Revue de Presse du Mercredi 06 Mai 2020

Unes de la Presse du Mercredi 06 Mai 2020
Unes de la Presse du Mercredi 06 Mai 2020
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«Il faut réorienter le rôle des banques centrales africaines vers le développement»Par Cedric Achille Mbeng Mezui,Expert des systèmes financiers et fonctionnaire international

https://www.jeuneafrique.com/Pour financer l’après-pandémie, il va falloir revoir en profondeur le rôle des banques centrales du continent. Et étendre la portée de leurs missions.
Faut-il, pour financer le jour d’après, recourir à la dette internationale ou aux marchés africains de capitaux ? Répondre à cette question, c’est interroger le rôle des banques centrales du continent. En raison de la crise liée à la pandémie de Covid-19, le moratoire sur le service de la dette est indispensable pour donner de l’oxygène aux finances publiques des pays africains dans un contexte actuel d’ « AVC économique ». Mais il est encore plus nécessaire d’activer des programmes régionaux de transformation endogène reposant sur l’agriculture, les industries et le développement des systèmes financiers locaux.
Pendant qu’il est discuté de la dette externe du continent – environ 365 milliards de dollars (dont plus de 100 milliards via les eurobonds) –, il faut noter que les ressources levées auprès des systèmes financiers nationaux sont bien supérieures. Deux chiffres sont parlants. D’une part, l’encours de la dette levée sur les marchés obligataires africains par les États dépasse actuellement les 400 milliards de dollars. D’autre part, c’est une moyenne de 200 milliards de dollars qui sont ainsi mobilisés chaque année. Cinq pays  – Égypte, Afrique du Sud, Maroc, Nigeria et Kenya – représentent à eux seuls environ 80 % de cet encours. Le potentiel est donc immense.
En d’autres termes, il y a urgence à approfondir les systèmes financiers locaux pour garantir un financement stable et cohérent des économies. Et il faudrait encourager davantage la mobilisation de l’épargne régionale et l’intégration financière.

Mission rigide

Cela exige que les banques centrales africaines jouent un rôle plus actif en faveur du développement. La restriction de leur mandat à la mission rigide de la maîtrise de l’inflation est une entrave à cet objectif. Dans les pays qui ont connu une industrialisation réussie, les banques centrales ont joué un rôle essentiel en stimulant l’allocation des investissements vers des activités industrielles stratégiques et innovantes qui favorisent la productivité, la création d’emplois, la pénétration des marchés d’exportation et la croissance économique.
Dans la plupart des cas, les interventions de ces banques centrales ont été accompagnées par le contrôle des mouvements de capitaux et du taux de change. C’est ainsi que les pays de l’OCDE et presque tous les pays émergents se sont développés.

De véritables acteurs du développement

Les pays africains devraient tirer des leçons de ces expériences. La crise actuelle devrait provoquer une inflexion dans le mandat des banques centrales africaines pour qu’elles deviennent de véritables acteurs du développement.
De nombreux pays africains souffrent d’un déficit chronique d’investissements dans les infrastructures, d’une faible industrialisation, du sous-financement de l’agriculture malgré la possession de 60 % des terres arables disponibles dans le monde, de taux de chômage « abyssaux » – surtout chez les jeunes –, du manque d’épargne longue et de systèmes financiers peu efficaces. Dans un tel contexte, les banques centrales africaines ne peuvent s’offrir le luxe d’avoir pour seule mission la lutte contre l’inflation – d’ailleurs souvent importée.

Une grande vulnérabilité

Enfin, un effet de la crise actuelle est l’arrêt des chaînes internationales d’approvisionnement qui exposent les États africains à une grande vulnérabilité. Il y a donc urgence, également, à rapprocher les chaînes d’approvisionnement des lieux de consommation, à développer des chaînes locales. Pour ce faire, il faut oeuvre en faveur de l’autosuffisance alimentaire en favorisant la production locale et régionale. C’est l’articulation de politiques régionales endogènes et l’essor de champions régionaux dans les industries de biens et services qui devraient soutenir l’essor économique de l’Afrique. Avec, une fois encore, le soutien entier des banques centrales.

MOURIR EN TEMPS DE PANDÉMIE PAR FELWINE SARR

https://www.seneplus.com/Certains, habitués à nous voir mourir sur le Continent, ne comprennent pas que nous n’en formions pas le plus gros contingent et continuent à nous prédire de funestes lendemains. Cette attente de notre mort massive est des plus obscènes
La mort nous le savons tous est le destin partagé des humains. Il est des morts que nous jugeons acceptables ; vieillesse, longue maladie, …. D’autres que nous estimons injustes ; jeunes personnes fauchées dans la fleur de l’âge, morts d’enfants, assassinats, victimes civiles de bombardements. En temps de guerre, même si elle n’est pas souhaitée, elle est néanmoins envisagée. Depuis la seconde guerre mondiale, l’Occident en général et l’Europe en particulier ne font presque plus l’expérience de la mort de masse. Ils en ont aussi quelque peu perdu la mémoire. Celle-ci semblait élire demeure dans le Sud du globe qui a connu ces derniers siècles son lot de génocides, de crimes de masse, d’épidémies, de guerres, de famines, de catastrophes naturelles qui ont fait des millions de morts. Le Sud durant ces derniers siècles a fait l’expérience d’une distribution inégalitaire de la mort. Celle-ci a suivi la ligne de fracture des impérialismes, des colonialismes et dominations, des inégalités, de la pauvreté infligée, de l’incurie des gouvernements, ….
Avec cette pandémie, l’Europe et l’Amérique font à nouveau l’expérience de la mort de masse. Ils en payent le plus lourd tribut. Nul ne s’en réjouit, cette mortalité est celle des humains nos semblables et rappelle notre condition commune. La mort de masse semble cependant devenue démocratique, égalitaire. Nous y sommes tous potentiellement soumis. Même si elle frappe majoritairement les plus âgés d’entre nous, la pandémie introduit une démocratie de la létalité. Certains, habitués à nous voir mourir sur le Continent, ne comprennent pas que nous n’en formions pas le plus gros contingent et continuent à nous prédire de funestes lendemains. Cette attente de notre mort massive est des plus obscènes. Long est encore le chemin pour faire monde commun et partager le sentiment d’une commune humanité.
La catastrophe, quand elle est qualifiée de naturelle induit une plus grande acceptation de la mort. Les causes sont imputées à dame nature qui fait ce qu’elle veut. On ne se révolte pas devant une mort causée par un virus ; et pourtant cette pandémie est bien le résultat d’une catastrophe culturelle. Un capitalocene qui a outrageusement déforesté la nature, détruit la biodiversité, réduit l’habitat des espèces animales et permit des zoonoses. Une lecture politique de cette mortalité liée au virus est nécessaire ; l’une de ses causes étant le dérèglement du biotope résultant de l’action des humains, sans que nous puissions en être rendu également responsables. L’humain-occidental-capitaliste et désormais asiatique, en porte la plus grande part de responsabilité. La question pour nous est comment l’amener à en tirer toutes les conséquences éthiques et biopolitiques.
La mort est cette visiteuse dont on ne sait quand est-ce qu’elle frappera à notre porte, où elle nous trouvera, ni qu’elle forme elle prendra. Cette ignorance rend la vie quotidienne moins angoissée. Cette mort sérielle nous prive du caractère singulier de la fin de vie. Nous nous ne mourrons plus de notre propre mort, mais d’une mort grégaire et désappropriée. Là où elle a souvent rodé, les individus développent un sens aigu du tragique. Ils l’apprivoisent, cohabitent avec elle, apprennent à accepter son inéluctabilité. Et puisque vivre consiste de toute manière à cheminer vers elle, ils se la réapproprient, côtoient son insondable mystère et en font sens. La mort, un miroir dans lequel se reflète le sens entier de la vie. Certains choisiront de vivre plus intensément, quitte à mourir par excès de vie et de convivialité. C’est leur ultime liberté et il n’est point question que la peur de la mort les en prive.
Le virus mourra. Il est moins sûr que les mauvaises habitudes de ce monde-ci ; ses inégalités, son avidité et sa démesure, meurent avec. Et pourtant, c’est elles que nous devons combattre. Si même la mort qui est une expérience intime, individuelle, et qui par ces temps est devenue sérielle, n’est plus porteuse de sens pour les vivants, d’où celui-ci viendra-t-il désormais ?
Sagesse ancienne, nous mourrons comme nous avons vécu. Chez les anciens apprendre à mourir était un art de vivre. Méditer les raisons de cette mort de masse que nous nous sommes infligés, pourrait peut-être nous amener à apprendre à mieux vivre.Ce texte a été également publié dans la Suddeutsche Zeitung, un des trois plus grands quotidiens allemands.

L’Afrique et le Covid-19: le virus, le droit et…l’intégration africaine Par Pr Abdoulaye SAKHO*

https://ouestaf.com/La bataille contre le Covid-19 en Afrique bat son plein. Parmi les mesures phares prises un peu partout sur le continent, figurent la limitation des mouvements de personnes. Le principe de la « libre » circulation des personnes et des biens, devient du coût une victime collatérale du Covid-19. Aussi bien à l’intérieur des frontières d’un pays qu’entre deux pays différents. Quel impact ces mesures peuvent-elles avoir sur les efforts d’intégration en cours en Afrique ? C’est le débat que le Pr Abdoulaye Sakho soulève dans ce texte 6 de la série sur l’Afrique et le Covid-19 que vous propose Ouestaf News.
L’important mouvement de coopération et d’intégration économique qui caractérise le monde contemporain et qui se fonde sur le regroupement des Etats selon une base sous régionale, régionale voire même continentale, est en train de connaître des fissures importantes du fait du Covid-19. L’ambition d’effacer les frontières et de consacrer la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes a subi un véritable coup d’arrêt. En particulier, les hommes ne peuvent plus bouger dans leur propre ville a fortiori d’un pays à un autre ou d’un continent à un autre.
Se recroqueviller sur soi, penser d’abord à soi devient l’attitude la mieux partagée dans le concert des nations. Ce n’est peut-être pas le sauve qui peut, mais l’égoïsme a repris du poil de la bête face aux sentiments de partage de l’espace commun que constitue la zone d’intégration.
En Afrique, des réponses juridiques aux exigences de l’intégration avait été donnée depuis bien longtemps. Des entités ont été créées et on s’est organisé pour avoir le maximum de règles juridiques communes. On espérait qu’avec ces règles communes, l’intégration irait plus vite et serait plus effective.
En effet, c’est sur le droit que nous comptons pour structurer et impulser les nouveaux rapports sociaux susceptibles d’assurer l’intégration économique d’où l’apparition de cette nouvelle discipline enseignée dans les Facultés de droit : le droit économique. Et de ce point de vue, le droit est, d’abord et avant tout, une kyrielle de normes de comportement et de conduite qui peut aider à l’application de la décision économique ou créer les conditions d’un nouveau comportement économique.
Le Covid-19 nous montre les limites du système d’intégration reposant sur le droit et nous incite, nous les juristes, à beaucoup plus d’humilité.
Oui, quelle que soit notre maitrise de la science juridique, ce virus nous donne encore à voir que le droit impose moins rapidement sa domination que ne le font les faits économiques et sociaux. C’est un peu cela l’impertinence du virus face à l’homme.
Pour les besoins de l’intégration, les Etats procèdent à des abandons de souveraineté et délèguent à une autorité supranationale les prérogatives notamment de création de la norme. Les textes sont adoptés après un processus souvent très long, processus duquel les parlements nationaux sont exclus. Au résultat, les lieux de la décision législative sont transférés hors des Etats avec l’objectif d’harmoniser le droit interne de tous les Etats parties par un texte uniforme.
Technique très avantageuse : élimination entre les Etats des distorsions de concurrence résultant de la disparité des systèmes juridiques ; élimination des conflits de lois dans les relations des pays membres ; meilleure visibilité et lisibilité du droit pour l’investisseur.
Mais technique insuffisante. En effet, en période de crise, lorsqu’il faudra agir dans l’urgence, ce procédé étale d’extraordinaires limites. Dès lors qu’il est impossible pour les hommes de se rencontrer, le droit de l’intégration étale ses carences, car il a été conçu pour régir des rapports normaux dans un monde normal avec la liberté de tout un chacun d’aller et de venir. Cette liberté étant très fortement réduite par le Covid-19, tout le droit s’en trouve négativement impacté.
Moindre mal pour les Etats dont les chartes fondamentales prévoient souvent la gestion juridique des périodes troubles par le biais des lois d’habilitation permettant à l’Exécutif d’avoir les compétences du Parlement pour un temps déterminé. Mais difficultés énormes pour les structures d’intégration car rien n’est prévue en ce sens.
La libre circulation des hommes est impossible, les opérations juridiques exigeant le présentiel des acteurs devient impossible, aucune procédure d’urgence de révision ou de modification des textes de droit économique n’est prévu. Bref, c’est le désert.
Eh bien, ce désert, quelle que soit son aridité et son hostilité, on doit le traverser pour retrouver une vie plus accueillante. En ce sens, ma suggestion est d’autoriser de manière exceptionnelle et temporaire, les législateurs des pays en cause à prendre des mesures pour permettre le fonctionnement de l’économie. Un texte exceptionnel du Président en exercice de l’organisation d’intégration en direction des « jurislateurs » des différents Etats devrait faire l’affaire ! Mais faisons vite pour nous épargner de douloureux contentieux post Covid-19.*Pr Abdoulaye Sakho, est un agrégé des facultés de droit et directeur du Pôle Droit du Consortium pour la Recherche Economique et sociale (CRES)

BAD: le rapport du comité d’éthique disculpe Adesina (exclusif)

https://www.financialafrik.com/Le très attendu rapport du comité d’éthique est tombé ce 5 mai 2020. Adressé au conseil des gouverneurs en réponse à la plainte des lanceurs d’alerte qui avaient dénoncé une série d’irrégularités, notamment dans les recrutements et la passation des marchés publics, le rapport a été transmis à Nialé Kaba, présidente du bureau des gouverneurs de la BAD.
L’enquête diligentée par le comité d’éthique présidé par le Japonais Yano Takuji disculpe le président Akinwumi Adesina de “toutes les allégations portées à son encontre”, lit-on dans la correspondance adressée aux gouverneurs.
En clair, madame Nialé invite ses pairs à endosser les conclusions du rapport en déclarant que le président est entièrement exonéré de toutes les allégations à son encontre.
Reste à savoir si l’appel de madame Nialé, représentante d’un des 7 pays qui parrainent la candidature de monsieur Adesina pour un second mandat, suffira à rétablir la sérénité dans la maison. Certains des membres non régionaux emmenés par les USA réclament la mise en place d’une commission indépendante. Affaire à suivre. Adama WADE

AVICULTURE: DES PERTES ESTIMÉES À 10 MILLIARDS FCFA

http://www.emedia.sn/–1 million 200 mille poulets de chair sont en souffrance au niveau des fermes agricoles, selon les estimations de Amadou Moctar Mbodj, le président de l’Interprofession avicole du Sénégal. Un autre secteur étouffé par la pandémie à Covid-19. La mévente a causé 10 milliards F CFA de pertes.
C’est ainsi que Samba Ndiobène KA, le ministre de l’Élevage et des Productions animales, a pris des mesures pour que ces productions soient écoulées. Mamadou Ousseynou Sakho, le Secrétaire général dudit ministère explique à Radio Sénégal qu’il s’agit de voir comment faire pour écouler les productions. C’est ainsi précise-t-il que dans l’enveloppe globale destinée à l’alimentation du bétail, 200 millions F CFA sont réservés aux éleveurs « les plus vulnérables » pour les aider à reprendre.
Des difficultés engendrées par la mévente qui sévit dans le secteur. Car explique Mbodj : « L’état d’urgence a été instauré au moment où ils préparaient le ’’Kaju rajab’’, l’appel des Layènes, et d’autres grands événements qui leur permettaient d’écouler leurs productions. Ce qui fait qu’ils n’ont pas vendu leurs poulets. » Les poulaillers encore pleins, par ricochet, les couveuses n’ont pas pu vendre leurs poussins, ajoute-t-il : « C’est toute une chaîne.
Aujourd’hui, nous avons estimé que les pertes dans les trois mois à près de 10 milliards. Il faut dire que plus d’un million de poussins ont été étouffés. Et les producteurs vendent à perte. Jusqu’à présent, il y a un stock important de poulets au niveau des fermes agricoles. »

LE CASSE TÊTE DE L’INFORMEL

80% des acteurs du secteur sont dans l’informel. Ce qui constitue un véritable frein au soutien de la tutelle. D’où le challenge de la formalisation dans l’après-Covid. « C’est une des leçons que nous devons tirer de cette pandémie. L’après Covid-19, on va essayer de travailler avec ces acteurs-là pour qu’ils puissent se formaliser », confie le collaborateur du ministre.
En attendant, c’est la galère pour les petits exploitants par exemple ceux qui ont les poulaillers dans leur terrasse ou au coin de leur maisonnée. De 3 mille F CFA, le prix est passé à 2 mille F CFA. Un manque à gagner pour eux. Certains se sont rabattus dans la vente des œufs, qui est plus rentable, en attendant des lendemains meilleurs.
Pour l’heure, Mbodj se réjouit de l’obtention d’autorisations spéciales de circuler pour les siens, ainsi que de l’accompagnement des ministres de l’Élevage, et du Commerce, et du Bureau opérationnel de suivi (BOSSE) du Plan Sénégal émergent (PSE). Mais, en termes de soutien, ils attendent « la mise en place d’un fonds d’achat de poulets de chair au niveau des fermes, et d’un fonds de soutien aux acteurs impactés par la pandémie. Et d’un fonds de relance de la filière parce qu’elle est presque par terre ». Dié BA

Impact Covid-19: En 3 mois, Air Sénégal a perdu 20 milliards Fcfa

dakarmatin via Seneweb-C’est le ministre du Tourisme et des Transports aériens, Alioune Sarr, qui a fait la révélation : Du fait de la fermeture des voies aériennes pour cause de coronavirus, la compagnie Air Sénégal a subi un manque à gagner de quelque 20 milliards francs CFA, en moins de trois mois.
«Air Sénégal a perdu 20 milliards de chiffre d’affaires en 3 mois. Une société comme l’AS a perdu 6 milliards, car ils n’ont presque plus de recettes. Actuellement, l’Aibd a perdu 1,3 millions de passagers. Et c’est pourquoi nous sommes en guerre pour accompagner les entreprises pour traverser la crise dans de bonnes conditions car le transport aérien peut avoir un impact sur tous les autres secteurs», a-t-il déclaré, lors d’une réunion par vidéoconférence tenue, ce mardi, avec tous les acteurs de la plateforme aéroportuaire de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) et des sites décentralisés pour échanger sur le plan de résilience du secteur des transports aériens.
Pour endiguer la propagation du Covid-19, le Sénégal, à l’instar de plusieurs autres pays du monde, a fermé ses frontières en mars dernier

LA VIABILITÉ DES PARCS INDUSTRIELS MENACÉE (MINISTRE)

Mbour, 5 mai (APS) – La viabilité des parcs industriels et des agropoles est menacée par la pandémie du coronavirus, a relevé mardi le ministre du développement industriel et des petites et moyennes industries (PMI), Moustapha Diop.
’’Aujourd’hui, la viabilité des parcs industriels et des agropoles est menacée par la pandémie du coronavirus en ce sens que les entreprises traversent des difficultés énormes qui se traduisent par un ralentissement voire un arrêt des activités’’, a-t-il notamment affirmé.
Le ministre s’exprimait lors d’une visite à la Zone économique spéciale intégrée (ZESI) de Sandiara et à l’agropole de Bakombel (Mbour, ouest).
Selon lui, cette crise sanitaire a aussi occasionné une diminution des exportations ainsi que de réels problèmes d’approvisionnement en matière première et de réelles difficultés financières, entrainant des pertes d’emplois pour les jeunes et les femmes.
Diop a salué ’’la vision’’ du maire de Sandiara, Dr Serigne Guèye Diop, qui ’’a eu l’heureuse incitative de créer un parc industriel et une douzaine d’agropoles qui, en termes de développement économique et social, sont très importants’’.
La ZESI de Sandiara, d’une superficie de 100 ha, abrite présentement six industries déjà en activités, et 32 entreprises réservataires qui ont permis la création de 300 emplois directs, compte non tenu des agropoles qui emploient plus de 800 personnes.
Moustapha Diop a lancé un appel solennel à l’ensemble des maires du Sénégal à ’’s’inspirer de ce beau modèle de développement économique’’ que son département ’’est prêt à accompagner pour créer leurs propres parcs industriels’’.
Estimant que les parcs industriels constituent la ‘’voie salutaire’’, M. Diop est d’avis que le développement local doit d’abord reposer sur une ‘’activité économique viable et durable’’.
Il s’est dit prêt à aider les différentes entreprises pour qu’elles puissent bénéficier des différentes mesures d’appui du plan de résilience économique et sociale mis en place par le président de la République face à la pandémie du COVID-19.
Le ministre a profité de sa visite pour remettre au maire de Sandiara, un lot de masques de protection individuelle pour les personnels des entreprises implantées dans la ZESI.
Pour sa part, le maire de Sandiara, par ailleurs ministre-conseiller chargé de l’agriculture et de l’industrie, Dr Serigne Guèye Diop, a signalé qu’en créant ce parc industriel dans sa commune où l’agriculture et l’élevage constituent 90% des activités, il s’’est inspiré du Plan Sénégal émergent (PSE) qui, en son axe 1, fait référence à la restructuration de l’économie.
’’Nous avons voulu mettre l’accent sur ce pilier du PSE en restructurant d’abord l’agriculture, avec les agropoles, passant d’une tonne à l’hectare à trente tonnes à l’hectare’’, a fait savoir Dr Diop, selon qui, l’industrie aussi permet d’augmenter la productivité.
A l’en croire, les six usines en activité constituent un investissement de 42 milliards de francs CFA.
’’Nous comptons avoir mille emplois d’ici la fin de l’année, parce que nous sommes à 800 emplois directs. Dans un an, avec l’agropole intercommunal, nous serons à 3000 emplois’’, a promis l’élu local qui compte sur l’Etat pour l’aménagement de la ZESI de sa commune avec des routes, de l’énergie, ainsi qu’une assistance technique.
Il dit attendre du gouvernement une évaluation des mesures urgentes, des dépenses imminentes qui ne peuvent

 Financement de l’UEMOA: Proposition Post-COVID Par Dr.Abdourahmane Sarr,Président CEFDEL

Là où l’Europe, par la solidarité, peut créer un mécanisme de stabilité en faisant lever des fonds par une entité garantie aux titres refinançables par la BCE, nous pouvons faire jouer le même rôle à la BCEAO sans la garantie des états si elle a la maîtrise de son bilan”
Le Sénégal a lancé le débat sur la dette africaine, et par la voix de son Ministre des Finances, a soutenu que cette annulation permettrait de mobiliser des ressources nouvelles pour financer une reprise intéressante pour l’Afrique et ses partenaires. Il s’agirait donc de la reconstituer et rapidement en levant notre contrainte de critère de convergence sur le déficit budgétaire. Le Bénin, par la voix de son Ministre des Finances, a lui exprimé une préférence pour des financements nouveaux plutôt que l’annulation ou le moratoire d’une dette jugée soutenable, invoquant des difficultés futures de mobilisation de ressources du marché qui en découleraient. Tidjane Thiam, figure emblématique d’une Afrique compétente et écoutée de la finance internationale, signataire d’une tribune en faveur du moratoire, voit en ce moratoire une solution immédiate et temporaire de libération de liquidités sans ressources nouvelles.
Pour notre part, nous nous sommes exprimés contre l’annulation de notre dette et pour une autonomie monétaire afin de faciliter le refinancement de cette dette en monnaie nationale principalement, avec la souscription de non-résidents (voir Annulation de Dettes Non, Souveraineté Monétaire Oui). En effet, dans la gestion d’une dette souveraine, l’accès aux marchés pour le refinancement d’un niveau de dette soutenable est plus important que la capacité de remboursement avec des recettes effectives. Il est donc important d’être perçu par les marchés comme un souverain solvable qui respecte ses engagements. Nous soutiendrions une annulation de dette pour le Sénégal, si le Président Macky SALL s’engageait à ne pas la reconstituer principalement en devises bien que finançable de l’extérieur.
Cela dit, ce débat public est sain comme le soulignait Kako Nubukpo dans une récente contribution, puisque pour notre part, le dénominateur commun de ce débat est que l’Afrique a besoin de ressources extérieures complémentaires pour son développement. Comment mobiliser ces ressources tout en nous affranchissant du joug de nos « partenaires au développement » ? Nous avons également noté que Tidjane Thiam en des circonstances différentes de temps et de lieux a exprimé les points de vue suivants : i) « il faut du capital supplémentaire qui entre en Afrique pour la croissance » (ii) « c’est une folie que de financer les infrastructures avec des eurobonds » (iii) « l’Afrique doit utiliser son épargne pour financer ses infrastructures ».
Comment réconcilier ces trois positions ? Clairement, l’insuffisance de l’épargne intérieure ou une utilisation optimale de nos revenus pour la consommation intérieure plutôt que l’investissement, nécessite un complément d’épargne extérieure n’ayant pas meilleurs usages (dettes ou fonds propres). Cette épargne extérieure peut être mise à disposition sous forme d’engagements en devises ou en monnaie nationale. Nous supposons donc que le problème que Tidjane Thiam a eu avec les eurobonds est qu’ils sont une dette en devises.
Si tel est le cas, nous partageons avec lui une préférence pour l’endettement en monnaie nationale afin de réduire le risque de change du portefeuille de dette extérieure de nos états. Il se trouve néanmoins que la raison principale pour laquelle nos états, Côte d’Ivoire et Sénégal, avaient émis des eurobonds dans des montants qui ont alerté Tidjane Thiam en 2018 n’était pas seulement liée au financement d’infrastructures (voir notre contribution « Eurobonds : le Sénégal et la Côte d’Ivoire au Secours de la BCEAO et des Banques»). Il s’agissait beaucoup plus d’une gestion macroéconomique, car notre banque centrale avait besoin de renflouer ses réserves de change après avoir excessivement financé nos états en monnaie nationale par le bais du refinancement de titres détenus par les banques. Cette thèse a été confirmée par le FMI. Une réduction relative de son volume de refinancement en conséquence avait créé une tension de liquidité dans le secteur bancaire et le marché des titres, générant un effet d’éviction du secteur privé.
Au vu de cette expérience, comment lever des fonds sur les marchés internationaux pour renflouer nos réserves de change et soutenir la liquidité bancaire sans contraindre nos états à s’endetter en devises ? Nous avons proposé que la BCEAO puisse émettre des titres sur le marché international sans la garantie des états sur la base de la solidité de son propre bilan dans la mesure où ses statuts le lui permettent. Elle pourrait ainsi lever jusqu’à 16 milliards de dollars, soit l’équivalent de ses réserves de change. Les fonds levés représenteraient des réserves de change portant leur niveau à 32 milliards de dollars immédiatement disponibles, alors que l’engagement extérieur de 16 milliards pourrait être sur une période relativement longue (5 ans) et renouvelable.
Ainsi, une BCEAO à la gouvernance réformée aurait une capacité renforcée d’intervention, et donc de refinancement de crédits en soutien à la croissance mais sous le leadership du secteur privé. Les non-économistes ne comprennent souvent pas comment il se fait qu’on ne puisse pas utiliser nos réserves de change pour des investissements alors qu’elles sont disponibles. Les économistes leur répondent toujours que la contrepartie circule déjà dans l’économie, et qu’il n’était pas possible de la réinjecter une deuxième fois. C’est vrai. Mais une façon de s’assurer que cette épargne extérieure est utilisée dans notre économie, est de permettre à la banque centrale d’emprunter son équivalent plutôt que d’attendre qu’on nous la prête par le biais d’eurobonds émis par nos états à des banques internationales.
Si le financement graduel de l’économie que ces réserves permettraient ne réduit pas significativement le niveau de nos avoirs extérieurs nets, l’opération ne se solderait pas nécessairement en une dette nette ingérable par la BCEAO. Une autonomie d’objectif donnée à la BCEAO sur le taux de change tout en préservant sa mission première de stabilité des prix faciliterait cette gestion. Le refinancement par la banque centrale, à sa guise, de projets en soutient à l’exportation, à la substitution efficiente d’importations, et à la croissance serait ainsi bénéfique pour notre économie. Titrisés, des actifs de certains projets bien structurés pourraient même être vendus à l’international avec la participation de la BOAD. Nous voyons là que notre destin n’est pas entre les mains de nos partenaires au développement, bilatéraux ou multilatéraux, si nous décidons de prendre la responsabilité de gérer nos finances.
Là où l’Europe, par la solidarité, peut créer un mécanisme de stabilité en faisant lever des fonds par une entité garantie aux titres refinançables par la BCE, nous pouvons faire jouer le même rôle à la BCEAO sans la garantie des états si elle a la maîtrise de son bilan. Elle est notre meilleure institution et devrait pouvoir jouer un rôle réellement supranational auprès de nos états dans un monde post-Covid submergé de liquidités. Ce que nous disons a été mis en œuvre par la Tunisie au début des années 2000. La Banque Centrale de Tunisie avait alors un programme d’émission de titres à moyen terme sur les marchés européens, japonais, et américains d’une valeur de 2 milliards de dollars qui équivalait au niveau de ses réserves de change de l’époque. Le prospectus indiquait que les fonds étaient destinés à renflouer ses réserves de change et à financer l’état Tunisien sans sa garantie.
Si nous faisions la même chose, n’utiliserions-nous pas l’épargne nationale pour financer le secteur privé et des projets d’infrastructures rentables allant dans le sens de l’interpellation de Tidiane Thiam ? Crédit Suisse faisait partie des banques participantes. Cela nous semble préférable que d’emprunter la même épargne à travers le trésor d’un état tiers comme nous l’avons fait depuis 1960 pour remettre les fonds à nos états défaillants qui ont voulu conduire le développement à la place du secteur privé national. Annuler la dette pour la reconstituer de cette manière n’est pas souhaitable. Nos états pourrons davantage se concentrer à développer le marché financier régional avec l’apport de non-résidents en monnaie nationale.
Alors, respectons les critères de convergence après le rattrapage contracyclique de la crise, renforçons notre banque centrale indépendante, et donnons-lui le mandat d’accompagner le développement sous le leadership du secteur privé et l’appui des états sur des choix consensuels avec l’exutoire du taux de change. Nos états se concentreraient davantage sur les services publics qui nous sont communs (santé, éducation, infrastructure de base, sécurité) dont la qualité dépendra d’une vraie politique de décentralisation. L’inclusion financière de nos populations et de nos collectivités locales leur permettra de participer à l’avènement de collectivités locales fortes soutenues par des petites et moyennes entreprises nationales résilientes.
De ce dernier point de vue, nous réitérons que l’Afrique devra capitaliser sur sa démographie en reconstruction et son urbanisation croissante qui ne seront plus des handicaps mais des atouts. Ces deux facteurs conjugués à la digitalisation des échanges permettront aux populations des zones urbaines de mobiliser l’épargne en monnaie nationale correspondant aux dépôts stables de leurs portefeuilles électroniques pour leur transformation en financements à moyen terme. Elles auront ainsi également une option sur le refinancement de la banque centrale, et donc sur les réserves de change, et pourront disposer de fonds propres pour leurs projets sans passer par le crédit bancaire. En effet, nos banques peinent à transformer nos dépôts à vue stables en des financements à moyen et long termes au profit de nos entreprises. Librement

Fitch Ratings abaisse la note et les perspectives à long terme de la filiale au Sénégal de UBA

Agence Ecofin) – Fitch Ratings a dégradé la note d’émetteur à long terme de la filiale au Sénégal d’United Bank for Africa (UBA), la faisant passer de « B » à « B- ». L’agence de notation a aussi abaissé les perspectives à long terme de cette banque à « négatives ».
Deux situations expliquent cette perception chez Fitch Ratings. Il y a déjà que cette décision a été prise en droite ligne avec la baisse de la note du groupe bancaire basé à Lagos, au Nigeria.
Dans ces conditions, il sera difficile pour UBA d’apporter un solide appui à sa filiale sénégalaise en cas de difficultés, or des problèmes pourraient survenir pour l’ensemble du secteur bancaire sénégalais. Pour ce qui est de UBA Sénégal, elle a entamé la période de confinement avec des niveaux importants de prêts en souffrance dans le secteur public, des concentrations élevées d’emprunteurs et des réserves limitées de fonds propres.
La banque a décidé de ne pas distribuer le bénéfice de son exercice 2019, mais il est difficile de savoir si l’ensemble de ses fonds propres suffira au cas où les chocs économiques liés au covid-19 s’aggravent.
La croissance du produit intérieur brut sera moins vigoureuse que prévu au Sénégal ; ce qui laisse penser que le gouvernement aura du mal à mobiliser des ressources, donc à rembourser la dette publique. Dans le même temps, le président Macky Sall a sollicité des banques la suspension des frais bancaires qui génèrent pourtant 20% des revenus de UBA Sénégal.
La viabilité à moyen terme de la banque reste toutefois solide, si les défis économiques du coronavirus sur le Sénégal ne vont pas au-delà de 2021. De l’avis de Fitch, « le profil financier de la banque, et donc la qualité de sa viabilité pourrait tolérer une courte période de ralentissement de la croissance économique en 2020 si elle est suivie d’une stabilisation en 2021 », peut-on lire dans la note d’analyse.Idriss Linge

Reprise des vols Air France vers Dakar: Le veto d’Alioune Sarr

https://www.rewmi.com/-Le ministre des Transports aériens Alioune Sarr s’est prononcé sur l’ouverture des frontières aériennes à la suite du communiqué de la compagnie Air France annonçant le début de ses vols vers Dakar.
Le ministre a laissé entendre que les décisions que le gouvernement du Sénégal prend sur le transport aérien sont adossées aux recommandations des experts en santé publique qui justement avaient recommandé de rompre la chaîne de transmission entre le Sénégal  et les pays qui étaient  des  foyers de la transmission de la pandémie.
Aliou Sarr a également indiqué que les frontières sont fermées jusqu’au 31 mai, et naturellement, dit-il, le comité évaluera et le chef de l’Etat et le gouvernement prendront une décision . « Mais pour le moment, l’ouverture des frontières  n’est pas à l’ordre du jour. Actuellement, il n’y a pas de vol autorisé à part quelques vols spécifiques. C’est-à-dire des gouvernements qui demandent le rapatriement de leur concitoyens. Mais les vols commerciaux sont éliminés.»

Covid-19 de ce mercredi 06 Mai 2020: 104 nouveaux cas positifs, 23 patients guéris et 6 cas graves

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale fait le point sur la situation de l’épidémie de Covid-19 au Sénégal ce mercredi 06 Mai 2020…
1 182 Personnes Testées
104 Cas Positifs
00 Cas Importé
100 Cas Contacts Suivis
04 Cas Communautaires (1 à Pikine, 1 Ben Tally, 1 à Sedhiou, 1 à Velingara)
23 Patients Gueris
06 Cas Graves
01 Décès
A Ce Jour, Le Sénégal Est À 1 433 Cas Dont 493 Guéris, 12 Décès, 1 Évacué et 927 Sous Traitement….

DÉCÈS D’UN PATIENT ÂGÉ DE 37 ANS

http://www.emedia.sn/La liste macabre s’allonge. Le coronavirus vient de faire une 12e victime au Sénégal, avec le décès, dans la nuit du mardi 05 au mercredi 06 mai 2020, d’un patient de sexe masculin, âgé de 37 ans, soit, de loin, la plus jeune des victimes.
Selon le communiqué du ministère de la Santé et de l’Action sociale, le défunt habitait le quartier de Rebeuss (Dakar). Il est décédé le mardi 05 mai 2020 à 23h55 à l’hôpital Principal de Dakar.
Il s’agit également du troisième cas de décès enregistré en moins de 48 heures. Les 10e et 11e décès ont eu lieu dans la nuit du lundi au mardi. Plus inquiétant encore, l’âge de la victime. Si les décès précédents concernaient généralement des patients âgés de plus de 60 ans (10 sur 11, et le dernier âgé de 58 ans) , celui-ci n’avait que 37 ans.

 ÂGÉ DE 86 ANS, LE PREMIER PATIENT DE TASSETTE EST GUÉRI

http://www.emedia.sn/La sérénité est revenue dans le village de Paris-Dièye, dans la commune de Tassète. Dans ce village, un vieux de 86 ans avait été testé positif au coronavirus après son retour de Touba. Mais l’octogénaire est finalement guéri et est sorti de l’hôpital.
« Nous rendons grâce à Dieu. Le vieux a été libéré. Il est rentré chez lui », s’est réjoui, au micro d’Iradio, le Vice-président du comité de santé de Tassette, Assane Seck.
Parmi les personnes avec qui le vieux était en contact, quatre (4) ont été aussi libérées. « Il y a aussi vingt-cinq (25) personnes contactes qui sont suivies par les services de santé. Leurs premiers tests sont négatifs, mais elles doivent subir un second test. Mais nous avons bon espoir qu’elles seront libérées », estime Assane Seck.
Jusque-là, le sentiment le mieux partagé sur le coronavirus est que, cette maladie ne pardonne pas les personnes âgées. En effet, dix des onze décès liés au coronavirus enregistrés au Sénégal concernent des personnes de plus de 60 ans. Le moins âgé est décédé hier, à l’âge de 58 ans. C’est pourquoi, la guérison de ce patient octogénaire de Tassette est vue comme un miracle par ses proches.

Dr Yéri CAMARA, Médecin-Chef De Sédhiou: «La 1ère Vague A Rempli L’hôpital De Sédhiou, La 2eme Les Hôpitaux De Kolda Et De Ziguinchor»

http://www.walf-groupe.com/Avec une cinquantaine de cas positifs au Coronavirus, la région de Sédhiou étouffe. Sans centre de traitement digne de ce nom, c’est le désarroi pour le personnel soignant qui ne sait plus sur quel lit mettre les malades.
Interpellé sur la question par WalfQuotidien, Dr Yéri CAMARA relativise. Selon lui, la solution est dans le transfèrement des malades dans d’autres localités.
«C’est faux de dire que les patients sont ensemble avec des cas suspects dont les tests virologiques sont revenus négatifs. La personne qui a fait entrer la maladie dans le département a été internée à l’hôpital de Kolda. Les 25 premiers malades ont été hospitalisés à Sédhiou. Nous avons 12 malades qui sont à l’hôpital de Ziguinchor. Les 11 qui restent, seront acheminés à Kaolack. On ne laissera aucun malade dans cette localité. Les évacuations ne se font pas du tic au tac. On doit appeler pour régler certaines questions. Cet état de fait est transitoire. Les malades sont en train de préparer leurs bagages (sic). On doit les acheminer vers les lieux d’hospitalisation. Cela demande une régulation par le SAMU national afin qu’on prépare le site d’accueil. Ils ne vont pas passer la nuit à Manconomba », indique médecin-chef de Sédhiou. Selon lui, « la première vague a rempli l’hôpital de Sédhiou. La deuxième qui a rempli les hôpitaux de Kolda et de Ziguinchor. Les 11 restants doivent partir incessamment à Kaolack ».
Pour le Dr Yéri CAMARA, malgré les difficultés, le personnel soignant fait de son mieux.  « Lorsque le test d’une personne suspecte revient positif, on l’oblige à porter un masque. Ce n’est pas le moment de polémiquer. Le personnel soignant fait de son mieux pour trouver des places aux malades. Il ne faut pas s’attarder sur des détails pour démoraliser les équipes qui font de leur maximum pour dépister le plus grand nombre possible. Il faut insister sur ces éléments pour encourager les équipes», indique-t-il.

Pharmacopée traditionnelle et Covid-19: l’OMS préconise des tests rigoureux

Par Le Point Afrique (avec AFP Pour l’OMS, les Africains méritent d’utiliser des médicaments testés selon les mêmes normes que celles pour les médicaments des populations du reste du monde.
Le bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique a préconisé lundi que de nouvelles thérapies à base de pharmacopée traditionnelle contre le Covid-19 subissent des tests rigoureux avant leurs essais à grande échelle comme à Madagascar. « Les Africains méritent d’utiliser des médicaments testés selon les normes qui s’appliquent aux médicaments fabriqués pour les populations du reste du monde », a écrit l’organisation (OMS-Afro) dans un communiqué publié sur son site Internet.

L’artemisia en question

« Des plantes médicinales telles que l’artemisia annua sont considérées comme des traitements possibles du Covid-19, mais des essais devraient être réalisés pour évaluer leur efficacité et déterminer leurs effets indésirables », a souligné l’organisation. Madagascar a mis au point un traitement curatif contre le Covid-19 à base d’artemisia, qui est actuellement vanté à travers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du centre, malgré les réticences de l’OMS. Le Congo, qui abrite le siège de l’OMS-Afro, vient d’en commander un échantillon qui sera présenté mardi au public, selon la présidence de la République. « Même lorsque des traitements sont issus de la pratique traditionnelle et de la nature, il est primordial d’établir leur efficacité et leur innocuité grâce à des essais cliniques rigoureux », a martelé l’organisation onusienne, qui ajoute que l’OMS « reconnaît que la médecine traditionnelle, complémentaire et alternative recèle de nombreux bienfaits » et que l’Afrique a une longue histoire de médecine traditionnelle et de tradipraticiens de santé qui jouent un rôle important dans les soins aux populations. Avec moins de 2 000 décès, l’Afrique reste peu touchée par la pandémie de Covid-19, qui a déjà tué près de 250 000 personnes à travers le monde.

Samu municipal: Les agents de santé refusent le paiement partiel de leur salaire

http://www.dakarmatin.com/Au Samu municipal de Dakar, les agents de santé sont en colère. Ce mardi 5 mai, ils ont porté des brassards rouges pour manifester leur amertume, selon Zik Fm qui rapporte l’information. Et pour cause, ils n’ont perçu qu’une partie de leur salaire de ce mois de mai, alors qu’ils travaillent 24h/24.
Une situation qu’ils ont dénoncée avec la dernière énergie. Au nombre de 150, ces agents de santé exigent le paiement intégral de leur argent. Il demande a être intégrés dans le fond Force Covid-19, afin d’y être pris en charge.

Baisse des recettes

Interpellé par la radio, le médecin chef du Samu municipale de Dakar, Dr Seydi Massar Guèye, a soutenu que cette décision de la direction de l’hôpital à ne payer qu’une partie des salaires s’explique par la baisse des recettes de l’hôpital engendrée par la faible fréquentation de la structure.
A l’en croire, la situation financière de la structure sanitaire a fait les frais de la crise sanitaire liée au Covid-19, avec une baisse du taux de fréquentation et des recettes.
Face à cette situation, le médecin chef a lancé un appel à la mairie de Grand-Yoff et au ministère de la Santé. Car, pour lui, l’heure est grave au niveau de son hôpital

INTERDICTION DE RAPATRIEMENT DES DÉPOUILLES: LA DIASPORA SÉNÉGALAISE SAISIT LA COUR SUPRÊME

http://www.emedia.sn/-Des avocats ont saisi, ce mardi, 5 mai, la Cour suprême. Une procédure déclenchée sur demande du collectif pour le rapatriement des Sénégalais décédés du coronavirus à l’étranger. Les membres de ce collectif, présents dans plus de 30 pays, s’activent pour la levée de la mesure prise par l’État du Sénégal, interdisant ce rapatriement pour éviter la contagion.
« Ce sont des familles des personnes décédées du Covid-19, qui ont estimé que la décision de l’État du Sénégal d’interdire le rapatriement des corps ne se justifie pas, portant atteinte à leurs droits fondamentaux », a expliqué Me Assane Dioma Ndiaye, membre du pool d’avocats, interrogé par Sud fm.
La robe noire de poursuivre : « En la matière, la Cour suprême, à travers sa loi organique, permet à tout citoyen qui estime que son droit fondamental a été violé de pouvoir la saisir afin qu’elle ordonne d’abord la cessation de cette violation mais surtout qu’elle enjoigne à cette personne morale de droit publique qui est en l’occurrence l’État, de prendre toute mesure nécessaire. En l’espèce, ces familles estiment que le droit à une sépulture éternelle est un droit fondamental. Il s’agit de respecter leurs libertés et convictions religieuses. Et si ces corps étaient enterrés à l’extérieur dans des conditions qui ne sont pas pérennes dans le cadre de constructions qui ne sont pas éternelles, cela porterait gravement atteinte à leurs droits, et les installerai dans une psychose affective éternelle, dans une instabilité psychologique. »
Et donc, tranche l’avocat : « c’est une question extrêmement importante pour ces familles. D’autant que tous les spécialistes consultés, nous disent qu’il est possible à partir d’un protocole funéraire déterminé de rapatrier ces corps au Sénégal sans que cela ne pose un dommage anormal et spécial aux populations ».
La Cour suprême dispose de 48 heures pour se prononcer. Dié BA

Violation de l’Etat d’urgence à Médina Gounass: des escadrons de la gendarmerie mobilisés pour faire respecter la loi

http://www.dakarmatin.com/Depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire doublé d’un couvre-feu nocturne, la cité religieuse de Médina-Gounass n’a jamais fermé ses mosquées. En violation flagrante du couvre-feu, les cinq prières quotidiennes mais aussi la grande prière du vendredi y sont effectuées comme si de rien n’était.
Les lieux de culte y refusent du monde alors pourtant que les rassemblements sont interdits sur toute l’tendue du territoire national ! Pas étonnant, dans ces conditions, que Médina Gounass soit l’une des localités du pays où il y a le plus de cas positifs au coronavirus, notamment communautaires.
Face à cette situation alarmante, on a constaté l’arrivée de deux escadrons de la gendarmerie prépositionnés à Tambacounda et prêts à être déployés à Médina Gounass. Pour faire enfin respecter l’ordre républicain et l’Etat d’urgence sanitaire.
Dans sa lutte contre la propagation du coronavirus, le président de la République Macky Sall a instauré l’état d’urgence doublé d’un couvre-feu sanitaire allant de 20h à 06 h du matin. Dans le cadre des mesures préventives, l’Etat a fait fermer les lieux de culte après les écoles pour éviter les rassemblements publics. Dieu sait que toutes les cités religieuses du Sénégal telles que Touba (à reculons, certes, mais quand même), Tivaouane, Yoff, Thiénaba, Pire, Médina-baye, Popenguine, famille omarienne et autres se sont pliées aux mesures de l’Etat d’urgence.
De fait, presque tous les khalifes et chefs religieux, conscients de la dangerosité de la pandémie du coronavirus, ont fermé leurs mosquées avant de demander aux fidèles musulmans de prier chez eux, imposant parfois confinement et couvre-feu. Même en cette période du Ramadan !

Une cité d’exception ! 

Malheureusement la cité religieuse de Médina-Gounass reste et demeure la seule localité du Sénégal où l’état d’urgence est bafoué, violé et outragé. Dans cette contrée d’exception territoriale, imams et religieux dirigent régulièrement les prières collectives dans l’ensemble des 55 mosquées recensées. Ce, sous la « bénédiction » du Khalife de Médina Gounass Thierno Tidiane bâ. « Sans oublier les deux grandes mosquées abritant hebdomadairement les prières du vendredi » déplore un fonctionnaire de la région. Pendant ce temps, les populations se promènent impunément au clair de lune.
Ainsi, gouverneur, préfet et sous-préfet de la région ont lamentablement atteint leurs limites dans cette cité où tout est permis ! L’Armée, la Gendarmerie et la Police n’est parlons pas ! Car nos forces de défense et de sécurité sont souvent confrontées à des populations déterminées à effectuer leurs prières quotidiennes dans les lieux de culte. Coûte que coûte. Encore, encore, les religieux et notables organisent nuitamment des conférences du ramadan. D’où la multiplication des cas de coronavirus dans cette localité où une dizaine de personnes ont été infectées. Ce qui justifie la fermeture de l’hôpital de Médina Gounass contrairement aux mosquées.
Pas plus tard que la semaine dernière, « Le Témoin » quotidien avait fustigé la violation flagrante du couvre-feu par les populations de Médina-Gounass. face à cette situation alarmante, nous avons appris tard dans la soirée d’hier l’arrivée en provenance de Dakar de deux escadrons de la gendarmerie prépositionnés à Tambacounda. Sont-ils prêts à intervenir à Gounass pour faire respecter l’état d’urgence ? Les prochaines heures nous édifieront. Le Témoin

Lutte Contre Le Coronavirus: On Tourne En Rond

http://www.walf-groupe.com/Tout se passe comme si, en haut lieu, on avait pris le parti de singer ailleurs. Etat d’urgence sanitaire, clusters, fermeture/ouverture des classes…Deux mois après le début de la pandémie au Sénégal, l’impression de tourner en rond persiste.
C’est le 24 mars dernier que l’état d’urgence est entré en vigueur. Une mesure prise en réponse à la propagation du coronavirus dont le premier cas déclaré et importé a été enregistré une vingtaine de jours plus tôt. Cet état d’urgence était assorti d’un couvre-feu de 20 heures à 6 heures du matin. Comme le veut la loi, l’état d’urgence a, 12 jours plus tard, été prorogé par l’Assemblée nationale. Cerise sur le gâteau, la représentation nationale donnera, en même temps, au président de la République, les pleins pouvoirs enveloppés dans le terme générique de «loi d’habilitation». Une sorte de licence à tout faire dans des domaines qui, en temps normal, sont hors du champ de compétence du président de la République. Dans la foulée, le chef de l’Etat signe un décret soustrayant des fourches caudines de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) certaines commandes passées par l’Etat et ayant rapport, notamment, avec la lutte contre la pandémie. C’est dans cet environnement d’exception que le gouvernement passe commande d’un marché à milliards destinés à venir en aide au secteur productif, fortement impacté. Il en est de même pour les couches dites vulnérables qui, en de pareilles circonstances marquées par des restrictions de toutes sortes, devaient bénéficier de la solidarité nationale.
Parallèlement, les rassemblements publics sont interdits, les manifestations religieuses annulées. Il s’agit donc de toute une batterie de mesures visant à mettre entre parenthèses l’essentiel des droits et libertés garantis par la Constitution, les lois et règlements. Clairement, cette mise en veilleuse visait à annihiler la vitesse de circulation du virus. Samedi dernier, le président de la République a pris le décret prorogeant l’état d’urgence et le couvre-feu jusqu’au 2 juin. Dans l’approche graduelle de la riposte, ces restrictions des libertés publiques sont classées au niveau 2. Elles s’intercalent entre les interdictions de rassemblements et le confinement. Au-delà du raisonnement empirique développé sur les plateaux expliquant le fait de ne pas aller vers le confinement par la prise en compte des réalités socio-économiques sénégalaises, aucune justification officielle n’est avancée. Aucune évaluation n’est faite dans le sens de jauger les mesures prises à l’aune des résultats obtenus. Rien n’indique une évaluation des mesures prises.
Le niveau opérationnel ne rayonne pas mieux que le décisionnel. Le ministère de la Santé et de l’Action sociale, centre névralgique de tout le système, ronronne. Chaque matin, à 10 heures, il est fait lecture de la situation des 24 heures : mêmes termes, mêmes lignes, mêmes paragraphes… A part quelques changements mineurs sur la localisation des cas communautaires, rien de nouveau sous le soleil. Ah si ! La répartition des cas guéris. Ce que le Pr Seydi a, lui-même, flétri. Le patient et ses proches étant tentés de croire que les hôpitaux qui enregistrent le plus de cas guéris sont les meilleurs dans le traitement et d’avoir tendance à tout faire pour s’y voir consultés. Ce qui, à terme, peut occasionner des embouteillages dans certaines structures et des frustrations chez ceux qui enregistrent les faibles taux.
Deux mois après le début de la pandémie, un diagnostic sans complaisance de la stratégie de riposte s’impose. Non pas pour lister les localités qui ont été servies en riz, huile et sucre. Mais, pour évaluer l’impact réel des mesures prises, des sacrifices consentis. Il s’agit donc de voir si les résultats obtenus ont été conformes aux intentions de départ.Ibrahima ANNE

Pandémie du Covid19: Caritas Sénégal interrompt sa campagne pour le Fonds d’Urgence et vole au secours des populations

http://www.lactuacho.com/-Le 07 mars 2020, les Evêques du Sénégal lançaient une campagne de mobilisation nationale en faveur du Fonds d’Urgence Sénégal.
Il s’agissait de donner à Caritas Sénégal les moyens d’agir rapidement dans des situations d’urgence et de porter assistance aux personnes les plus vulnerable, selon le communiqué reçu.
La pandémie du Covid19, qui sévit actuellement dans le monde et qui a fortement ébranlé tous les secteurs de notre société, nous oblige malheureusement à interrompre, ce lundi 04 mai 2020, cette campagne de collecte de fonds qui devait initialement mobilier surtout les communautés et structures de l’Eglise. Les mesures édictées sur les rassemblements ne l’auront pas permis.
Toutefois, Caritas Sénégal, se dit plus que jamais mobilisée et se tient au chevet des plus démunis, des personnes en situation de précarité et des personnes âgées qui sont encore plus exposées à ce virus.
Elle affiche sa determination à porter assistance aux plus fragiles et faire ainsi face à l’urgence de ceux qui n’ont pas les moyens de satisfaire leurs besoins de base dans ce contexte de crise sanitaire dont les impacts socio-économiques mettent en péril la situation de nombreuses personnes et familles entières.
C’est ainsi que le montant collecté dans le cadre de la première mobilisation nationale pour le Fonds d’urgence Sénégal qui s’élève à dix millions trois cents vingt sept mille cinq cents francs (10.327.500FCFA) sera entièrement consacré à l’achat de vivres pour des familles démunies. Les structures de santé catholiques engagées dans la prise en charge des personnes malades seront aussi soutenues par d’autres ressources mobilisées avec les partenaires. Ceux-ci sont par ailleurs déjà sollicités pour permettre à Caritas d’étendre son action d’appui à la sécurité alimentaire pour la période de soudure qui vient.
Caritas Sénégal, au nom des Evêques, exprime sa satisfaction et ses remerciements à toutes les personnes, structures et associations qui ont répondu à leur appel et fait preuve de générosité. Saluant leur esprit de solidarité, Caritas Sénégal encourage les sénégalais à continuer à se mobiliser davantage, surtout en ces moments difficiles de pandémie du Covid19, en faveur des plus pauvres parmi nous.
A cet effet, Caritas Sénégal informe le grand public et les institutions qu’il est toujours possible de continuer à soutenir le Fonds d’urgence Sénégal par des contributions financières et matérielles pour lui permettre de poursuivre son action auprès des plus fragiles dont les besoins ne peuvent pas attendre.

ÉRIGER LES BARRICADES COMMUNAUTAIRES CONTRE LE COVID-19 Par NIOXOR TINE

Les récentes manifestations des acteurs de l’informel sont symboliques de l’érosion du capital confiance, dont était crédité l’Exécutif national, devenu par la grâce de la loi d’habilitation, seul maître à bord. Non pas tant à cause de la gestion de la pandémie, certes en progression, mais loin d’avoir atteint les mêmes proportions qu’ailleurs, mais surtout à cause de difficultés économiques croissantes rencontrées par les citoyens. Les effets du programme de résilience gouvernemental seraient-ils en train de se dissiper, en moins de 2 mois ?

VERS UNE COHABITATION INÉVITABLE

Malgré tous les efforts déployés pour contenir la pandémie, on assiste quand même à une augmentation lente mais inexorable du nombre de cas susceptible de connaître, à tout moment, une accélération brusque voire exponentielle. Il apparaît, de plus en plus, que nous allons devoir cohabiter durablement avec cette pandémie, à moins qu’elle ne soit appelée à disparaître en été, comme le SRAS.
Cela ne peut aucunement vouloir dire que nous devrions baisser les bras et lui laisser le champ libre, pour obtenir une hypothétique immunité de groupe.
En attendant la découverte d’un traitement étiologique/suppressif ou d’un vaccin efficace, les autorités sanitaires n’ont d’autre choix que de poursuivre la mise en œuvre des interventions non pharmaceutiques incluant les gestes barrières. Ces techniques ont fait la preuve de leur efficacité pour ralentir la transmission du coronavirus et réduire, de ce fait, la mortalité, en permettant aux services de santé de ne pas être submergés par un flot inhabituel et massif de patients.

UNE PROMISCUITE PÉRILLEUSE

Néanmoins, la persistance du COVID-19 pourrait se révéler problématique.
D’abord, notre système sanitaire déjà très affaibli pourrait tout bonnement s’effondrer. Il risque, en effet, d’être dépassé, à cause de la prise en charge des cas graves particulièrement délicate et onéreuse, nécessitant des plateaux techniques relevés, qui sont très peu disponibles dans nos contrées.
Paradoxalement, le risque de contagion des lieux de soins a conduit, pour l’instant, à une baisse de fréquentation, qui se traduit par un manque à gagner en termes de recettes et handicape le fonctionnement des structures sanitaires. D’ailleurs, les professionnels de la santé arrivent très difficilement à concilier la lutte contre la pandémie avec les activités traditionnelles de soins, qu’il s’agisse de la lutte contre la maladie, de la santé de la mère et de l’enfant, sans oublier celle des personnes âgées, très vulnérables au COVID-19.
L’autre défi énorme que pose l’affection à coronavirus réside dans la quasi-paralysie de la vie économique, à l’origine d’une précarité sociale qui a commencé à impacter les larges masses populaires.

LE REMÈDE PIRE QUE LE MAL ?

Plus le COVID-19 s’éternise, plus les stratégies gouvernementales montrent leurs limites. Elles restent encore trop centrées sur les aspects purement médicaux, mettant l’accent sur la morbidité (nombre de cas), la mortalité (nombre de décès), les traitements (débats sur l’hydroxychloroquine, l’artemisia…).
Même la promotion d’interventions non pharmaceutiques, notamment la distanciation sociale, est parasitée par un style de gestion autoritaire, frisant l’état d’exception, avec un durcissement des peines pour non-respect des mesures édictées, de manière discrétionnaire par l’État.
Or, nous avons affaire à des populations, qui se sentent prises au piège, victimes d’une détresse morale croissante liée autant à une angoisse existentielle qu’à une paupérisation brusque sur fond de précarité préexistante.
Rien d’étonnant alors à ce que la mendicité et les agressions se développent et que des mouvements de défiance se multiplient, venant des habituels laissés pour compte auxquels sont venus se joindre les acteurs du secteur informel, ne parvenant plus à joindre les deux bouts.

POUR UNE RIPOSTE COMMUNAUTAIRE ET POPULAIRE !

À mesure que la pandémie progresse, se creuse un fossé de plus en plus béant entre les élites et les masses fondamentales.
Le mode directif de prise de décisions engageant le quotidien des citoyens est certes une habitude dans notre pays. On ne peut, non plus, occulter l’implication utile de l’administration territoriale (gouverneurs, préfets…), dans la lutte contre le COVID-19, avec toutes les pesanteurs attachées à l’héritage jacobin, comme le montre l’exemple de Goudiry.
Mais dans un contexte de paralysie de la vie économique et de pandémie appelée à s’éterniser, on assiste à une fragilisation de l’appareil d’État, dont la marge de manœuvre se réduit de jour en jour. Des facteurs tels que la gestion solitaire, l’usage abusif de la coercition, la détérioration progressive des conditions d’existence des masses populaires risquent  de conduire à une détérioration du climat social voire à une crise politique.
C’est dire que le moment est venu de changer de paradigme et de promouvoir la participation des communautés à la définition, à la mise en œuvre et à l’évaluation continue de toutes les initiatives de lutte contre la pandémie à COVID-19.
Il est bon de préciser que jusque-là, les collectivités locales, les organes de participation communautaire (comités de santé, conseils d’administration, comités de forage…).souffrent d’un déficit notoire de représentativité (souvent caporalisées par le parti au pouvoir) et s’alignent le plus souvent, sans réserve, ni aucun esprit critique, sur toutes les initiatives émanant de l’Exécutif National.
Il faudrait, plutôt, mettre en place ou  redynamiser des groupes de riposte communautaire composés de personnes-ressources des communautés, volontaires et engagées.
Ces acteurs communautaires ont un grand rôle à jouer dans la mobilisation des populations pour ralentir la propagation du virus (recherche de cas-contact, promotion et adaptation des gestes barrières…). Ils pourraient également superviser les distributions de produits hygiéniques, de vivres et d’intrants agricoles….etc. Ils seraient chargés de veiller à la disponibilité et à l’accessibilité des services de santé durant la pandémie. Ils auraient aussi à jouer un rôle de veille et d’alerte sur les dysfonctionnements dans la gouvernance des collectivités territoriales et des administrations locales dans la période, au moment où on envisage d’aménager des mesures dérogatoires au fonctionnement des Conseils départementaux et municipaux
Enfin, il leur reviendrait la tâche de participer au suivi et à l’évaluation des actions mises en œuvre pour juguler la pandémie à COVID-19.
Au-delà de la pandémie, il faudrait pérenniser ces initiatives de contrôle populaire, gages d’un approfondissement de la démocratie et de la prise en compte de la totalité des droits des citoyens, y compris des droits économiques et sociaux, dont celui à la Santé.leelamine@nioxor.com

Questekki 197 du mardi 5 mai 2020
Dossier Ressources naturelles. Le foncier et l’immobilier, refuges de la corruption massive

C’est le capital naturel le plus sensible dans notre pays et en Afrique. Le Président Macky Sall a mis en place deux commissions dirigées par d’éminents juristes, le Professeur Sourang et Maître Doudou Ndoye, sans suite. Dès lors, la loi sur le domaine national du Président Senghor est toujours là, plus des dispositions législatives introduites ces dernières années qui visent à favoriser la privatisation du foncier accaparé par les dignitaires des régimes. Une bourgeoisie foncière s’installe tranquillement à la faveur des délibérations de la Commission domaniale. L’affaire des 94 milliards et la Commission d’enquête parlementaire comique de BBY ont mis en lumière le rôle crucial de la Commission domaniale dont la puissance dans l’accaparement du foncier est illimitée ouvrant la voie à des conflits avec les communautés qui revendiquent la propriété historique de la terre. L’économiste Piketty a bien montré que le premier capital est l’immobilier.
L’idée des baux emphytéotiques de 99 ans avait été soulevée dans les travaux de la Commission de Sourang. Elle risque d’être reprise par le régime FayeSall. Si l’on y prend garde, des baux seront accordés sur le patrimoine de l’Etat dans le plateau à Dakar pour recycler dans l’immobilier les capitaux de la corruption. Les communes, c’est le sens de l’acte III de la décentralisation, vont pouvoir donner des baux de 99 ans à des compagnies étrangères pour l’agrobusiness.
Le virus du foncier va accompagner le coronavirus pour recycler l’argent de la corruption à St Louis et certainement aussi dans les terres qui vont accueillir les stations services de Petrosen Aval, nouvelle trouvaille de la dynastie FayeSall et de Makhtar Cissé, ministre en charge du pétrole et du gaz, qui a trouvé la formule, le pétrole est dans le sang de Macky Sall, pour espérer se faire adouber.

Dossier nouveau: la participation responsable version Macky Sall devient tragique pour les travailleurs

Pour cause de covid 19, les centrales syndicales préfèrent se taire un premier mai et ne pas présenter même par vidéoconférence leurs cahiers de doléances. Qu’elles ne manifestent pas, cela se comprend. Mais tout de même les travailleurs ont leur mot à dire dans la gestion sanitaire et économique du covid 19. Ils sont impactés. Par ailleurs, les centrales peuvent bien participer à la distribution de l’aide à leurs membres par exemple.
Prenons cette affaire d’aide alimentaire. Le kit de Macky Sall est composé de 100 kg de riz, 18 savons, 10 kg de sucre, 10 kg d’huile et 10 kg de pâtes alimentaires et la valeur totale est de 69 000 francs, 6 et 9 étant les deux chiffres mystiques de Macky Sall. Des sociétés écran n’ayant aucune expérience dans le riz ou le sucre sont impliquées dans un vrai faux appel d’offres sur ordre de la dynastie FayeSall. Les travailleurs et les retraités ont leur mot à dire.
Tous les économistes le savent. Le cash transfer est plus efficace si l’on veut atteindre réellement les familles impactées et encourager la circulation monétaire. La SN Poste mise à genoux par la dynastie FayeSall pour sa clientèle de Thiès notamment aurait pu utiliser son réseau. Evidement avec cette solution aucune commission ne peut être versée. Elle n’arrange pas les affidés de la Famille FayeSall à qui des moyens sont donnés pour aller en précampagne pour les élections locales et distribuer du riz de manière condescendante aux respectables familles sénégalaises. Eh oui les nouveaux riches n’ont pas d’éthique. C’est bien connu.
Les travailleurs du Sénégal doivent sortir de la participation responsable version Macky Sall et pousser les centrales syndicales à reprendre la lutte pour la gouvernance démocratique de notre pays  recommandée, je le rappelle par les Assises Nationales.Mamadou Lamine Diallo, Président du mouvement Tekki.

APRÈS COVID 19: LA CHINE CHERCHE LE BOUC-ÉMISSAIRE CHEZ LES NOIRS par Dr Cheikh FALL,Enseignant

Deux cents ans après, les soubresauts du Covid 19 avec son lot macabre de mort éveille ce dangereux virus de la discrimination raciale et plonge la Chine dans le magma de discrimination des noirs pour se faire bonne conscience de son échec face au virus. Les actes discriminatoires et racistes auxquelles les noirs sont soumis dans certaines villes chinoises en disent long non seulement sur la complexité d’un Covid 19 mais sur « l’humanité » d’une « super puissance » bien malade. En soumettant seulement les noirs aux pratiques de confinement forcé séance tenante avec portes et maisons barricadés dernière à longueur de journée sans aucune possibilité de sortir tout, la Chine démontre à suffisance sa quête de bouc-émissaire pour cet embarrassant Covid 19 qu’elle a été l’origine. Autrement dit, la chine viole les droits humains et bafoue la dignité humaine en ligotant des noirs dans les rues chinoises, comme pour dire à la face du monde que regardez -les « les noirs sont malades, c’est eux qui en ont les vrais responsables de cette maladie dans notre pays ».

Quelles leçons en tirer ?

Pour la première fois dans la marche de l’humanité, l’Homme fait face à un ennemi dont l’éradication fait appel non seulement au canon et à la bombe atomique mais au concept africain de « Ubuntu », c’est-à-dire faire humanité ensemble. Certes ce confinement auquel toutes les sociétés sont soumises aujourd’hui devrait être l’occasion pour cette humanité de revenir à l’urgence et l’essentiel de la solidarité humaine ou l’être prime sur l’avoir, la famille humaine sur l’individu humain, l’intellect sur les considérations raciales et ethniques, c’est-à-dire loin des dédales de souvenirs angoissants d’un monde brouillant qui tire sa légitimité sur le quantifiable technologique et le calcul économique. Ce discours qui sembler couver dans les rues, bus et magasins chinois portent les germes d’une catastrophe humaine de lourdes conséquences pour l’humanité, mille fois plus dangereux que le Covid19.
Si le discours de rejet des noirs est encore ravivé dans les cendres du racisme colonial et est inscrit dans l’imaginaire des Chinois, le monde sera en recul et tous les efforts consentis par ceux ou celles qui ont lutté pour le triomphe des idéologies égalitaires ne seront que vains.
S’il y a une chose que ce Covid19 nous apprend c’est que les inégalités sociales sont plus que jamais évidentes dans le monde et les ressortissants des pays pauvres sont ceux ou celles qui paient plus les pots cassés. Il urge pour leaders africains de repenser leur leadership et leur diplomatie inter/nationale pour que leurs citoyens soient traités avec respect et dignité. Les propos de Sedik Ba ont du poids « nous pouvons forcer les autres à nous aimer mais nous pouvons les poussez à nous respecter.
Face à ses contradictions et honte devant ses pairs pour avoir été la première nation ou le Covid 19 est apparu, la Chine minimise le nombre de morts enregistré dans ses hôpitaux. Pire encore, elle est en passe de concocter un discours anti-noir pour trouver un bouc-émissaire de cette pandémie qui freine la marche de l’humanité.

La chloroquine: Un médicament qui cache une forme d’humanité qu’exemple le Professeur Didier Raoul

Alors que l’Afrique tarde à se réveiller sur l’exemple de l’Europe qui compte ses morts par centaines et par milliers, et que l’Amérique se réveille enfin sur la réalité de devenir l’épicentre de l’épidémie du Covid 19, le monde des humains n’a jamais été sous le joug d’un « infiniment petit » qui lui dicte ses lois de confinement et lui impose ses lots de mortalité semant la désolation et la peur partout. Tel Attilas, dirait-on, là où Covid 19 passe un morceau de l’humanité trépasse !
Pour la première dans la marche de l’humanité, l’Homme fait face à un ennemi dont l’éradication fait appel non seulement au canon et à la bombe atomique mais au concept africain de « Ubuntu », c’est-à-dire de faire humanité ensemble. Certes ce confinement est l’occasion pour l’humanité de revenir à l’urgence et à l’essentiel de la solidarité humaine où l’être prime sur l’avoir, la famille sur l’individu, c’est-à-dire loin des dédales de souvenirs angoissants d’un monde brouillant qui tire sa légitimité sur le quantifiable technologique et le calcul économique.
Ironie du sort, cet « infiniment petit » défie notre médicine moderne et remet en cause toute l’architecture civilisationnelle humaine en matière d’avancement scientifique et technologique comme gages de progrès humain. Tout devient relatif dans ce basculement de l’ordre mondial et que ce brusque dérèglement de l’activité humaine sur terre, sur mer et en l’air en témoigne d’une humanité impuissante face aux forces de la nature. Loin s’en faut, l’humanité ne peut jamais se rendre « maître et possesseur de la nature » comme le pensait René Descartes (Extrait du Discours de la Méthode).
En revanche, signalons que Descartes a le mérite de bien nous avertir, avant notre siècle, que la conservation de la santé est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie. Nous ne saurions ne pas être d’accord avec cette affirmation cartésienne dont la véracité trouve son écho aujourd’hui dans les nombreuses lois de confinement édictées par états du monde à leurs citoyens respectifs.
A bien l’analyser de près et à bien le comprendre de loin, cette pandémie cache plus qu’un virus qui tue des malades mais aussi une humanité malade qui s’éloigne de plus en plus de son humanisme tel que compris par Mother Theresa, Nelson Mandela et les autres humanistes qui se sacrifiaient pour le bien commun. À l’image de bougies qui se consument en donnant la lueur, ces gens ont placé leur savoir et avoir à la disposition a l’humanité et au plus démunis.
Nous faisons allusions à ces personnalités pour mieux comprendre le sens de l’humanité qui se dégage à travers les efforts qui sont déployés pour arrêter la pandémie. Derrière les calculs, les reculs et hésitations dont fait montre récemment quelques récalcitrants du monde scientifique pour tirer parti d’un simple médicament pour éviter la mort d’individus atteints du Covid19, se cache le mystère d’une pandémie qui en dit sur notre propre humanité. Il n’est pas question dans cette contribution de traquer toute la controverse sur la théorie de complots qui pourrait mettre l’humain au banc des accusés, mais de traquer les causes de la naissance du Covid et son évolution rapide en Europe pour voir cela réserve pour le continent africain pour les semaines à venir.

1-Wuhan, le siège du Covid 19 : fait ou fiction ?

Au cours des derniers mois, toute une littérature a été déployée sur l’origine du virus et les dangers que sa propagation pourrait avoir sur le reste de l’humanité. D’un côté si les spéculations d’une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis allaient bon train pour expliquer la naissance du virus que le président Trump qualifierait de « virus chinois », la théorie de complots pour diminuer la population mondiale (Malthus) se le disputaient avec certaines théories de déni de son existence.
Bref, ce qu’il faut savoir sur ce virus c’est qu’il y a un vaste consensus scientifique pour dire que le virus qui s’est déclarée entre le 12 et 29 décembre 2019 est un niveau type de la même famille que le Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) conclut le journal Parisien. Néanmoins, même si la communauté de santé de Wuhan identifie que les malades travaillent au marché de fruits de mer de la ville dans lequel sont vendus des animaux sauvages comme des oiseaux, des serpents et des lapins, sa transmission de l’animal a l’homme n’est pas encore établie de façon scientifique.
Depuis lors, beaucoup d’encore ont coulé pour repenser les rapports entre l’homme, l’animal et l’environnement. Le travail de notre collègue, Sonia Sha sur l’origine du coronavirus pose la question pertinente du pourquoi les pandémies comme le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), Ébola en Afrique de l’Ouest ou le Zika se succèdent à un rythme de plus en plus soutenu et dont 60% sont d’origine animale sauvage. Et pourtant, ces animaux n’en sont pour rien, car nous pensons que ces observations de cette chercheuse méritent une attention particulière car elles posent une question de survie de l’humanité sur laquelle l’humanité elle-même doit penser davantage.

2-L’évolution du Covid19 en Europe

La propagation rapide du Covid 19 avec son lot de mortalité avec plus 15138 morts dans le monde dont une nette majorité en Europe suscite de beaucoup de soupçons et de nombreuses réflexions sur le système de santé de certains de ces pays comme la France. Loin des théories de complots de l’éradication de la population européenne et des supputations de l’heure, la division du monde scientifique autour de l’usage de la chloroquine pour le traitement des patients atteints de Covid 19 en France suscite soupçon et beaucoup d’interrogations.
Pourquoi les malades atteints du covid 19 meurent-ils comme des mouches en dans les hôpitaux européens plus particulièrement en France ou il existe cette possibilité de traitement par chloroquine valide par le gouvernement ?
Nous ne saurions jamais savoir le sous-jacent d’une telle méfiance de la part des détracteurs et détractrices du Professeur Didier Raoul dont le travail dans le domaine des maladies infectieuses font autorité dans le monde scientifique. Ce que la plupart des individus qui sont à l’extérieur de ce monde de la recherche scientifique ne savent pas probablement c’est que ce monde de la dont on pense être objectif et partial peut être parfois une jungle où la jalousie, l’arrogance se le disputent à l’ardent désir de reconnaissance.
Une chose est d’admettre la rigueur scientifique d’une étude sur voudrait que sur un vaste échantillons de patients atteints du Covid 19, mais une autre chose est de savoir qu’on est dans un contexte de guerre où les travaux d’essais sur le long terme ne sont proportionnels a la gravite de l’heure. Face à ces milliers de morts par jour dans les hôpitaux, l’heure n’est plus de faire des recherches longitudinales au risque des effets négatifs lies à la chloroquine. Il s’agit plus tôt de sauver le maximum de vie car la règle scientifique n’a de sens que si l’on l’applique en fonction de ses finalités. C’est là que le Professeur Didier Raoul est en avance par rapport à sa génération dans le traitement des maladies infectieuses.
En cela, il donne non seulement une belle leçon d’humanité ce problème est ailleurs constate-t-elle en ces termes “[…]avec la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, nous avons offert à ces microbes des moyens d’arriver jusqu’au corps humain et de s’adapter[…] à ses collègues du monde scientifique mais a l’humanité toute entière. La quête d’une rigueur scientifique au détriment de la perte de vies humaines dit plus sur l’inhumanité de ceux qui s’alignent sur cette position rigide de règlementation occultant les vraies finalités de la médecine moderne.
Le père de la pensée complexe, Edgar Morin, nous rappelle que « le calcul ne peut connaître le cœur de la vie, la chair de la vie […] les connaissances [scientifiques] doivent être d’abord une initiation à la contextualisation à ses référents concrets » (Edgar Morin, la Voix 260). Nous estimons que la campagne de dénigrement dont Professeur Didier Raoul fait l’objet en France aujourd’hui n’est pas le fait d’une chloroquine. Elle est plutôt le fait d’un redoutable humanitaire de cœur qui ne se plie pas aux dictats des lobbies pharmaceutiques pour trahir sa conscience professionnelle.

3-Quelles leçons pour l’Afrique

Alors que le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guteres prédit récemment des millions de morts en Afrique à cause du Covid 19, la psychose gagne les consciences des populations africaines et amène leurs chefs d’états à copier et coller des mesures de confinement tout azimuts. Certes ces mesures de confinement semblent marcher dans les pays occidentaux mais peinent à être une réalité pour l’Afrique. Le prospect d’un confinement réussi est mince dans le continent africain car le taux de chômage dépasse souvent la barre de 50% avec une forte concentration des travailleurs dans le secteur informel. Nous ne saurons généraliser cette situation dans toute l’Afrique mais il est de la survie de la population que les dirigeants africains prennent des mesures d’accompagnement.
1. Des campagnes de distribution de la nourriture par tête d’habitant
2. Donnez l’opportunité aux populations de sursoir aux paiements mensuels d’eau et d’électricité
3. Exigez aux multinationaux telles que les banques d’observer un moratoire de paiements des crédits sans amende durant la durée de ce confinement.
4. Accélérez le système de micro- crédit aux populations les plus démunis
Ces mesures ne sont pas exhaustives mais elles concourent à faciliter le confinement des populations africaines. Faut-il encore signaler que les mesures de confinement édictées dans plusieurs pays européens ne saurait être appliquées dans certains pays africains car les contextes ne sont pas les mêmes la psychologie de l’environnement n’est pas le même. Sous ce rapport, nous tirons la sonnette d’alarme pour que l’Afrique tienne compte de son contexte socio-cultural dans l’application de ces mesures dont la réussite dépend largement sur l’allègement de la situation financière de la population. Vouloir confiner une population qui vit au jour le jour pour sa survie quotidienne c’est simplement construire sur du sable mouvant

L’Afrique et l’Europe :Destin lié Par Abdoul Wahab Diallo

La pandémie du Covid-19 est là implacable et inarretable. Tous les continents sont touchés. Démarrée en Chine au mois de décembre 2019, elle frappe durement l’Europe qui enregistre l’un des quatre foyers de propagation les plus virulents et massifs. L’Afrique n’échappe à cette pandémie. A quelques exceptions près tous les pays africains comptent aujourd’hui des cas de Covid 19. L’Algérie, l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Maroc sont les touchés.
En Europe, l’Italie qui compte aujourd’hui plus de dix sept mile (17.000) décès de contaminés et la France qui en est à près de onze mille (11.000)décès et plus de soixante cinq mille testés positifs sont les premiers pays touchés. L’Espagne dépasse la France en termes de personnes testées positives au Covid 19 et de nombre de décès qui avoisine les quinze mille (15.000)
L’Europe c’est également une vielle terre d’asile pour de millions d’Africains. En France, le nombre d’Africains installés sur son sol varie entre cinq (05) et six (06) millions de personnes. Une forte diaspora qui contribue fortement aux économies des pays africains. Parmi cette diaspora, des artistes et des sportifs de grande renommée. Les disparus comme la légende de la musique soul Manu Dibangu et Pape Diouf, ex Président de l’Olympique de Marseille. Nous avons les footballeurs Sadio Mané et l’Algérien Mahrez, le banquier Tidiane Thiam, l’artiste Omar SY très aimé par les Français entre autres.
L’Europe et l’Afrique sont aujourd’hui des continents victimes d’une pandémie qui trouve son foyer de départ la a ville chinoise de Wuhan. Contrairement en Chine où tous les étrangers sont stigmatisés et mis en quarantaine dès qu’ils foulent le sol chinois, en revanche en Europe, les Africains ne vivent pas cet ostracisme. Ils sont traités avec respect et dignité. La Chine qui se vante être l’ami de l’Afrique connait un taux de racisme élevé avec l’avènement du Covid 19 qui a pourtant pris naissance à Wuhan. Et pourtant des pays européens ont fortement soutenu la Chine quand elle a été confrontée à l’explosion de la maladie.
L’Europe est actuellement le continent qui soutient le plus l’Afrique dans la lutte contre la propagation du Covid 19. La France a annoncé ce 08 avril 2020 par la voix de son ministre des Affaires Etrangères, Jean Yves Le Drian une aide de 1, 2 milliards d’euros à l’Afrique pour lutter la propagation du Covid 19. Paris a décidé de réorienter une partie de son aide au développement sur les enjeux de santé et les besoins alimentaires. C’est ainsi que l’Initiative intitulée COVID 19- Santé en Commun a été validée au début du mois d’avril 2020 par le Conseil d’administration de l’Agence Française de Développement (AFD). Il y aura 150 millions d’euros sous forme de dons et un milliards (1.000.000.000) d’euros sous forme de prêts
Par ailleurs l’ONG Alima au Sénégal, en Guinée Conakry, au Burkina Faso, et en République Centrafricaine sera soutenue par la France ainsi que Médecins du Monde de l’hôpital de Kinshasa.
La France va renforcer les capacités des laboratoires de l’Institut Pasteur au Cameroun, en République Centrafricaine, en Guinée Conakry et au Sénégal.
Paris a plaidé pour un « moratoire » sur le paiement des taux d’intérêt voire des « annulations ou restructurations » des dettes pour les pays les plus touchés par la pandémie.
L’Union européenne de son côté a garanti l’octroi de vingt milliards d’euros aux pays les plus vulnérables en Afrique et dans le reste du monde pour lutter contre la propagation du Covid 19. C’est ainsi que 3, 25 milliards d’euros seront destinés à l’Afrique et 1, 4 milliard d’euros sous forme de prêts.
L’Union européenne a déjà  dégagé 115 millions d’euros pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dont une partie est destinée à l’Afrique.
L’Institut Pasteur de Dakar a été désigné pour recevoir une aide de 05 millions d’euros pour financer notamment la surveillance épidémiologique. D’autres fonds ont été versés au Maroc (150 millions), la Tunisie (250 millions d’euros).
L’Europe reste donc le principal bailleur et le principal partenaire de l’Afrique, loin devant la Chine.
C’est pourquoi l’Afrique doit rester solidaire avec l’Europe car les destins des deux continents sont liés. Personne ne doit accuser l’Europe d’avoir transmis le virus à l’Afrique et de chercher à déstabiliser l’Afrique. La pandémie du Covid 19 est mondiale. Elle n’épargne aucun continent. C’est donc le moment de resserrer les liens entre Africains et Européens.
L’Europe n’abandonnera jamais l’Afrique. Les initiatives prises par la France et l’Union européenne  ces derniers sont la preuve que l’Europe est et sera toujours au côté de l’Afrique.

LA FUITE DES TALENTS PEUT ÊTRE UNE DES CONSÉQUENCES DU COVID 19 EN AFRIQUE

http://www.emedia.sn/La pandémie du coronavirus a mis à terre l’économie mondiale. Tous les secteurs sont au point mort à cause de ce virus qui se propage dans le monde à la vitesse de la lumière. Invité à la matinale d’Iradio, Abdoul Alpha Dia Secrétaire générale de l’Association sénégalaise des professionnels des Ressources humaines (ASPRH) explique les conséquences qui pourraient engendrer de la situation.
« L’Afrique a un taux de contamination et d’aggravation qui est beaucoup moins important que ce qui se passe en Europe. Une fois que la crise prendra fin, la problématique de la relance de l’économie mondiale va se poser. Et, il est clair que les économies occidentales, qui ont vécu cette crise de plein fouet, vont développer toute une série de stratégies pour essayer d’aller trouver les ressources dont ils ont besoin pour relancer leurs économies. Parmi lesquelles, il y a les ressources minières mais également les ressources humaines. Et la fuite des talents peut être plus tard une conséquence du Covid 19 », a prévenu Abdou Alpha Dia.
Selon lui, il faudra que les Etats africains puissent organiser les entreprises locales pour pouvoir retenir nos ressources humaines et développer une économie endogène. Mieux, il pense qu’il faut mieux légiférer l’environnement du travail qui, à son avis, nécessite un écosystème juridique légal. Ce, parce que la notion du télétravail par exemple remet en cause certains aspects légaux du contrat du travail. « Dans une démarche inclusive, il faut que les autorités voient comment intégrer ces nouveaux modes de travail dans le code du travail », dit-il. Aliou DIOUF

Aide À La Presse: Bougane GUEYE Dani Retourne Les 30 Millions De L’Etat

http://www.walf-groupe.com/Le groupe D-Média sonne l’alerte ! Son Président Directeur Général, Bougane GUEYE  Dani a craché sur les 30 millions que l’Etat a octroyés à son groupe dans la répartition de l’aide à la presse
Dans un courriel adressé au Président du Conseil des éditeurs et diffuseurs de la presse (CDEPS), Mamadou Ibra KANE, dont Sud Quotidien a reçu copie, M. Guèye déclare que «le Groupe Dmédia (Zik Fm, Sen Tv, Tribune et actunet) ne peut récupérer un chèque dont il ignore les conditions de répartition de l’enveloppe globale estimée à 1.400.000.000 F CFA».

La publication de tous les bénéficiaires et les montants

Et d’ajouter : «pour plus de transparence dans cette affaire d’aide à la presse, nous demandons la publication des bénéficiaires et des montants alloués aux différents organes de presse». Et M. GUEYE  de rappeler que, Dmédia, «c’est une radio, une télévision, un quotidien, un site web et 5 stations régionales pour plus de 400 agents».
Pour l’année 2020, l’Etat du Sénégal a alloué à la presse sénégalaise 1,400 milliard. Une aide qui est passée du simple au double mais dont la répartition divise encore les acteurs du secteur.

Une opacité organisée par l’Etat

Selon toujours le journal Sud, l’Etat, via le département de la communication a refusé de publier l’arrêté de répartition mais aussi, les différents ayants droit. Et c’est qui a d’ailleurs poussé le groupe D-Média à refuser de réceptionner son chèque.
«nous dénonçons les conditions de l’attribution de l’aide à la presse, qui comme d’habitude n’a pas encore respecté toutes les règles de transparence»,a dénoncé le président du Conseil des éditeurs et diffuseurs de la presse (CDEPS), Mamadou Ibra KANE.

Aide à la presse: Pourquoi des patrons de presse ont refusé de prendre leurs chèques

Le patronat de la presse accuse le ministre de la Culture d’aller en contre-sens de ce que le Président de la République, Macky Sall a accordé au secteur de la presse. Ainsi, ses membres ont retouné leurs chèques à l’envoyeur.  Mamadou Ibra Kane et Cie exigent la transparence dans la répartition de cette aide.
« Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (Cdeps) a été informé, lundi, par le ministère de la Culture et de la Communication, de la disponibilité de l’aide à la presse 2020. Encore une fois, cette aide à la presse est distribuée dans des conditions peu orthodoxes, surtout en porte-à-faux avec les promesses faites par le chef de l’État, lors de l’audience qu’il a accordée aux acteurs des médias le vendredi 27 mars 2020 », a écrit le Cdeps, dans un communiqué, dénonçant ainsi les conditions d’attribution.

Les requêtes pour les conditions d’attribution de l’aide à la presse ont reçu l’avis favorable de Macky Sall

Poursuivant, il déclare : « le président de la République, en recevant les acteurs des médias, avait d’abord magnifié le rôle de la presse dans le combat de l’État et du peuple sénégalais contre le coronavirus Covid-19. Conscient du rôle fondamental de la presse dans le développement économique et social, la stabilité politique et sociale, aujourd’hui dans la vulgarisation de la politique de santé publique, le président de la République a d’emblée annoncé le doublement de l’aide à la presse 2020 et son paiement diligent ».
Les patrons de presse de signaler que d’autres mesures ont été également prises par l’État pour juguler l’impact de la crise du coronavirus sur un secteur aussi névralgique que la presse, déjà affectée par une crise économique aigüe.
De leur côté, ils ont affirmé au Président de la République leur engagement sans faille et leur disponibilité totale aux côtés de l’État dans le combat contre le coronavirus.
« Tout en remerciant le chef de l’État sur sa sensibilité aux problèmes de la presse, aggravés par la crise du coronavirus, les acteurs des médias ont exprimé des requêtes pour les conditions d’attribution de l’aide à la presse : Que le ministère de la Culture et la Communication associe les acteurs des médias pour la définition des critères de répartition de l’aide à la presse et que l’aide à la presse fasse l’objet d’un arrêté de répartition où seront dévoilés tous les bénéficiaires de cet argent du contribuable sénégalais et les montants qui leur sont alloués », ont fait savoir les acteurs des médias.

Attribution de l’aide à la presse: La CJRS regrette ce mode de gestion qui risque de dévoyer les efforts de l’État.

https://www.dakaractu.com/La Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) prend acte de la distribution de l’aide destinée à la presse. Saluant les efforts sans cesse renouvelés du président de la République pour renforcer les médias, la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal regrette, cependant, la gestion opaque et qui est aux antipodes des directives présidentielles de ces ressources publiques, par le ministère de la Communication et de la Culture.
Cette façon de faire, risque selon la convention,  “d’annihiler les efforts considérables de l’État dans le but d’améliorer l’environnement économique des entreprises de presse”.
Face aux réactions des différentes parties, la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal exige du ministre de la Culture et de la Communication, M. Abdoulaye DIOP, la publication de la liste des bénéficiaires et des montants alloués aux différents organes de presse. Elle l’invite également à rendre public l’arrêté portant répartition de l’aide à la presse.
la CJRS recommande toutefois aux patrons de presse de penser aux journalistes, particulièrement les jeunes reporters qui accomplissent parfois leur travail dans des conditions plus que difficiles.

Soutien aux secteurs touchés par la pandémie: Le RENOPHUS réclame sa part du gâteau

https://actusen.sn/Eux aussi, ils veulent avoir leur part du plan de résilience destiné aux impactés du Covid-19. Se considérant comme parmi les premières victimes de la pandémie, le regroupement national des organisations privées du ”Hajj et de la Oumra au Sénégal (RENOPHUS), demande, à travers un communiqué, aide et assistance de la part de l’Etat. « Nous faisons du tourisme religieux et diplomatique, mais malheureusement, nous ne  sommes ni pris en charge par le Ministère du Tourisme, ni par celui des Affaires étrangères dans la stratégie d’accompagnement des secteurs touchés, alors que nos principales activités sont réduites à néant et à ce jour, des dépenses engagées continuent. Ni Hajj ni Oumrah, alors que nos charges demeurent et nous ne voyons même pas d’interlocuteurs ».Seynabou FALL

Reprise des enseignements le 2 juin: la Cosydep dit oui, mais…

https://actusen.sn/« Face à la rupture brutale de la continuité des enseignements entraînant la remise en cause du calendrier scolaire, le dénouement de l’année scolaire se complique ». Telle est la conviction de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) qui a tenu, à travers un communiqué rendu public, à proposer un plan de reprise des cours. « Ce produit d’un long processus de réflexion a été ponctué de réunions en ligne avec les instances et les organisations membres. La Coalition a aussi mené des échanges avec des institutions et divers concitoyens vivant dans d’autres pays sous forme de benchmarking, mais aussi revisité quelques expériences au niveau national en matière de réponses aux crises du système éducatif », a expliqué la Cosydep.
D’abord, lit-on dans le document, il faut « sécuriser les établissements, en tant que patrimoine, en renforçant les services de gardiennage et en assurant le paiement des factures d’eau et d’électricité, nettoyer et désinfecter systématiquement tous les établissements en amont et chaque soir à partir de la reprise, mettre à disposition un fonds destiné à l’accompagnement du processus de reprise (thermo-flash, dispositifs de lavage des mains, produits d’hygiène, masques, création et/ou fonctionnalité de blocs sanitaires, guide de résilience, etc.), organiser rapidement le retour des enseignants à leur poste de travail et leur faire subir le test du Covid-19 ».
Ensuite, recommande la structure de l’éducation publique, il faut, « organiser le transport et le déplacement des élèves et enseignants vers leurs lieux d’études, en prenant en compte les gestes barrières, définir un plan de mouvement des apprenants (entrée à l’école, cour de récréation, taille de la classe avec 1 élève par table banc, sortie de l’école), définir un plan d’hygiène incluant le lavage régulier des mains, le respect de la distanciation sociale, le respect des gestes barrières, mettre à disposition un personnel d’accompagnement au niveau de chaque IEF (Assistants sociaux, psychologues conseillers, agent de santé, …) en impliquant les collectivités territoriales et les organisations communautaires et prévoir un dispositif opérationnel de prise en charge de toute urgence signalée ».
Enfin, il faudra, « assurer une prise en charge spécifique des enseignants et apprenants malades chroniques, diabétiques, hyper tendus, … qui ne doivent en aucun cas s’exposer devant cette crise, éviter d’enfermer tout le système dans un même cadre temporel en faisant de sorte que chaque académie s’organise pour prendre en compte ses spécificités, accompagner systématiquement les apprenants des classes intermédiaires, quel que soit le scénario retenu, garantir une préparation psychosociologique rassurante par des stratégies de communication (avant et pendant la reprise) en direction des parents, des élèves et de leurs enseignants en vue d’avoir leur adhésion au scénario retenu, s’assurer de l’adhésion et de l’engagement de tous les acteurs (OSC, syndicats, parents, apprenants, guides religieux, coutumiers et communautaires) au scénario retenu et vulgariser le plan de riposte du MEN ».Seynabou FALL 

DECLARATION LIMINAIRE DU COLLECTIF DES ETABLISSEMENTS PRIVES D’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL CEPEP

Le Collectif des Etablissements Privés d’Enseignement Professionnel Privés (CEPEP) se réjouit de l’annonce faite par le Ministre Dame Diop, sur les plateaux de la TFM et de SEN TV, dans la prise en charge de nos préoccupations en tant chefs d’établissements privés face au lourd préjudice que nous subissons avec la pandémie du COVID-19.
Cependant, nous constatons des lenteurs dans les réponses que nous attendons de la tutelle et cela accentue notre désarroi faute d’interlocuteurs et de mesures d’accompagnement officiellement annoncées.
Le président de la République son Excellence, Monsieur Macky Sall, a demandé aux Ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et de la Formation professionnelle, de mener des concertations urgentes avec les partenaires sociaux en vue d’évaluer l’impact global du COVID-19 sur le secteur éducatif.
Par conséquent, le CEPEP invite la tutelle à plus de célérité et d’efficacité dans ses actions pour venir en aide à la formation professionnelle privée, qui occupe près de 80% des effectifs du secteur et sollicite une rencontre avec elle pour un échange sur les modalités d’accompagnement.
Les mesures de fermetures des écoles prise par les autorités ont entrainé des conséquences désastreuses dans nos organisations et nous entrevoyons des lendemains sombres si rien n’est fait pour nous accompagner dans les plus brefs délais.
Notre survie est en jeu et nous lançons un appel solennel à l’Etat pour des mesures d’appui en mode fast track, afin de soulager les chefs d’établissements face à nos multiples obligations qui englobent les salaires, le loyer, les vacations, nos engagements financiers, la mise en œuvre de nos plateformes d’enseignement à distance ou leur amélioration ainsi que l’eau, l’électricité et la connexion internet.

Le ministre de la Pêche, Alioune Ndoye a bel et bien signé une nouvelle licence pour «un navire chinois» Fu YUAN Yu 9889

https://www.pressafrik.com/L’accusation du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (GAIPES) selon laquelle le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Alioune Ndoye, envisagerait d’octroyer 52 licences de pêche à des navires chinois a réussi à s’imposer dans l’actualité dominée par le Covid19. Accusations et démentis voire contre-accusations entre le Gaipes et le ministère de la Pêche rythment la chronique, avec des balles perdues sur Le Témoin. Votre quotidien serait en effet traîné à la barre du tribunal par le ministre des Pêches pour diffamation après « l’exploitation insidieuse » de la lettre ouverte du GAIPES dans nos colonnes. En attendant cette comparution, Le Témoin est en mesure de dire que sur ces 52 licences, le ministre Alioune Ndoye a au moins signé une nouvelle licence pour « un navire chinois ».
Alors que le ministre de la Pêche a sorti ses torpilles contre le GAIPES et surtout contre les journalistes ayant une « manière particulière » de traiter les informations, il ne peut évidemment pas éviter le débat sur la gestion de nos maigres ressources halieutiques. Une gestion marquée par un pillage systématique de ces ressources halieutiques, de cet véritable « or bleu », par des navires étrangers. un débat récurrent depuis le règne des socialistes. On se rappelle notamment la fameuse affaire des licences de pêche brandie par les libéraux nouvellement arrivés au pouvoir pour gêner aux entournures Ousmane Tanor Dieng, l’alors tout-puissant secrétaire général du Parti socialiste (Ps). Il y a eu aussi les accusations lancées à l’époque par le même Gaipes contre le ministre Khoureychi Thiam, lui aussi accusé de vendre des licences de pêche à des armateurs étrangers… Pour dire que la vente de licences de pêche à des navires étrangers est devenue une problématique nationale.
Pour en revenir à M. Alioune Ndoye, en niant avec force la signature de 52 licences de pêche au profit de navires chinois, le ministre de la Pêche qu’il est n’a visiblement pas dit la vérité aux Sénégalais, mais aussi au Président Macky Sall. En effet, le ministre a au moins signé à la date du 17 avril 2020 une licence de pêche Démersale profonde pour le navire chinois Fu YUAN Yu 9889, le numéro d’immatriculation est DAK 1335, l’option de pêche reste du chalutier poissonnier, une jauge brute 297 TJb, une longueur hors Tout 41,90m.
Seulement voilà, la nationalité du Fu YUAN Yu est… sénégalaise, selon le document parcouru pour votre serviteur. Justement, à quel moment ce bateau est-il entré dans le pavillon Sénégal ? Mais ce qui est le plus curieux, voire scandaleux, c’est que le Fu YUAN Yu 9889 fait partie de la flotte de la compagnie Univers Pêche. Laquelle est une société à responsabilité limitée qui a aussi soumis une demande de licences pour neuf autres navires s’appelant Fu YUAN Yu (933, 945, 946, 935, 927, 928, 929, 930,679) et a obtenu sa licence directement du ministre Alioune Ndoye. Autrement dit, notre honorable ministre a contourné la Commission consultative d’attribution des licences de pêche qui devait se réunir en consultation à distance à partir de lundi 13 avril.
Or, d’après des sources bien renseignées du Témoin, cette commission présidée par le directeur des Pêches maritimes ne s’est pas encore réunie pour procéder à l’attribution de licences. Ce qui n’a pas empêché le ministre à l’honneur à 500 millions de balles, — pardon, au franc symbolique ! — à octroyer directement une licence au Fu YUAN Yu 9889. Une violation flagrante du Code de la pêche qui fait de la Commission une étape obligatoire avant l’octroi d’une quelconque licence de pêche. La Commission est en effet chargée de donner des avis motivés sur « toute question relative à l’octroi de licences de pêche à des navires de pêche industrielle qui lui est soumise par le Ministre chargé de la Pêche maritime, toute demande de licence d’un navire qui opère pour la première fois dans les eaux sous juridiction sénégalaise, toute demande de licence d’un navire immobilisé pendant une période de plus de trente (30) mois, toute suspension ou retrait de licence pour des motifs liés à l’exécution des plans d’aménagement des pêcheries adoptés et approuvés, ou d’une évolution imprévisible de l’état des stocks concernés ».
Malgré une bonne disponibilité du pavillon national, le gouvernement a continué à creuser l’effort de pêche en offrant nos ressources halieutiques aux étrangers. Le nombre de licences délivrées est passé de 118 en 2009 à 199 en 2019, soit une hausse de plus de 68,4 %. Ces licences ont été délivrées à des navires sénégalais (154), cap-verdiens (01), européens (32) et gambiens (12). Cette hausse a été accentuée par la signature de l’Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable entre le Sénégal et l’UE et l’Accord de pêche entre le Sénégal et la Gambie. Ces deux accords ont permis à des navires européens et gambiens de pêcher dans les eaux sous juridiction sénégalaise. En admettant que c’est seulement une licence qui a été signée, on attend de voir la suite réservée aux 51 autres demandes de licences chinoises par le ministre Alioune Ndoye.
Les acteurs du secteur parlent de près de 49 navires introduits dans le pavillon au cours de ces trois dernières selon le même procédé. Il est vrai que M. Alioune Ndoye n’est aux affaires que depuis quelques mois mais lui aussi a eu à octroyer des licences à des navires étrangers ! Les acteurs du secteur demandent juste que la lumière soit faite sur le nombre exact de licences octroyées au cours des dernières années.Le Témoin

OÙ VA LA PÊCHE ? NE SABORDONS PAS LE NAVIRE ! PAR ADAMA LAM

La présente contribution a pour but de rappeler quelques points de base qui, je l’espère, pourront permettre de se faire une idée précise sur les enjeux relatifs à la gestion du poisson, ce patrimoine qui appartient à l’ensemble de la nation.
Le secteur de la pêche s’est invité, de manière malheureuse, dans la gestion du COViD 19 avec des échanges entre le Département des Pêches et les acteurs, échanges qui masquent les vraies questions de la crise dans le secteur halieutique mais qui révèlent au grand jour les dysfonctionnements notoires qui minent le secteur depuis plusieurs décennies.
La présente contribution a pour but de rappeler quelques points de base qui, je l’espère, pourront permettre de se faire une idée précise sur les enjeux relatifs à la gestion du poisson, ce patrimoine qui appartient à l’ensemble de la nation. Le combat que mènent les acteurs de la pêche ne doit pas être compris comme une affaire d’intérêt corporatiste ou d’opposition entre la pêche industrielle (Pi) et la pêche artisanale (Pa) mais plutôt comme la défense d’un patrimoine des populations actuelles et futures.
D’abord, il convient de rappeler que les premiers projets d’orientation de la pêche, compte tenu de la faiblesse des exportations d’après indépendance et la nécessaire alimentation des marchés locaux en poisson, avaient choisi l’option de dire que la pêche artisanale alimente le marché local et les industriels les marchés extérieurs. Le but recherché en matière d’exportation, tenant compte des moyens de l’époque, était de procurer à notre pays des devises et par la même, améliorer sa balance commerciale. Cette option d’orientation économique avait été battue en brèche par les hausses des équipements et des intrants pour la pêche, notamment le gasoil et les moteurs horsbord ; même si la dévaluation intervenue en 1994 a rendu la pêche plus compétitive sur les marchés extérieurs. Cependant il fallait la booster pour encore améliorer la situation économique du pays. en effet, les subventions à l’exportation qui étaient mises en place vers les années 1990 avaient montré leur limite et l’état ne pouvait pas suivre le volume de paiement qui permettait au système de performer. Par ailleurs, le professionnalisme des pêcheurs artisans leur a permis de comprendre que se cantonner au marché local limitait la possibilité d’amélioration de leurs revenus, d’autant que les usines de transformation de produits halieutiques leur demandaient de plus en plus de matières premières destinées à l’exportation.
Les projets de motorisation des pirogues, l’amélioration des moyens de conservation du poisson avec les caisses isothermes et la subvention du gasoil pêche conjugués au dynamisme de nos pêcheurs artisans, ont contribué à asseoir durablement la suprématie de la Pa sur la Pi avec, depuis des décennies durant, 90% des débarquements pour la pêche artisanale et 10% pour la pêche industrielle. le développement des flottes industrielle et artisanale, les accords de pêche, la campagne de Sénégal 92 pour financer avec le poisson, l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations, la sénégalisation fictive de navires coréens, le dérèglement climatique et j’en passe, tout ceci a contribué à l’affaiblissement des stocks de poissons dans notre pays. C’est dans ce contexte qu’est intervenue la crise du secteur de la pêche entre 2000 et 2010.
En réalité un autre facteur qui a accentué la crise, c’est l’explosion des captures du poulpe en 1999 avec des quantités colossales débarquées (40.000 tonnes environ). Pour la recherche, ce boom de poulpe est dû à une combinaison de plusieurs facteurs tels que : la diminution des poissons prédateurs du fait de la surexploitation (mérou, pagre, dorade etc), des conditions climatiques favorables. la richesse financière dans les unités de production était au rendez-vous et les investissements ont suivi aussi bien dans l’effort de pêche que dans la construction ou l’agrandissement des usines de transformation de poisson.
Le secteur espérait que la manne du poulpe se prolongerait les années suivantes pour nous mettre à la hauteur des autres pays producteurs de poulpe comme la Mauritanie ou le Maroc. Malheureusement les attentes ont été déçues. Les entreprises les plus structurées aux plans financier et organisationnel ont pu résister à la crise. On notera des fermetures d’entreprise de pêche en cascades, du fait que la faible ressource devait être partagée entre plusieurs structures en difficultés. le prix du poisson s’est renchéri obéissant au rapport de l’offre et de la demande. C’est dans ce contexte que des décisions importantes ont été prises par l’état, en collaboration avec les acteurs : Confirmer le gel de l’attribution des licences de pêches démersales côtières intervenu depuis 2006, instituer un repos biologique annuel, des aires marines protégées, réviser le code de la pêche, Promouvoir de nouvelles démarches de gestion de la pêche par la création des projets dont : PraO Sénégal : Programme régional de Pêche en Afrique de l’Ouest financé par la Banque Mondiale ADUPES : aménagement durable des Pêcheries au Sénégal, projet financé par l’Union européenne.

L’ECONOMIE MARITIME EST DONC EN GESTATION.

Elle se décline ainsi en lettre de politique sectorielle de la pêche (lPS). Ce rappel est nécessaire pour comprendre les sollicitations actuelles de la profession et notamment celles de la pêche industrielle envers la tutelle. Certaines autorités qui se sont succédées au Ministère des pêches ont voulu faire table rase de ces efforts de l’état, des collectivités de pêcheurs, de l’appui des bailleurs, pour s’ériger en décideur unique alors que le postulat de Cogestion est ancré à jamais dans le dispositif réglementaire de la pêche au Sénégal. Les trois premières décisions importantes ont été mises en œuvre du fait de leur caractère ponctuel et législatif. Les projets dont je ferai une description sommaire des objectifs s’inscrivent dans la durée. Cette démarche de clarification s’impose pour permettre au lecteur de comprendre les raisons qui font que la profession appelle à la revue des actions posées, avant d’entreprendre l’étude de l’octroi de licences de pêche. La ressource et le pêcheur sont les deux pôles incontournables de toutes actions dans le secteur, car, faut-il le rappeler, L’ETAT NE PECHE PAS !
Les acteurs sont les bras de mise en œuvre de la politique de l’état dans le domaine des produits halieutiques. Dès lors l’on ne comprend pas le refus de l’appel à une concertation approfondie sur tout acte de prélèvement sur la ressource halieutique surtout en ces temps d’incertitudes profondes nées du COViD 19, ressenties dans toutes les composantes de notre nation.

LE PRAO :

Le programme régional de Pêche en Afrique de l’Ouest est un ensemble de projets souhaités par les états de la sous-région (Sénégal, Mauritanie, Guinée, Guinée Bissau, Ghana, Sierra Leone, Cap Vert, Liberia), qui ont sollicité la Banque Mondiale pour son financement. le PRAO Sénégal, définit dans sa phase 1 avec un budget de 15 millions de dollars US, et je cite, les objectifs, résultats et indicateurs suivants : (Pour plus de détails, se référer au site web de cette institution) renforcer les capacités du Sénégal à régir et à gérer les pêcheries ciblées, à réduire la pêche illicite, et accroitre la valeur ajoutée locale des produits halieutiques, améliorer l’indicateur de gouvernance (droits d’usage) et l’indicateur de réduction de la pêche illicite, accroitre la valeur ajoutée par le programme d’infrastructures des sites pilotes intégrés, immatriculer tous les navires, évaluer les stocks de poissons clés, Transparence et accessibilité des informations sur la gestion des pêcheries, Diminuer le nombre de navires de pêche. Etc….
Je signale que le PRAO, appuyé par l’état, avait un programme de destruction de navires de pêche industrielle pour réduire la pression sur la ressource et des fonds disponibles au niveau du projet pour le faire. Cependant les objectifs visés et l’enveloppe financière disponible n’ont pas permis de trouver des armements volontaires, disposés à la destruction de leurs navires. Comment comprendre, dans ce contexte que d’une part, l’autorité de tutelle accroit l’effort de pêche sur un segment, en l’occurrence le Merlu, et d’autre part, ne dispose pas de campagne de recherche pour avoir des données récentes sur ces stocks ? Cependant, les dernières estimations disponibles tourneraient, pour ce stock de merlu, aux environs de 3.000 tonnes.
L’exploitation des tableaux de la commission consultative d’attribution des licences de pêche (CCalP) montre qu’environ 16 bateaux exploitent actuellement ce stock selon les affectations théoriques suivantes : 1.750 tonnes pour les bateaux de l’Union européenne, 1.250 tonnes pour les autres bateaux dont 2 navires sénégalais. il est aisé de constater que cette ressource en phase d’exploitation expérimentale ne peut pas supporter l’ensemble de la flotte disposant de licences et qui doivent se partager 3000 tonnes de merlu. Que fait-on du principe de précaution admis dans la gestion des stocks de poisson ? C’est ce expliquerait que les nouvelles licences accordées aux navires « chinois » ne peuvent que pêcher sur les stocks de démersaux côtiers et les stocks de pélagique côtier ( yaboye et djaye) au détriment de la pêche artisanale. le refus, par le Ministère des pêches, de donner le nombre de nouveaux bateaux chinois et turcs à partir de 2018 est donc dû principalement à cette situation pour le moins aberrante. il est souhaitable que l’autorité de tutelle accepte de publier la liste des bateaux incriminés et que les corps de contrôle de l’état et notamment l’inspection générale d’état (ige) vérifie cette liste, le détail des dates de délivrances des licences de pêche et enfin, demande en plus les quantités débarquées par navire aussi bien pour le merlu que pour les autres espèces halieutiques.
Cette réflexion débouche malheureusement sur le constat que les décisions prises sont opposées aux objectifs du PRAO. On ne saurait comprendre comment après dix années d’investissements et de sacrifices divers par tous les partenaires pour aider la ressource à se reconstituer, on pourrait ensuite permettre à des navires, qu’ils soient sénégalais ou non, de saborder tout ce travail. On ne peut pas nous proposer de détruire nos bateaux, de geler l’immatriculation des pirogues, pour remettre d’autres navires de surcroit étrangers ou fictivement sénégalais, sur une pêcherie en surexploitation. le point le plus gênant, c’est aussi le mystère total entretenu autour du nombre inconnu de licences données par l’autorité de tutelle alors que c’est une obligation si on se réfère au code de la pêche qui traite des attributions de la Commission consultative d’attribution des licences de Pêche (CCALP

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[ls1] ) et aussi qu’aux exigences de transparence et d’accessibilité des informations contenues dans les objectifs du projet PRAO. Enfin, c’est simplement un principe de Bonne gouvernance ! la profession dénombre, d’après les premières conclusions de la commission mixte d’enquête sur les attributions frauduleuses, 12 licences de bateaux à consonance chinoise, portant les numéros DaK 1286 à DaK 1310 avec des trous de numérotation (DaK 1288 ? DaK 1301 ? DaK 1306 ?) Par ailleurs, sur les quais du port de pêche de Dakar, deux bateaux DaK 1334 et DaK 1335 y étaient amarrés la semaine dernière. Cela laisserait supposer, sauf erreur, qu’au moins 49 navires auraient bénéficié d’une immatriculation dans le Pavillon Sénégal sans que l’on sache le pourquoi ni le comment de cette démarche.
POURQUOI LE MINISTERE DES PECHES REFUSE DE DONNER LE NOMBRE DE NOUVEAUX BATEAUX IMMATRICULES ET LES LICENCES ATTRIBUEES EN 2018, 2019 ET 2020 ? QUI A SIGNE CES LICENCES ? CE REFUS NE CACHE-T-IL PAS D’AUTRES IMMATRICULATIONS QUE L’ON AURAIT GLISSE DANS LA REGULARISATION ILLEGALE DE CE QUE LE DEPARTEMENT APPELLE « LES ERREURS TECHNIQUES » QUI ONT SUBTILEMENT REMPLACE « LE MINISTRE PEUT PRENDRE DES DECISIONS QUI NE SONTPAS DANS LA LOI » (SIC) !
Cette réponse avait fait frémir tous les membres présents dans la salle (réunion du 05/09/2019 présidée par Mme le Ministre Aminata Mbengue ndiaye). Ce sont des informations d’ordre public et l’inquiétude est grande dans les rangs de tous les professionnels avertis, du fait de ce manque de visibilité sur la ressource et les orientations nouvelles choisies et non partagées par le Département. la profession ne sait pas si ces licences traduisent la volonté de l’état de se désengager par rapport à l’approche mise en œuvre par le PRAO. Cela serait étonnant d’autant qu’une deuxième phase dudit projet PRAO était en cours de finalisation. Cette décision remettrait aussi en cause la lettre de politique sectorielle des pêches (lPS) et les objectifs du plan Sénégal émergent (PSe) qui place la Pêche dans l’axe 1 pour la transformation structurelle de l’économie et la croissance. Serait-elle conséquente d’une nouvelle évaluation par le centre de recherche (CRODT ? la profession interrogera sûrement les différents bailleurs pour connaitre leur position. en effet, si cette décision de mettre, de cette manière, autant de bateaux dans la pêcherie est confirmée, les professionnels industriels en tireront toutes les conséquences.

L’ADUPES

Le projet ADUPES (aménagement Durable des Pêcheries au Sénégal) est un projet de l’etat du Sénégal destiné à introduire une approche nouvelle permettant, je cite : De mettre en place un système de gestion durable de certaines pêcheries (plans d’aménagement de la crevette profonde et du poulpe). De mettre en place un système d’évaluation et d’avis scientifiques sur l’ensemble des pêcheries démersales du Sénégal. L’objectif global est la contribution accrue des pêcheries démersales du Sénégal à une croissance économique durable. Ce projet de 3.279.885.000 Cfa, financé par l’Union européenne pour un montant de 2.623.928.000 Cfa et par l’état du Sénégal pour une contrepartie de 655.957.000 Cfa, se décline en 5 composantes : recherche, amélioration du système de régulation, Communication visible, assistance technique évaluation externe et audit Pour plus de détails, se référer au site web ADUPES. Comme on le constate, ce projet est venu parachever la mise en place d’une gestion rationnelle des pêcheries. C’est à ce titre que la crevette profonde est ciblée comme projet de démarrage sur les espèces suivantes :
– GAMBA
– ALISTADO
En d’autres termes, c’est l’Etat du Sénégal, par le biais du Ministère des Pêches et de l’Economie Maritime qui a initié et imposé ces plans d’aménagement en créant ce projet
La profession a suivi et accompagné la volonté du gouvernement. Les études menées par le projet ont débouché sur la création de la coopérative de gestion de cette pêcherie (COSECPRO). Cette coopérative dont les membres se partagent selon le décret de mise en œuvre de la cogestion, le quota de crevette profonde fixé chaque année à partir des résultats du groupe de travail qui réunit la recherche scientifique, l’administration des pêches et la coopérative. il est important de souligner que les crevettes profondes comprennent essentiellement les petites crevettes roses (GAMBA ET ALISTADO), des produits qui ne sont quasiment consommés qu’en Espagne, pays de tradition et de pêche de ces espèces. en terme économique on peut parler de monopsone, donc un marché fermé. C’est aussi la raison pour laquelle seules les sociétés mixtes sénégalo- espagnoles sont présentes sur l’exploitation de ce segment de pêche profonde. en plus de contribuer au financement de cette pêcherie, la COSECPRO doit verser au trésor public, pour le compte de la communauté nationale a qui appartient la ressource, une redevance annuelle tirée de l’activité de pêche.
C’est le concept de partage de la rente économique.
COMMENT LE MINISTERE DES PECHES ET DE L’ECONOMIE MARITIME PEUT-IL REPROCHER AUX COOPERATEURS CREES SOUS LE COUVERT DE CETTE MEME TUTELLE, LE MONOPOLE DES MEMBRES, SUR LA CREVETTE PROFONDE ? C’EST LE MINISTERE DES PECHES DU SENEGAL QUI EN DECIDE AINSI!
Le Département des Pêches ne serait-il pas en voie de SABORDER SES PROPRES PROJETS sans que les acteurs ne soient informés et sans concertation préalable.

LE REPOS BIOLOGIQUE

Le Sénégal observe depuis 14 ans, un repos biologique appliqué en totalité par la pêche industrielle et de manière épisodique et sélective par la pêche artisanale, sur le poulpe et la crevette. il est temps, après une période aussi longue, de faire une évaluation de cette mesure pour la réorienter ou la supprimer. En effet, les objectifs poursuivis n’ont jamais été clairs car on ne sait toujours pas si l’on cherche à protéger les juvéniles ou les géniteurs. Les mois de repos biologique sont aussi difficiles à cerner pour une pêche multi-spécifique ou beaucoup d’espèces n’ayant pas les mêmes périodes de reproduction, cohabitent dans les mêmes zones. L’observation du repos biologique est de fait, au fil du temps, une mesure cosmétique servant à montrer que le secteur fait des efforts de conservation de la ressource. S’il est vrai qu’on ne peut raisonnablement pas arrêter la pêche artisanale vu son rôle dans l’alimentation de la population, c’est quand même elle qui débarque 90% des captures. le vrai débat, c’est la réduction de l’effort de pêche, d’où l’incompréhension qui subsiste chez les acteurs devant la tendance nouvelle à essayer d’octroyer des licences de pêches pendant que l’immatriculation des pirogues artisanales est stoppée.

LE PAVILLON NATIONAL

Le pavillon est une pièce d’étoffe, aux couleurs de l’état, destiné à indiquer la nationalité. C’est l’expression de la souveraineté nationale par le biais de la nationalité du bateau. Un navire ne peut avoir qu’une seule nationalité. Pour le profane, le pavillon, c’est un titre aussi important que le titre foncier, le bateau étant un prolongement du territoire national. C’est pourquoi en droit, le bateau est aussi appelé « Bâtiment à la mer ». Au Sénégal, pour obtenir la nationalité d’un bateau, il faut se référer à la loi 2002- 22 du 16 août 2002 portant Code de la Marine Marchande, le décret 2004-283 du 18 juin 2009 application du Code de le Marine Marchande. Ces textes ont été complétés par le décret 2009-583 du 18 juin 2009 portant création, organisation et fonctionnement de l’Annam (agence nationale des affaires Maritimes). Le dossier à fournir se compose comme suit : avoir avant toute chose, l’autorisation d’achat et de sénégalisation du navire, délivrée par Mr le Ministre chargé de la Marine Marchande. C’est ce passage obligé que l’on essaie de contourner par la délivrance des promesses de licence, ce qui n’existe pas, sauf erreur de ma part, dans le droit maritime sénégalais. C’est une commodité courante et admise par les autorités qui se sont succédées au Ministère dont relève la Marine Marchande. Fournir un dossier technique et administratif comprenant, je cite : la copie des plans du bateau, le certificat de classification du navire, le certificat de jauge, (par un organisme agréé par l’Annam), le contrat de vente enregistré, la mise à la consommation en douane, le certificat de radiation du pavillon d’origine, le rapport de visite de conformité, l’acte de serment de propriété pour les personnes physiques. Dans le cas des navires étrangers, objet de la contestation des acteurs nationaux quant à leur sénégalisation, il est important de se demander si toutes les pièces et les procédures exigées par la réglementation sont respectées, y compris la vérification qu’au moins 51% des parts des sociétés demanderesses appartiennent à un ou des sénégalais. Je rappelle que pendant les périodes de guerre froide, beaucoup de bateaux de pêche des pays de l’est étaient construits en intégrant la dimension militaire en cas de conflit. C’est dire l’importance du pavillon pour l’état et la Marine nationale. C’est un acte fort de souveraineté. Le Sénégal est un pays en paix mais la guerre déclarée contre le COViD 19 est assez révélatrice que désormais que beaucoup de choses vont changer, doivent changer. Le pavillon étant une chose très sérieuse, son audit est recommandé et de manière périodique, pour s’assurer qu’il est géré de manière rigoureuse et conformément à la loi.

LE CONTROLE DE L’ATTRIBUTION DES LICENCES DE PECHE

Il est grand temps que notre assemblée nationale se saisisse de la question des licences de pêche qui pollue chaque année les relations entre les acteurs et le Ministère en charge du secteur de la pêche. Le poisson est une ressource qui appartient à la nation. Son rôle alimentaire et son caractère épuisable méritent qu’on trouve un modus operandi qui ôte toute suspicion dans l’attribution des autorisations de pêche. Les corps de contrôle, comme l’inspection générale d’état ont aussi un rôle important à jouer dans le contrôle des administrations chargées de la gestion de ces ressources halieutiques. Un nouveau système enlevant la pression exercée sur le Ministre des Pêches en ce qui concerne l’octroi de licences ne doit-il pas être trouvé ? La Commission des licences réformée ne pourrait-elle pas donner un avis contraignant comme plusieurs pays le font ? Le Patronat sénégalais aussi est interpelé pour une plus grande prise en charge des problèmes économiques liés aux ressources naturelles et aux marchés publics en général. Il fait peut-être de son mieux. Cependant, cette situation, si elle n’est prise à bras le corps, finira par détruire nombre d’entreprises et des pans entiers de l’économie de notre pays. De mon point de vue, nous vivons un encerclement économique étranger insidieux dont les conséquences pourraient être désastreuses. La profession a un rôle de veille et d’éveil conformément au statut des associations dont le but est de défendre les intérêts matériels et moraux des membres. A priori, le fait d’alerter passe mal chez la plupart des autorités qui ont dirigé le Ministère de l’économie Maritime. Pourtant c’est une pratique normale dans la Cogestion établie depuis des années comme le mode de bonne gouvernance de la pêche. Si l’on n’y prend garde, nous ferons 20 ans de recul dans la gestion halieutique et perdre de ce fait tous les acquis durement engrangés par toutes les parties prenantes du secteur halieutique et même de la nation toute entière.

EN CONCLUSION

L’état du Sénégal est libre de changer radicalement de politique en matière de pêche. D’une part, en reniant par des services officiels, le gel de l’effort de pêche et le choix de faire de la pêche un secteur orienté en partie vers les exportations. la preuve évidente en est administrée par l’affirmation par une voie autorisée du Ministère des Pêches, lors de l’émission télévisée « JAKARLOO » du 24/04/2020 de la TfM, que les exportateurs METTENT LES DEVISES DE LEURS EXPORTATIONS DANS LEURS POCHES!! Aucune entreprise exportatrice n’a le droit d’encaisser des devises. Celles-ci sont domiciliées et rapatriées via les banques, sur délégation de la Banque Centrale (BCeaO). le compte bancaire de l’exportateur n’encaisse que des francs Cfa ! la Direction des Douanes Sénégalaises effectue chaque année, un CONTROLE QUASI EXHAUSTIF de tous les dossiers d’export domiciliés dans les banques. D’autre part, le second reniement concerne, comme indiqué plus haut, le cas de la crevette profonde avec la mise en place d’un plan d’aménagement. Seulement, et au préalable, les parties prenantes dans ces partenariats définis par l’état, doivent être averties pour que chaque intervenant réaménage ses orientations, ses investissements, sa relation avec son environnement économique, financier et social. La personnalisation du débat n’est pas nécessaire sauf si l’on veut chercher à « NOYER LE POISSON ». Ce survol de quelques aspects de la pêche est destiné à rendre plus lisible les actes qui sont posés et ceux qui vont surement l’être dans les jours à venir. Le citoyen doit être informé de ce qui se passe sur la gestion des ressources nationales, dont celles halieutiques convoitées actuellement par plusieurs pays. Le poisson n’a jamais perdu son appellation d’or bleu même s’il ne nourrit plus correctement une partie de la population et un nombre important de pêcheurs et d’acteurs. Le combat que mènent certains acteurs ne doit pas être perçus comme une lutte de privilèges pour une corporation, encore moins contre un Ministre de la république. C’aurait été le cas, la profession n’aurait pas de divergences avec la tutelle.
En effet, il était plus simple pour ceux dont la vocation est la création de richesse, de s’allier avec les décideurs pour tirer le maximum de profit sur les ressources nationales. LE POISSON EST UNE RICHESSE QUI APPARTIENT A TOUS LES SENEGALAIS. TOUS LES CITOYENS DOIVENT DEFENDRE SA PRESERVATION POUR LE BIEN DE LA NATION ET DES GENERATIONS FUTURES. LE PAVILLON NATIONAL EST AUSSI LE SYMBOLE D’APPARTENANCE A UNE SOUVERAINETE MARITIME. IL NE DOIT PAS ETRE BANALISE OU SUSCITER DES SUSPISCIONS DE COMPLAISANCE.«LA MER NOUS EST PRETEE»!Adama LAM,Administrateur de Société de Pêche.

DR ALIOUNE BLONDIN DIOP (MÉDECIN INTERNISTE): “Il faudra préparer la population à cohabiter avec le virus’’

http://www.enqueteplus.com/nodeAncien praticien des hôpitaux de Paris, spécialiste de médecine interne, orientation maladies immunitaires, Docteur Alioune Blondin Diop dissèque, pour ‘’EnQuête’’, la situation pandémique due au coronavirus.
Après deux mois de pandémie, quel regard portez-vous sur l’évolution du coronavirus au Sénégal ?
D’abord, permettez-moi de saluer l’augmentation du nombre de tests que j’ai appelé de tous mes vœux. Dans la stratégie que j’ai proposée en guise de riposte à la pandémie de Covid-19, je préconisais que soit mis en place un système de confinement ciblé, combiné à la réalisation de tests larga manus, en particulier dans les zones qui pouvaient devenir des épicentres transitoires ou prolongés de la maladie. Aujourd’hui, force est de constater que les zones comme Dakar ou Touba sont devenues les régions où l’épidémie connaît une expansion en nombre de cas contacts, mais aussi et surtout en nombre de cas dits communautaires. Ce que j’attendais de cette stratégie était d’augmenter le nombre de personnes susceptibles d’être dépistées, afin de déceler les personnes contacts beaucoup plus tôt, dans un objectif de prise en charge plus précoce. C’est ce qui est en cours de réalisation.
Plus globalement, il faut remarquer que le développement de la maladie s’est fait en trois phases. La première, c’était les cas importés. Mais, à partir du 20 mars, la fermeture des frontières a permis de réduire de façon drastique l’ensemble des cas importés. Depuis le 4 avril, nous n’avons quasiment plus de cas importés. La deuxième phase est celle du confinement. Elle se matérialise par l’état d’urgence, le couvre-feu et, dans une moindre mesure, la loi d’habilitation qui ont été des mesures fortes. Elles ont contribué, avec les messages de prévention, de respect des barrières de transmission du virus, à passer d’une épidémie essentiellement importée à une épidémie à progression plutôt lente, essentiellement nationale avec, en plus, des cas communautaires… Durant la troisième phase, on a enregistré une augmentation du nombre de cas avec une proportion de 10 % respectée. Il y a aussi et surtout la proportion de transmission communautaire qui inquiète de plus en plus. D’une part, cela est dû à l’augmentation du nombre de tests, mais aussi, il faut le reconnaitre, à un relâchement dans le confinement préconisé.
Ainsi, nous sommes passés ou en train de passer d’une épidémie relativement contrôlée au début à une épidémie totalement hors de contrôle. Ce qui a, certainement, poussé les autorités à rendre systématique le port du masque. Mais, d’un point de vue pédagogique, cette dernière mesure a rendu le message totalement flou, dans la mesure où l’on passe une logique de ‘’restez chez vous’’ à une logique de ‘’portez des masques’’. La campagne de sensibilisation pour rendre compréhensible ce changement de paradigme a été insuffisante, à mon avis.
Ces derniers jours, on a noté une diminution du nombre de guérison. Qu’est-ce qui peut l’expliquer ?
En réalité, cela traduit l’efficacité de la prise en charge de mes confrères. Après avoir soigné les patients de la première vague qui étaient traités précocement, il reste en hospitalisation les personnes présentant des symptômes plus sévères, mais dont la proportion par rapport aux personnes guéries reste équilibrée. En dépistant les personnes précocement, on augmente les chances de tomber sur les porteurs sains, de personnes pauci-symptomatiques, c’est-à-dire présentant très peu de symptômes. Lesquels guériront aussi vite que la première vague.
Il n’y a donc pas de crainte à ce niveau.  La seule chose qu’il faudrait craindre, est en rapport avec l’appréhension que la population générale manifeste par rapport à cette maladie et qui peut conduire certaines personnes à fuir les circuits de prise en charge classique, réduisant ainsi le succès constaté ces dernières semaines en termes de guérison. Cette stigmatisation non souhaitable pourrait conduire à éviter les structures sanitaires, au risque de développer des complications sévères au domicile. Nous sommes en droit de nous poser la question de savoir si les décès constatés à domicile, dernièrement, ne sont pas une conséquence d’un retard de prise en charge, en rapport avec une stigmatisation supposée ou avérée.
L’augmentation des tests a aussi pour corolaire l’augmentation du nombre de cas positifs. Que faudrait-il faire pour éviter que nos hôpitaux ne soient débordés ?
Le Sénégal a pris l’option d’hospitaliser toutes personnes présentant des symptômes, depuis le patient pauci-symptomatique, en passant par le patient moyennement sévère, jusqu’à celui relevant d’une prise en charge en réanimation. Il s’agit d’un principe de précaution maximale. Cela est tout à notre honneur. Cependant, l’augmentation du nombre de tests s’accompagnera inéluctablement d’une augmentation de personnes dépistées positives. Si le pays continue d’hospitaliser toutes personnes à PCR positive, en effet, on peut craindre un risque de saturation de nos structures hospitalières. Il va donc falloir sélectionner les personnes dont la structure de la famille et du domicile permettra d’envisager un confinement à domicile, comme cela se passe en Europe et aux États-Unis. Une personne positive, consciente de sa maladie, disposant d’un moyen de communication, maîtrisant les gestes barrières, mais étant pauci-symptomatiques, peut tout à fait être retenue à son domicile avec une surveillance rapprochée d’une équipe mobile sanitaire. Nous devrons réfléchir à cette solution dans un avenir proche.
Certes, il n’y a pas encore beaucoup de décès. Mais rapporté au nombre total de cas graves, le taux est quand même assez important. Cela ne traduit-il pas une certaine faiblesse dans la prise en charge de la maladie ?
Vous avez absolument raison. Mais cette situation n’aura rien de spécifique au Sénégal, puisque le nombre de morts que vous constatez en Europe et aux États-Unis est en partie lié à l’augmentation du nombre de cas de façon générale, mais aussi et surtout à la vieillesse de leurs populations. En ce qui nous concerne, si l’épidémie continue de croître à cette vitesse, il y aura inéluctablement une proportion de personnes, à l’instar des 10 décès constatés, qui malheureusement, ne pourront être prises en charge correctement par le service de réanimation. Il est donc indispensable que nous continuions à mettre l’accent sur la prévention, sur les barrières de transmission, sur la réduction du nombre de cas communautaires et sur la précocité de la prise en charge de nos patients, qu’ils soient pauci-symptomatiques ou symptomatiques légers ou modérément atteints. Il faut souhaiter, pour notre pays, que la courbe de croissance de l’épidémie ne suive pas celle des pays occidentaux.
Qu’est-ce qui explique le nombre réduit de cas graves dans des pays comme le Sénégal ?
D’abord, je souhaiterais que nous ne parlions pas trop vite, puisque nous n’en sommes qu’au début de l’épidémie. Ceci peut être la résultante de trois facteurs. Le premier, c’est la précocité de la prise en charge de nos patients. C’est une stratégie qui est adoptée par le ministère de la Santé et qui semble donner des résultats. Le deuxième, très probablement, c’est en rapport avec la jeunesse de la population qui dispose d’une immunité de prémunition ou d’un système immunitaire plus jeune et mieux à même de pouvoir combattre un virus. Troisièmement, il faut noter que nous n’en sommes qu’au début de l’épidémie. Il serait donc précoce, voire prématuré de ne parler que de cas très peu graves pour l’instant.
La stratégie du gouvernement consiste jusque-là à ne tester que les contacts à haut risque et ceux qui ont des symptômes. Que pensez-vous d’une telle option, à l’aune de la multiplication des cas communautaires ?
C’est une très bonne question. C’est une stratégie que j’ai jugé utile à un certain moment de l’épidémie. Mais déjà, le 25 mars, lors d’une stratégie que j’ai proposée, j’ai préconisé que l’on puisse réaliser des dépistages systématiques dans toutes les contrées du pays qui, par l’augmentation du nombre de cas, se transformaient en épicentre de la maladie. J’ai toujours pensé qu’après le confinement, il fallait compléter la stratégie par un dépistage généreux en confinant des quartiers, des communes ou des villes, le tout accompagné d’une stratégie de masques pour les confinements à domicile, par quartier. En plus du confinement, il faut un respect des mesures barrières, un dépistage ciblé, mais en nombre important et non exclusivement lié au contact, le tout dans un contexte de masque rendu disponible par un coût accessible.
Peu ou prou, le gouvernement est en train d’adapter cette stratégie, mais de façon à mon sens un peu trop lente et trop progressive. Je ne suis pas dans le secret des dieux et j’insiste sur le fait que le dépistage massif par quartier ou par commune, pour un pays de 16 millions d’habitants, pourrait constituer une solution, dans l’état actuel de l’épidémie au Sénégal. En admettant que nous connaissions une épidémie à croissance lente, puis à croissance exponentielle, puis un pic, enfin une décroissance un peu à l’image de ce qui se passe dans les pays européens et américains, il conviendrait alors, en fin d’épidémie, de proposer des tests sérologiques et non des tests de dépistage génomique. Les tests sérologiques permettraient de nous faire une idée sur l’immunité collective de la population sénégalaise. La connaissance de cet élément permettrait d’adapter le type de stratégie adoptée après la crise.
Les cas contacts sont jusque-là confinés dans les hôtels.Est-ce la meilleure formule,selon vous?
Les capacités hôtelières du Sénégal sont importantes. Cela est lié à notre statut de pays touristique qui rend disponible un bon nombre de lits d’hôtel. Certains réceptifs ont accepté d’héberger des personnes contacts et cela est tout à leur honneur. Votre question appelle un certain nombre de réflexions sur cette épidémie, avec la stigmatisation des personnes atteintes, qu’elles soient porteuses du virus ou qu’elles en soient guéries. Le même phénomène a été observé pour l’épidémie Ebola, mais encore plus pour le sida. Cela pose un problème de l’identification des personnes contacts, celles atteintes de forme grave ou celles atteintes de forme modérée pouvant s’aggraver. Il faut comprendre que le rejet, par la communauté, de personnes susceptibles d’avoir été contaminées par le coronavirus, réduit l’efficacité des mesures de prévention et d’information, de communication mises en place par le ministère de la Santé et ses équipes. Il conviendrait que les associations communautaires, que les relais communautaires, les leaders politiques, religieux et artistiques puissent travailler à la banalisation de cette maladie, sans en nier son caractère grave.
Pour en revenir à l’hôtel, il permet de contourner cette difficulté de stigmatisation et de rejet des personnes en contact. Néanmoins, certains témoignages de personnes contacts ayant séjourné dans des hôtels de la place ne sont pas très satisfaisants et décrivent ce séjour comme un véritable supplice, voire un emprisonnement. Si nous souhaitons que la population adhère à ce type de solution de surveillance et d’entrée dans les circuits de soins, il conviendrait d’améliorer les conditions d’accueil et d’accompagnement psychologique de ces personnes qui, somme toute, ne sont pas malades.
Est-ce que la stratégie de l’immunisation collective, bien qu’ayant montré ses limites dans certains pays développés, ne serait pas mieux adapté chez nous ? 
C’est une question qui appelle plusieurs réponses. D’abord, l’état des connaissances actuelles ne permet de déterminer si la contamination d’un grand nombre de personnes dans notre population pourrait s’accompagner d’une immunisation collective. Quelques études réalisées en Chine et plus récemment en France et en Italie rapportent que l’immunisation ne concerne que 21 % des populations testées et guéries. Ce qui, théoriquement, laisse penser qu’une nouvelle contamination pourrait être possible pour les 79 % restants. Ensuite, le nombre de cas communautaires et les contaminations qui pourraient en résulter pourraient impliquer des personnes soit porteuses de comorbidités soit à une immunité faible en raison de leur âge. Ce qui se traduirait par une mortalité élevée. Enfin, à l’instar de ce qui s’est produit dans la région est de France (le patient de Mulhouse), le Sénégal ne serait pas à l’abri d’un virus qui, au gré d’une mutation, entraînerait une contamination sévère de personnes à risque avec, à l’issue, une mortalité plus importante.
Au rythme où vont les choses, quand est-ce que nous pouvons envisager la fin de l’épidémie ?
Si je détenais une boule de cristal, j’aurais pu répondre sans difficulté, mais ce n’est pas le cas. Aucun pays de la planète ne s’est totalement débarrassé de la maladie, pour l’instant. Mais, au risque de vous décevoir, je pense qu’il faudra préparer la population sénégalaise et africaine, de façon générale, à cohabiter avec le virus ; dans le respect d’un certain nombre de gestes barrières et en modifiant totalement notre façon de vivre, de communiquer, d’échanger et de vivre avec notre environnement. Enfin, l’histoire des épidémies révèle que celles-ci apparaissent, augmentent, se développent et décroissent ; parfois spontanément, sans l’intervention de l’humain. Nous ne disposons, pour l’instant, ni de traitement et aucun vaccin n’est attendu avant 18 mois. Si nous sommes dans le schéma d’une épidémie qui s’éteindrait spontanément, il faudrait nous attendre à une nouvelle épidémie dans les 10 ans à venir. Cette récurrence étant la conséquence de notre nouvelle façon de vivre et de la globalisation de nos économies.
Cela m’amène à demander aux autorités sénégalaises, au ministère de la Santé en particulier, d’éviter de rejeter les quelques personnes venant de pays étrangers, surtout limitrophes. Il va falloir que l’Afrique comprenne que la solution au contrôle de l’épidémie sera régionale ou ne sera pas. Si le Sénégal arrive à contrôler son épidémie et que la situation ne s’améliore pas en Guinée-Bissau, en Guinée, au Mali, en Mauritanie, il est clair que notre pays s’exposera à une récidive de son épidémie. Et ce, quelles que soient les fermetures de frontières qui auront été mises en place.
La CDEAO et les organismes communautaires régionaux devraient réfléchir à des solutions globales qui, inéluctablement, se révéleraient être les solutions les plus stables et les réponses les mieux adaptées à une riposte efficace et durable.PAR MOR AMAR

LES PIQUES DE L’AS DE CE MERCREDI

SenePlus  |   Publication 06/05/2020
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Le Dg de clean oil, Adja Diallo, Niang Kharagne Lô et 5 autres personnes en garde à vue

Malgré le couvre-feu en vigueur, le directeur de Clean oil n’a pas trouvé mieux à faire que d’organiser un mariage en grande pompe, en invitant plusieurs « jet setters» parmi lesquels Adja Diallo. Comme s’ils narguaient leur monde, ils ont fait circuler les images sur la toile. De quoi susciter le courroux des autorités qui ont actionné la Section recherche de la Gendarmerie nationale. Les hommes du Commissaire Mbengue ont alpagué et placé en garde à vue huit personnes dont le célèbre « snappeur » du chef de l’Etat Niang Kharagne Lo, Adja Daillo et le marié Bara Guèye de clean oil. Malgré la pression, ils risquent gros d’autant que la Sr entend les déférer au plus tard demain devant le procureur de la République qui devrait au moins leur infliger des sanctions pour l’exemple. L’enquête se poursuit et on annonce d’autres arrestations.

22 agents de santé en confinement

Le dernier cas communautaire du département de Mbour qui est un enfant de 2 ans a fait confiner 22 agents de santé et 17 autres contacts. Selon nos sources, l’enfant qui était tombé malade a été conduit par ses parents dans quelques centres de santé pour se faire traiter. Mais les blouses blanches qui n’avaient pas encore diagnostiqué la maladie ont été en contact avec le petit. Ainsi, d’un centre à un autre, les parents feront le tour de certaines structures sanitaires de la ville. Comme les médecins n‘avaient pas diagnostiqué la maladie, les parents l’ont amené à l’hôpital des enfants de Diamniadio où il a été testé positif au coronavirus. Il est considéré comme le quatrième cas issu de la transmission communautaire au niveau de Mbour. En retraçant le parcours de l’enfant, les services de santé ont identifié plusieurs personnes contacts. Au total, renseigne notre source, 39 personnes dont 22 agents de santé sont placées en confinement dans un hôtel de la place. Aujourd’hui, le département de Mbour compte 21 cas dont 4 cas issus de la contamination communautaire. Toutefois, seuls ces 4 cas sont sous traitement, les autres ayant été déclarés guéris du coronavirus.

12 nouveaux cas à Médina Gounass dont le médecin chef

Un autre foyer de la pandémie du coronavirus est né au sud du pays, notamment dans le département de Vélingara. La cité religieuse de Médina Gounass a enregistré hier 12 cas positifs au coronavirus. D’après certaines informations, le médecin chef Dr Sow a chopé le virus. Sa famille a été mise en quarantaine. Au finish, le district de Vélingara se retrouve en quelques jours avec 43 cas. Sept patients internés au centre de traitement du Covid-19 de Kolda sont guéris. Ce qui fait qu’une trentaine de malades du covid-19 sont encore sous traitement.

Le Service d’hygiène de Fatick ne dispose que d’un véhicule

La brigade d’hygiène de Fatick fait face à d’énormes difficultés en cette période de pandémie où les soldats de l’hygiène et de la propreté sont incontournables dans la lutte. L’insuffisance de ressources humaines et de moyens logistiques constitue pour les hommes du capitaine El Hadji Niass un réel souci en cette période où le service devrait être au-devant de la scène dans la croisade contre le Covid-19. Même si toutes les cinq sous brigades sont mobilisées pour contrer la pandémie avec la mise en place de dispositifs de lavage des mains, de formation des relais et des opérations de désinfection des lieux de rassemblements, il n’en demeure pas moins difficile pour les hommes du capitaine Niass de mener à bien leur mission. La brigade de Fatick dispose, en effet, d’un seul véhicule et de 15 agents pour toute la région. Une situation qui a beaucoup impacté sur leur travail etles résultats attendus. N’empêche, le capitaine EL Hadji Niass arrive tout de même à gérer la situation de main de maitre. Les agents ont saisi un nombre important de produits contre-indiqués dans des boutiques.

Dons de masques aux policiers et sensibilisation

Le Collectif pour la justice et contre les violences policières et le Frapp ont offert 106 masques lavables au commissariat de Grand-Yoff. D’autres commissariats du département de Dakar seront également servis. La particularité des masques offerts au commissariat de Grand-Yoff est qu’ils sont constitués de 3 couches. Il s’agit d’un tissu en coton, renfort et popeline. Ces masques locaux et lavables ont été confectionnés par le collectif des pan-africanistes pour une alternative endogène dans le cadre du programme «Mbolo and xeex mbaas». Le Frapp dit être choqué de voir des policiers envoyés par l’État sans masques pour disperser sa conférence de presse. Ces deux organisations en ont fait d’une pierre deux coups. Elles ont profité de la cérémonie pour sensibiliser les forces de défense et de sécurité sur les actes de violences exercés sur des civiles. Les donateurs ont été reçus par le doyen des policiers de Grand Yoff, Moustapha Ndiaye.

Mamadou Talla consulte les acteurs de l’école

Le ministre de l’Éducation Nationale travaille en perspective d’une reprise des cours le 2 juin prochain. A cet effet, Mamadou Talla a tenu hier plusieurs rencontres en visio-conférence avec l’ensemble des Inspecteurs d’Académie du Sénégal, les secrétaires généraux des syndicats du G7, les associations de parents d’élèves, la société civile, etc. Selon Mamadou Talla, il s’agissait de les consulter pour recueillir leurs avis et conseils pour la matérialisation de la décision de reprise des cours. Il a tenu à remercier tous les acteurs de l’école qui ont déjà donné leurs contributions et leurs orientations pour avoir une même dynamique. Le ministre de l’Education Nationale soutient avoir tenu en compte leurs suggestions et partagé leurs craintes. Toutefois, il rassure qu’il ne prendra aucune décision sans que les différents partenaires ne se prononcent. D’ailleurs, dit-il, le Ministère de l’Education Nationale est représenté dans le comité national qui oriente les grandes décisions. Et toutes les modalités et les préalables pour faciliter la reprise des cours le 2 juin prochain seront examinés.

Contribution des grossistes et pharmaciens

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale continue de recevoir des contributions de bonnes volontés dans le cadre de la croisade contre le coronavirus. Les grossistes répartiteurs ont offert du matériel de protection, des dispositifs, des consommables médicaux et des produits pharmaceutiques d’une valeur de 103 millions Fcfa. Le Conseil national de l’ordre des pharmaciens a aussi mis la main à la poche et remis un chèque de 20 millions Fcfa en guise de contribution.

Felwine Sarr, le covid-19 et les ménages

Le professeur Felwine Sarr a exposé sur le thème «Covid-19 et les ménages les plus vulnérables», lors d’un panel sur le Covid-19, organisé par la Direction générale de l’Enseignement Supérieur, de la recherche et de l’innovation. Pr Felwine Sarr a axé son intervention sur deux points centraux à savoir la logique économique ayant présidé au ciblage des transferts destinés aux pauvres, dans le cadre de la riposte gouvernementale, et le cadre de ce qui devrait constituer un plan de relance de l’économie, à l’horizon post-pandémie. Il a expliqué comment la diversification de l’activité économique, à travers une transformation sur place des produits de base, pourrait rendre l’économie nationale plus résiliente. Son collègue Pr Joseph François Cabral a démontré comment le choc que représente le Covid-19 aura des répercussions importantes sur les revenus des ménages appartenant à différentes tranches de revenus. Il prévient que beaucoup de personnes qui appartenaient à la classe moyenne risquent de se retrouver dans la tranche de revenus inférieurs.
pas attendre, entre autres appuis pour préparer l’après COVID-19.ADE/OID

 Factures d’électricité payées par l’Etat: des Sénégalais partagés entre joie et reconnaissance

http://lesoleil.sn/L’expression des visages des concitoyens traduit leur joie à l’égard de la Société nationale d’électricité (Senelec) qui a rendu effective la volonté du Gouvernement de prendre en charge les factures d’électricité des ménages abonnés à la tranche sociale et éprouvés par les effets du Covid-19.
Le Président de la République l’avait promis, il l’a fait. Lors de son traditionnel discours à la Nation prononcé le 3 avril dernier, Macky Sall avait annoncé que l’État prendrait en charge, pour un bimestre, les factures d’électricité (et d’eau aussi) des ménages abonnés à la tranche sociale. Une manière de les soutenir financièrement en ces temps difficiles. Beaucoup de Sénégalais se demandaient si réellement cette mesure allait entrer en vigueur et dans quelles conditions. Ils ont été édifiés depuis le vendredi 1er mai. En effet, les clients du mode prépayé « Woyofal » éligibles ont bénéficié d’un rechargement de 175 kW, soit l’équivalent de 17 000 ou 18 000 FCfa. Les détenteurs de factures post-payées ont également bénéficié de la mesure.
Des chefs de famille interrogés ont témoigné de leur reconnaissance envers l’État. En effet, avec la crise qui sévit actuellement dans le monde, le Sénégal a pris très tôt l’option d’instaurer l’état d’urgence sur tout le territoire national et un couvre-feu effectif de 20 heures à 06 heures du matin, en plus de la fermeture des écoles et universités. Ceci a entraîné une augmentation de la consommation d’électricité et donc, de la facture qui allait avec. « Je me félicite beaucoup de cette aide de l’État qui vient à son heure », confie d’emblée Alassane Dièye, retraité d’une société de transport de la place. Selon ce septuagénaire, seul bras actif de sa famille, puisque ses trois enfants étant encore à l’université, « cette économie de plus de 25 000 FCfa sur la facture de ce mois sera réorientée pour les besoins de la famille, notamment dans l’alimentation », dit-il. Alassane qui avait l’habitude de payer dans une fourchette comprise entre 30 000 et 35 000 FCfa est à peu près sûr qu’il n’aura pas à débourser plus de 10 000 FCfa ce mois-ci.
Cette mesure sociale est aussi une aubaine pour Anta Camara, une veuve qui peine à joindre les deux bouts. « Je n’y croyais pas jusqu’à ce que je remarque cette baisse sur ma facture de ce mois ». Obligée d’élever seule sa progéniture, cette restauratrice ne cache pas sa joie. « C’était très difficile pour moi puisque toutes les activités sont à l’arrêt et il a fallu que je me réinvente vendeuse de légumes pour subvenir aux besoins de mes enfants. Vous imaginez donc la bouffée d’oxygène que ces 25 000 FCfa d’économie sur ma facture pourraient constituer », dit-elle ravie comme jamais.
Les clients de la plateforme « Woyofal » ne sont pas non plus en reste. La Senelec mettra, en effet, à la disposition de chaque client concerné la quantité d’énergie correspondant à un achat de crédit d’au minimum 17 000 FCfa. Ce dont se réjouit Adja Aminata Diop Fall. « Bien sûr que j’espère bénéficier de cette réduction puisque je remplis toutes les conditions requises. Je ne sors pratiquement plus de la maison à cause du coronavirus et cette aide serait déterminant le mois prochain parce que j’ai déjà dépensé toutes mes économies », fait-elle savoir.
Pour autant, tous ne sont pas logés à la même enseigne que ceux précités. La Société nationale d’électricité (Senelec) a été un peu plus claire dans son communiqué. La missive disait « qu’il s’agissait du paiement des factures d’électricité des clients domestiques de la tranche sociale pour un bimestre de consommation ne dépassant pas 250 kW/h ». Ainsi, pour les clients en mode post-paiement, la Senelec informe qu’il va « apurer, pour chacun d’eux, une facture correspondant à un bimestre de consommation » ; ce qui disqualifie d’office Cheikh Tidiane Fall, propriétaire d’une boutique aux Parcelles assainies. « Je ne pourrais pas bénéficier de cette grâce puisque j’ai un compteur commercial », dit-il l’air dépité. « On aurait dû y associer tout le monde, car nous sommes tous des Sénégalais et travaillons pour notre pays. Franchement, cette quantité d’énergie n’est pas trop importante pour servir de baromètre aux bénéficiaires », lâche le boutiquier.
Cheikh Tidiane Seck n’avait pas non plus connaissance de ce texte. Assis confortablement sur sa natte et le chapelet à la main, le vieux dit être allé jusqu’à l’agence de la Senelec pour s’assurer qu’il est éligible. « Là, je suis sûr que je ferais des économies d’au moins 20 000 FCfa sur ma prochaine facture. Je pourrais acheter le ravitaillement et garder quelques billets pour moi. Nous ne pouvons que remercier le Chef de l’État qui ne cesse de montrer qu’il est du côté de ceux qui souffrent le plus de cette maladie. Cette mesure ne fait que soulager les pères de famille que nous sommes », conclut-il.Mouhamadou Lamine DIOP


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