Revue de Presse du Mardi 19 Mai 2020

Revue de Presse du Mardi 19 Mai 2020
Partagez ce contenu!

MARCHÉ FINANCIER DE L’UEMOA:LE SÉNÉGAL LÈVE 164 MILLIARDS FCFA

http://www.emedia.sn/l’État du Sénégal a levé, hier, un montant de 164 milliards Fcfa par adjudication sur le marché financier de l’Uemoa. Selon Le Soleil qui donne l’information, dans sa parution du jour, cette levée de fonds est destinée à assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’État.
Le remboursement du capital interviendra le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 16 novembre 2020, précise la même source. Quant aux intérêts, ils sont payables d’avance et précomptés sur la valeur nominale des bons d’un million FCFA.
À rappeler que le Gouvernement a levé, le 28 avril dernier, plus de 103 milliards de « bons sociaux » Covid-19. Lorita SIMBOU (Stagiaire)

Remboursement de dettes: Le trésor sénégalais va décaisser 7,659 milliards de FCFA le 25 Mai

https://www.lejecos.com/Selon le Dépositaire Central/Banque de Règlement, l’Etat du Sénégal procédera le 25 Mai 2020, au paiement des intérêts semestriels et au paiement partiel du capital de l’emprunt obligataire dénommé « Etat du Sénégal 6,30 2015-2025 ». Le montant global net d’impôt est de sept milliards six cent cinquante-neuf millions trois cent soixante-onze mille treize francs.
Pour rappel, cet emprunt obligataire dénommée « Etat du Sénégal 6,30% 2015-2025 » est assortie à un taux d’intérêt de 6,30% net de tout impôt pour les investisseurs résident au Sénégal.  Il est assis sur une durée de 10 ans avec un an de différé pour le remboursement du capital. Les échéances sont semestrielles. Ce qui a pour conséquence de faire débuter le remboursement du capital à la fin de la 2ème année.Oumar Nourou

Les dépenses budgétaires exécutées à hauteur de 1027,5 milliards à fin mars 2020

https://www.lejecos.com/Dans son « Point mensuel de conjoncture » d’avril 2020, la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) analyse l’exécution des dépenses budgétaires. « Au titre des dépenses budgétaires, elles ont été exécutées à hauteur de 1027,5 milliards à fin mars 2020 contre un montant de 1014,8 milliards un an auparavant, soit une augmentation de 12,7 milliards (+1,3%).
Cette augmentation reflète la progression des dépenses courantes, notamment, la masse salariale et les charges de fonctionnement, atténuée, toutefois, par la baisse des intérêts sur la dette et la contraction des dépenses d’investissements », renseigne la Dpee. Elle explique que  les charges de fonctionnement (312,8 milliards) et la masse salariale (204 milliards) ont progressé respectivement de 19,1 milliards (+6,5%) et 21,3 milliards (+11,7%).
Cette hausse est atténuée, d’une part, par la contraction des intérêts sur la dette qui se sont repliés de 2,1 milliards pour s’établir à 113,9 milliards, et d’autre part, par la réduction des dépenses d’investissements ; lesquelles ont baissé globalement de 6,1%, passant ainsi de 422,4 milliards à 396,8 milliards sur la période. Ce repli est imputable, aussi bien, aux investissements financés sur ressources internes (208,8 milliards) qu’aux investissements financés sur ressources extérieures (188 milliards).
Concernant les ressources, la Dpee note qu’elles sont constituées de recettes budgétaires (511,4 milliards) et de dons (35,6 milliards). En glissement annuel, les ressources se sont confortées de 16,9 milliards imputables essentiellement aux dons en capital évalués à 34,9 milliards (+144,1%). Par ailleurs, les recettes budgétaires, estimées à 511,4 milliards, sont restées quasi stables, à fin mars 2020, par rapport à la même période de 2019. Ces dernières sont caractérisées par une augmentation des recettes fiscales (+0,6%) et une baisse des recettes non fiscales (-16,1%).
L’amélioration des recettes fiscales, établies à 494,3 milliards, est impulsée par la hausse de l’impôt sur les sociétés, de la TVA intérieure (hors pétrole), de la taxe spécifique pétrole et du FSIPP qui se sont confortés respectivement de 18,9 milliards, 13,4 milliards, 3,2 milliards et 2 milliards pour se situer à 75,4 milliards, 72,4 milliards, 32,3 milliards et 6,7 milliards à fin mars 2020. Les taxes rapatriées (PSE et COSEC), estimées à 8,2 milliards ont aussi contribué à la hausse des recettes fiscales.
En revanche, les droits et taxes mobilisées par la Douane, notamment, la TVA import (88,7 milliards) et les droits de porte (54,9 milliards) ont atténuée cette tendance haussière avec des baisses respectives de 3 milliards (-3,2%) et 9 milliards (-14,1%).
De même, l’impôt sur le revenu (92,8 milliards) et la taxe sur la consommation hors pétrole (9,1 milliards) se sont inscrits sur cette dynamique de baisse avec des contractions respectives de 6,7% et 27,2%.
Quant aux recettes non fiscales, leur repli traduit le retard dans la mobilisation des produits financiers (dividendes et commissions de transfert) attendue de la Banque centrale.Adou FAYE

UEMOA: les Etats ont mobilisé 1173 milliards FCFA dans le cadre des émissions de bons sociaux covid-19

(Agence Ecofin) – Ce sont au total 1172,63 milliards FCFA (environ 1,95 milliard $) qui ont été mobilisés dans le cadre des émissions de bons sociaux covid-19 sur le marché des titres publics de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) par les Etats membres, pendant la période allant du 27 avril au 14 mai 2020, soit en seulement 18 jours.
Comme annoncé, ces titres émis sous forme de bons assimilables du Trésor (BAT) sur une maturité de 3 mois à des taux oscillant autour de 3%, ont permis aux Etats de lever les fonds nécessaires pour financer en urgence leurs plans de riposte contre la pandémie de covid-19, en attendant la rentrée des fonds attendus des partenaires techniques financiers.
La Côte d’Ivoire se place en tête des émetteurs en mobilisant 535 milliards FCFA (environ 890 millions $) à la suite de trois émissions de bons sociaux covid-19. Viennent ensuite le Bénin avec 133 milliards FCFA (environ 221 millions $), le Niger avec 110 milliards FCFA (183 millions $), le Togo avec 108 milliards FCFA (environ 180 millions $), et le Sénégal avec 103,13 milliards FCFA (environ 171,5 millions $).
Le Mali, le Burkina Faso et la Guinée-Bissau ferment quant à eux, la marche avec respectivement 88 milliards FCFA (environ 146,5 millions $), 80 milliards FCFA (environ 133 millions $), et 15,5 milliards FCFA (environ 25,8 millions $).
Cette innovation introduite sur le marché des titres publics de l’UEMOA à l’occasion de la crise de la pandémie a rencontré un fort intérêt de la part des investisseurs. Pour preuve, le taux de couverture moyen de ces différentes opérations s’affiche à environ 382%, selon les estimations faites par l’Agence Ecofin à partir des résultats des 10 émissions de bons sociaux covid-19 publiés par l’Agence UMOA-Titres, l’agence régionale de gestion et de promotion des titres publics de la zone.
Même si l’on peut estimer que les maturités de ces différentes émissions sont particulièrement courtes, il n’en demeure pas moins que le succès enregistré ouvre ainsi la voie à l’avènement de produits financiers innovants et élaborés afin de répondre à certains besoins de financement spécifiques exprimés par les Etats membres de l’UEMOA.Borgia Kobri

UEMOA:1473 milliards FCFA collectés par la microfinance en 2019

APA-Dakar (Sénégal) Par Massamba SallLe montant des dépôts collectés par les systèmes financiers décentralisés (SFD) de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) s’est établi à 1.473,7 milliards de FCFA (environ 2,357 milliards de dollars) au quatrième trimestre 2019, a apprisAPA mardi auprès de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Comparés au quatrième trimestre 2018 où ils s’élevaient à 1.243,2 milliards de FCFA, ces dépôts collectés ont connu une augmentation de 18,5%. Cette progression est enregistrée au Mali (+31,0%), au Burkina (+22,9%), en Côte d’Ivoire (+19,8%), au Togo (+18,4%), au Sénégal (+16,5%), au Niger (+14,8%) et au Bénin (+5,1%). En revanche, les données de la BCEAO indiquent qu’un repli a été noté en Guinée-Bissau (-6,2%).
Les dépôts à vue demeurent prépondérants avec une part de 59,2% là où les dépôts à  terme et les autres dépôts constituent respectivement 19,9% et 20,9%.
Les hommes constituent la majorité des épargnants, totalisant 50,5% de l’épargne mobilisée par les SFD contre  26,5% pour les femmes et 23,0% pour les groupements.
Le montant moyen de l’épargne par client s’est fixé à 101.266 FCFA à fin décembre 2019 contre 89.442 FCFA au titre du quatrième trimestre de l’année 2018.
Pour l’ensemble des SFD de l’UEMOA, l’épargne recueillie représente 5,4% de la totalité des dépôts détenus par les établissements de crédit.MS/te/APA

Relance de l’économie nationale: un Pse post-Covid-19 en gestation

http://lesoleil.sn/La Covid-19 persiste et signe dans le monde malgré les mesures draconiennes décrétées depuis quelques mois par certains Etats. Aujourd’hui, dans beaucoup de pays, l’heure est à l’assouplissement et à la réflexion sur les stratégies à mettre en place pour relancer l’activité économique. Au Sénégal, le gouvernement s’est inscrit dans une dynamique de reprise économique comme l’illustre la mise en place du Programme de résilience économique et sociale (Pres) et l’allègement d’un certain nombre de mesures restrictives. Mais pour les économistes, la relance de l’activité économique passe nécessairement par une utilisation des forces endogènes comme le renforcement du secteur informel, la promotion de l’économie numérique et la mobilisation des ressources financières domestiques.
La situation de la pandémie de Covid-19 a pris de nouvelles tournures ces derniers jours dans le monde avec des politiques de déconfinement et d’assouplissement de certaines mesures restrictives. Ces allégements ouvrent ainsi une porte vers une autre étape pour les Etats consistant à réfléchir sur les schémas à adopter pour assurer une reprise de l’activité économique. Au Sénégal, les premiers jalons d’une relance de l’économie semblent posés avec le démarrage du Programme de résilience économique économique et sociales (Pres), exécuté dans le cadre du Force-Covid-19. Cette approche de l’Etat, basée sur une réponse à une situation ponctuelle, est partagée par quelques économistes. Papa Demba Thiam, économiste et ancien fonctionnaire de la Banque mondiale, estime qu’il faut coupler les interventions urgentes – pour sauver les bases actuelles de l’économie nationale – avec des stratégies de réorientation et de reconstruction de ses systèmes et structures.
Plus loin, il appelle à une intégration des deux approches. Parce que, justifie-t-il, si cela ne se fait pas, d’autres failles plus structurelles apparaîtront du fait de nouvelles vulnérabilités que la crise de la Covid-19 fait remonter à la surface, voire amplifie. L’économiste propose une batterie de leviers sur lesquels l’Etat pourrait s’appuyer pour assurer une relance de l’activité économique. D’abord, il appelle à bâtir l’économie sénégalaise sur ses forces les plus évidentes. A tire d’exemple, il cite la taille et le dynamisme du secteur informel qu’il considère comme une « force » pour l’économie sénégalaise. Ce secteur représente environ 90 % de l’économie nationale. Il faudrait donc, préconise-t-il, trouver, développer et installer des systèmes et structures qui permettent de faire en sorte que le secteur informel devienne un des socles du développement industriel intégré du Sénégal. Il pense à des approches bien précises qui peuvent être rapidement opérationnelles dans toutes les grappes d’activités du secteur informel. Celles-ci, selon l’économiste, permettraient de créer des centaines de milliers d’emplois durables et bien payés, ce qui contribuerait à faire du Sénégal une économie de marché émergent.
Sur ce même registre, Cheikh Ibra Ngom, un autre économiste basé au Canada, estime que la demande intérieure est le levier le plus sûr pour réussir la reprise de l’activité économique à travers l’apurement de la dette intérieure. Il est nécessaire, à es yeux, de se focaliser sur les locomotives du secteur informel tout en jugulant le risque sanitaire inhérent à la relance des activités économiques.

La relance par l’instrument de politique monétaire

Outre le secteur informel, Papa Demba Thiam promeut l’utilisation de l’instrument monétaire communautaire qui, à son avis, doit être utilisé en stéréo avec la politique de crédit du gouvernement sénégalais. « C’est ce qui se passe partout dans le monde et la zone Uemoa ne devrait pas être une exception. Ceci est d’autant plus important à considérer que le gouvernement sénégalais va probablement renforcer sa politique budgétaire par ces temps où presque partout, les gouvernements reprennent les rênes pour sauver des économies naufragées des mesures de lutte contre la Covid-19 », fait remarquer l’ancien fonctionnaire de la Banque mondiale. Pour ce dernier, sans facilités d’endettement pour les investissements privés et la relance de la demande par la consommation, les seules politiques budgétaires seraient isolées avec des effets d’entraînement très limités. Au titre de la politique monétaire, Cheikh Ibra Ngom juge impératif d’amener les banques à revoir leur taux à la baisse pour faciliter l’accès aux crédits. L’économiste n’épargne pas la Banque centrale qu’il invite à baisser ses taux directeurs jusqu’à des seuils jamais égalés par le passé.
Le troisième levier préconisé par l’ancien économiste de la Banque mondiale porte sur l’accélération et le développement de l’économie numérique au Sénégal où le taux de couverture de la téléphonie mobile est très élevé. Ceci, en transformant les avantages comparatifs en avantages compétitifs. A en croire M. Thiam, les systèmes et structures du digital et du numérique peuvent non seulement générer des emplois directs, mais encore, la mise en place d’infrastructures dans ce para-secteur peut faire éclore beaucoup de nouvelles opportunités de développement dans les secteurs traditionnels (…).Abdou DIAW

La piste de la mobilisation de fonds internes

S’agissant des stratégies de mobilisation de financements nécessaires pour la relance de l’économie nationale, Papa Demba Thiam invite l’Etat à initier ses propres stratégies de développement, d’abord avec ses ressources propres qu’il utiliserait comme levier pour attirer d’autres ressources. Par essence, explique l’économiste, ces stratégies doivent créer des opportunités d’investissement pour les secteurs privé et public et les mettre à portée de réalisation. « Dans bien des cas, cet exercice demande des fonds publics d’amorçage. Mais il y a des approches qui permettent d’utiliser des fonds publics limités pour lever des investissements privés massifs. Ceci est d’autant pertinent que la crise financière globale à venir laissera peu d’opportunités d’emprunts publics bon marché pour relancer la machine économique », prévient-il. Cependant, M. Thiam appelle le président de la République à mobiliser tous les penseurs conceptuels et les stratèges économiques du pays pour lui sortir rapidement des programmes opérationnels, y compris leurs schémas de mise en œuvre.A. DIAW

BANQUES COMMERCIALES: Des besoins de financements à satisfaire comme jamais

http://lesoleil.sn/Les banques commerciales auront certainement un grand rôle à jouer dans la relance des activités post-Covid-19. En ce sens qu’elles auront la lourde charge de subvenir aux besoins de financements, qu’ils soient à court ou moyen terme.
On ne peut parler de relance de l’économie sans parler d’accès au financement. Or, ceux qui subviennent aux besoins de financement de l’économie en générale, ce sont les banques. Pour dire ainsi que dans l’après-Covid-19, les établissements bancaires auront un rôle crucial à jouer. Ce rôle, elles l’ont toujours joué d’ailleurs, sauf que, devant la situation inédite imposée par la pandémie de Covid-19, les banques seront appelées à le renforcer. Elles en sont conscientes. « Les banques ont la claire conscience qu’en soutenant la clientèle, elles soutiennent les ménages et plus globalement l’économie dont elles-mêmes sont une partie intégrante », souligne Bocar Sy, Directeur général de la Bhs, par ailleurs président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (Apbefs).
Selon lui, au niveau des banques, la relance des activités économiques ne saurait aller dans une direction autre que celle en cours actuellement dans le pays. « C’est d’abord et avant tout la résilience, la conduite des activités à travers des canaux digitaux et électroniques, notamment pour les particuliers. C’est ensuite l’appui aux entreprises clientes pour leur permettre d’amortir plus aisément leurs engagements dans les livres des banques, ce qui se fait du reste assez bien, en rapport et sous le contrôle de la Bceao, à des conditions exceptionnellement avantageuses », indique-t-il. Mais le plus important, c’est de subvenir aux besoins de financements, qu’ils soient à court ou moyen terme. Des opérations somme toute banales qui, en temps normal, se font au quotidien. Néanmoins, assure Bocar Sy, la crise actuelle n’a pas rompu la mécanique de crédit du banquier, seul, au profit de son client ou avec l’appui de l’Etat tel que c’est le cas présentement à travers l’accord-cadre signé entre d’une part le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération et d’autre part l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal.

Effort collectif

La crise est arrivée par surprise et violemment. Ses effets négatifs ont été vite et immédiatement ressentis sur des secteurs sensibles tels que le transport (tous types mais notamment aérien), le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, la culture, l’éducation. Pour le Dg de la Bhs, ces premiers impacts seront suivis d’autres à moyen terme. « Rares seront les secteurs qui seront épargnés, y compris les systèmes financiers dont les banques », prédit-il. Alors pour la reprise, il estime qu’il faudra « beaucoup d’efforts de la part de tous ». Le premier effort à faire, c’est sur le plan sanitaire, pense-t-il. Pour la simple et bonne raison que « sans la bonne santé, point d’action ou d’activité ». Le président de l’Apbefs pense qu’il faut non seulement espérer que cette pandémie soit maitrisée rapidement et pour de bon, mais aussi et surtout, il faudra l’engagement de chacun et de tous. « L’entreprise, quels que soient son secteur et sa taille, devra s’adapter, rectifier ou adapter ce qui peut l’être et surtout innover. Et c’est maintenant qu’il faut s’y mettre pour assurer la continuité des activités, gage de développement, de croissance et de maintien des emplois. Et c’est là qu’il faut saluer les acteurs mobilisés autour de l’entreprise, au rang des premiers l’Etat », dit-il.

Espoir et optimisme

Etant donné que les banques sont aussi des entreprises, elles sont tout aussi impactées que les autres secteurs économiques par la crise. Donc comme les autres, elles ont aussi besoin de l’aide. « Ne vous en faites pas, la banque aussi appelle à l’aide, notamment la Bceao qui fort heureusement lui accorde une oreille et une attention particulière surtout en ces temps difficiles », ironise Bocar Sy. C’est grâce à ce « soutien appréciable » ainsi que celui de l’Etat, que la banque qui dispose de mécanismes de résilience, se fait moins de soucis que les autres secteurs économiques, dit-il. « Nos soucis sont mesurés dans la perspective de l’après-Covid-19, avec l’espoir et le souhait que les entreprises, impactées ou pas, prennent la voie de la production, du développement, de la croissance et du maintien, voire du développement de l’emploi », souligne
M. Sy. Cependant, selon lui, tout se jouera sur la durée de cette crise. « Plus elle sera courte, mieux les chocs encaissés seront amortis et plus vite la machine sera relancée pour nos clients. Et si nos clients vont bien, nous allons bien. Nous restons optimistes », conclut-il, sur une note d’espoir.Elhadji Ibrahima THIAM

BABACA NGOM, PRéSIDENT DU CLUB DES INVESTISSEURS SENEGALAIS:«Le secteur privé doit se réinventer pour jouer sa partition dans la relance économique»

http://lesoleil.sn/Président du Club des investisseurs sénégalais (Cis), Babacar Ngom estime que le secteur privé doit se réinventer afin de contribuer à la relance de l’économie. Il appelle également à promouvoir le «Made in Senegal», donnant l’exemple des masques localement fabriqués.
Acteur essentiel de l’animation de l’activité économique, le rôle du secteur privé national est attendu dans la relance de l’économie post Covid-19 d’autant qu’il est considéré comme l’un des fers de lance de la mise en œuvre du Plan d’actions prioritaires (Pap 2) du Pse. La crise sanitaire qui secoue le monde ne laisse guère indifférent le patronat sénégalais. D’abord, le président du Club des investisseurs sénégalais (Cis), Babacar Ngom, dresse un tableau peu reluisant de la situation économique actuelle malmenée par la pandémie de Covid-19. Il observe que la crise mondiale, conjuguée aux mesures sanitaires prises par le Sénégal, a tout de suite mis notre économie en danger, dans ses secteurs stratégiques. Le transport, le tourisme, l’éducation, les Btp, la distribution des produits agro-alimentaires et d’autres secteurs similaires ont été frappés de plein fouet avec des effets négatifs immédiats sur la trésorerie des entreprises. Cette crise, selon M. Ngom, a montré que le tissu économique du Sénégal est très fragile et qu’il faut agir vite pour relancer l’économie et éviter des faillites massives. « Il ne faut pas oublier qu’une crise économique continue mettrait le pays en difficultés. L’activité économique pourrait redémarrer de façon graduelle de sorte à préserver la santé des acteurs », estime le président du Cis.
Ce dernier soutient que le secteur privé doit se réinventer pour contribuer à la relance de l’économie nationale. « Nous ne pouvons pas continuer comme avant, avec un secteur privé national extrêmement faible et une économie dominée par des entreprises étrangères ; d’où la création du Cis », souligne M. Ngom. Ce club propose deux mécanismes pour réussir la reprise économique. D’abord, apporter un grand soutien financier aux entreprises et favoriser dans tous les secteurs la reprise de l’activité, en respectant les normes sanitaires. Pour son président, il faut apprendre à vivre avec le virus, car l’on ne peut pas se permettre d’arrêter l’activité économique indéfiniment. Ensuite, le président du Cis soutient que la relance doit permettre de relever et de consolider ce secteur privé national ; et de protéger et de renforcer les champions nationaux. Il cite, à cet effet, l’exemple du Maroc qui a vu ses grands champions nationaux financer son plan de relance. Il considère cet acte comme le fruit d’une politique étatique volontariste d’appui à son secteur privé national.
De l’avis de Babacar Ngom, toute crise ouvre de nouvelles opportunités ; et le Sénégal doit tirer les leçons de cette situation et revoir ses priorités. Il ajoute que notre pays a, aujourd’hui, l’obligation de développer sa sécurité alimentaire en modernisant son agriculture, valoriser et transformer ses productions locales, travailler à la substitution des importations, réduire le déficit de sa balance commerciale et assurer sa souveraineté économique. Sur le rôle de l’Etat, le président du Cis l’appelle à organiser une relance réussie en collaboration avec le secteur privé. A son avis, l’Etat pourrait trouver les fonds nécessaires à injecter dans l’économie pour soutenir et développer les entreprises ; ce qui permettra de sauver les emplois et d’assurer la stabilité sociale.Abdou DIAW

Le Cnp pour une révision de l’application des règles prudentielles

http://lesoleil.sn/Dans un document d’une soixantaine de pages publié fin avril, le Conseil national du patronat (Cnp), après avoir procédé à une analyse des impacts de la Covid-19 sur ses entreprises membres, préconise quelques recettes pour assurer une relance réussie de l’économie nationale. Il appelle d’abord à accélérer la mise en œuvre du Pse et des directives présidentielles relatives à la valorisation socio-culturelle et la protection implicite du « Made in Sénégal ». Ceci, avec pour objectif majeur, la réduction du déficit structurel de la balance commerciale et celle des capitaux. Le Cnp invite également à mettre en place un mécanisme de mobilisation des ressources financières et de l’épargne nationale (trésor public, institutions financières, entreprises, ménages) pour une présence significative des nationaux aux côtés de l’Etat dans les secteurs stratégiques et porteurs de croissance du Pse. Sur ce même registre, son président Baïdy Agne et ses camarades jugent nécessaires de revoir, avec la Bceao, l’application des règles prudentielles de Bâle et l’affectation des avoirs extérieurs du Sénégal. Ceci, au regard de la structuration de notre secteur productif, des besoins de financement du Pse et des concours financiers nécessaires aux entreprises. Aux yeux du président Agne, « rien ne devrait plus être comme avant », ni dans les modes de production, de commercialisation et de consommation des produits et services, ni dans la structuration du partenariat public/privé. « Nous devons penser et agir autrement, en explorant des pistes novatrices et efficientes d’utilisation de nos énergies nationales pour plus de croissance économique inclusive, plus de progrès social durable et la réduction progressive de toute dépendance extérieure », préconisent les membres de l’organisation patronale.A. DIAW

SCÉNARIOS DE POLITIQUE DE REDRESSEMENT ET DE RELANCE ÉCONOMIQUE:Le modèle McKinsey

http://lesoleil.sn/D’après McKinsey, trois possibilités peuvent être envisagées après une crise comme la Covid-19. Premièrement, les interventions publiques pour stopper le virus sont inefficaces. Dans ce cas, la dynamique de récession auto-entretenue entre en action, avec des faillites et défauts de paiement généralisés des entreprises qui pourrait engendrer une crise bancaire. Deuxièmement, les interventions sont partiellement efficaces : les politiques mises en œuvre compensent partiellement les dommages économiques ; la crise bancaire est évitée mais la reprise économique est très lente. Troisièmement, les interventions sont efficaces. Dans ce cas de figure, des politiques robustes et efficaces permettent d’éviter les dommages structurels ; les fondamentaux et de la dynamique d’avant crise s’installent à nouveau.
Partant de ce modèle, Oumar Seck, fondateur et Pdg du cabinet Emerging Africa Consulting, décline trois impératifs avant toute relance. D’abord, sauver des vies et contenir le virus (tests, distanciation sociale…). La Chine, le Japon, Singapour et la Corée du Sud ont montré que ces mesures peuvent empêcher le virus de se propager et permettre à l’activité économique de reprendre dans une certaine mesure. Ensuite, sauvegarder les moyens de subsistance. « Je dois d’abord préciser que nos structures économiques déjà très faibles avant la crise, se remettront difficilement de cette crise si elle devait perdurer au-delà de l’été. Parce que nous n’avons pas assez de ressources pour venir en aide aux couches défavorisées, au secteur informel qui est entièrement laissé à son sort, aux Pme/Pmi, aux sociétés nationales stratégiques (Sénégal Airlines, Senelec, Port autonome de Dakar, hôtels, etc.) », note M. Seck. Estimant qu’a fortiori, les financements de relance/redressement et puis de transformation économique feront défaut, il faut, dit-il, dès à présent s’investir dans une campagne de mobilisation de ressources financières qui passe d’abord par une suppression des institutions/fonctions non essentielles de l’Etat, une réduction des dépenses et du train de vie de l’Etat, et une réorientation budgétaire et, malheureusement, la reconsidération de certains projets d’investissement social et d’infrastructure.
Enfin, il faudra préparer et convenir des modalités pratiques de reprise du travail. « Celles-ci impliquent la définition des standards en matière d’environnement et conditions (équipements, comportement) de travail surtout dans un contexte où nous serions amenés à vivre avec le virus ». Les pays africains devront aussi, dit-il, envisager la délivrance de passeports Covid-19 qui devraient permettre à leurs citoyens de voyager librement au niveau international.Seydou KA

AMADOU HOTT,MINISTRE DE L’ECONOMIE, DU PLAN ET DE LA COOPERATION:«Un Pse post-Covid-19 est en gestation»

http://lesoleil.sn/Depuis le début de la crise de la Covid-19, les Sénégalais ont découvert un Amadou Hott réactif et combatif. Le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération est en première ligne pour expliquer l’impact de la pandémie sur l’économie sénégalaise et pour coordonner le Programme de résilience économique et social (Pres) concocté par le gouvernement dans le but d’amoindrir les conséquences de la pandémie. Dans cet entretien, il fait le point sur la réponse gouvernementale et dessine les grandes lignes du plan de relance économique sur lequel travaille actuellement son département.
Est-ce que les mesures annoncées dans le Programme de résilience économique et sociale (Pres) ne sont pas trop conjoncturelles pour contenir les effets de la Covid-19 et assurer une relance de l’activité ?
La pandémie de la Covid-19 a donné lieu à une crise économique, financière et sociale sans précédent à l’échelle mondiale. Tous les pays se sont mobilisés pour atténuer dans un premier temps ce tsunami. Cette situation a justifié tous ces plans d’urgence constatés à travers le monde selon les moyens de chaque État. Notre pays n’a pas été en reste. En effet, face à l’impérieuse nécessité de prendre en urgence des mesures d’atténuation des effets de la crise de Covid-19, le gouvernement a mis en place un Programme de résilience économique et sociale (Pres) pour apporter la riposte à la pandémie. Le Pres est décliné en quatre piliers : renforcement du secteur de la santé ; renforcement de la résilience sociale des populations incluant la diaspora ; préservation de la stabilité macroéconomique et financière par le soutien au secteur privé et le maintien des emplois ; et un approvisionnement régulier du pays en hydrocarbures, produits médicaux, pharmaceutiques et denrées de première nécessité.
Comme vous l’avez constaté, le Pres vise à aider les entreprises à faire face à la crise et à préparer l’après-crise. C’est pour cette raison que le gouvernement travaille sur un plan plus global de relance qui sera bâti notamment sur les acquis positifs du Pres et de la première phase de mise en œuvre du Pse ainsi que des enseignements tirés de la crise et de la situation réelle des secteurs.
Nous sommes également conscients que pour que la relance attendue soit au rendez-vous, il est important de s’assurer que les branches à fort potentiel de création de richesses et d’emplois sont bien prises en compte. C’est la raison pour laquelle, mes services travaillent actuellement sur les évaluations des secteurs d’activité et l’ajustement du Plan d’actions prioritaires de la phase II du Pse. En un mot, un Pse post-Covid-19 est en gestation. Il s’agit, en effet, de revisiter les objectifs stratégiques et les résultats attendus de la phase II du Pse afin de renforcer la souveraineté sanitaire et alimentaire ainsi que l’industrialisation. Ces initiatives démontrent, au-delà du contexte actuel assez particulier, une volonté et un engagement sans faille du Président Macky Sall et de l’ensemble du gouvernement à relancer notre économie.
Sur quels leviers précis l’Etat compte-t-il s’appuyer pour assurer une reprise de l’économie ?
Il est évident que s’il y a une leçon à retenir de cette crise, c’est qu’il faut d’abord compter sur soi-même. Il faut qu’on accélère la correction de certaines tendances de notre économie, notamment notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur en produisant davantage et en consommant nos produits et construire des bases solides pour exporter. Il s’agit d’encourager les mesures et les initiatives qui mettront en œuvre de nouvelles façons de produire et de consommer à petite et à grande échelles. Au-delà de la promotion du consommer local, il urge de travailler à l’avènement d’une véritable souveraineté alimentaire et sanitaire du pays. Dans les mois à venir, le Pse post-Covid-19, comme je viens de l’indiquer, posera les jalons d’un modèle économique qui privilégiera la souveraineté alimentaire, la redynamisation de l’industrialisation dans des domaines stratégiques tels que la pharmacie, le renforcement du capital humain (protection sociale, éducation et santé) ainsi que le développement du numérique et des infrastructures logistiques.
La transformation structurelle enclenchée durant la première phase de mise en œuvre du Pse sera accélérée. Il est devenu plus que nécessaire de poursuivre les réformes dans la conduite des politiques publiques. Il s’agira de remettre notre économie sur la trajectoire de la phase I du Pse et d’atteindre rapidement l’émergence socioéconomique. Cette démarche nous permettra de garantir la cohésion sociale de notre pays. En plus de ses investissements propres, l’Etat nouera plus de partenariats avec le secteur privé et mettra en place des mécanismes pour un meilleur accès des entreprises au financement.
Certains économistes reprochent à l’Etat de n’avoir pas donné les vraies projections sur le taux de croissance attendu en 2020 ; ils évoquent plutôt une récession. Qu’en est-il exactement ?
Je pense que le temps n’est pas à des polémiques ou à une contestation de chiffres. L’heure est grave. Et beaucoup de nos compatriotes souffrent. Le calcul des agrégats macroéconomiques est fait par des techniciens qui ont du métier. Ils sont des agents assermentés et soucieux de respecter la loi et la déontologie. Par ailleurs, je dois rappeler que notre pays a adhéré à la Norme spéciale de diffusion des données (Nsdd) du Fmi, devenant ainsi le 4ème pays de l’Afrique subsaharienne. Cette adhésion est la preuve d’une amélioration de la qualité des données, de l’élargissement des champs couverts et de la réduction des délais de diffusion ; tout ceci incombe de notre part une obligation de transparence. Et c’est sur la base du Pres qui est bâti à partir de ce cadrage macroéconomique que nous discutons avec les partenaires pour mobiliser les ressources. L’exercice de prévision économique nécessite de la rigueur et de la pondération. Se projeter demande une collecte et un suivi périodique d’informations, aux niveaux interne et international, pour mieux apprécier l’avenir. A titre illustratif, il convient de noter que chaque mois, un document dénommé « point de conjoncture » est produit pour apprécier la situation économique et financière du pays. Je dois dire que nos prévisions de croissance du fait de la crise ne sont pas éloignées de celles du Fmi qui a prévu un taux de croissance de 3 % pour 2020 pour le Sénégal. Evidemment, si les hypothèses et les informations pour les mois à venir changent, les prévisions seront modifiées.
Quel devrait être l’apport de la Bceao dans la lutte contre les effets de la Covid-19 sur l’économie nationale ?
La Banque Centrale a bien appréhendé à sa juste valeur les enjeux socioéconomiques liés à la pandémie de la Covid-19. Elle est en train de jouer parfaitement son rôle en assurant la liquidité du marché bancaire. Elle a pris à ce titre un ensemble de mesures d’accompagnement du système bancaire et aménagé les conditions d’accès au refinancement en intégrant de nouvelles entreprises. Les entreprises sont également concernées par les mesures avec des possibilités de report d’échéances. D’ailleurs, la Banque centrale a publié un communiqué qui précise les modalités de report d’échéances. Ces reports d’échéances s’adressent également aux clients des Systèmes financiers décentralisés (Sfd). La Bceao a également créé pour les Trésors publics un guichet Covid-19 qui permet aux Etats membres de l’Union d’émettre des titres Covid-19 pour lever rapidement des ressources afin de pouvoir faire face aux dépenses urgentes liées à la pandémie. Le plus important, c’est la disponibilité affichée par la Bceao à examiner toutes les difficultés auxquelles les banques seraient confrontées durant cette crise dans l’exercice de leur rôle de soutien de l’activité économique.Entretien réalisé par S. KA

Après-Covid-19: l’Afrique prend la parole

Par Le Point Afrique–ÉVÉNEMENT.Comment l’Afrique peut-elle sortir par le haut de l’actuelle crise du Covid-19 ? Des chefs d’État répondent dans une table ronde virtuelle organisée par le NYF Institute.
En ce 19 mai, l’Afrique continue à résister au Covid-19 mieux que beaucoup l’avaient imaginé. Avec moins de 95 000 cas confirmés, le continent n’a pas encore atteint les 3 000 décès et a enregistré plus de 33 500 guérisons. Pendant que les recherches pour expliquer ces chiffres si bas se poursuivent, l’heure est à la réflexion pour savoir comment l’Afrique, au-delà de la crise sanitaire du Covid-19, va devoir faire pour éviter de superposer à la récession qui lui est promise des crises alimentaire, sociale et même politique. « Pour un monde résilient : l’appel de l’Afrique en faveur d’une nouvelle gouvernance mondiale » est le thème de la table ronde virtuelle de haut niveau organisée par le NYF Institute ce jour à partir de 14 heures, heure de Paris (12 heures GMT). Celle-ci devrait permettre de débroussailler le terrain et d’imaginer des pistes pour tirer les leçons de cette pandémie et réorganiser tous les modes de fonctionnement mis en œuvre depuis bien des années. Car l’Afrique devra apprendre de ses erreurs et de ses insuffisances.

Des chefs d’État en première ligne…

Pour porter sa parole, des chefs d’État et des leaders africains vont échanger pour, comme le dit en substance Richard Attias, président du NFY Institute, « évoquer les principaux enseignements à tirer de leur gestion de cette crise et anticiper les prochains risques qui pourraient être une crise alimentaire, une crise de l’éducation, et une non-inclusion de la jeunesse et des personnes vulnérables ». Ainsi des présidents Uhuru Kenyatta, du Kenya, Issoufou Mahamadou, du Niger, Alassane Ouattara, de la Côte d’Ivoire, et Macky Sall, du Sénégal.
À leurs côtés, il y aura la docteure Rania A. Al-Mashat, ministre de la Coopération internationale d’Égypte, le docteur Amadou Hott, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale du Sénégal, Tony O. Elumelu, chairman de Heirs Holdings, d’United Bank for Africa Group (UBA Group), de Transcorp Limited et fondateur de la Tony Elumelu Foundation du Nigeria, le docteur Acha Leke, chairman de McKinsey Africa, la Docteure Ngozi Okonjo-Iweala et Tidjane Thiam, tous deux envoyés spéciaux de l’Union africaine contre le Covid-19.

… pour « un appel à agir ensemble »

Tony Elumelu, chairman de l’United Bank for Africa et président de la Fondation qui porte son nom, symbolise la volonté du secteur privé de contribuer encore plus dans l’Afrique de l’après-Covid-19. © ERIC PIERMONT / AFP
Pour éviter une parole par trop institutionnelle, ce panel va faire face à de jeunes Africains et Africaines investis dans la vie économique et sociale. Ceux-ci vont le soumettre à la question. Parmi eux (elles), Aouatef Khelloqi, fondatrice de Maroc Impact, Bamba Lô, CEO Paps (Sénégal), Ibrahim Aboki, CEO Fatata Farms (Nigeria), Yann-Cédric lohoré, fondateur de Young Jobs Network (Côte d’Ivoire), Jacqueline Mukarukondo, fondatrice de Wastezone (Rwanda)…
L’idée derrière ces échanges est de lancer « un appel de l’Afrique pour agir ensemble » et de mobiliser toutes les énergies pour relever les défis économiques, sociaux et politiques post-Covid. C’est crucial en une année où le continent avait programmé d’inaugurer la Zone de libre-échange africaine (ZLECA) pour mieux se repositionner dans un monde en plein chantier. Au moment où la Chine voit sa montée en puissance contrariée par le Covid-19, les États-Unis de Donald Trump insister, dans la logique de l’« America first », dans leur guerre commerciale à cette même Chine, dans leur défiance à l’égard de l’Europe et du multilatéralisme qui avait prévalu pendant ces dernières décennies, les dirigeants africains, rejoints par d’importants acteurs de la scène européenne ainsi que par plusieurs organisations internationales, entendent militer pour que les économies les plus fragilisées ne soient pas laissées à leur sort. C’est tout le sens de la demande d’annulation de la dette, de l’approbation par certains du moratoire pour cette même dette. À quelques mois du prochain G20, l’Afrique a besoin de faire entendre sa voix. Cette rencontre virtuelle de haut niveau lui donne la possibilité de proposer des lignes de force de ce qui pourrait être sa stratégie de reconstruction dans un monde post-Covid-19.

Paiement des eurobonds: entente entre les ministres africains des Finances

https://www.financialafrik.com/Addis-Abeba, Éthiopie, le 18 mai 2020 (CEA) – La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) avait convoqué, ce lundi, une réunion entre les ministres africains des finances, le Groupe de travail africain sur le secteur privé et l’Envoyé spécial de l’Union africaine sur le COVID-19 alors que les pays africains tentent de trouver des solutions pour s’assurer que les économies africaines continuent de jouir d’un accès continu aux marchés et s’acquittent de leurs obligations en matière de service de la dette du secteur privé.
La réunion avait pour objectif de trouver premièrement de nouveaux moyens de financement pour fournir des ressources supplémentaires aux pays afin d’atténuer les effets de la pandémie de COVID-19 en cours ; ensuite de trouver des moyens d’améliorer le profil et les termes des obligations de la dette commerciale de l’Afrique de telle sorte que l’Afrique puisse mieux libérer des fonds pour faire face à la crise sanitaire. La discussion a engagé le Groupe de travail africain sur le secteur privé récemment composé, qui représente les principaux créanciers privés des pays africains.
Dans ses remarques, Mme Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la CEA, souligne que : «les pays africains se sont engagés à respecter toutes leurs obligations envers les créanciers commerciaux en temps opportun et veulent maintenir l’accès aux marchés internationaux des titres des créances pendant la période de reconstitution ». Elle ajoute également : «la plupart des pays africains étaient sur une voie de réforme réussie avant la crise, c’est pourquoi ils avaient accès aux marchés des capitaux ». Les discussions ont porté sur les moyens d’aligner les intérêts des gouvernements africains et les créanciers commerciaux afin de faire face à la double crise, d’une part la pandémie de coronavirus et d’autre part la récession économique.

Nécessité de maintenir l’accès post-pandémie au marché

Au cours de la réunion, les ministres des finances ont convenu de l’importance de garantir les paiements des coupons euro-obligations afin de maintenir l’accès post-pandémique aux marchés internationaux des titres de créances pour le financement du développement et d’avoir un dialogue coordonné continu avec les créanciers. S’exprimant au nom du groupe des créanciers, Kevin Daly, Directeur principal des investissements chez Aberdeen Asset Managementdéclare : «Nous avons exprimé notre souhait de soutenir les pays africains face aux pressions de liquidité qui ont surgi en raison de la crise, et en veillant à ce qu’ils restent à jour sur leurs euro-obligations, nous pensons que les opportunités de financement se matérialiseront bientôt ». Il note également que le groupe des créanciers propose des solutions de financement innovantes, telles que des obligations à des fins spéciales qui visent des objectifs de développement social. « Ces solutions s’avèrent attrayantes pour les investisseurs qui se concentrent de plus en plus sur les questions d’objectifs de développement social et sur les instruments partiellement garantis par les institutions multilatérales et qui peuvent aider à atténuer les pressions sur les liquidités », affirme M. Daly.

Tidjane Thiam: “le temps presse”

Pour sa part, l’ancien patron du Crédit Suisse et Ministre ivoirien, l’Envoyé spécial de l’Union africaine, Tidjane Thiam, qui a présidé la réunion, déclaré : «Nous sommes tous alignés, nous voulons que l’Afrique se développe et connaisse la pleine croissance, alors travaillons ensemble sur des solutions concrètes : le temps presse ». Le Groupe de travail africain sur le secteur privé coordonne les vues de plus de 25 des principaux gestionnaires d’actifs et institutions financières du monde fournissant des financements privés aux nations et aux entreprises via des euro-obligations, des prêts syndiqués et d’autres produits de crédit à travers le continent. Le Groupe estime qu’une solution unique serait improductive pour les pays africains, mais se félicite de la nécessité de discuter des approches coordonnées lorsque cela est possible et opportun. Tous les ministres, y compris ceux du Kenya, du Cameroun, du Sénégal et du Ghana, soulignent l’importance de maintenir l’accès aux marchés et conviennent que davantage d’efforts sont nécessaires pour communiquer les bons bilans économiques de leurs pays avant la crise.
La réunion a convenu de poursuivre les discussions en vue de trouver des solutions rapides, pragmatiques et efficaces sur la dette commerciale de l’Afrique pour gérer la crise de COVID-19 et de remettre l’Afrique sur le chemin de la croissance par le biais de politiques et d’actions. Albert Savana

LA DONNE AGRICOLE PAR MAMADOU NDIAYE

http://www.emedia.sn/-Les paysans scrutent le ciel. Il ne pleut pas encore sur toute l’étendue du Sénégal. Mais l’inquiétude grandit déjà. Du sud à l’est du pays, et certainement au centre et pourquoi pas même au nord, la pluie détermine le sort du monde rural. Le moral aussi en dépend. A cette période de l’année, les priorités s’inversent et place nette est d’ordinaire faite à l’hivernage qui focalise toutes les attentions. Un nouveau départ est-il possible dans l’univers agricole ? A bien des égards, oui, du fait que le capital technique et humain représente un atout indéniable dans ce Sénégal avantagé par la nature.
Seulement voilà : la pandémie du Covid-19 renverse la table pour s’installer durablement. « Nous devrons vivre avec le virus », dira, dans une récente déclaration, le chef de l’Etat qui tente, en première ligne, de surmonter la crise sanitaire affectant le pays. Justement le « pays profond » est le plus atteint, le plus impacté au regard des chiffres qui traduisent éloquemment la virulence de l’infection. Les cas contacts et les cas communautaires y fleurissent faute d’un précoce repérage des foyers de propagation. Mais l’acuité de la pandémie ne devrait point occulter un autre sujet de préoccupation : la campagne agricole. Au même titre que la reprise des cours dans les écoles et des audiences publiques dans les Cours et Tribunaux.
Une réalité demeure cependant : notre agriculture occupe plus de 56 % de la population sénégalaise. Celle-ci vieillit. Le renouvellement s’opère autrement. Les jeunes ruraux fuient les travaux champêtres qu’ils jugent pénibles et peu valorisants. Ils viennent s’agglutiner en villes occupant des activités rudimentaires et très peu stimulantes. En sens inverse, des jeunes des cités et des banlieues, victimes du chômage, s’extirpent à leur tour des milieux urbains et vont à la découverte des campagnes.
Ce double mouvement traduit donc une instabilité de situation aggravée aujourd’hui par l’inertie et le manque de perspectives. Attardons-nous cependant sur certaines données : nous avons près de trois millions d’hectares de terres arables. Riches et fertiles, ces terres sont, aux deux-tiers, inexploitées alors qu’elles restent disponibles pour une variété de cultures, même spéculatives. L’autre facteur est d’ordre financier : des investissements massifs sont nécessaires pour changer la physionomie de l’agriculture sénégalaise dépendante des pluies et des intrants agricoles, notamment l’engrais et les pesticides.
Les précipitations sont de moins en moins au rendez-vous. Elles ont diminué en intensité et en volume. Il y a quinze ou vingt ans, la saison des pluies s’installait dès fin avril ou début mai. Maintenant, jusqu’au mois de juin le ciel n’ouvre pas ses vannes. A fin août déjà, la saison se clôt. Puis la saison sèche prend le relais à nouveau. En vérité, une courte saison hivernale (les moussons) qui pousse, par son effet répétitif, à des impératifs d’adaptation pour assurer la survie du monde paysan. D’où la mise sur les marchés de variétés hâtives, issues des centres de recherches tel que l’ISRA, susceptibles d’épouser les contraintes climatologiques.
Aux yeux de nombreux observateurs, le changement climatique, surtout le réchauffement, explique ces perturbations voire ces permutations auxquelles doivent s’habituer désormais les agriculteurs. Doués de sens et surtout de bon sens, ils appréhendent les phénomènes qui les environnent avec un réalisme teinté de sagesse. Ils savent ce qu’il convient de faire. Puisqu’ils sont sur le terrain et vivent les réalités de plus près.
Majoritaire du point de vue du recensement, le monde rural n’en est pas moins fragile. Un vrai paradoxe alors qu’il représente une force assoupie. Que gagne le pays en laissant les agriculteurs désunis et inorganisés ? Qui parle en leur nom alors pour défendre leurs intérêts ? L’immobilisme constaté des décennies durant est à l’origine de la paupérisation du monde rural très mal défendu dans les instances de décisions.
Touchés de plein fouet, les paysans n’ont plus de réserves et dépourvus de liquidités, ils voient leur quotidien s’assombrir. De tout temps d’ailleurs, ils n’ont cessé de prôner le maintien de l’agriculture vivrière, dite, par euphémisme, « agriculture familiale ». Elle est perçue comme vitale en période de crise puisqu’elle accroit la résilience des paysans face à des pénuries ou des rétentions. Ils sont nombreux, ingénieurs agricoles, politiques, décideurs et dirigeants d’instituts à valider la pertinence des périmètres domestiques.
La souveraineté alimentaire est à ce prix, estiment-ils. De même que la sûreté alimentaire qui en est le corollaire. Car, mieux vaut inciter les agriculteurs à produire ce qu’ils consomment plutôt que de les assujettir à des importations aléatoires. Une crise de la faim est vite arrivée. Qu’adviendrait-il si les pays producteurs de riz stoppaient les exportations de la céréale au motif que des risques de pénuries planent. Les gros pays producteurs d’Asie (Chine, Inde, Cambodge, Vietnam) ont accru leurs réserves stratégiques au point d’annuler les quantités destinées au marché international.
En clair, si les pays importateurs n’inversent pas les priorités (et à temps) la crainte d’une crise de la faim pourrait déferler en Afrique avec des conséquences incalculables. Selon la FAO, 11 % de la population mondiale souffre de faim. L’organisation, qui a son siège à Rome, redoute une extension de la vulnérabilité devant toucher désormais de nouvelles couches sociales jusque-là épargnées.
De plus en plus de voix s’élèvent pour prôner un renversement de perspective en rectifiant la trajectoire de l’agriculture sénégalaise et africaine. C’est maintenant qu’il faut emblaver davantage de terres pour s’adonner à la culture du riz. La vallée s’y prête. Avec quelque 240 mille hectares il est possible d’enrayer un éventuel déficit vivrier qui serait ressenti comme une atteinte à toute dignité. Une bourrasque sociale et économique, bien qu’imprévisible, ne devrait pas être écartée. Evidemment, l‘inversion des priorités, dictée par cette crise sanitaire transforme une partie entière de notre politique agricole en château de carte ébranlé dans ses fondements. Une lucidité s’impose pour apprécier les conséquences de la crise comme une série d’opportunités devant remettre en selle l’agriculture. Il remet au goût du jour ses objectifs et sa finalité afin de réconcilier les Sénégalais avec la préférence nationale, sans chauvinisme toutefois

Afrique: comment le «PochVid-20» s’est installé à côté du Covid-19  Par Irène Salenson*, Cecilia Poggi** pour Theconversation.com

https://www.lepoint.fr/afrique/–ANALYSE. Les restrictions imposées pour lutter contre la pandémie ont eu des effets dévastateurs sur les revenus des travailleurs du secteur informel.

 Explications.

Dans les pays en développement, les activités informelles concernent les deux tiers de l’emploi, et les quartiers informels abritent entre un tiers et deux tiers des citadins, selon les pays. Ce secteur informel est touché de plein fouet par la crise liée au Covid-19. Les médias d’Afrique francophone parlent d’une épidémie de « PochVid-20 », plus dangereuse qu’un coronavirus.

Le travail informel: illégal ou invisible, mais souvent essentiel en période de confinement

Les travailleurs informels sont triplement vulnérables face à la crise. Premièrement, lorsque le confinement les empêche de continuer à exercer leur activité (cf. Figure 1, secteurs à risque). Deuxièmement, lorsqu’ils continuent à travailler en s’exposant à des risques. Troisièmement, parce que la protection sociale les couvre trop peu (en Afrique et en Asie en particulier).

Figure 1. Travailleurs à risque, informalité et protection sociale face au Covid-19. © ILO Monitor 2ᵉ edition : Covid-19 and the world of work (7 april 2020)

L’absence de trésorerie, la baisse de la demande, l’interdiction d’accès aux espaces publics et les restrictions de circulation sont particulièrement impactantes pour plusieurs métiers, qui ne peuvent pas être confinés : le tourisme, la vente de biens non alimentaires, les industries culturelles et créatives, notamment. En Argentine, on estime que seul un quart des employés peuvent travailler à domicile. Certains métiers sont plus gravement touchés car considérés comme « non essentiels », comme le travail domestique ou les professionnels du sexe. Ceux-ci sont exclus de l’aide d’urgence, car ils sont « invisibles » pour le système de protection sociale.

D’autres catégories maintiennent une activité considérée comme « essentielle » pour approvisionner les populations confinées en biens de première nécessité. Cependant, cela peut comprendre une exposition forte aux risques sanitaires, comme pour les récupérateurs de déchets ; l’absence d’indemnisation en cas de maladie lorsque l’activité reste « illégale » ; et, plus généralement, un manque de moyens pour protéger les travailleurs (comme on le constate au Nigeria ou en Inde).

Les femmes et les saisonniers particulièrement exposés

Les menaces de perte de revenus exposent particulièrement les femmes, nombreuses dans l’emploi à domicile, le travail domestique et le commerce de rue, et qui sont souvent pourvoyeuses de revenus et de sécurité alimentaire pour des personnes dépendantes. Les travailleurs migrants et saisonniers sont particulièrement vulnérables, car difficilement identifiables par les programmes de soutien. Ainsi, une partie des 17 millions de travailleurs informels en Inde ne sont pas enregistrés auprès des services sociaux. Les travailleurs agricoles saisonniers sont affectés par les restrictions de mobilité (en Éthiopie par exemple), et par les répercussions de la baisse probable des subventions pour les petits agriculteurs, notamment au Sahel.

Figure 2. Faiblesse des systèmes de santé. © Africa center for Strategic Studies

Menaces sur les conditions de vie et la santé des populations

Les quartiers précaires (informels) sont plus sensibles aux épidémies que les quartiers aisés. En effet, les maladies chroniques et la malnutrition, facteurs de comorbidité, y sont plus fréquentes qu’ailleurs. La présence de migrants informels, de déplacés internes et de personnes sans domicile fixe non enregistrés dans les services sociaux y est plus importante. La prévention de la diffusion du virus est rendue difficile par le manque d’accès à l’eau : 24 % seulement de la population d’Afrique subsaharienne bénéficie de l’eau à domicile. Les lacunes en termes d’infrastructures de santé sont flagrantes (figure 2). L’hôpital de Bangui en Centrafrique, par exemple, dispose seulement de douze lits pour la prise en charge des malades du Covid-19, pour une population de plus de 1 million d’habitants.

Les mesures de confinement renforcent la promiscuité au sein des foyers. La moitié de la population d’Abidjan habite dans des logements qui accueillent plus de trois habitants par pièce. Les gestes barrière de distanciation sociale sont très difficiles dans ce contexte. De plus, les restrictions de mobilité accroissent le risque de violences domestiques. Leur augmentation a déjà été signalée par les organisations non gouvernementales et relayée par l’ONU : triplement des violences faites aux femmes en Chine par rapport à l’année précédente, quintuplement en Tunisie, etc.

Notons aussi que certaines restrictions de circulation sont basées sur une discrimination de genre. Ainsi à Panama, Lima et Bogota, hommes et femmes ne sont pas autorisés à être présents dans l’espace public les mêmes jours. Ces mesures peuvent avoir tendance à réifier les normes sociales associées au genre (coiffure, vêtements, etc.) et à encourager la séparation entre les sexes.

Mesures d’urgence et besoins de long terme

Pour la première fois, une vingtaine de pays ont mis en place des initiatives visant explicitement le secteur informel en réponse à la crise du Covid : aide monétaire et aide alimentaire pour les plus pauvres, report de paiement des factures d’eau et d’électricité, lutte contre l’expulsion des logements, y compris informels. On peut espérer que cette crise offre une opportunité de reconnaissance du rôle fondamental du secteur informel dans les pays en développement. Les quartiers informels sont une solution et non un problème, ils fournissent aux populations des logements lorsque la puissance publique n’en a pas les moyens. De même, les activités économiques informelles proposent souvent des biens et des services de proximité et offrent de nombreux emplois. L’extension de la protection sociale et de l’accès à la santé pour les informels gagnerait à être prolongée et mobilisée au-delà de la crise actuelle.

Irène Salenson, PhD, chargée de recherches, Agence française de développement (AFD).

** Cecilia Poggi, Economist, Social Protection Research Officer, Agence française de développement (AFD).

Samba Ndiobène Ka décaisse 3 milliards de F cfa pour appuyer les éleveurs Sénégalais

https://actusen.sn/Impactés par l’épidémie du coronavirus, les éleveurs peuvent désormais pousser un grand ouf de soulagement, après avoir obtenu le soutien de leur ministre de tutelle. Samba Ndiobène Ka, puisque c’est de lui qu’il s’agit a décaissé un montant de 3 milliards de F cfa dont 02 destinés à l’achat d’aliment de bétail dans le cadre de l’opération de sauvegarde de bétail. C’est pourquoi le Ministre de l’élevage et des productions animales s’est rendu dans la zone sylvo-pastorale notamment à Déaly, Sagatta-Djoloff, Ouarkhokh et au Ranch de Dolly pour le suivi du processus de distribution.
«L’Etat du Sénégal a mis à la disposition des éleveurs Sénégalais une enveloppe de 3 milliards de F CFA destinée à accompagner les éleveurs dans le cadre de l’organisation de l’opération sauvegarde de bétail. Juste pour vous dire que le montant global était dédié à cette opération est de 3 milliards pour accompagner les éleveurs dans de pareilles situations. Le président de la République a subventionné à 100 % l’aliment de bétail. Les 2000 F CFA que l’éleveur paye pour acquérir un sac qui est acquit 8 500 F CFA, ces deux mille francs vont entrer directement dans les caisses des éleveur» a déclaré Samba Ndiobène Ka.

Aide alimentaire à Linguère: «Il est prématuré de parler de famine au Sénégal» (ministre)

https://www.seneweb.com/Le ministre du Développement communautaire et de l’Equité sociale et territoriale, Mansour Faye, a procédé, hier à Linguère, au lancement de la distribution de l’aide alimentaire d’urgence dans la région de Louga. Au total, 49 551 ménages ont été ciblés dans la région pour bénéficier de cette aide alimentaire que le gouvernement a mise à la disposition des populations les plus défavorisées.
Le département de Linguère  a  ciblé  15 773 ménages  dont 806  au niveau de la commune qui vont recevoir chacun un kit de 100 kg de riz, 10 kg de sucre, 10 kg de pâte alimentaire, 10 litres d’huile et un paquet de 18 morceaux de savon. Selon le ministre, tous les kits sont disponibles sur toute l’étendue de la région et dès ce lundi (hier) la distribution devrait pouvoir commencer. Mansour Faye d’indiquer que ce plan de riposte mis en place par le gouvernement règle en grande partie la  question de l’insécurité alimentaire.
« Linguère fait partie des 26 départements qui subissent l’insécurité alimentaire », a reconnu le ministre qui a aussi précisé que pour le moment, on ne peut pas parler de famine au Sénégal. « Chaque mois on consomme 100 mille tonnes de riz au Sénégal et il y a suffisamment de stocks de vivres dans le marché ».
Mansour Faye, enfin, de saluer la disponibilité des communes à accompagner le gouvernement dans l’effort de guerre contre cette pandémie de Covid-19 et la mobilisation de l’administration territoriale pour  le ciblage des personnes vulnérables.

Covid-19: quelle place pour l’Afrique dans la coopération sanitaire internationale ?Par Sokhna Fatou Kiné Ndiaye*

https://www.financialafrik.com/« Si l’Afrique semble jusqu’à présent relativement épargnée par le virus, il reste que l’OMS s’inquiète pour son avenir au regard de la progression du nombre de cas contaminés ainsi que des conséquences économiques et sociales de la pandémie ».
Le continent africain fait indéniablement face à beaucoup de défis à relever dans le domaine sanitaire ; l’un d’entre eux et à bien des égards des plus importants à relever, voire le plus important, est le renforcement du système de santé (RSS) afin d’assurer l’accès universel à des soins de qualité. En effet, certaines épidémies causées par le paludisme, la tuberculose, le VIH/Sida, la rougeole ou encore la maladie à virus Ebola ont comme conséquence un nombre important de pertes humaines. Pour faire face à ces crises sanitaires, l’Afrique a toujours compté sur l’aide internationale à travers une coopération sanitaire sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
La gestion de l’épidémie à virus Ebola en 2014 en est un exemple patent dans la mesure où une importante solidarité internationale fut mobilisée afin d’arrêter la propagation de la maladie en Afrique de l’Ouest. D’ailleurs, cela laisse présager une aptitude des pays africains à gérer et à mettre en place une riposte efficiente contre les épidémies et les pandémies.
Pourtant, avec la pandémie de la Covid-19, certaines difficultés à la mise en place d’une coopération sanitaire internationale peuvent être relevées. Si l’Afrique semble jusqu’à présent relativement épargnée par le virus, il reste que l’OMS s’inquiète pour son avenir au regard de la progression du nombre de cas contaminés ainsi que des conséquences économiques et sociales de la pandémie. La solidarité internationale s’exprimant à travers la coopération internationale pourrait être indispensable au continent africain si jamais les inquiétudes de l’OMS venaient à se confirmer : l’Afrique, prochain épicentre de la pandémie de la maladie à coronavirus (Covid-19). Cette coopération se présente principalement sous deux formes.
Tout d’abord, elle se concrétise à travers le Règlement Sanitaire International adopté en 1951 lors de la 4ème Assemblée Mondiale de la Santé et révisé en 2005 dans le but de coordonner l’action de l’Organisation Mondiale Santé (OMS) au niveau international. Ensuite, la coopération sanitaire internationale se matérialise aussi généralement par l’aide apportée par les pays développés sous forme d’accords bilatéraux ou multilatéraux. Néanmoins, cette pandémie voit le jour dans un contexte international de crise du multilatéralisme ayant des conséquences négatives sur la coopération sanitaire internationale.
Ainsi, le système multilatéral mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale est vivement remis en question et vit des moments assez flous quant à sa pérennité. Cette crise, amorcée par les Etats-Unis et accentuée par l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, remet en perspectives les jeux de pouvoirs sur la scène internationale allant jusqu’à remettre en cause le développement de la coopération sanitaire internationale dans un contexte de pandémie de la Covid-19. Ainsi, le 14 avril 2020, le Président américain annonçait suspendre ses versements à l’OMS carla jugeant trop favorable à la Chine et en critiquant sa gestion de la pandémie.
La création de l’OMS répondait principalement à un enjeu qui était de limiter et de lutter contre la propagation des maladies infectieuses dans le monde sachant que les crises sanitaires ont souvent des impacts internationaux. La solidarité internationale en matière de santé trouve ainsi tout son sens dès lors « que toutes les occasions pour les nations de travailler ensemble, d’échanger leurs expériences, de faire circuler une information de bonne qualité et relativement indépendante, de proposer des directions communes, voire des règles communes, améliorent l’efficacité et l’efficience des actions de santé » (Yves Charpak, 2009). De ce fait, les États sous-développés et/ou qui souffrent de mal gouvernance – dont la grande partie se trouve en Afrique – ne sont pas laissés pour compte dans les avancées en matière de santé. Par ailleurs, une autre raison à la nécessité d’établir une coopération sanitaire internationale à travers la création d’une organisation sanitaire mondiale demeure sans doute – comme l’explique si bien Yves Charpak – dans le fait que ne pas aider les États pauvres, sous-développés reviendrait à « prendre le risque que leurs enjeux sanitaires nous reviennent en boomerang d’une façon ou d’une autre… En effet, certains enjeux sanitaires sont mondiaux » (Kant 1991).
S’il est vrai que certaines critiques peuvent être émises à l’encontre de l’OMS – comme sa gestion de l’épidémie à virus Ebola de 2014 pour laquelle il lui a été reproché d’avoir tardé à alerter sur la gravité de la maladie lui laissant ainsi le temps de progresser ou alors le fait qu’elle ait largement hésité à qualifier la pandémie de la maladie à coronavirus d’Urgence de Santé Publique à Portée Internationale (USPPI) – il n’en demeure pas moins que l’OMS est très présente dans la lutte contre les maladies transmissibles ainsi que dans l’aide aux pays en développement dans le renforcement de leur système de santé et l’application des mesures dans le cadre du RSI (2005). En 2014, c’est grâce à la mise en place d’une coopération sanitaire internationale avec l’appui technique de l’OMS que l’épidémie à virus Ebola a pu être contenue en Afrique de l’Ouest avec des conséquences économiques et sociales moindres.
De ce fait, il apparaît que priver l’Organisation de contributions financières la mettrait certainement dans des difficultés pour faire face à la pandémie et continuer à offrir son assistance technique si essentielle aux pays pauvres et en développement pendant cette crise sanitaire internationale.
Références bibliographiques :
Yves Charpak, « 57. L’OMS et la mondialisation des enjeux sanitaires », Pierre-Louis Bras éd., Traité d’économie et de gestion de la santé, Presses de Sciences Po, 2009, p.523.
Ibid., Plus généralement, et comme l’a déjà noté Kant en 1795, l’interdépendance entre les différents acteurs mondiaux est qu’« un droit violé quelque part est ressenti partout » ; Emmanuel Kant, Vers la paix perpétuelle, traduction de. J.-F. Poirier et F. Proust, Paris, Flammarion, 1991.
*Sokhna Fatou Kiné Ndiaye est sénégalaise, Doctorante en droit public mention droit international public à l’Institut de Droit public, Sciences politiques et Sociales (IDPS) de l’Université Sorbonne Paris Nord.

Mission d’une influenceuse sénégalaise: Sauver Des Vies Via Les Médias Sociaux

https://www.lejecos.com/Mon téléphone est mon meilleur ami. Grâce aux réseaux sociaux, je peux garder le contact avec mes proches depuis chez moi, même en vivant loin d’eux.
Lorsque j’ai entendu parler du premier cas déclaré de coronavirus au Sénégal, j’ai immédiatement pensé à ma mère. Depuis que mon père est décédé, l’an dernier, elle est tout pour moi et ma première raison de vivre. Lorsque je l’appelle, j’écoute attentivement le son de sa voix, puis je m’enquière de sa santé et m’assure qu’elle et le reste de la famille respectent bien toutes les consignes sanitaires. Elle est en confinement depuis la mi-mars.
Alors que je m’inquiète pour elle, elle aussi s’inquiète pour moi : « Ne sors pas de chez toi », me répète-t-elle sans cesse. Le fait que je vive seule, aux États-Unis, dans un pays qui compte plus d’un million de cas et 75 000 morts (alors qu’au Sénégal, 1 709 cas seulement ont été déclarés pour 19 décès), n’est pas pour la rassurer.
Malgré les 6 500 kilomètres qui me séparent du Sénégal, j’ai l’impression d’y retourner chaque fois que j’ouvre mon téléphone. C’est l’objet qui me permet de garder le contact avec ma mère et mes amis, mais aussi de connaître les initiatives lancées par mes compatriotes pour se protéger les uns les autres. La pandémie de COVID-19 m’a aidée à réapprendre, ou plutôt à redéfinir, le pouvoir des réseaux sociaux.

L’union fait la force

Dans mon pays, je suis ce que le monde des médias sociaux appelle une « influenceuse », avec presque 24 000 abonnés sur mon compte Twitter. En plus de celles et ceux qui me suivent, mon influence s’étend à celles et ceux qui les suivent. Ce qui veut dire que les messages que j’envoie à mon réseau peuvent, potentiellement, toucher des centaines de milliers de Sénégalais. Mes statuts WhatsApp — des mises à jour qui disparaissent au bout de 24 heures — s’enchaînent les uns aux autres, formant comme une chronique sur le coronavirus.
J’ai donc décidé d’exploiter mon influence. Et j’invite tous mes proches — parmi lesquels de nombreux chefs d’entreprise, des petits entrepreneurs et des artistes — à m’emboîter le pas.
Rester en bonne santé est la première de nos priorités, suivie par la nécessité de sauver les entreprises et les emplois. Plus que jamais, la rapidité est importante lors du partage d’informations sur la pandémie de COVID-19.
Des gens me contactent pour relayer leurs messages, y compris le ministère de la Santé, le Réseau des blogueurs du Sénégal et certains des musiciens les plus célèbres du pays. Ensemble, nous diffusons à nos concitoyens, jour après jour, les mêmes messages. En voici quelques exemples.
« Nous nous inscrivons toujours dans une perspective d’anticipation avec une stratégie de flexibilité. Ensemble, nous vaincrons », a écrit notre ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr.

Un appel à l’action des artistes et des innovateurs

Youssou Ndour, le célèbre chanteur et homme d’affaires sénégalais, lauréat d’un Grammy Award, qui est à l’origine de l’initiative #DaanCorona  (combattre le coronavirus), me disait ceci : « Les jours passent, mais ne se ressemblent pas. L’avenir sera différent car cette pandémie nous montre que nous devons apprendre à vivre autrement. Elle envoie aussi un signal fort pour inviter chacun à bâtir un monde plus équitable. »
Il s’est montré particulièrement préoccupé par la situation des start-up au Sénégal et dans le reste de l’Afrique : « Aux jeunes entrepreneurs africains : pour continuer à exister dans ce monde, vous devez parvenir à vous adapter rapidement et, s’il le faut, vous réinventer. » Plusieurs fois, Youssou Ndour a organisé des concerts pour ses fans depuis chez lui, afin de les inciter à rester chez eux.
Les perturbations et l’incertitude sont devenues le quotidien des petites entreprises. Pour soutenir les jeunes entrepreneurs, l’association sénégalaise, Jeader, a lancé des webinaires hebdomadaires avec des experts afin de répondre à toutes leurs questions à propos de l’impact du coronavirus. Je voudrais souligner aussi l’initiative d’étudiants de l’École supérieure polytechnique, où j’ai fait mes études : avec son équipe, l’ingénieur systèmes Mouhamadou Lamine Kebe a programmé 

Dr Car

, un robot capable de livrer des repas et des médicaments aux patients hospitalisés.
Mon ami graffeur Docta utilise son art pour sensibiliser les populations. L’une de ses dernières compositions illustre les mesures à prendre pour prévenir la propagation du coronavirus : se laver les mains, utiliser un gel hydroalcoolique et tousser dans son coude. Car il est convaincu que les graffs sont un moyen visuel puissant pour s’adresser aux passants.
Le langage reste aussi un outil de communication vital. Avec ses quelques 300 bénévoles, la Ligue africaine des blogueurs en santé, population et développement (LAB SANTÉ) a réalisé des enregistrements en 20 langues locales, qui sont ensuite diffusés via les médias sociaux : « La santé numérique ouvre des perspectives incroyables en Afrique»,se réjouit Cheikh Bamba Ndao,son président.
Les femmes mènent la riposte
Au Sénégal, les femmes sont en première ligne pour combattre le coronavirus. Selon les résultats d’une enquête de conjoncture réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie  en 2016, 32 % des entreprises ont été créées par des femmes.
Ensemble, la FAOONU Femmes  et le FNUAP  ont lancé l’initiative « Le panier de la ménagère », en apportant au gouvernement sénégalais des fonds et une expertise technique pour acheter aux productrices et aux jeunes agriculteurs  du riz, des céréales et des légumes. Ces produits sont ajoutés aux distributions d’aliments de base organisées pour les familles vulnérables.
« Nous voulons nous assurer que les femmes agricultrices ne sont pas abandonnées pendant la crise », explique Oulimata Sarr, directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
D’après Coumba Sow, coordonnateur pour le programme de résilience de la FAO en Afrique de l’Ouest et au Sahel, cette initiative sera déployée à travers une plateforme numérique lancée depuis deux ans et qui peut toucher 100 000 agriculteurs.
Et dans un pays où tout le monde ne peut s’offrir le luxe de rester chez soi, le gouvernement a obligé tous les citoyens à porter un masque dès qu’ils s’aventurent dans l’espace public.
La styliste Bijou Sy a.k.a Touty, une entrepreneuse locale pleine d’énergie, a eu la  géniale idée de lancer l’initiative « 1 Sénégalais, 1 masque » avec le collectif de créateurs Atelier 221 et en collaboration avec l’association Racines de l’Espoir. Le but est de distribuer gratuitement des masques lavables et réutilisables en tissu fabriqués par 1 000 bénévoles dans tout le pays.
« Nous voulons apporter une réponse sociale à la pandémie de COVID-19 et mettre à l’honneur le savoir-faire des artisans sénégalais. Nous lançons un appel à tous les designers d’Afrique », m’a confié Bijou.
Comme l’affirme un proverbe wolof, la langue parlée par une majorité de Sénégalais : Mbolo moy dolé, ce qui signifie « l’union fait la force ». Je suis convaincue que, grâce aux réseaux sociaux et aux idées novatrices de nombreux entrepreneurs et autres citoyens, cette unité dont nous faisons preuve face à la pandémie va nous éviter de sombrer dans les ténèbres.Moussoukoro Diop, chargée de communication à IFC, a grandi à Dakar, la capitale du Sénégal

KHADIM BAMBA DIAGNE,ÉCONOMISTE: «NOUS DEVONS AFFRONTER LE VIRUS»

http://www.emedia.sn/La résilience, c’est le maître-mot de l’économiste, Khadim Bamba Diagne, l’un des invités de la matinale spéciale Covid-19 d’iRadio, ce mardi, 19 mai. L’un des quatre auteurs de la retentissante tribune qui appelait à sauver l’économie sénégalaise par la levée des mesures de restriction, en veut pour preuve que la pandémie peut durer deux ans.
« Le grand problème, c’est que les pandémies qui ont fait des dégâts dans ce monde en 1920 et en 1968, ont fait deux ans. Donc moi, je refuse de stopper notre production nationale pendant deux ans ou six mois. On ne sait pas le temps que va durer cette pandémie, donc, je pense que nous devons réfléchir à sur notre économie. Qui doit être revue et orientée pendant que le virus sera là », explique-t-il, arguant qu’après avoir appris à vivre avec le virus, « il nous faut maintenant l’affronter en respectant les gestes barrières. Mais le pays ne peut pas continuer à arrêter son activité en pensant qu’on peut prendre en charge après les politiques économiques que nous allons mettre en place. Il nous faut arrêter de penser après Covid-19. Aujourd’hui, on vit avec le virus et il peut durer deux ans. »
En plus de brandir l’argument de la résilience, l’économiste interpelle les autorités étatiques : « Le président nous a demandé d’être résilients. On attend qu’il commence cette résilience-là. J’attends que le Conseil des ministres reprenne. On a besoin d’une activité. Parce que, même en essayant de retrouver une certaine normalité de notre économie, si chacun reste aussi chez lui, on aura du mal à avoir une production intéressante.
Pour Khadim Bamba Diagne, l’économie dépendant de l’activité, s’il n’y a pas d’activités, il n’y a pas de productions et pas de richesses. « L’État a besoin de ces richesses pour financer son budget mais aussi son développement. »
Dans un entretien accordé au journal Le Soleil, Amadou Hott, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, annonce que le gouvernement est en train d’élaborer un Plan Sénégal Émergent (PSE) post-Covid en vue de la ’’relance’’ de l’activité économique.
D’après la tutelle, ce plan qui ’’sera bâti sur les acquis positifs’’ du Programme de résilience économique et sociale (PRES), lancé début avril par le président de la République pour atténuer les effets de la pandémie de Covid-19, est assorti du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force Covid-19), d’un montant de 1.000 milliards de francs CFA, comprenant quatre piliers, dont le renforcement du secteur de la santé, la préservation de la stabilité macroéconomique et financière.
Entre autres objectifs, « il s’agit (…) de revisiter les objectifs stratégiques et les résultats attendus de la phase 2 du PSE, afin de renforcer la souveraineté sanitaire et alimentaire, ainsi que l’industrialisation’’, a expliqué Hott. DIÉ BÂ ET PAPE D. DIALLO (Photos)

La décision de Aly Ngouille Ndiaye met «le pays dans un risque énorme»

IGFM – PhD en Biologie et Pathologies Humaines et membre associé de la Société mondiale de virologie, El Hadji Seydou Mbaye, virologue établi à New York (Etats-Unis), et le Professeur Massamba Diouf, épidémiologiste agrégé en Santé publique, passent en revue la décision de Aly Ngouille Ndiaye de donner des autorisations de circuler, en pleine pandémie de Covid-19, aux Sénégalais qui voudraient aller passer la Korité en famille.
Faut-il lever les barrières inter-regionales pour être logique avec la décision de Aly Ngouille Ndiaye de donner des autorisations de circuler à ceux qui veulent aller fêter la Korité en famille ?
Dr EL H. S.  Mbaye : «Au début de la pandémie, les autorités avaient pris des mesures pour endiguer la maladie et éviter sa propagation dans les autres régions. Malgré ces restrictions, les gens se déplaçaient clandestinement d’une localité à une autre. Cela a prouvé que le dispositif qui a été mis en place n’était pas efficace. Au lieu de confiner deux régions (Dakar et Diourbel) au départ, ils ont laissé la maladie se propageait dans les autres localités. Aujourd’hui, la maladie a atteint une certaine ampleur et on veut octroyer des autorisations à une grande masse d’aller fêter la Korité en famille. C’est incompréhensible ! Cela montre que tout ce qu’on a investi depuis le début pour empêcher la propagation, risque d’être nul. Nous sommes face à une évolution de plus en plus de la maladie, donc il serait suicidaire de lever les barrières inter-régionales vu la vitesse de la propagation du virus.»
Pr M. Diouf : «Assouplissement des mesures ne devrait pas signifier abolissement des mesures ! Lever les barrières inter-régionales rimerait avec ce que l’autre (Dr Papa Moussa Thior, ndlr) a appelé : « Laisser circuler le virus. » Si le gouvernement doit autoriser les déplacements pour la célébration de la fête de Korité, il sera nécessaire de l’encadrer pour éviter qu’il y ait une augmentation des risques de transmission ou de contamination. D’abord, une ville comme Dakar concentre plus de 60% des cas. Ensuite, vient Touba en termes d’incidence du Covid-19. Une autre particularité réside dans leur statut démographico-économique et enfin le fait qu’elles regorgent des saisonniers pour la plupart venus de l’intérieur du pays. Si on emprunte le terme « émigrés internes », on s’aperçoit que cela va à la fois concerner le secteur informel comme celui formel. Donc vous imaginez tout ce beau monde qui devrait quitter leur lieu de travail pour rallier leurs localités d’origine. Le virus ne voyage pas tout seul. Il est souvent colporté par les Hommes. Donc nous appelons à la prudence. C’est-à-dire maintenir les restrictions en termes de nombre de passagers dans les véhicules, les heures de déplacement et du nombre de jours chômés par exemple avec un contrôle rigoureux et strict des forces de défense et de sécurité, pour limiter les flux des voyageurs.
Quelle conséquence cette mesure peut avoir sur la propagation du virus dans le pays, surtout dans les départements qui n’ont pas encore enregistré de cas ?  
 Dr EL H. S.  Mbaye : «Jusqu’ici, on peut dire que le Sénégal maîtrise la situation. Mais si on lève les barrières, cela peut entraîner une évolution exponentielle du nombre de cas. Les barrières servent à ralentir la propagation de la maladie de région en région. Maintenant, ils ont choisi de donner des autorisations. Ils peuvent le faire, mais avec des conditions, parce qu’on ne peut pas donner à tout le monde des autorisations pour aller dans les régions. Ce que cela demande comme dispositif, l’Etat ne peut pas le faire. Parce que pour contrôler ces déplacements, le ministère devrait être sûr que toutes les personnes détentrices d’une autorisation ne sont pas malades. Ce qui n’est plus possible de contrôler à moins d’une semaine de la fête. Il y a donc un risque énorme de propagation du virus. Puisque la fête de Korité est un moment de retrouvailles de la grande famille, du coup si quelqu’un est un cas asymptomatique, il y a un risque d’une propagation très rapide du virus dans la grande famille. Et dans le monde rural, il y a beaucoup de personnes âgées qui sont très vulnérables à la maladie. Si on lève les barrières ou on donne massivement des autorisations, il faut s’attendre à de nouvelles vagues de contamination dans les autres localités du pays après la Korité. Si jusqu’à présent nous avons un très faible taux de mortalité, il ne faut pas être surpris du nombre de morts après cette fête religieuse, si on autorise massivement les gens à aller rejoindre leur famille. D’habitude, les gens qui se déplacent lors de cette fête sont des jeunes et ils peuvent être asymptomatiques sans le savoir.»
Pr M. Diouf : «Il y a un grand risque de faire face à une nouvelle vague de contamination. La conséquence du non-respect de l’assouplissement pourrait être la contamination justement des zones qui jusque-là n’ont pas encore enregistré de cas et/ou la flambée des nouveaux cas dans les localités déjà touchées. Rappelons que ce sera un contexte de fête religieuse avec des traditions de Ziara ou de visites de courtoisie, ce qui pourrait stimuler les comportements favorables au Covid-19. Il est évident que si l’on y prend garde, après la Korité, il peut y avoir une inversion des tendances entre les autres régions et celles de Touba et Dakar. Insistons davantage sur les mesures barrières comme le port de masque, le lavage des mains et la distanciation physique surtout durant ces moments de communion. Le ministère de la Santé doit continuer à garder le cap.»FALLOU FAYE
La mesure de la discorde 
La mesure a suscité de vives critiques. Un rejet à la limite. Après le message à la Nation du chef de l’Etat, le 11 mai dernier, sur la situation du Covid-19 avec l’assouplissement des restrictions (ouverture des lieux de culte, reprise des cours…), le ministre de l’Intérieur a annoncé un certain nombre de mesures pour accompagner les décisions du président de la République. Aly Ngouille Ndiaye a ainsi demandé à ceux qui souhaitent aller fêter la Korité en famille de faire la demande pour bénéficier d’un assouplissement pour voyager. Aly Ngouille Ndiaye : «Nous invitons au maximum les gens à rester, parce que la fête de Korité est, certes, importantes, mais l’enjeu veut que les gens restent. Maintenant, s’ils ne veulent pas rester, ils peuvent demander une autorisation et, très certainement, ils bénéficieront d’assouplissement pour voyager.» Une déclaration vivement fustigée par certains spécialistes de la santé.
Convaincu de ses idées, Dr Papa Moussa Thior semble prendre le parti de Aly Ngouille Ndiaye. Il trouve absurde de maintenir les barrières inter-régionales au moment où le chef de l’Etat prône l’assouplissement des mesures restrictives. Dans la lutte contre nouveau Coronavirus (Covid-19), Dr Papa Moussa Thior garde sa voix dissonante. Consultant en santé publique et développement, Dr Thior rame à contre-courant des mesures prises par les autorités pour endiguer la pandémie. Après avoir déclaré dans un entretien accordé à «L’Observateur» qu’il faut laisser le virus du Covid-19 circuler, l’ancien coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) estime qu’il faut lever les barrières inter-régionales pour être logique avec la décision du ministre de l’Intérieur de donner des autorisations à ceux qui veulent aller fêter la Korité en famille. Un laisser-passer à haut risque de propagation du virus pour ses collègues Pr Massamba Diouf et Dr El Hadji Seydou Mbaye (lire interview croisée).FALLOU FAYE

DEUX NOUVEAUX DÉCÈS HORS DES CENTRES DE TRAITEMENT,À NABIL CHOUCAIR ET DANS UNE CLINIQUE PRIVÉE

http://www.emedia.sn/-Le Sénégal atteint officiellement le nombre de 30 décès liés au coronavirus. L’annonce a été faite par la Directrice générale de la Santé publique, Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye, qui présentait la situation du jour de l’évolution de la pandémie. De son communiqué, on apprend que deux autres cas de décès sont venus s’ajouter aux 28 dénombrés jusqu’hier. Il s’agit de deux cas de décès enregistrés hors des centres de traitement des épidémies installés pour la prise en charge des malades du coronavirus. Le premier concerne un patient âgé 73 ans, résidant à Grand Yoff, décédé lundi à 20 heures au centre de santé Nabil Choucair de la Patte d’Oie où l’on avait déjà noté un cas de décès similaire il. a une dizaine de jours. Le deuxième, un patient âgé de 86 ans, résidant à Dakar et décédé dans une clinique privée de la place.
Par ailleurs, ce mardi, 19 mai 2020, sur la base de 930 tests effectués, le Sénégal a enregistré 73 nouveaux cas positifs au Sars COV 2, le virus à l’origine de la Covid 19. Il s’agit de 68 cas parmi les contacts suivis par les services sanitaires et de 5 cas issus de la transmission communautaires, enregistrés à Grand Médine, Dakar Faidherbe, Yoff et Touba (2 cas).
Dans le même temps, 57 patients ont été testés négatifs et déclarés guéris, tandis que le nombre de cas graves a baissé, passant de 11 à 9, à cause des deux décès enregistrés hier, dans l’après-midi, à l’hôpital Principal.
Au total, à ce jour, selon les chiffres officiels du ministère de la Santé et de l’Action sociale, le Sénégal compte 2617 cas positifs recensés depuis le 2 mars, dont 1133 guéris, 30 décès déplorés, 1 patient évacué à sa demande, en France, et 1453 autres qui sont encore sous traitement dans les différents centres prévus à cet effet.

Pandémie de la Covid-19 au Sénégal: Une tendance baissière encourageante Par Assane Samb

La pandémie de Coronavirus frappe le Sénégal de plein fouet avec un nombre de contaminations de plus de 2.500 cas au total dont plus de mille guéris et un nombre de décès de 27 personnes.
La situation qui est loin d’être dramatique comparée à ce qui se passe ailleurs, inquiète cependant beaucoup de sénégalais surtout depuis que, le Président de la République a annoncé des mesures d’assouplissement. Lui emboitant le pas, Ministère de la Santé s’est engagé, ce vendredi, dans une nouvelle stratégie de prise en charge des cas suspects qui ne vont plus être mis en quarantaine dans les hôtels mais chez eux.
Depuis, les Sénégalais comme partout ailleurs, pressés de reprendre leurs activités, se demandent si leur pays a déjà atteint le pic ou pas. Une préoccupation liée au fait qu’en général, en dehors des points faits tous les moins, la communication quotidienne du Ministère se limite aux faits et occulte sciemment leur analyse. Ce qui pousse, naturellement à constater les dégâts mais pas à en connaître les causes et les conséquences.
Il faudra attendre la fin du moins pour que les différents spécialistes en première ligne dans le combat, apportent leurs propres appréciations sur la situation et formulent des recommandations.
Donc, en attendant le point d’analyse de la situation à la fin du mois, on peut se risquer à constater que, depuis deux jours (dimanche et lundi), une tendance baissière a été constatée au niveau du taux d’infection.
En effet, les taux varient de 6,25% ce dimanche, soit 51 testés positifs sur 816 à 5,46% hier, soit un nombre de 64 personnes qui ont attrapé le virus sur un total de 1172.
Ces chiffrent sont très différents de ce qui avait jusqu’ici été observé. De lundi à samedi, les taux variaient entre 8% et plus de 19%, celui le plus élevé observé depuis le début.
Alors que le lundi, seuls 917 tests avaient été effectués, nous avions eu 177 de personnes infectées. Depuis, le nombre de malades a tourné autour d’une centaine avant de baisser jusqu’à la moitié ce dimanche même si le nombre de tests varient sensiblement de 800 à un peu plus de mille.
Rien ne nous dit en effet que cette tendance baissière ne va pas se poursuivre. Et rien ne nous dit non plus que les cas de contamination ne vont pas brusquement augmenter.
En tout état de cause, dans de nombreux pays notamment les plus touchés de la planète, le virus est moins d’attaque et les tendances sont à la baisse.
Et notre souhait à tous est que d’ici le 02 juin, le taux de contamination soit vraiment insignifiant ce qui permettra une reprise effective de toutes les activités même s’il faudra maintenir les mesures-barrières.
D’ailleurs, la tendance ici et ailleurs, c’est de verser dans les études prospectives non seulement pour un éventuel vaccin mais également pour le redressement économique des nations qui ne sera pas facile avec une récession sans précédent qui s’annonce.
A ce propos, comme pour répondre à ses détracteurs, le Président chinois, Xi Jinping a annoncé l’expérimentation de 5 vaccins et la promesse d’en faire un « bien public mondial » qui sera rendu accessible et abordable dans les pays en développement.
La Chine qui promet de contribuer à hauteur de 2 milliards de dollars dans la lutte contre la Covid-19, a montré toute sa disponibilité dans le cadre de la lutte concertée entre nations qui n’aurait jamais dû faire défaut.
L’autre promesse des autorités chinoises faite à Genève lors de la 73e Assemblée mondiale de la santé, c’est de travailler à alléger le fardeau de la dette des pays faibles, un vœu cher au Président Macky Sall.
En tout état de cause, un vaccin ne sera pas fonctionnel d’ici 12 à 18 mois au minimum. Donc, il faudra travailler à barrer la route au virus tout en apprenant à vivre avec.
La stratégie du Sénégal a été jusqu’ici bonne mais perfectible. Il en est ainsi de sa communication.
Il faudra toutefois se résoudre au fait que sans l’adhésion en masse des populations, rien de pérenne ne pourra se faire.

LES MISES AU POINT DE L’INSTITUT PASTEUR

L’Institut Pasteur de Dakar réagit à la polémique. L’Institut se dit victime d’accusations infondées relatives à son rôle dans la lutte contre la Covid-19. Le statut de l’Institut Pasteur de Dakar, sa contribution dans la lutte contre la Covid-19 au Sénégal, les prétendus faux résultats du personnel de santé de Fann, la souche Covid-19…Pasteur répond point par point. Le communiqué détaillé.
1-Sur le statut de l’Institut Pasteur de Dakar
L’Institut Pasteur de Dakar (IPD) est une fondation sénégalaise d’utilité publique à but non lucratif, conformément au décret n°210-614 du 27 mai 2010 (voir Journal officiel de la République du Sénégal du 10 juillet 2010). L’objectif de la Fondation est de contribuer à la santé publique en Afrique en général et au Sénégal en particulier, en menant des activités de recherche, d’enseignement, de formation, d’expertises médicales, épidémiologiques et biologiques et de production du vaccin contre la fièvre jaune. C’est dans ce cadre que l’IPD, sous la tutelle du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale (MSAS), contribue à la riposte au Covid 19 au Sénégal. L’IPD ne saurait en aucune manière être associé à des polémiques dans d’autres pays où il n’a aucune responsabilité.
2. Sur la contribution dans la lutte contre le Covid-19 au Sénégal.
L’IPD réalise des tests diagnostic du Covid 19 dans le cadre du dispositif mis en place par le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale (MSAS). Selon l’organisation définie par le MSAS, des prélèvements associés à des fiches de renseignements dûment remplis de cas suspects, contacts et patients hospitalisés effectués par les personnels des districts sanitaires et des centres de traitement, sont quotidiennement adressés à l’IPD, qui réalise les tests pour le COVID-19 avec un rendu des résultats au niveau du MSAS. Nous rappelons que cette activité est menée dans le cadre de la mission de santé publique de l’IPD sans aucune facturation en contrepartie.
3. Sur la prétendue « affaire des résultats des tests du personnel médical de l’hôpital de FANN »
Depuis le début de l’épidémie, l’IPD contribue à la riposte avec beaucoup de rigueur et de transparence sous le contrôle du MSAS. Dans ce cadre, tout résultat de test transmis par l’IPD à l’autorité ministérielle, suit un processus strict et clairement défini. A cet égard, la Direction de l’IPD affirme qu’il n’y a jamais eu de transmission au MSAS de résultats doubles ou contradictoires pour les médecins concernés. Les faits sont les suivants : l’IPD a adressé au point focal de la prise en charge du service des maladies infectieuses de FANN, un message électronique avec en pièce jointe une liste de 16 personnes pour lesquelles un deuxième prélèvement a été demandé car les
informations contenues dans les fiches d’enquête des premiers prélèvements reçus par l’IPD n’étaient pas fiables. Ainsi, une deuxième série de prélèvements avec des fiches correctement renseignées nous a été transmise et nous a permis d’effectuer les tests et de donner les résultats négatifs de ces personnes tels qu’annoncés par le MSAS lors de son point quotidien. Aucun résultat faux ou contradictoire n’a été rendu au MSAS.
4. Sur la souche Covid-19
Contrairement à ce qui a été déclaré au niveau de la presse, l’IPD n’a jamais reçu de demande officielle émanant d’une quelconque institution de recherche pour la mise à disposition de la souche Covid-19.
Le personnel et la direction de l’Institut Pasteur de Dakar réitèrent leurs remerciements et engagements aux côtés des autorités et des populations sénégalaises qui nous témoignent régulièrement leur confiance. Nous restons plus que jamais mobilisés pour juguler l’épidémie du Covid-19 au Sénégal et toute notre énergie est et restera uniquement tournée vers cela.

L’Institut Pasteur de Dakar: Une Fondation pas si privée que ça…

https://www.dakaractu.com/L’Institut Pasteur de Dakar est sous les feux de la rampe et est accusé de tous les maux dans sa contribution au plan de riposte contre le Covid-19 au Sénégal. La Fondation est accusée de faire main basse sur les tests diagnostic et de jouer le jeu de puissances étrangères.
Mais ce qui n’est pas connu de la majorité de ses détracteurs, c’est que l’Institut Pasteur de Dakar n’est pas entièrement privé. En d’autres termes, l’Etat du Sénégal est présent dans cette fondation dont les premières briques ont été posées en 1896 par l’entremise d’Emile Marchoux, un disciple de Pasteur qui implanta un laboratoire de microbiologie à Saint-Louis et débuta ses travaux de recherche sur le paludisme et la maladie du sommeil. Ce n’est qu’en 1913 que le laboratoire est transféré à Dakar, au Cap Manuel.
La même année, selon le site de l’Institut Pasteur, consacre la préparation d’un vaccin contre la rage, puis d’un vaccin contre la peste. Mais l’institut Pasteur de Dakar est réellement né en 1924 suite à une signature de convention entre le laboratoire de Dakar et l’Institut Pasteur à Paris. Son premier directeur est Constant Mathis. En 1929, la souche du virus de la fièvre jaune est isolée par A. Sellard et Jean Laigret. Ces deux chercheurs procèdent à la préparation du vaccin de la fièvre jaune qui fut donnée à 3.000 volontaires européens résidant en Afrique de l’Ouest. On est en 1934.
Après l’avènement du Président Léopold Sédar Senghor au pouvoir, la France et le Sénégal signent en 1963 une convention pour la poursuite de la « mission d’assistance technique en matière de recherches biologiques, médicales et d’applications pratiques » de l’Institut Pasteur de Dakar.
Dans le cadre de la poursuite de la collaboration entre l’Institut Pasteur et l’Etat du Sénégal, un conseil de perfectionnement est créé en 1974 et sera présidé par le Ministre de la Santé. Son rôle consistera à examiner et à approuver les programmes de formation, de recherche et de production proposés par le Directeur de l’Institut Pasteur. Mais en réalité, l’Institut Pasteur n’opère sa mue qu’en 2009 et devient « fondation de droit sénégalais grâce à la signature de ses statuts définis par l’Etat du Sénégal et l’Institut Pasteur et faisant l’objet du décret n°210-614 du 27 mai paru dans le journal officiel du 10 juillet 2010 ».
Ce décret consulté à Dakaractu, fixe le statut de la fondation Institut Pasteur de Dakar et son mode de fonctionnement.  Le titre premier du décret concerne les statuts de la Fondation et consacre la dénomination Institut Pasteur de Dakar qui, selon le décret devra être mentionnée dans tous les documents de la Fondation notamment ses papiers à en-tête, correspondances, factures, procès-verbaux de délibérations.
Toujours au sujet de son statut, le décret en question stipule que « La Fondation a objet principal, dans le respect des lois et règlements internes des pays, de contribuer à la santé publique, notamment en Afrique et en particulier au Sénégal, en menant des activités de recherche, d’enseignement, de formation, d’expertises médicales, épidémiologiques et biologiques et de production du vaccin antiamaril, ainsi que toute autre activité légale se rapportant à ou permettant la réalisation de l’objet de la fondation ».
La durée de la Fondation Institut Pasteur de Dakar, quant à elle, est indéterminée, selon le décret.
Au titre des organes constitutifs de la Fondation Institut Pasteur, il est écrit noir sur blanc que ladite fondation comprend un Conseil de fondation et un administrateur général.
Organe suprême de l’organisation, le Conseil de fondation est investi des pouvoirs les plus étendus pour faire ou autoriser tout acte ou opération entrant dans l’objet de la Fondation, excepté ceux réservés par la loi et les présents statuts aux organes de contrôle. Le Conseil est aussi investi d’une mission générale de réalisation des objets de la fondation, veille à la gestion correcte du patrimoine ainsi que des ressources de la Fondation et assure un contrôle permanent sur l’administrateur général.
Le Conseil est composé de dix membres dont un président et un secrétaire, parmi des personnes choisies en raison de leurs compétences dans les domaines d’activité de la Fondation ou pouvant contribuer à la réalisation de son objet. Ses membres sont désignés par l’Institut Pasteur et l’Etat du Sénégal, à raison d’un quota de trois personnes par entité.  En outre, deux personnalités qualifiées sont conjointement désignées par l’Etat et l’Institut Pasteur et choisies en raison de leurs compétences et de leurs disponibilités pour exercer leur fonction. Les deux derniers membres du Conseil sont issus du Personnel. Il s’agit d’un scientifique et d’un non scientifique exerçant à la Fondation Institut Pasteur de Dakar et ayant au moins deux années d’ancienneté.
Selon le décret, « le Président du Conseil de fondation nomme parmi ses membres, sur proposition conjointe de l’Institut Pasteur et de l’Etat du Sénégal, un président en dehors des représentants de l’Etat sénégalais, pour une durée de quatre ans renouvelable une fois ».
Quant à l’administrateur général, il est nommé par le Conseil de fondation parmi les membres ou en dehors d’eux, dans le respect d’une procédure bien établie. Un appel à candidature est lancé pour occuper cette fonction et les postulants doivent être prêts à prendre fonction six mois avant la fin du mandat de l’administrateur en poste.
La rigueur est de mise dans le choix de l’administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar. Son choix est un exercice qui revient à un comité de sélection composé de cinq membres, deux désignés par l’Etat et un désigné par le Conseil de fondation. Il faut préciser que les membres du Conseil de fondation ne peuvent faire partie du comité de sélection. Le choix de l’administrateur général ne sera entériné qu’après que le comité de sélection aura soumis au Conseil de fondation une liste de trois candidations présélectionnées et classées par ordre d’évacuation, à laquelle est joint un rapport motivé. C’est sur la base de ce rapport, poursuit le décret que le Conseil de fondation nomme un candidat. L’administrateur général est nommé pour une durée de trois ans renouvelables une fois. Le Dr Amadou Alpha Sall est l’actuel administrateur général de l’IPD.
La Fondation est aussi dotée d’un Conseil scientifique composé de six membres dont quatre sont désignés par le Conseil de fondation sur proposition de l’administrateur général parmi des scientifiques non sénégalais dans les domaines d’activité de la « Fondation Institut Pasteur de Dakar ». Deux autres sont désignés par le Conseil de fondation sur proposition de l’administrateur général parmi les scientifiques sénégalais. Les membres du Conseil scientifique sont désignés pour une durée de quatre ans renouvelables et n’appartiennent pas au personnel de la « Fondation Institut Pasteur de Dakar ». Leurs fonctions sont gratuites, mentionne le décret publié dans le journal officiel du 27 mai 2010.
Le titre IV du décret consacre les dispositions financières, dotations  initiales, patrimoine, ressource, exercice social et comptabilité de la Fondation Institut Pasteur de Dakar. Au sujet de la dotation initiale, il est écrit qu’elle est apportée par l’Institut Pasteur et par l’Etat du Sénégal pour un montant de dix-neuf milliards trois millions cinq cent quatre-vingt-huit mille trois cent quatre-vingt-neuf francs (19 003 588 389 FCFA) dont deux milliards quatre-vingt-cinq millions cent quatre-vingt-cinq mille huit cent trois francs CFA (2 425 185 803 FCFA) en numéraire. Cependant, « la Fondation Institut Pasteur de Dakar » dispose d’un patrimoine dont les éléments ne constituent pas,ni conjointement, ni séparément, des biens publics».
Outre la dotation initiale, les ressources de la Fondation proviennent des revenus tirés de la gestion de son patrimoine, des revenus de la production de vaccins, des subventions, dons et legs provenant de toute personne physique et/ou morale, publique et/ou privée sans qu’ils puissent violer les lois et règlement en vigueur au Sénégal ou porter atteinte à l’indépendance de la Fondation. Elle peut aussi bénéficier des subventions accordées par le gouvernement français, le Gouvernement sénégalais et tout autre gouvernement, notamment dans le cadre des « contrats d’objectifs ».
Dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus, le ministre de Santé a affirmé que l’Institut Pasteur doit bénéficier d’un budget pour les besoins des tests diagnostiques dont le coût n’est pas connu du grand public. Mais dans un communiqué sorti ce jour, l’IPD affirme que cette contribution n’est pas payante.

Révélations du Pr Coumba Touré Kane «Pour le test de diagnostic nouveau, la fiabilité n’est pas assurée à 100%»

XALIMANEWS- Le Débat sur la fiabilité des tests de coronavirus prend des ampleurs. A ce stade, le Pr Coumba Touré Kane, biologiste à l’Iressef, le centre de Diamniadio, dirigé par le professeur Mboup, rajoute une couche.
« Pour le test de diagnostic nouveau la fiabilité n’est pas assurée à 100%», a déclaré le Pr Coumba Touré Kane.
La spécialiste a notamment apporté des éclairages sur le nouveau coronavirus qui présente, selon elle, une particularité du fait qu’il est encore méconnu des soignants.
«Dans le cadre de ce Covid-19, il faut savoir que c’est une maladie nouvelle et les tests qui sont utilisés n’ont pas une très, très grande sensibilité. La sensibilité des tests au maximum, c’est dans les 90%, et les tests sont des tests quand même qui sont assez spécifiques par rapport aux tests qui sont sur le marché actuellement. Et c’est la raison pour laquelle on accompagne ces tests nouveaux avec des évaluations pour pouvoir les valider au niveau de laboratoire. Mais comme c’est une maladie nouvelle, ce sont des tests de diagnostic qui sont nouveaux, il peut y avoir souvent des erreurs. Et ces erreurs-là sont décelées au niveau du laboratoire avec l’utilisation de contrôles qu’on appelle des contrôles positifs, des contrôles négatifs ou surtout des contrôles internes qui permettent de voir est-ce que la réaction n’a pas été inhibée par quelques choses d’autres», a-t-elle expliqué au micro de Zik Fm.

Reprise des cours: l’Association de parents d’élèves et étudiants invite l’Etat à prendre des dispositions nécessaires et des garanties suffisantes

https://www.pressafrik.com/La Fédération Nationale des Associations de Parents d’Elèves et Etudiants du Sénégal (FENAPES) invite l’Etat à de prendre les dispositions nécessaires et de fournir les garanties suffisantes. De même qu’une attention particulière doit être prêtée aux écoles privées qui obtiennent toujours de bons résultats et qui ont de grands centres d’examens.
« Le Covid-19 ayant bouleversé tous les systèmes, l’année scolaire et universitaire 2019/2020 à été perturbée et le Président de la République soucieux de l’Avenir de nos enfants, en excluant l’année blanche a décidé de rouvrir d’abord les classes d’examens « CM2 pour l’élémentaire, 3ème pour le moyen et Terminale pour le secondaire ». Cela fait un nombre de 551.000 élèves à prendre en charge au lieu des 3.500.000 élèves s’il s’agit d’une ouverture générale. Il faut que les gens cessent de faire l’amalgame », soutiennent-ils.
Les parents d’élèves affiliés à cette fédération adhèrent et sont prêts à accompagner le ministre de l’Education Nationale et le ministre de la Formation Professionnelle. Ils seront en rapport avec les IA et les IEF et les responsables des Collectivités Territoriales (Maires) dans toutes les régions du Sénégal.
« Maintenant, la peur de la contamination à grande échelle (écoles, établissements, centres d’examens et concours) fait que les élèves et leurs parents ont peur de rejoindre ces dits établissements. Il appartient alors aux ministres concernés de prendre les dispositions nécessaires et de fournir les garanties suffisantes. De même qu’une attention particulière doit être prêtée aux écoles privées qui obtiennent toujours de bons résultats et qui ont de grands centres d’examens », insistent-ils dans un communiqué.
Quant aux dates des examens et concours de l’année 2020/2021, une étude sérieuse allant dans ce sens est nécessaire, concluent-ils.Salif SAKHANOKHO

Ouverture Des Classes Le 2 Juin: Le Privé Catholique Pas Convaincu

http://www.walf-groupe.com/-Au moment où les écoles publiques sont en pleines préparation, sous la houlette des autorités locales, pour accueillir les élèves en classe d’examen, le privé catholique émet des réserves quant à la la date du 2 juin
En effet, conscientes de la situation qui prévaut avec le nombre de cas positifs qui augmentent de jour en jour, les écoles privées catholiques restent sceptiques et préfèrent attendre « la circulaire de l’inspection d’académie(IA) de Dakar, qui confirmera, avec plus de précisons, les mesures à prendre dans le cadre de cette reprise des cours ». Selon le frère Luc Brunette, Directeur du collège Hyacinthe THIANDOUM, « ces mesures qui prévoient la création des groupes de 20 élèves, le respect de la distanciation dans les salles de classes et la révision des emplois du temps pour faire cours entre 9h et 15h en évitant les rassemblements », ne suffisent pas.
« On voudrait bien que les enfants reprennent les cours et les enseignements, mais vu la progression de la maladie, nous avons peur. Si l’autorité maintient  cette mesure d’ouvrir les écoles le 2 juin, nous allons l’appliquer et on verra le nombre d’élèves qu’on aura. Nous avons exprimé nos besoins à l’inspection d’académie pour la mise à disposition de produits d’hygiène, de gel hydro-alcoolique et de thermo flash pour assurer la sécurité des potaches  », déclare sœur Reine Marie BADIANE.

DES PROPOSITIONS FORTES RETENUES POUR LA REPRISE DES COURS À DAKAR

http://www.emedia.sn/ A Dakar, le comité régional de gestion des épidémies a organisé, hier lundi, une réunion préparatoire de la reprise des cours des élèves en classes d’examen fixée au 2 juin prochain. Ce, pour permettre aux acteurs d’échanger sur les dispositifs mis en place pour un bon déroulement des enseignements-apprentissages. D’importantes propositions ont été retenues au terme de la rencontre.
« Il s’agit d’abord de sécuriser les différents établissements en y déroulant des opérations de désinfection par le service d’hygiène, et par l’ensemble des acteurs qui pourraient accompagner ce service. Il s’agit également au niveau de ces établissements d’y faire respecter les mesures-barrières. C’est également faire en sorte que les heures de démarrage et d’arrêt des cours soient des heures choisies avec une certaine pertinence. Et enfin, c’est cela qui nous réconforte davantage, c’est l’engagement pris par les autorités aussi bien centrales que territoriales pour doter les différentes académies de matériel de protection », a expliqué Al Hassan Sall, le gouverneur de Dakar.
Selon Soham Wardini, le maire de Dakar, il faut tout faire « pour éviter toute contamination » : « Nous devons mettre les enfants dans les conditions optimum. Qu’ils puissent avoir des masques, des gels à disposition, des lave-mains. Qu’on puisse mettre à contribution des volontaires de la ville pour éviter les rassemblements dans la cour de récréation mais aussi pour aider à la distanciation physique dans les salles de classe. »
El Hadj Malick Youm, le représentant du G7, regroupant les syndicats d’enseignants les plus représentatifs, a ainsi décliné leurs attentes : « Ces éléments portent d’abord autour de ce que nous appelons une baisse de la pandémie par rapport à l’évolution. Ensuite, de recueillir l’avis médical favorable du comité de gestion en charge de la gestion de la pandémie. Enfin, la mise en place d’un dispositif qui puisse permettre de transporter tous les enseignants qui sont présentement hors de Dakar pour la plupart. »
Sur ce point précis, l’autorité administrative a donné des assurances : « Je suis en mesure de vous dire que pour les enseignants ne résidant pas à Dakar, et pour ceux-là également qui sont à Dakar, et qui doivent rejoindre les régions, qu’au niveau du ministère de l’Intérieur des dispositions sont déjà prises pour intégrer ce motif dans le cadre des autorisations de circuler, pour qu’ils aient la possibilité de rejoindre leur poste d’affectation dans le cadre de la reprise des cours. »
Pour le transport des élèves et enseignants en toute sécurité, un comité sera institué avec Dakar Dem Dikk (DDD), AFTU, et CETUD pour travailler sur cette problématique dans ce contexte de pandémie. Vigilance, c’est le mot d’ordre retenu lors du Comité régional de développement autour de la réouverture des classes, tenu à Saint-Louis.
S’agissant des nouveaux horaires, les échanges sont en cours à l’Inspection d’académie : 09-13 heures pour l’élémentaire, 09-14 heures pour le moyen secondaire.
« Nous n’avons fait que des propositions au comité. Maintenant, le gouverneur doit mettre en place un comité restreint pour continuer la réflexion et essayer d’harmoniser au niveau de la région qui est composée de trois Inspections d’académie. La proposition de 09 heures à 13 heures pour l’élémentaire est fondée sur le décret qui donne une fourchette de 09 heures à 16 heures pour l’administration. Logés là-dedans, nous avons pensé que les élèves des classes de CM2, ce sont des enfants. Et puisque la vente des aliments pour des raisons sanitaires est interdite au niveau des écoles et établissements, on ne peut pas retenir ces enfants-là au-delà de certaines heures. Nous avons pensé qu’avec l’allégement des programmes qu’un enfant pourrait, entre 09 heures et 13 heures, avoir l’essentiel. Pour les élèves du moyen-secondaire, nous avons pensé de 09 heures à 14 heures, parce que 5 heures de cours, moi je pense qu’on peut faire l’essentiel par jour », a détaillé l’inspectrice d’académie de Dakar, Khadidiatou Diallo. Dié BÂ

MAINTIEN DE L’INTERDICTION SUR LA CIRCULATION INTERURBAINE:Les transporteurs sortent du bois

http://www.sudonline.sn/-La fermeture des gares routières et les restrictions apportées à la circulation interurbaine, ont eu des conséquences sur les revenus des chauffeurs et les transporteurs. En décidant d’apporter des allégements dans les conditions de l’état d’urgence, le président de la République, Macky Sall, a maintenu les interdictions sur le transport entre deux villes, sauf à Dakar. En cette veille de fête de la Korité, les transporteurs veulent la levée de la mesure afin qu’ils retrouvent leurs activités

ALASSANE NDOYE, SECRETAIRE GENERAL DU SYNDICAT DES TRANSPORTEURS ROUTIERS DU SENEGAL:«Dans 48 heures, si les autorités ne réagissent pas, je donnerais l’ordre de rouvrir les gares routières»

«Faire arrêter ses activités à un transporteur, pendant 2 mois, constitue un manque à gagner considérable. Nous respectons les décisions du président de la République, Macky Sall, ce qui est une obligation. Mais, à force de supporter notre inactivité, nous sommes financièrement à terre. Quand la pandémie s’est déclarée, tous les secteurs se sont conformés aux recommandations du chef de l’Etat. Mais, récemment (dans son discours du lundi 11 mai, ndlr) il a apporté des allègements dans les interdits faits à des secteurs d’activités, en excluant les transporteurs interurbains. C’est pourquoi nous l’invitons à trouver une solution à nos problèmes. De la même façon que des atténuations ont été apportées à la fréquentation des lieux de commerce et de culte, nous souhaitons la levée des interdictions sur le transport interurbain. D’ici la Korité, si une solution n’est pas trouvée, nous allons agir avec les moyens à notre disposition. S’il n’y pas de changements entretemps, j’instruirai tous les chauffeurs à se remettre (au travail) pour avoir de quoi passer la fête de la Korité. D’ici 48 heures, si les autorités ne réagissent pas, je donnerai l’ordre que les gares routières soient rouvertes. On a été en contact notre ministre de tutelle, en charge des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, El Hadji Oumar Youm. Il nous a signifié que le gouvernement s’en tient aux dispositions antérieures. Quand on nous demande de sursoir à notre travail, il faut qu’on soit aidés. Nous sommes oubliés dans la prise en charge des impactés de la Covid-19.».

GORA KHOUMA, SECRETAIRE GENERAL DE L’UNION DES ROUTIERS DU SENEGAL:«L’Etat doit aller au bout de la logique en ouvrant les gares routières»

«L’Etat veut une chose et son contraire. Nous acteurs routiers, nous avons demandé la réouverture de toutes les gares routières, avec un transport vers toutes les directions. Mais, notre requête n’a jusqu’à présent pas eu un retour favorable. Si maintenant l’Etat dit que ceux qui souhaitent fêter la Korité en famille peuvent avoir une autorisation, les paysans qui doivent préparer la période hivernale peuvent se mouvoir, que les enseignants doivent regagner les salles de classes, pourquoi interdire la circulation interurbaine ? Tout ce beau monde ne va pas marcher pour rejoindre leur nouvelle destination. L’Etat non plus ne leur fournira pas de véhicules. Donc, l’idéal, c’est la réouverture des gares routières tout en imposant le respect des mesures barrières. Il n’y a pas d’autres solutions. Du moment que c’est le président de la République, Macky Sall, qui a nous dit d’apprendre à cohabiter avec le virus, forcement il faut qu’on s’adapte à la donne. Etant donné qu’il y a eu un allègement sur les heures du couvre-feu, les lieux de culte et les marchés sont rouverts, il n’a qu’à continuer dans sa démarche. Que les gares routières soient rouvertes !»

Tambacounda: les conducteurs de motos-Jakarta mettent la ville sens dessus dessous pour la réclamer la reprise de leur activité de transport

https://www.pressafrik.com/Les conducteurs de moto-Jakarta de la ville de Tambacounda n’en peuvent plus de voir leur activité de transport « confinée » à l’arrêt par les autorités dans le but de lutter contre la propagation de la Covid-19. Ils ont investi les rues de la ville ce mardi et brûlé des pneus sur la Route nationale pour réclamer la reprise des transports.
En arrêt de travail depuis près de deux mois à cause de l’Etat d’urgence suivi d’une interdiction de transport interurbain, ces jeunes qui se dirigent vers la fête de Korité sans aucune autre source de revenu, exigent des autorités l’autorisation de reprendre leur activité de transport.
Il faut souligner que le Gouverneur de la région de Tambacounda avait pris des mesures draconiennes, après l’apparition du premier cas de Coronavirus dans la région. Entre autres mesures, Monsieur Baldé a formellement interdit aux tricycles et motos-Jakarta de transporter des personnes.AYOBA FAYE

DES SENEGALAIS DENONCENT UNE INJUSTICE ET PREPARENT UN RECOURS COLLECTIF

https://www.seneplus.com/-L’As-il est incompréhensible que les autorités françaises leur refusent l’échange de leurs permis de conduire sénégalais contre celui français ; alors qu’ils avaient fait la demande avant même que le Sénégal ne soit retiré des pays disposant d’accords bilatéral
Des Sénégalais établis dans l’hexagone disent être victimes d’injustice. A les en croire, il est incompréhensible que les autorités françaises leur refusent l’échange de leurs permis de conduire sénégalais contre des permis français ; alors qu’ils en avaient fait la demande avant même que le Sénégal ne soit retiré des pays disposant d’accords bilatéraux et de pratiques réciproques en ce sens.
Coumba Sylla avait déposé le 14 février 2019 auprès des services de la Préfecture de Doubs (un département français), une demande en vue d’échanger un permis de conduire sénégalais contre un permis français. Après examen, sa demande a été refusée avec comme motif qu’il n’existe pas d’accord de réciprocité d’échange des permis de conduire entre la France et le Sénégal. Une décision qui lui a été notifiée à sa grande surprise le 11 mai dernier. C’est ainsi qu’elle a joint «L’As» pour dénoncer ce qui paraît être pour elle une injustice notoire. Coumba Sylla dit ne pas être la seule et qu’il y a une trentaine de Sénégalais qui sont dans la même situation. «Certains ont introduit leur demande en 2018, d’autres en 2019. Alors que jusqu’au mois d’octobre 2019, le Sénégal se trouvait sur la liste des Etats et autorités dont les permis de conduire nationaux étaient susceptibles de faire l’objet d’un échange contre un permis de conduire français, en vertu d’accords bilatéraux et de pratiques réciproques d’échange des permis de conduire», tonne Coumba Sylla.
D’ailleurs, tous ceux qui se sont sentis victimes de cette situation se joints à elle pour mener le combat face à ce qu’ils considèrent comme un arbitraire. Ils préparent d’ailleurs un recours collectif. «Nous considérons être victimes d’une loi alors que notre demande est bien antérieure à celle-ci », fait-elle savoir. Avant d’indiquer qu’il y a eu une discrimination en ce sens dans la mesure où il y a des demandes qui ont reçu une suite favorable alors qu’elles ont été faites en même temps qu’eux ou bien après. «Ces personnes ont pu bénéficier du sésame. C’est très bien, mais le Droit ne se base pas sur de la chance. Cette réciprocité d’échange de permis de conduire émanait d’une coopération entre les deux pays, et si la France décide d’y mettre fin, notre Etat devrait informer ses ressortissants. Nous avons été pris de court, et nous attendons de notre gouvernement de nous apporter son soutien face à cette injustice», explique Mme Coumba Sylla.
Poursuivant, elle estime que les enjeux sont énormes et qu’il y a des personnes qui risquent de perdre leur travail à cause de ce refus. Aussi affirme-t-elle que d’autres personnes n’ont pas du tout les moyens de se payer le permis français et cela risque d’affecter certainement leur vie et leurs projets… «En plus de cela, ils prennent cette décision dans une période de crise sanitaire. Même si on voulait s’inscrire en auto-école, on serait embêté puisque tout est en suspens ici (cours et examens)», affirme-telle.

FIN DE LA PRATIQUE D’ECHANGE DES PERMIS DE CONDUIRE SENEGALAIS DECLAREE LE 31 MARS 2020

Il faut préciser que la fin de la pratique d’échange des permis de conduire sénégalais a été déclarée le 31 mars 2020. Cela a ainsi entraîné un certain nombre de conséquences. D’abord, les conducteurs titulaires d’un permis de conduire sénégalais obtenu par échange du permis de conduire français pourront demander un rétablissement de leurs droits à conduire à leur retour en France. Ensuite, les titulaires d’un permis de conduire sénégalais ne pourront plus faire de demande d’échange pour un permis de conduire français à partir de cette date et devront repasser le permis de conduire dans l’année suivant leur établissement en France. Il est possible de se présenter à l’examen en qualité de candidat libre. En plus, les permis de conduire régulièrement délivrés par les autorités sénégalaises resteront reconnus en France, pour une durée d’un an à compter de l’établissement en France de leur titulaire. Enfin, les titulaires de titres de séjours spéciaux délivrés par le ministère des Affaires étrangères français (diplomates ou fonctionnaires internationaux en poste en France) ou d’un titre de séjour mention « étudiant » continuent de bénéficier de la reconnaissance de leur permis de conduire sénégalais durant l’entière durée de leur mission ou de leurs études en France. Seydina Bilal DIALLO

Chronique: Halo d’opacité…!Pape Sadio Thiam

https://directnewsinfo.com/Il est évident maintenant qu’au-delà de tout doute raisonnable, que le gouvernement n’a pas dit toute la vérité aux sénégalais en niant l’authenticité du décret 2020-964 attribuant de substantielles avantages aux anciens Présidents du Conseil économique social et environnemental avec des émoluments de  près de 6 millions par mois. Au moment où les sénégalais sont assoiffés de justice sociale, d’éthique et de bonne gouvernance, la question préjudicielle à laquelle le Président Macky Sall ne peut faire l’économie dans cette affaire, c’est pourquoi n’a-t-il pas saisi la Justice alors que sa signature aurait été imitée dans ce faux vrai décret ? Qu’attend l’Assemblée nationale pour lancer une Commission d’enquête parlementaire ? Où est le Procureur de la République ? Est-il normal que dans un contexte marasme économique que l’Etat pille les finances de ce pays en octroyant à deux ex Présidents du Cese 12 millions par mois soit près de 150 millions par an ? Au lieu de lancer une traque contre ces lanceurs d’alerte de la haute fonction publique, outrés par la prévarication du pouvoir, au moment où les Sénégalais vivent les effets dévastateurs du Covide-19, le régime Sall gagnerait à élucider toutes ces énigmes. Traquer les lanceurs d’alertes ou les fonctionnaires qui ont divulgué ce scandale ne sert à rien. Les célèbres exemples d’Edward Snowden et d’Antoine Deltour, sont la parfaite illustration de ce qu’un homme peut accomplir dans le but d’obtenir la correction d’un dysfonctionnement ou le rétablissement de droits fondamentaux bafoués. Ces personnes, prêtes à divulguer des informations dans le seul dessein de sauvegarder ce qui fait un État démocratique, bousculent les secrets bien gardés des pouvoirs publics et privés. Ils redessinent les contours de l’exigence de transparence, en imposant aux décideurs de redistribuer un « droit de savoir » aux citoyens. Le poumon de la gouvernance c’est l’éthique dans la gestion du bien publique: on ne saurait gouverner les hommes en dehors des principes de l’éthique. Dans notre société porteuse d’une volonté de réduire les illégalités et d’inciter les élites à rendre l’espace public plus démocratique et transparent, ils peuvent essuyer des coups de semonce et de violentes représailles. La question que le citoyen averti se pose c’est combien y a t-il de décrets non publiés au journal officiel procurant moult avantages financiers à des hauts magistrats, Présidents d’institution, organes de régulation ? Cette affaire démontre à souhait que pour ces honorables messieurs qui nous dirigent l’éthique dans la gestion du bien public est une simple disposition morale qu’on peut respecter ou pas au gré des circonstances. Et au regard de la grave corruption des mœurs que nous vivons, les sénégalais réclament des décisions énergiques et des actes forts pour infléchir ou arrêter la spirale infernale de la mal gouvernance. Nos sociétés n’ont pas fait l’expérience douloureuse mais salvatrice des grandes révolutions qui ont accouché de grandes œuvres, mais elles ont les moyens de supporter la douleur inhérente à toute réforme en profondeur d’une république gagnée par le parasitisme. La mère de toutes les réformes dans ce domaine étant celle des mœurs, l’attitude permissive avec le bien public. La République ne perd rien à honorer ses anciens serviteurs (ministres, Présidents d’institutions, hauts fonctionnaires etc.). Tout le monde est d’accord que notre pays a jusqu’ici réussi à asseoir les bases d’une démocratie qui se respecte, malgré ses imperfections. Cependant des poches de résistance au développement sont toujours perceptibles dans la gestion permissive des affaires publiques ; et malgré la bonne volonté des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays, la question de l’enrichissement sans cause des élites qui nous dirigeants reste le point faible de notre démocratie. Les mœurs politiques qui sont en train d’élire domicile depuis quelques années au Sénégal sont révélatrices d’une relation ambiguë avec l’argent.

Le P’tit Railleur oublié de l’aide à la presse: Ibou Fall publie une liste de plaintes

https://www.lequotidien.sn/Le milliard 400 millions de l’aide à la presse n’a pas fini de soulever des vagues. Après les protestations du Cdeps, c’est au tour de l’administrateur de Forte impression Sa, éditrice du journal satirique Le P’tit Railleur Sénégalais, de déposer une série de plaintes contre le ministre de la Culture et de la communication Abdoulaye Diop, les membres de la commission d’attribution, Mame Goor Diazaka et X pour détournement de fonds publics, enrichissement sans cause.
Non content de s’être attiré les foudres des patrons de presse, le ministre de la Culture et de la communication va devoir aussi s’expliquer devant la justice et devant les corps de contrôle. Après le partage du milliard quatre cent millions de francs de l’aide à la presse de cette année, Abdoulaye Diop a dû faire face aux grincements de dents du Conseil des diffuseurs de presse du Sénégal (Cdeps). Cette fois, il devra fournir des explications au président de la République et peut-être même payer 300 millions de francs Cfa, si jamais la plainte introduite par Ibrahima Fall, administrateur de Forte impression Sa, éditrice du journal satirique Le P’tit Railleur Sénégalais, venait à être entendue. «J’ai l’honneur, par la présente, en ma qualité de directeur de publication du journal satirique Le P’tit Railleur Séné­galais, et en espérant que l’Inspection générale d’Etat sera saisie, de dénoncer avec la dernière énergie les membres de la commission d’attribution de l’aide à la presse, pour détournement de fonds publics, Monsieur Abdoulaye Diop, le ministre de la Culture et de la communication, pour complicité, le dénommé Mame Goor ‘’Diazaka’’ pour complicité de détournement de deniers publics et enrichissement sans cause et X, pour enrichissement sans cause, complicité de détournements de deniers publics, visant tout individu qui en aurait bénéficié indûment, pour enrichissement sans cause», écrit M. Fall dans la missive qu’il a adressée au Président Macky Sall. Le P’tit Railleur Sénégalais, journal satirique qui existe depuis 7 ans, s’étonne de ne pas figurer dans la grille de répartition de l’aide à la presse au moment où le chanteur Mame Goor Diazaka et son site web sont servis. «Les mystères qui entourent la liste des bénéficiaires de cette aide estimée cette année à 1,4 milliard de francs Cfa, contre 700 millions de francs Cfa les années précédentes, nous confortent dans nos doutes quant à l’équité de la répartition de cette aide dont la destination initiale est manifestement détournée», estime le journaliste satirique qui s’est fait un nom dans la presse sous le sobriquet de Ibou Fall.
Auteur de six ouvrages dans la série des «Sénégalaiseries», Ibrahima Fall est journaliste depuis trente ans, écrit-il dans sa lettre. «Tant que c’était une affaire de critères, je pouvais être d’accord. Mais qu’on me dise que Mame Goor est sur la liste, je considère qu’on a insulté 30 ans de journalisme et je ne laisserai pas passer. Je le suivrai jusqu’au but», assure M. Fall au bout du fil. Ibrahima Fall, qui réclame «un dû et réparation du préjudice», en appelle aussi aux organes de contrôle de l’Etat. «Plainte a été déposée auprès du procureur de la République afin que le droit soit dit dans cette nébuleuse. Nous espérons que l’Inspection générale d’Etat se penchera sur la gestion de ces fonds qui finalement causent plus de torts à la profession qu’ils ne lui profitent», note M. Fall. De même, la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), l’Office national de lutte contre la corruption (l’Ofnac), le Conseil économique, social et environnemental (Cese) et l’Assemblée nationale seront saisis pour l’ouverture d’une enquête, notamment parlementaire. Et pour finir, le ministre lui-même a été servi par une lettre au ton hardi : «Ce que je peux vous dire, en prenant l’opinion à témoin : libre à vous de donner de la confiture aux cochons, mais vous n’insulterez pas trente ans de journalisme impunément.»

DE YOFF À ZAC MBAO: COMMENT LA GENDARMERIE A PIÉGÉ LES FAUSSAIRES AUX 2 MILLIARDS D’EUROS

http://www.emedia.sn C’est une grosse prise de la gendarmerie nationale ! Les pandores de la Brigade de recherches de Dakar ont procédé à l’arrestation d’une bande de cinq personnes, poursuivies pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, contrefaçon de signes monétaires ayant cours légal sur un territoire étranger, complicité de contrefaçons de signes ayant cours légal sur un territoire étranger, blanchiment de capitaux.
Selon des sources d’Emedia, les sieurs Daouda Ndiaye, Badara Fall, Alioune Diop, Mouhamadou Mactar Laye Samb, Fallou Cissé et Mbaye Fall, filés au moins depuis le 13 avril dernier, sur la base d’une dénonciation d’un anonyme, ont été mis hors d’état de nuire par une équipe dirigée par le commandant de la Brigade de Recherches, qui leur a fait croire à une commande d’une valeur de 50 millions FCFA de la part d’un cadre de l’hôtel Radisson Blu de Dakar.

Daouda Ndiaye, arrêté en 2017 pour les mêmes faits

Le dispositif mis en place par les enquêteurs a permis de piéger les mis en cause, qui créchaient à Yoff. Ils étaient en possession d’un montant astronomique de billets noirs, conditionnés en trois lots dont le premier contient un milliard (1.000.000.000) d’euros, le deuxième neuf cent millions (900.000.000) d’euros et le troisième cinquante million (50.000.000) d’euros, soit un total hallucinant de 1,950 milliard d’euros (environ 1324 milliards F CFA !), à l’issue d’une minutieuse perquisition menée au domicile du dénommé Daouda Ndiaye à Zac Mbao, connu des services de la brigade de Dakar recherche pour avoir été interpelé pour les mêmes faits en 2017.
Les membres de la bande ont été conduits ce lundi, à 10 heures, devant Monsieur le Procureur de la République à Pikine.Nous y reviendrons. BNF

DIRECTION GÉNÉRALE DE LA LONASE: LAT-DIOP INSTALLÉ

http://www.emedia.sn/Lat Diop a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions de Directeur général de la Lonase. La cérémonie de passation de service s’est déroulée, ce lundi, 18 mai 2020. Il remplace à ce poste Amadou Kane Samba. Ce dernier a été récompensé par l’amicale des femmes de la Lonase et les Comptables en guise de reconnaissance.
« Amadou Samba Kane a été nommé Directeur général de la Lonase en 2011 alors que l’entreprise était presque en faillite et avait un déficit de 8 milliards. Aujourd’hui la Lonase a un chiffre d’affaire qui dépasse 120 milliards FCFA », relève une note transmise à emedia.sn.
Administrateur civil principal et responsable politique de l’Alliance pour la République (Apr) à Guédiawaye, Lat-Diop a été nommé alors qu’il se trouvait en France, où il est bloqué à cause de la fermeture des frontières terrestres.

La poignante lettre de Abdou Karim Guèye,du fond de sa cellule du Cap Manuel

À mes chers compatriotes,
Ce mercredi 13 Mai 2020 j’ai été condamné à une peine de 03 mois de prison ferme.
A ma grande surprise depuis ma cellule je reçois l’information selon laquelle : « Abdou Karim Gueye a demandé pardon au juge » ce qui n’est que diffamation à l’encontre de ma personne.
D’abord, avec humilité et respect j’ai répondu aux questions posées. Ensuite lorsque Monsieur le juge m’a dit que je ne connaissais ni le Coran ni mon sujet et donc que je ferais mieux de me taire, je lui ai répondu que tous les droits m’y autorisaient car en tant que musulman, j’ai le droit et le devoir de me battre pour la réouverture des mosquées et que même s’il me libère, j’y retournerai avec la même ardeur.
J’ai poursuivi en lui disant que moi Abdou Karim Gueye, je n’ai jamais insulté une quelconque personne car les insultes ne font pas partie de mes principes.
Je prends le monde à témoin que je ne demande aucune faveur du gouvernement pour être libéré.
Cette condamnation est plus qu’arbitraire à l’encontre de ma personne.
Ayant une confiance aveugle en mes avocats, que je remercie au passage, je purge ma peine carcérale avec dignité, bravoure et une foi inflexible, invincible et inébranlable.
À tous ceux qui s’inquiètent pour mon état de santé, je vous rassure. Je me porte très bien, je ne me plains d’aucune douleur.
Je ne saurais terminer cette lettre sans parler des agents pénitentiaires qui vivent le martyr en cette période de covid 19. Ces derniers ont passé 03 mois à l’intérieur des prisons de Dakar sans femme ni enfants avec des salaires payés à moitié. Lorsqu’il reçoivent leurs «ndogou», ils le partagent avec les détenus, tout comme on partage de petits pains.
C’est contre ce genre d’injustice que l’on se bat et tous les agents pénitentiaires et policiers sont des frères pour lesquels nous ne resterons pas indifférents.Le combat continue…« Duñu ma tëj kaso ba noppi bëgg maa toroxal »ABDOU KARIM GUEYE

Le Conseil du Cis déchire la fausse motion de soutien à Akilee et invite le Dr Abdourahmane Diouf à rectifier le tir

https://www.jotaay.net/Le montage de soutiens à l’endroit d’Akilee continue sa dégringolade et semble atteindre son niveau le plus bas depuis le début des révélations de «Les Échos». En effet, dans une déclaration encore tenue secrète, le Club des investisseurs sénégalais (Cis) est en train de rétropédaler. Dans une résolution en date du 17 mai 2020, mais pas encore publiée pour des raisons encore inconnues, le Conseil d’administration du Club des investisseurs sénégalais est revenu sur la fameuse déclaration objet de toutes les controverses qui est en train de faire imploser la structure dirigée par Babacar Ngom. Dans le document en notre possession, le Conseil d’administration du Cis, qui s’est réuni en procédure d’urgence et par visioconférence, «ce dimanche 17 mai 2020 à l’effet d’examiner la parution, dans les journaux du 15 mai 2020, d’une motion de soutien à la société dénommée Akilee», informe qu’après en avoir délibéré, a constaté que cette motion n’a pas fait l’objet d’un examen préalable par aucune des instances appropriées du Cis. «En conséquence, cette motion n’engage en aucune façon le Club des investisseurs sénégalais», lit-on dans le communiqué. «Le Conseil décide de porter cette mise au point à la connaissance du public et demande à la Direction exécutive du Cis de prendre toutes les dispositions nécessaires à cet effet avec une couverture au moins aussi large que celle ayant entouré la publication de la motion précitée», a ordonné le Conseil dirigé par le patron de Sedima, Babacar Ngom.Sidy Djimby NDAO

Contrat Senelec-Akilee: Seydou Guèye Parle D’un Schéma Classique Qu’il Faut Tirer Au Clair

https://www.xibaaru.sn/-Seydou Guèye s’est prononcé sur le contrat à polémique entre la Senelec et Akilee. Le ministre conseiller estime que c’est un dossier complexe qu’il faut tirer au clair.
« Je ne suis pas au fait de ce dossier, donc c’est avec humilité que je reconnais sa complexité au regard de ce que j’en sais par la presse. Des thèses s’affrontent, des points de vue divergent, des soutiens s’expriment de part et d’autre en faveur de l’un ou l’autre des intérêts en cause. C’est le schéma classique de situation qu’il faut tirer au clair. Nous devons être édifiés sur la transparence des procédures, le bon respect des prescriptions contractuelles, la valeur ajoutée des innovations, les risques que cette affaire peut faire courir à la Senelec, qui sont autant de questions agitées par les différents dépositaires d’enjeux. A mon sens, il y a des instances habilitées à trancher les différends en matière de contrat ou de partenariat et des autorités légitimes à agir dans le respect des droits des parties et de la sécurité des engagements. Vous comprenez que c’est un dossier complexe qu’on ne peut pas démêler par presse interposée ou invectives » pense-t-il dans un entretien accordé à Dakar Matin.

Mamadou Kany BEYE, Maire De Ndoulo: «Nous Avons Un Président Frileux Qui N’a Pas Les Épaules Pour Diriger Ce Sénégal»

http://www.walf-groupe.com/Le responsable politique, exclu du Parti socialiste (PS), est très remonté contre le régime du président SALL. Mamadou Kany BEYE qui se désole des dernières prises par le chef de l’Etat, estime que le problème majeur du Sénégal c’est son président.
«Nous avons un Président frileux qui n’a pas les épaules pour diriger ce Sénégal. Sinon comment comprendre qu’à cause d’une petite pression exercée sur lui par une minorité, Macky SALL décide de mettre en danger les quinze millions de Sénégalais en procédant à ce qu’il considère comme des mesures d’assouplissement. Après que ces mesures d’assouplissement ont été prises, il y a eu plus de morts et plus de personnes contaminées. Don en cédant à la pression, Macky SALL nous a tous condamnés», martèle le maire de Ndoulo, repris par L’AS quotidien.
Pour ce responsable politique proche de Khalifa SALL, le leader de l’APR veut mais ne peut pas. « Pauvre de Macky SALL ! Son seul problème, c’est qu’il veut bien, mais malheureusement il ne peut pas. Et comme dit l’adage, vouloir n’est pas pouvoir », ironise-t-il.
Interpellé sur la réouverture prochaine des classes, le maire de Ndoulo enfonce le clou. «Je trouve que c’est suicidaire de vouloir coûte que coûte faire redémarrer les cours alors que la pandémie n’est pas encore maîtrisée. Je suis certain que 10% des élèves n’iront pas en classe le 02 juin.On dirait que Macky SALL n’a pas de conseillers,ou bien il ne les écoute pas»,martèle-t-il.

LES PIQUES DE L’AS DE CE MARDI
SenePlus  |   Publication 19/05/2020

Un 28e décès lié au Covid-19 enregistré

C’est le troisième âge qui est encore victime du coronavirus. La liste des décès liés au covid-19 s’allonge. Au cours de la seule journée d’hier, le Ministère de la Santé et de l’Action sociale a annoncé deux décès. Le 28e décès est un homme âgé de 65 ans, habitant à Tivaouane. Il a été rappelé à Dieu hier vers 13h à l’hôpital Principal de Dakar.

66 personnes en quarantaine à Fatick

C’est l’affolement total au quartier traditionnel de Ndiaye Ndiaye de la commune de Fatick qui a enregistré dimanche dernier un cas positif au Covid-19. D’habitude très animé, le quartier est aujourd’hui dans un calme plat. La peur a pris le dessus sur les populations qui ne sont pratiquement pas sorties de leurs concessions toute la journée. Une attitude compréhensible, compte tenu du nombre important de personnes contacts avec le malade au niveau du quartier. Des sources de «L’As» renseignent que 66 contacts du chauffeur infecté du coronavirus sont mis en quarantaine. Il s’agit de 34 personnes habitant la même demeure que le malade et 32 vivant dans d’autres maisons du même quartier. Parmi eux, il y a un agent du district sanitaire deNiakhar présentement en isolement au poste de santé de Niakhar.

Kaolack ne compte que 5 malades du Covid-19

Le centre de traitement des épidémies de Kaolack se vide petit à petit. C’est dire qu’on va vers l’extinction du foyer de Kaolack, sauf importation de cas. Le personnel médical de la capitale du Saloum commence à souffler un peu. En fait, sur les 11 malades du covid19 de Sédhiou qui étaient transférés au centre de traitement des épidémies de Kaolack situé à l’hôpital régional El Hadj Ibrahima Niass, 9 sont déclarés guéris. Hier, le ministère de la Santé a déclaré 4 patients guéris après deux tests. Le centre ne compte désormais que 5 malades dont 3 issus de la région de Kaolack et 2 de Sédhiou.

Seuls 2 malades du Covid-19 internés à Ziguinchor

Le gouverneur de Ziguinchor a fait hier le point de la situation du covid-19 dans sa région. Guédj Diouf a précisé que la région n’a enregistré que 18 cas depuis le début de la pandémie. A ce jour, d’après le chef de l’Exécutif régional, 15 cas sont déclarés guéris. Présentement, seuls deux patients sont internés au centre de traitement des épidémies de Ziguinchor.Toutefois, la capitale du Sud déplore un décès lié au Covid-19.

13 sur 65 cas guéris à Kolda

Le médecin chef de la région médicale de Kolda, Dr Yaya Baldé, a fait le point hier sur la situation de la pandémie au Fouladou. A l’en croire, le centre de traitement des épidémies de Kolda a enregistré 65 cas déclarés positifs au Covid-19.Ils viennent tous du département de Vélingara. Parmi les 65 patients, Dr Yaya Baldé renseigne que 13 sont déclarés guéris. Les autorités sanitaires de Kolda ont démarré également la prise en charge extrahospitalière dans un hôtel de la place pour les patients asymptomatiques. Il souligne que le dépistage des personnes contacts avec les malades se poursuit.


Partagez ce contenu!

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*