre les entreprises chinoises et les entités africaines. Cela permet de rééquilibrer une situation économique autrefois monopolistique sur le continent africain, au détriment des populations africaines. Dans l’idée d’atteindre l’objectif du continent de la transformation numérique, les gouvernements africains ne doivent pas agir en acteurs isolés. Leur collaboration avec un secteur privé dynamique partageant leur vision est fondamentale, et c’est dans cette optique que s’inscrit l’implantation de Huawei en Afrique. Nous sommes persuadés que les perspectives de coopération en Afrique seront toujours plus nombreuses à l’avenir, dans une dynamique positive pour le continent comme pour notre groupe.

Comment voyez-vous l’Afrique de demain ?

Ce qui me frappe face à la crise économique et sanitaire actuelle, c’est l’incroyable résilience de l’Afrique. L’Afrique de l’innovation, des solutions numériques, a explosé durant cette crise, boostée par la nécessité de trouver des réponses rapides et efficaces aux changements provoqués par la crise du Covid-19. D’un bout à l’autre du continent, start-up, entreprises et gouvernements se sont mobilisés pour trouver leurs propres solutions contre la pandémie. Cet essor de la tech africaine, nous l’avons d’ailleurs constaté lors du hackathon Hacking Covid-19 Africa dont Huawei était le sponsor principal, et où plus de 400 participants se sont réunis en ligne pour répondre à la crise qui s’installe en Afrique. 50 projets extrêmement innovants ont été proposés en à peine 48h, tous portés par la jeune génération africaine. C’est un symbole fort qui vient illustrer la volonté du continent de devenir l’un des centres émergents de l’innovation numérique mondiale. Nous sommes fiers de pouvoir accompagner ce changement, qui concernera 2,5 milliards d’Africains d’ici 2050. L’Afrique est pleine de vitalité, de jeunesse et d’espoir. Les Africains, en particulier les jeunes générations, ont un rôle extrêmement important à jouer pour l’avenir de leur continent. C’est ce qui pousse Huawei à continuer d’investir et de se développer en Afrique,pour l’Afrique.Propos recueillis par Malick Diawara

Aïssata Seck : «Il y a une forte méconnaissance de l’histoire coloniale»

https://www.lepoint.fr/afrique ENTRETIEN. À l’origine d’un appel pour plus de références dans les communes aux soldats coloniaux qui ont combattu pour libérer la France, Aïssata Seck s’est confiée au Point Afrique.
Elle n’arrête pas, Aïssata Seck. Ce mercredi après-midi, lorsqu’elle vient à notre rencontre pour la première fois, elle a déjà son discours en tête  : clair, concis, précis. À 40 ans, cette conseillère municipale de Bondy, en Seine-Saint-Denis, n’a rien lâché de ses combats malgré les victoires obtenues. Grâce à elle et sa force de mobilisation, en 2017, François Hollande avait facilité l’accès à la naturalisation d’anciens tirailleurs sénégalais, oubliés de la République. Ils avaient combattu en 1914-1918, en 1939-1945, en Indochine ou en Algérie sous l’uniforme français. Quatre ans plus tard, comment la France avance-t-elle sur ces sujets mémoriels ? Même si la réponse est loin d’être unanime, le débat est lancé dans le sillage des dernières manifestations antiracistes qui ont suivi l’assassinat de George Floyd ainsi que les appels à déboulonner les monuments et statues liés à l’histoire coloniale française ou à la traite négrière. Un peu visionnaire Aïssata Seck ? Non, mais sa position est assez claire sur le sujet, et elle n’a pas changé  : il faut de la pédagogie, toujours. Le 25 juillet, elle s’y attelle une nouvelle fois avec son association pour la mémoire et l’histoire des tirailleurs sénégalais. Elle organise une cérémonie ouverte au public de ravivage de la flamme du soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe.Elle s’est confiée au Point Afrique.

Le Point Afrique  : Il y a un an, vous interpelliez le chef de l’État, Emmanuel Macron, sur la nécessité de rendre hommage aux soldats venus d’ailleurs qui ont participé à la libération de la France. Aujourd’hui, les lignes bougent sur tous les fronts. Pensez-vous qu’il y a une prise de conscience réelle des autorités et de la société sur ces questions ?

Aïssata Seck  :  J’ai interpellé le président lors d’une rencontre organisée autour des diasporas africaines en présence du chef de l’État ghanéen Nana Akufo-Addo. Je me souviens que c’était avant le 75e anniversaire du Débarquement du 15 août 1944 en Provence. J’avais réalisé que rien n’était prévu pour commémorer cette date dans la région que je connais bien pour y passer mes vacances. Cela m’a fortement interpellée alors que le Débarquement de Normandie avait fait l’objet de grandes cérémonies en présence de Donald Trump, d’Angela Merkel, Theresa May ou encore Justin Trudeau. Je me suis renseignée sur ce qui était prévu  : est-ce qu’on avait invité des chefs d’État africains ? Est-ce qu’on allait organiser des débats, des conférences ou une exposition ? J’ai trouvé que la réponse des autorités n’était pas à la hauteur de l’enjeu mémoriel de ces combats qui ont contribué à faire de la France une nation diverse. Par la suite, j’ai cherché par quelles voies et quels moyens je pouvais alerter les autorités sur cette différence de traitement. Et c’est ce que j’ai fait ce jour-là en m’adressant au chef de l’État.
À la suite de mon appel, quelques semaines plus tard, une très belle cérémonie a été organisée à Saint-Raphaël avec des chefs d’État africains. C’est à cette occasion que le président de la République a lancé un appel aux maires de France leur demandant de nommer ou renommer des rues, des places, des écoles, en hommage aux héros oubliés des colonies. Cette histoire fait partie de l’histoire de France, de notre histoire. Le ministère des Armées vient dans ce but d’éditer un livret rassemblant les parcours de cent combattants de la Seconde Guerre mondiale issus des colonies de l’Empire français.

Pourquoi dans le combat pour la réhabilitation de la mémoire des soldats venus d’Afrique, du Pacifique ou encore des Antilles, il est si difficile de faire consensus ou ensemble sur cette idée de « fraternité », dont plusieurs exemples jalonnent l’histoire de France ?

Je ne dirais pas que c’est un combat, mais il est important que l’on soit vigilant sur ces questions et qu’on intègre pleinement cette histoire dans le récit national français. En interpellant le chef de l’État et les autorités, je ne porte pas une revendication communautariste. Bien au contraire. Je veux simplement que tous ensemble nous ouvrions notre récit national pour y accueillir toutes les composantes de la France d’aujourd’hui. Parce que c’est notre histoire commune.

Est-ce que cela passe forcément par des déboulonnages de statues ou une réappropriation des symboles de notre espace public ?

Combien de rues sont dédiées en France à Toussaint Louverture, à Louis Delgrès, à la Mulâtresse Solitude, les grandes figures du combat contre l’esclavage entre 1789 et 1804 ? Combien de monuments aux tirailleurs sénégalais et aux soldats des troupes coloniales morts pour la France pendant les deux guerres mondiales ? Combien d’écoles dédiées aux Martiniquaises Jeanne et Paulette Nardal, les marraines du mouvement de la Négritude, ou au Guyanais René Maran, le premier écrivain noir à recevoir le prix Goncourt, pour son roman Batouala ? C’est dans ce sens que j’ai lancé une pétition, qui se veut un réel appel à l’ensemble des maires de France pour passer des paroles aux actes.

Comment procéder sans attiser les polémiques ?

Je suis d’avis qu’on mette en place des commissions dans les collectivités.
Il faut faire de la pédagogie maintenant, en faisant appel aux associations, aux organisations d’anciens combattants. On peut aussi faire de la démocratie participative et impliquer les habitants ou encore faire des sondages sur des propositions de noms. Certaines communes de notre pays font ce travail depuis des années. Prenez Fréjus, Saint-Raphaël, dans les Vosges aussi un travail au long cours a été fait autour d’Adi Bâ, tirailleur d’origine guinéenne, résistant des Vosges, chef du premier maquis vosgien, fusillé le 18 décembre 1943 à Épinal. Comme lui, de nombreux anciens combattants sont passés dans ces régions et les mairies ont fait le travail pour les reconnaître. Aujourd’hui, il faut aller plus loin, et accélérer sur le travail de recherche.

Avec la dernière élection, de nombreuses mairies sont passées à droite et les équipes se renouvellent, comment faire évoluer le sujet à tous les niveaux politiques ?

Je suis une élue de gauche et je le revendique, mais c’est une idée reçue de penser que les communes de droite ne font pas ce travail. Bien au contraire. Sincèrement, pour avoir visité beaucoup de collectivités dont les maires sont de droite, j’ai constaté que le travail a été fait. Personnellement, je ne leur ferai pas ce procès. Pour les communes qui rencontrent des difficultés, en plus du livret, il faut un accompagnement afin de soutenir les communes qui désirent rendre hommage à ces combattants.
C’est le bon moment pour entreprendre cette évolution dans notre société, car il y a dans nos collectivités territoriales de nouveaux plans de rénovation urbaine. Il faut profiter de ces nouvelles normes mises en place pour justement se saisir de cette histoire. Au-delà des noms de rue, il y a aussi les noms de places, d’écoles, d’arrêts de bus ou de stations de métro, les statues qui trônent à nos carrefours, les monuments et les plaques qui ornent notre espace public.

Comment expliquer aujourd’hui sans polémique, sans idéologie, notamment aux plus jeunes que certains Français ne se sentent pas honorés dans les traces choisies pour raconter l’histoire nationale ?

Si on en est arrivé là, c’est en partie parce que l’école ne peut pas tout faire. L’école ne fait pas entendre différents points de vue et versions. L’histoire, ce sont aussi des dénis et des injustices. Même si cette histoire fait partie du programme scolaire, il est évident qu’elle continue d’être ignorée de beaucoup, faute d’être correctement enseignée dans nos écoles, suffisamment exposée dans nos musées, et réellement célébrée dans nos villes. L’histoire des tirailleurs sénégalais par exemple fait partie du récit national français. Ce ne sont pas simplement les statues qui sont problématiques. Ce sont les histoires inconnues qui se cachent derrière. Je préfère la mise en contexte, on peut par exemple débaptiser la salle qui porte le nom de Colbert à l’Assemblée nationale, mais garder sa statue et y apposer un texte qui reviendrait sur toutes les facettes de Colbert, et expliquerait son implication dans le Code noir. À Bordeaux, ce travail a déjà commencé, la mairie a apposé des plaques explicatives dans les rues qui portaient des noms d’anciens négriers.

Vous êtes engagée pour la reconnaissance dans l’Histoire des tirailleurs africains. Où en est la France sur ce sujet ?

Il y a une forte méconnaissance de l’histoire coloniale. Et ce n’est pas faute d’avoir des historiens, des chercheurs, des experts qui ont monté des expositions, qui font des émissions, qui ont écrit de nombreux ouvrages. Nous ne sommes pas en manque de contenus. Par contre, on péche sur la visibilité, on devrait avoir plus de reportages dans les journaux télévisés. Récemment, il y a eu une mobilisation autour du massacre de Chasselay près de Lyon et TF1 a fait un reportage de 4 minutes qui a été partagé des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Voilà un exemple concret.

Au niveau de l’administration, est-ce qu’il y a eu des changements dans l’approche des dossiers pour les naturalisations des anciens tirailleurs ?

L’administration a toujours fait son travail en quelque sorte en exigeant des pièces précises nécessaires pour tout dossier de naturalisation. En toute honnêteté, le problème est plutôt politique. En fin de compte, c’est un sujet qui n’était pas connu des politiques. Ils n’ont eu connaissance de la situation de plusieurs tirailleurs sénégalais qu’à l’instant où la pétition que j’ai publiée en 2016 en a parlé. La plupart des acteurs politiques de tous bords que j’avais approchés ont tout de suite répondu à mon appel. On était en pleine campagne pour les élections de 2017. Et certains d’entre eux se sont intéressés au sujet et ont fait part de leur volonté d’aller plus loin s’ils étaient élus. Ils l’ont intégré à leur programme présidentiel. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que le sujet était éminemment politique. C’est un sujet de fond sur lequel on est obligé de statuer parce que ça fait partie de notre histoire.

Vous êtes désormais responsable du Programme citoyenneté, jeunesse et territoires au sein de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Comment fait-on le lien entre la citoyenneté et l’esclavage aujourd’hui ?

Mon rôle est d’organiser des actions concrètes comme des rencontres, des conférences-débats, des expositions, des parcours pédagogiques pour montrer les éléments qui lient cette histoire dans l’éducation populaire. On s’adresse à tous nos territoires, que ce soit à Paris, Bordeaux, l’outre-mer, en Guadeloupe, en Guyane, etc. L’idée est d’aller plus loin que les manuels scolaires. On peut faire de la pédagogie à travers nos manuels scolaires, mais je pense qu’il y a un certain nombre de jeunes qu’on ne touchera pas à travers l’Éducation nationale, mais qu’on atteindra davantage via le milieu de l’éducation populaire.
Quand on dit mémoire de l’esclavage, c’est bien évidemment de raconter toutes les histoires, de transmettre et de valoriser leurs héritages. Aujourd’hui, quand on parle de l’esclavage, on a le sentiment qu’on parle uniquement de la série Racines, alors que ce n’est pas ça. L’objectif est de raconter ce qu’a été l’esclavage en France et ensuite de voir de quelle manière on arrive à vivre ensemble avec cette histoire. Parce que la France est issue de cette histoire. Si on réussit ce pari, on aura, je pense, réussi à apaiser un certain nombre de tensions et expliquer la diversité française telle qu’elle est dans sa réalité. Ce qu’on a du mal encore à faire aujourd’hui.

Est-ce qu’on peut vous qualifier de militante ?

Je baigne dans le milieu associatif depuis mon plus jeune âge grâce à ma mère, qui est arrivée en France en 1974. Elle était très investie dans la vie associative des Mureaux, notamment à travers des actions d’alphabétisation. Mon grand-père, que je n’ai pas connu puisqu’il est décédé en 1978, n’a jamais demandé la nationalité française. Il était resté au Sénégal après la guerre où il exerçait le métier de pompier à la fin de sa carrière. Il n’a jamais voulu venir en France. Par contre, en arrivant à Bondy, je voyais un groupe de messieurs se promener sur les marchés ou les places avec leurs médailles sur leurs vestons. J’ai sympathisé avec eux et découvert les obstacles qu’ils rencontraient pour être naturalisés, alors qu’ils avaient risqué leurs vies sous les drapeaux bleu-blanc-rouge.
Je voulais réparer cette injustice. En fait, mon engagement politique a été la suite logique de mon parcours et je me suis engagée en politique pour plusieurs raisons. La première, c’était les émeutes de 2005, je voulais apporter ma pierre à l’édifice en aidant les habitants des quartiers populaires. Je trouvais aussi que nos institutions manquaient de diversité alors que moi-même, en tant que femme issue de l’immigration, je me sens pleinement française, et je me posais constamment la question de savoir pourquoi on n’a pas des visages qui nous ressemblent dans les institutions.

Vous n’avez pas répondu !

(Rires) Je ne sais pas si je suis une militante, mais j’espère que mon appel sera entendu.  Propos recueillis par Viviane Forson

L’Etat lève 33 milliards FCFA d’obligations du trésor sur le marché financier de l’UMOA

https://www.financialafrik.com L’Etat du Sénégal, à travers son trésor public, a levé ce 24 juillet 2020 sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) un montant de 33 milliards de FCFA (49,500 millions d’euros) au terme de son émission par adjudication d’obligations assimilables du trésor (OAT) de maturité 5 ans.
Les fonds collectés rentrent dans le cadre de la stratégie des autorités sénégalaises de mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales en vue d’assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’Etat. Pour le mois de juillet 2020, les intentions d’émissions de titres publics du gouvernement sénégalais se chiffrent à 65 milliards de FCFA.
Pour l’émission du 24 juillet, l’émetteur a mis en adjudication un montant global de 30 milliards de FCFA et s’est vu proposé par les investisseurs 34,985 milliards de FCFA, soit un taux de couverture du montant mis en adjudication de 116,62%.
Sur le montant des soumissions, l’émetteur en a retenu 33  milliards de FCFA et rejeté les 1,985 milliards de FCFA restants, soit un taux d’absorption de 94,33%.
Le remboursement des titres émis se fera en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 27 juillet 2025. Par contre, le paiement des intérêts interviendra annuellement sur la base d’un taux  de 6% et ce, dès la fin première année.  Albert Savana

Le PIB du Sénégal va baisser de 4.2% en 2020

https://www.pressafrik.com Le PIB du Sénégal va baisser de 4.2% en 2020 par rapport à l’année précédente à cause de la pandémie Covid-19, a estimé, lundi, le Fonds monétaire international (FMI) à travers un communiqué repris par l’Agence Anadolu.
« La pandémie Covid-19 a un impact significatif sur l’activité économique, accentué par les mesures de fermeture des frontières, le couvre-feu et la distanciation sociale. Le taux de croissance du PIB est projeté à 1.1% pour l’année 2020 contre 5.3% en 2019 », a relevé le communiqué dressant les conclusions d’une mission virtuelle de l’institution financière, menée du 2 au 12 juin.
« Ces prévisions reposent sur la maîtrise de l’évolution de la pandémie, la mise en œuvre des mesures de soutien à l’économie et une reprise graduelle de l’activité en cours du second semestre 2020 », fait ressortir le document.

Un déficit budgétaire prévisionnel de 6.1% du PIB en 2020 est aussi projeté par le FMI, fondant sa perspective sur l’impact de la pandémie sur la collecte des recettes et les besoins de dépenses supplémentaires.

Le FMI avait débloqué en avril dernier 442 millions (100% du quota du Sénégal) « au titre de l’instrument de financement rapide (IFR) et de la facilité de crédit rapide (FCR) », pour appuyer l’état du Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre de son plan de riposte.
Un accord entre le Sénégal et le FMI avait été scellé au terme de la mission virtuelle.
« L’équipe du Fmi est parvenue à un accord avec les autorités en ce qui concerne les mesures économiques et financières qui pourraient favoriser l’approbation de la première revue de leur programme sur trois ans au titre de l’instrument de coordination des politiques économiques (ICPE) », a fait savoir le communiqué, annonçant que le conseil d’administration du FMI pourrait examiner cette première revue dans la deuxième moitié de juillet 2020

La SAR à l’arrêt pour défaut de matières premières et situation financière catastrophique

https://www.seneweb.com La SAR à l’arrêt pour défaut de matières premières et situation financière catastrophique
Depuis dimanche dernier, les installations de la Société africaine de raffinage (Sar) ne tournent pas.
Selon L’Observateur, l’entreprise est à l’arrêt pour défaut de matières premières.Il n’y a plus aucune goutte de fuel et de brut dans les barges. En effet, la Sar est dans une situation financière catastrophique au point qu’elle ne peut plus assurer une bonne fourniture de l’électricité.Les banques ne lui assurent plus de crédit en raison de son insolvabilité.
Le Fonds de soutien à l’énergie (FSE) doit environ 25 milliards aux banques qui refusent de rallonger le crédit.Pis, le gap de 50 milliards Fcfa plombe les activités de la SAR.
Un tanker de brut mouille depuis le 6 juillet dernier dans les eaux sénégalaises, mais le débarquement ne peut se faire car la société est dans l’incapacité d’effectuer le paiement qui tourne autour de 46 milliards Fcfa.

MOUSSA BALDE, MINISTRE DE L’AGRICULTURE : ‘’La mangue casamançaise ne doit plus pourrir…’’

http://www.enqueteplus.com Venu présider la rencontre, le ministre de l’Agriculture, Moussa Baldé, est également revenu sur les opportunités de la filière qui vaut déjà au Sénégal pas mal de satisfaction. La filière, selon lui, emploie 25 000 personnes dont une moitié de femmes. Elle génère un chiffre d’affaires de 20 milliards F CFA, dont une bonne partie est distribuée dans les ménages ruraux, propriétaires des vergers auprès desquels s’approvisionnent les exportateurs.
Malgré les chiffres assez reluisants, le ministre estime que la filière peut mieux faire. ‘’Nous pouvons aller au-delà. La demande du marché international est de 1 600 000 t. Et pour avoir vécu en Europe, je sais que la mangue sénégalaise est très prisée sur le marché européen. Nous avons donc une marge très importante à combler. Pour ce faire, il faut une plus grande concertation pour permettre à chacun de faire prospérer son activité’’, a ajouté M. Baldé.
Afin de tirer pleinement profit de ces débouchés, il invite les acteurs à également investir en Casamance. ‘’Le défi, projette-t-il, est aussi de faire en sorte que la mangue casamançaise ne continue pas à pourrir. Il faut aussi travailler dans ce sens. Le Sénégal bénéficie d’un avantage de saison qui n’a pas toujours été bien exploitée’’.

Thérèse Faye Diouf sur l’affaire Ndengler : »prendre 300 hectares dans l’assiette foncière d’une commune et les attribuer à une seule personne, c’est difficile à expliquer»

https://actusen.sn Alors qu’une solution provisoire a été proposée par le ministre de l’intérieur, le litige foncier qui oppose le patron de Sedima Babacar Ngom aux populations de Ndingler continue de faire du bruit. Une affaire qui a fait réagir la directrice de l’Agence nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits (Anpectp) et maire de la commune de Diarrère. Invitée de «Rfm matin», Thérèse Faye Diouf, a invité les conseillers municipaux à plus de responsabilité dans la gestion des ressources foncières, pour que pareille situation ne se reproduise plus.
«L’enseignement le plus important à tirer sur cette histoire, c’est juste cette responsabilité que nous avons en tant que conseillers municipaux de délibérer sur le domaine national. Il est maintenant temps de savoir, quand nous recevons certains bailleurs ou certains hommes d’affaires qui veulent investir dans nos communes, qu’il faut faire une enquête de la façon la plus profonde. Parce qu’une fois que le conseil municipal délibère, cette personne peut, à tout moment, chercher à avoir le bail ou le titre foncier. Et à ce stade-là, je pense que cela devient plus compliqué, si les intérêts de la population ne sont pas pris en charge en amont», a préconisé la Directrice de Anpectp.
Elle n’arrive jusqu’à présent pas à comprendre les 300 hectares alloués au milliardaire Babacar Ngom. «Prendre 300 et quelques hectares dans l’assiette foncière d’une commune et les attribuer à une seule personne, c’est difficile à expliquer. Le monde rural a ses réalités. Aujourd’hui, nous devons tout faire pour être en phase avec la territorialisation des politiques publiques et tout passe par le foncier», souligne Thérèse Faye, qui propose, à cet effet, une «limitation du nombre d’hectares à attribuer», souligne-t-elle.
C’est ainsi qu’elle a insisté sur la sensibilisation envers les conseillers. «Après tout, nous devons protéger nos communautés. Le Sénégal est un pays qui fonctionne à 80 % avec le secteur agricole. Le monde rural a aujourd’hui besoin de ses terres pour survivre. Et ne serait-ce que pour les politiques qui sont en train d’être menées par l’Etat du Sénégal pour moderniser l’agriculture, je pense que nous devons, avant de prendre une quelconque décision, prendre en compte les intérêts de la population», martèle-t-elle.Actusen.sn

Manque d’eau à Keur Massar : les unités 12,15,16 souffrent le martyre

https://www.dakarmatin.com Les populations des unités 12, 13, 16 de la populeuse commune de Keur Massar sont restés 24 h sans qu’aucune goutte du liquide très précieux ne sorte des robinets. Se rabattant au niveau de différentes pompes, les habitants trouvent cette eau insalubre.
Apparemment, le chat noir du régime du président Macky Sall demeure le manque d’eau. Les habitants de Keur Massar n’ont pas vu une seule goutte d’eau couler des robinets depuis mardi. Ce qui devient un calvaire avec la forte canicule. Après donc les habitants des cités Fadia des Parcelles Assainies, c’est au tour des habitants de certains quartiers de Keur Massar. Comme si l’adage voudrait que les populations de ladite cité passent chez le coiffeur. Face à ce manque d’eau, les habitants se rabattent sur les différentes pompes publiques.
Trouvé devant la porte de sa maison, le vieux Simbala Doucouré vit mal cette situation. « C’est vraiment insupportable. Vous imaginez 24 h sans eau à Dakar », déplore le vieil homme montrant son amertume. Quelques pas après, nous rencontrons la dame Bineta Ka accompagnée de deux de ses cousins, chacun tenant 2 bouteilles en plastique de 10 l d’eau. « Depuis la journée du mardi, nous n’avons pas d’eau et c’est toute la cité qui est confrontée à cette situation ». La bonne dame doute cependant de la qualité de l’eau qui pourrait être source de maladies. Notre interlocutrice dit également être allergique à cette eau, même pour un bain. « Je ne me suis pas douchée depuis hier», dit –elle en pouffant de rire devant votre serviteur qui était dans la même situation. Si la dame s’est privée d’une douche, c’est à cause de l’odeur qui se dégage de l’eau. Ce qui ne le rassure pas.
Conséquences de ce manque d’eau, la boulangerie du quartier n’a pas travaillé depuis deux jours. « Il nous faut impérativement de l’eau pour faire du pain. Malheureusement, depuis la journée du mardi, nous n’avons pas d’eau. C’est ce qui explique la fermeture de notre boutique. Le manque à gagner est énorme », déplore le gérant Paul Manga dans les clonnes du journal Le Témoin. Du point de vue sanitaire, il serait difficile de combattre la propagation de la pandémie qui s’est déjà installée sur toute la ville de Dakar. En effet, dans le cadre de la lutte contre la progression de la covid-19, mise en place par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, l’eau demeure l’élément incontournable. De ce fait, si l’eau manque, les risques de contamination vont naturellement monter en puissance. Ceci, surtout dans un contexte de relâchement total qui n’est plus à prouver. Tous les gens rencontrés au niveau des différents quartiers de Keur Massar ont à l’unanimité fustigé ce manque d’eau.

CHEIKH BASS SAVONNE GAGNY SAKHO/«Un peu plus de respect !…Votre façon de procéder n’aide pas celui pour qui vous travaillez…Je vous ai interpellé à 3 reprises et pourtant…»

https://www.dakaractu.com À quelques encablures du Grand magal de Touba, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre s’est montré peu rassuré par rapport à l’efficacité des dispositions prises par le ministère de l’hydraulique et de l’assainissement dans le cadre de la préparation du Grand magal de Touba. Il n’a pas manqué de le dire lors d’une rencontre organisée à la sous-préfecture de Ndame et à laquelle ont pris part députés, maire de la cité, le directeur de l’OFOR et celui de l’ONAS.
Ce dernier n’aura pas d’ailleurs échappé aux foudres de Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre qui l’a accusé de manquer cruellement de respect aux populations et autorités de la cité religieuse.

UN PEU PLUS DE CONSIDÉRATION

Après s’être beaucoup félicité de la diligence du ministre Mansour Faye qui a été d’un concours important dans le processus de délocalisation des fosses hors de la grande mosquée de Touba, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre s’est beaucoup offusqué de ce manque de considération manifesté par le Directeur général de l’ONAS, Lansana Gagny Sakho vis-à-vis de Touba, de ses autorités et de ses populations. Tout est parti d’un programme d’évacuation des eaux usées enclenché par ce dernier dans la cité dans un ésotérisme jugé scandaleux.
Pour le porte-parole du Khalife Général des Mourides, ce comportement est synonyme d’un manque de respect notoire. En direction de celui-ci, il lui dira ce qui suit : « Touba appartient à Serigne Touba. Et tout ce que vous faites pour Serigne Touba, vous le faites pour les populations. Car ce sont ces populations qui en ont besoin. Et le Khalife est celui qui en profite le moins ».
Il poursuit : « Mais, il faut avoir du respect vis-à-vis des populations. Vous ne pouviez pas débarquer dans une ville comme Touba avec un projet aussi important, le démarrer sans prendre langue avec les autorités de cette ville. Personnellement, je ne sais rien de vos projets dans cette ville. Le maire, non plus. C’est moi qui suis chargé d’informer le Khalife de tout ce qui se fait dans cette cité. Et j’ignore tout de ce projet. Quand vous aidez quelqu’un, vous l’informez. Votre méthode de faire n’aide pas celui pour qui vous travaillez. La priorité c’est de démarrer à partir de la grande mosquée et d’évoluer vers la périphérie ».
Et pour davantage prouver que le Dg de l’ ONAS n’en faisait qu’à sa tête, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre rajoutera ce qui suit : « Je l’ai appelé trois fois. Mais il n’a répondu à aucune de mes interpellations. Je tiens à ce que tout le monde ici le sache. Cela fait 10 jours, il a promis de me revenir. Je ne l’ai pas entendu. C’est un ami. Mais quand il s’agit d’être au service de Serigne Touba, je ne fais point de concession »
Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre de déplorer ce phénomène des inondations qui fait de Touba une ville spécialement débordée. Il rappellera le projet d’investissement de 20 milliards promis par l’État du Sénégal non sans comprendre le retard qui peut être accusé à cause de la pandémie du nouveau coronavirus.

La Banque Agricole lance le 4ème Programme Readiness du Fonds Vert Climat

https://www.lejecos.com La Banque Agricole a procédé hier, au lancement officiel du 4ème Programme Readiness du Fonds Vert Climat pour le Sénégal. Selon Malick Ndiaye, directeur général de ladite banque, ce programme entre en droite ligne du plan de transformation structurelle « SYNERGIE 2022 » de la Banque qui vise entre autres, le renforcement des ressources de l’institution à travers notamment l’accès à des lignes de financement concessionnelles et adaptées en vue d’accroitre ses interventions en termes de financement Vert.
Le Sénégal poursuit ses efforts consentis dans le cadre du financement vert. En effet, le directeur général de La Banque Agricole a lancé, hier, le 4ème Programme Readiness du Fonds Vert Climat pour le Sénégal. En présence du directeur de cabinet du ministre de l’environnement et du développement durable, des autorités des secteurs public et privé nationaux, et des partenaires au développement, Malick Ndiaye a indiqué que ce programme entre en droite ligne du plan de transformation structurelle « SYNERGIE 2022 » de la Banque qui vise, entre autres, le renforcement des ressources de l’institution à travers notamment l’accès à des lignes de financement concessionnelles et adaptées en vue d’accroitre ses interventions en termes de financement vert en faveur du secteur privé et des producteurs ruraux.
En fait, explique-t-il, en raison de notre spécificité de banque commerciale spécialisée dans le financement des chaines de valeur agricoles au Sénégal, l’intégration des dynamiques environnementales et climatiques des facteurs de production dans notre stratégie de financement est une nécessité afin d’assurer la pérennité de nos activités face aux défis de l’heure en lien avec le dérèglement climatique.
« L’accès au Fonds vert climat sera de nature à renforcer les ressources à maturité longue de la banque et à offrir au Sénégal la possibilité de disposer d’une seconde entité accréditée capable de porter l’investissement privé sur le climat », confie M. Ndiaye. Qui ajoute qu’« en prélude à l’accréditation de votre banque au Gcf que nous espérons pour bientôt , le second Programme de Préparation (Readiness 2.0) vient à son heure ».
Car, soutien-t-il, en notre qualité d’entité d’exécution du Readiness 2.0, ce programme constitue une première entrée en relation avec le Gcf en attendant la finalisation du processus d’accréditation. En outre, « le Readiness offre aux parties prenantes, notamment les acteurs locaux et en particulier du secteur privé l’opportunité de renforcer leurs capacités pour la préparation de projets structurant qui seront soumis au guichet de La Banque Agricole en temps opportun ».
Enfin, Malick Ndiaye fait savoir qu’aujourd’hui plus que jamais, La Banque Agricole à travers son réseau dense d’une quarantaine d’agences établies à travers tout le territoire national « vous marque son entière disponibilité à travailler à la préparation d’un pipeline de projets à haute valeur environnementale et climatique et à la mise en place de mécanismes financiers capables de vous accompagner dans vos besoins d’investissements ».Bassirou MBAYE

Thiès : Des Boutiquiers En Grève Pour Protester Contre Le Paiement De La Patente

http://www.walf-groupe.com Des boutiquiers détaillants ont baissé les rideaux à Thiès (ouest), ce vendredi, pour protester contre le paiement de patentes exigé par les autorités municipales, au moment où ils se disent ‘’durement impactés par la covid-19’’
Le mouvement d’humeur à l’appel de l’Association des boutiquiers détaillants du Sénégal (ABDS), a été suivi au moins par une centaine de boutiques de la zone Nord, a dit Gora Ndiaye, membre de ladite structure.
Les boutiquiers détaillants demandent aux autorités de leur accorder une ‘’dérogation’’ sur les taxes et impôts, à l’image des facilités dont elles ont fait bénéficier, selon eux, les grandes entreprises du pays.
Selon Aliou Bâ, adjoint au coordonnateur de l’ABDS, les boutiquiers ont été ‘’durement impactés’’ par la pandémie, avec ‘’des chiffres d’affaires qui ont chuté tandis que leurs charges fixes restent constantes’’.
Mamadou Amadou Dème, coordonnateur de l’ABDS a déploré l’arrestation de certains de leurs membres au moment où, selon lui, une demande de dérogation a été introduite depuis la semaine dernière.

M. Dème note que les boutiquiers détaillants subissaient déjà la concurrence de grossistes pratiquant ‘’impunément’’ les mêmes prix qu’eux.

Le couvre-feu visant à limiter la propagation de la pandémie, est venu s’ajouter à leur situation déjà difficile, les empêchant de travailler la nuit.
Aussi, ajoute-t-il, la distribution par le gouvernement de kits alimentaires aux ménages démunis affecte l’activité des boutiquiers, qui ne peuvent plus écouler les denrées faisant partie de l’aide alimentaire d’urgence. Il s’agit notamment de l’huile, du riz et des pâtes alimentaires.
Relevant que les agents de recouvrement sont toujours sur le terrain, M. Dème déplore la méthode forte qu’ils utilisent, allant jusqu’à cadenasser leur point de vente, en cas de défaut de paiement de la patente.

Hausse du tarif des forfaits : Orange Sénégal s’explique

https://www.pressafrik.com Orange Sénégal s’est expliqué dans un communiqué, après quelques jours de polémique née de sa décision d’augmenter ses tarifs. Si l’on en croit à l’opérateur, tout a été fait au bénéfice du consommateur.
« Les principales nouveautés portent sur les 2 nouveaux illimix semaine qui ont été pensés pour satisfaire les besoins de chaque profil de client et sur les avantages « internet nuit » offerts dans les illimix mois pour encore plus d’abondance au bénéfice des clients », souligne le communiqué.
Selon l’opérateur, 8 internautes sur 10 au Sénégal utilisent internet via le mobile. C’est pour donc satisfaire les besoins exprimés en connexion que les ajustements ont été faits. « Nous avons ressenti leur demande d’être toujours plus connectés à Dakar, dans les régions, dans les villages ».
A côté de Internet, il y a aussi la voix à laquelle restent attachés les Sénégalais, d’après l’opérateur, en ce sens qu’il est un ‘’lien culturellement très important’’.  Ce qui justifierait en partie ces nouvelles tarifications
Et comme pour refuser toute idée de hausse des tarifs, l’opérateur dominant affirme qu’il y a une baisse progressive des prix depuis des années. « En 4 ans, les prix de l’Internet Mobile ont baissé en moyenne de 70% et ceux de l’internet fixe de 83% et le Sénégal a aujourd’hui des tarifs Internet parmi les plus bas d’Afrique », soutient Orange qui revendique également un investissement qui a permis à ses clients d’avoir accès à la 4G avec un réseau de qualité.
L’opérateur est également revenu, à travers le communiqué, sur toutes les initiatives destinées à accompagner l’Etat dans ce contexte de Covid-19. Notamment l’accès aux ressources numériques pour les élèves et étudiants,ainsi que la connexion au site du ministère de la Santé.Salif SAKHANOKHO

Téléphonie mobile : Sonatel Orange annonce de nouvelles offres «Illimix»

https://www.lejecos.com L’opérateur de téléphonie mobile, Sonatel Orange annonce six nouvelles offres « illimix » pour permettre aux utilisateurs d’être mieux connectés. «Les 3 mois qui viennent de s’écouler ont accéléré la digitalisation de l’économie sénégalaise : nos clients ont fait montre d’une extraordinaire capacité de résilience et de créativité pour faire face à la crise sanitaire en utilisant avec ingéniosité les outils digitaux dont ils disposent. Nous avons ressenti leur demande d’être toujours plus connectés à Dakar, dans les régions, dans les villages », lit-on dans un communiqué de presse.
Selon l’opérateur, aujourd’hui 8 internautes sur 10 au Sénégal utilisent internet via leur mobile. Pour autant, il estime que  la voix est aussi un lien culturellement très important pour eux. «Et comme toujours, la qualité du réseau reste un essentiel pour eux. C’est pourquoi nous avons souhaité répondre à cette demande en repensant nos illimix, ces offres qui permettent de disposer de façon économique à la fois de l’abondance de la connexion, et de la voix, avec une qualité de service toujours conforme à leurs attentes », explique le groupe Sonatel. C’est dans ce cadre que la gamme des illimix fait peau neuve avec six (6) nouvelles offres.
Il s’agit de Illimix jour 500F avec plus d’abondance internet : 300 Mo au lieu de 200Mo. Il y a égalment 2 nouveaux Illimix semaines (valables 7 jours) : Illimix semaine 1300F Appels+ avec 200mn d’appels tous réseaux et Illimix semaine 1300F Internet+ avec 2,5Go internet.
En plus, l’opérateur innove avec deux nouveaux illimix mois avec plus d’abondance internet : Illimix Mois 4500F (valables 30 jours) avec 10Go dont 5Go d’avantage nuit offert et Illimix mois 7500F (valables 30 jours)avec 23Go dont 15Go d’avantage nuit. On note aussi Illimix mois 14900F avec plus d’abondance internet avec 50Go dont 30 Go d’avantage nuit offert et un nouveau illimix mois 8900F spécifique aux clients Jamono Pro avec 25Go dont 15Go d’avantage nuit offert.
«Les principales nouveautés portent sur les 2 nouveaux illimix semaine qui ont été pensés pour satisfaire les besoins de chaque profil de client et sur les avantages « internet nuit » offerts dans les illimix mois pour encore plus d’abondance au bénéfice des clients », précise-t-on.
De nouveaux forfaits Mixel ont été également introduits pour les clients Kirène avec Orange pour apporter plus d’abondance et une meilleure maîtrise de leur budget.Adou FAYE

Riposte au Covid-19 : Sonatel renforce son soutien au plan de résilience de l’Etat

https://www.lejecos.com Le groupe Sonatel a décidé de renforcer son soutien au plan de résilience de l’Etat face au Covid-19. « En accord avec l’Artp, la gratuité des Pass Edu va être prolongée pour sécuriser le télé-enseignement. Les Pass Edu donnent un forfait mensuel d’un (1) Go avec des contenus éducatifs de standard international.
Nous avons également ajouté la chaîne Télé-école du ministère de l’Education nationale dans le bouquet silver de la Télé Orange (Tvo). Il s’agit d’un bouquet gratuit », lit-on dans un communiqué de presse.
En outre, ajoute le document, grâce à un partenariat avec Sonatel Orange qui a mis à sa disposition des forfaits sur mesure à un tarif très réduit, L’Etat du Sénégal connecte gratuitement 120.000 étudiants et enseignants du supérieur pour leur faciliter l’accès aux ressources pédagogiques mises en ligne dans les différentes plateformes des établissements d’enseignements supérieurs.
«Sonatel continue à être engagée dans la lutte contre la pandémie en étant maintenant son support aux autorités sanitaires et en étant un acteur responsable. D’ailleurs, un forfait 1GO mensuel (renouvelable à souhait), dénommé Pass Msas est offert à tous les abonnés pour consulter le site du Ministère de la Santé et de l’Action sociale », ajoute la même source.
Sonatel soutient maintenir également son effort d’investissement et continue à diffuser la Fibre dans les régions du Sénégal avec l’ouverture effective du service à Saly et Thies et bientôt à Saint Louis.Adou FAYE

Data center de Diamniadio : L’Adie émet la sou­veraineté numérique 

https://www.lequotidien.sn Faire de Diamniadio le cœur de l’Administration, telle est la volonté de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie). La structure que dirige Cheikh Bakhoum est en train de réaliser dans la ville de l’émergence un data center qui ambitionne d’héberger les données de l’Administration publique aussi bien que celles du secteur privé. «Cette infrastructure que nous allons livrer dans moins d’un mois va permettre à notre pays de franchir le cap de la souveraineté numérique et de pouvoir héberger l’ensemble de ses données du côté de l’Administration mais également une ouverture pour le secteur privé qui peut également bénéficier de cet espace (…) d’ici quelques années, toutes les administrations pourront voir leurs données hébergées au niveau de ce data center», a fait savoir jeudi M. Bakhoum après une visite guidée de l’infrastructure située à côté de l’université du futur africain. Le directeur de l’Adie a fait savoir que le data center de type Tiers 3 est d’une capacité d’hébergement de 500 mètres carrés. «Nous voulons que l’Administration évite d’aménager de petits espaces dans les bâtiments administratifs qui ne répondent pas forcément aux normes. Qu’ils puissent vraiment venir dans un data center exclusivement dédié à l’hébergement des données avec des normes respectées sur tous les points», a exhorté le directeur de l’Adie convaincu que l’infrastructure va positionner le Sénégal comme hub digital dans le continent. «C’est un atout majeur d’avoir une infrastructure pareille qui peut accueillir les plus grandes entreprises de ce monde. C’est cela notre ambition au-delà du fait que nous voulons couvrir toute l’Administration», a-t-il expliqué à ce sujet.
Le data center de Diamniadio s’inscrit dans le cadre du projet Smart Sénégal d’un montant global de 150 millions dollars, soit 84 milliards 488 millions francs Cfa, d’après M. Bakhoum. Save city avec le déploiement de caméras dans les grandes villes, Smart éducation visant à accompagner les universités et autres établissements d’enseignement ; maison du citoyen à installer dans les 45 départements avec pour chacune un guichet unique pour rapprocher les citoyens de leur Administration sont entre autres les autres composantes du projet Smart Sénégal qui ambitionne, selon M. Bakhoum, d’ouvrir pour le pays une nouvelle ère pour le digital.

François Babacar Touré,SG SYNTES : «Certains employés des universités ont 20 contrats»

https://www.seneweb.com Le  Syndicat des Travailleurs de l’Enseignement supérieur (SYNTES) a procédé vendredi à l’installation de la  section SYNTES  de l’UCAD et du secrétaire général de l’union régionale des sections de Dakar. La même occasion a été saisie par le syndicat pour dénoncer le retard sur les embauchements d’une centaine catégorie de travailleurs des universités du Sénégal.
« Nous faisons face aujourd’hui à une situation assez complexe. En 2017, nous avons signé un protocole d’accord avec le ministère de l’Enseignement supérieur concernant le projet de révision du statut du Personnel  Admiratif  Technique et de  Service   (PATS). Le projet a été travaillé de concert avec les techniciens du ministère de l’Enseignement supérieur. Ce projet devait être proposé au président de la République depuis 2018. Malheureusement, deux ans après, le décret n’est toujours pas signé », a dénoncé le SG du SYNTES François Babacar Touré.
Selon lui,  le décret sur les PATS, statue sur toutes les fonctions, et le décret qu’ils dénoncent, datent de 20 ans alors qu’il y a des corps de métiers qui se sont introduits dans l’espace universitaire.
L’autre chose,  explique le SG du SYNTES, c’est que  les universités du Sénégal ont  des centaines de contractuels. « Certains  ont 7 contrats, d’autres 15, d’autres 20. Alors que le code du travail stipule que lorsque vous avez deux contrats à durée indéterminée, le troisième devient automatiquement un embauchement. Mais malheureusement, cette disposition du code du travail n’a pas été respectée par les employeurs des universités. Cela accentue la précarité du travailleur. »
Pour ce qui est de la cérémonie d’installation, Touré renseigne qu’il s’agit de : « Mame Samba Ba qui sera promu SG du SYNTES à l’UCAD et de Ousmane Sarr qui sera promu SG de l’union régionale du SYNTES de Dakar. C’est des déroulements habituels au niveau des organisations syndicales.  Aujourd’hui, nous avons plusieurs sections. On compte une section au Coud, au rectorat de Saint Louis, au centre des œuvres de Saint-Louis, au centre des œuvres de Ziguinchor, de Bambey, à l’Ism, à l’université Amadou Hampaté Ba, UVS et l’université Sine Saloum de Kaolack. »

ÉDUCATION NATIONALE : Le G20 disqualifie Mamadou Talla et menace

http://www.sudonline.sn/ «Errements, hésitations, mimétismes, incohérences pédagogiques et stratégiques … », sont entre autres les adjectifs forts utilisés par le G20 des syndicats de l’enseignement lors d’une conférence de presse tenue hier, vendredi, pour qualifier les décisions du ministre de l’Education nationale. Ainsi, Mamadou Mbaye Tamba, nouveau coordonnateur dudit groupe, a laissé entendre que le choix pédagogique «Apprendre à la maison» indiqué par M. Talla est «théâtral » et « assez inadéquat » pour le système éducatif Sénégalais. Mieux poursuit-il, «cette initiative est un vide d’esprit du ministre de l’Education» car, «tout le monde sait que les élèves n’ont pas appris. Donc il n’est pas question de parler de consolidation, s’il n’y a pas eu d’acquisition». Le G20 s’est aussi indigné des multiples rétropédalages du ministère de l’Education, «qui n’a fait qu’empirer une situation déjà complexe», tout en indexant par la même occasion « un ministre versatile, qui change de décision d’une seconde à l’autre »
«Entre ses mains, l’avenir de notre éducation est en danger», a déclaré le G20 à l’adresse du ministre de l’Education, lors d’une conférence de presse qu’il a organisée à la date d’hier, vendredi. Pour les syndicalistes du G 20, il est temps de rompre avec le silence et de dénoncer la «navigation à vue» du ministère de l’Education nationale qui a donné lieu «à beaucoup d’hésitations, d’errements, d’incohérences pédagogiques et stratégiques», dont «le gouvernement sera le seul à assumer les conséquences».
Et parmi les dysfonctionnements énumérés qui, selon le G20, « ont profondément obscurci le système éducatif sénégalais», le nouveau coordonnateur du G20, Mamadou Mbaye Tamba, a fait savoir que «le choix pédagogique «Apprendre à la maison» en lieu et place des rattrapages pour compenser la reprise tardive des enseignements et apprentissages, est un vide d’esprit du ministre de l’Education nationale ».
Pour expliquer une telle position, le syndicat renseigne que « les choix et mesures précitées n’ont pas tenu compte, malgré les interpellations des différentes organisations syndicales, des limites numériques, de l’iniquité, de la discrimination et de la grave entrave à la Constitution, à la Loi d’orientation, aux textes et règlements sur l’égalité des chances de tous les fils et filles de notre cher Sénégal. Les victimes étant les élèves de zones à faible taux ou absence de couverture numérique et télévisuelle et/ou très pluvieuses».
Ainsi, jugeant de ce fait la méthodologie d’apprentissage «Apprendre à la maison» complètement en «déphasage et aux antipodes» avec les réalités sénégalaises, le syndicaliste accuse le ministère de l’Education d’avoir empiré une situation déjà complexe par ses «hésitations et errements» répétés. «Le report de la reprise nous a fait perdre trois précieuses semaines», at-il affirmé.
Or, poursuit M. Tamba «le G20 avait proposé le 14 avril, une reprise conditionnée des enseignements apprentissages en deux étapes : la première pour les classes d’examens et la seconde à partir des mois de septembre/octobre à fin novembre 2020». Non sans préciser que «ces propositions étaient conditionnées par la mise en œuvre d’un protocole dans le strict respect des mesures barrières, notamment l’éclatement des classes en groupes réduits de 20, l’existence de sanitaires fonctionnels, la mise à disposition de thermo flashs, de produits désinfectants, de masques et gants pour les élèves, les enseignants et autres personnels des établissements scolaires».
Mais sans autre forme d’analyse, explique M. Tamba, le ministre de l’Education nationale de manière «précipitée et unilatérale, a choisi tout d’abord la date du 02 juin qui s’est soldée par un échec chaotique, nous faisant perdre ainsi 03 semaines précieuses». Résultat, selon le G20, «le copier/coller» sur la France qui a caractérisé les décisions sur le fonctionnement de notre école dans ce contexte lié à cette pandémie, ont été des attitudes regrettables que nous ne cesserons de dénoncer».

PAS DE COMPROMIS SUR LE MODE DE CORRECTION AUX EXAMENS

«L’enseignement est une cohérence, un programme…», a rappelé le G20 pour dénoncer dans les décisions un pilotage unilatéral du ministre de l’Education nationale allant à l’encontre des fondamentaux de l’éducation. «Lorsqu’ils ont voulu reprendre les cours, ils n’ont pas tenu compte de la caractéristique fondamentale du protocole pédagogique», a renseigné le G20. Et de poursuivre : «Est-ce que théoriquement en 01 mois, on peut rattraper 20 chapitres en histoire géographie? La réponse est non. Et lorsqu’ils se sont rendus compte de cela, ils ont largué des chapitres…». Un acte, selon le G20, qui aura de sérieuses conséquences sur le niveau des candidats et sur les résultats des examens. «Ces chapitres largués auront des conséquences sur le niveau des élèves.
Raison pour laquelle la pertinence de la proposition du G20 s’impose», a-t-il affirmé. Par ailleurs, il n’y aura aucun allègement en ce qui concerne le mode de correction des copies d’examens. «De toute façon, nous connaissons le sens d’engagement et de responsabilité des enseignements. Et quelles que soient les épreuves, les copies seront corrigées comme cela se doit et il n’y aura pas de compromis» a rassuré le G20. Non sans avertir que «nous tenons et nous alertons que s’il y a des résultats catastrophiques, c’est de la responsabilité du ministère de l’Education nationale. Le mode de correction restera le mode correction».
En outre, Le G 20 a tenu à rappeler que la situation est plus qu’alarmante pour ces candidats aux différents examens qui doivent faire face à différentes épreuves sans des séances de révisions qui sont d’une importance plus que capitale. Aussi, vu le nombre insuffisant de professeurs en philosophie, des sociologues ont pris la craie pour enseigner une discipline qui n’est pas forcément la sienne. Tel est le cas au Lycée Ahmadou Seck de Thiès, témoigne Gabriel Faye, professeur de philosophie dans ledit lycée. Sans oublier l’hivernage qui n’est pas pour faciliter la tâche pour les potaches.

 LE G20 MENACE DE DETERRER LA HACHE DE GUERRE !

En dépit de ce contexte pandémique, le groupe syndical du G20 a jugé utile si l’État continue de s’enfermer dans son «mutisme habituel» par rapport aux revendications, «de déterrer la hache de guerre», pour mettre fin à une « récréation malsaine qui a donné lieu au bafouement de plusieurs accords par le gouvernement». Pour y remédier, le G20 exige «le respect intégral du protocole du 17 février 2014 à travers la diligence du paiement et la résorption du gap des rappels dus aux enseignants (validation, intégration, avancement, reclassement, etc.) ; le paiement des rappels aux 2/3 sur la validation pour les fonctionnaires, l’arrêt de la surimposition sur les revenus des enseignants ; la fin des lenteurs administratives, le respect des engagements sur la question de l’habitat par la délivrance des attestations collectives à Dakar-Ziguinchor et la viabilisation des parcelles de l’intérieur pour le G10 et l’octroi des parcelles dans les régions de Saint-Louis, Diourbel, Kaolack et Ziguinchor au G8».
Et de poursuivre dans le même registre des revendications, «le dégel du prêt DMC; l’ouverture de négociations inclusives sur le système de rémunération des agents de la fonction publique ; le reversement des MEPS dans le corps des PCEMSG la mise à disposition de manuels scolaires en langue arabe et en Éducation religieuse, l’éradication des abris provisoires ; le respect des principes de la gestion démocratique des personnels enseignants ; l’évaluation du curriculum de l’école de base».
Le G20 n’en exige moins aussi «l’ouverture de négociations inclusives sur les questions nouvelles sur : l’âge de la retraite à 65 ans (en optionnelle ou non); les propositions de passages des élèves des classes intermédiaires de l’élémentaire et du Moyen- secondaire, de l’Enseignement technique et la formation professionnelle ; le budget de l’éducation préscolaire, qui n’a jamais dépassé 1% du budget de l’éducation à élever au moins à 5% pour aider fortement à universaliser les conditions d’accès à la petite enfance et à l’éducation préscolaire, le taux de préscolarisation se situe aujourd’hui à 17%».
Et de rappeler enfin à l’attention du ministère de l’Education que «le préavis de grève du G20 est toujours de vigueur, et donc rien ne s’oppose, si l’État ignore nos préoccupations, nos exigences, celles des enseignants et de l’école, que nous déterrions très bientôt la hache de guerre pour faire entendre le cri de désarroi et de désolation des enseignants, ces formateurs de la conscience citoyenne et patriotique ».

5 décès supplémentaires, 130 nouvelles contaminations et 53 en réanimation

Le ministère de la Santé et de l’Action Sociale a fait le point sur la situation de la pandémie de la Covid-19, ce samedi 25 juillet 2020…Sur 1315 tests effectués, 130 sont revenus positifs, soit un taux de positivité de 9,89%. Il s’agit de 105 contacts suivis dans les centres de traitement et 25 issus de la transmission communautaire repartis comme suit :
Kaolack (3), Keur Massar (3), Mbao (3), Mbour (3), Kédougou (2), Saint louis (2), Bounkiline (1), Dakar Plateau (1), Guédiawaye (1), Kolda (1), MadIna (1), Pikine (1), Rufisque (1), Sédhiou (1), et Touba (1).
Le Directeur de la prévention Docteur Mamadou Ndiaye a annoncé la guérison de 73 patients qui étaient sous traitement, 53 cas graves admis en réanimation et 5 nouveaux décès liés à la Covid-19.
A ce jour, le Sénégal compte 9552 cas confirmés, dont 6364 guéris, 187 décédés, et donc 3000 malades sous traitement.

TABASKI : Diouf Sarr contre les déplacements

Libération Sénégal online À Thiès, hier, pour inaugurer le nouveau centre devant faire les tests liés à la Covid-19, le ministre de la Santé et de l’Action Sociale s’est prononcé sur la Tabaski. Il a invité «chacun à rester là où il est pour célébrer la fête». Pour Abdoulaye Diouf Sarr, la Tabaski ne doit pas être un facteur de propagation de la maladie du coronavirus. « Chaque Sénégalais et chaque Sénégalaise doit se dire que le véritable vecteur de ce combat, la véritable arme de guerre contre Covid-19, c’est d’abord moi-même», a-t-il ajouté

COVID 19 -COMPLEXITÉ DU MARCHE PHARMACEUTIQUE INTERNATIONAL : La directrice de la Pna appelle à un changement de paradigme

http://www.sudonline.sn/C’est l’un des motifs de casse-tête du gouvernement. La pandémie du nouveau coronavirus a poussé beaucoup de pays, notamment la France à limiter toutes opérations d’exportations de médicaments. Une situation qui explique une avalanche de rupture de stocks de médicaments dans les pharmacies. Pour y faire face, la directrice de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna), Dr Annette Seck Ndiaye, a invité les différents acteurs du milieu à « un changement de paradigme » car rappelle la blouse blanche, « Les pays producteurs se servent d’abord avant de servir les autres »
Les étagères de nos pharmacies se vident peu à peu. « C’est en rupture de stock » devient un refrain qu’on entend en boucle. Et pour mieux encadrer une situation qui empire, la directrice de la Pharmacie nationale de l’approvisionnement (Pna), Dr Seck recommande un changement « de paradigme pour améliorer l’accès à des médicaments essentiels de qualité pour nos populations! ». En effet, explique la blouse blanche, « la demande de plus en plus importante de médicaments particulièrement dans le contexte sanitaire actuel marqué par la pandémie à Coronavirus Covid-19 ainsi que la complexité du marché pharmaceutique international doivent amener tous les acteurs de la santé à se réajuster et à s’inscrire dans une dynamique de gestion rationnelle des produits de santé ».
Révélant dans la même foulée que « tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement privé comme public sont impactés par la pandémie et cela dans tous les pays. Les pénuries de médicaments sont mondiales. Les incertitudes dans l’approvisionnement sont de plus en plus importantes. Inutile de chercher de midi à quatorze heures, l’industrie pharmaceutique n’a pas été épargnée par la pandémie et les gros importateurs comme notre pays payent le plus fort tribut des restrictions liées à une offre bien en deçà de la demande. Les pays producteurs se servent d’abord avant de servir les autres bien entendu ».
Ainsi la patronne de la Pna indique que son message « s’adresse donc particulièrement aux prescripteurs car l’heure est venue de changer de paradigme en matière de prescription pour améliorer la qualité de la prise en charge thérapeutique des populations ». Et ce changement selon elle consiste à « d’une part, commencer par prescrire les médicaments sous la forme de leur dénomination commune internationale (DCI), d’autre part, utiliser de manière optimale les équivalences thérapeutiques ».
Non sans oublier de préciser qu’il n’est plus convenable qu’en 2020, « les populations continuent de faire le tour des officines de pharmacie à la recherche de spécialités pendant que le produit existe sous sa forme DCI dans les officines et /ou dans les postes ou centres de santé ». Par conséquent, selon Dr Ndiaye, « prescrire en DCI, c’est faciliter la tâche au pharmacien qui s’évertue à proposer un produit de substitution tout en restant dans l’orthodoxie en la matière ».
Et de reconnaitre qu’il reste difficile « de convaincre des populations pas suffisamment préparées à cet exercice ». Pour illustrer ses propos, elle fait savoir que « le paracétamol et la morphine sont des DCI tout comme le phénobarbital commercialisé sous le nom de Gardenal est une DCI », donc poursuit-elle, « il faut éviter de créer la panique et la confusion dans l’esprit des populations. Nous devons les aider à trouver le bon produit au bon endroit et éviter de les amener à recourir au marché informel et à les exposer ainsi aux risques liés aux médicaments contrefaits qui s’y trouvent… ».
En somme, « si nous voulons soulager nos populations qui supportent encore en grande partie le lourd fardeau des dépenses de santé, il est grand temps que nous nous affranchissions des stratégies commerciales des firmes pharmaceutiques qui, dans leurs éternelles guerres de positionnement, n’hésitent pas à faire subtilement la promotion de leurs produits en annonçant tambour battant leur rupture sur le marché », explique Dr Annette Seck Ndiaye.
Et d’ajouter : « n’ayons pas de scrupules, développons le marché des génériques de qualité, les pays qui ont obtenu leur souveraineté en matière de médicaments l’ont obtenue parce qu’ils ont osé devenir des « génériqueurs » ». Une stratégie qui doit, selon elle, contribuer à la promotion ainsi qu’au renforcement de l’industrie pharmaceutique locale pour nous dresser en bouclier contre les monopoles

Etude sur les médias : les Dakarois passent près de 4 heures par jour devant la télé

http://lesoleil.sn Le groupe français Médiamétrie, spécialisé dans les études sur les audiences des médias, a publié, en février dernier, une enquête concernant le Sénégal. L’étude décortique l’audience de la télévision, de la radio et les usages de l’Internet à Dakar. Médiamétrie et son partenaire Omedia l’ont conduite dans les quatre communes qui composent ce qu’ils appellent le Grand Dakar, durant le deuxième semestre de 2019.
Entre le 29 septembre et le 2 décembre 2019, plus de 8 habitants sur 10 (81,3%) de Dakar ont regardé la télévision chaque jour, du lundi au dimanche. «Ils y ont consacré en moyenne 3 h 55 minutes quotidiennement. Sur cette période, les chaînes de télévision sénégalaises ont réalisé une part d’audience de 51,3%», lit-on dans le texte publié par la société française Médiamétrie et dont une copie nous est parvenue. À ce propos, la chaîne privée Tfm rassemble le plus grand nombre de téléspectateurs au quotidien, suivie de Novelas Tv (spécialisée dans les séries) et de Sen Tv, une autre chaîne privée.
En ce qui concerne la radio, sur la même période, plus des deux tiers des personnes interrogées (66,1%) ont écouté chacun ce médium en moyenne 3 h 46 minutes par jour, du lundi au vendredi. «Les stations Zik Fm et Rfm sont les plus écoutées au Sénégal, représentant à elles seules près des trois quarts de l’audience de la radio (72,6%), devant Sud Fm, Lampe Fall Fm et Rfi», souligne l’enquête.

80,9%, DES PERSONNES POSSÈDENT UN SMARTPHONE

Dans le domaine de l’Internet, Médiamétrie et Omedia se sont penchées sur l’équipement technologique individuel des habitants de la capitale. L’étude a montré que plus de 8 personnes sur 10, soit 80,9%, possèdent un smartphone. Par ailleurs, durant la période concernée, 70,8% des personnes interrogées ont consulté Internet chaque jour, soit un peu plus de 11 points de plus qu’en 2018. «Les usages des réseaux sociaux augmentent également : 66% des individus sont inscrits sur au moins un réseau social, en hausse de 3,1 points par rapport à 2018. Facebook arrive toujours en tête, suivi de Google+, Instagram et Twitter», annoncent les enquêteurs.
Rappelons que Médiamétrie et Omedia ont réalisé cette étude auprès de 1447 personnes de 15 ans et plus, représentatives de la population vivant à Dakar. La méthodologie a consisté en des interviews face-à-face en 3 vagues de 16 jours chacune, entre le 29 septembre et le 2 décembre 2019. «Médiamétrie a apporté son expertise pour la méthodologie d’enquêtes, les redressements statistiques, la production des résultats et leur mise à disposition au moyen de ses logiciels d’analyse et de consultation», soulignent les enquêteurs. La structure française, en plus du Sénégal, mène également des études d’audience en Côte d’Ivoire et au Cameroun. Cette société, créée en 1985, développe ses activités en France et à l’international sur la télévision, la radio, Internet, le cinéma et le cross-médias. Ses activités semblent florissantes car elle avait réalisé un chiffre d’affaires de 102,7 millions d’euros en 2018.Modou Mamoune FAYE

Présidentielle 2024 : Wilane Persiste et signe,le PS aura un candidat

https://www.dakarmatin.com Abdoulaye Wilane ne change pas de position sur les ambitions du Parti socialiste d’avoir un candidat en 2024. Estomaqué sûrement par les réactions après sa dernière sortie sur le sujet, le porte-parole du Ps est revenu hier à la charge.
«L’ambition n’est-elle pas le moteur de la vie ?»,s’interroge-t-il sur sa page facebook.«Si oui,tout parti sérieux à le devoir de se projeter pour le futur à fortiori un grand parti comme le Ps qui s’est toujours illustré par des organes très structurés et des militants très bien formés. Il coule donc de source que nous, militants engagés, avons bien intégré les données perspectives du Ps. Bien que l’encrage du Ps au sein de la coalition Benno bokk yaakaar ne souffre d’aucune contestation, nous avons le droit et le de-voir de dire que le Ps aura bien un candidat à la présidentielle de 2024», affirme Abdoulaye Wilane.
«Donc pour ceux qui s’agitent après la sortie de l’honorable député et Maire de Kaffrine et par ailleurs porte-parole du Ps, je dirai qu’ils n’ont rien compris ou bien ils sont tout bonnement des opportunités qui ne sont même pas méthodiques. Parce que simplement obnubilés par leurs propres intérêts . Vive le Ps,vive le responsable digne !!!», conclut le député maire de Kaffrine.
Georges NESTA DIOP

Médiation au Mali : Alioune Tine donne les raisons de son voyage avec Macky Sall

https://www.beut7.com Le chef de l’État, Macky Sall, avait voyagé avec Cheikh Tidiane Gadio et Alioune Tine au Mali pour faire une médiation. L’ancien président de la Raddho explique pourquoi il était dans la délégation présidentielle. «Je suis expert indépendant des Nations-Unies au Mali. Je travaille au Mali et je connais bien la situation. Et, en tant que tel, je dois travailler avec les chefs d’État du G5 Sahel et ceux de la Cedeao sur les crises qu’il y a au Mali. Donc, ma présence se justifie de façon tout à fait naturelle, dans le cadre du mandat que j’exerce…», déclare-t-il dans Les Échos. L’ex-président d’Amnesty International en Afrique de l’Ouest et du Centre précise avoir collaboré sérieusement sur ce dossier avec Macky Sall dont, dit-il, le leadership a été reconnu sur place par tous les acteurs de la crise malienne. «Je fais de l’alerte au niveau du président de la République depuis longtemps. Effectivement, j’ai travaillé avec lui. Je pense qu’on a travaillé de façon extrêmement minutieuse. La préparation a été faite au Sénégal et sur place (au Mali) aussi le travail a été fait», justifie le patron d’Afrika Jom Center.

Crise au Mali : Le Crd prend position et “disqualifie” Macky

https://www.seneweb.com/La crise sociopolitique qui secoue le Mali, depuis quelques semaines, devient de plus en plus préoccupante au Sénégal. En effet, vingt-quatre (24) heures après le déplacement du président Macky Sall, à  Bamako, dans le cadre d’une médiation de la Cedeao, le Congrès de la renaissance démocratique (Crd) se prononce.
Abdoul Mbaye, Thierno Alassane Sall, Mamadou Lamine Diallo et compagnie disent constater pour le regretter la “détérioration progressive” de la situation dans ce pays frère consécutive, selon eux, au manque de réponse appropriée du pouvoir en place.
“Face à cette situation préoccupante marquée par des manœuvres de toutes sortes, le Crd apporte son entier soutien au peuple malien en lutte pour la démocratie, la justice, la paix et la fin de la corruption, appelle les acteurs du mouvement populaire à rester vigilants devant les atermoiements du pouvoir et les tentatives de déstabilisation de son unité et de sa cohésion et appelle le régime malien à la retenue et au sens de responsabilité pour écouter et répondre rapidement aux revendications légitimes du peuple malien avant que l’irréparable ne se produise”, ont-ils indiqué dans un communiqué de presse parvenu à Seneweb.
Ils ajoutent : “Il est déplorable de remarquer que la crise politique actuelle au Mali est le résultat de la gestion chaotique de nos Etats basée sur des pratiques boulimiques s’appuyant sur le népotisme, la gabegie et le clientélisme politique ou familial. Il s’y ajoute le rétrécissement des libertés et les mascarades électorales identiques à celles de la dernière élection présidentielle sénégalaise”.
Mais pour le Crd, “la réussite de la mission des Chefs d’États de la CEDEAO dépendra de la capacité de ceux qui la composent à accorder la priorité aux intérêts du Peuple malien souverain avant ceux de leur pair et de sa famille”…
Ces leaders de l’opposition ont, par ailleurs, fait comprendre, dans ce nmême  communiqué, que le président de la République, Macky Sall, “est disqualifié pour participer à désamorcer la crise au Mali, au regard de la situation dans laquelle il a plongé le Sénégal après plusieurs manipulations de sa constitution et l’organisation d’élections truquées”.

Niamatoss UNE CHRONIQUE MÉDIA : Ambivalents comme des médias sociaux

http://www.enqueteplus.com Quel lien y a-t-il entre George Floyd, violenté, humilié et tué par un policier blanc, et la dame violentée, humiliée et filmée à Sacré-Cœur par de stupides tortionnaires de quartier ? L’implication des réseaux sociaux, pardi ! Grâce auxquels bien des causes acquièrent une célébrité difficilement envisageable, s’ils n’avaient pas existé. “Balance ton porc” ou “Black Lives Matter“, entre autres nombreux exemples, en sont les témoins. Mais certains imprudents ou esprits naïfs également se méprennent sur leur utilité. L’histoire malheureuse de ce qu’il est convenu d’appeler la “femme de Sacré-Cœur” témoigne de la grande ignorance de certaines personnes qui ne perçoivent pas à quel point les réseaux sociaux peuvent entraîner leur propre perte, une fois qu’ils s’en servent pour médiatiser des faits peu recommandables.
Le ‘’blow’’, pratique exhibitionniste de fils à papa, y est une réalité. Leur dada : exhiber de l’argent à flots et user du sexe et de l’alcool, et parfois de la drogue, sous le regard permanent des réseaux sociaux. Chez eux, il faut avoir, faire et montrer que l’on a de l’argent – bien ou mal acquis – et qu’on en a fait quelque chose qui ressemble souvent à des bêtises. En juin dernier, le FBI a arrêté, à Dubaï Hushpuppi, un instagrammeur nigérian réputé, présumé grand escroc du Net – un brouteur comme on dit ! – et qui ne se gênait pas d’étaler son train de vie princier sur les réseaux sociaux. Le préjudice causé à des entreprises et particuliers à travers le monde est estimé à des centaines de milliards de F CFA. Dans l’appartement où dormait le jet-setteur escroc, pas moins de… 30 millions de livres sterling (plus de 21 milliards de F CFA) y ont été saisis en cash. ‘’Blow’’… quand tu nous tiens !

Le meilleur et le pire

– Il y a eu, avant les jeunes de Sacré-Cœur, Penda Bâ ou encore Ami Collé Dieng et leurs énormités sur les réseaux sociaux. Plus loin de chez nous, çà et là dans le monde, des délinquants sont arrêtés pour avoir un peu trop adoré se faire voir sur le Net. Telle cette histoire racontée par le site de France Info.
En décembre 2019, des jeunes ont filmé et diffusé, sur Instagram, le viol d’une mineure. Un autre jeune féru du Net, du nom de Kobz, s’est chargé de traquer leur identité digitale et a ainsi pu dévoiler leurs noms et adresses sur Twitter. Il ne restait plus à la police française que d’arrêter les jeunes criminels.
Plus insolite cette fois, c’est au Canada que l’histoire se passe, il y a une dizaine de jours. Une jeune dame artiste, Safia Nolin, dénonce des avances sexuelles et propos racistes dont elle aurait été victime de la part d’une autre artiste, Maripier Morin. Les faits racontés par le quotidien “Le Soleil” du Québec et qui dataient de plus d’un an, n’ont pas été niés par l’accusée qui, lynchée sur les réseaux sociaux, a tout bonnement avoué être assommée par ces révélations. Elle a déclaré, sans doute détruite par cette dénonciation digitale, se “retirer de la vie publique pour chercher à comprendre et surtout trouver l’aide… et entamer une thérapie“.
Mais la justice du Net est plutôt à considérer avec des pincettes. Ses abus peuvent mener très loin, parfois.
Si la diffusion d’images sur les réseaux sociaux en a rajouté au niveau de la gravité des faits de Sacré-Cœur, il faut reconnaître au moins à ces médias une qualité dans cette histoire : leur capacité inégalée à sortir de l’ombre des actes aussi graves et répréhensibles. Combien de femmes se font violenter et même parfois violer dans le secret des quartiers ? Sans suite aucune, le plus souvent ! En cela, les réseaux sociaux sont ce qu’il y a de mieux et de pire en matière d’évolution des mœurs. Et ce n’est pas pour rien aussi que la guerre informationnelle ou propagande se fait via leur canal désormais, tant leur puissant impact sur l’opinion publique est difficilement parable.

Kouthia de retour… de l’Au-delà

– Samba Sine, le plus célèbre des imitateurs sénégalais, est de retour à l’antenne de la TFM. C’est un exemple de plus qu’il y a bien une vie après le coronavirus. Après deux mois de off, revoilà Abou Bilal, pardon Abou Mouhamad. L’inénarrable comédien s’est mis en scène jeudi dernier, dans sa propre émission, dans le rôle de l’interviewé questionné par son complice Thiamass. Il y raconte sa mésaventure avec le coronavirus qu’il a chopé. “C’est une épreuve décidée par Dieu. Pour moi, ce n’est pas deux mois, mais comme deux années durant lesquelles les Sénégalais m’ont terriblement manqué… Toutes les couches sociales m’ont témoigné leur solidarité. Dieu lui-même m’a dit qu’il allait me montrer à quel point les Sénégalais m’adorent“. Et Kouthia, le très modeste, de citer quelques figures religieuses de premier plan qui n’ont pas hésité à l’appeler directement au téléphone.
S’agit-il de conjurer le petit démon Corona ? Désormais, ne dites plus Kouthia comme avant ou encore Abou Bilal mais… Abou Mouhamad. Visiblement amaigri, le comédien n’est plus le personnage rondouillard qui apparaît dans son jingle. Mais sa verve et son imagination quelquefois cynique sont intactes. Ses personnages chouchous, Madické Niang, Cissé Lô, entre autres, en ont fait les frais lors de ce numéro de la ‘’Résurrection’’. Sur cette mutation patronymique issue d’une révélation, Abou Mouhamad explique qu’il a désormais deux objectifs : chasser le stress de la vie des Sénégalais et, plus mystiquement, rendre grâce à son Créateur. “Dieu, n’est-ce pas toi qui m’as fait voyager dans l’Au-delà. Quand j’ai voulu y entrer et jeter un coup d’œil, tu m’as dit non ! Retourne d’où tu viens et continue à régaler les Sénégalais“.
La cause est donc entendue  : Abou Mouhamad, le revenant, a une mission messianique. Longue vie à notre nouveau prophète du petit écran !

Ndingler : Paix des braves ? 

– “Mieux vaut partager un pain avec affection qu’un poulet avec affliction.” Ce proverbe espagnol pourra inspirer les acteurs de la bataille médiatico-juridique opposant le patron historique de Sedima et les populations de Ndingler. Nul doute que Babacar Ngom, d’ordinaire si effacé, si l’on en juge par sa présence jusque-là discrète dans les médias, en avait assez d’être la tête de gondole des journaux dans la rubrique “Querelles de la campagne“. Le gouvernement sénégalais aussi a compris que cette polémique n’était pas sans risques politiques et sociaux pour lui. Si certains se sont offusqués que ce soit un investisseur national qui soit mis à l’index là où, avant lui, bien des étrangers ont acquis des milliers d’hectares sans bruit, force est de penser que, désormais, il y aura un avant et un après Ndingler.
L’on peut espérer que les politiques auront au moins la prudence du serpent avant de toucher au foncier. Les généreuses cessions de terres seront de moins en moins acceptées avec résignation par les populations dépossédées. On verra, dans quelques semaines, si la décision de l’État sénégalais de laisser les paysans retrouver et cultiver leurs terres est un exercice de procrastination ou de hache de guerre définitivement enterrée.
 PS :  “Tout çà pour çà…” L’expression titrant la chronique de la semaine dernière a été mal reprise. Un de mes fidèles lecteurs et non moins doyen de la presse, fine plume s’il en est, a relevé que “Çà (avec accent, pour dire ici, indique un lieu, comme dans : çà et là) d’une part, et d’autre part Ça (sans accent, diminutif de cela, cette chose, par exemple : c’est comme ça)”. Heureusement que çà et là, il existe des aînés pour nous rappeler que le vocabulaire, ça ne s’écrit pas seulement avec aveuglement, mais aussi avec nuance. Là, en l’occurrence, pour un mot homophone. Allons ! “Tout ça””, pour le bon ordre du vocabulaire ! Ça en vaut la peine.PEPESSOU

Moustapha Diakhaté, Moustapha Cissé Lô Chassés : Qui À L’APR Pour Défendre Macky Sall

https://www.xibaaru.sn Le Président de la République Macky Sall est en train à nouveau de subir les attaques de l’opposition. Le « Congrès des renégats démoniaques » s’en est pris maladroitement au Président Macky Sall qui a été choisi avec d’autres de ses homologues de la CEDEAO pour jouer les bons offices au Mali. Abdoul Mbaye, Mamadou Lamine Diall et Thierno Alassane Sall qui dirigent des « partis microbes » ont pensé s’en prendre au Président Macky Sall, car ne supportant qu’il fasse partie de la délégation de la CEDEAO au Mali.
Le Président de la République Macky Sall est attaqué. Personne à l’Alliance pour la République (APR) ne se lève pour le défendre. Macky Sall est la proie de l’opposition insignifiante incarnée par le CRD. Pourtant, il n’y a guère quand le Président de la République Macky Sall nétait attaqué de la sorte, on voyait Moustapha Diakhaté, Moustapha Cissé Lô monter en première ligne pour le défendre. Tous les deux sont aujourd’hui virés de l’APR. Le Président de la République Macky Sall a chassé de son parti, ses plus grands défenseurs.
Moustapha Cissé Lô et Moustapha Diakhaté avec leur liberté de ton, n’avaient besoin de la permission de personne pour monter au créneau et aller défendre le Chef de l’Etat Macky Sall. Ils savaient prendre des initiatives pour voler au secours du Chef de l’Etat à chaque fois que ses adversaires l’attaquaient. Où se trouvent tous ceux qui ont œuvré auprès du Chef de l’Etat Macky Sall pour que Moustapha Diakhaté d’abord, Moustapha Cissé Lô ensuite, soient chassés de l’APR ? Tous, ils se terrent, n’osant affronter l’opposition insignifiante qui fait dans la calomnie.
A l’APR, lorsqu’il s’agit de monter des complots contre certains, il y en toujours des plus forts. Et, généralement, ces complots sont dirigés contre ceux qui becs et ongles savent défendre le Chef de l’Etat, comme pouvaient le faire les deux Moustapha.La rédaction de

«Le Mali Et Le Sénégal Ce Ne Sont Pas Seulement Des Drapeaux Communs Mais…»,Thierno Alassane Sall

https://www.xibaaru.sn La présence de Macky SALL dans la mission de médiation de la CEDEAO au Mali fait rigoler l’ancien ministre de l’Energie. Pour le leader de la République des Valeurs, le président SALL n’est pas motivé pas une solution de sortie de crise.
Selon Thierno Alassane SALL sa présence au pays d’Ibrahim Boubacar Keita est un prétexte pour que « l’incendie ne se propage pas au Sénégal ». Puisque, indique-t-il, les mêmes problèmes décelés au Mali, en Côte d’ivoire ou en Guinée sont au Sénégal. « Le Mali et le Sénégal ce ne sont pas seulement des drapeaux et devises communs mais bien plus : la corruption, le trafic de drogue, des élections reportées ou truquées, des institutions en faillite », déclare Thierno Alassane SALL.
Pour l’ancien ministre, ce que les Maliens réclament est aussi demandé par les Sénégalais qui dénoncent la mal gouvernance, la corruption…WALF

Des Escrocs Derrière Le Prix D’Abdoulaye Diouf Sarr

https://www.xibaaru.sn Une partie de la presse d’hier a moussé le ministre de la Santé et de l’Action sociale, M. Abdoulaye Diouf Sarr, pour une supposée prestigieuse distinction de « Meilleur promoteur africain » du secteur de la santé qu’il devrait recevoir dans un événement nommé PADEV (pour Prix africain de Développement) KIGALI 2020 et qui devait se tenir les 20 et 21 de ce mois dans la capitale du Rwanda.
Une distinction attribuée par un machin pompeusement nommée Fondation 225.Laquelle explique que « cette distinction est décernée chaque année à des personnes physiques et morales dont les œuvres dans leurs secteurs d’activités respectifs, par leur qualité et leur impact, constituent des modèles de contribution au développement de leurs pays et, partant, de l’Afrique » etc. Eh bien, ay door rek la puisque, en réalité, il s’agit d’une arnaque bien connue en Afrique consistant à primer des ambitieux à condition qu’ils acceptent de casquer fort !
Abdoulaye Diouf Sarr est apparemment de ceux-là car il a accepté de se prêter à cette farce de mauvais goût et même à se faire mousser ! Hélas pour lui, la très distinguée Pr Awa Marie Coll Seck, agrégée de médecine et son prédécesseur au ministère de la santé, a su flairer ce piège. Contactée par ces aigrefins qui lui ont adressé une lettre pour lui dire qu’elle était nominée « meilleur promoteur africain de l’année » du secteur de la santé, elle a procédé à des vérifications et découvert qu’il s’agit d’escrocs ! Abdoulaye Diouf Sarr, lui, aveuglé par son ambition, n’a rien vu de tel…Source Le Témoin

Barka BA, Sur Le Silence D’Idy : «Il Se Passe Peut-Être Des Négociations Secrètes»

Depuis la fameuse conférence de presse commune, tenue avec les autres candidats malheureux de la Présidentielle, ayant suivi la proclamation des résultats provisoires par la Commission nationale de recensement des votes, le Président du Conseil départemental de Thiès a disparu de la circulation. Ses seules sorties publiques ont été un déplacement à Touba et une audience au Palais dans le cadre des concertations nationales autour de la riposte au coronavirus. Hormis ces deux sorties, l’homme se fait discret. Essai de décodage d’une posture muette avec le journaliste-analyste politique, Barka BA.

WalfQuotidien  :  Quelle analyse faites-vous du silence de Idrissa Seck ?

Barka BA  :  En dehors de quelques rares déclarations, on peut, effectivement, noter que, depuis la dernière présidentielle où il s’est classé deuxième, Idrissa Seck s’est emmuré dans un silence assez intrigant. La bête politique incontestable qu’il est a bâti une bonne partie de son ascension politique sur la communication. En 1988 déjà, très jeune directeur de campagne d’Abdoulaye Wade, il avait marqué les esprits par son éloquence et son art consommé de la communication, aussi bien à l’aise en français qu’en wolof. Son sens de la formule a souvent fait mouche contre tous ses adversaires. Il s’est toujours évertué à faire de ses sorties un grand show médiatique. Mais au fil du temps, avec différents revers électoraux et les coups très durs que lui ont porté d’abord son ex-mentor puis Macky Sall, son plus grand rival devenu l’un de ses pires adversaires politiques, qui a quasiment décapité son état-major politique, il a perdu de sa superbe. Et lui qui faisait le buzz à chaque fois qu’il faisait des déclarations, doit subir sur ce terrain la concurrence d’un jeune loup aux dents longues comme Ousmane Sonko qui a aussi axé une bonne partie de sa stratégie politique sur des déclarations fracassantes.

Quelles pourraient être les raisons de ce silence ?

Les raisons de ce silence qu’on pourrait qualifier de «stratégique» pourraient se trouver dans une partie de poker secrète avec le pouvoir qui l’oblige, pour le moment, à faire l’économie des attaques frontales contre le régime comme il en a le secret. L’autre raison de ce silence est à chercher à Touba où certains de ses soutiens très influents lui ont  conseillé d’éviter de s’épancher pour l’instant dans la presse.

Quel pourrait être l’inconvénient de cette attitude ?

L’inconvénient majeur de cette posture, c’est que la nature ayant horreur du vide, il laisse la fonction tribunicienne à de jeunes loups ambitieux sans compter que cela désoriente quelque part ses militants qui ne savent pas trop quelle ligne adopter face au pouvoir.

Est-ce que l’on peut en déduire que c’est le pouvoir qui profite de ce silence ?

Evidemment, ce «silence stratégique», quelles que soient ses motivations profondes, c’est du pain béni pour le pouvoir. Surtout dans ce contexte où le régime du Président Macky Sall traverse une passe très difficile avec un quotidien rythmé par des scandales et un début de «guerre civile» au sein de l’Apr qui vit une des crises les plus graves de son existence avec l’affaire Moustapha Cissé Lô. Dans la posture du chef de l’opposition, il est assez surprenant et incompréhensible qu’Idrissa Seck, qu’on a connu très mordant avec ses petites phrases assassines, n’ait pas profité de ces faux pas du régime pour enfoncer le clou et jouer le rôle de chef de l’opposition qu’il dispute à Abdoulaye Wade. Une telle posture renforce l’idée qu’il se passe peut-être des négociations secrètes entre les deux parties avec la volonté prêtée au chef de l’Etat de constituer un large gouvernement d’ouverture et dont Rewmi pourrait être partie prenante. Mais en dehors des concernés, c’est-à-dire Macky Sall et Idrissa Seck, personne ne peut être catégorique sur ce sujet.Propos recueillis par Ibrahima ANNE

INITIATIVES POLITIQUES POST-PRESIDENTIELLES : L’Opposition déboussolée

http://www.sudonline.sn La réélection du président Macky Sall dès le premier tour de l’élection présidentielle du 24 février 2019, avec 58,27% des suffrages, a-t-elle calmé les ardeurs de ses opposants, qui semblent mettre en berne toutes les initiatives politiques ? Le moins que l’on puisse dire, à part les quelques actions du Congrès de la renaissance démocratique (Crd), ou encore les rares sorties au vitriol d’Ousmane Sonko du Pastef, les observateurs de la sphère politique ne voient que du vide, à défaut des échappées timides des organisations qui se réclament de la société civile et qui peinent à faire adhérer les populations à leur cause
Les initiatives politiques sont-elles en berne, après près d’un an et demi de la présidentielle de février 2019 ? La réponse semble couler de source pour les observateurs avertis. Ou du moins, quelques initiatives des organisations qui se réclament de la société civile émergent çà et là, mais sans trop inquiéter les tenants du pouvoir actuel. Pour cause, à part la dernière marche de protestation contre la hausse des prix de l’électricité, Aar Linu Bokk et compagnie peinent à intéresser les populations à leurs actions. La preuve, le vendredi 17 juillet dernier, le Front Multiluttes «Doyna», constitué d’une dizaine de collectifs dont les plateformes «Aar Li Nu Bokk» et «Noo Lank», n’a pas su mobiliser. Même les manifestants eux-mêmes, à l’image de Guy Marius Sagna, ont reconnu ce flop, non sans en imputer la responsabilité au préfet de Dakar, au ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye et à celui de l’Urbanisme Abdou Karim Fofana.

LE CRD INVESTIT LE CHAMP JUDICIAIRE EN VAIN

Si ces derniers essaient d’occuper, tant bien que mal, le terrain socio-politique, même si leurs manifestations ne drainent pas beaucoup de monde, certains des acteurs politiques qui ont semblé déserter le terrain ont investi celui judiciaire. Sinon, comment comprendre les «vaines» plaintes à répétition du Congrès de la Renaissance démocratique (Crd) qui, malheureusement, n’obtiennent pas l’effet escompté ? En effet, le 9 juillet dernier, l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye et ses camarades du Crd avaient perdu la procédure d’annulation enclenchée au niveau de la Cour suprême concernant le décret d’honorariat au Conseil économique, social et environnemental (Cese). La Cour suprême avait tout simplement rejeté les deux requêtes introduites par le Crd. Que dire de la plainte, avec constitution de partie civile, déposée par le Crd auprès du Premier Cabinet d’Instruction près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, le 22 juillet 2019, concernant l’affaire des 6.000 milliards présumés dans les contrats de recherche de pétrole ? Face à l’inertie des autorités judiciaires, Mamadou Lamine Diallo de Tekki et ses camarades du Crd étaient obligés de revenir à la charge pour inviter le Doyen des juges, Samba Sall, à respecter l’article 79 du Code de procédure pénale (Cpp), relatif à la consignation présumée nécessaire pour les besoins de la procédure concernant ladite plainte. Qui entend encore parler de cette affaire Aliou Sall et Petro Tim ?

OUSMANE SONKO, MOLLEMENT LEADER DE L’OPPOSITION

Quid des autres leaders de l’opposition pourtant bien classés à la dernière présidentielle ? Après un classement flatteur de troisième pour un score de 15,67%, Ousmane Sonko, candidat de Pastef à la dernière présidentielle, avait refusé de renoncer aux feux de la rampe. Après un temps de latence noté au sortir de la présidentielle, il était revenu en force avec l’affaire foncière dans laquelle il a dénoncé un détournement de fonds publics de 94 milliards de F CFA, impliquant le Directeur des Domaines, Mamour Diallo. Mais, son «jeu trouble» dans cette affaire, car tantôt accusateur, dès fois suspect et parfois même accusé, ne l’a pas laissé intact. Ce qui ne semble pas l’avoir découragé, car à la première glissade du régime en place, notamment les mesures d’assouplissement prises par le chef de l’Etat, Macky Sall, le 11 mai dernier, en pleine propagation de la pandémie de la Covid-19 dans le pays, Ousmane Sonko a voulu incarner la posture de chef de l’opposition. Pour ce faire, il s’est démarqué de la démarche adoptée par nombre de ses camarades de l’opposition, dans sa stratégie d’analyse et de communication sur la gestion de la pandémie par le régime du président Macky Sall. Tel un chef de l’Etat, Ousmane Sonko programme son allocution à la Nation et passe la bande d’annonce bien avant, dans beaucoup de supports médiatiques, avec des directs programmés sur 3 chaines de télévisions traditionnelles, une chaine télé sur le net, deux sites d’informations générales et enfin une radio privée de la place. Mieux, le député de Pastef s’offre une tribune de presqu’une heure de temps, durant laquelle il s’est carrément défoulé sur les tenants au pouvoir qui, selon lui, ont abandonné le peuple au moment où le virus gagne du terrain dans le pays et que le Sénégal emprunte une courbe ascendante.

IDRISSA SECK ET SA STRATEGIE DE RETENTION DE LA PAROLE

Au même moment, le classé deuxième à la présidentielle de février 2019 s’emmure dans un silence assourdissant. Le patron du parti Rewmi, Idrissa Seck reste, comme sur les autres sujets brûlants de l’heure, aphone sur les mesures «controversées» prises par Macky Sall dans la gestion de la pandémie. Cela, même si son poulain, le député Déthié Fall, monte par moment au créneau pour critiquer le régime. Par ce long silence, Idrissa Seck semble résolument opter pour la rétention délibérée et prolongée de la parole, histoire de maitriser certainement ses passions.

 WADE AU FRIGO, KHALIFA SALL CONTRAINT AU SILENCE

Il n’est d’ailleurs pas le seul. Il en est de même de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, considéré comme le chef de l’opposition parlementaire. Le Secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais (Pds) n’a pipé mot de la gestion de la pandémie par son successeur. Que dire du leader de Taxawu Dakar qui a semblé disparaitre des radars politiques ? Khalifa Sall a aussi choisi de se taire pour le moment sur cette question et sur les autres, optant pour la stratégie de l’abstinence médiatique. Un choix de l’ancien maire de Dakar certainement commandé par ses démêlés avec dame justice. Pour les autres, à savoir Oumar Sarr et compagnie, le gouvernement d’union nationale tant annoncée est passé par-là

Benoit Sambou,Président de la Cndt : «la contractualisation devra permettre un partenariat gagnant-gagnant»

http://lesoleil.sn La territorialisation des politiques publiques, les litiges fonciers, les remous au sein de son parti.  Benoit Sambou a passé sous le grill ces sujets qui font l’actualité avec sa double casquette de président de la Commission nationale du dialogue des territoires (Cndt) et de membre de la Commission de discipline de l’Alliance pour la République.

Lors du Conseil des ministres du 8 juillet 2020, le Président Macky Sall a insisté sur une « territorialisation optimale des politiques publiques ». Quel peut être le rôle de la Cndt dans cette stratégie ?

La question de la territorialisation des politiques publiques pour une prise en charge effective des objectifs du Plan Sénégal émergent (Pse) et de l’Acte 3 de la Décentralisation (A3D), reste une préoccupation constante du Président Macky Sall. La Commission nationale de dialogue des territoires (Cndt), conformément à ses missions, a mené des études et des réflexions comme contribution à une organisation du Sénégal en territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable. Un des résultats de ces travaux préconise l’intercommunalité ou l’inter territorialité comme axe majeur d’approfondissement de la décentralisation fondé sur la nécessité de mettre en synergie la richesse et les potentialités des collectivités territoriales. Ces études ont permis de faire un diagnostic de la problématique de l’intercommunalité en rapport avec le ministère des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire et les partenaires institutionnels et sociaux, de proposer un avant-projet de loi sur l’intercommunalité et des projets de décrets d’application assortis d’instruments de gouvernance des intercommunalités. Nous attendons la prise en charge du projet de loi par le Conseil des ministres et son vote par l’Assemblée nationale. Nous avons également contribué à l’élaboration du nouveau Plan national d’aménagement et de développement territorial (Pnadt) dont la mise en œuvre nécessite un instrument, tel que la loi sur l’intercommunalité.
Nous avons fini d’élaborer un document stratégique de territorialisation du Pse et cela passera notamment par la valorisation des filières porteuses agricoles et non agricoles sous la forme de projets et programmes d’intercommunalité qui placeront les exécutifs et acteurs locaux au cœur de leurs propres initiatives. Nous l’avons appelé Programme de valorisation des ressources des territoires (Provart). En faisant la promotion de l’intercommunalité de projet autour de l’identification et de la valorisation de ressources partagées entre collectivités territoriales, la Cndt veut contribuer à l’élaboration de programmes structurants qui se voudront être un modèle de territorialisation optimale des politiques publiques et de renforcement de l’attractivité et de la compétitivité des territoires.

La lutte contre la Covid-19 est axée sur les communautés et revêt une forme de territorialisation des politiques publiques.Quel est le rôle de la Cndt dans cette stratégie ?

La crise liée au coronavirus peut être une opportunité pour le Sénégal de s’affranchir d’une forme de dépendance vis-à-vis de l’extérieur et de mettre en chantier la vision du Président de la République, à savoir « Liguey Euleuk », notamment dans son volet industrialisation par l’intensification de la production et la transformation des produits de nos territoires ; la valorisation de l’artisanat par la mutualisation des filières et la mise à disposition des équipements de production ; l’organisation du Sénégal en hub médical. Il est heureux de constater que le Chef de l’État, dans son message à la Nation du 1er juillet 2020, a appelé à « faire du consommer sénégalais non pas l’affaire d’une conjoncture mais l’affirmation d’une véritable culture de souveraineté économique ». De ce point de vue, l’appui aux Pme et Pmi pourrait contribuer grandement à la réalisation de sa vision et à juguler les effets contraignants de la crise économique mondiale qui s’annonce et permettre au Sénégal de relever le défi de la relance économique post-Covid-19. La Cndt a mis en place une équipe technique pour travailler sur la question en prenant comme zone d’expérience le pôle territoire Casamance. De ce point de vue, donc, en rapport avec l’inspection d’académie et l’Odcav de Ziguinchor, la Cndt a initié une plateforme d’e-learning composée d’une chaine radio, d’une fréquence télé et de quatre sites. Cette expérience, appréciée par les bénéficiaires, pourrait être étendue à d’autres segments du territoire national. Aussi, la Cndt a initié un travail de diagnostic terrain dans les pôles territoires afin d’identifier les filières agricoles dont les productions ont été les plus impactées par la pandémie de la Covid-19.
Le rapport en cours de finalisation permettra à l’État sénégalais de disposer d’éléments de réponse à même d’accompagner efficacement les producteurs locaux suite aux baisses de leurs revenus agricoles.

Hier, Fanaye, aujourd’hui, Ndingler-Djilakh, la question foncière est au centre du débat public depuis des années. L’opposition qui peut exister entre le droit foncier moderne et le droit coutumier n’est-elle pas la source du problème ?

La loi sur le domaine national de 1964 était supposée construire les bases d’une gestion foncière apaisée. En réalité, la gouvernance foncière s’est enfermée dans une logique de conflits entre un système de détention de droits réels et un mode d’exploitation ancestrale par les populations locales. Le Président Macky Sall rappelait que les principales revendications des populations étaient liées au problème foncier ; ce qui l’a amené a initié une grande réflexion sur le foncier. Il faut dire que la pluralité des normes juridiques est au cœur de la problématique foncière que nous vivons. À partir de ce constat, l’enjeu des politiques foncières renouvelées est de rompre avec les inadaptations et de construire des articulations entre systèmes fonciers locaux et droit positif.

Quelles solutions préconisez-vous pour garantir une exploitation des terres qui va répondre aux intérêts des populations et des investisseurs ?

Il me semble nécessaire d’imaginer une nouvelle forme de collaboration ou de partenariat prenant en charge, de manière efficiente, les intérêts des populations locales et ceux des investisseurs. Il est évident que pour atteindre nos objectifs d’émergence, l’exploitation des terres est un élément fondamental. Les procédés d’agro-business devront s’organiser dans une logique de partenariat gagnant-gagnant pour les investisseurs dont la terre est une garantie nécessaire et pour les populations locales qui ne sauraient être des ouvriers sur leurs propres terres. Aussi, la collectivité locale devra tirer grand profit de l’exploitation des ressources existantes sur son territoire administratif. Une forme de contractualisation permettant une association reposant sur une répartition des parts bien définies liées à l’activité donnée devrait permettre de sécuriser les capitaux investis mais également garantir aux populations un droit réel face la possibilité d’intrusion d’investisseurs véreux tentés par une appropriation des terres à d’autres objets, comme la cession ou le morcellement pour lotissement.
Il va sans dire que le but de tout investisseur est de réaliser des profits et cela devra être pris en compte. Notre pays a également initié un modèle d’aménagement et d’exploitation collective des terres cultivables par les populations locales avec le soutien dynamique de l’État. C’est l’un des fondements de la création des Domaines agricoles communautaires (Dac) avec le Prodac conduit par le ministère de la jeunesse. Cela est à encourager puisqu’apportant une réponse pertinente au principe de territorialisation des politiques publiques et de promotion de l’agrobusiness. En outre, la rareté des terres cultivables génère des conflits fonciers entre populations de collectivités territoriales voisines ou entre collectivités territoriales elles-mêmes. De ce fait, la Cndt entreprend des démarches de conciliation pour accompagner les autorités locales et étatiques afin de trouver des solutions à même d’installer la paix entre les différentes entités. La médiation ayant horreur du bruit, nous préférons ne pas communiquer sur ces actions (interview réalisée le 15 juillet 2020, Ndlr).

La Commission de discipline de l’Apr s’est récemment signalée à travers l’exclusion de Moustapha Cissé Lô. Qu’est-ce qui a motivé cette décision radicale ?

L’Alliance pour la République est une organisation d’hommes et de femmes qui, pour réguler le fonctionnement de leurs instances, s’est dotée de textes. Tous les militants sont tenus au respect de ces règles qui fondent la démarche et le contrat social qui lient l’organisation aux populations sénégalaises. Il y a certains actes qui sont inadmissibles puisque heurtant la conscience collective, déshonorant nos institutions et jetant le discrédit sur l’organisation. Quand ces actes deviennent récurrents, ils deviennent impardonnables. L’erreur est humaine, mais la persévérance diabolique. De ce point de vue, nous n’avions d’autre choix que de nous séparer d’un de nos membres qui refusait de s’amender. Même si toute séparation est douloureuse, face à cette situation, cette décision s’imposait.

Un an et demi après la réélection du Président Macky Sall, la question du dauphinat s’invite régulièrement dans les débats. Comment se porte le parti présidentiel ?

La question du dauphinat ne saurait faire débat au sein de notre parti puisque n’étant pas inscrite au chapitre des textes organisant l’Apr, encore moins la Constitution du Sénégal. Pour le reste, le Président de la République a été brillamment réélu à la tête de notre pays. Il s’attèle à répondre aux préoccupations des Sénégalais et à organiser l’action gouvernementale dans le but d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixé et qui fondent le lien de confiance entre lui et le peuple sénégalais. L’Apr est un grand parti, un parti de masse. Et comme dans toute grande organisation, les ambitions sont à la hauteur des enjeux de développement et d’émergence de notre pays. Les difficultés ne peuvent pas manquer, mais elles sont inhérentes à toute organisation et constituent la preuve de la vitalité de celle-ci. Nous nous attelons, tous les jours, à y apporter des solutions aux côtés du Chef de l’État qui, à mon avis, a su construire un modèle d’organisation mais surtout de rassemblement des forces vives de la Nation autour des objectifs de développement et de résilience sociale. En cela, la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) et, aujourd’hui, la majorité présidentielle constituent un modèle d’ouverture et de partage des responsabilités dans la gestion d’un État moderne.

Ziguinchor, votre fief, est-il parti pour revenir dans l’escarcelle de l’Apr ?

Nous y travaillons. Le choix du Président Macky Sall de faire de la Casamance une priorité nécessite pour nous, les responsables, un devoir de nous mobiliser afin d’aider les populations à mieux appréhender sa vision et ses actions. Cependant, nous sommes conscients que certaines difficultés ne sauraient être occultées, particulièrement celles de l’emploi des jeunes. Et l’occasion m’est ici donnée de lancer un appel à des actions dynamiques pour apporter une réponse immédiate aux préoccupations conjoncturelles des jeunes qui, à notre grand désarroi, n’ont souvent d’autres perspectives que d’avoir des activités à faible valeur ajoutée sociale ou à très faible revenu. Il est clair que le Gouvernement doit accélérer la réalisation des instructions du Président de la République pour la finalisation des projets d’infrastructures routières et communautaires dans la région.Propos recueillis par Moussa DIOP – Photos Sarakh DIOP

Cheikh Tidiane Diéye  » Macky a raté le coche …. »

https://www.dakarmatin.com  Titulaire d’un Doctorat en études de développement, auteur d’un livre sur la corruption bureaucratique au Sénégal, Cheikh Tidiane Dièye revient sur les maux de l’Administration sénégalaise et dénonce le manque de volonté du pouvoir actuel d’y apporter des solutions pérennes.

L’Inspection générale d’État a publié, la semaine dernière, les rapports 2016, 2017, 2018 et 2019. Êtes-vous satisfait du travail accompli par les inspecteurs ?

L’Inspection générale d’Etat est une des pierres angulaires du dispositif de contrôle et de reddition des comptes. C’est la loi sur le statut des inspecteurs généraux d’Etat qui impose au vérificateur général de présenter, chaque année, au président de la République un rapport sur l’état de la gouvernance au Sénégal. Ces rapports étaient donc très attendus, ce d’autant plus qu’ils n’étaient plus sortis depuis quelques années. Les inspecteurs généraux d’Etat représentent un corps réputé pour son sérieux, sa rigueur et son intégrité. Les rapports qu’ils produisent sont donc présumés dignes de foi, car étant de grande qualité, au moins au plan technique.
Ce qui est en général en cause, c’est moins leur contenu que leur sort, c’est-à-dire le traitement qui leur est réservé par le président de la République. Et, à ce niveau, les fruits n’ont jamais tenu la promesse des fleurs. Il a révélé lui-même avoir sous le coude une grande quantité de rapports des organes de contrôle. La question est de savoir pourquoi ou pour qui ?

Justement, on a l’impression d’être dans un éternel recommencement, avec les mêmes manquements qui reviennent à chaque fois. Pourquoi, selon vous, rien ne change ?

Ces manquements sont les produits ou les effets de pratiques structurelles, ancrées au plus profond des interstices de la machine politico-bureaucratique. Ce sont des pratiques qui se nourrissent de l’impunité et de la protection qui est assurée aux partisans de chaque régime en place. C’est comme si, au-delà des discours et des effets de manche, il n’y avait aucune volonté de combattre la corruption, le détournement et le gaspillage des ressources publiques tant que cela sert les intérêts politiques du camp au pouvoir.
Vous avez raison de parler de recommencement, car il s’agit bien d’une reproduction du système d’accaparement et de prédation qui a traversé les âges. Au Sénégal, l’Etat fonctionne ou dysfonctionne de la même façon depuis qu’il existe.  Ces logiques d’appropriation privative des ressources de l’Etat et de redistribution restreinte au sein des cercles comme la famille, le clan, le parti, l’ethnie ou la confrérie, remontent au moins à la naissance de l’État. Chacun des quatre présidents qui ont dirigé le Sénégal a réorganisé la forme de ce système à sa façon, mais tous en ont gardé la structure. Les deux derniers plus que les autres. Et Macky Sall, après seulement un mandat, a déjà égalé, sinon dépassé ses devanciers en matière de mal gouvernance. Le clientélisme est le moteur de sa gouvernance et l’impunité son rempart.

‘’Macky Sall avait tous les atouts pour changer le système’’

Lorsqu’il était candidat, Macky Sall avait fait un diagnostic sans appel de ce système et les pratiques qui le fondent. Il s’était engagé à mener les réformes structurelles nécessaires pour le changer. Il avait tous les atouts pour réussir : des forces politiques, sociales et citoyennes aguerries et motivées, pour avoir mené une lutte victorieuse contre Wade. Un projet de société complet et réaliste élaboré dans le cadre des assises nationales et une charte de gouvernance démocratique consensuelle. Il n’a pas eu l’audace de saisir ces atouts pour changer le Sénégal durablement. Il a choisi la voie la plus facile  : se soumettre aux groupes de pression, y compris ceux de son camp politique, pour avoir la ‘’paix’’.

Quel est l’impact de cette mal gouvernance et de cette bamboula sur le budget de l’État et les politiques publiques ?

Ce n’est pas de la bamboula, mais de l’irresponsabilité. Un pays pauvre, endetté jusqu’au cou, au point de lancer une hypothétique campagne africaine pour l’annulation de la dette, devrait avoir la décence de limiter ses désirs à ses capacités. Comme partout en Afrique, nous avons des gouvernements mégalomanes, qui ne se privent de rien pour être dans le luxe et le confort, sans aucune contrepartie pour le peuple en matière de résultats. Figurez-vous qu’entre 2012 et 2018, Macky Sall et son gouvernement ont dépensé près de 120 milliards de F CFA pour l’achat de voitures. En 2019, 3,5 milliards ont été dépensés et plus de 6 milliards étaient prévus pour 2020. Cette somme aurait sans doute été dépensée, si le décret n°2020-474 du 19 février 2020 portant suspension de toute commande ou acquisition de véhicules administratifs n’était pas venu arrêter la folie dispendieuse du gouvernement. De 2000 à 2020, soit en 20 ans, ce sont 500 milliards de F CFA qui ont été gaspillés pour acheter environ 20 000 voitures pour le secteur public et parapublic. Il n’est pas rare de voir, dans le parking d’un ministre ou d’un DG, 2 ou 3 voitures rien que pour le plaisir et le confort de leurs familles. Aucun pays au monde ne peut se développer avec un tel niveau d’irresponsabilité et de gaspillage de ressources.

L’IGE a aussi relevé des incongruités dans la création et le fonctionnement de certaines administrations. Parfois, on a l’impression que tout est fait pour ne pas du tout se conformer aux textes en vigueur. Cela colle-t-il à cette réputation d’administration de qualité prêtée à l’Administration sénégalaise ?

Dans son fond comme dans sa forme, l’Administration ne ressemble que très peu à une administration de type légal, rationnel, obéissant à des procédures et des normes, et organisée en des fonctions hiérarchisées et interdépendantes. L’Administration sénégalaise n’est plus organisée selon des critères objectifs. Elle est au contraire traversée par des intérêts, des clivages et des coqueries importées de la sphère politique qui a fini de l’envahir. La politisation à outrance des échelons supérieurs de l’Administration publique a fortement réduit la capacité de cette dernière à agir avec efficacité. Tout est fait pour répondre à une demande politique plutôt qu’à des exigences sociales et économiques.
Les assises nationales comme la CNRI (Commission nationale de réforme des institutions, NDLR) avaient fortement recommandé que les postes de direction et de responsabilités administratives ne soient pas occupés par les leaders politiques actifs.  Il n’en n’a pas toujours été ainsi. En ce qui concerne la gestion bureaucratique, Senghor agissait avec beaucoup de mesure et de décence. Abdou Diouf lui emboitait le pas, quoique dans une moindre mesure. Avec Wade, et surtout avec Macky, on a dépassé toutes les limites. Les remparts ont sauté, laissant l’Administration à la merci de tous les bureaucrates-politiciens, avec leurs réseaux de clients, courtisans et affairistes en tout genre. Je souhaite un retour à cette orthodoxie administrative qui passe nécessairement par l’interdiction formelle de toute nomination politique à certains postes de direction des ministères ou des agences qui doivent être pourvus sur la base du mérite et de la compétence.

Comment expliquez-vous l’instabilité au niveau de certaines agences et services administratifs ?

C’est parce que de telles agences ne reposaient pas, lors de leur création, sur une rationalité guidée par des objectifs clairs de développement. Lorsqu’un service ou une agence est créée pour caser des militants ou du personnel politique de manière générale, sa survie ne peut être que précaire. Chaque ministre en use et abuse à sa guise, selon ses intérêts du moment. Elles deviennent alors très vite des gouffres à milliards qui ne produisent pas de résultats et finissent par peser lourd dans les équilibres budgétaires. Et finalement, lorsqu’elles deviennent impossibles à supporter, disparaissent. La crise économique née de la Covid-19 et les problèmes financiers importants auxquels l’État fait face vont sans doute conduire à la suppression de plusieurs agences. Le gouvernement n’a plus le choix. Il réduira ses dépenses et rationalisera son fonctionnement ou il s’effondrera. Car, avec la crise, les partenaires au développement rechignent à prêter ou à donner à ceux qui gèrent mal et auront de plus en plus du mal à rembourser leur dette.

Êtes-vous satisfait par le mode de fonctionnement de cet organe de contrôle qu’est l’IGE ?

L’IGE est un organisme d’une grande importance. En tant qu’institution supérieure de contrôle de l’Etat, elle fournit au président de la République les moyens d’évaluer le fonctionnement des structures administratives sous son autorité et de mesurer la performance ou la contreperformance de ces structures ainsi que les facteurs qui les expliquent. Un tel outil entre les mains d’un président libre, équidistant, soucieux de la justice économique, de l’équité sociale et soucieux de la préservation des ressources publiques, aurait sans doute fait faire de grands bonds en matière de bonne gouvernance.
Mais hélas, le travail important qu’elle abat ne débouche presque jamais sur une action sérieuse. Les rapports de l’IGE sont destinés principalement au président de la République et nous savons que cette destination est une voie de garage. Ce qui est donc en cause, c’est moins l’IGE que le traitement qui est fait de ses rapports.

Concrètement, que faudrait-il faire pour que les rapports produits par les différents corps de contrôle puissent être suivis d’effet ?

La démarche la plus simple est de soustraire ces organes de la tutelle du président de la République. Car un président qui fait passer ses objectifs politiques devant la recherche de performance économique et du bien-être de l’ensemble de la population, ne s’en prendra jamais à ceux qui défendent ses intérêts politiques. Parce que, justement, c’est en leur garantissant l’impunité qu’il peut leur faire faire à peu près ce qu’il veut. Le président Macky Sall sait mieux que quiconque ce qu’il faut faire pour installer la bonne gouvernance. C’est qu’il n’en a pas le désir.

Souvent, l’affectation de terres à des projets agro-industriels soulève des vagues. Pensez-vous qu’on peut atteindre la souveraineté alimentaire et même le développement sans ce type d’agriculture ?

Dans des États en construction comme les nôtres, tout est une question d’équilibre. Ceux qui pensent qu’on peut avoir une agriculture de type familial, qui produit pendant trois mois de quoi vivre pendant 9 mois ad vitam aeternam ont tort. Ceux qui pensent que cette agriculture n’est pas performante et qu’elle devrait être remplacée par l’agri-business avec les exploitations à perte de vue, ont aussi tort. La solution se trouve entre les deux, car elles peuvent cohabiter. Il y a des pays qui ont réussi à forger des expériences heureuses sur des modèles contractuels entre les deux formes d’agriculture qui peuvent se renforcer mutuellement. La sécurité alimentaire, ou plus exactement la souveraineté alimentaire, passe par l’articulation des deux.
Mais pour y arriver, il faudrait respecter plus les paysans et reconnaitre leurs droits sur les terres. On a comme l’impression que l’agri-business peut facilement avoir un titre foncier sur des dizaines, voire des centaines d’hectares, alors qu’une exploitation familiale n’aurait pas le droit de posséder 2 hectares.  Une réforme foncière est nécessaire et le gouvernement le sait. Mais il n’a pas eu le courage d’assurer les recommandations contenues dans le rapport de la Commission nationale sur la réforme foncière qu’il a pourtant commandité. La gestion de la terre pose, il est vrai, beaucoup de problèmes au Sénégal. Mais le diagnostic est bien établi et les solutions sont à portée de main. Il suffit d’ouvrir le rapport de la commission et d’avoir le courage d’avancer.

En milieu urbain, il est difficile, pour le Sénégalais moyen, d’accéder à la propriété foncière. N’est-ce pas un échec de l’État ?

Oui, c’est l’un des secteurs où l’échec de l’État se donne le plus à voir. Sous Senghor, et même sous Abdou Diouf, il y avait une véritable politique de logement social avec la SN/HLM et la Sicap qui facilitaient un accès plus équitable des populations urbaines au logement. Aujourd’hui, ces politiques ont été démantelées. La SN/HLM, ou ce qui en reste, n’est que l’ombre d’elle-même, tandis que la Sicap n’est plus qu’une structure ‘’para-privée’’ qui gère des programmes hors de portée et souvent réservés à une élite connue d’avance.

Quelles solutions pour de véritables logements sociaux accessibles à la majorité ?

Le Programme des 100 mille logements est déjà une bonne avancée. J’espère que le ministre de l’Urbanisme, qui fait preuve d’un certain volontarisme, saura déjouer les pièges des affairistes et des spéculateurs pour aider le maximum de Sénégalais, y compris les non-salariés, à accéder au logement.  Dans les 15 prochaines années, le triangle Dakar, Thiès et Mbour, que j’appelle le ‘’Triangle urbain de l’Ouest (Turbo) sera une seule agglomération. Les populations devraient être déplacées progressivement et installées dans des quartiers aménagés qui répondent à tous les besoins urbains. L’État devrait donc s’assurer que les communes situées dans ce triangle n’accordent plus de terres agricoles d’une certaine étendue à des privés. La SN/HLM et la Sicap ou une structure qui pourrait naitre de leur fusion, ce que je recommande, pourraient, à travers des programmes cohérents, suivis et surveillés, s’assurer de maintenir les prix des terrains à des niveaux acceptables.

Brièvement, quelle note donneriez-vous aux ministres Diouf Sarr, Abdoulaye Daouda Diallo, Aly Ngouille Ndiaye et Mansour Faye par rapport au rôle qu’ils ont eu à jouer dans la lutte contre la Covid-19 ?

Je me garderais bien de distribuer des bons ou des mauvais points à ces ministres. Ils auraient été fautifs même que je ne leur donnerais même pas de note, à fortiori une mauvaise note. Le responsable, c’est leur patron. C’est lui qui s’est mis en face des Sénégalais pour dire. Et ensuite pour se dédire. Les autres n’ont écrit que sous sa dictée.

L’actualité est aussi dominée par l’affaire des gazelles oryx transférées vers la ferme du ministre de l’Environnement. Votre plateforme a sorti un communiqué largement relayé par la presse nationale et même internationale. Qu’allez-vous faire maintenant ?

Nous ferons ce qui doit être fait à un braconnier. D’abord, le dénoncer et ensuite le traduire en justice, y compris la justice internationale. Nous avons déjà informé les plus grandes institutions en charge de la conservation de la nature, notamment l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), le secrétariat de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) et d’autres organismes non gouvernementaux. Ce ministre et tous ceux qui, comme lui, ont bénéficié de ces gazelles ont terni l’image de notre pays. Dans un pays normal, il aurait démissionné ou aurait été démis de ses fonctions immédiatement.

Qu’est devenue votre alliance avec Ousmane Sonko, dans le cadre de la coalition Jotna ?

Note coalition Jotna se porte bien. Nous sommes en train de l’organiser et la structurer afin qu’elle soit plus apte à jouer son rôle et qu’elle remplisse sa part du contrat qu’elle veut nouer avec les Sénégalais. Nous travaillons à faire émerger et à renforcer les pôles de leadership qui doivent en constituer les piliers.

Êtes-vous de ceux qui pensent que la chance de Macky Sall est surtout de ne pas avoir une opposition à la hauteur ?

Quelle définition donnerait-on à une opposition à la hauteur ? Faut-il être tous les jours dans la rue et brûler des pneus pour mériter ce statut ? Faut-il injurier à longueur de colonnes de journaux ? Je ne le crois pas. L’opposition n’est pas un bloc monolithique. Chacun agit selon ses méthodes, sa stratégie ou son tempérament. Certains parlent et se font entendre, tandis que d’autres font autre chose. Je respecte chaque posture. Dans une République normée, pour qu’il y ait une bonne opposition, il faut un pouvoir responsable qui respecte les lois et un peuple qui comprend les enjeux et accepte de se battre pour son bien-être.
Pour ma part, avec la plateforme Avenir Senegaal Bi Nu Begg, je participe au débat public, critique des politiques ou actions gouvernementales lorsqu’elles vont dans le mauvais sens, félicite les bonnes actions et propose des mesures et des actions.  C’est aussi le cas de Mme Ndèye Fatou Diop Blondin qui, en plus d’être coordonnatrice adjointe de la plateforme Avenir, est très active dans l’espace public, dans le cadre d’Aar Li Nu Bokk qu’elle coordonne.  C’est ce qui correspond à notre tempérament et à l’orientation de notre mouvement qui est un espace de construction et de proposition d’alternatives. Nous portons une véritable alternative pour changer et refonder le Sénégal. Nous y travaillons en tant qu’acteurs politiques indépendants.


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