Revue de presse du Lundi 06 Juillet 2020

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LUTTE CONTRE LES INONDATIONS DE 2000 A NOS JOURS : Des milliards dans les égouts

http://www.sudonline.sn Le Sénégal a connu des inondations au début des années 2000. Depuis lors, des investissements colossaux ont été faits pour développer la résilience des communautés et la construction d’infrastructures
L a région de Dakar qui ne représente que 0, 3 % du territoire national avec une superficie de 547 Km2 accueille pourtant 3.853.019 habitants, selon des chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANDS). Face à ce surpeuplement, accentué par l’exode rural, le besoin en habitation et en infrastructures ne cesse de croître. Ce faisant, beaucoup de zones déclarées pourtant non aedificandi (non constructible) à cause des eaux, sont désormais aménagées à des fins d’habitations ou d’infrastructures. C’est le cas de zone de captage, le pont de l’émergence et l’arène nationale, entre autres. Cette nouvelle donne fait penser à des conséquences pénibles en cas de fortes pluies si par exemple, les précipitations qui ont été enregistrées ces dernières années venaient à se reproduire. Dans le passé, les pluies ont eu à avoir des conséquences néfastes, causant beaucoup de déboires chez les populations
Dans une étude commanditée par le Pnud, l’Etat du Sénégal, l’Union Européenne et le Global Facility for Disaster Reduction and Recovery (Gfdrr), publiée en juillet 2014 et dénommée «le relèvement et la construction à partir de 2009, étude de case pour le cadre de relèvement post catastrophe», il est ressorti des conséquences multiples.

PLUS DE 70 MILLIARDS DE FCFA ENTRE 2008 ET 2012

Les inondations des années 2000, notamment celles de 2005, 2009 et 2012 ont eu des impacts très négatifs sur les conditions socio-économiques des populations dans certaines zones de la banlieue de Dakar. Elles ont non seulement occasionné des pertes en vies humaines ainsi que la destruction d’infrastructures (routes, ponts), mais aussi celles de maisons et d’autres biens. Mieux, signale le document, entre 2008 et 2012, plus de 70 milliards de FCFA ont été injectés par l’Etat du Sénégal dans la lutte contre les inondations sans compter des appuis extérieurs ; et tout cela, sans que les résultats escomptés soient pleinement atteints. Cela dit, les projets initiés sous le président de la République Abdoulaye Wade n’ont pas donné l’effet attendu. Il s’agit principalement de la construction des réseaux de drainage des eaux, des bassins de rétention actuellement interconnectés pour l’évacuation du surplus d’eau en mer et dans les stations de pompage, du déclenchement du projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation aux changements climatiques (Progep qui été mis sur pied pour endiguer le problème de l’inondation, en particulier dans la banlieue de Dakar. Sous le régime du président Macky Sall, l’année 2012 a été parmi les plus pluvieuses. Les inondations de l’époque avaient motivé le gouvernement à initier des actions de résilience. Dix décisions stratégiques ont été annoncées. Parmi lesquelles, certaines ne sont pas encore finalisées à quelques mois de l’achèvement du plan décennal déclenché à l’époque.

DES ENGAGEMENTS TOUJOURS EN ATTENTE

A l’issue du Conseil Présidentiel du 19 septembre 2012 et tirant les conclusions et recommandations de la réunion à laquelle ont pris part tous les acteurs impliqués dans la gestion des inondations, ainsi que les partenaires techniques et financiers, le Président de la République avait pris dix décisions stratégiques allant dans le sens de l’éradication progressive et définitive des inondations récurrentes au Sénégal. Il s’agit de la mise en place d’un programme spécial sur 10 ans. Le plan décennal de gestion des inondations était décomposé de trois phases. Une phase d’urgence (2012- 2013), une phase court terme 2014-2016 et une phase de moyen et long terme 2017- 2022). Le budget de la première phase était estimé à 66 milliards de FCFA. L’engagement de l’Etat du Sénégal pour lutter contre les inondations c’était aussi des études approfondies afin d’évaluer de manière plus précise le budget global de tout le programme estimé à 766 milliards de FCFA. L’Etat s’était engagé à actualiser le plan national d’aménagement du territoire. Il a été également annoncé la finalisation des plans directeurs d’urbanisme des localités. Ce que le gouvernement devait faire au plus tard en juin 2013. Dans le plan de riposte, il avait été demandé une implication plus étroite des collectivités locales.
Le président de la République a demandé une implication plus importante et plus efficace des collectivités locales qui devront être les partenaires privilégiés du gouvernement dans la mise en œuvre du programme décennal de gestion des inondations. La redynamisation de la politique de l’habitat social, et la création d’une structure ministérielle en charge de la coordination des interventions relatives aux inondations était aussi annoncée. La décision la plus forte a été le déclenchement d’un Programme décennal de gestion des inondations (Pdgi). Commencé en cette année 2012, il arrive à terme en 2022.
Son coût est évalué à plus de 700 milliards de FCFA. Lors d’une table ronde en décembre 2012, l’Etat et les partenaires étaient engagés à mobiliser le montant nécessaire au financement de Pdgi. A l’issue de la réunion, le ministère de l’Economie et des Finances a annoncé l’acquisition du financement d’un montant de 66, 375 milliards FCFA pour la phase d’urgence du Programme décennal de gestion des inondations (2012 2013).

RECULADE DE MACKY SALL À PROPOS DU STATUT DES NOTAIRES

http://www.enqueteplus.com Sur demande de la Chambre des notaires du Sénégal (CNDS), le président désavoue le garde des Sceaux, lui demande de revoir le décret portant statut des notaires adopté en Conseil des ministres le 10 juin
C’est une reculade qui va rester dans les annales de la présidence et de la République, si elle se concrétise. Le 10 juin dernier, le Conseil des ministres adoptait le décret portant réforme du statut des notaires. L’une des innovations phares de cette réforme tant attendue portait sur la retraite à 70 ans. Une mesure courageuse saluée par plusieurs observateurs. Etudiants, clercs et professionnels du droit applaudissaient cette avancée majeure qui allait contribuer à l’ouverture du notariat à bien des aspirants à cette profession, jusque-là réservée à quelques privilégiés de la République.
Depuis, c’est le branle-bas du côté de la CNDS (Chambre des notaires du Sénégal) surtout chez certains barons de la profession. Activant tous leurs réseaux, ils finirent par décrocher une audience, dès le 16 juin, soit six jours seulement après l’adoption dudit décret. Pour l’occasion, rapportent nos sources, c’est l’artillerie lourde qui a été déployée par la chambre pour faire fléchir l’Exécutif. Une forte délégation composée de la présidente Aissatou Sow Badiane, d’un autre membre du bureau, Alioune Ka, de deux membres du Comité directeur, Mes Tamaro Seydi et Jean-Paul Sarr, de deux sages, Mes Moustapha Ndiaye et Papa Sambaré Diop. Sur le tableau de leurs doléances, figuraient trois points essentiels.

Le premier avait trait au concours d’accès au stage de notaire ; le deuxième à la protection du notaire et de son exploitation ; le troisième portait sur la retraite.

Le moins que l’on puisse dire est que leur puissant lobbying semble sur le point de porter ses fruits. Non seulement Macky Sall a promis de faire revoir les dispositions incriminées, mais aussi de se concerter avec la chambre, la prochaine fois. Citant la présidente de la Chambre des notaires, nos sources rapportent  : ‘’Le président de la République a prêté une oreille attentive à toutes les explications de la délégation et a instruit le garde des Sceaux de revoir certaines dispositions du statut, de l’envoyer à la Chambre des notaires pour informations, avant de lui présenter le projet final pour signature.’’
Et celui qui doit être dans ses petits souliers, suite à ce revirement exceptionnel, c’est surtout le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Me Malick Sall. Lequel a été accusé, par les notaires, d’avoir fait adopter le nouveau statut sans tenir compte de leurs propositions relatives notamment aux points susvisés. Ce qui avait mis certains barons dans tous leurs états, surtout par rapport à la retraite et au concours, soulignent nos interlocuteurs.

Pourtant, les enjeux de ces réformes étaient énormes et fort appréciables pour le plus grand nombre. Pour en saisir la portée, il faut revisiter l’histoire même de cette profession, en particulier en ce qui concerne les modalités d’y accéder.

De l’institution du notariat dans les années 1800 à nos jours, les critères démocratiques et de compétence n’ont jamais prévalu pour accéder à ce métier. Pendant longtemps, il fallait être fils de ou, à tout le moins, avoir un parrain parmi les plus influents membres de la corporation. A partir de 2002, le régime d’Abdoulaye Wade modifie le statut, en instaurant un concours pour plus de démocratisation de l’accès à la profession de notaire. Lequel statut a été encore modifié en 2009, sans que le concours n’ait jamais été organisé. En 2013, sous l’impulsion d’Aminata Touré, à l’époque ministre de la Justice, le concours fut organisé pour la première fois de l’histoire.
Voilà quatre longues années, alors même qu’ils ont fini leur stage depuis 2016, que les 22 candidats issus de ce concours très sélectif ne parviennent pas à être intégrés. Aussi, les passe-droits continuent de plus belle dans le secteur. S’appuyant sur de supposées mesures transitoires, la chambre est parvenue à inscrire quelques-uns de ses protégés et n’a toujours pas dit son dernier mot. Selon nos informations, leur volonté est d’alléger les conditions d’accès à des clercs triés sur le volet.
Lors de cette même audience, les notaires ont frappé très fort. En sus de ces questions essentielles, le président Sall a aussi demandé au ministre de la Justice de finaliser le projet de réforme du Code de procédure pénale, en intégrant le privilège de juridiction des notaires. Là également, ordre a été donné à Maitre Malick Sall d’envoyer le projet à la CNDS.
Et le chef de l’Etat ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Il a aussi informé la délégation de l’affectation, au profit de la chambre, d’un terrain au niveau du pôle judiciaire de Dakar, à côté du nouveau palais de Justice, pour l’édification d’un centre de formation et de documentation.

COMMENTAIRE  : Un pas en avant, trois en arrière

A quand la fin du népotisme dans le notariat ? La question mérite d’être posée aux autorités de la République. Malgré l’institution d’un concours depuis 2002, aucun notaire sénégalais n’a encore été nommé selon cette procédure bien démocratique. Tous l’ont été par des raccourcis. Pourtant, l’espoir était grand, en 2013, au moment de l’organisation du premier concours par l’ancienne ministre de la Justice Aminata Touré.

Mais depuis le départ de celle qui est nommée la ‘’Dame de fer’’, c’est le statuquo. Les 22 jeunes sénégalais, ayant réussi cet examen très sélectif, se sont toujours heurtés au véto des barons de la profession. Aujourd’hui encore, plus de quatre ans après la fin de leur stage, ils se tournent les pouces. Pendant ce temps, les avocats, huissiers et magistrats ont accueilli pas mal de nouvelles recrues.

Au sortir du Conseil des ministres du 10 juin, le collectif des 22 espérait enfin voir le bout du tunnel. Hélas ! Ils vont devoir prendre leur mal en patience. Avec les barons, on ne sait jamais à quoi s’attendre. Et ils disposent toujours d’une botte secrète pour l’asséner aux jeunes ambitieux, au moment où ils s’y attendent le moins. Tenant à leur privilège comme à la prunelle de leurs yeux, ils ont toujours dit niet à la création d’un certain nombre de nouvelles charges sous le magistère du ministre Ismaila Madior Fall. Il en est de même de l’organisation du concours annoncée par l’ancien garde des sceaux depuis fin 2018. Ce dernier est parti. Mais les barons restent plus que jamais intransigeants sur certaines de leurs positions. Même avec le nouveau ministre que d’aucuns pensaient très ouvert et progressiste, ils réussissent à chambouler tous les plans qui ne vont pas dans le sens de la défense de leurs intérêts. En atteste la déconvenue de Maitre Malick Sall à la suite de l’audience accordée par le président de la République à la chambre.
En effet, le nouveau code que ce dernier avait réussi à faire adopter en Conseil des ministres, va devoir retourner dans les laboratoires pour une réécriture de certaines dispositions substantielles. Motif  : ces dispositions n’ont pas l’assentiment de la Chambre des notaires.  Mieux, le chef de l’Etat lui intime l’ordre de leur soumettre le futur texte, avant de le ramener en Conseil des ministres pour une nouvelle adoption. Que veulent les barons ?
Conscients qu’ils ne peuvent plus continuer de fermer la portière du concours entrouverte à des milliers de Sénégalais (riches comme pauvres), ils mènent un lobbying intense pour dispenser leurs protégés d’une sélection aussi rude et hasardeuse. Pourtant, par leur puissance, ils sont déjà parvenus à imposer un concours réservé aux professionnels qui sont dans leur office. Selon la réforme de 2002 confirmée en 2009, il n’y avait qu’un seul concours pour tous les candidats. En outre, là où les admis directs vont passer 5, voire 6 ans, les professionnels pourraient voir le nombre d’années de leur stage être réduit, en fonction de leur ancienneté. Malgré ces acquis, les barons en exigent toujours et souhaitent plus de privilèges pour leurs poulains  : des fils de, conjoints de, neveux de, parents et amis de…
Selon certaines confidences, ils se démènent comme de beaux diables pour faire inscrire certains de leurs poulains sur la liste des candidats à une charge, déjà longue de 44 candidats. Pire, ces derniers n’ont passé aucun concours, ni examen et risquent, par des tours de passe-passe, de passer entre les mailles. Au même moment, des centaines de Sénégalais, remplissant les mêmes critères, n’ont pas ce privilège. Car ne disposant pas de parrain.
Aussi, dans cette logique toujours patrimonialiste, les barons ne veulent pas du tout entendre parler de retraite. Jusque-là, au Sénégal, être notaire un jour, c’est le demeurer pour toujours.

IDIOVISUEL, LA CHRONIQUE MEDIA DE NETTALI.COM : Hystérie collective !

NETTALI.COM – Comment qualifier l’ambiance qui règne actuellement au Sénégal ? Ambiance d’apocalypse ? De confusion totale ? Le tableau qui se dessine, est sombre, vraiment sombre. Beaucoup s’accordent là-dessus. Entre une économie qui file tout droit vers la récession et une atmosphère de manipulations, de délation, de mensonges, de cabales politiques, d’inimitiés et d’échanges de propos malveillants et orduriers, le Sénégal semble s’être mué en peu de temps, en une terre d’anarchie. Certains observateurs se demandent même si Macky Sall ne serait pas  dépassé par la situation ; s’il ne serait pas indifférent. D’autres se permettent même de décrire une atmosphère de fin de règne et entrevoient une situation qui va être difficile à remettre dans le bon sens.
Le Sénégal marche sur la tête ? C’est certain. Le spectacle qui se donne à lire, relève tout simplement du rêve. Qui aurait cru que les Sénégalais pouvaient tomber aussi bas ? Ce pays où, si souvent le peuple a recours aux références religieuses pour ramener les déviants sur le droit chemin ou pour se donner bonne conscience ! L’on se réclame de Serigne Touba, d’El Hadji Malick, de Mame Limamoulaye, de Mame Bou Kounta, de Baye Niasse, de l’Eglise, etc mais l’on ne se gêne point dans le même temps d’avoir si souvent recours au mensonge, à la manipulation, la calomnie, la médisance, la délation, aux propos orduriers, etc. Ce pays pourtant de fervents musulmans et catholiques où presque tout le monde se rend à la mosquée le vendredi  et à l’église le dimanche ! Sacré Sénégal ! Le mensonge, voici l’un des péchés les plus graves dans toutes les religions révélées. Eh bien, il est devenu un sport national !
Et sur cette terre bénie des dieux, les menteurs ont trouvé un lit bien douillet pour faire prospérer leurs actes infames, mais aussi les ressorts efficaces pour agir sur les cerveaux et réveiller les émotions des Sénégalais. Ils sont devenus si facilement manipulables. Le penseur italien Umberto Eco disait d’ailleurs très justement que « les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite, alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles ». Sous nos cieux, c’est la rue et les grand-places et des personnes encagoulées ainsi que des mercenaires qui ont envahi l’espace et règlent, soit des comptes ou font le sale boulot pour le compte d’autres. Tout le monde se croit ainsi investi d’une vocation et est détenteur d’un aura et pense devoir participer au débat public. C’est le désastre.
Il suffit pour attester du phénomène et de ses effets implacables sur les internautes qu’une vidéo circule ou qu’un adepte des réseaux sociaux produise un live pour dénoncer un fait supposé pour que le peuple du net s’émeuve immédiatement. Rendre virale une info, quoi de plus facile de nos jours. La plupart de ceux qui reçoivent des informations, les consomment sans recul, ni vérification. Ils ingurgitent tout ce qui leur tombe sous la main.  Depuis que des supposés scandales fonciers sont dénoncés et que Madiambal qui a allumé la mèche, s’est terré après avoir reçu des retours de flammes, la polémique n’a pas cessé d’enfler. De supposés propriétaires terriens, d’hectares infinis sont jetés en pâture, au grand bonheur de ceux qui en profitent pour régler des comptes politiques. Une liste d’ayants droit a subitement atterri sur les réseaux sociaux, dans les groupes WhatsApp, telle un fantôme et est partagée comme si le contenu était un Coran ou une bible. Pourquoi cette liste et son contenu, devrait-ils forcément être vraie ? Des honorabilités sont ainsi facilement entachées. Sur un certain plateau télé, la liste est lue sans recul, ni vérification. Comment peut-on partir d’informations pas vérifiées et envoyer illico presto, des gens au tribunal de l’opinion. Dans ce brouhaha où les émotifs ont fini de ruminer leur colère, il est bien trop facile d’accabler et de prendre pour argent comptant, ce qui se dit, à tel point que cette population qui baigne dans le royaume des réseaux sociaux, doive prendre suffisamment de recul par rapport à ce flot d’informations qui y circulent, surtout en ces périodes de confusion où les cabales politiques et les délations sont monnaies courantes. Loin de nier l’existence de scandales fonciers, les lecteurs doivent intégrer un doute méthodique avant de s’émouvoir.

Lieu de déballages sordides !

Les réseaux sociaux voici d’ailleurs le canal souvent emprunté dans le monde politique pour régler des comptes. Lorsqu’en effet est évoquée la question de la structuration de l’APR, lors de sa conférence de presse de fin d’année, Macky Sall avait préféré botter en touche préférant mettre en avant un parti pas structuré certes mais qui gagne des élections. Une réponse certainement politicienne à l’époque mais dont les méfaits de ce déficit de structuration se notent lorsqu’on se rend compte de ce que peut coûter une armée mexicaine dans laquelle, ce sont des électrons libres qui gèrent des intérêts et agendas personnels, alors que tout ce qui se fait devrait revêtir le sceau collectif. Il est vrai que dans un enclos, lorsqu’il n y a pas assez de foin pour tout le monde, les coups de cornes ne peuvent pas ne pas pleuvoir. Déjà la semaine dernière, dans le cadre du service après-vente du bilan de Macky, suite au Covid et à la levée de l’état d’urgence, alors que les ministres s’étaient rués sur les plateaux télé, Moustapha Cissé, en duplex sur la Sen TV, s’était déchaîné sur Diouf Sarr, le traitant d’incompétent dans une saillie verbale que même la journaliste Néné Aïcha avait eu du mal à contenir. C’est connu, quand Moustapha Cissé Lô se lâche, impossible de l’arrêter. Il y a eu aussi l’effet semences qui avait fait sortir le député de ses gonds. Celui-ci avait au cours d’une sortie mémorable à l’Assemblée, fait un déballage d’une rare intensité.  Sept mois après, le même débat resurgit sur la place publique.
Des enregistrements audios de Moustapha Cissé Lô font subitement leur apparition sur les réseaux sociaux. Sans que personne ne puisse déterminer de manière exacte à quand remontent les insultes proférées vraisemblablement au cours d’un entretien téléphonique ou via Whatsapp. Les audios sont-ils actuels ? Tout ce qu’on sait, c’est qu’ils apparaissent au lendemain d’un entretien accordé à Seneweb par le député Farba Ngom. Entretien au cours duquel ce dernier dit détenir des enregistrements injurieux de son “ami” Cissé Lô. Des enregistrements qui vont finalement se retrouver sur la place publique avec un subtil montage où on n’entend que le tonitruant député et ses insultes. Des parties ont dû être effacées pour qu’on n’entende que lui. Alors, sans se poser de questions, le chef de l’Apr instruit sa commission de discipline. Moustapha Cissé Lô n’a pas attendu le sabre. Il a déjà annoncé sa démission de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale et soutient avoir fait le choix de rester simple député et simple militant de l’Apr.
Dans cette affaire sordide de proférations d’insultes, les unes aussi désolantes que les autres, Il faut surtout souligner que le monde politique n’est pas si policé qu’il laisse apparaître sur les plateaux-télé. C’est une jungle en miniature avec ses hyènes, ses loups, chacals, lions, panthères et zèbres, etc sous des visages humains. Mais au fond, c’est en réalité une conversation privée qui a été transportée sur l’espace public. Celui qui l’y a transportée, est même plus fautif que celui qui a proféré ces insultes immondes.
En activant si rapidement la commission de discipline de son parti, Macky Sall veut en fait prouver qu’il garde encore une certaine autorité sur ses troupes. Il va certainement lui falloir couper d’autres têtes, notamment celles de ceux qui ont balancé les audios insultants sur les réseaux sociaux, si en tout cas il veut se montrer juste avec ses franc-tireurs. Mais Yakham, celui qui a le plus subi de dégâts dans cette affaire, ne va pas attendre cela, ainsi qu’il l’a fait savoir dans Walf Quotidien  : « Comme le procureur ne s’est pas autosaisi, il sera saisi ce matin. Je ne compte pas sur mon parti pour des réparations. Moi, le Zorro défendant tête baissée le camp auquel il appartient contre les ennemis du dedans et du dehors, c’est fini ! Tout se passe comme si l’honneur de la Première Dame vaut plus que celui de ma mère. Cissé Lo devait être arrêté depuis longtemps ; il urge de trouver les moyens de l’arrêter. »
L’APR, toujours l’APR avec ses échappées solitaires ! Cette fois ci, il s’agit du très médiatique Karim Fofana qui ne rate jamais l’occasion d’embarquer les caméras avec lui lorsqu’il s’agit d’une opération de désencombrement ou d’aménagements paysagers.  Il s’est en tout cas bien perdu la semaine dernière dans ses effets d’annonce en voulant raser les alentours du marché Sandaga, en ces veilles de fête de Tabaski qui profilent à l’horizon. Une annone qui a révélé de sa part, un manque notoire de tact dans un contexte d’économie bien morose post Covid où ces marchands attendent la Tabaski pour se refaire une santé. Mais heureusement que le ministre de l’Intérieur a vite corrigé l’empressement du jeune ministre et a préféré renvoyer l’affaire à l’après Tabaski. Karim Fofana, voici un ministre qui nous a habitués à des sorties bien populistes pour des activités de désencombrement et d’aménagements paysagers qui devaient être plutôt dévolues à un préfet ou aux forces de l’ordre ou encore à un GIE. Des actions souvent circonscrites dans Dakar et ses alentours immédiats. Pourquoi la banlieue et les régions ne devraient pas être concernées, si tant est que ces actions sont destinés à la collectivité nationale ? D’aucuns prétendent qu’il a Dakar dans son viseur. Mais il devrait surveiller ses arrières car El Pistolero veille. Le ministre était présent sur le plateau. Le flingueur en chef s’en est récemment pris à Diouf Sarr. Celui-ci a déclaré via Seneweb qu’il ne lui répondra pas. Moustapha Cissé Lo ne veut pas qu’on touche un seul cheveu d’Amadou Ba ainsi qu’on peut l’entendre sur cet audio. Et pendant ce temps Moussa Sy des Parcelles, fief de ce dernier, est bombardé PCA du port avec un beau pactole à la clef. Une situation qui augure de la rude bataille de Dakar avant l’heure.
Le pays est en tout cas sens dessus, sens dessous. Aby Ndour s’attaque à Pierre Goudiaby. Celui-ci lui aurait fait des propositions indécentes. Le tout dans un contexte d’occupation illégale d’espaces et de bradage du littoral dont l’architecte a fait sa croisade depuis belle lurette. Dans cette affaire aussi, c’est le déchaînement sur les réseaux sociaux et une avalanche de critiques contre Pierre Goudiaby. Se sont-ils demandé si ces accusations sont vraies ou fausses ? L’architecte a proposé d’offrir des miroirs à la frangine de Youssou Ndour mais aussi envisage de l’attaquer en justice. Dans cette affaire, c’est tout simplement une parole contre une autre.
La terre. Encore et encore la terre ! L’ouragan Dingueler s’est abattu sur Babacar Ngom de la Sedima après celui du club des investisseurs du Sénégal, à tel point que certains se demandent si on n’a pas affaire à un complot de plus dans un pays où les cabales sont désormais devenues la norme. En tout cas, cette affaire est du pain béni pour les activistes qui se sont rués dessus comme des meurt-de-faim. Dans la médiatisation de la contestation, c’est un vieux d’un âge assez avancé qui est mis en scène pour dénoncer une affaire d’accaparement de terres de ce terroir par la Sedima. De quoi toucher le cœur des Sénégalais et réveiller leurs émotions. Mais heureusement Moustapha Diop dans une interview sur Walf tv a tenu à rétablir l’équilibre dans une affaire où jusqu’à un certain moment, la version de la Sedima n’avait pas encore été entendue. Le DGA de la Sedima a livré sa version.
Se pose dès lors la question de légalité de mais aussi de sa légitimité de posséder des terres qui seraient à la base, propriété des villageois. Si aux Almadies par exemple, le m² coûte 1 million, les terres attribuées à de futurs acteurs de l’agrobusiness qui vont vouer leurs productions à l’export, devraient-elles être cédées à une valeur moindre et dérisoire comparée aux Almadies. Peut-on exploiter ces terres en dehors des agriculteurs ? Il est plutôt question d’une responsabilité sociétale à assumer et qui consisterait ni plus, ni moins à rehausser le niveau de vie de ces terroirs en termes d’infrastructures (écoles, santé, espaces de vie) mais surtout en termes d’emploi. Dans un contexte où ces terres devaient être cédées à ces exploitants avec l’accord des autochtones, pourquoi ne pas envisager par exemple de donner une part du capital de l’exploitation aux populations  ? Il ne s’agit point de tomber dans l’angélisme, mais plutôt de voir les voies et moyens de faire profiter les populations, des richesses de leurs terroirs. La solution ne réside pas non plus dans le fait de traîner dans la boue, un des rares capitaines d’industrie sénégalais dont le pays devrait être fier pour avoir accompli un travail monumental et créé beaucoup d’emplois.

Abdoulaye Makhtar Diop a son opinion sur la question. Il a tout simplement tenu à dédouaner à « Grand Jury » de la RFM, le président Sall en incriminant vaille que vaille le maire de cette commune. « La responsabilité du maire est engagée. Comment un maire peut-il donner 300 ha à Babacar Ngom ? S’il n’y avait pas cette délibération, le chef de l’État n’allait pas signer ce décret », a fait savoir l’ancien ministre des Sports. A en croire le vice-président de l’Assemblée nationale, un simple bail pourrait régler la situation. « Il aurait suffi d’accorder un bail à Sedima. Si au bout de quelques années, il ne réalise pas son projet, les terres lui seront retirées », a-dit le grand Serigne de Dakar.

Le covid 19 semble en tout cas bien relégué au second plan pendant qu’il poursuit tranquillement sa route et multiplie ses victimes parmi lesquelles des célébrités. Les cas se multiplient. Les cas graves aussi, mais la population demeure toujours aussi insouciante face au péril qui mine la société, insidieux et qui fait des victimes, des ravages que l’on préfère passer sous silence. Il y a longtemps que le gouvernement a abandonné les citoyens à leur propre sort. Une situation qui a bien indisposé le khalife des Tidianes qui n’avait pas manqué de transmettre son courroux au président via Diouf Sarr. Le Professeur toujours égal à lui-même a encore alerté sur la RTS  : « Le nombre de cas graves et les décès vont augmenter, parce que le virus a fini d’envahir tout le pays, être âgé et porteur d’une comorbidité est devenu un grand risque maintenant ». Selon le chef du service des maladies infectieuses de Fann, « le nombre de cas augmente, la pandémie n’est pas terminée au Sénégal, même si certaines personnes pensent le contraire. On ne peut pas prédire l’avenir avec la massification des cas communautaires. Avec les cas communautaires, être âgé et avoir une comorbidité est devenue dangereux au Sénégal. Il y a une tension réelle sur le nombre de lits disponibles, il faut toujours dire la vérité, quoiqu’il arrive », a prévenu le Professeur.

Installation des grandes surfaces à Kaolack, Serigne Mboup : “Auchan a l’autorisation de construire et celle de s’installer…”

https://www.dakaractu.com Après les multiples sorties médiatiques de certaines personnalités sur l’installation des grandes surfaces à Kaolack dont Auchan, le président de la chambre de Commerce de Kaolack et patron du ” Coeur de Ville” qui est le complexe qui doit accueillir ce magasin, est sorti de son silence pour communiquer sur cette affaire.
Lors d’un face-à-face avec la presse de Kaolack, Serigne Mboup est revenu sur son contrat avec cette grande surface et l’autorisation de construire qu’il a décrochée pour cette société, ainsi que l’autorisation de s’installer dans ce complexe accordée par le comité régional.Une affaire à suivre…

PROCÈS INIQUE ET NOUVELLE GUERRE EN CASAMANCE Par Diagne Fodé Roland

Quatre présidents qui ont échoué à régler démocratiquement la question nationale casamançaise
L‘état de ni guerre ni paix qui semblait en vigueur ces dernières années est rompu. Les échanges de tirs et pilonnages d’artillerie se font à nouveau entendre en Casamance au moment même où se déroule le procès du journaliste et écrivain René Capin Bassène et Oumar Ampoï Bodian du MFDC détenus sans preuve depuis plus de 2 ans dans les geôles de l’Etat néocolonial du Sénégal
La Direction de l’Information et des Relations Publiques (DIRPA) de l’armée sénégalaise diffuse l’information suivante : “nous sommes en opération visant à sécuriser le retour des populations souhaitant retrouver leur foyer après leur refuge de plusieurs décennies en Guinée Bissau et en Gambie” .
Dans un silence assourdissant du gouvernement libéral néocolonial, des sources indiquent que des soldats, fils du pays, seraient tombés dans une embuscade de l’armée du MFDC (Atika). Notre armée nationale aurait franchi les frontières gambiennes avant de s’y voir chassée par les populations de villages de ce pays frères voisins.
Des jeunes de plusieurs localités – Goudomp, Samine, Bindialoum, Diattacounda, Boussoloum, Fanda, Niadio et Tanaff – auraient protesté contre les activités militaires déclarant que “Les Sénégalais pensent qu’à leurs propres intérêts, au détriment des nôtres sans recherche de réciprocité. L’intervention militaire ne répond pas aux causes profondes de cette sale guerre qui est imposée en Casamance en 1982. Et il n’ y a aucune volonté politique pour stopper la déstabilisation de la région ce qui contribue à la maintenir dans le sous-développement. Cette idée que le Sénégal cache des choses sur le fondement de ses opérations de pilonnage et de ratissage est très répandue. Nos villages ne peuvent pas être pris en otage et servir de base arrière contre nos propres frères du Mfdc qui sont eux hors des villages“.

Tous les chefs d’état de notre pays – Senghor, Diouf, Wade, Sall – ont jusqu’ici usé en vain de la répression, de la guerre et/ou de la corruption pour vaincre le MFDC.

Il n’y a rien qui fait plus mal que nos gouvernants néo coloniaux agissent en notre nom en Casamance comme l’ont fait les colons français.
Aucun patriote, aucun Panafricaniste, aucun révolutionnaire internationaliste surtout communiste Sénégalais(e) ne peut tolérer et accepter l’absurde guerre dont le sens profond est que les gouvernements néo coloniaux de notre pays ne considèrent pas, au fond, les Casamançais comme des Sénégalais à part entière, mais plutôt comme des Sénégalais entièrement à part.
Il est temps d’arrêter ce cycle meurtrier multi décennal d’une pacification militarisée qui ne fait s’éloigner, au fil des morts de part et d’autre, l’union Sénégal – Casamance d’une optique d’unité démocratique africaine.

1982–2020 : 38 ans d’alternance de guerre fratricide et de ni paix ni guerre, ça suffit!

C‘est en décembre 1982 que le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC), né le 4 mars 1947 à Sédhiou sous le leadership de feu Victor Diatta,  a réveillé, après un long sommeil,  sa revendication d’indépendance de la Casamance.
Cet embrasement indépendantiste, notre regretté Assane Samb le décrivait ainsi dans l’éditorial intitulé “CASAMANCE  : QUEL POINT DE VUE ?” :  Le 26 Décembre 1982, une manifestation pacifique réclamant l’indépendance de la Casamance est sévèrement réprimée à Ziguinchor par le gouvernement de Diouf, des centaines d’arrestations sont opérées, suivies de séances de tortures et procès à l’issue desquelles des personnes soupçonnées de sympathie pour le mouvement indépendantisme seront condamnées à de lourdes peines. Parallèlement, le gouvernement a organisé une campagne pour minimiser les événements en présentant les manifestations comme ”une poignée de Diolas qui ont un goût prononcé pour le particularisme”. Autour des sacro-saints principes de ”l’intégrité du territoire” et de ”l’unité nationale”, la quasi-totalité de l’opposition sénégalaise, tout en réprouvant les ”méthodes brutales” s’est alors coalisée avec le gouvernement dans le rejet de la revendication indépendantisme. Le 18 Décembre 1983, une foule immense , avec les femmes en tête, riposta aux ”autorités dakaroises” en attaquant le palais de la gouvernance à Ziguinchor. Le gouvernement réagit à nouveau par la répression, les arrestations et tortures, procès et emprisonnements. A nouveau une campagne de dénigrement du mouvement indépendantisme est organisée et à nouveau l’opposition rejette la ”revendication séparatiste”. Pour couper l’herbe sous les pieds du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC), porte-drapeau de la revendication d’indépendance, le régime de Diouf découpe la Casamance en 2 régions administratives  : la région de Ziguinchor en Basse Casamance qui serait le fief des Diolas, et la région de Kolda. Le mouvement a alors connu une période de repli, période pendant laquelle les arrestations, tortures, procès et emprisonnements de personnes supposées appartenir au MFDC ont continué. Dans toute la Casamance, le dispositif répressif est renforcé, une base navale est construite à Elinkine, en collaboration avec l’impérialisme américain. Cette période sera aussi marquée par certaines actions des combattants du MFDC contre les positions de l’armée sénégalaise, actions sur lesquelles le gouvernement et toute la presse gardent le silence” (Ferñent/L’Etincelle N°65 Novembre 1990)
Les arrestations, les tortures, l’exil forcé des populations, les mandats d’arrêts visant les dirigeants extérieurs et intérieurs, les régionalisations administratives pour invisibiliser le nom Casamance, l’argent pour corrompre ont pu semer la zizanie au sein des combattants rebelles, mais ne sont pas arrivés à mettre fin à la rébellion indépendantiste en Casamance. Il ne sert à rien d’éluder un problème posé et à résoudre.

La résistance casamançaise a un fondement historique

Notre regretté Birane Gaye expliquait ainsi les origines historiques de la résistance séculaire en Casamance contre le colonialisme et le néocolonialisme :
Le mouvement Indépendantiste casamançais qui se réveille aujourd’hui a de profondes racines dans plus de 300 ans de résistance au colonialisme, à l’oppression nationale impérialiste. C’est en 1645 que les colonialistes portugais ont installé leur premier comptoir à Ziguinchor en Casamance. Le 12 Mai 1886, aux termes de la Convention franco-portugaise de Paris, et après que la conférence impérialiste de partage de l’Afrique de Berlin ait reconnu les ”droits” du Portugal sur la Casamance, celui-ci cède ces prétendus ”droits” à la France, en échange du territoire de Rio de Cassini au Nord de la Guinée et de droits de pêche à Terre-Neuve au large du Québec. Les premières résistances se sont immédiatement développées. Lorsque la France prend possession de Ziguinchor le 22 Avril 1888, le chef de village est destitué pour avoir refusé de faire acte d’allégeance à la France. La Résistance Casamançaise n’a cessé de se développer à partir de ce moment y compris par les armes. On peut citer des noms de résistants et résistantes célèbres comme Sinkari Camara, Fodé Kaba, Sihalébé Diatta, Aloendiso Bassene, Alinsitowé Diatta, etc… Les masses casamançaises sont entrées dans la résistance active au colonialisme, et particulièrement contre la conscription lors des deux guerres. Et chaque fois leurs mots d’ordre ont été  :
” LA CASAMANCE AUX CASAMANÇAIS !”, ” INDÉPENDANCE DE LA CASAMANCE !” (Ferñent/L’Etincelle N°4 , Décembre 83 -Janvier 1984).
Et dans une déclaration commune sur la question nationale casamançaise avec nos camarades du journal Sanfin du Mali, nous expliquions : “Dans le tracé arbitraire des frontières, les impérialistes ont divisé des peuples qui vivaient avant dans une entité territoriale commune avec leurs us et coutumes. Le tracé des frontières se faisait même parfois de façon à passer délibérément au beau milieu du territoire d’un peuple donné, pour le diviser et mieux asseoir l’oppression impérialiste. C’est ainsi qu’en ce qui concerne la Casamance, on retrouve une partie du peuple de Kasa rattachée par les colonialistes au Sénégal, et une partie à la Guinée-Bissau (d’où le fait bien connu que la Casamance a été une importante base arrière du PAIGC). Les impérialistes ont rattaché une partie de chaque peuple divisé à un territoire”nouveau”, l’obligeant à un voisinage avec d’autres peuples. Ainsi, à l’intérieur de la majorité, sinon la quasi-totalité des États semi-coloniaux d’Afrique aujourd’hui vivent de fait plusieurs peuples asservis. Les États semi-coloniaux d’Afrique sont de fait des États multinationaux tout comme le sont des États d’Europe et l’était la Russie tsariste, où une nation dominait d’autres fragments de nations, en alliance avec les grandes puissances impérialistes. En Afrique, les impérialistes, particulièrement en rapport avec le processus vers l’indépendance politique, ont appliqué cette politique que Staline a défini comme ”un vieux système spécial de gouverner, où le pouvoir bourgeois attire à soi certaines nationalités, leur accorde des privilèges, tandis qu’il abaisse les autres nations, ne voulant pas s’en embarrasser” (idem).
Sont de vrais annexionnistes, les panafricanistes qui refusent de prendre en compte à la fois les politiques coloniales de balkanisation de l’Afrique, l’histoire décolonisée des résistances africaines et la complicité passée et actuelle des bourgeoisies néo coloniales africaines dans les conflits du type de ce qui existe en Casamance.
L‘Erythrée et l’Ethiopie se sont séparées malgré le fait que les deux mouvements révolutionnaires ont combattu la dictature militaire et avant la monarchie ainsi que la domination impérialiste. Le Sahara réclame son indépendance du Maroc annexionniste en raison de son histoire propre de lutte pour l’indépendance contre la colonisation espagnole.
La guerre fratricide est la pire des solutions parce que cela participe du diviser pour mieux régner de l’impérialisme et de ses valets néo coloniaux de chez nous au regard de la perspective de l’unité africaine des peuples libres d’Afrique.

La guerre et l’ingérence dans les affaires internes des peuples frères voisins

La guerre contre le MFDC en Casamance s’est peu à peu invitée dans la politique extérieure des gouvernements successifs de notre pays vis à vis de la Gambie et de la Guinée Bissau.
En Gambie, l’ingérence dans les affaires internes s’est manifestée ouvertement par deux fois : en 1981 par l’intervention militaire contre Kukoy Samba Sagna suivie de l’imposition militarisée de la “confédération sénégambienne” qui éclata sous la poussée indépendantiste du peuple gambien et récemment le départ forcé de Jammeh sous menace d’invasion militaire et l’adoubement de l’actuel président gambien qui s’est intronisé à Dakar avant de s’installer à Banjul.
En Guinée Bissau, l’épisode de l’intervention militaire sénégalaise de 1998, dont on ne sait officiellement jusqu’ici aucun bilan des pertes de notre armée nationale ni des victimes, et le soutien déclaré à l’intronisation de l’actuel président autoproclamé dans un hôtel en lieu et place de l’Assemblée Nationale contre le PAIGC. La reprise des activités des narcotrafiquants dans ce pays instable est le signe des liaisons dangereuses françafricaines que nouent le pouvoir néocolonial de notre pays à l’extérieur.
L‘ingérence directe ou indirecte de nos gouvernants néo coloniaux s’est aussi manifestée lors de “l’opération persil” fomentée par l’impérialisme français pour saboter par des faux francs guinéens la sortie de la Guinée du NON à la “communauté française” du franc CFA colonial et lors de l’attaque de Conakry en 1970 par les fascistes portugais et les mercenaires guinéens de la “cinquième colonne” en pleine guerre de libération nationale du PAIGC.
Nos régimes semi-coloniaux au Sénégal accumulent ainsi, en notre nom, des contentieux inacceptables avec les peuples frères de Gambie et de Guinée Bissau.
Nous ne pouvons et ne devons rester indifférents face à ces obstacles coloniaux et néo coloniaux sur le chemin de la réalisation d’une Afrique libre, indépendante et unie.

La solution est l’union libre des peuples libres

Ne regrettons nous pas l’absence voulue par le donneur d’ordre impérialiste français des dirigeants politiques de notre pays (Senghor, Lamine Gueye, Mamadou Dia) au congrès de fondation du RDA en octobre 1946 ? Pourquoi à ce congrès seul était présent Victor Diatta, fondateur du MFDC le 4 mars 1947 dans l’esprit de l’appel de Bamako du RDA ? Ne voyons nous pas le désastre qu’a été le sabotage de la Fédération du Mali par nos dirigeants (Senghor, Lamine Gueye, Mamadou Dia) sous l’hospice de la balkanisation voulue par le maître colonialiste français ? Avons nous conscience que notre beau pays, le Sénégal, a été la porte d’entrée de la conquête coloniale française en Afrique, que les “tirailleurs sénégalais” commandés par des officiers français ont été la masse des soldats qui ont conquis par les armes “l’empire colonial français d’Afrique” ?
Il y a pas pire humiliation que Blaise Diagne ait recruté des “tirailleurs” africains pour les soi-disant “droits des évolués des 4 communes”, que L. S. Senghor ait pu proclamer que “l’émotion est nègre et la raison hellène”, que Wade ait pu être le seul président africain à se rendre à Benghazi pour trahir Kadhafi et l’UA, que Macky ait pu dire que ” les tirailleurs sénégalais avaient des desserts…il faut tout donner aux français”.
Heureusement que nous autres Sénégalais pouvons aussi comptabiliser des hommes et des femmes qui ont incarné l’esprit de résistance contre l’esprit de soumission volontaire à l’oppression coloniale et néocoloniale : El Hadj Oumar, Lat Dior, Mamadou Lamine Dramé, Cheikh Ahmadou Bamba, Malick Sy, le communiste Lamine Arfan Senghor, Ibrahima Sarr, Cheikh Anta Diop, les militants communistes connus ou inconnus du PAI, Moussa Diop Jileen, Ndongo Diagne, Birane Gaye Mbol, Assane Samb, etc, tout comme les Casamançais sont fiers de Aloendiso Basséne, de Sihabélé Diatta, Alin Sitoé Diatta, du MFDC, de sa branche armée Atika, de Victor Diatta, de l’Abbé Augustin Diamancoune, du NON majoritaire en Casamance au référendum de 1958 sur la “communauté française”, etc.
Peut-on continuer à se taire au Sénégal sur cette tragédie fratricide qui voit des populations casamançaises et des soldats de notre armée nationale mourir dans cette sale guerre, la déforestation de l’écosystème environnemental par la guerre et le pillage du bois et des forêts sacrées et classées de la belle Casamance ? Quelle unité peut-on vraiment espérer dans ces conditions entre nous autres Sénégalais et ceux et celles en Casamance qui ne se reconnaissent pas Sénégalais ?
Même si droit au divorce ne signifie pas automatiquement l’obligation de divorcer, il faut rappeler que “Des communistes africains, Lamine Senghor (Sénégal) et Tiémoko Garang Kouyaté (Mali) , qui étaient en relation avec l’Internationale communiste ont défendu cette position. Ils ont prévu que l’indépendance politique formelle que les impérialistes pouvaient concéder ne résoudrait pas le problème de l’unité des différents peuples que les impérialistes ont ”forcé au mariage” dans un cadre territorial artificiellement créé après les avoir divisés et encore moins l’unité de tous les peuples d’Afrique. C’est ainsi qu’en ce qui concerne le Sénégal, Tiémoko Garang Kouyaté a lancé un ”Appel aux peuples du Sénégal et du Soudan” dans lequel on peut lire : ” Nous luttons pour le droit DES PEUPLES du Sénégal à disposer d’eux-mêmes en rendant le Sénégal indépendant de l’empire français et en formant un État national indépendant DES PEUPLES du Sénégal selon LES PRINCIPES FÉDÉRATIFS PAR L’ALLIANCE LIBRE DES PEUPLES LIBRES”. C’est cette position que nous devons mettre de l’avant aujourd’hui, comme la seule position démocratique conséquente, la seule position de lutte contre les frictions nationales, pour une union librement consentie des peuples d’Afrique. Il faut soutenir énergiquement le droit de chacun des peuples ”unis” par la force avec d’autres par les impérialistes à disposer de lui-même. Il faut soutenir énergiquement la complète liberté de séparation des nationalités opprimées” (idem).

Il doit être dit clairement que le droit à l’autodétermination de la Casamance est indiscutable sur le plan historique, géographique, démographique, culturel et politique. Ce qui en soi n’est nullement incompatible avec l’objectif de l’unité panafricaine des peuples libres.

C‘est ce que nous expliquons en ces termes lors de notre hommage à feu l’Abbe Diamancoune le 15 janvier 2007 : “Aux panafricanistes qui prétextent « l’intangibilité des frontières » nées de « la balkanisation de l’Afrique » par le charcutage colonial qui a, à la fois, séparé et uni les peuples africains sans leur demander leur avis pour les besoins prédateurs du partage colonial de l’Afrique, Diamancoune Senghor répondait à juste titre : « Laissez les partir, ces Casamançais, pour mieux se retrouver peut-être avec le temps dans une situation plus claire, plus naturelle et plus équilibrée » (Ferñent N°65 de novembre 1990 qui cite Xarébi N°30, p.4).
Le traitement colonial et néocolonial de la question nationale casamançaise est non seulement une faillite politique, économique et militaire, mais montre aussi à suffisance que les Casamançais(e)s sont des “Sénégalais entièrement à part” pour les régimes PS et libéraux semi-coloniaux qui se sont succédé jusqu’ici.
L‘évolution nouvelle est l’avènement progressif d’une alternative patriotique, panafricaine qui envisage une discussion franche avec le MFDC dont le premier acte ne peut être que d’abord stopper la guerre et les tentatives de corruption en vue de diviser pour mieux régner, ensuite l’abrogation sans aucune condition des mandats d’arrêts contre les dirigeants intérieurs et extérieurs du MFDC.Il est clair que ces préalables sont indispensables pour rétablir la confiance.
En cas de blocage dans les éventuelles discussions,  la voie pour aller vers la solution de la question casamançaise à ne pas exclure est l’organisation d’un référendum en Casamance co-organisé par l’Etat du Sénégal et le MFDC. Mieux vaut cela que les armes entre frères et soeurs.
Voilà une espérance à ne pas décevoir et qui doit absolument accélérer la prise de conscience populaire et électorale de la nécessité de débarrasser le pays des laquais bourgeois néo coloniaux libéraux et sociaux libéraux sur le chemin de l’union libre des peuples libres d’Afrique.5 Juillet 2020

LES UNIVERSITÉS ROUVRENT LE 1ER SEPTEMBRE

http://www.emedia.sn Les portes des universités du Sénégal, fermées à cause de la pandémie du coronavirus, rouvrent le 1er septembre prochain. La révélation est faite, par le ministre de l’Enseignement supérieur et des Recherches, Cheikhou Oumar Hann, invité de l’émission objection sur Sud Fm. Toutefois, précise-t-il, contrairement à l’élémentaire, le moyen et le secondaire où seuls les élèves en classe d’examen sont retournés à l’école, la reprise universitaire concerne tous les étudiants, sans exception. « Le 1er septembre 2020 toute la communauté universitaire nationale va reprendre les cours en présentiel », a annoncé le ministre, rassurant que toutes les dispositions nécessaires seront prises pour qu’à défaut d’éliminer les risques de contamination, les réduire et se rapprocher autant que faire se peut du risque zéro. « La fin de l’année universitaire est fixée au 31 décembre 2020 », a fait savoir le ministre.
S’agissant du quantum horaire, il informe qu’il sera respecté. « Au mois de mars, quand on arrêtait les cours on avait terminé les enseignements du premier semestre dans presque toutes les universités sauf à l’université de Ziguinchor et une partie de l’université du Sine-Saloum. Il restait 2 à 3 semestres dans certaines filières pour finaliser. Si on démarre le 1er septembre, puisqu’on a prévu de terminer le 31 décembre 2020, entre septembre et décembre, s’il n’y a pas de grands bouleversements, on aura suffisamment de temps pour terminer », a rassuré le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Alerte : le coronavirus se transmettrait par l’air

https://www.financialafrik.com Le Coronavirus se transmettait par l’air selon les travaux de 239 scientifiques issus de 32 pays. “Le virus de la covid-19 se transmet par de minuscules gouttelettes qui peuvent traverser une pièce…”, indique New York Time, évoquant la lettre ouverte transmise à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Au début de l’épidémie, celle-ci avait, rappelons-le, écarté toute possibilité d’une transmission du virus par l’air. Dans des documents datant du 29 juin, l’institution en charge de la Santé estimait que la transmission du virus dans les airs n’est envisageable que lors de procédures médicales générant des aérosols (des pulvérisations de particules dans les airs), comme des intubations, des bronchoscopies ou encore des réanimations cardio-pulmonaires
Les scientifiques demandent à l’OMS de modifier ses recommandations en tenant compte de la nouvelle donne, selon le New York Times. Pour le groupe des 239, le risque de contamination serait surtout plus élevé dans des espaces clos, surpeuplés, mal ventilés, où plusieurs personnes sont en contact rapproché pendant une longue durée.  Albert Savana

Coronavirus : l’Afrique résiste mieux que prévu et oblige les “experts” de l’OMS à revoir leurs copies

https://www.financialafrik.com Ni sur le taux d’infection, encore moins sur la mortalité, le continent africain n’est proche des prédictions alarmistes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui évoquait une situation désespérée eu égard à une faible capacité sanitaire des pays situés entre le Caire et le Cap.
“Mon continent devrait se réveiller”, lançait Tedros Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le 18 mars, dans une prédiction qui relève plus du ressenti que des statistiques et reprise en choeur par les grandes ONG et les organisations internationales dont l’ONU. “Je crains qu’on aura en Afrique des millions et des millions de personnes infectées et même si la population est plus jeune qu’au Nord, dans les pays le plus développés, il y aura nécessairement des millions de morts», déclarait Antonio Guterres sur RFI, le 28 mars 2020.
Mais au 4 juillet, il convient de le dire, l’Afrique est relativement épargnée comparée aux Etats Unis qui comptent 2, 8 millions de cas et 131 732 décès dus au covid-19 ou à l’Europe, zone la plus touchée en termes de décès. Derrière, le Brésil de Jair Bolsonaro est le deuxième pays le plus affecté du monde avec 1, 6 million de personnes positives au covid-19 et 64 365 décès , devant la Russie (681 251 cas; 10 161 décès), l’Inde (673 165 infections; 19 268 décès) et le Pérou (299 080 infections; 10 412 décès).
Le pays africain le plus touché, l’Afrique du Sud, présente 187 977 cas et 3 026 décès, devant l’Egypte, avec 74 035 cas, 3 280 décès ). Viennent ensuite le Nigeria (28 167 cas, 634 décès), le Ghana avec 20 085 cas et 122 décès, l’Algérie (15 500 cas, 946 décès), le Maroc ( 14 132; 234 décès), le Cameroun (13 711; 328 décès), la Côte d’Ivoire (10 462 infections; 72 décès), RD Congo (7 411 cas; 182 décès), le Sénégal (7 272 cas, 25 décès). Ce top ten africain montre un taux de mortalité relativement faible sur la terre de Lucie, ce qui donne lieu à beaucoup d’interprétations par rapport à une immunité liée aux anti-paludéens comme la chloroquine d’usage en Afrique tropicale, zone encore plus épargnée que les régions tempérées du continent (Afrique du Nord et Afrique Australe).
Au 4 juillet, l’Afrique comptait 463 075 cas positifs, 11 084 décès, 11 084 guérisons et 222 010 malade encore hospitalisés. Dans le monde, l’on dénombre 11, 3 millions d’infections et 531 659 décès. L’Afrique qui compte 18, 5% de la population mondiale, concentre 4% des infections au covid-19 et 2% des décès. Ce relatif “mieux” ne doit pas faire oublier le fait que la maladie est en accélération ces dernières semaines. L’Afrique du Sud a enregistré 10 000 nouvelles infections en 24 heures. C’est dire de la nécessité de maintenir les gestes barrières et d’appliquer les mesures de distanciation sociale, rempart efficace en l’absence de traitement prouvé et dans l’attente d’un vaccin.  Albert Savana

« 85% DES MALADES DÉCÉDÉS SONT ARRIVÉS TARDIVEMENT À L’HÔPITAL »

http://www.emedia.sn Le professeur Moussa Seydi s’est prononcé sur les cas de décès liés à la Covid-19 qui s’accroissent quotidiennement. Selon lui, une bonne partie des malades admis en réanimation n’ont pas été consultés précocement. « Nous avons constaté que 85% des patients décédés sont arrivés à l’hôpital dans un état grave », a fait remarquer Professeur Seydi, coordonnateur national de la prise en charge des malades de la Covid-19 au Sénégal.
En effet, l’explosion des cas graves n’ont pas surpris les spécialistes car, soutient Professeur Seydi, interrogé par Le Soleil  : « C’est une question logique. Au plan statistique, il y a toujours 5% de cas critiques et 20% de malades dans un état sévère. Donc, plus les malades augmentent, plus nous aurons ceux qui nécessiteront une prise en charge dans les services de réanimation ».
Pour réduire les cas graves, Pr. Seydi a recommandé le respect strict du port de masque en public, la distanciation physique, le lavage régulier des mains et les consultations dès la suspicion des signes apparents aux symptômes de la Covid-19.

Covid-19 : ” Les cas vont augmenter, les décès aussi”, Pr Seydi

Le nombre de cas augmente, la pandémie n’est pas terminée au Sénégal, même si certaines personnes pensent le contraire, estime le Chef du Service des Maladies infectieuses de l’hôpital Fann, Pr Moussa Seydi.
Selon Pr Moussa Seydi, on ne peut pas prédire l’avenir avec la massification des cas communautaires. Avec lesquels, être âgé et avoir une comorbidité est devenu dangereux au Sénégal.
“Il y a une tension réelle sur le nombre de lits disponibles, il faut toujours dire la vérité, quoi qu’il arrive. Le nombre de cas graves et les décès vont augmenter, parce que le virus a fini d’envahir tout le pays, être âgé et porteur d’une comorbidité est devenu un grand risque maintenant”, déclare Pr Moussa Seydi sur la Rts.
A ce jour, le Sénégal comptabilise 7 400 cas de covid-19, dont 4 870 guéris, 133 décès et 2 396 sous traitement dans les différents centres de traitement.Senego

78 nouveaux cas dont 26 communautaires, 39 guéris, 3 décès, 2432 personnes sous traitement

 iGFM-(Dakar) Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a informé ce lundi 6 juillet que le Sénégal a enregistré 78 nouveaux cas de contamination au Covid-19 dont 34 cas issus de la transmission communautaire. Le ministère a également précisé que 39 patients sont déclarés guéris.
«Sur 838 tests réalisés, 78 sont revenus positifs. Il s’agit de 52 cas contacts suivis par les services du ministère de la Santé, 26 cas issus de la transmission communautaire. Par ailleurs, patients sont testés négatifs et déclarés guéris. Quarante-quatre (48) cas graves sont également pris en charge dans les services de réanimation de l’hôpital de Fann et de l’hôpital principal de Dakar. Trois (3) nouveaux  décès liés à la covid-19 ont été  enregistrés ce samedi 4 juillet. L’état de santé des patients hospitalisés dans les hôpitaux évolue positivement. A ce jour, le Sénégal a enregistré  7478 cas positifs à la Covid-19 dont 4909 guéris, 136 morts, 1 évacué et 2432 personnes sont encore sous traitement», a déclaré le Directeur de la prévention du ministère de la santé, El Hadji Mamadou Ndiaye.

Covid-19 au Maroc : plusieurs Sénégalais mis en quarantaine dans des centres de détention

https://www.pressafrik.com Plusieurs Sénégalais sont, depuis quatre (4) mois, détenus des centres de détention à l’Alyoum, dans le sud du Maroc. La raison officielle, une mise en quarantaine pour éviter qu’ils propagent le coronavirus. Une situation que déplore le médiateur pour la santé des migrants de l’Alyoum, Pape Babacar Ndiaye qui informe que ces Sénégalais ont été testés négatifs.
« L’état d’urgence était décrété au Maroc après ils ont fait des arrestations des migrants particulièrement les Sénégalais. Depuis 4 mois, ils ont été arrêtés et on leur a dit qu’ils vont les placer en quarantaine et après quatorze (14) jours, ils seront libérés mais les Marocains ne l’ont pas fait », a expliqué M. Ndiaye.
Qui déplore : « Ça fait plus de 4 mois que ces personnes sont dans des centres d’urgence de détention. Une deuxième vague c’est ensuite retrouvé à l’Alyoum. Selon des Marocains, ce sont ces migrant-là qui ont amené le coronavirus dans le pays ».
A en croire Pape Babacar Ndiaye, les tests effectués sur ces migrants sont revenus négatifs. Mais, « sur le papier les marocains ont ajouté positif en stylo », se désole-t-il.
Pis, informe-t-il sur la Rfm, les personnes dont on dit qu’elles ont le virus n’ont pas été amenées à l’hôpital, elles sont été retenues dans les centres de détention depuis plus de 15 jour. « De temps à autre, on leurs donne des médicaments mais ils refusent de les boire ».
Se faisant dans l’accusation, Pape Babacar Ndiaye renseigne que ces Marocains sont en complicité avec une personne du Consulat du Sénégal au Maroc qu’ils présentent aux détenus comme le représentant du Consulat.Aminata Diouf

Covid-19, briser la rampe mortelle Par Mary Teuw Niane

Le nombre de cas graves a doublé en quinze jours. La quinzaine qui vient de s’écouler a mis en évidence un nombre quotidien croissant de cas graves avec une petite fluctuation entre le vendredi 26 juin et le dimanche 28 juin 2020. La première semaine de cette quinzaine a vu les cas graves passer de vingt et un (21) à vingt sept (27) soit une hausse de six (6) cas graves tandis que la seconde semaine a fait passer les cas graves de vingt sept (27) à quarante huit (48) soit une hausse de vingt et un cas graves (21).
Cette dernière semaine a non seulement consolidé une croissance journalière ininterrompue des cas graves mais a aussi amplifié leur ampleur. D’une hausse de six (6) cas graves en fin de l’avant dernière semaine, elle est passée à vingt et un (21) aujourd’hui en fin de semaine soit une multiplication par 3.5.
Dans cette dernière quinzaine la première semaine a enregistré une moyenne de trois (3) décès par jour tandis que la deuxième semaine a vu cette moyenne s’accroître et s’établir à quatre (4) décès par jour. Cette tendance, d’accroissement journalier des cas graves, amorcée depuis quinze jours, aura des conséquences certaines sur le nombre de décès des quinze jours à venir et des semaines suivantes.

La question essentielle est : comment briser cette rampe mortelle qui s’est installée ? Car si elle n’est pas enrayée, très bientôt nous aurons à faire face à une réalité plus macabre, compter quotidiennement une dizaine de décès voire plusieurs dizaines de décès.

Regardons la réalité en face. Il n’y a pas jusqu’à présent de médicaments et de vaccins contre la covid19 ! La seule véritable arme dont nous disposons est la prévention. Elle est mise en action à travers la sensibilisation, l’appropriation des mesures barrières par les individus et les communautés, la détection précoce des cas positifs et de leurs contacts et leur isolement pour éviter la propagation du virus, les mesures administratives intelligentes et multiformes que doivent prendre les pouvoirs publics pour enrayer la chaîne de transmission ou étouffer dans l’œuf les foyers réels et potentiels de la maladie, la mise à niveau du système de santé et la motivation du personnel de santé.
Au début de la pandémie, la plupart des Chefs d’État avaient fermement parlé d’une déclaration de guerre, malheureusement au fur et à mesure que la pandémie progressait, la survie économique et sociale prenant le dessus, les autorités des différents pays sont devenues pacifistes presque collaborationnistes, et les opinions publiques ont eu du mal à comprendre les nouveaux messages à la fois plus subtiles et plus ambigus. Une frange des opinions publiques en a déduit que le virus n’était plus dangereux, ne tuait plus, jusqu’à même nier son existence. L’autre frange s’est démobilisée abandonnant les mesures barrières ou les appliquant avec beaucoup de légèreté. Seule une minorité a continué à être consciente du danger que représente la covid19.
Le Sénégal n’est pas malheureusement une exception. Nous faisons, avec nos particularités enviables ou détestables, ce que font les autres, ailleurs. Attendons nous alors de vivre, à notre échelle, certes atténuées par le profil démographique de notre population, des situations comparables, celles qu’ont vécu certains pays européens ou celles que d’autres pays d’Amérique sont en train de vivre en face de nous sur l’autre rive de l’Océan Atlantique.
Les populations africaines sont résilientes. Elles l’ont démontré dans leur longue et tragique histoire.  Le traumatisme du naufrage du bateau le Joola a du mal à se cicatriser. Une tragédie d’une ampleur incomparable se prépare : l’extermination des vieilles personnes par la covid19. Nous avons l’avantage de la voir venir, de sentir ses prémices, certains d’entre nous la vivent déjà. Bientôt, si nous n’y prenons garde, chaque famille aura, malheureusement, une personne proche atteinte de covid19 ou connaîtra une vieille personne décédée suite à la maladie.
Sommes-nous prêts à conjurer cette catastrophe humaine, économique, sociale et culturelle? Sommes-nous disposés à voir nous quitter, une à une, ces vieilles personnes que nous chérissons par dessus tout, que nous adorons, qui embellissent le foyer familial, y apportent gaieté et humour, y partagent connaissances et expériences ! Aucune africaine et aucun africain ne le souhaitent, les sénégalais encore moins. Il est alors temps de se remobiliser à tous les niveaux et d’appliquer rigoureusement, quotidiennement les mesures barrières.
Il nous faut aussi lutter fortement contre les effets collatéraux néfastes de la covid19 :
– en respectant pour les enfants le programme élargi de vaccination ;
– en faisant les visites prénatales et postnatales pour les femmes en état de grossesse ;
– etc.
Cette pandémie ne devrait pas être le facteur de résurgence d’épidémies déjà maîtrisées ou de la remontée de la mortalité maternelle liée à la grossesse.
Pensons aux vieilles personnes et aux autres personnes vulnérables. Appliquons les recommandations des autorités de la santé.Unis et engagés, nous vaincrons !

A cause de la Covid-19, 1500 malades du coeur attendent d’être opérés

https://www.leral.net/Près de 2000 malades du coeur attendent dans les coulisses pour se faire opérer, faute de place et de matériel.
Les hôpitaux censés les recevoir sont pleins à cause de la pandémie de la Covid-19 qui sévit dans le monde. Pour le Docteur Massamba Thiam, c’est une affaire tronquée d’autant que “l’activité qui devait servir d’opérer les malades a été détournée“.
Un autre collègue, le Professeur Maboury Diao, l’autre raison de la non opération est que “les malades fuient les hôpitaux, par peur de choper d’autres maladies“.
Et pour les principaux concernés, ils sont unanimes à dire que leur maladie est de loin plus grave que la pandémie et “en l’état, celui qui n’a pas de moyens suffisants, peut en mourir, faute d’assistance“.

Le groupe CFAO Motors tourne le dos à la lutte contre le covid-19 au Sénégal

https://www.vivafrik.com/Au moment où l’Etat du Sénégal fait face à la rareté des ressources pour financer la lutte contre la pandémie du coronavirus (Covid-19), des groupes bien côtés comme CFAO Motors Sénégal, plus grande concessionnaire automobile dans le pays et en Afrique, se sont littéralement barricadés, sans consentir le moindre effort. Ce concessionnaire automobile qui fait annuellement le plus grand chiffre d’affaires dans le secteur, grâce notamment à la commande publique qu’il capte – CFAO est depuis plus de quinze ans le fournisseur exclusif des véhicules des députés de l’Assemblée nationale, des institutions publiques et de la Présidence de la République à travers notamment sa marque Toyota – ne figure ni sur le tableau récapitulatif des dons du ministère de la Santé, ni sur la liste des donateurs du Trésor. Pas un centime consenti pour soutenir l’élan de solidarité national lancé par le président de la République, Macky Sall.
Pourtant, la « maison-mère » explique sur son portail web que les filiales du groupe « ont toutes des liens de solidarité avec des organisations, les autorités sanitaires et les institutions locales ». Mieux, le groupe CFAO Motors « encourage chacune à contribuer à cette bataille par des soutiens logistiques, la fourniture de produits ou par des dons financiers ciblés ». Hélas, au Sénégal, CFAO Motors est l’un des grands absents à l’appel de la guerre contre le COVID-19.
La Côte d’Ivoire plus « chanceuse » que le Sénégal dans cette lutte, a bénéficié un appui du Groupe CFAO qui a offert 3 voitures à l’Institut national d’hygiène publique (INHP).
En termes clairs, le groupe CFAO en Côte d’Ivoire qui regroupe les sociétés CFAO Retail (Carrefour) CFAO Motors, Copharmed, CFAO Technologies, Mipa, représenté par Edouard Rochet, délégué pays, a contribué à l’élan de solidarité collective initié pour lutter contre la crise sanitaire engendrée par la propagation de la pandémie du Covid-19 que traverse le pays.
C’est dans ce contexte que CFAO Côte d’Ivoire a fait un don de 3 véhicules (2 véhicules Toyota Rush et 1 véhicule Peugeot Rifter) d’une valeur d’environ 60 millions de francs CFA à l’INHP, vendredi 8 mai 2020 au siège du ministère de la Santé.
Ce don a permis de renforcer les capacités de l’équipe d’intervention rapide. La délégation conduite par Edouard Rochet était composée des différents directeurs généraux des filiales de CFAO, notamment, la directrice communication et relations publiques et du directeur des ressources humaines.

CFAO mise davantage sur la proximité

Avec sa nouvelle marque Supéco, le colosse de la distribution accélère son « réajustement stratégique ». Contrôlé par le japonais Toyota Tsusho Corporation (TTC), CFAO avait revu à la baisse son plan de déploiement de supermarchés Carrefour et parie maintenant sur la marque Supéco, qui offre « une proximité immédiate avec les clients, des produits nécessaires à la vie quotidienne aux prix les plus bas du marché ».
En un an, trois magasins ont ouvert à Dakar, le dernier en octobre 2019. À la fin de janvier 2020, le premier Supéco d’Abidjan a été inauguré dans la commune populaire de Yopougon. Un deuxième Carrefour Market avait toutefois été ouvert, à la fin d’octobre dernier, au Cameroun.
Parallèlement, le siège de CFAO Technology & Energy a été délocalisé au Sénégal pour « se déployer au plus près de ses clients en Afrique ». Présent également dans la pharmacie et l’automobile, le groupe aux 4, 2 milliards d’euros de revenus (80 % de ses ventes sont réalisées sur le continent) s’est lancé en octobre 2019 dans l’assemblage de pick-up Toyota Hilux au Kenya et a racheté, à la fin de novembre, le concessionnaire automobile sud-africain Unitrans Motors Group au conglomérat Steinhoff.

L’engagement d’une entreprise socialement et économiquement responsable au cœur de la politique du Groupe CFAO Motors

Convaincu de sa responsabilité sociale et environnementale, le Groupe CFAO Motors développe, depuis plusieurs années, une politique sociétale active en Afrique articulée autour : de l’éducation, de  la santé et sécurité au travail, de l’environnement ainsi que l’entrepreneuriat.
La démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) du Groupe  ne s’intéresse pas qu’aux dimensions sociale et environnementale de ses activités. Elle est aussi au cœur de ses activités économiques, et notamment de leurs relations avec les parties prenantes.
Toute fois les valeurs d’une entreprise, doivent avant tout se décliner dans les modalités de sa gouvernance. La juste représentation des parties prenantes dans les instances, l’équilibre dans l’affectation des résultats entre l’entreprise, ses salariés et des actions sont autant de pré-requis essentiels à une démarche RSE.
Cependant cette démarche, vise un comportement éthique des affaires. Elle favorise la transparence et le dialogue auprès des acteurs de l’entreprise : clients, fournisseurs, actionnaires, mais aussi riverains, associations, pouvoirs publics et collectivités.
L’utilisation des ressources, si elle doit légitimement concerner les parties prenantes internes et externes, ne peut se limiter à cela. Des actions d’intérêt général, comme le financement d’activités de recherche clinique, l’accompagnement de jeunes entreprises régionales innovantes, le soutien d’associations locales, sont autant d’initiatives à déployer.                                   

A Propos du Groupe CFAO Motors

CFAO est présent dans 36 pays africain avec un accès à 49 des 54 marchés du continent. Cette implantation au plus proche de ses clients, lui permet de répondre  efficacement à leurs attentes et de servir les zones les plus reculées. En décembre 2017, CFAO a adopté le code de conduite et éthique (COCE) qui remplace le code de conduite des affaires CFAO en vigueur depuis 2010. Cette décision a pour objectif de renforcer au sein de l’équipe unifiée, l’adhésion à des valeurs et à une culture d’entreprise.Moctar FICOU / VivAfrik

APR–L’AUTORITÉ DE MACKY SALL EN QUESTION

NETTALI.COM  – Le Président Macky Sall a instruit la commission de discipline de son parti de se pencher sur le cas Moustapha Cissé Lô. Et il est à parier qu’on s’achemine vers une nouvelle exclusion après celle de Moustapha Diakhaté. En réalité, c’est l’autorité ou le manque d’autorité du chef de l’Apr qui est encore en question.
Je dis souvent à mes compagnons politiques que la force d’un compagnonnage, c’est de se dire la vérité quand nous sommes seuls et se respecter quand nous sommes en public. Le linge sale se lave en famille. Je leur dis aussi de s’entre-aider.” C’est la réponse que le Président Macky Sall a servie au journaliste Moustapha Diop de Walf Tv qui l’avait interpellé sur les disputes entre Moustapha Cissé Lô, Yaxam Mbaye et Farba Ngom. C’était le 31 décembre 2019.  Des propos qui traduisent une réelle impuissance du chef de l’Alliance pour la république  (Apr) à imposer son autorité sur ses troupes. Macky Sall est pratiquement obligé de quémander plus de retenue de la part de ses franc-tireurs qui investissent les médias pour s’envoyer des insultes.
Sept mois après, le même débat resurgit sur la place publique. Des enregistrements audios de Moustapha Cissé Lô font subitement leur apparition sur les réseaux sociaux. Sans que personne ne puisse déterminer de manière exacte à quand remontent les insultes proférées vraisemblablement au cours d’un entretien téléphonique ou via Whatsapp. Les audios sont-ils actuels? Tout ce qu’on sait, c’est qu’ils apparaissent au lendemain d’un entretien accordé à Seneweb par le député Farba Ngom. Entretien au cours duquel le “griot” du Président Macky Sall  dit détenir des enregistrements injurieux de son “ami” Cissé Lô. Des enregistrements qui vont finalement se retrouver sur la place publique avec un subtil montage où on n’entend que le tonitruant député et ses insultes. Alors sans se poser de questions, le chef de l’Apr instruit sa commission de discipline. “Le président de l’Alliance pour la république publique, a instruit la Commission de discipline de l’Alliance pour la république de se réunir dans les plus brefs délais, aux fins de statuer sur les mesures à prendre à l’endroit de ce camarade qui déshonore le parti et écorne l’image du Sénégal en Afrique, voire dans le monde entier”,  nous apprend un communiqué signé par Seydou Gueye.
En activant si rapidement la commission de discipline de son parti, Macky Sall veut en fait montrer qu’il garde une certaine autorité sur ses troupes. Pourtant, force est de constater que c’est loin d’être le cas. D’autant qu’il va lui falloir couper d’autres têtes, notamment celles de ceux qui ont balancé les audios insultants sur les réseaux sociaux. Au moins s’il veut se montrer juste avec ses franc-tireurs. Autrement, l’autorité du chef de l’Apr sera remise en cause au fur et à mesure que l’on s’approchera de l’échéance de 2024. Surtout s’il décide de respecter sa parole et de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle. Macky Sall en est d’autant plus conscient qu’il avait préféré répondre par un “ni oui ni non” au journaliste Babacar Fall de la Rfm qui l’avait interpellé, le 31 décembre dernier, sur la question du troisième mandat.

Thérèse Faye Diouf sur les insanités et insultes dans l’Apr : «cela nuit l’action du président de la République. Il doit prendre ses responsabilités, puisqu’il s’est battu pour gagner la confiance du peuple»

https://www.dakarmatin.com A l’image du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, la Directrice générale l’Agence Nationale de la Petite enfance et de la Case des tout-petits (Anpectp), a déploré également les insanités notées ces derniers jours dans les rangs du parti présentiel. Thérèse Faye Diouf, puisque c’est d’elle qu’il s’agit affirme que cette attitude «irresponsable» va nuire l’action du Chef l’Etat.
«L’Apr est notre parti et nous l’avons créé dans la douleur. Le président s’est battu pour gagner la confiance du peuple et ce n’est pas le moment que des gens vont se permettre de donner une mauvaise image de notre parti. Le président de la République doit prendre ses responsabilités» déplore la mairesse de la commune de Diarrere.
Poursuivant elle ajoute «ils sont nos aînés et ils devaient nous conseiller mais je pense que s’ils ont comportement pareil, nous la jeunesse nous devons savoir raison gardée et de savoir que le président a besoin d’être soutenu et accompagné».
Thérèse Faye qui animait ce dimanche une conférence de presse à Fatick, en compagnie des femmes de l’Alliance pour la République (Apr) a profité de cette occasion pour réitérer son engagement sans faille aux côtés du président Macky Sall pour sa politique de relance économique.Matar Diouf, Correspondant à Fatick

Ter, semences agricoles… : Cissé Lô déterre les dossiers à milliards de Fcfa

https://www.seneweb.com Dans ses différents “audios” insultants, le député Moustapha Cissé Lô est revenu sur le montage financier du projet de réfection du Building administratif Mamadou Dia inauguré, à quelques semaines de l’élection présidentielle de février 2019. Pourtant, le coût et le marché de ces travaux attribué à la société Bamba Ndiaye Sa avaient suscité de vives polémiques.
En effet, dans une contribution intitulée “réhabilitation du building administratif : les faits et les opinions” et transmise à la presse, le 4 octobre 2014, Abdou Latif Coulibaly, porte-parole du président de la République, alors secrétaire général du gouvernement et président du Comité de pilotage de la réhabilitation du building administratif, expliquait les procédures d’attribution des marchés de ces travaux. Il affirmait ainsi, dans cette note, qu’après l’accomplissement des formalités liées à l’approbation, “le marché a été immatriculé et les travaux de réhabilitation du building administratif sont en cours d’exécution. Ils portent sur tous les corps d’état de l’immeuble pour un coût de dix-sept (17) milliards de francs Cfa”.
Toutefois, les documents officiels consultés par Africa Check renseignent que le coût actuel de la réhabilitation s’élève, au moins, à 39 milliards 398 millions 639 Fcfa (toutes taxes comprises), soit plus que le coût initial du projet (17 milliards de Fcfa) annoncé en 2014 par Abdoul Latif Coulibaly. Un montant très proche de celui avancé par le député de l’opposition, Mamadou Lamine Diallo, qui lui, parlait de 40 milliards.
Mais aujourd’hui, soit près de 18 mois après l’inauguration de cet édifice, un autre député de la majorité et proche du palais fait des révélations explosives sur des détournements présumés, dans des enregistrements largement partagés sur les réseaux sociaux.
Pour ce qui est du Train express régional (Ter), il faut, d’emblée, noter qu’il devrait rouler depuis le mois d’avril 2020, selon les prévisions d’Oumar Youm, ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement.

“Le Ter devient un scandale insoutenable”

Mais, faut-il le rappeler, son coût global avait fait couler beaucoup d’encre dans le landerneau politique. Ainsi, le parlementaire et leader de Pastef, Ousmane Sonko, avait défié les autorités étatiques révélant que le coût réel était, en réalité, estimé à environ 1300 milliards contrairement au montant initialement annoncé (568 milliards).
Ce qui faisait dire à Mody Niang, ancien porte-parole de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), que “notre Ter de 34 km devient donc un scandale insoutenable, aussi insoutenable que celui de l’autoroute à péage “Ila Touba” : 112 km sur un terrain plat, sablonneux avec comme obstacles quelques rares arbres, pour 416 milliards de francs Cfa. Soit 3, 7 milliards le kilomètre”.
À signaler, par ailleurs, que suite aux déballages de Moustapha Cissé Lô à l’Assemblée nationale sur les scandales présumés dans la distribution des semences, les Sénégalais ont eu des sueurs froides à cause de la gravité de telles affirmations : des semences attribuées à n’importe qui et revendues au plus offrant au détriment des agriculteurs et operateurs semenciers de métiers et de professions.
Fâché par la marche de “son” régime, l’opérateur économique, donc homme du sérail, est revenu à la charge en citant même les noms de grandes personnalités qui, fulmine-t-il, ont fait recours à de telles pratiques obscures.
Une situation qui interpelle, aujourd’hui, le ministre de l’Agriculture à plusieurs niveaux et semble nécessiter un débat sérieux et structurel en vue de tirer au clair et d’une manière transparente la gestion de la distribution des semences dans un pays où près d’un million de personnes ont faim dont 11 625 qui ont très faim, selon les estimations du Conseil national de sécurité alimentaire.
Au Sénégal, ce secteur de l’agriculture mobilise et nourrit 70‰ de la population et absorbe 45‰ du total de l’emploi avec une valeur ajoutée qui se situe, en moyenne, à 15‰ du Pib.

Yakham Mbaye : “Comme si l’honneur de la Première Dame vaut plus que celui de ma mère…”

https://www.seneweb.com  Les oreilles des Sénégalais continuent de bourdonner avec les insultes de Moustapha Cissé Lô à l’endroit de ses “frères” de parti, en l’occurrence son collègue député Farba Ngom et le Directeur général du quotidien national Le Soleil Yakham Mbaye. Ce dernier, dans un entretien avec Walf Quotidien, lui apporte une cinglante réplique.
“Comme le procureur ne s’est pas autosaisi, il sera saisi ce matin. Je ne compte pas sur mon parti pour des réparations. Tout se passe comme si l’honneur de la Première Dame vaut plus que celui de ma mère. Cissé Lô devait être arrêté depuis longtemps. Il urge de trouver les moyens de l’arrêter”, a martelé Yakham Mbaye.

Réunion de la commission de discipline de l’APR : Vers l’exclusion de Moustapha Cissé Lo du Parti ?

C’est avec effroi et indignation, que le peuple sénégalais dans toutes ses composantes a entendu les propos d’une exceptionnelle gravité, tenus par notre camarade Moustapha Cissé Lô, à l’endroit de plusieurs responsables de l’Alliance Pour la République et d’honnêtes citoyens.
L’Alliance Pour la République condamne avec la plus grande fermeté, l’attitude de Moustapha Cissé Lô, dont les propos sont d’une tonalité d’une rare violence et empreints d’une indécence que récusent la morale et la bienséance sociale.
Incontestablement, cela témoigne d’une inacceptable dérive et constitue une brutale agression contre la République, ses Institutions et nos valeurs sociales.
C’est pourquoi, le Président Macky Sall, Président de l’Alliance Pour la République, a instruit la Commission de Discipline de l’Alliance Pour la République de se réunir dans les plus brefs délais, aux fins de statuer sur les mesures à prendre à l’endroit de ce camarade qui déshonore le parti et écorne l’image du Sénégal en Afrique, voire dans le monde entier.Fait à Dakar, le 5 juillet 2020, Pour le Secrétariat Exécutif National,

Démission de Moustapha Cissé Lo de son poste de Vice-président, son fils dément

XALIMANEWS : L’information a été largement relayée par la presse. Moustapha Cissé Lo va déposer demain sa démission au poste de vice-président de l’assemblée nationale. La source de Emedia renseigne qu’il quittera également toutes les instances de l’Apr pour rester simple militant.
Joint par Xalimasn, son fils a formellement démenti cette information. Selon lui cette information est totalement fausse.Quant à Moustapha Cissé Lo himself, il est devenu aphone depuis l’annonce de la nouvelle.

Injures au Sommet : Le Sénégal a besoin d’hommes d’Etat et non de zèbres d’Etat Par Babacar Justin Ndiaye

Citadelle de tous les raffinements, sous le magistère du poète-président Léopold Sédar Senghor, le Sénégal devient inexorablement le bastion de toutes les grossièretés. Maître Lamine Guèye qui avait le double don de l’élégance et de l’éloquence, trésaille convulsivement dans son linceul, en recevant, outre-tombe, les échos répugnants du débat débile en cours sur l’échiquier politique.
Les observateurs interloqués s’interrogent : par quelle malvenue alchimie, le fécond choc des idées s’est mué en triste télescopage des insanités ? L’une des explications (la liste des causes est évidemment longue) renvoie globalement à la dégradation accélérée de la gouvernance étatique et à la vie politique subitement au rabais. Le culte de l’ascension sociale – via la politique – et l’absence d’initiation à la responsabilité nationale en sont les nettes illustrations.
La réalité est de plus en plus accablante. Les artilleurs de l’injure massive et les voltigeurs des insanités en rafales tiennent fâcheusement le haut du pavé. La littérature ordurière et l’éloquence boueuse (celle des caniveaux) structurent, de façon rageuse, le débat national. Chose, à la fois cocasse et curieuse, le trio déchaîné (Moustapha Cissé, Farba Ngom et Yakham Mbaye) furent et/ou demeurent des fidèles fiévreux voire furieux du Président Macky Sall.
Bien entendu, les prestations, toutes outrancières, reflètent un tiercé de styles bien décalés. Le polémiste Yakham Mbaye peaufine ses écrits, en y couchant une fine pellicule d’érudition ou un vernis d’académisme. Ce qui embellit mais n’amortit guère la frappe toujours ajustée là où ça fait atrocement mal. Le Député Moustapha Cissé Lo balance des bordées d’injures à la manière d’un tireur sourd au cessez-le-feu. Quant au Maire Farba Ngom, il parle sans ambages ni emballages. Avec un verbe qui allume sa cible, à la manière d’une mitraillette en folie. Chez Farba Ngom, la pertinence est le cadet des soucis, l’essentiel est de déchiqueter les contempteurs ou les ennemis du Président Macky Sall.
On est aux antipodes des débats – percutants mais savants – de l’ère Senghor-Cheikh Anta Diop-Majmout Diop. C’était la profusion des idées et non la débauche des inepties. On était convié au festival de la pensée et non attiré vers le banquet de la bêtise. Les grandes plumes du senghorisme (Abdou Salam Kane alias ASAK, Mocktar Kébé, Habib Thiam, Bara Diouf, et l’Ambassadeur Momar Seyni Mbengue) croisaient le fer avec les rédacteurs idéologiquement bien armés (Samba Diouldé Thiam, Sémou Pathé Guèye et le Président Mamadou Dia) du journal « AND SOPI » et des publications de la gauche sénégalaise.
Le regrettable virage a été amorcé durant le premier mandat du Président Abdoulaye Wade. Au lendemain de la brouille entre le Président et son Premier ministre, Idrissa Seck, le journal « Il est Midi » fut porté sur les fonts baptismaux. Objectif : démolir Idrissa Seck et pulvériser son influence immense dans le PDS. Pour la première fois, le débat politique a évacué les arguments et amoncelé les immondices. La littérature ordurière a fait florès dans les allées du Pouvoir libéral. Des attaques en dessous de la ceinture ont visé les bêtes noires du wadisme triomphant comme Latif Coulibaly, Penda Mbow, Idrissa Seck, Ousmane Tanor Dieng etc. La vérité historique commande de rappeler que le Président Abdoulaye Wade et le Premier ministre Macky Sall avaient parrainé et financé le journal « Il est Midi ».
Il est temps que les Sénégalais soucieux de la protection et de la vitalité des institutions sonnent le tocsin ; afin que cette pluie d’injures cesse de tomber. Car le débat sale, salace et dégueulasse éloigne le pays des cimes de la bonne gouvernance et, à contrario, le précipite dans les bas-fonds où grouillent et grenouillent des fripouilles de la politique. Les compatriotes et administrés du Président Macky Sall sont nostalgiques des hommes d’Etat, d’hier, et horrifiés par les zèbres d’Etat, d’aujourd’hui.

Momar Diongue Sur Le Remaniement : «Macky Doit Rassurer L’opposition

https://www.xibaaru.sn Momar Diongue journaliste et analyste politique était l’invité de l’émission Face2Face de la TFM qui a repris après une bonne absence remarquée par les téléspectateurs. Et c’est la talentueuse journaliste Aïssatou Diop Fall Niang qui animait comme à l’accoutumée ce terrible Face2Face.
Et sur le plateau de la TFM, Momar Diongue est revenu sur les rumeurs d’un gouvernement élargi à l’opposition. Pour l’analyste politique qui n’est pas trop sûr de l’imminence d’un remaniement, il avance deux arguments qui favoriserait la possibilité d’un gouvernement élargi à l’opposition : « Il est temps que le président passe à un gouvernement élargi à l’opposition. Il y a deux facteurs : le soutien de l’opposition lors de l’état d’urgence sanitaire et il y a aussi le dialogue politique ou l’opposition a répondu favorablement.Mais si le président veut ouvrir le gouvernement à l’opposition, il doit les rassurer quant au troisième mandat sinon l’opposition ne bougera pas d’un iota. »

Momar Diongue Égratignent Les «Dauphins » Mansour Faye Et Amadou Ba

https://www.xibaaru.sn Momar Diongue journaliste et analyste politique était l’invité de l’émission Face2Face de la TFM qui a repris après une bonne absence remarquée par les téléspectateurs. Et c’est la talentueuse journaliste Aïssatou Diop Fall Niang qui animait comme à l’accoutumée ce terrible Face2Face.
Et sur le plateau de la TFM, Momar Diongue est revenu sur les principaux « dauphins de macky que sont Mansour Faye et Amadou Ba  : « On connaît bien Mansour Faye. On l’a vu comment il a géré ses émotions lors de la conférence de presse sur les vivres covid-19. Il était en sueur et visiblement très énervé. Et en ce qui concerne Amadou Ba, il avait besoin, lors de sa dernière sortie sur vos antennes, d’affirmer sa fidélité et sa loyauté au président, tout en bottant en touche ses ambitions pour 2024… »

Momar Diongue : «Un Troisième Mandat De Macky Serait Catastrophique»

https://www.xibaaru.sn Momar Diongue journaliste et analyste politique était l’invité de l’émission Face2Face de la TFM qui a repris après une bonne absence remarquée par les téléspectateurs. Et c’est la talentueuse journaliste Aïssatou Diop Fall Niang qui animait comme à l’accoutumée ce terrible Face2Face.
Et sur le plateau de la TFM, Momar Diongue est revenu sur les bruits d’un éventuel troisième mandat de Macky Sall  : « Macky Sall doit faire attention au syndrome Wade. Ce qui est arrivé à Wade et son fils doit lui servir de leçon. Wade a perdu le pouvoir à cause de son entêtement à faire un troisième mandat. En 2001 Wade avait fait une nouvelle constitution. Mais Macky n’a fait qu’une modification de la constitution. Donc il n’a pas droit à un troisième mandat. Et Macky lui-même a été clair, il ne briguera pas un troisième mandat »

Momar Diongue : «La Suppression Poste Premier Ministre Est Très Mauvaise»

https://www.xibaaru.sn Momar Diongue journaliste et analyste politique était l’invité de l’émission Face2Face de la TFM qui a repris après une bonne absence remarquée par les téléspectateurs. Et c’est la talentueuse journaliste Aïssatou Diop Fall Niang qui animait comme à l’accoutumée ce terrible Face2Face.
Et sur le plateau de la TFM, Momar Diongue est revenu sur les dégâts causés par la suppression du poste de premier ministre  : « Cela s’est fait au Sénégal trois fois. Senghor a supprimé le poste de Premier ministre en 1962 après sa brouille avec Mamadou Dia. Abdou Diouf a supprimé le poste de Premier ministre en 1983. Il voulait mettre fin à la guerre entre Habib Thiam et Jean Collin. Mais pour Macky Sall, il n’y a aucun motif et cela crée un cafouillage entre les ministres et les DG. Le président gagnerait à faire revenir le poste de premier ministre. »

LA CHRONIQUE HEBDO DE PAAP SEEN : LES OUBLIÉS DE NOTRE MÉMOIRE

EXCLUSIF SENEPLUS – L’appel a duré près de 3 heures. Le téléphone, agonisant, a surchauffé. La conversation a tourné autour d’une question. Senghor, père de la nation, leader néocolonial, prolongement de la colonisation française ?

NOTES DE TERRAIN

L’appel a duré près de 3 heures. Le téléphone, agonisant, a surchauffé. C’est seulement à la fin que j’ai senti la chaleur du smartphone. Tellement l’entretien était passionnant. J’ai beaucoup appris. Je pensais bien connaître, dans ses grandes lignes, l’histoire politique du Sénégal. Mais j’ignorais certaines phases décisives de la lutte pour l’émancipation et le progrès social de notre pays. J’ai découvert des noms de héros méconnus. Des détails très émouvants, tristes. Et aussi, des histoires drôles. De femmes et d’hommes engagés dans la poétique de l’émancipation. Qui ont dit non, de la manière la plus radicale. Qui ont sacrifié une grande partie de leur existence pour un idéal de justice, de liberté et de démocratie. Depuis deux semaines, on se loupe au téléphone. Il est déconnecté, à chaque fois que j’appelle sur WhatsApp. Et quand il essaie de me joindre, je suis occupé.
Il faut dire que nous sommes dans deux régions du monde éloignées. Lui à Washington et moi, ici, à Dakar. Le décalage horaire est quand même important. Quatre heures de différence actuellement. Il est parvenu à me joindre en cette fin d’après-midi. Alors que je venais juste de rentrer de Rufisque. Exténué. J’allais terminer la lecture d’un roman de Boubacar Boris Diop. Le cavalier et son ombre. Puis je devais finir un travail, avant de préparer à manger et de me reposer. Le téléphone a vibré. J’ai vu qu’il s’agissait de René. J’ai fermé le livre. Nous avons commencé à parler des petites choses de la vie. Et, comme d’habitude, nous avons dévié sur la politique et les affaires du pays. Nous avons discuté de ce qui fait actuellement l’actualité, la statuaire coloniale.
Esprit universel et scrupuleux, il a commencé à faire l’inventaire de notre histoire. En s’attardant sur les détails. Sans jamais nier les complexités de la grande aventure humaine. Tous les deux, évidemment, sommes pour le déboulonnement des statues de ceux qui ont participé à l’aventure barbare de la colonisation. Et leur confinement dans les musées. Nous avons parlé de notre histoire, difficile et jonchée d’épines. Nous avons conclu que les blessures de la mémoire ne doivent pas nous pousser vers un jugement binaire. Nous avons aussi évoqué les femmes et les hommes qui se sont sacrifiés pour l’avènement d’une terre de liberté. Nous avons parlé de Senghor. Je lui ai dit que mon jugement, concernant le premier président de la République du Sénégal, a évolué. Je vois, aujourd’hui, ce dernier comme le bâtisseur de notre nation. Mais je le trouve très décevant. Il était doté d’une culture exceptionnelle. Il était ancré dans ses humanités africaines. Pourtant, il s’est fourvoyé dans son activité politique. Dans sa relation, aussi, avec des hommes de sciences et de culture, de son époque. Qu’il a beaucoup censuré. Dernièrement, j’ai lu son petit ouvrage,  Pour une lecture africaine de Marx et d’Engels.
J’ai dit à René que je trouvais Senghor très contradictoire. Dans le recueil, Senghor fustigeait l’attitude des intellectuels africains de gauche. Qui, selon lui, « n’ont pas compris » le socialisme scientifique. Senghor était même catégorique et sans nuance. En affirmant que la majorité des intellectuels africains ont lu Marx et Engels « avec des yeux de parisiens, de londoniens et de new-yorkais ». Plus loin, il invitait à « penser et agir par nous-mêmes et pour nous-mêmes ». Et il ajoutait que les vertus nationales faisaient partie des productions non matérielles. Comment pouvait-il admettre que la langue était un élément à part entière de la superstructure, et refuser l’utilisation des langues nationales dans l’administration et les écoles ? Faut-il en déduire une schizophrénie des élites africaines. Qui doivent, tout le temps,  négocier avec une juxtaposition de mondes. Et, pour certaines, ne veulent en aucun cas abandonner leurs privilèges – la maîtrise de la langue française en fait partie.
René m’a raconté une histoire, concernant le livre. La parution du recueil avait donné lieu à une controverse idéologique dans la presse d’Etat. Le Soleil avait, à l’époque, ouvert ses colonnes à Abdoulaye Elimane Kane. Le philosophe avait alors critiqué, dans une tribune, les idées du président-poète. Une première dans l’histoire de notre pays. La presse n’était pas libre. C’était donc un événement. Nous vivons une époque où la presse est épanouie. Où la liberté d’opinion est, presque, consacrée. Et oublions, parfois, que le chemin a été périlleux. Qu’il a fallu, à certains moments, l’intrépidité de porteurs de sacrifice. Sur Senghor, René m’a à peu près confié ceci :
« Il faut juger les hommes selon le contexte. Senghor représentait le prolongement idéologique et institutionnelle de la colonisation. S’il n’avait pas le choix, on aurait pu le mettre du bon côté de l’histoire. Mais il y avait des femmes et des hommes de refus. Il n’en faisait pas partie. »
C’est exact. D’autres figures, connues ou ignorées de notre histoire, se sont dressées. Des forces patriotiques, qui n’ont pas transigé sur la souveraineté. On pourrait présumer que ces femmes et ces hommes sont venus tôt. Mais que nenni. C’était une période cruciale de notre nation. L’étape de la liberté pour tous – qui malheureusement a été manquée. Car partout ailleurs, le même cri gonflait les poitrines : l’être-soi. C’est-à-dire la liberté, la justice et l’égalité. Pour tous les hommes et les femmes. Pour tous les peuples. On doit, je le pense, à Senghor les institutions républicaines – quoi que brinquebalantes – qui nous protègent aujourd’hui de l’arbitraire. Il est, à mon avis, le meilleur chef de l’Etat que nous ayons eu. Mais, il a assuré la pérennité d’un système colonial, semi-féodal et obscurantiste. Senghor a participé activement « à la stabilisation du système néocolonial ». À l’émergence d’un pouvoir maraboutique, obscurantiste.
Le rapport de forces de l’époque ne peut justifier, à lui tout seul, l’absence d’initiatives révolutionnaires. Pour sortir les masses sénégalaises de la longue nuit de l’oppression. En vérité, Senghor n’était pas un homme de l’Aube. Il ne faisait pas partie de ceux qui se lèvent lorsque le jour est encore brumeux. Qui savent que midi sera rude. Et minuit enveloppé par les ténèbres. Mais qui s’en vont porteurs d’espoir. Pour annoncer une nouvelle aurore. La tête haute, le front digne, le poing courageux. Ces femmes et ces hommes, qui n’attendent pas que « toutes les conditions subjectives et objectives soient réalisées », avant d’enfourcher leur cheval. Comme l’écrivait Régis Debray, dans sa préface sur Les grands révolutionnaires d’Amérique latine. « C’est parce que la route est longue qu’il vaut mieux seller son cheval de bon matin plutôt que de pourrir sur pied en attendant le soir. Car à trop attendre l’espérance, elle aussi, pourrit toute seule. » Au Sénégal, ces femmes et ces hommes, qui ont, contre l’impérialisme et parfois contre la société, préféré la souveraineté et la dignité, sont nombreux.
René m’a révélé des histoires d’héroïsme, dont je n’avais pas connaissance. Ainsi, pendant trois heures, j’ai noté dans ma mémoire. Des récits. Des noms. Moussa Kane, Eugénie Aw, Marie Angélique Savané, Aloyse Ndiaye, Momar Coumba Diop, Bouba Diop, Penda Mbow, Fatima Dia, Pape Touty Sow, Alymana Bathily, Fatou Sow, Pathé Diagne, Amadou Top, Daba Fall, Sakhir Diagne, Dame Babou, El Hadj Amadou Sall, Nafissatou Diouf, Marithew Chimère Diaw, Mamadou Mao Wane, Ismaila Sarr, Abdoul Aziz Sow, Landing Savané, Mamadou Diop « Decroix », Jo Diop, Djiby Gning, Idrissa Fall, Boubacar Boris Diop, Mamadou Ndoye, Magatte Thiam, Samba Dioulé Thiam, Abdoulaye Bathily, Alioune Sall « Paloma », Ada Pouye, Abdou Fall, Mody Guiro, Mahmoud Kane, Awa Ly… Pour ceux qui sont encore là. Nous avons convoqué d’autres noms. Ceux des combattants des temps héroïques. Du PAI, et du RND pour la plupart. De Seydou Cissokho, Majmouth Diop, Tidiane Baïdy Ly, Mawade Wade, Madicke Wade – il ne s’agit pas de l’ancien ministre de la Justice -, Cheikh Anta Diop, Babacar Niang,  Cheikh Mbacké Gaïnde Fatma, Bocar Cissoko, Abdoulaye Ly, Makhtar Diack, Ibrahima Sarr, Thioumbé Samb, Abdoulaye Gueye « Cabri,  »,  Valdidio Ndiaye, Marianne d’Enerville, Rose Basse (arrêtée à la Bourse du travail en 1968 avec Christiane Sankalé, la mère de René), Seyni Niang, Félicia Basse, Samba Ndiaye, Omar « Blondin Diop », Papa Gallo Thiam… Quelles leçons ces « vies fiévreuses », insoumises nous apprennent-elles aujourd’hui ?
D’abord, que la génération actuelle est la moins courageuse de l’histoire du Sénégal. Ensuite, qu’elle est la plus pauvre. Intellectuellement. Elle manque d’épaisseur et de générosité. Ses élans d’émancipation sont minces. Même si elle étouffe. Elle est caractérisée par une torpeur politique et une incapacité idéologique. Si elle se bat parfois, les termes du problème sont flous. Combat-elle pour la justice sociale et les libertés individuelles ? Pour le progrès de la conscience ? Pour la démocratie spirituelle ? Met-elle la dignité de l’Homme au-dessus de tout ? Ou veut-elle seulement imposer un ordre nouveau, conservateur et toujours oppressant ? Il faut savoir, pour reprendre Fanon, si ceux qui se battent, aujourd’hui, disent « non à une tentative d’asservissement ». Ou s’ils sont seulement poussés par la fougue de leur bigoterie ? Enfin, nous pouvons dire que ce qui compte, c’est le souci de l’Homme et le courage de l’indépendance. Demain, c’est à cette aune que l’histoire jugera.Retrouvez sur SenePlus, “Notes de terrain”, la chronique de notre éditorialiste Paap Seen tous les dimanches.psene@seneplus.com

LES PIQUES DE L’AS DE CE LUNDI

SenePlus  |   Publication 06/07/2020

Kolda enregistre son 1er décès de covid-19 de Kolda

Kolda n’avait pas enregistré un cas depuis le début de la pandémie de covid-19. C’est samedi que les autorités sanitaires ont déclaré un chauffeur de taxibrousse communément appelé «7 places» positif au coronavirus. Seulement, sa maladie n’a été que de courte durée. Puisque le chauffeur est décédé hier dimanche. Kolda enregistre ainsi son premier décès lié à la covid-19. Il habitait un quartier périphérique de la commune de Kolda.

Le Sytjust décrète 72 heures de grève renouvelables

Les tribunaux seront encore paralysés pour trois jours au grand dam des usagers. Le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) a décrété encore 72 heures de grève renouvelables à partir de ce lundi. Selon le Bureau Exécutif National(Ben), il s’agit de poursuivre la lutte contre l’impertinence historique du ministre de la Justice, Me Malick Sall. Selon le Secrétaire général du Sytjust, depuis trois semaines, le garde des Sceaux entretient une belligérance extrémiste à l’encontre des travailleurs de la Justice parce qu’il supporte mal les critiques publiques du Sytjust qui, après un délai de grâce de 14 mois, a fini par décrier son manque de volonté caractérisé à mettre en œuvre des réformes portées par décrets déjà signés par le président de la République. Il considère l’attitude de Me Malick Sall comme une démission face à ses responsabilités dans une grave crise qui a pour conséquence un dysfonctionnement indescriptible du service public de la Justice. Les travailleurs de la Justice sont conscients que les dysfonctionnements sont très ressentis par les populations. Mais le garde des Sceaux n’en a cure, d’après Me El hadji Aya Boun Malick Diop. Quoi qu’il en soit, avertitil, les travailleurs sont déterminés à mettre en œuvre les droits qu’ils ont acquis à travers d’âpres luttes et feront bloc face aux tentatives de sabotage du ministre de la Justice et des lobbies obscurs.

Aminata Mbengue Ndiaye en deuil

La présidente du Haut Conseil des Collectivités territoriales (HCCT) est en deuil. La Secrétaire générale du Parti socialiste, Aminata Mbengue Ndiaye, a perdu sa mère. Adja Soda Samb a été rappelée à Dieu dans la nuit du samedi au dimanche, à l’âge de 102 ans, à Louga. «L’As» se joint aux militants et responsables du Parti Socialiste pour présenter ses condoléances à Aminata Mbengue Ndiaye.

Pose de la première pierre du Lycée de Ross-Béthio

Le maire de Ross Béthio, Bécaye Diop, a procédé à la pose de la première pierre du nouveau lycée de la ville en présence des autorités locales et des populations qui réclamaient depuis très longtemps la construction de cet établissement. Celui-ci permettra aux enfants d’avoir de meilleures conditions d’apprentissage et de ne plus aller à Dagana ou Saint-Louis pour poursuivre leurs études. Les travaux vont durer une année. Avec l’ouverture de ce lycée, l’édile de Ross Béthio veut promouvoir les séries scientifiques avec 60% d’élèves à l’horizon 2023. L’établissement scolaire sera doté de matériels scientifiques et de laboratoires, ce qui permettra de désengorger le collège. Bécaye Diop envisage de construire une case des Tout-petits.

L’aliénation culturelle coloniale, néocoloniale du Sénégal par l’Occident et l’Orient ! Par Ababacar Fall-Barros

Depuis l’introduction de l’enseignement en Afrique par l’Occident et l’Orient, à travers l’arabe, le français, l’anglais l’espagnol, le portugais, les africains ont perdu une grande, partie de ‘’leur âme ’’.
Seex Anta Joob (Cheikh Anta Diop,   ‘’l’impayable’’ grâce à sa contribution à l’édition du syllabaire IJJIB WOLOF) et Frantz Fanon (‘’peau noire masque blanc’’, font partie des panafricanistes qui ont le plus pris conscience de cet état de fait. État de fait dont certains de nos parents wolof, les plus aliénés, sont loin de s’en rendre compte. Insensibles, parce qu’immunisés, en cela, à l’aliénation à un degré insoupçonné.
S’agissant de l’enseignement de l’arabe, (étant un néophyte), je ne ferai pas dans l’exégèse ou dans l’historicité’’ dans ce domaine. Mais je sais, que certains parmi nos compatriotes sont ‘’contaminés’’, de près ou de loin, par la langue de la grande chanteuse égyptienne Oumkaltoum que nous rendons hommage, au passage.

 La quasi-totalité des boursiers sénégalais, dès les années 60 se sont intéressés à la théologie qu’aux études scientifiques en laissant en rade Avicenne.

Il n’est pas question, ici, de la religion musulmane mais, de l’arabe quoique c’est la langue qui enfante le coran. ‘’Le voile est cultuel et non culturel’’, disait notre compatriote, feu le Pr. Sangaré, non sans raison.
Dans les campagnes en arabie et dans beaucoup de pays arabes observons les femmes. Elles ne se voilent pas, préoccupées qu’elles sont, de régler l’ordinaire concernant le ménage de leur famille et des travaux champêtres.
On peut supposer que dans les centres urbains la ‘’jalousie- petite bourgeoisie-féodale’’ a poussé les hommes à user de subterfuge pour ‘islamiser le voile’.
Cela dit, l’islamisation, n’a pas causé le même ‘’dommage aliénant’’ que l’on constate chez nos intellectuels occidentalisés. A côté de notre médecin antillais, dans certains pays anglophones, les juges sont, bizarrement, toujours coiffés de la perruque blanche.
Quoique, par ailleurs (je viens de le souligner à des amis que les dérapages notés chez les notabilités et autres princes saoudiens, c’est bouche cousues auprès des Bamba Ndiaye ou Khalifa Niasse et autres prêcheurs prolixes. Souvent ils considèrent comme ”sensibles” ces thèmes genre. Disons ”très sensiblement trébuchante et sonnante”
A noter  que Tombouctou (Rep. Mali), des siècles avant la colonisation occidentale, était le creuset des sommités scientifiques dans beaucoup de domaines.
Tout ceci a donc contribué au renforcement du néocolonialisme dans les Etats anciennement colonisés d’Afrique.
Mais le fondement idéologique de tout cela, on le retrouve dans la déclaration faite en 1920 (cf. texte en fac similé), par Monsieur Jules Renkin, ministre des colonies de Belgique au Congo Belge. C’était à l’occasion de l’allocution de bienvenue aux missionnaires arrivés en Afrique à cette date  :
« Révérends(…) pères et chers compatriotes la tâche que vous êtes conviés à y (Congo) accomplir est très délicate et demande beaucoup de tact. Mais cette évangélisation doit s’inspirer de notre grand principe  : tout avant tout pour (la Belgique) les intérêts de la métropole.
Le but essentiel de votre mission n’est donc point d’apprendre aux noirs à connaître Dieu. Ils le connaissent déjà, ils parlent et se soumettent à un Nzambé. Ou un Nvindimukulu et que sais-je encore. Ils savent que tuer, voler, calomnier, injurier est mauvais.
Ayez le courage de l’avouer, vous ne venez donc pas leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle consiste essentiellement, à faciliter la tâche aux administratifs et aux industriels. C’est donc dire que vous interprétez l’évangile de la façon qui sert le mieux nos intérêts dans cette partie du monde ».  
Voilà ce qui est clair et explique pourquoi beaucoup de dirigeants de pays africains  ayant été colonisés se comportent comme des soumis ». Comme souligné par notre ami du journal ‘’ d’Haïti-Progrès’’ (voir fac similé). Et il y va jusqu’à la façon de s’habiller, de parler et autres tics.
Mon ami Sylla Amadou Diery, m’a raconté,   une anecdote qui remonte dans mes souvenirs, à chaque fois qu’il est question de problème d’aliénation.
Il raconte qu’à Saint-Louis, où il étudiait au Lycée Faidherbe vers les années 60, il se racontait qu’un médecin des Antilles-françaises, lorsqu’il se baignait avec ses ‘’parents blancs français de la métropole’’, il lui arrivait de les ‘’singer’’ avec ses cheveux crépus lorsque ces derniers sortis d’une vague remuaient leurs tignasses pour ‘’évacuer’’ l’eau de sa tête. Il les imitait et faisait, comme eux.
Le comble ! Certains aliénés wolofphones, parfois, aiment se vanter de ne pas parler correctement, leur propre langue maternelle ‘’Mann kat sama wolof bi setul…, leerul’’ (mon wolof n’est pas des meilleurs ;).!!!
‘’Uminisés’’, ils sont par tout un dispositif idéologique mis en place pour perpétuer le règne colonialiste. Allant du cinéma, la télévision, de la publicité aux jeux ludiques subliminaux ou non.
Tandis que le petit de l’Occident se familiarise avec les produits de son terroir en les découvrant de par la télé et la presse écrite ou parlé, c’est tout le contraire, chez-nous. Les programmes scolaires sont conforment, presque ‘’ un copié collé’’ de la francophonie.
Les contes de grand-mère et grand-père ont totalement disparus de l’espace socio-culturel de nos terroirs. Wolof, plus précisément.
Dans le domaine des jeux, demandez à un jeune du Jambur,  du Baol ou du Walo,  ce que veut dire Cool-ba-neena,  gar-tombé ou langaa buri. Il ne vous le dira pas.  Même chose en ce qui concerne la faune et la flore.
Le ‘’Till’’,  segg, le saafaadu, le ‘’dugoor’’, le ‘’mbolomp, le ‘’gajaanga’’ ? Ne connait pas !  Parfois, lorsqu’on parle de tout ceci à un aliéné, il vous regarde tel un ‘’extra-terrestre  ‘’Lakkle’’ (casse-pied)  Ou un‘’révolutionnaire attardé !’’.
Que chacun (wolofphone, bien entendu), fasse un test à son niveau pour écouter le journal parlé wolof d’une radio ou d’une télévision. Qu’il décompte après les mots en français. Il sera ébahi sinon attristé du résultat statistique !

 Pendant qu’on y est, commencez par cette publicité ‘’Am na nu équipe bu dynamique’’ qui passe tous les matins à une vieille radio privée de la place.

Pour se donner bonne conscience nos ministres de la culture, de l’éducation (défenseurs plutôt de la francophonie que du panafricanisme et nos langues nationales, nous parlent d’une dernière ‘’trouvaille ‘’patriotique – culturelle’’, qu’est la récupération des objets d’art pillés, volés.
Que font-ils des restes mortels des résistants Cheikh Amalah (couché toujours au cimetière de Montluçon, en France) et d’un des premiers officiers sénégalais Sidiya Ndatte Yalla, du Walo ?
Ce vendredi, 03 juillet 2020, la France va remettre à l’Algerie, les cranes des matyrs algériens assasinés par l’armée coloniale française. Alors, où sont nos preux révolutionnaires patriotes près le grand pariote Maky Sall ?
Nos ‘’politiciens-chercheurs-économistes-historiens’’ démagogues, se mobilisent, soit pour ne pas se fâcher avec le maître-colon-tuteur, sous certains rapports. Soit pour plaire de façon démagogique à leurs électeurs, le temps d’une campagne électorale.
Mais certains de nos compatriotes ‘’Doomu Ndar bardés de titres (bari tiitër),  ne sont pas loin de ce médecin. Les premiers aliénés-colonisés se glorifient (sans rien y comprendre), d’être ‘’citoyens francais’’des quatre communes (ceux nés à Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar). les ignorants typés, s’en prennent de façon méprisante, insolente, parfois à nos parents appelés ‘’Kao-Kao’’, (sujet français, nés à Diourbel, Bambey, Thies, kaolack etc.)
Mon ami Ngagne Faal, en donne une illustration en montrant qu’un jour un ‘’Doomu Ndar’’ faisant un saut dans nos campagnes vit un paysan en haillons. Il lui demande qu’est ce qui explique sa situation de dénuement  : ‘’Papa lu la yobbe lii ?”.  Le paysan lui dit  :  Sama doom bana torox rek ! ( je cherche à me soustraire de l’humiliation et de la pauvreté, tout court. La réponse angélique du jeune citadin ne se fit pas attendre : ”Papa yaw toroqxqxx… gna pare” ( Papa, c’est que tu te trouves déjà, au summum de la pauvreté(toroxte) et de l’humiliation.)
Ce n’est pas étonnant de voir une catégorie de ce type de colonisés émerger, ces temps-ci, prête à défendre le diable à l’occasion de la furie qui s’empare de la jeunesse panafricaniste et des jeunes afrodescendants d’Amérique du nord, pour déboulonner les statues de colons qui trônaient dans d’ex-pays colonisés, consécutifs à l’odieux assassinat de l’afro-descendant américain…
Un de mes parents ‘Doomu Ndar’, dans une tribune de presse, sous des dehors d’une ‘’sagesse moralisante douteuse, a tenté de s’en prendre à ceux qui veulent détruire la Statue du général Faidherbe à Saint-Louis du Sénégal. Ses précautions attendrissantes, et autres élucubrations, cachent mal, ses intentions pro-colonialistes.

Morceau choisi  :

‘’…J’ai entendu  cette clameur xénophobe teintée de haine envers la France 
colonisatrice et les Français eux-mêmes de la part de certains Sénégalais qui se proclament Saint-Louisiens.’’( in. presse du 19 juin 2020)’’
Que notre ‘’officier doomu Ndar’’ et certains de nos compatriotes (nostalgiques !!!???), nous épargnent ce type d’amalgames. Il ne s’agit pas de ” xénophobe teintée de haine envers la France”
La personne de Faidherbe n’intéressent pas les sénégalais, lorsqu’il est question du colonialisme français.
Le Peuple français de 1789, est loin d’être en cause, ici.  Ceux qui sont en cause, sont plutôt, les membres d’une minorité de la réaction française incarnée par de groupes féodaux de la haute finance, de groupes du complexe militaro industriel opposés depuis des siècles à la paix et à la sécurité mondiales, dont Faidherbe défendait les intérêts coloniaux, ici au Sénégal.
Mon ami Roland Diagne, petit fils de Blaise Diagne, premier député africain noir, militant anti-colonialiste, anti-impérialiste et votre serviteur, petit fils de Massamba Daby Sèye, par sa mère Fatou Sèye  (Pont Leybar ou‘’Pomm Lebar’’), nous ne trouvons aucune gloriole du fait que le député Diagne fut favorable (guerre 1914/18), à la levée de troupes-soldats, contrairement à Van Vollenhoven, d’une part. D’autre part, que Daby fut un ex- assistant du général colonialiste, Dodds, lui-même metis, né à Saint-Louis.
Nous constatons, comme les autres fils d’anciens fonctionnaires supplétifs de l’administration coloniale, que  c’est un ‘’accident ou dérapages de l’histoire ’’ qui ne nous engagent en aucune façon et ne nous empêchent pas de demeurer des anti-impérialistes et anticolonialistes conséquents.
Autrement dit, nous refuserons, toujours, d’être des ‘’historiens honteux’’ qui occultent  les faits historiques coloniaux.

 Clairement, nous demandons le démantèlement de la statue de Faidherbe et exigeons  que les faits historiques soient pris objectivement, en charge par les manuels d’histoire, au Sénégal, en France et en Afrique. Si tant est que ”l’entente cordiale, la solidarité entre les peuples, la paix” ne soient pas des mots creux !!!

En endossant ce titre de notre compatriote et patriote Jean Meissa Diop, journaliste à Walfadjri, à l’époque : ’’ C’était Pathé Badiane II’’( cf.Walfquotidien  samedi 1er dim 2 juin 2002 , suite à la défaite de l’équipe de France de football contre le Sénégal en 2002, en phase finale de la coupe du monde, nous réitérons cette demande sans offenser le Maire de Gorée et ses administrés, la fermeture de la Maison des esclaves se trouvant sur l’île et l’érection d’une STÈLE à Pathé Badiane à la gloire du résistant intrépide Maba Diakhou Ba, de son frère le grand érudit Mamou Ndary et de tous les autre résistants qui l’accompagnaient lorsqu’ils infligaient cette défaite au gouverneur Pinet Laprade, à Paos koto-Pathé Badiane.  Lors de mes sondages, 90 % des jeunes et moins jeunes sénégalais ignorent ce fait historique. Essayez, de votre coté  !!!
Dans le quotidien Enquête du 08 janvier 2016, un ‘’historien aventurier’’, en mal de ‘’scoop’ et de sensation, nommé Jacques Carol, ‘’écrivain’’ a totalement occulté ce fait historique pour nous narrer les relations entre le Gouverneur et son épouse (!!!???) Marie Assar dite Marie Peulh.
Il n’a pipé mot, de près ou de loin, sur ce qui s’est passé à Paos-Koto. Regardez ! Après avoir fermé la page je n’ai pas manqué de poser à notre sœur, Arame Falal linguiste wolof de renom ‘’confinée avec ses semblables’’ par ceux-là que vous savez), que le terme ‘’Asaru ou assarou’’, ne dérivait pas du nom de Marie Assar de même que le terme ‘’Garbo wu ma ko’’, n’est pas tiré du nom de l’actrice suédoise Greta Garbo. Ces personnages libérées (genre Brigite Bardot) dans le contexte déterminé de l’époque, pouvaient être regardées comme ‘’Jigeen ju perdi !!!’’

 C’est pourquoi nous disons, en ce qui nous concerne, que certains nous cachent l’histoire et nous racontent des histoires, au lieu d’enseigner l’histoire à notre peuple

Tout cela, en lien avec le néocolonialisme que nous vivons dans tous les domaines, fait que je dis souvent à mon ami Seydou Nourou Ndiaye (pioneer, premier éditeur, inébranlable, de livres en langues nationales au Sénégal),  que les champs laissés en friche, par les ‘’

africanistes-révolutionnaires sénégalais’’, dépassent plus que les deux hectares.

En faisant une incursion dan son domaine de prédilection nous soulignons qu’au Mali, au Niger, en Tanzanie, au Nigeria les quotidiens en langues nationale se comptent par dizaine.

 ‘’Tout un programme, une vision !!!!

’’
Je cite, à chaque fois que l’occasion se présente à moi notre compatriote, Oumar Dioume qui dit éprouver une grande  satisfaction de constater que les thèses de Seex Anta Diop, sont mises en application en Tanzanie où le Su wahili, la langue nationale est enseignée de la maternelle à l’Université.
Disons que l’aliénation comme tant d’autres problèmes qui nous préoccupent, relèvent de la volonté politique de combattre pour la défense  notre indépendance, notre souveraineté dans tous les domaines.
Mais ne comptons pas sur nos ex-panafricanistes à la carapace de crocodile (tel cet ancien ministre des affaires étrangères de Wade (10 ans environ), ex- disciple d’Alain Badiou et de Seex Anta), acquis au néocolonialisme pour faire bouger les choses. Ou se fier à  l’ex-conseiller économique de ce dernier ‘’socialo-libéral, membre de ‘’l’ECOLE DE DAKAR’’.
Si on tire le bilan de cette ‘’affaire, ces affaires ’’, sous le rapport le l’aliénation de l’élite africaine (occidentalisée, francophone principalement, du personnel néo colonisé), on se rend compte qu’on est quasiment, à la case départ, dans la situation de la ‘’répétition de l’histoire’’. Celle qui a conduit les Mao Tsé Toung, Ho chi Minh, Fidel Castro, le Che à remuer le cocotier.
La vague déferlante a fait que le reste des pays et peuples du sud appelés ’Tiers Monde’’ composés des Gamal Abdel Nasser, Sékou Touré, Sukarno, Nkrumah et le reste, à mettre sur pied le ‘’Mouvement des Non alignés’’.

 Mais 60 ans après avoir  secoué le cocotier du colonialisme, c’est comme qui dirait que le cocotier a produit des épines qu’autres choses.

Si bien qu’on est tenté de dire  : ’’ Tout çà pour çà ? Ou tout çà pour rien ?’’
Pourquoi les diverses luttes et combats ponctués de sacrifices après des luttes de libération armées, l’Algérie, la Guinée Conakry, l’Angola, le Zimbabwe, La Namibie, le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Guinée Bissau, le Cap-Vert, ces pays et l’Afrique se trouvent dans une situation innommable, pour le moins ?
Simplement, par ce qu’il y a eu des gens qui ne pensaient pas à régler‘’ les problèmes de tout le monde’’ (les problèmes politiques fondamentalement, mais leurs problèmes à eux. Oubliant que ‘’les problèmes politiques sont des problèmes de tout le monde’’. Les confusionnistes ne feront que biaiser le débat. Les gens sérieux devront se l’approprier.
Point de lamentations, nous devons ‘’ remettre le métier à l’ouvrage’’ et décoloniser, désaliéner la pensée culturelle, comme disait le Kenyan, l’écrivain Ngugi Wathion Go  02/07/2020–A F-Barros.

La pratique de nos langues nationales, 59 ans après ! Par Ababacar Fall-Barros

Nous allons, en principe, ‘’commémorer bientôt les 60 ans de la semaine nationale de l’alphabétisation*. Mais tout le monde va y convenir avec nous, lorsqu’on fait le bilan de cette affaire, on est horrifié si on tombe sur ce chiffre (suspect du reste, pour nous) qui montre que plus de 54 % des sénégalais sont analphabètes.
Cela veut dire quoi ? Que plus de la moitié des 15 millions, disons 14 millions des hommes et de femmes que nous sommes, ne savent ni lire ni écrire, le français, l’anglais, le portugais, l’arabe, le Wolof, le Pulaar, le Serere, le Joola, le Mandinka, Soninké. Alors, ce qui vient à l’esprit d’un homme sérieux, préoccupé sérieusement de la défaite de l’obscurantisme, c’est de dire :
Non, ce n’est pas possible ! Avec tout le tintamarre qu’on a fait au pays du grand grammairien poète, agrégé en français, chouchouté par la francophonie, l’académie française ? Car avec notre ‘’bag round’’, seul le français aurait pu nous permettre de dépasser ce chiffre de 54%
, Et si on prend l’exacte la mesure de ce qui s’est passé, c’est la catastrophe (la Naqba), comme disent nos amis, palestiniens. Car, le terme est quelque peu soft ….si on pense seulement aux performances de deux pays ‘’plébiscité’’, par l’Unesco, sans ‘’l’aide’ ’Amadou Moctar Mbow. Ces pays, on peut le deviner : La république de Cuba et le Zimbabwe dont les leaders Feus Fidel Castro, Roberts Mugabe étaient voués aux gémonies. Le premier nommé était la première puissance mondiale et le second la première puissance africaine dans le domaine des acquis de l’alphabétisation et de la lutte contre l’analphabétisme.

Il ne faut pas chercher de midi à quatorze heures, pour se demander où se trouve l’énigme ? Nulle part ailleurs qu’au niveau de la volonté politique.

S’agissant de Cuba, dès les premières heures du triomphe de la révolution Fidèle Castro et ses amis ont immédiatement fermé les écoles, les lycées et les universités, ensuite, mobilisé les enseignants de toutes catégories pour déclarer la guerre à l’analphabétisme. En un an, le mal a été vaincu sur toute l’étendue du territoire cubain.
(Maurice Duverger, PR. Agrégé de droit public disait que la Révolution n’est pas la destruction. La Révolution, c’est la construction), Mugabe n’a pas fait moins après avoir été trahi par les faiseurs de promesses bidon à la conférence de Lancaster House. Aujourd’hui, le Zimbabwe caracole à la tête des Etats africains avec 91 % d’hommes et de femmes sachant lire et écrire
Le problème que nous avons, en ce qui concerne la pratique de nos langues, en dehors du manque de volonté politique manifeste des autorités publiques, c’est celui du comportement des intellectuels francophiles (hommes femmes confondus), colonisés. Poursuivis par le ‘’Symbole’’ de l’école, c’est comme qui dirait que c’est ‘’pathologique’’. Certains wolofo-phones s’enorgueillissent à parler mal le wolof
C’est pourquoi, à cet égard, le professeur Bado Ndoye, enseignant à la faculté de lettres de l’l’Ucad (Université Cheikh Anta Diop de Dakar), avec qui, Biram Fall et votre serveur avions mené un combat victorieux contre l’édification de la honte le ‘’ MEMORIAL DE GOREE’’ a tenté de monter que : Maurice Gôdelien n’a pas tort de dire que dans une relation de domination, la force la plus forte n’est jamais la force de celui qui domine, mais le consentement du dominé à sa propre domination.
Certains francophiles colonisés ne sont pas convaincus de la possibilité de travailler avec nos langues nationales pour ne pas dire qu’ils sont à les pratiquer sont les
Si les francophones sont conscients des apports bénéfiques des langues (non pas le français essentiellement, mais des autres langues étrangères à nos langues), le francophile colonisé, lui, par paresse ou par ignorance, ne tolère même pas, qu’on lui parle de langues nationales. A fortiori de respect des règles de transcription.

Ecoutons une fraction de seconde un journaliste d’une radio ou télévision lors d’une édition wolof de n’importe quel radio ou télé du Sénégal, pour se rendre du massacre. Pour lui DEKk bi REWMI c’est du pareil au même.

Très jeune, j’ai suivi Seex Anta Joop, dans une ses conférences après avoir présenté sa célèbre thèse de doctorat. A cette conférence tenue vers les années 55/58, à la salle des fêtes de Louga, il disait : ‘’Ndox mu topp mbartal, booko texqtal lee, daf lay jox dawaan’’. Toute l’assistance wolofophone-francophone dans la salle a exulté de satisfaction, dison de joie. Parce que ce que nous pensions que ce Seex venait de dire on ne pouvait le dire qu’en français ou une autre langue étrangère. Et c’était le schéma du système de la centrale hydroélectrique ou le barrage hydroélectrique qu’il venait d’illustrer dans sa langue maternelle. Mais nous étions aliénés par le français à tel point que nous ne pensions que cela ne pouvait pas se traduire en wolof
Mais tout ceci nous ramène à la question de fond qui est la question politique. Tant que les populations qui pratiquent réellement leurs langues ne décideront pas avec les patriotes sincères et conséquents les hommes qui accepteront de conduire leurs aspirations, la langue du colonisateur continuera d’exercer sa domination dans nos pays.Dakar, le 19 septembre 2019-Ababacar Fall-Barros, Ancien conseiller Municipal, Commune Mermoz Sacré Cœur
* Avant de rédiger ce texte nous avons pris le soin d’appeler à la Direction d’Alphabétisation, mais sans surprise, personne n’a décroché le combiné du téléphone

Il y a cinquante ans, Frantz Fanon appréciait l’Europe ! Par Ababacar Fall-Barros,  

·En relisant Fanon, on dirait qu’il a été témoin de ce qui s’est passé et de ce qui vient de se passer ces dernières décennies, en Lybie, en Cote d’Ivoire, en Irak, en Afghanistan etc. Parfois, on a même l’impression qu’il est bien vivant et se tient là, en train de vous parler. De parler à ces chefs d’Etats africains couchés à plat-ventre devant leurs maitres européens, écrit Ababacar Fall « Barros ».
‘’ Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde ‘’ (..). – Frantz Fanon
Le 6 décembre 1961 disparaissait Frantz Fanon, médecin, combattant intrépide pour la défense de la cause des peuples du Sud et du Tiers monde. Fanon était également un penseur et homme d’action engagé totalement pour la révolution algérienne et africaine. Mais étant donné que ce que l’auteur de ces propos prémonitoires, mis en mis en exergue ci-dessus, a dit dans ce domaine est si vaste, nous nous conterons de mettre un peu en évidence les appréciations qu’il faisait sur l’Europe, dans son célèbre ouvrage ‘’Les Damnés de la terre’’ (édit. Maspero, 1961). L’Etat actuel de ce continent pris dans la tourmente financière (Grèce, Italie, Espagne, France, Portugal), place les vues de Frantz Fanon au centre de l’actualité de la ’’Mondialisation’’. Euphémisme pour désigner le capitalisme international en décrépitude.
Et c’est comme qui dirait qu’une certaine composante du Tiers-monde (des Portugais en désarroi), a entendu ce mot d’ordre précité de Fanon. Car Jean Paul Pougala nous renseigne que « nous assistons déjà à l’exode des pauvres Européens vers l’Afrique. L’avenir de l’Europe est très sombre. Nul ne sait comment ils viendront à bout de la très grande désertification industrielle en cours. En Espagne, par exemple, 20% de la population est sans emploi dont 50% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Dans les pays dits “riches” de l’OCDE, on compte aujourd’hui 44 millions de chômeurs. La réaction naturelle est cet assaut de l’Afrique qui vit le début de sa gloire économique. En 2010, l’ambassade d’Angola à Lisbonne a reçu 30.000 demandes de visas de Portugais voulant fuir leur pays pour aller vivre en Afrique, c’est-à-dire 115 demandes par jour ouvrable. Luanda a ainsi été la première capitale africaine à fixer un numerus clausus (quota, nombre maximum) par an d’Européens qui peuvent se rendre en Afrique. Et quelques mois ont suffit pour remplir ce quota. Les contrevenants payent par des peines de prison. C’est ainsi que dans plusieurs pays africains, la première cause d’emprisonnement des Européens est l’immigration clandestine. L’Afrique fait déjà rêver les jeunes Européens. Aux Africains de la diaspora de le comprendre et de prendre leur place dans cette nouvelle Afrique qui voit le jour malgré l’assassinat de nos chefs d’Etat qui osent travailler pour que cette prospérité soit possible et profite d’abord aux populations africaines. ‘’ (1)
Voici un constat qui conforte les vues de l’Antillais, qui était en avance de plusieurs longueurs sur nos roitelets de sa génération, comme les désignait notre ami Mongo Beti , et avec lesquels Fanon n’était pas du tout tendre.Voici d’autres considérations de Fanon, sur sur l’Europe :
‘’Voici des siècles que l’Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses desseins et à sa gloire; des siècles qu’au nom d’une prétendue « aventure spirituelle » elle étouffe la quasi totalité de l’humanité. Regardez-la aujourd’hui basculer entre la désintégration atomique et la désintégration spirituelle’’.

  ‘’Et pourtant, chez elle, sur le plan des réalisations on peut dire qu’elle a tout réussi’’.

L’Europe a pris la direction du monde avec ardeur, cynisme et violence. Et voyez combien l’ombre de ses monuments s’étend et se multiplie. Chaque mouvement de l’Europe a fait craquer les limites de l’espace et celles de la pensée. L’Europe s’est refusée à toute humilité, à toute modestie, mais aussi à toute sollicitude, à toute tendresse’’.
En relisant ces passages des conclusions de cet ouvrage, on dirait que Fanon était témoin de ce qui s’est passé et de ce qui vient de se passer ces dernières décennies, en Lybie, en Cote d’Ivoire, en Irak, en Afghanistan etc. Parfois, on a même l’impression qu’il est bien vivant et se tient là, en train de vous parler. De parler à ces Chefs d’Etats africains couchés à plat-ventre devant leurs maitres européens.
‘’Allons, camarades, le jeu européen est définitivement terminé, il faut trouver autre chose. Nous pouvons tout faire aujourd’hui à condition de ne pas singer l’Europe, à condition de ne pas être obsédés par le désir de rattraper l’Europe.
L’Europe a acquis une telle vitesse, folle et désordonnée, qu’elle échappe aujourd’hui à tout conducteur, à toute raison et qu’elle va dans un vertige effroyable vers des abîmes dont il vaut mieux le plus rapidement s’éloigner.
Il est bien vrai cependant qu’il nous faut un modèle, des schèmes, des exemples. Pour beaucoup d’entre nous, le modèle européen est le plus exaltant. Or, on a vu dans les pages précédentes à quelles déconvenues nous conduisait cette imitation. Les réalisations européennes, la technique européenne, le style européen, doivent cesser de nous tenter et de nous déséquilibrer’’.
« On lit Fanon, on prend son crayon, on commence à souligner les passages mémorables, on vibre, on bout, puis on arrête. C’est tout le livre qu’il faudrait souligner ‘’ – Louis-Georges Tin, in « Monde du livre », 4 novembre 2011.
Mais pourquoi nos hommes d’Etat ne veulent-ils pas, ou n’ont-ils pas voulu écouter Fanon ? Dans ‘’Lettre à la Jeunesse africaine’’ publiée dans le Journal algérien, « El Moujahid » du 24 mai 1958, publiée dans ‘’Pour la Révolution africaine’’ (édit. Maspero 1969), Fanon, très acerbe envers le député français Houphouët Boigny, signalait : ‘’Nous devons à la vérité de vous dire que presque tous vos représentants mystifiés par un phénomène d’aliénation très grave, ont toujours opposé à nos démarches le respect de la légalité républicaine française’’.
C’est certainement en vertu de cela que les termes « souveraineté », « indépendance » sont devenus des mots tabous chez nos hommes d’Etat d’Afrique francophone. Après avoir restitué l’acte d’indépendance de nos pays à De Gaulle, Giscard D’Estaing, Chirac ou Sarkozy, la Guyane, Mayotte, La Nouvelle Calédonie, La Mantique, La Guadeloupe, La Polynésie, etc., on ne connait pas ! Autrement dit, pour la France, c’est des DOM ou des TOM. Entendez des parties de la France appelées Départements d’Outre-mer ou Territoires d’Outre-mer. A Mayotte on reconduit à la frontière des natifs de leur propre pays, Les Comores. Fanon doit sursauter là où il est !!!
Disons simplement que colonisés qu’ils sont, non seulement ils (Les préfets des DOM TOM) n’écouteront jamais Fanon, mais ils n’oseront piper mot, à fortiori dénoncer ce carcan appelé Accord de coopération, que d’autres (Pr Agbohou et Séraphin, notamment) appellent ‘’Pacte colonial’’. Pacte constitué du triptyque : 1/Le compte d’opération du Trésor français, vampire des trésors et économies africains. 2/ Le franc CFA et L’UMEOA et 3°/ les bases françaises.
A voir le comportement de certains intellectuels africains et du Tiers-Monde, carrément pro-impérialistes, acquis à la vision des maitres du monde capitaliste, prêts à répéter les prêchi-prêcha et autres slogans débiles du FMI et de la Banque dite mondial, donc des pseudos intellectuels obnubilés par le lucre, les devises sorties de douteuses ONG, stipendiés par des officines aux puissances activités opaques, on ne peut manquer de dire que Fanon fait partie de ceux qu’on pourrait appeler les hommes ‘’paranormaux’’ parce qu’ayant refusé ‘’de servir l’exploiteur contre leur peuple’’ : Nkrumah, Mamadou Dia, Lumumba, Cheikh Anta Diop, David Diop, Amilcar Cabral, Sékou Touré, Fidel Castro, Che Guevara, Bakary Djibo, Felix Moumié, Tidiane Baidy Ly, Thomas Sankara, etc. Car, Fanon, ancien résistant de la guerre (1935-1945), médecin, écrivain, fils d’un ancien haut fonctionnaire du cadre métropolitain, pouvait bien avoir sa place au soleil. Mais il n’a pas voulu de cette place et s’est engagé comme ‘’Moujahid’’, à coté de ses camarades algériens du FLN (Front de Libération National). Transcendant ainsi toutes les barrières culturelles ou religieuses et toutes les contingences sociopolitiques, de son temps.
Nous terminons, pour engager la jeunesse du Tiers monde à se pénétrer leur histoire en étudiant les œuvres des hommes de la dimension de Frantz Fanon, pour ne pas ‘’se laisser égarer et duper’’ comme disait Mao Tsé Toung. En cela, nous considérons que les prises de position de notre jeune camarade et compatriote Malick Noel Seck (injustement emprisonné par le régime d’Abdoulaye Wade, en ce moment), notamment sur la crise ivoirienne, l’intervention remarquable de la jeune militante Djeyna Ba, de Guinée lors du Forum Social Mondial, en février 2011, donnent de l’espoir. Malgré le fait que l’écrasante majorité la jeunesse africaine et de la plupart des pays dominés du tiers-monde, aujourd’hui, est abandonnée à elle-même.
A Dakar, à Fort-de-France (‘’l’épicentre’’ de la célébration des idées du combattant intransigeant (du 06 au 09 décembre), les panelistes, d’anciens dirigeants du mouvement étudiant en France, ou ses amis, ne manqueront ne revisiter, plus profondément, l’œuvre du grand disparu.déc 07, 2011

   NOTE

(1) Opération Exodus : L’Afrique fait rêver les Européens, et la Diaspora ?
* Ababacar Fall-Barros est membre du GRILA

“Statue de Faidherbe : Non au déni mémoriel !” Par Lamine Aysa FALL

Elu pour assumer les plus hautes charges de l’État, le Président de la République est devenu le dépositaire d’une espérance.
Aussi, Macky SALL avait-il décidé de placer ce septennat, entre autres priorités, sous le signe de la dignité, de la simplicité et de la fidélité aux valeurs essentielles de la République. Son ambition déclarée était de rendre les Sénégalais plus unis, plus égaux, et le Sénégal plus rayonnant, toujours fier de son histoire.
Jamais auparavant, nos compatriotes n’ont eu à manifester autant de liberté d’expression ou de manifestation, la démocratie étant devenu le plus affermie et mieux équilibrée, même si l’expression de certains droits est à améliorer. Dès lors, nous estimons opportun d’alerter les pouvoirs publics sur un danger rampant qui menace notre vivre ensemble. Cette invite à l’anticipation s’adresse au-delà du Président de la République, au Ministre de la Culture et à celui en charge de l’Education nationale. Car, laisser les détracteurs de Macky SALL organiser le débat et prendre les initiatives autour de la remise en cause d’un pan de notre passé commun, serait une erreur irréparable,  sans précédent. Ce serait ouvrir la boîte de Pandore, dans l’inconscience totale des conséquences. S’y ajoute que lorsque nous avons lu dans une certaine presse quelqu’un comme Moustapha Diakhaté, ancien collaborateur du Président de la République éjecté du Palais, revendiquant l’exclusivité des surenchères démagogiques, saisir  l’opportunité au rebond pour en rajouter à la doléance, nous nous sommes dit qu’il était temps d’agir. Il s’agit bien entendu, du déboulonnage de la statue de Louis Faidherbe à Saint-Louis.
En ce moment, un curieux vent de contestation souffle dans le globe. Et, à défaut de pouvoir faire déboulonner les statues des personnalités historiques qui ne sont plus à la mode, ses animateurs créent les troubles auxquels nous assistons à travers le monde. Le geste en soi n’est pas nouveau. Déjà dans l’ancienne Egypte, les statues d’Akhénaton furent brisées et sa mémoire réduite à néant. Et plus récemment, nous nous souvenons des débuts de la perestroïka en Russie où des statues de Staline étaient terrassées, à Moscou.
Ici, chez nous, déjà en 1978, l’écrivain et cinéaste Sembene Ousmane avait adressé une lettre au Président de la République Senghor, pour déplorer la présence de la statue de Faidherbe dans notre pays. Il écrivait  :  « N’est-ce pas une provocation, un délit, une atteinte à la dignité morale de notre histoire nationale que de chanter l’hymne de Lat Joor sous le socle de la statue de Faidherbe… Notre pays n’a-t-il pas donné des femmes et des hommes qui méritent l’honneur d’occuper les frontons de nos lycées, collèges, théâtre, université, rues et avenues ? ». En son temps, Sembène n’avait pas reçu le soutien de l’éminent professeur d’Histoire Iba Der Thiam (qui rue sur les brancards, en ce moment).
Et plus actuel encore, en 2014, Thierno Dicko, un blogueur connu pour son opposition aux symboles coloniaux français présents dans la vieille ville, avait lancé une campagne en ligne pour demander le déboulonnage de cette statue de Faidherbe. Aujourd’hui, nous sommes en mi-2020, et la revendication a ressurgi avec force. Et ce n’est qu’en « ce moment précis de l’Histoire », que le professeur Iba Der Thiam, agrégé d’Histoire dès le début des années 70, nous demande de « dégager la statue du criminel Faidherbe », tel qu’on peut le lire dans la presse. Et pourtant, cette opinion ne prévalait pas dans le manuel « Histoire du Sénégal et de l’Afrique » (publié aux Nouvelles Editions Africaines du Sénégal) qui aura marqué notre passage au Cours Moyen 2ème année du primaire, co-écrit par Iba Der Thiam et Nadiour Ndiaye. Mais, pourquoi tout ce branlebas, précisément, maintenant ?
En évoquant tous ces exemples aussi bien au niveau international que local, nous savons que l’humain est ainsi structuré, entre besoin de mémoire et désir de  revanche. Mais, dans quel but construit-on les statues à effigie humaine ? Plus que pour la beauté d’un paysage, l’érection d’une statue représente un acte civique. Ainsi, dans le double objectif d’honorer une personnalité et de l’offrir en modèle à la descendance, les pouvoirs publics prennent souvent la décision de statufier une figure emblématique.
Il y a donc là une nécessité d’action de la part de l’Etat du Sénégal avant que la contestation ne finisse par l’éclabousser. Ce vent de remise en cause de la dignité de certaines figures du passé à trôner dans les places publiques est entré dans notre pays. Il n’est pas utile de chercher à l’occulter, d’autant plus que le simple fait de déboulonner une statue ne saurait s’inscrire dans une perspective de réécriture de l’histoire. Nous estimons que cette énième vague de contestation venue d’Outre-mer relève d’un projet politique certain obéissant à une logique de satisfaction de groupes de pression ou de lobbies favorables à l’instauration d’un « nouvel ordre mondial ». Elle donne l’illusion d’éliminer un problème alors qu’en réalité, de façon inavouée, elle vise autre chose de plus profond. Allez savoir !
Nous voyons bien qu’en ce moment les priorités sont au niveau de la gestion de la pandémie de la Covid-19 corrélée aux dégâts économiques et sociaux qu’elle engendre dans notre pays. Compte tenu de la catégorie de personnes ou de groupes porteurs de cette revendication, cet exercice n’obéit pas à une logique démocratique. Cela relève d’un forcing destiné à faciliter l’agenda des vrais commanditaires à intervenir dans notre pays et partout ailleurs où existerait une situation similaire. Toutefois, il faut le constater, ce souffle nouveau a de l’avance sur tous les gouvernements ; d’abord parce que dans presque tous les pays du monde, des édifices peuvent être visés et combattus pour les mêmes motifs, mais ensuite, parce que de plus en plus ils sont phasés au vent qui souffle depuis les réseaux sociaux.
Pour rappel, l’inauguration de ce monument consacré à Louis Faidherbe (par le sculpteur G. Crauk) a eu lieu le 20 mars 1887 à Saint-Louis. Mais, depuis l’accession de notre pays à l’indépendance politique, il a été plusieurs fois contesté. C’est un fait. Et nul ne peut nier la légitimité de cette exigence. Mais, le bon sens commande de tenir compte, dans notre façon de penser et d’anticiper les évènements, que le monde a beaucoup évolué et que nous sommes au 21ème siècle, ère où règne une sorte de diktat du numérique. Les réseaux sociaux sont devenus une véritable puissance au service des lobbies et des groupes de pressions. Ils sont tellement puissants que certains observateurs leur ont attribué  (à tort ou à raison) la victoire du Brexit en Grande Bretagne et l’élection du Président américain.
Ainsi, la mouvance sociale qui réclame le déboulonnage de la statue de Faidherbe à Saint-Louis veut réécrire l’histoire dans le but de rétablir la vérité sur un personnage qui, en ce moment même est largement décrié chez lui à Lille, sa ville d’origine. L’administration coloniale,  en érigeant la statue de Faidherbe, une année après avoir défait Lat Dior notre héros national et son armée, a aussi voulu réécrire l’histoire. Le colon a voulu donner au Général Faidherbe, une place au panthéon des grands hommes dignes du respect et de l’admiration des Sénégalais, tel qu’inscrit au piédestal de la statue  : « A son Gouverneur Faidherbe, le Sénégal reconnaissant ». Cependant, ceux qui manifestent pour le déboulonnage de la statue ont bien raison, puisque Faidherbe représentait et travaillait pour les intérêts de la métropole.
Dès lors, l’Etat a un rôle extrêmement important à jouer et sa posture est d’autant plus intéressante qu’elle lui permet d’être dans l’anticipation. Si nous ne sommes pas inquiétés par la nature de cette demande virale dont la propagation à l’intérieur de nos frontières enfle de jour en jour, c’est parce qu’il y a un problème quelque part. Et, nul n’a le droit de laisser ce phénomène prendre de l’ampleur et devenir la porte d’entrée du chaos dans notre pays. Des discussions d’envergure nationale sur cette question doivent être provoquées, car seul un débat serein et dépassionné pourrait amortir ce choc qui se profile à l’horizon. Tous les grands hommes que l’humanité a connus ont eu leurs phases lumineuses et brillantes mais aussi leurs phases sombres ou obscures. Les personnalités qui ont été statufiées l’ont sûrement été sur la base des démonstrations singulières de leur grandeur et non sur leurs frasques éventuelles. Dans un pays qui a vu naître sur son sol, des créatures comme Cheikh Oumar Foutiyou, Cheikh Ahmadou Bamba, Seydi El hadji Malick Sy, pour ne citer que ceux-là, les parrains ne manquent pas pour honorer ses places, ses rues ou ses édifices publics.
Finalement, il est arrivé le temps où l’ancien « gouverneur du Sénégal » doit partir rejoindre les siens. Le déboulonnage de sa statue est  devenu une demande sociale forte exprimée par une grande majorité silencieuse des Sénégalais. L’Etat pourrait,  pour les besoins d’une sauvegarde de mémoire, installer cette statue de la polémique au Musée des civilisations noires ou à l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan). Quoi qu’il en soit, Faidherbe fait partie de notre histoire commune et déboulonner la statue à son effigie ne saurait le rayer de notre mémoire collective.
C’est aussi un fait. Mais, derrière cette revendication populaire pourrait se cacher une féroce volonté de changer le monde au profit de forces « obscures ». Cette demande, la seule capable de fédérer l’ensemble des forces patriotiques sénégalaises, est l’arbre susceptible de cacher une forêt de stratégies politiques dont le dessein ultime est de déstabiliser nos institutions. Mais en tous les cas, l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba, d’Aline Sitoé, d’Alboury et la mort de tant d’autres durant la colonisation devaient marquer, pour de bon, les fondements du retrait de notre liste de modèles à promouvoir toutes ces références à l’ère coloniale. Nos rues, nos places publiques et nos édifices doivent revenir aux figures emblématiques et aux héros relevant de notre patrimoine historique et qui sont reconnus par le peuple Sénégalais.Lamine Aysa FALL, Inspecteur de l’Education et de la Formation


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