Revue de presse du Mardi 16 Juin 2020

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Kolda et Sédhiou enregistrent les taux de pauvreté les plus élevés avec 77,5 et 70,3%

https://www.pressafrik.com/L’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (Ansd) et la Banque mondiale, ont réalisé des études consacrées sur la pauvreté au Sénégal. Il ressort du document provisoire (2011-2016) rendu public lundi, que La région de Kolda, une ville du Sénégal située au sud du pays, est la plus pauvre au Sénégal avec un taux de pauvreté de 77,5%, suivie de la région de Sédhiou avec 70,6%.
La région de Dakar, qui regroupe à elle seule le quart de la population du pays, concentre 13,3% des pauvres. Les 52 communes des régions affichent des différences marquées en termes de bien-être, renseigne la même source.
Mermoz-Sacré-Cœur, Sicap Liberté, Pikine Ouest, Dieuppeul Derkelé et Golf Sud, sont les 5 communes les moins pauvres au Sénégal avec des taux de pauvreté estimés entre 7,3 et 12,7%. Les deux communes les plus pauvres sont Diamniadio et Médina Gounass, représentant des taux de pauvreté très élevés de plus de 51%.
La plus grande commune en termes de populations, Keur Massar, est celle qui regorge le plus de pauvres (plus de 53.000) dans la région de Dakar.Aminata Diouf

Le trésor public lève 55 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UMOA

https://www.financialafrik.com/Le trésor public du Sénégal a levé le 12 juin 2020 sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) un montant de 55 milliards de FCFA (82,500 millions d’euros) au terme de leur émission simultanée par adjudication d’obligations assimilables du trésor (OAT) de maturité 3 et 5 ans.
L’émetteur avait mis en adjudication un montant global de 50 milliards de FCFA. Au terme de l’adjudication, l’Agence UMOA-Titres a répertorié un montant global de soumissions provenant des investisseurs de 66,574 milliards de FCFA, soit un taux de couverture du montant mis en adjudication de 133,15%.
Sur le montant des soumissions, l’émetteur en a retenu 55  milliards de FCFA et rejeté les 11,574 milliards de FCFA restants, soit un taux d’absorption de 82,61%.
Les fonds collectés rentrent dans le cadre de la couverture des besoins de financement du budget de l’Etat du Sénégal. Au titre du mois de juin 2020, les intentions d’émissions de titres publics du gouvernement se chiffrent à 75 milliards de FCFA.
Le remboursement des OAT à 3 ans se fera en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 15 juin 2023. Par contre, le paiement des intérêts interviendra annuellement dès la première année  à un taux  de 5,85%.
Quant aux OAT à 5 ans, leur remboursement  interviendra également en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 15 juin 2025. Le paiement des intérêts se fera également annuellement dès la première année mais avec un taux de 6%. Albert Savana

La Banque de développement du Mali autorisée à s’installer au Sénégal et au Togo

https://www.financialafrik.com/Filiale du groupe marocain BMCE Bank, la Banque de développement du Mali (BDM) a obtenu une autorisation d’installer des succursales au Sénégal et au Togo, ce qui devra porter à six (6), le nombre de pays couverts par le réseau de filiales et de succursales du Groupe.
Il s’agit là, des actions prévues dans sa stratégie de développement au titre de l’année, dévoilée le 30 novembre 2019 lors de la 68e session du conseil d’administration. Au-delà du Sénégal et du Togo, la BDM avait notamment affiché son ambition immédiate d’achever la couverture de l’ensemble de la zone économique UEMOA par des implantations au Bénin et au Niger également, une ambition réitérée en avril dernier lors de la dernière réunion du conseil.
En rappel, la Banque de développement du Mali  est leader sur le marché local et 5e groupe bancaire de l’Uemoa.  Nephthali Messanh Ledy

THIERNO THIOUNE MAITRE DE CONFERENCES TITULAIRE EN ECONOMIE A L’UCAD : «Le virus fera plus de mal à l’économie qu’à la santé»

http://www.sudonline.sn/ Le maitre de conférences titulaire en économie à l’Ucad et non moins directeur des études du centre de recherche et de formation pour le développement économique et social (Crefdes) est formel. La covid-19 fera plus mal à l’économie qu’à la santé. Dans cette interview accordée à Sud Quotidien Thierno Thioune, invite ainsi les décideurs politiques à repenser le modèle économique de développement basée sur le développement d’une industrie nationale; la création d’entreprises publiques, la planification et l’intégration économique régionale

A la lecture des rapports d’institutions internationales notamment la Banque Mondiale, l’OCDE ou la BAD, de mauvaises perspectives planent en 2020 en Afrique avec la Covid19. Comment le continent africain pourrait-il se relancer?

Penser à surmonter de manière rapide la crise de Covid19 serait un acte de foi pour l’Afrique malgré qu’elle soit pour le moment le continent le moins touché grâce vraisemblablement à l’atout de la jeunesse de sa population dont 60 % ont moins de 25 ans. Les perspectives mondiales sont  très incertaines. Vous l’avez dit, la Banque Mondiale dresse un tableau sombre des perspectives en 2010 pour l’Afrique. Dans un de ses récents rapports, elle a montré clairement que la crise de la Covid-19 risque de provoquer une crise alimentaire en Afrique. Elle estime que la contraction de la production agricole risquerait d’atteindre entre 2,6 % dans le scénario optimiste et jusqu’à 7 % en cas de blocages commerciaux du fait que les pays se sont repliés sur eux en fermant leur frontière provoquant un fort recul des importations de denrées alimentaires de 13 à 25 %  L’Organisation de coopération et de développement économique (Ocde) est formelle, le virus du Coronavirus (Covid19), même mondial, rencontre des réalités locales qui ne sont que propres à l’Afrique de l’Ouest. Par exemple, comment en Afrique de l’Ouest on pourrait se protéger contre la Covid19 si on a un accès limité aux installations de base pour le lavage des mains? Dans une telle région où la plupart des populations habitent une agglomération urbaine très dense, que faire pour respecter la distanciation sociale? Que se passe-t-il quand confinement rime avec perte des revenus et des moyens de subsistance? Pour sa part, la Banque africaine de développement (Bad) en mettant en place le projet d’appui en faveur des pays membres du G5 Sahel pour la lutte contre la Pandémie à Coronavirus (Covid-19) anticipe sur les difficultés de ces pays en pareil contexte de pourvoir faire face à la fois à l’enjeu sécuritaire et épidémique.

Comment l’Afrique doit juguler sous industrialisation et politiques économiques viables pour des économies plus résilientes?

Dès lors, une quelconque relance se fera ou ne se fera pas sans véritablement penser à l’industrialisation (entendez par là industrialisation agricole, industrialisation médicale…) du continent. Aujourd’hui, le PIB industriel demeure très faible dans toute l’Afrique. C’est un réel indicateur de la sous-industrialisation du continent qui ne laisse apparaitre qu’une classe moyenne africaine encore faible comptant 150 millions d’individus en 2018, un chiffre qui devrait bondir à 210 millions d’ici à fin 2020 et 490 millions en 2040 sur une population estimée à 2 milliards d’individus à l’horizon 2050. A côté de la plupart des systèmes sanitaires des pays du continent demeurant vulnérables et fragiles, tout cela laisse à croire que beaucoup de facteurs seraient susceptibles de contrarier les mesures d’endiguement et d’atténuation mises en place, pour une relance ou une reprise économique envisageable. Au Sénégal par exemple est notée une densité de médecins de 0,7 pour 10 000 habitants et plus d’un tiers des habitants de l’Afrique de l’Ouest n’ont pas d’installation pour se laver les mains chez eux, il ne serait pas ubuesque de penser que la tâche reste titanesque dès lors qu’il s’agira de juguler à la fois les réponses budgétaires intégrant les interventions de protection sociale nécessaire destinées aux ménages et au secteur informel d’une part et d’autre part bâtir et redynamiser à la fois un système sanitaire viable concomitamment à la capacité à mobiliser les ressources nécessaires au financement des programmes de relance seul gage à semer les graines pour une relance et pour rendre nos économies plus résilientes.

Le continent africain peut-il compter sur la clémence des bailleurs pour une annulation de la dette et au pire des cas un report des échéances du service de la dette ?

Très probablement, on pourrait répondre par l’affirmative au regard des différentes initiatives notées depuis l’apparition de la covid-19. On se rappelle encore de l’appel du Président de la République Macky Sall pour l’annulation de la dette publique africaine qui avait suscité un écho favorable avec l’invite du Pape François pour une réduction ou annulation de la dette qui pèse sur les budgets des pays les plus pauvres. Par la suite le Sénégal a participé à l’Initiative de suspension du service de la dette (Issd) qui s’est matérialisée par la suspension du paiement du principal et des intérêts dus à l’ensemble des créanciers du secteur bilatéral officiel jusqu’au 31 décembre 2020 pour un montant de 90,57 milliards de francs CFA (137 millions d’euros), soit 13,51% du service de la dette extérieure dû en 2020. Au fond, c’est véritablement un mixte de décisions (une dose d’allégement, une dose d’annulation et une dose d’accompagnement de financement concessionnel des institutions financières) qu’il faudrait concevoir.

Beaucoup de pays ont manifesté leur participation à l’Issd, mais y a-t-il des initiatives régionales pour la relance économique?

Le processus est enclenché. Déjà les institutions financières africaines proposent des réponses assez ambitieuses. La BAD met en place une obligation sociale «Combattre l Covid-19» de 3 milliards USD et une facilité de réponse à la Covid-19 de 10 milliards USD. La BCEAO appuie (même si elle peut être jugée de timorée) les établissements de crédits et des entreprises pour les aider à faire face à l’épidémie. La BOAD accorde 120 milliards FCFA de prêts concessionnels pour financer des mesures d’urgence dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire. Suite à la proposition faite au G20 d’accorder un financement d’urgence de 150 milliards USD au continent, les ministres africains des Finances ont coordonné un appel à une relance économique immédiate à hauteur de 100 milliards USD. Le Fonds monétaire international (Fmi) a approuvé un allégement immédiat de la dette de 25 pays pauvres au cours des 6  prochains mois. Parmi ces pays, 11 se trouvent en Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Sierra Leone, Tchad et Togo. C’est dire que même si Cesar Calderon, économiste principal à la Banque mondiale, estime que « les mesures immédiates sont importantes, mais seul un allégement de dette permettra d’injecter les ressources indispensables pour lutter contre la pandémie et préserver la stabilité macroéconomique de la région », pour ma part il est vital, et j’en suis convaincu, pour le financement des projets ambitieux de développement d’aller plus loin, c’est à dire, penser à une annulation pure et simple ne serait-ce qu’une partie d’une certaine dette dite multilatérale et/ou bilatérale.

De manière générale la mise en place de la zone de libre-échange est-elle une opportunité pour la CEDEAO, l’UEMOA et le Sénégal en particulier ?

Elle peut l’être. En réalité pour faire de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) un pari gagnant-gagnant pour tous les pays de la CEDEAO, de L’UEMOA et pour le Sénégal, certains préalables assez importants s’imposent. Ils passent notamment au renforcement des capacités productives, à l’amélioration des infrastructures liées au commerce, à l’accessibilité au financement du commerce pour une facilitation des échanges. Véritablement, la mise en œuvre de la Zlecaf offre une opportunité de diversification économique par le biais de la création de chaînes de valeur régionale intégrées, ainsi que du démantèlement des barrières tarifaires et non tarifaires. De ce point de vue, c’est sans nul doute que la Zlecaf constitue une véritable opportunité au sens que les secteurs d’activités (l’agriculture, l’élevage, les industries alimentaires, les industries extractives, chimiques, de tabac…) mais également le pouvoir d’achat des ménages connaitront une amélioration notoire. C’est dire que la Zlecaf est aujourd’hui plus pertinente que jamais. Elle a le potentiel de stimuler le commerce intra-africain, de promouvoir une intégration régionale plus forte et, à terme, des économies plus résilientes face à une récession mondiale. Dans cette perspective de l’après Covid19, la  Zlecaf pourrait servir d’amortisseur efficace à la crise selon Mayaki ; cette pandémie serait alors l’occasion d’accélérer encore l’intégration à travers le continent.

Il n’y a-t-il pas urgence de rebâtir notre modèle économique, bâti sur l’industrialisation, le numérique, l’éducation?

Ce virus fera plus de mal à l’économie qu’à la santé. Je suis formel. L’ADN (Acide désoxyribonucléique) de l’économie des pays africains c’est l’informel. En Afrique de l’Ouest, l’informalité est une réalité au vu de son poids. Ce sont pour la plupart des économies qui se caractérisent par un sous-emploi, l’insuffisance de la demande effective. De ce point de vue, toutes mesures de confinement (partiel, mobil, total…) se transforment très rapidement en confinement des revenus et un tarissement des ressources. En réalité, elles sont victimes de cercle vicieux de la pauvreté (Nurske) ou sont en situation d’équilibre de la pauvreté (Galbraith) qui fait qu’il est vital alors de mettre l’économie informelle au cœur des politiques publiques à l’échelle continentale.

Comment s’en sortir de cette situation qui perdure?

Pour pallier à tout cela, il urge de repenser un modèle économique de développement fondé sur des stratégies de développement que nous recommandons sur trois points; des stratégies de développement à partir de trois (3) politiques d’industrialisation dite par promotion des exportations soit par substitution d’importation accompagnée d’un certain protectionnisme dans les secteurs concernés soit par substitution d’exportation basée sur le développement d’une industrie nationale; la création d’entreprises publiques, la planification et l’intégration économique régionale, notamment sur le plan industriel pour remédier au problème de l’étroitesse du marché; l’augmentation du degré d’industrialisation de l’agriculture ; un véritable programme de développement agricole afin de remédier à la priorité accordée à l’industrie (lourde) considérée comme activité novatrice et moteur de développement au détriment de l’agriculture considérée comme dynamique passant par l’accroissement de la productivité, les réformes agraires, le développement rural….
Somme toute, le grand exercice à réussir et sur lequel est attendu les grands leaders de ce continent subsiste dans le choix d’un développement autocentré ou d’un développement extraverti dès lors que nous savons qu’il s’agit aujourd’hui d’une désarticulation de nos économies et que nous sav

810,4 milliards F CFA en ressources et dons mobilisés à fin avril 2020

http://www.enqueteplus.com/Les ressources et dons mobilisés à fin avril 2020, dans le cadre des finances publiques, sont évalués à 810,4 milliards contre 719,8 milliards F CFA, un an auparavant, soit une hausse de 12,6 %. C’est ce qui ressort du rapport du point mensuel de conjoncture publié ce week-end par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).
Au terme des quatre premiers mois de 2020, la gestion budgétaire est caractérisée par une hausse soutenue des ressources et une ‘’bonne exécution’’ des dépenses publiques, selon le point mensuel de conjoncture publié ce week-end par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).
‘’En effet, les ressources et dons mobilisés à fin avril 2020 sont évalués à 810,4 milliards contre 719,8 milliards, un an auparavant, soit une hausse de 12,6 % qui reflète l’augmentation des recettes budgétaires, des dons et l’apport de recettes exceptionnelles (fonds de concours). S’agissant des dépenses, elles sont évaluées à 1 513,6 milliards à fin avril 2020, progressant ainsi de 27,2 % par rapport à la même période de 2019’’, renseigne le document.

En conséquence, le solde budgétaire est estimé, en déficit, à hauteur de 703,1 milliards de francs CFA pendant la période sous revue, contre un déficit de 470,4 milliards à la même période de l’année précédente.

En fait, la même source précise que les 810,4 milliards sont constitués de recettes budgétaires à hauteur de 727,4 milliards, de dons pour 62,3 milliards et de recettes exceptionnelles de 20,3 milliards. En glissement annuel, les ressources ont progressé de 90,6 milliards. Une hausse qui, selon le document, est imputable aux dons en capital évalués à 60 milliards et aux recettes budgétaires, et celles exceptionnelles situées à 747,7 milliards.
Par ailleurs, les recettes budgétaires, estimées à 727,4 milliards, se sont accrues de 6,9 % à fin avril, par rapport à la même période de 2019. ‘’Cette hausse est attribuable, à la fois, à sa composante fiscale (678,3 milliards) et non fiscale (49,2 milliards) qui se sont confortées de respectivement 2,9 % et 128,9 %. S’agissant des recettes non fiscales, leur progression traduit le recouvrement plutôt que prévu de la redevance radioélectrique à hauteur de 10,3 milliards’’, informe le rapport.
Quant à l’amélioration des recettes fiscales, elle est stimulée, selon le document de la DPEE, par la hausse de l’impôt sur les sociétés, de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) intérieure (hors pétrole), et du Fonds de sécurisation des importations de produits pétroliers (FSIPP). Qui se sont confortés respectivement de 37,9 milliards, 24 milliards et 2,8 milliards pour s’établir à 106,5 milliards, 99,1 milliards 43,1 milliards et 9 milliards pendant la période sous-revue. ‘’Les taxes rapatriées (PSE et COSEC) estimées à 10 milliards ont aussi contribué à la hausse des recettes fiscales. En revanche, les droits et taxes mobilisés par la douane, notamment la TVA import (118,2 milliards) et les droits de porte (75,3 milliards) ont atténué cette tendance haussière avec des baisses respectives de 8 milliards (-6,3 %) et 11,9 milliards (-13,6 %). De même, l’impôt sur le revenu (122 milliards), la taxe sur la consommation hors pétrole (16,4 milliards) et les droits de timbre (5,9 milliards) se sont inscrits sur cette dynamique de baisse avec des contractions respectives de 6,5 %, 14,8 % et 28 %’’, lit-on dans le document.

Progression des dépenses publiques notée

S’agissant des dépenses budgétaires, la DPEE indique qu’elles sont évaluées à 1 513,6 milliards à fin avril 2020, contre un montant de 1 190,2 milliards un an auparavant, soit une augmentation de 323,4 milliards. ‘’Cette situation reflète les hausses combinées des dépenses d’investissement et courantes qui ont progressé de respectivement 15,9 et 34,5 %. Les dépenses courantes sont estimées à 971,2 milliards. Cette progression est attribuable à la masse salariale (272 milliards) et aux charges de fonctionnement (572 milliards) qui ont cru respectivement de 11,7 et 64,3 %. Cependant, cette hausse est atténuée par la contraction des intérêts sur la dette qui se sont repliés de 3,1 milliards pour s’établir à 127,2 milliards’’, fait-elle savoir. Concernant les dépenses d’investissement, elles sont estimées à 542,4 milliards, soit une hausse de 15,9 % portée. Ceci aussi bien par les investissements sur ressources intérieures évaluées à 299 milliards et celles extérieures à 243,4 milliards qui ont affiché des hausses respectives 12,5 % et 20,3 %.
Il ressort également du point conjoncturel de cette direction qu’à fin mars dernier, la situation estimée des institutions de dépôts, comparée à celle de la fin du mois précédent, fait ressortir une diminution de la masse monétaire. En contrepartie, une diminution des actifs extérieurs nets et un renforcement de l’encours des créances intérieures sont notés sur la période sous revue. ‘’La masse monétaire a baissé de 15 milliards, en variation mensuelle, pour atteindre 5 575,3 milliards à fin mars 2020. Cette évolution est perceptible à travers les dépôts transférables qui ont reculé de 34,9 milliards pour s’établir à 2 576,6 milliards. Pour sa part, la circulation fiduciaire (billets et pièces hors banques) a augmenté de 28,6 milliards pour ressortir à 1 311,5 milliards à fin mars 2020’’, rapporte notre source. Quant aux autres dépôts inclus dans la masse monétaire, ils sont ressortis en retrait de 8,7 milliards, se fixant à 1 687,2 milliards. Sur un an, la liquidité globale de l’économie est en expansion de 371,3 milliards ou 7,1 %, à fin mars dernier.
Pendant cette période, les actifs extérieurs nets des institutions de dépôts se sont situés à 1 811,3 milliards, en baisse de 20,3 milliards ou 1,1 % par rapport à la fin du mois précédent. Cette situation est imputable, d’après la DPEE, à la Banque centrale dont la position extérieure nette s’est détériorée de 51,3 milliards pour s’établir à 1 265,4 milliards. Quant aux banques primaires, elles ont enregistré une augmentation de 31 milliards de leurs avoirs extérieurs nets à hauteur de 545,9 milliards. Comparativement à fin mars 2019, les actifs extérieurs nets des institutions de dépôts ont augmenté de 60,2 milliards ou 3,4 % à fin mars 2020.
L’encours des créances intérieures des institutions de dépôts s’est renforcé de 93,5 milliards, entre fin février et fin mars 2020, pour se chiffrer à 5 248,9 milliards. Ceci du fait des crédits nets à l’administration centrale de plus de 108,1 milliards qui se sont situés à 811,1 milliards. Pour leur part, les créances sur l’économie, la DPEE restitue qu’elles sont ressorties en baisse de 14,6 milliards en variation mensuelle, pour s’établir à 4 437,8 milliards à fin mars 2020. En glissement annuel, l’encours des créances intérieures des institutions de dépôts s’est renforcé de 566,4 milliards ou 12,1 %, à fin mars 2020.MARIAMA DIEME

Baisse de la production dans les secteurs du ciment et d’électricité

https://www.lejecos.com/Dans sa publication intitulée « Repères statistiques » de mars 2020, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) relève des baisses aussi bien dans le secteur du ciment que celui de l’électricité. Elle confie tout de même que la production industrielle s’est raffermie de 2,9% au mois de mars.
Les exportations de ciment (-42,3%), la production (-9,5%) et les ventes locales (-0,5%) ont simultanément chuté en mars 2020 comparativement au mois précédent, indique l’Ansd. Qui souligne dans le même sens qu’en glissement annuel, les ventes locales de ciment ont augmenté de 0,2% alors que les exportations et la production de ciment se sont respectivement contractées de 41,5% et 7,7%.
Par ailleurs, la même source note que la production brute d’électricité de la Société nationale d’électricité (Senelec) a enregistré une baisse de 0,1% en mars 2020 par rapport au mois précédent. Cependant, poursuit l’Ansd, elle s’est renforcée de 6,4% par rapport à la période correspondante de l’année 2019.
En mars 2020, renseigne enfin l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, la production industrielle dont l’évolution est captée à travers l’Indice harmonisé de la production industrielle (Ihpi), s’est raffermie de 2,9% en variation mensuelle. L’Ihpi a également progressé de 3,4% par rapport au mois de mars 2019.Bassirou MBAYE

Une production aquacole de 50.000 tonnes attendue d’ici 2023

https://actunet.net/La directrice générale de l’Aquaculture, Tening Sène, a entamé hier par Fatick une tournée nationale dans le cadre de l’accélération du Programme de développement de l’aquaculture. Ce programme, en collaboration avec le Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS) financé par la Banque africaine de développement, a pour but la valorisation des infrastructures aquacoles mises en place dans les 7 régions d’intervention du projet.
La directrice générale rappelle que l’aquaculture est un secteur phare du Plan Sénégal émergent. L’objectif à court terme est d’atteindre une production de 50.000 tonnes d’ici 2023. Ce qui va soutenir la création d’emplois et le développement économique et social. À Fatick, la délégation a visité l’écloserie, l’unité de fabrique d’aliments et la ferme des femmes de Ndiaye-Ndiaye composée de 5 étangs qui peuvent en moyenne produire 6 tonnes en 6 mois.
Le département communication de l’Agence nationale de l’Aquaculture souligne que cette tournée, d’une durée de 8 jours, s’inscrit dans la dynamique de relancer les activités post crise covid-19, à Fatick, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, Tambacounda et Matam. Il s’agira de mener un vaste programme de valorisation avec l’empoissonnement des fermes de Missirah, Djirago, Sarré Diatta, Bona le pôle aquacole de Sédhiou, à Matam (Mbakhna et Belly Diallo) d’appuyer les femmes bénéficiaires du bassin de dégorgement de Katakalousse avec du matériel d’exploitation avec du matériel d’exploitation, d’améliorer la vulgarisation des activités du projet et pour sa pérennité.
«Avec l’épidémie du Coronavirus qui sévit dans le monde depuis plusieurs mois déjà, cette tournée a été, pour la directrice générale de l’Aquaculture, une occasion de remettre des masques et des gels hydro alcooliques aux femmes et jeunes de Fatick mais aussi sensibiliser les populations pour freiner la propagation de la pandémie.»Une production aquacole de 50.000 tonnes attendue d’ici 2023

Le chantier du Brt exécuté à 10% (Ministre)

https://actunet.net/Les travaux du projet Bus rapid transit (Brt) ont atteint un niveau d’exécution de 10%, a-t-on appris lundi, du ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement, El Hadji Oumar Youm. «La crise sanitaire du covid-19 qui aurait un impact de 30 à 40% sur le rythme d’exécution de tous les grands projets qui nécessitent une expertise extérieure n’a pas empêché d’être aujourd’hui à 10% d’exécution des travaux du projet Brt», a déclaré le ministre qui s’est dit «très satisfait» de ce niveau d’avancement.
Le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement El Hadji Oumar Youm s’exprimait lors d’une visite de chantier du projet pilote de Bus rapid transit à Guédiawaye. Selon lui, «des dispositions ont été prises par l’entreprise pour respecter les délais de livraison». Le ministre s’est dit «très impressionné par la mobilisation en termes de ressources humaines et de ressources matérielles», pour l’exécution de ces travaux.
M. Youm s’est aussi «félicité» de l’implication des collectivités territoriales qui, note-il, «travaillent en étroite collaboration pour enrayer les difficultés notamment au niveau de la libération des emprises». «Pour un projet de cette nature, avoir 90% de libération et 80% de conciliations est une performance à saluer», a-t-il dit. «Cet ambitieux projet qui pose le jalon d’un transport collectif structuré, moderne et performant, mobilise à l’heure actuelle quelque 380 travailleurs dont 300 Sénégalais sur 1500 emplois pour l’ensemble du projet», a souligné le ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement. Les travaux du projet de Bus rapid transit (Brt) ont été lancés en octobre par le Président Macky Sall.
Le coût global des travaux de ce projet qui permettra de relier sur 18,3 km la préfecture de Guédiawaye au centre-ville de Dakar, est estimé à 300 milliards Cfa.

Rachat de ses parts : Amadou Ly rejette la proposition de la Senelec 

https://actusen.sn/Encore l’affaire Akilée-Senelec. Le Pca Khalifa Dia et le Dg de la Senelec Papa Mademba Bitèye, appuyés par l’agent judiciaire de l’Etat, Antoine Félix Diom ont notifié hier à Amadou Ly, Dg d’Akilee, la volonté du Chef de l’Etat de faire racheter par Senelec toutes les parts d’Akilee.
Mais selon Libération, les actionnaires de Akilee ont rejeté la proposition de la Senelec. Car en lieu et place, Amadou Ly propose une résiliation du contrat et le paiement d’une indemnisation.
A rappeler que, le Président Macky Sall avait proposé aux dirigeants d’Akilee de racheter leurs parts afin de fusionner leur entreprise dans Senelec pour qu’Akilee devienne véritablement une filiale de la compagnie nationale d’électricité.

Akilee, Excellec, Littoral : Macky boude des collaborateurs

https://actunet.net/Depuis plusieurs semaines, voire quelques mois, le débat public est fortement dominé par les dossiers Akilee et Excellec. Dans ce panier, il faut également y ajouter le bradage du littoral. Des confidences sont faites poussant le Président Macky Sall à la colère, boudant même des collaborateurs.
Quand le Président Macky Sall se fâche, les grilles du Palais vibrent. Et pour cause, il est très remonté contre certains de ses collaborateurs dans la gestion de certains dossiers qui ont fini d’occuper les débats sur la place publique. Il s’agit bel et bien des dossiers Akilee et Excellec.
En effet, des révélations fracassantes ont été faites par rapport à la gestion de ces deux dossiers, les contours des contrats sans parler de l’attribution de marchés qui ont fini de secouer toute la République. D’ailleurs, il est dit à Tribune que certains responsables au sommet, au-delà d’en arriver à se crêper le chignon, «s’auto-accusent» par rapport à la fuite de certaines informations. Dans le même registre, relativement à la gestion du foncier sur le littoral, c’est également un constat amer qui est fait, toujours en rapport à des «révélations» qui ne sont pas prêtes de s’estomper.
Autant de remarques qui n’ont pas du tout plu au Président Macky Sall. S’il est soutenu qu’il avait tapé du poing sur la table lors du dernier Conseil des ministres, il est fait mention à Tribune que le locataire de luxe du Palais de la République a «boudé» en ce moment quelques-uns de ses collaborateurs. «Le président est très mécontent. Il n’est pas content. Il est même très fâché contre certains de ses collaborateurs qui n’ont pas suivi ses directives. Il faut savoir que le président avait bien donné des orientations pour la gestion de ces dossiers, surtout celui d’Akilee. Maintenant, il ne comprend pas qu’il y ait autant de fuites provenant de personnes-ressources qui devaient se charger de donner la bonne information et uniquement la bonne information», dit à Tribune un proche du camp présidentiel.
À ces faits est venu s’ajouter la gestion du littoral. «Je pense que le communiqué du dernier Conseil des ministres a été très clair à propos du foncier du littoral. Effectivement, le Président Macky Sall a pris des mesures fortes. Mais, je dois encore dire qu’à ce niveau également, il n’est pas très content de la gestion de ce dossier par certains de ses collaborateurs. Donc, à coup sûr, il risque de sévir», renseigne encore notre interlocuteur.
La même voix autorisée fait savoir que le «boss» devrait annoncer d’autres mesures en ce qui concerne la gestion du foncier à Dakar et dans d’autres localités du pays. Par AM

Bradage du littoral : «Chaque agression commise, aujourd’hui, est une dette écologique et environnementale»(Soham El Wardini, maire de Dakar)

https://www.dakaractu.com/Le débat sur la prédation foncière qui fait rage ces derniers jours, touchant essentiellement le littoral, ne laisse pas indifférente la maire de la ville de Dakar. Dans les colonnes du quotidien L’Observateur de ce lundi 15 juin, Soham El Wardini exprime ses inquiétudes sur les risques liés à l’agression du littoral.
‘’La préservation du littoral est une exigence majeure. J’ai souvent dit pour le déplorer que Dakar ancienne presqu’île du Cap vert est devenue un Cap béton et ce Cap béton touche aussi le littoral’’, a-t-elle confié. Soham El Wardini avertira cependant sur les effets dévastateurs des atteintes au littoral notamment en matière climatique : ‘’Chaque agression commise aujourd’hui est une dette écologique et environnementale pour les générations futures.’’
Elle en appelle toutefois à la responsabilité de chacun, afin que les choix soient dictés par la protection de nos territoires. ‘’Ce qui nous unit, à savoir, notre attachement au littoral, ne doit pas nourrir des divisions qui nous desservent’’, a encore indiqué Mme Wardini qui confie attendre les propositions du ministre de l’urbanisme et de son collègue des mines qui ont annoncé dans la foulée, un plan d’aménagement stratégique, conformément aux articles 292 et suivants du Code des collectivités territoriales pour des solutions à long terme…

MAIN BASSE SUR 55 HA DANS LA FORÊT DE DIASS

http://www.enqueteplus.com/Pour le Collectif pour la défense des intérêts de Boukhou, il s’agit d’un ‘’système organisé de pillage et de spéculation foncière qui implique tous les niveaux de décision de l’Administration

D’un projet futuriste pour le village de Boukhou à une distribution abusive d’un titre foncier appartenant à l’Etat du Sénégal, difficile de trouver une partie du pays qui échappe aux litiges fonciers.   

Diass, nouvelle ville. L’histoire ne germait pas que dans la tête de l’ex-président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, qui a décidé d’y installer le nouvel aéroport international de Dakar (AIBD). Les habitants du village de Boukhou, dans la commune de Diass, en ont eu la preuve. C’est en juin 2016 qu’un promoteur immobilier, du nom de Mamadou Clédor Fall, est venu leur présenter le projet de lotissement d’un terrain de 55 ha dans le village, espace compris dans la forêt classée de Diass. Avec la bénédiction de la mairie de Diass, l’homme d’affaires affirme alors détenir tous les documents émanant des autorités administratives sur un terrain lui appartenant et pour lequel il avait dépensé beaucoup d’argent.
Des personnes ayant suivi ces déclarations soutiennent qu’il avait même fait mention de ‘’12 avis favorables obtenus auprès des services compétents (la commission régionale d’urbanisme, le cadastre, l’Ageroute, la Senelec, les eaux et forêts…)’’.
En présentant le projet aux autochtones, le promoteur immobilier promettait la construction de centres de formation, de mosquées, de ‘’daara’’ modernes, d’un stade et bien d’autres infrastructures.
Mais quatre années plus tard, ce sont les parcelles qui sont vendues en baux, alors qu’après vérification, le lieu est supposé appartenir à l’Etat du Sénégal.
Comment comprendre ce qui se passe dans cette partie de la forêt classée de Diass ? Pour le Collectif pour la défense des intérêts de Boukhou, il s’agit d’un ‘’système organisé de pillage et de spéculation foncière qui implique tous les niveaux de décision de l’Administration : M. Baye Moussa Ndoye, Chef du Bureau des domaines de Mbour, et M. Aliou Samb Ciss, Maire de la commune de Diass, se sont ligués avec un repris de justice nommé Mamadou Clédor Fall, promoteur immobilier et administrateur de la société Diarra Sarl, pour légitimer un projet de lotissement irrégulier initié frauduleusement par la mairie de Diass depuis 2016’’. Ce collectif s’est formé lorsque la population s’est rendu compte que des parcelles sont déjà mises en vente, au moment où rien n’a été érigé sur le site. En atteste l’attribution ‘’de la parcelle n°485 du plan de lotissement de Boukhou, d’une superficie de 200 m2 environ, à distraire du titre foncier n°3175/MB’’ qui invite son bénéficiaire à se ‘’rapprocher du Bureau des domaines de Mbour, en vue de l’établissement du contrat de bail y afférent’’. Ce document a été signé par le chef du bureau Baye Moussa Ndoye.

Des lettres de notification vendues, alors que la liste d’attribution des parcelles n’est pas publiée

Ces attributions ont débuté depuis le mois de février 2020, sur la base des ‘’décisions issues de la Commission d’attribution des parcelles de la commune de Diass’’, comme mentionné dans les lettres de notification d’attribution de parcelles. Soupçonnant un deal, le Collectif pour la défense des intérêts de Boukhou demande au Bureau des domaines de Mbour, dans une lettre datée au 19 mars 2020, une copie du procès-verbal de la commission d’attribution des parcelles. Six jours plus tard, une autre lettre du collectif est déposée au bureau de Baye
Moussa Ndoye, dénonçant l’attribution de parcelles sur le site litigieux. Mais les requêtes sont restées sans réponse. De plus, la liste d’attribution des parcelles n’a pas été publiée, au moment où des lettres de notification sont en train d’être vendues, dénonce la population.
C’est une délibération du Conseil municipal de Diass n°04/CD en date du 12 août 2015 portant lotissement et restructuration des villages de Boukhou et Packy, pour une superficie de 55 ha, TF n°3175/MB, qui définit le projet de lotissement en question. Seulement, beaucoup de conseillers municipaux, interrogés par des membres du collectif, soutiennent que le conseil municipal en question ne s’est jamais tenu. Encore plus bizarre, il existe deux versions du procès-verbal de cette supposée rencontre autorisant le maire à procéder au lotissement et à la restructuration des villages de Boukhou et Packy pour une superficie de 55 ha. Dans l’article 1 de la seconde délibération, le mot ‘’restructuration’’ a été ajouté au lotissement, par rapport à l’article 1 du premier document. Mais les deux délibérations portent l’approbation du sous-préfet de Sindia, Mountaga Daha Diallo, et du maire Aliou Ciss.

Comment le conseil municipal peut-il délibérer sur une assiette foncière de l’Etat ?

De plus, sollicité par un étudiant, le chef du Bureau des domaines de Mbour, Baye Moussa Ndoye, par ailleurs conservateur de la propriété et des droits fonciers de Mbour, a certifié, dans une lettre datée au 17 mars 2020, ‘’que l’immeuble objet du titre foncier n°3175/MB, consistant en un terrain urbain servant d’assiette au lot de Boukhou, portant le numéro d’identification cadastral (Nicad) 071 203 02 014 00001, d’une contenance reconnue au bornage  trente-deux hectares quatre-vingt-dix ares quatre-vingt-quinze centiares (32ha 90a 95ca) appartient, à ce jour, exclusivement à l’Etat du Sénégal’’. Dans ce contexte, comment le conseil municipal peut-il délibérer sur une assiette foncière de l’Etat ?, s’indigne le Collectif pour la défense des intérêts de Boukhou.

Aussi, à ce jour, personne ne connait les termes qui lient la mairie de Diass au promoteur immobilier, dénonce-t-il. 

Devant toutes ces irrégularités, la population a entrepris d’introduire un recours judiciaire qui est toujours en cours d’instruction. Ces actions avaient même conduit, par moments, à l’arrêt des travaux de terrassement par la gendarmerie. Mais, ‘’en juillet 2017, la mairie de Diass a fait recours aux services du ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie pour reprendre les travaux, en brandissant l’arrêté n°13 318 du 26 juillet 2017 qui autoriserait un lotissement sur le site des 55 ha sis à Boukhou. Cet arrêté, s’il existe, conforte notre position selon laquelle le projet immobilier ou plutôt le projet de lotissement est entaché de plusieurs irrégularités. Pourquoi la mairie avait-elle démarré le terrassement en juillet 2016, sans l’autorisation du ministre, alors que l’article 43 de la loi n°2008-43 du 20 août 2008 portant Code de l’urbanisme stipule que l’autorisation de lotir est délivrée par le ministre chargé de l’Urbanisme, après avis de la collectivité concernée… ?’’, se demande le collectif.
D’ailleurs, il a annoncé une plainte déposée à l’Ofnac contre M. Baye Moussa Ndoye, le chef du Bureau des domaines de Mbour, et M. Aliou Samb Ciss, l’édile de la commune de Diass, pour fraude et dénonciation de la distribution irrégulière de lettres de notification d’attribution de parcelles du TF n°3175/MB.

Historique de la forêt classée de Diass…

La forêt classée de Diass comptait une superficie de 1 860 ha classés sous le n°224 du 21 janvier 1939. En 2001, 907,35 ha ont été déclassés pour les besoins de la construction de l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Diass par décret 2001-667 du 30 août 2001. Ensuite, pour la création de la zone économique spéciale intégrée, une partie de la forêt classée de Diass, d’une superficie de 650 ha a été déclassée par décret n°2007-1336 du 6 novembre 2007.
Enfin, il y a eu le décret n°2010-1093 en date du 13 août 2010 portant déclassement de 110 ha de la forêt classée de Diass, département de Mbour, région de Thiès, au profit de la SCI ‘’la Nouvelle ville’’. Ce décret a été remplacé entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2012 par le décret n° 2012-336 MEF/DGID/DEDT en date du 7 mars 2012, déclarant d’utilité publique la réalisation d’un programme immobilier à Diass, prescrivant l’immatriculation au nom de l’Etat d’un terrain du domaine national d’une superficie de 110 ha 00 are 00 ca sis à Diass, dans le département de Mbour, en vue de son attribution par voie de bail.
Jusque-là, le scandale foncier concerne 55 ha sur 110 ha mentionnés dans le décret prescrivant l’immatriculation, d’où l’interrogation légitime de la population sur les 55 ha restants.

Bandes de filaos : Zoom sur la zone de toutes les convoitises

https://www.seneweb.com/Objet de toutes les convoitises, la bande des Filaos ne cesse de subir les agressions. Le ministère de l’Environnement qui a identifié les obstacles compte se doter de nouveaux moyens pour faire face.
Ayant fait l’objet de différents programmes depuis 1948, la zone des Niayes a pour mission de protéger les dunes de sables, afin de préserver la partie intérieur du pays de l’érosion côtière source de pauvreté chez la population. Parallèlement, la zone des Niayes offre des opportunités de production horticole de Dakar à Saint-Louis.
A ce jour, à part deux villes Mboro et Kayar, la zone, longue de 180 km n’abrite que de petits villages. Mais aujourd’hui plus que jamais, cette zone est menacée par des activités diverses.
Dans ce contexte de polémique liée au bradage du foncier, surtout à Dakar, particulièrement le littoral, la bande des filaos attire naturellement les attentions. « Il est intéressant de noter que l’ensemble des périmètres de restauration dans la zone des Niayes fait 93 236 ha alors que la bande boisée de filao est de 9 006 ha (soit moins du 10ième) Autrement dit, la zone classée ne se limite pas à la seule bande de filao », souligne un document du ministère de l’Environnement.
Mais à ce jour, la zone des Niayes fait l’objet de plusieurs agressions. Il s’agit de la coupe frauduleuse d’arbres dans la bande de filao, des empiètements de surfaces agricoles sur la zone boisée, la sédentarisation progressive des transhumants, l’érection de villages de pêcheurs et la divagation des animaux.

« De tous les facteurs de dégradation de la zone des Niayes, les plus déterminants sont : (1) le prélèvement du sable dunaire par les charretiers, entrainant le déchaussement des arbres (2) l’ouverture de carrières de sable non réglementées », regrettent les services d’Abdou Karim Sall.

Et à voir de plus prés, l’existence de plusieurs sources de droit rend davantage difficile la gestion de la zone. En effet, outre la coexistence entre le droit traditionnel et le droit moderne, il y a aussi le fait que le droit moderne a produit plusieurs règlementations qui posent parfois un problème de cohérence dans la gestion.
Il s’agit notamment du code forestier et du Plan Directeur d’Urbanisme (PDU) de Dakar. Pendant que le code forestier essaie de délimiter les périmètres de reboisement ou même conférer le statut de forêt classée, le plan directeur de l’urbanisme facilite l’octroi de concessions d’habitation.
« En résumé, il se passe sur le terrain une application concomitante du code forestier, du droit traditionnel et du PDU de Dakar mais dans un contexte de très mauvaise communication institutionnelle qui explique toutes les infractions commises dans les périmètres de reboisement et de restauration des Niayes », constatent les professionnels de l’Environnement.
Face à ce constat, le ministère a essayé de déployer ses hommes sur le terrain, notamment les agents des eaux et forêts. Des unités ont été déployées le long de la zone des Niayes, de Dakar à St Louis en passant par Notto G. Diama, Mboro, Djogo, etc. Mais force est de reconnaitre que les moyens, que ce soit humain ou matériel, ne suffisent pas. Sans compter les obstacles nés de la coexistence entre les différents textes et le droit coutumier. D’où les actions de sensibilisation et de reboisement entre autres pour combler le gap.
C’est ainsi qu’une moyenne de 50 ha par an de superficies sont régénérées suivant le planning édicté par le plan d’aménagement de la bande.
Mais en dépit des difficultés réelles, les acteurs espèrent un avenir meilleur. En effet, il est prévu de se lancer à la recherche de fonds pour la révision du plan d’aménagement. Et pour cela, Il sera procédé à l’identification des « principaux obstacles à la mise en œuvre du plan d’aménagement de la bande de filao (Physique, organisationnel, écologique, social, économique etc.) ».
La direction des Eaux et Forêts prévoit également l’introduction de nouvelles espèces d’arbres, mais aussi

Polémique sur le littoral : Pape Mahawa Diouf charge Barthelemy Diaz et Ousmane Sonko

https://www.pressafrik.com/Pape Mahawa Diouf, Porte-parole de Benno Bokk Yakkar et Directeur général de l’Agence Sénégalaise de Promotion Touristique s’est exprimé lundi sur l’actualité politique notamment sur la polémique au tour du littoral. Il chargé l’opposant Ousmane Sonko et le maire de Mermoz Sacré-cœur Barthélémy Dias.
« Au lieu de renforcer cette dynamique unitaire, une partie irresponsable de l’opposition, très fertiles en imagination certes et représentée par Barthelemy Diaz et Ousmane Sonko verse désormais dans le mensonge. Au lieu de proposer des pistes pour faire face à la plus grande menace contre notre nation que constitue la Covid-19, et en manque de critiques objectives sur la gestion du gouvernement de cette crise sanitaire, ils invoquent des sujets connexes tels que le littoral et l’honorariat pour détourner les sénégalais de l’essentiel au moment où l’unité nationale face à la COVID19 est consacrée par l’essentiel des forces vives de la NATION civils comme militaires », a dit M. Diouf.
Selon lui, la vérité est que le gouvernement de Macky Sall n’est en rien responsable du bradage de la corniche de Dakar. La publication de la liste des propriétaires fonciers montre que le régime actuel n’est en rien responsable. Mieux la plupart des attributions datent de 2010, et Barthelemy Dias lui-même a fait au moins 04 autorisations de construire sur la corniche. De qui se moque-t-on ?  Il faut qu’ils prennent le peuple Sénégalais au sérieux !
Concernant la nomination de Moussa Sy, le Porte-parole de Benno Bokk Yakkar affirme qu’il est un membre de la coalition présidentiel. Il peut parfaitement prendre en charge des missions de l’Etat pour l’édification du Sénégal Emergent. « Je rappelle qu’il a pris part activement à la réélection du président au même titre que tous les membres de la Coalition et sa nomination ne me choque pas. C’est un homme politique engagé pour qui j’ai beaucoup de respect ».
Par ailleurs, Pape Mahawa Diouf estime qu’il faut laver le linge sale en famille et non publiquement. C’est normal qu’il y’ait des frustrations dans la coalition laquelle est énorme. Ce sont des choses qui peuvent arriver ici et là en politique, mais il faut régler tout cela à l’interne.
« Le Président de la République est en train de faire un excellent travail dans la gestion de la crise sanitaire et c’est le moment de lui témoigner tout notre soutien », a-t-il conclu.Salif SAKHANOKHO

Le littoral, l’humain et l’action publique PAR ABDOU KARIM FOFANA

La gestion du littoral de notre pays et, plus particulièrement, de la corniche de Dakar est, depuis quelques jours, au-devant de l’actualité. Dans une époque dominée de plus en plus par le futile, l’éphémère, l’instantané, la recherche de sensationnel, je me réjouis qu’un sujet aussi important occupe autant de place dans le débat public. Force est de constater, toutefois, que ce qui aurait dû être une discussion de fond entre personnes engagées dans la seule bataille qui vaille, celle des idées, se trouve pollué par des gens dont l’unique motivation est de substituer à la pensée mère de l’action, les petites querelles politiciennes.
Afin de contribuer à remettre au centre des préoccupations la réflexion fécondante, je propose un retour à la sérénité et un recours aux faits. Pour cela, il me semble important de convoquer l’histoire.

La règlementation à travers l’histoire

L’Etat du Sénégal a aujourd’hui soixante ans d’existence et les tentatives d’organisation de l’occupation de son littoral sont plus vieilles que son accession à la souveraineté internationale.
Le transfert de la capitale de l’Afrique Occidentale Française de Saint-Louis à Dakar, en 1902, a permis l’élaboration du premier Plan Directeur d’Urbanisme (PDU) pour Dakar en 1946, par Lopez, Gutton et Lambert, qui sera modifié en 1957 puis remplacé par celui de 1967 dénommé Plan Ecochard. Sur cette base un Plan d’Urbanisme de Détails (PUD) a été élaboré pour la corniche de Dakar et approuvé par décret. Ses principales orientations étaient l’interdiction de prise de possession d’assiettes et l’autorisation d’installations précaires et révocables ou de constructions légères et démontables.
Vingt ans après le Plan Ecochard – durée de vie d’un PDU – une révision a été entamée dans les années quatre-vingt. Le PDU de Dakar horizon 2001 reprenait dans ses grandes lignes celui de 1967 surtout pour ce qui concernait les zones de la commune de Dakar dont le bâti était déjà dense et la morphologie quasi définitive. Ce plan n’a pas été approuvé par décret.
Durant cette période, a été construite dans le périmètre de la future commune de Dakar Plateau, sur la corniche ouest, la première maison qui surplombait l’atlantique marquant le début de l’agression de cette zone dont la convoitise introduisit rapidement une forme de compétition.
En 2000, le PDU de Dakar de 2001 est remplacé par celui fixé à l’horizon 2025, suite logique des plans successifs qui ont défini, selon les époques, les grandes lignes du développement physique de l’agglomération dakaroise.
Deux ans plus tard, le ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire mettait en place, par arrêté ministériel n°529 en date du 22 janvier 2002, la Haute Autorité pour l’aménagement de la corniche de Dakar.

Autorisations délivrées par des opposants

Entre 2002 à 2012, des aménagements sur la route de la corniche ont été réalisés décuplant l’intérêt pour une zone déjà très convoitée. De nouveaux hôtels sont construits, ceux déjà existants sont rénovés voire agrandis et des maisons sortent de terre suiteau déclassement de certaines parties et malgré l’élaboration d’un PUD, certes non approuvé par décret, ainsi que la révision de plusieurs règlements particuliers d’urbanisme en rapport avec la corniche. On peut citer les règlements particuliers de la zone des Almadies, de Dakar-Plateau et du Point E qui bénéficiaient d’un décret d’approbation.
Les baux, durant cette décennie, ont été octroyés et les autorisations de construire délivrées par des autorités gouvernementales et des maires membres d’organisations politiques aujourd’hui adversaires de notre majorité.
En effet, la procédure en la matière obéit aux étapes suivantes : un décret de déclassement pris par le président de la République sur avis favorable d’une commission dirigée par le Gouverneur territorialement compétent, un avis favorable de la Commission de Contrôle des Opérations domaniales (CCOD), la délivrance d’un bail par les services des domaines, un examen des plans de construction par les services d’urbanisme, une autorisation de construire par le maire de la commune concernée.

L’action du Président MackySall

En 2012, à la faveur de l’élection du Président Macky Sall, une procédure de révision a permis la production du PDU de Dakar et ses environs, horizon 2035, caractérisé par une approche inclusive tenant compte des aspects liés aux concepts de villes durables et résilientes.
Faisant preuve d’exemplarité, le Chef de l’Etat a rendu une parcelle qui lui avait été attribuée sur la corniche, a retiré un titre délivré à un pays ami pour la construction d’une résidence diplomatique, s’est rendu sur la corniche pour constater la situation et a demandé à l’Ordre des architectes de lui proposer un projet d’aménagement qui est attendu depuis 2014. Sa détermination à apporter une solution définitive s’est parfois heurtée à la multiplicité des acteurs et à leurs difficultés à travailler en synergie.
Au-delà du littoral, le Président Sall est sensible aux défis environnementaux tels que la pollution marine – le vote de la loi sur l’interdiction du plastique est aussi lié à cette préoccupation -, la dépollution de la Baie de Hann dont le financement est ficelé ainsi que la reforestation.

Organiser l’occupation

Il faut rappeler que nous avons, à travers l’histoire, toujours eu des populations habituées à vivre en bord de mer : les pêcheurs tioubalo peulh, niominka sérère, lébou, certains habitants historiques de zones côtières etc. Il y a aussi des occupations d’ordre économique, d’utilité publique et d’intérêt général.
La réalisation de réceptifs hôteliers est, par exemple, importante pour le tourisme, secteur qui contribue de manière significative au PIB national et dont l’apport sera encore plus déterminant en cette période de relance économique liée à la Covid19. Le problème réside surtout dans les affectations privées concédées, parfois au mépris de la loi, qui sont à dénoncer et à combattre.
Se lancer, aujourd’hui dans des actions punitives ne relève pas du bon sens.  Nous avons assez d’espace pour rendre accessible la corniche. Il est impossible de ne pas occuper. Il faut organiser, aménager les parties non occupées. Il y a une occupation égoïste et une occupation d’intérêt public équitable quant à l’accès des populations à la mer.
Des centres commerciaux de Copa Cabana, par exemple, aux hôtels de La Rochelle en passant par les aménagements payants de la corniche d’Abu Dhabi, tous les pays disposant d’un atout littoral l’exploitent selon des ratio hôtels – accès public – plages de pêcheurs – aménagements etc. L’enjeu réside dans l’optimisation de cette exploitation.

Accueillir l’investissement extérieur

Si nous voulons un développement harmonieux et durable de notre pays, nous devons éviter de nous émouvoir de manière populiste à propos de l’investissement étranger et accepter d’accueillir les porteurs de projets d’où qu’ils puissent venir. Cela, quitte à exiger légalement une participation, jusqu’à un certain niveau, de privés nationaux dans tout investissement venu de l’extérieur. A défaut, le Sénégal sera une terre d’opportunités non exploitées et un terrain de chasse pour les spéculateurs.
Dans les années 2000, on a beaucoup parlé de scandales fonciers. Celle liée à des investissements à Mbane avait, par exemple, connu un grand retentissement. Aujourd’hui, malgré les déséquilibres constatés dans les modalités de concession à certains privés, cette commune est devenue une grande plateforme où des opérateurs venus d’autres parties du monde réalisent une production agricole de qualité.
Les populations travaillent avec eux dans une harmonie parfaite et un développement économique local inspirant. A côté de l’agriculture familiale et vivrière, un tel modèle est à promouvoir, dans le respect strict des règles garantissant l’intérêt national et sans se soucier de la propagation de fake news et de faits alternatifs inhérents à l’époque.

Esquisse d’un futur harmonieux

Après avoir convoqué l’histoire, il nous faut ainsi esquisser le futur, faire une projection sur l’avenir de notre corniche et de notre littoral.
Ma conviction est que la prise en charge de cette question nécessite, après l’état des lieux physiques déjà effectué et la concertation ouverte avec les acteurs, l’adoption de mesures prioritaires que sont : la signature d’un décret déclarant d’utilité publique l’aménagement et la restructuration de la corniche, prescrivant les mesures de sauvegarde et autorisant l’élaboration d’un nouveau Plan d’Urbanisme de Détails, l’élaboration du Plan participatif d’aménagement et de développement durable de la corniche ouest, la mise en œuvre du projet d’aménagement et de restructuration de la corniche ouest.
Ces mesures nécessaires rentrent dans une vision voulant que la corniche de Dakar et, de manière générale, nos 760 kilomètres de littoral soient préservés afin de confirmer le constat de l’architecte allemand Jochen Brandi qui, rapporte mon ami Moctar Ba, président de la Plateforme pour l’Environnement et la Réappropriation du Littoral,  ébloui par ses formes remarquables, estime que le potentiel de la corniche de Dakar va bien au-delà de Central Park à New York, du Bois de Boulogne à Paris ou des 3000 parcs pour les trois millions d’habitants de la ville de Vienne.

Renforcer l’action publique

Sans une action publique forte, sans détermination politique, il sera impossible d’exploiter efficacement ce potentiel. L’action de la société civile et des lanceurs d’alerte est utile. Cependant entre les manipulations et, parfois, les tergiversations politiques, nous risquons de tuer l’action publique.
Si nous laissons la responsabilité de cette action à des lanceurs d’alerte souvent peu ou mal informés des tenants et aboutissants et en proie, de bonne foi, aux manipulations, nous la tuons. Les hommes politiques n’auront plus d’utilité puisque la dictature de l’opinion sans preuves et de l’émotion facile leur fera fuir la responsabilité de rétablir les faits et de poser des actes pour le mieux-être de tous. Il s’agit là d’un défi générationnel.
Nous avons été élus pour mettre en œuvre des politiques publiques. Nous devons avoir le courage de dire aux populations la vérité, de les informer sur l’intérêt véritable de notre pays. L’Etat a le devoir d’être transparent, organisé, méthodique mais l’Etat ne doit pas manquer de volonté pour réaliser des projets utiles à l’en commun.
Ma vision est qu’il nous faut bâtir des villes où l’humanité fait sens, des villes qui se soucient de l’humain dans l’urbain. Cela passe par la valorisation de nos meilleurs atouts. Il nous faut planifier la ville en concevant les espaces publics et les usages comme lieux de créativité et d’inclusion, la construire dans une continuité de temps et d’espace en agissant sur la forme urbaine et en anticipant sur les extensions urbaines, la définir comme un bien commun.

CUPIDITÉ ET AVIDITÉS FONCIÈRES PAR MAMADOU NDIAYE

http://www.emedia.sn/Au-dessus de l’Atlantique planent des rapaces diurnes. Ils ont besoin d’espaces pour voler. Au propre, ils sont impitoyables. Au figuré, cupidité et avidité les caractérisent. Ces espèces adorent la nuit quand, tout devient gris, pour chercher vaille que vaille à s’enrichir avec brutalité et sans vergogne. D’un côté la mélodie pour endormir la proie, de l’autre, la tragédie, le sang et un cynisme permanent. Le décor planté dans cet imaginaire osé renvoie à une réalité toute crue : l’appétit vorace de ces tribus isolées sur le foncier du littoral dakarois.
Un sociologue bien inspiré avait eu le mot juste pour décrire cet « accaparement » sans visage. En vérité, depuis des lustres cette pratique est en cours entre « gens de bonnes compagnies ». Ils se connaissent et se fréquentent assidûment. Parce qu’ils se ressemblent, ils s’assemblent pour accomplir des forfaits à une vaste échelle. Personne avant eux n’avait songé à acquérir la moindre parcelle sur cette façade maritime qui a toujours fantasmé les Lébous. Entre Kakalam, Soumbédioune et Kassoum ou Bègne, flotte en douceur l’esprit du totem de la capitale, en l’occurrence Leuk Daour, mythique protecteur des eaux, des courants marins, de la pêche, des roches, des lieux sanctuarisés et même des terres adjacentes.
Toute honte bue, magistrats, avocats, hauts fonctionnaires, baladins et galopins se succèdent à un rythme soutenu pour dépecer ces lopins, se les approprier en les morcelant en lots vite revendus à prix d’or avant d’envoyer pelleteuses, engins et dragueurs de roches pour violer une nature à l’état brut. Le charme de la Corniche, dans son versant ouest, réside dans les arabesques qu’elle dessine à mesure que le visiteur progresse.
Vu du ciel et par les hublots, la beauté du site stupéfiait les passagers des avions qui amorçaient l’atterrissage à l’aéroport Léopold Sédar Senghor. Les « Dents de la mer » joliment alignées défient le temps par l’architecture et la discipline, en se rangeant du bon côté dans une sobriété qui nous interpelle encore et toujours. Si les premiers s’étaient servis sans justesse qu’auraient-ils laissé pour la postérité à des générations en quête de toit ? Les frustrations accumulées accouchent souvent de guérillas urbaines.
En sifflant la fin de la récréation devant la pitoyable scène de morcellement du littoral, le Président Macky Sall a très vite compris que cette boulimie foncière peut fédérer des colères. Voire des mécontentements. Déjà l’affaire des faux billets bourdonne dans les oreilles. La crise sanitaire confine plus d’un. L’économie tourne au ralenti faute de production. Tout le système s’arrête puis tente de repartir, mais les médecins alertent sur un possible regain de la pandémie. La peur inhibe tout le monde. Il suffit d’un peu pour que les petites rivières donnent naissance à un affluent. Alors que des soupçons de prévarication pèsent sur le mode de gestion de la riposte à la Covid-19.
Et voilà que la question du littoral ressurgit révélant au passage une chaîne de complicités dans l’attribution des autorisations et des permis au mépris des règles de préservation des domaines publics classés. Certains parmi ces acteurs de l’ombre, ces fauves aux allures de carnassier, ont poussé l’outrecuidance jusqu’à achever leurs construction pour ensuite daigner, sans coup férir, régulariser auprès d’une administration pour le moins tatillonne. Ils ont accompli les formalités sans rencontrer la moindre résistance. Les soupçons et les insinuations ne suffisent pas pour fonder la conviction mais le réseau de compétences renseigne sur de fortes présomptions de culpabilité presque attestées.
Le statut du littoral rejoint-il le droit public maritime ? Une clarification s’impose pour savoir de qui relève la gestion du littoral : la sous-préfecture, les communes, l’Etat ou les collectivités locales, La persistance de l’ambiguïté entraîne le flou de gestion de cette zone censée être un patrimoine commun à toute la nation. Comment comprendre que dans le dédale administratif, il n’y ait eu aucune objection d’aucun service pour relever des anomalies ou des dysfonctionnements ?
De retour d’un de ses nombreux voyages, le Président Abdou Diouf, alors Chef de l’Etat, pique une des ses rares colères devant des collaborateurs médusés : « un littoral doit être aménagé et non habité ! » finit-il par lâcher. Sa fâcherie dérive de l’absence d’initiatives en faveur de ces corniches que nous envient Brésiliens, Egyptiens, Israéliens, Turques, Français, Allemands, Anglais, Sud-Africains et peut-être même une kyrielles d’iles paradisiaques, à l’image de Monaco, Saint Domingue, Sainte Lucie, Les Seychelles, La Polynésie, Hawaï ou les Maldives dans l’océan indien. De l’avis des spécialistes du tourisme et des aventures, la façade atlantique du Sénégal offre un cadre attractif qui, travaillé et promu, aurait pu être un véritable pôle de curiosités pour touristes à la recherche de sensations fortes.
Le président Senghor est resté exemplaire en tous points de vue dans l’aménagement du littoral dont il vantait le bleu des lagons, la qualité des eaux de baignades. Pour lui aucun titre, fut-il précaire ou révocable, ne devrait être attribué à qui que ce soit sur ce paysage de splendeurs. La Corniche fut respectée et adoubée. Même le festival des Arts Nègres de 1966 a vanté cet espace, transformé, le temps d’une manifestation artistique de dimension mondiale, en un haut lieu de mémoire au même titre que Gorée et « sa porte du non retour ».
Le Président Diouf a suivi son prédécesseur, mais a fléchi vers la fin de son long règne. En revanche le Président Abdoulaye Wade, lui, a littéralement ouvert les vannes. Il s’est montré distant et indifférent au sort du littoral ; ce qui a donné lieu à une ruée indescriptible des membres de son régime sur ces « terres sans propriétaires ». En un mot, Wade s’effaçait devant une réalité masquée qui lui échappait.
Il n’y a pas eu de reflux avec l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall. La frénésie d’accaparement a continué de plus belle mais en catimini. Elle s’est même déportée vers des zones très peu prisées il n’y a guère longtemps. La région de Dakar ressemble à un entonnoir. A l’échelle du pays, la capitale ne représente que le dixième de la superficie totale, alors qu’elle accueille près du quart de la population totale. Les risques d’hypertrophie s’additionnent. Si bien que Diamniadio est envisagé comme un gigantesque projet de déconcentration démographique et industrielle. La spéculation a de beaux jours… Une machine à fabriquer des inégalités au nom de… l’égalité. Un danger nous guette.

Décret conférant aux préfets de signer des Autorisations de construire : Cheikh Guèye vide son chargeur sur Macky, Cheikh Oumar Sy étale ses regrets

https://www.jotaay.net/Cheikh Oumar Sy et Cheikh Guèye ne cachent pas leur déception de voir le président de la République prendre un décret juste pour contourner un problème. Pour le maire de Dieuppeul, «c’est un décret de réaction», alors que, pour Cheikh Oumar Sy, Macky Sall est en train d’utiliser la loi d’habilitation à d’autres fins qui ne sont malheureusement pas de lutte contre la pandémie.
Le décret n°2020-1463 pris par le chef de l’Etat aux fins de permettre aux sous-préfets et préfets de signer des autorisations de construire, si les maires refusent ou observent une certaine lenteur à apposer leurs signatures, n’a pas fini de constituer un problème. Preuve que cette affaire révélée en exclusivité par «Les Échos» est partie pour occuper l’actualité, certains des acteurs, comme les maires et autres organisations qui se battent contre le bradage du foncier, ont réagi.
Pour Cheikh Guèye, le maire de Dieuppeul, c’est un décret très polémique que vient de prendre le chef de l’Etat. «C’est un décret de réaction par rapport à la situation. Au lieu de régler la situation, on prend un autre décret qui va être très polémique et qui va être très problématique», a regretté Cheikh Guèye, qui explique que le maire signait parce qu’il représentait et défendait les intérêts des populations. «Le maire était regardant par rapport à ce qu’il signe. Tout ce qu’il signe c’est pour les intérêts des populations et c’est cela qu’il faut préserver. Il y a un certain nombre de critères, de dispositions à vérifier avant d’apposer sa signature. Souvent on vous demande une autorisation de construire une pièce, mais sur place, quand vous vous y rendez, c’est un R + 6. On demande R + 1 et on finit R + 10. Alors que les dispositions ou les matériaux à y mettre ne sont pas là et ça pose un problème».
Le maire de Dieuppeul estime qu’avant de prendre le décret, il était bon que le Président appelât les différents maires à une concertation. «Ce décret, c’est une réaction par rapport à un problème, alors que le législateur doit voir l’intérêt général. C’est pour contourner les maires, parce que les maires sont devenus de plus en plus regardants. Ils observent ce qui se passe dans leurs communes, parce qu’ils connaissent mieux que quiconque leur périmètre communal. L’urbanisme, c’est une compétence transférée. On ne peut pas maintenant transférer une compétence et ensuite intervenir dans cette même compétence, pour dire qu’en plus du maire, il faut que l’autorité administrative appose sa signature. Ça veut dire quoi ? Elle n’est plus transférée alors. L’acte III de la décentralisation a été un prétexte pour arracher beaucoup de pouvoirs que les maires avaient. Tout ce qui était donné aux collectivités locales d’une main est en train d’être repris par une autre main. C’est cela la réalité ! Si l’Ams est là pour les populations, elle doit taper sur la table pour dire : ‘’arrêtez, trop c’est trop’’. On ne peut pas s’inscrire dans cette dynamique de décentralisation et à chaque fois prendre les prérogatives des maires et les confier à d’autres autorités. Ça n’a pas de sens», tonne Cheikh Guèye.

Cheikh Oumar Sy : «la loi d’urgence est en train de servir à d’autres fins que celles que le parlement lui avait données»

Un autre qui ne mâche ses mots, c’est l’ancien député Cheikh Oumar Sy, qui lutte pour la préservation du foncier. «On ne s’attendait pas à ce qu’il prenne un tel décret au moment où il y a autant de tollé autour de la question du foncier du littoral. Est-ce qu’il l’a pris uniquement pour permettre à certains d’exécuter leurs constructions sur le littoral ou sur les parties qui lui sont contestées ? il est clair qu’aujourd’hui, il y a un problème et la loi d’urgence est en train de servir à d’autres fins que celles que le parlement lui avait données comme pouvoirs», dit-il.
Tout en pensant que c’est aux maires qu’il revient de mener le combat, Cheikh Oumar Sy pense aussi qu’on va droit vers des confrontations entre maires et autorités étatiques, parce que les maires se voient, par l’acte posé par le Président, «dérober un pouvoir qui est le leur», dit-il.

Seydi Gassama : «Macky Sall est au courant, il le favorise même»

Seydi Gassama, lui, dit que le contexte dans lequel ce décret a été pris montre clairement qu’il vise simplement à court-circuiter des maires comme Barthélemy Dias et d’autres maires qui refusent de signer des autorisations de construire sur des lieux qui sont réputés être du domaine public maritime ou d’autres lieux classés comme les Mamelles.
«Le décret vise Barthélemy Dias et tous les maires qui comme lui, résistent à la boulimie foncière des politiciens, des hommes d’affaires véreux, de marabouts qui malheureusement se laissent entrainer dans cette boulimie foncière par des politiciens. Cela montre que ce qui se passe en ce moment, Macky est au courant. Il est parfaitement au courant de ce qui se passe et qu’il le cautionne, il le favorise», a laissé entendre Seydi Gassama. Qui ajoute : «c’est la réalité ! Ce n’est qu’une continuation de la prédation foncière du Sénégal qui a commencé sous Diouf et Ousmane Tanor Dieng qui a continué sous Wade et qui continue encore sous Macky Sall». Madou MBODJ

Réforme sur l’âge de la retraite : Le ministère du travail apporte des précisions

https://www.lejecos.com/-Le ministère en charge du travail apporte des précisions pour une meilleure compréhension de la loi n°2020-15 modifiant l’article L.69 de la loi n°97-17 du 1er décembre 1997 portant Code du travail qui introduit des changements dans les règles de fixation de l’âge de la retraite.
L’âge de la retraite, dit le département ministériel dirigé par Samba Sy, est déterminé par le régime national d’affiliation en vigueur aux termes de l’alinéa 1er de l’article L.69 du Code du travail. En application dudit alinéa, poursuit-il dans son communiqué, l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres) a fixé à 60 ans l’âge de départ à la retraite pour les travailleurs régis par le Code du travail.
Le ministère précise tout de même que néanmoins, deux dérogations sont aménagées par le nouvel article L.69 du Code du travail. Il s’agit selon le document de « la possibilité pour les parties de poursuivre les relations de travail au-delà de 60 ans, sans pour autant excéder 65 ans ». Cette disposition, explique-t-on, prévoit donc une faculté et non une obligation pour les parties de s’accorder sur un âge de départ à la retraite. « Cette possibilité de prolonger les relations de travail, mutatis mutandis, existait dans l’ancien article L.69 du Code du travail », rappelle le ministère.
Il s’agit également de « la prérogative, pour le président de la République, de déterminer par décret, après avis du Conseil consultatif national du travail et de la sécurité sociale, des emplois ou des professions pouvant aller à la retraite au-delà de 60 ans sans pouvoir dépasser l’âge de 65 ans du travailleur. A l’en croire, « une fois ledit décret pris, le départ à la retraite à l’âge prévu par le décret est une obligation pour l’employeur et un droit pour le travailleur ».
Au total, indique le texte, cette loi se justifie par la volonté du gouvernement, au-delà du souci de respecter ses engagements vis-à-vis des partenaires sociaux, de permettre de maintenir, dans les liens contractuels, certains travailleurs dont l’accès à l’emploi est tardif en raison de la durée des études et dont la technicité et la valeur du service contribuent au bien-être physique et mental des populations.
« C’est le cas notamment des médecins, pharmaciens chirurgiens-dentistes et docteurs vétérinaires », souligne le document. Qui précise que la réforme initiée par le gouvernement sur l’âge de la retraite « vise les médecins, pharmaciens chirurgiens-dentistes et docteurs vétérinaires régis par le Code du travail pour lesquels d’une part, un décret sera pris et, d’autre part, les statuts de l’Ipres seront modifiés en conséquence ».
Elle vise selon le communiqué signé Samba Sy, les médecins, pharmaciens chirurgiens-dentistes et docteurs vétérinaires régis par la loi n°61-33 du 15 juin 1961 relative au statut général des fonctionnaires au profit de qui, le Code des pensions civiles et militaires de retraite est modifié dans la foulée.Bassirou MBAYE

Création de zones exemptes de mouches tsé-tsé au Sénégal : Les Etats unis décaissent 253 millions FCFA

https://www.lejecos.com/L’ambassadeur des États-Unis auprès des organisations internationales à Vienne, Jackie Wolcott, a annoncé aujourd’hui que les États-Unis accordent environ 253 millions FCFA à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ce financement, de la Mission des États-Unis auprès des organisations internationales, s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la productivité du bétail en Afrique de l’Ouest par la création de zones durables exemptes de mouches tsé-tsé.
L’annonce est de la Mission des États-Unis auprès des organisations internationales. Le pays de l’oncle Sam accorde 436, 600 dollars (environ 253 millions FCFA) pour la création de zones durables exemptes de mouches tsé-tsé en Afrique de l’Ouest.
Le financement de ce projet, confie un communiqué de ladite Mission, est assuré par le département d’État américain dans le cadre de l’Initiative sur les utilisations pacifiques de l’AIEA, que l’agence a mise en place avec l’aide des États-Unis en 2010, pour soutenir les activités de l’AIEA qui favorisent les utilisations pacifiques des technologies nucléaires.
Selon le document, depuis 2010, les États-Unis ont fait don de plus de 5 millions de dollars (presque 3 milliards de FCFA) au projet de l’AIEA de lutte contre les insectes et les parasites visant à éradiquer la population de mouches tsé-tsé au Sénégal, porteuses de la maladie de Trypanosomiase (maladie du sommeil africaine), grâce à une technologie nucléaire appelée « Technique des insectes stériles » (TIS).
« La TSI est une méthode de lutte contre les insectes nuisibles, respectueuse de l’environnement, qui utilise l’élevage en masse et la stérilisation d’un insecte nuisible cible pour réduire la population d’insectes nuisibles sans avoir recours à des insecticides. Elle est actuellement utilisée sur six continents et est employée avec succès depuis plus de 60 ans », rassure la Mission.
Les mouches tsé-tsé, indique le texte, sont des vecteurs de la maladie Trypanosomiase, qui touche non seulement les populations humaines mais aussi bovines, et leur présence a empêché l’amélioration et la productivité des troupeaux au Sénégal et dans toute l’Afrique de l’Ouest. Toutefois, cajole le Mission, la situation est en train de changer, grâce à une campagne réussie d’éradication de la mouche tsé-tsé impliquant la TIS.
« Ces efforts soulignent la pertinence de l’AIEA pour ce qui est d’impacter et d’améliorer la vie des citoyens ordinaires, et sont importants pour sa crédibilité mondiale et son statut international », relèvent les Etats unis. Qui soutiennent que les contributions américaines à ces projets soulignent également leur engagement à garantir l’accès aux utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, comme le stipule l’article IV du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.Bassirou MBAYE 

74 nouveaux cas testés positifs au coronavirus, 101 nouveaux guéris, 6 nouveaux décès et 22 cas graves en réanimation.

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale fait le point sur la situation de l’épidémie de Covid-19 au Sénégal, ce mardi 16 juin 2020… Sur 9999 tests effectués, 74 sont revenus positifs soit un taux de positivité de 7,4%. Il s’agit de 64 cas contacts déjà suivis et 10 cas issus de la transmission communautaire.
Ces derniers sont répartis comme suit : 02 à Point E, 01 aux HLM Grand Yoff, 01 à Yeumbeul, 01 à Rufisque, 04 à Touba.
Le Directeur de cabinet du ministre de la Santé a également annoncé la guérison de 101 patients qui étaient sous traitement et de 22 cas graves. Six (6) nouveaux décès liés à la Covid-19 ont été enregistrés lundi 15 juin 2020.
A ce jour, le Sénégal compte 5247 cas déclarés positifs dont 3527 guéris, 70 décédés et donc 1651 sous traitement.

10 agents de l’hôpital mis en quarantaine  

https://actusen.sn/Le virus a fait des dégâts à Diourbel où le district sanitaire a enregistré hier son deuxième décès lié à la Covid-19. Selon SourceA, il s’agit d’un homme âgé de 70 ans qui a été interné dimanche au niveau de l’hôpital Heinrich Luckë.
D’après le journal, le patient domicilié au quartier Médinatoul à Diourbel est décédé dans la nuit du dimanche au lundi vers 03h du matin. Cependant 10 agents de santé en contact avec le défunt sont actuellement en quarantaine. La victime domiciliée au quartier Médinatoul souffrait d’autres maladies, avant son arrivée à l’hôpital et elle ne savait pas qu’elle était infectée.

COVID-19 : «LES SÉNÉGALAIS DOIVENT S’ATTENDRE A PLUSIEURS PICS»

https://www.rewmi.com/Face à la recrudescence des cas positifs à la Covid-19 due au desserrement des mesures restrictives, le Directeur du Bureau de Prospective Economique (BPE), Moubarack Lô, s’est prononcé sur les probabilités que la pandémie persiste au Sénégal.
Le statisticien estime « qu’il y a trois (03) types de pic », chaque pic dépendant de la stratégie employée. Il était l’invité de l’émission Soir d’info sur la TFM, lundi.

OUMAR SARR EST GUÉRI !

http://www.emedia.sn/Oumar Sarr est guéri du coronavirus. Dans un message posté de l’hôpital Fann, il annonce la bonne nouvelle. « Je viens d’être testé négatif à la covid 19 pour la deuxième fois consécutive et devrais sortir de l’hôpital Fann dans la journée. »
« Je rends grâce à Dieu et remercie les citoyens qui, indépendamment de leur religion, leur confrérie, leur position sociale ou leur choix politique, m’ont montré leur attachement par toutes sortes de moyens , en organisant, par exemple, au Waalo, des prières dans des communes et des villages », souligne le responsable libéral dans son, message. Qui n’oublie pas, dans ses remerciements, le personnel médical, les autorités publiques, ses camarades de parti et de l’opposition, sa famille et ses amis.
Le maire de la commune de Dagana a été testé positif au coronavirus il y a près de deux semaines. Il était interné au centre Cuemo de Fann.

Distribution de l’aide alimentaire : les failles d’un système

https://www.dakarmatin.com/ Encore le Registre national unique (RNU). Recevant ce lundi matin, 15 juin, à l’école Camp, Mansour Faye, le ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Samba Bathily, le maire de Ouakam, a attiré l’attention de la tutelle, lui demandant de donner des instructions pour corriger les failles détectées par le logiciel (digitalisation) dans le cadre de la distribution de l’aide alimentaire. La commune en question compte 6 mille 973 bénéficiaires (RNU + extension).

DES MEMBRES DU COMITÉ DE QUARTIER ONT CHOISI LEURS FAMILLES OU PROCHES

« Ce n’est pas partout mais il y en a qui ont pris toute leur famille au détriment des autres. (Alors qu)’il y en a qui n’en disposent pas encore, a-t-il expliqué, listant les difficultés. Ces gens-là, on les a bloqués au niveau du logiciel. Il y a quelques erreurs, et on est tombé d’accord avec le Sous-préfet. Parce que, cela c’est nous. Je devais vérifier avant de transmettre. Mais, c’est ma bonne foi qui m’a trompé. J’ai transmis la liste sans pour autant vérifier. Il y a eu des personnes qui sont au niveau du ciblage et qui ont le RNU. Sur ça, on est tombé d’accord. On va demander aux délégués de quartier, ils vont prendre d’autres personnes qu’on va remettre. Mais, pour les membres du Comité de quartier qui ont pris leur famille ou leurs proches au détriment des autres, ces personnes, je vous demande que vous donniez des instructions pour qu’on les enlève. Parce que, c’est pour les ménages. Une personne qui n’a pas de ménage ne doit pas bénéficier de ce kit. Ce qui fait, dans une maison où il deux ou trois ménages, on donne. Tous les petits ménages, on leur a déjà donné. On a ciblé selon les petits ménages. Les grands ménages, ce sont les kits de l’État. »
Dans tous ses états, l’édile de Ouakam a plaidé « pour qu’il y ait de l’équité ». Pour ce faire, a-t-il préconisé : « on doit rectifier ce que d’autres ont fait de mauvais. Que les personnes méritantes soient attributaires mais qu’il n’y ait pas de parti pris. Je ne le permettrai pas à des délégués de quartier que j’ai nommés. Je ne le permettrai pas aussi à des membres du Comité de ciblage pour faire du n’importe quoi. »

BEAUCOUP D’INCLUSIONS ET D’EXCLUSIONS, RECONNAÎT LA TUTELLE

Avant de promettre de procéder « à la mise à jour du RNU », signalant que « dans ce genre d’opérations, il y a un seuil d’erreur tolérable de 10%. Mais, nous allons corriger ces erreurs. Et nous avions donné mandat au sous-comité de ciblage de procéder au toilettage de ce RNU pour éviter certaines difficultés. Parce que, naturellement lors de l’élaboration du RNU, nous avons constaté que dans certaines concessions ou dans certaines familles, soit des doublons soit une présence assez de bénéficiaires ou de figurants. Cette dynamique sera nettoyé dans les meilleurs délais. »
S’agissant du processus, le ministre a ajouté que sur 52 communes, à Dakar, 10 ou 15 communes ont démarré. 10 autres ont terminé le processus au niveau de la région. Mais à l’échelle nationale, sur les 552 communes que compte le Sénégal, les 242 ont clos le processus de distribution. 223 environ sont en cours de distribution.

RUPTURE DE PÂTES ALIMENTAIRES

« Cela veut dire que si la dynamique se poursuit, normalement d’ici la fin de la semaine, nous allons pouvoir arriver à peu près à 80% de taux de distribution, a-t-il tranché. Avant d’évoquer une rupture des pâtes alimentaires.
« C’est vrai, il y a une denrée qui est en rupture, et ça nous l’assumons, ce sont les pâtes alimentaires. Nous sommes en train de prendre des solutions. Parce qu’on a distribué au moins les ¾ du volume. Il reste le quart à trouver. Certainement des communes vont démarrer sans les pâtes alimentaires ».
Au-delà de l’administration territoriale, l’implication des jeunes volontaires est appréciée à sa juste valeur.

Vers une nouvelle suspension des audiences jusqu’au 3 juillet

http://lesoleil.sn/Alors que les audiences ont été autorisés à reprendre depuis seulement le 2 juin dernier, on s’acheminerait, selon des sources internes, vers une fermeture des tribunaux sauf les flagrants délits qui se tiendront à huis clos jusqu’au 3 juillet afin de mettre en place des mesures pour protéger le personnel qui travaille dans ce secteur.
Après la confirmation de la contamination au coronavirus d’un juge du tribunal du travail vendredi 12 juin 2020 ainsi que la fermeture et la désinfection des lieux pour protéger les acteurs de la justice qui y travaillent ainsi que les usagers, d’autres mesures seraient prises. Il s’agirait de la suspension de toutes les audiences jusqu’au 3 juillet 2020 sauf les flagrants délits prévus à huis clos, de la désinfection générale du palais par le service d’hygiène et ce à plusieurs reprises et enfin la possibilité de mettre en place des tests massifs pour tout le personnel du palais.

Affaire Batiplus : Cheikh Yérim Seck placé en garde-à-vue

https://actusen.sn/-Le journaliste Cheikh Yérim Seck vient  d’être placé en garde-à-vue et transféré à la gendarmerie Thionk.
Le fondateur du blog ”Yerimpost” a été convoqué, ce lundi, à la Section de recherches. Cette convocation a  fait suite aux révélations faites par le journaliste sur l’affaire Batiplus, lors de son passage à l’émission  “L’invité de MNF”  sur la 7tv.

Affaire Batiplus : le fiancé de Rachelle Sleylati,Alex Rabih Kfoury,placé sous contrôle judiciaire

https://actusen.sn/Le fiancé de Rachelle Sleylati, Alex Rabih Kfoury, a été placé sous contrôle judiciaire. Cité dans l’affaire par Rachelle elle-même, il a été auditionné, ce lundi, par le doyen des juges dans l’affaire Batiplus. Au final, contrairement à sa fiancée, il est parti libre, mais placé sous contrôle judiciaire. Il est inculpé pour complicité de blanchiment présumé. Les parents de Rachelle Sleylati qui devaient être présents à l’audience, n’ont pas pu être entendus et leur audition est reportée.

Petrotim, Coud, Prodac… : Ces procès toujours attendus

https://actunet.net/Annoncés en grande pompe, les procès opposant Frank Timis, Aliou Sall aux 11 personnalités politiques concernant le scandale Petrotim, ainsi que le procès Cheikh Oumar Anne-Pape Alé Niang ayant trait au scandale du Coud et celui de Mamour Diallo-Ousmane Sonko dans l’affaire des 94 milliards sont toujours attendus. Les populations à qui Me El Hadj Diouf, qui pilote ces 3 dossiers, avait promis de faire jaillir la lumière et de faire mordre la poussière aux détracteurs de ses clients, piaffent d’impatience de voir enfin la vérité sur ces affaires nébuleuses éclater au grand jour.
Seulement, il est fort à craindre que toutes ces affaires ne finissent par se dégonfler comme un ballon de baudruche, si elles ne l’ont déjà été. Pour rappel, la polémique sur la gestion du pétrole avait pris une nouvelle tournure en octobre 2016, quand l’homme d’affaires roumain, Franck Timis, et le frère du chef de l’État, Aliou Sall, avaient, par le biais de leur avocat, Me El hadj Diouf, déposé une plainte auprès du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dakar. Laquelle plainte visait un groupe de 11 personnalités politiques mais aussi de la société civile qui les auraient accusés d’avoir fait main basse sur le pétrole sénégalais. Il s’agissait, entre autres, d’El hadj Malick Gakou, Pr Malick Ndiaye, Birahim Seck du Forum civil, Mamadou Diop Decroix, Abdoul Mbaye, Mouth Bane, Mamadou Lamine Diallo, Ousmane Sonko, les journalistes Adama Gaye et Baba Aïdara…
Il était reproché à ces derniers les délits suivants : diffamation, diffusion de fausses nouvelles et association de malfaiteurs. Après le dépôt de la plainte, Me El Hadj Diouf déclarait face à la presse : «Trop, c’est trop. On a laissé depuis quelques jours des gens raconter des histoires, mentir, manipuler l’opinion. Ils ont choisi une autre façon de faire de la politique. Cette autre façon de faire de la politique pour les pseudos et nouveaux opposants, c’est le mensonge pour être devant la scène. C’est la manipulation de l’opinion. Nous avons ciblé 21 personnes pour les poursuivre. Mais pour le moment, seules 11 seront concernées. On leur reproche la diffamation, l’escroquerie et l’association de malfaiteur», soutenait Me El Hadj Diouf.
Mais 4 ans après, les Sénégalais veulent vraiment tout savoir dans cette histoire : qui a fait quoi ? Qui, en réalité, raconte des histoires ? Même chose dans le procès opposant Mamour Diallo concernant l’affaire des 94 milliards. En effet, Me El Hadj Diouf et deux de ses collègues députés avaient aussi déposé une plainte contre Ousmane Sonko le mardi 15 octobre 2019 auprès du procureur de la République. Les chefs d’accusation de diffamation et injures publiques ont été mentionnés par les conseils de l’ancien directeur des Domaines comme motifs de la plainte.
Les propos tenus par le mis en cause sont tellement nombreux qu’il est pratiquement impossible de les citer tous dans une plainte soutenaient ses avocats. À titre illustratif, le mis en cause a déclaré que leur client «a commis des faux dans un acte d’acquiescement, dans le but de soustraire 94 milliards des deniers publics». Me El Hadj Diouf avait parlé de «94 milliards de mensonges». Mais, à ce jour, le leader de Pastef semble avoir eu raison sur ses poursuivants, car il avait affirmé que ces plaignants étaient pressés d’enterrer cette affaire. Aujourd’hui, par le silence troublant constaté sur cette affaire, les choses semblent confirmer les propos de Sonko. Car il ne fait l’ombre d’aucun doute que si l’ex Inspecteur des Impôts n’était pas assis sur du béton, le pouvoir l’aurait embastillé depuis belle lurette tellement il lui donne du fil à retordre. Autre procès qui semble avoir fait pschitt comme un pétard mouillé, c’est celui opposant le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Cheikh Oumar Anne, à Pape Alé Niang qu’il accuse d’avoir bafoué son honneur dans son livre intitulé «Scandale au cœur de la République : le dossier du Coud».
Aussi, les avocats de l’ex dg du Coud avaient servi des citations directes à Pape Alé Niang et Mody Niang. Tous deux, devaient comparaître devant le Tribunal de Grande instance hors classe de Dakar statuant en matière correctionnelle en son audience du mardi 10 mars 2020 à 8 heures 30 pour délit de diffamation. La citation directe en police correctionnelle, renseignait que «l’actuel maire de Ndioum les accuse formellement d’avoir cherché à nuire sa réputation à travers un livre diffamant bourré de contre-vérités», dont l’objectif est de le présenter comme un «symbole de la mal-gouvernance du régime de Macky Sall».
«J’espère qu’ils auront le courage de répondre le jour de l’audience. On réclame les preuves. Je leur demande de donner les preuves. C’est une affaire purement politique. Le livre lui-même est un scandale, parce que constitué de mensonges. Le véritable scandale est le livre lui-même. Nous venons pour apporter la réplique à la témérité de quelqu’un qui a osé convoquer la République pour dire des contrevérités», avait déclaré Me El Hadj Diouf. Ouvert le mardi 10 mars devant la barre du Tribunal correctionnel de Dakar, le procès a été finalement reporté au 24 du même mois pour le paiement de la consignation fixée à 50.000 Cfa. Mais depuis lors plus rien, silence radio sur cette affaire.
Pendant ce temps, les Sénégalais attendent toujours la tenue de ces combats de gladiateurs annoncés à grand renfort de pub – ou ont-ils été annulés en catimini ? Après la fanfaronnade, la débandade ??? Par El Hassane SALL

Ces affaires qui contredisent le ministre Malick Sall

https://actunet.net/ Le ministre de la Justice, Me Malick Sall se plait à clamer que la justice sénégalaise est indépendante. Mais, dans la réalité judiciaire des dossiers et des rapports en souffrance, ce constat atteste du contraire.
Le ministre de la Justice a affirmé que la justice sénégalaise est indépendante. Mais des constats le contredisent. Sur pièce, à ce jour, de gros dossiers sont dans les tiroirs de la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Ils n’ont pas été classés sans suite, mais y sont curieusement bloqués. Pour rappel, les enquêtes préliminaires qui concernent ces affaires, ont été minutieusement effectuées par des enquêteurs de la gendarmerie et de la police, qui les ont dûment transmises.
Mais comme la Crei semble avoir été spécialement ressuscitée pour casser quelques-uns, dont Karim Wade, ces dossiers ne bougent pas. Les propos de l’ancien procureur Alioune Ndao, qui s’est plaint de textos qu’on lui envoyait en pleine audience pour une conduite à suivre, illustre ce manque d’indépendance de la justice. À propos des dossiers cités en référence, qui dorment à la Crei, ils ont été annoncés par ce même parquetier, qui a conduit les enquêtes contre des personnalités supposées détenir des biens mal acquis.
Mais curieusement, et à la grande surprise de plus d’un, la Cour de répression de l’enrichissement illicite n’a pas instruit ces dossiers, donnant l’impression de danser une valse d’une justice à deux temps. En fait, le parquet spécial de la Crei, qui met en mouvement l’action publique contre les auteurs présumés d’enrichissement illicite, est directement placé sous l’autorité du ministère de la Justice.
Autres constats qui contredisent la position de Me Malick Sall sur la justice, sont les rapports de la Cour des comptes qui étaient en dormance depuis 2014. Remis au président de la République, ils ont fait état de scandales qui sont à ce jour, impunis. Il y a aussi les rapports de l’Inspection générale d’État de l’Ofnac, qui connaissent le même sort. Si ça ne dépendait que de la justice elle-même, tous ces scandales seraient élucidés. La Centif qui lutte contre le blanchiment d’argent, qui fait débat avec l’affaire Batiplus, qui intéresse les États-Unis, qui enquêtent sur une criminalité liée à un circuit de financement obscur, a directement transmis plusieurs dossiers dont quelques-uns seulement, ont été diligentés. Personne ne peut en tout cas affirmer que c’est parce que la justice est indépendante, que ces dossiers et rapports ne sont pas diligentés. Au contraire.
Pour le cas de Khalifa Sall, ça a été vite fait. Si le Sénégal a une ferme volonté de combattre la dilapidation des ressources publiques et le blanchiment de capitaux, il doit favoriser la transmission et la diligence de tous les dossiers et rapports à la justice. Dans un État dit de droit, une justice qui n’est pas indépendante, pose problème, car elle remet en cause la place des magistrats dans le processus législatif. Par Ndiogou CISSÉ

Iba Der Thiam : “Faidherbe a tué 20 mille Sénégalais en 8 mois …”

https://senego.com/Je suis tout à fait d’accord avec la jeunesse qui réclame le déboulonnement de la statue de Faidherbe “, déclare Pr Iba Der Thiam, ancien ministre de l’éducation nationale chargé de l’enseignement supérieur.

Débat…

D’après le Pr Iba Der Thiam, les Sénégalais ont raison de poser ce débat. Les rues de notre capitale portent des noms de gens qui ont tenu sur nos chefs religieux, sur les noirs des propos qui sont absolument scandaleux.

Consensus…

“On ne fait rien et j’estime que la question n’est pas encore posée véritablement et quand les hommes politiques la poseront et en feront un consensus pour ensemble agir, on pourra en sortir”, ajoute Pr Iba Der Thiam.

Responsabilités…

Selon Pr Thiam, un de ses hommes lui a raconté qu’en l’espace de 8 mois, Faidherbe à 20 mille Sénégalais. Il est d’accord que l’on déboulonne la statue, mais c’est à l’Etat du Sénégal de prendre ses responsabilités.

L’Alliance des forces de progrès fête ses 21 années d’existence

https://actunet.net/ Aujourd’hui 16 juin, le parti du président Moustapha Niass fête ses 21 ans d’existence. Une occasion pour le Secrétariat politique exécutif de l’Alliance des forces de progrès (Afp) de revenir sur la déclaration «historique» du président de l’Assemblée nationale et de faire savoir que le parti continuera à se battre généreusement pour des idéaux et des principes pérennes, un développement concerté, dans le cadre des valeurs du Sénégal éternel.
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le Secrétariat politique exécutif de l’Alliance des Forces de Progrès (Afp) célèbre, ce 16 juin 2020, l’idéal de 1999, qu’il juge «enrichi» et «consolidé» tout au long des 21 années qui se sont écoulées. L’Afp entend ainsi «contribuer puissamment au succès de la lutte contre la pandémie du coronavirus, dans l’unité et dans la paix».
Née dans la résistance, précise le document, ayant grandi dans le combat, le communiqué souligne que le parti de Moustapha Niass va continuer de «s’insérer dans le mouvement historique, auprès des populations sénégalaises et des intérêts stratégiques du pays, dans la résilience, sans paresse, avec un devoir de profondeur dans l’analyse, face à des données qui évoluent souvent avec célérité».
À la tête des responsables et des militants du Parti «au capital moral inaltérable», Moustapha Niasse continuera à se battre généreusement «pour des idéaux et des principes pérennes, pour un développement concerté, dans le cadre des valeurs du Sénégal éternel», selon le document. L’Afp qui est, et qui reste, «une composante importante» de la coalition Benno bokk yakaar (Bby), lit-on dans le communiqué, continue de promouvoir, avec le chef de l’État, Macky Sall, président de la coalition, «le culte de l’Excellence et celui de l’effort organisé ainsi que la mise en pratique, dans la solidarité et dans le partage des idéaux républicains, des programmes concertés de développement humain, social, économique et technique, conformément aux réalités et aux exigences d’un monde en pleine mutation».
C’est dans ce contexte, précise le communiqué, en tant que président de l’Assemblée nationale, la deuxième Institution du pays, que le Secrétaire général du Parti Afp, Moustapha Niasse et ses camarades «assument» totalement leur engagement au sein de la grande majorité présidentielle, «tout en gardant leur identité en tant que composante moulée dans des péripéties d’une histoire récente, palpitante  et exaltante».
Aussi, à ce jour, la permanence de la Déclaration du 16 juin s’infiltre dans toutes les prises de position de l’Afp et de son leader, chaque fois que le pays est en situation. C’est précisément «cette lucidité et cette autonomie de décision concertée, dans la transparence et la démocratie», qui inspirent l’Afp dans sa compréhension de la «lutte collective contre le covid-19» et ses «conséquences multiformes», conclut le communiqué. Par Pape Moussa TRAORÉ

Affaire des faux billets de banque : 5 ans ferme requis contre Thione Seck

https://www.pressafrik.com/Le parquet général a requis 5 ans de prison ferme et 10 millions de F cfa d’amende contre Thione Seck qui est jugé en appel ce lundi après avoir été relaxé en première instance. Selon Libération online, la même peine a été demandée contre son complice présumé,le malien Alaye Djitté qui est en détention au Mali pour… trafic de faux billets.Face au juge, le chanteur a encore rejeté les accusations portées contre lui. Le procès est toujours en cours.

ABC Poussé Dans Le Dos

http://www.walf-groupe.com/ Le fait est rare, dans les annales, pour être surligné au stylo. Alors que l’on était habitué à voir des dirigeants d’institutions s’éterniser à leur poste faute de remplaçant, cette fois, on assiste au phénomène inverse.Un remplaçant dans la salle d’attente, observant s’égrener un compte à rebours de 14 mois. Il s’agit bien du cas Demba Kandji. Le ci-devant Premier Président de la Cour d’appel de Dakar a été détaché à la présidence de la République, juste pour laisser le temps à Alioune Badara Cissé de boucler ses affaires et de débarrasser le plancher, le 05 août 2021, après un mandat de 6 ans non renouvelable. Une info qui avait été fuitée par E-médias, après le vaste mouvement dans la Magistrature qui avait vu Demba Kandji se faire remplacer par Ciré Aly Bâ puis confirmée par le ministre de la Justice, himself, au Jury du dimanche du week-end dernier. L’anecdote rappelle, à peu de choses près, la petite poussette faite dans le dos de Nafi Ngom, première Présidente de l’Ofnac, dont le président de la République ne s’était pas embarrassé de protocole pour lui indiquer la porte de sortie, avant la fin officielle de son mandat. L’on aura remarqué que l’une comme l’autre ont la fâcheuse habitude de ne pas garder leur langue dans leur poche. Une attitude qui, visiblement, dérange et n’est pas sans retour de flammes.Ibrahima ANNE

LES PIQUES DE L’AS DE CE MARDI

SenePlus  |   Publication 16/06/2020

Plainte

Encore des dérives graves sur les réseaux sociaux. Un internaute s’est permis d’insulter la famille Omarienne et toute la communauté Al Pulaar, à travers les réseaux sociaux. Des propos qui ont choqué la famille Omarienne qui souhaite que l’auteur soit puni par la justice. Pour que justice soit faite, Thierno Cheikhou Oumar Bachir Tall a déposé une plainte contre X à la Division des Investigations Criminelles (DIC). Dans sa plainte, le chef religieux dit avoir constaté via les réseaux sociaux, notamment par Instagram, un individu qui a insulté les peuls, particulièrement les familles religieuses et principalement la famille Omarienne.

Antichar

Même s’il y a une accalmie en Casamance, les mines continuent de faire des victimes. L’armée a perdu deux soldats hier, lors d’une opération pour accompagner le retour des populations dans le secteur de Mbissine et lutter contre les trafics illicites et les bandes armées. Pendant la patrouille, un véhicule de l’armée a sauté sur une mine antichar entre Diagnon et Mbissine. Le bilan est de deux morts sur le coup et deux autres se sont retrouvés avec des blessures graves. D’après la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (Dirpa), les victimes sont évacuées à l’hôpital de Ziguinchor. En dépit de l’accident mortel, les opérations se poursuivent, dit-on, conformément aux objectifs planifiés.

Un proche de Mbackiou Faye interdit l’accès à une plage

La lutte pour la sauvegarde du littoral est loin d’être gagnée. Alors qu’on n’en a pas encore fini avec la polémique sur la plage de Mermoz, un autre quiproquo est noté à la plage de Ngor. N’eût été l’intervention d’un certain Ady Guèye, le pire allait se produire hier à la plage deNgor située non loin d’une banque, sur la route des Almadies. A en croire M. Guèye, un vigile est posté à l’entrée de cette petite plage pour interdire aux jeunes l’accès. Choqués par l’attitude du vigile qui s’oppose à l’accès à la plage sur ordre d’un proche de Mbackiou Faye, les sportifs ont voulu lui faire sa fête. Pour se défendre, le vigile a sorti sa machette devant le groupe de jeunes déterminés à le corriger. C’est dans ces circonstances que Ady Guèye s’est interposé entre les deux parties. Il a raisonné le vigile avant de calmer les jeunes furieux. Mais à tout moment, cela peut dégénérer puisque les jeunes ne sont prêts pas à abandonner cette plage où ils s’entraînent. Une mobilisation est prévue dans les prochains jours pour s’opposer à la volonté de privatiser les plages.

Macky Sall

Le Président Macky Sall compatit à la douleur des familles des soldats décédés hier au cours d’une opération entre Diagnon et Mbissine. Il a fait un post pour s’incliner devant la mémoire des deux Jambars tombés sur le champ de l’honneur, en Casamance. Au nom de la Nation, le chef de l’Etat adresse ses condoléances à leurs familles et aux Forces Armées. Par la même occasion, il souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

2e décès lié à la Covid-19 de Diourbel

L’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel a enregistré deux cas de décès liés au Coronavirus, en moins de 48 heures. En effet, après le décès vendredi passé d’un patient, un vieillard âgé de 95 ans et domicilié au quartier Médinatou, un autre patient de sexe masculin âgé de 70 ans, atteint de Covid-19 et interné la veille, est décédé ce dimanche. Les deux habitaient le même quartier. Il faut toutefois souligner qu’à Diourbel, à l’instar de Touba la capitale du Mouridisme, beaucoup de gens refusent de croire à l’existence réelle de la maladie de Covid-19.

Bambey

Le département de Bambey, qui n’avait pas enregistré le moindre cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie, a connu un premier cas, hier lundi. Il s’agit d’un jeune homme, la quarantaine, qui d’après certaines sources, serait un employé du Port Autonome de Dakar (Pad). Le patient avait quitté Dakar pour rejoindre sa famille à la commune de Réfane, dans le département de Bambey, où il a été testé positif. Il faut noter que 13 membres de la famille du jeune homme ont aussitôt été mis en quarantaine à Réfane.

Diourbel Serigne

Mor Sène. C’est le nom d’un jeune ouvrier décédé dans un chantier de construction situé au quartier Keur Gou Mack, de la commune de Diourbel. Le drame a eu lieu hier après-midi, alors que la victime s’activait pour remonter des briques. La chute a été d’une telle violence qu’il est mort immédiatement. Et les sapeurs-pompiers qui ont été alertés aussitôt n’ont pu que constater les dégâts. Le corps sans vie a été transporté à la morgue de l’hôpital régional Heinrich Lübke tandis que les travaux ont été suspendus sur le site.

Reprise de la ré-immatriculation

Après une pause de trois mois à cause de la pandémie de Covid19, le Bureau des relations publiques de la Police nationale annonce dans un communiqué, que les opérations de contrôle pour la ré-immatriculation des véhicules importés au Sénégal reprennent à partir d’aujourd’hui. Seulement, les déplacements au service sont encore interdits pour se prémunir d’une propagation de la covid-19.Ainsi, pour éviter des rassemblements en cette période de pandémie de Covid-19, les demandeurs du document sollicité sont invités à prendre un rendez-vous. Pour rappel, les opérations de contrôle pour la ré-immatriculation des véhicules importés au Sénégal se font au Bureau central national (BCN-INTERPOL)

Nasser Brahimi : «L’Afrique importe presque tout ce qu’elle consomme»

https://www.lepoint.fr/afrique/ENTRETIEN. Loin des prédictions fatalistes sur l’Afrique, cet expert appelle à un véritable sursaut pour relancer le système alimentaire mondial.
La Faim du monde : Nasser Brahimi, écrivain et expert international auprès d’agences et de programmes des Nations unies, aime les jeux de mots. En écrivant ce livre destiné à tous, son objectif est simple : nous aider à mieux comprendre les mécanismes responsables de l’insécurité alimentaire. Il dépeint les ravages de l’homme sur la nature, les implications sur la production alimentaire et les inégalités économiques qui accentuent la faim. Aujourd’hui, alors que la pandémie du Covid-19 met en évidence la vulnérabilité des systèmes de production et de distribution des denrées alimentaires, il explique en quoi ce moment est précieux pour tout repenser. Nasser Brahimi s’est confié au Point Afrique.

Le Point Afrique : Dans votre livre 

La Faim du monde, vous décrivez dans une première partie toutes les causes qui mènent à l’insécurité alimentaire et la fin de la vie sur Terre. Parmi ces causes, vous désignez le braconnage et le trafic de viande de brousse. Justement, la consommation de pangolin fait partie des hypothèses de transmission du Covid-19 de l’animal à l’homme. Pouvez-vous décrire les ressorts de ce trafic et de ses dangers ?
Nasser Brahimi :  En effet, cette première partie du livre fait craindre le pire, je l’admets. 
Il fallait bien attirer l’attention sur les risques réels de la manière de vivre notre planète, en charmante compagnie de la faune sauvage et de la flore. Quel genre de coexistence veut-on ? L’homme n’a cessé d’occuper l’espace réservé à la flore et la faune sauvage. Des régions autrefois vierges et inhabitées, où vivaient de nombreuses espèces, se trouvent fragilisées. Loin de notre vision bucolique, les paysans africains éprouvent peu d’empathie pour la faune et voient plutôt les animaux sauvages comme de la viande, source de protéines. D’ailleurs, dans plusieurs langues bantoues, le mot nyama, utilisé pour désigner la faune, signifie aussi viande de brousse.
Cependant, le braconnage des espèces sauvages est le quatrième marché illégal au monde, après la drogue, la contrefaçon et le trafic de migrants. En lieu et place d’une chasse durable, le braconnage et le commerce illicite d’espèces et de plantes sauvages sont un crime qui saigne la faune et la flore de ces pays, prive les populations autochtones de leur patrimoine. Il n’a pour seul but que d’enrichir les trafiquants et leurs complices locaux. Il rapporterait de 7 à 23 milliards de dollars par an. Mais aussi l’exploitation illicite de la faune peut compromettre la santé humaine et animale à travers la propagation des maladies virulentes, comme le Covid-19.

La pandémie du Covid-19 a poussé nombre de pays à prendre des mesures jamais observées à cette échelle planétaire : confinement, couvre-feu… Quels impacts le Covid risque-t-il d’avoir sur la sécurité alimentaire en Afrique, le continent déjà le plus touché par l’insécurité alimentaire ? Quelles sont les conséquences possibles dans les zones rurales et dans les villes ?

En Occident, on voit des files interminables de nécessiteux en train de faire la queue pour un plat chaud. Au Sud, certains régimes ont profité de ce couvre-feu sanitaire-militaire pour donner un sacré tour de vis. On a assisté à un formidable renforcement des régimes militaro-policiers : contrôle total d’Internet, interpellations et emprisonnement des contestataires (pourtant tous pacifiques).
L’Afrique n’a pas attendu le Covid-19 pour souffrir. Là, il ne s’agit pas de choisir qui sauver, mais qui nourrir. La situation s’est aggravée du fait de cette pandémie, mais, Dieu merci, le continent semble être épargné du pire. Déjà, l’Afrique importe presque tout ce qu’elle consomme, alors qu’elle possède les deux tiers des terres arables de la planète. L’ONU indique que, parmi les effets multiples du Covid-19 sur les activités économiques et sur les chaînes d’approvisionnement, on constate une augmentation des prix des denrées alimentaires, ce qui pénalise davantage les plus démunis et réduit l’accès des ménages aux denrées alimentaires de base. Les exploitants agricoles sont eux aussi confrontés à des difficultés croissantes pour produire, faute d’intrants, de mobilité de la main-d’œuvre, etc., ce qui à terme pourrait sérieusement fragiliser leurs moyens de subsistance. On est déjà dans une situation d’urgence. Avant la pandémie, 135 millions de personnes dans le monde subissaient déjà une faim aiguë, à cause de guerres, de conflits armés, de chocs climatiques et de récessions économiques, selon le rapport mondial sur les crises alimentaires de 2020. Près de 183 millions de personnes pourraient glisser dans la faim extrême.
Les enfants sont aussi victimes du Covid-19 ! On y pense moins, mais l’interruption de l’école les a privés d’un espace sûr et d’une ration alimentaire par jour. En Irak, au Soudan, en Syrie et au Yémen, les campagnes de vaccination contre la polio ont été interrompues, selon l’Unicef. En Irak, au Liban, au Yémen et à Djibouti, aucun vaccin contre la rougeole n’est en cours en ce moment.

À ces risques sur la sécurité alimentaire liés au Covid s’ajoute l’invasion de criquets en Afrique de l’Est, et qui risque maintenant de se propager vers l’Afrique de l’Ouest. Comment les pays peuvent-ils se préparer pour faire face ?

C’est vrai, comme si cela ne suffisait pas ! L’Afrique est confrontée, aujourd’hui, à une invasion de criquets pèlerins plutôt sévère. C’est une crise sans précédent sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance qui se poursuit dans la Corne de l’Afrique. À chaque invasion acridienne, la FAO, en chef de file, organise et coordonne la lutte contre les criquets pèlerins (Schistocerca gregaria). J’en sais quelque chose, car j’ai participé à la gestion de crises précédentes. Lors de la recrudescence acridienne de 1988, ils ont réussi à traverser l’océan Atlantique de la Mauritanie jusqu’aux Caraïbes, parcourant 5 000 kilomètres en 10 jours ! Non seulement les essaims se posaient sur tous les navires, mais aussi sur les vagues. Les premiers se noyaient, mais leurs cadavres servaient de radeaux aux autres. Ces insectes voraces dévorent tout sur leur passage et ne laissent derrière eux qu’un sillage de tristesse et de désolation. La situation risque de s’aggraver. Selon les experts de la FAO, l’invasion s’étendra probablement à l’Asie du Sud-Ouest et peut-être à l’Afrique de l’Ouest. Comme ça, la boucle est bouclée !

Quelles sont les leçons à tirer de cette pandémie et les esquisses de solutions possibles, que vous évoquez notamment dans la dernière partie de votre ouvrage La Fin de la faim ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la santé est passée avant l’économie. On en connaîtra l’étendue des conséquences dans les mois à venir. C’est un exemple de changement de cap, nécessaire, vital, opéré par l’humanité entière. Et si cette prise de conscience pouvait accélérer la transition écologique avec la considération et donc l’acceptation des problèmes environnementaux, la recherche de solutions et leur mise en pratique. On redécouvre une agriculture de proximité et de qualité, plus respectueuse des cycles naturels et de la chaîne de valeur allant du producteur au distributeur. L’idéal est de manger mieux, moins et diversifié. Beaucoup de scientifiques voient comme solution l’application de l’agroécologie, qui consiste à appliquer des principes écologiques de manière à optimiser les interactions entre les végétaux, les animaux, les humains et l’environnement, sans oublier les aspects sociaux dont il convient de tenir compte pour que le système alimentaire soit durable et équitable. L’agroécologie permettra de restaurer les services écosystémiques et la biodiversité de manière saine.
Bien sûr, certaines voix se demandent comment nourrir le monde si on ne booste pas l’agriculture avec des pesticides. Certes, ils ont apporté beaucoup de choses à la société : ils ont allégé le travail des agriculteurs, multiplié les rendements et permis d’atteindre l’autosuffisance alimentaire de nombreuses régions du monde. Mais, avec le temps, on a appris que les pesticides tuaient les abeilles, faisaient disparaître les oiseaux et déclenchaient des maladies graves chez leurs utilisateurs. Tout ça n’est pas rien comme prix à payer ! Avec le temps, on a appris que les fabricants de pesticides gagnaient des montagnes d’argent. Ils sont capables, en dehors de toute morale et de toute honnêteté (j’ajouterais en toute légalité), de soudoyer des scientifiques pour qu’ils publient des rapports complaisants et qu’ils trompent l’opinion publique. Et la dépendance publicitaire des médias n’arrange pas non plus les choses. La prise de conscience se renforce de jour en jour. Ce tsunami, la pandémie, a révélé de nombreuses vérités sur notre mode de vie et d’alimentation. Il est encore tôt pour le réaliser, mais je suis persuadé que plus rien ne devrait être comme avant. D’une manière générale, le système alimentaire actuel est à la fois dangereux pour l’humain, toxique pour l’environnement et injuste, car producteur d’inégalités, de pauvreté, de dépendance.  Propos recueillis par Sylvie Rantrua
* La Faim du monde, Nasser Brahimi, éditions Balland, 216 p

L’indifférence à l’Afrique est absurde et coupable

https://magazinedelafrique.com/La Fondation Prospective et Innovation présente ce 16 mai son Almanach 2020, consacré aux rapports multilatéraux, à l’Intelligence artificielle et à l’Afrique. Un intéressant aide-mémoire sur les grandes problématiques de notre temps. Extraits.
Quatre crises peuvent se développer rapidement, de manière successive ou simultanée, en Afrique, souligne la Fondation Prospective et Innovation : santé, famine, chômage et terrorisme. Le défi structurel qui consiste à intégrer dans les sociétés africaines un milliard de jeunes de moins de trente ans d’ici 2050 devient de plus en plus compliqué à relever avec les crises qui se multiplient.
L’Afrique est, en outre, potentiellement menacée par la rivalité entre ses deux principaux investisseurs (120 milliards de dollars pour la Chine et 100 milliards pour les États-Unis sur les dix dernières années). Le premier risque serait que l’Europe, prise entre le marteau américain et l’enclume chinoise, se désintéresse de l’Afrique. S’il y a une communauté de destin qui paraît première, c’est bien l’Eurafrique.

La Synthèse historique et économique des relations internationales du futur (SHERIF) Le Grand Basculement sort en librairie le 18 juin. Renseignements, dès le 16 juin, sur : http://www.prospective-innovation.org/ 

Il n’y a pas de bonheur européen possible avec une Afrique malheureuse. Les crises de l’Afrique du Nord résonnent particulièrement dans les sociétés européennes. L’Europe doit agir en évitant ses erreurs du passé. Les projets doivent être africains pour l’Afrique. Parmi de nombreuses initiatives demandées par les Africains, l’Europe peut être utile à l’Afrique dans sa relation avec la Chine.
La Chine l’a fort bien compris, elle a mesuré ses problèmes avec les opinions publiques et sollicite régulièrement les Européens pour engager en Afrique « une coopération en pays tiers ». Pour des questions d’équilibre, de pratiques culturelles, de transformations sociales, le trilogue Afrique-Chine-Europe est une perspective positive que la tension avec les États-Unis fragilise. L’Afrique ne peut plus être à la périphérie des préoccupations du monde. Le danger des dangers est qu’on localise en Afrique nos principaux conflits, notamment que l’Afrique devienne le continent du terrorisme.
Face aux nouvelles formes de « violences sans frontières », ni les murs ni les mers, ni les frontières ni les barrières ne nous protégeront des virus, des drones ou des cyberattaques. L’indifférence à l’Afrique est absurde et coupable.

Entre confiance et inquiétude

Plus généralement, les défis de l’Afrique sont redoutables et se les dissimuler ne sert pas le développement du continent. Ses faiblesses structurelles demeurent largement répandues et des présentations statistiques avantageuses cachent mal des réalités préoccupantes : démographie exponentielle, éducation et formation professionnelle défaillantes, infrastructures énergétiques et de communications insuffisantes, degré d’intégration régionale faible… La mobilisation des ressources fiscales ne progresse guère et, quand elle s’exerce, pèse parfois de manière étouffante sur le secteur moderne.
La transition démographique, l’insertion dans les chaînes mondiales de valeurs, l’industrialisation et l’agriculture, les bouleversements du numérique, les changements politiques et sécuritaires, les financements et les rapports avec le reste du monde sont pour l’Afrique comme autant de Janus, de figures à deux faces, l’une confiante, l’autre inquiète.
L’Afrique doit profiter de ses atouts exceptionnels : sa taille et ses ressources naturelles, la jeunesse de sa population et un esprit d’entreprise, souvent né de l’adversité, qui fait merveille. Un nouveau soleil semble se lever sur l’Afrique, celui du numérique qui doit permettre de s’affranchir d’investissements lourds et coûteux, de traduire en valeur ajoutée l’esprit d’entreprise de la classe montante, de se connecter au monde de l’innovation et de la création…

Le « boom » de l’Afrique s’annoncerait, aidé en cela par l’intérêt des pays émergents qui voient dans le continent non seulement un marché et un pourvoyeur de matières premières mais aussi un espace de production, de partenariats.

L’Afrique subsaharienne est restée largement en dehors de la mondialisation, fondée sur une division internationale du travail. Les flux commerciaux africains représentent moins de 3 % des échanges mondiaux. Certes, un régionalisme économique couvre l’ensemble du continent mais avec des effets d’intégration limités, bien inférieurs à ce qui est observé ailleurs sur la planète.
Soixante ans après le grand mouvement des indépendances, le monde accélère ses transitions, de nouveaux équilibres se dessinent, de nouvelles opportunités apparaissent.
La rivalité entre les États-Unis et la Chine s’aiguise, l’Afrique redevient un enjeu.
Les technologies de l’information rebattent les cartes traditionnelles des facteurs de production, les infrastructures physiques voient leur rôle relativisé. Le phénomène d’émergence, qui bouscule la planète, atteint l’Afrique, source majeure d’approvisionnements de produits agricoles et miniers (du cacao au cobalt) et de consommation par ses richesses humaines (le « dividende démographique »). L’Afrique se mettrait à son tour à l’heure de l’émergence.
Le Made in Africa devrait succéder au Made in China. Tout le monde n’est pas de cet avis et le débat entre afro-optimistes, afro-pessimistes, afro-réalistes a repris de plus belle, mêlant court terme et long terme, incantation et feuille de route raisonnée.

Le nombre crée le marché

L’essor démographique implique, de manière proportionnelle, des services de santé, des systèmes d’enseignement avec le personnel adéquat, les équipements nécessaires qui grèvent les budgets ou sont hors d’atteinte. Les progrès de la scolarisation ont de la peine à suivre une population en expansion rapide, faute de moyens matériels et humains. La main-d’œuvre souffre d’un manque de qualification.

Un nouveau soleil semble se lever sur l’Afrique, celui du numérique qui doit permettre de s’affranchir d’investissements lourds et coûteux, de traduire en valeur ajoutée l’esprit d’entreprise de la classe montante, de se connecter au monde de l’innovation et de la création.

La taille du marché africain est souvent mise en avant pour valoriser son attrait et son avenir. Six cents millions de consommateurs en 2000, 1 milliard en 2020, 2 milliards en 2050, 3 milliards à la fin du siècle. Même si les revenus sont faibles, et la définition d’une classe moyenne bien hésitante, le nombre crée le marché.
L’obstacle demeure la fragmentation de ce marché et la faible complémentarité des offres de chacun des pays africains.
Avec la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), une étape décisive est ainsi franchie dans l’aboutissement d’un projet qui remonte à 2012 et devrait regrouper à terme les communautés économiques sous-régionales existantes. Ainsi prendrait corps la promesse d’un grand marché de 1,3 milliard de consommateurs, permettant un bond en avant du commerce intra-africain, de 50 % en quatre ans grâce à des droits de douane réduits de 90 %, selon certaines estimations.
L’Afrique reste un continent rural, 65 % de la population active vit de l’agriculture. Celle-ci ne représente cependant que 30 % du PIB africain, ce qui traduit une insuffisante productivité alors même que le poids de l’industrie, principal gisement de productivité, est faible et que les services, souvent peu productifs, dominent.

Priorité à l’agriculture

Face à cette situation, l’agriculture africaine doit impérativement progresser car c’est la condition pour dépasser l’économie de subsistance, dégager un surplus qui finance l’industrie et les services, éviter la montée des importations de produits alimentaires. Autant de défis qui sont à relever.
Défi politique, d’abord que celui d’accorder à l’agriculture la priorité qu’elle exige, longtemps le pouvoir politique a favorisé les villes au détriment des campagnes. Il faut que les citadins accèdent à une alimentation à un coût raisonnable, qui corresponde à des goûts qui évoluent pour prévenir le mécontentement susceptible de s’exprimer dans les urnes, dans les rues.
Le défi n’est pas seulement politique, il est tout autant économique. Un point de croissance supplémentaire dans l’agriculture induit un demi-point de plus dans le reste de l’économie. L’agriculture est de loin la principale source d’emplois.
L’agriculture africaine, sans être aussi arriérée qu’on la présente parfois, reste insuffisamment modernisée. Il n’y a guère eu de révolution verte en Afrique.
Réussir cette modernisation tous azimuts, agricole comme industrielle, requiert plusieurs préalables. En premier lieu, l’amélioration des infrastructures, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi qu’une sérieuse mise à niveau de la formation, en l’étendant au plus grand nombre et en l’adaptant aux besoins de l’économie. S’y ajoutent la bonne gouvernance et l’état de droit, un climat des affaires avec des règles stables qui ne brident pas l’esprit d’entreprise et la mise en pratique de la ZLECAf pour décloisonner les marchés nationaux.

Si l’agriculture doit être une véritable priorité, la démographie oblige tout autant l’Afrique à s’industrialiser. Il faudra créer 20 millions d’emplois par an.

L’industrialisation par la remontée des filières, des matières premières aux produits finis, est souvent présentée comme une évidence. L’essentiel de la valeur ajoutée est capté par les acteurs situés en aval de la production, par les pays développés plus que par les pays exportateurs de produits de base.

L’exemple édifiant du cacao

Il suffit que les producteurs s’approprient la filière de traitement et de commercialisation pour que cette répartition devienne plus équitable.

Malgré toutes les barrières à l’industrialisation, les pistes ne manquent pas. L’Afrique n’est pas un tout abstrait, homogène. Autant dire qu’il n’y a pas de recettes valables partout, encore moins un modèle standard à transposer, qu’il soit européen ou asiatique.

La réalité est plus complexe. L’industrialisation sur place peut se révéler être contre-productive dans certains cas. Le traitement, la commercialisation exigent des moyens financiers et humains souvent hors de portée d’un seul producteur.
Le cacao est une illustration. La valeur de la chaîne de cacao est estimée à 100 milliards de dollars. La première étape, celle de la production et de l’exportation, ne représente que 3 % environ de la valeur du produit vendu au consommateur final. Le broyage, premier traitement industriel, n’abonde que de 8 % la valeur ajoutée. C’est au niveau des deux étapes suivantes que se situe l’essentiel de plus-values : production de chocolats industriels et de produits finis (35 %), enfin la distribution (44 %).
L’Afrique produit 75 % du cacao du monde. Les deux premiers producteurs mondiaux Côte d’Ivoire et Ghana, se cantonnent à la filière au broyage (pour une partie de la récolte) et à une production locale de chocolat réduite. C’est que les moyens pour remonter la filière apparaissent difficiles à rassembler. L’industrialisation actuelle se fait déjà au prix d’investissements lourds et d’incitations fiscales qui grèvent la rentabilité de la filière. En aval, les activités sont fortement oligopolistiques, tenues par des sociétés occidentales qui ont un savoir-faire, une capacité à s’adresser à de multiples marchés d’approvisionnement et de consommation, une connaissance intime du marché et la faculté de le faire évoluer dans le sens de leurs intérêts.
Malgré toutes ces barrières à l’industrialisation, les pistes ne manquent pas. L’Afrique ne se présente pas comme un tout abstrait, homogène. Autant dire qu’il n’y a pas de recettes valables partout, encore moins un modèle standard à transposer, qu’il soit européen ou asiatique.
Il faut apporter des solutions sur mesure, adaptées à chaque cas particulier ; prendre les technologies existantes et les appliquer aux caractéristiques propres des marchés, et aux spécificités des besoins comme l’illustre l’essor spectaculaire du Mobile Banking. Voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Expérimenter et évaluer, loin de tout esprit de système,en restant ouvert à toute suggestion.Par Kimberly Adams

Robert Dussey : «Comment redéfinir une nouvelle stratégie pour les pays ACP»

https://magazinedelafrique.com/Négociateur en chef de l’Organisation des États ACP pour le post-Cotonou, Robert Dussey, presse l’ensemble des pays à revoir leurs accords en fonction de la nouvelle donne engendrée par l’épidémie de la Covid-19
Le coronavirus, qui a mis le monde aux arrêts pendant plusieurs semaines, nous interpelle, nous humains, et nous met face à certains questionnements d’ordre existentiel. Où allons-nous d’un pas si rapide ? L’humanité va-t-elle à sa perte ou suit-elle sa propre destination ? Ces questionnements qui ne peuvent laisser indifférente la conscience humaine nous convainquent d’une chose : l’expérience humaine de la liberté dans l’histoire, théâtre des contrastes, peut conduire au meilleur comme au pire.

L’organisation des États ACP et l’Union européenne sont en pourparlers en vue de la redéfinition du cadre de leur partenariat. Les partenaires doivent clairement intégrer des clauses relatives aux pandémies et à leurs conséquences socioéconomiques.

Quand le pire advient, il éprouve, mais constitue également une invitation de l’humanité à une réorientation de sa conduite existentielle. Les générations passent, mais l’humanité demeure et a un devoir de lucidité envers elle-même comme le coronavirus vient une fois encore de nous le rappeler.
Cette pandémie a eu raison des frontières nationales et continentales, et l’espace tricontinental ACP (Asie, Caraïbes, Pacifique) n’est pas à l’abri de sa sphère d’extension. La zone est moins touchée par la Covid-19, aussi bien en nombre de contamination qu’en mortalité, ce qui dément pour l’heure toutes les prédictions apocalyptiques.
Pour autant, les impacts de la pandémie sur les trois régions de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) sont bien réels. Ils doivent amener l’organisation à l’invention d’une stratégie interne de riposte aux pandémies et à mettre l’humain et le social au socle des relations avec ses partenaires.
En effet, les pays de l’OEACP, par-delà les spécificités nationales et régionales, ont un trait caractéristique commun : la vulnérabilité. Il s’agit d’une vulnérabilité plurielle parce que multisectorielle. La crise du coronavirus met à rude épreuve des systèmes de santé très fragiles, sous pression les mécanismes de solidarité nationale et les économies très vulnérables. Plusieurs pays de l’organisation vivent déjà les impacts économiques de la crise.
Les conséquences sont humainement coûteuses, socialement paralysantes et économiquement dangereuses. La croissance économique qui a permis à certains pays des ACP de se hisser au rang de pays à revenu intermédiaire est aujourd’hui fortement remise en cause. La crise économique que la Covid-19 impose aux pays risque à terme de faire basculer une proportion encore plus importante de populations dans la « pauvreté objective » et amplifier le niveau des vulnérabilités dans les trois régions.

Il est temps d’agir

La condition commune de vulnérabilité des pays ACP, signe expressif d’une fragilité ontologique de fond qu’ils partagent avec toute la communauté humaine, les prédispose peu, aux niveaux opérationnel et économique, à la riposte contre la pandémie.
Une action collective coordonnée à l’échelle ACP et une stratégie interne de riposte pourraient cependant soutenir la lutte à l’échelle des trois régions. Suivant le nouvel esprit de l’accord de Georgetown, récemment révisé, et en fonction des défis actuels, à la fois sanitaire, sociaux, économiques, l’organisation doit intensifier sa coopération à l’échelle interne.
La crise du coronavirus invite les ACP à explorer leurs possibilités de coopération interne d’où pourra sortir d’actions innovantes. « Au commencement était l’action » (Goethe) et nous devons agir et surtout vite, le présent étant le moment du choix et de l’action (Simone de Beauvoir).
Bien heureusement, la coopération intra-ACP est à l’œuvre. En témoignent les initiatives et mesures prises par l’organisation en collaboration avec l’Organisation africaine des agriculteurs (PAFO) contre les impacts socioéconomiques de la pandémie sur les systèmes de production agricole et de fournitures alimentaires.
Elle doit être amplifiée à l’échelle transcontinentale ACP et déboucher sur une stratégie commune et un plan solide ACP de riposte au coronavirus. La stratégie devra être motivée par un engagement commun contre un même défi dans un sentiment de commune appartenance et de communauté de destin et avoir un volet économique conséquent destiné à soutenir la reprise économique des États membres.

La solidarité sauve

S’est tenu le 3 juin le Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement, sur le thème « Transcender la pandémie de Covid-19  : Renforcer la résilience par le biais de la solidarité mondiale ». La réunion a répondu à cette exigence et a permis à l’organisation d’harmoniser à l’interne les stratégies et actions de riposte à la pandémie.
Les partenaires extérieurs appuient l’OEACP dans la riposte contre le coronavirus. L’Union européenne, par l’entremise du Comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbes-Pacifique et surtout l’initiative Team Europ, a alloué une enveloppe de 20 milliards d’euros.
Elle a été présentée le 8 avril lors du lancement de la riposte européenne, sur le plan international, à la pandémie du coronavirus dans le cadre de la coopération. Le sommet extraordinaire du 3 juin a été également une occasion pour l’OEACP d’appeler à plus de solidarité mondiale en direction de ses membres en cette période de crise. En temps de crise la solidarité sauve.
L’organisation des États ACP et l’UE sont en pourparlers en vue de la redéfinition du cadre normatif et régulateur de leur partenariat dans sa phase post-Cotonou. La nature ne faisant rien en vain (Emmanuel Kant) et coïncidence historique oblige, les partenaires doivent clairement intégrer des clauses relatives aux pandémies et à leurs conséquences socioéconomiques.
L’humain, le social et la santé doivent être au cœur du post-Cotonou. « La répartition des bénéfices des relations mondiales ne dépend pas seulement des politiques intérieures, mais aussi de toute une gamme d’accords internationaux de nature sociale », rappelait Amartya Sen en 2012. Qui évoquait « les traités de commerce, le droit des brevets, les initiatives mondiales en matière de santé, les dispositions internationales pour l’éducation, les moyens de faciliter la diffusion des technologies, les accords de modération écologique et environnementale, le traitement des dettes accumulées ».

Un nouveau partenariat

Les pays de l’ACP et l’UE ont l’ambition de mettre le partenariat en cohérence avec la réalité du monde et les enjeux nouveaux liés au progrès humain. C’est pourquoi nous ne pouvons pas aller à la signature d’un nouvel accord de coopération sans nous interroger sur les conséquences et les implications de la Covid-19 pour le partenariat.
En tant qu’action, les négociations ont lieu dans un contexte de coronavirus qu’elles ne peuvent ignorer. Toute action, enseigne Edgar Morin, entre dans « le jeu des inter-rétro-actions » du contexte où elle a lieu et porte les empreintes du contexte. L’interrogation sur les implications de la Covid-19 pour le partenariat OEACP-UE n’est pas sans intérêt pour l’avenir du partenariat.
Sous-estimer les implications de la Covid-19 pour le partenariat OEACP-UE dans le processus des négociations traduirait un manque d’imagination en contradiction avec les ambitions des deux parties liées au progrès humain. La crise du coronavirus devient in fine un facteur qui nous oblige à faire évoluer le partenariat OEACP-UE et ceci dans le sens de l’histoire.
*Robert Dussey est ministre togolais des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur (Togo)

Hippolyte Fofack : L’après-Covid signe «l’approfondissement de l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale»

https://magazinedelafrique.com/Il y a des raisons d’être optimistes quant aux perspectives de croissance de l’Afrique après la Covid-19. Un nouveau continent verra le jour révèle l’économiste en chef d’Afreximbank.
Tant de choses ont changé depuis le début de la pandémie du coronavirus, un événement «cygne noir» qui a affaibli l’économie mondiale et l’a placée sur la voie similaire à celle de la grande dépression des années 1930.
Les prix des produits de base se sont effondrés, tandis que le commerce mondial a chuté de 3% au premier trimestre – et baissera de 27%  (un record) au deuxième trimestre, selon les prévisions de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

Les échanges dans le cadre de la Zlecaf commenceront l’année prochaine, mais les avantages d’un marché entièrement intégré – qui devrait atteindre 1,7 milliard de personnes d’ici à 2030, avec un pouvoir de dépenses combiné des consommateurs et des entreprises de 6,7 billions de dollars – sont déjà importants.

Aux États-Unis, le chômage est monté en flèche et les banques alimentaires ont refait surface dans les grandes villes pour aider les familles à faire face à la double crise sanitaire et économique.
Le FMI prévoit une récession massive aux États-Unis, parallèlement à un ralentissement mondial synchronisé. Bien que l’ampleur de la contraction devrait être moins prononcée en Afrique, la région connaîtra néanmoins sa première récession économique en plus de 25 ans. La production africaine, qui est restée résistante pendant la crise financière de 2007-2008, doit faire face à un test majeur pendant la phase de tassement mondial du virus.
Cette fois, la contraction mondiale synchronisée reflète l’adoption d’un comportement d’aversion, un instinct d’auto-préservation contre le virus hautement mortel, et la mondialisation des mesures institutionnalisées (confinement, quarantaine et distanciation sociale) adoptée par divers gouvernements pour ralentir la propagation du virus et aider les systèmes de santé à faire face à la demande croissante de leurs services.
Les taux de reproduction efficaces (le nombre moyen de personnes qui contracteront le virus d’une seule personne infectée) sont en baisse et les taux d’infection atteignant des niveaux record, stagnent. Cela a permis d’assouplir les mesures de confinement, ce qui implique sans doute que le virus pourrait disparaître au cours du second semestre.
Néanmoins, selon un rapport de l’ONU, les chocs mondiaux de l’offre et de la demande provoqués par ces mesures ont déjà fait des ravages sur l’économie mondiale, qui devrait perdre près de 8,5 billions de dollars de production au cours des deux prochaines années.
La plupart des secteurs de l’économie ont souffert, la production étant au point mort dans plusieurs secteurs. La perturbation de la chaîne d’approvisionnement a entravé le commerce mondial, tandis que les revenus des ménages ont été affectés par la baisse de la production, qui fait monter les prix du côté de l’offre.
Les chocs mondiaux de l’offre et de la demande affectent également l’Afrique par d’autres canaux. Il s’agit notamment du resserrement des conditions financières, de l’augmentation des primes de risque, des inversions des flux de capitaux et des tensions sur les marchés des matières premières, qui aggravent tous les problèmes de liquidité et alourdissent les balances des paiements.
L’indice des prix des produits de base sur le marché libre de la Cnuced (qui mesure l’évolution des prix des produits primaires exportés par les économies en développement), a perdu 20% de sa valeur en mars. De plus, le chômage augmentant en Europe et en Amérique du Nord, les envois de fonds pourraient chuter. La Banque mondiale estime que les envois de fonds vers les pays à revenu faible ou intermédiaire pourraient baisser de plus de 20% cette année.

Récupération synchronisée et rapide

Au milieu de ces défis, il y a des raisons d’être optimistes quant aux perspectives de croissance de l’Afrique. La coordination mondiale de la politique économique s’est améliorée et les réponses des pays et des banques multilatérales de développement ont été exceptionnellement fortes. Cela pourrait aider à créer les conditions d’une reprise mondiale tout aussi synchronisées et rapides que le déclenchement du virus lui-même.
Dans ce contexte, les perspectives à court terme indiquent une résilience accrue des économies africaines, la production dépassant les taux de croissance tendanciels en 2021.
L’apparition de la Covid-19 et la résilience du continent dénotent « également l’approfondissement de l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale et la convergence macroéconomique mondiale en cours. »
Cela sera soutenu par une reprise mondiale synchronisée et une expansion économique robuste des principaux partenaires commerciaux de l’Afrique : l’Union européenne, la Chine, l’Inde et les États-Unis, qui représentent plus de 60% dans la totalité du commerce africain.
Au lieu de sombrer dans des trous noirs financiers – comme cela s’est produit lors de la crise de 2007-2008 – les énormes programmes de relance budgétaire et monétaire des pays aident à éviter les faillites, à réduire les insolvabilités, stimuleront la demande et le commerce mondiaux et augmenteront les prix des produits de base dans l’après-confinement.
Parallèlement, l’appui opportun des banques multilatérales de développement aide les pays les plus touchés à s’adapter aux retombées macroéconomiques induites par le virus. Grâce à leur soutien contracyclique à la liquidité, ces institutions aident les pays à faire face à des pressions aiguës sur la liquidité qui engendrent des déficits. Les dépenses de santé et sociales augmentent à mesure que les recettes fiscales et les recettes d’exportation diminuent.
La reprise dépendra également du rapport de l’Afrique à la stabilité macroéconomique devenue un pilier de la politique économique à travers le continent. Pour la première fois, la baisse des pressions et des attentes inflationnistes a permis aux banques centrales d’étendre les mesures de relance monétaire et autres réponses politiques pour soutenir les Petites et moyennes entreprises, les aidant à éviter les défauts de paiement.
Au-delà du soutien à la reprise économique, ce passage d’un objectif de politique monétaire unique (ciblage de l’inflation) au double objectif de stabilité des prix et de croissance représente un changement profond dans le paysage politique d’une région où la répression financière a jusqu’ici inhibé la croissance à long terme et la transformation structurelle.
Elle dénote également l’approfondissement de l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale et la convergence macroéconomique mondiale en cours.

Pouvoir du « capital patient »

Un autre facteur clé de l’amélioration de la résilience des pays africains est l’intensification du processus d’intégration économique intrarégionale. Bien que le commerce intra-africain reste relativement faible dans l’ensemble, il a augmenté régulièrement au cours de la dernière décennie et sert de plus en plus d’absorbeur efficace des chocs mondiaux défavorables.
Cette croissance devrait s’intensifier dans les années à venir, augmentant de moitié dans la décennie qui suivra la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange continental africain (Zlecaf). En effet, il pourrait doubler si la facilitation des échanges, plutôt qu’une simple libéralisation tarifaire, était entreprise pendant la mise en œuvre des réformes continentales d’intégration commerciale.

La crise du coronavirus devrait inciter l’Afrique à inaugurer une industrie locale d’équipements pharmaceutiques et médicaux pour renforcer la santé et la sécurité nationale et mieux préparer la région aux futures crises sanitaires.

Les échanges dans le cadre de la Zlecaf commenceront l’année prochaine, mais les avantages d’un marché entièrement intégré – qui devrait atteindre 1,7 milliard de personnes d’ici à 2030, avec un pouvoir de dépenses combiné des consommateurs et des entreprises de 6,7 billions de dollars – sont déjà importants.
L’augmentation des opportunités de croissance et des retours sur investissement soutient les flux d’investissement et déplace leur composition des ressources naturelles vers des industries manufacturières à forte intensité de main-d’œuvre, les entreprises profitant de l’augmentation de l’efficacité et des économies d’échelle.
Étant donné que la défragmentation des économies africaines permet aux entreprises de répartir le risque d’investir sur des marchés plus petits dans la région, le pouvoir du « capital patient » en tant que moteur de la croissance va s’amplifier. La pandémie, qui a fourni une nouvelle occasion de tester la résilience des économies africaines, apparaît comme une opportunité d’accélérer le rythme d’injection de « capital patient » déclenché par la Zlecaf pour soutenir la diversification des sources de croissance et renforcer le commerce intra-africain.
Alors que la gravité de la crise du coronavirus devenait apparente, les économies avancées ont tiré parti de leurs moyens financiers pour surenchérir sur d’autres pays dans les chaînes d’approvisionnement mondiales des produits Covid-19 (y compris les équipements de protection individuelle, les kits de diagnostic et de test et les ventilateurs), ce qui complique la tâche des pays africains pour les obtenir dans l’heure pour leurs besoins.
À cet égard, la pandémie a révélé les défauts du modèle de développement qui, pendant des décennies, a relié l’Afrique à l’économie mondiale exclusivement en tant qu’importateur de produits manufacturés et exportateur de matières premières et de ressources naturelles non transformées. La crise du coronavirus devrait inciter l’Afrique à inaugurer une industrie locale d’équipements pharmaceutiques et médicaux pour renforcer la santé et la sécurité nationale et mieux préparer la région aux futures crises sanitaires.
Cela aiderait à combler le trou énorme et toujours croissant de la balance des paiements du continent et à stimuler le commerce intra-africain, renforçant encore la résilience économique de la région alors qu’elle s’engage dans une trajectoire de croissance à long terme. *Hippolyte Fofack est économiste en chef d’Afreximbank
Traduit de l’anglais au français par Serges David


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