Revue de presse du Lundi 11 Janvier 2020

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Classement des pays africains selon la croissance prévue en 2021 par la Banque mondiale

(Agence Ecofin) – Djibouti, le Kenya, la Tunisie, le Rwanda et le Botswana devraient être les champions de croissance économique en Afrique cette année, d’après les projections de la Banque mondiale publiées dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales de janvier 2021.
Après une difficile année 2020 marquée par une baisse de croissance et une récession dans de nombreux pays africains en raison de l’impact de la Covid-19, le continent devrait globalement amorcer sa reprise économique cette année.
Et bien que les projections de croissance en 2021 soient relativement modérées pour l’Afrique – 2, 7% contre 3, 1% initialement projeté -, une poignée de pays devraient enregistrer un rebond d’activité économique assez soutenu au cours de cette année d’après les données publiées par la Banque mondiale dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales.
Djibouti et le Kenya devraient être les champions de la croissance sur le continent en 2021 selon les projections de la Banque mondiale, avec respectivement 7, 1% et 6, 9%.
Ils sont suivis par la Tunisie (5, 8%) qui sort d’une forte récession qui se chiffre à -9, 1% d’après les dernières estimations.
Le Rwanda et le Botswana qui également enregistré des contractions de leurs économies en 2020 (avec dans l’ordre -0, 2% et -9, 1%) devraient connaitre chacun une croissance de 5, 7% cette année.
Au total, ce sont 47 pays africains qui devraient connaitre un certain rebond d’activité économique en 2021, avec des niveaux de taux toutefois différents. Trois autres pays du continent devraient par contre être encore en récession cette année (Congo, Guinée Equatoriale et Soudan du Sud).Borgia Kobri

Le Top 10

RangPaysProj. 2021Estim. 2020
1Djibouti7, 1-1
2Kenya6, 9-1
3Tunisie5, 8-9, 1
4Botswana5, 7-9, 1
5Rwanda5, 7-0, 2
6Guinée5, 55, 2
7Tanzanie5, 52, 5
8Côte d’Ivoire5, 51, 8
9Cap-Vert5, 5-11
10Maurice5, 3-12, 9
La suite du classement
RangPaysProj. 2021Estim. 2020
11Niger5, 11
12Bénin52
13Sierra Leone4, 1-2, 3
14Maroc4-6, 3
15Algérie3, 8-6, 5
16Mauritanie3, 7-0, 6
17Erythrée3, 5-0, 6

18

Sénégal

3, 5-0, 7
19Malawi3, 31, 3
20Afrique du Sud3, 3-7, 8
21Rép. Centrafricaine3, 20
22Liberia3, 2-2, 9
23Gambie3, 1-1, 8
24Lesotho3, 1-5, 3
25Seychelles3, 1-15, 9
26Togo30
27Guinée-Bissau3-2, 4
28Cameroun3-2, 5
29Sao Tomé-et-P3-6, 5
30Zimbabwe2, 9-10
31Ouganda2, 82, 9
32Mozambique2, 8-0, 8
33Egypte2, 73, 6
34Mali2, 5-2
35Soudan2, 5-8, 4
36Tchad2, 4-0, 8
37Comores2, 4-1, 4
38Burkina Faso2, 4-2
39Namibie2, 2-7, 9
40RD Congo2, 1-1, 7
41Burundi20, 3
42Madagascar2-4, 2
43Gabon1, 9-2, 4
44Zambie1, 9-4, 5
45Eswatini1, 5-3, 5
46Ghana1, 41, 1
47Nigéria1, 1-4, 1
48Angola0, 9-4
49Ethiopie06, 1
50Congo-2-8, 9
51Guinée Equ-2, 8-9
52Soudan Sud-3, 49, 3

RIZICULTURE : 37 MILLIARDS DE FRANCS DE TOKYO POUR BOOSTER LA PRODUCTIVITÉ DANS LA VALLÉE

Dakar, 10 dec (APS) – Le Sénégal et le Japon ont signé dimanche à Dakar un accord de financement de 37 milliards de francs Cfa destiné à mettre en œuvre un projet de production de riz irrigué dans la Vallée du fleuve Sénégal, a constaté l’APS.
Le ministre sénégalais de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott et le ministre nippon des Affaires étrangères, Montegi Toshimitsu ont signé l’échange de notes relatif au projet au cours d’une cérémonie organisée dans la capitale sénégalaise.
Le représentant résident de l’Agence japonaise de la coppération internationale (JICA), Komori Masakatsu a également pris part à la cérémonie.
‘’C’est avec un réel plaisir que je viens de signer avec vous l’Echange de Notes relatif au Projet de Production de Riz irrigué dans la Vallée du Fleuve Sénégal, pour un montant environ trente-sept milliards (37 000 000 000) de FCFA’’, a déclaré le ministre sénégalais de l’Economie
Il a souligné que cet important projet permettra d’améliorer la productivité du riz irrigué dans la Vallée du Fleuve tout en contribuant à l’amélioration de la sécurité alimentaire et à la réduction du déficit de la balance commerciale du Sénégal.

Amadou Hott a insisté sur la nécessité pour le Sénégal de parvenir à atteindre la souveraineté alimentaire au point d’en faire un enjeu majeur de son Plan d’actions prioritaires ajusté et accéléré (PAP 2A) pour la relance de son économie.

‘’En 2020 nos deux pays ont commémoré le 60e anniversaire de leurs relations diplomatiques et le 40e anniversaire de l’envoi de volontaires japonais au Sénégal, des évènements qui constituent une solide soupape d’une coopération au développement fructueuse et prometteuse’’, a-t-il salué
Le ministre des affaires étrangères du Japon, a, de son côté, rappelé que le projet objet de la signature de l’accord de financement visait à agrandir et à rénover l’installation de l’irrigation dans le bassin du fleuve Sénégal pour améliorer la productivité.
‘’Le japon continuera à promouvoir la coopération avec votre pays, dans la lutte contre la covid-19 et la reprise économique, entre autres, à l’horizon de la TICAD qui se tiendra en Afrique en 2022’’, a-t-il promis.DS/AKS

Le label «riz Ndoucoumane» se matérialise avec le projet Pasa Lou-Ma-Kaf

https://liiquotidien.com Le Projet d’Appui à la sécurité Alimentaire dans les régions de Louga, Matam et Kaffrine (Pasa Lou-Ma-Kaf), a organisé une visite de terrain  à Kaffrine  à l’intention des journalistes pour constater de visu les réalisations dans les domaines de la riziculture et du  maraîchage. Des barrages ont été construits dans le cadre  du  projet dans beaucoup de zones pour retenir les quantités d’eau de pluie en vue de développer  la riziculture. Bientôt  le label « Riz Ndoucoumane » pourra concurrencer l’arachide dans la région.
C’est sous un soleil de plomb que la visite a démarré. Il  faut faire des kilomètres pour accéder aux différents sites  où se pratiquent la riziculture et le maraîchage. La délégation s’engage sur des pistes chaotiques entourées d’une belle verdure  pour accéder au site de Niahène, un village  situé dans la région de Kaffrine, département de Malém Hodar, arrondissement de Sagna.
Après plusieurs heures de route, c’est l’arrivée de la délégation sur site de Niahène, première étape de la visite. Ici la verdure et les hautes herbes témoignent que la localité a reçu beaucoup de quantité de pluie.Quelques rares  animaux broutent l’herbe par ci par là.Une fois au bas-fond, plus d’une trentaine de femmes s’activent dans la riziculture.Elles sont en train de planter des semis de riz.
« Le projet nous accompagne dans la riziculture. Ils ont fabriqué le barrage pour nous permettre de cultiver du riz. Actuellement, nous sommes de pleins pieds dans la culture du riz. Après la récolte, nous faisons du maraîchage et de la transformation .Nous voulons une clôture pour sécuriser les cultures parce que les animaux peuvent venir ici pour s’abreuver », avance Mme Fatou Bada Ndaw, relais dans le projet  et représentante les femmes de la localité.

D’après Mme Ndaw, elles sont dans la riziculture depuis 5ans mais l’appui du Pasa Lou-Ma-Kaf, la culture du riz s’est développée.

« Cela maintenant 5 ans que nous sommes dans la riziculture mais avec l’appui de PASA, la culture du riz est très développée. Maintenant, on peut parler de riz de Ndoucoumane. Nous consommons une partie du riz et l’autre partie qui reste, nous le vendons sur le marché », témoigne Mme Ndaw.
Ici les producteurs sont formés  sur des techniques de riziculture, de maraîchage. Et ils ont aussi reçu 10 tonnes de semences de riz nérica certifiées, 15 tonnes d’engrais NPK (151515) et 13 tonnes d’urée. La surface emblavée pour la campagne hivernale en riz 2019-2020  est 300 ha.
Quant à M. Layine Thiongane, secrétaire général de la fédération « Takou ligueye », il avance : « Nous cultivons du riz avec l’appui du projet Pasa. Le projet nous a appuyés sur la formation mais aussi en semence et engrais. Nous avons débuté la riziculture avant l’arrivée  du projet mais avec le projet, nous avons eu beaucoup de rendements dans la culture du riz. Au début, il y avait quelques femmes qui s’adonnaient à la riziculture mais aujourd’hui avec le projet, nous sommes à 226 membres dans la fédération qui cultivent du riz. L’année dernière, nous avons cultivés sur 100 hectares. Aujourd’hui, nous consommons du riz produit dans les bas-fonds durant 5 mois. Tout au début, on vendait notre arachide pour acheter du riz mais maintenant, nous cultivons du riz, le « riz du Ndoucoumane ». Les variétés sont C108, nérica. Après la culture du riz, on fait du maraîchage ». Babacar Top, cultivateur, avance  : « On est en train de planter du riz. Nous avons bénéficié de l’expérience du Walo en matière de riziculture. Avec cette expérience, le riz Ndoucoumane peut contribuer à l’autosuffisance alimentaire ».

Le riz en compétition avec l’arachide

L’économie régionale est dominée par la culture de l’arachide.
« Nous avons distribué dans la zone 16 motoculteurs, 13 batteuses, des 21 décortiqueuses, 400 semoirs, 16 mini –tracteurs, 5 moulins à mil. Qui dit production de riz, dit  transformation. Nous  ne voulons que le riz « Ndoucoumane » soit produit localement, transformé localement, consommé localement. Ici à Kaffrine, les cultures de riz sont en compétition avec l’arachide qui polarise un peu l’économie régionale. Au total, nous avons aménagé 22 bas-fonds et dans chaque bas-fond, il y a du matériel qui est remis aux groupements », a expliqué M. Abdoul  Ka, coordonnateur volet eaux de surface Pasa.
D’après M. Abdoul  Ka, les producteurs ne disposaient pas souvent d’engrais. Et ils ont  mis en place un système qui permet de  faire une épargne graduelle pour renforcer les  appuis du projet par rapport la valorisation.
« Le système était conçu initialement pour acheter des engrais mais après, il y a eu beaucoup  de choses  qui se sont rajoutés. C’est pour expliquer pourquoi, on parle de bas-fond et tontine. Les tontines étaient conçues pour permettre aux producteurs de disposer de revenus qui leur permettent d’acheter des engrais. Au mois de septembre, octobre, vous allez trouver des cultures de contre saison. Toute l’économie régionale est bâtie autour de la production arachidière mais avec l’avènement du projet, nous avons voulu amener les populations à une di versification des produits, c’est pourquoi, à côté de la production hivernale, nous avons tenté une production de contre saison et ça a réussi », dira M. Kâ.

Réalisations d’ouvrages de mobilisation des eaux

« On attend un peu que l’hivernage avance pour qu’on puisse avoir une bonne hauteur des plans de riz pour fermer cet ouvrage-là et garder un grand volume d’eau. Cet ouvrage joue un rôle important sur la recharge de la nappe, cela permet de recharger la nappe et ça sera bénéfique pour la production maraîchère contre saison. C’est un coût de 150 millions », explique M. Abdoulaye Kandji, expert Génie rural du volet eau de surface.
D’après M. Abdoul  Ka, le PASA-Lou-Ma-Kaf a mis en place un ouvrage de mobilisation des eaux et un périmètre maraîcher, en plus des appuis divers pour la mise en valeur et le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des exploitants.
« Il a fait la réalisation d’un périmètre maraîcher dans le bas-fond, avec un système de pompage solaire pour permettre le développement du maraîchage pendant toute l’année. C’est un périmètre de 15 ha qui est emblavé pour la campagne hivernale en riz et une surface de 4, 5 ha pour la campagne maraîchère de la tomate, oignon, laitue et oseille », rajoute M. Kâ.
Il estime que le Projet Pasa Lou-Ma-Kaf accompagne la réalisation du label « Riz Ndoucoumane ».
Rappelons  que le projet d’appui à la sécurité alimentaire dans les régions de Louga, Matam et Kaffrine (PASA-Lou-Ma-Kaf) vise l’accroissement de l’élevage et la productivité agricole de ces régions. Et ces régions ont été retenues en raison de leur niveau de pauvreté (incidence comprise entre 45, 2% et 63, 8%), de l’insécurité alimentaire récurrente (taux de malnutrition aigüe compris entre 11 et 14% en fin 2011), de l’absence d’interventions d’envergure dans le secteur d’infrastructures et de la fragilité de leur écosystème.
Il vise à renforcer la sécurité alimentaire ; améliorer les revenus des petits producteurs (agriculteurs et éleveurs) et les femmes en particulier pour réduire davantage la pauvreté dans les régions couvertes par le projet.
« Le projet est financé par un don de 25 milliards de F CFA dont 81% proviennent du programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire, 6% de la banque africaine de développement (Bad) et 12% de l’Etat du Sénégal. Il vise, par une démarche participative et inclusive, à améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des petits producteurs, en ciblant trois régions du Sénégal vulnérables aux aléas climatiques », précise-t-on dans les documents remis à la presse.Par Saër DIA

HAUSSE DES RECETTES DOUANIERES : 1 000 milliards de question

http://www.enqueteplus.com L’augmentation sensible des recettes douanières, en ces temps de morosité économique, a suscité engouement et interrogations. Comment l’Administration douanière a pu réussir son record de 1 000 milliards ? Quels sont les secteurs et les mesures sur lesquels reposent ces performances ? Cela traduit-il un échec du PSE qui misait sur une transformation structurelle de l’économie ? Eléments de réponse avec les économistes Meissa Babou et Khadim Bamba Diagne.  
C’est des performances qui suscitent pas mal de curiosité, d’interrogation, mais aussi de satisfaction, de l’admiration. Pour certains, c’est bravo aux soldats de l’économie ! Pour d’autres, c’est plutôt l’étonnement qui domine. Comment la Douane sénégalaise a pu mobiliser plus de 1 000 milliards F CFA en 2020, dans un contexte d’arrêt quasi généralisé de l’économie, d’exonération de certains opérateurs de l’économie, de rééchelonnement des délais de paiement, de renonciation à certaines pénalités ?
Une certaine dose de rationalité recommande de l’expliquer par une hausse des importations. Parce que, comme l’indique le professeur Khadim Bamba Diagne, enseignant à la faculté des Sciences économiques et de Gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ‘’une augmentation des recettes douanières se justifie généralement par une hausse des importations. Plus on importe, plus les recettes douanières augmentent’’.
Mais, signale toujours l’économiste, cette augmentation pose quand même problème, dans ce contexte de pandémie mondiale. ‘’Collecter 1 000 milliards F CFA au titre des recettes douanières, pour un pays qui traverse des moments aussi difficiles, cela peut poser problème. Mais cela montre tout simplement que la transformation structurelle de l’économie tant chantée depuis des années, laisse encore à désirer’’, argue le spécialiste. En effet, hormis le commerce de masques, de thermo-flashs et d’autres équipements sanitaires, difficile de trouver des produits qui ont connu, en 2020, plus de santé que durant les années précédentes. Encore que pour ces derniers produits, pas mal de facilitations avaient été édictées pour les rendre disponibles.
Cependant, fait remarquer le Dr Khadim Bamba Diagne, il ne faut pas oublier les biens d’équipement qui sont utilisés dans certains grands chantiers de l’Etat et qui sont souvent importés. ‘’Peut-être, ce sont ces biens d’équipements… Mais il faudra attendre pour en avoir une idée précise. Mais, d’habitude, ces grands chantiers nécessitent des investissements lourds, et la plupart des matériaux viennent de l’étranger. Je peux citer le BRT, le Ter, les lampadaires sur le péage….
Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas eu une hausse de la démographie, de nature à justifier cette explosion des recettes’’.

Révision de la facturation

Joint par téléphone, l’économiste Meissa Babou exprime également sa grande surprise provoquée par cette annonce et apporte son analyse. Il déclare  : ‘’C’est vrai que j’étais quand même surpris, parce que nous sommes dans un marasme économique. On s’attendait plutôt à une baisse des recettes fiscales, globalement. Cette hausse pourrait s’expliquer par la révision de la facturation. Il y a peut-être l’augmentation des droits de porte qui est à la base de cette augmentation des recettes douanières.’’
De l’avis de l’enseignant à la faculté des Sciences économiques et de Gestion de l’Ucad, il est difficilement compréhensible que cette augmentation soit justifiée par une hausse des importations. ‘’Du point de vue de la quantité des importations, je continue de croire à une baisse. Maintenant, puisque c’est forcément prix fois quantité, je pense que les autorités douanières ont plus agi sur le prix, en l’augmentant. Cela peut aussi s’expliquer par un élargissement de l’assiette’’.
En langage moins codé, des gens qui passaient entre les mailles du filet et qui sont passés à la caisse pour l’exercice écoulé. L’économiste persiste  : ‘’Pour 2020, j’imagine mal une hausse des importations qui pourrait expliquer de telles recettes. Il faut rappeler que l’économie était à l’arrêt pour une bonne partie de l’année. Je ne vois pas comment, sur les derniers mois, on peut rattraper tout le temps perdu. On ne peut pas importer en 6 mois la valeur d’une année. Encore que les restrictions sont encore là et elles transcendent notre pays.’’

Meissa Babou  : ‘’Il faut avoir le courage des réformes’’

Au-delà des questions autour de la prouesse des soldats de l’économie, il se pose également pas mal d’appréhensions sur l’un des objectifs principaux du Plan Sénégal émergent (PSE), à savoir la transformation structurelle de l’économie. Dans l’ordre de priorités, ce maillon vient même en premier lieu dans le classement des trois axes autour desquels s’articule la vision du président de la République. Plus de 8 ans après l’avènement de la deuxième alternance, difficile de mettre le doigt sur des résultats significatifs. L’économie sénégalaise reste encore très dépendante de l’étranger. Même l’autosuffisance en riz qui a suscité beaucoup d’espoir, semble encore au point mort.

Aujourd’hui encore, le Sénégal importe des centaines et des centaines de tonnes de riz.

Alors, peut-on parler d’échec du PSE sur ce plan ? Le docteur Khadim Bamba Diagne relativise  : ‘’Echec, c’est peut-être trop dire. Mais ce qu’on peut affirmer, c’est que l’objectif n’a pas été atteint. Cela veut dire qu’il y a une partie du travail qui n’a pas été fait. On attend que les rectificatifs nécessaires se fassent avec le PAP 2. Il faut vraiment augmenter la production intérieure qui permet d’augmenter les recettes fiscales au détriment des recettes douanières.’’
Selon l’enseignant, une chose est sûre  : pour se mettre sur les rampes du développement, il faut travailler à renverser cette tendance à forte domination des importations. ‘’Ce qu’on attend des autorités, dit-il, c’est d’essayer de baisser les importations pour booster la production intérieure. Ces importations montrent que la transformation structurelle tant chantée n’est pas encore arrivée à maturité. Elles peuvent certes aider l’Etat à renflouer ses caisses, mais les importations ont un impact négatif sur l’emploi. Elles signifient qu’au lieu de travailler, les gens préfèrent importer les biens qu’ils utilisent’’. Et d’ajouter  : ‘’Vous savez, c’est très simple, les rapports entre les importations et les exportations. Je prends l’exemple d’une personne qui a besoin de 100 kg de riz par an. Si elle peut produire toute cette quantité, elle ne va pas acheter du riz. Mais si elle produit 50 kg, elle va devoir acheter 50 kg. C’est la même chose à l’échelle d’un Etat.’’
A l’instar de son collègue, Meissa Babou évite d’utiliser le mot échec, mais fait le même constat. Il affirme  : ‘’Je dirais plutôt que nous ne sommes pas sur la bonne voie.’’ Pourquoi alors ce retard dans les résultats ? L’enseignant à la Faseg explique  : ‘’Le principal problème, c’est au niveau des réformes. Il faut avoir le courage des réformes. On a un Code des investissements qui ne favorise pas l’industrialisation ; une fiscalité qui favorise de fait les entreprises étrangères ; des terres à polémique. Si vous voulez faire une transformation structurelle qui est un gros mot, il faut avoir le courage de réformer en profondeur. Je ne parle pas de réformettes.’’
Selon lui, les politiques mises en œuvre par l’Etat n’encouragent pas les acteurs à aller dans la dynamique d’une véritable transformation de l’économie. ‘’Il n’y a pas de mesures claires et encourageantes pour inciter les gens à aller vers l’industrialisation. A la limite, les acteurs pensent qu’ils seront plus fiscalisés, qu’il est en tout cas beaucoup plus facile de gagner de l’argent par l’importation’’.

Les explications de la Douane

Sur le site Internet de la Douane, il est indiqué que le directeur général de cette administration a été au Port autonome de Dakar le 28 décembre, pour féliciter chaleureusement ses hommes qui sont les artisans de ce chiffre record.
En fait, ce chiffre de 1 000 milliards a été atteint le 24 décembre. Ce qui signifie que durant l’année 2020, la douane a bel et bien dépassé la barre symbolique des 1 000 milliards, contre 985 milliards en 2019. ‘’Ces résultats, lit-on dans le compte-rendu de la visite publié sur le portail, ont été obtenus grâce à l’exécution rigoureuse et intelligente des instructions du directeur général des Douanes, à une gestion efficace et efficiente du dédouanement des grands produits, à l’application consensuelle des valeurs de corrections, à l’engagement de tous les agents et à l’exemplarité de leurs chefs’’.
A l’occasion de cette visite, le directeur général Abdourahmane Dièye a indiqué que ces résultats font ressortir ‘’l’effort réel’’ de ses agents ‘’en termes de liquidations douanières’’. De l’avis du DG, ces résultats sont d’autant plus satisfaisants qu’ils ont été obtenus dans un contexte où les autorités ont été contraintes ‘’d’édulcorer l’exigence habituelle de redevabilité’’ des opérateurs économiques pour les accompagner dans le cadre de la résilience économique et social… ‘’Nous savons tous que le droit douanier n’est pas quérable ; il est plutôt portable. Le franchissement du cordon douanier en est le fait générateur. Ce qui fait qu’il est tributaire des chaînes d’approvisionnement mondial qui ont été durement impactées par la crise sanitaire liée à la Covid-19’’, rapporte le site.
Parmi les facteurs explicatifs de ces résultats, il est surtout mentionné ‘’les mesures hardies, parfois impopulaires’’, telles que la rationalisation des dépenses fiscales, surtout celles dites ad hoc, les sanctions très sévères sur les abus constatés dans les régimes économiques douaniers et l’interdiction du bénéfice de ces mécanismes à toutes les entreprises auteures d’infractions ou ayant un passif non réglé en douane.
‘’C’est ainsi que nous avons engagé les services opérationnels à respecter les grands consensus obtenus sur les valeurs de correction, en veillant à l’égalité devant la charge fiscale’’. Dans la même veine, le DG a engagé ses agents ‘’à maintenir la dynamique dans la loyauté et le dévouement’’, pour atteindre les résultats de 2021.
En plus de l’effort considérable des agents, il faudrait aussi relever que cet exercice 2020 est le premier sous le magistère du nouveau directeur général Abdoulaye Dièye, réputé être un homme droit et très rigoureux.

Après Noor Ouarzazate, au Maroc, la BAD veut développer, au Sahel, l’une des plus grandes zones de production mondiale d’énergie solaire

(BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT) – Chef de file des partenaires financiers du complexe de Noor Ouarzazate, la plus grande centrale solaire du monde qui s’étend sur 3000 hectares dans le désert marocain (capacité de 580 mégawatts), la Banque africaine de développement déploie, dans le Sahel, un deuxième projet électrique géant appelé « Desert to Power » (D2P). À terme, D2P fera du Sahel l’une des plus grandes zones de production d’énergie solaire au monde. L’initiative vise à produire dix gigawatts d’énergie afin de fournir de l’électricité à 250 millions de personnes d’ici à 2025, dont au moins 90 millions de personnes qui seront connectées au réseau électrique pour la première fois.
Outre les systèmes solaires photovoltaïques domestiques individuels, D2P permettra de déployer des mini-réseaux photovoltaïques et des centrales de production d’électricité captive à usage commercial et industriel. Il est également prévu de produire de l’électricité en synergie avec les programmes agricoles et hydrauliques.
L’initiative a reçu l’onction politique des chefs d’État et de gouvernement du G5Sahel en septembre 2019 à Ouagadougou. D2P couvre onze pays allant du Sénégal, à l’ouest, à Djibouti, à l’est et touche outre les cinq pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad),  Djibouti, l’Érythrée,  l’Éthiopie, le Nigeria, le Sénégal et le Soudan.
Selon l’indice de vulnérabilité au changement climatique 2017, les projections estiment que la menace du changement climatique entraînera une perte annuelle équivalente de 2 à 4% du PIB dans la région du Sahel d’ici à 2040. Au cours de ces dernières années, les ressources de la Banque allouées au financement de l’adaptation au changement et à la résilience climatiques ont quintuplé,  passant de 338 millions de dollars américains en 2016 à deux milliards de dollars en 2019.
L’engagement de la Banque dans le secteur des énergies renouvelables a permis de fédérer d’importants partenaires en faveur de D2P. Ainsi,  la Banque européenne d’investissement, l’Agence française de développement, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), Power Africa (des États-Unis), Africa50 et le Fonds vert pour le climat (GCF) se sont déjà engagés dans le financement et l’accompagnement de l’initiative. L’appui technique de la Banque dans le renforcement de la capacité institutionnelle nécessaire pour la gestion de la production et la distribution d’énergie solaire a également permis l’ouverture des projets au secteur privé, un important levier pour accélérer le déploiement des projets.
En décembre dernier, la Banque africaine de développement a consacré la 4ème édition de l’Africa Energy Market Place (AEMP) aux pays du G5 Sahel dans le cadre de l’Initiative D2P. Au cours de cette rencontre, ces pays ont présenté leurs feuilles de route respectives aux partenaires techniques et financiers.

D2P sur le terrain

En écho à la quatrième AEMP, les administrateurs de la Banque ont approuvé, le 16 décembre 2020, un projet d’assistance technique dans le cadre de l’initiative D2P sous la forme d’une subvention de cinq millions de dollars américains du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA).  L’assistance technique comprend trois volets principaux  : la réalisation des études techniques en vue de l’intégration des énergies renouvelables variables (principalement solaires) dans les réseaux nationaux ; les études de faisabilité pour l’hybridation des systèmes de production d’énergie solaire des réseaux isolés existants et le renforcement des capacités pour aider le Tchad à intégrer le premier projet de production d’énergie solaire (centrale PV IPP de Djermaya) dans son réseau national.
D’une capacité électrique de 32 MW, la centrale solaire photovoltaïque de Djermaya a reçu en septembre 2019, un prêt de 18 millions d’euros et une Garantie partielle de risque (GPR) de la Banque.
Au Burkina Faso, le projet Yeleen, d’un coût total de 136, 69 millions d’euros est financé à hauteur de 48, 82 millions d’euros (36%) par la Banque. Le reste du financement étant apporté par l’AFD et le gouvernement du Burkina Faso. Yeleen vise à accroitre et à diversifier l’offre national d’énergie électrique d’ici 2024 par la réalisation de quatre centrales solaires photovoltaïques d’une puissance totale de 52 MW et à étendre et densifier les réseaux électriques de distribution en vue de raccorder 30 000 nouveaux ménages, soit environ 200 000 personnes.
Au Soudan, le Projet de systèmes de pompage photovoltaïque mis en place au Kordofan du Nord et au Kordofan occidental, répond au besoin d’un approvisionnement énergétique efficace et adéquat pour l’irrigation, en facilitant le remplacement des systèmes de pompage diesel par des technologies novatrices reposant entièrement sur l’énergie solaire photovoltaïque. Le projet permet notamment la fourniture de pompes à eau solaires aux agriculteurs, intègre un modèle basé sur l’efficacité qui réduit la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles, accroît la production agricole à moindre coût et améliore les moyens d’existence des agriculteurs.
Outre une résilience accrue face au changement climatique, l’initiative D2P, permettra un meilleur taux d’accès à l’électricité dans la région et stimulera le développement économique et social et des innovations dans le domaine de la santé, dans des pays du Sahel à faible revenu.
Le déficit en infrastructures énergétiques est considéré comme l’un des principaux obstacles au développement et au progrès en Afrique. L’initiative D2P permettra de stimuler la réalisation d’au moins quatre des cinq piliers stratégiques « High 5 » de la Banque  : « Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie », « Industrialiser l’Afrique », « Intégrer l’Afrique » et « Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique ».

Malgré les retards liés au Covid-19, le Sénégal et la Mauritanie deviendront producteurs de gaz en 2023

(Agence Ecofin) – Bien que le développement de la province gazière de Grand Tortue a été retardé à cause de la pandémie du coronavirus, la production y démarrera dans deux ans. Ce délai aurait pu être plus long, mais l’engagement des parties prenantes a joué un rôle clé dans l’établissement de cet agenda.
L’année dernière, l’apparition du coronavirus a gravement affecté la poursuite des travaux de développement des projets pétrogaziers ainsi que les finances des entreprises du secteur. L’impact de la pandémie est tel que même si l’industrie table sur une légère reprise en 2021, certains projets d’exploration et de production ne devraient pas démarrer comme prévu cette année.

Malgré ce contexte délicat, la nouvelle ministre sénégalaise du Pétrole, Sophie Gladima (photo) a assuré que le début de la production de gaz naturel sur le champ Grand Tortue, situé à cheval sur les eaux maritimes sénégalo-mauritaniennes, commencera en 2023.

« De nombreuses activités liées au développement, telles que la mobilisation des ressources et des personnes, les phases de construction sur différents sites à travers le monde et les installations ont été touchées […]. Le Sénégal se concentre sur le développement de ses projets pétroliers pour atteindre son objectif de commencer la production à partir de 2023 », a-t-elle affirmé.
Lors de la phase initiale du projet, BP et Kosmos Energy extrairont 70 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour et produiront 2, 5 millions de tonnes de GNL par an. Les recettes issues de l’exportation de ces combustibles seront partagées à parts égales entre les deux pays voisins.
Si une grande partie de cette production sera exportée, le Sénégal prévoit de se servir de sa part de gaz pour produire de l’énergie. Le pays injectera le combustible dans ses réseaux de production électrique, notamment via le mécanisme LNG-to-Powership, qui consiste à produire de l’électricité sur une centrale flottante avec du GNL.
Un accord a été signé en septembre 2019 entre Dakar et le producteur turc Karpower pour installer l’infrastructure qui sera dotée d’une capacité de 235 MW, de quoi satisfaire 15 % de la demande du pays. Cette capacité sera ensuite injectée dans les réseaux de distribution contrôlés par la Senelec, la société publique concessionnaire de la production, du transport et de la distribution du courant.

Ce sera surtout le premier projet africain de production d’électricité à partir du GNL.

Par ailleurs, Sophie Gladima a rassuré les Sénégalais que les recettes gazières seront utilisées pour « construire une économie connectée et compétitive grâce à la réduction des coûts de l’électricité, au développement du Contenu local et à l’industrialisation».
Le premier projet pétrolier du pays dénommé Sangomar devrait aussi entrer en production en 2023, avec un plateau initial de production qui sera compris dans la fourchette 75 000 à 100 000 barils par jour.
Pour rappel, le développement de la phase initiale de Grand Tortue nécessitera des investissements de 4, 8 milliards de dollars, tandis que celui de Sangomar requerra 4, 2 milliards de dollars dont 18 % seront déboursés par l’Etat sénégalais.Olivier de Souza

La BAD, Afreximbank et FCI annoncent un fonds pour promouvoir l’affacturage en Afrique

https://www.sikafinance.com La BAD, la Banque africaine d’import-export et la FCI, une organisation mondiale des sociétés d’affacturage, annoncent la mise en place d’un fonds destiné à promouvoir l’affacturage, un instrument financier peu utilisé en Afrique mais qui peut jouer un rôle crucial pour le développement des entreprises.
Le principe de l’affacturage est somme toute simple. Une entreprise en attente de paiement de sa créance et ayant un besoin de financement peut choisir de vendre cette créance à un établissement spécialisé qui peut être une banque. Cette dernière se chargera par la suite d’effectuer le recouvrement pour son propre compte.
 » L’affacturage qui est une technique peu connue sur le continent offre plusieurs avantages en tant qu’instrument alternatif de financement du commerce et de soutien aux PME du continent, confrontées à des contraintes majeures pour accéder au crédit, non seulement en raison d’un sous-développement général du secteur financier, mais aussi en raison du manque de connaissance sur ces produits financiers « , a indiqué Bleming Nekati, directeur du financement du commerce à la Banque africaine de développement, dans un communiqué d’Afreximbank publié ce 7 janvier
Les fonds qui seront mobilisés par l’African Private Sector Assistance  (FAPA), le fonds fiduciaire de la BAD, seront destinés à accompagner la création des sociétés d’affacturages, à renforcer les capacités des acteurs du secteur (établissements financiers et banques commerciales) y compris les personnes physiques via des programmes de formation.
Kanayo Awani, directrice générale de l’Initiative commerciale intra-africaine d’Afreximbank et présidente de la section Afrique de la FCI, a souligné que  » l’affacturage viendra combler le déficit de financement auquel sont confrontées les PME et qu’au-delà, le fonds qui sera mise en place permettra d’accroître la stratégie de croissance du commerce intra-africain et facilitera une plus grande contribution des PME aux chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales « .
Selon des données officielles, l’Afrique représente, au niveau mondial, moins de 1% des volumes d’affacturage, un mécanisme qu’Afreximbank, qui préside la section Afrique de la FCI, promeut depuis plus de 12 ans. De 2018 à 2020, l’institution engagée en faveur du commerce intra-africain a approuvé 22, 1 millions d’euros au profit de sociétés d’affacturage au Cameroun, au Sénégal, au Congo, au Zimbabwe, au Botswana et au Nigéria.Notée A-, Afreximbank est une institution  panafricaine qui réussit à lever des fonds sur le marché international avec une dernière opération réalisée avec succès au Japon.Olivia Yao

TRANSPORT/ AUGMENTATION DES PRIX  : Les mises en garde de Mansour Faye

« Il nous est revenu que des opérateurs de transport auraient des velléités d’augmentation des tarifs des transports publics routiers de personnes.
A cet égard, le Ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement (MITTD) rappelle que les tarifs susmentionnés sont fixés par le décret n° 2009-20 du 22 janvier 2009.
Le décret précité étant toujours en vigueur, lesdits tarifs doivent alors être strictement respectés.
Au demeurant, l’entrée en vigueur de l’arrêté n° 0099 du 07 janvier 2021 relatif aux mesures de restriction dans le secteur des transports routiers pour la lutte contre la COVID-19, pris dans le contexte de l’état d’urgence instauré à travers le décret n° 2021-0001 du 05 janvier 2021 proclamant l’état d’urgence sur toute l’étendue des régions de Dakar et Thiès, ne saurait constituer un prétexte à une quelconque hausse des tarifs des transports routiers publics en commun de personnes.
Par conséquent, les contrevenants aux dispositions du décret fixant lesdits tarifs sont passibles du retrait de l’agrément de transport, sans préjudice des peines prévues par la loi n° 94-63 du 22 août 1994 sur les prix, la concurrence et le contentieux économique.
Ainsi, le MITTD qui, après concertation avec les opérateurs des transports routiers publics de personnes, a pris des mesures de restriction des nombres de places pour certains véhicules de transport en commun dans le contexte de la lutte contre la COVID-19, tout en prenant en compte l’équilibre financier de leur exploitation, les invite au strict respect des tarifs en vigueur. Mansour Faye, Ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement »

UNIVERSITÉ DE DIAMNIADIO  : Première condamnation pour Marylis de Bictogo


Libération Sénégal online
 Le contrat pour la construction de l’Université Amadou Mahtar Mbow de Diamniadio résilié ; Marylis Btp de l’homme d’affaires ivoirien Adama Bictogo, qui avait le marché en groupement, liquidé par la justice, les sous-traitants engagés dans les travaux, qui n’ont pas été payés, se tournent vers la justice. En effet, une première condamnation du groupement Monofascia-Touba Matériaux-Marylis Btp est tombée ce 6 janvier.

A la requête de l’Entreprise générale de travaux (Egx), le groupement Monofosica-Marylis Btp-Touba Matériaux a été condamné, ce 6 janvier, à payer la somme de 198.318.235 Fcfa en principal ainsi que celle de 10.000.000 Fcfa à titre de dommage et intérêts pour résistance abusive. Dans son jugement, la première chambre du tribunal de Commerce de Dakar précise que cette décision a été rendue « par défaut à l’égard de la société défenderesse ». En langage profane, le groupement attaqué n’a pas daigné se présenter devant les juges pour livrer ses arguments. Sans doute parce qu’il n’en a pas.
Egx n’est pas un cas isolé. Selon les informations de Libération, plusieurs entreprises engagées par le groupement dirigé par Marylis comme sous-traitants dans le cadre de la construction de l’université Amadou Mahtar Mbow de Diamniadio courent derrière leur argent. C’est d’ailleurs l’une d’elles, Société Keller Fondation spéciales Sas en l’occurrence qui avait fait constater, par le tribunal, la cessation des paiements de Marylis Btp avant d’ordonner la liquidation des biens- inexistants- de la société. Alioune Kane avait été désigné par la même occasion en qualité de syndic et El Hadji Alla Kane, juge commissaire. « Le groupement doit au moins 3 milliards de Fcfa à ses sous-traitants et fournisseurs », renseigne une source autorisée qui ajoute que l’agent judiciaire de l’Etat a été même saisi.
Choisie en groupement pour construire l’université Amadou Mahtar Mbow pour un coût de 60 milliards de Fcfa, l’entreprise Marylis Btp, qui n’a aucune expérience en la matière, a été chassé par l’Etat parce qu’elle peinait à livrer les travaux. Mais, auparavant, 30 milliards de Fcfa avaient été décaissés pour cette société contrôlée par Adama Bictogo, un proche de Ouattara.
Pourtant, cette affaire devait servir de leçon à l’Etat, ce qui n’est manifestement pas le cas. Marylis et Cie out, l’exécution du marché a été finalement confiée, comme nous le révélions, à Dsc pour la rondelette somme de 31.024.362.537 Fcfa. Cette « société » dont le bénéficiaire économique est Ron Yafett, impliqué dans le montage chaotique de la « Maison du Sénégal » à New-York, avait mis cinq ans pour livrer 4 pavillons à l’Ucad. Alors que le marché a été réattribué à Dsc depuis le 7 mai 2020, les travaux peinent à redémarrer. Sûrement que Ron Yafett, qui ne dispose d’aucun personnel au Sénégal, cherche aussi des sous-traitants…
Source : Libération quotidien, édition du 8 janvier.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES, L’ETERNEL SUPPLICE !

https://www.seneplus.com/ On n’en parlera jamais assez ! Elles ont fait couler beaucoup d’encres, mais sont aussi sujet de plusieurs reportages dans la presse locale. Mais les violences faites aux femmes demeurent un fait qui subsiste toujours dans notre société
On n’en parlera jamais assez ! Elles ont fait couler beaucoup d’encres, mais sont aussi sujet de plusieurs reportages dans la presse locale. Mais les violences faites aux femmes demeurent un fait qui subsiste toujours dans notre société. Pour comprendre ce fléau et réessayer d’apporter des solutions, L’Asnews s’est rapproché des victimes, mais également des organisations qui militent en leur faveur, afin d’en savoir plus.

Reportage !

Viol, incision, maltraitance, pédophilie… ! Autant de maux que subissent au quotidien les femmes. Si elles sont mariées, elles sont le plus souvent battues par leurs conjoints. Célibataires, elles sont violées ou incisées, pour soi-disant « conserver leur chasteté », comme le souhaitent certaines traditions. Ainsi, entre 2017 et 2018, 706 femmes et filles ont été victimes de viol, conduisant à la mort. C’est du moins ce que révèlent les statistiques de la cellule de traitement des affaires criminelles du ministère de la Justice.
Rien que pour l’année 2019, 14 femmes ont été tuées suite à un viol, dont 3 mineures en état de grossesse. Qui ne se rappelle pas de l’affaire Bineta Camara, du nom de cette jeune fille violée puis assassinée par un « ami » de la famille, dans la maison familiale de Tambacounda ? Les cas sont multiples, dans un pays où tuer est devenu un acte banal.  Malgré la loi votée à l’Assemblée nationale, offrant ainsi la possibilité  de condamner sévèrement les auteurs de ces crimes, le fléau persiste.
En effet, les formes de violence que subissent les femmes sont diverses. Et chacune des victimes garde en elle une blessure qu’elle gardera pour toujours. Il y a d’abord le phénomène de l’excision.  Selon l’Agence sénégalaise de la statistique, plus d’une fillette sur 10 est excisée au Sénégal.  Interdit depuis plus de 20 ans, la pratique est en recul dans les villes, mais perdure en milieu rural.
« J’ai été excisée quand j’étais très jeune. Je ne me doutais de rien, car on m’avait donné comme prétexte que je devais me rendre au village voir ma grand-mère malade. Ce fut le cauchemar de ma vie. Je ne pourrai l’oublier. Il suffit que je ferme les yeux pour que le film me soit retracé. C’est la cause des douleurs menstruelles, car le liquide ne coule pas comme il se doit. C’est dur, c’est vraiment dur… », déclare F.P, la vingtaine dépassée.

« MES AMIS ME DISAIENT QU’UN HOMME, ÇA NE CHANGE PAS »

Les violences conjugales rythment le quotidien des couples. Au Sénégal, de nombreuses femmes sont maltraitées par leur époux. Si ces formes de violences font souvent parties du « mougn » (soumission) que nos mamans imposent à leurs filles quand elles rejoignent leur domicile conjugal, cette donne prend de plus en plus des proportions inquiétantes. Divorcée depuis six (6) ans, cette dame qui a préféré garder l’anonymat, garde toujours de sombres souvenirs de son précédent mariage. « En mars 2012, j’ai rencontré un homme dont je suis tombée follement amoureuse. Au bout de quatre ou cinq mois, il revenait souvent au plein milieu de la nuit, sous l’emprise de l’alcool. Au départ, il cassait des objets. Ensuite, ça a été les premières bousculades. On se dit que ce n’est pas grand-chose. Monsieur s’excuse et le lendemain, on dit que c’est la faute de l’alcool », narre-t-elle. Mais juste une année d’union, leurs chemins se séparent.  « J’ai réussi à me séparer de lui au bout d’un an. Finalement, il est revenu vers moi, m’assurant qu’il allait changer, que j’étais la femme de sa vie, qu’il regrettait, que c’était la faute de l’alcool…. Je suis retournée avec lui. Les premiers mois, c’était idyllique. Je suis tombée enceinte. Quand il a appris la nouvelle, il était heureux. Je me suis dit : ça va être un nouvel homme, ça va le changer », a-t-elle dit, le regard lointain. Mais l’accalmie ne sera que de courte durée.
« Au bout de quatre ou cinq mois de grossesse, il a commencé à me retaper dessus. J’ai eu honte, parce que mes amis ne voulaient pas que je revienne avec lui. Ils disaient qu’un homme, ça ne change pas. Moi je disais à tout le monde qu’il avait changé, que tout se passait bien. J’avais tellement honte, j’avais peur aussi pour l’enfant… Heureusement, j’ai fini par me séparer de lui », ajoute notre interlocutrice. Après une période de pause, la jeune femme a su refaire sa vie avec un homme qu’elle juge « impeccable ».
Face à ces multiples formes de violences dont sont victimes des femmes et des filles, certains ont décidé de s’attaquer au phénomène. A travers des réseaux et associations, ils mènent le combat.  Si certaines ne peinent pas à revenir sur leur mésaventure, beaucoup de femmes tuent la tristesse qu’elles vivent dans leurs foyers, de peur d’être critiquées par leurs proches ou familles. En raison de quoi ? Une apparence parfaite ? La psychologie est sans doute un moyen pour s’y échapper. Mais la vision de notre société est inscrite dans une logique qui fait que recourir à un psychologue est souvent banalisé ou jugé comme thérapie européenne. Hélas !
Les prédateurs sexuels doivent être punis, les mentalités de certains hommes se doivent d’être changées, si l’on aspire à un meilleur cadre de vie où les droits de toute fille et femme sont respectés, dans les règles de l’art, loin des… jugements de la société.

CE QUE RÉVÈLENT LES CHIFFRES DE L’ANSD

Elles sont nombreuses à subir les violences, dans toutes ses formes. Selon les chiffres avancés par l’Agence Nationale de Statistique et de la Démographie (ANSD), 25% de femmes âgées entre 15 et 49 ans sont victimes de violences conjugales. Pour l’année 2018, parmi les femmes de 15-49 ans, 23 % ont été excisées. Selon toujours la même source, parmi les filles de 0-14 ans, 14 % ont été excisées, environ 9 % ont subi l’excision avant 1 an et 5 % entre 1 an et 4 ans. Pour l’année 2017, au Sénégal, 27 % des femmes de 15-49 ans ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans. Dans 55 % des cas, le mari/partenaire actuel est l’auteur de ces actes.
S’agissant des violences conjugales, une femme de 15-49 ans (non célibataire) sur quatre (25 %) a subi, à un moment donné, des actes de violence, sous la forme émotionnelle, physique et/ou sexuelle, de la part d’un mari/partenaire. Dans 15 % des cas, ces actes de violence se sont produits récemment, c’est-à-dire au cours des douze mois avant l’enquête.
Concernant les blessures dues à la violence conjugale, l’ANSD renseigne qu’un peu plus d’une femme de 15-49 ans sur quatre (27 %), non célibataires, ont subi n’importe quel type de blessure à la suite de violences physiques ou sexuelles. Cette proportion est de l’ordre de 30 % au cours des 12 mois avant l’enquête. Pour la proportion de femmes ayant recours à une recherche d’aide, elle est estimée à 24 %.

FATOU TOURE, CHARGEE DE PLAIDOYER DE VBG AU RÉSEAU SIGGIL JIGGEN :  « Notre travail de tous les jours est de combattre les violences »

Chargée de plaidoyer de VGB (violence basée sur le genre) au sein du Réseau Siggil Jiggen, Fatou Touré nous explique leur domaine d’activités.

Concrètement, qu’est-ce que la structure a fait pour réduire ces violences faites aux filles et femmes ?

Nous avons fait beaucoup de plaidoyers à l’endroit des lois et des dispositions discriminatoires. Concrètement, nous avons fait accéder plus de 2000 femmes à la planification familiale. Vous savez que ne pas accéder à la planification familiale est une forme de violence. Nous sommes à 315 décès maternels au Sénégal. Donc si toutes les femmes accèdent et restent à la planification familiale, on pouvait avoir 30% de femmes qu’on sauverait. Nous avons également participé dans un grand réseau de 25 associations pour faire des activités de plaidoyer. Nous avons commencé à faire le plaidoyer depuis 2017 pour que le décret d’application portant la planification familiale soit signé. Nous avons fait bouger l’enveloppe des produits contraceptifs de 100 000 fcfa à presque 500 000 fcfa actuellement. Nous sommes partis de 100 000 à 300 000. Et notre deuxième plaidoyer avait eu l’engagement du ministre, d’aller à 500 000 fcfa. Nous avons fait beaucoup de plaidoyers. Notre travail de tous les jours est de combattre les violences, surtout chez les personnes victimes de plusieurs discriminations. C’est l’exemple des personnes handicapées. Celles-ci font partie du réseau Siggil Jiggéen et nous sommes en train de les renforcer dans leurs droits. Nous avons fait également beaucoup de sorties. Nous sommes dans « Woman Deliver » qui est une campagne nationale. Elle est au Sénégal et au niveau du Kenya.

Qu’est-ce qu’il faut pour améliorer les choses ?

Nous nous battons pour que les politiques publiques que l’Etat est en train de faire prennent en compte de manière large et intelligente les filles et les femmes. Nous avons fait beaucoup de choses à « Deliver for Goo » pour mettre les filles et les femmes au cœur des ODD (Objectifs de Développement Durable). Quand les filles et les femmes sont dans les politiques publiques, cela veut dire qu’elles sont dans les grandes orientations de développement. Donc, on est en train de travailler dans ce sens. Nous tendons la main également à d’autres coalitions. Actuellement, nous sommes dans une coalition de 40 organisations…

Avec cette pandémie de Covid 19, quelle a été votre action envers la gent féminine ?

Nous avons fait énormément de choses avec la Covid 19. Nous avons donné à nos organisations des kits. Ces mêmes kits, nous les avons donnés au niveau du ministère. Nous avons également travaillé sur la protection des femmes, notamment le personnel de santé. Nous avons travaillé sur les VBG, nous avons travaillé sur quatre (4) thématiques : VBG (Violences basées sur le genre) ; la place des femmes dans la gestion de la COVID ; la protection, l’accompagnement psychosocial des femmes. Et nous avons travaillé de manière synergique avec huit (8) organisations au niveau de Dakar pour permettre vraiment de participer à juguler la létalité pendant la COVID.

AMY SAKHO, CHARGE DE COM AJS :  «Tout le monde doit se sentir impliqué, concerné »

Regroupés au sein de l’Association des juristes sénégalaises (AJS), des femmes font le plaidoyer sur les lois, afin de permettre aux femmes d’être mieux outillées.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’AJS ?

 L’association des juristes sénégalaises (AJS) est une association de femmes juristes diplômées des universités évoluant dans les domaines du droit. Celle-ci a été mise en place depuis 1974 par d’éminentes juristes telles que l’ancienne première ministre Mame Madior Boye, la première femme procureure Dior Fall Sow, la première femme avocate Mame Bassine. Les missions de l’AJS, c’est la promotion, la vulgarisation, la protection et la réalisation des droits humains, particulièrement ceux des femmes et des enfants. Nous intervenons dans différents volets. Il y a un volet communication où  nous communiquons beaucoup pour rendre accessible le droit.
Mais il y a un autre volet où on fait le plaidoyer sur toutes les lois, tous les droits qui sont favorables aux femmes. Nous plaidons aussi pour le changement de comportements pour aussi des réformes en faveur de la femme. On a aussi un volet assistant-juridique avec nos boutiques de droits qui sont installées un peu partout dans le Sénégal. Actuellement, nous en disposons 8 dans 7 régions. On en a une à Pikine, Médina, Kaolack, Sédhiou, Ziguinchor, Kolda et récemment nous en avons installé une autre à Kébémer. Les boutiques de droits permettent d’apporter une assistance gratuite aux populations qui souhaiteraient saisir la justice ou qui souhaiteraient disposer de quelques actes juridiques. Donc nous les assistons gratuitement.

Quels sont les cas que vous traitez le plus au niveau de votre association ?

Nous traitons tous les cas de violences, surtout les cas de viols, de violence physique, de violence sexuelle. Et avec la covid19, on a eu beaucoup de cas de violence. Nous faisons des plaidoyers, de la sensibilisation, de la communication, des formations à l’attention des acteurs qui sont concernés par la question. Mais nous apportons aussi une prise en charge à travers les formations. On forme les officiers de police judiciaires. C’est une collaboration que nous faisons pour sensibiliser sur les droits des femmes. Nous sensibilisons aussi le personnel de santé, à travers des activités d’échanges et de partage. Mais nous faisons aussi de la prévention, à travers les sensibilisations que nous faisons un peu partout au Sénégal. Nous avons même eu à mettre en place un réseau de para-juristes qui englobe des leaders communautaires que nous formons sur les rudiments du droit, pour apporter leur appui aux populations, en faisant des activités de prévention.

Qu’est-ce qu’il faut pour prévenir les cas de violence ?

Ce qu’il faut pour prévenir les cas de violence, c’est l’implication de tout le monde. Tout le monde doit se sentir concerné par la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. L’Etat doit mettre en place des structures qui œuvrent pour la prévention, mais des structures aussi pour la prise en charge, comme il est en train de le faire, à travers le ministère de la femme qui nous appelle .Tout le monde doit se sentir impliqué, concerné pour enfin lutter contre les
violences faites aux femmes.

La pandémie de la Covid 19 n’a-t-elle pas freiné vos activités ?

Avec la Covid 19, on a fait beaucoup de choses. Nous avons eu à appuyer en kits alimentaires, des denrées, des produits de première nécessité. On a commencé par les maisons d’arrêts pour femmes où nous avons eu à appuyer ces femmes en kits de denrées alimentaires. Au niveau des localités où nos boutiques de droit sont implantées, on a doté les femmes de kits et de denrées alimentaires pour prévenir certaines formes de violence. Car durant cette période de Covid 19, les femmes étaient confrontées aux violences économiques. Donc, pour parer à ça, nous avons pris les devants en les appuyant en kits de denrées alimentaires. Nous avons dépensé des millions pour ça. Mais parallèlement, nous avons élargi  notre numéro vert qui existe déjà, c’est-à-dire le 800 805 805. Mais en période de Covid19, comme il n’était pas possible de faire des déplacements, le numéro vert était fonctionnel 24/24. Et à travers lui, on a apporté notre assistance, nos conseils et orientations aux femmes qui étaient demandeuses. Yacine DIEYE

Education sexuelle dans le système éducatif : Al Falah condamne fermement un «projet importé contraire aux valeurs religieuses, culturelles et sociales du Sénégal»

https://www.leral.net Sur le projet avorté d’intégration de l’éducation sexuelle et même homosexuelle dans le curriculum du système éducatif sénégalais., le Mouvement Al Falah à travers une Déclaration parvenue à leral.net est farouchement contre. IAl Falah condamne fermement un projet importé contraire à nos valeurs religieuses, culturelles et sociales.

Voici l’intégralité de la déclaration

Louange à Allah, Seigneur des mondes que la prière et la paix soient sur le Messager avec la guidée et la religion de la vérité, le Prophète Mouhammad (SAW), sur sa famille et ses compagnons.
Ces jours-ci, la presse sénégalaise et les réseaux sociaux nous ont partagé des enregistrements de responsables syndicaux d’enseignants, qui dénoncent un atelier organisé à Mbour du 21 au 23 décembre 2020. Cet atelier aurait pour objectif d’intégrer «l’Education Sexuelle (ES)» au nom de «l’Education à la Santé reproductive (ESR)» dans le curriculum du système éducatif sénégalais, à travers des disciplines comme : Sciences de la vie et de la Terre (SVT), Économie familiale (ECOFAM), et Éducation physique et sportive (EPS)….
L’atelier a été organisé par le Ministère de l’Éducation nationale à travers le «Projet d’Appui au Renouveau des Curricula» (PARC), financé par l’UNESCO, qui dispose d’un agenda d’intégrer «l’Education Sexuelle Complète» (ESC) dans les curricula de l’éducation pour les enfants, les adolescents et les jeunes.
En conséquence, le Mouvement Al-Falah condamne fermement ce projet d’intégration de «l’Education Sexuelle Complète» dans le curriculum du système éducatif sénégalais, par les organisations internationales.
Le Mouvement Al-Falah affirme que ce projet importé est contraire à nos valeurs religieuses, culturelles et sociales, parce qu’il cible les enfants de 5 à 18 ans, pour les formater à l’avenir à accepter toutes les déviances et orientations sexuelles, après avoir déconstruit les normes sociales adossées au concept « Genre ».
Le Mouvement dénonce l’infiltration de toutes organisations donatrices internationales dans notre système éducatif, par le biais des projets/programmes qui ne sont pas compatibles ni avec les intérêts suprêmes du peuple encore moins des fondamentaux religieux et culturels de notre société.
Le Mouvement dénonce, sans réserve, la ratification par notre pays des conventions et accords internationaux tendant à contribuer à l’occidentalisation du mode de pensée et de vie de notre société.

Par conséquent, le Mouvement Al-Falah :

– invite l’Etat du Sénégal à la réserve et à tenir compte de nos valeurs culturelles et sociales, au moment de la ratification des conventions internationales et, à l’autonomisation du financement de notre système éducatif ;
– exige du Ministère de l’Éducation nationale à protéger le curriculum contre les réformes et innovations qui vont à l’encontre des intérêts de l’école sénégalaise, et à promouvoir nos valeurs religieuses, culturelles et sociales dans le système éducatif sénégalais ;
– exhorte les parents à éduquer les enfants et les jeunes (avenir de notre société) aux valeurs religieuses, culturelles et sociales, afin de les immuniser contre les comportements déviants ;
– invite toutes confessions religieuses et segments de la société, y compris les associations, organisations et établissements religieux, scientifiques, culturels et sociaux, à lutter contre toutes formes de projets subversifs, qui détruisent la moralité des adolescents et jeunes, comme l’ont fait les honorables secrétaires des organisations syndicales.
Le Mouvement Al-Falah, salue la position ferme et responsable du Président de la République et son Ministre de l’Education nationale contre toutes les tentatives de pratiques immorales et illégitimes.
Le Mouvement, affirme également que les curricula scolaires sont un symbole de la souveraineté de l’État, la clé de l’autodétermination, le facteur le plus important pour façonner l’opinion publique, l’ingénierie des populations, la base de la survie d’un pays et son socle de développement.
Enfin le Mouvement Al-Falah, recommande que tout curriculum doit être bâti principalement sur les fondements religieux, culturels, sociaux, historiques et économiques de chaque société.

Le Sames annonce le dépôt d’un préavis de grève face à l’inertie des autorités devant la détresse du Dr SOD.

https://www.dakaractu.com Le mutisme de l’État devant la détresse de certains de leurs jeunes collègues face à la maladie, est une situation qui a mis en colère les membres du Syndicat autonome des médecins, des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames). Ces derniers, face à la détresse dans laquelle se trouvent le Dr Sod (Sadio Ousmane Diédhiou) et le Dr MZ ont crié leur indignation pour relever une discrimination qui ne dit pas son nom. Mais surtout manifester leur volonté d’engager une grève de 72 h à partir du 8 février prochain.
Une discrimination caractérisée par le fait que l’État ‘’évacue allègrement d’autres personnes souffrant de maladies moins graves’’. Le Sames, témoin de cette situation, dit regretter ‘’l’absence de prise en charge médicale correcte pour les étudiants, les médecins, les pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation ainsi que pour les internes conduisant à ces situations regrettables’’. Il a reproché au ministère de la Santé et de l’Action sociale (Msa, de ne pas avoir ‘’finalisé le processus du statut des Des et celui des Internes prenant en compte leur prise en charge médicale, malgré son engagement’’.
Quelques autres points constituent les raisons évoquées par le Sames pour envisager d’aller en grève. Il s’agit de ‘’la gestion désastreuse des ressources humaines par le Msas qui est en passe de faire des nominations clientélistes de jeunes novices aux postes de responsabilité les plus importants, des mutations arbitraires et de l’absence de compétition aux postes, la règle’’. Le Sames en veut pour preuve, la récente nomination d’un Directeur des ressources humaine (Drh) sans expérience ni qualification. Un choix qui constitue ‘’le dernier exemple le plus édifiant, sans oublier les nominations à Dakar de médecins-chefs de district à leur premier poste, les mutations abusives des médecins-chefs de district de Saint-Louis et Richard Toll, etc’’. Le Msas, quant à lui ‘’est resté sourd malgré les multiples alertes qui lui ont été lancées’’.
Le 3e point de revendication a porté sur le ‘’non-respect des accords signés par l’État en 2014 en rapport avec les parcelles à usage d’habitation de la Zac du Lac Rose, l’indemnité de représentation médicale (Irm) due aux agents dans la commune des Parcelles Assainies et le rappel de cette indemnité aux agents des collectivités territoriales, ceux de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) et ceux de l’Agence de la Cmu sans compter les autres points de la plateforme revendicative de 2019 qui n’ont fait l’objet d’aucun traitement’’.
À défaut d’une ‘’réponse appropriée de l’autorité dans un délai d’un mois’’, le Sames dit se réserver le droit d’observer un mouvement de grève initiale de 72 h à partir du 8 février 2021. Tout en espérant que cette période de préavis sera prise en compte pour des avancées franches et sincères’’.

288 nouveaux tests positifs et 4 nouveau décès

Le ministère de la Santé et de l’action sociale a fait le point sur la situation journalière de l’évolution de la Covid-19 au Sénégal, ce lundi 11 janvier 2021.
Sur 1927 tests réalisés, le Sénégal a enregistré 288 nouveaux cas de coronavirus. Soit un taux de positivité de 14, 95%. Les cas positifs sont répartis comme suit : 114 cas contacts, aucun cas importé et 174 cas issus de la transmission communautaire…
139 patients hospitalisés ont été contrôlés négatifs et déclarés guéris.
33 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation des hôpitaux.
04 décès ont été enregistrés ce dimanche 10 janvier 2021. L’état de santé des autres patients reste stable.
A ce jour, 21 533 cas ont été déclarés positifs, dont 18 357 guéris, 469 décédés et 2 706 patients sous traitement.

Covid-19 : 21 cas positifs recensés à Kaolack.

https://www.dakaractu.com Ce dimanche 10 janvier 2021, 21 prélèvements sont revenus positifs. Selon la région médicale de Kaolack, il s’agit de : 12 cas communautaires et 07 contacts de Kaolack, 02 cas communautaires de Guinguinéo.La bonne nouvelle est que 16 patients sont déclarés guéris…

Situation des cas graves : Le Pr Mamadou Diarra Bèye du Samu national sonne l’alerte rouge

La situation est difficile !». Tel est le résumé fait par le Directeur du Samu national,
le Professeur Mamadou Diarra Bèye de la situation du coronavirus au Sénégal. Ainsi, après le point sur l’évolution de la pandémie dans le pays, il a dévoilé la gestion des cas sévères de cette maladie. « C’est difficile pour les populations mais également pour les soignants. Tout bonnement parce que le nombre de cas augmente de jour en jour, en moyenne une centaine de cas par jour et dans tout le pays. Ce qui est à noter aussi c’est l’augmentation notable de plus en plus des cas communautaires. Ce qui témoigne d’une circulation active du virus dans la population », a d’emblée déclaré le Pr Bèye.
De plus, dit-il, « on note également une augmentation des cas graves dans les services de réanimation et ceci cohabite avec l’augmentation des autres cas en réanimation ».

Près de 300 cas sévères sont dans les CTE et prennent 10 à 15 litres d’oxygène par minute

Le Directeur du Samu national a renseigné qu’il ne faut pas oublier que dans les services de réanimation, en plus de cas sévères de Covid, on a d’autres pathologies qui n’ont absolument rien n’à voir avec le coronavirus. « Ce qui fait que le nombre de lits se met très rapidement en tension », fait-il savoir. Avant d’affirmer : « Mais au-delà des cas graves traités en réanimation, nous avons des cas sévères parce que ces derniers sont dans les Centres de traitement des épidémies (CTE) et (depuis que la prise en charge à domicile a commencé, les cas asymptomatiques ou bien les personnes qui ne présentent pas de risques majeurs sont pris en charge dans les domiciles avec un suivi), ils nécessitent une prise en charge rapprochée avec l’administration d’oxygène et d’autres médicaments. Actuellement, on en a près de 300 patients hospitalisés ».
Le Professeur Mamadou Diarra Bèye a ainsi soutenu que ces cas consomment énormément d’oxygène et on peut comprendre que les malades prennent à peu près 10 à 15 litres par minute. « On peut comprendre aisément la charge du travail. Et pour ces patients, la surveillance est aussi difficile, quand on est en surveillance continue, 1 à 3 soignants par patient », dit-il. Tout en ajoutant qu’on note également une augmentation des décès, parce que si les cas graves augmentent, forcément le nombre de décès augmente. Cependant, il a rassuré que le taux de létalité est inférieur à 2, 5%.

La prise en charge à domicile des patients, l’autre cas grave

L’autre élément important sur lequel, il a insisté, est la prise ne charge à domicile qui est une réalité. « C’est un choix qui a été fait par le Comité national de gestion des épidémies (CNGE). Lequel nécessite un suivi mais aussi l’engagement des familles et des patients. Parce qu’au départ, si un triage est fait et qu’on décide de traiter quelqu’un à domicile, il faudra veiller à la contamination, mais aussi il faudra veiller à avertir très rapidement les structures de santé en cas d’aggravation et c’est dans ce cadre que le Samu joue un rôle très important. Ces alertes, nous les recevons sur le 15/15 et il faut appeler très vite quand il y a une détresse », prévient-il. Avant de poursuivre : « Parce que ce qu’on a noté pour les cas graves qui arrivent en réanimation, dans plus de 80% des cas, ce n’est pas des patients suivis à domicile mais des patients qui restaient à la maison et qui brutalement présentent des signes de détresse et quand nous intervenons, nous nous rendons compte que ces personnes étaient malades depuis au moins dix jours ».
Pour lui, ce message est très important parce que pendant ce temps, le risque de contamination a pu être important mais également ces malades arrivent dans des situations vraiment très dramatiques, de sorte que malgré tous les efforts faits dans les services de réanimation, nous déplorons un nombre de décès très élevé.
Sur ce, le Directeur du Samu national a exhorté les soignants sur les efforts qui sont fournis et qui restent encore à être fournis puisqu’il fait remarquer que le chemin risque d’être encore long. « Les gestes barrières doivent faire partie de nos habitudes mais surtout le plus important c’est d’éviter les rassemblements et les déplacements inutiles ».

Docteur Mamadou Ndiaye : «c’est le Programme élargi de vaccination qui a les compétences, l’expertise et les moyens pour vacciner»

https://actusen.sn Le Directeur de la Prévention Docteur El Hadji Mamadou Ndiaye a profité de l’entretien accordé à SourceA, pour livrer une idée exacte du grand chantier qui attend les autorités qui devront passer par le Programme élargi de vaccination. Selon lui, C’est le programme qui a les compétences pour vacciner.
«On ne peut pas vacciner sans utiliser le Programme élargi de vaccination. C’est celui-ci qui a les compétences, l’expertise et les moyens pour vacciner. Il n’y a pas une autre structure. Dans toutes les régions du pays, la vaccination est intégrée dans le paquet, depuis le Poste de santé. C’est un paquet de l’infirmier ou la sage-femme assure, chaque jour. Cela fait partie de leurs prérogatives», a-t-il dit dans les colonnes du journal.
A l’en croire, «il s’est trouvé qu’avec la Covid-19, les gens ont développé des vaccins dont certains requièrent une température allant jusqu’à moins 80 degrés. Ces réfrigérateurs ne sont pas disponibles dans le cadre du Programme élargi de vaccination. Si nous devons utiliser ces vaccins, il faut nous équiper en conséquence. On ne peut pas recevoir ces vaccins, sans qu’on ait une logistique adéquate pour les conserver»

Record de 328 nouveaux cas et 13 décès : «C’est assez sérieux et inquiétant»(Dr Mamadou Ndiaye)

https://www.seneweb.com La journée d’hier samedi a battu tous les records depuis le début de la pandémie de la Covid-19 en termes de chiffres avec 328 nouvelles contaminations et 13 décès.
Une situation qui inquiète le directeur de la prévention Dr Mamadou Ndiaye. Malgré son calendrier chargé, le présentateur du « point du jour » s’est exprimé dans l’émission Objection sur Sud fm. Il trouve cette situation assez inquiétante.
« Le point culminant c’est le point au-delà duquel on ne peut plus aller. Or, on avait pensé, après ce qu’on a vécu après presque 12 mois, que les chiffres allaient prendre une pente décroissante de jour en jour », indique Dr Ndiaye qui constate avec effarement que c’est le contraire qui s’est passé. « Hier nous avons atteint un chiffre jamais atteint depuis le début de cette pandémie », confie-t-il.
Une situation qui est loin de le surprendre. Il s’y attendait d’ailleurs. « Cela ne m’a pas surpris. J’avais dit à mes proches collaborateurs que cette semaine nous allons atteindre un chiffre qu’on a jamais eu. Parce que nous avons manipulé les chiffres. Le plus souvent les week-ends, dans la nature de notre société, quand on est malade, on attend lundi pour se rendre à l’hôpital. Nous avons atteint le week-end dernier, un samedi, un chiffre assez effarant », souligne le directeur national de la prévention.
Avant de poursuivre : « quand un samedi on atteint ce genre de chiffre, il faut s’attendre, les jours ouvrables, à des chiffres supérieurs. Cela augure en milieu ou en fin de semaine à des chiffres qui vont crever le plafond ».
A l’en croire, rien n’indique que « cela va s’arrêter là ». « On le souhaite bien sûr. Mais en tout cas c’est assez sérieux et inquiétant », déplore l’expert en vaccinologie qui souhaite vivement que les impacts des nouvelles mesures se ressentent dans les prochains jours pour une tendance baissière.

Dr Mamadou Ndiaye : «Nous n’avons pas encore rencontré de mutant, à ce jour»

https://www.seneweb.com Les nouveaux variants anglais et sud-africain de la Covid-19 inquiètent à travers le monde, du fait de leur supposée dangerosité et contagiosité beaucoup plus élevée.
Au Sénégal aucun signe d’un nouveau variant n’est à signaler, à ce jour, d’après le Dr Mamadou Ndiaye. Mais, s’empresse-t-il de préciser sur le plateau de l’émission «Objection» de Sud Fm, «il n’est pas exclu que cela apparaisse».
«D’après les dernières données que nous avons reçues de nos différents laboratoires, nous n’avons pas encore rencontré de mutant, à ce jour. Mais ce n’est pas exclu que cela apparaisse un jour, parce que cela fait partie du suivi d’une épidémie», renseigne-t-il.
Raison pour laquelle, poursuit le directeur national de la Prévention, «il faut toujours avoir l’œil sur le virus, pour savoir si on a toujours affaire au même ennemi.
Surtout que quand il mute, il peut être un peu plus dangereux, comme on le voit actuellement. Jusqu’à présent au Sénégal, nous avons la même souche»

4ème nuit couvre-feu / Cinq jeunes badauds interpellés à Yoff et calme plat à Ngor, Cambérène et aux Parcelles Assainies de Dakar

https://www.dakaractu.com Bien que ce soit un samedi, jour où tout le monde présageait des affrontements entre les jeunes et les forces de l’ordre, c’est le calme plat dans les quartiers, voire la commune de Dakar que nous avons visitée. De Ngor à Cambérène en passant par Yoff, Parcelles Assainies, les exigences du couvre-feu sont respectées. C’est seulement à Yoff Ndeugane que les gendarmes ont arrêté cinq jeunes badauds sans résistance qui étaient dehors sous ce froid glacial qui imposait sa loi dans cette cité côtière. Aucun pneu brûlé encore moins aucune pierre jetée ni usage de lacrymogènes de la part des forces de l’ordre.
À Cambérène et plus précisément à l’intersection qui jouxte la gare de Serigne Mountakha Mbacké de l’unité 7, à proximité du premier garage de l’unité 6, c’est le désert total. C’est ici que les jeunes ont brûlé des pneus durant les trois premiers jours de couvre-feu de l’acte 2 de l’état d’urgence. C’est seulement les traces des pneus brûlés qui sont visibles. Mais aucune ombre de jeunes n’est perceptible…

Qui était Ibrahima Diouf, directeur du Bureau de mise à niveau emporté, ce dimanche par la Covid-19.

https://www.dakaractu.com Le directeur du Bureau de mise à niveau a perdu la bataille devant la Covid-19. Ibrahima Diouf, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été emporté par cette maladie contagieuse, a appris Dakaractu. L’annonce de son décès des suites de cette pathologie a été faite ce dimanche 10 janvier 2021.
Ibrahima Diouf aura laissé à la postériorité une bonne impression après avoir dirigé pendant plusieurs années cette structure stratégique. Titulaire d’une maîtrise en Droit International et Européen de l’Université Paris I Panthéon – Sorbonne, d’un Diplôme d’études supérieures (Des) en gestion des Pme/Pmi dans les pays en développement et d’un Diplôme d’études approfondies (Dea) en Sciences politiques, option  : identités et organisations de l’Université Paris IX- Dauphine, renseigne le site du Bmn (Bureau de mise à niveau).
M. Diouf, selon ledit site, a acquis une large expérience dans le Conseil aux Pme, en sa qualité d’expert du Secteur privé. Secrétaire permanent de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois) de Septembre 1998 à Septembre 2002, Ibrahima Diouf s’est familiarisé avec les acteurs du secteur dit informel, et s’est employé durant son passage dans la structure la plus représentative du secteur non structuré sénégalais, à en faire, une force d’analyse et de propositions, partenaire des Pouvoirs publics dans la conception et l’élaboration des politiques de développement.
La même source a levé un coin du voile sur le parcours du défunt directeur du Bureau de mise à niveau. Il a évoqué la réalisation de plusieurs missions et travaux concernant les Pme. L’illustre disparu dispose ainsi, selon ses désormais ex-collaborateurs ‘’d’une expertise avérée en matière de Conseil et d’encadrement en organisation, droit, fiscalité et en assistance administrative en faveur des Micro, Pme ».

Sidya Ndiaye dénonce le couvre-feu et cogne Macky : «Nous ne sommes pas des sujets, nous sommes des citoyens !»

https://www.leral.net La conférence de presse du Syndicat des travailleurs de l’hôtellerie, restaurants et bars et salles de jeux du Sénégal (SNTHRBS), affilié à sa centrale, a servi de tribune, hier, au Secrétaire général de la Fédération générale des travailleurs du Sénégal (FGTS/B), Sidya Ndiaye, pour s’élever contre la façon de faire du président de la République. Le syndicaliste juge «autoritaire la décision prise à la hâte par le Président Macky Sall sur le couvre-feu».
En effet, relevant un paradoxe, Sidya Ndiaye s’est interrogé. «On nous fait comprendre que l’Etat a appuyé le secteur (NDLR : de l’hôtellerie, de la restauration) et a continué à l’appuyer. Les questions que nous nous posons, c’est qui reçoit cet appui ? Est-ce-que ce n’est pas les mêmes personnes qui reçoivent cet appui ? Puisqu’il y en a qui disent qu’ils n’ont rien reçu.
Maintenant, la situation commence à être très difficile», avertit-il.
Concernant l’intifada des jeunes à l’heure du couvre-feu dans différents quartiers de Dakar, il a souligné : «Nous n’avons pas encore la durée du couvre-feu, parce que ça a démarré avant-hier. Et vous avez vu que les populations étaient excédées. Certes, nous n’encourageons pas les gens de descendre dans la rue pour contester les mesures prises par l’Etat, mais nous pouvons comprendre cette réaction».

«Macky Sall n’a aucun respect envers les citoyens»

Il ajoute : «Nous avons notre mot à dire. Et nous disons qu’on aurait dû mieux préparer l’entrée en vigueur du couvre-feu. Mais vous avez vu la pagaille que cela a suscité dans la circulation, avec des bouchons un peu partout, avec des retards. Certains sont arrivés très tard chez eux, surtout en banlieue. L’autoroute a été bouchonnée. Partout, c’est bouchonné à l’heure de la descente».
Très en verve, Sidya Ndiaye de déplorer le fait que «Macky Sall n’a aucun respect envers les citoyens. Il prend des décisions sans tenir compte des citoyens. Le couvre-feu, ça demande un peu plus de préparation. On a vu qu’en Europe, quand les gens annoncent ce genre de décision, c’est à l’avance que c’est fait. Ils disent voilà le plan et nous allons commencer tel jour. Mais ici, ce n’est pas le cas. Or, nous ne sommes pas des sujets, nous sommes des citoyens. Personne n’est contre de l’autorité de l’Etat. Mais nous disons aussi qu’il faut que l’Etat respecte les citoyens».
Le Secrétaire général de la FGTS/B, Sidya Ndiaye a insisté sur le fait que les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme sont des secteurs dont la plupart les activités se déroulent la nuit. «Lors du premier couvre-feu, ils ont beaucoup souffert. Et aujourd’hui que la mesure est revenue encore sur la table, il y a beaucoup d’inquiétudes.Donc, nous préférons alerter sur les risques autour de secteurs», dit-il.
Prenant exemple des travailleuses licenciés à César Mermoz, il a lancé : «Aujourd’hui, nous avons même en échantillon dans la salle des dames qui travaillent au César Mermoz qui ont été virées par leur patron dès que la mesure est entrée en action, alors qu’ils ont fait là-bas 16 ou 17 ans. Et ça, c’est une catastrophe. Si ça continue comme ça, ce secteur sera impacté négativement par des licenciements abusifs, massifs.
Dans beaucoup d’hôtels, ils ont pris des mesures, des travails temporaires, etc, pour diminuer les salaires du travailleur. Ce qui pose un certain nombre de difficultés».Avec Vox Populi

Pr Pape Demba Sy sur l’état d’urgence à Dakar et Thiès : « la mesure peut sembler discriminatoire, mais… »

https://www.pressafrik.com Le spécialiste en Droit constitutionnel par ailleurs Secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le fédéralisme (UDF/ UDF-Mbooloomi), partage l’avis du chef de l’Etat, Macky Sall, qui a décrété l’état d’urgence assorti d’un couvre-feu dans les deux régions les plus touchées par la Covid-19 à savoir Dakar et Thiès.
Selon Pr Pape Demba Sy, « cette mesure peut sembler discriminatoire, mais si cela permet de contenir la pandémie, elle pourra avoir des conséquences sur le reste de la population ».
L’invité du Grand Jury de Rfm de ce dimanche 10 janvier 2021, est d’avis que « Gérer un pays c’est compliqué ». Rappelant que « la dernière fois, lorsqu’on a proclamé l’état d’urgence, vous avez vu tout ce qui s’est passé et tous les drames que cela a pu entrainer au plan économique ».
Pr Sy est d’avis que si on refait la même chose, il risque d’y avoir des situations compliquées que l’Etat pourrait difficilement maîtriser. Il dit croire que « l’Etat a choisi la progressivité en disant que : ‘Je commence déjà par les deux régions les plus touchées et peut être progressivement en fonction de l’évolution de la situation, je vais étendre l’état-d ’urgence’. Cela me semble plus sage dans la situation actuelle parce qu’il faut tirer des leçons du premier état d’urgence décrété lors de la première vague ».
Selon lui, « Cette mesure, en elle-même, peut sembler discriminatoire, mais si cela permet de faire en sorte que là où la pandémie est la plus importante qu’on puisse contenir cette pandémie, cela pourra avoir des conséquences sur le reste de la population ».

L’état d’urgence, un régime général de restitution des libertés

En ce qui concerne l’état d’urgence, a souligné Pr Pape Demba Sy, « Il faut que les Sénégalais comprennent que c’est un régime général de restitution de libertés et le couvre-feu n’en est qu’un élément. Cet état d’urgence doit faire en sorte que l’on puisse contenir le risque, le danger qui nous menace ».
« Dans des situations comme celle-là, je préconise que l’on puisse faire confiance aux hommes de l’art, puisque c’est eux qui conseillent les autorités », a-t-il conclu.Aminata Diouf

Couvre-feu/Me Doudou Ndoye : “On doit astreindre aux mêmes règles tout le Sénégal”

https://www.leral.net Me Doudou Ndoye n’est pas de ceux qui déplorent l’état d’urgence et le couvre. Au contraire, pour lui, les autorités ont tardé à prendre ces décisions. « Je dis que ces mesures ont été prises un peu tardivement, mais ce n’est pas irrégulier. Gouverner c’est prévoir. Je dirai que cette pandémie est là depuis longtemps.
Le gouvernement devait penser à l’économie, le social et le sanitaire. Mais à un moment donné, le Gouvernement a semblé oublier le sanitaire en laissant les gens se rassembler un partout, en laissant les gens aller dans les grandes cérémonies religieuses que nous connaissons. Et malheureusement, nous en payons le prix » a-t-il soutenu ce matin à l’émission Jury du dimanche sur Iradio.
De son avis, « le Gouvernement aurait pu savoir que tant que la pandémie n’est pas finie, on doit astreindre tout le Sénégal, sans aucune exception, aux mêmes règles. Et le gouvernement ne l’a pas fait. Aujourd’hui que le Gouvernement se trouve devant l’impossible, il tente de réduire la propagation de la maladie. Il aurait pu le faire depuis ».

«JE NE PRÉSIDERAI PLUS UNE COMMISSION DE RÉFORME FONCIÈRE»

http://www.emedia.sn C’est un secret de polichinelle. Le foncier est une grande équation qui tarde à être résolue au Sénégal. Et pour Me Doudou Ndoye, régler le foncier définitivement ne peut pas exister au Sénégal et dans aucun pays au monde. Cependant, il pense qu’il y a deux choses à corriger. Il s’agit, dit-il, de la relation historique entre l’accaparement des terres par les lois françaises sur les dos de nos coutumes et l’accaparement des terres par les lois sénégalaises. « Il y a des lois françaises, écrites pour les Français que le président Senghor nous a mis dans notre code de la famille. Alors qu’on a des familles différentes. Aujourd’hui, notre richesse est paralysée. Vous allez dans n’importe quelle maison à Dakar, vous y trouverez 50 personnes qui meurent de faim », a expliqué Me Doudou Ndoye non sans affirmer qu’il est la solution pour régler le foncier au Sénégal. « Est-ce un appel pour demander au président de la République de vous confier la commission de la réforme foncière », lui demande le journaliste. Il rétorque  : « Non, ce n’est pas un appel. Je ne présiderai plus jamais une commission de réformes foncière ».
Par ailleurs, l’ancien ministre a été interpellé sur le débat relatif à la suppression de la ville de Dakar. Et sa réponse a été simple. Il dit  : « En supprimant cette ville, on supprime le Conseil municipal et donc on supprime pour chaque citoyen sa capacité à élire. Je ne pense pas que ça soit une bonne chose que d’enlever aux citoyens cette participation à la vie publique ». Il indique, dans le même sillage, être contre la nomination des maires Aliou DIOUF & Pape D. Diallo (Photo)

ME DOUDOU NDOYE : «LE SÉNÉGAL N’A PAS DE CONSTITUTION»

http://www.emedia.sn Lors de son face à face avec les journalistes, le président de la République, Macky Sall avait déclaré que la Constitution du Sénégal garantit l’équilibre des pouvoirs, des droits et libertés. Une thèse rejetée par Me Doudou Ndoye. Selon l’ancien ministre de la Justice sous le régime de Abdou Diouf, le Sénégal n’a pas de Constitution. « La vraie question sénégalaise est celle de notre constitution. Aujourd’hui, je prétends que nous n’avons pas de constitution. Selon ma conception des relations dans une Nation, une constitution c’est le lien de droit entre toutes les composantes de la Nation. Toute ces diversités dans une Nation qui peut se confronter tous les jours, sont scellées par une constitution qui fonde ce que nous sommes et qui prépare ensemble ce que nous voulons être. Nous n’avons pas de constitution », a martelé l’avocat, invité du Jury du dimanche sur Iradio. Il s’explique.
Selon lui, avant 1958, le Sénégal était colonisé et, à l’époque, il cherchait à être indépendant. Au même moment, le Général De Gaulle devient le président de la France et crée une constitution française. « Le Sénégal était réellement indépendant en 1959 avec le Mali. La France a envoyé ses juristes au Sénégal et à Bamako, ils ont transcrit la constitution française en Afrique. C’est la constitution française qui a été recopiée pour être africanisée. C’est le fondement de cette constitution qui est toujours là et on l’a empiré », a expliqué la robe noire. Qui ajoute  : « Si vous prenez toutes les constitutions sénégalaises, la première phrase c’est  : La république du Sénégal mais on dit la République française. Pourquoi on ne dit pas la république sénégalaise, c’est parce que la France considère qu’elle est propriétaire de la notion de république et que nous sommes des territoires à qui on a confié des parties ou des comportements. » Ainsi, Me Doudou Ndoye plaide pour la reprise de toute la constitution en rassemblant les sénégalais aptes à discuter de cela.

DES PIQUES À MACKY ET WADE

De l’avis de Me Doudou Ndoye, l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade n’a apporté aucun changement dans la constitution. « Abdoulaye Wade, président de la République a pris Madické Niang, ministre de la Justice avec ses quelques amis, il a rédigé sa constitution à lui en reprenant tout ce qu’il a trouvé et en ajoutant ce qui lui convient. Et il a même été jusqu’à violer les règles de la constitution existante pour nous amener à voter sa constitution à lui par référendum », a dénoncé Me Doudou Ndoye. Quid de Macky Sall ? « Il a fait pire », a-t-il rétorqué.
A l’en croire, Macky Sall a pris la Constitution de Senghor et celle de Me Abdoulaye Wade pour proposer, en 2016, un référendum. De l’avis de Me Doudou Ndoye, pour montrer qu’il est contre cette constitution, il n’a pas accompli son devoir citoyen lors de la dernière élection présidentielle.

POURQUOI JE N’AI PAS VOTÉ

« Je n’ai pas voté. Cette question que notre président Macky Sall nous a modifié comporte des dispositions qu’aucun sénégalais ne devait voter », a soutenu Me Doudou Ndoye, déplorant le fait que la justice, pouvoir judiciaire constitutionnel, soit la sixième institution publique derrière le Conseil Économique social et Environnemental et le Haut Conseil des Collectivités Territoriales. « Cela veut dire qu’aujourd’hui un secrétaire d’Etat au gouvernement est plus important constitutionnellement que le président du Conseil constitutionnel. Comment le Haut Conseil peut passer avant le président de la Cour suprême et avant le président du Conseil constitutionnel qui déclare le président de la République élu », s’interroge-t-il pour le regretter.Donc, conclut-il : «je ne partage ni le point de vue du président de la République ni celui des conseillers qui lui ont inspiré cela.La constitution du Sénégal ne garantit aucun équilibre de pouvoir».Aliou DIOUF & Pape D. DIALLO (Photo)

ME DOUDOU NDOYE : «SI ON DISSOUT PASTEF, JE ME PORTERAI AVOCAT DE SONKO»

http://www.emedia.sn Dans une campagne de levée de fonds internationale, le Parti Pastef d’Ousmane Sonko avait réussi à mobiliser plus de 150 millions de francs CFA. Un acte qui avait poussé le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome à évoquer la loi du 6 mai 1981 pour rappeler que les partis politiques ne peuvent bénéficier d’autres ressources que celles provenant des cotisations dons et legs de leurs adhérents et sympathisants nationaux et des bénéfices réalisés à l’occasion de manifestations.
Selon la même loi évoquée par le ministre de l’intérieur, tout parti politique qui reçoit des subsides de l’étranger ou d’étrangers établis au Sénégal s’expose à la dissolution, conformément à l’article 4 alinéa 2 de la loi de 1981. Interpellé sur cette question, Me Doudou Ndoye a décrié l’attitude d’Antoine Félix Diome. « Je trouve que le ministre de l’Intérieur a fait preuve d’excès de zèle. Sur le terrain de la loi, les arguments, qui disent que Pastef n’a pas le droit de faire cela, sont faux. La loi est écrite. Ce n’est pas parce qu’on peut la lire, qu’on la comprend. Lire la loi ne signifie pas la connaître. La loi fait partie d’un système universel de normes. Une loi s’interprète par sa cause, son exposé des motifs et sa raison d’être », a expliqué Me Doudou Ndoye, indiquant que les sénégalais de la diaspora, membre du Parti Pastef ont bel et bien le droit de participer aux activités de leur formation politique. En outre, il a fait savoir que le Parti n’a pas à prouver la provenance de l’argent. C’est plutôt, à son avis, celui qui accuse qui doit apporter ses preuves. « Pastef n’a rien à prouver. La République c’est le respect des libertés. J’ai toujours été rebelle à toute dictature et à toute violation des droits de qui que ce soit dans mon pays. Ce que le ministre a fait n’est pas normal. Je ne suis pas d’accord avec lui. Toute personne qui défend cette thèse contre Pastef je la combattrai parce qu’en le faisant, elle me combat, elle combat le président Macky Sall. Je veux que nous garantissions les droits pour tout le monde. Je ne connais pas Ousmane Sonko. Je ne l’ai jamais vu de ma vie sauf au journal. Je ne sais rien de son parti. Mais, je défends les libertés », a soutenu Me Doudou Ndoye. Pour lui, Pastef ne peut pas être dissout sur la base de cette campagne de levée de fonds. Si on le fait, il prend l’engagement d’assurer gratuitement Ousmane Sonko et ses camarades devant les juridictions compétentes. « Si on le fait, je serai leur avocat, je vais au Conseil constitutionnel et au Conseil d’Etat pour leur défendre », prévient-il, déterminé. Aliou DIOUF

Mansour Faye : « Il a eu une mauvaise lecture de la loi »

iGFM – (Dakar) Il y a quelques mois, en pleine polémique sur la gestion de l’aide d’urgence, Mansour Faye, alors ministre du Développement communautaire, avait déclaré qu’il ne répondrait pas à une convocation de l’Ofnac. Ce qui avait créé un tollé. Agrégé en Droit, et secrétaire général de l’Udf Mboolo-mi, Pr Pape Demba Sy a corrigé l’actuel ministre des Transports terrestres  au cours du  »Grand Jury ».
«Il est revenu sur cela. A mon avis il a eu une mauvaise lecture de la loi. La loi dit qu’on peut convoquer toute personne susceptible d’apporter  la vérité. Dans le texte qui régit l’Ofnac c’est clair.
Sur ce plan-là le ministre n’a pas de privilège. Le privilège qu’il a c’est pour le jugement. Mais pour entendre la personne, lui poser un certain nombre de questions, il n’a pas ce privilège-là.»

Retrouvailles Idy Macky : ‘’Une volonté du patron de l’Apr, pour mieux contrôler le pays’’ (Professeur)

https://www.seneweb.com Les retrouvailles entre Idrissa Seck et Macky Sall, qui avaient surpris plus d’un, continuent de susciter des interrogations sur l’avenir politique des deux hommes.
‘Mais ce qui est sûr, selon le professeur Pape Demba Sy, c’est que le patron de l’Apr a une volonté de mieux contrôler le pays, en rapprochant certains leaders de l’opposition auprès de lui.
‘’La retrouvaille entre Idrissa Seck et Macky Sall est une volonté de Macky de se renforcer, pour mieux contrôler le pays. Mais, aussi, ce sont des retrouvailles entre anciens libéraux. Ils ont profité du dialogue politique pour se retrouver.
‘C’est ce qui est d’ailleurs peu élégant de leur part’’, a fait savoir Pape Demba Sy, leader de l’Udf/Mbollo-mi, qui était l’invité du ‘’Grand Jury’’ de la Rfm.

«Macky et 3e mandat» : Moustapha Diakhaté convoque la VAR pour Me Doudou Ndiaye

https://www.dakarmatin.com Me Doudou Ndoye a validé la candidature de Macky pour un troisième mandat, hier lors de l’émission Jury du dimanche. Cette sortie fait polémique. Moustapha Diakhaté sur sa page Facebook a démonté les arguments de l’avocat et ancien ministre de la Justice en convoquant la VAR. Ci-dessous l’intégralité de son post :
« Me Doudou ne peut pas défendre en 2012 que la limitation des mandats à deux issue de la révision constitutionnelle de 2001 soit d’effet immédiat et dire aujourd’hui que « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs » de la révision constitutionnelle de 2016 ne soit pas applicable au Président Macky Sall en 2024. Manifestement Me Ndoye qui valide la candidature de Macky Sall oublie étrangement ce qu’il disait en 2012 en vertu du principe juridique de « l’effet immédiat de la Loi nouvelle d’ordre public » qu’il évoquait pour justifier le caractère anti constitutionnel de la candidature de l’ancien Président Abdoulaye Wade lors de la présidentielle de 2012. »

ME DOUDOU NDOYE ASSÈNE SES VÉRITÉS À MACKY

http://www.emedia.sn Le président de la République, Macky Sall avait, le 31 décembre 2020, lors de son face à face avec des journalistes, déclaré que tant qu’il est à la tête du pays, il ne changerait pas les statuts du Conseil supérieur de la magistrature dont il assure la présidence. Une déclaration très mal prise Me Doudou Ndoye qui le qualifie « d’hérésie ». Pire, l’avocat estime que c’est même « une insulte pour le passé et l’avenir ».
Invité du Jury du dimanche sur Iradio, l’ancien Garde Des Sceaux déclare que le chef de l’Etat n’a pas raison en tenant de tels propos. « Il est le président du conseil supérieur de la magistrature. Il préside ce conseil avec le garde des sceaux. Il prend des décisions sur la carrière et la vie des magistrats. Je trouve cela normal d’autant plus que pour qu’il ne soit plus président du Conseil supérieur, il faut modifier la constitution. Cette déclaration du chef de l’Etat est fausse, anormale, déraisonnable à la limite. Il peut rester le président du Conseil supérieur de la magistrature. Il doit modifier les lois qui gouvernent les magistrats pour qu’ils se sentent plus indépendants, pour qu’ils n’aient pas peur de rendre une justice qui ne convient pas. Donc, il faut que les magistrats aient une garantie dans leurs carrières », a martelé Me Doudou Ndoye.

Poursuivant son argumentaire, il indique que la Justice n’est pas indépendante. Pour lui, pour qu’il ait une indépendance de la Justice. Il ne faut pas que les lois du Sénégal obligent au juge de faire ce que le procureur demande. Parce que c’est le juge qui garantit notre liberté. La république, c’est de défendre tout le monde.

A la question de savoir s’il comprend la déclaration du président de la République le 31 décembre 2020 selon laquelle « il y a des gens quand on les arrête, cela peut conduire le pays au chaos », la robe noire répond  : « Dans les années 60, Mamadou Dia avait été arrêté, par la suite, Serigne Cheikh Tidiane a été arrêté. Karim Wade et Khalifa Sall ont été en prison. Je ne vois pas une personne qui dans l’ordre de la république a plus de considération ». Pour lui, même si Macky Sall protège certains, il ne devrait pas le dire. Il devait le garder pour lui. Sur ces entrefaites, Me Doudou Ndoye avoue avoir fait pire pour l’intérêt du Sénégal. Se voulant on ne peut plus clair, il explique « Il y a eu des douaniers qui avaient commis de graves délits de piraterie contre des bateaux grecs qui avaient été arraisonnés au large de Dakar. Il y avait des milliards de marchandises. C’est un arraisonnement à tort fait par un fonctionnaire. Et les marchandises ont été partagées entre des hommes d’affaires sénégalais et des fonctionnaires. Ils ont été arrêtés et mis tous en prison. L’armateur grec a déposé contre le Sénégal devant la Cour internationale de Justice. Ce douanier avait été mis en prison. J’ai appris que les compagnies d’assurance de Londres allaient doubler les primes d’assurances de tous les bateaux qui se dirigent vers les côtes du Sénégal. Et ce sera la mort du Sénégal. Je me suis dit que si le Sénégal condamne ce douanier, le Sénégal aura établi la preuve que l’arraisonnement est délictuel et les grecs gagnent contre nous. J’ai appelé le juge d’instruction qui les gardait de prison. Je lui ai expliqué l’histoire et deux semaines après, il les a sortis ».
« Dans tous les pays du monde, celui qui gouverne arrange les choses. Il peut faire de petits arrangements mais il ne doit pas le dire. C’est une grosse erreur que de dire qu’au Sénégal tout le monde n’est égal devant la loi. C’est ce qu’a dit le président », déplore-t-il. Aliou DIOUF & Pape D. DIALLO (Photo)

Modification de la loi sur l’état d’urgence : Noo Lank prépare la riposte

https://www.seneweb.com Le mouvement Noo Lank n’est pas du tout d’accord sur le projet de loi N 46/2020 modifiant la loi sur l’état d’urgence. Selon Amadou Gueye, « il s’agit d’un excès de pouvoir que le Président veut s’autoriser».
C’est dans ce cadre que les membres du mouvement ont entamé une tournée chez différents leaders politiques comme Mamadou Lamine Diallo et Thierno Bocoum.

Par ailleurs, la question du vaccin contre la Covid-19 a été abordée. Et sur ce sujet, Noo Lank considère qu’il y a un empressement. Ce qui constitue selon toujours Amadou Gueye, un coup aux libertés individuelles et collectives.

« Nous pensons que les populations doivent garder cette capacité de dire non lorsque leurs intérêts sont menacés et ici, c’est leur santé qui est en jeu ». Ce, d’autant plus que selon eux, le vaccin est à un stade 3 donc en phase expérimentale.
Abordant dans le même sens, Thierno Bocoum pense que la volonté d’entamer une campagne de vaccination nationale « n’a pas de sens».
« Nous sommes dans une période d’incertitudes » dit-il, tout en rappelant que le Président Macky avait dit « le 31 décembre que pour cette fois, nous ne serons pas des cobayes mais des observateurs ».
Le leader du mouvement Agir dit donc ne pas « comprendre que cinq jours après, on annonce une campagne de vaccination nationale ». Thierno Bocoum penche toutefois pour le respect des mesures barrières.

Suppression des villes : l’Union communale PS de Rufisque exprime son désaccord et milite pour la finalisation de l’Acte III de la décentralisation.

https://www.dakaractu.com Contrairement aux autorités étatiques dans leur volonté de vouloir procéder à la suppression des villes du pays, l’Union Communale du Parti Socialiste (UC Ps) de Rufisque ne partage pas la même approche sur cette question qui divise bon nombre d’alliés du pouvoir.
Dans une déclaration officialisée, ce 10 janvier, l’UC PS considère qu’une telle démarche contribuerait à une régression dans le cadre de la décentralisation.
« Considérant que le développement intégral et les politiques publiques locales ne doivent s’inscrire que dans l’intérêt des populations et des administrés, l’UC PS de Rufisque estime qu’il faut aller de l’avant et non pas reculer », a fait savoir l’entité dans un document.
L’Union s’est penchée sur le cas de la Ville de Rufisque et estime devoir contribuer au débat institutionnel et politique qu’induit le projet de réforme qui semble s’inscrire dans une nouvelle étape du processus de décentralisation au Sénégal ce, après l’examen des déclarations successives du Ministre des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des Territoires, Oumar Guèye et celle du Président de la République, Macky Sall, le 31 décembre 2020.
Dans la déclaration signée par le secrétaire général de l’Union communale du parti des verts de la vieille ville, Abdou Karim Mbengue, l’union communale de Rufisque a exprimé son attachement au maintien de la ville et des communes, héritages d’un long processus constructif de décentralisation engagé sous l’impulsion du Président Léopold Sédar Senghor et la consolidation de son successeur Abdou Diouf, explique-t-elle. Elle soutient, par ailleurs, assumer toutes les réformes jusqu’ici mises en œuvre et l’affirmation de la Décentralisation dans le système de développement local.
À la lumière de toutes les considérations sur la question liée à la suppression des villes, l’UC PS plaide pour la poursuite de l’Acte III de la Décentralisation et invite l’État du Sénégal à finaliser l’évaluation de sa mise en œuvre ainsi qu’au partage de ses conclusions. Elle engage également le gouvernement à clarifier davantage  les relations et les compétences entre les Villes et les Communes et appelle au renforcement des moyens alloués dans le cadre de la Décentralisation pour assumer pleinement le transfert des compétences dédiées aux Communes.
L’union a notamment rappelé l’impérieuse nécessité et l’utilité d’une action publique qui place les populations et les Collectivités locales au cœur des réformes et politiques publiques engagées et/ou envisagées. À cet effet, elle propose une large concertation au sein de la Coalition Benno Bokk Yaakaar sur l’enjeu de la réforme envisagée en vue de la suppression des villes.

Cheikh Abdou MBACKE Bara Dolly : «Le chef de l’Etat va déclarer l’état de siège en 2024 et instruire les militaires à… »

http://www.walf-groupe.com Le projet de loi modifiant la loi 69-29 du 29 avril 1969 relatif à l’état d’urgence et à l’état de siège va être voté ce lundi à l’hémicycle.
Cependant pour beaucoup, les contours de cette loi ne sont pas encore dévoilés. Et pour le député de Bokk Guis Guis, « les députés ne doivent pas voter cette loi parce que la 69-29 du 29 avril 1969 avait déjà réglé les nouvelles mesures transmises à l’Assemblée nationale par le président Macky SALL ». Ainsi, Cheikh Abdou MBACKE Bara Dolly rejette cette loi qui, selon lui, ne veut que supprimer les prérogatives de l’Assemblée à savoir proroger le couvre-feu de 12 jours.
« Il y a des non-dits dans ce projet de loi. S’il passe à l’Assemblée Nationale, Macky SALL peut l’appliquer, dans le futur, selon ses intérêts et les députés n’y pourront rien. On nous parle d’état d’urgence et d’état de siège. Le chef de l’Etat va déclarer l’état de siège en 2024 et instruire les militaires à encercler les opposants et les populations pour déposer sa candidature à un troisième mandat. Ainsi, il va contraindre les forces vives à s ‘opposer à son diktat. Personne ne pourra plus sortir pour manifester dans la rue. A mon avis c’est une loi anti constitutionnelle. Seule l’Assemblée nationale est habilitée à restreindre les déplacements des citoyens. Mais le président Macky SALL veut arracher ce pouvoir à l’hémicycle », se désole-t-il.
Le député dit ne pas exclure de saisir la justice en cas de vote de la loi. « La bataille juridique sera déclenchée avant sa déposition prévue 6 jours plus tard. Nous allons l’attaquer au niveau du Conseil Constitutionnel », indique-t-il.

Bruno D’ERNEVILLE  : «Le couvre-feu précarise et fragilise l’économie déjà exsangue»

http://www.walf-groupe.com Bruno D’Erneville est contre ce couvre-feu. Il affirme qu’il précarise et fragilise l’économie déjà exsangue et favorise ainsi le banditisme, surtout celui de nuit.
Il soutient aussi qu’il ne sert à rien puisqu’il n’impacte pas sur le comportement à moyen terme et ne responsabilise nullement le public. Selon lui, les restaurants et bars représentent de nombreux emplois qui résistent à la baisse d’activité des hôtels, et la combinaison musiciens- restaurateurs est un tandem qui fonctionne bien. «Ces lieux et acteurs peuvent être des relais efficaces pour diffuser le message de lutte contre la pandémie. Je laisserais donc fonctionner ces lieux en légiférant pour mieux les encadrer dans la sensibilisation du public avec des sanctions à la clé», dit-il. Le leader du Pac souligne également que les marchés sont indispensables à l’économie rurale et à la consommation nationale. A l’en croire, l’absence d’encadrement favorise la prolifération des cas communautaires mais leur fermeture signe l’arrêt de mort des producteurs locaux. Il prône ainsi la légifération pour, dit-il, instaurer une gestion des marchés répondant à des critères plus stricts d’hygiène et de sécurité, sanctions à la clé. Il affirme également que les transports sont les veines économiques du pays, sans eux point de croissance. D’après lui, la législation doit aussi concerner les transports publics pour une bonne adaptation des mesures barrières sans trop freiner l’activité.Charles G.DIENE

BOKK GIS-GIS DE MBACKÉ/Cheikh Abdou Mbacké Dolly vomi et sa gestion financière dénoncée.

https://www.dakaractu.com Pape Diop ne devra pas compter sur ces militants des communes rurales de Mbacké lors des prochaines élections s’il maintient Cheikh Abdou Mbacké Bara Dolly, coordonnateur de l’Alliance Bokk Gis-Gis dans le département de Mbacké. Ces derniers, en assemblée générale ce week-end, lui ont fait savoir cela, martelant leur ferme engagement de se séparer du député qui est « plus un fantôme qu’un leader. »
Selon Cheikh Diagne, qui a porté la parole des grogneurs : « Cheikh Abdou Doly a plongé l’alliance dans une léthargie indescriptible, n’organisant ni rencontres périodiques, ni réunions de quartier.
Son absence du département a démobilisé le parti au niveau local. » Cheikh Diagne ajoutera l’irrespect que le parlementaire manifeste vis-à-vis d’eux non sans decrier sa gestion financière, surtout lors des dernières élections. « Il s’est permis, à notre grande surprise, de crier sur tous les toits qu’il a donné à chaque commune rurale la somme de 1 million de francs alors que c’est tout simplement faux. Nous n’avons reçu que la modique somme de 126 000 francs et aucun rond de plus. Nous souhaitons en informer Pape Diop. » D’autres intervenants regretteront ses interventions qu’il qualifient de « ridicules » au niveau de l’hémicycle, le classant dans le lot des députés qui n’ont pas leur place au sein de l’hémicycle…

Diary Sow : Des sénégalais de France se déploient dans Paris…

iGFM – (Dakar) Diary Sow n’est toujours pas retrouvée. Des compatriotes établis en France, dont les étudiants à Paris, se sont mobilisés ce Week-end pour distribuer des flyers.
Objectif : faire en sorte que ceux qui auraient aperçu l’ancienne élève du lycée d’Excellence de Diourbel, puissent aider à la retrouver. Ci-dessous quelques images et les flyers portant toutes les informations nécessaires pour procéder à un éventuel signalement.

CODE DE LA PRESSE, UN VERITABLE OUTIL POUR DEVELOPPER ET ASSAINIR LE SECTEUR : La «caution» d’acteurs et professionnels des médias

http://www.sudonline.sn Parmi un certain nombre de textes devant accompagner le nouveau Code de la presse pour l’effectivité de son application, le Conseil des ministres de mercredi 6 janvier, la première réunion hebdomadaire de l’année 2021, a examiné et adopté : «le projet de décret relatif aux avantages et obligations attachés aux statuts d’entreprises de presse ; le projet de décret fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement du Fonds d’Appui et Développement de la Presse», au titre des textes législatifs et réglementaires. Tout en saluant la prise de ces deux projets de décrets importants, les acteurs et professionnels en appellent à la diligence dans l’adoption de toutes les lois, les décrets et autres arrêtés restants pour un véritable développement et un assainissement du secteur des médias, avec des entreprises viables

MAMADOU THIOR, PRESIDENT DU CORED : «Le nouveau Code de la presse est un moyen pour développer et assainir le secteur»

«Le nouveau Code de la presse est un moyen pour développer le secteur, parce que il y a parmi les décrets qui ont été pris par le président de la République, en Conseil des ministres (mercredi 6 janvier 2021, ndlr), l’avènement du Fonds d’appui et de développement de la presse. Ce fonds-là va remplacer l’Aide à la presse qui était assez modique. Ce nouveau fonds sera doté de plusieurs milliards. C’est pour aider les investisseurs dans le secteur de la presse à avoir les moyens parce que les médias demandent beaucoup de moyens. Par exemple, s’ils veulent contracter des prêts au niveau des banques, ce fonds va servir de garantie donc. Ce fonds vient pour aider au développement de la presse. Ce code va assainir la presse, parce que qu’aujourd’hui, à travers le Code de la presse, il est clairement dit qui est journaliste ? Qui est techniciens des médias ? Qui ne l’est pas ? Et comment on le devient ? Parce que dans la loi de 96-04, que le code a remplacé, le journaliste n’était pas assez défini, c’était assez vague. Mais pour ce code, on dit comment on accède à cette profession qui ne peut se faire que par deux moyens : sortir d’une école reconnue par l’Etat, parce qu’il y a beaucoup d’écoles qui enseignent du journalisme alors qu’il n’en est rien. Donc, nous acteurs des médias, nous allons nous concerter avec l’Etat pour leur dire : ‘’ces écoles-là ne cadrent pas avec le journalisme’’. Nous allons regarder le curricula de toutes les écoles privées de journalismes, ceux qui remplissent les critères seront reconnus et tous les diplômés qui sortiront de ces écoles auront la Carte nationale de presse. L’autre moyen, c’est avoir la Licence, un Bac plus 3 ; si vous avez cette Licence, vous devez faire deux (2) ans de stage dans une rédaction à l’issue desquelles la Commission vous attribue la Carte nationale de presse ; elle fait en même temps office de Commission de validation des Acquis de l’expérience (ADE). Après ces deux (2) ans de stage, vous passez une sorte d’examen devant cette commission. Et si vous réussissez cet examen, on vous attribue la Carte de presse. Pour avoir la Carte de la presse, il vous faut un quitus du CORED. Et avant qu’on vous le délivre, nous regardons qui vous êtes. Si vous ne remplissez pas les critères pour avoir la carte, vous pouvez vous attendre à ce qu’on ne vous délivre pas la carte. C’est des garde-fous que nous avons mis pour assainir cette profession parce que nous sommes envahis de partout. Mais ça, c’était dû à l’absence de législation, depuis 2010, parce que loi a trainé pendant 7 ans à l’Assemblée nationale, avant d’être enfin votée en 2017. Et nous avons attendu plus de 3 ans et demi pour qu’en fin les décrets d’application soit pris par le président de la République».

MAMADOU IBRA KANE, PRESIDENT DU CDEPS : «Nous ne connaissons pas encore le contenu de ces projets de décret;il se pourrait que ça ne corresponde pas aux intérêts du secteur de la presse»

«Le nouveau Code de la presse est une avancé du point de vu de l’assainissement du secteur de la presse à deux niveaux. Le premier c’est l’accès à la profession par rapport aux professionnels des médias, avec des conditions d’exercice du métier de journalisme ou technicien des médias. Le second niveau, c’est par rapport au statut de l’entreprise des médias. N’importe qu’elle entreprise ne pourra plus évoluer dans le secteur de la presse, si elle ne respecte pas certaines conditions. Ce ne sont pas encore des décrets, ce sont des projets qui ont été adoptés par le Conseil des ministres. Nous ne connaissons pas encore le contenu de ces projets ; il se pourrait que ça ne corresponde pas aux intérêts du secteur de la presse. Il faut souligner le fait que ce sont seulement deux textes d’applications qui ont été pris en l’occurrence des décrets. Mais dans les textes d’application, il y a des lois qui auraient dû être adoptées, des décrets et aussi des arrêtés. Mais, pour le moment, nous n’avons eu que les deux projets de décrets sur les obligations et avantages des entreprises de presse d’une part, et, d’autre part, la création d’un Fonds d’appui et de développement de la presse. Donc, il y a vraiment beaucoup de questions encore qui n’ont pas fait l’objet de texte d’application. Nous espérons que, dans le prochain Conseil des ministres, les textes d’application seront complétés par le gouvernement».

OUSSEYNOU DIENG, DIRECTEUR DE LA COMMUNICATION : «C’est un secteur qui est assailli de partout et…»

«Le nouveau Code de la presse est un instrument qui accompagne le développement du secteur de la presse. Nous sommes dans un secteur très compliqué, avec l’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication ; c’est un secteur qui est en pleine mutation partout à travers le monde. Avoir un Code de la presse, ça permet au moins d’encadrer le secteur c’est-à-dire de lui doter d’un cadre juridique et règlementaire qui soit en mesure d’accompagner le développement de la presse. Mais, en plus, la presse est considérée comme un des piliers de la démocratie, dans son rôle de consolidation de la démocratie, pour garantir les libertés d’expression. Ensuite, il y a la question de la viabilité économique des entreprises ; c’est le secteur qui connait des difficultés partout dans le monde. Ce code-là arrive à son heure pour offrir un cadre qui permet à ce secteur de se développer. Le président de la République vient de signer deux décrets d’application, parce qu’un code, c’est un code ; mais il y a certaines choses qui doivent être précisées dans les textes d’application notamment des décrets et des arrêtés. Avant même de parler des décrets, il y a la Carte nationale de presse avec toutes les possibilités qu’elle offre pour assainir la profession à savoir qui est journaliste et qui ne l’est pas ? Il y a une autre phase d’assainissement avec la régulation, la signature de Convention, cahier de charges avec tout acteur. Cependant, le plus important, c’est la signature de décrets d’application dont le Fonds d’appui et de développement de la presse qui a remplacé l’Aide à la presse. Ce fonds a pour but de soutenir l’investissement, le développement et d’accompagner la formation. En gros, il se veut d’être un instrument pour accompagner les entreprises, notamment pour leur permettre d’avoir une meilleure viabilité économique. Et ça ne peut pas se faire sans assainissement car, c’est un secteur qui est assaillit de partout. On va véritablement vers l’assainissement et ceux-là qui exercent la profession en respectant un minimum de règles édictés dans le Code, qu’ils puissent bénéficier de ce fonds.

AUTRE DECRET IMPORTANT : «AVANTAGES ET OBLIGATIONS DES ENTREPRISES»

Il y a un autre décret dont on parle : «avantage et obligation des entreprises de presse». C’est vrai, il y a un certain nombre d’obligations, par exemple le respect de la Convention collective, respecter au moins le traitement du personnel. Il faut que ces entreprises soient capables de recruter des journalistes. Quand c’est la presse écrite ou l’audio-visuel, avoir cinq employés permanant dont la majorité sont des journalistes. Quand c’est un site d’informations, avoir au moins trois professionnels dont un rédacteur en chef mais surtout un médiateur pour garantir plus de modération parce qu’il y a énormément de dérives. Donc, c’est un outil très important pour le secteur et il appartient à nous qui sommes dans le secteur d’en faire véritablement une réalité. Sinon, c’est un secteur qui sera laissé à lui-même. C’est la raison pour laquelle, l’Etat a pris des mesures pour garantir le développement du secteur de la communication, en général.

LES TEXTES SUR LA PUBLICITE

Maintenant, il y a d’autres textes sur la publicité qui constitue un aspect économique extrêmement important. Le texte est en cour et on espère très bientôt avoir un projet de loi qui va réviser de la publicité. Parce que la loi actuelle qui encadre la publicité, elle date de 1983 ; entre temps, il y a eu énormément de mutations, ne serait-ce que le numérique. On n’est en train de discuter pour reprendre tous les cahiers de charges et conventions, pour les radios, les télévisions, les distributeurs satellites, même pour ceux qui sont dans le mobile. C’est tout un ensemble de réformes. Et, au-delà de tout, il y a le secteur public qui n’est pas en reste, que ce soit Le Soleil, la RTS, l’APS, pour leur donner plus d’autonomie et permettre au secteur privé de se développer dans une concurrence saine et loyale»

Plénière sur l’état d’urgence et de l’état de siège aujourd’hui : L’Assemblée va s’auto-affaiblir !Par assane samb

C’est aujourd’hui, à 10 heures, en plénière, que l’Assemblée nationale, va examiner, le projet la loi n°46/2020 modifiant la loi n°69-29 du 29 avril 1969 liée à l’état d’urgence et à l’état de siège.
En clair, les députés vont voir s’ils vont répondre favorablement à la requête du Président Sall qui souhaite, désormais, se passer de l’autorisation de l’Assemblée nationale pour décréter ou proroger l’état d’urgence ou l’état de siège.
Bien sûr, dans la nouvelle mouture, il sera question du rajout des précisions liées à la catastrophe naturelle ou à l’état de pandémie, mais, le gros du travail sera simplement, de contourner l’Assemblée nationale.
Et au regard de l’existence de la majorité mécanique mais surtout du ‘’vote impératif’’ qui fait que les instructions sur le vote passent de l’Exécutif aux députés par le truchement du Président du groupe parlementaire, il ne fait pas de doute que la loi sera votée.
Car, les agissements, réserves et gesticulations des députés de l’opposition ou des non-alignés n’y pourront rien. Ça toujours été comme ça. Et il n’y a aucune raison que cela change.
Une façon, nette et claire, de dessaisir l’Assemblée d’un moyen important, de contrôle de l’action publique. En clair, l’Assemblée va s’auto-affaiblir au profit du Président de la République qui va ainsi concentrer davantage de pouvoirs entre ses mains.

Cependant, et cela est à la portée des députés, de tous bords, la loi n°46/2020 doit être amendée.

Elle ne peut pas passer sans que les députés, faute de pouvoir la bloquer, y apporter des garde-fous.
Le premier est d’éviter justement que les états visés, exceptionnels, perdurent. Un mois renouvelable, c’est trop, à notre sens. Il faudra penser à réduire le délai à 15 jours renouvelables une fois. Ce qui fait un total d’un mois au lieu de deux.
Le second, c’est y apporter l’avis d’experts notamment pour les pandémies. Le président de la République n’étant pas un expert en matière de santé, il est important que sa décision soit fondée sur l’avis favorable d’un comité d’expert désigné à l’avance.
Ce garde-fou permettra, sans doute, d’éviter des  atermoiements et abus préjudiciables à tous.
Il est, dans tous les cas, dommage, de se passer du tamis ou verrou de l’Assemblée nationale. La loi, dans son état antérieur, ne freinait en rien l’action publique. La preuve, durant la première vague de la pandémie, les choses ont fonctionné correctement. L’état d’urgence, prorogé par le biais parlementaire, a pu être observé dans les délais.
On peut se demander, alors, ce qui pousse Macky, à chercher, ainsi, à renforcer ses pouvoirs ?
Il est le seul à pouvoir répondre à cette interrogation. Mais, on peut s’interroger et nourrir des craintes sur le fait que les états d’urgence et de siège sont des situations exceptionnelles.
C’est dire que, pour être déclenchées, ils doivent être nécessaires, proportionnels et surtout circonscrits dans le temps du fait, surtout du caractère terriblement désobligeant qu’ils charrient.
Car, pour l’état d’urgence, les pouvoirs de police seront élargis, les autorités administratives peuvent restreindre les libertés, procéder à des perquisitions, faire des assignations à résidence, interdire des rassemblements, etc.

Et pour l’état de siège, la situation est plus grave encore  : la constitution sera suspendue, la loi martiale va s’appliquer avec des tribunaux militaires, etc.

Donc, pour des situations aussi graves et attentatoires aux libertés publiques, ce serait maladroit de les laisser entre les mains d’un seul individu qui apprécie de l’opportunité.
Surtout que, de par son passé, il avait versé dans de l’autoritarisme à l’égard de certains de ses concitoyens notamment ceux qui aspirent à diriger le pays et certains de ses partisans qui ont osé prendre des positions divergentes.
C’est pourquoi, nous rappelons à la représentation parlementaire, que la démocratie ne fonctionne que grâce à l’équilibre des pouvoirs, celui-là qui fait que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

Lettre  aux députés qui voteront la loi des pleins pouvoirs à Macky Sall…Par Amadou Gueye

Honorables députés ;

Comme représentants du peuple, il vous échoit de voter ce lundi le projet de loi modifiant la loi sur l’Etat d’urgence et de siège que le gouvernement, encore une fois, essaie de vous faire entériner dans la précipitation et la confusion. Lorsque vous voterez ce projet de loi, vous donnerez à l’exécutif le pouvoir d’imposer la vaccination aux sénégalais, des vaccins qui sont tous à l’étape expérimentale. C’est principalement son plan de vaccination qui est au cœur de ce projet de loi.
En l’état actuel, aucun médecin, ni autorité publique ne peut imposer la vaccination à un citoyen. Pas même le chef de l’Etat, ni l’OMS. La vaccination est un acte médical qui ne peut être imposé à un citoyen. Notre corps nous appartient, il est sacré, inviolable. La constitution place cette liberté dans les droits fondamentaux protégés. Or, en donnant au président Macky sall le pouvoir de décréter la vaccination comme mesure pour la protection de la population, vous enlevez ce droit à un citoyen. Ce projet de de loi n’est pas innocent comme l’exposé des motifs le prétend. Il vise à obtenir pour l’exécutif le pouvoir de vaccination générale.

Seriez-vous prêt à ce que le président décrète la vaccination de tous les députés sans votre consentement ?

 C’est de cela qu’il s’agit pour les autres citoyens qui veulent attendre un vaccin sûr avant de le prendre.
Le président de la République a annoncé son intention d’aller vers la vaccination générale en commençant par les personnels de santé, de défense et de sécurité, les personnes âgées de 60 ans plus et celles ayant des causes de morbidité.  Mais, puisqu’il sait aussi qu’il n’a pas le pouvoir légal d’imposer cette vaccination, ce projet de loi vise à lui en donner les moyens.  C’est pourquoi votre décision de voter  ce projet de loi est grave de conséquence et mérite que vous en preniez la pleine mesure.
Peu de citoyens s’opposent au principe de bénéficier d’une protection vaccinale qui leur évitera de tomber malades de la covid 19 ou d’une autre maladie. Nous avons presque tous grandi en nous vaccinant et nous faisons vacciner nos enfants pour les protéger. Mais nous le faisons sans inquiétude parce que ces vaccins ont été développés en suivant le processus normal et scientifique requis. Tous les vaccins actuels de la covid sont à l’étape 3 de développement, une phase expérimentale.

Toute personne qui prend un vaccin à l’étape 3 est un cobaye. 

Il est compréhensible que des Etats qui subissent des milliers de morts par jour acceptent de prendre le vaccin à cette étape, sachant que les personnes qui les prennent sont des sujets cobayes et que les résultats de l’administration des vaccins covid seront utilisés pour améliorer le vaccin. Mais, nous n’en sommes pas encore à ce niveau pour aller vers une vaccination générale des populations.
Le président de la République en est conscient, lui qui  a bien nommé cobayes les personnes qui les prennent à cette étape-ci dans les pays occidentaux. Sa volonté de ne pas faire des sénégalais des cobayes sur ces vaccins a été aussi déclarée par le docteur Bousso. Il faut leur dire Bravo pour ces déclarations. Mais dans les faits, ce qu’ils disent ne correspond à ce qu’ils nous préparent pour mars. Quel que soit le vaccin qu’ils choisiront, ce sera les mêmes vaccins actuels.
Si nous ne voulons pas être des cobayes des occidentaux ou des cobayes comme eux, nous devons attendre les résultats de leurs expériences avant de décider de la pertinence de la stratégie de vaccination générale. Or, c’est déjà décidé que nous allons nous vacciner à partir de mars 2021. Le ministre Diouf Sarr a précisé les groupes qui seront visés avant de continuer avec le reste de la population.

Mais tout cela ne peut se faire en enlevant aux sénégalais le libre consentement.  

Il y des citoyens prêts à se faire administrer les vaccins covid dès leur disponibilité. Mais ce n’est pas tout le monde. Le principe de libre consentement à un acte d’ordre médical doit être préservé des pouvoirs du président de la République. Il ne doit pas pouvoir décider de la vie d’un sénégalais au prétexte qu’il assure la protection de la population. Il faut lui fixer une limite dans les pouvoirs qu’il demande tout en lui permettant de disposer des moyens adaptés à la gestion de crises sanitaires et catastrophes naturels.

Chers députés, le président de la République n’est pas un médecin.

C’est à un médecin de soigner et convaincre son patient qu’un acte médical est nécessaire. Chaque jour, des millions de sénégalais prennent les prescriptions des médecins. Nous devons laisser cette relation être le seul cadre approprié pour décider le citoyen à se faire vacciner ou non. Le président de la République ne peut s’ériger médecin de droit parce que nous sommes dans une crise sanitaire sérieuse.
Le ministre de la santé et le comité de gestion de la crise du ministère de la santé, n’ont pas aussi une fonction médicale. Ils ont pour fonction d’édicter des mesures de santé publique, mais pas d’établir une prescription médicale individuelle. Un sénégalais qui veut se vacciner devrait pouvoir le faire librement, sur la base de son rapport avec son médecin.
Le médecin ou l’infirmier aussi, ne doivent pas être obligés d’effectuer des actes médicaux par soumission aux décrets du président de la république, en dépit de leur  conscience professionnelle, de l’intérêt de leur patient et de son consentement.
En votant le projet de loi que le président a choisi de vous soumettre dans les termes les plus flous, vous allez contre le libre exercice de ces principes et droits.
Il vous dit dans l’exposé des motifs qu’il veut une procédure allégée qui lui permet de prendre en charge les urgences sanitaires et catastrophes naturels sans devoir passer par l’Etat d’urgence. Mais alors pourquoi demander des pouvoirs plus étendus que ceux accordés dans la loi sur l’Etat d’urgence et de siège à travers l’article 24.
Cet article 24 dit qu’en cas d’urgence sanitaire (comme la crise actuelle de la covid ), il peut prendre les mesures pour assurer le fonctionnement des services publics et la protection des populations.
Ce n’est pas raisonnable, même du point de vue  de la clarté et des règles de la légistique élémentaire pour une bonne écriture de la loi, d’avoir des termes aussi généraux et vagues pour attribuer des pouvoirs. Il lui suffira de décréter un plan de vaccination, invoquant la nécessité de protéger les populations ou partie de la population pour imposer la vaccination aux personnes âgées, malades, policiers, militaires, députés, fonctionnaires de l’Etat, élèves et étudiants, etc.
Honorables députés, le président de la République peut vous soumettre à nouveau une loi ordinaire, non enchâssée dans la loi sur l’Etat d’urgence et de siège et précisant les pouvoirs dont il a besoin. Il  doit vous préciser les pouvoirs spécifiques dont il a besoin pour gérer une crise sanitaire ou catastrophe naturelle sans passer par la loi sur l’Etat d’urgence.
Si l’exécutif ne peut vous dire précisément de quels pouvoirs spécifiques il a besoin, cela pose problème.
C’est toujours sous le prétexte de l’urgence et de la gravité que se font les pires choses. Il est donc nécessaire pour l’assemblée de préciser, réguler et contrôler.
Ne laissez pas le président de la république vous prendre ce pouvoir de contrôle.
Nous tous sénégalais, prions la grâce de Dieu pour qu’un vaccin sûr advienne. En attendant, Dieu ne nous a pas abandonné. Contre toute attente, nous bénéficions d’une relative immunité par rapport aux pays fortement touchés  malgré tous leurs moyens. Nous devons préserver cette chance et œuvrer à lutter encore avec les mesures barrières nécessaires et ne pas faire l’erreur de forcer une vaccination prématurée et susciter la résistance.
Suffit-il de rappeler que 300 personnes meurent chaque jour au Sénégal, que pendant des années nous avons perdu plus de 500 personnes par an avec la tuberculose, que 1812 personnes sont mortes du sida en 2018 et que pendant plus de 10 ans, le paludisme a tué en moyenne plus de 1000 personnes par an dans chacun des 54 pays africains.  Sur toutes ces maladies, nous avons lutté en gardant la mesure et progressons. Gardons encore la mesure. Pas d’affolement.
Messieurs les députés, renvoyez ce projet en commission, pour y mettre les toutes les dispositions très précises appropriées. Amadou Gueye, Nouvelle République

Les Lundis de Madiambal  : «Soutenir Antoine Diome pour l’ordre et la loi»

Le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, avait pu mesurer la charge qui l’attendait. Il n’était pas sans savoir que la fonction de ministre de l’Intérieur, pour prestigieuse qu’elle soit, n’en est pas moins prenante et l’exposerait. Seulement, Antoine Diome ne se laisse pas impressionner par l’adversité, encore moins par les diatribes ou les insultes. L’homme a bien fini de prouver qu’il sait être inflexible, pour mener à terme les missions qui lui sont confiées et surtout rester fidèle et loyal à l’Etat, à la République. Il a une autre qualité, celle de l’engagement et du dévouement. Le Président Macky Sall sait pouvoir compter sur lui. Tout chef d’Etat a besoin d’un homme du genre, qui sait faire face. Vantant les mérites de son ministre des Affaires étrangères, Nikita Khrouchtchev disait un jour à Charles de Gaulle : «Gromyko, si je lui dis de s’asseoir sur un morceau de glace, il le fait jusqu’à ce que la glace fonde». «Couve de Murville en fait autant pour moi, lui répondit le général. Mais la glace ne fond pas.»
A la veille de l’élection présidentielle de 2019, un de ses amis voyait en Antoine Diome «un possible bon ministre de l’Intérieur de Macky Sall». Peut-être que Antoine Diome ne croyait pas trop à cette «prophétie», mais son interlocuteur lui prodiguait de s’inspirer, le cas échéant, de la vie de Maurice Couve de Murville et lui filait un des plus mémorables viatiques laissés à la postérité par ce fidèle d’entre les fidèles, du Général Charles de Gaulle : «La volonté, c’est celle d’être soi-même l’artisan de son destin – autant qu’on le peut, et on le peut bien davantage qu’on ne le croit communément. C’est de ne s’en laisser imposer ni du dedans ni du dehors, ni tout simplement par l’incident du jour. C’est de pratiquer une politique délibérée, voulue précisément, que l’on définit soi-même. Se laisser imposer sa politique, c’est d’ailleurs être assuré de recueillir, de chaque action, les seuls désavantages.»

Antoine Diome enfile le treillis de Macky Sall

Antoine Diome est sur les traces de Macky Sall. Quand le Président Abdoulaye Wade décidait en 2003 de nommer Macky Sall au poste de ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, porte-parole du gouvernement, les appréhensions étaient grandes quant à la lourdeur des charges qui allaient peser sur les épaules de ce quadra. Très rapidement, Macky Sall aura l’audace de s’imposer dans son milieu. Il a mis les godasses et s’est mis à la tête des troupes pour relever le défi de la lutte contre l’insécurité qui était grandissante dans la grande banlieue de Dakar, où la présence des forces de sécurité de l’Etat avait commencé à être interdite par de jeunes caïds de tous acabits. Le ministre de l’Intérieur Macky Sall avait pour leitmotiv de restaurer l’autorité de l’Etat. Il y était arrivé.
Antoine Diome arrive à la Place Washington, dans un contexte où l’autorité de l’Etat se trouve atteinte. Les actes de défiance à l’endroit de l’Etat constituent le quotidien des populations. Combien de fois a-t-on déploré, à travers ces colonnes, l’affaissement de l’autorité de l’Etat ? Suite au saccage des locaux du Tribunal de Louga, nous mettions en garde, le 2 décembre 2019, contre «la défiance sans fin à l’autorité publique». Et le 23 décembre 2019, des forces de police se trouvaient pourchassées à Mbour par des hordes de pêcheurs en furie. Nous barrions notre chronique, en date du 2 janvier 2020,  du titre Sauver l’Etat de l’humiliation. Nous écrivions notamment que : «Si les vandales du Tribunal de Louga étaient punis à la hauteur de leur forfait, les pêcheurs de Mbour auraient réfléchi à deux fois avant de pourchasser les policiers et de filmer à cœur joie leurs exploits.» Cette situation est encore d’autant plus regrettable qu’elle ne constituait guère une première. En effet, nous avions encore en mémoire les exemples de l’envahissement du Commissariat urbain de Kolda, le 17 mars 2017, par des conducteurs de motos Jakarta. La foule en furie, dans une expédition punitive contre la police, avait saccagé le domicile du commissaire de police. Le 15 juin 2019, la gendarmerie de Koungheul avait à son tour été saccagée. Le 13 novembre 2016, des populations du quartier Guet-Ndar à Saint-Louis avaient saccagé une école et un poste de gendarmerie. Les forces de sécurité de l’Etat avaient subi les mêmes affronts à Podor et à Kédougou, où des installations de la gendarmerie nationale avaient été attaquées. En mai 2018, les gendarmes de Saint-Louis avaient dû dégainer en laissant un étudiant sur le carreau, pour se sortir de l’étau des étudiants grévistes de l’Université Gaston Berger. En février 2020, des jeunes du quartier de Guet-Ndar s’en prenaient une fois de plus aux gendarmes.
C’est dire qu’à chaque fois l’Etat perdait la face, et l’émoi passé, les auteurs de ces forfaits restaient impunis ou absous ou tout au plus sanctionnés à de légères peines. Comble ! On avait vu un cortège du ministre de l’Intérieur, stoppé net en pleine circulation par des «baye-fall», qui exigeaient aux automobilistes de leur donner des sous pour, disaient-ils, préparer le Magal de Touba. Quand les éléments de la sécurité avaient cherché à dégager la voie, ils s’étaient vus désavouer et le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, disait aux médias, dans un rire : «Si je savais que ces personnes préparaient le Magal de Touba, j’aurais donné ma contribution».
Antoine Diome a ainsi hérité d’une situation catastrophique et désastreuse pour l’image de l’Etat ; le Sénégal se muant en un Etat où le désordre et la désobéissance sont les voies privilégiées pour se faire entendre. Il revient à l’Etat républicain, pour le bien de tous, de se montrer maître du jeu. Il y a un ordre et une stabilité à garder.

Au-delà des mesures contre le Covid-19, la nécessité pour la République de reprendre son souffle

A une succession d’actes isolés ou d’outrages commis par des groupes zélés, on en arrive à observer aujourd’hui systématiquement que toute instruction ou recommandation des autorités publiques suscite une défiance, voire une opposition prononcée. Cela, sans aucune raison valable, sans argument légitime, ces postures ne reposent que sur le simple fait de ramer à contre-courant ou de prendre le contre-pied de l’ordre commun. Ce triste spectacle a été malheureusement entretenu par les pouvoirs publics. Concessions après concessions, outrages après outrages, abus après abus, l’Etat du Sénégal n’a cessé de chercher des faux-fuyants et échappatoires, évitant de frustrer tout groupe, au détriment même des recommandations et orientations de ses services.
La levée de boucliers après l’instauration d’un nouveau couvre-feu, suite à la recrudescence des contaminations dans cette deuxième vague de pandémie du Covid-19, rentre dans ce registre. Des populations se disent qu’elles sont libres pour leur propre confort de s’opposer à des interdits et de ne pas se conformer à des règles imposées à toute la communauté. Des scènes de défiance avaient été enregistrées dans de nombreuses localités. A chaque fois, l’Etat lâchait du lest et acceptait le diktat des «révoltés». On a alors vu les conséquences des ravages de la pandémie, avec de nombreuses pertes humaines qui ont été enregistrées durement dans tous les milieux sociaux. Ces énormes pertes ont sans doute permis à de nombreuses personnes de retrouver la raison. Quelles attaques n’avions-nous pas essuyé quand on avait par exemple demandé, le 10 août 2020, «Doit-on célébrer le Magal et le Gamou comme d’habitude ?». Il est heureux qu’aujourd’hui le khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, décide de surseoir au rassemblement du Magal de Porokhane.

Macky Sall bannit les laisser-passer

Les populations ont vu, au fil des ans et surtout dans les derniers mois dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, des abus commis à tous les niveaux de la société et dans une totale impunité. Ces populations ne font donc que mimer un mauvais exemple d’en haut, se disant que rien de dommageable ne leur arrivera en brisant des règles ou en instillant du désordre, quelles qu’en soient les conséquences sanitaires et sociales. Les mauvais exemples viennent en effet de l’élite sociale, politique, économique et religieuse. Dans ces milieux, les mariages, baptêmes, cérémonies de deuil, soirées festives et autres rassemblements de personnes continuent de se poursuivre comme si de rien n’était, en dépit des interdictions brandies par les autorités de l’Etat. Ainsi, voir des jeunes de plusieurs quartiers de Dakar s’adonner à un jeu du chat et de la souris avec les Forces de l’ordre symbolise à quel point tout dans l’unité sociale et familiale a failli. On a froid dans le dos en se disant que ce pays a produit une horde de fils qui sont tout sauf des citoyens et dont l’identification est avant toute chose à leur communauté immédiate qu’à la Nation. Il reste néanmoins que c’est à l’Etat, dans ce désordre qui n’augure rien de bon, de siffler la fin de la récréation et restaurer son autorité. Dans cet esprit, le Président Sall a rendu les choses faciles pour Antoine Diome en lui intimant l’ordre de ne délivrer aucun laisser-passer pour circuler durant les heures de couvre-feu. En Conseil des ministres, le chef de l’Etat a insisté sur ce point, indiquant que même les membres de sa famille ne devraient en recevoir. Ainsi, les autorités en charge de l’application de la mesure de couvre-feu sont assez à l’aise et pratiquent quelques tolérances au profit des membres des corps de métiers dont la circulation est nécessaire, sinon indispensable. A titre de comparaison, lors du premier couvre-feu décrété en mars dernier, des embouteillages étaient observés par exemple dans le secteur des Almadies du fait que le tout-Dakar avait reçu des laisser-passer. La pauvre Hiba Thiam aurait peut-être eu la vie sauve si le laxisme n’avait pas permis à des fils de riches de bénéficier de laisser-passer pour faire la fête à des horaires de couvre-feu.
Le Covid-19 est un mal contre lequel notre pays lutte, mais il devra être l’occasion de poser les vraies questions quant à notre modèle de vie en société. Il y a bien des années que notre République s’effiloche et est sous assistance respiratoire. Il revient aux dépositaires des prérogatives et de la force publique de la réanimer avant qu’il ne soit trop tard.
Du reste, l’exemple venu des Etats-Unis d’Amérique la semaine dernière, avec l’invasion du Capitole par des militants extrémistes acquis à la cause du Président sortant Donald J. Trump, donne une idée assez hideuse de tout le mal que fait la désinformation et son relais incontrôlable dans les réseaux sociaux, l’irrévérence envers un ordre démocratique et à qui on reproche tous les maux, la tendance de faire du populisme la voie tracée d’une conquête politique sans foi ni éthique. En regardant les images de Donald Trump haranguant ses partisans pour prendre d’assaut le Capitole, on a pu se souvenir des images des Ousmane Sonko, Idrissa Seck et autres après la victoire de Macky Sall en 2019.

Ousmane Sonko donne le bâton pour se faire battre

Nous avions consacré notre chronique du 4 janvier 2021 à la levée de fonds, via internet, par le parti Pastef. Le ministre de l’Intérieur avait tenu à mettre en garde quant à l’illégalité d’une telle opération. Cela a peut-être eu le mérite de pousser les camarades de Ousmane Sonko à arrêter leur initiative, même s’ils continuent de dire que rien ne les détournera de leurs objectifs. Leur principale ligne de défense aura été que l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, du temps où il était opposant de Abdoulaye Wade, clamait partout qu’il bénéficiait de subsides que lui versaient des compatriotes sénégalais établis à l’étranger pour financer ses activités politiques. Est-ce parce que Macky Sall n’avait pas été poursuivi pour une supposée violation de la loi que l’infraction ne devrait plus exister ? Il y a cependant à souligner que Macky Sall, le 28 janvier 2009, à la veille des élections locales, avait été longuement entendu par la police pour des accusations portées par le régime du Président Abdoulaye Wade de blanchiment d’argent et d’association de malfaiteurs. On reprochait à Macky Sall d’avoir reçu de l’argent provenant du Gabon, par le truchement de son compatriote Abdoulaye Sali Sall, pour financer ses activités politiques. Macky Sall avait fini par être relâché faute de preuves. Ousmane Sonko ne laisserait-il pas de preuves derrière lui dans le cadre d’une souscription publique à travers les réseaux sociaux ?
Au demeurant, Ousmane Sonko risque de donner le bâton pour se faire battre. L’argument de ses défenseurs serait que la loi n’interdirait pas à des Sénégalais établis à l’étranger de pourvoir des subsides au profit d’un parti politique au Sénégal. On peut bien deviner que ce serait un jeu d’enfant, pour un pouvoir politique qui songerait à nuire à un opposant, de trouver le moyen d’identifier, parmi des milliers de donateurs, des citoyens étrangers ou appartenant à des milieux interlopes qui participeraient au financement. Le cas échéant, Ousmane Sonko ne pourrait pas dire n’avoir pas été prévenu alors que rien n’obligeait Antoine Diome à estimer devoir tirer la sonnette d’alarme.

Acculé et accusé par le DG de Dem Dikk, Me Moussa Diop promet une réponse documentée

Omar Boun Khatab Sylla le nouveau patron de Dakar Dem dik a fait une conférence de presse en fin de semaine dernière, pour dénoncer la gestion de Me Moussa Diop à la tête de la société.
Ce dernier est accusé d’avoir créé 200 emplois fictifs, embauché ses 2 épouses pour la restauration de l’entreprise. Suffisant pour que Me Moussa Diop réagisse  : « Mes chers Compatriotes, je vous souhaite un bon dimanche, le temps de la conférence de presse documentée en début de semaine. Que Dieu le tout-puissant nous protège contre les fossoyeurs, amine“, a écrit l’ancien DG de DDD sur sa page Facebook.

Blanchiment d’argent : Un couple de libanais arrêté à Dakar

iGFM – (Dakar) La police de Dakar Plateau vient de réaliser un beau coup, en démantelant un réseau de blanchiment d’argent, tenu par un couple de libanais.
Selon le quotidien Libération, repris par nos confrères de Senenews, le couple a été interpellé par les policiers vendredi dernier, pour transfert de fonds douteux. C ‘était au bas de l’immeuble Kébé que l’épouse de Souheil Saffiedine a été arrêtée en possession de 40 millions de FCFA en espèces.
La perquisition effectuée par les limiers a permis de mettre la main sur  50 000 euros soit plus de 32 millions de FCFA. Et ce n’est pas tout, puisqu’ensuite, les limiers se sont rendus à la Rue Abdou Karim Bourgi où vit le couple, et rebelote! Ils ont mis la main sur 100 millions de FCFA.

PISCINE PARTY : 40 PERSONNES DÉFÉRÉES CE LUNDI, UN COUPLE DE DIPLOMATES LIBÉRÉ

http://www.emedia.sn Au moins, quarante personnes seront déférées ce lundi, 11 janvier, devant le Procureur de la République, pour violation de l’état d’urgence. Elles ont été arrêtées par la Gendarmerie de Ngor lors d’une ’’piscine party’’ aux Almadies, ce week-end. Seul le couple de diplomates a été relâché en raison de l’immunité diplomatique, rapporte L’Observateur dans sa livraison du jour.
D’après le récit du journal, la fête privée arrosée et avec chicha, a été dispersée avant-hier samedi. Aux bords de la piscine, belles filles, couples mariés, un couple de diplomates, des fils d’autorités et des anonymes, passaient un bon moment de farniente, avant l’intervention des pandores.Les mis en cause, placés en garde-à-vue depuis lors, seront déférés aujourd’hui.

REMARQUES SUR LE PROJET DE LOI MODIFICATIF DE LOI RELATIVE À L’ÉTAT D’URGENCE PAR MAMADOU ABDOULAYE SOW

Qu’entend-on par « catastrophe naturelle » au sens du projet de loi ? La nouvelle législation va donner au gouvernement des pouvoirs très importants qui ne sont pas clairement exposés dans le dispositif du projet de loi

Lettre d’un citoyen à Mesdames et Messieurs les députés de l’Assemblée nationale

Mesdames et Messieurs les députés,
Vous êtes appelés le lundi 11 janvier 2021 à un débat suivi d’un vote sur le projet de loi n° 46/2020 modifiant la loi n° 69-29 du 29 avril 1969 relative à l’état d’urgence et à l’état de siège.
Le projet de loi (publié sur les sites web) propose l’institution d’un « état de catastrophe naturelle ou sanitaire » pour « assurer le fonctionnement normal des services publics et la protection des populations ». On peut dire que l’objet de cette nouvelle législation est de permettre au gouvernement de prendre des mesures pour assurer le fonctionnement normal du service public mais également de conférer aux autorités administratives des pouvoirs d’urgence pour protéger l’ordre public en cas de catastrophe naturelle ou sanitaire.
Après étude du projet de texte, nous avons relevé des zones d’ombre, des oublis et quelques imperfections que nous souhaitons porter à votre attention.

Les zones d’ombre à clarifier

À titre liminaire, nous posons la question suivante  : pourquoi n’a-t-on pas adopté à ce jour une nouvelle loi qui abroge et remplace la loi n° 69-29 du 29 avril 1969, en application des dispositions du dernier alinéa de l’article 69 de la Constitution de 2001 qui dispose  : « Les modalités d’application de l’état de siège et de l’état d’urgence sont déterminées par la loi » ?
Faudrait-il rappeler que sous l’empire de la Constitution de 1960 et de celle 1963, l’état d’urgence était organisé par la loi n° 60-42 du 20 août 1960 relative à l’état d’urgence (confirmée par la loi n° 63-04 du 4 janvier 1963) et la loi n° 69-29 précitée.
En admettant que la Constitution n’interdit pas à l’Assemblée nationale de prévoir une législation sur l’« état de catastrophe naturelle ou sanitaire », il faut reconnaitre que le projet de loi ne détaille pas le contenu de ce nouveau régime exceptionnel comme c’est le cas en matière d’état d’urgence  (13 articles pour le titre I contre 2 articles pour le nouveau titre IV).

Le silence du projet de loi sur  :

  • les procédures concernant la déclaration de l’« état de catastrophe naturelle ou sanitaire » à savoir les caractéristiques que doit revêtir obligatoirement  l’« état de catastrophe naturelle ou sanitaire » pour être considéré comme tel.
Selon l’article 24 nouveau, le troisième régime est déclaré « en cas de survenance de situations de catastrophes naturelles ou sanitaires ». Cet article s’est limité aux catastrophes naturelles laissant de côté les autres catégories de catastrophes et les crises humanitaires.
Une première ambiguïté dans le texte de loi proposé  : qu’entend-on par « catastrophe naturelle » au sens du projet de loi ? Autrement dit, pourquoi le projet de texte n’en donne pas une définition précise au sens juridique du terme ?
La loi burkinabè n° 012-2014/AN du 22 avril 2014 portant loi d’orientation relative à la prévention et à la gestion des risques, des crises humanitaires et des catastrophes définit ainsi une catastrophe naturelle : « l’interruption grave du fonctionnement d’une communauté ou d’une société résultant des aléas naturels et causant des pertes en vies humaines, des pertes matérielles, économiques ou environnementales que les sinistrés ne peuvent surmonter avec leurs seules ressources propres ».
À notre sens, et en l’absence d’une définition légale de « catastrophe naturelle » et de « catastrophe sanitaire », il faut s’en tenir à la loi de 1969. En effet, cette loi qu’on veut modifier nous édifie sur le sens et le contenu du régime des catastrophes puisque son article 2 prévoit la possibilité de déclarer l’état d’urgence en « cas d’évènements présentant, par leur nature et leur gravité, un caractère de calamités publiques ».
Le Vocabulaire juridique de Gérard Cornu (11ème édition, 2016, pp. 145-146) définit ainsi les calamités publiques  : « expression générique désignant un ensemble de fléaux ou de sinistres  : incendies, inondations, ruptures de digues, éboulements de terre ou de rochers, « marée noire » ou autres accidents naturels, épidémies, épizooties ».
Une autre lacune dans le projet de loi  : la nature de l’acte qui déclare l’« état de catastrophe naturelle ou sanitaire » n’est pas précisée. Or, la loi de 1969 indique très clairement que l’état d’urgence (article 2) et l’état siège (article 15) sont institués par décret.
  • les pouvoirs conférés à l’autorité administrative en matière de restrictions des libertés, de perquisitions et de contrôle de la presse.
Le projet de loi est resté silencieux sur les pouvoirs donnés à l’autorité compétente en matière de limitation des libertés, de perquisitions et de contrôle de la presse.
À la différence de la loi de 1969, le projet de loi ne précise pas les pouvoirs qui sont automatiquement donnés à l’autorité administrative compétente (voir les articles 3 à 9 de la loi de 1969) et ceux qui ne peuvent être donnés qu’en vertu d’une disposition expresse de l’acte déclarant l’« état de catastrophe naturelle ou sanitaire » (voir les articles 10 à 13 de la loi de 1969). À titre d’exemple  : les pouvoirs de réquisition et l’habilitation pour « prendre toutes mesures appropriées pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toutes natures… ».
  • les dispositions pénales en cas de non-respect des mesures prises par l’autorité administrative.
La question est posée de savoir comment sont constatées les infractions et quelles sont les sanctions encourues en cas de non-respect des mesures prises dans le cadre de l’ « état de catastrophe naturelle ou sanitaire » ? Le projet de texte ne répond pas à cette question.
Pour rappel, en cas d’état de siège et d’état d’urgence, l’article 21 de la loi de 1969 prévoit que « les infractions aux dispositions de la loi seront punies d’un emprisonnement de 2 mois à 2 ans et d’une amende de 20 000 à 500 000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement ». On se demande si les dispositions de cet article ne devraient pas être actualisées.
  • les dispositions communes aux trois régimes d’exception.
La question se pose de savoir si les dispositions communes à l’état d’urgence et à l’état de siège (articles 19 à 23) sont applicables au nouveau régime. Le projet de loi est muet sur la question.
  • le rôle l’Assemblée nationale pendant l’application de l’article 24 nouveau
c’est-à-dire les moyens dont dispose l’institution parlementaire pour contrôler les mesures prises en application de la nouvelle loi.
Au total, il y a lieu de préciser davantage le cadre juridique dans lequel devront s’inscrire en particulier les mesures de police pouvant être prises pendant la durée du régime de l’« état de catastrophe naturelle ou sanitaire ».

L’examen du projet de loi révèle des oublis importants

Il nous parait difficilement compréhensible que les rédacteurs du projet de loi ne se soient pas donné la peine d’identifier les dispositions de la loi de 1969 qui, au fil du temps, sont devenues obsolètes. Sont concernées les dispositions des articles 1er, 7, 20 et 23 qu’il convient de modifier ou d’abroger et de remplacer.

L’article premier est à modifier

Cet article dispose  : « L’état d’urgence et l’état de siège sont institués dans les conditions prévues à l’article 58 de la Constitution. Les dispositions qui les régissent font l’objet de la présente loi ».

  • Il est clair que la loi n° 69-29 du 29 avril 1969 est une loi d’application de l’article 58 de la Constitution de 1963. En effet, comme l’indiquait le rapport présenté au nom de l’inter commission de l’Assemblée nationaleimage.gif
    [1],  le projet de loi n° 18/69 de 1969 relatif à l’état d’urgence et à l’état de siège, avait, entre autres , comme objectif de « refondre et adapter la loi du 20 août 1960 relative à l’état d’urgence dont nombre de dispositions se trouvaient en contradiction du fait qu’elle lui est antérieure , avec la Constitution du 8 mars 1963 et notamment en son article 58 ».
Admettons que la Constitution du 22 janvier 2001 n’a pas pour autant abrogé la loi n° 69-29 promulguée il y a cinquante-un an. Dans ces conditions, la première phrase de l’article premier de la loi de 1969 qui renvoie à l’article 58 de la Constitution de 1963 devrait être modifiée.
  • La seconde phrase de l’article premier devrait être modifiée pour inclure le nouveau régime d’exception dans le champ d’application de la loi de 1969 (article 1er).

L’article 7 est à modifier

Il fait référence au décret n° 61-442 du 22 novembre 1961 portant réglementation de la radioélectricité privée qui n’est plus en vigueur.

L’article 20 est à modifier

Il mentionne le Tribunal spécial crée par la loi n° 61-57 du 21 septembre 1961. Or, la loi n° 73-47 du 4 décembre 1973 a substitué au Tribunal spécial la Cour de sureté de l’Etat, supprimée par la loi n° 1992/31 du 4 juin 1992. Cette disposition ne peut donc être maintenue en l’état dans la loi de 1969.
Conséquemment, l’article 23 est à revoir en vue d’actualiser le renvoi à l’article 20.

Le regard critique sur le dispositif du projet de loi

Il ressort du texte étudié que les changements à apporter à la loi du 29 avril 1969 sont limités d’une part, à la modification de l’intitulé de son titre et d’autre part, à l’insertion d’un nouveau titre IV comprenant deux articles.

L’article premier du projet de loi : Il apporte une modification à l’intitulé de la loi de 1969.

  • L’expression « gestion des catastrophes naturelles ou sanitaires » est-elle appropriée ? Il aurait mieux valu écrire « état de catastrophe naturelle ou sanitaire ».
  • En règle générale,  « on ne modifie normalement pas l’intitulé d’une loi ou d’un décret. Il ne peut être dérogé à cette règle que si une adaptation est rendue indispensable par suite d’un changement important dans le contenu du texte ou son champ d’applicationimage.gif
    [2] ». Si l’on souhaite modifier l’intitulé, il faudrait d’abord modifier l’article premier de la loi de 1969.

L’article 2 du projet e loi : Il comprend trois dispositions.

  • La première disposition est la suivante : « Il est inséré un titre IV intitulé « Gestion des catastrophes naturelles ou sanitaires ».
  • Le mot « gestion » est-il approprié ? Il est proposé d’écrire « état de catastrophe naturelle ou sanitaire ».
  • On se demande si on est en présence d’une insertion ou d’un ajout puisque le nouveau titre IV est placé à la fin de la loi de 1969.
  • En ajoutant un titre IV après le titre III relatif aux dispositions communes, la logique interne de la loi de 1969 qu’on veut modifier ne semble plus être respectée.
  • L’intitulé du titre III devrait être revu dans le but de préciser qu’il s’agit de dispositions communes à l’état d’urgence et à l’état de siège.
  • La deuxième disposition est consacrée à l’article 24 nouveau qui instaure un régime qui fait de l’exception le principe, notamment en donnant au Gouvernement le pouvoir d’instaurer un couvre-feu sans qu’il soit nécessaire au préalable de déclarer l’état d’urgence et sans contrôle de l’Assemblée nationale.
  • Le premier alinéa de l’article 24 nouveau énonce que le pouvoir de prendre des mesures pour « assurer le fonctionnement normal des services publics et la protection des populations » est donné à l’autorité administrative compétente. Or, l’article 25 établit que « les pouvoirs énoncés dans l’article 24 de la présente loi sont exercés par le président de la République ».
Le président de la République est-il l’autorité administrative compétente visée à l’article 24 nouveau ? Au regard des dispositions du décret n° 69-667 du 10 juin 1969 portant application de la loi de 1969, les autorités administratives sont principalement les ministres.
  • Le second alinéa indique que « ces mesures peuvent notamment consister en l’instauration d’un couvre-feu et en la limitation des déplacements … ».
L’article 24 ne donne pas la définition légale du « couvre-feu ». Dans le régime de l’état d’urgence, lorsque l’article 3.1°) de la loi de 1969 donne pouvoir à l’autorité administrative « de règlementer ou d’interdire la circulation des personnes, des véhicules ou des biens dans certains lieux et à certaines heures », il permet l’instauration d’un couvre-feu.
Autre remarque  : l’usage de la locution « notamment » ne devrait pas renvoyer à la possibilité de recourir à des « usages multiples qui ne sont pas toujours appropriées ».
Enfin, le second alinéa de l’article 24 nouveau fixe la durée du couvre-feu à un mois renouvelable une fois mais aucune justification n’est fournie dans l’exposé des motifs sur la durée d’un mois par rapport aux douze jours prévus par la Constitution pour l’état d’urgence. En principe, la durée d’un couvre-feu est déterminée en corrélation avec la durée d’un état d’urgence.
  • La troisième disposition crée un article 25 « nouveau »  : il s’agit en réalité d’une disposition nouvelle ajoutée à la loi de 1969 qui ne comprend que 24 articles.
Deux conclusions peuvent être dégagées de ce qui précède.
Premièrement, la nouvelle législation va donner au gouvernement des pouvoirs très importants qui ne sont pas clairement exposés dans le dispositif du projet de loi.
Deuxièmement, le nouveau régime de l’« état de catastrophe naturelle ou sanitaire » ne devrait pas être prévu dans la loi de 1969 qui est la loi d’application de la Constitution de 2001 dans ses dispositions relatives à l’état d’urgence et à l’état de siège. Il faudrait soit, et au préalable, modifier l’article 69 de la Constitution, soit faire adopter une loi distincte de celle de 1969. Dès lors, on s’interroge sur l’intérêt d’inclure dans la loi de 1969 ce nouveau régime d’exception plutôt que de l’organiser dans une loi distincte comme c’est le cas au Burkina Faso.
À côté de la loi n° 023-2019/AN du 14 mai 2019 portant règlementation de l’état de siège et de l’état d’urgence, le parlement burkinabè a adopté la loi n° 012-2014/AN du 22 avril 2014 portant loi d’orientation relative à la prévention et à la gestion des risques, des crises humanitaires et des catastrophes. Cette loi a pour objet la prévention et la gestion des risques, des crises humanitaires et des catastrophes au Burkina Faso, quelle qu’en soient la nature, l’origine et l’ampleur Elle vise de manière spécifique, entre autres, à « déterminer les conditions, modalités et procédures de déclaration de l’état de catastrophes et de crises humanitaires » (art. 3). La loi en question est mise en œuvre conformément à divers principes fondamentaux dont le principe de non politisation selon lequel « les mesures et les actions entreprises par les autorités nationales dans le cadre de la prévention et la gestion des risques et catastrophes ne doivent pas être utilisées à des fins politiques… » (article 6).
En plus de ces deux lois, le Burkina Faso dispose depuis plus d’une vingtaine d’années d’un Code de la Santé publique (Loi n° 23/94/ADP du 19 mai 1994).
Mesdames et Messieurs les députés,
Nous vous remercions de l’attention particulière que vous réserverez à la présente avant de confirmer le vote du projet de loi en l’état.
Nous vous prions de bien vouloir agréer, Mesdames et Messieurs les députés, l’expression de notre haute considération.
Mamadou Abdoulaye Sow est Inspecteur principal du Trésor à la retraite
mamabdousow@yahoo.fr
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[1] Composée de la Commission de la Législation, de la Justice, de l’Administration Générale, du Règlement intérieur et de la Commission de la Défense (3ème Législature, 2ème session extraordinaire de 1969).
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[2] Guide pour l’élaboration des textes législatifs et règlementaires, La documentation française, juin 2005, p. 202.

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