Revue de presse du Mercredi 13 Octobre 2021

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REPERES STATISTIQUES DE JUILLET 2021 Une hausse de la production dans les secteurs d’activités et des recettes de l’Etat

https://www.jotaay.net Au mois de juillet 2021, il a été constaté une hausse généralisée de la production dans presque tous les secteurs d’activités, ainsi que des recettes de l’Etat. S’agissant du trafic aérien, le nombre de passagers et les mouvements d’aéronefs sont ressortis en hausse ; au moment où le trafic maritime a connu un ralentissement de 3,6% en rythme mensuel avant de connaitre une amélioration de 34,1% en glissement annuel.
Il ressort des repères statistiques du mois de juillet publié par l’Ansd que l’activité d’extraction minière a enregistré en juillet 2021 une hausse de la production en valeur de zircon (+19,2%), d’attapulgite (+19,2%), de phosphate de chaux (+10,7%), de sel iodé (+10,7%) et d’or (+1,7%). En glissement annuel, les productions d’or, de phosphate de chaux, d’attapulgite, de zircon et de sel iodé se sont respectivement accrues de 107,2%, 105,2%, 95,7%, 50,9% et 50,9%. Quant à la production brute d’électricité de la Senelec, en juillet 2021, elle s’est améliorée de 7,4%, par rapport au mois précédent. Elle a également connu une hausse de 10,0% comparativement à la période correspondante de l’année 2020. Durant la période sous revue dans le secteur industriel, la production industrielle hors égrenage de coton, dont l’évolution est suivie à travers l’Indice harmonisé de la production industrielle (Ihpi) s’est repliée de 4,5% par rapport au mois précédent. Cette baisse de la production du secteur industriel est imputable essentiellement à la chute de la production des industries environnementales (-12,1%) et de celle des industries manufacturières (-6,6%). En glissement annuel, l’Ihpi a progressé de 28,6%.

Hausse des passagers et des mouvements d’aéronefs, ralentissement du trafic maritime

Par rapport à juin 2021, les exportations et la production de ciment se sont bonifiées, respectivement, de 16,3% et 6,6%. Par contre, les ventes locales se sont contractées de 1,1% en juillet 2021, relativement au mois précédent. En glissement annuel, les exportations (+13,8%), la production (+10,3%) et les ventes locales (+1,4%) ont connu des regains. S’agissant du secteur tertiaire, le trafic aérien, au mois de juillet 2021, est marqué par une hausse concomitante du nombre de passagers (+24,5%) et des mouvements d’aéronefs (+17,4%) en variation mensuelle. Cependant, le fret a chuté de 5,5 points sur la même période. Comparativement au mois de juillet 2020, un rebond a été noté sur le nombre de passagers (+330,5%), les mouvements d’aéronefs (+136,6%) et le fret (+31,9%), en raison de l’assouplissement des mesures restrictives sur les déplacements internationaux de voyageurs. S’agissant du trafic maritime au Port autonome de Dakar, il a connu, en juillet 2021, un ralentissement de 3,6%, en rythme mensuel. Cette situation fait suite à la baisse des embarquements (-6,0%) et des débarquements (-2,8%). En glissement annuel, l’activité du Port s’est améliorée de 34,1%, sous l’effet de l’accroissement des débarquements (+45,8%) et des embarquements (+30,7%).

Chiffre d’affaires des services et du commerce

L’activité du secteur tertiaire, au mois de juillet 2021, s’est caractérisée par une baisse, en rythme mensuel, du chiffre d’affaires (Ca) des activités des services (-2,6%) et de celui des activités du commerce (-2,0%). La contraction du Ca du sous-secteur des services est liée principalement à la chute de ceux des «Activités Immobilières» (-45,9%), des «Activités artistiques, culturelles, sportives et récréatives» (-27,0%), des «Activités financières et d’Assurance» (-20,5%), des «Activités spécialisées, scientifiques et techniques» (-19,5%) et de «l’Enseignement» (-11,5%).  La hausse du Ca de «l’Hébergement et Restauration» (+11,4%) et des «Transports» (-0,3%) ainsi que celui du «Transport» (+1,8%) a atténué la baisse enregistrée par le Ca des services.
S’agissant du recul de l’activité commerciale, il est imputable au ralentissement du Ca des activités de «Commerce et réparation d’automobiles et de motocycles» (-10,0%) et de celui du «Commerce de détail» (-4,6%). Par contre, le Ca de l’activité du «Commerce de gros» s’est amélioré de 6,5%. Par ailleurs, le niveau des prix à la consommation, dont l’évolution est mesurée par celle de l’Indice harmonisé des prix à la consommation (Ihpc), a progressé de 1,9%, par rapport au mois précédent. En glissement annuel, l’indice a également enregistré un bond de 2,9%.

Le solde commercial en juillet s’est établi à -152,5 milliards contre -232,9 milliards le mois précédent

En juillet 2021, les échanges extérieurs du Sénégal sont marqués par un accroissement de 2,4% des prix à l’exportation, et un gain de 2,4% de ceux à l’importation, par rapport au mois précédent. Les termes de l’échange sont restés constants sur la même période. L’économie sénégalaise a aussi enregistré des pertes de compétitivité-prix évaluées à 1,4%, en variation mensuelle, sous l’effet du différentiel d’inflation défavorable (+1,7%), dans un contexte de dépréciation (-0,3%) de la monnaie locale par rapport aux monnaies des partenaires commerciaux. Face aux pays partenaires membres de l’Uemoa et de la zone Euro, des pertes de compétitivité évaluées au même niveau (+2,1%) ont été relevées, en liaison avec le différentiel d’inflation (-0,2%) défavorable. Ainsi, le solde commercial du Sénégal durant cette période s’est établi à -152,5 milliards francs Cfa contre -232,9 milliards francs Cfa au mois précédent, soit une détérioration de 34,5 milliards du déficit.

Hausse de 5,4% des recettes en juin

En ce qui concerne les finances publiques, les recettes totales du mois de juin 2021 ont enregistré un accroissement de 5,4%, par rapport au mois précédent. Cette situation est en liaison avec la hausse des recettes fiscales (+58,3%), amoindrie par un fléchissement des recettes non fiscales (-88,6%). Les recettes totales de l’Etat se sont également bonifiées de 51,6% par rapport au mois de juillet 2020. Quant aux charges de personnel et effectif de la fonction publique, il ressort des statistiques que les frais d’hospitalisation ont baissé de 5,4% en juillet 2021, en variation mensuelle. Par ailleurs, les salaires du personnel et l’effectif de la fonction publique ont progressé de 3,6% et 0,2%, respectivement. En glissement annuel, il a été constaté, un amoindrissement des frais d’hospitalisation (-20,9%). Par contre, un accroissement des salaires (+7,9%) et de l’effectif (+4,2%) de la fonction publique a été noté sur la même période.M. CISS

EXPORTATIONS ET IMPORTATIONS DE BIENS AU MOIS D’AOUT Le déficit de la balance commerciale estimé à 109,8 milliards

https://www.jotaay.net En août 2021, le déficit de la balance commerciale, estimé à 109,8 milliards, s’est dégradé de 70,0 milliards par rapport au mois de juillet 2021. Cette situation s’explique par une baisse des exportations (-5,6 milliards) conjuguée à une hausse des importations de biens (+73,2 milliards), comparé au mois précédent.
Les exportations de biens, évaluées à 197,6 milliards au mois d’août 2021, sont ressorties en baisse de 2,8% (-5,6 milliards) en rythme mensuel. Cette situation est imputable au fléchissement des exportations d’acide phosphorique (-13,3 milliards), de produits alimentaires (-4,0 milliards) et de titane (-1,5 milliard). Le repli des exportations de produits alimentaires est le reflet de la baisse des ventes à l’extérieur de produits halieutiques de 4,0 milliards. Toutefois, la contraction des exportations est atténuée par la hausse des ventes de produits pétroliers de 4,6 milliards sur la période. En glissement annuel, les exportations de biens ont augmenté de 32,3% (+48,2 milliards), reflétant notamment la progression des exportations d’or brut (+8,4 milliards), de produits alimentaires (+7,0 milliards), d’acide phosphorique (+5,4 milliards), de titane (+1,9 milliard) et de zircon (+1,0 milliard). En revanche, une baisse des ventes à l’extérieur de produits pétroliers (-2,4 milliards) est notée.
S’agissant des exportations du Sénégal vers l’Uemoa, elles sont estimées à 32,2 milliards au mois d’août 2021 contre 33,2 milliards le mois précédent, soit une diminution de 1,0 milliard. Elles ont représenté 16,3% de la valeur totale des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois d’août 2021. La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 52,3% à 60,6% sur la période, soit un gain de parts de 8,3 points de pourcentage. Le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali, avec une part évaluée à 25,8% en août 2021 contre 24,3% le mois précédent.

Hausse des importations

Concernant les importations de biens, elles sont passées de 355,8 milliards en juillet 2021 à 428,9 milliards au mois d’août 2021, soit une progression de 20,6% (+73,2 milliards). Cette hausse reflète le regain de la valeur des importations de produits pétroliers (+42,5 milliards), de «véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles» (+7,0 milliards), de «machines, appareils et moteurs» (+4,6 milliards) et de produits alimentaires (+1,7 milliards). Le renforcement des importations de produits pétroliers est lié à l’augmentation des achats à l’extérieur des huiles brutes de pétrole (+40,7 milliards) et, dans une moindre mesure, des produits pétroliers raffinés (+1,7 milliard). En glissement annuel, les importations de biens ont crû de 46,0% (+135,2 milliards), sous l’effet de la progression des principaux produits importés, notamment, les produits pétroliers (+65,6 milliards), les «machines, appareils et moteurs» (+9,5 milliards), les produits pharmaceutiques (+5,8 milliards) et les «véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles» (+3,2 milliards). S’agissant de produits alimentaires, la hausse est fortement liée à l’accroissement des achats à l’extérieur de riz (+7,5 milliards), de maïs (+1,9 milliard) et de froment et méteil (+1,5 milliard)
Concernant les importations de biens en provenance des pays de l’Uemoa, elles sont évaluées à 7,5 milliards au mois d’août 2021 contre 7,6 milliards le mois précédent, soit une légère baisse de 29,1 millions. Elles ont représenté 1,8% de la valeur totale des importations de biens du mois d’août 2021. La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 71,0% en août 2021 contre 67,5% le mois précédent. Les achats en provenance de ce pays ont, principalement, porté sur les fruits et légumes comestibles, les huiles et graisses animales et végétales, les autres produits sucrés, les matières plastiques artificielles et les produits des industries parachimiques qui ont représenté, respectivement, 17,5%, 16,4%, 11,3%, 9,8% et 4,2% sur la période.M. CISS

Mor Gassama, économiste : «Le budget a doublé en 10 ans, mais la population est passée de 13 à 16,7 millions d’hab»

WalfQuotidien : Le gouvernement se glorifie d’avoir doublé le budget en 10 ans. Qu’est ce que cela vous inspire ?

Mor GASSAMA : Le budget prévisionnel du Sénégal serait de 5150 milliards de francs Cfa en 2022 contre  4589 milliards en 2021 soit une hausse en valeur absolue de 561milliards. Il prévoit un déficit budgétaire de 4.8% et un taux de croissance de 5.5%. Une autre analyse nous montre que le budget du Sénégal a doublé en 10 ans. Cette hausse pourrait signifier une amélioration de la performance dans la collecte des recettes et une augmentation plus rapide des dépenses. Le déficit était de 6.4% en 2020 et il est projeté à 5.4% en 2021.

Comment expliquez-vous cette hausse rapide ?

On rappelle au passage qu’en 10 ans  la population sénégalaise est passée de 13 à 16,7 millions d’habitants. Ce qui signifie aussi des besoins plus importants en infrastructures routières, scolaires, universitaires, sanitaires, immobilières, en équipements collectifs et en personnels comme par exemple des enseignants, des médecins, des sages-femmes, des infirmiers, des forces de défense et de sécurité.

Est ce que cette hausse a un impact sur le vécu des populations ?

Les résultats d’une enquête réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) en 2018 et 2019 par rapport à 2011 montre que le nombre de pauvres est passé de 5 832 000 à 6 032 000, donc une augmentation en valeur absolue même si on a constaté une baisse en valeur relative passant de 41% en 2011 à 37% en 2019. Si toutefois on devait y intégrer les effets de la Covid-19 en 2020 et 2021 la situation serait plus catastrophique, sans aucun doute possible.

Etes-vous d’accord avec l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye qui affirme que le gouvernement «construit sa gloriole en performances budgétaires par l’augmentation des dépenses plutôt que par celle des recettes avec maîtrise du déficit » ?

Comme vous l’avez constaté le déficit budgétaire est passé de 6.4% en 2020 à 5.4% en 2021 et serait de 4.8% en 2022. Cela veut dire que des efforts ont été fournis incontestablement dans la maîtrise du déficit budgétaire. Ce qui n’est pas mal non plus, car vivre avec un déficit budgétaire chronique signifie qu’on vit au-dessus de ses moyens.

1,7 MILLIARDS DE DOLLARS POUR MODERNISER TROIS PORTS AFRICAINS DONT CELUI DE DAKAR

Dakar,12 oct (APS) – DP World, leader de la chaine logistique mondiale et le Groupe CDC, institution de financement du développement du Royaume-Uni et investisseur à impact, ont scellé un partenariat d’un montant de 1,7 milliards de dollars dans l’objectif de moderniser et de développer trois ports à Dakar (Sénégal), Sokhna (Egypte) et Berbera (Somalie), annonce un communiqué transmis à l’APS.
La même source renseigne que ce partenariat vise également à accélérer le potentiel commercial de l’Afrique sur le long-terme et de transformer les perspectives économiques de millions de personnes,
La plateforme, écrit le communiqué, couvre une période d’investissements à long-terme, en relevant que DP World s’engageant à hauteur d’1 milliard de dollars et CDC à hauteur de 700 millions.
Le texte signale que ces investissements aideront à lutter contre le déséquilibre notable au niveau du commerce international, en soutenant la modernisation et l’agrandissement de ports et de plateformes logistiques terrestres à travers l’Afrique, en commençant par le port de Dakar (Sénégal), de Sokhna (Egypte) et de Berbera (Corne de l’Afrique).
“D’ici 2035, il est estimé que l’agrandissement du port (Dakar) devrait permettre une activité commerciale participant à hauteur de 18% du PIB et pesant 36% du commerce national”, renseigne la même source.
Elle ajoute que plus de 48% de la population sénégalaise et une part significative de la population du Mali qui est de 20 millions de personnes devraient en bénéficier.
“2,3 millions d’emplois au Sénégal seront indirectement soutenus .Cette nouvelle expansion, bénéficiant d’un investissement de près d’un milliard de dollars, sera le plus gros investissement direct étranger terrestre que le pays ait jamais eu”, ont fait savoir les signataires de ce partenariat.BHC/ASB/OID

Eiffel Investment Group investit 3 millions € pour soutenir la transition énergétique en Afrique

https://www.sikafinance.com Eiffel Investment Group, la société française de gestion d’actifs, vient d’investir 3 millions d’euros, soit 1,97 milliard FCFA, dans Manocap Energy, une société de financement dédiée au secteur énergétique en Afrique, pour soutenir la transition énergétique de deux pays africains.
” Nous sommes extrêmement enthousiastes à l’idée de notre nouveau partenariat avec Eiffel. Le financement qu’il nous accorde nous permettra d’exécuter notre portefeuille de projets solaires commerciaux et industriels à court terme au Ghana et en Sierra Leone et de disposer d’un financement flexible qui continuera à soutenir notre croissance à long terme ” s’est réjoui Thomas Cairnes, PDG de ManoCap Energy.
Dans une région d’Afrique de l’Ouest où le taux d’accès à l’électricité est en moyenne de 52% selon la Banque mondiale, ce financement viendra soutenir les entreprises du Ghana et de la Sierra Léone en vue d’accélérer le déploiement de solutions énergétiques fiables, abordables et renouvelables aux populations.Olivia Yao

Pascal Lamy, Président du Forum de Paris sur la Paix : «L’Afrique doit se résoudre à éliminer ses frontières si elle veut peser d’un plus grand poids dans les échanges mondiaux»

https://www.financialafrik.com Intervenant au 4ème Forum de la Paix de Caen organisé par la région Normandie dont le thème portait, cette année, sur «comment gouverner la paix ? » ainsi qu’un focus sur l’Afghanistan, l’ancien Directeur général de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), Pascal Lamy, a fait l’éloge de la coopération décentralisée et d’une plus grande solidarité face à l’aggravation de la «souffrance humaine» dans les relations internationales.
L’exercice était périlleux, mais pour ce libéral bon teint bien que socialiste de longue date aux côtés de Jacques Delors, on retiendra de son intervention au Forum de la paix de Normandie (30 septembre-1er octobre) un vibrant appel pour un partage plus équitable des vaccins visant à lutter contre la pandémie du Covid-19, notamment avec l’Afrique.
Interrogé sur la nomination à la tête de l’OMC de l’ancienne ministre nigériane des finances Ngozi Okonjo-Iweala, il s’est réjoui de ce choix « parce qu’elle était la meilleure candidate », a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à Financial Afrik. Il a aussi insisté sur la nécessité pour les pays africains d’ouvrir plus largement leurs frontières, voire de les faire disparaitre, afin d’accroître les échanges entre eux et de parvenir ainsi à peser d’un plus grand poids dans les échanges mondiaux.
Chargé par le Président Macron en 2018 d’organiser la première édition du Forum sur la paix de Paris, qui se réunira à nouveau du 11 au 13 novembre 2021, à la grande Halle de la Villette, cet ancien commissaire européen a un agenda chargé d’ici à la fin de l’année. Il présidera la 14e édition de la Rencontre Europe-Afrique organisée par l’Institut Aspen France. La Banque mondiale est le partenaire officiel de cette rencontre qui se tiendra du 25 au 27 novembre au Centre des Pensières de la Fondation Mérieux à Annecy, sous le thème «Agenda 2063 : à la recherche d’un business model africain», en présence de dirigeants et d’experts européens et africains de haut niveau.
Propos recueillis par Christine Holzbauer, envoyée spéciale au Forum de la Paix de Caen.

La Paix a besoin de toutes les bonnes volontés, mais pourquoi deux Forums, un à Caen et l’autre à Paris ?

Pascal Lamy – Le Forum de Caen est un forum “pour” la paix où discutent  des acteurs traditionnels (diplomates,  institutions internationales, experts académiques), ce qui est utile.. Alors que le Forum de Paris “sur” la paix est plus orienté sur des résultats concrets. On y  part du constat que si l’on ne peut pas faire sans  les Etats, -ils ont toujours le monopole juridique de la coopération internationale-, il faut les aider à intégrer d’autres acteurs. N’oublions pas que certains maires de grandes villes ont davantage de pouvoir que certains membres de l’Assemblée générale des Nations Unies. L’idée est de parvenir à créer de nouvelles coalitions capables, elles,  de trouver des solutions à des problèmes globaux. Par exemple, si on veut  lutter efficacement contre la cybercriminalité, il est plus judicieux de réunir des grandes entreprises  du monde numérique aux côtés des Etats, des grandes institutions internationales et des ONG..

Le Forum de Paris fonctionne, certes, sur des projets rassembleurs mais ne brouille-t-il pas un peu les pistes. En effet, la France et son état jacobin sont-ils les mieux placés pour faire la promotion de la coopération décentralisée ?

Même en France, les collectivités locales ne sont pas dépourvues de pouvoir. Je pense à la ville de Paris,à  la région Ile de France ou à la métropole de Paris. Au Forum de Paris, sur les 800 projets qui sont présentés chaque année, une centaine est retenue et une dizaine fait l’objet d’un accompagnement. Et ça marche ! Nous sommes, par exemple, en train de mettre en place une coalition d’acteurs non étatiques pour entourer l’Antarctique d’aires marines protégées ou pour améliorer la cybersécurité. C’est cette forme de coopération sur des projets globaux que nous voulons privilégier

Vous avez déclaré en plénière que les pays riches devaient partager les vaccins avec les pays pauvres. Il en va de la survie de la planète. En ce qui concerne l’Afrique, ne serait-il pas mieux qu’elle fabrique ses propres vaccins ?

Évidemment oui, mais elle ne pourra pas le faire dans l’immédiat. Or, c’est maintenant qu’il y a urgence. Hormis l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Maroc et peut-être le Kenya, rares sont les pays africains qui ont la capacité de produire de quoi  vacciner ne serait-ce que leur personnel soignant. Il faut aussi pouvoir les acheminer et les administrer à ceux qui en ont besoin.

Vous avez salué la nomination de l’ex ministre des finances du Nigéria, Ngozi Okonjo-Iweala à la tête de l‘Organisation mondiale du Commerce (OMC). Vous qui êtes passé par là, pensez-vous qu’elle aura les coudées franches pour faire, notamment, augmenter la part de l’Afrique dans le commerce mondial ?

Ngozi est une amie et je suis évidemment très heureux qu’elle ait été choisie parmi tous les candidats qui aspiraient à  ce poste. C’est qu’elle était la meilleure, en plus d’être une femme africaine. Mais elle n’aura pas les coudées franches, car on ne les a pas à la tête d’une organisation comme celle-là qui est dominée par les États souverains. Il faut sans cesse naviguer entre leurs positions souvent contradictoires.

La faible performance des États africains dans le commerce mondial est due aux faibles échanges qu’il y a entre eux. Augmentez ces échanges et vous augmentez d’autant le poids de l’Afrique dans le commerce mondial. L’Europe, avec plus de 60% des échanges réalisés entre ses 27 États membres, en est un bon exemple. La ZLCAF va-t-elle changer la donne ?

Oui,  pour accroître le flux de produits, biens ou services  qui circulera mais encore faudrait-il que les discussions ne portent pas que sur les réductions des droits de douane mais sur bien d’autres obstacles aux échanges en particulier les discordances entre les réglementations nationales. Dans le monde, il n’y a que le Moyen Orient qui commerce encore moins dans son espace que l’Afrique. Il est donc illusoire, à mon sens, de vouloir garder les frontières héritées de la colonisation alors que les économies du continent sont plus faibles et moins  diversifiées que la moyenne mondiale. Le mieux serait, pour libérer les échanges, de se débarrasser des frontières économiques héritées de la colonisation. Mais seuls les Etats africains peuvent le décider comme l’ont fait avant eux les Etats européens. Certainement pas l’OMC, et encore moins sa Directrice Générale.

Quel est, dans ce cas, le plus grand challenge qui attend la nouvelle patronne de l’OMC ?

La régulation des relations commerciales de la Chine avec le reste du monde. Mais aussi le retour des Etats-Unis dans le giron de l’organisation. Le président Trump a voulu que son pays en sorte et il a hélas au moins réussi à en paralyser certains mécanismes.Biden a changé de ton, mais les USA ne sont pas encore vraiment de retour à l’OMC. Ils doutent de la capacité de l’organisation à régler leurs problèmes commerciaux avec la Chine et la Chine est devenue leur obsession. ByCHRISTINE HOLZBAUER

LES ÉCLAIRAGES DE LA DIRECTION DE LA SENELEC

https://emedia.sn L’Amicale des Travailleurs de l’Electricité (ATE) a entamé, hier lundi, une grève de la faim illimitée. Les grévistes réclament des contrats de travail leur permettant de bénéficier des avantages sociaux et de mieux préparer leur retraite. Au lendemain de cette manifestation, la Direction générale de la Senelec a publié un communiqué pour apporter des éclairages. Le document, parvenu à Emedia indique Senelec, dans le souci de lever tout amalgame a déjà précisé antérieurement dans un communiqué qu’il n’existait aucune relation juridique ou organique entre elle et ladite amicale. “Ses membres ne font pas partie de son personnel et donc ne sont pas ses employés, renseigne le communiqué. Évoquer un pseudo refus de Senelec de les recruter comme motif de leur grève de la faim traduit une volonté manifeste de cette amicale de justement s’engager dans du dilatoire et d’entretenir la confusion auprès de l’opinion publique”.
La Direction estime que cette action vise ni plus ni moins à mettre la pression sur Senelec pour la contraindre à procéder à recrutements injustifiés. Senelec rappelle que dans le cadre de ses activités planifiées est régulièrement appelée à faire recours à des entreprises ou GIE sur la base de contrats de prestations de services  : “Il revient à ces structures, sans aucune responsabilité de Senelec, de mobiliser des ressources humaines (souvent des prestataires) pour honorer la prestation attendue. Toutefois, Senelec dans sa politique de recrutement, et selon ses besoins peut accorder la priorité à la candidature des travailleurs des sous-traitants sans que ce soit un droit consacré. C’est dans cet esprit que pour l’année 2021 sur les 92 personnes retenues à l’issue des concours de recrutement, 64 proviennent des prestataires es structures de ces sous-traitants”.
La Senelec regrette, enfin, leur recours à la grève de la faim, et “réaffirme sa ferme détermination à ne céder à un quelconque chantage et se réserve le droit de préserver son image par tous les moyens de droit, au besoin”.Cheikh Moussa SARR

Abdou Ndéné SALL : «le 24 décembre, on assistera à la circulation du TER»

http://www.walf-groupe.com/ Encore une nouvelle date donnée pour la mise en service du Train Express Régional (TER). En effet, selon le directeur général de la Société nationale, Abdou Ndéné SALL, tout est fin prêt pour la circulation du train. Ainsi, il donne rendez-vous aux Sénégalais le 24 décembre pour la mise en service
« Nous allons commencer à l’exploiter le 24 décembre 2021 et ce sera un record mondial en termes de réalisations ferroviaires. Tout est donc presque achevé et au point. Le rendez-vous est donné aux Sénégalais le 24 décembre pour le cadeau de Noël, avec le début de l’exploitation du TER qui constitue un legs important pour les générations futures. Le 24 décembre, on assistera à la circulation du TER », annonce-t-il.
De la poudre aux yeux en vue des élections locales de janvier 2022 ? A noter que le TER a été inauguré en janvier 2019 à quelques semaines de la présidentielle de 2019.

La MTOA met fin à sa production de cigarettes

https://www.xibaaru.sn C’est un immense choc qui s’abat sur les travailleurs de la Manufacture des tabacs de l’Ouest Africain. En effet, la MTOA a fermé son usine de production de cigarettes à Dakar après des pertes successives. Une fermeture prévisible, après la rupture de son partenariat avec Philip Morris et la nouvelle loi anti-tabac, l’usine enchaîne les pertes.
L’entreprise qui fabrique les cigarettes « Excellence » et « David off » a été victime de taxes, surtout les droits d’accise, un impôt indirect perçu sur les consommateurs. L’essentiel du matériel est transféré à Abidjan, rapportent nos confrères de Libération.
RETARD DANS LA LIVRAISON D’APPARTEMENTS DE LA RUE 10

Le DG de la Sicap plus préoccupé par les Locales

https://www.enqueteplus.com ‘’La Sicap SA est à la fois performante et compétitive. Elle se porte bien avec de belles perspectives rendues possibles par la confiance que les Sénégalais d’ici et de la diaspora placent en elle’’. Ainsi s’exprimait, dans une interview accordée au quotidien ‘’Le Quotidien’’, le directeur général de la Sicap, Mamadou Kassé.
Cependant, l’on est tenté de lui dire que certains de ces Sénégalais d’ici et de la diaspora regrettent leur choix. En effet, ils ont acheté des appartements mis en vente par cette société et sis à la rue 10. Il leur avait été promis qu’ils auront leurs clés en main en décembre 2020.
A moins de deux mois de décembre 2021, toujours rien. Pis, aucune explication ne leur a été donnée sur le retard accusé. Aujourd’hui, Mamadou Kassé semble être plus préoccupé par les élections locales de janvier prochain. ‘’Naturellement, je serai candidat (à la mairie de Tambacounda). Et de manière ferme, je n’envisage pas d’ignorer cette demande des Tambacoundois, toutes catégories confondues, de me mettre à leur service pour un développement urbain cohérent’’, disait-il.Il y travaille donc et ce sont les usagers de la Sicap qui en paient les pots cassés

Scandale financier à la SICAP : Le jeu trouble de la société

Nouvelles révélations dans le scandale financier aux relents d’escroquerie sur deniers publics qui secoue la Société immobilière du Cap-Vert (SICAP).
Les 4,2 milliards FCFA, décaissés dans le cadre d’une opération foncière portant sur 70 hectares, ont été sortis des caisses de la Sicap, sous forme d’avances.
Avant la signature de l’acte de vente.
D’après Libération qui donne la nouvelle, la SICAP a payé 270,4 millions Fcfa pour les impenses sur un terrain qui ne lui appartient pas, 293,7 millions Fcfa pour les « frais notariaux » alors que l’acte de vente n’existe même pas.
Bref, la SICAP a fait jeu trouble. À deux reprises, la société immobilière a assigné Fara Ndiaye Tall, le vendeur présumé, devant le tribunal avant de retirer purement et simplement ses plaintes.
Sommée par huissier de sortir la preuve que les 4,2 milliards F CFA ont été bien versés à Fara Ndiaye Tall, la Sicap garde toujours, curieusement, un silence assourdissant.
Un dernier décaissement de 500 millions F CFA a été fait, malgré la révocation des “mandataires” Mafal Fall et Mouhamadou Touré.

Après des remous à Manantali : Serigne Mbaye Thiam «noie» le Dg de la Semaf

https://lequotidien.sn Serigne Mbaye Thiam ramène le calme à la Société d’exploitation de Manantali et Félou (Semaf-Sa) en procédant au remplacement de son directeur dont la tête est réclamée depuis quelques jours par les syndicalistes.
Serigne Mbaye Thiam, président du Conseil des ministres de l’Omvs, a été expéditif  : il a pris hier la décision de remplacer le Directeur général de la Société d’exploitation de Ma­nan­tali et Félou (Semaf-Sa), Yahya Bocar Ba. De nationalité mauritanienne, il sera remplacé par le Sénégalais, Abdoulaye Dia, ingénieur-électromécanicien.
C’est la fin d’un feuilleton. Depuis une semaine, le comité syndical de la Semaf-Sa est en guerre contre le Directeur général, Yahya Bocar Ba, accusé de «mauvaise gestion». Dans un communiqué, les syndicalistes informent que cette société, chargée de l’exploitation des barrages de Manantali, Félou et bientôt Gouina, «est presque dans l’agonie du fait de la mauvaise gestion de son Directeur général actuel». La Semaf-Sa, créée en 2014, est une filiale de la Société de gestion de Manantali (Sogem) appartenant toutes deux à l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), qui est gérée depuis quatre (4) ans successivement par des Mauritaniens. «Rien ne va plus depuis l’arrivée de M. Ba comme Directeur général de la Semaf Sa. Du jamais vu dans cette société privée de droit malien appartenant entièrement à la Sogem qui, elle, est une société inter-étatique du système de l’Omvs», relate le comité syndical de la Semaf Sa.
Selon les plaignants, depuis sa nomination en janvier 2020, le Dg «ne cesse de violer les textes réglementaires de ladite société allant même jusqu’à ignorer les mises en demeure de l’Inspection du travail de Kayes (Mali), ce qui constitue une réelle menace pour la survie de l’entreprise». Le comité syndical d’ajouter : «A cela s’ajoute la mauvaise gestion des installations qui si rien n’est fait, les pays de l’Omvs, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, risquent de ne plus bénéficier de la production des centrales de Manantali et de Felou. Les prémices de cette mauvaise gestion sont en train d’être enregistrées par des incidents au niveau des installations, les coupures d’électricité dans les sites…»
Ces travailleurs de la Semaf font savoir que toutes les tentatives de conciliation initiées par le comité syndical depuis son arrivée sont restées vaines. Ce qui avait conduit à un premier mot d’ordre de grève le 1er octobre 2020 (chose inédite depuis la création de l’Omvs) qui a entrainé l’arrêt de toute la production des centrales de Manantali et Felou. Par la suite, un protocole d’accord a été signé entre le Dg et le comité syndical. «Mais constatant le refus de respecter les termes du protocole, un second préavis de grève a été déposé à l’Ins­pection du travail. Ce qui a entraîné plusieurs médiations infructueuses, sans compter les intimidations du Dg à l’endroit de certains délégués du personnel et membres du comité syndical au niveau du Mali», déplore le comité syndical précisant que le personnel de la société travaillant au Mali est composé de Maliens, Mauri­taniens et Sénégalais pour l’essentiel.
Après plusieurs tentatives de conciliation infructueuses pour régler l’ensemble des revendications relatives au non-respect des dispositions légales en matière de droit du travail sur le territoire malien, rapporte le syndicat, l’Inspection régionale du travail de Kayes a adressé une mise en demeure au Dg pour régler l’ensemble des revendications relatives au droit des travailleurs. «Le non-respect de cette mise en demeure a entraîné une plainte qui a été déposée le 22 juin 2021 par le Directeur régional du travail de Kayes auprès du procureur de la République près le Tribunal de Grande instance de Kita (Mali)», renseigne le communiqué.
Les travailleurs s’émeuvent : «Grands sont actuellement l’étonnement et la stupéfaction des employés de la Semaf-Sa quand comme par magie, la plainte a été retirée après une rencontre entre le Dg de la Semaf et la Direction régionale du travail de Kayes sans qu’aucune action allant au règlement des droits des travailleurs ne soit entreprise. Et cerise sur le gâteau, le paiement de tout ou partie de l’amende de 20 millions de francs Cfa qui avait été infligée à la société, a été effectif sans que les droits principaux des revendications, fait générateur de ladite amende, n’aient été payés.»
Le Comité syndical de la Semaf Sa demande aux autorités de l’Omvs, à savoir «le président du Conseil des ministres, Monsieur Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Eau et de l’assainissement du Sénégal, et les différents ministres de tutelle, la désignation par l’Etat du Sénégal du remplaçant de Yahya Bocar Ba dont le mandat est arrivé à expiration depuis le 27 septembre 2021 à minuit et le règlement sans délai de tous les points de droit listés dans la plainte du Directeur régional du travail de Kayes». Par Justin GOMIS –Justin@lequotidien.sn

ENTRÉE AU SÉNÉGAL : LES PASSAGERS VACCINÉS DISPENSÉS DE TEST RT-PCR (COMMUNIQUÉ)

Dakar, 12 oct (APS) – Les passagers vaccinés à destination du Sénégal sont dispensés de test RT-PCR, a annoncé le ministre du Tourisme et des Transports aériens, Alioune Sarr.
“La circulaire (…) du lundi 11 octobre 2021 renforce la dynamique de levée des restrictions qui pesaient sur les voyageurs à destination du Sénégal. Elle remplace les précédentes en dispensant de test PCR les voyageurs vaccinés”, fait-il savoir dans un communiqué reçu à l’APS.
“Par conséquent, précise le texte, les compagnies aériennes dont les programmes d’exploitation ont été approuvés par l’Autorité de l’aviation civile ou qui disposent d’une autorisation ponctuelle sont autorisées à embarquer ou à débarquer des passagers sur présentation d’un test RT-PCR négatif Covid-19 datant de moins de cinq jours.”
Il ajoute que “le ’pass sanitaire’ devra attester que les passagers ont reçu les doses requises de vaccin au moins quatorze (14) jours avant la date du voyage. Seuls les vaccins homologués par l’Organisation Mondiale de la Santé sont acceptés”.
Toutefois, note le ministre du Tourisme et des Transports aériens, “les présentes dispositions sont sans préjudice des formalités d’immigration et des conditions sanitaires en vigueur”.
Alioune Sarr avait récemment annoncé la levée des restrictions qui pesaient sur les voyageurs à destination du Sénégal et la réouverture des frontières aériennes du pays à “tous les passagers à la seule condition de présenter un Test RT- PCR Covid 19 négatif”.AT/ASB/OID

Voyage : Une note de l’Union européenne place le Sénégal parmi les pays «Verts»

https://www.dakaractu.com/ Seront admis dans l’UE les voyageurs à destination ou en provenance du Sénégal, qu’ils soient vaccinés ou non. Ils ne seront plus soumis aux motifs impérieux pour entrer ou sortir de l’espace Schengen au départ ou à l’arrivée du pays de la Téranga, placé parmi les pays « Verts ».
L’annonce est parue dans une note de l’Union européenne (UE). Notre pays fait partie de ceux considérés comme étant des espaces où « aucune circulation active du virus n’est observée et aucun variant préoccupant n’est recensé ».
Il s’agit des pays de l’espace européen : États membres de l’Union européenne ainsi que Andorre, l’Islande, le Liechtenstein, Monaco, la Norvège, Saint-Marin, la Suisse et le Vatican.
S’y ajoutent les pays suivants : l’Australie, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, Brunei, le Canada, le Chili, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, Hong-Kong, le Japon, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Nouvelle-Zélande, le Qatar, le Rwanda, le Sénégal, Singapour, Taïwan, l’Union des Comores, l’Uruguay et le Vanuatu.

PLUS DE 34 000 AVORTEMENTS RECENSÉS EN 2020

https://emedia.sn 34 079 avortements ont été recensés en 2020 par les services compétents dont la Direction de la santé de la mère et de l’enfant du ministère de la Santé et de l’Action sociale.
La région de Dakar, qui arrive en tête, enregistre 6 948 interruptions de grossesse, suivie de Thiès, qui compte 5 390 cas. À Diourbel, classée troisième, 3 704 cas ont été répertoriés. Tandis qu’à Kaolack, il a été constaté 2 673 cas.
Dans la liste des régions qui ont moins de mille cas, figurent Sédhiou (888), Kédougou (632), rapporte Le Soleil.
Au Sénégal, d’après les statistiques fournies précédemment par le Comité de plaidoyer pour l’accès à l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste, les avortements à risques représentent la cinquième cause de décès maternels et 50% des admissions en urgence dans les maternités de référence. Par ailleurs, avec l’infanticide, l’avortement clandestin constitue 19% des causes d’incarcération des femmes.
D’où la campagne de communication dénommée “Wuyu Wallu”, ayant pour slogan « l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste sauve des vies, parlons-en ! ».
En face, l’ONG islamique Jamra et ses alliés ont lancé la croisade contre ce qu’ils qualifient de “forme d’infanticide”. Face à la presse jeudi dernier, Mame Mactar Gueye et Cie ont suggéré à l’État du Sénégal de mettre en place un Comité national d’éthique sur les Sciences de la vie et de la Santé. Lequel devrait regrouper des religieux, des juristes, et des scientifiques, pour discuter afin de trouver une solution à ce problème.
L’Église et L’Islam sont défavorables à une pratique assimilée à un meurtre. La pratique est autorisée lorsque le pronostic vital est engagé.
L’État du Sénégal a ratifié le protocole de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique. Ce protocole de Maputo stipule en son article 14, à la charge des États-parties l’obligation de donner accès à l’avortement aux femmes et aux filles porteuses de grossesses suite à un viol, inceste ou toute autre agression.  Sauf que la loi pénale sénégalaise considère l’avortement provoqué comme une infraction grave

LÉGALISATION DE L’AVORTEMENT MÉDICALISÉ,UNE PILULE QUI PASSE MAL

http://lesoleil.sn Plusieurs organisations de la société civile s’activent pour que l’avortement soit autorisé au Sénégal en cas de viol, d’inceste ou d’atteinte à la vie de la mère. Une initiative contre laquelle d’aucuns s’érigent en boucliers
La légalisation de l’avortement médicalisé continue de susciter des controverses au Sénégal où le débat a été posé depuis les années 70. Les religieux et une partie des Sénégalais soutiennent que l’interruption thérapeutique de la grossesse est contraire à nos réalités socioculturelles. Alors que pour la taskforce qui rappelle le Protocole de Maputo signé par notre pays, il y a mille et une raisons de légaliser l’avortement médicalisé au Sénégal.

Une vieille controverse

La controverse sur l’avortement médicalisé ne laisse pas insensibles les populations. Catégoriques, certains estiment qu’il doit être interdit sous toutes ses formes. D’autres pensent qu’il doit être autorisé dans des cas bien précis.
Le débat sur l’avortement médicalisé refait rage au Sénégal. Plusieurs organisations de la société civile, notamment celles défendant les femmes, s’activent pour que l’avortement soit autorisé au Sénégal en cas de viol, d’inceste ou d’atteinte à la vie de la mère. Face à ces associations, d’autres organisations comme le Comité de défense des valeurs morales, le Syndicat des travailleurs de la santé, l’Union nationale des parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal… s’érigent en bouclier afin qu’une loi légalisant l’avortement médicalisé ne soit jamais appliquée au Sénégal. On retrouve chez la population les mêmes confrontations d’idées notées sur les plateaux de télé, les radios, les réseaux sociaux. À Keur Massar, la question intéresse au plus haut point les habitants qui suivent l’actualité. Au quartier Serigne Mansour, Babacar Diop, la soixantaine mais toujours très actif, s’oppose totalement à l’avortement. « On est à la fin des temps. Il est plus difficile d’être dans la vérité que de tenir des braises entre ses mains. On ne peut pas cautionner l’avortement médicalisé dans un pays religieux comme le Sénégal. C’est même impensable. Je ne suis pas du tout d’accord avec ceux qui veulent légaliser l’avortement au Sénégal », lâche-t-il d’emblée. Si une loi autorisant l’avortement médicalisé était appliquée, ce serait la porte ouverte à toute sorte de dérive, estime M. Diop. Dans ce cas, « une fille peut aller faire tout ce qu’elle veut. En cas de grossesse, elle peut accuser faussement quelqu’un de l’avoir violée pour avoir le droit d’avorter. Un innocent peut même être accusé de viol et cela mènerait vers d’autres problèmes. Si jamais l’avortement médicalisé était autorisé, ce serait une porte ouverte pour ceux qui envisagent de dépénaliser l’homosexualité », assène-t-il. D’après lui, l’avortement médicalisé ne doit être autorisé qu’en cas de force majeure. « Cet avortement ne doit être autorisé que si la santé et la vie de la mère sont en danger. Ce sont des forces venues de l’extérieur qui veulent nous imposer des lois qui ne sont pas en accord avec nos réalités sociales et culturelles », ajoute Babacar Diop.
Barka Niang convoque aussi la religion pour rejeter toute légalisation. « Il faut seulement appliquer ce que Dieu nous a ordonné de faire. On peut tout changer sur cette terre sauf les lois de Dieu », dit-il. Il encourage le retour aux enseignements religieux pour éviter les mauvaises influences « venues de l’extérieur ». « Je suis foncièrement contre l’avortement médicalisé. C’est mauvais. Si c’est autorisé au Sénégal, on se rendra très vite compte des conséquences néfastes que cela provoquerait », avertit-il.
Même son de cloche auprès d’Amadou Diop. « Nous sommes dans un pays de croyants. Nous ne pouvons donc pas être d’accord avec l’avortement. Il n’est pas normal pour une femme de traîner dans les rues jusqu’à contracter une grossesse et décider de mettre un terme à celle-ci en avortant. Musulmans et Chrétiens ne sont pas d’accord. Si les catastrophes ont augmenté dans ce pays, c’est aussi à cause de la dégradation des mœurs », soutient-il. Aliou Lô fustige également les influences extérieures et crie à l’infamie. « Ce sont des pays occidentaux qui veulent nous l’imposer mais ce n’est pas en accord avec nos valeurs. L’avortement est un crime. L’Islam a parlé des différentes étapes de la grossesse et du moment où l’âme est insufflée au fœtus. Oser s’attaquer à ce fœtus est une infamie », répond-il, tout en alertant les familles religieuses « à réagir et condamner avec la dernière énergie l’envie de certaines personnes de légaliser l’avortement au Sénégal ».
Pour Amy Sow, célibataire de près d’une trentaine d’années, autoriser l’avortement médicalisé peut-être un « précédent dangereux ». « Nous avons nos propres réalités sociales et religieuses. Il est bien de s’ouvrir au monde mais il est tout aussi dangereux de prendre toutes les influences étrangères. À mon humble avis, l’avortement ne devrait être autorisé que si la grossesse est susceptible de mettre en danger la vie de la mère. D’ailleurs, c’est à cette seule condition que l’Islam l’autorise », dit-elle.
Rencontrée au Point E, Aïda Sall, tout en évitant de cautionner l’avortement, demande aux autorités étatiques d’aider davantage les jeunes mères victimes de viol ou d’inceste. Elle plaide pour la prise en charge des victimes et des enfants incestueux. Qu’il soit médicalisé ou clandestin, l’avortement est un meurtre aux yeux d’Abdoulaye Sène, informaticien. « Ce sont les féministes qui nous tympanisent avec la légalisation de l’avortement. Cela ne se fera jamais dans ce pays. Nous ne sommes pas des Blancs, nous sommes des musulmans. Si on avait respecté les préceptes de l’Islam, on n’aurait pas connu tous ces maux qui gangrènent la société », sermonne l’homme au physique athlétique.
L’étudiante Seynabou Dieng rame à contre-courant, indiquant qu’elle est favorable à l’autorisation de l’avortement dans certains cas. Selon elle, si la grossesse est issue d’un inceste ou d’un viol, l’avortement doit être autorisé au cas où la victime le solliciterait. « Le viol est quelque chose de très cruel. On vole à la femme ce qu’elle a de plus chère dans sa vie ; donc si elle en tombe enceinte, c’est sûr qu’elle ne va jamais aimer l’enfant, qui va toujours lui rappeler ces moments atroces. Donc, dans de pareils cas, l’avortement doit être autorisé », a-t-elle soutenu. Avant de faire savoir que ce sont ces victimes qui, très souvent, commettent l’infanticide. Parce que, regrette-t-elle, « il n’y a pas de structures de référence pour prendre en charge les victimes d’abus sexuels qui sont livrées à elles-mêmes ». Abou Faye, croisé non loin de la piscine olympique, abonde dans le même sens. À son avis, on peut permettre l’avortement si la grossesse est le fruit d’un viol avéré. Julien Mbesse Sène et Aliou Diouf

Un gap de 8000 enseignants à combler en urgence ! : LA RENTRÉE DES CLASSES MENACÉE

LeTemoin-Malgré le recrutement de 5000 enseignants annoncé par le gouvernement — et effectif du reste —, l’école sénégalaise a encore un gap de 8000 enseignants à combler en urgence pour une bonne année académique 2021-2022. Une année scolaire qui risque d’ailleurs d’être très mouvementée selon des responsables syndicaux pour qui le gouvernement n’est pas de bonne foi.
L’Ecole va vers une année très mouvementée ! Les syndicats d’enseignants, qu’il s’agisse du côté du Cusems, du Cusems authentique, du Saems et même du Sadef parlent d’une même voix — ce qui est très rare — à propos de cette rentrée des classes. Ils n’entendent plus contenir encore la colère qu’ils avaient jusque-là refoulée pendant près de deux ans du fait de la pandémie de covid-19. Une pandémie qui avait obligé les dirigeants de ces syndicats, en bons citoyens, à observer une pause dans leurs revendications pour permettre au gouvernement de faire face à la crise sanitaire. L’année académique 2021-2022, qui a officiellement démarré hier du préscolaire au moyen, en passant par l’élémentaire jusqu’au secondaire au niveau du personnel enseignant — les élèves reprennent le chemin de l’école jeudi prochain—, est partie pour être instable sinon très mouvementée, selon les syndicalistes. Comme motifs évoqués des perturbations à venir, ils remettent au goût du jour la question du protocole d’accord du 30 avril 2018 qui, selon eux, tarderait à être matérialisé, la situation des enseignants en position de mise en stage, la formation diplômante mais également la question du paiement des rappels sans compter le système de rémunération avec surtout « l’iniquité » notée dans la rémunération des agents de l’Etat.
Last but not least, il y a les difficiles conditions dans lesquelles ils travaillent en zone enclavée surtout avec la surcharge de travail. Selon le secrétaire national à la presse et à la communication du Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (Saemss), l’école sénégalaise est confrontée à un gap de 8000 enseignants à combler en urgence pour des enseignements-apprentissages de qualité partout et pour tous. Il donne l’exemple de Kaolack commune où l’on parle d’un besoin de 300 enseignants à satisfaire rapidement. Même chose à Matam qui a connu une «saignée» avec les mouvements nationaux qui ont fait que les enseignants qui y servaient sont retournés à l’intérieur du pays, entre Saint Louis, Thiès et Dakar.
Des régions périphériques comme Kédougou, Ziguinchor, Sédhiou sont aussi grandement et gravement touchées. Et même la région de la capitale, Dakar, n’est pas épargnée par cette pénurie d’enseignants. Les mouvements de personnel étant terminés, explique Tamsir Bakhoum, beaucoup d’écoles vont devoir travailler en sous-effectifs tandis que d’autres ne pourront tout simplement pas démarrer les cours normalement. Ce sous-effectif est également noté au niveau national et aurait amené certaines écoles à réduire les emplois du temps par matière. «Nous avons fait le tour du Sénégal. Partout où nous étions, il y a la réduction des emplois du temps. Si les élèves doivent faire 6 heures de cours dans une matière donnée par semaine, ils n’en font que quatre. Les responsables d’établissements procèdent ainsi pour masquer le manque d’enseignants. Il y a aussi les abris provisoires qui ne sont toujours pas résorbés malgré les promesses du gouvernement».
 Tamsir Bakhoum, en plaidant pour un «recrutement massif par le biais d’un processus non biaisé au contraire de qu’ils ont fait pour le recrutement de 5000 enseignants», s’est aussi indigné de la situation des enseignants mis en position de stage sans manquer d’évoquer la formation diplômante ou le non-paiement des indemnités des examens du Bfem et du Baccalauréat et les rappels dus aux enseignants. «Nous disons sans risque de nous tromper que le gouvernement ne fait pas preuve de bonne foi. Pendant les vacances scolaires, nous avons assisté à des situations diverses à l’image de celle du collectif des enseignants en position de mise en stage, du recrutement des enseignants qui a été fait à travers un processus biaisé, des enseignants qui ont participé avec dynamisme et responsabilité aux examens sans que les indemnités aient été payées». Le secrétaire national à la presse et à la communication du Saemss dénonce surtout les lenteurs administratives qui, dit-il, ont fini de plomber les carrières d’enseignants complètement démotivés.

80 milliards de frs de rappels dus aux enseignants

« Ce sont des milliers d’enseignants qui attendent toujours leurs actes d’intégration, de validation… Ces actes sont projetés sur la masse salariale de l’enseignant. Ce qui fait qu’il y a des rappels de plus de 80 milliards que l’Etat doit aux enseignants», soutient-il tout en indiquant qu’il n’y a pas de points clairs qui pourraient empêcher les enseignants d’aller en grève. Selon le chargé à la presse et à la communication du syndicat dirigé par Saourou Sène, le chef de l’Etat, Macky Sall, leur avait dit avoir reçu une étude du Cabinet MGP-Afrique et une autre étude complémentaire effectuée par l’Ige montrant une «iniquité dans le traitement salarial des agents de la Fonction publique. Lesquelles études de terrain seraient commanditées pour des correctifs à cette situation d’iniquité dénoncée par les responsables du Saemss et du Sadef (Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation). Il en est de même pour le non-respect du protocole d’accord en date du 30 avril 2018.
A en croire le secrétaire général du Sadef, Mbaye Sarr, le système éducatif national est à plusieurs vitesses, produisant des inégalités entre les enseignants (fonctionnaires et décisionnaires) et s’étirant jusqu’à la retraite. «On lutte contre l’injustice», a martelé le secrétaire général du Sadef, M. Sarr, qui dénonce la situation des directeurs et directrices des cases des tout-petits qui ne bénéficient d’aucune indemnité. Or pour le développement de la petite enfance dans notre pays, indique-t-il, ces responsables d’écoles méritent plus de considération. Son syndicat entend porter le combat afin que ces directeurs et directrices puissent bénéficier des indemnités de sujétion au même titre que ceux de l’élémentaire, des collèges et des lycées. Car, estime Mbaye Sarr, «ils ont les mêmes droits».

Risque de perturbations majeures

Au vu donc de tous ces manquements, «on peut dire que nous allons vers une année instable», alerte M. Bakhoum. Surenchérissant, Mbaye Sarr annonce une année très mouvementée. Tus soutiennent qu’il y aura bientôt un combat contre le gouvernement pour le respect des accords et contre l’injustice dont sont victimes les enseignants ! « Et les hostilités pourraient être déclenchées très rapidement. C’est à dire dès les premiers jours suivant la rentrée des élèves prévue jeudi prochain. «Nous avions déposé un préavis de grève l’année dernière pour alerter, mais nous étions dans un contexte de pandémie. C’était une obligation de participer à la lutte contre cette pandémie et nous avions tu toute polémique. Mais quoi qu’il advienne, le SAEMSS a un préavis qui s’étale jusqu’au 31 décembre 2021, nous pouvons donc déclencher un mouvement à tout moment», a averti Tamsir Bakhoum tout en informant que le Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal va se réunir, le samedi 16 octobre, en commission administrative pour décider de la position du syndicat par rapport au suivi à réserver au préavis de grève déposé.
Le Cusems Authentique n’est pas en reste dans cette levée de boucliers. Se syndicat dont le préavis expire dans deux jours (le 14 octobre) va faire la même chose que le Saemss. «On va discuter avec les enseignants sur un nouveau préavis», confie Dame Mbodj. Sur ce, les syndicalistes demandent au chef de l’Etat de donner des instructions fermes et de prendre des mesures urgentes par rapport aux lenteurs administratives, à la formation diplômante, à la situation des enseignants en position de mise en stage. Ils demandent surtout au président Sall de convoquer rapidement des ateliers de partage sur le système de rémunération d’agents de l’Etat, et d’aller vers un recrutement de masse pour des enseignements de qualité à l’école. Bref, comme le dit Tamsir Bakhoum, les syndicats d’enseignants veulent pousser le gouvernement à changer d’’orientation pour faire de l’Education une surpriorité. Vaste chantier, assurément ! Maïmouna FAYE FALL

Ucad–Annonce d’une session unique : Tension à la Faculté de droit

https://lequotidien.sn Peut-on éviter une session unique au  niveau de la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ? Après une année universitaire mouvementée, il n’y a pas eu encore de compromis entre les étudiants et les autorités administratives de la Fsjp. En attendant, ils rejettent l’idée d’une session unique qui reviendrait à «sacrifier» leurs camarades.
– A moins d’un mois de la reprise des cours à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, les étudiants mettent la pression sur les autorités. Il y a déjà un premier avertissement adressé aux responsables de l’Ucad, notamment de la Faculté des sciences juridiques et politiques, qui préparent la rentrée  : face à la presse hier, la liste Orange Renaissance Fsjp a marqué son désaccord avec les autorités de la Faculté de droit qui voudraient faire une session unique pour achever l’année universitaire 2020-2021. «Avec le faible taux de réussite à la Fsjp et le peu d’étudiants qui valident les semestres, ils y arrivent très difficilement même avec les deux sessions, faire une session unique à la faculté de droit constituerait à sacrifier les étudiants», assure Victor Biaye, porte-parole des étudiants. Selon lui, la session unique est une décision «infondée et discriminatoire». Il impute cette décision au Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), qui avait opéré un arrêt des cours pendant plus 12 jours, occasionnant ainsi le «chamboulement» du calendrier universitaire. «Nous dénonçons le caractère discriminatoire de la décision de l’administration de la Fsjp. Etant donné que les perturbations ayant causé le retard ont été subies par toutes les facultés, qui d’ailleurs ne sont pas moins en retard que la Fac de droit. Alors pourquoi une session unique seulement à la Fsjp et non dans les autres facultés ?», s’interroge-t-il.
Par ailleurs, la liste Orange Renaissance Fsjp est revenue sur le dossier des étudiants «injustement sacrifiés» par le Conseil de discipline de l’Ucad. Et il n’a pas «bougé d’un iota malgré les pourparlers entrepris avec l’autorité compétente». Après avoir émis le vœu d’une session normale pour l’année universitaire 2020-2021, la liste Orange Renais­sance Fsjp informe qu’elle restera campée sur sa position de «refus» et «rejette catégoriquement cette décision de l’administration de la Fsjp, consistant à n’organiser qu’une seule session d’examen». Ousmane SOW

11 enseignants des classes passerelles arrêtés ce mardi par la police

https://www.pressafrik.com Onze (11) enseignants des classes passerelles ont été arrêtées ce mardi, alors qu’ils voulaient effectuer une marche vers le ministère de l’Education nationale, a-t-on appris du Mouvement Y’En A Marre, via.
Arrestations des enseignants des classes passerelles et un membre du FRAPP qui voulaient faire une marche vers le  ministère de l’éducation nationale à Diamniadio. Pour rappel, ils sont victimes du recrutement clientéliste des enseignants“, peut-on lire sur la page Facebook du mouvement citoyen.
Qui a ensuite donné les noms des enseignants arrêtés.

La liste des arrêtés :

Aliou Gérard Koïta
Cheikh Oumar Cissokho
Youssouf Diamanka
Mamadou Diamanka
Laly Baldé
Serigne Mor Ndao
Aminata Sylla
Ndeye Fatou Mboup
Fatou Ndao Wélé
Fatou Thiam
Mama Conté

SITUATION DES REFUGIES : Le HCR ‘’coupable’’ de non-assistance à réfugiés en danger

https://www.enqueteplus.com Unis dans la même galère, sans travail, sans assistance, sans protection, expulsés de leur domicile, des réfugiés assiègent le siège du HCR à Dakar (Mermoz), depuis environ deux mois, en pleine saison des pluies, à la quête d’un mieux-être. Accusée de non-assistance à réfugiés en danger, la Représentation du Sénégal est restée aphone à nos sollicitations pour recueillir sa version.
La gêne est perceptible sur leurs visages, chaque fois qu’il est question de revenir sur leur passé, dans leurs pays respectifs. Quand ils parviennent à en parler, c’est difficilement, de manière très évasive. La trentaine, Ibrahim Koné ne sait pas grand-chose de son Libéria natal. ‘’Quand je quittais le Libéria, j’avais environ 10 ans’’, se borne-t-il à dire, avant de sauter directement sur sa condition difficile de réfugié.
Relancé, il parvient à laisser éclater sa douleur  : ‘’C’était en 1991. Nous nous sommes enfuis, alors qu’on était capturés par les rebelles. Moi, je ne connais pas mes parents. Je ne sais pas où ils sont. Enfant, je vivais chez mon oncle. A mon retour au Libéria, en 1997, mon oncle était déjà tué. En fait, notre ethnie a fait l’objet de massacre, parce qu’accusée d’être des soutiens du Président Doe (Samuel Doe, premier descendant d’autochtone à devenir président de la République du Libéria, suite à un coup d’Etat, avant d’être déchu à son tour et assassiné)’’.
Depuis, l’enfant devenu adulte cherche désespérément une vie meilleure entre la Guinée Bissau, son premier pays d’accueil, la Gambie, un pays qu’il a rejoint au début des années 2000, après l’éclatement de la Guinée Bissau, et le Sénégal depuis 2012. ‘’Entre une vie qui fut’’ au Libéria et la quête d’une autre qui peine à émerger dans ses différents pays d’accueil, Ibrahim se noie dans un chagrin qui n’en finit pas. A presque 40 ans, célibataire, sans enfant, il revient sur sa vie de misère  : ‘’Notre situation va de mal en pis. La condition des réfugiés, en Afrique, est extrêmement difficile. Au Sénégal, nous vivons le martyre, depuis notre arrivée ici en 2012, après ce long périple que je viens de vous raconter’’.
Longtemps emmurés dans le silence, Ibrahim et d’autres de ses camarades se sont finalement résolus à ruer dans les brancards. Sans abri, sans protection, à la merci de l’insécurité, ils ont décidé, depuis deux mois, d’assiéger les bureaux de l’UNHCR (Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés), sis dans le quartier résidentiel de Mermoz, pour exiger une clarification de leur situation. Seule institution en laquelle, ils ont toujours nourri des espoirs, le HCR les a abandonnés depuis le début, regrettent-ils à l’unanimité.
La cinquantaine révolue, Mouhamed a l’air d’un vieux de plus de 70 ans. Après avoir fui son pays, la Sierra Léone, en 1996, il a déposé ses baluchons en Gambie, où il va rencontrer sa future épouse, également réfugiée sierra léonaise. En 2012, raconte-t-il, traqué, torturé par le régime de Jammeh, après avoir rejoint un groupe qui luttait pour l’amélioration de la condition des réfugiés, il finit par s’enfuir vers le Sénégal, laissant derrière lui son épouse, ses jumeaux, leur cadette et sa belle-mère de plus de 70 ans. Lesquels ne tarderont pas à le rejoindre sur les terres dites de la teranga (hospitalité).  Pensant enfin pouvoir se libérer de leur condition misérable. Ils n’imaginaient pas un instant le calvaire qui les attendait dans la capitale sénégalaise. Au vu et au su du HCR, qui n’a presque jamais été là, quand ils en avaient le plus besoin.

 Le siège d’UNHCR assiégé, depuis deux mois

Devanture de l’UNHCR, il est presque 13 heures. Dans ce quartier résidentiel de Mermoz, à quelques encablures de l’océan, le décor est hideux. Des abris de fortune érigés ; des cartons étalés le long du grand mur blanc, à l’intérieur même du cordon, marquant le territoire des Nations unies, quelques morceaux de vêtements éparpillés çà et là, on se croirait dans un grand centre pour sans abri. Sur place, ils sont près d’une vingtaine de réfugiés, issus de différents pays, mais unis par la même galère.
Très amère, la belle-mère de Mouhamed, d’un regard hostile, comme si tout dans ce monde la dégoûtait, fixe le visiteur et s’adresse à sa fille dans une langue inconnue. ‘’Elle est juste fatiguée à cause de tout ce que nous endurons. Elle est devenue colérique. Imaginez, on est là depuis 2 mois, en pleine saison des pluies. Quand il pleut, on court trouver refuge dans ce coin (en face du siège de HCR). On reste debout, même si c’est à 3h du matin. La Gendarmerie est venue plusieurs fois pour essayer de nous chasser. Nous leur fîmes savoir que nous sommes des réfugiés et nous sommes sur le territoire des Nations unies. Nous ne sommes pas là de gaieté de cœur. On a été expulsé de nos maisons. On n’a nulle part où aller. Nous avons longtemps trainé dans la rue, avec toute l’insécurité qu’il y a. Maintenant, nous sommes venus ici pour que le HCR se penche sur notre situation’’.
Pendant ce temps, les responsables du Haut-commissariat traversent à gauche et à droite, avec des regards qui en disent parfois long sur leur dégoût. Mais, ceci n’est rien par rapport à tout ce que la cohorte de réfugiés a enduré, depuis leur arrivée au Sénégal, semble dire Mouhamed, une canne à la main. ‘’Un de mes enfants, confie-t-il, le garçon (19 ans aujourd’hui), a été violé au niveau du supermarché de Point E. Un Monsieur l’a rattrapé et a abusé de lui. C’était en 2014. Il n’avait que 12 ans. On l’a emmené au HCR pour constater les dégâts sur son anus et demander assistance (il donne le nom du responsable). Ils ont constaté et n’ont rien fait, sous le prétexte que nous ne sommes pas reconnus. Nous y sommes retournés pour leur demander s’ils peuvent nous aider à porter plainte, là ils ont dit qu’il vaut mieux ne pas en parler et qu’ils vont nous assister. Ils n’ont jamais rien fait. L’enfant est finalement devenu homosexuel. Et il le paie jusqu’à présent. A chaque fois, les gens le tabassent pour ce qu’il est devenu’’.
Avant cela, deux de ses enfants, obligés de squatter routes et ruelles à la quête de pitance, ont été sauvés de justesse, suite à des accidents de la route. ‘’A chaque fois, accusent-ils, quand on va au HCR solliciter de l’aide, on nous envoie balader pour la seule et simple raison que nous n’avons pas de papiers. Pour le dernier accident qui a eu lieu en 2015, un médecin du HCR était dans la même mosquée. Il a tout vu, mais, n’a rien fait. C’est les pompiers qui sont venus récupérer l’enfant et l’emmener à l’hôpital. On est parti leur demander de l’aide, ils ont refusé. Pour acheter les ordonnances, il fallait courir à gauche et à droite à la recherche de l’aumône’’.
Son voisin Loua Diomande, réfugié de la Côte d’Ivoire, impute la perte de son enfant au HCR. Il témoigne  : ‘’C’était en 2014, suite à des complications de la grossesse de mon épouse, j’ai appelé le HCR pour demander de l’aide. Ils ont refusé de m’aider, au motif que nous ne sommes pas reconnus. Finalement, l’enfant est décédé’’.
Sans existence juridique, sans possibilité de travailler, les réfugiés finissent souvent dans la rue, à la merci de tous les dangers. ‘’Nous sommes obligés de mendier pour survivre, parce que sans papiers, on ne peut travailler. Sans travail, on peine même à se nourrir. On n’a aucune existence juridique et c’est de la responsabilité exclusive de HCR’’, dénonce Mouhamed, furax.

L’enfer des prisons gambiennes

En fait, Mouhamed, Diomande et Cie avaient des statuts en bonne et due forme quand ils étaient en Gambie. Mais à cause des conditions de vie difficiles dans ce pays, sans possibilité de travailler, sans accès aux services sociaux de base, ils ont eu à mener quelques initiatives, auprès de la représentation du HCR et des autorités gambiennes, pour changer cette situation. Des initiatives qui n’étaient pas pour plaire à certains dirigeants gambiens. Ibrahim Koné raconte  : ‘’En tant que réfugiés, on n’avait aucune facilitation. Par exemple, pour travailler, on est considéré comme migrant étranger et donc soumis à des taxes réservées aux étrangers. De ce fait, les entreprises préfèrent employer des citoyens gambiens, au lieu de supporter ce surcout. Nous demandions à ce que cela change conformément aux lois internationales. Ce qui n’était pas du goût de certains dignitaires du gouvernement de Jammeh et le HCR n’avait rien fait pour nous’’.
Intimidés, arrêtés, torturés, Ibrahim et les autres réfugiés venus de la Gambie ne doivent leur survie qu’à la volonté divine. Il précise  : ‘’Nous avons vécu toutes sortes de tortures. Nous avons été électrocutés ; battus de la tête au tronc, sur le plan psychologique… Pendant deux mois six jours, nous avons été enfermés, sans possibilité de voir le soleil. Pire, alors que nous étions dans un endroit totalement fermé, un jour, on a eu la visite d’un serpent. On a appelé au secours, mais personne n’est venu. On s’est alors armé de notre courage, on s’est battu avec le serpent et on l’a finalement tué. C’était l’enfer dans cette prison gambienne’’.
Puis, un beau jour, la bande à Ibrahim est libérée sans jugement. Mais malgré cela, ils ont continué à subir les mêmes harcèlements. La plupart ont fini par s’enfuir pour rejoindre le Sénégal. Hélas, leur situation ne s’améliore guère. ‘’Notre grand problème au Sénégal, insiste Diomande, c’est la reconnaissance. Alors qu’en Gambie on avait des statuts en bonne et due forme, ici, on peine à en disposer. ‘’Quand nous sommes arrivés ici, renseigne l’Ivoirien, on nous a demandé d’aller auprès de la Commission nationale d’éligibilité pour demander l’asile. Nous sommes allés là-bas et avons déposé nos dossiers, contre des récépissés. A notre retour, on a déposé la demande d’assistance, mais, on nous a dit que, puisque nous ne sommes pas encore reconnus, on ne peut bénéficier de l’assistance. Ce qui est erroné, puisqu’il y a des gens qui étaient dans la même situation (demandeur d’asile) et ont eu droit à un secours’’.
Alors que le HCR estime que leur statut de réfugié est arrivé à expiration, eux contestent et brandissent plusieurs documents. Pour eux, ils ont eu droit à des entretiens dont l’objectif était de les régulariser. ‘’En janvier 2020, on nous a initié une procédure de détermination du statut de réfugié. C’est un papier qui devait nous permettre de montrer que nous sommes sous mandat du HCR. Mais jusqu’à présent, nous n’avons pas de réponse. Aujourd’hui, le nouveau chef de la protection veut même nier cette procédure. Alors que celle qui avait fait l’enquête est là, tous les autres sont là’’. Sur le site de l’UNHR, on peut lire ce qui suit à propos des fameuses DSR réclamées par les réfugiés.
De ce fait, la cohorte de réfugiés est un peu dans l’impasse. Mais ce qui semble le plus les tarauder, c’est le sort des enfants. ‘’Ils ne peuvent même pas aller à l’école. J’ai fait tout mon possible, je les (dirigeants de HCR) ai suppliés de m’aider juste à accompagner l’enfant qui a maintenant 14 ans, pour qu’il sache lire et écrire, mais ils ont refusé. Nous vivons essentiellement de l’aumône et avec la crise, c’est compliqué. On ne peut plus aller demander à l’église ou à la mosquée. On ne peut travailler. Nous sommes expulsés de nos maisons. Nous sommes bloqués dans cette situation. Pas d’assistance, pas de reconnaissance, pas de possibilité d’inscrire nos enfants à l’école. Pas même la possibilité de se soigner correctement quand on est malade’’, lâche Diomande qui en appelle à l’humanité du HCR.
Regard angoissé, débit saccadé, visage très lourd, Haby, elle, pense à la précarité de ses filles, jetées au milieu des loups. Les larmes aux yeux, après une longue litanie, elle finit par balbutier  : ‘’Mon problème, ce sont mes enfants. Dans notre culture, l’enfant doit se marier avant d’avoir des rapports. Mais en ce moment, les risques sont énormes pour mes enfants. Regardez ce vieux qui vient de passer (elle désigne un sexagénaire), il fait des avances à ma fille. Cela m’a fait pleurer. Ma hantise, c’est de voir ma fille être enceintée. Dans notre culture, la virginité est essentielle. Moi je suis prête à tout. Je veux travailler, entretenir ma famille, mais je ne peux pas, parce qu’on n’a pas de papier. Nos enfants ne peuvent pas aller à l’école ; ils ne peuvent rien faire. Nous vivons dans une précarité absolue’’.

LE CAS PATHETIQUE DE M. ET MME DIALLO : Une plainte sur la table du procureur contre le HCR

Malade, laissée à elle-même dans une situation pitoyable, Mme Diallo, aidée par son époux, se demande où se trouve son dossier.
Venus du Congo Brazzaville, Ousmane Diallo et son épouse ne savent plus à quel humanitaire se fier. Depuis 2010, l’état de santé de Mme Diallo ne cesse de se dégrader. En 2014, suite à plusieurs vas-et-viens dans plusieurs hôpitaux, promesse a été faite de lui trouver une évacuation. Depuis, le dossier a fait pschitt ! ‘’A un moment, ils nous ont dit que le dossier a été perdu’’, informe le mari. L’air exténué, Myriam s’étrangle de rage  : ‘’J’ai fait 16 médecins ici au Sénégal. Le dernier a dit qu’il est prêt à faire l’opération, mais il faut l’engagement. On a fait appel au HCR, parce qu’on est sous son mandat. Mais, ils avaient dit que ce n’est pas nécessaire ; ils vont nous évacuer à l’étranger. On a fait l’entretien dans ce sens, mais aucune suite’’.
Pour M et Mme Diallo, il n’y a aucun doute. Leur dossier a été ‘’vendu’’. Quand on leur demande des preuves de leurs affirmations, ils insistent  : ‘’On est parti faire une interview avec une responsable de HCR au mois d’avril. Quand on lui a donné toutes les informations, elle nous a clairement dit que ce n’est pas votre nom, alors que le dossier est bien le vôtre. Elle était étonnée. Elle a appelé quelqu’un et elle s’est exclamée  : why ?… Ça c’était au mois d’avril dernier. Nous demandons que la lumière soit apportée à cette affaire et nous avons porté plainte devant le procureur’’. Selon M. Diallo, il y va de la survie de son épouse. ‘’C’est une question de vie ou de mort. Ce dossier n’a que trop trainé et il est temps de tout clarifier’’, peste-t-il.
Après la première tentative ratée de 2014, en effet, une autre a été enclenchée en 2019, grâce à une bonne samaritaine. Quand le HCR les a ramenés de Bissau, explique Ousmane, ils logeaient au centre de réfugiés de Rebeuss. ‘’En mars 2019, précise-t-il, on est venu nous expulser, parce que le HCR ne payait plus. On n’avait nulle part où aller. On s’est alors rendu au bureau des Almadies. Ils ont fait venir les gendarmes pour nous chasser. On a été déféré au parquet, avant d’être libéré vers 19heures. On est encore retourné aux Almadies, où nous passions la nuit. Un jour, une femme, blanche, qui travaillait à l’ambassade des Etats-Unis, constatant la torture, nous a posé des questions sur notre situation, avant de s’engager à nous aider à rejoindre le Canada pour les besoins du traitement. Elle avait pris le dossier en main, avait parlé à HCR, à l’ambassade du Canada, avait tout fait… Mais les choses sont toujours en l’état. Et sans aucune explication claire’’.
Après avoir vainement cherché des solutions, convaincu que leur dossier est vendu, ils ont fini par saisir le Procureur pour que justice soit faite.

L’organisation onusienne se bunkérise !

Par tous les moyens, EnQuête a essayé d’entrer en contact avec le bureau HCR sans succès. Il a fallu se déplacer jusqu’au bureau de Mermoz pour avoir la version de la représentation, mais aucun responsable n’a daigné nous recevoir. Toutefois, sur les procédures de DSR (détermination de statut de réclamées) réclamées par certains, on peut lire sur le site de l’UNHCR ce qui suit. ‘’La détermination du statut de réfugié (DSR) est la procédure légale ou administrative par laquelle les gouvernements ou le HCR déterminent si une personne sollicitant une protection internationale est réfugiée au regard du droit international, régional ou national. Cette détermination constitue souvent un processus capital permettant d’aider les réfugiés à concrétiser leurs droits en vertu du droit international’’.
Selon le portail, ‘’la responsabilité première de la DSR incombe aux États ; toutefois, le HCR peut engager des procédures de DSR, conformément à son mandat, lorsqu’un État n’est pas partie à la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 et/ou n’a pas instauré de procédure nationale, équitable et efficace en matière d’asile’’. Sur le cas des demandes d’asile souvent rejetées au Sénégal, l’on informe, par ailleurs, que l’un des principaux motifs concerne les réfugiés issus de deuxièmes mouvements, c’est-à-dire qui ont eu un statut dans un autre pays.
Il résulte de certains documents officiels parcourus que la population de réfugiés sous mandat de HCR au Sénégal était estimée à plus de 18 000, selon un profilage datant de 2017, dont Près de 13 000 établis en milieu rural. Le pays s’était aussi engagé à se doter d’une stratégie nationale de protection et de recherche de solutions durables en faveur des réfugiés. Laquelle devait s’articuler autour des axes suivants  : la protection juridique des réfugiés et demandeurs d’asile, l’accès des réfugiés et demandeurs d’asile aux services socio-éducatifs, ainsi qu’aux établissements financiers.Mor AMAR

SONKO FAIT LE PROCÈS DE LA POLICE

https://emedia.sn L’opposant Ousmane Sonko, livrant sa version des faits, au lendemain des affrontements qui ont opposé ses partisans à ceux de Doudou KA, responsable de l’Alliance pour la République (APR, parti au pouvoir), a indexé la police. Averties à temps, accuse le leader de Pastef / Les Patriotes, les forces de l’ordre n’ont pas voulu intervenir.
“A un moment donné, nos hôtes de l’Unacois ont appelé la police pour signaler la situation qui se déroulait. Entre cet appel et la fin de la fin de la réunion, il s’est passé plus d’une heure de temps. C’est pourquoi, je déplore l’attitude de la police nationale. Parce que cette police refuse d’être une police professionnelle. Elle n’est pas une gestapo. Cette police est payée par l’impôt des contribuables sénégalais pour assurer la sécurité de tout le monde. À chaque fois que Pastef a été agressé quelque part, la police n’a pas bougé le petit doigt. C’est déplorable, la police n’a pas voulu bouger, et pourtant, je le dis, quand à la fin de la réunion n’eut été le professionnalisme de ma sécurité qui s’est organisée pour dégager la voie et nous permettre de sortir, il y aurait pu avoir mort d’homme. Quand, on est sorti jusqu’à la route principale du marché Boucotte, on a vu une fourgonnette de la police stationnée, ils ne sont même pas entrés dans le quartier, pour essayer de s’interposer entre les parties. C’est indigne d’une police républicaine, je le dis, je le répète. Et, la police est partiellement responsable de ce qui s’est passé hier”, a-t-il martelé Dié BA

Ousmane SONKO : l’attaque c’était pour m’empêcher de tenir une réunion dans le fief de Doudou KA

http://www.walf-groupe.com Le leader du PASTEF fait face à la presse pour revenir sur l’attaque dont il a fait l’objet la veille à Ziguinchor. Et d’emblée, Ousmane SONKO fait état de guet-apens, de complot pour le nuire.  Selon lui, il s’agissait d’une rencontre comme il en a beaucoup tenues depuis qu’il est au sud du pays.
« Il était question de rencontrer les commerçants pour m’enquérir de leur situation. Je me suis rendu à leur siège, seul avec ma garde rapprochée sans aucun militant », raconte-t-il.
Seulement, souligne le député, des gens sont venus lui dire que des individus protestaient contre la tenue de cette rencontre. « Il n’est pas normal que je tienne une réunion dans le fief de Doudou KA, à plus forte raison en face de son domicile », dit-il, indiquant n’avoir pas donné suite à ces récriminations. C’est ainsi, déplore-t-il, qu’ils ont été attaqués par des nervis. Et, ajoute-t-il, sans le professionnalisme des membres de sa garde rapprochée, il y aurait pu y avoir mort d’homme.
Ousmane SONKO qui magnifie le professionnalisme des éléments de sa sécurité, trouve que c’est ce qui a manqué aux forces de l’ordre qui ont laissé faire. Je déplore l’attitude de la police qui refuse d’être professionnelle », clame-t-il. Avant de préciser : « il ne s’agit pas des policiers et des gendarmes pris individuellement qui comprennent et vivent les difficultés avec nous. C’est la chaine de commandement qui est politisée ». Pour le leader du PASTEF, qui appelle à une police et une gendarmerie républicaines, il ne doit pas s’agir d’une police de Macky SALL ou de la Gestapo (Police politique de l’Allemagne nazie).
Et le leader de PASTEF d’avertir. A l’en croire, ce qui s’est passé ne se reproduira plus. « M’attaquer à Ziguinchor c’est se suicider. C’est la dernière fois que cela se passe », martèle-t-il, assurant que depuis l’attaque il ne fait que calmer ses partisans qui appellent à la revanche. Ce qu’il ne ferait pas, dit-il, la prochaine fois.

Attaque contre Sonko à Ziguinchor : Yewwi Askan Wi «se donnera les moyens de protéger ses leaders, militants et sympathisants»

https://www.seneweb.com L’attaque d’une rare violence perpétrée hier à Ziguinchor contre Ousmane Sonko et ses partisans par des proches de Doudou Ka, a exacerbé la tension entre le pouvoir et l’opposition. Depuis hier, le ton est monté des deux camps. La coalition Yewwi Askan Wi dont Ousmane Sonko est un des leaders, a condamné avec la dernière énergie cette « attaque lâche et barbare ». Dans un communiqué, cette coalition de l’opposition qui ne semble pas s’inscrire dans une désescalade, entend se donner « les moyens de protéger ses leaders, militants et sympathisants contre toute attaque ».
«Des nervis armés de gourdins, de barres de fer et toutes sortes d’armes blanches, ayant visiblement l’intention de faire mal, ont organisé cette attaque qui a causé de nombreux blessés dont certains grièvement. Des images et vidéos prises sur les lieux montrent ces nervis scander à haute et intelligible voix le nom d’un leader politique local, membre de l’APR, sans doute traumatisé par les milliers de Ziguinchoroises et Ziguinchorois qui accueillent le leader de Pastef dans tous ses déplacements dans la ville », peste la coalition Yewwi Askan Wi qui signale que « l’irréparable aurait pu se produire si les agents de la sécurité d’Ousmane Sonko n’avaient pas fait preuve de sang-froid et de responsabilité ».
Selon Khalifa Sall et Cie, « il ne fait désormais aucun doute que le régime de Macky Sall a opté pour la violence, la terreur et l’intimidation comme arme politique ». « Sa stratégie consiste à assurer une protection complète à ses partisans, quels que soient leurs forfaits, en instrumentalisant la justice et les forces de défense et de sécurité pour servir ses intérêts politiques », martèlent-t-ils.
Informe l’opinion nationale et internationale qu’elle « ne suivra jamais le régime de Macky Sall dans sa stratégie de haine et de destruction », Yewwi Askan wi tient « toutefois à affirmer, avec force, qu’elle ne se laissera pas agresser sans réagir ».

Agression des militants de Sonko : Un coup prémédité selon El Malick Ndiaye

https://www.seneweb.com Ousmane Sonko et ses partisans ont été attaqués en pleine réunion à Ziguinchor. Il s’agit d’un coup prémédité selon le secrétaire national à la communication de Pastef-les-Patriotes.
El Malick Ndiaye a pointé du doigt les partisans de Doudou Ka de la coalition BBY. Il parle par ailleurs de banditisme et promet que les choses ne vont pas en rester là. « Seulement, depuis 48 h à Ziguinchor pour mener ses activités en toute tranquillité en rencontrant les militants sympathisants et dignitaires, certainement les bains de foule ont provoqué une certaine jalousie chez les adversaires ou même des ennemies parce qu’il  faut noter que les actions qui ont été menées par l’autre camp ne sont pas d’une simple adversité  mais  tentaient d’attenter à la vie des gens », réagit-il

LES IMAMS ÉLÈVENT LA VOIX

https://emedia.sn La voix des Imams et Oulémas s’élève au lendemain des heurts entre les partisans de l’opposant et leader de Pastef / Les Patriotes, Ousmane Sonko et ceux du responsable de l’Alliance pour la République (APR, parti au pouvoir) par ailleurs Directeur général de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD), Doudou KA.
Dans un communiqué reçu à Emedia, l’association des Imams et Oulémas du Sénégal du Sénégal, à travers son bureau exécutif regrette “des incidents qui n’honorent pas notre démocratie.” D’où leur “appel solennel au calme, à la retenue, et au sens de responsabilité.” Afin que “la paix, la stabilité et la cohésion nationale puissent être davantage consolidées surtout à l’approche des élections locales” fixées au 23 janvier 2022.
Les deux camps s’accusent mutuellement. Deux blessés graves ont été enregistrés, chez les soutiens de l’opposant et ex-candidat classé 3e à la présidentielle de février 2019. Die BA

Gakou : «La barbarie du pouvoir a fini par atteindre son paroxysme»

https://www.xibaaru.sn « Je condamne avec la dernière énergie l’agression sauvage et insipide dont ont été victimes les membres du Pastef de Ziguinchor. La barbarie du pouvoir a fini par atteindre son paroxysme et nous met devant nos responsabilités pour la sauvegarde de la Nation et de la protection de la stabilité de notre pays », a réagi le Président du Grand parti, Malick Gakou, suite aux affrontements entre partisans de Doudou Ka et Ousmane Sonko. Des affrontements qui ont fait plusieurs blessés.

Birahim Seck à Doudou Ka : «Vos arguments ne sont guère convaincants»

https://www.seneweb.com Le coordinateur du Forum civil dans un tweet ne trouve du tout pas concluants les arguments fournis par Doudou Ka pour justifier les événements qui se sont produits à Ziguinchor.
Selon Birahim Seck, « aucun individu ne peut s’ériger en “gendarme” de l’espace public sans que la loi ne lui donne les attributs ».
Comme pour rappeler l’importance du maintien de la concorde, ce dernier poursuit et fait remarquer que « le Sénégal a besoin de stabilité et de quiétude en particulier la Casamance ».

Bougane Gueye Dani à Sonko : “La politique est une affaire de gentleman”

https://www.seneweb.com Le journaliste et leader de la coalition “Gueum Sa bopp”, Bougane Guèye Dani, a aussi réagi suite aux violents affrontements qui ont éclaté, ce lundi, à Ziguinchor entre partisans de Doudou Ka et ceux du député Ousmane Sonko. A travers un post, mardi soir, le Directeur général de D-Media a exprimé son soutien au membre fondateur de Yewwi Askan wi.
“A mon grand frère et le leader du Pastef : Certains te croient faibles quand tu ne réponds pas à leurs attaques, car le fait de se contenir demande une force qui les dépasse. La politique est une affaire de gentleman”, a-t-il écrit. Et d’ajouter : “Tu as tout mon soutien mon frère et bon rétablissement aux blessés. En bas l’argument de la force”.

«La bataille de Ziguinchor aura bel et bien lieu»,Doudou Ka après la sortie de Sonko

https://www.sudquotidien.sn A la sortie d’Ousmane Sonko, le Directeur de l’Aibd Doudou Ka réplique et accuse le leader du Pastef de faire dans le dilatoire « C’est par ce qu’il a senti sa défaite à Ziguinchor qu’il a essayé de jouer les trouble-fêtes à Ziguinchor où il sait que c’est Doudou Ka qui fait le buzz et qui est seul capable de porter le flambeau de la mouvance présidentielle à Ziguinchor …» a lancé le responsable de l’APR face à la presse ce mardi dans son fief au quartier Boucotte.
Accompagné par une meute de jeunes qui ont sonné la mobilisation, le leader du Mouvement Doggu pour un grand Sénégal» appelle Sonko à la retenue et martèle  : «  Ce n’est pas une affaire de Macky Sall. Qu’Ousmane Sonko sache que c’est une affaire entre lui et moi. Il n’a qu’à laisser tranquille le président Macky Sall», déclare-t-il avant de signaler la venue prochaine de militants du Pastef dans la mouvance présidentielle.
«  Si Sonko est courageux, il n’a qu’à organiser des meetings pour mesurer sa popularité et non des caravanes pour leurrer les gens», dixit l’ancien patron du Fongip qui estime que Ousmane Sonko est son cousin.
«  ll est mon cousin et çà, il ne peut le nier», lâche Dodou Ka, le sourire aux lèvres. Sa conférence de presse suivie d’une démonstration de force avec des militants hyper-mobilisés à Boucotte, Doudou Ka déplore toutefois le manque de soutien de ses collègues responsables locaux de la mouvance présidentielle.
Toutefois, il dit comprendre leur attitude «  Tous les grands leaders de la mouvance présidentielle m’ont apporté leur soutien après les évènements survenus hier. Si ceux qui sont à Ziguinchor ne l’ont pas fait, excepté Alphonse Boyer, c’est peut-être par peur de me renforcer politiquement et aussi dans la course à la candidature pour la mairie de Ziguinchor».
A la question de savoir s’il n’est pas investi par le président Macky Sall, Doudou Ka répond en ces termes  : «  je suis un militant discipliné, je respecterais la décision de notre chef de parti, de notre leader … », lâche le responsable politique qui est persuadé que la bataille de Ziguinchor aura bel et bien lieu.Ignace NDEYE

Amadou Ba voit Macky…des ministres complotent déjà pour le descendre

https://www.xibaaru.sn Visiblement le président de la république aurait jeté son dévolu sur l’ancien ministre des finances et des Affaires Etrangères, Amadou Ba, pour conduire la liste de la coalition Benno Bokk Yaakaar aux locales à Dakar…mais des voix discordantes se font entendre au sein de l’Alliance Pour La République (APR) pour mettre du sable dans le couscous du président. Et ce sont de grands responsables du parti présidentiel qui ne veulent en aucun cas voir le sacre du « banni » Amadou Ba à la tête de la mairie de la capitale…au détriment des ministres APR de ladite ville.
Depuis que l’ancien ministre a été aperçu aux côtés du Chef de l’état lors d’une présentation de condoléances de la république aux familles religieuses de Yoff et de Thiénaba, certains ministres ont affiché leur mécontentement et se sont empressés de rendre publique leur candidature à la mairie de la capitale. Et hier, quand la presse a annoncé la présence de l’ancien ministre, Amadou Ba, dans la délégation du président pour l’expo universelle de Dubaï, des responsables de l’APR ont déduit que le choix du président pour la mairie de la capitale, était établi…
Selon nos sources, toute la journée du lundi, profitant de l’absence du président, des responsables de l’APR ont organisé des réunions pour statuer sur le probable « choix » d’Amadou Ba par le président de la Coalition Benno Bokk Yaakaar. Des réunions qui à première vue sont bénignes. Mais les mécontentements affichés par les militants ont pris le dessus sur cette réunion secrète aux parcelles Assainies…Nos sources sont formelles sur la menace de vote sanction brandie par l’un des responsables.
Et ce grand responsable du parti présidentiel n’est pas le seul. Un membre du gouvernement qui a affiché son ambition de briguer la mairie de la capitale « refuse » de jouer au militant discipliné. Et selon notre source, ce grand patron de l’Alliance Pour la République a décidé, au cas où Amadou Ba serait choisi par le président du parti, il partirait aux élections avec sa propre bannière…Tout comme l’a fait le ministre chef de cabinet du Président, Mame Mbaye Niang.
Et ce qui se trame pourrait mettre l’ancien ministre Amadou Ba en difficulté lors des élections du dimanche 23 janvier 2022. En plus des votes sanctions, ces comploteurs sont prêts pour défier la liste de la coalition Benno Bokk Yaakaar pour la mairie de Dakar. Leur cible n’est certes pas le président mais Amadou Ba car la consécration de ce dernier serait leur perte. Ils ont tant œuvré pour l’élimination politique de ce dernier qui a été touché mais sans couler.
Le retour de l’ancien ministre Amadou Ba dans l’entourage immédiat du président de la République répond à un impératif qui est de gagner la capitale. L’ancien ministre fait office de favori devant Barthélémy Dias, Mame Mbaye Niang et Abdoulaye Diouf Sarr qui ont déjà déclaré leur candidature. Amadou Ba a déjà conduit victorieusement les listes de la coalition Benno Bokk Yaakaar à Dakar lors des Législatives et de la présidentielle. Et aujourd’hui ce retour de l’enfant prodige de Dakar n’est pas du goût de plusieurs responsables qui l’avaient érigé en « rival » de Macky Sall…

La COJER de Grand Yoff se retourne contre Me Seye

https://www.xibaaru.sn Depuis quelques jours, à peine réveillé de son long sommeil politique, et après avoir déserté le terrain politique local depuis 2014, revoilà Me Seye par les mêmes méthodes qui multiplie les sorties médiatiques et les tentatives de manipulation de l’opinion et de la direction de la coalition Benno Bokk Yaakaar.
Depuis que SEM Macky Sall a parlé du choix des candidats de Benno, cet avocat, au parti-famille, ne dort plus et est dans toutes les manœuvres possibles imaginables pour se faire choisir par le Président Macky Sall.
Peine perdue, puisque le Front Républicain, ce machin de parti, avec un leader qui n’est jamais lucide, ne peut être un socle politique suffisamment solide pour porter un tel choix.
Me Sèye n’est à Grand-Yoff que pour y dormir, les conditions de vie des populations ne sont point sa préoccupation et ne l’ont jamais intéressé. Nous demandons à ce manipulateur de cesser cet activisme inutile puisqu’il ne ne sera jamais choisi par le Président.
Le Président Macky Sall connaît la situation à Grand-Yoff et ce n’est pas cet avocat au parti de 3 personnes (lui, une dame, un jeune) qui peut induire le Président en erreur..Me Seye est trop petit pour ça, qu’il se le tienne pour dit !
Nous demandons enfin à tous les responsables des partis alliés et de l’ Apr de continuer à travailler ensemble pour la victoire de la coalition au soir du 23 janvier 2022.Cojer Grand-Yoff

Mamadou Diop Decroix : «Guy Marius Sagna doit être écouté »

L’arrestation de Guy Marius Sagna continue de faire réagir. Sur sa page Facebook, Mamadou Diop Decroix estime que le leader de Frapp-France Dégage doit être écouté et non persécuté. Le secrétaire général de And-Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme (AJ/PADS) exige, aussi, la libération sans condition de l’activiste.
« On dirait que les nuages continuent de s´amonceler sous le ciel des libertés publiques et des droits des opposants.
Guy Marius Sagna doit être écouté à la place d’être persécuté parce qu’en fin de compte, il ne fait que porter et amplifier la voie des sans voie. Nous apportons notre solidarité et notre soutien à Guy Marius et exigeons sa libération immédiate et sans conditions », a écrit Decroix sur le réseau social.

Néné Fatoumata Tall déclare officiellement sa candidature

Camarades républicains, il est des moments décisifs où ne pas répondre à un devoir devient impardonnable. Cet instant-là est arrivé ! Je dois répondre à l’appel bourdonnant et incessant des femmes, des sages, des cadres et des jeunes du Parti ainsi que de nombreux sympathisants pour que je me présente aux élections locales de janvier 2022. Golf Sud, vous m’avez investie, je vous entends, je vous comprends et je l’accepte. Je vous en remercie infiniment !

REVOIR UN PRINTEMPS PAR HAMIDOU ANNE

Le doute des jeunes africains se réinstalle, cette fois il est visible et audible grâce à internet et à l’ingéniosité militante qui s’est développée chez eux. Les adversaires se nomment : nos dirigeants, la France, les multinationales
Les récriminations, les doutes et le ras-le-bol général des jeunesses sur l’état de l’Afrique disent quelque chose de la façon dont elles sont gouvernées. Les autoritarismes persistent sur le continent, les alternances politiques n’apportent que peu de transformation sociale et la jeunesse, majoritaire dans les pays africains, a le sentiment général d’être éloignée de la gestion du présent et de l’identification des pistes de transformation de l’avenir.
Des fora, aux réseaux sociaux, la colère gronde contre la mal gouvernance, la corruption, l’irrespect et l’incapacité à transformer le réel. La défiance vis-à-vis des élites dirigeantes est si grande qu’une frange importante de la jeunesse salue les moments où celles-ci perdent le monopole de la puissance. Les images de foules en liesse devant les cortèges de présidents déchus par l’Armée sont des symboles forts de leur relation avec ces dirigeants qui perdent le pouvoir.
La foule a hué Ibrahim Boubacar Keïta conduit manu militari au camp de Kati par les hommes du colonel Assimi Goïta. Cette même foule, quelques kilomètres plus loin, a salué la chute de Alpha Condé, qui s’était attribué un troisième bail au Palais Sekhoutoureya. A-t-elle raison à chaque fois ? Non. Les coups d’Etat constituent une balafre sur le visage d’une Nation. Surtout que les soldats sauveurs se transforment régulièrement en bourreaux des aspirations à la liberté et à la démocratie des jeunesses.
Cette décennie qui s’est achevée est symptomatique des rendez-vous manqués en Afrique, où les aspirations à un mieux-être se heurtent à la dure réalité de l’impossibilité à changer la vie des gens. Il y a soixante ans, les jeunes qui s’engagèrent pour la fin de la colonisation, souvent armés de la pensée révolutionnaire issue des rangs de la gauche, ont vite déchanté.
Les régimes post-indépendance n’ont pas réussi, pour diverses raisons, à tenir les promesses de l’aube de nos nations. Certains dirigeants ont sombré dans une folie destructrice comme en Guinée ou en Ouganda ; d’autres ont vite été renversés par des militaires, provoquant un cycle sans fin de ruptures antidémocratiques.
Les rares pays qui ont échappé aux putschs militaires sont restés englués dans la pauvreté, avec des modèles de gouvernance faibles et sans grande consistance. Les années qui ont suivi nous ont laissés dans le creux de la vague des politiques publiques inefficaces, des injonctions des institutions de Bretton Woods, de la corruption, des guerres civiles, des famines, entre autres défis… J’ai eu beaucoup foi en la dernière décennie.
Au plan économique, la croissance était au rendez-vous, les coups d’Etat ont drastiquement baissé, les conflits inter-Etats ont disparu, la résurgence d’une dignité et d’une volonté de transformer le réel devenait un projet, les diasporas prenaient le chemin du retour sur le continent pour tracer un nouvel horizon. Puis sont survenus les printemps arabes, où une jeunesse diplômée, ouverte et progressiste a investi la rue pour faire face aux dictatures en Tunisie et en Egypte avec comme mot d’ordre «Dégage !». Ben Ali et Moubarak furent chassés devant une opinion internationale médusée par la maturité et la politisation de cette jeunesse, qui a utilisé le web 2.0 pour chasser ces autocrates. Le Printemps arabe fut un moment de ferveur politique et intellectuelle sans précédent sur le continent. L’armure des autoritarismes a été fendue dans des pays où personne n’imaginait que des petites mains armées de smartphones puissent venir à bout de puissants régimes.
A la suite, au Maroc, en Libye, au Sénégal, au Burkina Faso, les jeunes faisaient leur «révolution» pour exiger soit le départ de dirigeants soit des réformes de la gouvernance. Puis un nouveau rendez-vous manqué.
Les Printemps arabes ont accouché de régimes islamistes, puis dans le cas de l’Egypte, l’Armée a déposé les Frères musulmans et installé un pouvoir militaire encore plus autoritaire. En Afrique de l’Ouest, les dirigeants élus à la suite de moments de ferveur militante sont vite conspués du fait de leur incapacité à changer positivement la vie d’une jeunesse dont une partie importante continue à rêver d’ailleurs ; parfois en étant prêt à sacrifier sa vie. Le doute des jeunes africains se réinstalle, cette fois il est visible et audible grâce à internet et à l’ingéniosité militante qui s’est développée chez eux. Les adversaires se nomment «nos dirigeants», «la France», «les multinationales», les «Ong» et toutes sortes de cibles plus ou moins identifiées.
L’hiver est là, lourd de défis et de ressentiments. En attendant de revoir un printemps et les feuillages de liberté qu’il promettra aux jeunes, de Dakar à Tunis …

LA FRANÇAFRIQUE INTELLECTUELLE OU LE JEU COUPABLE D’UNE CERTAINE ÉLITE AFRICAINE PAR AMADOU SARR DIOP

EXCLUSIF SENEPLUS – Le sommet de Montpellier reflète un cénacle messianique, organisé par l’oppresseur d’hier et d’aujourd’hui qui se projette pour le futur à de nouvelles formes d’assujettissement des peuples africains
La France de Macron, en perte de vitesse dans la nouvelle configuration géoéconomique et géostratégique mondiale, marquée par un mouvement de démultiplication des partenariats, appelle à un rendez-vous de la Françafrique intellectuelle pour redéfinir de nouveaux rapports entre la France et l’Afrique. Convié au forum anti-Françafrique, en marge de la rencontre de Montpellier, et auquel je n’ai pu participer pour des raisons liées à mon séjour aux États-Unis, j’ai décidé d’y être autrement à travers cette contribution pour questionner les enjeux d’un rendez-vous qui se fixe comme mission de construire un nouveau partenariat entre la France et l’Afrique sur les décombres de la Françafrique politique.
Achille Mbembe et les intellectuels africains de l’afro mondialisme, ont décidé de répondre à l’initiative de la France pour repenser les bases de ses nouveaux rapports avec l’Afrique. La rencontre a l’allure d’une démarche suspecte de la part d’intellectuels africains qui se font, pour utiliser l’expression de Gaston Kelman, « la voix de leur maître ». Elle traduit un acte de trahison d’une certaine élite intellectuelle que d’aucuns considèrent comme des penseurs formatés à l’Occidental qui jouent « le rôle d’intermédiaires dans le négoce des produits culturels du capitalisme mondial à la périphérie ». Elle refuse d’assumer la mission dont elle devrait être porteuse pour réinventer le devenir de l’Afrique.

Dans l’ancrage de la domination intellectuelle  : les théoriciens de l’afro mondialisme en question

Figé dans les schémas coloniaux, le dispositif relationnel entre la France et l’Afrique se conjugue au passé de l’esclavage. Les théoriciens de la Françafrique intellectuelle sont dans cette temporalité de la servitude. Même investie dans le champ de l’intellect, la Françafrique garde toujours son imaginaire idéologique dominateur  : le messianisme de la France sur le destin de l’Afrique. Au lieu d’être des constructeurs d’une pensée libératrice du continent africain, les théoriciens de l’afromondialisme, avec comme tête de pont l’historien camerounais Achille Mbembe, sont dans la logique d’un ordre du discours entre l’Afrique et le reste du monde, qui réifie la mainmise des puissances étrangères sur la gouvernance en Afrique. Dans mon ouvrage sur la décolonisation des études africaines, j’ai dénoncé la capitulation des théoriciens de l’afromondialisme adeptes d’un ordre épistémique imposé par l’Occident. En référence à Mudimbe, dans son ouvrage The invention of africain, je rappelais à travers les lignes de cet ouvrage que l’ordre colonial n’était pas seulement un ordre de brutalité dans la conquête, dans le pillage, dans l’exploitation des richesses, il était aussi une colonisation des entendements. Par conséquent, la décolonisation de l’Afrique est plus que l’autonomie politique. Elle est l’exigence d’une nouvelle géopolitique des rapports avec le reste du monde qui participe à la redéfinition des priorités de l’Afrique. Si chaque génération, comme l’écrit Frantz Fanon, « doit dans une relative opacité, trouver sa mission, l’accomplir ou la trahir », celle de Mbembe et ses acolytes est dans l’alternative de la trahison. À lire Mbembe et les autres, qui sont dans le champ épistémique de l’afromondialisme, on se rend compte que les priorités de l’Afrique ne sont pas une préoccupation pour ces intellectuels africains. L’afromondialisme dans ses grandes lignes est dans le champ de l’idéologique, car il nous éloigne de tout projet panafricaniste pour le renouveau du continent africain. Les adeptes de l’afromondialisme nous proposent une lecture stratégique du passé à partir d’un futur pensé, conçu et déterminé par la seule volonté des Occidentaux, ces seigneurs du monde.  Par conséquent, ils théorisent l’émergence d’un sujet africain entraîné dans la mondialisation, se référant par conséquent aux valeurs du néolibéralisme et aux épistémès nées de la mondialisation et de l’universalisme totalitaire. Ils dénoncent chez certains intellectuels africains le refus de l’oubli des blessures du passé qui met ces derniers dans une éternelle quête utopique des ancestralités. Dans ce déni d’un ancrage dans le passé des Afriques, Mbembe et les théoriciens de l’afromondialisme considèrent la colonisation comme une parenthèse dans l’évolution historique des sociétés africaines. Comment peut-on oublier les blessures subies par l’Afrique durant la traite des esclaves, durant la colonisation synonyme de pillage de nos sources ? Comment peut-on oublier la colonisation qui était plus un moment de pillage qu’une strate qui a reconfiguré l’évolution historique des sociétés africaines, encore sous domination étrangère ? La colonisation n’est pas une parenthèse, elle a déterminé les formes d’historicité de nos sociétés actuelles et en plus, elle a mis sous tutelles nos peuples qui croupissent aujourd’hui dans la misère, en dépit de l’immensité de nos ressources.
Notre sentiment est que les théoriciens de l’afromondialisme se résignent à penser qu’il n’y a qu’une seule possibilité offerte aux sociétés africaines, formulée sous le mode de l’impératif catégorique  : s’adapter ou périr. Ils n’envisagent pas, pour l’Afrique et les Africains, la possibilité d’inventer un avenir des possibles.

La Françafrique intellectuelle au secours d’une France marginalisée dans le nouvel ordre de la gouvernance mondiale

C’est au nom du pseudo principe selon lequel la France devrait partir sur de nouvelles bases pour redéfinir ses rapports avec l’Afrique, que Macron a pensé organiser un sommet de la Françafrique intellectuelle. Dans la formulation du projet, il y a un impensé qui détermine les véritables enjeux d’un cénacle messianique, organisé par l’oppresseur d’hier et d’aujourd’hui qui se projette pour le futur à de nouvelles formes d’assujettissement des peuples africains. Ce nouveau projet se dessine, cette fois-ci, avec la complicité des intellectuels du continent africain. Dans le plaidoyer pour justifier leur implication à ce sommet, les arguments fournis par Mbembe ont peu de consistances pour convaincre. Ils sont relatifs à la double volonté exprimée par Emmanuel Macron  : la restitution des objets d’art africains et la volonté de réformer le franc CFA. De l’avis de Mbembe, ce sommet a pour finalité de « questionner les fondamentaux de la relation entre l’Afrique et la France aux fins de la redéfinir ensemble ». Le postulat justificatif de Mbembe est que même les anciens modes de résistance semblent ne plus être opérationnels. Pour cette raison, il propose un changement de perspective analytique au regard de ce qu’il considère, avec ces acolytes, comme l’entrelacement et la communauté de sort entre l’Afrique et le monde.
S’il est avéré qu’il y a, bel et bien, un changement de cycle historique qui relativise les grilles d’analyse forgées au lendemain de la décolonisation, comme le soutient Mbembe, cela ne saurait occulter l’essence des rapports entre la France et l’Afrique, une essence dominatrice par excellence. L’enjeu du débat n’est nulle part ailleurs, il se situe dans un ordre du discours qui rappelle les blessures du passé et celles du présent dont les peuples africains sont victimes par une domination séculaire. Il nous interpelle sur des siècles de pillage des ressources africaines, sur la compromission, la soumission des élites politiques gouvernantes africaines et sur les actes de trahison d’une certaine élite intellectuelle. En dépit de l’enthousiasme d’une jeunesse critique, débordante de passion et de perspective pour un avenir prometteur du continent africain, les fenêtres sur le futur que cherche à ouvrir ce sommet de la Françafrique intellectuelle ne seront pas transformées en portail pour libérer les peuples africains. En quoi les débats de palabre du sommet de Montpellier peuvent-ils refonder les rapports entre la France et l’Afrique ? Dans quel espace réel ou mythologique, se demande avec juste raison Gaston Kelman, un ancien dominant a-t-il aidé ses anciens dominés à se relever ? La France n’est prête pas à se débarrasser de la Françafrique et des dirigeants africains aux ordres.
Le sommet de Montpellier est à la limite un jeu d’enfant, la « révolte d’une comédie juvénile », selon le mot de Boris Diop. Une jeunesse qui hurle le désespoir, des intellectuels complices, un chef d’État français en posture de démiurge, pour masquer plus d’un demi-siècle de rapports de servitude entre la France et l’Afrique, voilà le décor campé de la Françafrique intellectuelle qui a voulu inventer à Montpellier un autre champ de la Françafrique politique, celui de l’intellect, dans le prolongement de l’aliénation épistémique. Le futur de l’Afrique ne s’écrira pas sur les rives métropolitaines, il s’écrira sur les sables du Sahara ou sur les rives du Nil par les Africains et pour les Africains. La libération viendra de la pensée endogène, par des intellectuels engagés à entonner avec leurs peuples le chant du grand réveil matinal du continent africain.

La jeunesse et le sentiment anti-français  : les prémices d’un futur libérateur

La jeunesse actuelle qui est sur les réseaux sociaux, qui a une large ouverture sur le monde, a un regard fixé sur un idéal qui se définit en dehors des préoccupations d’une certaine élite intellectuelle. La jeunesse africaine, soucieuse de son avenir, est dans le registre des ruptures profondes. Son idéal n’est pas inscrit dans les préoccupations des débatteurs du forum de Montpellier. Il y a une nouvelle politisation des rapports à la gouvernance qui redéfinit une nouvelle objectivation que les jeunesses africaines entretiennent avec les États postcoloniaux et les anciennes métropoles coloniales. Le principe de réalité, que nous posons comme un impératif de rupture dans l’analyse du social en contextes africains, se fonde sur la réinvention identitaire politique et culturelle qui reconfigure à la fois la restructuration des champs sociaux et les dynamiques qui les habitent. Les jeunesses africaines s’efforcent de construire leur propre destin, elles procèdent à une auto prise en charge face à la faillite de l’État postcolonial. Un vent nouveau a traversé toute l’Afrique et il en a modifié les paysages sociaux et politiques, sous l’effet d’un engagement citoyen, impulsé par le dynamisme des populations qui expriment, à leur manière, par des actes quotidiens, l’infinie capacité des sociétés humaines à se réinventer dans des contextes de crise et de capitulation d’une certaine élite. L’alternance intergénérationnelle, au niveau du leadership politique, a commencé à prendre forme, des alternances politiques débutent sous l’impact de l’irruption d’une jeunesse, née après les années 80, et donc moins marquée par les idéaux des années 1960 et les valeurs de l’idéologie nationaliste. L’école de la rue devint un paradigme politique qui a pris forme dans un mouvement politique contestataire pour acculer les élites régnantes. Avec des expériences connues dans le cadre des alternances réalisées en Afrique, des mutations morphologiques se sont réalisées dans le champ politico-social en Afrique. Ces transformations sont porteuses de projets novateurs, avec l’arrivée en masse d’acteurs politiques, d’activistes nés de plus en plus engagés à changer les contextes de vie et les relations avec les anciennes puissances dominatrices. Il faut ajouter à ce vent du renouveau, porteur de mouvements contestataires contre les élites politiques, le renouveau du nationalisme qui va l’amble avec la montée en force du désir de rupture avec les anciennes puissances colonialistes. En dépit de la variation des contextes nationaux et de la diversité des trajectoires des luttes qui ont jalonné l’histoire politique et sociale des États en Afrique, la nouvelle cartographie des historicités, qui se donnent à analyser, prédispose les jeunesses africaines à être les sentinelles de la démocratie en Afrique. Il y a, à travers ces mouvements citoyens, un vrai effet générationnel où des acteurs jeunes défient ouvertement des régimes autoritaires en place dans leurs pays, prônant des sociétés africaines plus ouvertes, en rupture avec la culture autocratique héritée du paradigme des partis uniques. À travers des slogans et des symboles chocs, ils mobilisent contre l’arrogance des pouvoirs et le manque de démocratie. Ce vent nouveau ouvre un peu partout un nouvel agenda dans les rapports entre l’Afrique et le monde. C’est cette ampleur des dynamiques juvéniles qui envahira la géopolitique des rapports entre l’Afrique et le reste du monde, dans un contexte multipolaire de mondialisation où se reconfigurent les rapports de force géostratégiques à l’échelle mondiale. Le sentiment anti-français qui prend de l’ampleur est le signe annonciateur de la fin du paradigme décadent de la Françafrique. La mission des intellectuels de nos jours ne peut enjamber une telle exigence historique, à moins d’avoir choisi la capitulation et la trahison.Amadou Sarr Diop est sociologue, directeur du laboratoire Groupe Interdisciplinaire de Recherche sur l’Éducation et les Savoirs (GIRES) Université Cheikh Anta Diop

ECHEC ET MA…CRON !PAR MAMADOU NDIAYE

https://emedia.sn Il affiche une mine jubilatoire en parlant aux Africains. Cet air ahuri trahit chez lui une fausse condescendance. Macron, le président français cache mal cet esprit d’arrogance qui l’habite chaque fois qu’il aborde la situation du continent. Des preuves ? Pas besoin d’en fourbir une quand toute une trajectoire de rencontres, d’occasions d’échanges reste jalonnée de fait l’attestant.
Souvenons-nous du calamiteux démarrage de son mandat avec des déclarations à l’emporte-pièce, une proximité feinte à l’endroit de certains chefs d’Etat et des tapes sur l’épaule qui, loin de rassurer, dégagent plutôt un parfum de méfiance à l’égard d’homologues en manque de confiance justement. Ce geste, répétitif, peut chez Macron signifier autre chose que son premier sens, à savoir le réconfort. D’ailleurs il ne s’en cache pas de vouloir à tout prix tourner une page sombre de l’histoire de France d’autant que lui appartient à une génération qui veut dénouer ce lien en s’en détachant.
L’intention est habile. En revanche la manœuvre, cousue de fil blanc, l’est moins. Le récent sommet –mais quel sommet !- Afrique/France de Montpellier relève de cette tentative d’inverser les rapports en en secrétant de nouveaux avec des figures jeunes, énergiques, « bardées de diplômes », plus sympathiques donc plus accommodantes avec les nouvelles visées de la France sur le continent noir.
Que deux mille individus, perçus pour être représentatifs de l’Afrique « qui bouge » répondent à l’appel du 8 octobre, cela n’est pas anodin. Mais que les intéressés se détrompent  : le vrai terrain n’est pas le midi de la France mais bien en Afrique avec ses complexités, ses difficultés, ses contrastes, ses paradoxes, ses lenteurs, ses embardées, ses avatars, ses propres facteurs d’inhibition et d’accélération.
Ces interlocuteurs au sourire factice feignent-ils d’ignorer que la famille de Sankara vit à Montpellier ? La tenue également en octobre de ce grand raout n’est pas fortuite dès lors que le grand procès de l’assassinat en octobre 1987 du jeune président du Burkina Faso devrait s’ouvrir par une grande audience, précisément ce lundi 11 octobre 2021 à Ouagadougou. Près de 34 ans après la tragédie, le souvenir reste vivace. A-t-on voulu allumer un contre-feu pour distraire l’opinion internationale ?
Peine perdue puisque mort en héros, Sankara entre dans l’histoire par la grande porte quand d’autres en sortent par une porte dérobée, toute honte bue. Cette lecture de la conjoncture a échappé aux festivaliers de Montpellier dont les selfies et les amabilités de circonstance révèlent une candeur et une crédulité affligeantes alors que les mêmes n’arrêtaient pas de fustiger les chefs d’Etats africains au motif qu’ils obéissent au doigt et à l’œil à la France.
S’il en est ainsi, assiste-t-on à une politique du « ôte-toi de là que je m’y mette… » La conduite incongrue de gens que rien ne légitime du reste dénote toutefois une « ambition impatiente » de vouloir « occuper la place » avec une déconcertante naïveté. La même étrange naïveté s’empare de plusieurs segments de la diaspora qui s’apprêtent avec l’aide de la France à débarquer sur « Kolwézi », entendez en Afrique.
Ce sont des profils professionnels issus des banques, des assurances, de la finance, des médias, des réseaux sociaux, du cinéma, des ONG, d’anciens cadres, d’anciens ministres et des plénipotentiaires qui, tous, s’entendent pour souligner que le temps de l’Afrique est venu. Ils sont mandatés par de grands groupes industriels et sillonnent les pays africains en fonction des attaches qu’ils y ont pour authentifier les initiatives de rapprochement qu’ils déploient sur place.
Ils servent d’éclaireurs ou de pionniers à des projets qui dépassent leurs petites ambitions pour le compte d’une France qui souffre de carences, de vigueur, de vitalité dans un monde en plein redéploiement. Macron avait-il besoin de parler à la jeunesse africaine alors que l’opportunité se présentait à lui de sillonner les Etats-Unis pour expliquer le « coup tordu »que venait de lui infliger Washington à propos des sous-marins « vendus » par contrat puis résilié par l’Australie.
Pourquoi n’a-t-il pas dès lors songé à s’adresser à la jeune anglaise pour fustiger le comportement de Boris Johnson à l’égard des flux migratoires ? Ces questions et d’autres taraudent les esprits. En France, Macron n’apparaît plus comme un « don de la Providence » après avoir admis, défait, que son pays ne se réforme pas. En disgrâce dans l’opinion, en recul dans les sondages, malmené par une extrême-droite qui ne lâche rien, le Président Macron se cherche à moins de cinq moins d’une élection présidentielle décrite comme inédite avec des têtes d’affiches qui en disent long sur la dégradation de la démocratie française.
C’est ce président affaibli, chahuté qui titille l’Afrique en se prêtant de bonne grâce au petit jeu de la communication sous les lambris pour redorer un blason quelque peu terni. Il gouverne désormais à l’ancienne. Rien ne le différencie tant de ses prédécesseurs qui avaient tous à l’esprit de sauver les intérêts de la France pour garder une place dans la gouvernance du monde.
Or c’est à cette échelle justement que le rejet de la France s’avère plus net. Pouvait-il en être autrement ? Sans doute pas avec ces contrats léonins accordés en exclusivité à des entreprises françaises sous la discrète pression de Paris. Les ports, les aéroports, les chemins de fer, les télécommunications, les banques et surtout le retour des étrangers, pas plus compétents, aux postes de commande des filiales dédiées aux grands chantiers et u contrôle des infrastructures. Le rejet, au demeurant massif, s’explique par les pratiques abusives et l’accaparement vertical et horizontal de juteuses activités au détriment des nationaux.
Plus étonnant, ce président, pourtant bien charpenté, peine à gouverner la France et se complaît dans la boulimie des monopoles qu’il observe et constate sans lever le doigt ni élever la voix. Ce Macron-là, reconverti au réalisme, fait fi des équilibres, de la justesse des revendications des pays du sud. En plus il reste sourd au sort des économies pauvres dominées par une seule ressource soumise, de surcroît, aux caprices du marché ou aux humeurs de la conjoncture. Pour mesurer le préjudice dans les pays africains, la France n’a qu’à apprécier la perte du marché des sous-marins à l’Australie.
Dans un fol enchaînement, des centaines de PME françaises subissent les à-coups, des villes entières perdent des rentrées fiscales avec à la clé le retour massif au chômage qu’on espérait résorber grâce à ce « contrat du siècle ». Trente deux milliards d’euros perdus. Adieu la relance de l’industrie navale et de la haute technologie dont pouvait s’enorgueillir le savoir-faire tricolore. Là gît le déficit de notoriété d’une France qui refuse de connaître pourquoi elle est mal aimée. Surtout en Afrique…

JE NE SUIS PAS DU TOUT CHARLIE PAR YATMA DIEYE.

Cette contribution ne va certainement pas plaire à une certaine catégorie d’intellectuels qui ont montré une indignation sélective après la mort des caricaturistes du journal satirique français
Mohamed est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux (Coran, sourate 48, verset 29) Cette contribution ne va certainement pas plaire à une certaine catégorie d’intellectuels qui ont montré une indignation sélective après la mort des caricaturistes du journal satirique français.
 En effet, mal gré qu’en aient les “droit-de l’hommistes”et certains égarés qui n’ont rien compris à la religion ou qui l’ont apprise par des orientalistes, ce courant-là ne peut prospérer dans un pays où la majorité des habitants voue au Prophète de l’Islam (PSL) une vénération sans bornes. L’on a allégué la liberté d’expression pour justifier ces caricatures, mais celle-ci a des limites, encore que dans le cas de la France, elle soit à double vitesse : le célèbre comédien Dieudonné –le Kouthia français- a fait les frais de cette intolérance bien sélective; sa peccadille ?
Avoir representé un simple rabbin dans un de ses sketches ; on cria haro sur lui, tous les sponsors lui retirèrent leur soutien, les salles de spectacles lui furent fermées, on l’accusa de fraude fiscale, de blanchiment d’argent, d’abus de biens sociaux ; il fut en outre attrait en justice pour n’avoir pas eu la liberté d’expression de dire “je suis Charlie Coulibaly ”; où est la sacro-sainte liberté d’expression dont on se gargarise tant quand l’Islam est concerné ?
Pour paraphraser La Fontaine, disons que selon que vous critiquerez un Juif ou un Musulman, “ les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.” Du temps du Prophète (PSL) à l’époque de l’État islamique, vivait un poète arabe du nom de Kaab ben Zohaïr ; son frère s’étant converti à l’Islam, Kaab fit de vifs reproches à cette religion dans une petite pièce de vers qui contenait des allusions malveillantes pour le Prophète (PSL). Vivement touché par ces injures, celui-ci déclara que “tout musulman qui rencontrerait Kaab aurait le devoir de le tuer”.
Sous le coup d’une pareille menace, ce dernier usa de subterfuge et se présenta incognito devant le Prophète (PSL), se repentit et composa en son honneur un poème de 57 vers. C’est ainsi qu’il eut la vie sauve. Cela n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Le pseudo-islamologue à barbe blanche ferait mieux de créer l’unanimité autour des fêtes religieuses, cette dispersion des musulmans étant plus “satanique ”que tout.
Même le membre du Congrès américain, le Républicain Peter KING de Long Island (Etat de New York), qu’on ne peut pourtant pas soupçonner de sympathie pour les Musulmans, a déclaré dans une interview à CNN, “Contrairement aux Etats-Unis, la population musulmane en France est très mécontente ; nous n’avons rien de tel dans notre pays, mais en France, il y a des éléments qui montrent que les Musulmans sont en réalité coupés de la société en général. Notre communauté musulmane, à l’exception d’un faible pourcentage, sont des Américains très patriotes, membres à part entière de l’essentiel de la population américaine”.
A la politique d’assimilation de la France, s’oppose celle d’intégration américaine. Aux Etats-Unis, les minarets s’élèvent haut dans le ciel, les femmes qui veulent porter le voile sont libres de le mettre partout. Et pourtant l’Amérique a connu le 11 septembre. Après la destruction des tours du World Trade Center, les Musulmans voulurent construire un centre islamique attenant au ground zéro, l’espace vide qu’occupaient les anciennes tours ; une partie des Américains s’opposa vivement à ce projet ; des manifestations eurent lieu, suivies de contre-manifestations avec l’appui de toutes les minorités religieuses sans exception. Des échauffourées furent évitées grâce à l’intervention de la police. Les autorités décidèrent que les Musulmans en avaient bien le droit ; ils n’avaient rien à voir avec l’attentat, qui soit dit en passant, a détruit aussi une mosquée ; aucun journal américain n’a repris le numéro reproduisant les caricatures de la vengeance : l’Amérique est le pays des libertés sans discrimination.
La France est le pays le plus anti-islamique d’Europe, voire du monde, rien d’étonnant qu’elle soit la cible de fréquentes attaques. Mais la guerre qu’elle mène contre les islamistes est un combat perdu d’avance; c’est le combat entre ceux qui ont peur de la viequi n’attendent plus rien de celle-ci-et ceux qui ont peur de la mort, qui attendant tout de la vie. L’Islam n’a jamais dit de tuer des innocents, toutefois, il faut définir le sens du mot “innocent ”. Rien à voir avec ce qui se passe au Nigéria. C’est une religion de paix… si on le laisse en paix. Je ne saurais terminer sans parler, de ces caricatures, à mon corps défendant, pour édifier ceux qui n’en ont eu qu’une vague idée.
Dans un pays normal, les auteurs de ces caricatures seraient poursuivis pour attentat à la pudeur. Je m’en tiens là, espérant m’avoir fait comprendre. Je ne voudrais pas revenir sur ce sacrilège. Mais je retiendrai pourtant une où l’on fait dire au saint Prophète –je frémis en le disant-“ C’est dur d’être aimé par des cons”. Une insulte gratuite à un milliard de croyants, y compris, peut- être (?) ceux qui défendent ces gens-là, nos pères, les pieux Compagnons, les saints, nos marabouts…personne n’y échappe. Telle est l’ampleur de ces caricatures. Alors, je ne suis pas du tout Charlie, je ne serai jamais Charlie.Yatma DIEYE,professeur d’anglais,Rufisque

ATTENTION A LA DIABOLISATION Par Colonel à la retraite Doudou SALL

Depuis quelques semaines, le recrutement éventuel par le Mali de la société privée russe de sécurité Wagner a provoqué une crise sans précédent entre ce pays et la France. Les éléments de langage utilisés montrent l’acuité de cette crise. En effet, les propos du président français qualifiant le premier ministre malien d’enfant de deux coups d’état et ceux de ce dernier estimant que la décision unilatérale de la France de réduire le format de Barkane est un abandon « en plein vol » en disent long.
Si nous avons estimé utile de donner notre avis sur cette crise, c’est parce qu’une situation sécuritaire défaillante au Mali est toujours un enjeu pour le Sénégal. Nous le faisons également eu égard aux sorties récentes de personnalités publiques sénégalaises sur cette question pour s’aligner sans réserve sur la position française.
A titre d’exemple, le journaliste Madiambal Diagne y a consacré sa chronique du lundi 4 octobre 2021. Il y attaque ouvertement la junte militaire au pouvoir. L’intitulé de cette chronique  : « la solution Wagner ou le cynisme de la junte » en dit long.
Mr Moustapha Diakhaté, ancien président du groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, a embouché la même trompette dans l’émission « Objection » du dimanche dernier de la radio Sud FM. Ce dernier va plus loin. Il appelle le Sénégal à prendre une position ferme envers les autorités maliennes en retirant ses forces militaires du Mali. Pas plus tard qu’hier (jeudi 7 octobre 2021), la ministre des Affaires étrangères du Sénégal, en marge de la cérémonie de préparation du Forum pour la Paix prévu en décembre, s’est prononcée sur cette crise.
Elle dit déplorer le fait que le Mali, n’ait pas associé la France, le Sénégal et les partenaires de la Minusma à sa décision, d’autant plus que le Sénégal est un pays voisin et est le premier pays contributeur de troupes de cette force. Cette déclaration ne tient visiblement pas compte des arguments du Mali selon lesquels le Mali a été abandonné « en plein vol ». Par ailleurs, la France a-t-elle associé le Sénégal, le Mali ou les autres partenaires à sa décision ? Difficile à croire.
A notre avis, une analyse de la stratégie militaire adoptée jusqu’ici dans le conflit au Sahel peut permettre une meilleure compréhension de cette crise et de ses possibles développements.

Cette lecture permettrait en effet, d’expliquer l’échec de Barkane et le bien-fondé d’un éventuel appel à Wagner. Pour démontrer cela,un bref rappel théorique de ce qu’est la stratégie militaire est nécessaire.

La théorie de la stratégie militaire telle que soutenue par des auteurs comme Haas (2007) et Lutwak (1989) lui reconnait cinq niveaux  : politique, doctrinaire, opérationnel, tactique et technique. Nous nous intéressons aux trois premiers niveaux, ceux-ci étant davantage dédiés aux décisions véritablement stratégiques. Les deux derniers étant davantage liés aux décisions des hommes sur « le terrain ».
Le niveau politique ou stratégie politique concerne les décisions de long terme prises par les autorités gouvernementales. Tandis que les décisions du niveau politique embrassent l’ensemble des aspects liés à la défense (économique, diplomatique, environnemental, entre autres), le niveau doctrinaire communément appelé la doctrine militaire, concerne les décisions de long terme, fruit de la réflexion des états-majors militaires. Celles-ci tiennent compte des orientations du niveau politique, mais également des contraintes du niveau opérationnel.
Les décisions du niveau opérationnel ou stratégie opérationnelle concernent le moyen et le court terme. Elles sont le fruit de la réflexion des chefs sur le terrain et non dans les états-majors.
Après ce rappel théorique, une analyse des décisions relevant des niveaux politique, doctrinaire et opérationnel de la stratégie militaire dans ce conflit peut être faite. Nous y relevons une absence de pertinence de la stratégie politique et doctrinaire de la France qui n’a pas permis de rentabiliser les succès probants de sa stratégie opérationnelle. Nous y relevons également l’évolution de la stratégie doctrinaire de la lutte contre le terrorisme qui explique la réduction du format de l’opération Barkane et le recrutement éventuel de Wagner par le Mali.
Pour ce qui concerne la stratégie politique, sa pertinence n’est pas avérée du fait de certains décisions de la France. Le cas de Kidal peut être cité. Sa gestion a fait croire à tort ou à raison que la France avait « pris le parti des ex-rebelles Touaregs », d’où l’installation « d’un sentiment de méfiance à l’égard des soldats de la force Barkhane en particulier ». Le cas du G5 Sahel en est une autre illustration.
La décision politique de créer cette force conjointe en 2014 était louable, d’autant plus que ses objectifs était de mobiliser des fonds pour s’attaquer à la pauvreté dans les localités impactées par le phénomène terroriste. Malheureusement, en sept ans, le G5 sahel, n’a pas démontré sa capacité à atteindre ces objectifs.
En outre, il faut mettre sur le compte de cette stratégie politique, l’offensive diplomatique en cours de la France. Nous assistons en effet à une offensive diplomatique tendant à diaboliser la junte militaire et l’emploi de « mercenaires » appartenant à un groupe russe, affilié au Kremlin.Le président français disqualifie ainsi la junte en affirmant que leur « légitimité démocratique est nulle ». Les ministres des Affaires étrangères et des Armées français font le tour des instances internationales et des pays voisins pour insister sur le caractère « incompatible » du soutien de la communauté internationale avec la présence de Wagner.
En d’autres mots, la collaboration avec Wagner équivaudrait non seulement au retrait des troupes françaises du Mali mais également au retrait des troupes de l’ONU. Cette stratégie sera-t-elle payante ? L’avenir le dira. Mais la diabolisation de la junte au pouvoir résiste difficilement à l’analyse. L’attitude complaisante de la France envers une autre junte militaire  : celle au Tchad à qui le président français n’a pas hésité à apporter sa solidarité quand elle a pris le pouvoir en avril dernier, à la mort de Idriss Deby. Quant à la tentative d’isoler le Mali sur le plan international, elle ne risque pas de trouver un écho favorable de la Russie. Celle-ci récuse tout lien formel avec Wagner et critique de manière à peine voilée l’opération Barkane en disant qu’au Mali, les Français « n’ont rien fait et ce sont les terroristes qui mènent la danse ».
Ces propos montrent que la Russie ne s’abstiendra pas d’utiliser ses moyens diplomatiques pour contrer cette initiative. Rien ne dit qu’elle n’apportera pas son « soutien logistique » à la junte comme cela s’est passé en Syrie en cas de retrait des troupes françaises et des forces internationales ? Dans cette hypothèse, cela pourrait prolonger le séjour au pouvoir de la junte militaire, avec peut-être l’assentiment des populations.
Pour ce qui concerne la stratégie doctrinaire de la France, elle ne s’est pas non plus révélée pertinente du fait de l’absence d’une dimension essentielle dans cette lutte  : l’appropriation ou l’adhésion des populations. Malheureusement, le sentiment de méfiance ci-dessus évoqué s’est mué en hostilité envers les troupes étrangères, au fur et à mesure que les attaques terroristes ont continué. Les manifestations « anti-présence française » en janvier 2020 ou la sortie au vitriol du populaire chanteur Salif Keita en 2019 sont révélatrices du malaise.
Cependant, même si la décision de réduire le format de Barkane peut sembler un abandon du Mali, notamment quand il s’agit de se retirer des territoires maliens que Barkane tenait (Kidal, Tombouctou, Tessalit), les précisions selon lesquelles « la stratégie antiterroriste va désormais reposer sur les opérations de forces spéciales Sabre et le projet européen Takuba » tient compte de l’évolution de la doctrine de lutte contre les formes de guérilla, parmi lesquelles nous comptons le terrorisme.
En effet, la débandade récente des Américains en Afghanistan montre que les armées conventionnelles ont beaucoup de mal dans la durée à lutter contre le terrorisme. Il en a été ainsi dans de nombreux théâtres d’opérations. Nous pouvons en citer quelques-uns  : les Russes en Afghanistan, les Américains au Viet Nam, les Français en Algérie entre autres. Aussi, l’utilisation des forces spéciales mais également de sociétés privées de sécurité dont les capacités d’évoluer en unités légères pour juguler dans des délais raisonnables des actions terroristes est de plus en plus reconnue comme efficace dans la lutte contre ce phénomène.
Cette évolution de la doctrine permet de comprendre la pertinence, sur le plan strictement sécuritaire, du choix de la junte au Mali, en dépit des conséquences géopolitiques, notamment le transfert sur le sol malien de la rivalité « Est-Ouest » qu’on a pu retrouver en Syrie.
La stratégie opérationnelle s’est par contre révélée efficace à plusieurs égards. Le succès de l’opération Serval, qui a permis d’empêcher probablement la prise de Bamako en 2013 le confirme. La récente annonce de la mort du chef des Djihadistes Adnan Abou Walid al-Sahrawi le chef de l’État islamique dans le Grand Sahara (EISG) en septembre dernier, tué par l’armée française au Mali le prouve également.
Cependant, cette stratégie n’a pas été exempte de reproches. Certaines bavures, qui expliquent également le rejet des populations, ont été imputées à Barkane. Ainsi, l’ONU a reconnu dans un rapport la responsabilité de Barkane dans la mort de 19 civils pris pour des rebelles, alors qu’ils assistaient à un mariage dans la localité de Bounti.
Pour conclure, nous pouvons dire que la stratégie militaire est un baromètre pertinent de lecture de la crise en cours entre le Mali et la France. Nous pouvons également retenir le caractère déterminant de la stratégie politique et doctrinaire dans le succès ou l’échec des opérations militaires.
En effet, malgré les succès probants de la stratégie opérationnelle de Serval d’abord et de Barkane ensuite, la crise actuelle montre que les options politiques et doctrinaires étant souvent des décisions de long terme, elles occupent une place importante dans le traitement et le règlement des conflits. Sous ce rapport, le Sénégal, étant partie prenante à tous égards dans ce conflit  : géographique, sécuritaire, économique, doit bien penser sa propre stratégie politique et ne pas se joindre à une stratégie de diabolisation dont les enjeux ne le concernent pas Docteur en sciences de gestion,Spécialiste des questions de stratégie et de leadership dans les organisations de sécurité

Mort de Cheikh Niasse : Ce qu’en dit le ministre de la Justice

iGFM – (Dakar) La mort de Cheikh Niass, alors qu’il était en détention, a ému plus d’un au Sénégal. Le ministre de la Justice, Me Malick Sall, s’est exprimé sur l’affaire ce mardi, en marge d’un atelier.
Le ministre de la Justice, Me Malick Sall, a évoqué l’affaire Cheikh Niasse ce mardi. Il a promis à la famille, qui réclame toute la lumière sur la mort de cet immigré, que la procédure sera menée conformément à la loi.
«D’abord je présente mes condoléances  et celles du chef de l’Etat. Le Sénégal est un pays de Droit. Il a un avocat. La procédure sera faite comme il se doit et ils verront. Mais puisque la procédure a été entamée, je suis ministre de la Justice, je ne peux pas m’épancher dessus. Mais que son épouse  soit rassurée, sur ce dossier, tout ce qui devra être fait sera fait», a-t-il indiquéPour rappel, le codétenu de Cheikh Niasse avait déclaré, face à la presse, que le défunt demandait à avoir ses médicaments puisqu’il ne se sentait pas bien. Mais, qu’il ne pouvait pas en disposer. Et l’autopsie a révélé une mort liée à la Covid-19 et à une hyperglycémie (une augmentation anormale du taux de glucose dans le sang)


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