Revue de presse du Dimanche 21 Février 2021

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BEIJING VA CONTINUER À « ÉPAULER’’ LE SÉNÉGAL À STABILISER SON ÉCONOMIE (AMBASSADEUR)

Dakar, 20 fév (APS) – La République populaire de Chine va continuer à ‘’épauler’’ le Sénégal dans les efforts de stabilisation de son économie et sa marche accélérée vers l’émergence, a assuré son ambassadeur à Dakar, Xiao Han.
‘’La Chine continuera à épauler le Sénégal dans ses efforts de stabilisation de l’économie, de la promotion de l’emploi ainsi que de la préservation du bien-être du peuple, et continuera à l’accompagner dans sa marche accélérée vers un pays émergent’’, a-t-il dit.
Dans une tribune publiée dans l’édition du Soleil de ce week-end, le diplomate chinois indique que depuis plus d’un an, son pays ‘’ ami, partenaire et frère’’, a lutté contre la pandémie du nouveau Coronavirus main dans la main avec le Sénégal.
Selon Xiao Han, la Chine a ‘’résolument appuyé’’ le Sénégal dans ses efforts de relance de son économie.
‘’Le gouvernement et les sociétés chinoises ont insisté sur la pratique de +non réduction de dons, non interruption de travaux, non retrait de capitaux et non retrait de personnes sur place+, et montré l’exemplarité des relations de tout temps entre les deux pays avec des réalisations tangibles de projets, insufflant ainsi une nouvelle dynamique au partenariat stratégique global sino-sénégalaise’’, a-t-il souligné.
Le diplomate chinois s’est félicité de la réception, par le gouvernement sénégalais, de 200.000 doses de vaccin anti-COVID-19, qu’il a commandées auprès de Sinopharm.
Pour l’ambassadeur de Chine au Sénégal, ce lot de vaccins ne comble certes pas la totalité des besoins sénégalais, mais cela pourrait avoir de grands effets, et fournir en temps voulu une garantie sécuritaire au personnel sanitaire ainsi qu’aux populations ciblées et touchées par une situation d’urgence.
Il a souligné que le Sénégal et la Chine vont renforcer leur coopération vaccinale.
Xiao Han a ajouté que son pays va mobiliser plus de ressources vaccinales internationales au profit du Sénégal et l’Afrique de manière à sauver plus de vies précieuses.BHC/ASG

«Rien ne sert de restructurer les dettes africaines, si c’est pour en contracter plus envers la Chine» (E. Macron)

https://www.lejecos.com Alors que l’Afrique connaît une crise sanitaire sur fond d’insécurité notamment dans le Sahel, une réunion s’est tenue cette semaine à N’Djamena sur la lutte contre le terrorisme. A cet effet, Emmanuel Macron a exposé la vision de la France concernant la restructuration des dettes africaines
Lors de la conférence du G5 Sahel qui s’est tenue les 15 et 16 février 2021 à N’Djamena, le président français Emmanuel Macron (photo) s’est à nouveau exprimé sur la question de la dette africaine. Selon le dirigeant, la restructuration des dettes des pays du continent ne doit pas conduire à la contraction de plus de dettes auprès d’autres créanciers.
« Rien ne sert de restructurer les dettes africaines à l’égard de l’Europe et des Etats-Unis si c’est pour contracter plus de dettes à l’égard de la Chine. Ce qu’on a quand même très souvent vu faire, ces dernières années », a déclaré le chef d’Etat français, répondant aux questions des journalistes le 16 février
Cette déclaration fait référence aux résultats de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) lancée entre la fin des années 90 et le début des années 2000 pour annuler la dette de plusieurs pays africains notamment, dont les niveaux de dettes étaient considérés comme insoutenables.
Malheureusement, quelques années après la fin du programme, les économies africaines se sont massivement et rapidement à nouveau endettées auprès d’autres créanciers, notamment chinois. En raison de ses méthodes d’octroi de prêts plus faciles, plus importants et affranchis des contraintes souvent mises en place par les pays occidentaux pour accorder leurs financements, la Chine est généralement accusée d’enfermer les pays du continent dans le piège de la dette
« C’est une catastrophe sur le plan financier et une catastrophe sur le plan de la souveraineté », a déclaré Emmanuel Macron lors du sommet de N’Djamena
Cependant, force est de constater que des chiffres souvent contradictoires sont avancés sur la part de l’empire du Milieu dans la dette du continent. Une situation qui contribue à jeter le flou sur ce que les pays africains doivent réellement à leur premier partenaire commercial.
Pendant que de nombreux médias parlent de 40% de la dette totale du continent, des chercheurs avancent plutôt un chiffre de 17% tandis que d’autres estiment par contre qu’il n’est actuellement pas possible de dire avec exactitude quelle est la part de la Chine dans la dette africaine.
De son côté, Emmanuel Macron considère qu’actuellement, il est essentiel que la Chine continue à participer à toutes les initiatives du G20 sur la restructuration des dettes africaines. D’ailleurs, selon la Banque mondiale, Pékin détient 63% de la dette totale due aux pays membres de l’organisation, contre seulement 45% en 2013.
Il faut « continuer le travail de restructuration des dettes africaines. Ce travail, s’il doit être efficace, nécessite d’avoir tous les créanciers autour de la table […]Le moindre projet doit être un projet qui inclut toutes les formes de dettes […] Nos partenaires chinois ont jusqu’à présent continué d’avancer avec nous là-dessus et je souhaite qu’on puisse dans le cadre du G20, mais aussi par la poursuite de négociations ad hoc, continuer à restructurer les dettes africaines ».

500 milliards de droits de tirage spéciaux

Alors que de nombreux pays africains estiment que cette initiative est très peu efficace pour résoudre leurs problèmes de financements actuels, le président français a également abondé dans le sens des droits de tirage spéciaux (DTS). Plusieurs experts et des journalistes de l’Agence Ecofin notamment avaient déjà présenté cet instrument du FMI comme une solution pouvant pallier l’insuffisance des moratoires sur la dette, accordés par le G20.
« Le deuxième pilier c’est d’aider sur un plan quasi-monétaire les pays africains, par l’émission des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international. […] ça veut dire que nous aurions l’émission de 500 milliards $ de DTS auxquels nous renoncerions. Parce qu’en fait, ces DTS vont mécaniquement vers les principaux détenteurs [contributeurs, Ndlr] du FMI et donc la quote-part est extrêmement forte pour les USA, l’Europe, et aussi pour la Chine. On engagerait nous européens, un processus de renonciation à ces DTS, les USA feraient la même chose. J’espère qu’on pourra convaincre les Chinois de faire de même pour que l’intégralité de ces DTS puisse aller vers les économies africaines ; ce qui serait un complément très important », a déclaré Emmanuel Macron.
Et d’ajouter  : « on ne peut pas permettre à l’Afrique de résister à la crise covid-19, de relancer ses économies avec la pression démographique qu’elle vit si nous ne lui donnons pas des moyens exceptionnels sur le plan financier ».https://www.agenceecofin.com

Lutte contre la pandémie et Relance économique : Sénégal sollicite 75 milliards de FCFA en «Obligations de Relance OdR» sur le marché financier

https://www.lejecos.com Le Sénégal va lancer le 26 février prochain sur le marché financier de l’Union économique monétaire ouest africain (Uemoa) des OBLIGATIONS DE RELANCE (OdR) du Trésor par adjudication, portant sur un montant de 75 milliards de fcfa et sur des maturités de trois ans, cinq ans et sept ans, a annoncé l’agence régionale ouest-africaine de planification de la dette UMOA-Titres dans un communiqué.
La date de dépôt des soumissions est fixée au vendredi 26 février 2021 à 10H30 TU, heure limite.
La présente émission dénommées « Obligations de Relance OdR» vise à permettre à l’émetteur de mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales en vue d’assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’État du Sénégal dans le cadre de ces plans de relance économique afin de contenir les effets de la pandémie COVID-19 et renouer avec les performances d’avant la crise sanitaire.
Elle concerne l’ensemble des États de la zone UEMOA. Elle cible principalement les investisseurs socialement responsables mais également les entreprises ou individus souhaitant soutenir les actions de relance économique entamée par les États de la zone. Elle est ouverte aux investisseurs de l’espace UEMOA et HORS UEMOA.
Cette émission des « Obligations de Relance ODR » par voie d’adjudication est un panier composé de trois titres. La Valeur nominale unitaire d’une obligation du trésor est de 10.000 FCFA.
Le premier titre est une Obligation de Relance du trésor d’une maturité de 3 ans offrant un coupon à 5, 60% l’an Le remboursement du capital interviendra le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 01er mars 2024. Le paiement des intérêts se fera annuellement sur la base du taux d’intérêt fixé et ce, dès la fin de la première année.
Le deuxième titre est une Obligation de Relance du trésor de maturité de 5 ans et avec un coupon à 5, 70% l’an. Le remboursement du capital interviendra le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 01er mars 2026. Le paiement des intérêts se fera annuellement sur la base du taux d’intérêt fixé et ce, dès la fin de la première année.
Le troisième titre est aussi une Obligation de Relance du trésor d’une durée de sept ans avec un taux d’intérêt de 5, 80%. Le remboursement du capital interviendra le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 01er mars 2028. Le paiement des intérêts se fera annuellement sur la base du taux d’intérêt fixé et ce, dès la fin de la première année
Les Obligations de Relance du Trésor sont admissibles au refinancement de la Banque Centrale dans les conditions fixées par le Comité de Politique Monétaire et sont négociables sur le marché secondaire conformément au règlement N°06/2013/CM/UEMOA du 23 juin 2013. Les Obligations de Relance bénéficie également d’un droit d’accès à un guichet spécial de refinancement à six (6) mois de la BCEAO.
Les revenus perçus sur Obligations de Relance du Trésor sont exonérés d’impôts pour les investisseurs résidant au Sénégal . Les non-résidents sont soumis à la fiscalité applicable sur le territoire du pays de résidence.Oumar Nourou

Covid-19, grippe aviaire, prix de l’aliment de volaille : L’envol brisé de la filière avicole

http://lesoleil.sn La filière avicole, qui a produit un chiffre d’affaires de 203 milliards de FCfa en 2019, se meut, aujourd’hui, dans un contexte marqué par la Covid-19 et la psychose causée par la grippe aviaire. À Malika, les aviculteurs, en apnée, attendent que la vague passe pour se refaire une santé.
Devant l’exploitation de Laye Sène, située au quartier Kawsara de Malika, des moustiquaires et sacs d’aliments vides font office de clôture. À l’intérieur, des plants d’igname et de menthe entourent le poulailler. Couché devant les pièces recouvertes de toiles bleues qui protègent les poulets du vent, un chien monte la garde. Le maitre des lieux, après une visite sommaire, s’épanche sur la santé de la filière dans le contexte actuel. « Personnellement, je ne vois actuellement aucune incidence de la grippe aviaire dans mes activités. Mais, nous savons que si elle arrive, ce serait la catastrophe pour nous. Ce qui plombe surtout la filière, c’est la Covid-19. Les fast-foods, restaurants et cérémonies familiales qui absorbaient l’essentiel de nos productions ont considérablement réduit leurs commandes avec le couvre-feu et l’interdiction des rassemblements », confie Laye Sène. Il situe cependant l’impact réel au niveau du coût de production et de la marge bénéficiaire. « Là où j’utilisais quatre ou cinq sacs d’aliments pour 100 sujets, je dois aller maintenant jusqu’à sept ou huit. Je garde le poulet au-delà de 45 jours et cela joue sur les bénéfices. Ces poulets ont consommé 63 sacs d’aliments au lieu des 45 initialement prévu. Ils étaient 900 », explique-t-il en désignant la trentaine de sujets qui lui reste. En termes de chiffres d’affaires, l’aviculteur estime la baisse de sa marge bénéficiaire à environ 300 000 francs Cfa.
Dans une pièce attenante, un groupe d’éleveurs devise sur l’actualité chaude du pays autour d’une théière tout aussi fumante. Abdoulaye Marone est le Président de l’Association des petits aviculteurs de Malika. « J’ai un peu diminué le nombre. Je suis passé d’une bande de 8000 à 6000 sujets. Les charges étant fixes et conséquentes, nous sommes obligés de maintenir un peu l’activité sans pour autant prendre de risques démesurés. Malgré la réduction de la production, nous avons du mal à tout écouler. Tout cela nous tire logiquement vers le bas », dit-il. Pour lui, tous ces facteurs ont engendré une crise de confiance entre les aviculteurs et les institutions de crédit. « Ceux qui avaient déjà engagé des prêts ont du mal à payer et les nouveaux dossiers sont, dans la majorité des cas, rejetés », ajoute-t-il.
Il souligne aussi la psychose observée auprès de certains consommateurs depuis la détection du H5N1 (grippe aviaire). Il est conforté dans ses propos par Cheikh Gadiaga. « Une vendeuse de sandwichs dans une école qui prenait 6 poulets par jour a gelé ses commandes à l’annonce de la grippe aviaire. Elle m’a dit ne pas vouloir prendre de risque ».

La vague de trop ?

Cheikh, écharpe autour du coup et bonnet lourd qui laisse entrevoir ses rastas, a différemment vécu les deux vagues de la Covid-19. « Avec la première vague, beaucoup d’éleveurs se sont retirés du marché. Nous, les récalcitrants, avons donc eu plus de parts et j’ai pu construire un deuxième poulailler pour augmenter ma production. C’est en ce moment que la deuxième vague est intervenue et m’a coupé l’herbe sous les pieds. Il me reste actuellement une centaine de poulets de deux mois à écouler. Je me retrouve parfois avec des pertes et des dettes avec mes fournisseurs. On ne parle donc pas toujours de bénéfice, mais l’enjeu majeur est de préserver le capital investit », explique-t-il un brin souriant.
Abdoulaye Marone, pour sa part, craint une pénurie sur le marché. « Le poulet risque de manquer parce que ceux qui vendent actuellement à perte ne vont pas s’aventurer dans un autre cycle de production tant que le contexte ne redeviendra pas favorable », dit-il.
Ces aviculteurs établis à Kawsara ne s’aventurent pas loin quand il s’agit d’évoquer l’avenir de la filière. « Beaucoup de choses ne dépendent pas de nous. Avec le H5N1, on ne maitrise rien, la zone des Niayes tend à disparaitre avec les constructions et la Covid-19 est encore là. Tout est flou, mais ce qui est certain, si l’aliment de volaille augmente, ce sera déjà la fin pour beaucoup d’aviculteurs », conclut le Président de l’Association des petits aviculteurs de Malika.
On sortait de l’exploitation de Laye Sène quand un groupe d’enfants se présente pour acheter deux poulets. Le prix, 2000 francs Cfa, est connu de tous et la transaction est vite faite. Voilà donc une autre catégorie de clients : les ménages voisins.
Quelques rues plus loin, se trouve le poulailler d’Ousmane Gadiaga. Il pousse une porte en zinc et est accueilli par les piaillements de 500 poulets de chair de 31 jours. « Il ne reste plus que quelques jours avant de commencer la vente. J’espère que ça ira vite. Je livrais 50 poulets en moyenne tous les quatre jours. Le restaurateur n’en prend presque plus parce qu’il doit fermer avant 21h », souligne l’aviculteur de 36 ans, par ailleurs titulaire d’une Licence en Banque et Finances.
À Diamaguène, un quartier voisin, se trouve un élevage communément appelé « poulailler Socé ». Baba Camara, que nous trouvons assis sur une natte, un exemplaire du Coran sur les genoux, rencontre les mêmes problèmes. « Il y a 13 chambres ici que nous louons pour nos productions. Je mets toujours 500 poussins tous les 15 jours. J’arrive à les vendre mais difficilement. Je ne tiens plus de statistiques, cependant quand les choses tournent moins biens, je les sens. Avec ce qu’on doit parfois aux fournisseurs, c’est évident qu’il y a un problème ».
La filière avicole, qui a généré un chiffre d’affaires de 203 milliards de francs Cfa en 2019, est, aujourd’hui, confrontée à des difficultés liées au contexte sanitaire et ses implications économiques. Les acteurs, en apnée, attendent que la vague passe pour se refaire une santé économique. Un plan de relance est prévu et doit être soumis au Président de la République.

Docteur Makhtar Diouf, Directeur du centre national d’aviculture : « Un plan de relance de la filière sera soumis au Chef de l’État »

Entre mars et avril 2020, plus d’un milliard de francs Cfa a été perdu sur la vente de poussins, explique Dr Makhtar Diouf, par ailleurs Conseiller technique du Ministre de l’Élevage et des Productions animales. Il révèle qu’un plan de relance de la filière avicole est en gestation et sera soumis au Président de la République.

Comment se porte la filière avicole actuellement ?

D’habitude, c’est une filière qui marche bien. En 2019, on a eu à produire 54 millions de poussins, près de 80 000 tonnes de viande de volaille et plus de 880 millions d’œufs à couver. C’est une filière qui a produit un chiffre d’affaires de 203 milliards de francs Cfa. Pour 2020, nous étions repartis sur la même lancée, mais il y a eu des événements majeurs qui ont impacté la filière. Il s’agit surtout de la Covid-19 avec les mesures restrictives comme le couvre-feu et l’interdiction des déplacements entre départements. La plupart des poulets, des œufs et des couvoirs se trouvant dans les régions de Thiès et Saint-Louis, ces restrictions dans la circulation des personnes et des biens ont eu un impact significatif sur les échanges. Il y a eu aussi l’annulation d’évènements religieux majeurs ainsi que la baisse de fréquentation des hôtels et restaurants. Ce qui a fortement joué sur l’écoulement des produits. Des producteurs se sont retrouvés avec des stocks conséquents et une bonne partie a été détruite. L’impact réel de la Covid-19 est toujours en train d’être étudié économiquement. On n’a pas encore les résultats, mais rien qu’entre mars et avril 2020, plus d’un milliard de franc a été perdu sur la vente de poussins. Nous sommes en train de faire les statistiques et, d’ici un mois, je pense que nous aurons les chiffres de l’exercice 2020.

Il y a aussi la grippe aviaire qui a été détectée dans une ferme à Thiès et au Parc national des oiseaux du Djoudj. Comment les aviculteurs vivent-ils cette situation ?

Dès qu’on a parlé de grippe aviaire, le réflexe des éleveurs a été d’arrêter les commandes de poussins. Ce phénomène a été combiné aux méventes du mois de décembre et à l’arrêt des exportations. Quand il y a la grippe aviaire et que le pays en fait la notification officielle au niveau de l’Office international des épizooties (Oie), les États, en vertu du principe de précaution, arrêtent toute importation. C’est pourquoi la Gambie et d’autres pays limitrophes vers lesquels nous importions des poussins et des œufs à couver ont fermé leurs frontières aux produits sénégalais. Cela constitue un manque à gagner et beaucoup de sociétés ont perdu de l’argent.

Le marché local est-il en mesure d’absorber toute la production ?

Oui. Le marché local en a la capacité parce que les producteurs s’adaptent. Ils attendent toujours d’écouler le stock entre leurs mains avant de se lancer dans un autre cycle. Seulement, il y a un manque à gagner et l’éleveur s’appauvrit. Pour preuve, beaucoup ne se sont pas encore relevés des pertes de l’année dernière. Pour la production d’œufs par contre, les choses se passent bien. Avec la crise, beaucoup se sont retirés du marché et il y a actuellement un équilibre. Il se pourrait même que, d’ici l’hivernage, il y ait trop d’œufs sur le marché.

On note tout de même une psychose chez certains consommateurs. Les techniciens ont-ils suffisamment investi le terrain pour rassurer les populations ?

Le travail a été fait au Ministère de l’Élevage et des Productions animales. Ce qu’il faut retenir, c’est que sur le marché, en ce moment, il n’y a aucun produit avicole avec de la grippe aviaire, pas un poulet ou un œuf contaminé au H5N1. Les populations n’ont donc pas à s’inquiéter. Nous, en tant que vétérinaires et garants de la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale, sommes en train de faire correctement notre travail. Le dispositif de veille est toujours en place et, chaque semaine, il y a une réunion du Comité d’urgence.

Où en êtes-vous avec la modernisation de la filière ?

L’État incite les producteurs à investir surtout dans la transformation. Il y a des périodes où il y a un surplus sur le marché. L’accent est aussi mis sur la formation des jeunes pour relever un peu le niveau de ceux qui travaillent dans les fermes. Le Centre national d’aviculture a été érigé en Centre d’impulsion pour la modernisation de l’élevage. C’est dans ce cadre que nous aidons aussi les acteurs à faire des business-plans et à avoir des poulaillers modernes. Cette année, nous avons formé à peu près 75 jeunes.

Quelles perspectives voyez-vous pour la filière avicole ?

S’il n’y a pas d’autres mesures dictées par la Covid-19, je pense que la filière va se relancer. Nous sommes dans le domaine de l’alimentation et il faut que les gens consomment. Un plan de relance de la filière est aussi prévu et doit être soumis au chef de l’État.

Les prix de l’œuf et du poulet de chair « stables »

Selon Libass Fall, aviculteur installé à Malika, le marché se porte bien actuellement. «Ce sont les mois qui ont précédé la Tabaski qui ont été très éprouvants. Le prix de la tablette était descendu jusqu’à 1000 FCfa parce qu’il y avait une suroffre sur le marché et la demande n’était plus au rendez-vous à cause des mesures restrictives. Certains se sont retirés du marché et les prix ont fini par se stabiliser», explique-t-il. Cet éleveur, spécialisé dans la vente d’œufs, situe le coût actuel de la tablette entre 2000 et 2200. Babacar Pouye, revendeur au marché de Rufisque, confirme cette stabilité. « Il n’y pas de baisse de fréquentation. Donc, les prix n’ont pas bougé. Le poulet de chair est cédé à 2500 FCfa et le local à 3500 FCfa en moyenne », dit-il. Installé quelques mètres plus loin, Salam Ka fait la même observation concernant la tablette d’œufs qu’il dit vendre à 2500 francs.

L’assurance, la grande méconnue des aviculteurs

Il y a un mois, le Ministre de l’Élevage et des Productions animales, au sortir d’une cérémonie de remise de matériel destiné à la riposte contre la grippe aviaire, répondant à une question relative à la couverture des risques, avait rappelé le caractère permanent et protecteur des assurances. «Au-delà de la grippe aviaire, elle est importante à tout point de vue. C’est donc une occasion pour nous de demander d’engager davantage les acteurs de toutes les filières à se rapprocher des structures d’assurance pour pouvoir aller dans le sens d’une collaboration qui permettrait de garantir et de protéger leurs activités», avait expliqué Aly Saleh Diop.
Du côté des éleveurs cependant, rares sont ceux qui souscrivent ou connaissent les différents produits intéressant leur secteur d’activité. Libass Fall, aviculteur, avec une dizaine d’années d’expérience, confirme ce manque d’informations. «J’ai actuellement des pondeuses en réforme, mais je compte bien assurer ma nouvelle bande de 2000 sujets. Seulement, je n’ai aucune information sur les produits qui concernent l’aviculture et j’ignore à qui m’adresser», dit-il.
Le Président de la Fédération des acteurs de la filière avicole, Serge Sadio, explique cette réticence par un manque d’informations mais aussi de confiance. «C’est plus difficile pour les petits éleveurs de souscrire à une police d’assurance. Ce ne sont pas des produits qui sont très connus des éleveurs. J’ai eu à faire des démarches dans ce sens il y a plus de trois ans, mais à l’époque, il n’y avait pas de produits d’assurance pour le poulet de chair », affirme-t-il. Amadou Mactar Mbodj, Président de l’Interprofession avicole sénégalaise (Ipas), affirme, lui, qu’une tournée de sensibilisation était prévue avec la Banque agricole avant que la Covid-19 ne change les plans.

Serge Sadio, Président de la Fafa : «Développer certains chainons de la filière»

Serge Sadio, Président de la Fédération des acteurs de la filière avicole (Fafa), estime à 50 % la baisse du chiffre d’affaires dans la filière avicole. Cette baisse, imputée au contexte sanitaire, risque, selon lui, d’être aggravée par la possible augmentation du prix de l’aliment de volaille. « Pour chaque tonne achetée, il faudra rajouter 30 000 francs Cfa. C’est quand même assez cher et nous le déplorons. Nous avons une plateforme, l’Ipas, qui doit être un cadre de concertation, de dialogue mais aussi d’amélioration des conditions de vie des acteurs de la filière avicole en général. Nous restons ouverts à la discussion, mais nous ne pouvons accepter, vu la situation économique du pays, la hausse d’un intrant qui représente 80 % de notre budget », explique-t-il.
Le Président de la Fafa, confiant sur les capacités de la filière à se relancer, appelle à développer certains chainons de la filière. « Il s’agit notamment de la chaine de froid, du conditionnement et du transport de la volaille. C’est autant de maillons que nous gagnerions à améliorer pour créer plus d’emplois. Aujourd’hui, la filière génère quand même 55 000 emplois environ », souligne-t-il. Il note aussi l’essor d’autres produits et services comme la vente en ligne et la livraison à domicile qui pourraient permettre à la filière d’être plus résiliente. « Je voudrais aussi dire aux aviculteurs qu’il n’y a pas que le poulet, il y a d’autres volailles, comme la dinde, la pintade, le pigeon, qui peuvent être développées pour élargir la base de choix du consommateur sénégalais », conclut-il.Abdoul Rahim KA (stagiaire)

Grippe aviaire : Le foyer détecté à Pout est «éteint et la situation sous contrôle »

Le 30 décembre dernier, un foyer du virus H5N1 est apparu à Pout, dans la région de Thiès. Au total, 58 000 sujets en sont morts. Pour éviter la propagation de cette grippe aviaire, 42 000 pondeuses ont été abattues et 2723 œufs contaminés détruits. Près de deux mois plus tard, grâce aux mesures de prévention prises, la situation est sous contrôle, selon le Ministre de l’Élevage et des Productions animales. «Le foyer de grippe aviaire détecté à Pout est éteint et est sous contrôle», a-t-il confié dans un entretien avec Le Soleil.
À la question de savoir si cette situation ne repose pas le débat sur les assurances dans le secteur de l’élevage, le Ministre l’admet et souligne l’importance pour les acteurs économiques en particulier de s’assurer. « C’est une question même de développement. Au-delà de la grippe aviaire, elle est importante à tout point de vue. Dans toute activité humaine, la prise de l’assurance permet de protéger et de booster ce qui se fait dans le secteur », a dit Aly Saleh Diop. Il encourage les acteurs de toutes les filières à se rapprocher des structures d’assurance pour pouvoir «aller dans le sens d’une collaboration qui permettrait de garantir et de protéger leurs activités».Elh. I. THIAM

RECONSTITUTION DU CAPITAL SEMENCIER : LES OBJECTIFS LARGEMENT DÉPASSÉS À FATICK

Fatick, 19 fév (APS) – Les objectifs de la région de Fatick (centre) pour la collecte de semences destinées à la reconstitution du capital semencier, en vue du prochain hivernage, ont été largement dépassés, a assuré vendredi le directeur régional du développement rural (DRDR), Mamadou Badiane.
‘’Concernant les semences, pour toutes les variétés, on a dépassé largement les objectifs de collecte, avec, à ce jour, 12.993, 197 tonnes collectées, soit une valeur estimée à 3 milliards 528 millions 308 mille 125 francs CFA’’, a indiqué M. Badiane.
Il s’entretenait avec des journalistes sur le déroulement de la campagne de commercialisation des graines d’arachide.
‘’Cette importante quantité rassure, dans la perspective de la reconstitution du capital semencier pour le prochain hivernage’’, a dit Mamadou Badiane.
Le DRDR rappelle que lors de la précédente campagne de commercialisation des récoltes d’arachide, la région de Fatick avait collecté 3.278, 185 tonnes de semences – contre 12.993, 197 tonnes pour la présente campagne.
Selon M. Badiane, la hausse de la quantité de semences collectées est due à la rentabilité de l’activité de reconstitution du capital semencier. Elle offre beaucoup d’opportunités aux opérateurs privés stockeurs, selon lui.
‘’Ces derniers, a-t-il souligné, ont la possibilité de vendre leurs stocks à l’Etat, mais aussi dans d’autres marchés de la sous-région africaine.’’AB/ASG/ES

Gestion de l’eau agricole et des ressources naturelles : Promotion d’innovations paysannes et locales

https://lequotidien.sn Pour corriger certaines incohérences qui freinent les efforts de résilience dans la zone sahélienne, Proli-GeaFasa, un projet de gestion de l’eau agricole, en cours d’exécution au Sénégal depuis janvier 2020, est porté par la Plateforme internationale pour la promotion de l’innovation paysanne dans la gestion de l’eau agricole et des ressources naturelles (Prolinova). Selon le coordinateur sous-régional pour l’Afrique occidentale et centrale de ladite plateforme, Abdel Kari Ali Mahamane, le Sahel est l’une des régions les plus vulnérables du monde face au changement et à la variabilité climatique, dans un contexte de prédominance de son économie par une agriculture dépendante à 97% de la pluviométrie. Par conséquent, l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que l’instabilité des revenus constituent d’importants freins au développement économique et social. Ils se traduisent par un taux de pauvreté élevé, particulièrement en milieu rural et par l’accentuation de l’émigration et de l’exode rural, compromettant la stabilité et la sécurité de la région. Ce qui constitue à ses yeux «un frein au développement économique et social dans les pays du Sahel. Un espace qui dispose cependant d’avantages comparatifs à valoriser». Pour changer la donne, Abdel Kari Ali Mahamane, qui faisait face à la presse hier, à l’initiative d’«AgriBio services», une organisation non gouvernementale de développement dans la région de Thiès, dans le cadre d’une journée de sensibilisation et d’informations sur le projet, estime que «l’espace sahélien dispose d’avantages comparatifs à valoriser, notamment un fort ensoleillement, de grands fleuves, une ressource en eau abondante en saison des pluies, qu’il convient de mobiliser et gérer, une demande urbaine en forte croissance et un secteur agricole qui se structure progressivement».
Il s’agit en effet de promouvoir une nouvelle approche dans la recherche d’un développement participatif dans le secteur de l’agriculture. Laquelle approche s’appuie sur les innovations locales et paysannes. «Nous faisons toujours l’effort de partir du savoir paysan et de revenir vers lui pour mieux faire face aux défis auxquels il est confronté. Nous proposons une entrée par les solutions et non une entrée par les problèmes, parce que nous sommes convaincus que le paysan a toujours su développer des pratiques empiriques pour l’essentiel pour pouvoir faire face à ces défis», explique-t-il. Pour dire, «nous partons de ces solutions empiriques qui sont développées par les paysans et essayons de les formaliser et de codifier ces connaissances afin qu’elles soient ‘’réplicables’’ dans des contextes similaires». En ce sens, 41 innovations locales dans la gestion de l’eau en agriculture, développées par des paysans sénégalais particulièrement dans les localités de Podor et Dagana, ont été identifiées. Parmi ces innovations, 21 sont aujourd’hui caractérisées et codifiées, estime la coordonnatrice du projet Proli-GeaFasa, Oumy Ndiaye, chargée de programme à l’Ong AgriBio.

NDIAHEL : LES POPULATIONS OPPOSÉES À LA VENTE DE 20000 HA DE TERRE À DES HOMMES D’AFFAIRES

Ross-Béthio, 19 fév (APS) – Le collectif des populations de Ndiahel s’oppose à la vente de 20.000 ha de terre de ce village du département de Dagana à des hommes d’affaires asiatiques, a annoncé jeudi son porte-parole, Ardo Sow ;
Les terres en question avaient été affectées à Senéthanol, puis à Sen Téranga, a-t-il rappelé, à l’occasion d’un point de presse.
‘’Nous alertons l’opinion nationale et internationale sur notre détermination à nous opposer à la vente des 20 000 ha anciennement affectés à Senéthanol qui les avait cédés par la suite à Sen Téranga et nous avons appris que très bientôt des hommes d’affaires asiatiques vont en hériter’’, a-t-il dit.
Selon lui, ‘’depuis 2012, les populations des 37 villages du Ndiahel souffrent de cette spoliation foncière et ne vont jamais accepter que ces terres soient exploitées par des étrangers’’.
Se sentant ‘’seules’’ dans ce combat, elles en appellent à l’appui des mouvements des droits de l’homme et autres défenseurs des populations locales, afin qu’elles remportent ce combat de plusieurs années.
Selon ces populations, ‘’Senéthanol, incapable d’exploiter ces terres, les a vendues à la ferme Téranga qui s’est retrouvée dans la même situation, se limitant à mettre en location ces surfaces aux populations locales’’.AMD/ASG/ADL/OI

Mbour : «L’économie de la Petite côte est à l’agonie»(Cheikh Ndiaye Kàddu Mbour)

https://www.dakaractu.com Le porte-parole du mouvement Kàddu Mbour s’est prononcé sur les sujets d’actualité. Pour ne pas le nommer, Cheikh Ndiaye a abordé la sortie pour ne pas dire la bourde de Moustapha Diakhaté.
Selon lui, on ne doit pas mélanger les discours politiques et l’Islam, il faut que les hommes politiques sachent raison garder.
Abordant la question du couvre-feu, le porte-parole de Kàddu Mbour de demander à Macky Sall de ne pas prolonger le couvre-feu parce que l’économie de la Petite côte est au bord du gouffre. Et pour sauver l’économie, sauvegarder les emplois, le président Macky Sall doit revoir le couvre feu sur Dakar, Thiès, mais particulièrement le département de Mbour qui polarise l’économie.
Par ailleurs, Cheikh Ndiaye s’est prononcé sur les vaccins et demande à Macky Sall de se vacciner en premier lieu. Concernant l’affaire Sonko/Adji Sarr, ce dernier appelle au calme et demande aux acteurs de laisser la justice faire son travail. Le porte parole de Kàddu Mbour s’insurge aussi contre ceux qui insultent les journalistes sur les réseaux sociaux…

La Banque expliquée à tous – Focus sur l’Afrique

La banque occupe une place centrale dans la vie de tous les acteurs économiques. L’auteur – désireux de mieux faire connaître cette « institution », ses enjeux, son rôle, son fonctionnement et ses risques – passe en revue les concepts clés du secteur bancaire, sous la forme originale de questions-réponses. Cet ouvrage pédagogique – accessible au plus grand nombre – est un dialogue autour des thèmes majeurs qui caractérisent l’activité bancaire :

  • La banque dans son universalité : son histoire, sa définition pour mieux comprendre ses mutations actuelles. Le rôle de la banque dans la politique économique et dans la politique monétaire.
  • Les différentes catégories de banques : publiques, mutualistes, commerciales, de financement et d’investissement, privées, islamiques, centrales, de développement, d’import-export ; leurs fonctions et leurs opérations.
  • Les dettes financières : les dettes obligataires et les opérations de crédit.
  • Les risques bancaires : les risques strictement bancaires, les risques opérationnels, les risques de gouvernance, les risques politiques, les risques climatiques, le risque systémique et le risque global d’insolvabilité.
  • Les mesures de réduction des risques : les mesures curatives prises par les États, les institutions internationales et les autorités de supervision internationales et nationales pour vaincre les crises financières et les instruments de surveillance et de prévention de ces risques.
  • La banque face à la crise sanitaire de la Covid-19.• L’inclusion financière et le financement de l’économie : éléments objectifs et controverses.
  • Les défis de l’activité bancaire : les relations avec la clientèle, la concurrence des fintech, l’innovation technologique, les exigences de la réglementation et de la conformité, la sécurité, la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, la solidité financière et la qualité du management des ressources humaines, etc.

« L’ouvrage parle de la banque, cette pierre angulaire du développement économique des nations, main dans la main avec les entrepreneurs qui créent, innovent et développent les entreprises ; main dans la main avec les autorités publiques qui ont la mission de faire émerger un environnement économique, juridique et social favorable à la création de richesses. (…) Je l’ai lu avec intérêt pour la pertinence des questions qu’il aborde, pour la clarté et la justesse des réponses qu’il apporte et pour son originalité. (…) L’ouvrage retrace, non sans brio et avec pédagogie (…) 4 000 ans d’histoire de la banque et des instruments de paiement. (…) [Il] est une invitation au voyage à l’intérieur et autour des banques ; un voyage dans le temps et dans l’espace ; un voyage qui vous révèle une mine d’informations sur l’activité bancaire ; un voyage que je vous propose d’entreprendre avec Mamadou Sène. » Mohamed El Kettani (extraits de la préface)
L’auteur, Mamadou Sène est diplômé de HEC-Paris en 1980. Il est membre du conseil d’administration de CBAO Groupe Attijariwafa bank. Entre 1994 et 2015, il a exercé les fonctions de Directeur Général de la Société Financière d’Équipement au Sénégal, de Bank of Africa-Niger, de Bank of Africa-Mali et d’Orabank Guinée. Avant son parcours professionnel bancaire, il a occupé la fonction de Directeur Général Adjoint des Industries Chimiques du Sénégal.Il est ancien élève du Prytanée Militaire de Saint-Louis du Sénégal.
http://www.revue-banque.fr/ouvrage/banque-expliquee-tous-focus-sur-afrique

CONNECTIVITÉ : UN GROUPE EUROPÉEN DE SATELLITE OFFRE SES SERVICES POUR UNE MEILLEURE COUVERTURE DU PAYS

Dakar, 19 fév (APS) – Le groupe représentant la Société européenne des satellites (SES) se dit en mesure d’aider les opérateurs de téléphonie au Sénégal, afin d’assurer une meilleure connectivité dans certaines zones du pays, à travers sa deuxième génération de système satellitaire dénommée « 03bmPower » et dont le lancement est prévu en 2021.
Au Sénégal, cet opérateur de satellite se présentant en « leader en solutions mondiales de connectivité », est déjà en contact avec des opérateurs, pour qu’ils puissent utiliser le système satellitaire et élargir leur couverture partout au Sénégal, notamment dans les zones les plus reculées et sans que cela implique de lourds investissements, a dit Abou Diallo, son directeur pour l’Afrique.
« C’est vrai que le Sénégal est relativement bien couvert par rapport à beaucoup de pays africains, mais il reste des zones dans le nord-est, au sud, notamment, où la liaison terrestre peut être coupée. Nous pouvons aider les opérateurs à amener la connectivité sans de lourds investissements et donner une meilleure qualité de réseau », a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse.
Le système satellitaire étant proche de la fibre optique, il n’y a nul besoin de creuser pour amener la connectivité partout avec la même qualité, a assuré M. Diallo au cours de cette rencontre organisée en prélude au lancement, courant 2021, de la deuxième génération de système satellitaire dénommé « 03bmPower ».
« Un projet est en cours avec des opérateurs au Sénégal, mais à ce stade nous ne pouvons pas donner plus de détails », a indiqué Abou Diallo, selon qui l’entrée du système satellitaire « aura à coup sûr des avantages » aussi bien sur la qualité de la connectivité que sur le coût au consommateur.
Le groupe SES souhaite promouvoir l’entreprenariat et le développement économique en Afrique grâce à la connectivité par satellite à travers une collaboration avec les Etats et les opérateurs de téléphonie déjà sur place, déclare M. Diallo.
Il est revenu sur les caractéristiques du nouveau système de connectivité par satellite et les avantages qu’il apporte au continent africain.
Ce système de communications satellitaire, qui est une constellation en orbite non géostationnaire (NGSO), est réputé offrir des avantages à travers son infrastructure instantanée pour les communications d’urgence, induisant des gains dans le domaine de l’activité économique et de la productivité, selon le directeur Afrique du groupe SES Networks.
Il y a surtout que ce système contribue à la réduction de la fracture numérique, d’après Abou Diallo, dont la société est présente sur le continent africain depuis « près de 20 ans » à travers plusieurs bureaux.
Le nouveau système proposé par SES qui travaille ’’uniquement avec les Etats et les opérateurs de téléphonie’’, est composé « d’une constellation initiale de 11 satellites haut débit et à faible latence, d’une infrastructure terrestre étendue et de logiciels intelligents », a expliqué l’ingénieur en télécommunications.
« On sait que la connectivité internet stimule la productivité et la croissance et peut améliorer la qualité de vie de nombreux Africains vivant dans des zones isolées. Plus de 30 % des Africains vivent dans des pays sans littoral et font face à des défis importants en termes de connectivité fiable », a relevé M. Diallo.
Cette situation fait que « de meilleures solutions sont nécessaires alors que le nombre d’appareils connectés et la demande d’applications en bande passante continuent d’exploser à travers le continent », a-t-il poursuivi.
Présenté en 2017 pour un lancement prévu en 2021, le système est soutenu par un écosystème de partenaires technologiques et a été conçu pour répondre aux « applications exigeantes » des clients de la mobilité, des télécommunications, des administrations et des entreprises, a souligné Abou Diallo.ADL/ASG/BK

Camions de vidange : 12 milliards pour le renouvellement du parc

https://lequotidien.sn Acquisition de 254 citernes : c’est l’objectif visé à travers la mise en œuvre du Projet d’appui au renouvellement des camions de vidange (Parc) qui a été lancé hier. Financé à hauteur de 12 milliards de francs Cfa, le Parc a une durée de cinq ans.
Le Projet de renouvellement des camions de vidange (Parc) a été lancé hier par les différentes parties prenantes. Pour la période 2020-2022, une enveloppe globale de 2 milliards de francs Cfa a été d’abord dégagée pour la première phase, afin de financer l’acquisition d’une quarantaine de camions neufs. Cependant, le Parc ambitionne de remplacer tous les camions vétustes, soit un projet de renouvellement de 254 camions, pour un montant total de 12 milliards de francs Cfa sur cinq ans.
L’acquisition des camions neufs se fera à travers un mécanisme de crédit facilité par la Der/Fj. Les vidangeurs pourront non seulement améliorer leurs performances et réduire les agressions sur l’environnement, mais également bénéficier de l’assistance technique de l’Usaid via son Projet financement de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (Usaid Wash-Fin), de la Der et de l’Association des acteurs de l’assainissement du Sénégal (Aaas).
«Dans ce projet, nous n’accepterons aucun camion d’occasion comme dans le précédent. Tous Les camions seront neufs et montés ici au Sénégal», avertit le Délégué général à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (Der/Fj) à la cérémonie de lancement du Parc hier.
Bien que 73% des opérateurs de vidange jugent l’activité rentable, le secteur de l’assainissement reste confronté à un défi majeur relatif à l’accès au financement et au renouvellement de leur investisseur. Le secteur de l’assainissement est toujours considéré comme risqué par les investisseurs.
«Avec la mise en œuvre du Parc, la Der/Fj teste la capacité des acteurs à absorber ces investissements de taille en mettant toute à la fois à leur disposition un package de services incluant le financement et l’assistance technique par le biais de nos partenaires pour les accompagner», dit Papa Amadou Sarr.
Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Eau et de l’assainissement, exhorte ainsi les acteurs à relever les défis de l’entretien et du remboursement.
L’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal Tulinabo Mushingi, lui, salue ce projet innovant qui permettra d’améliorer l’assainissement au Sénégal en contribuant à combler les déficits de financement existants afin de mieux répondre aux besoins des populations en matière d’assainissement.
Au Sénégal, le taux d’accès à l’assainissement est estimé à 48% en 2017 avec 5% des populations qui sont raccordés au réseau tout-à-l’égout. Ce qui implique un besoin important de services d’assainissement autonomes. C’est dans cette optique que l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), l’Usaid Wash-Fin, la Der/Fj et l’Aaas ont initié le Parc.

Les fortes recommandations du forum civil ! Lutter contre la corruption sur toutes ses formes est l’un des combats que mène avec hargne le Forum civil.

Dans le cadre du «Projet pour la mise en application des engagements anti-corruption de l’Afrique», son coordonnateur général Birahim Seck et ses partenaires ont fait de fortes recommandations à l’Etat du Sénégal pour réduire la corruption, un véritable frein au développement.
Financée par le Ministère Fédéral allemand de la Coopération Économique et du Développement et la GIZ, avec l’appui technique de Transparency International, l’Etude, pilotée par le magistrat Moustapha Ka, expose en trente (30) points la recette qui pourrait réduire de manière drastique la corruption dans notre pays.
D’ailleurs, le Forum Civil a envoyé copie à toutes les institutions, notamment le président de la République, le président de l’Assemblée nationale, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et la présidente du Haut conseil des collectivités (HCCT).
1.- La transposition constitutionnelle doit être largement conforme aux idéaux et principes fondamentaux listés à l’article 3 de la CUAPLCC ;
2.- Le Sénégal dispose avant l’adoption de la CUAPLCC d’un code pénal en vertu de la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 qui contient plusieurs incriminations relatives à la lutte contre la corruption et infractions assimilées sauf la corruption dans le secteur privé, l’abus de fonction et la corruption d’agents publics étrangers ;
3.- L’Etat doit renforcer l’autonomie financière de l’OFNAC et en mettant le budget à sa disposition au lieu de le loger dans celui de la Présidence de la République ;
4.- La CREI doit être réformée en vue d’introduire le droit à un recours effectif et en supprimant le renversement de la charge de la preuve ;
5.- Le Sénégal doit modifier sa législation afin de prévoir la protection des informateurs, lanceurs d’alerte et témoins ainsi que les techniques d’enquête spéciales dans les investigations en matière de lutte contre la corruption ;
6.- L’Etat doit renforcer ses actions allant dans le sens de l’éducation des citoyens au respect des biens publics etinclure l’éducation au respect des biens publics dans le curriculum du préscolaire à l’enseignement supérieur et dans la formation de certains corps de profession ;
7.- L’Etat doit rendre publics les rapports de l’IGE et de l’IGF et autoriser à ces organes la saisine directe des autorités de poursuite en ce qui concerne les faits de corruption décelées lors des inspections ;
8.- Le Sénégal doit modifier la loi n° 2014-17 du 02 avril 2014 afin de doter l’OFNAC de pouvoir de sanction contre les assujettis qui ne font pas leur déclaration de patrimoine et soumettre les membres de l’OFNAC à la déclaration de patrimoine avant et après cessation de fonction ;
9.- L’Etat doit étendre le régime juridique de détention avant jugement applicable au détournement et soustraction de deniers publics à toutes les infractions prévues par la CUAPLCC ;
10.- L’Etat doit inclure les infractions prévues par la CUAPLCC parmi celles soumises à la compétence universelle prévue à l’article 664 bis du code de procédure pénale ;
11.- L’Etat doit aligner les infractions prévues par la CUAPLCC dans la rubrique de celles soumises à un délai de prescription plus long comme le détournement de deniers publics et le blanchiment de capitaux ;
12.- L’Etat doit exclure les infractions prévues par la CUAPLCC au bénéfice de la mesure de grâce, de la libération conditionnelle de l’aménagement des peines prévues à l’article 44-2 du code pénal ;
13.- Le Sénégal doit adopter sans délai une loi sur l’accès à l’information et accroitre la transparence dans les marchés publics ;
14.- L’Etat doit adopter sans délai une loi qui organise le financement des partis politiques ; 15.- La gendarmerie nationale et la police doivent être dotées d’un code de conduite conforme aux articles 7. 2, 22. 5, paragraphe f de la CUAPLCC ;
16.- L’Etat partie doit adopter une loi ou modifier sa législation nationale existante afin d’organiser l’entraide et l’extradition en matière de corruption comme c’est le cas pour le blanchiment de capitaux en vertu de la nouvelle loi n°2018-03 du 28 février 2019 ;
17.- L’Etat partie doit modifier sa législation nationale en vue de prendre en compte le recouvrement des avoirs à l’étranger, la restitution des avoirs saisis ou confisqués sur demande d’autorité judiciaire étrangère et la définition des clés de répartition desdits avoirs ;
18.- L’ITIE songerait à élaborer et rendre public un manuel de procédures relatif notamment à l’octroi des titres et permis, au suivi des opérations et au recouvrement des recettes ;
19.- L’ITIE gagnerait à clarifier les mesures du niveau fiscal incitative accordées aux sociétés extractives conformément aux recommandations de la Validation du Sénégal en 2018 ;
20.- L’Etat, à travers l’ARMP doit prendre les mesures nécessaires pour faire respecter la publication des avis d’attribution définitive des marchés publics et la constitution régulière des listes restreintes dans les procédures d’appel d’offres restreint ;
21.- Les professionnels des médias doivent bénéficier de plus de formation sur le respect du bien public ;
22.- Les journalistes doivent se former et, au besoin, se spécialiser sur les techniques d’investigations en matière de détection, de documentation et sur les procédures adéquates de dénonciations des faits de corruption ;
23.- Les entreprises de presse doivent intégrer dans leur mission la lutte contre la corruption ;
24.- Les écoles de formation professionnelles des journalistes et autres professionnels des médias doivent intégrer dans leur curriculum un module sur la lutte contre la non transparence et la corruption ;
25.- Les OSC et les médias doivent renforcer la sensibilisation des citoyens au respect du bien public à travers des émissions radiotélévisées et par tout autre moyen de diffusion audiovisuelle ;
26.- Les OSC et les médias doivent renforcer le plaidoyer pour l’harmonisation du dispositif de lutte contre la corruption et sa mise en œuvre en référence à la CUAPLCC ;
27.- Le plaidoyer doit cibler tous les vecteurs parlementaires, membres du gouvernement, chefs des bureaux régionaux et autres organismes des Nations Unies et les représentations ou représentants diplomatiques et consulaires ;
28.- Les OSC doivent veiller à accroitre la transparence dans la désignation de leurs représentants au niveau des administrations publiques ;
29.- Les OSC et les médias doivent réserver dans leurs plans de communication un axe sur la communication en matière de respect du bien public ;
30.- Les OSC doivent se conformer au délai de production des rapports périodiques destinés aux organes des traités et appuyer l’Etat dans la mise en œuvre des recommandations issues des sessions d’évaluation-pays.

OPERATION DE SECURISATION DE L’ARMEE EN CASAMANCE : Le oui, mais… des cadres casamançais

https://www.jotaay.net Quinze jours après la fin de l’opération de sécurisation de l’armée dans la bande frontalière sud-Est de la Casamance avec la Guinée-Bissau, dans les départements de Ziguinchor et de Goudomp, le Collectif des cadres casamançais (Ccc) a sorti un communiqué plus que nuancé. En effet, les cadres casamançais ont dénoncé la manière violente utilisée par l’armée pour démanteler les bases arrières des combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) comme les camps de Badiong, Sikoune et autres.
«Ces opérations qui viennent de prendre fin avec un tel regain de confrontations violentes auraient pu être évitées et qu’à l’heure actuelle, le retour d’une paix définitive en Casamance devrait être la priorité et la préoccupation pour tous», planchent le Collectif des cadres casamançais. Pierre Goudiaby Atépa, qui a apposé sa signature sur le document, d’indiquer  : «si ces opérations sécuritaires entreprises par nos forces armées rentrent dans le cadre normal de leurs missions régaliennes, elles sont perçues comme une remise en cause du modus vivendi caractérisé par une assez longue accalmie dans les confrontations violentes entre I‘armée sénégalaise et les combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc)».
A la place, les cadres ont loué le travail fait par Robert Sagna. «Le Collectif des cadres casamançais félicite le Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (Grpc) qui a joué un rôle de validation et de consolidation de cette accalmie en parrainant plusieurs fora sur la paix et le développement et en s’impliquant dans la réinsertion sociale des combattants. De plus, il encourage le Grpc pour I‘intérêt qu’il accorde à la situation et aux besoins aussi bien des populations revenues dans leurs villages, que des réfugiés casamançais».
Même si Pierre Goudiaby et Cie fustigent la méthode utilisée par l’armée, ils n’en déplorent pas moins «les exactions perpétrées par des bandes armées contre les populations locales. «C’est tout simplement inacceptable, tout comme il est inacceptable que des individus s’opposent par la force au retour sur leurs terres des personnes réfugiées en Gambie ou en Guinée-Bissau», écrivent-ils. Aussi, les cadres casamançais saluent les actes très forts posés par l’Etat pour la relance des activités économiques et sociales de cette région et l’invitent à maintenir la dynamique de soulager les difficultés des populations casamançaises éprouvées par les longues années de conflit.
Force de proposition, le Collectif des cadres casamançais «approuve les opérations sécuritaires récemment menées dans la zone militaire N°5 en vue de restaurer l’autorité de l’Etat partout au Sénégal et demande à I’armée de veiller et de sauvegarder les acquis ; propose que le chef de I’Etat, suite à la main tendue et acceptée par tous les cantonnements du Mfdc, renouvelle son appel pour la paix des braves, pour des négociations de sortie de crise ; demande au chef de l’Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires et concrètes pour aller résolument vers la fin des hostilités car les populations casamançaises sont fatiguées et aspirent elles aussi au développement ; invite le Grpc à intensifier ses démarches auprès du Mfdc en vue de l’amener, après avoir accepté la main tendue du président de la République, à la signature d’un accord de paix pour une résolution définitive du conflit et ce, sans toutefois attendre une hypothétique réunification des ailes politiques et combattantes du Mouvement ; invite I’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales (Anrac) à trouver les moyens conséquents auprès de ses bailleurs pour poursuivre les actions de soutien et d’accompagnement qu’elle apporte aux personnes déplacées».Baye Modou SARR

L’ETAT DE CATASTROPHE SANITAIRE PROROGÉ JUSQU’AU 20 MARS (MINISTRE)

Dakar, 20 fév (APS) – Le chef de l’Etat, Macky Sall, a décidé de proroger jusqu’au 20 mars prochain l’état de catastrophe sanitaire décrété dans les régions de Dakar et Thiès, afin de réduire la propagation du nouveau coronavirus, a annoncé, samedi, le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome.
Les statistiques des derniers jours montrent que la situation demeure ‘’préoccupante’’ dans ces deux régions au regard du nombre de personnes contaminées, de cas graves et de décès, a justifié M. Diome.
Le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’en application de cette mesure, les restrictions restent en vigueur dans les régions de Dakar et Thiès.
Il s’agit de l’interdiction de la circulation des personnes et des biens de 21 heures à 5 heures, l’interdiction des manifestations et rassemblements sur la voie publique et l’interdiction de toute réunion publique, a-t-il indiqué.
Font aussi partie de ces restrictions l’interdiction de toute réunion privée, comme les baptêmes, les mariages, les réceptions et les manifestations religieuses, l’interdiction de tout rassemblement dans les lieux recevant du public, notamment les hôtels, les salles de spectacle, les dancings, les bars, les cafés, les salons de thé, les plages, les terrains…
Le ministre de l’Intérieur a rappelé que, ‘’sur toute l’étendue du territoire nationale’’, le port du masque de protection reste de vigueur dans les lieux public et privé tels que la voie publique, les services de l’administration publique, les services du secteur privé, les lieux de commerce, les moyens de transport.BHC/AS

UNE POLYCLINIQUE DE NIVEAU 5 SERA CONSTRUITE À L’HÔPITAL PRINCIPAL DE DAKAR (MÉDIA)

Dakar, 19 fév (APS) – Une polyclinique devant permettre d’offrir des services sanitaires dans un environnement hôtelier 5 étoiles sera prochainement érigée au sein de l’hôpital Principal de Dakar, a annoncé le journal Le Soleil dans sa parution de vendredi.
Citant un communiqué de la présidence sénégalaise, le quotidien national rapporte que le projet d’une telle infrastructure a été présenté jeudi au président Macky Sall lors d’une réunion consacrée à sa matérialisation
’’L’hôpital Principal de Dakar, comme aiment à l’appeler les Sénégalais et nombreux habitants de la sous-région qui le fréquentent, était une structure hospitalière de niveau 4. Il va, grâce à cette future polyclinique, offrir tous les services de santé et besoins médicaux dans un environnement hôtelier 5 étoiles’’, souligne le journal.
’’L’objectif est d’assurer notre souveraineté sanitaire avec plus d’équité sociale et de réduire les évacuations à l’étranger’’, ajoute la publication AKS/OID

LES PREMIÈRES DOSES DE VACCIN ANTI-COVID-19 ACHEMINÉES VERS LES RÉGIONS

Dakar, 20 fév (APS) – Les doses de vaccin anti-Covid-19 destinées aux régions de l’intérieur du pays ont été expédiées ce samedi, a appris l’APS.
Le coup d’envoi de cette opération a été donnée lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr.
‘’Les vaccins vont quitter Dakar aujourd’hui, et dans quatre jours, seront disponibles partout dans le pays pour prendre en charge de manière plus efficace notre plan d’opérationnalisation de la vaccination anti-Covid-19’’, a expliqué le ministre.
Le président Macky Sall a procédé, mercredi, à la réception des 200.000 premières doses de vaccin anti-Covid, acquises par le Sénégal auprès de la firme pharmaceutique chinoise Sinopharma.
Abdoulaye Diouf Sarr précise que la distribution de ces vaccins ant-Covid-19 va démarrer par la région de Thiès. Elle sera ensuite menée dans les régions du nord du pays, avant de toucher l’ensemble du territoire au terme des quatre jours impartis pour l’opération.
Il a annoncé que son ministère va installer lundi un comité national de contrôle et de suivi des opérations de vaccination. Cette étape sera suivie du lancement mardi de la campagne nationale de vaccination ant-Covid-19 sur toute l’étendue du territoire sénégalais.
‘’Il faut absolument conduire de main de maître les opérations de vaccination jusqu’au dénouement (de la situation)’’, a assuré le ministre.
Il a précisé que pour une gestion efficace et efficiente de cette campagne de vaccination contre la pandémie, les médecins-chefs des régions médicales et des districts sanitaires vont diriger les opérations, en identifiant les cibles prioritaires, sous la coordination des gouverneurs de région pour une bonne mise en œuvre du plan de vaccination.
Il a rappelé que c’est dans un contexte international de rareté des vaccins que le chef de l’Etat, Macky Sall, a tout fait pour obtenir le sérum. ‘’C’est une fierté. Et il faut y aller très vite ’’, a-t-il exhorté.
Abdoulaye Diouf Sarr a en outre assuré que le Sénégal a des instruments ‘’très efficaces en matière de vaccination, d’approvisionnement et de distribution des produits pharmaceutiques’’.
Depuis que la pandémie s’est déclarée au Sénégal le 2 mars 2020, le pays a recensé 32.630 cas confirmés, dont 26.907 guéris et 795 décès. A ce jour, 4.927 patients sont sous traitement.SG/ASG

Vaccins  Covid-19 : les imams appellent les Sénégalais à ne pas se suicider

https://www.pressafrik.com L’Association des Imams et Oulémas du Sénégal se joint à la campagne de sensibilisation pour le vaccin contre la Covid-19. Face à la presse vendredi, ils ont appelé les Sénégalais à aller se faire vacciner. Sans quoi, leur décès de cette pandémie pourrait être qualifié de suicide.
« Les Imams et Oulémas exhortent toute la population à aller se faire vacciner et très massivement pour se préserver du coronavirus. Un acte de civisme et de citoyenneté recommandé par la religion musulmane. Car le fait de ne pas se vacciner est synonyme de suicide. Et le suicide est formellement interdit par l’Islam« , a déclaré l’Imam Makhtar Ndiaye, membre de ladite association.
Le Sénégal a réceptionné mardi,  200 000 doses du vaccin chinois Sinopharm. Vendredi, le chef de l’État, Macky Sall, a annoncé sur les Réseaux sociaux que le processus était déjà entamé pour l’acquisition de près de sept millions de doses supplémentaires pour la vaccination de grande masse.AYOBA FAYE

ADHESION A LA STRATEGIE NATIONALE DE VACCINATION CONTRELA COVID-19  : L’autre défi du Sénégal

http://www.sudonline.sn Alors que le Sénégal dispose de ses premières doses de vaccin anti Covid-19 pour les cibles prioritaires en attendant la réception d’autres doses pour démarrer la vaccination de masse, rassurer et/ou convaincre la population apparait comme une gageure face à la défiance de certaines personnes vis-à-vis du vaccin. L’autre défi reste donc la stratégie de communication à mettre en place pour lever le voile de suspicions et pousser les populations à se faire vacciner librement contre la Covid-19
«Il n’y a aucune raison de s’inquiéter, de douter ou de spéculer sur les vaccins anti Covid-19». C’est l’assurance donnée par le Président de la République, Macky Sall, avant-hier, mercredi 17 février lors de la cérémonie de réception des 200 mille doses de vaccin anti Covid-19 acquises auprès de la firme chinoise Sinopharm et destinées aux personnels de santé, aux personnes âgées de plus de 60 ans et celles vivant avec une comorbidité.
« J’exhorte les cibles prioritaires qui vont bénéficier de ce vaccin à respecter les rendez-vous nécessaires afin de recevoir les deux doses requises pour une protection efficace et dans la perspective de la vaccination de masse qui va débuter prochainement et je lance un appel à toute la population pour une adhésion totale à notre stratégie de vaccination », a déclaré Macky Sall. Sur ce, il a annoncé l’acquisition dans les prochaines semaines de 6 798 000 doses de vaccin qui « permettront d’entrer dans la phase de vaccination de grande masse ».
Toutefois, au-delà de l’acquisition de ces premières doses de vaccin, il reste aujourd’hui à gravir la montagne. C’est à dire convaincre les populations à se faire vacciner. Pour cause, certaines d’entre elles n’ont pas l’intention de le faire alors que d’autres même continuent de nier l’existence de la maladie depuis le début. Ce scepticisme vis-à-vis du vaccin anti Covid-19 s’explique d’une part par la rupture de confiance entre les populations et les gouvernants, la rapidité du développement du vaccin, entre autres.
Dans ce qui sera la grande bataille du Sénégal en matière de communication à mettre en place pour pousser les gens à se faire vacciner, s’ajoutera la lutte contre la désinformation autour du vaccin avec les infox (fausses informations) qui prolifèrent sur les réseaux sociaux surtout que la cérémonie de réception du premier lot de vaccins a fait l’objet de risée sur les réseaux sociaux. D’aucuns pensent que les priorités sont ailleurs dans le pays au lieu de perdre du temps sur la réception de vaccins.
En effet, dans certains pays comme les Etats-Unis ou Israël, ce sont les Présidents de la République ou les ministres qui ont donné le coup d’envoi de la campagne de vaccination contre la Covid-19 en se faisant vacciner publiquement devant les caméras. Cependant, personne n’est sans savoir l’apport incommensurable des chefs religieux dans la lutte contre l’épidémie au Sé négal qui s’est manifestée par le port du masque, la fermeture des lieux de culte, le report ou encore l’annulation de plusieurs évènements religieux.
On peut citer, entre autres, le Daaka de Médina Gounass, l’Appel des Layènes édition 2020, le Magal Kazou Razab, le pèlerinage Marial de Poponguine 2020, la ziarra omarienne et la ziarra générale de Tivaouane et du Gamou. Mais au-delà de tout cela, on peut aussi attendre de ces autorités religieuses d’indiquer la voie dans la campagne de vaccination contre la Covid-19 parce que ce sont de véritables porteurs de voix. Ils sont mieux même suivis que l’autorité politique. Sans oublier les chefs coutumiers et d’autres relais communautaires.
Un défi majeur s’annonce donc pour le Sénégal pour rassurer et susciter l’adhésion de la population au vaccin anti Covid-19.

Covid-19 : Le candidat vaccin Sputnik V à la conquête du marché africain, une offre de 300 millions de doses sur la table.

https://www.dakaractu.com L’équipe spéciale pour l’acquisition de vaccins en Afrique appelée Avatt (l’Afrique Acquisition Task Team), structure créée par l’Union africaine pour acquérir des doses supplémentaires de vaccins pour permettre au continent noir d’atteindre un taux de vaccination de 60 %, vient d’annoncer l’offre de 300 millions de vaccins Sputnik V qui lui a été faite par la Fédération de Russie.  Cette offre comprend un paquet de financement pour tous les États membres qui souhaitent se procurer ce vaccin, a indiqué un communiqué conjoint paru dans le site de la Plateforme africaine des fournitures médicales (Amsp) parcouru par Dakaractu.
Dans ce document, il est signalé qu’avec ces 300 millions de vaccins Sputnik V supplémentaires, l’Amsp accélère les précommandes en ligne de vaccins Covid-19 pour les 55 États membres de l’Union africaine. Entre-temps, l’Avatt indique, selon ledit communiqué, que ‘’les 270 millions de doses précédemment obtenues auprès d’AstraZeneca, de Pfizer et de Johnson & Johnsons ont toutes été absorbées avant la date limite de la première phase d’allocation par l’Amsp.
« Nous sommes reconnaissants de recevoir les vaccins Sputnik V de la Fédération de Russie et extrêmement fiers de pouvoir les proposer sur l’Amsp pour nos États membres de l’Ua », a déclaré le Dr John Nkengasong, directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa Cdc). « Des partenariats bilatéraux et du secteur privé tels que ceux-ci sont essentiels dans nos efforts pour mettre fin à la pandémie de Covid-19 », a-t-il ajouté.
Alors que les détails, y compris les informations cliniques et techniques, sont désormais accessibles sur la plateforme africaine de fournitures médicales (Amsp), les vaccins Sputnik V seront disponibles pour une période de 12 mois à partir de mai 2021. Cependant, mention est faite qu’à partir de ce vendredi 19 février 2021, les 55 États membres de l’Union africaine sont tous invités à visiter le site www.amsp.africa et à utiliser leur code d’accès national – délivré aux ministres des finances et de la santé de tous les États membres de l’Union africaine – pour lancer le processus de précommande.
Pour l’heure, le Togo est intéressé par le vaccin russe Sputnik V des informations relayées par des confrères de Togolais font état de négociations entamées par leur gouvernement avec la Russie.
Il faut, en outre, ajouter que l’Amsp (Africa medical supplies platform), est un marché en ligne qui a été lancé pour permettre l’achat, l’agrégation de volumes, la gestion des quotas, la facilitation des paiements ainsi que la logistique et le transport d’équipements médicaux liés à Covid-19 à travers le continent africain. Et qu’il inclut un paquet de financement pour tout État membre souhaitant se procurer ce vaccin.

Pandémie à Ébola en Guinée/Hôpital régional de Ziguinchor : «Si cette maladie apparait ici, ça sera la débandade totale. Aucun centre de mise en quarantaine n’est mis à la disposition de l’hôpital»(Syndicaliste)

https://www.dakaractu.com Annoncée en Guinée Conakry, la maladie à virus Ébola est réapparue six ans après dans ce pays frontalier au Sénégal. Une maladie très contagieuse. Le Sénégal est plus qu’en alerte, mais les structures sanitaires de la Casamance semblent ne pas être au prêtes pour lutter contre cette pandémie. C’est le secrétaire général de la CNTS, section hôpital régional de Ziguinchor qui sonne l’alerte.
Selon Siméon Faye, le centre hospitalier régional de Ziguinchor qui est une référence dans toute la Casamance eg qui reçoit des malades de la Guinée et de la Gambie, ne s’est pas encore préparé.
C’est pourquoi, il invite les autorités à l’anticipation, non sans dénoncer la politisation à outrance du département. « Le ministère tant qu’il sera confié à des politiques, son  fonctionnement fera défaut. Le système de santé ne repose pas sur la réalité du terrain,  mais plutôt sur la politique.  » Il précise que « du temps d’Eva Marie Coll Seck, le Sénégal n’avait aucun cas d’Ébola. Cette maladie a ressurgi en Guinée Conakry, jusqu’au moment où je te parle, nous n’avons pas pris les dispositions pour pouvoir pallier à ça. Ce sont les malades de la covid-19 qui occupent le site qui avait été réservé pour interner les malades d’Ébola. Et le matériel prévu pour Ébola est utilisé pour le coronavirus », fait-il savoir.
C’est pourquoi il souligne que « l’hôpital régional de Ziguinchor n’est pas paré à faire face à Ébola. Si cette maladie apparait à Ziguinchor, ça sera la débandade totale. Aucun centre de mise en quarantaine n’est mis à la disposition de l’hôpital pour pouvoir prendre en charge les cas d’Ébola », prévient Siméon Faye joint par téléphone par la rédaction de Dakaractu…

Sécurité Publique : Interdiction de la vente de carburant en détail à Dakar.

https://www.dakaractu.com Dans un communiqué rendu public, le gouverneur de la région de Dakar interdit toute vente en détail pour une période de deux mois.
« Il est interdit sur toute l’étendue du territoire de la région de Dakar, pour des raisons de sécurité, la vente de carburant au détail pour une période de deux  mois à compter du 19 Février 202 », lit-on dans le communiqué signé par le gouverneur Al Hassan Sall, qui précise également que « l’interdiction concerne, notamment la vente de carburant dans des récipients autres que les réservoirs des véhicules ou des cyclomoteurs. »
Par ailleurs, le gouverneur de souligner que « par dérogation aux dispositions de l’article premier, la vente de carburant dans les récipients spécialement prévus à cet effet  aux personnes dont les activités professionnelles le justifient, peut être autorisée par les préfets des départements. »
Toutefois, l’administrateur civil met en garde tout contrevenant à ces dispositions prises par l’autorité administrative. Il invite également les préfets de département, le commissaire central, chef du service régional de la sécurité publique et le commandant de la légion Ouest de gendarmerie à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’exécution de cet arrêté…

La Police dément avoir exercé des tortures sur des manifestants arrêtés et annonce une poursuite

https://www.pressafrik.com La Police sénégalaise a démenti, dans un communiqué samedi, avoir exercé des tortures sur des manifestants pro-Sonko, arrêtés le 8 février 8 lors de violents heurts, avant d’annoncer une poursuite contre les auteurs de «déclarations non fondées »..
« Depuis quelques jours, à travers des sorties médiatiques, des personnes se réclamant de la société civile ont fait état de supposés cas de torture relevés dans les services de Police. En effet, au cours de ces déclarations, ces personnes ont affirmé sans ambages, que les personnes interpellées lors des attroupements du 08 février dernier, ont fait l’objet de torture durant leur période de garde à vue », a rappelé la police.
Dans un communiqué, la Police nationale a tenu à préciser que, « toutes les actions menées lors de ces dites manifestations sont en parfaite conformité avec les lois et règlements en vigueur».
Ainsi, à la suite des interpellations consécutives à ces attroupements, dit-elle, les services de Police en charge de l’enquête ont, conformément aux dispositions du Code de
procédure pénale, notifié aux personnes sur qui pesaient des indices de commission
d’infraction à la loi pénale, leur droit de se faire assister par un avocat de leur choix tel que consacré par l’article 5 du règlement n’5 de l’UEMOA.
A l’issue de leur entretien, avec leurs avocats régulièrement constitués, aucune observation liée à la procédure encore moins à l’état de santé de leurs clients, n’a été formulée par les avocats. Il s’y ajoute que, durant toute la période de garde à vue, aucune volonté de se faire examiner par un médecin n’a été exprimée par les personnes gardées à vue, ce qui est un droit consacré par le Code de procédure pénale sénégalais.
Par conséquent, ces supposés cas de torture, selon toujours la police, n’ont été ni constatés par un médecin, encore moins attestés par une décision de justice.
C’est pourquoi, elle se réserve le droit de poursuivre les auteurs de ces déclarations non fondées qui, in fine, déteignent négativement d’une manière ou d’une autre sur l’image de la Police nationale qui reste républicaine.Salif SAKHANOKHO

AFFAIRE OUSMANE SONKO : Dans le secret des auditions 

http://www.enqueteplus.com Les auditions dans l’affaire Ousmane Sonko ont été riches en confidences et autres révélations. ‘’EnQuête’’ propose les minutes des auditions d’Adji Sarr, le mari de sa patronne, sa collègue Maman Ba et son ami Sidy Ahmed Mbaye.
Le 3 février dernier, Adji Sarr a franchi le portail de la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane, pour déclencher un séisme politico-juridique dont les ondes de choc ne sont pas prêtes de s’estomper. La jeune demoiselle a porté plainte contre le député Ousmane Sonko. Elle l’accuse de l’avoir menacée, puis violée, lors de la séance de la veille et lors de plusieurs autres séances, à l’institut Sweet Beauté où elle officie en tant que masseuse.
Selon les secrets de l’audition et sur la plainte, elle soutient avoir connu le leader du Pastef dans l’institut de beauté où il vient souvent se faire masser. Elle affirme que le leader politique l’a contrainte à entretenir des relations intimes, dès le premier jour de massage. Ainsi, désorientée par les menaces et les viols répétitifs, elle dit s’être résolue à saisir la justice, par le truchement de son père.
Il ressort des auditions que c’est à la fille à qui c’est le tour de prodiguer des massages d’ouvrir la porte, à l’arrivée d’un client. C’est ainsi que le premier jour, dit-elle, elle est tombée sur Ousmane Sonko. Le député, poursuit-elle, est parti directement vers la cabine, sans passer par la salle d’attente. ‘’Il m’a demandé quels types de soins nous avons ici. Je lui ai répondu que nous avons des soins tonifiants, sportifs, à quatre mains et du gommage du corps. Il a pris l’option tonifiant, car se disant très fatigué ce jour-là. Je lui ai fait tout le massage. A la fin, je lui ai dit que le massage est terminé, mais il est resté couché. Je lui ai encore répété  : ‘Tonton, le massage est fini.’ Il m’a demandé si je le reconnaissais. J’ai dit non et je lui rétorqué que je n’ai pas besoin de le reconnaitre’’, a confié Mlle Sarr face aux hommes du chef d’escadron Abdou Mbengue, le patron de la SR.
Elle poursuit  : ‘’Il m’a dit  : ‘Je sais que tu m’as reconnu, car n’importe quelle fille aurait voulu être à ta place.’ Il m’a demandé si je ne voulais pas d’une personne qui allait me soutenir financièrement. J’ai répondu non, en lui disant que si j’en avais besoin, je sais comment faire et où aller. Il m’a menacée de me faire perdre mon boulot. Il m’a dit que la seule manière de garder mon boulot est de le satisfaire, parce qu’il était un client important pour la boite. Si jamais ma patronne venait à entendre ce qu’il va lui dire, je serais limogée. Il m’a demandé ainsi de me déshabiller. N’ayant pas le choix, je l’ai fait. Je me suis couché sur la table où je faisais le massage. Je tiens à préciser que c’était la première fois que je faisais un rapport sexuel. Je ne me rappelle pas aussi des autres faits de ce jour-là. Je ne l’ai aussi dit à personne. Après, il est venu me voir à plusieurs reprises à l’institut.’’

Enceinte de Sonko ?

Selon nos informations, la plaignante ajoute, outre ce 2 février, avoir eu d’autres rapports intimes avec le député, le 31 décembre 2020 et le 11 janvier 2021. Selon toujours Adji Sarr, ce jour-là, l’autre masseuse, la nommée Maman Ba, a vu Sonko lorsqu’il entrait et à sa sortie. Elle a confié aussi que sa patronne se trouvait à l’hôpital, cette nuit-là, et savait que le député était venu pour des soins.
Devant les enquêteurs, elle a aussi soutenu que le député ne l’a jamais contactée par téléphone. Mais qu’elle a son numéro. Le 2 février, poursuit la plaignante, Ousmane Sonko lui a confié disposer d’un laissez-passer pour circuler durant le couvre-feu. ‘’Je voudrais aussi préciser qu’il ne s’est jamais protégé, quand il entretenait des rapports avec moi. Il me proposait toujours de prendre des pilules’’, a-t-elle confié aux pandores.
Il ressort aussi de son audition que c’est elle qui a fait signe à sa collègue pour sortir. Ce fait, dit-on, a intrigué les gendarmes qui lui ont demandé pourquoi, si elle avait peur du député, elle a tenu à éloigner l’autre masseuse, après avoir fini. A cela, elle a répondu que Sonko lui a fait signe qu’il voulait qu’ils soient seuls.
Les enquêteurs se sont aussi intéressés aux raisons pour lesquelles elle avait été licenciée. Là, elle a servi plusieurs versions. Dans un premier temps, elle a dit avoir arrêté le travail pour un seul jour ; ensuite, sa patronne lui a demandé de revenir. ‘’Je n’ai jamais été licenciée. C’est parce que j’avais interrompu les soins d’un client qui s’en est ouvert à ma patronne. C’était cela le motif de mon arrêt de travail pour juste une journée’’. Ensuite, confrontée à sa patronne qui soutient l’avoir licenciée après 15 jours, parce qu’elle avait remarqué que tous les clients la réclamaient et qu’elle soupçonnait qu’elle faisait autre chose que des massages, elle a soutenu qu’elle a été licenciée après plus de 15 jours. Ensuite, elle est restée 5 mois sans travailler dans l’institut, pour convenances personnelles.
Mais sa patronne a rétorqué qu’elle l’avait bel et bien renvoyée, ces 5 mois, car, en plus des raisons déjà évoquées, elle lui avait menti, en lui disant que sa mère était décédée et qu’elle devait s’y rendre, pour, par la suite, aller à un anniversaire. Ainsi, Ndèye Khady Ndiaye dit l’avoir renvoyée
La dame ne s’est pas arrêtée là. Elle a ajouté, lors de sa déposition, que le 3 février, vers 18 h, son employée l’a appelée pour lui dire que son père a porté plainte contre Ousmane Sonko qui est l’auteur de sa grossesse. Mais la patronne est convaincue qu’elle leur a présenté un faux test de grossesse.
Dans cette affaire, les enquêteurs se sont intéressés à un point précis de sa plainte. Elle a écrit : ‘’Hier seulement, il (Sonko) a envoyé un message écrit disant qu’il allait venir, de l’attendre.’’ Les gendarmes lui ont demandé de leur montrer le message. Elle a rétorqué qu’elle l’a effacé, parce que sa carte mémoire est de faible contenance. Elle a ajouté qu’en réalité, il s’agissait d’un message de Sonko que sa patronne lui a transmis. ‘’Non, ce n’était pas à moi qu’il a écrit le message, mais plutôt à ma patronne. Cette dernière me l’a transféré. Après l’avoir transféré à nouveau à mon ami Sidy, je l’ai supprimé, car mon téléphone avait un problème d’espace’’.
Mais là également, la patronne a dit qu’elle n’était même pas au courant que Sonko allait venir ce jour-là. Que la veille, elle lui a bien transmis un message d’un client maure qui devait venir.

Maman Ba, l’autre masseuse

également, A. Ba, la collègue d’Adji Sarr, a confié qu’elle venait juste de boucler sa première semaine de travail. Une période durant laquelle elle a massé cinq clients. Elle a confirmé avoir fait un massage intégral à Ousmane Sonko, avec quatre mains, en compagnie d’Adji Sarr. Que cette dernière a demandé de sortir à la fin du massage. Elle ajoute les avoir entendus parler plusieurs minutes à l’intérieur.
Ensuite, le lendemain, Maman Ba a de nouveau été entendue. Elle est revenue sur un épisode qui s’est déroulé le jeudi 4 février, alors qu’elle attendait d’être confrontée avec Adji. ‘’Le garçon de teint noir avec une forte corpulence qui accompagnait Adji, dont j’ignore le nom, m’a appelée ‘Maman’, mon surnom. Je lui demandais où on s’est connu. Il m’a répondu m’avoir connu quand il parlait avec Adji par appel vidéo. En ce moment, j’étais avec ma patronne. Quand cette dernière est sortie. Nous étions seuls, il m’a dit que je ne devais pas sortir, le jour des faits. C’est à cause de cela que nous en sommes arrivés à ce stade. Je lui ai répondu que j’ignorais ce dont il parlait’’.
Elle a ajouté avoir questionné Adji, en langue sérère, lors de la confrontation. Elle voulait savoir pourquoi elle fait ça. ‘’Elle m’a répondu qu’elle va m’expliquer une fois sortie. Elle m’a proposé de me remettre 100 000F CFA pour que je parte. J’ai refusé catégoriquement. Ainsi, à ma sortie, je suis allée directement à l’institut’’.

Ibrahima Coulibaly, le mari de la propriétaire du Sweet Beauté

Entendu, le mari de la propriétaire du salon, Ibrahima Coulibaly, a confié qu’Ousmane Sonko est un client du salon de massage de son épouse. Que sa femme étant admise à l’hôpital de Fann, depuis le 31 décembre, c’est Adji Sarr qui s’occupe de la plupart des clients. C’est elle qui se chargeait des soins d’Ousmane Sonko. Comme déjà écrit par ‘’EnQuête’’, l’époux a relevé la fébrilité ou l’agitation de Mlle Sarr qui n’a eu de cesse de demander après le député. Elle soutenait que le député se faisait rare et qu’il serait mieux de demander pourquoi il ne venait pas.
‘’Deux jours avant sa plainte, elle est venue me confier qu’elle était enceinte. Quand je lui ai demandé qui en était l’auteur, elle m’a dit qu’elle n’allait pas le divulguer. La veille, elle a reçu la visite d’un homme, à 1 h du matin. Cet homme rodait dans le quartier depuis 21 h. Il est d’une forte corpulence et de teint noir. Quand je l’ai croisé dans la maison, j’ai demandé à Adji, de qui il s’agit, elle m’a répondu que c’est un ami. Le lendemain, Adji a demandé encore Sonko, je lui ai dit  : ‘Pourquoi tu t’empresses de le voir ?’ Elle a ri et s’est tue’’.
Ainsi, le jour des faits incriminés, M. Coulibaly soutient qu’Adji est entrée dans sa chambre pour lui offrir 50 000 F CFA et lui dire que Sonko est passé et qu’il prenait un bain, après le massage, pour partir. Puis, a-t-il ajouté  : ‘’Lorsque Sonko est parti, elle m’a encore fait signe en me présentant un test de grossesse pour me dire que la grossesse qu’elle est portait est, en effet, confirmée. Mais elle refusait de me dire l’auteur. Elle est montée sur la terrasse pour appeler au téléphone. Je l’ai entendu dire ‘Venez me prendre.’ Je lui ai demandé qui devait venir la prendre. Elle a répondu que c’est une moto-jakarta qui devait venir la prendre, sur instruction de sa mère, à cause de sa grossesse. Ainsi, elle est sortie et est partie’’.
En plus de n’avoir rien constaté d’inhabituel chez elle, cette nuit-là, il a confié que l’employée se faisait livrer, la semaine ayant précédé la dénonciation, chaque jour, son diner des Résidences Mamoune.

Sidy Ahmed Mbaye, l’ami de la masseuse

Sidy Ahmed Mbaye, présenté comme l’ami de forte corpulence qui est venu la prendre la nuit du présumé viol, a été auditionné. Il dit avoir connu la fille à Liberté, dans une boutique, il y a deux ans. Ainsi, le fameux 2 février, il a appelé un ami avocat l’a mis en rapport avec un toubib qui l’a conduit à l’institut de beauté. Il a précisé qu’il n’est pas entré dans le salon de massage, qu’il s’est juste arrêté à l’angle. ‘’Lorsque Sonko est parti de la maison, elle m’a appelé pour que je la conduise à l’hôpital, pour un examen médical, parce qu’elle disait avoir été abusée par le député. Elle s’était confiée à moi, auparavant, mais je lui ai dit que, sans preuve, son action ne pourrait aboutir. Ainsi, cette nuit-là, juste après avoir été abusée, je l’ai emmenée à l’hôpital, sur sa demande. Nous sommes partis à l’hôpital Grand-Yoff et le médecin a pris des prélèvements et nous a demandé d’attendre le lendemain’’.
Le sieur Mbaye renseigne que la demoiselle lui a confié que le député avait deux armes avec lui. Les enquêteurs ont voulu savoir pourquoi il n’a rien fait pour mettre fin aux viols, lorsque la fille l’a mis au courant. Il a soutenu qu’il ne voulait pas que les gens pensent qu’il s’agissait de fausses accusations. ‘’Je ne fais pas de politique, mais mon père Maodo Malick Mbaye est leader du mouvement Geum Sa Bop, un mouvement apolitique affilé à BBY. J’ai des rapports fraternels avec Adji. C’est Dieu qui en a décidé ainsi. A ma connaissance, hormis moi, personne d’autre n’était au courant de cette affaire’’, a également déclaré l’ami Mbaye.

Les conclusions du rapport médical

Alors que les députés et probablement la justice devront démêler le faux du vrai dans cette affaire, en attendant que le député Ousmane Sonko soit auditionné, les conclusions du rapport médical établi par un médecin gynécologue sont connues. Ils attestent que  : ‘’L’examen ne trouve de lésion vulvaire déchirure ancienne de l’hymen sur 3 heures, 7 heures et 11 heures.’’ L’homme de l’art souligne aussi que ‘’des prélèvements ont été faits en vue des tests d’ADN’’. Qu’au total, ‘’il y a une déchirure ancienne de l’hymen’’.
D’autres actes ont été posés, dans le cadre de cette enquête. En effet, une réquisition a été envoyée au DG d’un opérateur de téléphonie mobile afin de déterminer la position d’une puce, dans la période incriminée. Le salon de massage a aussi reçu la visite des gendarmes. Par contre, les vidéos des caméras de surveillance exploitées par les enquêteurs n’ont pas donné de résultat. En effet, elles sont dépourvues d’images, à cause de défauts d’enregistrement.CHEIKH THIAM

DIC : Birame Soulèye Diop placé en garde à vue, son épouse et Abass Fall et Cie bénéficient d’un retour de parquet.

L’administrateur de Pastef Birame Soulèye Diop est placé en garde à vue à la Division des investigations criminelles (Dic) ce vendredi en début de soirée. Une arrestation qui intervient après celle de son épouse qui a eu lieu lundi dernier.
Patricia Mariame Ngandoul, Abass Fall, Fatima M’bengue, Bawar Dia et Dahirou Thiam ont été déférés au parquet . En faveur d’un retour de parquet, ils seront édifiés sur leur sort lundi prochain.

Affaire «Sweet Beauté» : Le ministre de l’intérieur Antoine Diome place Adji Sarr sous protection policière…

https://www.dakaractu.com Le ministre de l’intérieur Antoine Félix Diome vient de placer la présumée victime de viols et menaces de mort Adji Sarr sous protection policière. Ceci après que les avocats de la plaignante ont demandé une audience et rencontré le ministre de l’intérieur.
Selon les informations de Dakaractu, le ministre de l’intérieur a reçu cet après-midi le collectif des avocats de Adji Sarr qui lui a adressé une lettre de demande de protection pour leur cliente
Selon les avocats de Adji Sarr, depuis l’éclatement de cette affaire de « Sweet Beauté » du nom de ce salon de massage où Ousmane Sonko est accusé de viol par la jeune femme, leur cliente subit une pression énorme et reçoit des menaces de mort tous les jours.
Le ministre de l’intérieur, garant de la sécurité publique, a accédé à leur demande et a décidé de placer la présumée victime du député Ousmane Sonko, sous protection policière. Nous y reviendrons…

TAWAAF À TOUBA / Le cerveau des « tout de blanc vêtus » se réclame de Kara… Lui et quatre de ses condisciples devant le procureur.

https://www.dakaractu.com Malgré les précisions claires et nettes de Serigne Modou Kara Mbacké confiant qu’il n’a rien à voir avec ce groupe de personnes qui s’était présenté vendredi après-midi devant la grande mosquée aux fins de s’organiser pour un « tawaaf », l’on devra encore patienter pour réellement savoir ce qu’il en est.
En effet, la tête de file de ces hommes tout de blanc vêtus a continué de revendiquer mordicus, devant les enquêteurs, appartenir au Silkum Jawahiri et même être un « jawriñ » du guide moral de l’organisation.
Il précisera avoir débarqué à Touba avec ses condisciples en provenance de Dakar et plus précisément de « Liberté  3 ».
Après avoir été interpellée par le Dahira Muqadimatul Khidma, la police avait, vendredi, procédé à l’arrestation de 05 membres de ce groupe. D’ailleurs, ces personnes pourraient incessamment faire face au procureur étant entendu que le dossier sera transmis à celui-ci dès lundi…

LES PIQUES DE L’AS DE WEEK-END

SenePlus  |   Publication 20/02/2021

JEUX DE CARTES – Sale temps de guerre…

Ousmane Sonko qui était jeudi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, officiellement pour rendre visite à des étudiants blessés lors des manifestations qui ont suivi sa convocation, a bien mesuré la portée de sa démarche. Officieusement, cette “improvisation bien préparée” était une manière de mesurer sa popularité dans ce temple du savoir. Manifestement, il a bien réussi son coup même si l’on peut dénoncer les rassemblements irresponsables en pleine pandémie de Covid-19. Si les étudiants qui s’étaient massés, criant à tue-tête son nom, sont de Pastef, comme semblent le dire ses détracteurs, il peut se targuer d’avoir une bonne représentativité à l’Ucad. Ce qui est d’une grande importance pour une jeune formation politique qui n’a, à son actif, que des législatives et une présidentielle. Si ces étudiants qui ne seraient d’aucune chapelle sont spontanément sortis pour acclamer un leader politique accusé gravement de viols et menaces de mort, c’est un signe symbolique à décrypter. Si on ne peut pas qualifier ces jeunes de naïfs, leurs actes peuvent être analysés comme un rejet d’une politique, d’une manière de gérer la cité dénoncée ailleurs. L’université a été toujours un espace de contestations souvent violentes. Sonko y va, sans nul doute, pour avoir le soutien de cette “immense force inemployée”, pour reprendre le mot de François Mauriac. A la guerre comme à la guerre. Les étudiants du pouvoir, apparemment pris au dépourvu, menacent et comptent “faire face” la prochaine fois. Le coup est déjà parti ? Sur les traces du serpent. Le Gouverneur de Dakar lui aussi veut la paix. Il prépare sérieusement la guerre. En interdisant, pour un mois, la vente de carburant“ en détails”, il veut parer à toutes les éventualités susceptibles de “mettre du feu”. Ne soyons pas surpris si on déclenche dans les prochaines heures une opération “ramassage de pneus d’occasion ou abîmés”. On assiste déjà à une opération de “traque aux brûleurs” ou futurs leaders de manifestations. Se prépare-t-on à une arrestation de Ousmane Sonko après la levée de son immunité parlementaire ? Tout porte à le croire. Le cas échéant, l’État veut être prêt pour une confrontation avec les soutiens de Sonko qui ne sont pas négligeables. Des pas de géants vers une escalade de tous les dangers. Un combat à mort qui risque d’avoir des dégâts collatéraux énormes. Le pouvoir si géant, si puissant, peut bien gagner devant Sonko. Mais il pourrait y laisser des ailes. Il pourrait être affaibli par un combat à plusieurs incertitudes dans un contexte de crises multiformes. Une certitude : le pays en perd. En énergie et en temps.

Miim Reew

Le huis clos de la commission ad hoc

Le débat autour de plainte contre X n’est pas près de s’estomper, même au sein de la commission ad hoc chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité parlementaire d’Ousmane Sonko exprimée par la chancellerie, à la suite de la plainte de la masseuse Adji Sarr. D’après des sources de «L’As», la réunion a duré plus de trois tours d’horloge et a vu la présence même des députés Moustapha Guirassy , Bamba Dièye et le président du groupe du Pds Cheikh Mbacké. Ces derniers ont exprimé leur étonnement que X soit subitement transformé en Ousmane Sonko. À ce niveau, Pape Birame Touré a convié les membres dans son bureau pour leur permettre de voir tous les documents cités par le parquet. D’après toujours notre interlocuteur, ils se sont rendu compte que nulle part il ne figurait la lettre X dans les demandes formulées aussi bien par le procureur de la république que celle du procureur général. Il y est bien mentionné le nom d’Ousmane Sonko. Il faut préciser que pour éviter un coup tordu, tous les parlementaires ont été sommés de laisser leurs portables dehors. Le trio favorable à l’accusé a ainsi demandé que l’Assemblée entende Adji Sarr et la deuxième masseuse. Niet catégorique de Birame Touré qui a signifié à leurs collègues que la commission ad hoc n’a pas pour vocation de juger et que sa mission se limite à statuer sur le cas d’un collègue. Sur ces entrefaites, la convocation a été faite de commun accord et envoyé via la gendarmerie à Ousmane Sonko qui a poliment rejeté le document.

Adji Sarr sous protection policière

Le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, a mis à la disposition de la présumée victime de viols et menaces de mort Adji Sarr des policiers pour sa protection. Ceci, après que les avocats de la plaignante ont été reçus en audience par le ministre de l’intérieur à leur demande. Selon «Dakaractu», le ministre de l’Intérieur a reçu hier dans l’après-midi le collectif des avocats de Adji Sarr qui lui a adressé une demande de protection pour leur cliente. Selon les avocats d’Adji Sarr, depuis l’éclatement de cette affaire «Sweet Beauté», leur cliente subit une pression énorme et reçoit des menaces de mort tous les jours. A en croire le collectif, le ministre de l’Intérieur garant de la sécurité publique a accédé à sa demande en décidant de mettre à la disposition de la présumée victime du député Ousmane Sonko des policiers pour sa protection.

102 morts de covid19 à Touba

La pandémie de covid-19 fait des ravages à Touba. En effet, sur les 787 décès liés à la pandémie du coronavirus, plus d’une centaine sont enregistrés dans le district sanitaire de Touba. La capitale du mouridisme a enregistré depuis le début de la pandémie 1.298 cas positifs dont 102 décès et 780 guéris. Pour la journée d’hier, le district a enregistré 06 nouveaux dont 02 cas contacts et 04 issus de la transmission communautaires. Actuellement, 13 patients sont hospitalisés dont 04 dans un état graves. Deux décès sont enregistrés et 05 malades sont déclarés guéris.

Les élèves protestent contre l’invasion de serpents

D’habitude très calme, le centre-ville de Mbacké a été hier le théâtre de violents heurts entre policiers et lycéens. Tout est parti d’une manifestation organisée par les élèves du Collège d’Enseignement Moyen (Cem) Mbacké 2 pour dénoncer l’invasion de serpents à sonnette dans l’établissement. D’autant que cette situation a provoqué un sentiment d’insécurité chez le personnel enseignant et les apprenants. Malgré les nombreuses alertes de ces derniers, le problème n’a pas connu de solution. Excédés par l’inertie des autorités compétentes, les élèves ont déclenché une grève. Et hier, ils sont allés déloger leurs camarades des autres établissements privés et publics de la ville. C’est là que les éléments du commissariat urbain de police de Mbacké sont entrés en jeu pour disperser les manifestants qui battaient le macadam dans les artères de la ville. Aussitôt, il y a eu des courses poursuites entre limiers et manifestants avec des jets de pierres d’un côté, et de grenades lacrymogènes de l’autre. Le bilan des affrontements ? Une vingtaine de blessés chez les manifestants qui ont été évacués au centre de santé de Mbacké. En attendant, les élèves et leurs professeurs sont condamnés à cohabiter avec ses dangereux reptiles. Pour l’instant, les autorités contactées n’ont pas voulu s’épancher sur le sujet.

Interdiction de vente de carburant au détail

La tension politico-judiciaire qui prévaut ces temps-ci a poussé le gouverneur de Dakar à prendre des mesures sécuritaires préventives. Al Hassan Sall a pris un arrêté pour interdire la vente de carburant au détail dans la région pour une période de deux mois. Le chef de l’exécutif régional justifie cette décision pour des raisons de sécurité. L’interdiction concerne également la vente de carburant dans des récipients autres que les réservoirs des véhicules ou des cyclomoteurs. Cependant, les Préfets peuvent accorder une dérogation aux personnes disposant de récipients spécialement prévus à cet effet et dont les activités professionnelles le justifient.

Visite technique des véhicules

Le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement attenue la souffrance des conducteurs au Centre de Contrôle Technique de Hann pour passer la visite technique des véhicules. Mansour Faye a pris une décision importante pour soulager les usagers et diminuer les flux de véhicules qui fréquentent quotidiennement le Centre de Contrôle Technique de Hann. Ainsi, pour faciliter la visite technique des véhicules automobiles, le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement annonce qu’à compter de lundi prochain, les opérations de contrôle visuel de tous les véhicules légers de moins de 10 ans se dérouleront au CICES. Mais la première visite technique des véhicules âgés de plus de 3 ans se fera au service des mines de Colobane. En outre, deux lignes sont réservées au centre de contrôle technique de Hann pour un contrôle visuel des véhicules de catégorie taxis urbains ou interurbains pour la durée de l’opération. Ces mesures restent valables jusqu’au 21 mars 2021.

Des illuminés arrêtés à Touba

Fait inédit à Touba. Un groupe d’illuminés s’est rendu hier à la grande mosquée de Touba pour faire le Tawaaf comme à la Mecque. Tout de blanc vêtus, ils voulaient faire sept tours de la grande mosquée avant de faire des ziarra. Mais les éléments de «Maxadamatoul Xidma», qui assurent l’entretien et la sécurité de la mosquée, ont eu l’écho avant l’arrivée de ces illuminés. Dès que ces derniers ont mis les pieds à l’esplanade de la mosquée, ils ont été invités à décliner les raisons de leur présence. Sans gêne, ils ont décliné leur volonté de faire le tawaaf. Mais le président du comité «Maxadamatoul Xidma», Serigne Fallou Mbacké leur signifie que cela est inacceptable et que le Tawaaf se fait autour de la Kaba. Il s’en est suivi une altercation occasionnant 05 blessés. Le comité «Maxadamatoul Xidma» avait pris le soin d’aviser la police qui a effectué une descente à la mosquée. Avant de procéder à l’interpellation de 04 membres dudit groupe.

La famille d’Elimane Touré réclame justice

Les circonstances de la mort du jeune Elimane Touré dans les locaux du Commissariat du Port restent toujours un mystère. L’affaire qui a eu lieu depuis plusieurs années maintenant semble rangée dans les tiroirs de la justice. La famille et les proches du défunt qui ont organisé hier une séance de récital de Coran réclame toujours justice. Ils sollicitent l’aide du président de la République et de son ministre de la justice pour que la lumière jaillisse.

L’appel des élèves du lycée Limamou Laye

Les élèves du Lycée Limamou Laye exigent des solutions durables face aux grèves récurrentes de leurs enseignants affiliés au Cusems d’Abdoulaye Ndoye, dans la région de Dakar. Les enseignants continuent de réclamer le paiement des indemnités de déplacement des examens. Pourtant leurs collègues des autres régions ont perçu leurs indemnités depuis longtemps. Face à ces perturbations, les élèves du lycée Limamou Laye se sont adressés à la presse pour demander aux autorités de payer les indemnités de déplacement de l’année 2020 qui devaient être payées, selon le protocole signé, au plus tard le 30 novembre dernier.

FODE KABA II, DES DIAMBARS DANS LE VENT

https://www.seneplus.com LeTemoin-Ce livre du colonel Mbaye Cissé (nommé général), ancien enfant de troupe, est le récit de l’intervention courageuse des Jambaars en Gambie
Le 30 juillet 1981, Kukoy Samba Sagna, à la tête d’un groupe d’insurgés, s’empare du pouvoir en Gambie. Le président légalement élu, Daouda Keiraba Jawara, est à Londres. Très vite, la situation vire au chaos ; des centaines de personnes sont prises en otages dont l’épouse et les enfants du président gambien. Il faut agir vite. En exécution des accords de défense sénégalo-gambiens signés en 1965, le président Abdou Diouf, fraichement installé à la tête de l’Etat, répond favorablement à la demande d’intervention formulée par la Gambie. Les Jambaars n’ont plus de temps à perdre. Ce livre du colonel Mbaye Cissé (nommé général), ancien enfant de troupe, est le récit de l’intervention courageuse des Jambaars en Gambie. Issu de l’Enoa (Ecole nationale des officiers d’active) de Thiès, le colonel Mbaye Cissé, à travers son livre préfacé par le général Abdoulaye Fall (Cemga à l’époque puisque l’ouvrage a été achevé en 2011 et publié en juillet 2015) rappelle la chevauchée héroïque des Jambaars jusqu’à leur entrée sur le territoire gambien. Avec « Fodé Kaba II » se glorifie Mbaye Cissé, les Jambaars venaient de signer, dans l’enthousiasme et l’allégresse, un long bail avec l’avenir estampillé du sceau « On nous tue, on ne déshonore pas ! » « Le Témoin » vous livre en exclusivité les bonnes feuilles de « Fodé Kaba II ». A consommer sans modération…
« En cette matinée du jeudi 30 juillet 1981, l’état-major général des Armées connait une atmosphère calme. Le ramadan, le mois de jeûne musulman, qui s’achève dans deux jours, a été particulièrement dur. Les « paras » (Ndlr, salaires) sont tombés et les pères de famille, les poches pleines, ont tous l’esprit tourné vers les préparatifs de l’Eid Al Fitr ou Korité, fête marquant la fin du jeûne. Le colonel Saliou Niang, Sous-chef d’état-major chargé des opérations, n’échappe pas à la frénésie. Cette année-là, il s’est fait confectionner un joli boubou bleu et manifeste la ferme intention de passer une belle fête en famille. Malgré un agenda chargé du fait de l’absence du Mamadou Mansour Seck, Sous-chef d’état major des armées, en mission à l’étranger, il tient bon et attend avec impatience la Korité qui coïncide cette année avec le week-end. Le téléphone interrompt ses rêveries. C’est le général Idrissa Fall, Chef d’Etat major des armées, qui est au bout du fil. Très tôt ce matin, le Premier ministre Habib Thiam lui a transmis les instructions du Président Diouf demandant aux Armées de mettre en exécution l’accord de défense liant le Sénégal à la Gambie. Après avoir pris bonne note, il parla directement au Président comme pour attirer son attention sur l’emploi de la force armée qui, à ce niveau, relevait directement de sa haute autorité es qualité de Chef suprême des Armées. Pour lui, l’histoire venait de se répéter sur ce point précis. En effet, au moment de « Fodé Kaba I », le Premier ministre, Abdou Diouf, lui avait fait part, dans les mêmes conditions, des ordres du président Senghor. Lorsqu’il prit l’initiative de s’assurer auprès de ce dernier de la teneur des ordres à lui transmis, le Président Senghor décoda très vite le message et lui dit d’un ton railleur : « Ah ! Général ! Vous et vos principes… Les principes que j’ai appris à vos cotés, Monsieur le président » répondit-il. Pour avoir été pendant plusieurs années l’aide de camp de Senghor, le Général Fall revendiquait avec fierté un sens de l’organisation, de la méthode et du respect des formes. « Fodé Kaba II » venait officiellement de naitre. Il fallait traduire en actes la volonté des autorités dans les meilleurs délais. Le quartier Dial-Diop retrouva soudain son effervescence des grands jours. Des bureaux fusent les premiers messages mettant en alerte les unités et rassemblant les éléments utiles à la prise de décision du chef (…)

«Non, Monsieur le Premier ministre, c’est le Chef Suprême des Armées qui doit déclencher ce genre d’opération ! »

Dans l’Armée de l’air, c’est vraiment le printemps. L’ère des avions Dakota est définitivement close. Les hélicoptères Puma côtoient l’escadrille de chasse composée de Fuga Magister, et la flotte d’avions de transports à base de Fokker 27 (…). A la Marine nationale, la vitalité de l’Armée se confond à la figure emblématique de son chef, le capitaine de vaisseau Faye Gassama, qui avait fini d’en faire un pion efficace et respecté. Mieux, la Marine venait de mettre sur pied, dans le cadre de sa montée en puissance, sa première unité de commandos fusiliers marins, une unité d’élite, qui fera parler d’elle dès l’entame des opérations. C’est dire que les Jambaars, sifflotant dans le vent, s’adossaient à un outil performant préparé à l’action, à une instruction et un entrainement de qualité et, enfin, à un leadership incontesté fait d’audace et de pragmatisme. Dans l’après-midi du jeudi, toutes les unités sont en alerte. A 17h15, un hélicoptère décolle de Dakar, avec à son bord le colonel Kondé commandant de l’Armée de terre, accompagné du lieutenant-colonel Gomis, Inspecteur technique des Armées, pour remettre l’ordre d’opérations au lieutenant-colonel Abdourahmane Ngom dit Abel, commandant la zone militaire sud. Désigné commandant opérationnel du théâtre en Gambie, le lieutenant-colonel Ngom traine une solide réputation de baroudeur. Issu de l’Ecole spéciale militaire interarmes de Strasbourg, puis de Coetquidam, diplômé de l’Ecole des troupes aéroportées de Pau en France, ancien d’Indochine et d’Algérie, il se distingue par son allure guerrière, sa bonne tenue et son sang froid. Aide de camp du président Senghor, de 1965 à 1968, il est présent à la Grande Mosquée de Dakar lors de la tentative d’assassinat perpétrée contre ce dernier. Il a quitté ses fonctions avec un témoignage de satisfaction du président Senghor.

« A  bord du Fokker,  122 parachutistes sautent dans une  zone,  loin de l’aéroport de Yundum »

Les avions Fokker F27, qui avaient décollé de Dakar le jeudi 30 juillet à 17 h 25, étaient maintenant dans l’espace aérien gambien, depuis plusieurs minutes. A bord, 122 parachutistes dont le chef de corps, le commandant Didier Bampassy, qui retrouve Yundum après quelques mois. La sonnerie annonçant l’imminence du largage retentit dans l’avion leader à 18h, mais les largueurs éprouvent des difficultés pour ouvrir la porte (…) Le sergent-chef Serigne Momar Ka et quatre autres parachutistes largués au cours du second passage à côté de Busumbala en feront les frais, traqués qu’ils seront pendant deux jours par des rebelles. Sitôt réarticulés au sol, les paras prennent les dispositions de combat. Les ordres sont donnés pour ratisser la zone et retrouver une arme collective, un poste radio et deux musettes qui avaient fait « tapis », selon le jargon parachutiste. A 19h 20, le Chef de corps essaye de rendre compte à Dakar des conditions du déroulement du saut. En vain. Il entame sa progression, à pied, en direction de Yundum via Busumbala. Arrivés à Busumbala, les paras mettent en place un dispositif de sécurité pour pouvoir le renverser. C’est en ce moment que la section envoyée en couverture au sud du village est accrochée par des rebelles. Après un échange de tirs intenses, les paras enregistrent les premiers blessés et disparus. En effet, le commandant de compagnie, le lieutenant El Hadj Malick Cissé alias Khomeiny, rend compte de la disparition du caporal Emile Tendeng envoyé quelques minutes plutôt à Jumbar pour recueillir le sergent Boubacar Cissé et le caporal-chef Matar Ndiaye coupés de la colonne et retenus en arrière à arranger les sangles de leurs sacs à dos. Négligence ou impréparation ?

«A son tour, le colonel Abel Ngom prend en otage les chefs rebelles venus négocier »

Ayant envoyé les otages sénégalais porter le message auprès du lieutenant-colonel Ngom, et attendant impatiemment une issue heureuse, les hommes de Kukoi eurent la surprise de leur vie. En effet, non seulement le lieutenant-colonel Ngom refuse de négocier, mais encore il garde par-devers lui les otages venus parlementer. Les rebelles entrent dans une colère noire et ouvrent le feu sur les militaires. La confusion s’installe ; les tirs partent de toutes parts ; les Sénégalais sont un peu bousculés, car n’ayant pas tout suite imaginé que les rebelles passeraient aussi rapidement d’une posture de négociation à une attitude si agressive. Ils ignoraient, cependant, que ces derniers avaient dissimulé derrière les véhicules garés dans l’enceinte de l’aéroport et même sur les arbres un nombre impressionnant de combattants (…)

«33 morts soldats sénégalais tués»

Au soir du 31 juillet, toutes les opérations terrestres, aériennes et navales engagées dans l’opération « Fodé Kaba II » ont mis pied sur le sol gambien. A Dakar, la progression est suivie, minute par minute, dans la salle des opérations que le ministre des forces armées, Daouda Sow, a rejointe pour mieux vivre les événements (…) Par un heureux hasard, le médecin-capitaine Gorgui Diaw, médecin-chef de la zone militaire de Tamba, se trouve être le plus ancien dans le grade parmi les hommes en blouse blanche présents sur le théâtre. Investi des fonctions de médecin-chef de théâtre, il étonne dès les premières heures par son dynamisme et son courage, entouré des médecins-capitaines Mamadou Ndoye, Makhfouz Sarr et des médecins-lieutenants Makhone Douta Seck du bataillon des parachutistes et Cheikh T. Touré (…)

« Les Blindés entrent dans le Palais et hissent le drapeau annonçant le retour de Jawara »

Les éléments du bataillon des blindés hissent les couleurs gambiennes sur le mât de la présidence et des bâtiments publics. Il faut faire vite, le président Jawara est annoncé pour 11h. Du coté de Dakar, le contrôle de la capitale, Banjul, et des principales villes était suffisant pour enclencher le mouvement retour du Président gambien. Son come-back en terre gambienne était la preuve la plus éloquente de l’échec de l’insurrection (…)

« L’assaut du Gign pour libérer l’épouse du Président et ses quatre enfants… »

A Yundum, un détachement spécial est mis sur pied. Dirigé par le capitaine Joseph Gomis, il regroupe 51 hommes dont deux sections à 20 combattants, issus pour l’essentiel du bataillon commando, et 11 membres du Groupement d’Intervention de la Gendarmerie (Gign) (…) Pour ne pas éveiller les soupçons, les rois britanniques des forces spéciales, comme de simples membres inoffensifs du consulat, allaient raccompagner le médecin-chef comme si rien n’était, couverts discrètement par le reste du détachement. Dans un mouvement précis et rapide, les rebelles sont neutralisés par les Britanniques qui sortent du bâtiment avec l’épouse du Président et les quatre enfants. A la sortie, un véhicule d’intervention des rebelles tente de s’interposer avant d’être pris à partie par les éléments du Gign qui blessent l’un d’entre eux, avant d’en faire prisonnier (…) Communiqué : L’Etat Major-Général des Armées rappelle les faits vérifiables suivants : Pendant les récentes opérations de Gambie, les Forces armées sénégalaises ont eu à déplorer : 33 militaires tués dont 02 officiers ; et 85 militaires blessés dont 01 officier. Tout autre chiffre avancé par les organes est rigoureusement erroné. Par (Po) Le Colonel Mamadou Mansour Seck, Sous-chef d’Etat Major des Armées (…)

ANNEXION DE LA GAMBIE EN 1981, POURQUOI DIOUF A RATÉ LE COCHE

https://www.seneplus.com Pourquoi le Sénégal du président Abdou Diouf avait-il raté le coche ? Quarante ans après cette intervention militaire ayant fait échouer la mutinerie de Kukoï Samba Sanyang, « Le Témoin » d’apporter une réponse à cette question…
Courant 2013, le colonel Abdourahmane Ngom dit Abel — qui vient d’être arraché à l’affection des siens — nous avait reçus dans son domicile au Point E. Au cours d’une longue interview exclusive consacrée à l’opération militaire « Fodé Kaba 2 » en Gambie, l’ancien commandant du corps expéditionnaire sénégalais dans ce pays lové à l’intérieur du nôtre, avait exprimé un gros regret en ces termes : « En 1981, le Sénégal a raté le coche de n’avoir pas annexé la Gambie…» confiait le colonel Abel Ngom que « Le Témoin » avait réussi à faire parler pour la première fois depuis qu’il s’était retiré du commandement. Pourquoi le Sénégal du président Abdou Diouf avait-il raté le coche ? Quarante ans après cette intervention militaire ayant fait échouer la mutinerie de Kukoï Samba Sanyang, « Le Témoin » d’apporter une réponse à cette question…
« Cette année-là, le Sénégal a raté le coché de n’avoir pas annexé la Gambie…» avait déclaré le colonel (Er) Abdourahmane Ngom dit Abel au cours d’un entretien exclusif qu’il avait accordé au « Témoin ». Récemment rappelé à Dieu à l’âge de 89 ans, le défunt officier parachutiste a marqué et marquera à jamais l’histoire de l’Armée nationale pour avoir commandé les troupes sénégalaises de l’opération « Fodé Kaba 2 » en Gambie (1981).
« Raté le coche !», si c’est le colonel Abel Ngom qui l’a dit, il fallait bien le croire puisqu’il était le mieux indiqué. Ou, du moins, l’un des mieux indiqués. Pourquoi le président de la République d’alors Abdou Diouf a-t-il raté le coché de n’avoir annexé la Gambie, un pays cerné des trois côtés par le Sénégal ? Et pourtant, selon un ancien conseiller politique très influent du même président Abdou Diouf, des diplomates d’une grande organisation mondiale avaient recommandé au Sénégal d’annexer la Gambie, histoire de faire de « Fodé Kaba 2 » d’une pierre deux coups. C’était en 1981, lors de la mutinerie dirigée par Kukoy Samba Sagna qui s’était emparée du pouvoir du président Daouda Keiraba Jawara. Ce qui avait entraîné l’intervention de l’armée sénégalaise qui avait réussi à rétablir l’ordre constitutionnel à Banjul après avoir chassé les putschistes et libéré les officies faits prisonniers en même temps que des membres de la famille présidentielle.
Selon l’ancien ambassadeur et conseiller d’Abdou Diouf, plusieurs facteurs et enjeux relatifs à la politique du Sénégal et géopolitiques par rapport à la Gambie justifiaient ce projet d’annexion. « Comme arguments pour justifier cette annexion, ces diplomates internationaux avaient soutenu que le Sénégal est l’un des pays les plus stables d’Afrique. Mieux, le Sénégal est souvent cité comme un exemple de démocratie apaisée en Afrique de l’Ouest. Ayant une armée professionnelle, disciplinée et républicaine, il était l’un des rares pays africains qui n’avait pas connu de coup d’Etat militaire. Compte tenu de tous ces facteurs, entre autres, ces diplomates avaient estimé que le Sénégal devait annexer la Gambie pour plus de stabilité dans ce pays anglophone et ensuite pour mieux la protéger face aux prédateurs extérieurs.
Pour encourager le président Abdou Diouf dans ce projet d’annexion, ces diplomates avaient soutenu que l’ancien colonisateur britannique n’allait pas s’y opposer dès lors qu’il était préparé à un tel projet de réunification des deux pays » nous a confié notre ancien diplomate, ancien conseiller du président Abdou Diouf. De tels arguments suffisaient-ils pour pousser le Sénégal à annexer un pays souverain ? Pour pouvoir répondre à cette question, nous nous sommes rapprochés de responsables politiques et militaires de l’époque. Il ressort de leurs témoignages et expériences qu’en 1981, tous les facteurs — notamment diplomatiques — étaient réunis pour annexer la Gambie.
Seulement voilà, le président Abdou Diouf ne disposait pas des moyens techniques et financiers nécessaires pour faire aboutir ce projet. Pire, « Fodé Kaba 2 » coïncidant avec l’arrivée du président Abdou Diouf à la magistrature suprême était intervenue au moment où le Sénégal traversait une crise financière et alimentaire due à la grande sécheresse. Le Sénégal, comme tous autres pays du Sahel, souffrait d’un déficit pluviométrique sans précédent.
Dans plusieurs départements du Nord, notamment Matam, Kanel, Ranérou, et Podor ainsi que le Sud du pays comme la Casamance la situation pastorale et alimentaire s’avérait très précaire. La montée en puissance des périls alimentaires faisait entrevoir à l’horizon le spectre d’émeutes de la faim. « Donc, face à cette sécheresse qui menaçait le régime, le président Diouf ne pouvait nullement « annexer » voire administrer un pays aussi pauvre et agité que la Gambie. Rien que cela justifiait que le président Abdou Diouf rate le coche » indiquent nos interlocuteurs.

Recommandation ou propositions de coulisses…

Prenant leur contrepied, un ancien chef d’état-major particulier (Cempart) du président Abdou Diouf pense qu’il n’y avait pas de coche au point de le rater. « Il est vrai qu’à l’époque cette fameuse « recommandation » d’annexion faisait débat ! Car tout le monde sait très bien que l’organisation internationale dont parlent vos sources ne recommande jamais l’annexion d’un Etat par un autre Etat. Pour elle, il n’y a ni grands ni petits pays mais des Etats qu’elle reconnaît. Et tous ses Etats membres sont considérés comme souverains et égaux ». « Mieux, toutes ses décisions se prennent de façon officielle à travers des résolutions. Or, de ce point de vue, il n’y a jamais eu de résolution recommandant au Sénégal d’annexer la Gambie. Ce même si le président Abdou Diouf reconnait lui-même dans ses mémoires (livre) qu’à l’époque le Sénégal jouait déjà un rôle prépondérant dans cette organisation. Je suis bien placé pour dire au journal « Le Témoin » que cette soit disant « recommandation », ce n’étaient que des propositions de coulisses qui font les charmes du siège de cette organisation ! » explique cet ancien Cempart du président Abdou Diouf. « Certes, le Sénégal avait la puissance militaire pour annexer la Gambie, mais la puissance diplomatique faisait défaut pour pouvoir convaincre la communauté internationale. La puissance économique et financière n’en parlons pas ! » estime notre ancien officier-général à la retraite.

En lieu et place de l’annexion, une Confédération !

Quoi qu’il en soit, en lieu et place d’une annexion pure et simple, le président Abdou Diouf avait opté pour une « Confédération » qui avait l’avantage de revêtir les habits de la légalité ! Ainsi est née la Sénégambie, consacrant l’union entre le Sénégal et la Gambie (1982-1989) afin de promouvoir la coopération entre les deux nations, surtout dans le domaine des affaires étrangères et des communications internes. Mais aussi, et bien sûr, de la défense. Il s’agissait notamment, pour le Sénégal, de désenclaver la Casamance, sa région méridionale partiellement isolée du reste du pays par le territoire gambien. Dans ses « mémoires » publiées en 2014, le président Abdou Diouf a justifié les raisons ayant prévalu à la constitution de cette confédération. « Après son retour à Banjul, c’est le président Daouda Diawara, lui-même, qui, débordant de reconnaissance, m’a parlé du projet de confédération entre nos deux pays. « En fait, cette histoire de confédération sénégambienne, c’est lui-même qui en a émis l’idée. Il m’a dit « Je te remercie beaucoup de ton aide. Maintenant, nous devons vraiment tout faire pour que pareille situation (Ndlr, la mutinerie qui l’avait renversé) ne se reproduise plus ! Comme je l’invitais à préciser sa pensée, Daouda Diawara, ajouta : « Mettons en place une confédération ou même une fédération. » Je lui fis part de mon adhésion à son idée, car je pense sincèrement que nos deux peuples partagent la même culture et ont une communauté de destin. Nous pouvions donc, dans une première étape, mettre en place une confédération. C’est à partir de ce moment qu’on a commencé à travailler pour la mise en place de la confédération et à en rédiger les textes. Le 17 décembre 1981, le pacte de la confédération fut signé à Kaur, en Gambie, et il est entré en vigueur à compter du 1er février 1982 » a expliqué l’ancien président de la République Abdou Diouf dans ses mémoires. Après s’être enthousiasmé pour la confédération, il a déploré par la suite la « mauvaise foi » du président Diawara qui a provoqué l’éclatement de la Sénégambie. « Il y a toujours eu, me semble-t-il, une sorte de mauvaise volonté de la part des dirigeants gambiens de l’époque pour amorcer une réelle politique d’intégration. J’aurai l’occasion d’y revenir. C’est au sortir des événements de Gambie, après qu’on eut chassé les rebelles qui voulaient renverser Djawara, que débutèrent dans le sud du pays les premières manifestations insurrectionnelles en Casamance, plus précisément le 26 décembre 1982 » a indiqué le président Abdou Diouf, histoire de « regretter » d’avoir raté le coche !

Raids sur Banjul !

Dakar, 30 juillet 1981. Par intermittence, une fine pluie s’abat sur la capitale sénégalaise. Des précipitations qui annoncent le début de l’hivernage. C’est dans ce climat plutôt caniculaire que des rumeurs s’échappent de la Gambie voisine pour se propager dans le pays : Un coup d’Etat vient d’être perpétré en Gambie alors que le président Daouda Diawara était à Londres. Toutes les unités de réserves générales de l’Armée sénégalaise sont mises en alerte : les bataillons des parachutistes, des commandos, de la marine nationale etc…
De même que le Groupement d’Intervention de la Gendarmerie nationale (Gign), une unité d’élite spécialisée dans les opérations de libération d’otages. En vertu des accords de défense liant le Sénégal et la Gambie, le président Abdou Diouf déclenche l’opération « Fodé Kaba 2 » ayant pour but de chasser les rebelles du pouvoir et de rétablir l’autorité du président légitimement élu, Sir Aladji Daouda Kaïraba Diawara. « Ce jour-là, 30 juillet 1981, aux environs de midi, le Chef d’Etat Major Général des Armées (Cemga), le Général Idrissa Fall, m’a appelé pour me nommer commandant des troupes de l’opération « Fodé Kaba 2 » avec comme ordre de mission « Rétablir l’ordre constitutionnel et libérer les prisonniers des mains des rebelles. Parmi ces prisonniers, il y avait le douanier sénégalais Mamadou Dramé dit Mitterrand » rac


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