Revue de Presse du Lundi 13 Janvier 2020

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Finance Islamique: L’Etat du Sénégal rembourse 15,052 milliards FCFA de dettes le 26 janvier

https://www.financialafrik.com/-L’Etat du Sénégal procédera le 26 janvier 2020 au paiement de la marge semestrielle et au remboursement partiel de son emprunt obligataire islamique dénommé « SUKUK Etat du Sénégal 6% 2016- 2026 » pour un montant de 15,052 milliards de FCFA (22,578 millions d’euros).
Ce montant à débourser comprend 10,514 milliards de FCFA représentant le remboursement partiel de l’emprunt et 4,169 milliards de FCFA pour le profit des investisseurs.
Les autorités sénégalaise avaient lancé le 20 juin 2016 sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) , et pour la deuxième fois, un Sukuk ou obligation islamique pour un montant de 150 milliards FCFA  . En lieu et place d’un taux d’intérêt classique interdit par la loi islamique, elles avaient fixé une marge de profit de 6% à verser aux souscripteurs. L’emprunt islamique était étalé sur une durée de 10 ans, couvrant la période 2016 – 2026.
L’opération  avait été structurée  autour d’un fonds commun de titrisation de créances (FCTC) qui avait émis  15 millions de parts (Sukuk) d’une valeur nominale de 10 000 FCFA  l’unité pour les investisseurs et a reçu en retour de la liquidité pour un montant global de 150 milliards de FCFA.
Le Fonds a utilisé le produit de l’émission pour l’achat de l’usufruit des Actifs Sukuk qui étaient mis en location au Sénégal, en contrepartie d’une marge de profit de 6% par an.
L’Actif Sukuk avait consisté en l’usufruit d’une partie de l’aérogare de l’ancien aéroport international Léopold Sedar Senghor (transformé actuellement en aéroport militaire par les autorités gouvernementales) qui est constituée d’une assiette foncière de 115 hectares. L’Actif Sukuk contient les halls de départ et d’arrivée, les bâtiments de la Direction Générale, les parkings, les hangars et les bâtiments annexes.
Le Commissaire aux Comptes du FCTC, avait évalué la valeur de l’Actif Sukuk à 250 milliards de FCFA, montant largement suffisant pour couvrir l’emprunt islamique.  Albert Savana

UMOA-Titres: débat intense sur les réformes du marché financier

Les débats  ont été  intenses lors de la deuxième journée des rencontres du marché des titres publics (REMTP 2020).
S’exprimant, jeudi 9 janvier, l’expert  en finance, Abdou Cissé,  a estimé que vu la situation de l’évolution du marché des titres, il est impératif de créer un véritable modèle de gestion actif/passif conforme aux réalités du  marché financier de la zone UMOA.
Cette nouvelle approche permettra d’anticiper d’éventuels chocs exogènes provenant des grandes places boursières mondiales.
Le Consultant en Actuariat et Finance a également proposé de réadapter les réglementations aux réalités de nos marchés afin d’éviter  les chocs de demain.
Malgré la prédominance des obligations d’Etats  dans la sous-région, il faut bâtir des modèles  solides  pour que le marché  financier puisse être au service de nos économies, a pesté le CEO du groupe Cisco Consulting.
Sur cette base, le chercheur propose  de mettre en place une véritable plateforme interactive entre  les acteurs, à savoir le régulateur (conseil  régional …),  les émetteurs, les investisseurs, les intermédiaires de marché dont les Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) et les partenaires et l’Etat.
Évoquant le secteur de l’assurance, le financier reste persuadé que sans l’assurance  on ne peut pas aller en avant surtout en Afrique.
Le gestionnaire  a exhorté les Etats, premiers assureurs, à prendre  leurs  responsabilités pour booster les marchés d’assurances africains.
Intervenant  lors du panel ayant pour thème : «  traitement  prudentiel des titres souverain », Eric Lemarchand, superviseur bancaire, s’est concentré sur le rapport Fonds propres /exposition totale), fixé à un seuil de 3%  selon les dispositifs de Bâle III.
Pour  le financier, cet  outil est  un moyen pour garantir le fait que les banques n’investissent que sur les titres publics, se livrant à une éviction complète  des crédits du secteur privé.
Par ailleurs, Lemarchand a fait savoir que beaucoup d’instruments financiers dans la zone UMOA  ainsi que les réglementations  sont en conformités avec  les exigences du marché mondial.  Ibrahima jr Dia

Perspective de convergence économique 2020-2024: Le déficit budgétaire global du Sénégal prévu à 3,0% du PIB

https://www.lejecos.com/-Le taux du déficit budgétaire global du Sénégal devrait se stabiliser à 3,0% sur la période 2020-2024. Selon Aliou Diouf qui présentait le document faisant office d’études prévisionnelles sur l’économie sénégalaise, le taux d’endettement public total devrait se situer en moyenne à 48,8% sur la période sur la même période, soit en dessous du seuil de 70%.
 « Au titre de la surveillance multilatérale, sur la période 2020-2024, la politique budgétaire du Sénégal continuera de s’inscrire autour de la stratégie de recettes à moyen terme, du renforcement du contrôle et la maîtrise des dépenses fiscales mais également de la rationalisation des dépenses courantes au profit de celles d’investissement dans un contexte de mise en œuvre de la phase II du Plan Sénégal émergent(Pse) », souligne Aliou Diouf qui faisait l’exposé sur la situation économique sénégalaise à l’occasion de la troisième et dernière journée des Rencontres du marché des titres publics (Rmtp) de la zone Uemoa.
Selon M. Diouf qui représentait par ailleurs le Directeur de la dette publique Babacar Cissé, à cet effet, le déficit budgétaire global, prévu à 3,8% du PIB en 2019, devrait se stabiliser en moyenne à 3,0% sur la période 2020-2024.Il note dans la foulée qu’en ce qui concerne la dette publique, le taux d’endettement total devrait situer en moyenne à 48,8% dans la même période, soit en dessous du seuil de 70%.
Par ailleurs, souligne-t-il, le taux d’inflation serait maitrisé bien en deçà du seuil de 5% fixé dans le cadre de la surveillance multilatérale et que, s’agissant des financements auprès de la Banque centrale, le Sénégal ne pourra y recourir compte tenu de la réglementation en vigueur dans le cadre de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA).
En ce qui concerne les finances publiques, on note une bonne tenue des recettes, une certaine maîtrise des dépenses et un endettement prudent. Au-delà de cela, pour préserver le profil de viabilité de la dette, le Sénégal compte revenir sur le marché financier intérieur. D’après Aliou Diouf, en soutien aux investissements publics massifs entamés depuis 2014, la dette publique continue à progresser.
Toutefois, remarque-t-il, cette progression se fait à un rythme moyen moins accéléré que sur la période quinquennale précédente 2007-2013
« En perspective, l’encours devrait s’établir en moyenne à 48,1% sur la période 2021-2024, à la faveur notamment de la maitrise accrue du déficit budgétaire et de l’amélioration de la stratégie d’endettement », confie M. Diouf.
Qui renchérit qu’en termes d’orientations l’Etat poursuivra les ressources concessionnelles mais on va noter quand même un recours sur le marché financier régional qui permet d’éviter le surendettement.
Ce qu’il faut préciser quant au financement, laisse-t-il entendre, c’est qu’aujourd’hui le déficit qui est noté dans la loi de finance du Sénégal tourne autour de 450 milliards. Et sur ce déficit, enchaîne le représentant également du Trésor public, avec le Fonds monétaire international (FMI), « on a conclu pour le dégonflement des comptes de dépôt d’un montants 121 milliards de francs Cfa ».
Si l’on ajoute à ce déficit le dégonflement de comptes de dépôt et le refinancement de la dette qui tourne autour de 624 milliards, on voit que le besoin global est autour de 1 195 milliards d’après le participant aux Rmtp organisées annuellement par l’Agence Umoa-Titres dirigée par Adrien Diouf. « Et pour financer ce déficit, on a un programme aujourd’hui de 490 milliards de francs Cfa qu’on va lever sur le marché financier régional », informe  Aliou Diouf en conclusion.Bassirou MBAYE

EUX & NOUS :L’ECO, LES EGOS ET LEURS ECHOS PAR AMADOU KANE

http://www.sudonline.sn/–Les décisions relatives au Franc CFA et à l’ECO, annoncées le 21 décembre 2019 à Abidjan par Mr Alassane Ouattara, en sa qualité de Président de la Conférence des Chefs d’Etat de l’UEMOA et en présence du Président de la République française sont incontestablement historiques
Il n’est donc pas étonnant qu’elles aient été aussi médiatisées. Cependant, il est surprenant qu’en dépit des débats passionnés suscités par cette annonce, les questions que l’opinion se pose soient encore plus nombreuses que les préoccupations qui prévalaient avant l’annonce de cette réforme ! Et puis cette étrange impression que « tout change et… rien n’a changé ! ».
En effet, autant les mesures allant dans le sens du démantèlement des mécanismes de fonctionnement et de gestion du FCFA ont été clairement émises (changement d’appellation, clôture du compte d’opération, sortie des représentants de la France des instances de gouvernance de l’UEMOA), autant cette alternative à la monnaie actuelle reste pour le moins floue.
En outre, aucun des responsables des institutions monétaires de nos Etats n’a pu ou voulu indiquer un calendrier précis ou un chronogramme d’actions pour la concrétisation de cette réforme majeure. Et pourtant on sait qu’un projet de cette nature et de cette ampleur ne nécessite pas seulement le respect des trois critères de convergence aussi essentiels soient-ils !

Un tel projet nécessite à minima :

• de revisiter les traités et lois organisant la gestion de la monnaie, la gouvernance des institutions et le pilotage de leur devenir durant la phase intérimaire ;
• de doter les nouvelles institutions, en particulier la Banque Centrale Fédérale – dont il est question pour le moment -, de compétences adéquates et d’outils adaptés et les faire adopter à travers des instruments juridiques des plus crédibles ;
• de définir les cibles d’une politique monétaire qui puisse agir en dénominateur commun et qui soit opératoire dans les structures économiques variées et différentes de nos Etats respectifs ;
• d’arrêter de façon consensuelle le régime de change qui serait le plus optimal pour la zone avec la possibilité de procéder par un phasage des régimes. Ceux-ci pourraient être fixes au départ, « flexible encadré » par la suite et, pourquoi pas pour finir, si nous excellons dans nos politiques macro-économiques et financières, par un régime de flottement généralisé ;
• d’organiser le remplacement des signes monétaires CFA (billets et pièces) par les nouveaux signes monétaires ECO, etc..
Ces questions sont suffisamment sérieuses, importantes et complexes qu’il serait étonnant qu’on puisse achever de les discuter durant l’année 2020. Il ne faut pas, pour des questions d’ego, qu’on veuille précipiter la mise en place de la nouvelle monnaie en 2020. Ces problématiques sont tellement essentielles qu’il ne me paraît pas souhaitable d’expédier les concertations autour des sujets qu’elles soulèvent et des solutions consensuelles fortes qu’elles appellent. Et ce serait d’autant moins souhaitable qu’il y aurait certainement besoin, à des moments donnés du processus, en sus de la voie parlementaire, de consulter nos populations pour recueillir leurs avis de la façon la plus appropriée.
Dès lors, le piège que nous devrions éviter à tout prix serait de jeter l’opprobre sur l’ECO, du simple fait que ce serait le Président OUATTARA en présence du Président MACRON,  qui aurait annoncé que les pays de l’UEMOA allaient l’adopter en substitution du FCFA ! Nous ne devrions pas « jeter le bébé avec l’eau du bain ! »
En effet, on doit se souvenir que l’adoption de l’ECO et du statut fédéral de sa Banque Centrale, l’accord donné par la CEDEAO aux pays répondant aux critères de convergence de démarrer l’aventure de la monnaie commune, sont autant de décisions antérieures aux annonces du 21 décembre 2019. Il faudra en conséquence s’approprier dès maintenant le projet et le poursuivre dans l’esprit originel des Autorités de la CEDEAO afin de parvenir, à terme, à la monnaie commune visée.
Une telle attitude est confortée par la position officielle du Ghana qui se réjouissait le 28 Décembre 2019 de la décision des Etats de l’UEMOA sur l’ECO et annonçait son intention de les rejoindre. Elle est également encouragée par la décision du Sommet des Chefs d’Etat de la CEDEAO du 21 Décembre 2019 qui en prenait acte et se félicitait de la décision de l’UEMOA en indiquant que cette « réforme de la zone monétaire de l’UEMOA facilitera son intégration dans la future zone monétaire ECO de la CEDEAO. »
Au demeurant, il ne faudrait pas que le fort désir d’union qui doit nous habiter pour réussir cette monnaie commune au niveau de la CEDEAO occulte le fait que nous n’avons pas tous et toujours les mêmes intérêts en matière de politique monétaire pro-active ou de fixation des taux de change.
C’est pour cela également que les discussions entre les Etats partenaires ne devraient pas conduire à des consensus mous. Les décisions et engagements arrêtés devraient résulter de négociations sérieuses et soutenues  de telle sorte que chacun puisse évaluer et apprécier ce qu’il y gagne et ce qu’il y perd.
Je suis un partisan de l’intégration africaine comme peuvent en attester mes expériences professionnelles, que ce soit dans la fonction publique internationale à la BOAD, dans les organes de gouvernance de groupes privés panafricains en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale ou encore à travers ma participation reconnue aux côtés de la BAD, dans la création du Fonds d’Investissement AFRICA 50 dédié aux financements des infrastructures sur tout le continent. Je n’en suis pas moins convaincu qu’il faut traiter sérieusement les intérêts, quelques fois divergents, des uns et des autres, se préparer à des discussions complexes et des arbitrages douloureux, afin que l’espace CEDEAO reste cohérent et attractif et que la nouvelle monnaie ECO participe efficacement à la transformation et au renforcement des diverses structures économiques nationales dans l’intérêt bien compris des populations de la CEDEAO. En définitive, il s’agit d’arriver à consolider la Communauté et non de satelliser certains Etats voire, pire encore, d’en vassaliser d’autres !
C’est pour cela qu’il est fondamental, dès le départ, qu’à côté du puissant Nigéria il y ait au moins un pôle soudé comme les huit anciens pays de l’UMOA – bénéficiant de la forte expertise et expérience de la BCEAO pour faire avancer, avec équilibre, la communauté à l’instar du rôle que jouèrent l’Allemagne et la France pour faire progresser l’Union Européenne à ses débuts.
Bien entendu la solution optimale serait, dans le sillage de son annonce du 28 Décembre 2019, que le Ghana accepte de rejoindre les pays de l’UEMOA au début de leur période ECO pour que ce nouveau bloc puisse mieux négocier avec le puissant Nigéria dans les mois à venir.
Il est tout aussi fondamental que l’énergie mise par tous les groupes d’acteurs sociaux pour arriver au résultat obtenu soit dorénavant positivement tournée vers les autorités des Etats de la CEDEAO pour accélérer l’unité de gouvernance politique de notre sous-région. Ce serait en effet la seule façon de garantir la parfaite application des politiques monétaires dévolues aux futures institutions centrales appelées à gérer l’ECO.Amadou KANE,Ancien Ministre de l’Économie et des Finances

L’ECONOMOSTE MARTIAL ZE BELINGA SUR L’AVENEMENT DE L’ECO: Les réserves de change sont un outil de développement

http://lesoleil.sn/Il fait partie de ces intellectuels africains qui détiennent le savoir et aiment le partager avec les autres. Spécialiste des sciences sociales, économiste, chercheur indépendant et consultant international, le Camerounais Martial Ze Belinga est également membre du Comité scientifique international de l’Histoire générale de l’Afrique de l’Unesco. Rencontré à Abidjan, lors des festivités marquant les 55 ans du quotidien «Fraternité Matin», il a accordé un entretien au journal «Le Soleil». Il y aborde les questions relatives au panafricanisme, à la réussite de la Zleca et à la monnaie africaine. Mais surtout les enjeux du passage, dans l’espace Uemoa, du Franc Cfa à l’Eco.
Vous venez d’assister aux festivités marquant les 55 ans du journal «Fraternité Matin» de la Côte d’Ivoire. Une cérémonie organisée en collaboration avec le Groupement des éditeurs de presse publique de l’Afrique de l’Ouest (Geppao). Le thème principal était : «Entre replis identitaires et panafricanisme, quelles perspectives pour la Zleca». Que vous inspire une telle thématique ?
Le thème du panafricanisme, sa résurgence et ses prolongements sont une excellente nouvelle qui paraît traduire l’esprit de notre période. Alors que les grands dispositifs institutionnels du panafricanisme économique sont en gestation avec l’intégration continentale (Agenda 2063), commerciale (Zleca), monétaire (Eco), humaine (passeport africain) et infrastructurelle, il est important de souligner les obstacles et défis à relever, en particulier ceux résidant dans les différentes formes d’instrumentalisation des identités par les élites, moyens apparemment efficaces pour constituer un capital de partisans ou un «cheptel électoral». Les peuples doivent être préparés à résister à la manipulation de leur identité, à la fragmentation des États et communautés dans le but de servir des ambitions égoïstes. Ces tentations fratricides bénéficient, en définitive, à un ordre mondial injuste au sein duquel l’Afrique est, dans son ensemble, captive et paupérisée.
Que pensez-vous des thématiques développées dans les sept panels choisis par «Fraternité Matin» ?
Il n’est pas aisé, le temps d’un forum, même de deux jours, d’aborder le panafricanisme économique et ses outils en cours d’élaboration et d’implémentation de façon exhaustive et intelligible. Il faut, par conséquent, saluer le travail du Comité scientifique qui a su insérer cette grande problématique dans son cadre historique en déclinant les différentes dimensions en cours de développement (commerce, monnaie, finance, logistique, gouvernance). Les défis et obstacles ont été soulignés avec la question identitaire – au fond, la qualité des élites de toutes espèces – celles sécuritaires, la superposition des agendas (Zleca, communautés régionales), etc.
L’on a senti un optimisme critique et vigilant s’exprimer loin d’une théologie aveugle, une lecture à plusieurs entrées envisageant le panafricanisme économique comme un cadre général de solutions à des questions concrètes : emploi des jeunes, inclusion, industrialisation, bien-être des populations… Il y aurait eu une place pour les questions culturelles et d’éducation, les humanités panafricaines en somme, que je ne m’en serais pas plaint. Les langues sont très importantes dans les processus d’intégration, de même que le partage de références historiques et culturelles. J’encourage les organisations de presse comme le Geppao à continuer ce travail déjà très satisfaisant en l’ouvrant davantage aux autres aires géographiques (lusophone, hispanophone, anglophone), afin de pratiquer le plus possible le panafricanisme en le disant.
La Zleca reste une opportunité pour les Africains, mais des craintes demeurent, notamment du côté du secteur privé. Que peut-on retenir des textes de cette Zone de libre-échange ?
La Zleca prend la suite d’un ensemble de propositions historiques panafricaines qui avaient diagnostiqué les limites de l’économie coloniale avec les pays mono-exportateurs de matières premières. Plus d’un demi-siècle après ces constats affirmés lors des grands congrès panafricains (Manchester, Accra…), force est de reconnaître que les pays africains ont gardé une structure des exportations dominée par des matières premières approvisionnant les pays industrialisés et une faiblesse de la production locale pour les marchés locaux (le problème de l’autosuffisance). La stratégie de la Zleca, suivant de loin le Plan d’action de Lagos (1980), la création de la Communauté économique africaine (1991) et l’Agenda 2063 de l’Union africaine (2013), tente de promouvoir les échanges intra-africains qui culminent, aujourd’hui, autour de 15 à 18 % ; ce qui est insuffisant comparé aux autres continents. La première mouture du projet, actuellement discuté, est d’inspiration «néolibérale» dans le sens où le texte se fond dans les usages de l’Omc, du principe de libéralisation économique total comme voie quasi unique d’amélioration des conditions économiques d’existence.
Cependant, le traité de la Zleca a adopté une démarche contenant des mesures d’adaptation. Le protocole sur le commerce des marchandises a pour principe un traitement dit «spécial et différencié» (article 6) qui prévoit des flexibilités, des périodes transitoires additionnelles et considérations spéciales à chaque situation. Les pays pourront alors spécifier, s’ils l’expriment, des listes de produits à exclure de la liquidation des barrières tarifaires et non tarifaires, pour un délai encadré. Ils pourront également proposer et justifier des secteurs à protéger, des produits sensibles pour l’équilibre des balances commerciales par exemple (articles 19, 24, 26, 28), etc. Ces mesures de sauvegarde préférentielles et exceptionnelles supposent que chaque pays, en concertation avec les parties prenantes – chercheurs, experts, secteur privé, Pme/Tpe, société civile – bâtisse une stratégie industrielle inclusive par rapport à la Zleca. Je rajoute que le traité prévoit des révisions tous les cinq ans.
Lors du panel 5 portant sur l’intégration économique et monétaire que vous avez animé avec d’autres économistes de renom, vous soutenez que cette intégration n’est pas un fait nouveau sur le continent. Expliquez-vous.
Comme vous savez, le continent africain est le premier à avoir développé un État structuré de grande taille, organisé, progressivement monétarisé avec l’Égypte antique, trois millénaires avant notre ère, contrairement aux allégations fausses et suffisantes du rapport Strauss-Kahn sur le franc Cfa (avril 2018). Ce rapport, il faut le rappeler, affirme, au XXIème siècle, après huit volumes de référence produits par l’Unesco sur l’Histoire générale de l’Afrique, l’inexistence de l’«État» en Afrique avant la colonisation et «la persistance de traditions tribales».
Le royaume africain d’Égypte pharaonique, avec la réunification du nord et du sud du pays, utilisait un système de paiement avec une monnaie qui servait d’unité de compte et de moyen d’échange, une monnaie moderne, le Shat. Les royaumes et empires ouest-africains étaient investis dans les commerces avec leurs voisins ainsi que le commerce à longue distance. L’or, la poudre d’or, les cauris (réappropriés) et différents métaux servaient d’instruments d’échange au sein de vastes espaces interconnectés. Les règles de suzeraineté et de gouvernance des États, les tributs à verser, tout cela générait des transactions de toutes sortes et des formes d’intégration économique.
Contrairement à des préjugés très répandus, le troc était très rare. Si les Nzimbu, coquillages communément acceptés dans les échanges au sein du au royaume du Congo et gérés, de façon monopolistique, par la royauté jusqu’au 17ème/18ème siècle, pouvaient constituer une forme de zone monétaire, des relations commerciales existaient bien entre l’Afrique du Nord sous domination ottomane et le Kanem Bornou, par exemple. Au XVème siècle, ces relations prévoyaient la liberté de circulation des personnes, en particulier des commerçants, ainsi que l’attestent plusieurs lettres consignées aux Archives de la Présidence du Conseil à Istanbul. Comme le disait, en 1906, le juriste Pixley Seme, un des fondateurs du Congrès national africain (Anc, parti politique sud-africain), lors d’un discours resté célèbre sur la régénération du continent, «l’Afrique n’est pas un prolétaire dans le monde des sciences et des arts». En effet, sa longue expérience, y compris économique et monétaire, lui permet d’affronter, par elle-même, les défis de ses modernités à partir de son histoire ouverte sur les enseignements de toutes les civilisations du monde.
Depuis 1945, les Africains ne cessent de chercher à changer de paradigme, sans jamais y parvenir. Comment faire pour réussir alors la Zlecaf et surtout une politique monétaire commune ?
Effectivement, le Congrès panafricain de Manchester, en 1945, relevait déjà les limites des mono-exportations de matières premières. Mais, les États qui accédaient à la souveraineté politique plus ou moins effective devaient d’abord s’appuyer sur les ressources existantes que sont : les matières premières. Celles-ci, avec les fluctuations imprévisibles et incontrôlables des cours, ont plongé les pays dans une dépendance dont ils n’ont pas su et pu réduire. Et ce, en développant un tissu industriel compétitif dans un contexte de concurrence universelle croissante et d’une géopolitique mondiale dans laquelle ils étaient insérés de gré ou de force.
Aujourd’hui, dans un monde multipolaire marqué par de nouveaux entrants (Chine, Inde, Turquie, Corée, Japon…), les marges de manœuvre africaines sont plus négociables. Le changement de paradigme est une question urgente de survie. La raison en est simple : l’Afrique porte le plus grand accroissement démographique du monde et, parallèlement, les politiques de développement ou d’émergence parviennent peu à absorber les millions de jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année. Les autorités sont obligées de faire preuve de davantage de volontarisme vis-à-vis de la nouvelle stratégie intra-africaine. De plus, des chances supplémentaires de réaliser l’intégration économique par étapes, à rythmes différenciés, mais avec des sauts qualitatifs aussi (innovations), s’offrent désormais du fait que les Africains ont appris des erreurs et ratés des stratégies précédentes.
Vous appelez les Africains à sortir de la «colonialité» de la connaissance. Qu’est-ce à dire ?
Par le fait de l’éducation sur les modèles «après-coloniaux» dominants, par l’effet de l’ordre occidental hiérarchisé des savoirs sur la production des connaissances africaines, par l’usage des langues d’emprunt et des écritures d’ailleurs, les imaginaires, les systèmes de référence des élites africaines sont généralement centrés sur l’expérience euro-américaine. La conséquence est que nous peinons à penser des réalités ne se présentant pas dans les séquences connues ou étudiées en Occident. Ce trait caractéristique de la psyché des colonisés est un obstacle réel à l’innovation et à l’imagination de solutions endogènes africaines. C’est aussi pour cela qu’il est important de rappeler que l’Afrique a une histoire et des savoirs monétaires et d’intégration avant la domination européenne et qu’elle peut penser son futur à tous égards à partir de ses propres ressources, ouvertes sur la richesse du monde, avec volonté, effort, méthode et éthique.
Vous évoquez aussi trois légitimités concernant le panafricanisme économique. Quelles sont-elles ?
De bonne heure, le panafricanisme a saisi et éclairé les peuples sur la nécessité de la souveraineté, celles de la solidarité et de l’unité sous toutes ses formes, opposées au racisme et à la ségrégation frappant les Noirs dans le monde. Or, la solidarité et l’unité éthique ou politique renvoient, dans le registre économique, à l’intégration, à l’échange intra-africain, à la coopération et à la recherche de synergies à l’échelle continentale et au niveau de la diaspora. Le panafricanisme a tenu cette proposition dès la période des indépendances. Une suggestion qui a été renforcée par une production importante de textes, chartes, conventions et plans d’action générateurs d’un consensus assez répandu (Agenda 2063). La quête de vastes marchés proches pour amortir des investissements lourds, réaliser des spécialisations fines et développer des filières compétitives est en écho avec les projets d’intégration régionale et continentale.
Enfin, l’épuisement du modèle colonial de l’échange inégal Nord-Sud est patent. L’Uemoa en est une paradoxale illustration actualisée puisque malgré des performances macroéconomiques a priori très satisfaisantes – forte croissance, faible inflation, réduction des déficits – l’effet sur l’emploi reste très insuffisant, l’industrialisation stagnante et les indicateurs de développement peu sensibles (éducation, santé, pauvreté). Donc, il est désormais vital d’envisager une autre stratégie et de sortir de l’unique voie de la vente de matières premières. Ce, avec un contenu local stimulé bénéficiant d’une protection fine et transitoire (protectionnisme éducateur ou transformationnel).
Le panafricanisme économique jouit ainsi d’une légitimité historique et populaire, d’une légitimité positive empirique et théorique (la régionalisation de l’économie), d’une légitimité négative par l’échec du paradigme dominant de l’échange inégal de matières premières.
Depuis des années, dans vos différentes communications, vous soutenez que le Franc Cfa n’est pas une monnaie transformationnelle, au point qu’on vous taxe d’anti-Franc Cfa. Vous répondez non alors que dans vos propos, vous ne semblez pas croire à cette devise ? Par ailleurs, qu’est-ce qu’une monnaie transformationnelle ?
Le Franc Cfa est le passé des Africains et sa survivance un passif. C’est un instrument taillé sur mesure pour régler les relations entre, d’un côté, la métropole, désireuse de drainer des ressources coloniales (café, cacao, bois, coton, arachide…), par toutes les coercitions possibles et, de l’autre, les territoires sous domination. Le fait est que, au prix de la souveraineté des pays, le Franc Cfa aura été trop coûteux (paiements internationaux réalisés à Paris). Dès lors, il n’y aurait pas eu de gains de niveau de vie et de développement. De plus, alors que les autres pays ont engrangé de l’expérience dans l’apprentissage de la gestion d’une monnaie moderne, volatile et exigeante, les pays de la zone se sont reposés sur la tutelle française, puis la double tutelle franco-européenne. Aussi, 10 pays sur 14 appartenant à la zone Franc sont considérés comme des Pma (Pays les moins avancés).
Il existe d’autres arguments pour la caducité du Franc Cfa : lorsque des pays riches en matières premières et pauvres industriellement appartiennent au même espace économique qu’un pays pauvre en matières premières et riche en produits industriels, c’est ce dernier qui profite de l’échange. C’est ce qui s’est passé avant la pénétration chinoise et qui illustre bien l’impossibilité de la zone Franc à produire des bénéfices partagés et une logique de développement.
Une monnaie transformationnelle a pour objectifs l’industrialisation (contemporaine), l’augmentation de la valeur ajoutée manufacturière, la diversification productive, l’insertion dans la sous-traitance mondiale, etc. C’est un tout autre écosystème monétaire au sein duquel les critères de convergence macroéconomiques restent importants, mais ne sont pas premiers. On pourrait accepter davantage d’inflation si on créait davantage de richesses, d’entreprises compétitives et d’emplois décents.
À mon humble avis, les prochaines monnaies africaines devront être panafricaines (souveraines et solidaires), transformationnelles (orientées vers les politiques industrielles), alternatives (ouvertes aux innovations monétaires), et holistiques (intégrant l’aspect sociétal de la monnaie). Je résume ces caractéristiques par l’acronyme Ptah, nom du dieu égyptien de la création sous l’Ancien Empire. On peut, au passage, rendre hommage à Cheikh Anta Diop qui a ravivé l’ancestralité africaine de l’Égypte restituée aux Africains contemporains.
Les Présidents Ouattara et Macron ont annoncé, le 21 décembre dernier, alors que vous étiez en Côte d’Ivoire, la fin du Franc Cfa qui sera remplacé, en 2020, par l’Eco qui deviendra la monnaie de la Cedeao. Que vous inspire une telle réforme ?
J’attire votre attention sur les risques de surinterprétation des annonces qui ont été faites en l’absence d’une nouvelle convention consultable entre le Gouvernement français et l’Uemoa. Les quatre dispositifs du Franc Cfa sont maintenus sauf la centralisation des réserves. La monnaie est définie par rapport à l’euro et sa parité est fixe (transitoire ?) ; ce qui a été très critiqué depuis les années 1960. La politique monétaire resterait, par conséquent, la même suivant cette annonce, peut-être provisoirement. Il y a plus inquiétant, sous réserve de clarification des contenus. Cet Eco serait lié à l’euro et… «garanti» par la France pour, est-il avancé, réduire les risques de fuites des capitaux (?). Or, l’Eco créé par la Cedeao aura un taux de change flexible et devrait, en toute vraisemblance, être adossé à un panier de devises commerçant avec les pays africains (yuan, dollar, yen, rand, euro, livre sterling…), et doté d’une banque centrale de type fédéral. L’ambiguïté générée par l’utilisation surprenante d’une dénomination (Eco), appartenant à la Cedeao, avec pour code officiel Ec, rend le projet de l’Uemoa peu lisible, voire peu crédible. Il risque d’entacher le processus de l’Eco originel et réel, celui de l’intégration monétaire ouest-africaine.
En effet, si l’Eco devait voir le jour en 2020, ne serait-ce que sous une forme symbolique, y avait-il urgence à reprendre ce nom pour le Franc Cfa finissant et d’y mettre un contenu perçu comme différent, même transitoirement ? Ceci laisse la porte ouverte aux interprétations d’un «Eco Cfa», d’un «Franc Cfa bis», voire d’un «Franc Cfa augmenté», quand on sait que nombre d’experts français ont recommandé non pas l’abolition du Franc Cfa, mais son extension réformée à des pays anglophones à l’exclusion du Nigeria (rapport Védrine-Zinsou, 2013). L’acquis, c’est que les pays de la bientôt ancienne zone Franc vont désormais devoir inventer leurs institutions monétaires et la période actuelle paraît s’inscrire dans une phase transitoire de changements plus profonds.
Quel est le montant de ces réserves versées jusque-là au Trésor français ?
Le montant des réserves varie avec la situation des échanges extérieurs de marchandises, de services et de capitaux. Un point quotidien est fait par les banques centrales africaines et envoyé au Trésor français, et les soldes sont rémunérés (0,75 %). Dans l’Uemoa en croissance économique significative et bénéficiant d’une crédibilité financière, le stock des réserves se montait à 8.561 milliards de FCfa en fin décembre 2018 (environ 13 milliards d’euros), soit 12,4 % du Pib nominal de l’espace Umoa, représentant presque cinq mois d’importations et un taux de couverture de l’émission monétaire de 77 % au-dessus du taux statutaire de 20 %.
Quel est l’enjeu derrière le contrôle des réserves de change qui va revenir aux pays de l’Uemoa ?
L’enjeu du contrôle des réserves se décline à quatre niveaux. Le premier, c’est le financement des achats internationaux à partir des devises gagnées par chaque pays. Les réserves assurent cette fonction, mais elles sont normalement logées ou utilisées à cette fin par des banques centrales, généralement pas par un service (Trésor public) qui relève du Ministère des Finances d’un pays étranger.
Au deuxième niveau, la centralisation des réserves et l’utilisation du marché des changes de Paris pour les paiements internationaux fournissent au Trésor français une information stratégique sur les 15 pays de la zone en incluant les Comores. Cette part invisible et qualitative de la souveraineté n’est pas toujours clairement perçue. Elle est pourtant d’une importance stratégique éminente.
Le troisième niveau, c’est que disposer de ses réserves, c’est avoir à sa portée un outil financier et de développement. Bien sûr, on ne peut pas réinjecter les réserves dans les économies puisqu’elles correspondent à des créances d’acteurs économiques, mais plusieurs pays ont réussi, avec une gestion rigoureuse et active de leurs devises, à mettre sur pied des fonds souverains et à contribuer au financement des investissements productifs. Une telle option est fort peu probable si les réserves sont totalement ou partiellement inaccessibles. La littérature économique sur l’utilisation des réserves est malheureusement négligée en zone Franc. Pourtant on sait au moins, depuis l’insistance de l’économiste et banquier central de la Barbade Courtney Blackman, que les réserves sont un instrument économique essentiel, particulièrement pour les pays en développement.
Enfin, le quatrième niveau concerne l’intérêt de la France à détenir les réserves africaines. Le soupçon permanent, vécu très émotionnellement par beaucoup, est que la France utiliserait ces réserves pour ses besoins propres. À ce sujet, les banques centrales africaines répondent que ces réserves sont rémunérées à des taux acceptables compte tenu des prix du marché. Il est certain que si le Trésor rémunère ces dépôts, c’est qu’il peut vraisemblablement les faire fructifier sur les marchés.
On note une hétérogénéité des économies de la Cedeao avec des exportateurs de matières premières en première ligne.Comment trouver le juste milieu monétaire qui tienne compte des intérêts de tous ?
Il est difficile de créer des zones monétaires entre semblables. L’hétérogénéité est aussi source de richesse et d’équilibre dans la mesure où certaines régions pourraient être en récession quand d’autres seraient en croissance. Avec un peu de flexibilité, l’activité pourrait, en partie, se déplacer vers les régions plus dynamiques. Il faut travailler à trouver le régime de change le plus proche des économies, le niveau de taux change idoine, les règles de gouvernance et, au besoin, de transferts permettant de soutenir des activités exposées par les contraintes de la monnaie unique.
La solution monétaire devra rester ouverte et dynamique. Elle va devoir également mobiliser une expertise de très haut niveau, acceptant l’innovation institutionnelle, car les caractéristiques de la Cedeao ne sont ni celles de l’Union européenne ni celles des États-Unis. Il faut tout de même souligner que l’Asie commerce principalement avec elle-même, sans monnaie commune ni union douanière.
Il subsiste des questions techniques, telles que le processus de mise en circulation des billets et pièces d’Eco et l’intégration des autres pays de la Cedeao. Cela ne risque-t-il pas de prendre beaucoup de temps ?
Vous vous trompez lorsque vous parlez de l’intégration des autres pays de la Cedeao. C’est l’«Eco Uemoa» ou «Eco-Cfa» postérieur à la décision des 15 pays et qui s’intégrerait à l’Eco (Cedeao) aux conditions définis par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que le précise le communiqué faisant suite à la 56ème Session ordinaire du Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement du 21 décembre 2019. Le cadre réglementaire n’est pas encore prêt. Idem pour les statuts de la Banque centrale, l’harmonisation des règles monétaires, etc. Cela prendra du temps. Le Ministre nigérian des Finances l’a dit à plusieurs reprises, le Président du Bénin également. Les aspects de fabrication des signes monétaires ne devraient pas être trop problématiques puisque le Ghana et le Nigeria façonnent leurs propres monnaies.
Pensez-vous que la Bceao est suffisamment outillée pour réussir cette réforme ?
C’est une réforme à réaliser dans le cadre de la Cedeao. Et cette institution devra trouver les ressources africaines en son sein et en dehors pour remplir la promesse qu’elle a faite de son plein gré, au risque de perdre définitivement toute crédibilité. C’est un apprentissage. Il y a des ressources africaines et un temps d’apprentissage incompressible, mais il faudra déjà construire une cadre réglementaire et théorique rigoureux.
Considérez-vous que la disparition du Franc Cfa soit l’aboutissement du combat citoyen dans nos États et dans la diaspora ?
Nous sommes dans une phase transitoire où le Franc Cfa a tellement perdu de légitimité qu’il suscite un rejet quasi épidermique longtemps renforcé par la volonté des institutions de la zone de réduire les critiques à des aspects symboliques et idéologiques ou d’incompétence intellectuelle présumée. Il y a encore beaucoup de travail. Certains médias dont «Le Soleil» ont, à ce jour, joué un rôle extrêmement important en ouvrant leurs colonnes aux critiques, aux alternatives. Ils sont des acteurs du changement et je les invite à continuer dans ce sens.
Mais, ne faut-il pas reconnaître qu’il a trouvé une oreille attentive du côté des Chefs d’État ?
C’est sans doute au confluent de trois dynamiques que la phase transitoire actuelle a germé. La très ancienne critique des politiques, étouffée mais jamais éteinte, depuis les indépendances avec Sékou Touré, Modibo Keïta, Olympio, plus tard Eyadema, Haman Diori, etc. – l’Afrique centrale n’ayant pas signé, à l’époque, de traité d’union monétaire – les critiques constantes des économistes dont Tchundjang Pouémi en ayant donné la quintessence en son temps, précédé d’un Osendé Afana ou d’un Samir Amin, suivi par les nombreuses répliques, raffinements et élargissements contemporains avec les Demba Dembélé, Mamadou Koulibaly, Nubukpo et, enfin, l’émergence d’un mouvement social pour la démocratie, contre les Ape, la Françafrique, le Franc Cfa notamment ont convergé au point de constituer un bloc idéologique et de mobilisation inédit.
Pensez-vous que cette «souveraineté monétaire» que d’autres qualifient d’indépendance financière permettra d’apporter des solutions aux problèmes de nos pays ?
Lorsque les Africains reprendront leur souveraineté monétaire, c’est-à-dire la possibilité de mener des politiques monétaires, de change au regard de leur intérêt collectif, ils pourront davantage affecter le crédit à la transformation des économies. Ils pourront utiliser, de façon plus active et innovante, les réserves de change. Ce n’est pas encore le cas. Le nouveau cadre est transitoire et reste lié à l’ancien. Il faudra, en outre, penser en profondeur les arrangements monétaires futurs dans une perspective holistique. De même, une volonté africaine décuplée pour aborder ces défis sera de mise. Toutefois, la monnaie ne réglera pas tous les problèmes, c’est évident.
Notre secteur bancaire est presque entièrement détenu par des Français. Peut-on réussir les réformes dans un tel contexte ?
L’africanisation du secteur bancaire en zone Franc a beaucoup progressé avec de plus en plus de banques locales, régionales et nord-africaines. C’est une bonne nouvelle pour le secteur privé local. Cette tendance devra être soutenue par les pouvoirs publics qui devront, à mon sens, accorder plus de place que par le passé au financement productif et à la diversification des filières. En effet, c’est avec des économies plus diversifiées et moins dépendantes des matières premières que la stabilité des monnaies à venir sera garantie.
Cette réforme du Franc Cfa ne concerne pas, pour l’instant, les pays d’Afrique centrale liés à la France par la même monnaie. N’est-ce pas paradoxal ?
Les pays de la Cemac sont nécessairement impactés par la réforme en cours et la transition engagée est désormais officiellement abordée par les Chefs d’État d’Afrique centrale dont certains ont pris clairement position pour une évolution vers une monnaie gérée par les Africains. C’est le cas des Présidents tchadien et équato-guinéen. Plus officiellement, le Sommet extraordinaire des pays de la Cemac, tenu le 22 novembre 2019, a désigné une commission chargée de faire des propositions sur l’évolution de la coopération monétaire avec la France et sur une monnaie commune. On peut penser que la réforme est également lancée et qu’il sera très difficile de faire machine arrière. Le moment paraît donc opportun pour aborder la question de la réforme monétaire en zone Cemac et entrer en discussion avec la Cedeao.Entretien réalisé par Daouda MANÉ (envoyé spécial à Abidjan)
Le FMI Approuve Un Nouveau «ICPE» Pour Le Sénégal
Le Conseil d’administration du FMI approuve un Instrument triennal de coordination des politiques économiques (ICPE) pour le Sénégal
Le 10 janvier 2020, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un nouvel instrument triennal de coordination des politiques (ICPE) pour le Sénégal. [1]
L’ICPE pour le Sénégal s’appuiera sur les enseignements des programmes précédents soutenus par le FMI. Il vise à soutenir les efforts des autorités pour consolider la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance durable et inclusive. Les revues du programme ont lieu selon un calendrier fixe semestriel. Bien que l’ICPE n’implique aucune utilisation des ressources financières du FMI, l’achèvement des revues prévues dans ce programme aiderait à signaler l’engagement du Sénégal à poursuivre des politiques économiques et des réformes structurelles fortes.
À l’issue de la discussion du Conseil d’administration, M. Tao Zhang, Directeur général adjoint et président par intérim, a déclaré :
«Les performances économiques du Sénégal au cours de la première phase du Plan Sénégal Emergent ont été solides. La croissance a été robuste, portée par des conditions extérieures favorables et d’importants investissements publics, dans le contexte d’une amélioration de l’environnement des affaires. Bien que la dette publique ait augmenté et que le déficit du compte courant se soit creusé, les perspectives restent favorables, à condition que les autorités poursuivent leur stratégie de réforme globale et les mesures visant à consolider la stabilité macroéconomique.
«Le programme économique des autorités soutenu par l’Instrument de coordination des politiques économiques (ICPE) vise à atteindre une croissance élevée, durable et inclusive, à consolider la stabilité macroéconomique grâce à une politique budgétaire prudente et une gestion saine de la dette, et à gérer le secteur pétrolier et gazier de manière transparente. L’ICPE fournira un cadre approprié pour un dialogue étroit sur les politiques publiques et signalera les priorités en termes de politiques publiques et les engagements de réforme aux partenaires de développement.
«L’accent mis sur les réformes visant la promotion d’une croissance tirée par le secteur privé et inclusive est le bienvenu. Les politiques de soutien au développement du secteur privé devront être bien ciblées et efficaces pour atteindre les objectifs du programme.
«La politique budgétaire sera ancrée par le critère de convergence de l’UEMOA pour limiter le déficit budgétaire à 3% du PIB. Des progrès supplémentaires sont nécessaires pour mieux évaluer et maîtriser les risques budgétaires, notamment en apurant les obligations non apurées de 2017 et 2018, en améliorant la comptabilisation et le suivi des arriérés, en éliminant les opérations en dessous de la ligne et en en assurant une meilleure gestion des subventions.
«La mobilisation accrue des recettes intérieures et l’efficacité des dépenses seront essentielles pour créer davantage d’espace budgétaire. La stratégie de recettes à moyen terme vise de manière appropriée une augmentation du ratio impôts / PIB à 20% du PIB d’ici 2023.
«La production future de pétrole et de gaz devrait avoir des avantages économiques substantiels. L’engagement ferme du gouvernement à mettre en place un cadre transparent pour gérer les revenus du pétrole et du gaz est le bienvenu. »
ANNEXE
Développements économiques récents
La croissance économique a été en moyenne de 6,5% au cours des cinq dernières années, stimulée par les investissements publics dans le cadre de la phase I de la stratégie de développement du Sénégal, le «Plan Sénégal Émergent» (PSE), ainsi que par une forte consommation privée. Les besoins élevés de financement public ont entraîné une augmentation rapide de la dette publique et un creusement du déficit du compte courant. La croissance économique est estimée à 6% en 2019 et l’inflation reste faible à 1,3% pour la période de 12 mois se terminant en octobre. Le déficit du compte courant s’est creusé en 2018 pour atteindre 8,8% du PIB en raison de l’augmentation des importations d’énergie et de biens d’équipement.
Les perspectives économiques restent favorables. Après avoir quelque peu ralenti en 2019, la croissance devrait s’accélérer à 7% en 2020-2021, soutenue par la deuxième phase du PSE, une activité robuste dans l’agriculture et les services et une augmentation des investissements liés aux hydrocarbures, ce qui entraînerait également un élargissement temporaire du déficit du compte courant à environ 11% du PIB. Les risques pesant sur les perspectives découlent principalement de l’augmentation des menaces à la sécurité dans la région, de l’augmentation des barrières commerciales et de la forte variation des prix de l’énergie.
Résumé du programme
Le programme qui sera soutenu par le nouveau ICPE est pleinement aligné avec la deuxième phase du PSE des autorités et s’articule autour de trois piliers principaux : (i) réaliser une croissance élevée, durable et inclusive; (ii) consolider la stabilité macroéconomique par une politique budgétaire prudente, notamment en augmentant l’efficacité des recettes et des dépenses, et une saine gestion de la dette; et (iii) gérer le secteur pétrolier et gazier de manière durable et transparente.
Les engagements de réforme visant à promouvoir une croissance inclusive comprennent l’amélioration du système judiciaire, les compétences de la main-d’œuvre, l’accès à la terre et au crédit, le fonctionnement du marché du travail et l’inclusion financière. La politique budgétaire des autorités vise à consolider la stabilité macroéconomique en ciblant un déficit de 3% du PIB tout au long de la période de programmation, conformément au critère de convergence de l’UEMOA. Une stratégie de mobilisation des recettes intérieures à moyen terme est en cours d’élaboration dans le but d’augmenter le ratio impôts / PIB à 20% d’ici 2023. L’objectif des autorités est de mettre en place un cadre de gouvernance solide et transparent pour régir le secteur des hydrocarbures et le cadre juridique et fiscal est en cours d’adaptation, conformément aux meilleures pratiques internationales.
[1] L’ICPE est accessible à tous les membres du FMI qui n’ont pas besoin des ressources financières du Fonds au moment de l’approbation. Il est conçu pour les pays cherchant à démontrer leur attachement à un programme de réforme ou à débloquer et coordonner le financement d’autres créanciers officiels ou investisseurs privés.
(voir https://www.imf.org/en/About/Factsheets/Sheets/2017/07/25/policy-coordination-instrument).

PLAFONNEMENT DE L’ENDETTEMENT: Ces Risques Qui Planent Sur Le Sénégal

http://www.walf-groupe.com/Le passage du Sénégal au statut de pays à risque de surendettement faible à modéré peut se révéler douloureux pour le gouvernement. Avec l’élargissent du périmètre de la dette de l’Etat central, le pays n’aura plus la liberté de faire ce qu’il veut puisque ses décaissements extérieurs seront strictement surveillés. Ce qui ne semble augurer rien de bon pour le plan Sénégal émergent (Pse). Mais le directeur du Budget, Moustapha Bâ, dissipe toutes ces craintes. 
On comprend mieux pourquoi le Président Macky Sall fustige les classifications et autres notations qui, selon lui, handicapent les pays africains dans leur stratégie d’endettement. La «dégradation» de la note du Sénégal qui est désormais classé dans la catégorie des pays à risque de surendettement modéré n’augure rien de bon pour ses projets. En effet, le Fonds monétaire international (Fmi) a changé les règles en augmentant le périmètre du stock de la dette de l’Etat à celles des entreprises parapubliques. Avant, le risque était calculé uniquement sur la dette centrale de l’Etat. Mais maintenant c’est celle de l’Etat et des structures autonomes, comme les sociétés parapubliques. Tous leurs emprunts seront désormais comptabilisés alors que l’Etat donnait des garanties. Mais avec cette nouvelle donne d’élargissement du périmètre, l’Etat du Sénégal pourrait très vite frôler le plafond. Une savante technique qui ne fleure rien de bon pour nos Etats. Car, sans le dire, le Pmi pousse, demain, l’Etat à devoir privatiser ces sociétés. Pour continuer à faire des investissements publics, il faudra se délester de sociétés nationales où les gérer de manières orthodoxes, pas comme La Poste. Parce que, si une entreprise comme Senelec emprunte et que l’Etat est obligé de la payer, il n’aura plus intérêt à la garder dans son patrimoine. Pis, avec ce plafonnement, le gouvernement ne pourra plus se réveiller et faire un projet qui n’est pas inscrit dans le budget.
En tout cas, ce changement de catégorie montre que le Sénégal, qui a toujours obtenu plus que ce qu’il cherchait dans les marchés n’est plus le chouchou des bailleurs de fonds. Lesquels exigent du pays une gestion rigoureuse, transparente et strictement limitée aux engagements. Cela, puisqu’ils vont avoir un tableau de tous les décaissements extérieurs. Et dès que le pays atteint le plafond, ils ferment le robinet. Conséquence : le Sénégal ne pourra plus faire le Pse comme il le veut. Un projet cher au chef de l’Etat qui sera désormais exécuté au rythme des bailleurs.
Mais pour le directeur du Budget, qui s’est entretenu hier avec la presse, il n’y a pas péril en la demeure. Pour Moustapha Bâ, tous les projets du Plan d’actions prioritaires (Pap) 2 (2019-2023) du Pse, sont déjà dans le «cadrage», que l’Etat a une marge de manœuvre confortable et qu’il lui faudra justifier de nouvelles ressources pour engager de nouveaux projets. «Les pays à risque de surendettement modéré (tous les pays de l’Uemoa et de la Cedeao, Kenya, etc) ont des indicateurs en dessous des seuils, voire en léger dépassement ponctuel de ces seuils (en raison des emprunts nécessaires à contracter pour réaliser les investissements requis pour le développement économique et social du pays). De plus, des tests de résistance (simulation du Fmi) indiquent qu’en cas de chocs exogènes ou de changement brusque de politique macroéconomique, que les seuils pourraient être dépassés. Dans le cas du Sénégal, ce qu’on pourrait craindre c’est une baisse drastique des exportations, une baisse des recettes fiscales ou un repli prononcé de la croissance», dit-il.  Non sans signaler que si on évalue le cadre macro-économique actuel et futur sur la période du Pap 2, il s’avère que les projections tablent sur une croissance moyenne de 9 % (2019-2023) dont 7 % en 2020, croissance sur la base de laquelle le budget 2020 a été bâtie. De plus, il annonce que les recettes fiscales sont prévues largement en hausse sur toute la période considérée et que cette hypothèse est confortée, d’une part, par les résultats de 2019 où les objectifs de recettes d’un montant de 2 561,6 milliards de francs Cfa ont été atteints avec une progression de 555,98 milliards de francs Cfa par rapport à 2018 (2 005,620 milliards de francs Cfa) et, d’autre part, par la Stratégie de recettes à moyen terme qui permet d’élargir l’assiette. «Les exportations de biens et de services connaissent un trend haussier, ce qui s’est traduit par une baisse continue du déficit du compte courant passant de 8,6 % du Pib en 2012 à 7 % du Pib en 2019 et les perspectives sont très favorables avec des exportations qui seront multipliées par 2,5 à l’horizon 2023», ajoute-t-il.
Selon le ministère des Finances et Budget, le stock de la dette publique totale est arrêté à 7 339 milliards de francs Cfa au 31 décembre 2019 et est projeté à 8 076,6 milliards de francs Cfa en 2020 alors qu’il est plafonné à 9 114 milliards de francs Cfa, la dette contingente incluse. Un plafond que, selon Moustapha Bâ, le Sénégal ne pourra pas crever.Seyni DIOP

SENEGAL–LA CROISSANCE PROJETÉE À 7% POUR 2020-2021

NETTALI.COM  Dans les colonnes du quotidien EnQuete, ce lundi 13 janvier, le directeur du Budget, Moustapha Ba, a relativisé les craintes nées de la notation du Fonds monétaire international (FMI) qui a fait passer le Sénégal d’un ‘‘risque d’endettement faible’’à‘‘risque d’endettement modéré’’. Il annonce une remontée du taux de croissance à la barre des 7% à l’horizon 2020-2021.
Moustapha Ba estime que les résultats de 2019 ‘‘où les objectifs de recettes d’un montant de 2 561,6 milliards F CFA ont été atteints, avec une progression de 555,98 milliards F CFA en valeur absolue et de 27,7 % en valeur relative par rapport à 2018 (2 005,620 milliards F CFA)’’, augurent d’une bonne tenue pour l’exercice budgétaire 2020″.
En 2019, les pouvoirs publics ont opté pour la rationalisation de dépenses publiques. ‘‘Le train de vie de l’Etat a baissé de deux points, si l’on considère qu’il a tapé sur certaines niches comme la téléphonie, le parc automobile, la baisse de la charge locative, grâce aux sphères ministérielles, et au Building administratif Mamadou Dia, la fermeture de consulats et de bureaux économiques’’, explique le directeur du Budget. Soit un gain de 958,5 milliards F CFA représentant 56,8 % des dépenses de fonctionnement et d’investissement sur ressources internes. Le FMI approuve l’ICPE ; la croissance projetée à 7 % pour 2020-2021 La prépondérance des dépenses d’investissement, le contrôle de la masse salariale (744,6 milliards), l’augmentation des allocations de pensions et les six marqueurs du filet social (Promovilles, Puma, Der, Bourses familiales…) sont autant d’autres indicateurs que les solutions sont un mélange entre réduction des dépenses publiques et relance de la compétitivité.
Vendredi dernier, le Conseil d’administration du FMI a approuvé l’Instrument triennal de coordination des politiques pour le Sénégal (ICPE), après un accord de principe en septembre 2019. L’ICPE vise à soutenir les efforts des autorités pour consolider la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance durable et inclusive. Les examens des programmes ont lieu selon un calendrier fixe semestriel. D’après le DG adjoint Tao Zhang, la croissance économique du Sénégal a été en moyenne de 6,5 % au cours des cinq dernières années et les besoins élevés de financement public ont entraîné une augmentation rapide de la dette publique et un creusement du déficit du compte courant. La croissance économique est estimée à 6 % en 2019 et l’inflation reste faible à 1,3 % pour la période de 12 mois se terminant en octobre. Le déficit du compte courant s’est creusé en 2018 pour atteindre 8,8 % du PIB, en raison de l’augmentation des importations d’énergie et de biens d’équipement. ‘‘Les perspectives économiques restent favorables. Après avoir quelque peu ralenti en 2019, la croissance devrait s’accélérer à 7 % en 2020-2021, soutenue par la deuxième phase du PSE, une activité robuste dans l’agriculture et les services et une augmentation des investissements liés aux hydrocarbures. Ce qui entraînerait également un élargissement temporaire du déficit du compte courant à environ 11 % du PIB’’, explique la note de ce vendredi.

En 2020, l’Afrique subsaharienne devrait enregistrer la croissance par tête d’habitant la plus faible au monde (Banque Mondiale)

https://www.financialafrik.com/-Comme tout exercice de prévision, le rapport de la Banque Mondiale reste soumis aux imprévisibles tensions géopolitiques dans le monde. Les suites du bras de fer entre l’Iran et les USA suite à l’assassinat ciblé du Général Quassem Souleimani (photo de l’enterrement, vendredi 10 janvier 2020) seront déterminantes sur la croissance mondiale en 2020.
Les perspectives 2020 de l’Afrique subsaharienne vues par la Banque Mondiale ne sont pas rassurantes. La région devrait enregistrer une croissance de 2,9% en 2020, plus faible que prévue, mais meilleure que les 2,4% enregistrés en 2019. Pendant ce temps, la croissance mondiale ne devrait pas dépasser 2,5% contre 2,4% en 2019 quoique avec de fortes interrogations sur le “gonflement sans précédent de la dette dans le monde et le ralentissement prolongé de la croissance de la productivité“, indique la Banque Mondiale dans son rapport sur les perspectives mondiales daté de janvier 2020 . Les économies avancées devront marquer le pas et passer de 1,6 à 1,4% de croissance en raison de la “faiblesse persistante du secteur manufacturier”. Les économies émergentes et en développement verront quant à elles la croissance s’accélérer à 4,1 %, contre 3,5 % l’an dernier
L’Afrique subsaharienne, elle, est plombée par ses trois mastodontes: l’Afrique du Sud où la croissance attendue ne devrait pas dépasser 0,9% en 2020, le Nigeria où celle-ci devrait atteindre 2,1% et l’Angola cantonné à 1,5%.
A l’inverse, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) devrait, avec 6,4%, enregistrer la croissance la plus forte du continent en 2020. Pour sa part, le Rwanda, porté par les réformes, devrait voir son PIB augmenter de 8,1%. Le Kenya, moteur de l’économie numérique, devrait lui aussi atteindre 6% de croissance.
https://www.financialafrik.com/wp-content/uploads/2020/01/Productivite%CC%81-Afrique-Subsaharienne-600x417.png
La croissance par habitant en Afrique Subsaharienne est la plus faible au monde. Tableau éloquent sur la nécessité de la révision des modèles de développement en cours en ce moment dans la région avec, il faut le rappeler, l’assentiment de la Banque Mondiale. Comme par hasard, les meilleures croissances sont réalisées par l’Asie de l’Est et Pacifique et l’Asie du Sud, réputés être peu réceptifs des prescriptions venant des institutions de Bretton Woods.
La grosse inquiétude pour la partie subsaharienne du continent réside sur son modèle de développement, avec une croissance par tête d’habitant devant être la plus faible au monde doublée d’une hausse généralisée des charges de la dette publique et, accessoirement, des dépenses de sécurité nécessaires à la lutte contre le terrorisme au Sahel et au Nigeria. Le taux de croissance par habitant reste très faible en Afrique et dans les pays émergents comparée aux moyennes à long terme et progressera trop lentement pour atteindre les objectifs d’élimination de la pauvreté. “C’est en Afrique subsaharienne, où vivent 56 % des pauvres de la planète, que la croissance du revenu devrait être la plus lente”, indique la Banque Mondiale.
Les prévisions de la Banque Mondiale mettent en exergue une augmentation de la dette des pays émergents passée de 115% du PIB en 2010 à 170 % du PIB en 2018. A la dette élevée et à la faible progression de la croissance par tête d’habitant, il y a un troisième facteur souvent minoré dans les diagnostics: la productivité. Celle-ci représente moins d’un cinquième de celle observée dans les économies avancées, voire seulement 2 % en ce qui concerne les pays à faible revenu.Adama WADE

Le secteur primaire en hausse au mois de novembre 2019

https://www.lejecos.com/-En novembre 2019, l’activité s’est raffermie de 8,1%, en variation mensuelle, dans le secteur primaire (hors agriculture et sylviculture), indique la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee).
Cette performance est attribuable, aussi bien, à l’élevage (+5,0%) qu’au sous-secteur de la pêche (+20,2%). Sur une base annuelle, le secteur primaire (hors agriculture et sylviculture) a progressé de 3,1%, en novembre 2019, en liaison avec l’élevage (+7,5%). Le sous-secteur de la pêche s’est, néanmoins, replié de 9,6% sur la période.Oumar Nourou

L’activité du secteur secondaire en hausse au mois novembre 2019

https://www.lejecos.com/-Au mois de novembre 2019, le secteur secondaire s’est conforté de 7,9%, en variation mensuelle, selon la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) dans sa dernière publication « Point mensuel de Conjoncture-Décembre 2019 »
Cette orientation est, essentiellement, attribuable aux performances notées dans les branches de « filature, tissage et ennoblissement textile » (+18,4%), « travail de cuir et fabrication d’articles de voyage et de chaussures », et de la construction (+8,8%).
Par contre, note la Dpee , les productions respectives de matériels de transport (-12,4%), « savons, détergents et produits d’entretien » (-4,6%) et produits chimiques de base (-4,2%) se sont particulièrement contractées sur la période. Sur un an, le secteur secondaire a cru de 2,9% en novembre 2019, principalement tiré par la fabrication de produits agroalimentaires (+11,2%).
Toutefois, de faibles résultats sont, notamment, observés dans les industries de « travail du caoutchouc et plastique » (-20%), la branche de « filature, tissage et ennoblissement textile » (-9,2%) et la fabrication de matériels de transport (-33,7%).Oumar Nourou

DÉBATS SUR LA SITUATION ÉCONOMIQUE DU SÉNÉGAL ET LA NOUVELLE MONNAIE ECO :LE PR AHMADOU ALY MBAYE DENONCE LES «SPECIALISTES EN TOUT»

http://www.sudonline.sn/-Le Pr Ahmadou Aly Mbaye, doyen honoraire à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) a déploré la propension des Sénégalais à se prononcer sur toutes les questions. Se prononçant sur le débat en cours concernant la nouvelle monnaie de la Cedeao, «Eco» hier, dimanche 12 janvier lors de son passage dans l’émission Objection de la radio Sudfm (privée), l’économiste et consultant à la Banque mondiale a indiqué que celui-ci n’est pas adossé sur des faits
Invité de l’émission Objection hier, dimanche 12 janvier, le Pr Ahmadou Aly Mbaye, doyen honoraire à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) a déploré la propension des Sénégalais à se prononcer sur toutes les questions. Se prononçant sur le débat en cours concernant la nouvelle monnaie de la Cedeao, «Eco», l’économiste et consultant à la Banque mondiale a indiqué que celui-ci n’est pas adossé sur des faits. «Le débat public dans tous les domaines dans ce pays (Sénégal) n’est pas adossé sur des faits. Les gens passent le temps à dire que la monnaie bloque la croissance surtout celle des entreprises mais, nous, on a des données sur des entreprises, on a fait beaucoup d’enquête sur les obstacles à la croissance des entreprises mais, jamais une entreprise a parlé de la monnaie comme facteur bloquant. Les gens parlaient plutôt de l’absence des infrastructures, de la lourdeur des procédures administratives», a affirmé le Pr Ahmadou Aly Mbaye.
«Cependant, fait-il remarquer, tous les jours, on entend des gens pointer du doigt la monnaie comme facteur de blocage de la croissance de nos entreprises tout simplement parce que la France dérange. Alors que ce pays est en retrait dans les pays africains. La preuve si vous prenez le cas du Sénégal, la France n’est plus notre premier partenaire bilatéral en termes d’exportation mais la République sœur du Mali».
Par ailleurs, se prononçant sur la situation actuelle de l’économie sénégalaise marquée par une cherté de la vie due à une hausse des prix de certains produits, le Pr Ahmadou Aly Mbaye évoquant deux causes majeures (profondes et les plus immédiates) déclare au sujet des causes profondes les plus immédiates «qu’elles sont liées à la conjoncture des variations des prix, notamment le coût du pétrole et le coût du dollar, par rapport à l’euro auquel notre monnaie est rattachée». Poursuivant son propos, il ajoute enfin au sujet des causes profondes que ces dernières sont liées au «modèle sociopolitique au Sénégal».
«On parle beaucoup du modèle social en France, mais aussi le modèle sociopolitique au Sénégal. C’est un modèle de rente, il y a un certain nombre de groupes qui ont énormément de pouvoir et beaucoup de capacité de nuisances et qui ont des privilèges qu’ils protègent et ils se battent pour avoir le contrôle des ressources.
Ainsi, les ressources qui devraient être orientées vers l’élargissement de la base productive sont maintenant orientées vers le contrôle des ressources»

Prix de l’électricité–L’IMPOSSIBLE BAISSE : L’État doit encore plus de 189 milliards à la Senelec – La vérité des prix aurait entraîné une hausse de 26%

https://www.lequotidien.sn/Même s’il le voulait, il serait difficile à l’Etat d’opérer actuellement une nouvelle baisse de l’électricité. Celle opérée en 2017 a coûté très cher aux finances de la Senelec et menacé ses équilibres financiers. Jusqu’à aujourd’hui, l’Etat est obligé de continuer à perfuser la société pour lui permettre de compenser ses impayés dus à la baisse. Et si la vérité des prix avait été totale, la hausse aurait été même plus importante.
Le combat de Noo lank contre la hausse du prix de l’électricité ne semble pas parti pour porter ses fruits dans un court délai, malgré la détermination des initiateurs et des manifestants. En effet, les données officielles indiquent que cette hausse de 10%, qui n’est en vérité que l’annulation de la baisse des prix intervenue en 2017, aurait dû être encore plus importante si l’Etat avait décidé d’appliquer la vérité des prix intégrale dans le secteur.
Des données obtenues auprès du ministère des Finances et du budget soulignent que la décision de baisse des prix, décidée à l’époque par le Président Macky Sall, avait généré des impayés de l’ordre global de 444 millions 183 mille 399 francs, dont plus de 304 millions en compensations tarifaires. Le paiement de ces impayés a été pris en charge par l’Etat, mais dans le même temps, la politique d’intensification de l’électrification poursuivie par l’Etat a nécessité d’autres investissements qui ont plus encore mis les finances de la Senelec à mal.
Si pour éviter de reconstituer les pertes de revenus de la compagnie d’électricité l’Etat a, dans un premier temps, payé à la Senelec 197 milliards 58 millions de francs Cfa, il a dû échelonner sur 3 ans le paiement de 189 autres milliards à partir de 2020 jusqu’en 2022. Par ailleurs, au regard de la situation qui prévalait en octobre dernier, si la décision d’augmenter les prix n’avait pas été prise, le gap des revenus de la compagnie aurait demandé un ajustement de l’ordre de 26,3%, bien plus important que la hausse approuvée par la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse) et qui varie de 6 à 10%.
Le paradoxe de la situation actuelle est que le pouvoir de Macky Sall a beaucoup investi dans le secteur de l’énergie pour en finir avec les terribles coupures de courant que le pays avait connues à l’époque du Président Abdoulaye Wade. Malheureu­sement, cela obtenu, les autorités ont pensé qu’elles pouvaient cumuler à cela une baisse des prix, à la suite d’une courte embellie sur le prix du baril à une époque. C’était oublier un peu vite que malgré le mix énergétique, l’essentiel de la consommation de l’électricité du Sénégal provient encore de combustibles fossiles qui sont tous importés aux prix du marché international.

Douanes: Le nouveau DG contesté

A peine nommé, l’inspecteur-colonel Abdourahmane Dièye ne fait pas l’unanimité à la tête de la Douane. Sa nomination survenu jeudi 2 janvier installe  un profond malaise chez les soldats de l’économie au motif qu’il y a pas moins d’une vingtaine d’officiers supérieurs plus gradés que le tout nouveau patron des gabelous.
Selon l’Exclusif,  l’administration douanière qui proteste contre cette nomination, croyait dur comme fer que le nouveau Directeur général ne devait pas, en principe, sortir de la short-liste des cinq (5) inspecteurs les plus gradés.
Il s’agit de Mamadou Gadiaga (conseiller technique du ministre des Finances et du Budget), Mamadou Ndiaye (conseiller technique du Dg de la douane), Iba Mar Oularé (représentant de l’Uemoa à Genève), Abdou Khadre Niang (ancien directeur des opérations douanières) et Moctar Kettani Doucouré (actuel coordonnateur de la direction générale des douanes).
Toutefois, d’autres gabelous, qui refusent d’émettre sur la même longueur d’onde que les contestataires, trouvent qu’Abdourahmane Dièye mérite amplement d’occuper le fauteuil stratégique de Dg des douanes.
En plus, « le chef de l’État a respecté à la lettre les textes qui parlent simplement d’un inspecteur ayant rang de colonel avec une certaine ancienneté ».
En effet, « contrairement aux textes qui régissent l’armée et la gendarmerie, la police et la douane peuvent être managées par des civils de la hiérarchie A

POLITIQUE DE LOGEMENTS SOCIAUX AU SÉNÉGAL: 300 Mille Demandeurs Non Satisfaits

http://www.walf-groupe.com/Alors que le gouvernement n’a prévu que 100 mille logements sociaux d’ici 5 ans, la demande dépasse largement cette offre. Rien qu’à Dakar plus de 150 demandeurs de logements sociaux ont été enregistrés dans la plateforme, 4 mille à Ziguinchor et à Saint-Louis, 3 mille à Diourbel et Kaolack, etc. Au total plus de 300 mille postulants non satisfaits, selon le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique qui s’exprimait en marge de la cérémonie de lancement de la construction de la deuxième phase de Ridwan Mbao.
L’Etat qui ambitionne de créer 100 mille logements sociaux pour les 5 années à venir a du pain sur la planche. Et pour cause, en moins de trois semaines 120 mille postulants ont été répertoriés sur la plateforme. Mieux selon le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique plus de 300 mille demandes non satisfaites ont été déjà enregistrées. «Nous avons 300 mille unités de logement en demande qui ne sont pas satisfaites, soit 150 mille dans la région de Dakar. Et pour la plupart les populations demandent des logements de moins de 15 millions de F Cfa. Après le lancement de la plateforme pour l’inscription aux logements sociaux, au bout de 15 jours, nous avons enregistré 120 mille demandes alors que le programme dans les 5 prochaines années n’est que de 100 mille toits», renseigne Abdou Karim Fofana. C’était en marge de la cérémonie de lancement de la construction de la deuxième phase de Ridwan Mbao.
D’après Abdou Karim Fofana, 80 % des demandeurs sont entre Dakar, Thiès et Mbour. A Ziguinchor 4 mille et Saint-Louis, 4 mille demandeurs solvables et les régions de Kaolack et Diourbel 3 mille demandeurs dans chaque contrée. D’où la nécessité selon lui, de tirer davantage sur nos grands promoteurs immobiliers qui sont dans le haut standing vers le moyen. Afin de permettre aux Sénégalais de faibles et moins revenus d’avoir un toit. D’ailleurs c’est ça dit-il, le combat du programme 100 mille logements. Car, il faut mobiliser l’écosystème de la construction pour que tous les segments soient couverts. Il reconnait qu’il y a beaucoup de personnes qui ont des revenus mais qui n’arrivent pas à être acceptés par le système bancaire.
Abdou Karim Fofana souligne par ailleurs que la qualité de vie ne se limite pas seulement au logement décent accessible mais c’est aussi la question de la planification urbaine. Pour lui, si les populations continuent de souffrir toujours des inondations à Dakar et sa banlieue, c’est parce qu’on les a laissé s’installer dans les zones où il n’y a pas de plans d’urbanisme détaillé. «Nous allons travailler pour avoir davantage de zones aménagées afin d’éviter cette occupation anarchique de l’espace. Aujourd’hui, dans chaque zone 100 mille logements, il faut 50 % de logements sociaux, 20 % de logements moyens et standing et 30 % libre pour faire de grands immeubles. Il s’y ajoute la création de forêt urbaine», indique-t-il.
Directeur général de Sertem, Taslim Ngom révèle que d’ici 2050, les populations urbaines vont tripler et deux tiers des espaces sont encore à bâtir avec un enjeu essentiel, celui de mieux réaliser cet espace existant. Selon lui, Dakar est projeté être l’une des trois grandes villes de l’Afrique de l’Ouest francophone avec Bamako, Ouagadougou et Abidjan qui auront plus de 5 millions d’habitants chacune à l’horizon 2030. «Heureusement notre pays a la possibilité d’avoir un plan de développement national avec le Plan Sénégal émergent (Pse) avec la prise en charge des défis qui se dresse devant nous. Le développement conséquent des infrastructures sur la mobilité urbaine améliorant le cadre urbain existant offre un cadre propice dans les projets tels que Ridwan. La question de financement de l’offre et de la demande des projets immobiliers est un point fondamental, car, elle détermine la capacité des populations à accéder au logement », lance le patron de Sertem.
«Le logement est une question cruciale qui demande l’implication de tout le monde. Aujourd’hui, les populations ont besoin d’un logement abordable qui répond à toutes les demandes, à tous les segments et cibles dans un cadre sain à partir des jeunes jusqu’au moins jeunes. Nous avons dans nos pays énormément de jeunes qui demandent à être logés dans un cadre sain respectueux de l’environnement qui va leur permettre d’être à l’aise pour qu’ils puissent produire encore plus et être une valeur ajoutée pour le pays», ajoute Nouzha Bouchareb, ministre de l’Aménagement du territoire urbain, de l’Habitat et de la Politique de la ville du Maroc.Samba BARRY

Les efforts civilo-militaires dans la protection marine salués

Le directeur de l’Environnement et des établissements classés, Baba Dramé a salué lundi à Dakar, les efforts conjoints des institutions civiles et militaires du Sénégal en faveur de la prévention et de la lutte contre les pollutions marines.
‘’Je voudrais magnifier les efforts conjoints des institutions civiles et militaires de notre pays pour la prévention et la lutte contre les pollutions marines ainsi que le respect des engagements internationaux de notre pays’’ a-t-il indiqué.
1-Dramé présidait l’ouverture des travaux d’une session de formation sur la gestion environnementale des activités pétrolières et gazières offshore, ouverte lundi à Dakar, à l’initiative du Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’Ouest (PRCM).
La rencontre qui se poursuit jusqu’au jeudi se tient en partenariat avec le Master GIDEL (Gestion intégrée et développement durable du littoral Ouest Africain) du département de Géographie de la faculté de Lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
‘’La zone côtière et marine du Sénégal est l’objet depuis plusieurs décennies d’activités de prospection pétrolière et gazière. Cette dynamique s’est accélérée suite à la découverte d’importants gisements de pétrole et de gaz dont le début d’exploitation est attendu en 2021’’ a déclaré à l’ouverture Baba Dramé, directeur de l’Environnement et des établissements classés.
Selon lui, moment ne pouvait être mieux choisi pour préparer les acteurs du milieu marin et côtier à cette éventualité qui va considérablement impacter ce milieu.
Il a rappelé que le Sénégal avait érigé le principe de précaution en règle au rang de priorité pour prendre en charge les risques environnementaux associés à ce type d’activité.
‘’L’application de ce principe implique le déroulement d’activités de formation, d’information et de sensibilisation des populations concernées sur les enjeux environnementaux et sécuritaires liés à l’exploitation pétrolière et gazière’’ a fait valoir Dramé.
Cette formation, initiée par le PRCM, est destinée au renforcement des capacités et à la sensibilisation des acteurs du secteur ainsi que ceux de la société civile concernés par la gestion environnementale des activités pétrolières et gazières offshore au Sénégal, selon ses organisateurs.
Elle vise à sensibiliser les acteurs sur les risques liés aux activités pétrolières et gazières offshore, doter les acteurs des informations et des outils utiles pour la compréhension des enjeux des activités pétrolières et gazières offshore.
La formation cherche aussi à aider les différents intervenants dans le secteur à mieux encadrer leurs actions d’accompagnement et de gestion environnementale de ce secteur.
Le PRCM est une coalition d’acteurs travaillant sur les problématiques du littoral ouest africain et couvrant la Mauritanie, le Cap Vert, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la République de Guinée et la Sierra Leone. (APS)

Affaire du scandale de 4 milliards F Cfa sur les Kits de dialyse: Abdoulaye Diouf Sarr parle de « chantage déguisé»

http://www.dakarmatin.com/-Le ministre de la Santé et de l’Action sociale bat en brèche les accusations du président l’Association des insuffisants rénaux qui parle de scandale à 4 milliards de F Cfa sur l’achat de Kits de dialyse, un ensemble de produits et de médicaments utilisés en hémodialyses. Pour lui répondre, Abdoulaye Diouf Sarr accuse à son tour Hamidou Diallo de faire du « chantage déguisé » suite au refus de sa demande d’installer un centre de dialyse dans sa maison.
« Le Sénégal a pris l’option de rendre la dialyse gratuite dans l’ensemble des établissements publics de santé. Et dans les structures privés qui sont subventionnées, il y a que la prestation qui est payée, mais le kit est gratuit. Donc, la dialyse n’est pas chère au Sénégal », a précisé d’entrée le ministre répondant ainsi à Hamidou Diallo qui avait révélé que les malades souffrant d’hémodialyse paient la somme de 65.000 F Cfa la séance, 195.000 F Cfa la semaine, et 840.000 F Cfa le mois pour la dialyse.
S’agissant du scandale à hauteur de 4 milliards de F Cfa révélé par le président l’Association des insuffisants rénaux , Abdoulaye Diouf Sarr de rétorquer dans un entretien avec le journal « Les Echos » : « il parle de 4 milliards sur le Kit, qui disparaissent entre le ministre Mansour Faye et le ministre Abdoulaye Diouf Sarr. Ce n’est pas correct de présenter les choses comme ça, parce que lui-même sait que l’appel d’offres qui est organisé par la Pharmacie nationale, date le début 2017, avant l’arrivée de Diouf au ministère de la Santé, avant l’arrivée de Mansour Faye à ce ministère ». Et de pester, « Dire les choses comme ça tout en sachant la vérité, me semble extraordinaire (…)»
Aboulaye Diouf accuse à son tour M. Diallo de faire dans « le chantage déguisé». Pour justifier ses accusations Diouf Sarr de révéler : « Monsieur Diallo a récemment introduit une demande pour installer un centre de dialyse dans sa maison. Nous avons, en toute responsabilité refusée, parce que ça n’offrirait pas la qualité et les conditions requises. Il a aussi demandé qu’on lui donne une partie des générateurs que l’Arabie Saoudite a offerts au Sénégal. Nous avons dit en toute responsabilité que nous ne pouvons pas le faire, parce que c’est du matériel offert à tous les Sénégalais (…)

Niakhène Ne Dispose D’aucune Ambulance

http://www.walf-groupe.com/S’il y a une commune dans laquelle la note circulaire du ministre de la Santé relative aux évacuations par des moyens autres que les ambulances va poser de sérieux problèmes, c’est celle de Niakhène. La remarque a été faite par le maire de ladite commune Moustapha Sylla qui réagissait en marge de la session du conseil municipal consacré au vote du budget.
S’il y a un maire que la note circulaire du ministre de la Santé, interdisant l’évacuation de malades par des moyens autres que des ambulances, c’est bien celui de Niakhène. Pour l’édile de cette commune rurale du département de Tivaouane, un focus sera désormais mis sur la santé qui connaît de sérieuses difficultés comme l’absence d’ambulance dans une  commune comme Niakhène qui abrite deux  postes de santé voire même trois puisque le poste de Ndémène est équipé et fonctionnel mais est considéré jusqu’à ce jour comme une case de santé. Il s’agit aussi de voir comment doter ces  infrastructures sanitaires d’ambulances leur permettant d’effectuer des évacuations conformément à la nouvelle réglementation.
A cette difficulté majeure vient s’ajouter, selon Moustapha Sylla, la vétusté des postes de santé de Niakhène et de sa maternité et du poste Khawlou  qui ne dispose même pas de maternité. Ce, dit-il, malgré qu’une première pierre a été posée en février 2017 par le ministre de la Santé. Une nécessité de réhabilitation  voire même de reprise entière s’y fait sentir.
S’agissant du budget municipal  pour le compte de l’exercice de la gestion  2020 et qui s’équilibre à cent six millions sept cent soixante douze francs, il a été voté à l’unanimité par le conseil municipal. Une occasion pour le président du conseil de déplorer la faiblesse des ressources de sa commune. «La commune de Niakhène n’a pas de ressources propres. Une bonne partie de son budget provient des dotations de l’Etat en termes de fonds de dotation et de concours, la contribution économique locale qui remplace la patente avec la dernière réforme fiscale. Ce que nous avons comme recette au niveau locale c’est seulement l’Impôt minimum fiscal (Imf) qui tourne autour de quatre millions huit cent mille francs Cfa. Ainsi les 65 % du budget vont au fonctionnement. Néanmoins avec les fonds de la contribution économique locale de 2019  que nous avons d’ailleurs reçus un peu tardivement, au mois de novembre, nous avons effectué un report de 15 millions de francs Cfa du budget précédent qui n’ont pas été consommés. Ce qui nous a permis d’y  puiser une enveloppe de 7,5 millions que nous avons affectés à l’investissement», souligne-t-il.
Au-delà, la rencontre a été une occasion, pour le maire, de présenter à son équipe et à la population le trophée du prix d’excellence de leadership local qui a été décerné à la commune de Niakhène par Enda Ecopop en partenariat avec le ministère des Collectivités territoriales, le Pndl et l’association mère et autres partenaire. Une distinction qui vient couronner le projet «Ucad rural». Il s’agit d’un partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar visant à mettre à disposition 30 hectares de terres pour servir de périmètre d’expérimentation mais aussi assurer un accompagnement aux populations dans les domaines de la foresterie. Un projet qui a permis, selon le maire, non seulement d’allier les connaissances théoriques des étudiants à celles pratiques des populations locales mais aussi de régler certains problèmes comme l’accès des femmes à la terre, la création de sources de revenus et l’emploi des jeunes.Sidy DIENG

Dépigmantation: «Ma Noirceur Ma Fierté» Manifeste Contre Le «Khessal»

https://www.xibaaru.sn/L’association « ma noirceur, ma fierté, mon identité  » a organisé dimanche, à Kaolack, une randonnée de sensibilisation sur les dangers liés à la dépigmentation artificielle.
Pour une première, le collectif qui regroupe des centaines  de femmes, a démarré ses manifestations nationales dans le bassin arachidier, une ville très touché par le phénomène du « Khessal ».
Ces femmes n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin, elles comptent manifester dans toutes les grandes villes pour sensibiliser et demander au Gouvernement d’interdire l’utilisation des produits de dépigmentation

UCAD: l’amicale des étudiants de la Faculté de Médecine décrète 24 heures de grève

https://www.leral.net/L’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar a décidé d’observer 24 heures de grève non renouvelables ce lundi 12 janvier 2020, informe Cheikh DIEDHIOU, Président de la commission presse et information de ladite amicale .A noter que Cette grève sera suivie d’un pont de presse

Université de Bambèye: les étudiants décrètent 72 heures de grève

https://www.leral.net/Les étudiants de l’université Alioune Diop de Bambèye ont décrété 72 heures de grève ce lundi, selon la RFM. Ils protestent ainsi contre leurs mauvaises conditions de travail, notamment l’insuffisance d’amphithéâtres et le sureffectif d’étudiants à l’université. Le tout exacerbé par l’arrivée de nouveaux étudiants, en plus des 500 déjà inscrits, ont-ils dit.

MACKY SALL: « IL EST URGENT ET LÉGITIME DE RENDRE LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PLUS INCLUSIF »

Dakar, 13 jan (APS) – Le président sénégalais Macky Sall a souligné lundi à Dakar l’urgence de rendre le Conseil de sécurité de sécurité de l’Organisation des Nations unies ‘’plus inclusif’’, en vue d’arriver à une meilleure gouvernance mondiale.
« Il est urgent et légitime de rendre le Conseil de sécurité des Nations unies plus inclusif dans sa composition et plus démocratique dans son fonctionnement pour une meilleure gouvernance mondiale », a-t-il dit lors de la réunion de la huitième rrencontre ministérielle du comité des 10 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (C-10) sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies.
Selon Macky Sall, qui présidait la cérémonie officielle d’ouverture de cette rencontre, une représentation « plus équilibrée donnerait à l’Afrique un surcroît d’autorité et de légitimité en tant que garant du système de sécurité’’.
« Il n’est pas superflu de revenir sur la légitimité de cette revendication (…). Aujourd’hui, l’Afrique compte le plus grand nombre d’adhérents aux Nations unies avec 54 Etats membres. De plus les questions africaines occupent l’essentiel de l’agenda du Conseil de sécurité. On ne peut pas régler les questions africaines sans les Africains », a fait valoir le président sénégalais.
Il a demandé au C10 de poursuivre dans la perspective de son mandat « en veillant à la solidarité, à la cohésion et à la discipline de groupe »
« Nous allons continuer à faire preuve d’ouverture dans les échanges avec les autres groupes d’intérêts (…), en même temps il faudra éviter toutes initiatives ou démarches de nature à fragiliser l’unité et la cohésion du groupe Afrique’’, a indiqué Macky Sall
« Il est important que le groupe continue d’insister sur la nécessité de préserver l’inclusion et la transparence dans le processus de négociations au sein du groupe de travail de l’Assemblée des Nations unies », a-t-il ajouté.
Le président Sall juge juste « la Position africaine commune’’ (PAC) consistant à réclamer « en cas de réforme des Nations unies un statut unique pour tous les nouveaux membres permanents ».
L’assemblée ministérielle du Comité des chefs d’Etat et de gouvernement (C-10), instituée en 2005, est composée de 10 pays, à savoir l’Algérie, la Guinée Equatoriale, le Kenya, la Libye, la Namibie, l’Ouganda, la République du Congo, le Sénégal, la Sierra Leone et la Zambie, soit deux par sous-région.
Il a pour mandat de présenter, défendre et vulgariser la Position africaine commune (PAC) issue de la Déclaration de Syrte (Lybie) prévoyant l’octroi au continent de deux sièges permanents et deux sièges non permanents supplémentaires au Conseil de sécurité.
L’objectif principal visé à travers cette position est de « veiller à la réparation de l’injustice historique que représente l’absence de l’Afrique de cet organe au sein duquel les questions africaines sont prépondérantes ».BHC/BK

Le MFDC vire deux de ses lieutenants

https://www.rewmi.com/-Le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance(MFDC), a exclu hier soir deux de ses lieutenants pour activité « fractionniste ».
C’est une décision prise par le secrétariat général du MFDC. Il est mentionné dans un communiqué reçu par exclusif.net, que Mamadou Mané plus connu sous son sobriquet Térema jusque là secrétaire général administratif du bureau du MFDC de Bignona et son collaborateur Aliou Coly, ont été exclus dans rangs définitivement des rangs du mouvement indépendantiste.
En parcourant ce communiqué, on peut lire  » collusion avec l’ennemi pour détruire les institution du MFDC. » Joint au téléphone, Nkruma Sané a confirmé cette information et l’authenticité de ce communiqué.

Mairie de Saint-Louis: Mary Teuw Niane annonce sa candidature

https://www.rewmi.com/–L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mary Teuw Niane, a annoncé hier sa candidature à la mairie de Saint- Louis et celle de ses proches dans les autres communes du département. « J’ai décidé d’être candidat à la mairie de Saint-Louis pour les prochaines locales et nos différents responsables qui sont dans les communes de Fass, Ndiébène Gandiol, Gandon et Mpal seront aussi candidats aux prochaines élections locales », a-t-il laissé entendre en marge de sa rentrée politique tenue le week-end.  Cela fait neuf mois que je ne suis plus au gouvernement. Nous avons gardé le calme, parce que nous sommes républicains, nous sommes des citoyens respectueux des règles de la République. Nous avons eu plus de 40 interventions lors de cette rencontre. Et toutes ces interventions ont relayé le message des populations dans les différents quartiers du département », a–t-il déclaré.

TER: Thiaroye Réclame Ses Passerelles…

https://www.xibaaru.sn/Le Collectif pour la défense des intérêts de Thiaroye gare exige une passerelle avant le démarrage du TER. Le collectif qui s’est réuni ce Week-end, rappelle aux autorités la promesse du Chef de l’Etat de mettre une passerelle à chaque 300 mètres. Les populations de Thiaroye se disent déterminées à avoir leur passerelle. Dans tous les cas, ils ont menacé d’empêcher le passage du Ter à Thiaroye si des passerelles ne sont pas érigées. Ils ont également prévu de manifester toutes les semaines tant que leur revendication n’est pas prise en compte..

La Magistrature en Deuil: El Hadji Diouf n’est plus

https://www.seneweb.com/La magistrature sénégalaise est en deuil. Seneweb viens d’apprendre que l’ancien procureur général près la Cour suprême, par ailleurs ambassadeur honoraire vient de tirer sa révérence. Selon certains de ses collègues, l’ancien procureur général était un magistrat intègre et une référence dans sa corporation.
Seneweb présente ses condoléances à la famille éplorée.

PARFUM DE DETOURNEMENT A LA MAIRIE: L’équipe Municipale Reconnait Sa Faute Et S’explique

http://www.walf-groupe.com/La mairie de Touba Mosquée n’a pas été épinglée sur un détournement portant sur 465,261 millions par l’Agence de régulation des marchés publics (Armp), dans son rapport de la semaine dernière. Cette précision est de Badara Niang, coordonnateur de la cellule de passation des marchés publics de ladite commune. Face à la presse, hier, ce dernier reconnait la faute de l’équipe municipale et s’explique.
Le présumé détournement portant sur 465,261 millions de Fcfa à la mairie de Touba s’est révélée fausse, selon l’équipe municipale qui a tenu un point de presse, hier, pour livrer sa part de vérité. Cependant elle avoue tout de même avoir commis une erreur dans l’élaboration d’un marché portant sur des travaux d’installation de feux tricolores, d’achat de corbillards, de lutte contre l’insécurité, etc. «L’Agence de régulation des marchés publics (Armp) n’a pas parlé de détournement, mais plutôt de non respect des codes régissant les passations de marchés publics. Il n’a pas été question de détournement comme certains l’ont interprété, mais plutôt de rejet d’un marché qui n’a pas respecté la procédure normale», a précisé Badara Niang, coordonnateur de la cellule de passation des marchés publics de la commune de Touba mosquée, face à la presse. Qui poursuit : «A notre niveau, nous n’avions pas compris que ce projet avait atteint le seuil de 300 millions de francs Cfa régi par lesdits codes».
Selon Badara Niang, cette somme était inscrite dans l’exécution du budget 2019 de la mairie. «On avait l’ambition de construire deux postes de santé dans les localités qui en ont besoin, l’achat de corbillards, des électropompes, d’installation de feux tricolores pour les préparatifs du grand Magal Touba 2019. C’était dans le cadre de la lutte contre les pénuries d’eau, les inondations et l’insécurité», dit-il. A l’en croire, il n’a jamais été dans les intentions de la municipalité de frauder. Ce marché rentre dans le cadre de la correction de l’irrégularité dénoncée pour remettre en selle le projet. «Les feux tricolores sont d’une importance capitale dans une ville où la circulation automobile est assez dense», s’explique-t-il. «Le marché public est régi par des codes stricts qui déterminent les montants devant être soumis à l’appréciation de l’Armp. Ce qui veut dire que nous n’avions pas le droit de lancer ce projet sans saisir l’Armp qui, à son tour, renvoie le dossier devant la Dcmp, un organe de contrôle basé à Thiès. Lequel organe supervise tout ce que nous faisons au niveau de nos communes», ajoute-t-il.
En effet, l’Armp, dans un rapport rendu public la semaine dernière, avait estimé que l’équipe municipale de la commune de Touba Mbacké avait fait montre «de délinquance, qualifiant les actes posés de scandales graves engouffrés dans une procédure inadaptée ayant, d’ailleurs, poussé le Service régional des marchés publics Pôle de Thiès à refuser de cautionner ledit marché».Salif KA

Discrimination: Yankhoba Diattara attaque le collectif Noo Lank

https://www.seneweb.com/-Pour Yankhoba Diattara du parti Rewmi, il y a une mauvaise organisation des manifestations du collectif Noo Lank. Pour lui, il y a une discrimination dont sa formation politique est victime.
‘’Ce qui est déplorable dans l’organisation des manifestations de Noo Lank, c’est qu’on constate une discrimination, soutient-il. Parce que quand Rewmi a voulu prendre la parole avec le doyen Mamadou Goumbala, les organisateurs ont dit que notre parti n’était pas programmé’’.
Selon lui, cet acte est une forme de discrimination et une injustice faite à Rewmi, alors qu’ils participent régulièrement aux manifestations. ‘’A Thiès, (fief d’Idrissa Seck) comme au niveau national, nous sommes partie prenante de tout ce qui se fait dans la plateforme’’, soutient-il dans les colonnes du quotidien ‘’l’Observateur’’.
Il a, en outre, précisé que vendredi dernier, ils ont envoyé à la manifestation des responsables comme Eric Ndour, Yankhoba Seydi et Goumbala.
Par ailleurs, Diattara a tenu à préciser que leur formation politique, Rewmi, est dans le Front de résistance nationale (Frn) et participe à ses activités. Une façon de nier tout deal entre Idrissa Seck et Macky Sall, suite à la révélation du journaliste Cheikh Yérim Seck, un proche du palais.
Absence des leaders politiques à la manifestation de «Noo lank»:Le Sénégal amorce-t-il un nouveau tournant ?
Il est aujourd’hui aisé de remarquer que les revendications des citoyens ne sont plus directement prises en charge par les leaders politiques.
Ñoo Lank a encore réussi le défi de la mobilisation, ce vendredi, sans que les leaders politiques, pourtant sensibilisés, n’aient daigné lever le petit doigt.
Les activistes et certains membres de la Société ont ainsi réussi à mobiliser les Sénégalais autour de la baisse du prix de l’électricité et la libération de Guy Marius Sagna.
Certes, il y avait des hommes et des femmes politiques à la rencontre, mais en l’absence de leurs de leaders. Une absence injustifiée.
Car, si c’est de la condescendance, c’est très mal placé. C’est vrai que nos hommes politiques s’embourgeoisent vite. Et qu’ils n’ont nullement envie qu’une bande d’activistes, rappeurs et autres, leur dictent la conduite à tenir. Surtout si ces derniers ont l’avantage de l’initiative.
Ils ne souhaiteraient pas être sous tutelle.
Toutefois, il est dommage de noter qu’ils sont absents à des rendez-vous importants où ils devraient être en première ligne.
Mais, tout cela n’est pas étonnant. Car, il nous semble que le Sénégal est en train d’amorcer un nouveau tournant.
De plus en plus en effet, ce sont les activistes qui sont sur le terrain et ils viennent de toutes les catégories sociales. Les Guy Marius Sagna de Frapp France dégage se disputent le terrain à un avocat de la trempe de Me Moussa Sarr qui, ce samedi, à reçu sa distinction de ‘’l’homme de l’année’’, pour son engagement en faveur des plus démunis à l’occasion de la célébration des 11 ans du quotidien Rewmi. Et ils sont loin d’être les seuls.
En effet, ce vent de promotion d’hommes et de femmes en dehors des sphères politiques, a envahi la planète et notre pays n’est pas une exception.
On a noté, depuis quelques années, une lassitude, une forme de dégoût de la chose politique chez de nombreux citoyens. Les hommes politiques ont perdu leur image, leur crédibilité. Ils ne font plus vraiment rêver.  Car, l’engagement politique, naguère motivé par des convictions idéologiques fortes, est aujourd’hui intéressé.
Et comme la nature a horreur du vide, des hommes et des femmes prennent un peu partout leurs responsabilités et s’engagent de diverses manières pour faire changer le courant des choses.
Et, à ce propos, ce ne sera pas une surprise si, au Sénégal, dans les prochaines décennies, qu’un homme ou une femme sorti de nulle part occupe, un jour, le fauteuil présidentiel si jamais la tendance se maintenait.
Les hommes politiques n’ont certainement pas mesuré le degré des dégâts causés à leurs peuples du fait de la tortuosité de leurs démarches, des reniements, de la mal gouvernance, du clientélisme, des passe-droits, et j’en passe.
On est passé de mal en pis à ce propos. Et ceux qui arrivent au pouvoir tombent systématiquement dans les mêmes travers tout en croyant qu’avec une bonne communication, ils peuvent s’en tirer.
Certes, les partis politiques restent puissants et leurs leaders encore populaires, mais ils ont, de plus en plus, tendance à devenir des machines électorales qui ne s’activent que pour des élections.
Or, il y a les autres questions de société, d’économie, etc. qui sont tout aussi importantes.
Pour se convaincre de la gravité de la situation, il n’y a qu’à voir l’incompréhension qu’il y a entre les acteurs du dialogue politique et ceux du comité du pilotage du dialogue national.
Là où pullulent les politiques, se développement, finalement, une condescendance qui consiste à mépriser pratiquement les autres.
C’est pourquoi une fois au pouvoir, le leader politique commence à mépriser ses proches et les populations qui l’ont élu.
En conséquence, si les partis politiques ne s’amendent pas, si rien n’est fait pour revoir l’engagement politique, les populations ont le droit et même le devoir de promouvoir des hommes et des femmes nouveaux en leur confiant leur destin.
La vérité, simple, c’est que nous avons trop longtemps souffert de la politique partisane…Assane Samb

Mameboye Diao prévient ses camarades

http://www.sudonline.sn/-La guerre de positionnement qui fait rage dans le parti au pouvoir et même au-delà, entre responsables politiques de la majorité présidentielle, en prélude des élections locales à venir, n’arrangerait que les opposants. C’est du moins la conviction du Directeur des domaines, El Hadj Mamadou Diao dit Mameboye Diao qui, dans l’émission politique “Toute le vérité“ de la télévision Sen Tv hier, dimanche 12 janvier, invite ses camarades de la mouvance présidentielle à laisser la latitude au président Macky Sall de pouvoir dégager des consensus dans les collectivités territoriales.
Même si le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye a donné au Général Mamadou Niang et ses camarades de la commission cellulaire du dialogue politique la latitude de retenir une date pour les élections locales, d’ici  le 21 mars 2021, il n’en demeure pas moins que jusqu’à présent la date exacte des élections locales n’est pas connue au vu des lenteurs notées.
Pour autant, les différents responsables politiques affutent leurs armes. Ou du moins, dans certaines localités comme Dakar, Ziguinchor, Parcelles Assainies, et ailleurs, certains responsables politiques ne cachent plus leurs intentions d’aller à la conquête des municipalités. Ce qui n’a pas manqué de créer une certaine guéguerre au sein du parti présidentielle, l’Alliance pour la République (Apr), et même dans la coalition Benno Bokk Yakaar (Bby), voire dans la Majorité présidentielle. Une situation qui ne semble pas favorable au président Macky Sall et à ses alliés, de l’avis du Directeur des Domaines, El Hadji Mamadou Diao, dit Mameboye Diao.
Invité à l’émission politique “Toute la vérité“ de la télévision Sen Tv d’hier, dimanche 12 janvier, il a tiré la sonnette d’alarme. De l’avis du responsable politique de l’Apr à Kolda, «aucun responsable n’a le droit de mettre sur pied une liste parallèle et que tous doivent être dans le groupe Bby ou la Majorité présidentielle».
Il a estimé qu’il faut «qu’on laisse au Président Macky Sall la latitude de pouvoir dégager des consensus dans les collectivités territoriales». Pour cause, Mameboye Diao rappelle qu’au regard de toutes les échéances électorales précédentes, la coalition présidentielle sort vainqueur quand elle est unie. Mais, poursuit-il, «dès qu’on est dispersé ça permet à certains d’exister. Ils (opposants) n’attendent que ce moment-là. Eux, ils vont être en coalition et si nous nous ne sommes pas en coalition, quel que soit notre niveau de réalisation, nous allons peut être perdre des collectivités locales et qui vont être analysés autrement». Par conséquent, il a invité ses camarades de la majorité présidentielle à, non seulement «faire attention», mais aussi à travailler pour le moment, à la vulgarisation du programme du chef de l’Etat, Macky Sall, tout en consolidant ses bases.
L’inspecteur des Impôts et domaines n’a pas manqué, par ailleurs, de laver à grande eau son camarade de parti, non moins, son prédécesseur à la tête des Domaines, Mamour Diallo. En effet, même s’il a invité les uns et les autres à la sérénité et à faire confiance à la justice du pays pour faire jaillir la vérité, il ne s’est pas empêché d’afficher son assurance quant à la droiture de son devancier. Il dira à cet effet : «moi, je suis rassuré par rapport à mon prédécesseur parce que je pense que les actes de gestions qui ont été posés tels qu’ils ont été décrits par la commission d’enquête parlementaire de l’assemblée nationale prouvent à suffisance que tous les actes de gestion qu’il fallait prendre, ont été pris».

Ousmane Sonko pour des solutions urgentes aux problèmes de la brèche de Saint-Louis

XALIMANEWS : Le député Ousmane Sonko, leader du parti PASTEF, appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures urgentes pour apporter des solutions aux problèmes nés de l’ouverture d’une brèche sur le fleuve Sénégal en 2003.
L’ouverture d’une brèche au niveau de la Langue de Barbarie a été décidé en urgence lors des inondations de 2003, à l’époque pour sauver la ville de Saint-Louis de la crue de fleuve Sénégal.
Cette brèche de 4 mètres à l’origine, a vu son diamètre augmenter de manière spectaculaire au point de devenir l’embouchure de ce cours d’eau, entraînant des impacts importants sur le plan environnemental et menaçant à terme la survie même de la ville de Saint-Louis.
S’exprimant dimanche lors d’une conférence publique portant les problèmes environnementaux dans la ville de Saint-Louis, il a fait état de « dégâts importants’’ et du déplacement de « centaines de populations » du fait des conséquences de cette brèche.
Des « conséquences désastreuses sur les populations, avec également des pertes de terre cultivables et lieux touristiques etc. », a indiqué le leader de PASTEF, Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité.
Selon Ousmane Sonko, « les mesures prises par le gouvernement ne sont pas suffisantes et rassurantes pour régler définitivement les problèmes de la brèche et de l’érosion côtière, face à l’avancée de la mer’’ qui a-t-il dit menace tout le littoral au Sénégal, sur 718 kilomètres de côtes.
Parlant du secteur de la pêche, il assure que le Sénégal « dispose d’assez de ressources’’ dans ce domaine et peut compter sur « des côtes extrêmement poissonneuses ».
« Il ne reste qu’une véritable volonté politique, pour permettre aux pêcheurs sénégalais de mener leurs activités (…) face à la pêche sauvage et illicite, menées par des bateaux étrangers », a-t-t-il dit.
Il a aussi évoqué les perspectives de l’exploitation pétrogazière à Saint-Louis, estimant que cela « doit profiter à l’ensemble des populations sénégalais et de manière transparente », même si la ville de Saint-Louis « doit également bénéficier d’une contrepartie locale, en termes de formation, d’emploi et de réduction du coût de la vie pour les populations »APS

Saint-Louis: Ousmane Sonko S’emporte Contre Les Forces De L’ordre…Et Avertit Macky

https://www.xibaaru.sn/-En tournée à Saint-Louis, ce week-end, le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko a été persécuté par les Forces de l’ordre qui l’ont empêché de parler au journalistes sur les berges du fleuves. Le candidat malheureux renseigne également que sa conférence publique qui se tenait au cercle messe des officiers a été également interrompue par le commandement militaire, un peu plus tôt.
Très remonté, Sonko parle de harcèlement et met en garde: « Allez dire à Macky Sall d’arrêter ça. Il ne peut pas nous empêcher de parler » lance-t-il sèchement.

Le Forum du justiciable donne Un recours à Karim WADE

https://www.ferloo.com/L’organisation de la société civile, le Forum du justiciable estime que le dossier du Karim Wade doit être réexaminé. Elle indique, dans un mémorandum adressé aux ministères de la Justice, des Affaires étrangères, au Haut-commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme, au Comité sénégalais des Droits de l’Homme,  que  l’Etat du Sénégal en adhérant au Protocole facultatif reconnait la compétence du comité des droits de l’homme à statuer sur les violations du Pacte.
Le Forum du justiciable revient sur le dossier de Karim Wade, ancien ministre de la Coopération internationale et des Transports, condamné par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Babacar Ba et ses camarades qui ont produit un mémorandum, suite à la recommandation du Comité des droits de l’homme des Nations Unies sur le respect du principe du double degré de juridiction, réclament «la réforme de la loi n°81-54 du 10 juillet 1981portant création de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei)». Aussi, ils exigent le «respect et le suivi de toutes les recommandations du comité des droits de l’homme des Nations Unies notamment, la réparation du préjudice, le réexamen  de la déclaration de culpabilité et de la condamnation prononcées à l’encontre de Karim Wade». Les responsables du Forum du Justiciable soulignent que dans cette affaire, l’administration de la justice requiert le respect de certaines règles et principes fondamentaux considérés comme des normes universelles pour garantir l’exercice d’une justice libre, crédible et impartiale. «Le respect de l’ensemble de ces règles, tout au long de la chaîne pénale, confère au procès son caractère équitable. Ce concept est très souvent employé pour mettre en exergue l’irrespect de certaines règles procédurales constitutives de garanties que tout Etat soucieux de son image sur la scène internationale devrait observer».
Cette organisation de la société civile souligne que L’article 14-5 du pacte international sur les droits civils et politiques auquel le Sénégal a adhéré dispose que «toute personne déclarée coupable d’une infraction pénale par un tribunal a le droit de faire examiner par une juridiction supérieure la déclaration de culpabilité et la condamnation, conformément à la loi».
Babacar Ba et ses camarades indiquent, qu’en droit comparé, le caractère absolu de cette règle ne se démontre plus. D’ailleurs, la Cour européenne des droits de l’homme a fixé sa jurisprudence sur cette question depuis longtemps sur le fondement de l’article 7 de la convention la régissant et l’a même imprimée dans toutes les législations des pays membres. Sur ce fondement, tout texte qui l’ignore pourrait être considéré comme contraire à la constitution sénégalaise, laquelle a affirmé dans son préambule son adhésion aux instruments internationaux adoptés par l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation de l’Unité africaine, devenue l’Union africaine. «Le droit d’appel est fondé sur l’idée selon laquelle les juges peuvent se tromper, il faut alors permettre à la personne condamnée d’être jugée par une autre juridiction autrement composée et, en principe, hiérarchiquement supérieure à la première», notent-ils.
Dans le même ordre d’idées, le Forum du justiciable, considère que l’engagement de l’Etat du Sénégal est essentiel pour que les droits de l’Homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression. Cette organisation estime que la justice doit être rendue sur la base de textes précis, rigoureux et sans lacune pour éviter toute possibilité de contestation de nature à donner au pouvoir judiciaire l’apparence d’une justice politique instrumentalisée au service d’une cause ou  d’un parti. (Wailf-groupe)

Elections municipales: Les femmes Apr veulent bousculer les hommes

https://www.lequotidien.sn/Arracher le maximum de bandeaux de maire aux hommes lors des prochaines locales : C’est l’objectif du Mouvement national des femmes de l’Alliance pour la République (Apr) décliné par sa présidente. «Attention les hommes, les femmes foncent sur vous ! Elles arrivent avec l’intention de prendre les mairies, car il est temps qu’elles soient portées à la tête de nombreuses mairies lors des prochaines locales», a décrété samedi Ndèye Saly Diop Dieng, lors du lancement de la tournée nationale du mouvement à Rufisque. Un discours vécu en direct par le ministre-maire Omar Guèye, le député-maire Ndiagne Diop, le député-président du Conseil départemental Souleymane Ndoye, le ministre d’Etat Ismaïla Madior Fall, potentiel candidat à la mairie de Rufisque, ainsi que plusieurs autres personnalités politiques venues rehausser de leur présence l’activité de mobilisation. Ladite tournée va se dérouler dans les 45 départements du pays pour faire adhérer le maximum de femmes à la cause. Pour y arriver, le Mouvement national des femmes du parti présidentiel compte déployer une stratégie basée principalement sur la formation pour donner à ses membres les aptitudes nécessaires. «C’est cela le travail. Il ne suffit pas de mobiliser les femmes, mais plutôt de leur offrir des opportunités qui leur permettent de renforcer le leadership et le bien-être», a ainsi souligné la ministre de la Femme et de l’enfance.
La cérémonie de lancement au quartier des Hlm (Rufisque-Ouest) a été l’occasion pour la structure de remettre des attestations à une centaine de femmes bénéficiaires d’une formation en leadership politique. «Nous leur avons montré quel doit être le comportement des femmes en politique pour qu’au niveau des collectivités territoriales elles puissent prendre leur part, car il est temps que l’on ait beaucoup de femmes maires au Sénégal», a-t-elle expliqué après la remise symbolique à quelques-unes. Le secteur de la santé n’est pas en reste dans cette campagne puisque des séances de dépistage du cancer du col de l’utérus ont été organisées un peu plus tôt dans la journée. Ndèye Sali Diop Dieng a, en outre, exhorté les femmes à être beaucoup plus regardantes sur les enfants. «L’Etat fait des efforts avec notamment la promulgation de la loi sur le viol et la pédophilie. A côté de cela, les femmes doivent veiller sur les enfants et les protéger», a-t-elle prodigué.

Le gouvernement alimente le radicalisme social et religieux Par Mamadou SY Albert

Le Président de la République en exercice et son gouvernement communiquent mal, voire très mal. C’est le ressentiment le mieux partagé par de nombreux observateurs du paysage politique sénégalais. Les exemples d’une mauvaise communication de la majorité présidentielle, singulièrement de l’appareil de l’État, ne manquent guère. L’actualité marquée par l’augmentation du prix de l’électricité et par l’invite incessante de l’implication des chefs religieux musulmans dans la lutte contre le terrorisme. Le pouvoir joue inconsciemment avec le feu.
Les explications servies depuis quelques semaines par les responsables de la société d’électricité, les ministres et les conseillers techniques se suivent et se ressemblent par des effets quasi identiques : la radicalisation sociale des contestataires de la mesure d’augmenter le prix de l’électricité. Le pouvoir ne réussit point à convaincre la population de la pertinence et de l’équité économique sous-tendant cette décision impopulaire. Le pire est que les mécontents exigent l’audit de la gestion et l’annulation de la hausse.
Face à ce refus des consommateurs et à la mobilisation sociale grandissante dans la capitale et à l’intérieur des régions, le gouvernement ne sait plus quel argument servir à une opinion révoltée. Toute une stratégie est mise en place pour faire croire que la société d’électricité est performante et que l’augmentation du prix de l’électricité est à inscrire dans la perspective de faciliter l’accès au courant aux populations les plus déshéritées. L’échec de cette argumentation est quasi inéluctable. Le radicalisme social va se propager à l’intérieur du Sénégal. D’autres secteurs, notamment celui de l’éducation, de la santé, la boulangerie et le transport, pourraient renouer avec la contestation sociale.
Alors que la contestation sociale couve de partout, le président de la République est en train d’allumer la flamme anti-terroriste dans les familles religieuses. Le Président de la République en exercice et son gouvernement font désormais de la lutte contre le radicalisme religieux islamique une des priorités du pouvoir central. Cette volonté de faire face au radicalisme musulman se conjugue à des appels répétés aux chefs religieux musulmans. En décidant de faire participer les chefs religieux à la lutte internationale contre le terrorisme, le pouvoir républicain allume par mégarde un feu dans son propre territoire.
Le mouvement intégriste international et ses ramifications dans le Sahel et le continent pourraient naturellement faire  du Sénégal une cible privilégiée des attaques djihadistes dans les années à venir. C’est une hypothèse d’école. Tous les pays qui sont devenus des acteurs de la stratégie de lutte contre le phénomène djihadiste se sont transformés en des cibles de la terreur internationale intégriste. Le Sénégal pourrait difficilement faire une exception. Le gouvernement ouvre lui-même le feu aux forces djihadistes de la région présentes au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
Pendant ce temps, il n’est un secret pour personne que le Sénégal abrite depuis des dizaines d’années des mouvements religieux pacifiques se réclamant de l’orthodoxie musulmane. Ces mouvements identitaires, intégristes à leur manière, ne cachent guère leur appartenance à la mouvance musulmane internationale revendiquant un projet de société musulman. Ils sont pour la Charia islamique.
Ces courants de pensée islamique ne sont point indifférents à la lutte la contre le terrorisme international. En dépit des divergences entre les groupes nationaux pacifiques et internationaux radicaux et violents, dans les approches militantes et les méthodes de luttes contre l’ennemi occidental et ses alliés locaux, les partisans du djihad islamique ont quelque chose en commun. Ce sont des militants de l’Islam mondialisé. Ils ont l’ambition partagée de faire de l’Islam une doctrine de référence dans la conduite des affaires publiques. Ils ont un projet de société globale.
Certains des acteurs de ce mouvement islamique présent au Sénégal sont très proches de la mouvance intégriste musulmane internationale. Dans ce contexte forment marqué par l’échec de la lutte anti-terroriste à l’échelle de la planète, particulièrement dans l’espace géostratégique sénégalais, l’invite aux chefs religieux à prendre une part idéologique dans cette stratégie de l’État ouvre des risques de conflits.
Associer les Confréries religieuses musulmanes nationales à cette lutte contre un ennemi international est un couteau à double tranchant. Les guides religieux pourraient être des cibles de la critique incendiaire des intégristes internationaux et ceux établis en terre sénégalaise.
La controverse doctrinaire entre les intégristes radicaux sénégalais et les confréries, d’un côté et le pouvoir républicain, de l’autre, n’est certes pas une nouveauté. Par contre, le pacte entre l’État laïc et les guides religieux va alimenter davantage des divergences religieuses et politiques, et peut-être, le pouvoir va  provoquer inconsciemment des tensions inattendues entre les confréries et ces groupes musulmans nationaux et internationaux. En voulant faire des chefs religieux musulmans et catholiques des alliés dans la lutte contre le terrorisme international, le gouvernement ouvre à terme des espaces d’expression au radicalisme religieux et social. http://actunet.net/

 Le juge rejette l’annulation de la procédure: Thione Seck sera jugé par la Cour d’appel

https://actusen.sn/-La Cour d’appel de Dakar vient d’ordonner la continuation des poursuites dans l’affaire des faux billets impliquant Thione Seck et Alaye Djité. Les les plaidoiries ont été renvoyés au 17 février prochain.Actusen.sn

Ouest Foire: Adama Faye au cœur d’un litige foncier

https://www.rewmi.com/-Les habitants de la cité Khandar de Ouest Foire et les entrepreneurs mandatés par un certain Cheikh Fall qui veut ériger un immeuble dans un espace vert, ont failli en venir aux mains. Ce dernier qui dit avoir acquis ce terrain via Adama Faye, le frère de la première Dame, s’est vu stoppé dans son élan par la population riveraine qui n’accepte aucun édifice sur cet espace dédié. Les habitants sont sortis en masse pour en découdre avec le promoteur et en appelle à la responsabilité du chef de l’État.

CE N’EST PAS CHEZ WADE QU’IL FAUT ALLER PLEURER      PAR MADIAMBAL DIAGNE

On ne peut pas ne pas être en colère quand on voit des gens dénoncer auprès de l’ancien président, la mal-gouvernance dont serait coupable le régime de Macky Sall. On a le sentiment de voir des victimes défendant leur bourreau
Une délégation du mouvement Noo lank, qui se lance dans une croisade contre la hausse du prix de l’électricité, a rendu une visite fort médiatisée au Président Abdoulaye Wade. La résidence du prédécesseur de Macky Sall est devenue un lieu de causette obligé pour les responsables politiques de l’opposition et des activistes de tous ordres.
Les audiences avec l’ancien Président Wade sont très courues et chacun cherche à être reçu et à se faire photographier avec lui, l’air satisfait et, à l’occasion, s’épancher sur les mérites de Abdoulaye Wade et sa stature d’homme d’Etat et de bienfaiteur de l’Etat et de la République.
Cette situation ne manque pas d’étonner. On croirait même rêver. Pourtant, tout le monde peut s’accorder sur l’idée que Abdoulaye Wade n’a jamais changé, il ne s’est jamais renié, n’a jamais exprimé le moindre regret et ne s’est jamais excusé de ses forfaits et méfaits durant tout son parcours politique qui reste jalonné d’assassinats politiques, de violences, de compromissions.
Une fois au pouvoir de 2000 à 2012, Abdoulaye Wade s’est distingué comme le chef de l’Etat qui aura commis les plus hauts faits d’armes en matière de mal gouvernance dans toute l’histoire politique du Sénégal. Abdoulaye Wade a fini de signer tout ce qu’il peut y avoir comme turpitude. Le règne du Président Wade a été marqué par de graves atteintes aux libertés démocratiques et aux droits humains.
Si Abdoulaye Wade devient donc subitement le mur de lamentations ou celui chez qui il faut aller chercher la bonne parole, c’est sans doute parce que ses visiteurs, ces personnes qui le pourfendaient hier, ont changé et révèlent leur manque de constance et de suite dans les idées. On ne le dira jamais assez, il peut être loisible à chacun d’épouser et de porter n’importe quelle cause, mais il est important de se montrer conséquent et surtout de ne pas insulter l’intelligence des autres Sénégalais.
La manœuvre est claire, faute de pouvoir mobiliser une opinion publique pour leurs causes, les hôtes de Abdoulaye Wade cherchent à compter dans les rangs les militants restés encore fidèles au leader du Parti démocratique sénégalais (PDS).

Ce n’est pas chez Wade qu’il faut pleurer pour l’électricité

La première décision du Président Abdoulaye Wade en 2000 avait été de remettre en cause la gestion de la Senelec, confiée par le régime du Président Abdou Diouf à une firme internationale Hydro Québec.
De nombreuses voix s’étaient élevées pour mettre en garde le gouvernement de Abdoulaye Wade contre une telle hérésie, car Hydro Québec s’engageait à rénover tout le système de production et d’exploitation de la compagnie nationale d’électricité. Le choix du Président Abdou Diouf de confier la gestion à des professionnels dont les compétences sont internationalement reconnues procédait de la même logique de la privatisation de la Sonatel.
Mais Abdoulaye Wade, qui cherchait à défaire tout ce que Abdou Diouf avait réalisé avant lui, se faisait une fixation de retirer la concession allouée à Hydro Québec. Il voulait faire de même avec Orange, mais l’Etat français le stoppera net. Le Sénégal réglera une facture de plus de 50 milliards de francs Cfa pour dédommager Hydro Québec. La Senelec tomba alors de mal en pis. La compagnie sera mise à genoux par des mauvais choix de gestion et une gabegie scandaleuse.
Ainsi, à la fin du règne de Abdoulaye Wade, la Senelec était l’exemple parlant de l’échec de la gouvernance de son régime. Les consommateurs totalisaient plus de 900 heures de délestage par an. On assista ainsi à des émeutes de l’électricité. C’est dans les nuits sans électricité, sous les lueurs des bougies, que naissait le Mouvement Y’en a marre qui était un cri de révolte contre les coupures d’électricité.
A l’inverse, la première réussite du Président Macky Sall, dès son accession au pouvoir en 2012, a été de régler définitivement le calvaire des coupures d’électricité. Le Sénégal passa ainsi de plus de 900 heures de délestage à moins de 60 heures en 2014. Aujourd’hui, les délestages sont devenus un vieux souvenir. Alors, est-ce simplement que les anciens leaders de Y’en a marre sont devenus amnésiques pour avoir l’outrecuidance de vanter aux Sénégalais les mérites de Abdoulaye Wade et surtout de l’appeler à soutenir des actions contre la politique de Macky Sall dans le secteur de l’électricité ?

Ce n’est pas chez Wade qu’il faut pleurer contre un éventuel troisième mandat de Macky Sall

Pour mobiliser une certaine opinion publique contre l’intention prêtée au Président Macky Sall de briguer en 2024 un troisième mandat de président de la République, les mêmes hommes politiques et membres d’organisations de la société civile vont chez Abdoulaye Wade pour demander son soutien.
Ont-ils oublié qu’en 2012, le Président Wade avait bravé la rue et la communauté internationale pour briguer un troisième mandat ? Abdoulaye Wade avait marché sur plus de 14 cadavres de jeunes manifestants pour pouvoir se présenter à l’élection de 2012 et essuyer une cuisante défaite face à Macky Sall. Il est absurde et révoltant que ceux qui étaient au front, notamment le 23 juin 2011, contre le projet de dévolution monarchique du pouvoir entrepris par Abdoulaye Wade au profit de son fils Karim Wade, se mettent aujourd’hui à réclamer le soutien de la famille Wade pour prétendre sauver la démocratie et le système politique et républicain du Sénégal.

Ce n’est pas chez Wade qu’il faut pleurer sur le mauvais sort des institutions de l’Etat et de la démocratie

Président de la République, Abdoulaye Wade a osé tous les tripatouillages des lois fondamentales du Sénégal. Dans son comportement de tous les jours, il a bafoué les autres institutions de l’Etat. Le 9 novembre 2010, devant des juges venus du monde entier pour la réunion annuelle de l’Union internationale des magistrats, le Président Abdoulaye Wade avait insulté les magistrats en leur balançant à la figure l’allégorie du maître et de l’esclave, pour dire que les juges sénégalais ne sauraient se montrer indépendants. Quel drôle de respect pour les institutions de l’Etat ! Abdoulaye Wade déplaçait comme il voulait les juges qui ne lui obéissaient pas.
C’est le président de la République Abdoulaye Wade qui prenait sa plume pour critiquer dans les médias des décisions de justice qui lui étaient défavorables et déclarer publiquement refuser de les appliquer. C’est le même Abdoulaye Wade qui avait investi dans des listes aux élections locales le khalife général des Mourides, Serigne Saliou Mbacké. C’est le même Abdoulaye Wade qui a contourné la décision de la justice d’interdire l’utilisation de la photo du président de la République sur des bulletins de vote à des élections législatives pour y mettre en lieu et place une ombre on ne peut plus reconnaissable.
En 2007, Abdoulaye Wade refusa l’audit du fichier électoral réclamé par l’opposition et organisa ces élections sans cette opposition, avec un taux de participation historiquement faible de 34,7%. C’est le Président Abdoulaye Wade qui avait fait révoquer, le 14 janvier 2009, les députés Moustapha Cissé Lô et Mbaye Ndiaye qui avaient choisi de soutenir le combat politique de Macky Sall.Abdoulaye Wade, à la tête du Sénégal, a eu à commettre toutes les dérives contre les libertés et le respect des droits humains.
En douze ans de règne, il avait systématiquement refusé de recevoir les organisations de défenseurs des droits humains. Devenu président de la République, Abdoulaye Wade a signé le crime de l’assassinat du juge constitutionnel Me Babacar Sèye. Il  s’empressa en janvier 2002 de sortir de prison la bande à Amadou Clédor Sène avant de leur faire bénéficier d’une amnistie avec la fameuse loi Ezzan le 17 février 2005.
Le même Amadou Clédor Sène restera impuni après avoir été arrêté en novembre 2007 pour trafic international de cocaïne. Abdoulaye Wade va encore couvrir les agresseurs aux marteaux de Talla Sylla qui avait sorti un tube musical, chantant les forfaitures de Abdoulaye Wade. Tout journaliste ou leader d’opinion qui se mettait à critiquer Abdoulaye Wade subissait ses foudres.
Abdoulaye Wade devrait être gêné et embarrassé en recevant des opposants qui viennent auprès de lui se plaindre des interdictions de manifestation. Aussi, combien de journalistes ont été arrêtés et emprisonnés durant le règne de Abdoulaye Wade ?
Les journaux L’As et 24 Heures avaient été attaqués par des sbires de Abdoulaye Wade, président de la République. Les radios Première Fm, Sud Fm, Walf Fm, Oxy-Jeunes ont vu leur signal coupé sous le régime de Abdoulaye Wade. Il donnait publiquement consigne de ne pas donner de la publicité à des médias jugés hostiles à son régime.

Ce n’est pas chez Abdoulaye Wade qu’un manifestant politique interdit devrait pouvoir chercher refuge

Combien d’opposants avaient été persécutés, gazés, tabassés et emprisonnés par le régime de Abdoulaye Wade ? D’autres ont péri sous les balles des forces de sécurité ou sous les roues de leurs camions. Abdoulaye Wade a traqué ses anciens Premier ministres Idrissa Seck, Moustapha Niasse et Macky Sall, respectivement pour malversations financières oupour une histoire burlesque de trafic de passeports diplomatiques ou pour un trafic supposé de devises étrangères.
En mars 2011, le régime de Abdoulaye Wade arrêta un groupe de jeunes du parti de Macky Sall, accusés de vouloir perpétrer un risible coup d’Etat. Abdoulaye Wade insultera la communauté halpular pour un supposé soutien ethnique à Macky Sall. La communauté chrétienne du Sénégal sera unanimement choquée par des déclarations du Président Abdoulaye Wade, dont la police poussera le bouchon jusqu’à profaner leur principal lieu de culte à Dakar, en y pénétrant pour arrêter l’opposant Jean Paul Dias, durant une messe du Vendredi Saint.
Le régime de Abdoulaye Wade enverra des «gros bras» pour faire sa fête à l’opposant Barthélemy Dias. Ce dernier se défendra en usant d’une arme à feu et tua Ndiaga Diouf, un de ses agresseurs. Barthélemy Dias sera jeté en prison jusqu’à l’arrivée de Macky Sall qui le fera libérer. Le Président Abdoulaye Wade avait toujours dans son collimateur le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, jusqu’à soulever les marchands ambulants contre l’édile de la capitale.
On finit par avoir le sentiment que les nouveaux visiteurs de Abdoulaye Wade sont des victimes sous emprise qui défendraient leur bourreau.

Ce n’est pas chez Wade qu’il faut pleurer pour la prévarication de ressources publiques

On ne peut pas ne pas être en colère quand on voit des gens dénoncer auprès de Abdoulaye Wade la mal-gouvernance du Sénégal dont serait coupable le régime de Macky Sall. De qui se moque-t-on ? Qui ne s’était pas ému de la gabegie des ressources publiques du fait du Président Wade et de son fils Karim Wade ?
Qui avait fini de dépecer les réserves foncières de Dakar jusqu’à amputer le périmètre de l’aéroport de Dakar de plus de la moitié de la superficie dans le cadre d’opérations de spéculation foncière ? Qui a donné des contrats pétroliers et gaziers à Frank Timis si ce n’est Abdoulaye Wade et son fils Karim Wade, ministre de l’Energie
Qui avait chassé la compagnie minière Kumba Resources, des mines de fer de la Falémé, pour faire venir Arcelor Mittal ? Le régime de Macky Sall a été obligé de payer quelque 75 millions de dollars pour dédommager Kumba Resources pour les turpitudes du régime de Wade. Plus de 400 milliards de francs Cfa avaient été déjà engloutis par le régime Wade dans le chantier de l’aéroport Blaise Diagne avant que le Président Macky Sall ne mît un garrot à cette hémorragie financière et fit terminer les travaux par une entreprise turque.
Qui a encore pu oublier que c’est le régime de Abdoulaye Wade qui avait disloqué le tissu industriel du Sénégal avec la déstructuration notamment des Industries chimiques du Sénégal (Ics) et des Chemins de fer, ainsi que de la Sonacos ? Ces deux dernières entités ont été données au franc symbolique par Karim Wade à son ami Abbas Jaber.
Qui a provoqué la descente aux enfers de l’hôtel King Fahd Palace en chassant de manière rocambolesque l’exploitant, le groupe international Starwood ? Le secteur du tourisme sénégalais n‘a jamais autant souffert que du temps de Abdoulaye Wade.
On voit donc que c’est facile, selon les postures du moment, de vouloir refaire le monde ou berner une opinion publique pour l’emballer dans une cause, mais les faits restent têtus. Il n’y a pas de quoi être amnésique, tous les visiteurs du Président Wade du moment ont bien conscience de tout ce qui s’est fait. Il est tout de même triste qu’une personne d’un tel âge se fasse exposer et victime de tentatives de manipulation sur tout combat par toute personne ayant un agenda propre.
Nul ne l’accepterait pour ses propres parents ! Il n’en demeure pas moins que la réponse du Président Wade à ses visiteurs reste bien symbolique de toute une posture constante chez lui. Les choses se jouent dans un après-Macky Sall que Abdoulaye Wade n’imagine pas sans Karim Wade.

IDIOVISUEL–LEURRES ET DÉLIRES ÉLECTRIQUES !

NETTALI.COM – A peine avons-nous fini de nager dans le bonheur procuré par le sacre de Sadio Mané que nous replongeons dans la grisaille sénégalaise avec cette manifestation sur la hausse du prix de l’électricité qui semble avoir pris des allures politiciennes depuis quelques jours. Ce qui a d’ailleurs fait l’objet d’un vif débat à « Jakarloo » de la TFM de ce vendredi 10 décembre.
Une photo affichée au cours de l’émission et qui doit avoir surpris plus d’un, c’est celle de Me Wade en compagnie de Fadel Barro, Amadou Guèye et autres. N’est-ce pas ce dernier avec son mouvement « Terminus 2012 » et les Yen à marristes et d’autres encore qui avaient si fortement combattu Me Wade en réclamant son départ ? Ironie de l’histoire, ils ont cherché à faire du Pape du Sopi, une recrue de taille ! Fou Malade a tenté d’expliquer que « Noo Lank » est un mouvement bien citoyen et non politique même s’ils ont rencontré Me Wade et cherché à discuter avec Ousmane Sonko et Idrissa Seck. Pour le rappeur, les politiques ont pour vocation de s’occuper d’électricité, d’eau, de santé, etc. Bref l’on a compris qu’une jonction avec les politiques, les boulangers, les syndicats, etc, question de redonner du souffle à ce mouvement, était l’objectif recherché.
On peut dès lors se poser la question de savoir ce qui a bien dû se passer entre temps pour que Me Wade montrât quelques signes d’impatience à l’endroit de Macky Sall après ces fameuses retrouvailles tant vantées de Massalikoul Djinaan ? Y aurait-il du sable dans le couscous de la réconciliation ? Le père de Karim doit sans doute languir par rapport à une probable révision du procès de son fils ?  Pourquoi renoncer ainsi aux principes d’un engagement citoyen et chercher à enrôler Me Wade qui n’a d’autre intérêt que celui de réhabiliter son fils et le mettre en selle ? Les fameuses émeutes de l’électricité pendant la gouvernance de Wade en 2011 sont bien fraîches dans nos mémoires.
Le très lucide et modéré Papis Diaw, a dit une chose importante, à savoir qu’il faut tracer une ligne de démarcation entre le combat citoyen et la politique dans cette affaire, estimant que le combat citoyen était sincère au début alors que les politiciens n’osaient pas s’en mêler.
Pour Birima, le syndicaliste doublé de politique et très introduit dans les sphères du pouvoir, la politique est au cœur de cette hausse. Selon lui, il y a un groupe tapis au palais qui paie des journalistes pour « tuer des ministres un par un ».
Un argument du tonitruant chroniqueur de « Jakaarlo » qui ne manque dès lors pas de sens d’autant plus qu’une affaire de hausse qui paraissait simple en termes d’explication, a pris au début des proportions qu’on n’imaginait pas. Mais qu’est-ce qui a bien dû se passer pour que la clameur et les critiques sur Senelec et le ministre du Pétrole et des Energies (ex DG de Senelec) Makhtar Cissé aient subitement cessé ? Pourquoi ceux qui l’alimentaient, se sont-ils subitement terrés ? Par crainte d’être certainement démasqués, car comme on le dit « tout ce qui est excessif, est insignifiant ». La frénésie des attaques dont ils ont fait l’objet, lui et la Senelec dans un contexte de hausse du prix de l’électricité au point de remettre en cause tout le travail qui a été abattu dans cette société, relève juste d’une volonté de salir l’image de l’actuel ministre Cissé dans un contexte où, avec d’autres, il est prêté des intentions. Manipuler, distiller des contre-vérités, voilà le sombre dessein pour lequel ont été recrutés des journalistes, activistes et mercenaires par des politiciens tapis dans l’ombre.
Une explication de la hausse qui paraît pourtant bien simple à comprendre même si ces manifestants peuvent la réfuter dans son fondement. « Je cède 2 milliards aux consommateurs et j’en endosse 10 milliards sur le gap de 12 milliards du trimestre octobre, novembre et décembre 2019 ». Voilà pour résumer ce que Macky Sall a opté comme solution.
Les choses ne sont peut-être pas parfaites dans cette entreprise publique d’électricité, mais y a-t-il réellement un problème d’envergure à Senelec ? Même le très médiatique et futé journaliste, Cheikh Yérim Seck, en étant d’accord sur la bonne santé de Senelec, confirmée par le Président Sall lors de son discours de nouvel an, s’y est trompé en évoquant « une barge louée et une production excédentaire au point pour la société de vendre de l’électricité ». Pour lui, il y a eu une sur communication de la part de Senelec.

Entre manipulation, amalgames et confusions

Difficile en effet de comprendre la cuisine de l’électricité. Une simple logique primaire ne permet pas en effet de la saisir. Ce que M. Seck semble sans doute ignorer, c’est qu’il n’y a aucune société au monde qui produit juste ce dont elle a besoin. Dans le cas de Senelec, il y a un besoin de se faire une marge de sécurité pour pouvoir, en cas de révision d’une centrale ou d’une panne, ou d’une augmentation subite de la demande, l’utiliser. La société d’électricité a besoin d’un peu plus de 700 mégawatts au maximum pour satisfaire la demande en électricité de ses clients et dispose à cet effet 1.200 mégawatts en capacité installée. Et comme, elle est dans un système interconnecté avec ses voisins (Mali, Mauritanie et Gambie) sur la demande de certains d’entre eux, elle vend une partie de cette marge à ses voisins de temps à autres comme cela se fait dans le monde entier (on appelle cela des échanges d’énergie qui peuvent parfois changer de direction selon les périodes). C’est juste cela la raison.
De même cette histoire de barge louée aux Turcs depuis septembre 2019 et non depuis 6 ans comme cela avait été écrit dans un journal et commentée maintes fois sur une radio, relève d’une volonté de nuire. La centrale à charbon de Sendou d’une capacité importante de 125 mégawatts, ayant été arrêtée pour cause de panne, une décision a été prise dans le sens de remplacer cette puissance importante dans la sécurisation de la production totale.
Sur un autre plan, les bénéfices de Senelec largement repris dans des discours construits et coordonnés et qu’on a cherché à mettre en rapport avec la hausse du prix de l’électricité, n’ont aucun lien. Un bénéfice se réalise sur un exercice et il est loisible aux actionnaires de le réinvestir en partie ou en totalité ou alors de distribuer des dividendes en totalité ou en partie. Il se trouve juste que dans cette affaire, suivant un contrat de performance établi sur une durée de 3 ans entre l’Etat et la Senelec, des revenus sont fixés suivant une mission assignée par l’Etat à Senelec (extension du réseau, électrification de quartiers, de villages, niveau de qualité de service fixé, etc). A supposer qu’un revenu de 300 milliards soit fixé sur 3 ans, ce revenu est passé en revue tous les 3 mois. Si au bout de 3 mois, à supposer que Senelec doive gagner 500 millions sur un trimestre et gagne 450 millions à cause de paramètres externes (baril, dollar, etc), cela veut dire que l’Etat devra combler 50 millions. Et si la Senelec gagne 600 millions sur ce trimestre, il devra être déduit 100 millions sur les revenus du trimestre suivant. Or dans ce cas qui concerne cette hausse, il y avait un gap de 12 milliards sur le dernier trimestre d’octobre-novembre-décembre 2019, et l’Etat a décidé d’endosser 10 milliards et faire supporter 2 milliards aux consommateurs.
De même les arguments servis par Amadou Guèye de « Noo lank » sur le Plan Yessal (2016 à 2020), ne peuvent prospérer. C’est comme si dans son raisonnement, rien n’avait été fait depuis 2016. S’il y a en effet cette qualité de service, c’est bien parce que des investissements ont été consentis sur le réseau. Quant à la promesse de diviser par 2 en 2020, le prix de l’électricité, (mission de fixation du prix dévolue à la commission de Régulation du Secteur de l’Electricité) elle figure en tant qu’ambition du PSE dont l’horizon est 2035. A l’opposée le plan Yessal ne parle que de réduction des coûts de production, la baisse du prix n’ayant jamais été liée qu’à la transformation du gaz en électricité, malgré tout ce qui a été dit par ci par là et qui n’est rien d’autre que de la manipulation pure et simple.
Les 27% de pertes techniques relevées également, sont bien excessifs. Les pertes techniques sont évaluées à 2% côté transport (des centrales aux postes courant ; 6 à 7% de pertes techniques dans la partie distribution de l’électricité (des postes courant aux maisons et industries ) et autour de 10% de pertes non techniques (problèmes d’adressage, Clients absents, Complicité du personnel, erreurs de relève ou de saisie, manipulation des compteurs sous diverses formes, branchement direct d’appareils, fraude sur la puissance souscrite, etc ) toujours dans la distribution. Ce qui tourne autour de 19% au total. A titre de comparaison, la France connaît des pertes de l’ordre de 8%.
Des problèmes de pertes non techniques (fraude sur l’électricité) sont toutefois en train d’être drastiquement endigués avec l’arrivée des compteurs intelligents qui vont fournir à temps réel ce qui vient des postes et ce que les clients vont réellement consommer. La conséquence étant que tous les dysfonctionnements vont être enregistrés et connus.
Mais au-delà de cette hausse basée sur des questions de revenus fondées sur ce contrat de performance, l’Etat doit aussi des dettes à travers des hôpitaux, des collectivités locales, des administrations et l’éclairage public, ainsi que l’a rappelé le chef de l’Etat lors de son discours de nouvel an.
Une fois tout cela évoqué, les consommateurs peuvent dès lors accepter ce raisonnement ou choisir de ne pas l’accepter en demandant à l’Etat de supprimer des institutions budgétivores ou de réduire son train de vie. Le combat mené est noble et légitime. Les arguments brandis ça et là pour demander la réduction du train de vie de l’Etat voire la suppression d’institutions budgétivores, ne peuvent que trouver grâce aux yeux de gens raisonnables.
Au finish, il importe juste de se positionner dans une logique constructive et non de chahut. On est en effet bien loin de l’époque des groupes électrogènes, des bougies et autres. Il faut juste faire attention à ne pas saper le moral de ces Sénégalais qui ont sué pour faire faire un bond à l’entreprise publique et ternir l’image de cette société auprès des investisseurs, après l’avoir construite durant 50 mois, avec le risque de nuire durablement à l’avenir de ce pays.
Mais pendant que se déroule cette manifestation, le front du dialogue national dont on ne sait où il va nous mener, s’est ouvert avec son cortège d’incompréhensions. Bouba Ndour a prôné la négociation avec les autorités sur la question de l’électricité. Des paroles empreintes de sagesse dans la mesure où l’on se demande si les manifestations vont se poursuivre tous les vendredis. Alioune Badara Cissé a évoqué de la tribune du « Grand Jury », ce dimanche 12 janvier 2020, la possibilité de rencontre entre “”Noo lank et le Président Sall.
Mais dans ce moment de manif et de dialogue national, est réapparu Cheikh Yérim Seck qui en a bien pris pour son grade. Pour Birima Ndiaye, tout ce qu’a dit Cheikh Yérim Seck a dit au cours de l’émission « face to Face » d’Aïssatou Diop Fall, « est faux. » Pour rappel, le journaliste, au cours d’une de ses sorties, a cité quatre personnes comme de potentiels successeurs de Macky Sall (Abdoulaye Daouda Diallo, Cheikh Oumar Hanne, Mansour Faye et Makhtar Cissé). Il a aussi fait état d’un deal entre Idrissa Seck et Macky Sall. Selon le chroniqueur de « Jakaarlo », celui-ci est tout simplement vexé de n’avoir pas été invité aux rencontres avec le Président Sall. Même son de cloche chez Malal Talla qui pense qu’il est vexé et cherche juste à exister peut-être parce qu’il se considère comme un grand journaliste.
Abou Diallo du mouvement Cos M 23, présent sur le plateau, prône lui une application du code de la presse car il se pose des questions sur la vraie fonction de Cheikh Yérim Seck qui est tantôt producteur de films (un Café avec), producteurs de spectacles à la foire, tantôt journaliste, tantôt conseiller.
Ainsi va le Sénégal. Mais à l’heure d’internet, des réseaux sociaux et de ses terroristes, tout va dans tous les sens. Des hommes politiques et leurs agents y ont établi leurs quartiers avec insultes, accusations et un règne de la terreur sans précédent à tel point qu’on se demande s’il est même encore aujourd’hui nécessaire de lire les post et de les commenter.


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