Revue de presse du Samedi 09 Janvier 2020

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Le bitcoin à 40 000 dollars fait vaciller la théorie quantitative de la monnaie

https://www.financialafrik.com Le Bitcoin (BTC) a franchi la barre des 40 000 dollars dans un contexte tendu où les marchés financiers classiques, rivés sur les vaccins, attendent de meilleures nouvelles pour bien démarrer l’année. Le 8 janvier, la plus célèbre des crtyptomonnaies valait 40 655 dollars sur les plateformes électroniques après avoir drainé un volume de transactions de 86 milliards de dollars en l’espace de 24 heures.
Les prises de bénéfices n’ont guère pu freiner la hausse du bitcoin qui s’est bonifié de 6, 52 % en 24 heures et de 39, 7% sur les 7 derniers jours. Dans le sillage de la reine des crypto, Ethereum (ETH), coté à 1 196 dollars, s’illustre avec un volume de transactions record de 42, 6 milliards de dollars pour une hausse inédite de 64, 86% en 7 jours.
Le regain d’intérêt pour ces monnaies décentralisées, sans contrepartie réelle autre que l’appétit du gain ou le goût du risque, explique la hausse record de leur capitalisation boursière, qui a dépassé les 1000 milliards de dollars (1 112 milliards de dollars) contre un peu plus de 500 milliards de dollars en septembre. La théorie quantitative de la monnaie (MV = PY) semble avoir peu de prise sur les crypto-actifs. La quantité de bitcoin émise prévisible et publique atteindra 21 millions vers 2040, selon une fonction décroissante qui n’est pas liée aux politiques des Banques Centrales et qui est à l’abri de l’inflation. Monnaie de spéculation, le bitcoin n’est pas encore à proprement parler une monnaie d’échange.
S’il ne répond pas à la théorie de la monnaie, le Bitcoin, fixé par un rapport entre les forces acheteuses et vendeuses, observe parfaitement ou presque la loi de l’offre et de la demande. Utile et rare, la monnaie fondée en 2008 par le mystérieux Satoshi Nakamoto (un pseudonyme ?) valait 12 dollars en 2013, $20.000 en 2017 et 40 655 dollars le 8 janvier. Une hausse record appelée à rester ainsi tant que le bitcoin demeurera rare et utile et tant que le réseau des adeptes continuera à y croire dans cette monnaie dont personne ne connaît encore l’inventeur. Le mode de fonctionnement de cette monnaie issue du blockchain rejoint en tout cas la proposition du prix Nobel d’Economie, Friedrich August Hayek , en 1976, selon laquelle que pour obtenir la stabilité monétaire après l’éclatement du système de Bretton Woods, il fallait procéder à l’abolition du monopole d’émission de billets des banques centrales et mettre en place un système de concurrence entre des monnaies privées.
Tout à l’opposé, Milton Friedman, un autre Prix Nobel, préconisait que la Banque Centrale, détentrice du monopole de l’émission monétaire, doit injecter des liquidités en temps de crise. Si le Bitcoin donne raison à Hayek, le système d’assouplissement quantitatif adopté par la FED, la BCE et d’autres banques centrales, s’en tient plutôt à Friedman. A l’avenir, ces deux mondes entreront certainement en collision et il semble que le monde de Hayek, un ancien socialiste reconverti en libéralisme, défenseur de la liberté totale, de la liberté économique ensuite, a plus d’atouts et de cohérence avec l’air du temps que les tenants de la décision devant tomber d’en haut.  Albert Savana

TRENTE-SEPT MILLIARDS DE FRANCS CFA POUR LA PRODUCTION DE RIZ DANS LA VALLÉE DU FLEUVE

Dakar, 8 jan (APS) – Le Sénégal et le Japon procèdent dimanche à la signature de l’échange de note relatif au Projet de production de riz irrigué dans la vallée du fleuve Sénégal, d’un montant d’environ 37 milliards de francs Cfa, a appris l’APS des services de communication du ministère de l’Economie.
Les documents seront paraphés par Amadou Hott, ministre sénégalais de l’Economie, du Plan et de la Coopération, et Motegi Toshimitsu, ministre des Affaires étrangères du Japon.
Selon un communiqué transmis à l’APS, la cérémonie de signature se déroulera, à 11 h, dans la salle de conférences de la Direction générale de la planification et des politiques économiques.
La même source annonce qu’en marge de cette cérémonie, M. Hott pocédera également, avec le représentant de la JICA au Sénégal, à la signature de l’accord de prêt relatif au projet dont l’objectif est ’’d’améliorer la productivité du riz irrigué dans la vallée du fleuve, contribuant ainsi à l’amélioration de la sécurité alimentaire’’.OID/AKS

LA DPEE RELÈVE UNE BONNE TENUE DE L’ÉCONOMIE EN NOVEMBRE

Dakar, 8 jan (APS) – L’activité économique interne (hors agriculture et sylviculture) s’est renforcée de 3, 0%, en variation mensuelle, au mois de novembre 2020, souligne la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).

Dans le Point de conjoncture de novembre, la DPEE explique cette bonne tenue de l’activité par ‘’les performances du secondaire (+13, 0%), de l’administration publique (+3, 0%) et du primaire (+4, 9%)’’.

Toutefois, signale le document consulté par l’APS, ‘’le tertiaire s’est replié de 3, 5%, sur la période’’.
Selon le Point de conjoncture publié au plus tard 30 jours après la fin du mois, ‘’sur un an, l’activité économique s’est légèrement contractée (- 0, 4%), en novembre 2020, en raison des contreperformances du tertiaire (-4, 1%) et de l’administration publique (-8, 8%)’’.
Par contre, note t-il, ‘’les secteurs secondaire et primaire ont enregistré des hausses respectives de 10, 4% et 2, 6%, sur la période sous revue’’.
Le secteur primaire (hors agriculture et sylviculture) s’est conforté de 4, 9%, en variation mensuelle, à la faveur des bonnes performances du sous-secteur de la pêche (+34, 6%).
Toutefois, cette croissance a été atténuée par la baisse de 2, 8%, de l’activité d’élevage, relève le Point de conjoncture, soulignant que ‘’sur un an, l’activité du secteur a progressé de 2, 6%, en novembre 2020, liée à la bonne tenue de la pêche (+9, 4%) et des abattages contrôlés de viande (+0, 3%), dans une moindre mesure’’.
Le secteur secondaire s’est lui nettement, consolidé de 13, 0%, en variation mensuelle.
‘’Cette amélioration est, principalement, attribuable à la +production de la filature, du tissage et de l’ennoblissement textile+ (+44, 9%), à la construction (+18, 2%), à la fabrication de produits agroalimentaires (+4, 8%), aux activités extractives (+11, 8%) et à la fabrication de matériels de transport (+60, 2%)’’, explique t-on.
Toutefois, signale la DPEE, ‘’des contreperformances sont notées dans la fabrication de produits chimiques de base (-7, 5%), le +sciage et rabotage du bois+ (-18, 7%), la production de l’égrenage du coton (-92, 2%) et la fabrication de produits pharmaceutiques (-11, 8%)’’.
Elle ajoute que sur une base annuelle, l’activité du secteur ‘’s’est renforcé de 10, 4%, suite aux performances enregistrées au niveau des activités extractives (+43%), de la construction (+18, 4%), de la +production de la filature, du tissage et de l’ennoblissement textile+ (+18, 7%), du +travail du caoutchouc et du plastique+ (+40, 4%) et de la fabrication de matériels de transport (+90, 1%)’’.
La DPEE note en revanche que ‘’la fabrication de produits agroalimentaires (-6, 8%), la production de produits chimiques de base (-13, 0%), le +travail du cuir ; fabrication d’articles de voyage et de chaussures+ (-66, 6%), le +sciage et rabotage du bois+ (-21, 6%) et la +fabrication de papier, cartons et d’articles en papier ou carton+ (-17, 0%) se sont repliés sur la période’’.
En novembre toujours, le secteur tertiaire s’est contracté de 3, 5%, en variation mensuelle.
En cause, ‘’la contreperformance des +activités financières et d’assurance+ (-51, 7%), de l’+hébergement et restauration+(- 15, 6%), de l’enseignement (-2, 2%) et des +activités artistiques, culturelles, sportives et récréatives+ (-18, 0%)’’.

Le Point de conjoncture salue le bon comportement du commerce (+4, 1%), de l’information et communication (+13, 2%) et du transport (+5, 7%).

Il signale que sur un an, un repli de 4, 1% du tertiaire est noté en novembre 2020.
Ce repli est ‘’imputable aux +activités spécialisées, scientifiques et techniques+(-20, 7%), au commerce (-3, 7%), à l’+hébergement et restauration+ (-38, 6%), aux +activités financières et d’assurance+ (-17, 5%), à l’enseignement (-5, 7%) et aux +activités artistiques, culturelles, sportives et récréatives+ (-49, 7%)’’.OID

UNE BAISSE DES RESSOURCES BUDGÉTAIRES À FIN NOVEMBRE 2020

Dakar, 8 jan (APS) – La gestion budgétaire s’est illustrée à fin novembre 2020, par un solde déficitaire de 1.206, 9 milliards contre 543, 2 milliards un an auparavant, selon la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).
Dans le Point de conjoncture de novembre, la DPEE explique que ’’cette situation relève d’une exécution soutenue des dépenses publiques associée à une baisse de la mobilisation des ressources internes’’.
En effet, selon le document publié au plus tard 30 jours après la fin du mois, ’’les ressources mobilisées (2.411, 1 milliards) se sont repliées de 0, 5% contre un accroissement de 21, 9% des dépenses (3.618, 0 milliards), en glissement annuel’’.OID/ASB

UNE DÉGRADATION DU DÉFICIT COMMERCIAL EN NOVEMBRE (DPEE)

Dakar, 8 jan (APS) – Au mois de novembre 2020, le déficit commercial s’est dégradé de 53, 1 milliards, en rythme mensuel, pour s’établir à 169, 7 milliards, souligne la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).
’’Cette situation résulte d’une hausse des exportations de biens (+25, 5 milliards) moins importante que celle des importations (+89, 3 milliards), en variation mensuelle’’, explique la DPEE dans le Point de conjoncture de novembre.
’’Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations est estimé à 43, 2% contre 47, 71% en octobre 2020, soit un recul de 4, 5 points de pourcentage’’, souligne le document publié au plus tard 30 jours après la fin du mois.OID/ASB

FINANCES PUBLIQUES : Les recettes de l’État se sont renforcées de 6, 6% au mois d’octobre

https://www.jotaay.net Le solde commercial du Sénégal est ressorti au mois d’octobre à -151, 3 milliards contre -217, 2 milliards le mois précédent, soit une amélioration de 65, 9 milliards. Au sujet des finances publiques, les recettes totales de l’État dans la période sous revue se sont renforcées de 6, 6% par rapport au mois précédent.
Au cours de la période sous revue, les échanges extérieurs du Sénégal sont marqués par un recul de 2, 7% des prix à l’importation, contre un relèvement de 0, 7% de ceux à l’exportation, comparés au mois de septembre 2019. Ce qui entraine une amélioration des termes de l’échange qui se sont établis à 1, 2% au cours de la période sous revue.
Au mois d’octobre 2020, la compétitivité-prix de l’économie sénégalaise s’est améliorée en raison du Taux de change effectif réel (Tcer) qui s’est replié de 2, 9, en variation mensuelle. Cette situation fait suite à la stabilité du franc Cfa vis-à-vis des monnaies des partenaires commerciaux, dans un contexte de différentiel d’inflation favorable (-2, 9%).

Amélioration du solde commercial de 65, 9 milliards

Le solde commercial du Sénégal, au mois d’octobre 2020, est ressorti à -151, 3 milliards de francs Cfa contre -217, 2 milliards francs Cfa le mois précédent, soit une amélioration de 65, 9 milliards francs Cfa en valeur absolue. Cette situation est imputable à une baisse en variation mensuelle relativement plus accentuée sur les importations (-18, 9%) que sur les exportations (-1, 1%). Au sujet des finances publiques, les recettes totales de l’État du mois d’octobre 2020 se sont renforcées de 6, 6% par rapport au mois précédent. Cette situation est en liaison avec la hausse simultanée enregistrée sur les recettes fiscales (+6, 6%) et sur les recettes non fiscales (+7, 2%). Par contre, les recettes de l’Etat se sont rétrécies de 12, 8% en glissement annuel. En cumul sur les dix premiers mois de l’année 2020 par rapport à ceux de l’année 2019, les recettes totales se sont également contractées de 4, 9%.

Les salaires baissent de 7, 9% en octobre

Quant aux charges de personnel et effectif de la fonction publique, il ressort des repères statistiques que les salaires et l’effectif du personnel de la fonction publique ont diminué respectivement de 7, 9% et 0, 3% en octobre 2020, par rapport au mois précédent. En glissement annuel, les salaires du personnel de la fonction publique (+5, 1%) et l’effectif (+4, 3%) se sont en revanche accrus. La situation monétaire, au mois sous revue, est caractérisée par un fléchissement de 1, 1% de la masse monétaire M2 par rapport au mois précédent. Cette situation est expliquée par la baisse enregistrée sur les dépôts transférables (-3, 4%) atténuée par les autres dépôts inclus dans la masse monétaire (+0, 8%).Moussa CISS

Poursuite de la baisse des prix à la consommation en décembre

https://www.financialafrik.com Après un repli de 0, 5% enregistré au mois de novembre 2020, les prix à la consommation au Sénégal ont poursuivi ce mouvement avec un repli de 0, 7% au mois de décembre 2020, selon les données de l’Agence Nationale de la Statistique et de la démographie (ANSD).
L’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation du mois de décembre 2020 s’est établi à 108, 4 contre 109, 1 au mois précédent. « Cette évolution provient principalement d’une diminution des prix des services de  communication  (-4, 1%), des  produits alimentaires et boissons non alcoolisées  (-1, 3%) ainsi que des  articles d’habillement et chaussures  (-0, 3%) », explique l’ANSD.
En variation annuelle, les prix à la consommation ont progressé de 2, 4%. Selon l’ANSD, le taux d’inflation annuel moyen2 en 2020 s’est établi à +2, 5%.
L’inflation sous-jacente3 s’est réduite de 0, 2% en rythme mensuel et a progressé 1, 3% en variation annuelle. Les prix des produits locaux ont fléchi de 0, 8%, tandis que ceux des produits importés ont augmenté de 0, 2% au mois de décembre 2020 comparativement au mois précédent. En variation annuelle, ils se sont accrus, respectivement, de 2, 3% et 1, 8%. Albert Savana

UMOA : Hausse de +15% à 36 200 milliards FCFA des crédits bancaires à fin octobre 2020

https://www.sikafinance.com Les crédits bancaires dans l’UMOA ont poursuivi leur progression au cours des dix premiers mois de l’année 2020 pour s’établir à 36 211, 7 milliards FCFA (49 milliards d’euros), contre 31 560, 8 milliards FCFA (48 milliards d’euros) à la période de l’année 2019, soit un accroissement +14, 7% en glissement annuel
Comparé à fin septembre 2020 où le niveau des crédits bancaires ressortait à 34 839 milliards FCFA, on note une augmentation de plus de +1 200 milliards FCFA.
Cette évolution est essentiellement est due à l’activisme des banques sur le marché régional de la dette publique où elles ont orienté la plupart de leurs financements. A titre d’illustration, les concours des banques aux Etats sous forme d’acquisition de titres publics se sont accrus de +3 754 milliards FCFA à fin octobre 2020 en rythme annuel, contre une hausse de +755, 3 milliards FCFA pour les crédits accordés à l’économie réelle.
Au total, les créances sur les sur les Etats se sont établies à 12 592, 5 milliards FCFA (19 milliards d’euros) à fin octobre 2020, tandis que les crédits accordés au secteur privé ressortaient à 23 619, 2 milliards FCFA (36 milliards d’euros).
Dans le détail, les créances sur l’économie ont été tirées par les crédits accordés aux ménages (+298, 6 milliards FCFA) et les concours accordés aux entreprises privées (+456, 9 milliards FCFA).
On note en revanche une baisse de 11, 9% des financements des entreprises privées sous la forme de titres de dette ou de participation.Dr Ange Ponou

Les réserves de change de la BCEAO s’établissent à 10 550 milliards à fin octobre 2020

https://www.sikafinance.com Les réserves de change ou les avoirs détenus par la BCEAO en monnaies étrangères et en or se sont établies à 10 548, 9 milliards FCFA (16, 08 milliards d’euros) à fin octobre 2020, contre 9 015, 8 milliards FCFA (13, 74 milliards d’euros) à fin octobre 2019, soit une hausse de +1 533, 1 milliards FCFA en glissement annuel.
Cette évolution des réserves de change de la zone UEMOA est en lien avec les tirages effectués sur les ressources du Fonds monétaire international (FMI) qui ont induit une hausse de 1 185, 4 milliards FCFA des avoirs en Droit de Tirages Spéciaux (DTS) ainsi que des plus-values de +321, 3 milliards FCFA sur l’or monétaire.
Ce niveau de réserves peut donc permettre aux économies de l’Union de fonctionner normalement grâce notamment à la couverture de 5, 4 mois d’importations de biens et services.
Il correspond par ailleurs à un taux de couverture de l’émission monétaire par les réserves de change de 73, 9%, bien au-delà du seuil réglementaire de 20%. Ceci signifie que dans l’UEMOA les réserves de change couvrent jusqu’à 73, 9% de la masse monétaire en circulation, ce qui est un niveau très confortable.
En effet, afin de préserver la parité fixe avec l’euro, les Etats membres de l’Union doivent respecter certaines règles dans le cadre de la gestion de leurs réserves de change, notamment le fait que le taux de couverture extérieure de la monnaie qui est le rapport entre les avoirs extérieurs de la Banque Centrale et ses engagements monétaires (M1, M2 et M3), ne doit pas être inférieur à 20% pendant plus de trois mois consécutifs.Dr Ange Ponou

Mise en œuvre du projet Grand Tortue Ahmeyim : «Le retard de 11 mois accusé…, n’altère pas trop les prévisions»

https://www.lejecos.com Le retard de 11 mois accusé par la compagnie exploitante par rapport à la période initiale, n’altère pas trop les prévisions relatives à la mise en œuvre du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) selon Moustapha Bachir, directeur général des hydrocarbures de la Mauritanie. M. Bachir explique ses propos par « la mobilisation des deux Etats (Sénégal-Mauritanie) et les sociétés nationales, qui a permis de minimiser les impacts de la Covid-19, contrairement à certains projets dans le monde, en phase développement, qui ont été suspendus ou tout bonnement annulés ».
M. Moustapha Bachir répondant sur les conséquences de la pandémie par rapport aux prévisions de l’exploitation, notamment la fiscalité, partage d’information et la transparence, l’emploi etc., a tenu à préciser certains éléments complexes du projet sur lesquels la pandémie s’est greffée.
Pour le directeur général des hydrocarbures de la Mauritanie, qui intervenait lors d’un panel à l’occasion d’un dialogue parlementaire de haut niveau entre le Sénégal et la Mauritanie sur la gestion du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), tenu les 27 et 28 octobre derniers à Dakar, il s’agit entre autres de la durée de la phase de développement d’un projet gazier qui dure entre 10 à 15 ans et de la transfrontalité du projet qui est à cheval entre les deux pays et nécessitait un accord de coopération entre les deux Etats.
D’après le rapport qui qui sanctionne les échanges, pour M. Bachir, le projet était en avance par rapport à un projet classique. En conséquence, « cette marge positive a fait que le retard de 11 mois accusé par la compagnie exploitante par rapport à la période initiale, n’altère pas trop les prévisions, notamment à grâce de la mobilisation des deux Etats et les sociétés nationales, qui a permis de minimiser les impacts de la Covid-19, contrairement à certains projets dans le monde, en phase développement, qui ont été suspendus ou tout bonnement annulés ».
Dans la foulée, sur la question relative aux risques occasionnés au niveau des Etats, le document rapporte que M. Bachir assure qu’il n’y a pratiquement pas de craintes à se faire, au contraire cela devrait être une bonne opportunité pour eux de se préparer davantage sur les enjeux du contenu local afin de capter le maximum de dividendes possibles issus de l’exploitation.
En matière de prévisions de recettes, il a été précisé, selon la même source, que la part la plus importante commencera à être perçue durant la phase de production. D’ailleurs, un accord additionnel sur la fiscalité des sous-traitants a été signé entre les deux Etats en 2019, puisque n’étant pas prévu dans l’accord de coopération initial, révèle le texte.
A la question de savoir si la diligence notée dans l’exécution du projet par les Etats ne vicie pas l’obligation de transparence qui les incombe, M. MoustaphaFall de l’Initiative pour transparence dans les industries extractives (Itie) estime en effet qu’il arrive des situations qui poussent les investisseurs et les Etats à s’adapter au contexte et ceci demande parfois une accélération de certaines procédures. « La pandémie étant un cas de force majeure, nécessairement les acteurs s’adaptent pour essayer de garder la cadence », ajoute M. Fall.
Qui souligne toutefois qu’il faut préciser que dans les Constitutions des Etats, l’obligation de transparence dans la gestion des ressources naturelles y est posée. Par conséquent, les Etats n’ont pas le choix car, l’accès à l’information doit apparaître dans toute la chaine de valeur de l’exploitation, afin de respecter le principe de redevabilité vis-à-vis des communautés locales, soutient-il enfin.Bassirou MBAYE

Port Autonome de Dakar : La CSTTAO de Mamadou GUÈYE quitte le pavillon COSENI dans la gestion de la logistique pétrolière et gazière.

https://www.lejecos.com Après plusieurs mois de guerre feutrée dans les eaux sénégalaises pour décrocher le juteux marché de la logistique pétrolière et gazière au niveau du Terminal du Port autonome de Dakar, un Consortium sénégalais d’investissement (COSENI) qui avait été mis en place pour la gestion de la concession de la plateforme, se déleste d’une de ses entreprises membres, CSTTAO de Mamadou GUÈYE. Que s’est- il passé ? Des zones d’ombres.
Un véritable serpent de mer se cache sur le terminal pétrolier et gazier du Port autonome de Dakar. La société CSTTAO du discret chef d’entreprise Mamadou GUÈYE vient de jeter l’éponge du Consortium d’entreprises nationales dénommée COSENI. Révélé en exclusivité par Confidentiel Afrique dans une édition électronique datée mi août 2020, le retrait de la gestion de la plateforme logistique de l’armateur belge Sea Invest et du français Bolloré, avait suscité plusieurs questionnements dans le milieu portuaire. Comment ce juteux marché pouvait-il échapper à ces deux mastodontes de la manutention?
Des sources autorisées consultées à l’époque par Confidentiel Afrique renseignaient que le Directeur général Aboubacar Sadikh Beye avait subi une pression tous azimuts du fait de sa position intransigeante à l’option de la préférence nationale. D’ailleurs, glisse une source bien informée, le Président Macky SALL appelait de tous ses voeux les adjudicataires sénégalais qui répondent aux critères de se regrouper au sein d’un Consortium aux couleurs nationales fortes pour gérer ensemble la concession de la plateforme logistique pétrolière lancée par le Port autonome de Dakar.
Le COSENI, porté sur les fonts baptismaux dans cette dynamique  et regroupant des sociétés comme ATOS, GLP, SLP, Senbase Logistics, TRAMAR, MLT, CSTTAO et le PAD se chargent de la gestion et de l’exploitation de la plateforme logistique via Sénégal Supply Base. Un vent d’optimisme soufflait jusque là sur la plateforme. Le pavillon national prenait du cran et affichait des ambitions sérieuses dans la gestion de l’industrialisation de cette gigantesque plateforme logistique pétrolière et gazière, qui s’étend sur un domaine de 3ha. Avant le départ inattendu et tombé comme un couperet de l’entreprise CSTTAO de Mamadou GUEYE. Que s’est-il passé ?
Selon des informations crédibles en possession de Confidentiel Afrique, la cohabitation des entreprises nationales au sein du COSENI n’est pas du tout aisée. Certaines même seraient sur le point de quitter le navire.  Pour l’instant, rien n’a filtré du côté du Consortium, qui semble depuis des semaines battre de l’aile. Dans le portage du capital du COSENI qui s’élève à 2, 5 milliards FCFA, CSTTAO devrait libérer dès la constitution la somme de 75 millions de FCFA. Pour rappel, Sénégal Supply Base est la société d’exploitation mise en place par ce petit conglomérat d’entreprises nationales au niveau de la plateforme logistique pétrolière et gazière. Un coup dur pour le Directeur Général du Port autonome de Dakar, Ababacar Sadikh BEYE.ConfidentielAfrique

Commercialisation de l’arachide : Les fortes recommandations des acteurs de la filière.

https://www.dakaractu.com Le directeur de cabinet du Ministère de l’agriculture et de l’équipement Rural, Moussa Mbaye, a présidé le panel de haut niveau sur le thème ‘’La campagne de commercialisation de l’arachide, enjeux et défis dans un contexte de Covid-19 : la parole aux acteurs.‘’ Cette rencontre tenue à travers un webinaire par l’IPAR en collaboration avec le CNCR, a regroupé plus de 300 participants.
L’objectif de la rencontre était d’offrir un cadre d’échanges pour les différents acteurs de la filière arachide sur les mesures relatives à la campagne de commercialisation, l’état de la mise en œuvre de la campagne. S’y ajoutent les recommandations et perspectives de la filière dans le contexte de la Covid-19, du PAP2A et du démarrage futur de l’agropole centre dont l’arachide est l’une des filières prioritaires.
Durant les discussions, plusieurs points ont été abordés. Il s’agit entre autres une réorganisation de l’interprofession, un besoin urgent en réforme de la gouvernance de
la filière arachide.
S’exprimant sur la productivité, les acteurs ont soulevé une faiblesse sur les rendements de l’arachide. Ce qui à leur avis justifie l’attention particulière portée sur la fixation du prix au producteur.
Ils se sont aussi exprimés sur l’obsolescence des textes régissant la filière arachidière. Selon eux, ces textes sont en déphasage avec les changements structurels survenus ces deux dernières décennies. Ainsi, une révision de la réglementation en conformité avec l’environnement actuel s’impose. La nécessité d’un consensus autour des statistiques agricoles pour guider les politiques publiques et la prise de décisions ainsi que le besoin de concertation, la tenue des assises de l’arachide ont fortement été recommandés par les actes de la filière.
Louis Michel Cissé, Coordinateur achat graine de la SONACOS SA, Ousmane Ndiaye, Directeur Général de ASPRODEB, Nicolas Brugvin, Directeur Général de la COPEOL, Habib Thiam, Président de COPEGA), Malick Ndiaye, Directeur Générale de La Banque Agricole, Dr Ibrahima Athie entres autres, ont pris part à ce webinaire…

FILIERE ARACHIDE : Se réinventer ou disparaître

http://www.enqueteplus.com Les différents acteurs de la filière arachidière ont échangé hier en webinaire organisé par l’Initiative prospective agricole rurale et le Cadre national de concertation des ruraux, autour du thème ‘’Campagne de commercialisation de l’arachide : enjeux et défis dans un contexte de Covid-19’’. Il a été question d’identifier les couacs et de proposer des solutions durables.
La campagne de commercialisation de l’arachide, lancée en novembre, est loin d’être un fleuve tranquille, comme chaque année. Le fait saillant de cette période cruciale d’une filière stratégique pour le Sénégal, n’est autre que la dissonance notée entre les producteurs et la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos). Les premiers ont tourné le dos aux seconds pour vendre plus cher leur production aux exportateurs étrangers. En vue de rétablir son équilibre et pouvoir couvrir ses charges fixes, l’entreprise propose un blocage des exportations en début de campagne jusqu’à la satisfaction des besoins des huiliers à au moins 70 %.
Elle préconise, en outre, la préservation du capital semencier et la réglementation de l’importation d’huile raffinée qui permettra aux huiliers d’écouler leurs marchandises. Cela en vue d’obtenir des financements à court terme pour les fonds de commercialisation de l’arachide et, à long terme, investir dans l’achat de nouveaux équipements et fournir d’autres produits dérivés.
Selon le coordonnateur achat graines de la Sonacos, le problème actuel découle de plusieurs dysfonctionnements. ‘’Le mode de détermination du prix au producteur est en déphasage avec les prix constatés sur le marché local. On a besoin de mettre en place un organisme d’arbitrage pour voir les tendances de prix sur le marché et qui va participer à la fixation du prix au producteur. Normalement, les huiliers doivent être à même de couvrir 30 % des besoins nationaux en huile, soit 200 000 tonnes. Mais pour y arriver, il faudrait qu’ils puissent disposer d’un approvisionnement correct en graines’’, explique Louis Michel Cissé.
Ce dernier demande que la Sonacos serve d’intermédiaire entre les producteurs et les exportateurs.
L’entreprise a une capacité de transformation de 360 000 tonnes d’arachide qu’elle peine à atteindre depuis des années. C’est un problème d’approvisionnement en matière première, selon M. Cissé. Qui ajoute que ‘’les charges fixes ne peuvent être couvertes que par de l’activité. Si
on n’a pas de matière première, ce ne sera pas possible. Aujourd’hui, face à la Covid-19, chaque nation doit compter sur ses propres ressources et exporter l’excédent. Qu’on nous donne un minimum pour pouvoir fonctionner’’.

‘’A chaque campagne, il y a des frustrations’’

Ce cadre d’échange a permis aux producteurs de toucher du doigt les principaux goulots d’étranglement de la commercialisation de l’arachide. Tout part de la productivité qui, selon leur analyse, est en baisse. ‘’A chaque campagne, il y a des frustrations et c’est souvent lié au prix. Pourtant, il ne doit pas constituer une difficulté, s’il est basé sur les dépenses du producteur et le rendement à l’hectare. En moyenne, c’est entre 600, 700 kg à l’hectare. Il est impossible qu’on ait, dans ces conditions, des prix compétitifs pour les transformateurs et les exportateurs. De plus, il est extrêmement rare que tous ces acteurs se mettent autour d’une table pour discuter sérieusement des contraintes. J’estime que la concertation est la voie pour redresser cette filière’’, fait savoir le directeur général du Cadre national de concertation des ruraux (CNCR).
Les textes réglementaires, selon Ousmane Ndiaye, sont en déphasage avec la réalité du terrain. Le décret de 1985 organisant la commercialisation de l’arachide trouvait sa pertinence dans le fait que l’Etat était le seul acheteur. Or, le secteur a été libéralisé en 2014. ‘’J’interpelle, poursuit-il, les acteurs privés et les industriels pour voir comment, ensemble, on peut proposer une réforme. Car c’est nous qui subissons ces textes. On doit s’organiser pour que la fixation du prix puisse refléter les intérêts des différents acteurs et améliorer la productivité de l’arachide. Nous devons prendre les devants et non attendre l’Etat qui a fait beaucoup d’efforts.

Mais où va l’argent que le gouvernement mobilise pour la filière ?’’.

L’agriculteur plaide pour une contractualisation entre des producteurs organisés et des transformateurs organisés. C’est le cas entre l’Association sénégalaise pour la promotion du développement à la base (Asprodeb) et la Compagnie d’exploitation des oléagineux depuis quatre ans. Toutefois, l’environnement institutionnel entrave la mise en œuvre de cette contractualisation.
En effet, les services du ministère du Commerce s’opposent à l’activité directe entre les producteurs et les privés. A en croire la tutelle, cette révision des textes est prévue. Dans la même dynamique, il a été mis en place un Comité interministériel de suivi des exportations de l’arachide.
De l’avis du directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, Moussa Mbaye, ‘’c’est bon d’avoir beaucoup d’étrangers. Mais sans une meilleure concertation, cela pourrait créer des risques sur la reconstitution du capital semencier et sur l’approvisionnement correct des huileries. Le Sénégal a une réglementation fournie, mais en déphasage avec la pratique. Ce sont les acteurs qui agissent en marge de cette réglementation’’.
Pour les acteurs, la Covid-19 a montré la grande vulnérabilité du Sénégal quant à sa production intérieure expliquant son exposition aux fluctuations extérieures. Une restructuration de la filière arachidière, qui est historiquement un pilier économique, s’impose. ‘’Nous devons réaliser cette autosuffisance alimentaire, d’où la nécessité d’améliorer notre production nationale, tant pour l’arachide que les autres céréales. Cela, afin d’augmenter notre résilience.
La pandémie nous donne l’occasion de nous ressaisir pour mieux gouverner notre filière.
Aujourd’hui, la demande est forte ; il faut en profiter pour repositionner le Sénégal et redéfinir nos objectifs en fonction de cette demande’’, pense pour sa part le directeur général de la Banque agricole, Malick Ndiaye.

Une contradiction dans les statistiques

Certains acteurs, notamment les huiliers, estiment que la production est plus faible cette année, pendant que le gouvernement parle d’une hausse de 400 000 tonnes. Selon le directeur de la Copeol, Nicolas Brugvin, ‘’on est dans des chiffres complètement surréalistes. La réalité, c’est que la filière arachidière est mourante. Le Sénégal est resté sur un style mono produit et s’est focalisé sur la production d’huile. Toutes les usines sont à l’arrêt depuis trois ans. Il n’y a pas de transformation. Le ministère a signé un accord avec la Chine, sans aucune concertation et elle est favorisée au détriment de l’industrie sénégalaise. Lorsque la Chine aura comblé son déficit de production, les producteurs sénégalais risquent de se retrouver avec leurs récoltes sur les bras et cela peut arriver à la prochaine campagne’’.

‘’La Cenia ne représente personne’’

Au-delà de proposer des pistes de solution, les acteurs ont, à l’unanimité, réclamé la réforme total du Comité national interprofessionnel de l’arachide (Cenia) ou sa dissolution. ‘’Il y a une pléthore d’acteurs dans la filière. On ne sait pas qui fait quoi. Il revient au ministère de repérer les véritables acteurs et de retirer ceux qui polluent la discussion et la prise de disposition, car ils sont dans le Cenia, mais ne produisent pas un seul kilo d’arachide’’, défend Ousmane Ndiaye.
Selon les participants, la multiplicité de nouveaux acteurs dans la commercialisation qui ont intégré l’interprofessionnelle ont des intérêts desservant le partage des risques commerciaux.
‘’Le Cenia ne représente personne. Toute la gouvernance a été reprise par le ministère qui poursuit des objectifs différents de ceux des producteurs. Il n’y a plus de filière, mais une production déclinante. Il faut laisser la gestion aux acteurs et liquider le Cenia’’.
Depuis le XIXe siècle, 50 % de la superficie du Sénégal est occupée par la culture d’arachide. Le secteur emploie deux tiers de la population rurale et près d’un tiers des ménages produit de l’arachide. Malgré son importance, il occupe seulement 4 % de la production d’huile face à une percée de l’huile de palme au Sénégal.EMMANUELLA MARAME FAYE

Tensions en vue : des transporteurs sénégalais menacent de s’attaquer aux Marocains établis à Dakar

https://www.pressafrik.com Les transporteurs de marchandises de la liaison Dakar-Maroc-Dakar, coincés depuis le mois de mars en plein Sahara dans la frontière entre le Maroc et la Mauritanie, dans la zone tampon appelée Handahar, se sont donnés rendez-vous, ce vendredi devant les locaux de l’Ambassade du Maroc à Dakar, où ils ont tenu un sit-in. Ils accusent les autorités marocaines d’avoir pris leurs véhicules pleins de marchandises pour
les conduire au niveau de leur douane.
Certains de leurs bagages ont été brûlés, d’autres volés selon eux. Désemparés, ces pères de familles lancent un cri de détresse aux Gouvernements du Sénégal et du Maroc à réagir à leur situation. Ils menacent de s’attaquer aux transporteurs, et commerçants marocains basés à Dakar, si les autorités ne réagissent pas.
« Nous, les transporteurs de l’axe Sénégal-Maroc, sommes victimes d’une certaine injustice. Nos véhicules ont été bloqués depuis le mois de mars en plein Sahara de la frontière entre le Maroc et la Mauritanie dans la zone tampon, appelé Handahar suite à la fermeture des frontières à cause de la Covid-19. Le temps que les frontières soient ouvertes, pour reprendre nos activités, le 22 novembre passé 2020, les Marocains sont venus à la frontière où ils ont trouvé nos véhicules garés. Ils ont brûlé nos bagages, d’autres ont été volés, et conduit nos véhicules dans le territoire marocains. Depuis, nous interpellons nos autorités sénégalais, ils n’ont pas réagi », martèle Vieux Tamsir Guissé porte-parole des transporteurs.
Très en colère contre les autorités, M. Guissé précise : « Khalil Seck, l’ambassadeur du Sénégal au Maroc a été saisi, le Directeur des Sénégalais de l’extérieur Amadou François Gaye, le ministre des Affaires étrangères, les chefs religieux, ont tous été informés. Nous sommes des soutiens de famille. Les marchandises des gens que nous transportons nous créent des problèmes chaque jour. Ces derniers font des publications dans les réseaux sociaux, nous traitent de voleurs. Nous n’avons jamais voulu en arriver là. Nous interpellons le Roi du Maroc, et le Président Macky Sall à réagir ».
Poursuivant ses propos, il ajoute : « Nous n’avons peur de rien. Qu’on nous mette en prison, mais nous allons faire face aux marocains marocains ici au Sénégal. Nous savons où se trouvent les transporteurs marocains, les commerçants marocains aussi. On est fatigués ».
Piquant une colère noir, Vieux Tamsir Guissé ne pouvait plus tenir debout. Il a piqué une crise et est tombé aussitôt en transe. Ces camarades se sont occupés de lui, jusqu’à ce qu’il a reprenne conscience.

LA GROGNE DES TRAVAILLEURS DES HÔTELS, BARS ET RESTAURANTS

http://www.emedia.sn Les travailleurs des hôtels, bars et restaurants ne goûtent pas la nouvelle batterie de mesures de restriction brandie par le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome. Dont l’arrêté n°06-01-2021 – 00030 interdit « tous cortèges, défilés, rassemblements et manifestations sur la voie publique, les réunions publiques et privées, baptêmes, mariages, réceptions et les manifestations religieuses ». Ainsi que « tout rassemblement dans les lieux recevant du public, notamment les hôtels, les salles de spectacles, les dancings, les bars, les cafés, les salons de thé, les plages, les marchés hebdomadaires ainsi les que les terrains et salles dédiées au sport ». Ce, après l’instauration, par le chef de l’État, Macky Sall, de l’état d’urgence assorti du couvre-feu de 21 à 05 heures.
« Le syndicat national des travailleurs de l’hôtellerie, bar, restaurant, dit non au couvre-feu », répond Mansour Gaye, Secrétaire général du syndicat en question, arguant que ces mesures vont avoir un impact « négatif » sur un secteur agonisant depuis le début de la pandémie.
Dans tous leurs états, Gaye et Compagnie annoncent une marche nationale dans les prochains jours.
Par ailleurs, ils réclament des « éclaircissements » sur les fonds du plan de résilience alloués au secteur. « Il faut qu’on donne la liste des bénéficiaires parce qu’on ne peut pas comprendre que des structures (hôtelières) continuent de licencier en masse pour motif économique ». Dié BA

SAMBA SY : «LA SITUATION NE NÉCESSITE PAS ENCORE UN AJUSTEMENT DES HORAIRES DE TRAVAIL»

http://www.emedia.sn Les entreprises peuvent s’organiser à l’interne pour aménager les horaires de travail de leurs employés. C’est en substance la réponse fournie par le ministre du Travail, du Dialogue social et des Relations avec les Institutions sur le débat relatif aux heures de descente des travailleurs suite à la mesure du couvre-feu.
Pour Samba Sy, une situation exceptionnelle nécessite forcément des mesures exceptionnelles. « Il est important que nous en prenions la pleine mesure de la situation. Cela signifie que nous avons un effort collectif à faire, un effort d’organisation, de discipline, d’engagement pour essayer de nous en sortir », fait savoir M. Sy ne jugeant pas nécessaire, pour le moment, de prendre des mesures pour réduire les heures de travail comme ce fut le cas en mars 2020. « Pour l’instant, l’heure à laquelle le couvre-feu démarre, rapportée aux horaires de descente, de manière globale, en nous organisant au mieux, on peut ne pas retoucher dans l’immédiat aux horaires. Maintenant, il ne peut pas y manquer des situations particulières qui vont commander des ajustements. Mais, tout est dans le commerce que les différentes parties devraient pouvoir entretenir pour pouvoir faire au mieux. L’organisation interne du travail est tributaire de la loi de manière globale mais rien n’interdit que des mesures à l’interne discutées puissent être prises pour s’accorder sur le mieux à faire », a rappelé le ministre. Babacar FALL

CORONAVIRUS : BILAN JOURNALIER INÉDIT DE 13 DÉCÈS ET 328 CAS POSITIFS

Dakar, 9 jan (APS) – Au total, 328 nouveaux cas positifs de coronavirus et 13 décès supplémentaires ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures au Sénégal, évoquant une vague sans précédent de contaminations, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale
Ces nouvelles contaminations proviennent de tests virologiques réalisés sur un échantillon de 2.555 individus, représentant un taux de positivité de près de 13 %, a indiqué le porte-parole du ministère de la Santé lors du point quotidien sur la situation de l’épidémie dans le pays.
Le docteur El Hadji Mamadou Ndiaye a précisé que les 120 nouvelles infections étaient des cas contacts jusque-là suivis par les services sanitaires, les 208 autres étant issus de la transmission communautaire.
Ces infections de source inconnue ont été localisées à Dakar et dans différentes localités du Sénégal, traduisant une diffusion continue de la maladie sur l’étendue du pays
Le directeur de la Prévention a dans le même temps annoncé 13 nouveaux décès, ce qui porte à 459 le nombre de personnes ayant succombé à la maladie depuis son apparition dans le pays.
Dans le même temps, 112 patients ont été contrôlés négatifs et déclarés guéris, alors que 32 autres sont dans un état grave, a souligné le docteur Ndiaye.
Il a indiqué que le pays avait officiellement enregistré 21.000 cas positifs de Covid-19 depuis le 2 mars dernier dont 18.128 guéris et 2.412 patients à ce jour sous traitement.AKS

Covid-19 à Kaolack : 48 cas positifs en 48 heures… 547 cas confirmés et 1076 contacts suivis.

https://www.dakaractu.com Ce samedi 09 janvier 2021, 26 prélèvements sont revenus positifs. Il s’agit de : 18 cas communautaires et 02 contacts de Kaolack,  02 contacts de Nioro, 02 cas communautaires de Guinguinéo.
Hier, la région a enregistré 22 cas positifs dont 15 communautaires. Ainsi, en l’espace de 48 heures, Kaolack a totalisé 48 malades avec 52 décès répertoriés depuis le début de la pandémie. Au total, 547 cas sont confirmés, 1076 contacts suivis, 30 cas sont actuellement isolement, 310 sont guéris…

CONFIRMATION D’UNE EPIDEMIE DE GRIPPE AVIAIRE AU SENEGAL : Un échec du système national de surveillance épidémiologique des maladies animales

https://www.jotaay.net Le Sénégal a signalé une épidémie de grippe aviaire hautement pathogène H5N1 dans un élevage de volailles. L’annonce a été faite hier jeudi par l’Organisation mondiale de la santé animale (Oie) qui cite un rapport des services vétérinaires du Sénégal. Un échec du système national de surveillance épidémiologique des maladies animales (Snse)  qui n’a pas pu atteindre ses objectifs parmi lesquels «le maintien de notre statut de pays indemne de grippe aviaire hautement pathogène», comme fixé par un rapport de la Direction des services vétérinaires publié en 2018.
La grippe aviaire est signalée à Thiès. Il s’agit de l’épidémie de grippe aviaire H5N1, hautement pathogène, qui s’est déclarée dans un site. À en croire l’organisation intergouvernementale chargée d’améliorer la santé animale dans le monde, l’épidémie a fini de tuer plusieurs dizaines de milliers de volailles. Les animaux restants dudit site ont été abattus, a déclaré l’Organisation mondiale de la santé animale. «L’épidémie, qui s’est déclarée dans la région de Thiès a tué 58.000 oiseaux dans le troupeau de 100.000 personnes, les animaux restants étant abattus», a déclaré l’Organisation mondiale de la santé animale, citant un rapport des services vétérinaires du Sénégal.
La grippe aviaire désigne les différentes formes de la maladie causée par le virus de la grippe qui infecte les oiseaux sauvages et les oiseaux domestiques. Lorsqu’elle touche les oiseaux, la maladie est également connue sous le nom d’influenza aviaire ou, anciennement, de peste aviaire.

Quand le Sénégal décrétait «le maintien de notre statut de pays indemne de grippe aviaire hautement pathogène»

Et le moins qu’on puisse dire c’est que cette épidémie de grippe aviaire sonne comme un échec du système national de surveillance épidémiologique des maladies animales (Snse)  dans le pays. En effet, dans un rapport publié en 2018 par la Direction des services vétérinaires, il est fait mention en guise de perspectives pour contribuer à la sécurité alimentaire et à la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale «le maintien de notre statut de pays indemne de grippe aviaire hautement pathogène».
En 2017, l’État du Sénégal a alloué un milliard de F Cfa au Programme de renforcement de la protection zoosanitaire dont 900 millions de F Cfa pour la Protection zoosanitaire et 100 millions de F Cfa pour la sécurité sanitaire des denrées alimentaires d’origine animale.
Il faut dire que le Sénégal n’est pas le seul pays violemment touché par une épidémie de grippe aviaire. En France par exemple, plus de 200.000 canards ont été abattus. Le dernier bilan du ministère de l’Agriculture fait état de 61 foyers de grippe aviaire au 1er janvier dernier.Sidy Djimby NDAO

COUVRE-FEU PARTIEL : Incohérences Par Mamadou Thierno TALLA

http://toutinfo.net L’Etat reconfine. Cette fois-ci seules les populations des régions de Dakar et de Thiès qui sont créditées des 90% des malades du COVID-19 sont concernées par cette mesure marquée particulièrement par un état d’urgence et un couvre-feu de 21 h à 5 h du matin. Revoilà les difficultés de mobilité, les tracasseries policières, les contrôles à la limite des deux régions-clé. La deuxième vague du Covid qui charrie plusieurs morts au quotidien en est la cause officielle. Mais cette mesure recèle bien des incohérences.
La pandémie se répand plus le jour que la nuit. Il ne suffit pas d’être le Pr Seydi, le Dr Mamadou Ndiaye ou le Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye pour le savoir. Les transports publics et les marchés sont bondés le jour et vidés le soir; l’activité économique est plus diurne que nocturne et elle est à 80% concentrée dans ces deux régions.

Pire, fermer Dakar et Thiès, c’est fragiliser davantage les hôtels, bars et restaurants déjà trop fortement secoués par la maladie du siècle dont le nombre de morts dépasse les 400 au Sénégal et frôle les 2 millions à travers le monde.

C’est aussi ralentir tous les échanges avec les autres dont on connaît la dépendance vis-à-vis de Dakar et Thiès, passage obligé pour rallier la capitale.
Cet état d’urgence et ce couvre-feu sont loin de résoudre le problème de la propagation du COVID-19.
Depuis le début de la pandémie, l’Etat n’a jamais pris de fortes, sauf dans les transports et les écoles, pour juguler le mal. Cloîtrées le soir, les populations ont vaqué à leurs occupations diurnes tranquillement ou presque. Paradoxalement, c’est quand la pandémie s’est aggravée que l’Etat qui aurait dû montrer sa force régalienne, a décéléré sans jamais confiner tout le pays de jour, ne serait-ce que pendant une semaine au moins. Cette fois-ci, ce sont Dakar et Thiès qui sont sous la contrainte du couvre-feu. Cette mesure a-t-elle un caractère logique ? Difficile d’en être convaincu. Le confinement de Dakar et Thiès est la véritable mesure que devait prendre le Président Macky Sall. Hélas ! A moins de trouver notre salut dans l’usage du vaccin annoncé, on n’est pas encore délivré du COVID-19.

Pertinence du couvre-feu : «il apporte toujours quelque chose à la riposte…notre challenge, c’est de gérer les cas graves et les cas sévères, sinon…» Dr Bousso

https://www.dakaractu.com Le directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire Dr Abdoulaye Bousso, , s’est exprimé sur la pertinence ou pas du couvre-feu, au moment où certains habitants de quelques quartiers de Dakar et de Thiès, manifestent dans la rue.
Le Dr Bousso a d’abord, sur la TFM, tenu faire un rappel sur ce qui a poussé à l’urgence de la mise en place de mesures dans le but d’endiguer la pandémie.  » Le mois de décembre dernier a été le mois des records, c’est le mois où nous avons eu le plus de cas depuis le début de l’épidémie. Nous avons également eu des décès considérables » souligne le directeur du centre des opérations d’urgence sanitaires en rappelant au passage que depuis le mois de Novembre, les cas ne font qu’augmenter.
En réalité, quand les services de réanimation commencent à être sous stress, les cas graves se multiplient, les décès également prennent des proportions, une posture particulière s’impose. Dès lors, s’impose respect des mesures barrières, principales forces de prévention contre le virus, d’autant que le relâchement a été visible à plusieurs niveaux.
Ainsi, pour lui, cette deuxième phase de couvre-feu est une bonne décision, dans la mesure où  » 2h ou même 3h d’arrêt de circulation seraient bonnes pour la lutte contre
le virus ». Cela permet alors d’éviter une part de contamination.
Le challenge restant la gestion à travers de de très fortes mesures, des cas graves et sévères qui ne cessent d’augmenter. C’est à la limite, obligatoire d’après le directeur du centre des opérations d’urgence sanitaires qui demande aux populations de ne pas provoquer la situation catastrophique qui prévaut dans les autres pays.

Covid-19 à Touba : <<Des cas suspects refusent de se faire dépister et ils vont transmettre le virus…>> (Médecin-chef)

https://www.seneweb.com Le district sanitaire de Touba rencontre énormément difficultés parfois pour faire des prélèvements sur certaines individus suspectés d’être porteurs du coronavirus.
Ces derniers refusent catégoriquement le test selon le médecin-chef. Dr Ndeye Maguette Diop est d’avis que ces récalcitrants vont transmettre le virus à d’autres personnes.
Face à la recrudescence des cas positifs et de décès dans la capitale du mouridisme, elle invite les populations de Touba à s’engager dans la lutte communautaire.
Selon des sources de Seneweb, le district sanitaire de Touba a enregistré une trentaine de décès lors de la deuxième vague de Covid-19.

POROKHANE ET COVID-19/Serigne Mountakha Mbacké renonce à sa tenue le 25 février prochain.

https://www.dakaractu.com L’édition 2021 du magal de Porokhane initialement fixée pour le 25 février prochain n’aura finalement pas lieu à la date indiquée. Telle a été, en effet,  la décision de Serigne Mountakha Mbacké Bassirou.  Le Khalife de Serigne Bassirou et par ailleurs Khalife Général des Mourides l’a personnellement fait savoir au comité d’organisation de l’événement,  ce vendredi,  à Touba.
Serigne Mountakha Mbacké expliquera clairement aux organisateurs que cette nouvelle orientation est causée par la recrudescence de la pandémie de la Covid-19 qui connaît, désormais, une très rapide propagation. Il ne manquera pas de signaler que les rassemblements sont de nature à favoriser la contamination. Le chef religieux n’aura, toutefois,  communiqué une nouvelle date.

LES IBADOU RAHMANE APPELLENT À LA CRIMINALISATION DE L’HOMOSEXUALITÉ AU SÉNÉGAL

Thiès, 8 jan (APS) – La Jamatou Ibadou Rahmane (JIR) a appelé les autorités sénégalaises à adopter une loi qui criminalise « clairement » l’homosexualité au Sénégal, dans une déclaration faite vendredi à Thiès (ouest).
Dans la déclaration lue par son secrétaire général adjoint, Mohamed Guèye, à son siège, la JIR « demande aux autorités, y compris l’Assemblée nationale, d’initier une loi criminalisant clairement l’homosexualité au Sénégal ».

En matière de sexualité, la loi sénégalaise condamne les actes contre nature, sans faire cas, à proprement parler, de l’homosexualité.

La déclaration a été rendue publique lors d’une conférence de presse donnée par l’association musulmane à la suite d’un séminaire organisé du 21 au 23 décembre à Saly-Portudal (ouest).
Selon plusieurs médias, la proposition d’introduire dans les programmes scolaires sénégalais un cours d’éducation à la sexualité aurait été faite lors de ce séminaire.
La proposition en question suscite un tollé, des syndicats d’enseignants et des organisations religieuses la considérant comme la porte ouverte à la promotion de l’homosexualité dans les écoles.
La JIR va au-delà de ce qui aurait été suggéré lors du séminaire de Saly-Portudal en réclamant aux autorités sénégalaises le « retrait de tous les termes équivoques et polémiques, de notre corpus juridique et de nos structures administratives, qui ont trait à l’homosexualité ».
Il s’agit, précise-t-elle, des notions de « genre », d’ »orientation sexuelle », etc. Ses membres estiment que les cellules dédiées à ces thématiques dans les ministères et les autres institutions de l’Etat doivent changer de dénomination.

La « cellule de promotion de l’équité entre les sexes », par exemple, pourrait remplacer la cellule chargée du genre, suggère la JIR.

L’association invite aussi les guides religieux, musulmans et chrétiens, les organisations de la société civile, les syndicats des travailleurs, les activistes et les leaders d’opinion à « agir ensemble pour mettre un terme (…) à toutes les tentatives d’imposition progressive de l’homosexualité dans tous les secteurs ciblés (éducation, médias, santé, etc.) ».
Mohamed Guèye et ses camarades saluent le « sens des responsabilités » des syndicats d’enseignants, qui ont sonné l’alerte « contre le danger qui menace l’éducation [des] enfants », à la suite de la proposition faite à Saly-Portudal. Ils les invitent à « rester vigilants »
La JIR se réjouit de la « réaffirmation de la posture courageuse » du gouvernement sénégalais et salue son « refus » de l’introduction d’un cours consacré à la sexualité dans les programmes scolaires.
Un rapport de l’Unesco (l’agence des Nations unies chargée de l’éducation, de la science et de la culture) consacré au séminaire de Saly-Portudal « confirme que l’éducation complète à la sexualité est une terminologie rejetée par les autorités ministérielles et politiques » sénégalaises, affirme la Jamatou Ibadou Rahmane.
Elle réclame aux autorités du Sénégal une « note officielle de récusation des recommandations du rapport SERAT », qui désigne un outil d’analyse de l’éducation à la santé de la reproduction mis au point par l’Unesco.

La JIR « encourage le ministère de l’Education nationale à poursuivre les efforts salutaires entamés pour la prise en compte effective de nos valeurs religieuses et traditionnelles dans le programme d’éducation de nos enfants »

Pour y arriver, conseille-t-elle, il faut veiller au « renforcement de l’enseignement religieux, tant musulman que chrétien, avec la [vulgarisation] des nombreux écrits des figures religieuses du pays ».
Les enseignements des figures religieuses sénégalaises peuvent « contribuer significativement à l’amélioration de l’éducation morale et à la protection des filles et des garçons en milieu scolaire ».
La Jamatou Ibadou Rahmane « déplore l’utilisation des institutions internationales et des organisations de la société civile par les lobbies LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) ».
Elle leur reproche de vouloir « imposer leur agenda, sous le couvert des droits de l’homme et des objectifs du développement durable ».
La Jamatou Ibadou Rahmane rappelle à l’Unesco son engagement à « créer les conditions d’un dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples », sur la base du « respect des valeurs partagées par tous ».
« Or, l’homosexualité, sous toutes ses formes, n’est pas une valeur partagée par le peuple souverain du Sénégal », argue-t-elle.ADI/ESF/BK

MANIFESTATIONS LORS DE LA 1re NUIT DU COUVRE-FEU : FDS et autorités administratives avaient sous-estimé la situation

http://www.enqueteplus.com La première nuit du couvre-feu a été chaotique, à Dakar et dans sa banlieue. Il s’avère que les forces de défense et de sécurité (FDS) et les autorités administratives n’avaient pas pris la pleine mesure du ras-le-bol des populations. Tous les commissaires de Dakar se sont réunis, hier, pour rectifier et parer à toute éventualité.
Mardi dernier, contre toute attente, le chef de l’Etat a annoncé le retour, dès le lendemain, de l’état d’urgence et du couvre-feu à Dakar et à Thiès, de 21 h à 6 h. Cela a donné lieu, avant-hier nuit, à des scènes de chaos et de violence inouïe. Les jeunes sont sortis massivement, dans certains quartiers de la capitale, pour manifester leur désaccord à la décision présidentielle. Ils ont brûlé des pneus, barré la circulation et attaqué des édifices publics, comme le cas du commissariat de Guinaw Rails.

Ces manifestations ont duré une bonne partie de la nuit.

Des sources sécuritaires contactées pour savoir comment ces manifestations d’une telle ampleur ont pu se dérouler, sans que les forces de l’ordre n’aient pu anticiper, renseignent que les forces de défense et de sécurité et les autorités administratives avaient un peu sous-estimé la situation. ‘’Il y avait des signaux, mais comme d’habitude, elles avaient pensé que ce serait l’œuvre de quelques perturbateurs insignifiants. Malheureusement pour elles, la situation s’est révélée être plus compliquée que ce l’on croyait et le pire, c’est que c’était coordonné’’, expliquent nos interlocuteurs.
Selon d’autres informations, les Renseignements généraux (RG) avaient aussi signalé le ras-le-bol général et la souffrance généralisée de la population. ‘’La grogne a atteint des degrés jamais égalés dans le pays. Les autorités le savent, mais c’est la théorie du pourrissement qui est appliquée’’, avance-t-on. ‘’En réalité, poursuivent nos interlocuteurs, les FDS n’étaient pas aux abonnées absentes, hier nuit (avant-hier nuit, NDLR). C’est le dispositif sécuritaire qui n’était pas à la hauteur. Comme connu de tous, l’autorité pensait que la situation serait sous contrôle. Malheureusement, toutes les prévisions sont passées à côté. Maintenant, il faudra réajuster après évaluation de ce qui s’est passé hier (mercredi) et de ce qui n’a pas marché’’.

Une réunion avec tous les commissaires de Dakar, hier

Pour parer à toute éventualité, autrement dit pour ne plus revivre la situation de la première nuit du couvre-feu, nos interlocuteurs soulignent  : ‘’Ce qui est maintenant prévu, c’est de monter en puissance, afin de faire face à la menace. Attention, la réaction pourrait être très musclée. Il faudra que le ministre de l’Intérieur, Antoine Felix Diome, et le commissaire Modou Diagne (le directeur de la Sécurité publique) montrent leurs preuves de maîtrise de la situation. Ils doivent le faire. Nous espérons la même chose aussi du côté de la gendarmerie qui n’a pas trop de responsabilités dans la gestion de la sécurité à Dakar, pour ne pas dire en milieu urbain.’’
Sur ce dernier point, nos sources soutiennent que toutes les mesures ont été prises pour faire respecter l’ordre. Des moyens humains et matériels à la hauteur sont mobilisés pour assurer la sécurité à Dakar, sa banlieue et à Thiès. Ils n’avancent pas de chiffres, mais précisent que les FDS seront sur place et dans des endroits stratégiques. Des renforts d’autres directions de la police et des pensionnaires de l’Ecole nationale de la police et de la formation permanente, du Groupement d’intervention de la police ne sont pas exclus, en cas de besoin, dit-on.
Pour peaufiner les stratégies, une réunion de plusieurs heures a été organisée hier au commissariat central de Dakar. Elle a réuni tous les patrons des commissariats, commissariats d’arrondissement et de poste de police de la région de Dakar. Nos sources n’ont pas voulu dévoiler les conclusions de cette réunion, malgré l’insistance d’’’EnQuête’’. ‘’Force restera à la loi. Toutes les mesures seront prises pour sécuriser les personnes et leurs biens. Les mesures seront respectées. Retenez aussi que nous aurons assez d’hommes et de voitures pour faire régner le calme, en cette période d’état d’urgence. Il y a aura, en grand nombre, des patrouilles dans les zones de risque, des check-points, des voitures dans des endroits stratégiques, entre autres. Le renfort sera prêt à agir, en cas de besoin. Le reste, c’est une surprise pour ceux qui tenteront d’affronter les forces de sécurité’’, avancent fermement nos interlocuteurs.

DR ISMAÏLLA SENE (SOCIOLOGUE) SUR LA DEFIANCE DE L’AUTORITE : ‘’Cette défiance exprime une faillite de la confiance citoyenne’’

http://www.enqueteplus.com La faillite de la confiance citoyenne vis-à-vis de l’Etat, le développement du niveau d’alerte, la crainte des retombées négatives et dangereuses du couvre-feu sur leurs activités, sont entre autres, les facteurs qui peuvent pousser les jeunes à défier l’autorité publique, notamment la Police, en cette période d’Etat d’urgence partielle dans les régions de Dakar et Thiès. C’est ce qu’a soutenu le sociologue Ismaïla Sène, dans un entretien avec EnQuête. 
Plusieurs quartiers de Dakar ont été avant-hier des foyers de tension entre les jeunes qui refusent d’obéir au couvre-feu et les forces de l’ordre tenues de faire respecter cette décision prise, mardi soir, par le chef de l’Etat pour limiter la propagation du virus de Covid-19. Interpellé sur cette défiance de l’autorité notée de plus en plus au Sénégal, le sociologue Ismaïla Sène indique que cela exprime ‘’une faillite de la confiance citoyenne’’ vis-à-vis de l’Etat. ‘’Quand les citoyens descendent dans la rue pour contester de manière violente cette décision du couvre-feu, c’est qu’ils n’ont pas confiance à la capacité du couvre-feu. Le problème n’est pas lié à la croyance de l’existence de la maladie. Les gens sont conscients que la Covid existe. Le problème, c’est qu’il y a une incohérence dans la manière de gérer la situation. Parfois, on donne des instructions qui doivent être appliquées par la population et les ministres courent de gauche à droite pour organiser des manifestations sans respecter les mesures barrières’’, explique M. Sène, contacté hier, par EnQuête.
Le sociologue souligne que cela a entrainé un ‘’défaut de conscience’’, ce qui a justifié les manifestations contre le couvre-feu. Ce qui, d’après lui, montre que l’Etat du Sénégal, de manière générale, ‘’est en train de perdre’’ cette confiance des jeunes. ‘’Pour le minimum, toutes les décisions sont contestées. Et souvent, c’est à travers les réseaux sociaux ou d’autres canaux. Ce manque de confiance a été aussi entretenu par un certain nombre de comportements ou des décisions incohérentes, inadaptées. Cela est peut-être entretenu par le mépris que les jeunes ressentent envers l’Etat. Parce qu’ils sont dans une situation assez délicate, ils sont en train de chercher un meilleur niveau de vie, ont besoin d’être compris dans leur souffrance’’, poursuit-il.
Malheureusement, notre interlocuteur affirme qu’on est dans une société où la condamnation est érigée en règle générale. Certains ont tendance à vouloir prendre la parole pour donner des ordres ou des leçons de morale à ces jeunes. Or, le sociologue signale que quand on veut donner une leçon de morale à quelqu’un dont on ne connait ni le quotidien, ni le vécu, ‘’c’est un peu compliqué’’. ‘’C’est ce qui se passe aujourd’hui. Quand on est ministre, on est dans une situation de privilégié. Même si on sait, on semble ignorer ce qui se passe et on se lève un jour pour donner des leçons de morale. C’est un ensemble de frustrations qui a fait que les jeunes sont à un niveau d’alerte assez élevé. Le niveau d’alerte commence à se développer, à être beaucoup plus important et c’est la raison pour laquelle, il y eu ces manifestations plus ou moins violentes qui ont connu un effet de contagion’’, renchérit M. Sène.
Toutefois, Ismaïla Sène regrette le fait que cette réaction soit orientée vers une figure d’autorité qui est la Police, qui représente l’administration publique sénégalaise, le gouvernement. Car, selon lui, ce n’est pas la Police qui gêne, mais l’autorité qui a fait appliquer cette décision. Et puisque l’intermédiaire c’est la Police, c’est à elle que ces jeunes ont donné le signal. Maintenant, précise-t-il, libre à l’Etat de l’interpréter ou de l’ignorer.

‘’Les mesures prises dans un passé récent ont eu un impact négatif sur l’informel’’

D’après Dr Sène, la défiance des jeunes peut aussi être appréhendée comme une forme de ‘’volonté de s’opposer’’ à une décision légitime qui consiste à instaurer un couvre-feu entre 21h et 5 h du matin. ‘’Il faudrait aussi admettre que la capacité du couvre-feu à faire reculer la Covid reste à prouver. D’une part, on pourrait appréhender ce comportement, comme étant un contrepied par rapport à la décision consistant à dire que le couvre-feu serait un moyen de limiter la propagation de la Covid. Déjà que le virus ne circule pas que la nuit. Mais, il a été prouvé que les mesures qui ont été prises dans un passé récent, ont eu un impact négatif et assez dramatique sur le secteur informel et les familles d’une manière générale’’, dit-il.
Le sociologue, qui a lui-même mené une étude sur cette question, a constaté qu’effectivement, les mesures de prévention de la crise de la Covid ont eu ‘’un impact négatif’’ sur l’économie informelle. Que ce soit les travailleurs indépendants, salariés ou entrepreneurs du secteur informel. ‘’Donc, les gens qui ont vécu pendant 2 ou 3 mois dans la misère redoutent la même chose. Ce qu’il faudrait également prendre en compte  : nous sommes dans un pays où le secteur informel constitue le moteur de l’économie et l’essentiel des familles sont vulnérables. La plupart des jeunes qui travaillent sont dans le secteur informel. Le fait qu’ils soient dans ce secteur pourrait les pousser à relooker les retombées négatives, du point de vue économique de cette décision’’, relève-t-il.
Or, quand le couvre-feu commence à 21h, l’universitaire note que certains jeunes sont obligés de descendre, d’arrêter leurs activités génératrices de revenus vers 18h pour rentrer. Puisque ce sont des gens qui prennent les cars rapides, les bus, etc., et avec les problèmes de transport qui existent à Dakar, ils sont obligés de se préparer 3 heures avant pour rentrer chez eux, afin d’éviter d’être pris au piège du couvre-feu. Donc, pour lui, la crainte de ces retombées négatives et dangereuses de cette décision pourrait les amener à vouloir la contester. ‘’Il y a aussi des jeunes qui, au-delà de la nécessité de descendre à 18h pour éviter le couvre-feu, développent des activités surtout dans le commerce qui roulent la nuit. Il y a ceux qui sont notamment dans le commerce de nourriture et ce sont des pères et mères de famille qui font rouler l’économie de ce pays. Donc, en instaurant le couvre-feu, on empêche à ces jeunes qui encaissent des ressources importantes, de ne pas travailler, de rester chez eux. L’impact du point de vue économique est perceptible à ce niveau. Cela pourrait pousser certains jeunes à être dans la rue’’, ajoute M. Sène.
Là, le sociologue défend que les jeunes sont dans une perspective d’anticipation. ‘’Ces jeunes-là, bien vrai que la manière de s’exprimer est à condamner, sont en train d’anticiper. Il est important aussi d’interroger l’histoire assez récente. Au-delà des impacts négatifs du couvre-feu, ils sont en train peut-être de redouter d’autres mesures. Durant la première vague, on avait parlé de couvre-feu et par moment, les marchés ont été fermés, les lieux de commerce, etc. Et le pays s’était retrouvé dans une situation assez délicate. Ceux qui sont dans cette économie informelle redoutent qu’on observe une situation de bis repetita. Cette défiance est donc vis-à-vis d’une décision prise, mais aussi une manière d’anticiper sur une probable décision qui pourrait être prise et qui mettrait, de manière globale, K.O.l’économie informelle’’, soutient-il.
D’après notre interlocuteur, cette résistance des jeunes, face à l’autorité, est également caractéristique d’une ‘’défaillance physique’’. ‘’Même si on n’est pas d’accord avec l’autorité, la décision qui a été prise, la manière de lutter renseigne aussi sur le niveau de conscience physique. Les manifestations, gaspillages et les offenses envers la Police constituent des indicateurs d’un faible niveau de développement physique de ces jeunes. Mais, ce n’est pas valable pour tout le monde. L’autre aspect, c’est qu’il y a eu une vague et des séries de contestations et il y a eu l’effet de la contagion. Quand le premier groupe de jeunes à commencer à contester, la presse a relayé l’information et d’information à information, on n’est rendu compte que les manifestions se sont multipliées’’, justifie-t-il.

‘’Les conséquences seront dramatiques, si on n’écoute pas ces jeunes’’

Monsieur Sène pense donc, que c’est l’effet de contagion qui a fait que certains jeunes qui, peut-être n’étaient pas dans cette logique de manifestation ont été contaminés et se sont fait voir à travers les réseaux sociaux. ‘’C’était un moyen de défoulement, d’exalter cette forme de résistance. L’Etat devrait, s’il n’est même pas trop tard, tirer la leçon de ces manifestations qui se font de coin à coin, de quartier à quartier, de ville à ville, pour comprendre le signal qui a été donné. Les conséquences seront dramatiques, si on n’écoute pas ces jeunes, si on ne parvient pas à intercepter ces différents signaux qu’ils sont en train d’envoyer’’, prévient le sociologue.
Cependant, pour le moment, Dr Sène note que le degré de manque de confiance n’est pas connu, de même que sa proportion. ‘’L’Etat perd sa crédibilité, une certaine légitimité. L’Etat en a tellement fait, du point de vue communication, attitude. Parce que la communication n’est pas seulement verbale. Ce n’est pas que le discours d’un ministre ou du chef de l’Etat. Mais, c’est l’attitude et le comportement plus ou moins responsable d’un ministre ou du président qui pourrait, plus ou moins, inspirer les jeunes. Et quand on n’est pas dans une conduite inspirante, souvent, on commence à frustrer. On n’est pas dans une situation de catastrophe élevée mais, ce sont des grincements de dents qui renseignent. Il est temps, l’Etat l’intercepte’’, relève-t-il.
D’ailleurs, Dr Ismaïla Sène rappelle qu’à un moment, quand le président a levé les mesures de restrictions, notamment, le couvre-feu, la fermeture des marchés, il était parvenu à faire ‘’adhérer à sa cause’’ une grande partie de la population. Mais, déplore-t-il, le constat est qu’il y a ‘’beaucoup d’incohérences’’. ‘’Il y a des décisions qui sont prises aujourd’hui, remises en question demain, après-demain qui sont répétées, etc. On sent que l’autorité n’est pas dans une application stricte et rigoureuse de la décision. Elle ne s’applique pas la décision. Quand on dit qu’il n’y a pas de rassemblement et qu’on organise le lendemain une cérémonie d’inauguration avec des centaines de personnes, quel signal veut-on donner à ces jeunes ?’’, fustige-t-il.

‘’La solution ce n’est pas de les réprimer’’

Néanmoins, le sociologue affirme que c’est possible de retrouver la confiance de ces jeunes. Mais, au paravent, il va falloir au-delà des discours de poser des ‘’actes forts’’ qui renseignent et qui montrent à ces jeunes-là, qu’ils sont écoutés, compris dans leur souffrance. Il ne s’agit pas, d’après lui, de régler les problèmes de tous les jeunes. ‘’Ce n’est pas possible. Il s’agit de développer une certaine empathie vis-à-vis d’eux pour qu’ils comprennent. Il faut éviter d’exposer certaine richesse, d’être arrogant, de démontrer un certain niveau de mépris envers ces jeunes. Ce sont différentes postures pour y arriver et avant tout celles de l’Etat, au-delà des efforts qui doivent être faits dans l’accompagnement, la compréhension des jeunes, surtout ceux qui sont dans le secteur informel’’, suggère-t-il.
Ainsi, M. Sène préconise, un travail de leadership social à incarner consistant à inspirer les jeunes, à développer l’espoir chez eux. Pour lui, la solution ce n’est pas de les réprimer, mais de les écouter, les comprendre, à travers les réseaux sociaux, les manifestations et d’intercepter les signaux qu’ils donnent pour permettre à l’Etat de rectifier le tir. ‘’Quoiqu’on dise, l’Etat a fait beaucoup d’efforts dans la prévention, la gestion de la crise. Mais, ces efforts sont parfois gâchés par les attitudes irresponsables de certaines autorités. Il va falloir retravailler la figure de l’Etat, de l’autorité, pour que celle-ci soit suffisamment douée d’empathie, compréhensive.
Et qui dans sa manière de faire montre du respect et apparaît de manière moins arrogante.Ce sont tous ces éléments associés à un discours sincère et franc, des actions concrètes, une attitude et un comportement responsables qui vont permettre à ces jeunes de retrouver cette confiance’’, insiste-t-il.
Il urge pour le sociologue que l’Etat comprenne que quand il communique, il y a des gens qui essaient dans une autre dynamique de ‘’déconstruire’’ son discours. ‘’Malheureusement, il est devenu très facile de déconstruire le discours de l’Etat, parce qu’il est suffisamment teinté d’incohérences et de discontinuité’’, conclut Ismaïla Sène.MARIAMA DIEME

PR FATOU SOW SARR, SOCIOLOGUE, SUR LES MANIFESTATIONS CONTRE LE COUVRE-FEU : «C’est l’expression d’une frustration globale, de l’absence de cohésion sociale…»

http://www.sudonline.sn Les nombreuses manifestations de rue notées dans plusieurs quartiers de Dakar et sa banlieue, comme à Mbour, la première nuit de couvre-feu partiel, le mercredi 6 janvier, traduisent une frustration globale liée à un ensemble de pratiques antérieures. C’est l’expression de l’absence de cohésion sociale sur une question qui aurait dû amener un consensus parce que c’est la vie des personnes qui est en danger. C’est la lecture faite par le Professeur Fatou Sarr Sow, sociologue et enseignante à l’UCAD-IFAN des incidents nés de cette mesure d’exception prise pour freiner l’avancée de la 2e vague de Covid-19 au Sénégal. Pour la directrice du Laboratoire de recherche scientifique sur le genre et la science, interrogée par la radio Sud Fm, le président de la République doit en tirer des leçons pour être d’abord plus proche des jeunes, pour d’avantage de communication et comprendre. Car l’on s’achemine vers des lendemains extrêmement sombres, avec des vies de Sénégalais en danger. D’où son appel au sens de la responsabilité et du devoir de tout le monde
«On peut en faire une double lecture (des manifestations notées dans plusieurs quartiers de Dakar et Mbour, la première nuit de couvre-feu à Dakar et Thiès, ndlr). D’abord, en écoutant ces jeunes, on peut dire que c’est l’expression des frustrations qu’ils ont éprouvés depuis très longtemps liées probablement à cette situation de pandémie et qui a amené des complications dans la vie des personnes, avec accès difficile au travail, aux ressources… Ce sont des jeunes dans certains quartiers, c’est lié au fait que ça a touché leurs activités primaires comme le commerce informel, mais surtout décrier le fait qu’ils ne soient pas préparés pour prendre leurs dispositions. Mais, si on va beaucoup plus loin, pour moi, c’est l’expression de l’absence de cohésion sociale sur une question qui aurait dû amener un consensus parce que c’est la vie des personnes qui est en danger. Le président de la République a pris des décisions qui ont été dictées par les spécialistes de la santé. Peut-être, il faudrait que ces spécialistes de la santé apparaissent davantage dans la communication pour expliquer à la population quel est le bienfondé de ces mesures. Mais, en même temps, quand je parle d’absence de cohésion sociale, ça a été aussi un prétexte pour des raisons ou d’autres, que des personnes qui ne partagent pas le même point de vue utilisent cette situation pour pouvoir exprimer aussi leur désaccord avec le régime en place.

«LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DOIT EN TIRER DES LEÇONS…»

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que le président de la République doit en tirer des leçons pour être d’abord plus proche des jeunes, pour davantage de communication et comprendre. Parce que les jeunes ne disent pas qu’ils sont contre le couvre-feu ; mais ils disent être contre le fait qu’ils sont mis devant le fait accompli, sans les préparer. Bref, tout ça, ce n’est qu’un prétexte pour expliquer les frustrations qu’ils ont éprouvées depuis très très longtemps. Mais je pense qu’il va falloir mettre l’accent sur le fait que cette situation est une situation extrêmement grave. C’est des vies humaines qui sont en danger et c’est les Sénégalais, dans leur totalité, qui devraient prendre conscience et plus de responsabilité pour qu’on puisse ensemble faire face à cette pandémie qui est en train de décimer une population, peut-être pas la plus importante du point de vue numérique, mais c’est des ressources humaines qu’il faudra mettre du temps à bâtir qui sont en train de partir. Et donc, nous allons vers des lendemains extrêmement sombres. Il y a des pays qui sont en train de s’effondrer, des pays qui avaient dénigré la Covid-19 comme le Brésil, par exemple. Nous avons vu ce qui c’est passé aux États-Unis quand Donald Trump a dit que la Covid-19 n’existe pas. Donc, on ne peut pas rester dans les temps du dénigrement, en disant que ça n’existe pas, que ça ne nous touche pas beaucoup et que c’est moins que les Européens.

 «ETRE DAVANTAGE A L’ECOUTE DES JEUNES, MAIS SUR TOUT DONNER DAVANTAGE LA PAROLE AUX RESPONSABLES DE LA SANTE»

La question, c’est l’anticipation parrapport au futur, avec toutes les mutations de ce virus-là (de la Covid-19-ndlr). Je pense qu’il faut en appeler au sens de la responsabilité de tout le monde, du devoir de tout le monde mais surtout le chef de l’État qui doit prendre la température, de comprendre ce qui se passe au niveau de cette population, de ses jeunes qui sont frustrés pour différentes raisons, être davantage à leur écoute, être avec eux, mais surtout donner davantage la parole aux responsables de la santé, des agents comme le Professeur Seydi et autres. Les gens leur font confiance, qu’ils aillent expliquer parce qu’on entend aussi d’autres professionnels de la santé qui sont contre, qui ne sont pas d’accord avec la décision des autorités de la santé. Et ça aussi, c’est une question très compliquée dans ce pays. Il y a des moments où, à mon avis, on doit prendre une direction et qu’on laisse ceux qui gouvernent prendre des décisions. Et maintenant, quand ça ne marche pas, que les gens réagissent. Mais on entend beaucoup de sons de cloches, y compris dans le même système de santé, pas ceux-là qui sont aux affaires, mais d’autres qui ne sont pas d’accord avec les mesures préconisées par leurs confrères. Je pense que l’ensemble des Sénégalais doivent se fier (aux autorités sanitaires, ndlr). Aujourd’hui, nous n’avons pas le choix, ce sont les spécialistes de la santé qui doivent donner les directives à faire. Et les religieux l’ont compris depuis très longtemps. Tout le monde salue, aujourd’hui, ce que Serigne Babacar Sy a fait et ce que le Khalife général des Mourides a fait en demandant à un certain nombre de fidèles d’arrêter un certain nombre de pratiques et en se mettant lui-même à l’abri, en mettant en suspension ses «ziarra». C’est ça l’analyse que j’ai faite de la réaction d’hier, de ses jeunes.

«QUELE PRESIDENT APPRENNE A PARLER DAVANTAGE A SA POPULATION»

Si on comprend ce que les jeunes ont dit, ils ont l’impression qu’on les met devant le fait accompli, c’est-à-dire même si le président de la République a donné un tout petit peu l’indication, le 31 décembre, en disant qu’ils prendront les mesures idoines, il fallait peut-être deux (2), trois (3) jours avant de commencer à expliquer qu’on va aller vers cela. Parce que certains disent que la mesure est tombée très rapidement, qu’ils n’ont pas pu planifier ce qu’ils devaient faire…
Pour moi, ce n’est pas des explications qu’ils peuvent tenir, mais le font de la question, c’est une frustration globale liée à un ensemble de pratiques antérieures. Il y a des frustrations sur la manière dont les 1000 milliards (du Fonds «Force Covid-19», ndlr) ont été gérés. Les gens n’ont pas compris où est allé l’argent ; est-ce qu’il y a eu une justice, une équité dans la distribution de ses ressources ? Tout ça, ce sont des questions à voir. Mais, pour moi, la solution, c’est que le Président apprenne à parler davantage a sa population, à être plus proche d’elle ; mais surtout qu’on donne la parole au agents de la santé, qu’ils puissent convaincre la population de la validité de ces mesures

DECRET D’APPLICATION DU CODE DE LA PRESSE : De la signature à l’application, il reste du chemin à faire… 

http://www.enqueteplus.com Le président de la République a réalisé une grande revendication des acteurs des médias engagés dans l’assainissement du secteur infiltré de toute part. Toutefois, cela ne constitue qu’une première étape d’une lutte qui s’annonce longue. 
Plus de trois ans que les acteurs des médias courraient derrière le décret d’application du nouveau Code de la presse. 2021 arrive avec au moins une première bonne nouvelle. Comme promis lors de son grand oral du 31 décembre 2020 devant les journalistes, le président de la République Macky Sall a adopté, en Conseil des ministres de la nouvelle année, le projet de décret relatif aux avantages et obligations attachés aux statuts d’entreprises de presse, de même que le projet de décret fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement du Fonds d’appui et développement de la presse.
Un premier pas intéressant dont se félicite Ibrahima Lissa Faye, Président de l’Appel (Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne)  : ‘’Le président de la République a tenu parole. Nous le remercions grandement pour cela. C’est un soulagement pour toute la corporation. Sans ces décrets d’application, le Code de la presse perd sa quintessence. Nous espérons qu’une bonne partie du code pourra être appliquée, en attendant que l’avant-projet de loi portant création et fonctionnement de la Harca (Haute autorité de la régulation des communications audiovisuelles) soit examiné en Conseil des ministres et envoyé à l’Assemblée nationale.’’
Du côté du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), ces signatures dont on se réjouit étaient une exigence portée lors du dernier congrès de l’organisation syndicale. ‘’Cela fait partie des trois points qui constituent notre cahier des charges. Cela a pris du temps, mais on est content que cela se fasse. Le premier décret va permettre aux entreprises de presse de se mettre aux normes. Avec la commission de la carte nationale de presse, cela permettra de rendre le milieu beaucoup plus professionnel’’, s’enthousiasme le secrétaire général Bamba Kassé.
L’exposé des motifs de cette loi n°2017-27 du 13 juillet 2017 portant Code de la presse, rappelle que sa mise en place intervient dans un contexte de bouleversement du secteur, qui se manifeste par une pluralité de vecteurs de l’information et de la communication (développement considérable de la presse écrite, libéralisation de l’audiovisuel entraînant la création de plusieurs radios et télévisions privées, et utilisation de l’Internet comme moyen de diffusion de l’information au public). Il s’y ajoute le passage de l’analogique au numérique.
Toutefois, le contexte est aussi marqué par une multiplication des dérives dans le secteur de la presse, notamment des atteintes aux droits de certains citoyens et des abus dans des émissions d’animation.
Un des secteurs les plus pointés du doigt est celui de la presse en ligne. Devenue accessible à tout un chacun, depuis l’avènement des réseaux sociaux et des libertés offertes par Internet, la toile est l’espace de toutes les dérives, n’étant soumise à aucune règle spécifique à elle.
Avec le nouveau code, pour la première fois, un cadre d’existence approprié a été conçu pour la presse en ligne. Mieux, le passage de l’analogique au numérique a élargi le champ, ouvrant des perspectives dans la gestion des ressources numériques nationales, avec la manne financière qu’elle peut générer en termes de redevance.
Toutefois, il faudra encore attendre pour voir la censure réguler les centaines de sites d’information sénégalais. Comme le reconnaît le président de l’Appel, ‘’pour le moment, on ne peut rien contre ces personnes qui créent des chaines à tout-va sur Internet. C’est la Harca qui doit réguler ce secteur et elle n’existe pas encore. Nous demandons au président de passer ce texte en Conseil des ministres et qu’il soit voté à l’Assemblée nationale’’. Il devrait obliger ceux qui voudront créer une entreprise de presse en ligne à signer un cahier des charges et avoir une autorisation, comme cela se fait pour d’autres médiums.
Avec le décret fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement du Fonds d’appui et de développement de la presse, c’est la régulation de l’épineuse question de l’aide à la presse qui est espérée. D’un montant annuel de 700 millions de francs CFA, elle fait l’objet de beaucoup de convoitises. Certains groupes de presse n’étant constitués que le temps d’en bénéficier, dans des conditions nébuleuses, pour ensuite cesser leurs activités jusqu’à l’année suivante.
En raison de la pandémie de coronavirus, le montant de 2020 a été doublé. Malgré les complaintes du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse au Sénégal (Cdeps) sur le manque de transparence, leur demande de répartition par arrêté en dévoilant tous les bénéficiaires n’avait pas été entendue par le ministre de tutelle.
Des avancées sont maintenant espérées. Comme l’explique Ibrahima Lissa Faye  : ‘’Nous avons déclenché le processus de mise en place du Fonds d’appui aux entreprises de presse (FADP). Ce sera un établissement public à caractère commercial, chargé de la gestion de ce fonds dont le rôle sera renforcé pour bénéficier aux entreprises de presse. Ce fonds est intimement lié au décret sur les avantages et obligations attachés au statut des entreprises de presse. Pour en bénéficier à l’avenir, il faudra remplir les critères établis par ce décret.’’
De plus, souligne Bamba Kassé, ce deuxième décret permettra aux médias de pouvoir assurer leur autonomie financière. Car, ‘’pour que la presse soit libre et efficace, il faut que l’accès au métier soit réglementé, que le travail soit régulé et qu’il y ait une autonomie financière. C’est ce qui permettra d’avoir une indépendance éditoriale’’.
Il ne suffira pas d’un claquement de doigts pour mettre de l’ordre dans la presse sénégalaise. Si le secrétaire général du Synpics estime qu’il reste beaucoup de chemin à faire, son collègue de l’Appel n’oublie pas que, malgré tous les efforts, l’application rigoureuse de la loi peut constituer un autre défi.Lamine Diouf

Dossier sur le financement des partis politiques : Les avis partagés des acteurs sur la nécessité deréactualiser la loi 81 et la mise en place d’un organe de contrôle.

https://www.dakaractu.com L’application de la loi 81 du 6 Mai 1981 relative au financement des partis politiques continue de faire polémique dans la scène politique sénégalaise. Si certains acteurs politiques et juristes comme Me Abdoulaye Tine, consultant juriste et Cheikh Abdou Mbacké Bara Dolly du secrétariat national du parti Bokk Guiss-Guiss pensent que cette loi n’est plus en phase avec les réalités politiques de l’heure, d’autres comme Aymérou Gningue de la coalition BBY, Aldiouma Sow du parti Pastef/ Les Patriotes et Babacar Mbaye de Taxawu Sénégal estiment que le débat relatif au financement des partis politiques montre la nécessité de dialoguer et de mettre en place un organe consensuel pour le respect de la réglementation.

Me Abdoulaye Tine (Consultant Juriste) : C’est une loi obsolète, qui est déphasage avec le système démocratique.

Le citoyen sénégalais, qu’il soit ici où à l’étranger, ses  droits et devoirs resteront toujours intacts. Pour le cas de la loi 1981, il est stipulé qu’un parti politique est financé par ses adhérents ou ses sympathisants sans faire une distinction entre les sénégalais établis dans le pays ou de la diaspora. Donc en terme de droit, pour ces questions précises, on raisonne en terme de  nationalité. Et du moment où la personne est de la nationalité sénégalaise, on ne peut pas la considérer comme une étrangère. On peut dire que la loi 81 du 6 Mais 1981, relative aux partis politiques c’est une loi obsolète, qui n’est pas en phase avec le système démocratique. Car en justice, on considère que si une loi est restée plusieurs années sans d’être appliquée, cette loi est tombée en désuétude. Cela veut dire que la loi est dans l’ordonnancement juridique mais les acteurs concernés par cette loi ont développé une pratique qui va à l’encontre. La preuve aujourd’hui, c’est que le parti présidentiel APR est le premier à violer cette loi. Le président Macky Sall en personne est allé chercher un financement à l’étranger. Ce que l’on appelle en droit une coutume contra-legem . Ce qu’il faut maintenant c’est de la réactualiser en mettant en place un organe chargé de la régulation du fonctionnement et du financement des partis politiques.

Serigne Cheikh Abdou Mbacké Bara Dolly (Bokk Guiss-Guiss) : La loi n’a pas été claire pour le financement provenant de l’extérieur.

La loi 81 n’a pas été claire sur le financement provenant de l’extérieur. Car on ne sait pas si le financement concerne uniquement les étrangers ou bien si les sénégalais de la diaspora sont aussi concernés par cette loi. Hors si la diaspora est concernée par cette interdiction, le président Macky Sall est le premier à violer cette loi car on a vu des sénégalais de la diaspora financer sa campagne.
Par ailleurs, le ministre de l’intérieur est la personne morale qui doit veiller respect strict de la loi. Chaque année tout parti régulièrement constitué doit déposer ses rapports d’activités et dépenses. Cependant, il n’y a aucun ministre de l’intérieur qui veille sur ça. Tout cela montre qu’il y a des calculs politiques dans la gouvernance publique. Mais il est normal dans un pays démocratique, qu’il y ait un chef de l’opposition et une opposition forte. Tout cela, je pense, doit faire l’objet de discussions dans le dialogue pour mettre en place un cadre idéal pour le rayonnement des partis politiques.

Aymérou Gningue (Coalition BBY) : La loi tant qu’elle est en vigueur, elle reste applicable.

Dans le dialogue politique, il y a un comité qui travaille sur le financement des partis politiques. Tout cela c’est des concertations qui appellent à des réflexions pour mieux harmoniser le fonctionnement des partis politiques. Mais cela ne dit pas que les gens doivent continuer de violer la loi en vigueur. Le loi tant qu’elle est en vigueur, elle reste applicable à tout le monde. Ce qui a motivé la sortie du ministre de l’intérieur
Maintenant, après les conclusions du comité du dialogue politique sur la question, que tous les partis politiques acceptent de partager les recommandations afin d’avoir un consensus politique fort. Cela aidera à mettre en place une nouvelle loi qui pourra être votée par l’assemblée nationale, pour mieux prendre en charge cette question liée au financement des partis politiques.

Aldiouma Sow (Pastef/ Les Patriotes) : Il faudra mettre en place des critères pour que les partis politiques aient accès au financement public. 

La problématique du financement des partis politiques au Sénégal, c’est comment faire pour que les partis aient accès au financement public dans l’équité, puisqu’il n’y a aucune règle qui détermine la dépense des fonds politiques.Ce qu’il faut, c’est faire sorte que les partis politiques aient accès aux ressources publiques, cela en mettant en place des critères en modifiant la loi 81.
Le ministre de l’intérieur aussi doit veiller à ce que les partis politiques respectent la réglementation en déposant chaque année leurs rapports d’activités.

Babacar Mbaye (Taxawu Sénégal) : C’est un débat qui montre l’exigence de dialoguer. 

L’une des problématiques de notre système politique c’est la crise de confiance. Le pouvoir et l’opposition se regardent en chiens de faïence. Parce que tout simplement le pouvoir a posé des actes dramatiques contre des opposants. Et ça, c’est des choses sur lesquelles on attendait le président de la République, mais il ne l’a pas fait. Maintenant, le débat relatif au financement des partis montre qu’il y a une nécessité de dialoguer et il y a une exigence de dialoguer entre les acteurs politiques. Mais cela demande également la restauration de la confiance entre le pouvoir et l’opposition. Ce qui pourrait faire évoluer notre démocratie. Maintenant, l’interprétation hasardeuse faite par le ministre de l’intérieur sur la loi 81, montre qu’il y a un problème. Ou c’est une volonté politique affirmée par le ministre Antoine Félix Diome, ou cette loi n’est plus de mise parce qu’elle n’est plus en phase avec le système démocratique du pays.
Ce qui montre que le pays a besoin de consensus forts…

Financement des partis par les sénégalais de l’extérieur : la reculade du régime Par Seybani SOUGOU

I – Le revirement du régime à 180 degrés  : la loi permet aux sénégalais de l’extérieur de financer un parti politique

Après le virage spectaculaire à 180 degrés du porte-parole adjoint de l’APR, Abdou M’BOW précisant que la loi de 1981 modifiée relative aux partis politiques n’interdit nullement aux sénégalais de l’extérieur de financer un parti politique, c’est au tour du Constitutionnaliste Mounirou Sy de jouer les sapeurs-pompiers pour éteindre l’incendie allumée par le régime. Mounirou admet enfin (il vaut mieux tard que jamais) que la loi qui dispose que “tout parti qui reçoit des subsides de l’étranger ou d’étrangers établis au Sénégal s’expose à la dissolution”, ne vise aucunement nos compatriotes établis à l’étranger. Et M. Sy d’avouer, sans doute au forceps « qu’en droit, sont nationaux tous les ressortissants, tous les sénégalais qu’ils soient résidents, ou émigrés, ajoutant d’ailleurs qu’un national désigne tout sénégalais vivant à l’intérieur ou à l’extérieur ». Que Mounirou tente par une pirouette de rattraper la terrible bourde du fantasque ministre de l’intérieur, n’a échappé à personne. Le burlesque dans cette affaire, c’est que non seulement il désavoue implicitement le fantasque ministre de l’intérieur, mais mieux encore, il contredit le journaliste Madiambal Diagne, qui affiche ouvertement sa proximité avec le pouvoir, et qui, dans une contribution du 04 janvier 2021 écrivait avec une incroyable audace « la loi interdit aux partis de recevoir directement ou indirectement des subsides de l’étranger (même émanant d’un national). Ne boudons pas notre plaisir ! Ils sont complètement perdus, dans cette affaire, au point de dire tout et son contraire et d’adopter une posture qui s’apparente à une reculade en rase campagne). Nous disions avec force qu’il n’existait aucune disposition juridique, ni aucun texte interdisant à un citoyen sénégalais résidant à l’étranger de financer un parti politique au Sénégal. La confirmation vient désormais du régime.

Le débat qui n’avait pas lieu d’être est donc définitivement clos  : tout citoyen sénégalais résidant à l’étranger peut financer, en toute légalité,  un parti politique légalement constitué au Sénégal.

Cela dit, la question liée au financement du parti PASTEF a au moins un mérite ; celui de poser le débat sur le financement public des partis. Et de ce point vue, le Sénégal est quasiment le dernier de la classe en Afrique de l’Ouest.

II – Financement des partis  : le Sénégal fait partie des derniers de la classe en Afrique

Le Sénégal se targue souvent d’être un « modèle démocratique » en Afrique. Un petit tour d’horizon dans la sous-région permet de savoir, qu’en matière de financement public, notre pays fait partie des derniers de la classe.
En Côte d’Ivoire,  la question du financement public des partis politiques est encadrée par la loi n°2004-494 du 10 septembre 2004. Le montant de la subvention allouée aux partis et groupements politiques est fixé chaque année par la loi de finance et représente 1/1000 du budget de l’Etat. Ladite loi fixe également les modalités de répartition proportionnellement au poids des partis et groupements politiques. Au moment où le Sénégal s’épuise dans un débat sans fin, sur le financement public des partis (avec la production de rapports qui n’ont jamais de suite), la Côte d’Ivoire qui a déjà un cran d’avance est allée plus loin en instituant des mesures (un système de bonus aux partis) pour favoriser une meilleure représentation des femmes à l’Assemblée Nationale et au Sénat, dans les Conseils régionaux, les Conseils de districts et les Conseils municipaux. En effet la loi 2019-870 du 19 octobre 2019 accorde un financement public supplémentaire à tout parti ou groupement politique dont la liste atteint au moins 50% de femmes candidates lors de ces scrutins.
Au Mali, la loi n°05-47 du 18 aout 2005, portant charte des partis politiques prévoit un financement public des partis par une aide financière de l’État inscrite au budget de l’État à raison de 0, 25 % des recettes fiscales  : 15 % des crédits alloués est reversé aux partis ayant participé aux dernières élections générales municipales ou législatives, 40 % est reversé proportionnellement au nombre de députés élus ; 35 % est reversé proportionnellement au nombre de conseillers communaux élus ; 10 % est reversé proportionnellement au nombre de femmes élues. Selon des montants rendus publics, de 2013 à 2018, l’État malien a financé les partis politiques à hauteur de 14 milliards et 380 millions de F CFA.
Au Burkina Faso,  la contribution de l’État concerne tous les partis et formations politiques ayant obtenu au moins 3% des suffrages exprimés aux dernières élections législatives (au prorata du nombre des suffrages obtenus). Pour l’élection présidentielle, la contribution de l’État est répartie à égalité entre les candidats. Le budget de l’État prévoit une ligne de crédit annuelle pour le financement des partis et formations politiques aussi bien pour la campagne électorale que pour leurs activités hors campagne. Comme la Cote d’Ivoire,  le Burkina Faso a mis en place un système de bonus/malus pour favoriser une meilleure représentativité des femmes. Le non-respect du quota de 30 % de candidates (femmes) entraîne la perte, par le parti contrevenant, de la moitié du financement public des campagnes électorales. Si un parti atteint ou dépasse le quota de 30 %, il reçoit un financement supplémentaire.
Au Bénin, la loi 2019-44 portant financement public des partis politiques dispose que la Commission électorale nationale autonome (CENA) répartit le montant du financement public alloué aux partis politiques en fonction du nombre de leurs députés et de leurs élus communaux à raison de 60% au prorata des élus communaux et 40% au prorata des députés.
On pourrait multiplier les exemples et évoquer également le cas d’un petit pays comme la Guinée Bissau dont le budget de l’État prévoit des subventions annuelles aux partis politiques ainsi qu’un système de remboursement par l’État d’une partie des dépenses de campagne.
Au vu des éléments précités, il apparaît clairement que le Sénégal fait figure de mauvais élève, et fait partie des derniers de la classe en Afrique, en matière de financement public des partis politiques. Pendant que le Sénégal s’enlise dans des débats, les autres pays africains avancent et agissent concrètement pendant que la démocratie sénégalaise marche à reculons.

III – Un financement public n’exclut pas un financement privé

Le débat actuel sur le financement des partis politiques pourrait faire croire qu’avec une loi sur le financement public, les partis ne pourraient plus faire appel à un financement privé. Ce qui est totalement faux (confusion volontairement entretenue). En réalité, Il faut distinguer 2 types de financement des partis : le financement privé et le financement public  :
Le financement public vise à éviter ou limiter les ingérences étrangères, favoriser une compétition politique loyale entre les partis et consolider la démocratie,
Le financement privé, ce sont les ressources propres des partis politiques qui proviennent des cotisations de leurs membres, des dons et legs émanant d’adhérents ou sympathisants ainsi que des revenus issus d’autres activités (manifestations).
A titre d’exemple en 2013, en France, grâce à une grande souscription nationale, Nicolas Sarkozy a réussi à récolter 11 millions d’euros de dons auprès des adhérents et sympathisants de l’UMP, pour le règlement de sa dette, suite à l’invalidation de son compte de campagne présidentielle de 2012. Les 2 types de financements (public et privé) sont appelés à coexister.Seybani SOUGOU – E- mail  :  sougouparis@yahoo.fr

le financement des partis politiques, un sujet tabou

https://www.jeuneafrique.com/pays/senegal Le ministère de l’Intérieur a menacé de dissolution le parti de l’opposant Ousmane Sonko, qui venait de lancer une campagne internationale de levée de fonds. L’appel aux contributions des militants est pourtant l’un des seuls moyens (officiels) dont disposent les partis pour renflouer leurs caisses.
Au cours de la campagne pour l’élection présidentielle de 2019, il est arrivé plusieurs fois que les convois de Pastef restent bloqués. Les véhicules étaient à cours de carburant et, faute d’argent pour remplir les réservoirs, les responsables du parti ne pouvaient reprendre la route. Cette anecdote, c’est Ousmane Sonko qui la raconte, lui qui se décrit volontiers comme « le plus pauvre des présidents de partis politiques ».
Ancien contrôleur des impôts, le leader de Pastef revendique une indépendance totale vis-à-vis des lobbys et répète à l’envi son refus de « l’argent sale ». Un positionnement antisystème difficile à tenir financièrement. Le 2 janvier, le parti lançait donc une campagne de levée de fonds internationale et récoltait 125 millions de F CFA en quelques heures. De quoi « secouer le baobab » de la majorité, glisse un observateur de la vie politique sénégalaise. Suffisamment en tout cas pour que le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, publie un communiqué la nuit même pour menacer le parti de dissolution.
Qu’est-il reproché à Pastef ? D’avoir reçu des « subsides de l’étranger ou d’étrangers établis au Sénégal », selon le ministre. « Nous nous sommes toujours financés de la sorte, rétorque le responsable de la communication du Pastef, El Malick N’Diaye. La seule différence, c’est que cette campagne-là a beaucoup mieux marché. » Réputé pour sa maîtrise de la communication digitale, le parti a choisi pour la première fois d’utiliser une plateforme sénégalaise de paiement en ligne et des moyens de paiement locaux, de type Orange money.
« Parler d’argent est tabou en politique. Des milliards circulent pourtant, mais on ne sait pas d’où provient cet argent », taclait Ousmane Sonko au lancement de la campagne. Sans financement public ni organe de contrôle, le clientélisme et les financements occultes sont-ils inévitables ? Les partis d’opposition sont en tout cas soumis à une pression certaine. En particulier en période électorale.

Système D

La majorité des responsables des partis (opposition et majorité) contactés par Jeune Afrique présentent les cotisations des partisans et des militants comme leurs principales sources de revenus. En dehors des ventes de cartes d’adhésion, les cotisations varient selon la hiérarchie des membres. Au …suite dans jeune afrique , , Marième Soumaré

Pastef exhibe les dépôts réguliers de ses états financiers…

https://directnewsinfo.com En veux tu, en voilà ! Telle est la réponse du parti d’Ousmane Sonko à ses détracteurs, notamment de la mouvance présidentielle, qui, depuis la sortie du ministre de l’Intérieur menaçant Pastef de dissolution, se défaussent sur ce parti et son leader.
Des preuves de dépôts réguliers des états financiers de Pastef au niveau du ministère de l’Intérieur ont été publiées sur les réseaux sociaux. Un exercice que ledit parti se donne l’obligation d’accomplir depuis… 2017, lorsque Abdoulaye Daouda Diallo, alors ministre de l’Intérieur, avait exigé des partis politiques la publication annuelle de leurs états financiers, conformément aux prescriptions de l’UEMOA.Une directive que peu voire aucune autre formation n’applique

«La dissolution de la ville de Dakar est inconcevable et inacceptable» Par Pape Diop

Nous voici à l’aube d’une nouvelle année dont on espère qu’elle sera bien meilleure que celle qui vient de s’achever et qui a été particulièrement éprouvante. Marquée par une crise sanitaire et économique sans précédent, elle n’a épargné aucune couche de la société, ni aucun secteur d’activité.
J’exprime ma compassion à tous nos compatriotes pour les privations et les difficultés qu’ils ont subies de plein fouet et leur souhaite une bonne et heureuse année 2021. Vivement que cette pandémie à coronavirus s’estompe pour que nous puissions enfin retrouver une vie normale !
Face à cette crise qui devrait nous pousser à mobiliser toutes nos énergies pour lutter contre la Coved-19, je ne peux que regretter que nous soyons malheureusement distraits par des questions sans importance et qui ne relèvent que de la politique politicienne. C’est le cas hélas de ce très controversé projet de dissolution de la Ville de Dakar et des collectivités locales de même nature. En l’occurrence, Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Thiès.

Depuis son annonce par le ministre en charge de la Décentralisation, l’idée n’en finit pas de susciter un concert d’indignations. J’associe naturellement ma voix à celles qui se sont déjà exprimées sur le sujet pour marquer leur désapprobation et mettre en garde contre ce qui serait une énorme forfaiture.

Pour défendre cette idée tout aussi saugrenue que surprenante, le ministre des Collectivités Territoriales, du Développement et de l’Aménagement des Territoires soutient que le Code général des collectivités territoriales ne consacre que deux entités territoriales, en l’occurrence le Département et la Commune, et que la Ville ne serait pas donc reconnue comme collectivité locale.
En ma qualité d’ancien Maire de Dakar, je suis autant indigné par ce funeste projet que par l’argumentaire qui le sous tend. Contrairement aux allégations du ministre, le Code reconnait parfaitement la Ville comme entité territoriale et lui consacre même tout un chapitre et pas moins de 20 articles. Ce qui prouve à suffisance qu’une éventuelle suppression des villes de Dakar, Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Thiès, relèverait simplement d’une manœuvre politicienne. Mieux, tout porte à croire qu’on ne cherche qu’à enlever la Mairie de Dakar du giron de l’opposition sans passer par les urnes.
En vérité, ce projet traduit l’obsession du régime en place de prendre le contrôle de la capitale à tout prix, après avoir échoué à le faire à travers des élections. D’où toutes les manœuvres qui sont déployées pour y parvenir et qui ne datent pas d’aujourd’hui. L’idée de permettre au président de la République de nommer par décret le Maire de Dakar a même été longtemps agitée par la mouvance présidentielle avant d’être abandonnée devant le tollé qu’elle a toujours soulevé à chaque fois qu’on l’a évoquée.
Aussi, le ministre des Collectivités Territoriales ne fait que revenir une nouvelle fois à la charge en agitant, cette fois-ci, la suppression pure et simple de la Ville de Dakar comme entité territoriale.
Mais, au-delà de ses visées politiciennes, le plus grave est que la dissolution envisagée conduira forcément à l’atomisation des communes alors qu’on devrait plutôt travailler à leur mutualisation pour plus d’efficacité dans leur fonctionnement, leur gouvernance et leur action en faveur des populations.

A propos d’atomisation des communes, il est même très regrettable que le pouvoir en place veuille imiter le défunt régime socialiste, vingt-quatre ans après la réforme de 1996 qui avait totalement mis la capitale sens dessus-dessous.

En effet, si Dakar souffre jusqu’à présent de phénomènes comme l’occupation anarchique et la « cantinisation », c’est parce que l’ancien régime socialiste, obnubilé par la récupération de la capitale tombée dans l’escarcelle du Pds aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives de 1993, avait morcelé la ville en 19 communes d’arrondissement.
Ce découpage qui correspondait exactement au nombre de coordinations du Parti socialiste à Dakar était ni plus ni moins qu’un stratagème pour la reconquête de la capitale. Hélas, pour n’avoir obéi qu’à ce simple calcul politicien, il a eu des conséquences fâcheuses sur l’évolution de la ville de Dakar depuis maintenant un quart de siècle.
Dépourvues de ressources financières et obligées d’en trouver pour leur fonctionnement, ces 19 mairies d’arrondissement ont dû recourir à l’installation de marchés et de cantines à travers tout le périmètre de leurs communes respectives pour espérer renflouer leurs caisses. Ce qui aura bien sûr comme conséquence, l’occupation anarchique qui règne depuis lors à Dakar.
De la même manière que la réforme de 1996, la suppression de la Ville de Dakar, qui ne repose que sur des considérations tout aussi politiciennes, sera aussi lourde de conséquences pour notre capitale. C’est pour cette raison que j’en appelle à une forte mobilisation pour rejeter cette éventuelle dissolution à la fois très hypothétique et dangereuse pour l’avenir de la ville de Dakar.
Cette intention du gouvernement doit être d’autant plus combattue qu’elle cache mal un autre calcul politique. L’actuel régime veut en effet éviter par tous les moyens la défaite à Dakar et dans d’autres grandes villes lors des prochaines élections locales. Un scénario catastrophe qui ne serait pas de bon augure pour 2024 et qu’il lui faut donc empêcher à tout prix pour ne pas connaître le même cas de figure que celui du Pds à l’issue des locales de mars 2009.
Pour rappel, après avoir perdu le contrôle de grandes villes comme Dakar, Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Thiès, la coalition Sopi n’a jamais réussi à se relever de ces défaites symboliques et retentissantes jusqu’à la perte du pouvoir en 2012. Il est évident que le régime de Macky Sall, à travers cette dissolution, tient à ne pas connaître la même déconvenue lors des prochaines élections locales pour ne pas aborder le cap de 2024 en mauvaise posture.
Or, plutôt que de se focaliser sur ses calculs politiciens, ce régime doit enfin comprendre que le véritable enjeu est d’aider les collectivités locales à asseoir leur santé financière.
A ce propos, je réaffirme la proposition que j’avais formulée il y a quelques années, à savoir la création d’une Direction des Impôts Locaux au niveau des Impôts et Domaines. Il est en effet établi que ce service se déploie davantage pour la collecte des impôts destinés à l’Etat et beaucoup moins pour le recouvrement de ceux devant aller aux collectivités locales.

Ce dysfonctionnement très préjudiciable aux Collectivités locales peut toutefois être réglé de manière définitive avec la création d’une Direction des Impôts Locaux dont l’action sera uniquement orientée vers la collecte des impôts destinés aux collectivités locales.

Je tiens d’ailleurs à souligner qu’à la suite de ma proposition relative à la création d’une Direction des impôts locaux, une étude réalisée par le CRDI sur les ressources financières des collectivités locales aboutira à la même recommandation.
Mieux, c’est dans cette perspective que j’avais tenu à créer, pendant  mon magistère à la Ville de Dakar, un nouveau service composé d’une soixantaine d’agents dont dix informaticiens. Doté d’un matériel informatique de pointe pour booster les recettes de la Mairie, ce service dont les résultats s’étaient vite révélés très probants, a été déployé depuis à la Direction générale des impôts et domaines (DGID). Naturellement, il aurait pu servir de noyau à une Direction des Impôts Locaux dont la création me parait absolument nécessaire. Le cas échéant, son activité pourrait d’abord être expérimentée à Dakar, avant d’être étendue aux autres collectivités locales en fonction des résultats.
J’ose espérer que cette proposition sera prise en compte dans le lancement de la phase II de l’Acte 3 que tous les acteurs de la décentralisation attendent désespérément pour un règlement définitif de la question des ressources financières.
C’est sur ce terrain-là qu’on attend l’action du gouvernement, et non sur celui de la politique politicienne.Pape DIOP, Ancien Maire de Dakar, Président de la Convergence Libérale et Démocratique/ Bokk Gis Gis

Suppression des villes : La «ville», survivance de la politique coloniale des «quatre communes» au Sénégal Par Landing BADJI

XALIMANEWS-Madame Soham WARDINI, Maire de Dakar, a réagi contre le projet de suppression de la « ville » en ses termes  :
« Dakar ville plus que centenaire, ancienne capitale de l’A.O. F, ville ouverte à toutes les identités, à toutes les fraternités, et à toutes les solidarités, témoin de notre histoire commune mérite plus de considération ».
Monsieur Abdoulaye NIANG, Maire de Rufisque, est lui aussi, sans surprise, contre. Ce serait un « déni d’histoire », soutient-il.
Les « villes » de Dakar et de Rufisque – commeavant elles,  celles de Saint-Louis ou encore de Gorée – n’ont pas été créées par les sénégalais.

BREFS RAPPELS

C’est pour l’année 1783 que le « Maire de ville » apparaît pour la première fois dans l’état général des dépenses à faire par l’Etat français dans la colonie du Sénégal.
Le 28 Juin 1881, le droit colonial enregistrait un nouveau code,  « le code de l’indigénat ». En 1887, le gouvernement français l’imposa à l’ensemble de ses colonies. Il distinguait deux catégories de personnes humaines  : les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français (les noirs, les malgaches, les algériens, les antillais,
les mélanésiens,  etc.) Seuls les sujets français étaient soumis à ce code, c’est-à-dire à un ensemble de mesures dégradantes  : les travaux forcés, l’interdiction de circuler la nuit,
les impôts de capitation sur les réserves. D’autres mesures pouvaient y être ajoutées de façon discrétionnaire. Les délits qu’il avait consacrés étaient passibles
d’emprisonnement ou de déportation.
Ce code sera appliqué dans la colonie du Sénégal jusqu’en 1946 (année du vote de la loi Lamine GUEYE) alors que les Accords de Genève du 23 Avril 1938 avaient interdit toute forme de travail forcé. En Algérie, il restera en vigueur jusqu’à son indépendance en 1962. Le code de l’indigénat avait pour objectif de faire régner le « bon ordre colonial » basé sur l’institutionnalisation d’une inégalité inventée par les colons. C’’est pourquoi « les indigènes de l’île de Saint-Louis et de l’île de Gorée » se voient accorder la citoyenneté française par la loi du 04 Avril 1792. Quelques années après le triomphe de la Révolution de 1789. Après, viendront le tour de Dakar et Rufisque lorsqu’elles prendront une importance économique. Blaise DIAGNE appelait ces
« QuatreCommunes », le « Berceau de la France Africaine ». Et pour cause ! Car les « villes » furent surtoutcréées pour servir de fer de lance à la politique coloniale dite « d’assimilation ». Il était admis que les peuples colonisés étaient inférieurs aux « métropolitains ». Par conséquent, les colonisés devaient progressivement adopter la culture et les valeurs du colonisateur. Le Gouverneur FAIDHERBE déclarait à ce sujet dans un discours prononcé au cours d’une cérémonie de remise de prix à Saint-Louis le 14 Juillet 1860  : « C’est son intérêt,  dont le nôtre n’est que la conséquence, que nous poursuivons, en cherchant à instruire cette population pour nous l’assimiler ». Voilà pourquoi,  il s’était opposé pendant longtemps à l’élection des Maires.
Parce qu’il préférait que le Maire reçoive des instructions à appliquer dans ce sens plus tôt que d’être à l’écoute de ses électeurs. Sous ce rapport,  il est utile de rappeler que les Maires publiaient les ordres de l’Administrateur, contrôlaient leur exécution, assuraient la police ; ils étaient responsables de la voirie et participaient à la justice comme auxiliaires ; ils recevaient parfois mission de négocier avec les chefs locaux.
La construction du chemin de fer Dakar – Saint-Louis devait permettre à la France de relier sescommunes de Saint-Louis (capitale) et de Dakar(port). Mais aussi de conquérir le Cayor. Il sera un élément majeur dans la colonisation française après la Conférence de Berlin (1884-1885).
A la création de l’Afrique Occidentale Française(A.O.F) en 1895, les citoyens des « Quatre Communes » conserveront leur statut de citoyens français tandis que les autres habitants des territoires colonisés seront cantonnés au statut « d’indigènes ». Ainsi encouragés à entretenir un complexe de supériorité. Aujourd’hui encorehélas, certains de nos compatriotes – d’un nombre infime heureusement – n’en sont toujours pas guéris. Cette politique coloniale a fait des victimes parmi des sénégalais devenuscélèbres.
Lorsqu’il a été mobilisé, Abdoulaye WADE, alors surveillant à l’Ecole Normale William PONTY,  sera désigné pour la « corvée des chiottes » au camp militaire de Rufisque jusqu’à son départ « pour la métropole ». C’est lui-même qui le révélera à feu Maître Abdoulaye THIAW, mon maître de stage. Membre du Comité Exécutif (notamment avec Sékou TOURE dont il restera un des intimes jusqu’à la mort de ce dernier au pouvoir en Guinée) de l’Union Générale des Travailleurs d’Afrique Noire (U.GE.T.AN) ; membre éminent du Bureau Confédéral de l’Union Nationale des Travailleurs du Sénégal (U.N.T.S) – ancêtre de l’actuelle C.N.T.S – THIAW passera sa Licence enDroit escorté par un garde pénitencier parce qu’il purgeait une peine d’emprisonnement suite à la grève générale de Mai 1968. Il deviendra « Premier Maodo » du Parti de Mamadou DIA ancien Président du Conseil de Gouvernement du Sénégal. Feu le professeur Assane SECK, avait été lui aussi mobilisé. Et, tout élève de l’Ecole Normale William PONTY qu’il était – ce qui lui donnait le droit d’être doté en tenues et souliers – avait été déchaussé au camp militaire de Ouakam jusqu’à son départ « pour la métropole ». Il avait raconté cet épisode de sa vie à son neveu,  mon ami feu Seydina Issa DIOP Ingénieur des Industries chimiques et qui fût Conseiller Technique des ministres André PEYTAVIN et Abdou DIOUF devenu Président de la République.
Léopold Sédar SENGHOR – qui se révéla aux sénégalais au cours de sa fameuse conférence publique sur « Assimiler et non être assimilé » à la Chambre de Commerce de Dakar en 1945 – avait été convaincu surtout par des cadres du Fuuta à quitter la S.F.I O de Lamine GUEYE et de créer son propre parti politique.
La principale mission de la « ville » avait fait d’elle une force d’attraction telle qu’une part non négligeable des deniers de l’Etat colonial français lui étaient destinés.
C’est ce qui explique en partie les investissements consentis dans les « villes » situées le long du chemin de fer Dakar – Saint-Louis. Ses mirages ont ébloui et continuent d’éblouir plus d’un !
Après l’indépendance en 1960, les régions périphériques notamment ont continué à souffrir de cette option politique.

LA SUPRESSION DE LA « VILLE » S’ETAIT IMPOSEE D’ELLE MÊME DEPUIS 2014

La réforme voulue par le Président Macky SALL et appelée « Acte III de la décentralisation » avait dissout les communes d’arrondissement de Dakar érigées en Communes. Ce qui était en cohérence avec sa politique de territorialisation des politiques publiques. Mais aussi avec les prescriptions de l’article 15 du nouveau Code Général des Collectivités Locales (C.G.C.L) qui dispose  :
« Les collectivités locales sont d’égale dignité. Aucune collectivité locale ne peut établir ou exercer de tutelle sur une autre ».
Or, la « ville de Dakar », par l’importance de son budget,  de ses programmes ainsi que de son patrimoine, exerce une tutelle de fait sur ces Communes. C’est une violation de cet article. Elle s’ajoute au fait que le Maire de Dakar (tout comme celui de Rufisque) est élu au suffrage universel indirect et non par les Dakarois dont il reste très éloigné ! Concrètement, il ne leur rend pas compte. Ce sont les Maires des Communes qui sont proches de leurs administrés. En fait, dès l’entrée en vigueur du C.G.C.L en 2014, la « ville » était devenue une anomalie démocratique.

Mais il est une autre partie de la déclaration du Maire de Dakar qui mérite quelques commentaires  :

« …Aujourd’hui plus que jamais, c’est le devenir de notre territoire, notre avenir commun qui est en jeu. C’est à nous de décider, pour que d’autres ne décident pas à notre place, de l’évolution que nous voulons donner à Dakar, notre ville ».
Les Dakarois ne sont pas citoyens d’une ville mais d’un pays, le Sénégal. Pas plus qu’ils n’ont un « territoire » qui leur appartienne. Ils n’ont jamais eu et n’auront jamais le droit de décider de leur « avenir » ! La « ville de Dakar » a été créée par décret. Dans notre système démocratique, « la souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum. » (Article 3 alinéa 1 de la Constitution). En d’autres termes, les députés à l’Assemblée Nationale peuvent voter au nom du peuple sénégalais.
La suppression de la « ville » ne changera ni le statut de citoyens sénégalais de ses habitants, ni leur vie de tous les jours, ni les solidarités nées de nos cultures, de notre foi ; ni de son statut de capitale du Sénégal. Alors ! En quoi une telle réforme manquera-t-elle de « considération » aux Dakarois ?
Au contraire, l’élection souhaitée (et acceptée par le Dialogue National) par les principaux acteurs d’une élection des Maires au suffrage universel direct appelle aussi à la concrétisation de ceprojet. Sinon,  les Dakarois devraient voter pour élire le Maire de leur Commune, puis pour élire le Maire des Communes !

Un gaspillage de nos maigres ressources financières. Alors surtout que Lévi-Strauss, dans « Race et Histoire »,  nous avait prévenu  :

« L’Humanité est riche de possibilités imprévues dont chacune, quand elle apparaîtra, frappera toujours les hommes de stupeur ; le progrès n’est pas fait à l’image confortable de cette « similitude améliorée » où nouscherchons un paresseux repos, mais il est tout plein d’aventures, de ruptures et de scandales. L’humanité est constamment aux prises avec deux processus contradictoires dont l’un tend à instaurer l’unification, tandis que l’autre vise à maintenir ou à rétablir la diversification. »Landing BADJI, Avocat à la Cour, Consultant international -E-mail  :  lbadji240@gmail.com

Neemeeku Tour /Financement des partis : Pastef Guédiawaye se défausse sur Aliou Sall

https://directnewsinfo.com La question du financement des partis politiques et le « Neemeeku Tour » initié par le Pastef continuent d’animer la sphère politique.
Cette fois-ci, c’est au tour de Mamadou Ndiaye, membre du mouvement des cadre de Guédiawaye d’entrer dans le débat. Il demande à Aliou Sall de rendre compte sur sa fortune.
« Je trouve que le communiqué sorti à 2h du matin n’est pas sérieux. La vérité du contenu de ce simulacre de communiqué se trouve beaucoup plus dans ce qu’’il tait que dans ce qu’il dit.
Ce sont des bulletins de renseignements faisant état de la percée fulgurante de Pastef sur le terrain politique au Sénégal et dans la diaspora qui donne le tournis aux tenants du régime en place.
Un État qui se respecte ne publie pas un communiqué aussi léger que laconique à 2h. Ce n’est ni plus ni moins qu’une tentative de musèlement d’un opposant encombrant mais ça ne passera pas », a tonné le cadre du Pastef.
Selon Mamadou Ndiaye, «en lieu et place d’Ousmane Sonko, c’est Aliou Sall qui doit éclairer l’opinion sur l’origine de sa puissance financière subite.
Lors des élections à la faveur desquelles il est devenu maire, le frère du Président a fait étalage avec une désinvolture et sans précédent dans l’histoire du Sénégal de sa richesse ostentatoire par la distribution tous azimuts de véhicules à sa clientèle politique (…).
L’On devrait se poser la question de savoir comment un pigiste parvenu est devenu subitement riche comme Crésus au point de faire la pluie et le beau temps », s’interroge Ndiaye.

Bruno D’ERNEVILLE : «Le couvre-feu précarise et fragilise l’économie déjà exsangue»

http://www.walf-groupe.com Bruno D’Erneville est contre ce couvre-feu. Il affirme qu’il précarise et fragilise l’économie déjà exsangue et favorise ainsi le banditisme, surtout celui de nuit
Il soutient aussi qu’il ne sert à rien puisqu’il n’impacte pas sur le comportement à moyen terme et ne responsabilise nullement le public. Selon lui, les restaurants et bars représentent de nombreux emplois qui résistent à la baisse d’activité des hôtels, et la combinaison musiciens- restaurateurs est un tandem qui fonctionne bien. «Ces lieux et acteurs peuvent être des relais efficaces pour diffuser le message de lutte contre la pandémie. Je laisserais donc fonctionner ces lieux en légiférant pour mieux les encadrer dans la sensibilisation du public avec des sanctions à la clé», dit-il. Le leader du Pac souligne également que les marchés sont indispensables à l’économie rurale et à la consommation nationale. A l’en croire, l’absence d’encadrement favorise la prolifération des cas communautaires mais leur fermeture signe l’arrêt de mort des producteurs locaux. Il prône ainsi la légifération pour, dit-il, instaurer une gestion des marchés répondant à des critères plus stricts d’hygiène et de sécurité, sanctions à la clé. Il affirme également que les transports sont les veines économiques du pays, sans eux point de croissance. D’après lui, la législation doit aussi concerner les transports publics pour une bonne adaptation des mesures barrières sans trop freiner l’activité.Charles G.DIENE

STATU QUO AUTOUR DE LA QUESTION DU FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES : Un mal entretenu par majorité et opposition

http://www.sudonline.sn Au cœur du débat public, la question du financement des partis politiques, remise au goût du jour par la menace de dissolution du parti Pastef brandie par le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, suite à la campagne internationale de levée de fonds initiée par Ousmane Sonko, ne semble pas pour autant s’inscrire dans l’ordre de priorité des acteurs politiques. En effet, alors qu’ils tiennent de façon régulière des rencontres de concertations autour du processus électoral en vue de l’amélioration du système démocratique sénégalais, les acteurs politiques n’ont jamais posé de véritables actes dans le sens de faire bouger les lignes autour de cette question
Véritable serpent de mer au sein du débat politique au Sénégal, la question du financement des partis politiques, semble aussi vieille que le processus électoral sénégalais lui-même. Elle a été seulement remise au goût du jour et au centre du débat public en cours par la menace de dissolution du parti Pastef brandie par le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, suite à la campagne internationale de levée de fonds initiée par Ousmane Sonko, président de cette formation politique et ses camarades en vue de financer leurs activités.
En effet, cette question de financement des partis politiques, régie par la loi 81-17 du 6 mai 1981 modifiée par la loi 89-36 du 12 octobre 1989 relative aux partis politiques a toujours alimenté le débat public, notamment à la veille des échéances électorales au cours des dernières années. Cependant, malgré la controverse qu’elle suscite au sein de l’opinion, cette question ne semble pas être une priorité pour les différents acteurs du jeu politique.
La preuve, depuis le code électoral consensuel de 1991, ils tiennent de façon régulière des rencontres de concertations autour du processus électoral en vue de l’amélioration du système démocratique sénégalais sans poser de véritables actes dans le sens de faire bouger les lignes autour de cette question du financement de leurs activités politiques. De l’autre côté, les différents régimes qui se sont succédé à la tête du pouvoir exécutif ont semblé également adopter cette même ligne de conduite autour de cette question.

Après le statu quo adopté par le régime socialiste du président Abdou Diouf et par le régime libéral de son successeur, Me Abdoulaye Wade, qui ont rangé dans les tiroirs de la République le fameux rapport du professeur El Hadj Mbodj sur cette question, l’actuel chef de l’Etat semble lui aussi s’inscrire dans cette posture.

En effet, après l’éclatement de l’affaire Lamine Diack, arrêté en 2015 relativement à la procédure de corruption active et passive présumée dans le cadre de l’affaire de dopage des athlètes Russes ouverte par la justice française contre lui, l’ancien président de la fédération internationale d’athlétisme qui a finalement écopé d’une condamnation à quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis et 500 000 euros d’amende, avait lors de son audition par les enquêteurs indiqué avoir utilisé une partie des fonds incriminés pour financer l’opposition au président sortant, Me Abdoulaye Wade, lors de la présidentielle de 2012 au Sénégal. Une déclaration qui avait fini de plonger tout un pays dans une vive controverse occasionnant ainsi des arrestations au sein des responsables du parti libéral.
Seulement, comme par le passé, ce débat n’a pas pu apporter grand-chose à la problématique de financement des partis politiques. Puisque, lors du référendum organisé le 20 mars 2016 portant sur la révision de l’actuelle Constitution adoptée en 2001 sous l’ancien régime libéral, l’actuel régime s’est contenté seulement de réaffirmer au niveau des quinze points soumis à la validation du peuple sénégalais, le statut de l’opposition et de son chef que son prédécesseur avait déjà fait inscrit dans la charte fondamentale en passant sous silence la réforme de la loi relative aux partis politiques que d’aucuns jugent obsolète et inadaptée à la situation politique actuelle.
Pis, inscrits au menu du dialogue politique au sein de la commission cellulaire, les échanges autour de cette question du financement des partis politiques ont été renvoyés à l’après audit du processus et du fichier électoral par les acteurs engagés dans ce débat autour du défunt général à la retraite feu Mamadou Niang rappelé à Dieu, le lundi 28 décembre dernier

Plaidoyer pour un tourisme réinventé ! Par Oumou Wane

Après une année complète faite d’incertitudes, les professionnels du tourisme se préparent à une deuxième saison à vide, de la Petite Côte, à la Grande Côte, en passant par la Casamance, avec Cap Skirring comme symbole des énormes pertes enregistrées par le secteur.
Avec l’arrêt des vols internationaux et les restrictions mondiales sur les voyages, le tourisme sénégalais réalise plus que jamais à quel point il dépend exclusivement du tourisme international, quasi à plus de 90%. Avec la pandémie de Covid-19, le nombre des touristes internationaux a chuté et bien que la crise ait bouleversé les économies de tous les pays, l’effet de ce choc s’est davantage fait sentir dans les pays qui tirent d’importants revenus du tourisme, comme c’est le cas pour le Sénégal. C’est pourquoi il nous faut penser le tourisme autrement, tout en se préparant à l’après Covid et à la reprise du secteur en explorant et en attirant de nouveaux marchés à fort potentiel.
Il est temps donc d’inverser la tendance car relancer le secteur du tourisme est primordial. Aussi, dans le contexte difficile qui perdure, pourquoi ne pas commencer par privilégier le tourisme intérieur et régional, qui permettrait déjà aux structures hôtelières de fonctionner, quitte à afficher des tarifs hors compétition, pour permettre aux Sénégalais de venir découvrir l’intérieur du pays et ses côtes. Voici une belle idée, que chaque sénégalaise et sénégalais puisse s’approprier cette destination aux multiples facettes avec ses plages d’exception, mais aussi une richesse historique et culturelle et une authenticité séduisant le public international depuis toujours.
Imaginons d’un côté des professionnels fiers d’appartenir à la destination Sénégal et de l’autre, des habitants également perçus comme des acteurs du tourisme : « Je suis Sénégalais, j’aime mon pays, je le fais connaître ». Ceci contribuera à créer une communauté qui amplifiera le « bouche à oreille » sur la destination, au fur et à mesure qu’elle grandit.
Mais bien entendu la manne touristique qui constitue la deuxième source de devises étrangères pour l’économie du Sénégal après la pêche, et qui emploie 100 000 personnes à travers le pays, repose sur la fréquentation du pays par le tourisme international.
Et pour faire revenir cette clientèle après la crise sanitaire, les atouts réels du territoire ne manquent pas. Au delà de certains stéréotypes (Plages, Affaires, Folklore), le Sénégal, à 5 heures d’avion du grand marché émetteur européen est un véritable carrefour culturel de l’Afrique. Avec une position géographique privilégiée qui en fait l’un des pays les plus ensoleillés du globe, le Sénégal est sûr et agréable. Il se visite avec le cœur, l’hospitalité y est profondément ancrée, les plages de sable fin y sont dignes des plus grands sites balnéaires du monde, le pays est stable et sa démocratie modèle…

Encore faut-il le faire savoir ! La communication touristique ne peut pas se contenter de venter un secteur reconnu pour ses compétences techniques et son efficacité. Elle doit faire rêver, raconter des histoires…

À bien des égards, le Sénégal est « Sans égal », ce n’est pas un simple voyage de plus… C’est plus qu’un simple voyage !
Qui, parmi les sénégalais de la diaspora n’a pas rencontré un voyageur rentré du Sénégal, plein d’étoiles dans les yeux, les papilles encore enchantées et ne tarissant pas d’éloges sur la gentillesse du peuple sénégalais.
Voici ce que chacun d’entre nous devrait commencer par faire. Croire en ses valeurs, reconnaître ses qualités, défendre son pays et le protéger.
Notre président Macky Sall, pourra bien se battre tout seul aux côtés des professionnels du voyage, affirmer que le tourisme sénégalais est sous haute protection et injecter des milliards CFA dans la relance du secteur, cela suffira t-il à faire revenir au Sénégal, les 1, 7 million de touristes qu’il a accueilli l’année dernière, et voire à les augmenter ?
La compagnie aérienne Air Sénégal pourra lancer autant de nouvelles liaisons qu’elle voudra et acquérir tous les Airbus A321 du monde en faisant de Dakar une plateforme incontournable dans le transport aérien, il manquera encore l’essentiel.
Et cet indispensable, c’est nous, c’est notre enthousiasme et notre foi. Cette envie et cette invitation à faire goûter nos différences. Alors, en attendant la grande campagne de promotion du tourisme sénégalais par le gouvernement, (que j’appelle de mes vœux) tous à nos réseaux sociaux, via Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest, Google, Youtube, etc… Oublions le verre à moitié vide, pensons à sa partie pleine ! Battons-nous pour notre pays avec un cri d’amour et de ralliement de votre choix. Et pourquoi pas celui là : Mon Sénégal à toi ! (#monsenegalatoi) !

Gestion DDD : Le nouveau DG vilipende Me Moussa Diop et fait de graves révélations sur ses épouses

https://www.seneweb.com Le directeur général de Dakar Dem Dikk (DDD) Oumar Boun Khatab Sylla, a fait face à la presse. Ce, pour faire le point sur ses 100 jours d’exercice, la stratégie de DDD pour combattre la Covid-19 et, enfin, pour faire des révélations sur la gestion «calamiteuse» de son prédécesseur, Me Moussa Diop, et ses deux épouses qui géraient les deux restaurants de la boîte.
Entouré de ses proches collaborateurs, le tout nouveau DG de Dakar Dem Dikk a soldé ses comptes avec son prédécesseur. «Hier, à la surprise générale, il a été relayé dans la presse que le chef de l’Etat a bloqué ses indemnités. Lorsque qu’il a quitté DDD, le Conseil d’administration a voté ses indemnités pour un montant de 120 millions. Et dans le Conseil d’administration, il y avait le représentant du ministère du Budget, du ministère des Transports… En venant, ces agents reçoivent des directives. Pensez-vous que si le président de la République voulait faire des crocs-en-jambe, ces agents allaient voter ça ?», interroge M. Sylla.
Non sans répondre que Moussa Diop raconte des «contrevérités» et veut manipuler l’opinion. Ce n’est pas un secret, poursuit-il : «Quand il a perdu un de ses proches, il m’a demandé de l’aider à rentrer dans ses fonds. Et c’est par la suite que j’ai déboursé 30 millions sur les 120 millions de francs CFA qu’on lui devait. D’ailleurs, après son départ, les salaires des mois d’octobre, novembre et décembre étaient payés par l’Etat du Sénégal. J’ai été très déçu par Moussa Diop. Nous n’avons même pas le temps de l’adversité. Mais il y a des lignes rouges à ne pas franchir.»
Toujours dans sa logique de vilipender l’ancien DG, Oumar Boun Khatab indique qu’«il y avait plus de 200 agents fictifs à Dakar Dem Dikk, lorsque j’ai fait l’audit de l’entreprise. J’ai simplement demandé qu’on bloque les salaires de ces agents. Il sait, en tant qu’avocat, que si ces salaires ne sont pas justifiés, sa responsabilité civile et pénale sera engagée. Les deux plus grands restaurants de DDD étaient gérés par ses épouses. Et j’ai licencié l’une d’entre elles, car la dame en question était en disponibilité. Et à la fin de la disponibilité, elle n’était pas revenue. Et j’ai licencié tous ses ‘intouchables’. J’avais décidé de ne pas communiquer pendant 6 mois, mais je n’en peux plus».

Thiat : «Macky est en train de faire du Yaya Jammeh, c’est de la dictature»

Invité dans l’émission «Ndoumbélane» de la Sen Tv, le rappeur Thiat revient sur l’état d’urgence et tacle Macky Sall. « Macky Sall est en train de se «Yaya Jammehiser», il fait du Yaya Jammeh, c’est de la dictature», tacle le membre du mouvement «Y’en a marre» qui annonce une mobilisation si Macky prolonge le couvre-feu. Et de lancer un appel à toute la population sénégalaise. Parce que rien n’explique le couvre-feu.
L’activiste poursuit : «On nous parle de 17 millions d’habitants, on n’a même pas 20 000 cas, pourquoi on ne fait pas un test de masse. Moi, je n’ai jamais fait de test, mais quand je devais voyager, j’ai payé 40 000 Fcfa  pour faire un test. Ce qui est sûr, cette population ne peut pas débourser cette somme pour faire les tests ».
Thiat de marteler : « Macky Sall discrédite les agents et experts de santé. Il est en train de suivre le calendrier que l’Europe lui dicte, enrichit sa famille et sa belle famille et suit son calendrier. Il ne réfléchit pas et ne travaille pas pour son peuple. La population souffre.
Qui conseille Macky Sall ? »
Le rappeur de répondre : « Je ne pense pas qu’il a des conseillers fiables. Je pense que les mesures édictées depuis le début de la pandémie pouvaient faire l’affaire, c’est-à-dire porter des masques et se laver les mains. On ne peut pas faire de la distanciation physique au Sénégal parce qu’on a notre culture. On mange ensemble autour d’un bol».

Lutte contre la Covid-19/Le SEN de l’APR rassure que le Sénégal reste un pays résilient et ne sera pas en récession.

https://www.dakaractu.com Le secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République comme à ses habitudes, suite à l’adresse à la nation du président de la République mardi dernier, a encore manifesté son soutien sans faille au chef de l’État dans cette dynamique « de guerre contre la covid-19 ». Ainsi, au sortir d’une réunion, le Sen a envoyé un communiqué à notre rédaction.
Selon le texte lu, la dernière décision prise par le Président de la République, SEM Macky SALL de décréter l’état d’urgence dans les régions de Dakar et de Thiès répond incontestablement, à une urgence sanitaire de premier ordre.
Pour accompagner le président, le SEN appelle à « la mobilisation, à la responsabilité individuelle et collective tous les Sénégalais qui doivent se conformer en permanence au respect des gestes barrières ». Toutefois, note le texte qu’il convient également de saluer, d’encourager et de soutenir, dans un élan collectif, les efforts inlassables du président de la République qui visent à refonder notre système de santé pour une meilleure prise en charge des populations afin d’apporter une réponse définitive à la question de l’accès à des soins de qualité à travers le pays.
Le Sénégal reste un pays résilient et ne sera pas en récession, souligne le communiqué. C’est pourquoi, le SEN marque sa totale adhésion aux orientations de développement réaffirmées par le président au cours de ses deux séquences de communication du 31 décembre 2020 : la refondation de notre système de santé ; la consolidation de notre souveraineté alimentaire, sanitaire et pharmaceutique ; la poursuite des politiques territoriales d’inclusion et d’accès universels ; le rattrapage infrastructurel avec les programmes routier, autoroutier, ferroviaire et de mobilité collective ; le renouveau industriel avec la mise en place des agropoles et le démarrage du 2éme parc industriel de Diamniadio.
C’est dans l’unité et la stabilité qu’une nation qui aspire à l’émergence trouve la force qui féconde son progrès économique et social
À toutes les militantes et militants de notre Parti, à tous les alliés de Benno Bokk Yaakar et de la Grande coalition présidentielle, c’est ensemble et en commun, derrière le Président de la République que nous serons plus forts pour dominer les contingences de l’immédiat, vaincre l’adversité, agir sur notre présent et forger un nouvel élan vers un avenir meilleur au profit de toutes les Sénégalaises et de tous les Sénégalais.
Ainsi, les membres du SEN, évoquent que la question de l’emploi des jeunes demeure une priorité pour le président avec le Programme d’appui et de valorisation des initiatives entrepreneuriales (PAVIE) d’un montant de 74 milliards FCFA sur la période 2020-2022, qui permettra d’enrôler 195.000 jeunes en terme d’initiatives entrepreneuriales, d’emplois directs, d’emplois indirect et d’entrepreneurs.

La dernière sonkonerie d’Ousmane le mythomane : Les dessous de la fameuse collecte de fonds Par Moussa Thiam

A César ce qui est à César, c’est l’homme politique, ancien député Mamadou Bamba Ndiaye qui a trouvé le mot approprié pour qualifier ce comportement caractéristique d’Ousmane Sonko, basé sur l’arrogance, la prétention et la mythomanie chronique.
La dernière sonkonerie de l’actualité politique, c’est ce gros mensonge sur la prétendue collecte en quelques heures de 125 millions de francs ou 128 millions de francs ou un montant proche de l’un ou l’autre, différents chiffres ayant été relayés par différents canauxMensonge et prétention sur le délai car c’est de notoriété dans certains cercles, que les démembrements communaux de Pastef, partout où ce parti est présent sur le territoire national, ont été saisis plusieurs semaines à l’avance pour une contribution à verser à leur direction nationale vers la fin du mois de décembre, pour un montant supérieur ou égal à 25 000 F.
Mensonge sur les modalités de cette levée de fonds, car il ne s’est pas agi d’une collecte populaire comme on l’a prétendu, mais bien d’un prélèvement effectué par chaque instance communale sur sa caisse qui est alimentée par le produit des ventes de cartes de membres et les cotisations mensuelles des adhérents. Et on ne verra pas dans ce pays beaucoup de citoyens ordinaires qui pourraient déclarer de bonne foi avoir contribué à une opération de collecte de fonds du Pastef à la date indiquée.
Or, même si Ousmane Sonko et sa bande d’aboyeurs qui règnent sur une nébuleuse politico-affairiste pensent avoir bien verrouillé le secret, qu’ils se détrompent. L’on sait que plusieurs communes du pays sont absentes de la liste des localités ayant contribué parce que ne comptant aucun militant Pastef sur leur territoire. L’on sait aussi que parmi celles qui ont versé une enveloppe, beaucoup n’ont pas atteint la barre des 25 000 F. Le résultat a été qu’après centralisation des contributions, de nombreux départements ont envoyé au niveau national une enveloppe se situant souvent entre 100 et 300 mille francs. Certains grands départements ont pu atteindre le montant de 500 000 F grâce à l’effort de quelques fonctionnaires privilégiés et membres de Pastef. Kaolack apparaît dans ce paysage comme une exception et des militants locaux ne manquent pas de partager leur fierté avec leurs proches parce que le département s’est distingué en atteignant la barre de 1 million de francs, prouesse remarquable à l’échelle nationale. Mais les mêmes militants ne peuvent non plus s’empêcher de préciser sous le sceau de la confidentialité que cette performance a pu être réalisée grâce à l’apport d’un grand et généreux contributeur qui, à lui seul, a apporté autant que toutes les communes du département réunies. Il apparaît ainsi qu’il aurait fallu que le pays comptât 125 départements tous aussi performants que Kaolack pour mobiliser les 125 millions de francs annoncés dans les prétentions les plus modérées.
L’on sait aussi que contrairement aux fanfaronnades et autres sonkoneries qu’on a entendues ces derniers jours, le résultat de l’opération de collecte menée sur plusieurs semaines et non sur quelques heures, en prenant en compte l’apport de la diaspora et les promesses qui attendent d’être honorées, est inférieur à 50 millions de francs dans lesquels on retrouve aussi la part importante versée ou annoncée par quelques gros contribuables dont la générosité est loin d’être fortuite.
On se rend ainsi compte que le chiffre livré à l’opinion a été gonflé d’environ 150% représentant en valeur absolue plus de 70 millions de francs fictifs ou plus de 70 millions de francs nébuleux.
C’est facile de brandir des chiffres. La transparence commandait à Pastef de publier la liste détaillée des contributeurs ou au moins la liste des contributions par commune et des « gros donateurs » ; ce qu’il ne fera jamais.
Quant à ce Don Quichotte de la transparence, forcené hystérique lorsqu’il s’agit de mettre en cause des proches du pouvoir et qui a été le premier à défendre une telle nébuleuse, il a simplement jeté le masque pour s’afficher sous son vrai visage : un vil imposteur qui ne mérite même pas d’être cité nommément.Moussa THIAM, Dialègne – Kaolack

Décès du Pr Gaye Daffé : Un «économiste patriote» s’en est allé

http://lesoleil.sn Le monde universitaire et scientifique est endeuillé par le rappel à Dieu du Professeur Gaye Daffé, vendredi soir, en France, des suites d’une maladie. Professeur à la Faculté des sciences de gestion (Faseg) de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, le défunt était également chercheur au Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) où il était, jusqu’à son décès, le chef du département mondialisation, intégration régionale et développement local.
Ses travaux de recherche portaient d’ailleurs sur le commerce international, les politiques commerciales, l’économie du développement, l’éducation, la pauvreté. Pr Gaye Daffé a été coordinateur d’un certain nombre de programmes de recherche et d’ouvrages sur la croissance et la pauvreté.
Contacté par Lesoleil.sn, son collègue et ami, Pr Mamadou Dansokho, dit retenir du défunt le souvenir d’« un économiste patriote ». « Il faisait partie de la première génération d’économistes africains. Fondateur du parti trotskiste, membre fondateur du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) et membre fondateur du Consortium pour la recherche économique et sociale, on peut dire qu’il a rempli sa mission », a-t-il notamment témoigné.
« Ce que nous partageons, c’est l’économie politique, donc la cité. Sous ce rapport, nous avons beaucoup travaillé, on n’a jamais pensé que l’économie c’est une histoire de technocrates », a ajouté Pr. Dansokho qui pleure « un homme du peuple ». S.G

Les sages de l’Apr sur le discours à la Nation : «Le message témoigne du leadership de Macky Sall»

https://directnewsinfo.com Le Conseil national des sages de l’Apr salue le «retentissement» du message à la Nation du président de la République. Il témoigne, selon cette structure du parti au pouvoir, de «l’engagement et du leadership d’un homme au service exclusif du Peuple sénégalais». Dans un communiqué, Maham Diallo et ses camarades notent que la «constance» de l’appel de Macky Sall et la «portée de ses initiatives politiques sont révélatrices d’une posture républicaine construite autour du consensus entre les différentes forces vives de la Nation». Cette démarche, estiment-il, vise à instaurer une «nouvelle dialectique politique construite autour de l’ouverture, de l’écoute et de la générosité», des «fondamentaux» de l’Apr depuis sa naissance.
Les sages apéristes se réjouissent de la consolidation et du renforcement de cette dynamique autour d’un idéal : «Construire un Sénégal pour tous, un Sénégal de tous.» C’est dans ce sens qu’ils adhèrent «totalement» à l’élargissement de la grande majorité présidentielle. En effet, ils estiment, comme leur leader Macky Sall, que le ralliement de Idrissa Seck, Oumar Sarr et Cie «cristallise aujourd’hui 85% de l’électorat du Sénégal et de sa diaspora».
Le Conseil national des sages de l’Apr rappelle, de toute façon, que le Président Sall, dès la proclamation officielle de sa confortable réélection avec 58, 26% des suffrages exprimés, avait lancé un nouvel appel à un «dialogue républicain impliquant toutes les forces vives de la Nation, sans exclusive». Les sages de l’Apr, qui louent cette «générosité de cœur et d’esprit» du chef de l’Etat, saluent par ailleurs la mémoire du Général Mamadou Niang, un «grand serviteur de l’Etat, soldat émérite et illustre ambassadeur du dialogue national», décédé le 28 décembre dernier.


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