Revue de presse du Mardi 16 Mars 2021

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UEMOA-MARCHE FINANCIER : Le Sénégal lève 82, 5 milliards

http://www.sudonline.sn Lourdement impactés par la crise sanitaire de la Covid-19, les pays de l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa) sont contraints à trouver des moyens financiers additionnels pour combler leurs déficits budgétaires. Ainsi donc, quelques 540 milliards ont été levés sur le marché régional par 5 des 9 pays de cette union dont le Sénégal ; à hauteur de 82, 5 milliards
La Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, Burkina Faso et le Sénégal, ont emprunté 540 milliards FCFA sur le marché monétaire de la région afin de combler leurs déficits budgétaires. La Côte d’Ivoire a levé plus de 91 milliards FCFA. Le Sénégal a emprunté une enveloppe de 85 milliards sur le marché monétaire de l’Union monétaire ouest africaine à la suite d’une triple émission d’obligations assimilables du Trésor (Oat) de maturité de 3 ans, 5 ans et 7 ans, respectivement adossées à des taux d’intérêts de 5, 60%, 5, 70% et 5, 80%.
L’opération a réuni plus d’une dizaine d’investisseurs et les soumissions ont atteint quelques 145, 54 milliards FCFA, soit près de 2 fois les 75 milliards initialement sollicités par les pays aux fins de combler le gap financier sur certains secteurs tels que l’éducation, l’énergie ou encore le développement local.
Sur un total de 5 des 8 pays de l’Uémoa, exceptés le Niger, la Guinée Bissau, et le Mali, les plus importantes offres sont venues d’investisseurs Sénégalais, lesquels ont proposé 44, 42 milliards de FCFA, suivi des investisseurs togolais avec 43, 5 milliards de FCFA et ceux de la Côte d’Ivoire pour 23, 61 milliards de FCFA. Les prix de marginaux et moyens pondérés des opérations assimilables du Trésor (Oat) au 3 ans au terme de de l’adjudication sont établis respectivement à 10 000 FCFA et 10 011 FCFA.
Pour l’Oat de 5 ans les prix marginaux et moyens pondérés ont atteint respectivement 9 901 FCFA et 9 953 FCFA. Et pour ce qui est des adjudications faites sur l’Oat de 7 ans ont fait ressortir les prix marginaux et moyens pondérés de 9 800 FCFA et 9 899 FCFA.
Pour l’ensemble des pays, l’enveloppe est en hausse de plus de 120 milliards FCFA par rapport à janvier 2020. Une augmentation qui s’explique par l’impact de la crise sanitaire. Les pays de l’Uemoa ayant déjà arrêté leurs budgets pour l’année en cours souhaitent corriger le gap financier dans des secteurs stratégiques comme l’éducation, l’énergie et le développement local

Solliciter l’allègement de dette proposé par le G20 impactera la notation de plusieurs pays africains (Moody’s)

(Agence Ecofin) – L’Afrique subsaharienne continue d’avoir peu d’options pour financer sa relance post-covid-19. Dans le même temps, l’opportunité offerte par le G20 se présente comme étant une opportunité à double tranchant.
Selon l’agence américaine de notation Moody’s, le nouveau cadre mis en place par le G20 pour alléger la dette de plusieurs pays pauvres, dont une quarantaine en Afrique, onstitue un risque pour les créanciers privés internationaux de ces pays-là.
« Contrairement, à l’approche adoptée l’année dernière dans le cadre de l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI), il est de plus en plus clair que les prêteurs du secteur public sont déterminés à étendre le principe du traitement comparable aux créanciers privés, dans le contexte du cadre commun pour la dette du G20 actuellement en vigueur »,  a fait savoir l’institution dans son document.
Ce qui inquiète avec la nouvelle mesure, c’est que la décision d’inclure les créanciers privés ne dépend pas des pays emprunteurs, mais de ceux qui ont prêté de l’argent. A titre d’exemple, le Club de Paris pourrait décider d’étendre le moratoire sur sa dette aux créanciers privés de ses pays membres. Aux yeux de Moody’s, cela représente un risque de non-remboursement et donc de défaut de paiement.
A ce jour, seulement trois pays africains (Zambie, Tchad et Ethiopie) ont sollicité le bénéfice de l’allègement de dette, via cette initiative. La Zambie est de fait en cessation de paiement, depuis fin 2020, après n’avoir pas payé ses créanciers sur un de ses emprunts internationaux. Le Tchad et l’Ethiopie traversent aussi une période difficile avec leurs dettes internationales.
Jusqu’à présent, il n’est pas clairement défini si le bénéfice du cadre commun d’allègement de la dette s’étendra de manière automatique aux créanciers privés. « L’analyse de viabilité de la dette du FMI qui sera effectuée au début du processus du cadre commun déterminera le montant et les besoins d’allègement de la dette ou de la liquidité. Le comité des créanciers du G20 décidera donc sans forcément consulter les pays débiteurs si la mesure s’étendra aux privés.»
Le risque pour les pays africains qui auront recours à cette initiative est que sans le vouloir, ils obtiennent un moratoire sur la dette qu’ils doivent aux créanciers privés, et écopent dans le même temps d’une baisse de leurs notations internationales. En quelque sorte, solliciter le cadre d’allègement de la dette du G20 risque de leur fermer définitivement les portes du marché international des capitaux.
Ce choix complexe est proposé notamment aux pays africains, alors que ceux-ci doivent trouver des ressources pour financer leurs plans de relance post-covid-19, ou encore l’acquisition des vaccins. Le nouveau cadre d’allègement de la dette court jusqu’au 30 juin, mais il n’est pas certain que plusieurs pays africains le sollicitent. Idriss Linge

Augmentation de 262.500 tonnes de la production de ciment en 2020

https://www.financialafrik.com La production de ciment du Sénégal au terme de l’année 2020 a augmenté de 262.500 tonnes comparée à la même période de l’année 2019, selon les données établies par les trois cimenteries implantées dans le pays (Sococim industries, Ciments du Sahel et Dangote).
Le cumul de cette production s’est élevé à 7.037.500  tonnes durant la période sous revue contre 6.775.000 tonnes en 2019, soit une progression de 3, 87% en valeur relative. La production de l’année 2020 est meilleure que celle de 2019 où un léger repli de 0, 15% en valeur relative et 10.300 en valeur absolue avait été relevé par rapport à 2018.
Environ 77, 61%, soit la grande majorité de la production de ciment du Sénégal de la période sous revue est écoulée sur le marché local avec un niveau qui a évolué de 7, 75% à 5.462.500 tonnes contre 5.069.400 tonnes au terme de l’année 2019.
Quant aux exportations, elles ont enregistré une baisse de 8, 79% à  1.539.400 tonnes contre  1.687.800 tonnes en 2019. Albert Savana

La BCEAO maintient inchangés ses taux directeurs

Lors de la première réunion de l’année 2021 de son Comité de politique monétaire tenue dans la première semaine du mois de mars, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de maintenir inchangés ses taux directeurs, en l’occurrence le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal, qui sont établis depuis le 24 juin 2020 respectivement à 2% et 4%.
Par cette décision, l’institution d’émission monétaire souhaite continuer à mettre en œuvre une politique monétaire assurant la stabilité des prix, tout en soutenant le retour à une croissance économique forte.
Ainsi, cette mesure accommodante devrait permettre à l’économie de l’UEMOA de retrouver son niveau d’avant la pandémie avec un taux de croissance du PIB projeté à 5, 8% en 2021, après une légère hausse de 0, 9% en 2020.
Consciente que cette reprise ne se fera pas sans des mesures budgétaires audacieuses de la part des Etats membres, la BCEAO entend également par cette politique accommodante, rendre favorable les conditions de financement des activités économiques, d’autant plus que le déficit budgétaire de l’Union a plus que doublé passant de 2, 4% en 2019 à 5, 7% en 2020 du fait des effets négatifs de la pandémie.
S’agissant de l’évolution des prix, le Comité de politique monétaire a relevé une décélération de l’inflation qui a enregistré une hausse de 2, 7% au quatrième trimestre 2020 contre 2, 9% un trimestre plus tôt.
En outre, les prévisions de la BCEAO établissent l’inflation à 1, 8% à fin décembre 2022, toujours dans la zone cible (entre 1, 0% et 3, 0%) définie pour la politique monétaire dans l’Union.Dr Ange Ponou

Macky Sall a un problème avec les 350 milliards de la jeunesse

https://www.xibaaru.sn Le Président de la République Macky Sall est dans un grand dilemme. Il a promis, lors de son discours à la Nation après les événements violents qui ont fait plus de 10 morts, un programme pour les jeunes avec une enveloppe de 350 milliards de FCFA. Seulement, il y a un gros os. Où trouver cet argent ? Et qui va gérer ces 350 milliards ? Ces problèmes risquent forcément de mettre ce projet dans les tiroirs car, il sera difficile pour le ministre des Finances et du Budget Abdoulaye Daouda Diallo de lever ce fonds.
Où va-t-il le trouver ? Pas sur le marché de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) encore moins auprès des partenaires financiers du Sénégal. Et si par extraordinaire, l’Etat du Sénégal trouvait ce fonds, qui va le gérer et que deviendront la dizaine d’agences encore fonctionnelles et qui ont été créées pour les jeunes ? Les problèmes sont nombreux. Le Sénégal sort d’épreuves difficiles. La crise économique et sociale s’installe.
La pandémie liée à la Covid-19 avait fini par rendre difficile la situation économique et sociale. Les récents évènements liés à l’affaire Ousmane Sonko ont rendu encore plus difficile la situation. Le Sénégal ne peut sortir indemne d’une telle épreuve. Ce sont des milliards de FCFA qui ont été perdus par l’économie nationale. Car, durant les événements violents connus par le Sénégal, les dégâts ont été énormes et ce sont les contribuables qui devront les payer. Face à tout ceci, retrouver un fonds de 350 milliards pour venir au secours de la jeunesse, ne va sans doute pas être facile pour Macky Sall.
Ensuite, le Président de la République Macky Sall a omis lors de son discours, avec l’annonce des 350 milliards de FCFA, de révéler des détails techniques qui aurait permis à l’opinion de se faire une idée sur la mise en place de ce fonds. Or, il y a un détail important. Qui va gérer les 350 milliards de FCFA ? Il a également oublié de souligner comment va se faire la répartition de cette enveloppe de 350 milliards de FCFA et quelles vont être les conditions pour en bénéficier.
Le Président de la République Macky Sall devra livrer tous les détails nécessaires afin que l’opinion soit enfin édifiée sur le programme de 350 milliards de FCFA, qui a été annoncé au profit de la jeunesse.

Célébration Centenaire Amadou Mahtar Mbow : Cérémonie officielle, samedi 20 mars, au Mcn

http://lesoleil.sn La cérémonie officielle de la célébration du Centenaire de la naissance de Amadou Mahtar Mbow est prévue ce samedi 20 Mars au Musée des civilisations noires à Dakar.
Dans cette perspective, le Bureau du comité de célébration du centenaire tient un point de presse, ce Mercredi 17 Mars, à 16h, au Musée des civilisations noires, pour faire le point sur la préparation des activités prévues, dont un colloque et une exposition.
Le Colloque traitera des thèmes : «Amadou Mahtar Mbow, l’Éducateur émérite» ; «Amadou Mahtar Mbow, le Visionnaire  : actualité du Nouvel Ordre Mondial de l’information et de la Communication (Nomic) et du consensus» et «Amadou Mahtar Mbow, permanence d’un engagement politique et citoyen».
Tandis que le vernissage marquera le début d’une exposition itinérante à travers le pays et le monde au cours de la période du 20 mars 2021 à mars 2022. La première étape sera le Musée des civilisations noires du 20 mars au 20 avril 2021. Cette exposition sera, ensuite, reversée aux fonds documentaires de la future «Fondation Amadou Mahtar Mbow».
Ancien ministre de l’Éducation nationale et de la Culture du Sénégal, Amadou Mahtar Mbow a été Directeur général de l’UNESCO de 1974 à 1987. O. D

MBOW, LA SAGESSE PAR MAMADOU NDIAYE

http://www.emedia.sn Le Sénégal s’apprête, en guise de reconnaissance, à célébrer un de ses dignes fils  : Amadou Mahtar MBow. Il a cent ans. Son corps, frêle mais toujours avenant, a fléchi avec les outrages du temps. Sa lucidité et sa fraîcheur intellectuelle demeurent intactes, en témoigne le regard perçant qui ne le quitte jamais, trait de caractère d’une forte personnalité, combative et riche d’amitiés fidèles.
N’eut été le contexte de crise sanitaire, sans doute le rendez-vous aurait pris de l’ampleur tant l’homme, de dimension exceptionnelle, incarne la figure tutélaire, le visage de la sagesse et l’incarnation de la grandeur. Un homme immense qui force le respect et la considération. Pour avoir traversé un siècle turbulent, marqué par des combats héroïques et des luttes épiques, il s’offre en exemple aux jeunes d’Afrique en panne d’inspiration (et d’engagements) et en manque de repères aussi.
La cause de la liberté a déclenché en son temps un élan de solidarité entre des jeunes hommes et femmes qui revendiquaient la décolonisation des pays de l’hémisphère sud et la libération des peuples. Amadou Mahtar Mbow, appartient à cette génération pour qui la civilisation est une addition de diversités et non une succession de dominations unilatérales. Les jeunes de son époque se battaient pour plus grand qu’eux  : l’indépendance qui résumait leur idéal de vie.
Cette période a été un marqueur d’unités, très éloignée des médiocres polémiques d’aujourd’hui. Outre l’engagement de fond, ils faisaient corps avec les peuples et s’employaient à en relever le niveau par l’alphabétisation, l’initiation à l’hygiène, aux soins, à l’éveil des consciences et au réveil des forces pour des causes qui n’ont jamais cessé d’être justes. Un lien indéfectible les rattachait à leurs pays respectifs, d’où leur permanente sensibilité à l’idée de progrès, de développement, de valeurs.

L’évocation de leur gloire se justifie a postériori. Un siècle a passé donc.

Le professeur, ancien ministre de l’Education et ancien Directeur Général de l’Unesco a eu un parcours atypique jalonné de défis et de paris qu’il a abordés avec habileté, finesse, courage et une volonté incomparable elle-même adossée à une véritable témérité. MBow a sillonné les pistes sinueuses des savanes africaines portant la bonne parole par l’enseignement dispensé à des centaines de jeunes mauritaniens et sénégalais (entre autres) en qui il voyait des esprits conquérants du savoir et du pouvoir dédiés à la renaissance de l’Afrique.
Citoyen du monde avant la lettre, MBow, par ses connaissances géopolitiques étendues -il est historien- s’imposait déjà comme un acteur en puissance. Son nom résonnait dans toutes les chaumières d’alors. Il suscitait la curiosité d’abord par son courage, ensuite par la densité d’un discours, certes fleuri, mais dépourvu d’effet d’annonce, essentiellement pragmatique. L’arrivée en 1974 de cet homme à la tête de l’UNESCO le prédisposait à assumer la lourde charge d’une fonction qu’il entendait rénover en réajustant les missions fondamentales de cette vénérable institution qui ronronnait.
Le Français René Maheu, son prédécesseur, ne dormait pas pour autant. En lui succédant au prix d’une intense campagne de la diplomatie sénégalaise menée sous l’impulsion du Président Senghor, Amadou Mahtar Mbow gagne le premier pari d’une nécessaire relecture de l’état du monde afin de fixer de nouvelles priorités opérationnelles. Pour lui, le déséquilibre global provient d’une rupture d’équilibre en pointant du doigt l’inégal niveau de développement des médias dont il a très tôt détecté la puissance d’influence au profit des pays occidentaux.
A défaut d’inverser l’ordre des facteurs, MBow préconise un lifting des médias du sud, une formation qualifiante des journalistes et des techniciens, une dotation en moyens conséquents dans l’ultime but de rendre audible les « voix du sud ». Ces orientations, le Directeur Général de l’Unesco les puisera dans le rapport de l’Irlandais Sean Mc Bride, à qui il avait confié une étude à ce propos.
Celle-ci fera grand bruit (dans le second mandat) au point que les pays occidentaux détectent ce qu’ils appellent « une manœuvre de dépossession de leurs moyens d’action ». Alors Président des Etats-Unis, Ronald Reagan, lui manœuvre. Il a perçu le « danger » et voit en MBow « l’empêcheur de dominer en rond ». C’est l’homme à abattre.
L’opération, orchestrée de Washington, épouse une figure féminine en la personne de Mme Kirpatrick qui sillonne le monde pour pourfendre les thèses de MBow jugées « dangereuses ». Quand lui raisonne dialogue des peuples et paix à construire, les Occidentaux, eux, voient menace sur leurs intérêts et indexent une connivence avec « le rideau de fer » de l’Est. En clair, et c’est là une méprise insupportable pour le patron de l’Unesco, l’Amérique associe de mauvaise foi ce projet à un dessein de l’Union soviétique de diffuser ses valeurs à moindres frais. Nous sommes en pleine « guerre froide » ou « paix chaude ». MBow résiste. Il développement un solide argumentaire qui capte les élites du sud conquises. Lesquelles relayent le message et amplifient l’écho.
Le Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication (Nomic) cristallise le débat qui enfle. Les Etats, les médias, les universités, les télécommunications (en essor), les banques, les assurances et les forces politiques et sociales légitiment le combat de MBow, s’en emparent et se l’approprient presque.
Dans ce duel à fleuret moucheté entre l’URSS et les Etats-Unis, un acteur travaille à l’ombre  : la Chine qui suit avec intérêt la bataille et les enjeux qu’elle charrie. Implicitement, Pékin soutient le Sénégalais mais n’ose l’afficher pour d’évidentes raisons géostratégiques et tactiques. Par la clairvoyance de sa vision, chaque étape remportée, renforce MBow au détriment de l’Amérique irritée par l’audace et le culot de cet homme venu du tiers-monde. Méprise.
Pourtant, dans le même temps où les Républicains combattent férocement Mbow, celui-ci valide en 1976 un projet historique et fondateur aux USA qui consiste à déclarer le parc de Yellowstone, vaste de plus de 9 000 Km2 « zone protégée » et « réserve de biodiversité » pour l’autorégulation de la vie sauvage menacée par l’extinction de millions d’espèces. Le changement climatique avait déjà cours au sein de l’ Unesco, grâce à Amadou Mahtar MBow ! Lequel, selon des universitaires chevronnés, avait perçu le renversement de perspective de la guerre froide avec moins de déploiement de missiles nucléaires ou de bases militaires et un plus grand essor des réseaux mobiles.
Qui en est le leader incontesté aujourd’hui ? Evidemment, Huawei dont la suprématie inquiète les Etats-Unis et ne rassure pas les Européens, alliés naturels de Washington. Le monde occidental redoute des capacités accrues d’intelligence économique que détiendrait Pékin avec le contrôle de cette infrastructure inédite. Nantis d’arrière-pensées, ils veulent bloquer l’ascension chinoise. Ne paient-ils pas le revers de leur vision unilatérale du monde ? Cette affaire « technologique », loin de l’épilogue, dit tant de notre monde.
Devant ce monde fugace, Amadou Mahtar MBow sourit, quelque peu amusé. Il a cent ans. Et il nous regarde. Respect à cet immense homme, chevalier blanc qui a privilégié l’effort avant le confort, aujourd’hui réconforté par la justesse de ses engagements…

LA CONTRIBUTION D’AMADOU MAHTAR M’BOW À LA DEMOCRATIE

Amadou Mahtar M’Bow à l’honneur. Emedia poursuit sa série d’articles consacrés au Sage, à l’occasion de son 100e anniversaire qui sera célébré le 20 mars prochain. Il est question, ici, de sa contribution à la démocratie sénégalaise. En référence à sa part essentielle dans la conduite des Assises nationale, celle-ci est colossale. En cette période de crise, après les violentes émeutes des 4 et 5 mars 2021, l’application des conclusions de cette charte nationale est presque vitale. “Les conclusions des Assises nationales constituent une feuille de route idéale pour refonder la société et l’État”, dixit Alioune Tine.
Pour tenir les Assises nationales en question dans une dynamique non partisane et constructive face à la crise globale et multiforme que traverse le pays, il fallait un homme de consensus, entre des parties se regardant en chiens de faïence. Qui d’autre que le doyen Amadou Mahtar M’Bow ? Compte tenu non seulement de la neutralité mais aussi de la dimension de l’homme. À l’appel de la Nation, il ne s’est pas dérobé.
Déjà ministre de l’Éducation et de la Culture du Sénégal pendant la période d’autonomie interne (1957-1958), Amadou Mahtar M’Bow rend le tablier pour s’engager dans la lutte pour l’indépendance de son pays qui sera effective en 1960. Celle-ci acquise, il deviendra ministre de l’Éducation nationale (1966-1968), puis de la Culture et de la Jeunesse (1968-1970) et député à l’Assemblée nationale, au Conseil exécutif en 1966 et au Conseil municipal de Saint-Louis.
En 1970, il est d’abord nommé sous-directeur général de l’UNESCO pour l’éducation. Puis, élu en 1974 et réélu en 1980, il est directeur général de l’UNESCO de 1974 à 1987.

AU-DELA DE L’ÂGE, IL Y A LE PARCOURS

Sous sa direction, la commission dirigée par Seán MacBride délivre un rapport intitulé Many Voices, One World qui présente des recommandations pour établir un nouvel ordre mondial de l’information et de communication, plus équitable.
L’homme d’État n’a cessé de réclamer, et de manière résolue, la dignité pour les Africains. Ainsi, il a été un des leaders de la F.E.A.N.F., un syndicat étudiant exigeant l’indépendance immédiate de l’Afrique ; cette activité syndicale intense lui a valu d’être exilé, par les autorités coloniales, à Rosso en Mauritanie.
Pendant son mandat de Directeur général de l’UNESCO, M. M’Bow a fait entendre la voix des opprimés, à travers une plaidoirie pour plus de justice, d’égalité et de fraternité, dans une société internationale fondée sur le multilatéralisme et le respect des différences. C’est ainsi qu’il a produit, notamment, des contributions déterminantes sur le nouvel ordre économique international, la solidarité des nations, le temps des nations. Dans son ouvrage, « Le temps des peuples », il a recensé ses principaux discours et ses combats à l’UNESCO pour faire entendre la voix des pays du tiers-monde.
Les thèmes abordés sont variés  : le monde et la solidarité, problèmes d’hier et d’aujourd’hui, les périls, races et racisme, les droits de l’homme, colonialisme, la paix et le désarmement, le développement, la culture, l’Afrique en changement, le nouvel ordre économique international, l’information, la communication, la préservation du patrimoine de l’humanité, la vocation de l’UNESCO. Il avance que « Le temps des peuples » ne serait pas alors seulement celui dont disposent les uns pour « envahir l’aire culturelle et de communication » des autres, mais aussi celui qui permet d’aboutir à ce rééquilibrage de la société internationale, dans le sens de la justice et de l’égalité. L’UNESCO étant devenue la tribune des peuples opprimés, cela n’a pas manqué d’agacer, très fortement l’Oncle Sam.
Dans un ouvrage, il plaide pour l’entre-aide internationale, l’égalité de traitement entre tous les pays, le respect des particularismes culturels, la liberté de l’information et la juste répartition des moyens de communication. Les Etats-Unis ont quitté un certain temps l’UNESCO, pour protester contre cette politique tiers-monde de M. M’bow.

UNE MISSION ACCOMPLIE

En 2008, âgé de 87 ans, Amadou Mahtar M’Bow accepte de présider les Assises nationales du Sénégal lancées par le Front Siggil Senegaal qui ont réuni pendant près d’un an les principaux partis d’opposition au pouvoir du président Abdoulaye Wade et des dizaines d’organisations diverses. Expérimenté et conscient de ses responsabilités, il avait auparavant rencontré le chef de l’État, les représentants de la société civile, ainsi que les dignitaires religieux.
“À terme, il s’agit de dégager les chemins de la reconstruction et du développement endogène durable du Sénégal, conçus comme un passage obligé et incontournable pour tout pouvoir véritablement soucieux de la paix civile et sociale et du bien-être de ses concitoyens. Telle pourrait être la voie de salut et du bien-être de nos concitoyens. Telle semble être l’unique voie du salut national, susceptible de maintenir le pays dans la paix et la concorde”, indiquait-il, en boussole éclairée, dans son discours d’ouverture.
Le 24 mai 2009, il a officiellement prononcé la clôture des Assises, fruits de la pensée et du travail bénévole de Sénégalais. Un jalon historique était ainsi posé dans l’évolution de notre pays, à travers une Charte définissant la vision que tous les signataires ont du Sénégal nouveau  : un Etat laïc, souverain, uni dans sa diversité dans une Afrique solidaire et ouverte sur le monde. Où règne le Droit, où la gouvernance est fondée sur l’éthique, la démocratie participative, la concertation, le respect des institutions et des libertés individuelles et collectives. Un État qui assure la défense des intérêts nationaux. Un pays de justice sociale et d’équité avec des citoyennes et des citoyens égaux en droit, animés d’un haut degré de sens civique, engagés dans un développement durable s’appuyant sur un aménagement harmonieux et équilibré du territoire, et sur une sécurité nationale crédible.
Par la suite, ses recommandations ont abouti au référendum du 20 mars 2016, visant à rénover profondément la démocratie sénégalaise. Malheureusement, “les autorités se sont contentées d’assurer la continuité d’un système à bout de souffle”, regrette le défenseur des droits de l’homme et président du think-tank ouest-africain Africajom Center. Dié BÂ

EN 2019, WASHINGTON A OCTROYÉ 6.000 VISAS À DES SÉNÉGALAIS (AMBASSADEUR)

Saint-Louis, 15 mars (APS) – L’ambassadeur des Etats-Unis à Dakar, Tulinabo Mushingi, a révélé lundi que son pays a octroyé en 2019 environ 6.000 visas à des touristes, migrants ou étudiants sénégalais.
“Sur la base des dernières statistiques disponibles que j’ai vérifiées avant de venir ici, nous avons octroyé en 2019 environ 6.000 nouveaux visas à des Sénégalais”, a dit le diplomate américain, dans un entretien téléphonique avec la radio municipale de Saint-Louis.
Sur ces 6.000 visas, 3.000 sont des visas pour migrants octroyés à des Sénégalais désirant s’installer aux Etats-Unis. Dans le même temps, 279 visas ont été accordés à des étudiants.
Il a signalé qu’à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), la compagnie aérienne Delta Air Lines a fait passer de trois à six le nombre de ses vols par semaine.
Globalement, il évalue à 44 pour cent le taux de visas accordés sur les demandes enregistrées annuellement, promettant de continuer à recevoir des migrants légaux  : touristes, businessman ou étudiants.
Le diplomate précise qu’une vingtaine d’agences américaines interviennent dans la région de Saint-Louis, avec en tête de peloton l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) qui oeuvre notamment dans les domaines de la santé et de l’agriculture.
Il a annoncé que les Etats-Unis vont ouvrir à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis un espace où les étudiants pourraient venir échanger avec des Américains et consulter des ouvrages sur leur pays.
Les Etats-Unis développent également d’autres projets à Saint-Louis, comme le programme “Lecture pour Tous”, un projet de cantines scolaires ainsi qu’un autre d’accompagnement des talibés (élèves coraniques) en élevage.AMD/ASG/ADL/BK

CHRONIQUE PAR PHILIPPE D’ALMEIDA : Pour le principe de précaution

https://www.enqueteplus.com Les autorités sénégalaises ont accueilli, dans la plus grande euphorie, le 11 mars 2021, un lot de 25 000 doses du vaccin AstraZeneca, offert par l’Inde. Le ministre de la Santé a, pour, l’occasion, fait montre d’une satisfaction plutôt surréaliste, au regard des défiances que nourrit ce vaccin à travers le monde, affirmant, entre autres étrangetés, qu’il n’y avait aucune raison de s‘inquiéter quant à l’efficacité du vaccin et qu’aucun cas n’avait jusque-là été détecté qui ‘’mérite d’être posé en termes de pharmacovigilance’’.
Sans doute, les 324 000 doses d’AstraZeneca, reçues de l’Initiative Covax, le 3 mars dernier, ont motivé cette posture du péril  : le Sénégal ne voudrait pas avoir sur les bras des doses inexploitables de vaccins, alors même que le péril est là ; que la courbe des contaminations n’est que modestement baissière et que le gouvernement a amorcé un relâchement des mesures coercitives en annonçant, entre autres, la fin de l’état d’urgence sanitaire pour le 19 mars. Abdoulaye Diouf Sarr a cru bon rassurer afin que la psychose d’une dangerosité de l’AstraZeneca ne devienne justement pas endémique et que l’engouement imprévu et bienheureux des populations pour la vaccination, ne connaisse un coup arrêt. Le risque d’une nouvelle flambée des contaminations serait alors évitable et inscrirait la communauté scientifique et médicale sénégalaise dans la logique d’une troisième vague. Cauchemar !
Et pourtant, la réalité est là, d’un vaccin qui passe mal de par la pertinence de ses effets dangereux et vraisemblablement mortifères  : plus de 30 cas d’événements thromboemboliques (formation de caillots sanguins) ont été signalés en Europe ; la réaction du Danemark, de la Norvège, de l’Islande et de la Bulgarie ne s’est pas fait attendre  : le recours au vaccin de la firme anglo-suédoise a été temporairement suspendu au nom du vertueux principe de précaution. En Asie, la Thaïlande a fait dans la même spontanéité et a préféré suspendre l’administration de l’AstraZeneca à ses populations. En Afrique, la RDC, pourtant peu exemplaire en termes de diligence et de surveillance médicale, a pris acte de la récurrence des effets secondaires vérifiés, pour suspendre le recours au vaccin. Oui, la réalité est là, d’un vaccin qui tue par coagulation du sang.
Cependant, pour des raisons inconnues, des pays comme la France, la Belgique et bien d’autres, continuent de célébrer l’efficacité du vaccin et d’appeler à une vaccination massive et confiante par l’AstraZeneca. Ils argumentent que sur 5 millions de personnes vaccinées, seule une trentaine a subi les effets parfois mortels de la maladie. Pas suffisant, à leurs yeux, pour suspendre ce produit au sujet duquel le professeur Mathieu Molimard, Chef du Service de pharmacologie médicale du CHU de Bordeaux, dit pourtant que ‘’le développement  de ce vaccin n’a pas été fait dans les règles de l’art… La rigueur habituelle des essais cliniques a été malmenée…’’ Sans commentaire…
On fera pourtant le procès du réflexe des pouvoirs publics de notre pays à verser dans le mimétisme des postures françaises, d’autant plus qu’en l’occurrence, il porte le risque du péril public ; on argumentera que l’efficacité d’AstraZeneca,    en essai clinique, n’est que de 60 %, quoi qu’en disent les inconditionnels du produit qui évoquent  son efficacité sur les cas graves chez les patients de plus de 50 ans…
Et l’on s’indignera enfin du discours soporifique de l’OMS qui nous sert qu’’’aucun lien entre le vaccin et un risque accru de développer un caillot sanguin n’a été établi’’.
Pour le Sénégal et rien que pour lui, qu’il nous soit possible de plaider en direction des autorités, de faire prévaloir aussi le principe de précaution, en attendant que parlent les données de surveillance collectées, si tant est que l’on soit enclin à les faire parler, même si elles révèlent des cas de troubles de la coagulation sanguine.
L’enthousiasme débonnaire, l’assurance presque vaniteuse du ministre de la Santé pourraient très bien se transformer en oraison funèbre, si cet élémentaire principe de précaution n’est pas adopté, en attendant que dans la transparence et la vérité, les vrais mérites du vaccin ou ses sinistres inconvénients ne soient définitivement dévoilés. C’est de la précaution, certes, mais peut être encore plus, de l’éthique

DÉBAT AUTOUR DU VACCIN ASTRAZENECA PAR L’ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, DEMBA NDIAYE

EXCLUSIF SENEPLUS – Après s’être honteusement partagés les vaccins entre eux, après avoir ricané sur les vaccins chinois et russe, ils se méfient maintenant d’un des vaccins de leurs laboratoires monopolistiques
On (mon épouse et moi) cherchait désespérément où aller se faire vacciner sans y passer la journée, quand j’entends le président français, Emmanuel Macron, annoncer la suspension de ce vaccin en France, juste après la même décision d’Angela Merkel et l’Italie depuis quelques heures ainsi que certains pays nordiques.
Or, durant ce week-end, Diouf Sarr, ministre de la Santé, malgré le début des interrogations sur ce vaccin, déclare que le Sénégal va continuer à inoculer à ses populations ce vaccin. Contrairement à Macron qui en suspend l’utilisation chez lui jusqu’à ce que l’agence européenne prenne une décision dans les prochaines 24h.
Et je vois des « spécialistes » déjà discrédités depuis un an se succédés pour ergoter sur le sexe des anges. Comme ils avaient fait au début de cette pandémie en annonçant « l’enfer » pour l’Afrique. Avec il est vrai, l’onction « médicale » de l’OMS.
Il existe sans doute un Dieu pour les laissés pour compte que nous sommes. Car ne voit-il pas qu’après s’être honteusement partagés les vaccins entre eux, après avoir ricané sur les vaccins chinois (Sinopharma) et russe (SpoutnikV), ils se méfient maintenant d’un des vaccins de leurs laboratoires monopolistiques.
La question est simple pour nous autres nègres, Sénégalais en particulier : serons-nous les cobayes post-distribution de leurs vaccins “insécure” ?
En ce qui concerne notre pays, notre gouvernement doit apporter des réponses ici et maintenant, à certaines questions. Ne doit-il pas suspendre les vaccinations à base des doses AstraZeneca en attendant d’y voir plus clair ? Pouvons-nous, devons-nous, être plus royalistes que le roi ? Pourquoi ne pas commander le vaccin chinois en lieu et place de ce vaccin en proie à des doutes énormes ? Est-ce vrai que les doses du vaccin chinois sont introuvables au Sénégal ? Est-ce vrai que c’est parce que nos autorités se les ont partagés avec leurs copains et coquins, leurs parents et amis ?
Il faut exiger un débat national ici et maintenant à la télévision nationale et les médias privés sur ces questions. Après avoir été « surpris » par la déferlante des hordes « terroristes du début mars, allons-nous être aussi surpris par les « dangers éventuels » d’AstraZenca ?
De la transparence, nom de Dieu ! Sinon, il se pourrait bien que demain, le président Macky Sall et son gouvernement se voient accusés d’un autre délit ; celui de non-assistance à son peuple en danger.
Le droit à la santé fait partie des droits imprescriptibles. Comme celui de manger, de s’éduquer, de se loger, de s’exprimer etc. Peut-être même plus que tous les autres. Parce que si on est mort, on se fout des autres droits.
Que l’on ne s’y trompe pas : le capitalisme pharmaceutique, la guerre des grands groupes de ce secteur, est aussi féroce que celle qui se mène dans les matières premières. Et la plupart des chercheurs sont « achetés » par ces grands groupes. Lisez et écoutez les « spécialistes » : ils ne sont d’accord sur presque rien… Et nous, les peuples sommes les dindons de leurs farces … « scientifiques ».
Et oui, j’ai encore le droit de dire : je ne veux pas de ce vaccin. Et, en tant que citoyen, j’ai aussi celui (droit) d’exiger de mes dirigeants, du premier d’entre eux en premier lieu (le président), des vaccins qui me guérissent et non ceux dont les conséquences ne sont pas encore cernées. Et ces droits sont constitutionnels !dndiaye@seneplus.com

DE LA LIBERTÉ D’OPINION EN TOUTES CIRCONSTANCES !

http://www.sudonline.sn Les régimes qui se sont succédé dans la gestion de notre pays ont en commun d’avoir été intimidants. De plus, les intérêts de quelques-uns l’ont beaucoup trop souvent emporté sur l’impérieuse nécessité de privilégier ce qui est appelé intérêt général et qui peut être défini comme la capacité des individus à transcender leurs appartenances et leurs intérêts pour exercer la suprême liberté de former ensemble une société politique
Ces différents régimes ont, à maintes reprises, certes à des degrés différents, mis leurs intérêts immédiats, y compris donc ceux de leurs proches et alliés, au-dessus de ce que recommande l’éthique républicaine. Ils ont tous, sans exception, caporalisé la télévision et la radio publiques et les ont transformées en organes de propagande gouvernementale. Ils ont menacé et fermé des médias, sans oublier d’user de la violence dite légitime pour réprimer les contestataires et embastiller des opposants.
Tout Sénégalais, quel que soit son bord politique, peut témoigner de cet état de fait socio-historique. Même si, fort heureusement, nous n’avons jamais vécu de coup d’Etat, et si les moments de paix ont largement dominé les moments de tension extrême, la violence verbale et physique a malheureusement trop souvent accompagné le jeu politique sénégalais.
Des forces de l’ordre et/ou des milices privées ont martyrisé des individus et saccagé des biens publics et privés, divers et variés. D’un autre côté, certains médias se sont faits spécialistes de l’insulte et de la calomnie tandis que d’autres ont tout simplement été saccagés. Des pseudo-sentinelles, des e-combattants ou « répondeurs automatiques » lyncheurs de pensée ou d’opinion ont régulièrement inondé les fora de discussion pour défendre les tenants des différents régimes ou des leaders de l’opposition.
Malgré tout, nous pouvons témoigner de la liberté qui a toujours été donnée à tout un chacun de critiquer les groupements et individus d’un camp quelconque sans faire l’objet systématique d’une pluie d’insanités, de menaces ou de violences physiques pouvant aboutir à l’incendie de sa maison. La grande nouveauté aujourd’hui, c’est la systématisation du risque de violence verbale et physique sur toute opinion divergente.
Les réseaux sociaux sont devenus un lieu où règne à outrance cette pensée unique. Aucune opinion divergente n’y est plus admise. Le Sénégal ayant toujours été un pays de dialogue, de débat d’idées et de bouillonnement intellectuel, nous perdrions gros si le débat contradictoire dans l’espace public (Fora, Télévisions, Radios et Réseaux sociaux) y devenait quasi impossible, par crainte de représailles, sous quelque forme que ce soit.
Les militants et sympathisants des camps opposés peuvent discuter, arguments à l’appui, sans verser dans l’inacceptable. Autant nous combattrons par tous les moyens légitimes et légaux les dérives de l’Etat et de ses tenants, autant nous ne saurions nous taire par peur de représailles d’individus qui considèrent qu’ils détiennent la vérité absolue et que toute divergence avec leur compréhension et conviction ressemblerait à un outrage.
Lorsque nous en arrivons à ce que des journalistes et des intellectuels soient systématiquement insultés et menacés pour avoir simplement donné un avis différent de celui d’autres, nous perdons ce qui, entre autres, a toujours fait la spécificité de ce pays : chérir la réflexion, l’analyse et le débat. Il est donc plus qu’impératif que nous sauvegardions, sans avoir à en payer le prix, cet inestimable bien public qu’est la liberté d’opinion. L’espace public démocratique est un espace de contradictions et non d’unanimisme. Si on ne se gêne pas pour critiquer avec force les actes et manquements du régime en place, il ne saurait être question que l’on nous enserre dans un corset de pensée unique, sous peine d’insultes, de railleries et de menaces.
Être Républicain/Démocrate/Patriote/Citoyen c’est aussi être capable de faire preuve d’esprit d’ouverture et de dépassement pour favoriser le débat constructif en toutes circonstances. Le respect de la pluralité des expressions libres et responsables est une condition sine qua non pour la sauvegarde de notre volonté commune de vivre ensemble dans un Sénégal paisible et respecté.

SIGNATAIRES

Abdou Khadre LO, Consultant Régulations & TIC.
Omar GUEYE, Pharmacien, Canada
Cheikh Oumar SY, Ancien Député, Président OSIDEA
Birahim SECK, Forum Civil
Bamba KASSE, SYNPICS
Élimane Haby KANE, Président LEGS Africa
Mame Adama GUEYE, Avocat
Serigne DIAGNE, Directeur de Dakaractu
Mamadou Awa NDIAYE, 7TV
Alassane Samba DIOP, Emedia Invest
Mamoudou Ibra KANE, Emedia Invest
Bouba Ndour, TFM
Aminatou SAR, Directrice ONG
Moctar FALL, Personnalité indépendante de la société civile
Ameth LO, Consultant IT, Canada
Oumar NDAO, PDG African Payment Gateway
Mbaye Seck DIOP, Informaticien, Chairman / Deputy CEO, African Payment Gateway
Momar MBENGUE, Jurifiscaliste
Cheikh GUEYE, Géographe, Cadre unitaire de l’Islam au Sénégal (CUDIS)
Seydi GASSAMA, Défenseur des droits humains/Sénégal
Moustapha KEBE, Banquier, USA
Babacar FALL, RFM
Khaita SYLLA, Personnalité indépendante de la société civile
Bakary SAMB, Directeur de Timbuktu Institute
Ousmane GUEYE, Chirurgien
Seydi Diamil NIANE, IFAN, UCAD
Cheikh Abdou Lahad THIAW, Enseignant-Chercheur, UCAD
EleneTINE, Consultante en développement social
Souleymane NIANG, Groupe Futurs Médias
Moussa AW, Avocat
ElHadji Gorgui Wade NDOYE, Journaliste, Fondateur de Continent Premier, Suisse
Maimouna Ndour FAYE, Directrice 7TV
Mamadou Jean-Charles TALL, Personnalité indépendante de la sociétécivile
Boubacar SIGNATE, Médecin urgentiste
Babacar GUEYE, Prof de droit, UCAD, Président COSCE
Oumar El Foutiyou BA, Ecrivain
Mamadou DRAME, Enseignant Chercheur, UCAD
Ken BUGUL, Ecrivaine
Alassane DIOP, Enseignant-Chercheur, UVS
Ahmed Karim CISSE, Secrétaire Exécutif CSF
Diaka NDIAYE, Journaliste-productrice, Belgique
Pape Djiby BA, Artiste leader fondateur Suisse Africa, Suisse
Alune WADE, Artiste-Musicien, France
Fanta SOUNDOULOU, Artiste-Musicienne, Espagne
Babacar DIOUF, Biologiste, USA
Pa Assane SECK, Journaliste SenTV
Elhadji Alioune Diouf, Commissaire aux enquêtes économiques
Pathé DIENG, Enseignant-Chercheur, Université Lyon, France
Moussa SARR, Avocat
Sadikh NIASS, RADDHO
Souvasin DIOUF, Professeur de médecine
Jean-François DIENE, Médecin
Rokhaya NDIAYE, Experte en Développement du Capital Humain
Boucounta DIALLO, Avocat
Falilou DIOUF, Auditeur Conseil
Maurice Soudieck DIONE, Enseignant Chercheur, UGB
Denis Ndour, LSDH
Alioune TINE, Afrikajom Center
Abdou Karim DIARRA, Journaliste
Elhadji Oumar DIOP, Coordonnateur Handicap Form EduC/CRPH
Maimouna Isabelle DIENG, Directrice Exécutive de la plateforme des acteurs non étatiques
Alassane SECK, Secrétaire Exécutif, LSDH
Rokhiatou GASSAMA, Personnalité indépendante de la société civile
Karfa Sira DIALLO, Fondateur-Directeur de l’Association Internationale Mémoires et Partages
Fatu Jagne SENGHOR, Juriste
Safietou DIOP, Réseau Siggil Jigeen
Malick DIOP, Plateforme des acteurs non étatiques
Assane DIAGNE, Toi Du Monde/Sénégal
Momar SECK, Plasticien, Suisse
Samba FALL, Ingénieur
Makane Moise MBENGUE, Professeur Université de Genève/Sciences Po Paris
El Hadji DIALLO, Informaticien, Suisse
Hawa BA, Sociologue
Fatimata DIALLO, Ecrivaine
Abdourahmane DIOUF, Juriste, ancien Directeur Exécutif CIS
Mamoudou WONE, Directeur Enquête Publications
Pierre-Edouard FAYE, Journaliste, Walfadjri
IbrahimaLissa FAYE, Président Association des professionnels de la presse en ligne(APPEL)
Mabousso THIAM, Personnalité indépendante de la société civile
Houreye THIAM, Journaliste/Ris/Plateforme des femmes pour la paix
Oumy Régina SAMBOU, Journaliste et consultante en communication
Bijou BOB, Journaliste
Khadim Bamba DIAGNE, Economiste/Ecrivain
Moustapha Mbengue, Enseignant-Chercheur, EBAD, UCAD
Fatimata Diallo BA, Professeure de lettres, Ecrivaine
Babacar Ndiaye
Amdy DIOUF, Chirurgien-dentiste
Kémo TOURE Jr, Ingénieur centralien, Fondateur de Wutiko
Mamadou Demba NDOUR, Gynécologue-obstétricien
Mamadou Mansour DIOUF, Anesthésiste-réanimateur, Bordeaux, France
Khadim NGOM, Cardiologue, Bordeaux, France
Hamidou ANNE, Haut fonctionnaire, Écrivain
Fanta DIALLO, Sociologue
Makhan DANFAKHA, Médecin
Corinne TCHANIA, Médecin
Cheikh Mbacké LO, Professeur titulaire des universités, Agrégé de santé public
Djiby NDIAYE, Administrateur de sociétés
Moustapha THIAM, Gynécologue
Rose SAMB, Journaliste et Entrepreneure
Pape SENE, Journaliste
Racine Assane DEMBA, Conseiller en stratégie de communication
Abdoulaye BARRY, Journaliste, RTS
Abdoukhadre  DIOP, Enseignant-Chercheur, Droit public, UVS
Mouhamadou Mansour DIA, Enseignant-Chercheur, Sociologie, UVS
Momar Sylla DIENG, Enseignant-Chercheur, Économie, UVS
Hady BA, Enseignant-Chercheur, UCAD
Muhammad BA, Enseignant-Chercheur, UGB
Souleymane Astou DIAGNE, Economiste, UADB, Écrivain
Amadou KANE, entrepreneur
Cheikh Oumar KANE, Financier
Ibrahima DIA, Sociologue, Consultant
Bada LEYE, Commerçant
Thierno Souleymane Diop NIANG, Écrivain-Chercheur en Relations internationales
Mame-Penda BA, Enseignante-Chercheure en science politique, Université Gaston Berger
Ibrahima HATHIE, Economiste
Serigne Momar SARR, Enseignant-Chercheur
Diatou Cissé BADIANE, Journaliste
Mamadou Lamine BA, Economiste Industriel, MEETINAFRIKA
Magueye KASSÉ, Professeur titulaire des Universités
Mamadou LY, Éditeur Rp221.com
Assane THIAM, Enseignant-Educateur
Benoit SENE, Enseignant en philosophie
Oumar DIOP, Enseignant-Chercheur en mathématiques, UVS
Mamadou NGUER, Enseignant-Chercheur, UVS
Mouhamadou BA, Enseignant-Chercheur, UCAD
Sara NDIAYE, Enseignant-Chercheur, Sociologie, UGB
El Hadji Malick DIA, Entrepreneur
Zoubida FALL, Auteure
Aïssatou DIAMANKA-BESLAND Journaliste, Écrivain
Abdou DIOUF, Fonctionnaire des Nations-Unies
Abdou Ndukur NDAO, Anthropologue
Amadou Moctar dit Bouya NDOYE, Manager d’artistes
Awa DIACK, Entrepreneure
Fary NDAO, Ingénieur-géologue

OUSMANE SONKO (LEADER DE PASTEF) : ‘’Le combat sera acharné…’’

Ousmane Sonko a rendu visite, ce samedi, au président du parti politique FDS/Les Guelwaars, Dr Babacar Diop. Au cours de cette rencontre, le leader du Pastef a informé qu’il prend en charge les jeunes qui ont été blessés, lors des évènements passés. Il a aussi soutenu que ‘’la lutte continue, pour l’honneur des martyrs’’.
Depuis sa libération sous contrôle judiciaire, dans l’affaire qui l’oppose à la masseuse Adji Sarr, Ousmane Sonko fait la tournée de ses soutiens, en allant rendre visite aux mouvements citoyens et partis politiques qui ont joué un rôle dans sa libération. Il est également question, pour le leader du Pastef, d’aller présenter ses condoléances aux familles éplorées et rendre visite à tous ceux qui se sont blessés, lors des très violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants.
C’est dans le cadre de ce programme que le principal opposant de Macky Sall s’est présenté, ce samedi, au siège du parti Fds/Les Guelwaars. Après une visite guidée des locaux du parti du docteur Babacar Diop, sis dans un quartier calme des Parcelles-Assainies, à l’Unité 15, M. Sonko a fait savoir, au cours des échanges, qu’il prend en charge les manifestants qui ont été blessés.
 Il y a des blessés assez graves, selon lui. ‘’Des gens ont perdu un œil ; d’autres ont perdu un membre de leur corps. Et il y a des personnes qui sont dans le coma, alités avec des traumatismes assez graves’’, a-t-il relevé.  ‘’Nous leur apportons déjà notre soutien absolu. Tous ceux qui ont été blessés dans ces évènements sont actuellement entièrement pris en charge par nous-mêmes, avec les maigres moyens dont nous disposons. Tous les frais de transport, d’intervention chirurgicale, de médicaments ont été pris en charge et continueront à être pris en charge’’, a déclaré la tête de file du Pastef.
En effet, la Croix-Rouge a informé avoir secouru 590 blessés au cours de ses interventions. Parmi ces blessés, 288 ont été secourus à Dakar, 109 à l’Ucad, 77 à Pikine, 33 à Bignona, 29 à Ziguinchor, 25 à Guédiawaye, 21 à Rufisque, 8 à Mbacké et à Touba. Et il y a eu une dizaine de pertes en vies humaines.
S’agissant des morts, Ousmane Sonko a rendu visite aux familles en deuil à Cambérène, aux Parcelles-Assainies, à Keur Massar et à Yeumbeul. Il assure qu’il ira prochainement à Ndoffane, à Bignona, à Ziguinchor et à Diaobé pour partager la douleur des familles éplorées.

‘’Ces sacrifices ne seront pas vains’’

‘’Si j’avais su que des personnes allaient perdre leur vie, je ne serais pas entré dans l’arène politique, même si ce n’est pas de ma responsabilité’’, a dit Ousmane Sonko. Qui s’empresse d’ajouter : ‘’Ça doit être un élément de conscience, parce que le peuple ne nous doit plus rien. Nous n’avons donc plus le droit de reculer.’’  Il assure que la raison pour laquelle ces jeunes ont fait ‘’don’’ de leur vie ‘’ne sera pas vaine’’. Car ‘’ce n’était pas pour soutenir Ousmane Sonko. Ils ont soutenu la démocratie, la liberté au Sénégal’’. D’ailleurs, pour le leader du Pastef, si des acteurs qui étaient totalement en marge du débat politique se sont, cette fois-ci, prononcés sur cette question, ‘’c’est parce c’est le Sénégal qui était en jeu’’.
Prenant la parole, Dr Babacar Diop a abondé dans le même sens. Il estime que ‘’les victimes sont des martyrs’’. ‘’Nous ne devons jamais les oublier. Leurs noms doivent être inscrits sur le cadrant de l’histoire. Ils doivent être célébrés. Et la meilleure manière de les célébrer, c’est de tout faire pour radicaliser la démocratie. C’est faire de telle sorte que l’idéal de la justice soit une réalité au sein de notre société. Cela nécessite une transformation en profondeur de nos institutions politiques pour les rendre plus démocratiques’’.
A cet effet, Ousmane Sonko soutient qu’il est plus que jamais temps de saisir le message du peuple. ‘’Le combat sera acharné, tant que le régime de Macky Sall et sa justice ne libéreront pas tous les détenus politiques qui sont actuellement au nombre de 150’’, fulmine-t-il.
Le peuple sénégalais a lancé un message fort aux politiciens, d’après lui. ‘’Nous avons un très grand peuple qui sait le montrer quand il le faut. Il faut que nous soyons de très grands acteurs politiques. C’est à nous, acteurs politiques, de nous hisser à cette hauteur-là. L’acteur politique doit dépasser son peuple et non pas être dans la crainte. Parce que, si on n’est pas capable d’avoir cette avance sur le peuple pour l’orienter, l’aiguillonner, lui inculquer des principes, ce n’est pas la peine de faire de la politique’’, avance l’opposant de Macky Sall. ‘’Le peuple sénégalais ne veut plus de dirigeants comploteurs. Il n’attend pas de ses dirigeants qu’ils démontrent de leur capacité à la fourberie, au mensonge, à la manipulation des opinions. Il n’attend pas de ses dirigeants comme seule valeur, la capacité à nuire à l’adversaire politique’’, poursuit-il.
Pour sa part, le porte-parole du parti FDS/Les Guelwaars, Serigne Assane Kane, est revenu sur ce qui a motivé leur soutien. En effet, le parti du Dr Babacar Diop a été le premier acteur politique à afficher publiquement sa position, alors qu’Ousmane Sonko ne s’était même pas adressé aux Sénégalais. ‘’On peut avoir des divergences de point de vue avec le président Ousmane Sonko, mais aucun Sénégalais censé ne peut une seule fois douter de sa probité morale et de son amour pour le Sénégal. Qu’il a d’ailleurs payé au prix fort, avec une radiation de la Fonction publique. C’est pour cela que FDS/Les Guelwaars s’est engagé auprès du Mouvement pour la défense de la démocratie pour démonter cette cabale politique’’, a-t-il expliqué.
Monsieur Kane reste catégorique  : ‘’Il ne s’était pas agi d’une affaire privée, mais d’un contentieux politique entre deux camps. Nous avons, d’une part, le camp de ceux qui se servent, avec lâcheté d’ailleurs, du pouvoir d’Etat, pour détruire des adversaires politiques, qu’ils n’ont pas le courage d’affronter à travers une compétition démocratique. Le deuxième camp, c’est celui des démocrates, des patriotes.’’

Les Sénégalais sauront le salaire du président, des ministres et des directeurs

A cela, Ousmane Sonko ajoute que le Sénégal reste un pays, une référence en Afrique et dans le monde, même s’il est un petit pays. Il croit ferme que la révolution en Afrique dont on parle ‘’peut bel et bien commencer par le Sénégal. Et que si l’on réussit, cela fera tache d’huile partout en Afrique’’. Pour le leader du Pastef, ‘’c’est pour cela qu’ils sont nombreux les ennemis qui ne veulent pas que cela arrive et ils ne sont pas seulement au Sénégal’’.
Considérant que la politique peut être noble, ‘’qu’on peut servir Dieu à travers la politique’’, il invite les gens à ne pas s’engager en politique dans le but de s’enrichir.
 ‘’Celui qui veut des millions ou des milliards, doit créer son entreprise’’, dit-il. Et d’ajouter  : ‘’C’est pour cela que le jour où nous serons au pouvoir, tous les Sénégal sauront le salaire du président, celui des ministres et celui des directeurs généraux, etc. Et nous nous efforcerons aussi à combattre la corruption, les détournements de biens publics et l’escroquerie. Parce que c’est comme ça qu’ils sont tous devenus des milliardaires. Mais le pays ne peut pas se développer comme ça. Ce n’est pas normal qu’une minorité garde dans des comptes off-shore l’argent qui devrait permettre de construire des hôpitaux et de créer des emplois.’’ BABACAR SY SEYE 

ÉTATS-UNIS  : Ce qu’on sait de l’arrestation d’Ousmane Tounkara

Libération Sénégal online Ousmane Tounkara est bien entre les mains de l’US Immigration and customs enforcement (Ice, services de l’immigration), en tout cas jusqu’au moment où ces lignes étaient écrites. Son nom apparaît d’ailleurs sur la liste des personnes détenues en ce moment par l’Ice, sur laquelle il est même indiqué son lieu de détention provisoire (voir captures).
Il aurait été arrêté, dans un premier temps, par le Fbi après une plainte de l’Etat du Sénégal à la suite d’une vidéo avant d’être remis à l’Ice.

Macky Sall : «Je n’ai jamais dit que je ferai un 3e mandat»

https://www.seneweb.com Le chef de l’État sort du bois. Selon Les Échos, Macky Sall, qui recevait la semaine dernière une délégation de la société civile, crache ses vérités après les émeutes qui ont ensanglanté le pays.
Lors des débats, les membres de la société civile ont soulevé la problématique du 3e mandat. En guise de réponse, le Président Sall leur a rétorqué qu’il n’a jamais dit qu’il fera un troisième mandat.

Remaniement : Macky change tout mais sans PM

https://www.xibaaru.sn Le Président de la République Macky Sall est convaincu à présent de la nécessité d’un remaniement de son équipe gouvernementale. La situation que traverse le pays l’impose. Seulement, de source sûre, si le Président de la République Macky Sall se concentre sur la composition future de l’équipe gouvernementale qui sera formée, le retour à la primature ne demeure pas encore une priorité pour lui. Ceux qui s’attendent ainsi à un retour à la primature, doivent déchanter car le projet n’est pas encore sur la table du Patron…
Même si, on indique, que le remaniement se fera avec des changements profonds, mais ce sera sans la primature. Macky Sall ne veut toujours pas d’un Premier ministre pour coordonner l’activité gouvernementale. Pourtant, compte tenu de la situation traversée par le pays, tout le monde s’attendait à la restauration du poste de Premier ministre, parmi ce qui devait être l’une des priorités du Président de la République. Mais Macky Sall n’est pas sur la même longueur d’onde.
Il veut procéder à un remaniement sans la restauration du poste de Premier ministre. Ce qui l’aurait pourtant permis de se décharger de certaines tâches et de ne pas toujours se montrer si exposé comme il l’est en ce moment. Macky Sall s’est retrouvé seul avec les épreuves traversées par le pays. Tous ses ministres paniqués, sont allés se réfugier. Or, un Premier ministre peut servir de rempart au Chef de l’Etat Macky Sall qui a été obligé bien seul de faire face à la situation.
Macky Sall veut être celui qui est au four et au moulin, alors que la situation dicte de faire autrement. Macky Sall peut-il raisonnablement, être celui qui sera bien seul pour s’attaquer à tous les problèmes que connait le pays ? Il apparait nettement que dans le cabinet actuel du Président de la République, certains ne veulent pas que la primature soit restaurée avec ce remaniement. Un Premier ministre les gêne dans leurs projets de dicter tout au Chef de l’Etat Macky Sall.
Dans tout cela, c’est le Chef de l’Etat qui va être le grand perdant. Où se trouvaient ceux qui ne veulent pas en ce moment d’un poste de Premier ministre, alors que le pays était en train de s’enflammer. Ils avaient pris la fuite. Macky Sall a affronté tout seul la situation. Tout cela aurait pu être différent, s’il s’était entouré d’un Premier ministre.

Le sermon du Khalife général des Layènes : «si la pirogue se renverse…»

http://www.walf-groupe.com La 141 eme édition de l’Appel des Layènes a démarré ce lundi 15 mars.
Occasion pour le khalife général de la communauté Layene du Sénégal, Chérif Abdoulaye THIAW LAYE, de porter un discours sur la stabilité et la paix lors de la cérémonie de commémoration après les émeutes qui ont causé 13 morts. En effet, par la voix de son porte-parole Mamadou Lamine LAYE, il a condamné fermement les violences notées lors des manifestations. A l’en croire, « la violence ne vient jamais seule. Elle ne se limite pas seulement à ceux qui l’ont réveillée ».
« Le prophète (Psl) a dit que si vous êtes dans une pirogue et qu’une personne a pour intention de tout faire pour renverser la pirogue, il faut l’en empêcher. Parce que si la pirogue se renverse c’est tout le monde qui va périr. Donc que Dieu l’Omniscient et le Tout puissant, qui connaît les intentions des uns et des autres, qu’il nous préserve contre les mauvaises intentions de toute personne qui tenterait de renverser la pirogue », déclare le porte-parole.
Par ailleurs, il a invité « les acteurs de toute obédience à préserver la paix et la stabilité » pour renforcer cet acquis qui caractérise le Sénégal.
«  Si nous ne sommes pas en paix, rien ne va marcher et les difficultés seront inévitables. Que Dieu nous préserve de la pauvreté. À chaque fois qu’il y a la pauvreté, s’installera l’instabilité. Méfiez-vous de la violence.  Alors que la paix règne dans notre pays et un peu partout dans le monde entier », conclut-il.

Sénégal : Il faut repenser tout le système collectivement»

ENTRETIEN. Président du think tank Afrikajom, Alioune Tine partage avec « Le Point Afrique » les réflexions que lui inspirent les récents événements au Sénégal.

La sidération en a saisi plus d’un devant les troubles que le Sénégal, présenté comme « un modèle de démocratie en Afrique », a connus il y a deux semaines. Manifestement, le pays de la Téranga a accusé le coup de conséquences des pathologies que le think tank Afrikajom Center avait énoncées dans un rapport publié en juin 2020. Elles ont comme nom « crise de l’État de droit, de la démocratie représentative et de la gouvernance ». Du haut de ses trente ans d’expérience au service des droits de l’homme, de ses responsabilités passées aussi, entre autres, comme directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, expert indépendant de l’ONU chargé des droits de l’homme au Mali,  cofondateur de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique, et enfin président de la Rencontre africaine des droits de l’homme (Raddho) et du comité sénégalais des droits de l’homme et coordinateur du mouvement M23 d’opposition à la révision constitutionnelle souhaitée par l’ex-chef d’État Abdoulaye Wade,  le fondateur et président d’Afrikajom Center, Alioune Tine, avait, avec ses équipes, repéré les fragilités des systèmes politiques des pays ouest-africains. Il a accepté de partager avec Le Point Afrique ses réflexions sur ce que cela lui inspire pour le Sénégal.

Le Point Afrique  :  Le Sénégal vient de vivre un moment particulièrement tendu à tous points de vue. Quelle réflexion cela vous inspire-t-il sur l’état d’esprit de la population ?

Alioune Tine  :  La population a été très déçue et a exprimé de façon violente son ressentiment et ses angoisses par rapport à l’avenir, particulièrement la jeunesse qui a manifesté massivement avec une violence inouïe. À ma connaissance, il n’y avait jamais eu une telle violence depuis le début des indépendances dans ce pays. On a failli basculer. Pour la première fois, on a atteint le bord du précipice. On n’avait jamais vu cette forme de peur au sein de l’État et au sein de la population.
Pour une minorité de manifestants, il y avait une volonté réelle de vouloir renverser le gouvernement pour mettre un terme au règne de Macky Sall. Cela s’explique par plusieurs points. Nous n’avons jamais connu une crise politique dont la source est un problème de sexe. Ce n’est pas un hasard si le récit du complot politique a prospéré. Dans nos imaginaires, on préfère en réalité valider cette thèse, car c’est plus acceptable, plus décent pour la société. Il est aussi évident qu’il y a des arguments valides en faveur du complot, des arguments qui montrent aussi que notre démocratie électorale est malade.
Cette affaire a mis en avant la tendance des politiciens à rester au pouvoir en éliminant par la justice pénale les adversaires politiques. Cela a été le cas avec Karim Wade et Khalifa Sall auparavant. Pour les jeunes, Ousmane Sonko représente le recours idéal  : il est comparé à des figures historiques prestigieuses tel que Thomas Sankara. L’effet pandémie et sa gestion ont également joué un rôle. La gouvernance du Fonds de résilience Covid par le beau-frère de Macky Sall n’a pas été claire. Il a refusé de rendre des comptes à l’Ofnac (Office national de la lutte contre la fraude et la corruption), ce qui a été perçu comme de l’arrogance. Les populations ont pu manger et avoir un peu de répit grâce aux aides distribuées par l’État lors de la première vague, mais il n’y a rien eu lors de la seconde vague. Les discours autoritaristes du ministère de l’Intérieur et ses interdictions ont lourdement pesé sur ces populations.

Quelle appréciation avancez-vous quant à la manière dont les différents acteurs (politiques, religieux, société civile) au cœur de cette crise ont joué leur partition ?

Les politiques ont été complètement dépassés. Dans la panique, ils ont fait suspendre deux télévisions privées, ce qui a entraîné les attaques par des manifestants de tout ce qui pouvait constituer un symbole d’injustice ou un symbole partisan ou proche de l’État. L’opposition n’a pas non plus contrôlé la situation, puisque des acteurs, avec une rage de tout brûler, ont émergé et ont saccagé des enseignes et des infrastructures. La violence était totale et, compte tenu de l’ampleur de la crise, le gouvernement a été obligé de donner des vacances aux jeunes.
Lors d’une réunion avec les familles religieuses, la société civile a alerté les politiques sur la situation et leur a demandé de réagir. Elles sont ainsi intervenues pour réclamer l’apaisement et le retour à la paix. C’est cette intervention qui a notamment permis la libération d’Ousmane Sonko le 8 mars. C’est grâce à la société civile et aux chefs religieux qui ont joué un rôle de médiation essentiel dans cette crise que l’on a pu éviter au Sénégal de sombrer dans l’inconnu.

Quelle est votre appréciation de la décision du M2D de surseoir à la manifestation du samedi 13 mars ?

Beaucoup de membres de la société civile sont intervenus auprès du M2D pour qu’il reporte la manifestation. Cette décision est aussi motivée car le chef de l’État devrait probablement bientôt relâcher des opposants politiques emprisonnés à la suite des échanges qui ont eu lieu avec la société civile et les marabouts. Cela dit, nous avons beaucoup plus besoin de citoyens que de talibés or, malheureusement, nous avons pu constater ces derniers jours que beaucoup se sont comportés en talibés de l’opposition. La médiation doit être privilégiée. C’était essentiel de renforcer l’accalmie pour éviter l’escalade de violence. Aujourd’hui, c’est le temps de la réflexion collective. Une des premières choses que le président devrait faire, selon moi, c’est de rencontrer l’opposition, aller vers le dialogue pour analyser les conséquences et trouver, avec tous les acteurs, les éléments de résolution de cette crise. Il faut beaucoup de leadership au président de la République pour réunir et éviter que l’on ne tombe demain dans les mêmes travers. Ces menaces détruisent l’État, or c’est de sa survie dont il est question.

Des médias privés suspendus pour avoir couvert les graves événements que la télévision nationale a volontairement ignorés, coupure (momentanée) ou ralentissement d’Internet, entre autres faits conduisant à s’interroger sur l’appréciation des libertés. Dans quel état se trouve la démocratie sénégalaise aujourd’hui ?

La télévision nationale a fait comme si rien ne se passait à Dakar, au lieu d’organiser des débats pour renforcer le dialogue. Le porte-parole du gouvernement a péroré seul sur une chaîne publique, ce qui a poussé les téléspectateurs à aller regarder d’autres chaînes. Aucune des institutions n’a véritablement fonctionné pour essayer de trouver une réponse à la crise  : l’Assemblée nationale a aggravé la situation en allant dans le sens que voulait le président de la République, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) n’a rien dit, le Conseil des collectivités locales non plus… On a assisté à un dysfonctionnement total de toutes les institutions et de la démocratie.
Jamais Macky Sall n’a été aussi seul. Même son parti et son gouvernement ont été muets, comme pétrifiés par l’ampleur et la brutalité de la crise. La liberté a été étouffée et la démocratie mise dans une situation lamentable. La liberté d’expression a été menacée, car les populations ne pouvaient pas exprimer leur opposition ; la liberté de la presse a été attaquée avec la suspension de deux chaînes de télévision ; la liberté de manifester, pourtant reconnue par la Constitution du Sénégal, a été entravée avec l’application de lois d’exception pour cause de pandémie… Les populations se sont senties confinées et contrôlées trop longtemps. Il faut dire aussi qu’il y a eu des arrestations préventives sur la base d’intentions, mais sans preuves, d’opposants ou activistes. Alors les populations sont sorties pour dire « il y en a assez, on veut l’État de droit ».
Afrikajom a sorti un rapport il y a un an sur les pathologies de la démocratie en Afrique de l’Ouest (crise de l’État de droit, de la démocratie, des droits humains, de la gouvernance et de la sécurité)  : il n’existe pas, et en réalité il n’a jamais existé, même pendant la colonisation, d’État de droit au Sénégal. On a assuré une continuité du système colonial, mais en pire ! Le président est tout-puissant, il a tous les pouvoirs, il n’y a aucun contrôle ni aucune responsabilité par rapport à ses actes. La Haute Cour de justice qui doit juger le président n’existe pas. L’actuel président qui était à la tête des manifestations contre le troisième mandat en 2012 fait désormais la même chose, et même pire, que son prédécesseur. Macky Sall a perdu toute son autorité.

Le Covid-19 a révélé des fragilités du système politique et économique sénégalais. Les avez-vous identifiées ? Et, si oui, comment les réparer ?

Le Covid-19 a sinistré le secteur privé qui est principalement informel. Les restaurants étaient vides, les lieux de loisirs fermés, le secteur du tourisme, très important, est à terre et cela se répercute sur toutes les autres chaînes de valeur. La pêche, qui fait vivre de nombreux ménages, était déjà très touchée avant le Covid. L’État n’a pas fait attention, mais beaucoup de Sénégalais ont essayé d’émigrer faute de travail dans ce domaine. Il y a eu des centaines de morts, mais il n’y a eu aucune compassion de la part de l’État. Ce sont ces jeunes qui n’ont absolument rien à perdre qui sont sortis dans la rue. Ces émeutes étaient des émeutes de la faim. Le gouvernement a été obligé de lever les mesures d’exception prises pour lutter contre le Covid-19 parce que les populations n’y arrivaient plus. L’économie est à terre et le taux de chômage a grimpé. Pour la première fois dans une crise, des hommes d’affaires m’ont appelé  : ils sont catastrophés. Et avec la violence des manifestations, ils craignent maintenant que les investisseurs aient peur de venir au Sénégal. Les populations n’ont pas compris que les propriétaires des magasins attaqués, dont les enseignes françaises comme Auchan, sont des Sénégalais avant tout.
Dans cette crise, il y a aussi la perception d’une France qui soutient des présidents autoritaires qui ne respectent pas leur constitution. Il me semble que la France doit revoir ses relations, non pas seulement avec les élites, mais aussi avec les peuples d’Afrique et particulièrement avec ceux d’Afrique de l’Ouest francophone. Un peu partout, les populations protestent contre ces relations. La France a beaucoup aidé du point de vue démocratique avec la conférence de la Baule (juin 1989), qui a permis la démocratisation, mais on a l’impression que tout ça s’est arrêté d’un coup. Le Sénégal était le laboratoire africain en matière de démocratie, et nous n’avions pas de crises profondes auparavant en Afrique de l’Ouest avec des États en décomposition comme au Tchad, en Centrafrique, mais, maintenant, la région n’est plus épargnée. La communauté internationale devrait prêter attention aux aspirations de cette nouvelle génération qui n’a connu que la démocratie. Partout sur le continent, des luttes s’élèvent pour la démocratie, pour les libertés fondamentales et la bonne gouvernance. Et chaque fois, ce sont les jeunes qui les mènent.

Avez-vous le sentiment que la séparation des pouvoirs telle qu’elle est vécue aujourd’hui donne une bonne sécurité à l’exercice de la démocratie au Sénégal ?

La séparation des pouvoirs est toute abstraite. En réalité, le président de la République les détient tous. Les députés de l’Assemblée nationale vous disent qu’ils sont les députés de Macky Sall, et même pas les députés du peuple ! Les lois sont votées de façon mécanique. Le président, lui-même, dit qu’il intervient dans la justice en mettant certains dossiers « sous son coude ». La crise a souligné la fragilité de la justice, particulièrement en matière de questions politiques. Au lieu d’être impartiale et indépendante, elle est instrumentalisée par le pouvoir exécutif. C’est le cas de la justice pénale, qui écarte les candidats valides pour offrir un boulevard au président pour une réélection. Il y a une régression démocratique réelle qui a touché toutes les libertés. On a un dysfonctionnement total des outils démocratiques, surtout quand il s’agit de problèmes politiques. Les institutions sont en décomposition. Il faut revoir la configuration de l’Assemblée nationale, l’élection des députés, supprimer certaines institutions qui sont là pour entretenir une clientèle politique… Les milliards pourront ainsi être utilisés pour la jeunesse et l’éducation qui s’effondrent et cela fait craindre de graves problèmes de sécurité dans l’avenir.
En 2008-2009, la société civile, l’opposition, les entrepreneurs, tous, excepté le parti d’Abdoulaye Wade, s’étaient regroupés lors d’assises nationales pour opérer une réflexion globale sur les actions à mener pour la refonte de la société et de l’État. Un Comité national de réforme des institutions (CNRI) avait été mis en place et nous avions une bonne feuille de route. Mais cela a été mis de côté, rien n’a été fait. À la place, le système, complètement moribond, a perduré jusqu’à ce qu’il ne soit rattrapé par ses faiblesses ces derniers jours.

Entre la transhumance des hommes politiques qui annihile toute dynamique d’opposition et une assemblée qui ressemble à une chambre d’enregistrement, comment faire pour que les populations ne se sentent pas exclues par des politiciens qu’ils sont censés avoir élus ?

Il faut repenser tout le système collectivement. On ne peut pas changer quelque chose à laquelle on n’a pas réfléchi auparavant. Il faut une réflexion collective sur les pathologies du système démocratique et ses dysfonctionnements. Il faut une thérapie collective pour réfléchir à ce qui peut marcher. Je propose de reprendre les conclusions des assises et de les réadapter au contexte actuel. On a un système totalement archaïque qui produit de la violence avec un président que personne ne peut arrêter. Il faut que l’on apprenne à juger un homme politique, en toute sérénité, qu’il soit au pouvoir ou non. Les autorités publiques doivent rendre compte et cette redevabilité-là fait partie des grandes failles du système.
Les administrations indépendantes qui permettent la redevabilité dans le cadre de l’exercice du pouvoir ne marchent pas. La démocratie participative ne marche pas  : tout est entre les mains des politiciens. Une grande partie de la population est en dehors des institutions. Il nous faut une démocratie plus participative et inclusive. Les assises allaient dans ce sens, mais tout de suite elles ont été rejetées par les institutions. Notre système est trop corrompu sur le plan politique et électoral. En cela, nous avons hérité du colonialisme  : les colons donnaient du sucre, du thé… à la population pour gagner des voix. Et encore aujourd’hui, c’est ce que font les politiques. Pour éliminer cette corruption électorale, il faut promouvoir une éthique forte au sein de la population ainsi qu’une loi sévère contre ces pratiques.

État laïque avec des confréries puissantes dans un environnement où l’islam politique essaie de s’immiscer. Comment renforcer les capacités du pays pour contenir les assauts répétés de l’intégrisme religieux ?

Si on a des institutions fortes, capables de réguler les violences sociales et politiques donc crédibles et légitimes, cela peut éviter l’intrusion des marabouts. Mais de plus en plus, ils sont considérés comme de grands électeurs. Certains de leurs fils sont d’ailleurs à l’Assemblée nationale. Je pense qu’il faut améliorer la gouvernance des confréries, car elles sont capables de financer leurs activités. Il faut aussi dire que les confréries et la démocratie ont cohabité depuis très longtemps. Les religieux ont souvent appuyé les politiques. Ce fut le cas avec Léopold Sédar Senghor qui a été soutenu sur la base de son discours par les confréries, même s’il était catholique. On a l’impression qu’on était plus mûrs à l’époque que maintenant.
Selon moi, c’est cette ouverture qui a sauvé le Sénégal des problèmes identitaires, ethniques, etc. Ces questions fragilisent d’ailleurs notre unité et notre stabilité. Pour le moment, on ne peut pas éviter la régulation des marabouts et, de plus en plus, dans certains secteurs, cela est contesté. Petit à petit, des personnes commencent à les remettre en cause, car il y a un problème de confiance. Avec l’affaiblissement des politiques et la montée de la société civile, certains craignent en effet qu’ils ne nourrissent des ambitions politiques.

Quel réaménagement institutionnel et de gouvernance vous paraît urgent pour le Sénégal actuellement ?

Ce n’est pas quelque chose qui se décrète, mais qui se discute largement. Il nous faut nous organiser, réfléchir avec tous les segments de la société, et que chacun apporte sa pierre à l’édifice pour qu’on puisse avoir un consensus. Voilà le type d’État qu’il nous faut. Si on y arrive, pour les trois ans de mandat qu’il reste à Macky Sall, cela permettra d’avoir une solution dans la durée. Se contenter sur du court terme pour terminer tant bien que mal ne réglera pas les causes profondes du mal. Ces trois ans sont cruciaux, ils doivent être mis à contribution pour trouver les solutions durables pour la démocratie. Si on les rate, c’est fichu ! Le Sénégal possède des ressources naturelles (pétrole, gaz) qui sont convoitées par l’extérieur qui ne sera pas indifférent aux luttes de pouvoir internes et pourra en tirer profit. Une discussion globale est donc nécessaire pour établir les menaces à éviter et contre lesquelles il faut lutter pour maintenir la stabilité du pays.

Selon vous, quelle stratégie pourrait permettre à l’État sénégalais de renforcer ses capacités pour une gouvernance plus inclusive qui limite le risque d’une crise telle qu’on vient de la vivre ?

Il faut que tout le monde s’asseye autour de la table afin que l’on obtienne un consensus fort. C’est important de trouver un horizon à la jeunesse non pas sans elle, mais avec elle. Il faut un diagnostic de ses problèmes avec elle. Il faut l’impliquer dans ce diagnostic et aussi dans les solutions à apporter. Si on ne le fait pas, ce seront des solutions bureaucratiques où l’argent engagé va alimenter le système corrompu qui, actuellement partisan, ne résout aucun des problèmes. Il nous faut un beau dialogue national inclusif. Propos recueillis par Malick Diawara et Clémence Cluzel

GESTIONDE LA PERIODE POST-CRISE : Macky, en mode double jeu !

http://www.sudonline.sn Le vent d’accalmie qui souffle sur le Sénégal depuis le 8 mars dernier, après la tempête des violentes manifestations qui ont causé la mort d’une dizaine de manifestants et des centaines de blessés semble de plus en plus se dissiper par la tournure que prend la gestion de cette période post-crise. En effet, les arrestations des personnes ayant été soupçonnées d’avoir pris part à ces dites manifestations et les sorties médiatiques des partisans du régime confortent la thèse du choix de la politique de la carotte et du bâton dans le règlement de cette crise qui a secoué le Sénégal. Alors même que les médiateurs sociaux, toutes obédiences confondues, à l’instar du Khalife général des Mourides s’activent d’arrache-pied à obturer la fissure née de cette crise socio-politique
Le président Macky Sall aurait-il opté pour la politique de la carotte et du bâton dans le règlement de la crise qui a secoué le Sénégal, suite aux manifestations violentes qui ont suivi l’arrestation puis la garde à vue du député et leader du parti Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, alors qu’il se rendait au tribunal pour y répondre à une convocation du juge d’instruction dans le cadre de l’affaire « Sweet beauté ».
En effet, lors de son message à la Nation délivré le lundi 8 mars, quelques heures après la libération du leader de Pastef placé sous contrôle judiciaire, le chef de l’Etat tout en appelant les jeunes au « calme et à la sérénité », a dit reconnaitre que les efforts consentis par son gouvernement pour l’emploi des jeunes «restent encore insuffisants ». Sous ce rapport, il a annoncé un programme d’urgence de 350 milliards dans les 3 ans à venir. Loin de s’en tenir là, le chef de l’Etat, toujours dans le sens de la décrispation du climat tendu qui a fini de gagner tout le pays a également annoncé l’indemnisation de toutes les familles des victimes de ces manifestations, ainsi que l’allégement des heures du couvre-feu sanitaire en vigueur dans les régions de Dakar et Thiès.
Dans la foulée, lors de la réunion du Conseil des ministres tenue le mercredi 10 mars, soit deux jours après son adresse à la Nation, il a annoncé la fin de l’état d’urgence sanitaire le 19 mars prochain. L’opposition en croisade contre le régime n’a pas tenu à être en reste dans ce sillage de la décrispation socio-politique.
Alors qu’ils avaient fait un appel à la manifestation pacifique pour le samedi 13 mars dernier, au niveau de toutes les régions du pays et dans la diaspora, les responsables du Mouvement de défense de la démocratie (M2D) ont finalement décidé de surseoir à cette manifestation jusqu’à nouvel ordre. Et cela, après une rencontre avec les émissaires du Khalife général des Mourides Serigne Mountakha Bassirou Mbacké qui ont joué leur partition pour préserver la paix civile dans ce contexte lourdement chargé. Seulement, parallèlement à ces actions multiformes de décrispation, le gouvernement par l’intermédiaire du procureur de la République déploie un important dispositif visant à mettre la main sur toutes les personnes soupçonnées d’avoir pris part à ces manifestations, conformément à ce qu’avait annoncé le ministre de l’Intérieur, lors de sa sortie du vendredi 5 mars dernier à la Télévision nationale sénégalaise (Rts)/ Le ministre Antoine Félix Diome disait ainsi : « Le gouvernement du Sénégal va mettre tous les moyens nécessaires pour traquer les manifestants qui ont semé le trouble à l’ordre public, qui ont pillé les commerces et blessé des personnes pour les arrêter et les traduire en justice ».
Les manifestants qui étaient arrêtés et placés en garde à vue dans les différents commissariats de Police ou Brigades de Gendarmerie étaient également présentés au Procureur de la République qui les a placés sous mandat de dépôts avant de les envoyer directement en prison notamment à Touba, à Diourbel, à Mbour et Ziguinchor pour ne citer que ces localités. De l’autre, les partisans du régime en place qui avaient disparu des radars multiplient depuis quelques temps les sorties médiatiques musclées parfois tendant à remettre en question le statu quo actuel qui a permis le pays de respirer.
Question à mille balles : Macky Sall ne devrait-il pas presser le frein et contribuer à l’élargissement de tous ces détenus que le M2D, Ousmane Sonko en ténor, qualifie de prisonniers politiques ? En tout cas, ce point fait partie des principales doléances ressassées depuis lors par le camp anti-Macky qui l’a inscrit et inscrites au centre du mémorandum envoyé au Khalife général des Mourides, vendredi dernier. La paix civile vaut bien que la politique du bâton et de la carotte soit réprimée par le chef de l’Etat pour un apaisement général des cœurs, conformément aux vœux exprimés par tous les médiateurs sociaux, les membres de la société civile et des mouvements citoyens, comme par le Sénégalais lambda

LES PIQUES DE L’AS DE CE MARDI

SenePlus  |   Publication 16/03/2021

JEUX DE CARTES – AstraZeneca est-ce que tu es bon ?

Va-t-on vers un abandon d’AstraZeneca ?Après le Danemark, la Suède et bien d’autres, une douzaine de pays comme l’Allemagne, la France et l’Italie, ont suspendu “par précaution” l’utilisation de ce vaccin. Cela, après le signalement d’effets secondaires “possibles”. Même si c’est “sans lien” avec le vaccin, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé (Ansm) en France, il est clair, qu’une telle situation entraîne des suspicions déjà vives. Au Sénégal, le ministre de la Santé et de l’Action sociale a déclaré avec enthousiasme les 300 mille doses venues de l’Inde. Abdoulaye Diouf Sarr a tenu à assurer que tout se passe bien comme “dans le meilleur des mondes possibles”. On n’a aucune raison de douter de sa bonne foi, mais ces échos venus d’ailleurs, font froid dans le dos. Il faudrait des efforts pédagogiques réels pour convaincre des Sénégalais qui ne se hâtent vraiment pas pour aller se faire vacciner. Le vaccin Sinopharm a été accueilli avec enthousiasme surtout par des autorités qui ont pris leurs doses devant les caméras. D’autres ont été plus discrètes. Elles ont eu le privilège d’être vaccinées chez elles. Et le reste des cibles ? Que reste-t-il des doses vendues ou offertes par la Chine ? Le nombre de Sénégalais vaccinés jusqu’ici ? Peu de statistiques pour le moment. Aucune lisibilité dans la démarche empruntée. Pourtant, nous avons besoin de savoir pour évaluer et progresser. Pour nous rassurer et rassurer les proches. Pour savoir la bonne conduite à tenir. Malheureusement, notre pays si singulier, semble reléguer loin derrière cette pandémie du coronavirus qui continue de faire des dégâts ici et ailleurs. 15 morts décomptés hier chez nous. Les cas graves deviennent plus graves. La maladie nous bouscule même si nous, nous donnons l’impression d’être zen. D’être sans soucis, sans problèmes. D’avoir notre destin en mains alors que nous ne contrôlons rien. Les nouvelles d’Adji Raby Sarr ? Bon, elle est presque oubliée la pauvre. On parle plutôt des dégâts causés par cette “histoire privée” devenue politique et mondialement connue. On parle d’amnistie pour les criminels pas encore désignés, pour ceux-là accusés d’être des commanditaires. D’indemnisations pour les familles des victimes. On parle, on parle, on parle. En attendant celui qui doit agir. Oui, le président de la République est toujours le capitaine du bateau Sénégal qui a failli tanguer ces derniers jours.

Miim Reew

12% des décès d’enfants

Considérée comme la première cause de décès des enfants de 01 à 05 ans, la pneumonie fait des ravages au Sénégal. La Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant(Dsme) a recensé 23 480 décès d’enfants de 01 à 5 ans en 2018, soit 63 décès par jour. La majorité de ces décès est liée à des maladies évitables telles que la pneumonie avec 2 800 enfants décédés en 2018, soit 12% des décès de 01 à 5 ans. La pneumonie est transmissible par voie aérienne, bactérienne, virale. La région la plus touchée est Thiès, suivie de Dakar, Kaffrine et Kolda. Les facteurs de risques de la pneumonie sont l’inhalation de liquide, les produits toxiques, les moisissures, la poussière, la pollution de l’air intérieur par promiscuité et le tabagisme passif.

12% des décès d’enfants (bis)

Selon la Dsme, l’allergie augmente aussi le risque de pneumonie. En ce qui concerne les complications, une pneumonie non traitée peut évoluer vers la forme grave avec détresse respiratoire et hypoxie. Au Sénégal, la prévalence de la pneumonie est de 16% dont les 3% concernent les nouveau-nés et les 13% les enfants de 01 à 59 mois. Cependant, la conjugaison de certains facteurs peut favoriser la régression de la maladie. Il s’agit de la disponibilité continue des médicaments (amoxiciline et oxygène), la disponibilité et la fonctionnalité du dispositif d’oxygénation et la qualité des soins (respect des protocoles et des normes et la gestion efficiente des urgences pédiatriques). D’ailleurs, c’est l’objectif du projet Sprint. Cette initiative cible initialement trois régions notamment, Dakar, Thiès et Kolda pour permettre d’atteindre les objectifs du plan d’action mondial intégré pour prévenir et combattre la pneumonie et la diarrhée.

Arrêt de travail

Les travailleurs de la Radio «Dunya FM» observent une cessation de travail depuis hier pour réclamer sept mois d’arriérés de salaire. Le secrétaire général du Synpics, Bamba Kassé, est préoccupé par la situation de nos confrères. Il accuse la Direction de la radio qui, en plus de jouer au dilatoire, refuse de répondre administrativement à un courrier adressé par les travailleurs pour réclamer leur dû. Le Synpics se désole de cette situation d’autant que le groupe Excaf, propriétaire de la Radio Dunya FM, est attributaire de marchés liés à la Transition Numérique Terrestre (TNT) et à la commercialisation des décodeurs, au nom de la préférence nationale. Pour Bamba Kassé, Dunya Fm, l’une des radios privées les plus anciennes et pilier du groupe, ne mérite pas un tel sort. Ainsi, le Synpics qui suit la situation avec beaucoup d’attention appelle la direction à rencontrer les travailleurs et à leur payer ce qui leur est dû.

Grève

En mettant les pieds hier au Palais de justice de Dakar, on se rend compte qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. La poussière qui a envahi les salles d’audience estla conséquence du mouvement d’humeur de ces braves dames qui assurent la propreté du Temple de Thémis. Ces ménagères courent derrière trois mois d’arriérés de salaire. Elles sont au bout de leur patience. Pourtant, elles ont travaillé le samedi.

Décès du maire de Darou Salam Typ

Réveil douloureux des populations de la commune de Darou Salam Typ. Leur maire Serigne Bassirou Mbacké est décédé hier, à la suite d’un malaise. Le président de l’association des maires de Mbacké n’était pas souffrant, puisqu’il s’est entraîné la veille à Touba avant de rentrer chez lui. Religieux doublé d’un opérateur économique, Serigne Bassirou Mbacké est décrit comme un homme courtois, humble et généreux. Il était conseiller départemental de Mbacké et responsable de l’Alliance Pour la République (Apr) qu’il a rejoint en 2017. Serigne Bassirou Mbacké était âgé de 51 ans.

Lycée de Bona

Les cours sont perturbés au lycée de Bona dans le département de Bounkiling. Pour cause, les élèves qui ont repris hier le chemin de l’école après une pause d’une semaine, suite aux manifestations violentes, ont constaté l’absence de leur professeur d’espagnol Lamine Badji et non moins coordonnateur départemental des Jeunes patriotes de Bignona. Ce dernier est en prison depuis le 09 février, lors de la première manifestation des militants et responsables du Pastef. Il croupit à la prison de Ziguinchor avec sept jeunes membres de Pastef. Exigeant la libération de leur professeur d’espagnol, les élèves ont barré laRN4 à hauteur du village de Boughary en brûlant des pneus. Les potaches vont intensifier la lutte, puisque Lamine Badji est le seul enseignant en espagnol du lycée. L’atteinte du quantum horaire est menacée. Affaire à suivre.

Les Postières sollicitent le règlement définitif de la dette

C’est hier que les femmes du Groupe la Poste ont célébré à leur manière la journée internationale de la femme. Comme le pays sort de violentes manifestations en plus de la pandémie de covid-19 qui n’a pas épargné la Poste, les postières ont opté pour une séance de récital du Coran sur toute l’étendue du territoire national. La secrétaire générale de l’amicale des femmes du Groupe La Poste, Aïssatou Diouf et ses collègues ont prié pour que la boite soit sauvée «des soubresauts périlleux auxquels elle reste encore confrontée». Une occasion saisie aussi par l’amicale pour se pencher sur les difficultés financières que traverse la Poste. Pour sortir le Groupe de l’ornière, les postières ont demandé au Président Macky Sall de renouveler ses instructions pour le règlement définitif de la dette de l’État au titre des créances sur le paiement des bourses de sécurité familiale dont le reliquat excède 30 milliards de FCFA. Elles sollicitent aussi le paiement de la rémunération du service public postal dontle cumul est aujourd’hui estimé à 20 milliards de FCFA. Dans le même sillage, Aïssatou Diouf estime que le Groupe la Poste devait être éligible à la force Covid19 pour compenser les pertes énormes enregistrées à cause de la pandémie. Cependant, l’amicale n’a pas manqué de remercier le Directeur Général Abdoulaye Bibi Baldé pour son soutien à l’amicale et sa disponibilité.

Ousmane Tounkara

Notre compatriote Ousmane Tounkara, célèbre pour ses diatribes contre le pouvoir de Macky Sall sur les réseaux sociaux, a été arrêté hier aux Etats-Unis, après une plainte de l’Etat du Sénégal pour terrorisme et menace de mort. Selon «emedias», il est reproché à Ousmane Tounkara des appels à brûler les maisons d’autorités lors des dernières manifestations survenues au Sénégal. Arrêté par la police américaine, Ousmane Tounkara risque le même sort qu’Assane Diouf. D’autant qu’il avait fait l’objet d’une arrestation pour vol de voiture en 2015. Il pourrait être rapatrié au Sénégal.

Gibril Ceesay tué par un sénégalais en Gambie

Des émeutes ont éclaté hier à Sanyang en Gambie, à la suite d’un drame impliquant un Sénégalais. La famille de la victime rapporte que Gibril Ceesay âgé de 30 ans a succombé à ses blessures après avoir reçu plusieurs coups de couteau de notre compatriote. Le frère de la victime, Omar Ceesay, a confié à Fatunet que Gibril Ceesay a été poignardé au cou et à la côte dimanche soir vers 22 heures. Lorsque son frère a succombé à ses blessures, Omar Ceesay a voulu se venger. Il s’en est pris à notre compatriote et s’est retrouvé aussi avec des blessures au visage. La mort de Gibril Ceesay a provoqué l’indignation des populations de Sanyang lundi. Les jeunes en colère ont incendié le poste de police ainsi qu’une usine de farine de poisson dans laquelle le présumé meurtrier travaille. La police antiémeute est intervenue et a tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants. Des pneus ont été brûlés sur les rues. Finalement, l’armée gambienne a été appelée en renfort pour maîtriser la situation.

Cinq mesures pour sortir de la crise au Sénégal

Par le collectif D’intellectuels, entrepreneurs ou responsables associatifs sénégalais Arame Guèye Sène, Aminata Thior, Abdoulaye Ndiaye, Blaise Sène, Demba Gueye, Elgas, Fary Ndao, Fatoumata Ngom, Fatima Zahra Ba, Hamidou Anne, Hady Ba, Mansour Ndiaye, Mohamed Mbougar Sarr, Ndeye Fatou Ndiaye, Nicolas Simel Ndiaye, Oumy Régina Sambou, Souleymane Gning, Seydina Ndiaye, Sobel Ngom, Yaye Awa Mbengue.
Ils sont écrivains, universitaires, entrepreneurs, journalistes… Face aux manifestations et aux violences qui secouent le Sénégal, ils dénoncent une défaite collective et appellent à la prise d’initiatives fortes, à la hauteur des enjeux.
Jusqu’ici cité en exemple pour sa stabilité, le Sénégal tangue, fragilisé par des difficultés économiques et une crise de démocratie. Si l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko – alors qu’il se rendait à une convocation du juge pour une affaire de viol présumé – est à l’origine de la vague de contestation qui a endeuillé le pays, cette mobilisation s’est vite nourrie de revendications sociales plus fortes, révélant au grand jour les frustrations d’une bonne partie de la population.
Les Sénégalais, en particulier les jeunes et les femmes, subissent les contre-coups d’un chômage de masse qui leur ôte toute perspective. De plus, la pandémie de Covid-19 et les mesures restrictives pour y faire face ont lourdement affecté le secteur informel, creusant davantage les inégalités et accentuant le malaise d’une population dont l’âge médian n’est que de 19 ans.

Désarroi et défiance

Ce désarroi s’est trouvé exacerbé par les manœuvres politiciennes. Le pouvoir a en effet réussi à cristalliser la défiance des Sénégalais en leur envoyant plusieurs signaux négatifs : instrumentalisation de la justice pour empêcher des opposants tels que Khalifa Sall et Karim Wade (en 2019) – éventuellement Ousmane Sonko (en 2024) – de participer aux élections présidentielles ; prime à la transhumance politique ; flou entretenu autour d’une éventuelle candidature du président de la République à un troisième mandat ; important retard dans l’organisation de scrutins locaux…
Dans ce pays comptant parmi les 25 plus pauvres au monde et classé 168e (sur 189) au palmarès 2020 de l’indice de développement humain (IDH), voir les gouvernants se livrer à des jeux politiciens alors qu’ils peinent à améliorer les conditions de vie des citoyens a contribué à leur perte de crédibilité.

LA CRISE EST LE RÉSULTAT D’UN ÉCHEC COLLECTIF À BÂTIR UNE DÉMOCRATIE QUI TRANSCENDE LES ÉCHÉANCES ÉLECTORALES

La crise actuelle est aussi le résultat d’un échec collectif à bâtir, depuis plusieurs décennies, une démocratie qui transcende les échéances électorales et les institutions nationales, pour se vivre au quotidien, dans les familles, les quartiers et les villages, les écoles et les lieux de travail, les associations sportives et culturelles… Construire une telle démocratie nécessite un travail de longue haleine. C’est néanmoins la meilleure stratégie pour bâtir, à long terme, une société de dirigeants vertueux, démocrates et humanistes, capables d’éviter les crises comme celle que le Sénégal traverse actuellement.

Cinq initiatives audacieuses

Dans l’immédiat, il faut trouver les moyens d’en sortir. La libération des prisonniers politiques arrêtés prétendument pour trouble à l’ordre public serait un premier pas. Mais, au-delà de ce geste qui témoignerait du respect des libertés individuelles et des droits collectifs garantis pas la Constitution, il faut, pour être à la hauteur des enjeux auxquels fait face le Sénégal, envisager des initiatives audacieuses et consensuelles :

  1. La nomination, à la tête des ministères de la Justice et de l’Intérieur, de personnalités de la société civilechargées d’élaborer des réformes ambitieuses. Celle de la justice viserait à en garantir l’indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif et à assurer un meilleur accès des citoyens à une justice équitable. Celle du ministère de l’Intérieur concernerait la police nationale et aurait pour but, entre autres, d’améliorer la formation des agents et de fournir un cadre permettant de sanctionner les bavures.
  2. La suppression d’institutions budgétivorestelles que le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et le Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), dans un pays où seul un représentant sur vingt siégeant dans les instances publiques nationales et locales a moins de 30 ans. Elles pourraient être remplacées par un Conseil d’orientation de la jeunesse, plateforme d’écoute, de dialogue et de recommandations stratégiques qui réunirait des jeunes de la société civile chargés d’éclairer bénévolement les pouvoirs publics sur certains sujets : santé, formation, emplois, entreprenariat, innovation, etc.
  3. La mise en place d’un référendum d’initiative partagéequi permettrait à une minorité de députés, soutenue par une partie des citoyens, de soumettre des propositions en matière d’organisation des pouvoirs publics et de réformes de la politique économique, sociale et environnementale.
  4. La révision du mode de gestion du budget de l’État.Une part substantielle de celui-ci serait allouée en priorité au capital humain (santé, éducation et formation professionnelle). L’État instaurerait aussi une communication transparente sur la dette publique et la gestion des ressources naturelles.
  5. L’établissement d’un cadre national de soutien au développement inclusif des villes intermédiaires et zones rurales, fondé sur un soutien massif aux PME et sur des mécanismes innovants d’investissement et de finance durable.

LE NÉCESSAIRE RETOUR DE LA PAIX DOIT S’ACCOMPAGNER DE VICTOIRES COLLECTIVES ET DE RUPTURES DÉCISIVES

Pour le président de la République, ces initiatives sont une opportunité de prendre la vraie mesure de la crise tout en préservant son rôle de garant de l’unité nationale. Pour la société civile, et la majorité des Sénégalais, elles permettraient de contribuer à des réformes de fond et d’entreprendre un travail d’éducation démocratique dans toutes les couches de la société.
Pour tous, il s’agit de faire preuve de responsabilité et d’esprit d’unité nationale. Le nécessaire retour de la paix doit s’accompagner de victoires collectives et de ruptures décisives. À défaut, de jeunes Sénégalais seront encore morts pour… rien.

Sénégal : malgré l’accalmie, le bras de fer continue entre le camp Sonko et le gouvernement

RFISamedi, à la demande du calife général des mourides, l’opposition a accepté de suspendre « sine die » ses manifestations pour éviter le risque de nouvelles violences au Sénégal. Mais sur le terrain, si l’accalmie est réelle,  la crise n’est pas réglée pour autant. Tout est question de rapport de force.
Selon un nouveau bilan du M2D, la coalition qui soutient l’opposant Ousmane Sonko, le bilan des récentes émeutes s’élève désormais à treize morts, dix selon une source gouvernementale. Et près de 600 blesses, selon la Croix-Rouge.
À la demande des guides religieux,  Ousmane Sonko a donc dû accepter de suspendre les manifestations. Il ne pouvait faire autrement quelques jours après les pires heurts que le pays a connus depuis une décennie. C’eut été prendre le risque de s’aliéner une partie de l’opinion. « Le système des confréries est tellement puissant, même pour l’opposant antisystème »,  ironise un analyste. Ce faisant, c’est une opportunité pour lui de se présenter en homme politique responsable, mais il n’abandonne pas la rue pour autant. Un cadre du M2D prévient : « Cela dépend du traitement qui sera fait de nos exigences. Mais manifester est un droit que nous comptons bien exercer dans sa plénitude. »
« En retour », le mouvement de contestation a en effet transmis un « mémorandum en dix points ». Le M2D exige notamment la « libération immédiate » de ceux qu’il considère comme des « prisonniers politiques », la « fin du complot contre Ousmane Sonko » et réclame également que soit reconnue « publiquement l’impossibilité constitutionnelle et morale » du président Macky Sall « à briguer un troisième mandat » en 2024.

Macky Sall sous pression

En face, le président Macky Sall ne veut pas montrer qu’il agit sous pression, mais plus qu’un signal, c’est une alerte sérieuse, un électrochoc.
Selon un observateur, que le chef de l’État tente le troisième mandat ou qu’il y renonce, il n’aimerait pas avoir face à lui Ousmane Sonko, ni comme seul adversaire, et encore moins comme successeur. Il est possible qu’il ouvre le jeu politique : pourquoi pas une amnistie en faveur de Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar et de Karim Wade, le fils de l’ancien président, afin de ne pas laisser Ousmane Sonko occuper seul le terrain ? « On n’en est pas encore là », précise un ancien ministre. Avec notre envoyée spéciale à Dakar,  Carine Fren

MALENTENDU PAR DARO KANE

https://www.seneplus.com L’As-Une semaine aura suffi. Sans doute moins. La tempête s’est calmée. Les analystes décortiquent les discours et interprètent les signes à l’instar d’un bulletin météorologique.

Une semaine aura suffi. Sans doute moins. La tempête s’est calmée. Les analystes décortiquent les discours et interprètent les signes à l’instar d’un bulletin météorologique. Sauf qu’il en faudra bien plus, en prenant surtout le temps et avec le recul, avant de livrer le plus pertinent.

En attendant, comme lors de l’apparition de cette pandémie qui n’en finit toujours pas, les paroles et les écrits charrient les points de vue de leurs auteurs sans jamais réussir à cerner totalement toute la problématique. La résilience a été le nouveau mot à la mode, utilisée partout et par tous. Dans cette crise encore difficile à qualifier, les lendemains nous laissent groggy, chacun reste encore sonné par ce tourbillon de violence.
L’appel au calme finira par être entendu. De part et d’autre, la voix de l’apaisement se fait entendre. De quoi éclipser la célébration du « 8 mars » et occulter toutes ces festivités folkloriques qui ont fini par faire de cette date une fête qui n’en est pas une. Dans son message à la Nation, le Président Macky Sall déclare : « chaque vie perdue est un deuil pour la nation ».
Autres passages marquants d’un discours aux allures de profession de foi : « Je comprends la colère de la banlieue », « je comprends votre inquiétude. Je comprends votre mal-vivre ».
S’adressant à cette jeunesse qui s’exprime, prend position, débat, s’interpelle et se mobilise sur les réseaux sociaux, nouvelle agora moderne, avant de descendre dans la rue, après des mois de privation de leurs « espaces de loisirs ». « Il faut que jeunesse se passe et que vieillesse se fasse avant qu’on trépasse », dit la citation. Après les Assises nationales de l’Education, de la Politique, place aux Assises nationales de la famille.
Une idée suggérée par Dr Boubacar Camara, auteur de l’ouvrage philosophique : « L’Identité en questions : Réflexions autour d’un concept multiréfentiel », paru chez L’Harmattan Sénégal, en 2019. Lorsque la famille est interpellée en tant que gardienne, dépositaire et lieu de transmission d’éducation et de valeurs communes, c’est que la société est en crise ; et en temps de crise, les repères sont à terre car rien n’échappe à cet effondrement aussi brutal que soudain. Dans nos références communes, le 23 juin 2011 est vite convoqué, oubliant d’autres crises, survenues à d’autres dates, tout aussi virulentes et portées par la jeunesse.
En 2021, voici que le M23 semble être passé à la trappe, et voilà le Mouvement pour la Défense de la Démocratie (M2D). Sur les plateaux télé, toujours le défilé des débatteurs. Barthélémy Dias se fait percutant sur la SenTv et accuse le soi-disant commanditaire des nervis. Ce dernier transmet un démenti et clame son innocence au nom de la vérité des faits. Craignant peutêtre que les mêmes faits produisent les mêmes effets, comme pour Me Elhadj Diouf dont le domicile a été incendié et qui annonce une plainte contre Ousmane Sonko.
De son côté, Yakham Mbaye, Directeur général du quotidien national Le Soleil, pour sa deuxième sortie concernant « l’affaire », s’exprime encore sur la 7TV. Dénonçant le partage de ses contacts téléphoniques qui lui valent une avalanche de messages injurieux via sa messagerie WhatsApp.
L’écrivain Elgas, de son nom d’auteur (Souleymane Gassama à l’état civil) et auteur du roman « un Dieu et des mœurs » publié par Présence africaine, en 2016, s’intéresse (sans doute l’un des seuls) à la jeune femme par laquelle le scandale est arrivé. Une voix à écouter. Aussi. Quand un quotidien traite de « faux émissaires » des envoyés du Khalife, la précision ne se fait pas attendre.
Dans cette crise, l’incarnation du leadership n’est pas toujours là où l’on croit. Le Khalife général des Mourides incarnerait-il cette nouvelle figure du leadership ? La politique n’est-elle pas « l’art de la gestion des affaires de la cité » ? Les politiciens sont presque parvenus à nous rendre amnésiques de cette citation qui révèle le sens premier de la politique.
Enfin, nous ne pouvions terminer sans nous incliner devant la mémoire de deux figures emblématiques dans leur domaine respectif. L’historien et auteur Djibril Tamsir Niane et le leader du Ram-Dam, Thione Seck. Seulement, l’usage du direct reste inopportun dans ce genre d’événement. Un bandeau au bas de l’écran estampillé « Urgent » et des funérailles devant les caméras ; des sentiments et des émotions guettées, à la recherche de sanglots en direct et de voix à peine audibles sous le poids de l’émotion et de la tristesse.
Les smartphones sont aussi en mode tournage, histoire de graver en vidéo les obsèques d’une des plus grandes figures de la musique au Sénégal. La mort n’est pas un scoop et les funérailles d’un être cher, fut-il célèbre de son vivant, relèvent de l’intime.

Le ‘’gouvernement parallèle’’ des régulateurs sociaux Par Assane Samb

L’implication des sphères maraboutiques dans la résolution de la crise suscitée par l’affaire Sweet Beauty est indéniable.
Son marabout a poussé Ousmane Sonko par exemple, le leader du Pastef, à déférer à la convocation du juge d’instruction alors qu’il disait, mordicus, qu’il n’allait pas le faire.
Ces mêmes autorités religieuses ont désamorcé la bombe sociale des manifestations violentes enregistrées au Sénégal et qui ont fait trembler la République.
Des médiations qui sont aussi entrées en action après les discours croisés de Macky et de Sonko. Car, le Mouvement M2D avait tenu à organiser une marche pacifique. Là aussi, le Khalife général des Mourides a pesé de tout son poids pour pousser les organisateurs de la marche à y renoncer.
Le même guide a demandé à Guy Marius Sagna de renoncer à sa grève de la faim et il l’a fait tout de suite.
Ces exemples viennent ainsi, corroborer, l’existence d’une vieille tradition au Sénégal, celle de l’implication des guides religieux dans les médiations publiques.
Depuis le père de la Nation Léopold Sédar Senghor jusqu’à Macky Sall en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade surtout, les familles religieux ont joué des rôles de premier plan dans la régulation de la société et dans la pacification des relations entre gouvernants et administrés.
Nous nous rappelons de cette amitié légendaire entre Senghor et Serigne Fallou, des relations privilégiées entre Abdou Diouf et Serigne Abdou Lahat Mbacké, de Wade qui s’est beaucoup comporté en talibé surtout envers Serigne Saliou Mbacké et bien sûr des affinités actuelles entre Macky et le Clergé mouride.
Rien n’a changé dans ces relations sauf le contexte. Nous sommes en effet aujourd’hui dans le monde des réseaux sociaux où tout se sait parce que tout est publié.
Mais, depuis toujours, le pouvoir religieux a agi au Sénégal comme un pouvoir dans le pouvoir, sans pour autant interférer ou gêner l’action des gouvernants.
En intervenant que quand c’est nécessaire, les Chefs religieux comme le vénéré Serigne Abdoul Aziz Dabakh, Mame Alassane Laye, Baye Sedydi Thiaw, Cheikhal l’Islam Ibrahima Niass, l’Eglise et bien d’autres ont su s’ériger en régulateurs sociaux ou même en soupape de sureté permettant ainsi à la société de surmonter les crises graves de son histoire comme en 62, en 88, 89, 93, 2011, 2021, etc.
Certes, ils ne sont pas toujours écouté et considéré mais, en toile de fond, ils font, en la matière, des résultats plus que considérables.
Nous n’en voulons pour exemple que cette dernière crise qui a fait que le monde entier s’est inquiété de la situation au Sénégal.
Eh bien, ni le Médiateur de la République ni le Président du Conseil économique social et environnemental, qui ont pris la parole publiquement, n’ont su calmer les ardeurs des uns et des autres.
Leurs discours ont eu une portée très limitée.
Mais, il a fallu que les guides religieux s’en mêlent pour que les résultats suivent.
Ce ‘’gouvernement parallèle’’ des acteurs religieux tous bords confondus, n’est pas à négliger.
Au lieu d’affaiblir l’Etat, il le sauve le plus souvent et lui permet d’assoir les bases de nouvelles formes de légitimité auprès de populations souvent meurtries par des politiques sociales et économiques mal orientées.
Ils font le travail et laisse l’Etat en engranger les dividendes.
Il est heureux de constater qu’ils observent également une stricte neutralité dans la chose électorale et n’interviennent pas dans les affaires judiciaires en cours sauf si la stabilité de l’Etat est en jeu.
La force de leur médiation, c’est que dans ce pays, chacun a un guide qu’il vénère. Et ces derniers, du fait de l’ascendance morale qu’ils ont sur les autorités de tous bords, peuvent décider de la conduite à tenir face à une situation pleine de dangers.
C’est ce que Senghor appelait ‘’l’exception sénégalaise’’ et qui sauve notre pays de beaucoup de menaces de périls.

3e mandat, Karim Wade et Khalifa Sall : Les secrets de l’audience entre Macky et la société civile

Dans sa parution du Jour, le journal Les Echos a livré les secrets de l’audience entre le chef de l’Etat Macky Sall et une délégation de la société civile. Selon nos confrères les discussions ont porté entre autres, sur la question du 3e mandat et les affaires Karim Wade et Khalifa Sall.
Le journal rapporte que le Président de la République aurait  assuré à ses invités qu’il n’a jamais  dit qu’il fera un troisième mandat. S’agissant d’une éventuelle Amnistie soulevé évoqué par la société civile, pour Karim Wade et Khalifa Sall, le chef de aurait également souligné qu’il est très ouvert sur la question.

Réflexion : Milliards dédiés…déjà des requins et vautours…!

Toujours à l’affût et scrutant comme à la veille du Ramadan ((Pensée pieuse à notre cher Mohichidine avec son observatoire !), voilà des pro., vrais cannibales et reniflant dans tous les sens les sorties imminentes de fonds promus ou émergents à chaque calamité vécue ou annoncée. Dans leurs salons et sous-sol, l’ongle sur le curseur, ils fomentent et prient même pour un déluge…le malheur du lambda faisant le lit et la joie.
Combien de milliards et de milliards engloutis mais en réalité captés par ces requins qui usurpent et transposent, dribblent et profitent de la misère et du désarroi des uns et des autres et parfois dans la complicité et l’impunité (pas parlementaire !). Refaites la houe et la roue et les sommes passées par pertes et profits sont énormissimes ! Le fameux …combien… revient avec cette aubaine qu’offre la jeunesse sur un plateau de sang et de sueur à ces carnivores véreux , friands de dépouille et de cadavres, leur seul souci et sport favori, goûter et jouir des larmes et labeurs du sunugalien aux conditions…infrahumaines.
Revisitez les fonds agités, dédiés et monnayés à l’Etranger contre un protocole (pas seulement sanitaire covid !) très contraignant et à rembourser rubis sur l’ongle et toujours sur le service de la dette, donc sur le dos du badolo en dépit des reconsidérations, rééchelonnements, réajustements de toutes sortes. Qui se souvient encore du temps du déjà très lointain Njol avec ses boîtes à noyer…genre …Boulangeries, Boutiques autres Pirogues pour « Maîtrisards », devenues vraies légendes, des « Alices au pays des merveilles ».
Les mêmes contes de fées continuent commençant toujours par un chèque, celui-là réel et vrai dans la gibecière des requins avant de finir chez ALICE. Les banque et du genre, des trouvailles toutes trouvées ((excusez !), à l’appellation sonnante et attirante et …trompeuse ont plus que maquillé des montants astronomiques captés au nom de la jeunesse, une jeunesse à la fois innocente et bouillante. FNPJ, ANEJ, ANEPJ…( le latin est perdu !) sans compter d’autres structures proches et voisines et amarrant dans les mêmes eaux, toutes dédiées exclusivement au pauvre…jeune ndeysan !
Le Macky Land en rajoute une nouvelle couche …aux forceps avec ces centaines de milliards à rendre vertigineux plus d’un optimiste (Wait and see !). Déjà la DER (surement pas la der. !) fortement renflouée par la pressure fiscale peine à déposer ses comptes et hop comme une bouée, l’unité principale de la monnaie de nos jours(le milliard) est agité(e) en chiffres effarants et surement au décaissement Fast-track ( en matière de finances, c’est le sans débat !).
C’est beaucoup d’eau à la bouche de ces vautours fortement nichés et au bec très mielleux. Quelle occasion, l’événement de l’année à ne nullement rater, une sorte de plan de relance après celui dit de résilience ! Qui sait peut-être le déclic pour éviter la récession avec cette préférence…nationale d’une autre combinaison !IBOU SENE KAOLACK

GUY MARIUS SURSEOIT À SA GRÈVE DE LA FAIM APRÈS UNE MÉDIATION DU KHALIFE DES MOURIDES

http://www.emedia.sn Contacté par Emedia, Me Moussa Sarr confirme le transfert de son client Guy Marius Sagna à la prison de Sébikhotane. “Rien à signaler”, dit l’avocat, ajoutant qu’il s’agit “d’une procédure normale” et non pas d’”une sanction.” Car détaille la robe noire, après une mise en quarantaine pour des raisons liées à la pandémie à Covid-19, à la prison Cap Manuel, les détenus sont ensuite dispatchés dans les différents centres de détention.
L’activiste n’est pas le seul concerné. Puisqu’Assane Diouf, Clédor Séne et les deux autres responsables du parti Pastef / Les Patriotes, Birame Souleye Diop, administrateur général du parti d’Ousmane Sonko, et le coordonnateur du parti à Dakar, Abass Sall, ont été également transférés.
Par ailleurs, Emedia a appris que le coordonnateur de FRAPP / France dégage a décidé de surseoir à sa décision d’entamer une nouvelle grève de la faim. Cela fait suite, nous confie l’avocat, à la médiation du Khalif général des mourides, Serigne Mountakha Bachir Mbacké. Dié BA

Macky à Sonko : ” «Quand quelqu’un est convoqué par la justice, il doit répondre»

iGFM-(Dakar) Le chef de l’Etat Macky Sall a livré son opinion sur l’affaire de viol présumé qui éclabousse le leader du Pastef, Ousmane Sonko. Dans sa parution du Jour le Journal les Echos rapporte que Macky Sall a estimé que Ousmane Sonko, sans le cité nommément doit répondre à la convocation de la justice.
«Quand quelqu’un est convoqué par la justice, il doit répondre, parce que beaucoup de personnalités politiques sont allées répondre quand elles ont eu un différend avec la justice. Wade, Idrissa Seck et moi l’avions fait».
Selon le quotidien Les Échos qui donne la nouvelle dans sa parution de ce mardi, Macky Sall a fait cette déclaration, la semaine dernière, alors qu’il recevait une délégation de la société civile.

3e mandat, Karim Wade et Khalifa Sall : Les secrets de l’audience entre Macky et la société civile

iGFM-(Dakar) Dans sa parution du Jour, le journal Les Echos a livré les secrets de l’audience entre le chef de l’Etat Macky Sall et une délégation de la société civile. Selon nos confrères, les discussions ont porté, entre autres, sur la question du 3e mandat et les affaires Karim Wade et Khalifa Sall.
 Le journal rapporte que le Président de la République aurait  assuré à ses invités qu’il n’a jamais  dit qu’il fera un troisième mandat.
S’agissant d’une éventuelle amnistie évoquée par la société civile pour Karim Wade et Khalifa Sall, le chef de l’Etat aurait également souligné qu’il est très ouvert sur la question.


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