Revue de presse du Dimanche 12 Juillet 2020

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DES MANIFESTATIONS PLUVIO-ORAGEUSES SUR L’EST, LE SUD ET LE CENTRE

Dakar, 11 juil (APS) – L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) annonce des manifestations pluivio-orageuses sur l’est du Sénégal samedi au courant de la journée, une situation qui va ensuite concerner le sud et le centre, « avec des possibilités de débordements en fin de soirée sur la zone centre-ouest » du pays.
« Les manifestions pluvio-orageuses qui s’activent actuellement » sur la partie ouest du Mali « aborderont le pays par les localités est au courant de la journée et évolueront vers les régions sud et centre avec des possibilités de débordements en fin de soirée sur la zone centre-ouest », indique l’ANACIM dans un bulletin.
Elle ajoute que le temps chaud « persistera sur le pays notamment sur les régions nord et centre où les températures maximales oscilleront entre 36° C à Kaffrine et 39° C à Podor ».
Les visibilités « seront globalement bonnes », et les vents, de secteur sud-ouest et d’intensités faibles à modérées, selon les prévisionnistes météo.BK

INVESTISSEMENT ET CONSOMMATION, LEVIERS DU PROGRAMME DE RELANCE ÉCONOMIQUE (MINISTRE)

Saint-Louis, 11 juil (APS) – Le programme de relance économique sur lequel le gouvernement est en train de travailler va s’appuyer sur des leviers que sont l’investissement et la consommation, a indiqué le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott.
Un conseil présidentiel dédié à la mise en place de ce programme de relance économique lié à la COVID-19, se tiendra bientôt sous la présidence du chef de l’Etat Macky Sall, a-t-il annoncé vendredi à Saint-Louis où il rencontrait les acteurs économiques de la zone nord du Sénégal, en présence des autorités administratives locales.
Selon Amadou Hott, ce programme économique vise notamment à pousser les entreprises à entreprendre les réformes devant leur permettre de capter davantage d’investissements « pour maintenir l’emploi, mais aussi pour créer l’emploi ».
Dans cette perspective, M. Hott a expliqué être venu rencontrer les acteurs économiques de la zone nord, afin de recueillir leurs préoccupations mais aussi leur apporter des « clarifications » liées à ce programme de relance, notamment en ce qui concerne son volet résilience.
L’Etat compte agir sur l’investissement public comme privé, mais également travailler à stimuler la consommation, a indiqué le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération en s’adressant aux organisations professionnelles du secteur privé local et à des chefs d’entreprise de la région de Saint-Louis.

Selon Amadou Hott, les réformes visées devraient contribuer à « faciliter la vie des entreprises », mais aussi à « booster le secteur agricole, la transformation des produits agricoles », sans compter leur impact sur le secteur de l’industrie, le secteur pharmaceutique, la santé et le tourisme en particulier, des domaines « très affectés par la pandémie de la COVID-19 ».

Il a signalé que 12 milliards de francs CFA ont été mobilisés sur un objectif de 200 milliards représentant les fonds escomptés par l’Etat pour soutenir l’ensemble des secteurs de l’économe nationale.
Amadou Hott a précisé que ce soutien ne consistera pas à allouer des allocations par région ou par secteur, car toutes les entreprises et secteurs impactés par le COVID-19 sont pris en compte et éligibles à ce fonds de relance.
M. Hott a par ailleurs noté la contribution de la région Saint-Louis à l’atteinte des objectifs de sécurité alimentaire et d’autosuffisance, grâce à l’apport de la vallée du fleuve Sénégal.
Cela justifie en partie le déplacement qu’il a effectué à Saint-Louis, pour montrer aux acteurs économiques de cette région que l’Etat dispose « d’instruments importants d’appui » pour stipuler la création d’emplois au profit des populations.
Concernant le secteur de l’artisanat, le ministre a affirmé que le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP) et la Délégation générale à l’entreprenariat rapide (DER) des femmes et des jeunes avaient apporté un appui à ce secteur qui « a besoin d’être formalisé davantage, afin que les acteurs bénéficient de formations et de mise à niveau’’, préalable selon lui à la labellisation qui lui garantirait « une meilleure visibilité ».
« Plusieurs entreprises agricoles du nord ont bénéficié de financements dans le cadre du dispositif d’appui aux entreprises pour la résilience’’, a indiqué le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération.
Selon lui, une société de microfinance encadrant des groupements de femmes dans la région nord, a d’ailleurs reçu dans ce cadre un financement de 200 millions de francs CFA, « avec une garantie du FONGIP ».
Le président de la République a rappelé aux membres du gouvernement, lors du dernier Conseil des ministres tenu mercredi dernier, « la priorité absolue qu’il accorde à la relance rapide, inclusive et durable de l’économie nationale ».
Aussi a-t-il invité le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération « à finaliser le processus de concertation et d’élaboration du Programme de relance de l’économie nationale, qu’il validera lors d’un conseil présidentiel en présence de l’ensemble des acteurs publics et privés concernés ».
Macky Sall a de même « exhorté les ministres à assurer le suivi permanent des programmes et projets publics mis en œuvre avec les partenaires techniques et financiers ».BD/BK

Evaluation du régime fiscal pétrolier de 2019 du Sénégal (Focus) Par Ndeye Lô*

« Contrairement au Code pétrolier de 1998, la législation pétrolière de 2019 intègre le principe de transparence dans les opérations s’effectuant entre l’Etat et les titulaires des titres miniers d’hydrocarbures ».

A quel degré de potentiel fiscal se trouve le Sénégal avec son nouveau code pétrolier de 2019 ? La double taxe prévue de la production pétrolière apporte -t-elle un gain significatif ou, au contraire, constitue-t-elle un leurre ?

Le Sénégal est dans une perspective de faire partie des nouveaux eldorados africains en pétrole et en gaz naturel avec la manne pétrolière découverte en 2014 en mer profonde au large de ses côtes atlantiques. Selon l’entreprise nationale pétrolière, PETROSEN, le pays détient des réserves de 1750 milliards de m3 de ressources gazières et un volume de 2030 millions de barils de pétrole. Les compagnies pétrolières prévoient d’investir environ 2 200 millions de dollars dans les champs SNE et du Grand Tortue/Ahmeyim (GTA).

Un nouveau code pétrolier adopté en 2019

Dans une volonté de pallier la “malédiction des ressources naturelles” tout en préservant les intérêts économiques du pays et des générations futures, le Sénégal a revu sa législation pétrolière en 2019. Le nouveau Code pétrolier de 2019 a instauré de nouvelles modalités de recouvrement de la redevance sur la production, la redevance superficiaire pour plus de simplicité et de transparence et un changement d’approche de la part de l’Etat dans la production basée sur le ratio des revenus cumulés sur les investissements cumulés comparativement au code pétrolier de 1998. D’autres nouvelles taxes (les frais d’instruction, les droits de douane de sortie sur la production à exporter) ont été également mises en place.

Entre les deux codes, le Sénégal a-t-il gagné au change ?

Cependant, de nombreuses incertitudes demeurent dans le débat politique et dans l’opinion publique en ce qui concerne le potentiel des revenus à tirer de l’extraction. En d’autres termes, Est-ce que le gouvernement a maximisé sa part des recettes pétrolières à travers les dispositions juridiques et fiscales utilisées dans le secteur ? Tel est l’objectif du présent article qui consiste à évaluer le nouveau régime fiscal pétrolier de 2019 par rapport à l’ancien régime de 1998.

L’évaluation quantitative du nouveau Code se base sur un modèle de flux de trésorerie actualisée et appliquée sur un gisement pétrolier fictif pour estimer la rente pétrolière revenant à l’Etat et celle de l’exploitant.

La rente pétrolière revenant à l’Etat est estimé à travers le Taux effectif moyen d’Imposition (TEMI) et la rentabilité de l’investissement avec les revenus générés par le projet par le Taux de rendement interne (TRI) obtenu avant et après taxation. A ce modèle, le code pétrolier de 2019 sera comparé à celui de 1998 suivant certains critères comme l’efficacité, la neutralité, la flexibilité du Code avec une comparaison internationale de quelques pays producteurs de pétrole en Afrique et d’autres critères au-delà de l’évaluation quantitative, la transparence, la clause de stabilité et la protection de l’environnement.

Efficacité

Le nouveau Code pétrolier s’apparente plus favorable au gouvernement sénégalais que celui de 1998 en matière de collecte de recettes pétrolières. En effet, avec un prix de 75 $ par baril, le TEMI suivant le régime fiscal de 2019 affiche un taux de 93% alors qu’il est de 76% avec le Code 1998, soit un gain de 17 points de pourcentage avec le nouveau Code (figue 5). Ceci s’explique notamment par la double taxation de la production avec le Code 2019. En effet avec le nouveau Code, l’Etat applique la redevance sur la production et la part de l’Etat dans la production aux titulaires de contrat de partage de production. La part de l’Etat dans la production occupe 55% du TEMI avec le Code 2019 contre 49% avec l’ancien Code et la redevance sur la production contribue à 20% du TEMI du Code 2019.

Selon l’article 35 du Code de 1998, le titulaire d’un contrat de partage de production n’est pas assujetti à la redevance sur la production comme le stipule l’article 41 dont est redevable le titulaire d’un titre minier d’hydrocarbures. Néanmoins, on constate une baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) ou impôts minimum forfaitaire qui occupait 27% du TEMI du Code 1998 alors qu’il se situe seulement à 16% du TEMI avec le nouveau Code. Cette baisse de l’IS est causée d’une part par la baisse du taux d’IS de 5 points de pourcentage entre le Code général des Impôts de 1992 et 2013 et d’autre part, l’application de plusieurs prélèvements déductibles de l’IS en 2019 notamment la redevance sur la production. Assurant une recette permanente pour l’Etat, les instruments fiscaux forfaitaires comme les frais d’instruction, les bonus de production et les redevances superficiaires participent à 1% du TEMI en 2019. En comparaison internationale, le TEMI sénégalais du nouveau Code dépasse de 6 points de pourcentage la moyenne de TEMI des pays comme le Niger, le Gabon, le Congo et RD-Congo (figure 6).

Toutefois, il n’a pas atteint le record du Gabon détenant un TEMI de 114%.  Avec le Code 1998, le TEMI du Sénégal était en dessous de 11 points de pourcentage de la moyenne des TEMI mais occupe une bonne position à côté du Congo et le Niger avec respectivement un écart de 3 et 5 points de pourcentage.

Neutralité

L’efficacité d’un régime fiscal pétrolier devrait s’accompagner d’une neutralité en matière d’investissement ou de réinvestissement dans l’exploration ou l’exploitation d’un gisement. En d’autres termes, la taxation ne doit pas contraindre à la rentabilité du projet. Avec un taux de rendement interne (TRI) de 53% avant l’application de la législation fiscale, le Code pétrolier de 1998 réduit le TRI jusqu’à 25% et celui de 2019 à 15% (figure 7). Nonobstant, le Code 1998 est plus favorable pour l’investisseur, ainsi plus neutre que le Code 2019. L’analyse de la dispersion du Taux de rendement interne (TRI) durant les neufs (09) années de production du pétrole, montre que le TRI avant taxation suit une tendance ascendante passant -18% à 53% (figure 8). Avec l’application des régimes fiscaux à la 3ieme année et en comparaison avec le niveau du TRI avant taxation, le TRI connait une chute drastique à la quatrième année d’exploitation, soit -37% avec le Code 1998 contre -51% avec le nouveau Code dû aux recettes pétrolières qui sont multipliées par trois (3) à la suite du triplement du chiffre d’affaire entre le 3e et 4e année de production.

Flexibilité

La flexibilité révèle la capacité d’adaptation et de résilience du régime pétrolier par rapport à la fluctuation du cours du baril de pétrole. Les résultats du modèle montrent que les deux régimes pétroliers sont négativement sensibles au prix du baril. Avec une fluctuation du prix du baril passant de 50 à 130 dollars Us, le Sénégal enregistre une tendance baissière de son TEMI avec une perte de -78% avec le Code 2019 et -62% pour le Code de 1998 (figure 9). Ceci indique que le régime fiscal pétrolier de 1998 est relativement plus flexible que celui de 2019. Cependant, la rentabilité de l’investisseur est plus flexible à la fluctuation du cours du pétrole avec le Code de 2019 que le Code 1998. En effet, l’évolution du Taux de rendement interne (TRI) entre le cours de baril de 75 à 105 dollars US augmente de 123% dans le cadre du Code pétrolier de 2019 ; 64% pour le Code de 1998 et 49% avant taxation (figure 10). Ce rythme de progression du TRI suivant les régimes fiscaux est relativement conservé tout au long de la hausse du cours du baril. Ainsi, l’Etat contracte plus de risques de pertes de recettes avec l’application du régime fiscal pétrolier de 2019 en suivant l’évolution ascendante du cours du baril que le Code 1998.

Transparence 

. Ce mécanisme de transparence conduit, selon les normes de l’Initiative pour le Transparence dans les Industries extractives (ITIE) et les lois et règlements en vigueur, la déclaration des revenus pétroliers et gaziers qui sont versés à l’Etat du Sénégal. De plus, le Code de 2019 constitue moins de « renvois au contrat », en donnant plus de précisions sur les modalités d’application des impôts,  concourant ainsi à la réduction de la corruption.

Clause de stabilité 

La clause de stabilité existant dans le Code 1998 est maintenue avec le Code pétrolier de 2019 afin de protéger l’investisseur évitant les déséquilibres économiques des projets en cours et le caractère opportuniste de l’Etat en sa faveur pour la collecte de recettes. Toutefois, cette clause exclue les dépenses additionnelles liées à la protection de l’environnement, des personnes, du contrôle des opérations pétrolières ou du droit de travail.

Protection de l’environnement :

La protection de l’environnement occupait une place importante dans la planification du développement des gisements de pétrole, pendant la phase d’exploration ou en cas d’abandon dans le régime pétrolier de 1998. Le régime pétrolier de 2019 apporte plus de précisions en exigeant les industries pétrolières de s’aligner au Code de l’environnement, aux meilleures pratiques internationales en matière d’utilisation de technologies et également d’initier des mesures visant à la lutte contre la pollution, aux traitements de déchets et la préservation de la faune, de la flore et des eaux du sol et sous-sol.

En conclusion

Dans un contexte actuel de la dette publique du Sénégal estimée à 58, 4% du PIB en 2017, la question de redevabilité du régime fiscal pétrolier est une étape ultime pour relever le taux de pression fiscale qui s’élève à [1]15, 2% du PIB, soit un écart de 10, 1 points en termes d’inefficience par rapport au potentiel fiscal en 2017. Dans cette dynamique, de modestes recommandations ont été formulées pour une éventuelle révision du Code pétrolier de 2019 à l’image des résultats de l’évaluation du Code pétrolier de 2019  :

1-Contracter le taux de redevance sur la production  :  

Le Code 2019 taxe deux fois la production correspondant à la redevance sur la production et la part de l’Etat. Ceci permettra de diminuer les risques de l’exploitation de pétrole pour l’investisseur notamment dans le cas des projets non rentables.

2-Introduire une taxe progressive basée sur la rente pétrolière :  

les résultats du modèle ont montré qu’en cas de rentabilité du projet (hausse du prix du baril), le TEMI baisse. L’introduction d’une taxe sur la rente permettra d’améliorer la flexibilité du Code pétrolier.

3-fusionner les impôts forfaitaires ou dépendant des contrats pétroliers 

(impôts sur le bonus de production, frais d’instruction, redevances superficiaires etc.) qui contribuent faiblement aux recettes pétrolières (1% du TEMI, Code 2019). Cette correction pourrait simplifier le régime fiscal, réduire la corruption et instaurer plus de transparence.

4-Mettre en place une taxe environnementale pour la protection de l’environnement basée sur la monétarisation de l’environnement ou les valeurs tutélaires ou définir en détail

les mesures de protection de l’environnement sur la pollution, les déchets, la faune, la flore et les eaux du sol et du sous-sol.

5-Instaurer dans le régime fiscal pétrolier, la création d’infrastructures

dans la zone d’exploitation ou dans la ville par l’exploitant afin de répondre aux besoins locaux des habitants de la zone de production (construction de routes, d’écoles etc.).

6-Créer une taxe ou un montant forfaitaire compensatoire

 des secteurs d’activités mis en péril (la pêche) à l’exploitation du pétrole.

[1] DPPE. Ministère de l’Economie et du Plan du Sénégal. « Evaluation du Potentiel fiscal du Sénégal ». Avril 2019

*A propos de l’auteur

Ndeye LO  est analyste des politiques économiques et statisticienne avec 5 ans d’expérience dans le domaine de l’analyse macroéconomique à l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie du Sénégal (ANSD).

Afrique : comment financer l’économie post-covid-19 ? Par Ousmane Dieng*.

Ousmane Dieng : le slogan «apprenons à vivre avec le virus» reviendrait-il à clamer le slogan «la vie du Covid-19 compte» ?

https://www.financialafrik.com Après un semestre d’actions peu coordonnées sur fond de débats contradictoires pour lutter contre la pandémie de Covid-19, le monde constate avec peine le spectre d’une seconde vague dans les pays qui avaient pris des mesures drastiques de confinement des populations et de l’arrêt brutal de l’activité économique. Ces mesures ont permis de circonscrire les foyers de contamination, de limiter la propagation du virus et de soigner les malades. C’est le cas de la Chine, de l’Europe de l’espace Schengen, du Rwanda, du Maroc, de la Tunisie, …
Ailleurs, on observe un déni dans l’espoir que cette maladie à coronavirus ne serait qu’une grippe saisonnière. Les populations sont perdues dans l’insouciance des croyances trompeuses du genre, la maladie n’atteint que les autres. Elles fondent leur espoir sur une hypothétique immunité contre le virus. On constate également un refus d’observer les gestes barrières au nom de la liberté individuelle et en dépit de notre position de témoin privilégié de l’ampleur de la pandémie qui a sévi en Europe (Italie, Espagne, France et Royaume-Uni).

L’Afrique Subsaharienne, quel gâchis 

Un trimestre d’État d’urgence sanitaire pour rien. Les cas positifs augmentent à un rythme inquiétant et le pic de la pandémie est à l’horizon. L’attitude des populations dans l’espace public sidère à tout point de vue. Des discours encenseurs prônant la résilience des économies des pays subsahariens, structurellement sinistrées, en quête de l’émergence, plombées par la pesanteur de la pauvreté et de la précarité, préoccupent à tout point de vue. Il n’y’a pas de secret encore moins de la magie : avec ou sans la Covid-19, à long terme, la capacité de l’Afrique à produire des biens et services déterminera le niveau de vie de sa population.
Le slogan «apprenons à vivre avec le virus» reviendrait-il à clamer le slogan «la vie du Covid-19 compte» ? Nous sommes d’avis que la vie tout court compte mais l’histoire de l’humanité a démontré le contraire et le passé récent, mis à nu par les réseaux sociaux, dévoile l’ampleur de cette triste réalité.
C’est une bonne nouvelle de constater le faible taux de létalité de la maladie. Toutefois, ce paramètre rassurant occulte une probable conséquence sociale et économique dramatique. Au plan sanitaire en Afrique, espérons que l’amplitude de la première vague de la pandémie qui avance droit vers nous ne se transformera pas en un «tsunami» collectif.
Relance économique par la création monétaire et risque de poussée inflationniste
La relance économique post Covid-19 se fera à travers la création monétaire. Cette réflexion n’est plus un sujet tabou par crainte d’une poussée inflationniste dans nos économies et l’instabilité financière qui en résulterait. S’il est établi qu’à long terme, le taux de croissance monétaire détermine le taux d’inflation, mais n’affecte en rien le taux de chômage, nous pensons qu’il est important de nuancer la crainte d’une poussée inflationniste dans les économies émergentes et particulièrement en Afrique Subsaharienne pour plusieurs raisons  :
-La pandémie de Covid-19 a mis en évidence la nécessité de produire localement les biens et services, en particulier les denrées de première nécessité. Toutefois, cette option ne sera viable que si elle permet de proposer aux consommateurs des prix au moins équivalents ou en deçà des prix des biens et services importés. Il est certain, qu’à moyen terme, les slogans nationalistes du «consommez local» ne résisteraient pas si l’offre est peu compétitive en prix et en qualité. Par conséquent, un processus de production optimal piloté par une analyse stratégique fine et une maîtrise des coûts et des facteurs de production doivent accompagner la feuille de route pour l’atteinte des objectifs poursuivis par cette nouvelle politique économique ;
-Si on lève la contrainte d’accès au financement afin de promouvoir une production locale (agricole, industrielle et des services), il est établi que les facteurs de production dans les économies émergentes et subsahariennes sont de plus en plus compétitives. C’est le cas notamment du capital physique, de la force de travail individuel, du capital humain, immatériel, social et culturel mais aussi du facteur terre et de son sous-sol ;
-L’efficience des marchés est rendu possible par les innovations technologiques qui tendent à réduire considérablement l’asymétrie de l’information. Les plateformes de commerce ont permis de réduire les circuits de distribution et l’intelligence artificielle à travers les «big data» permettent d’évaluer l’offre disponible et la demande prévisionnelle de biens et services. Cette innovation technologique est un excellent outil d’analyse empirique et prévisionnelle pour une meilleure maitrise des prix et des anticipations rationnelles.
Les arguments cités ci-dessus permettent d’ajuster l’offre de biens et de services en fonction de la demande pour une meilleure visibilité de gestion des marges bénéficiaires et par conséquent des prix. En résumé, à long terme, le risque d’une poussée inflationniste générée par la création monétaire pour soutenir la production de biens et services est peu probable. À court terme, ce risque est maitrisé.
Quid des innovations financières et des couvertures contre le risque de hausse des prix sur les marchés et contre l’inflation à l’échelle macroéconomique comparé au coût de la déflation qui ne serait rien d’autre que le chômage et ses conséquences (destruction du pouvoir d’achat, baisse de la propension à l’épargne des ménages, baisse du crédit à la consommation, insécurité, coût social, baisse de l’impôt sur le revenu, détérioration de la qualité du service public, …).

Promouvoir l’investissement privé dans les pays émergents

Comment lever définitivement la contrainte de l’accès aux marchés financiers pour promouvoir l’investissement privé dans les pays émergents d’Afrique Subsaharienne ? En des termes simples, comment mobiliser les excédents de ressources financières ?
La structuration des levées de fonds au profit des promoteurs privés, assorties de placements dans les livres des banques locales sur une période convenue semble être une piste sécurisée et crédible. Ces placements se feront en contrepartie de l’implication des banques locales dans le processus de la levée de fonds au profit des investisseurs dans l’économie réelle.
Il s’agira de monétiser des instruments bancaires de type Stand By Letter Of Credit (SBLC) ou Bank Garantee (BG) monétisables qui seront émis par les banques internationales de premier rang au profit des porteurs de projets et des entreprises du secteur privé en Afrique. Les fonds levés dans le cadre de cette monétisation via un non-recours seront placés dans les livres des banques locales impliquées dans ce type de transactions. Ces placements se feront sur une durée minimale convenue avec les bénéficiaires des fonds c’est-à-dire les entreprises et les porteurs de projets d’investissement privés.
Les due-diligence requises par les services en charge de la conformité et de la lutte anti-blanchiment au sein des banques impliquées dans la structuration de ce type d’opérations seront les garants de la régularité et de la conformité des opérations notamment le caractère licite des flux monétaires et des actifs financiers.
Une telle structuration aura le mérite de levée des fonds en devises à des coûts relativement acceptables à travers un mécanisme de monétisation d’instruments bancaires pour le compte des investisseurs dans l’économie réelle et de placer ses ressources en monnaie locale à des taux compétitifs. Ces placements se feront sur la base d’un engagement signé avec les promoteurs et les porteurs de projets d’investissement, propriétaires des fonds levés. Toutefois, le déblocage des fonds au profit des investisseurs se fera sous forme d’avances sur des dépôts à termes (DAT) ou de crédits à la clientèle assortis de garantie sous forme de DAT des fonds levés suivant le mécanisme décrit ci-dessus.
Par ailleurs, ces ressources financières additionnelles permettront aux banques locales d’octroyer davantage de crédits à la clientèle notamment au profit des Petites et Moyennes Entreprises conformément à leurs politiques de crédit et de gestion des risques. Toutefois, les banques impliquées dans ce type de structuration préfinanceront les frais d’émission ou de location des instruments bancaires monétisables. Ces frais seront remboursables intégralement par déduction sur le montant des fonds levés dans le cadre de cette structuration.
Les cabinets de conseil et d’ingénierie seront mis à profit pour accompagner les promoteurs en quête de financement à travers des mandats de structuration et de levée de fonds mais aussi dans le monitoring, le suivi financier et opérationnel et le contrôle dans la mise en œuvre des projets qui seront financés.

Modèle économique et social post Covid-19 pour l’Afrique

Nous ne devons pas perdre de vue que la théorie économique est avant tout une méthode et non une doctrine. Elle reste une science incomplète, et par conséquent à compléter. C’est la raison pour laquelle nous devons sans cesse nous affranchir des idéologies et des courants de pensées figées et antagonistes (classiques, néoclassiques, néolibéraux, marxistes, théorie de la régulation, Keynesien, Post-Keynesien et Néo-keynesien). Peut-être même que certaines pensées sont devenues obsolètes de nos jours et d’autres se réinventent face à la profonde mutation de nos sociétés.
Les chocs économiques dont les causes sont généralement perçues comme étant des chocs exogènes sont en réalité des facteurs endogènes dans une économie qui transcende les barrières géographiques et intègre la dimension écologique contenue dans une biodiversité commune. L’innovation technologique a favorisé une production de biens et services au-delà des contraintes de territorialité. Les facteurs de production à savoir le travail et le capital suivent cette mutation technologique irréversible.
Il a fallu qu’un semestre de pandémie pour plonger l’économie mondiale dans une crise annoncée comme étant sans précédent. Au regard des mesures prises par les économies avancées à savoir le recours à l’assouplissement monétaire (Quantitative Easing), à « helicopter money », ces avancées idéologiques interpellent l’Afrique sur la pertinence de financer à travers la création monétaire (monnaie centrale) les dépenses d’éducation, de formation universitaire et professionnelle. Cette composante constitue une rubrique budgétaire importante pour les États. Elle constitue le socle de création de valeur dans l’économie. En contrepartie de ce financement (intégral ou partiel) par la création monétaire (monnaie centrale), un contrat social et générationnel sera établi et encadré par les juridictions compétentes pour alimenter un fonds de solidarité et d’innovation. Les traités et textes qui régissent les Banques Centrales Communautaires interdisant le recours à ce levier méritent d’être revus et mis à jour.
Ce fonds de solidarité générationnel en contre partie de la création monétaire (monnaie centrale) sera alimenté par des cotisations obligatoires sur une période minimale à déterminer et de cotisations volontaires sur une période convenue que les générations actuelles bénéficiaires de l’enseignement et de la formation (public et privé) devront s’acquitter, une fois insérées dans la vie professionnelle. Accessoirement, ce fonds pourrait être doté de contributions au titre du mécénat, des politiques de responsabilité sociétale d’entreprise (RSE) et des ressources des États ne provenant pas des prélèvements d’impôts sur le revenu des ménages.
Ce mécanisme souple permettra de résoudre considérablement la problématique de financement de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle en Afrique, qui nous le savons, est un secteur décisif que les États peinent à promouvoir à travers des offres de qualité gage d’une citoyenneté, d’une productivité et d’une compétitivité économique. Pour cette catégorie spécifique de dépenses budgétaires des États et des collectivités, cette option aura le mérite de  :
-proposer une alternative au recours à l’endettement perpétuel pour financer le déficit budgétaire. À moyen et long terme, cette mesure aura un impact positif et conséquent sur les revenus des ménages, mais aussi ceux des entreprises, des collectivités et des États. Les revenus seront générés par l’amélioration significative de notre productivité et notre capacité à produire des biens et services compétitifs, boostée par la qualité de notre savoir-faire ;
-réduire, à court terme, la pression fiscale sur les ménages et par conséquent libérer un pouvoir d’achat et/ou une propension à l’épargne ;
-garantir une formation de qualité pour les générations actuelles et futures notamment dans les métiers d’avenir, de transition écologique et de préservation de l’environnement, dans les nanosciences et les nanotechnologies, dans la recherche fondamentale et dans d’autres disciplines ;
-favoriser l’employabilité et une meilleure productivité du facteur travail ;
-préparer la jeunesse du continent à relever les défis du monde d’aujourd’hui et d’avenir notamment dans le domaine sanitaire et de préservation de la paix.

Financement de l’économie réelle et de l’habitat en Afrique

Une courroie de transmission des excédents de liquidité des places pionnières de l’ingénierie et de l’innovation financière vers les pays à fort besoin de financement est plus que nécessaire. Il est aisé de comprendre que l’expansion naturelle (opportunités) des produits financiers en particulier les dérivés de crédit et des « subprimes » pour financer l’économie, l’habitat social et le logement en Afrique s’impose. Elle aurait eu le mérite de repousser à long terme, un hypothétique éclatement d’une bulle immobilière à l’origine de la crise financière de 2007 et le « surmenage » de la VAR (Value At Risk) qui mesure les pertes inattendues qui pourraient survenir sur un portefeuille de transaction des banques.
Ce mécanisme de transmission des excédents de liquidité (marchés monétaires et marchés des capitaux) vers les pays en déficit permettra de résorber le gap important de besoin en financement en Afrique aussi bien pour les entreprises, les entrepreneurs, que pour les ménages. Le financement constitue la principale entrave au développement économique et l’accès au progrès social. C’est la raison pour laquelle, il est important de faire évoluer les cadres réglementaires et légaux régissant les marchés et les pratiques financières en Afrique.
La monétisation des actifs des pays émergents et le fait d’étendre l’éligibilité des actifs admis à la titrisation sur les marchés financiers régionaux est d’une extrême priorité.
Enfin, la relance post Covid-19 pour l’Afrique ne doit pas laisser à la traine l’industrie de l’assurance et de la réassurance qui se résigne à jouer un rôle marginal face aux enjeux décisifs et aux défis auxquels sont confrontés les pouvoirs publics et le secteur privé.

Système monétaire international à l’épreuve des chocs

La grande dépression des années 30 causée par le Krach boursier à New York suite aux fortes spéculations et la crise financière des subprimes de 2007 qui a frappé les États-Unis et les pays industrialisés et la récession économique qui s’en est suivie sont, le plus souvent, mis sur le dos des chocs exogènes à travers un raisonnement économique « simpliste » sur fonds de paniques dans le processus de prise de décisions.
Le qualificatif « choc exogène » renvoie à un évènement brutal et imprévisible qui affecte le fonctionnement d’une économie et en perturbe l’équilibre. La pandémie de Covid-19 est également perçue comme un choc exogène. Qu’à cela ne tienne, nous sommes de ceux qui pensent que l’économie est un ensemble cohérent dans un écosystème commun à l’échelle planétaire.  Il est évident que l’environnement (l’écologie) et sa préservation en font partie intégrante.
Le système monétaire qui a prévalu de la période de l’étalon change-or à nos jours découle d’une construction intellectuelle, politique et économique devenue obsolète. Une gymnastique intellectuelle complétement déconnectée de la réalité. Autant qu’il est aisé de comprendre que chaque ménage ne peut pas créer et battre à volonté sa propre monnaie dans l’espoir d’en garantir les trois fonctions qui lui sont reconnue à savoir  : l’unité de compte, l’intermédiaire des échanges et réserve de valeur ; autant soutenir l’idée selon laquelle, chaque État pris individuellement peut prétendre détenir et préserver sa propre monnaie tout en garantissant à terme les trois fonctions qui lui sont dévolues n’est que pure fiction.
En l’état, l’Afrique évolue dans un modèle économique peu viable de nos jours et l’ajustement se fera toujours par le bas. L’innovation et le savoir-faire rendent obsolète ce mode de pensée économique. Le réveil est brutal et le mirage observé devant nous est illusoire. Le monde dans sa globalité est un tout cohérent rendu possible par la connectivité, la production, le stockage, la disponibilité, le partage de l’information et du savoir-faire.
Une politique économique assise sur l’éducation, la formation, l’innovation, l’accès au financement, la couverture sociale et la couverture contre les risques est gage d’une compétitivité si elle est pilotée par un leadership éclairé et bienveillant. Ce leadership doit être soutenu par des institutions solides, épris de paix et de justice, garant de la bonne gouvernance et d’équité. Un panorama rapide de l’état du monde dans lequel nous évoluons permet de nous situer et nous renvoie à nos limites et nos jugements subjectifs dénués de bon sens.
En ce qui concerne l’Afrique, tout ce discours n’aura de sens que si nous osons entreprendre par l’initiative privée, facilité par les politiques publiques et notre capacité à nous relever de nos échecs. Si la vie du virus Covid-19 compte, malheureusement, elle sera au dépend de nos vies et de nos économies.

I can’t breathe (je ne peux pas respirer)

Un billet de banque de 20 dollars a agrégé la vie d’une personne élégante dont les aïeuls ont été déportés de leur continent d’origine pour des raisons économiques. Cette déportation était motivée par le facteur travail gratuit ou bon marché. La monnaie (20 USD) a pris le dessus sur la vie (privation d’oxygène). S’il est évident que l’innovation technologique et sociale (les droits humains) ont su réduire la pénibilité du travail notamment au niveau de la main d’œuvre, nous peinons à prendre conscience des limites de nos modèles économiques et monétaires.
Ce drame, au-delà de choquer toute personne dotée de bon sens, nous interpelle à tout point de vue sur notre raisonnement économique en particulier et sur l’une des fonctions essentielles de la monnaie à savoir la réserve de valeur.
Cette question philosophique et d’ordre éthique intrigue. Quelle est la valeur des caveaux d’or et de billets de banque face à une privation d’oxygène jusqu’ici accessible à tout être humain sur terre ? Ce métal Or gracieusement offerte par les entrailles de notre planète « Terre » suite à un long processus impliquant l’essentiel des composantes de notre environnement dont notre seul mérite réside sur notre savoir-faire acquis grâce à notre intelligence et notre curiosité à travers des techniques d’exploration et de découverte. Il est évident que le principal facteur de réserve de valeur est notre capacité à créer de la richesse et à produire des biens et services dont nous avons besoin et utile dans l’avenir. Par conséquent, la monnaie n’est rien d’autre que le support légal pour faciliter les échanges et préserver l’essentiel à savoir notre destin commun.
À y voir de près, notre écologie et notre capacité à raisonner constituent notre principale réserve de valeur. Notre écosystème nous oblige à nous réinventer et à nous réajuster. Notre modèle économique ne fera que suivre cette tendance irréversible dont l’infiniment petit a toujours guidé notre existence et a façonné notre société. Notre savoir-faire se trouve dans la physique des particules, la physique quantique, la biologie, les mathématiques, la chimie, la médecine, l’écologie, les sciences sociales et dans nos croyances.
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A propos de l’auteur

Ousmane DIENG a acquis une expérience professionnelle de 18 années dans le conseil et l’audit. M. DIENG a fondé le Cabinet de conseil INGENIOUS Partners Consulting spécialisé dans la stratégie, le Conseil Financier, l’entreprenariat, l’organisation, l’optimisation des performances, le contrôle et l’économie.

REDÉMARRAGE DU TRAFIC AÉRIEN : LES ASSURANCES DU MINISTRE ALIOU SARR

http://www.emedia.sn L’Aéroport international de Blaise Diagne (AIBD) est prêt pour la reprise. C’est l’assurance donnée par le ministère de tutelle sur la reprise des vols internationaux prévue le mercredi 15 juillet 2020.
Arrêtés depuis plus de trois mois, les vols internationaux vont bientôt reprendre. Plus qu’une question de jours. Une reprise qui devrait bien participer à la relance de l’économie, plombée par la crise sanitaire liée à la Covid-19. Mais avant de redémarrer, dans quatre jours, les autorités voudraient s’assurer qu’il n’y aura aucun risque surtout en cette période où un reflux des cas importés a été noté avec les vols de rapatriement.
« J’ai instruit mes équipes, ce 10 juillet 2020, de procéder à une dernière visite d’inspection et de contrôle de l’aéroport international AIBD, avant l’ouverture des frontières aériennes prévue le 15 juillet. La mission consiste à s’assurer de la mise en œuvre effective par les différentes parties prenantes, des dispositions du Protocole sanitaire, pour limiter les risques de contamination et de propagation de la COVID-19 », a indiqué, le ministre du Tourisme et des Transports aérien, Alioune Sarr.
Il a invité les passagers et tous les usagers de la plate-forme aéroportuaire, au strict respect de ces instructions, dans les aérogares, dans les espaces d’embarquement et dans les aéronefs.Babacar FALL

Le ministre de la Communication annonce l’entrée en vigueur d’un Nouveau Code de la publicité pour les médias sénégalais

https://www.pressafrik.com Le ministre de la Culture et de la Communication a, dans un entretien avec Le Soleil, annoncé un nouveau Code de la publicité au Sénégal. Selon Abdoulaye Diop, un arrêté a été pris, portant la mise en place de la commission nationale chargée de réfléchir sur ce nouveau code de la publicité
« Nous sommes en train de travailler à l’élaboration d’un nouveau code de la publicité devant remplacer la loi de 1983 qui est dépassée par l’évolution d’un secteur marqué, notamment, par le numérique et la multiplicité des acteurs », a-t-il confié à nos confrères du quotidien national. Avant d’indiquer que le but de cette loi en perspective vise à renforcer les entreprises et les conformer au nouveau cadre marqué par l’avènement du numérique et la multiplicité des acteurs
Le ministre de la Communication de souligner qu’à part le Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), « la principale source de revenus de la presse reste la publicité ». Raison pour laquelle un « expert est commis, le benchmarking effectué. L’expert proposera un projet qui sera soumis à la commission nationale ».
Ce nouveau code devrait permettre aux médias privés classiques et en ligne de tirer leur épingle du jeu. À noter que les médias publics comme la RTS et le Soleil captent une très grosse part des marchés publicitaires.AYOBA FAYE

La “côtière” Dakar-Saint-Louis : Mythe ou réalité routière ? Par Papa Samba  Touré

Des conducteurs de “Waar gaïndé” ou taxis clandestins sont peu loquaces sur le sujet de cette voie routière qui relierait Dakar à Saint-Louis par la côte. Si des récits de routiers aventuriers décrivent des paysages idylliques ou que de rares articles de la presse et certains forums spécialisés, l’évoquent, bon nombre de sénégalais s’interrogent encore sur la réalité de cette route qui partant de Dakar, longerait la côte atlantique jusqu’à Saint-Louis.
Mais qu’en est-il véritablement de cette fameuse voie littorale ? Existe-t-elle réellement ou est-elle simplement une appellation ? Si cette route existe vraisemblablement, par où peut-on l’emprunter ? Est-elle sûre ou dangereuse ? Praticable ou chaotique ? Quelles villes ou quels bourgs traverse-t-elle  ? Quelle est sa longueur? Réduit-elle considérablement la durée du trajet Dakar/Saint-Louis ?
C’est dans le but de tenter de répondre à toutes ces questions des voyageurs lassés de la pénibilité du trajet et terrifiés par les accidents récurrents sur la RN2, que j’ai décidé non seulement de rechercher cette voie mais également d’en faire l’expérience pratique.

Ainsi, partant de Dakar par la VDN, après moult égarements et un périple harassant sur des routes chaotiques, j’arrive à Saint-Louis. Mais, je ne m’attarderai pas sur les détails de ce parcours aller, que je considère comme un repérage consistant à pouvoir détailler davantage le périple du voyage retour St-louis / Dakar, que je me propose de vous restituer.

Par ailleurs, l’objectif étant de fournir aux futurs candidats à cette aventure des informations précises, je me suis aidé lors de la rédaction de l’article, d’une carte : IGN (carte touristique, Sénégal 1 : 1000 0000) ainsi que de Google Earth, pour corriger et situer plus précisément certains lieux. Vous le remarquerez, je me suis, non seulement, risqué à quelques commentaires ou analyses sur des situations particulières, mais également engagé à vous faire partager -grâce à la documentation glanée sur le Net- l’immense potentiel écologique, historique, économique, social et culturel de la Zone des Niayes. Je me ferai l’écho des futurs projets gouvernementaux, susceptibles de bouleverser fondamentalement, dans les prochaines années, la Grande Côte.
On est Dimanche 15 Décembre 2019, il est 7h30. La révision du pick-up et le plein de gasoil, effectués, je quitte Saint-Louis à partir du quartier Ndjoloféne en direction de Dakar. Au niveau de Cité Niakh, sur toute la jetée, une légère brune rafraîchit la matinée. L’astre naissant darde timidement le ciel de ses premiers rayons. Les pneus du véhicule semblent pâteux sur l’asphalte, mais le grondement du moteur qui s’échauffe progressivement présage la cadence soutenue du voyage. Sur le bord du talus, un binôme de jeunes guinéens hâte le pas. Sur la tête de l’un, est déposée la bassine remplie de crevettes. Sur l’épaule de l’autre, repose la sienne qui a servi à capturer les précieux crustacés. Ces jeunes sont pressés d’aller céder leurs prises aux revendeuses afin de pouvoir commencer chacun, sa seconde activité. En effet, vendeurs de fruits ou laveurs de voitures le jour, ils sont également susceptibles d’être pécheurs à pieds ou gardiens, la nuit. Je ne connais aucun “peulh-fouta” au chômage ! A vrai dire, ces jeunes étrangers matinaux sont plus pragmatiques à tirer profit des ressources locales abondantes et disponibles, que les centaines de milliers de jeunes sénégalais encore occupés à chauffer le lit.
Au niveau de la digue, des paramilitaires usent de stratagèmes en pratiquant l’auto-stop à proximité des fonctionnaires de police déjà sur le-qui-vive. C’est connu, la tenue confère certains avantages. A la fourche, quand je dépasse l’Hôtel Méridien, un passant porte sur l’épaule sa hache, prête à étaler les derniers colosses branchus.
Vers le parc de Guembeul, on frôle la catastrophe quand deux jeunes phacochères échappent in extremis aux roues du pick-up lancé à vive allure. Heureusement que la laie et ses marcassins restés sur le bord, ne se sont pas engagés ! Le véhicule surprend un vol de pélicans. Ces oiseaux sont si bas qu’on distingue nettement le bruissement de leurs ailes, ainsi que leurs regards inquiets projetés sur le véhicule. Au sol, plus loin, une troupe de singe-rouges rentre de rapine nocturne. Des petits sont lovés sous le ventre des femelles. Les joues des primates sont gonflées de fruits. Décidément la faune est au rendez-vous ce matin !
Au niveau du chenal coupant en deux ce bras du fleuve, des pécheurs qui ont franchi la barrière du parc, semblent imiter les singes voleurs en jetant leurs éperviers dans ces frayères interdites. Les poissons juvéniles qui n’ont pas échappé aux fines mailles des pécheurs, frétillent sur la berge. Ils sont peu rentables aux yeux de ces pécheurs très sélectifs et indifférents à l’agonie des petits Obeu, room et wass. Délaissés sur la berge, ces petits poissons font le bonheur des oiseaux marins. Que veut-on, la ressource est là. Disponible. Infinie à leurs yeux. Mais qu’on ne s’y trompe, les quantités effroyables de juvéniles qui pourrissent ou sèchent au soleil en disent long sur le risque du non-renouvellement des stocks.
…7h46. On est à Gandiol. A la sortie, une signalisation indique : Léona-Potou-louga. Nous la prenons. Cette route totalement dégagée sur laquelle je m’engage, me renvoie au dynamisme des jeunes guinéens et à l’immobilisme problématique des jeunes sénégalais en général. En effet, je ne peux que déplorer le manque de réalisme de ces jeunes ndar-ndars incapables de mesurer à suffisance l’immense potentiel économique de leur région, contrairement aux jeunes étrangers. Il est impératif de sortir les jeunes sénégalais du cercle improductif dans lequel les ont enfermés les khoumbeuls et autres matchs de foot, des nawéttanes, pour les orienter vers des activités génératrices de revenus. Nos autorités y ont une grande part de responsabilité. En plus de la stratégie du récréatif, du passif et de l’oisif neutralisants, l’occupationnel est décisif pour détourner durablement les regards des jeunes des véritables problèmes du moment et des enjeux du futur. Quel paradoxe en cette période de nawett ( hivernage ) où l’initiative et l’entreprenariat, doivent être à leur summum ! En effet, jadis les nawéttanes ( ainsi de l’origine même du mot ) étaient des opportunités rêvées de se faire d’intéressants pécules. Aujourd’hui, ils sont des moments récréatifs. Cette prise de conscience qui sera électrique -donc violente- ne sera pas la solution. Préférons-lui, l’élévation de la conscience qui permettra à la jeunesse africaine de savoir que loisirs improductifs et initiatives entrepreneuriales sont antinomiques.
Et puis, ces compétitions sportives et folkloriques ont certes leurs vertus –concédons-le aux initiateurs des ASC et des nawéttanes- mais sont aussi confrontées à d’inextricables limites : fractionnisme au lieu de l’unité indispensable; rivalité stérile et non émulation mutuelle ou violence à la place de fraternité ! L’image de jeunes saint-louisiens soulevant un trophée et parcourant exaltés les ruelles des quartiers ou qui s’enthousiasment sur la chorégraphie des danseuses, est vraiment insensée quand on habite une Région à l’aune du pétrole et du gaz. Personnellement, je ne crois ni au mirage du pétrole, ni au miracle du gaz, tant existent des exemples de contrées du Sénégal, où les ressources naturelles qui y sont exploitées depuis des décennies, n’ont pas fait le bonheur des populations locales. En effet, si hier, l’exploitation des ressources halieutiques, du phosphate, du marbre ou de l’or.., n’a pas profité au peuple, pourquoi aujourd’hui le gaz, le pétrole ou le zircon de Diogo -sur lequel je reviendrai- changeraient-ils cette logique? L’Agriculture intégrée oui !
Nous dépassons Mouït. Plus loin à ma droite, c’est le fleuve. La mangrove en reconstruction étale ses feuilles vertes au soleil qui est splendide ! La marée descendante dévoile des milliers d’huîtres accrochées aux racines des palétuviers. Les bras de mer et les marigots de cette zone abritent quantité de crabes, mollusques et autres crustacés. Par exemple vers Gandiol et Djéli-Mbam la brèche -dévoreuse de pêcheurs guet-ndariens- semble se racheter en ressuscitant les coques et les palourdes qui atteignent des tailles et des quantités impressionnantes. C’est le seul aspect positif de cette catastrophe écologique. Mais, concernant ces ressources, si ce n’est la consommation familiale ou leur commercialisation par quelques femmes, elles sont globalement mal exploitées par les autochtones. Si ces derniers devraient s’y adonner pour se créer des revenus conséquents, ils doivent dépasser le stade de cueillette et demander -à l’instar des populations de la petite côte- à être formés à l’ostréiculture pour présenter des produits de qualité. Par exemple, c’est l’installation de la station ostréicole de Joal en 1940 et la formation des exploitants, qui ont fait qu’aujourd’hui, Joal-Fadiouth est le principal centre de production d’huîtres du Sénégal.
…Panneau suivant : Degouniaye, Lakharaar, Sowene… Le paysage est joli, calme, frais, agréable. Nous dépassons l’”Hôtel Océan Savane” qui trouve toute sa place dans ce décor sublime. Si l’aspect touristique est validé, l’activité agricole se dévoile avant Gabar, à travers des jardins maraichers très bien entretenus.
…Gabar ! Une vérification ultérieure sur Google-Earth me situe dans la Région de Louga alors qu’on pensait encore être dans la Région de Saint-Louis, dont le village de Degouniaye semble être la dernière localité sur ce tronçon, avant la Région de Louga. Par cette voie, 25 minutes environ suffisent pour sortir de la Région de Saint-Louis. Par la RN2, il en faut bien davantage pour arriver à Sakal première localité de la Région de Louga en venant de St-louis. Pour revenir à la charmante localité de Gabar, c’est là où s’engouffre et s’écrase en cul-de-sac ce qui reste du fleuve Sénégal.
… Nous arrivons à une intersection quelques minutes après Gabar. Sont fléchés au panneau : Potou à droite ; Louga, Lompoul, Léona à gauche ! En bifurquant à gauche nous avons le soleil en plein visage. Les visières se rabaissent aussitôt ! Google-Earth nous apprend plus tard que nous cheminions vers l’Est et non vers le Sud.
… La route qui mène vers Léona est belle ! Le marquage au sol net. Quel plaisir de rouler sur une route sans nids-de-poule ni dos-d’ânes, aux marquages au sol et à la signalétique impeccables ! Cette route étant vallonnée, il est difficile par conséquent de distinguer ce qui arrive de derrière l’horizon. La prudence doit être de mise ! Des troupeaux impressionnants de dromadaires sont visibles. Attention à ne pas se faire surprendre par les redoutables dos-d’âne à l’entrée de Léona. A environ 400 mètres après les dernières habitations du bourg, il faudra prendre absolument à droite au niveau du talus central, sinon vous arrivez à Louga.

J’arrive à Rayet vers 8h10 puis Kone-Kogne quelques minutes plus tard ! Depuis Saint-Louis nous n’avons croisé aucun véhicule et aucun, ne nous a dépassés.

…De vastes domaines agricoles sont en cours d’aménagement. Certains sénégalais clairvoyants comptent déjà mettre à profit ces terres qui ne demandent qu’à être mises en exploitation. À coup sûr, d’ici quelques années cette zone sera transformée. Seules trois antennes vers Porokh Diokh Mody défigurent ce décor merveilleusement vallonné et arboré.
Fausse note aussi à Santi Badiéne où à l’entrée du village un troupeau de chèvres répandant ses déjections à même le sol, donne à la terre une teinte noirâtre immonde. Heureusement, plusieurs dizaines de kilomètres plus loin, la savane paraît corriger, en imprimant sa marque avec talent. En effet, les arbres disséminés un peu partout tels des spectres statufiés, insinuent au cœur de cet espace silencieux, une menace virtuelle. Le couvert herbacé de ces vastes étendues steppiques composées de graminées, fait de ces derniers, les pions d’un jeu de dames sans limites. Exposées au vent frémissant, les branchettes des graminées sous toile de fond de l’obscurité finissante, zèbrent les ondulations rouge-sombres du sable de dunes, de leurs puissants reflets dorés produits par l’astre naissant. L’ensemble crée une harmonie chromatique d’une extrême beauté. Et quand ces couleurs chaudes du sol rencontrent le froid bleuté profond du ciel matinal, le contraste offre un tableau digne d’une carte postale. Ce panorama magnifique semble confirmer les propos des routiers aventuriers qui parlent de paysages idylliques. Ne manquent dans ces descriptions que les autruches et les girafes, pour donner vie aux récits de Mugo Park, qui en parcourant la région du Ferlo en 1795 décrit dans son ouvrage “Voyage dans l’intérieur de l’Afrique” une savane très verte, remplie d’animaux sauvages. Mais, revenons sur notre route après cette envolée poétique !
…8H30.Suite au passage d’un magnifique troupeau de vaches bien grasses, nous croisons enfin la première voiture. C’est un Waar Gaïndé ! Des passagers sont agglutinés dans le frêle taxi clandestin. Le conducteur a réussi à me dévisager sur le flash du croisement. Je lui rends sa monnaie ! Un coup d’œil au rétro me permet de relever le chancellement latéral très marqué du tacot dont les amortisseurs méritent d’être changés. Le conducteur tient le volant tel un pilote de course automobile. Sa vitesse excessive explique-t-elle son regard coupable? En tout cas la qualité de la route incite à l’excès de vitesse ! Mais diable à quelle heure ce taxi clandestin a-t-il quitté Dakar pour être de si tôt à une heure de route de Saint-louis ?
…Vers Bouléle deux voitures immatriculées Thiés me croisent à leur tour. Suis-je déjà dans la Région de Thiés? Je traverse une succession de grandes dunes fixées par des plants d’eucalyptus. L’infrastructure ici, révèle de grands travaux d’aménagement routier exceptionnel. Avouons-le ! On distingue au loin le minaret d’une mosquée qui rivalise avec les sommets des arbres touffus. Les arbres sont nombreux dans ce joli village dont j’ai ignoré le nom avant d’avoir consulté Google Earth. C’est Lompoul situé à gauche, sur la route menant à Kébémer. J’ai profité de la sérénité des lieux en marquant une pause à quelques mètres du rond-point où une signalisation indique : Kébémer sur la gauche et Lompoul /Sur/Mer en face.
Le poste colonial qui fut créé en 1861 à Lompoul, semble avoir grandement contribué à l’expansion de ce bourg. En effet, cette localité qui a jusqu’ici vécu principalement de la pêche et du maraîchage, voit aujourd’hui son activité se diversifier à la faveur du développement à grand pas du tourisme. Le fascinant désert de Lompoul dont les dunes atteignent près de 50 mètres de haut n’est pas étranger à ce succès international. L’on ne peut malheureusement pas apercevoir ce désert, de la route. Par ailleurs, la vie culturelle de Lompoul est animée par le Festival du Sahel, qui est une rencontre musicale rassemblant un large public cosmopolite. Cette digression culturelle marque la fin de ma pause !
… En reprenant la route j’hésite sur le trajet. Je distingue une station de travaux publics sur ma droite. Des engins de terrassement et des bitumeuses y sont parqués. Des ingénieurs ou techniciens chinois s’affairent à donner des ordres aux ouvriers sénégalais. C’est donc une entreprise chinoise qui semble avoir réalisé l’infrastructure routière ! Un ouvrier sénégalais m’indique la direction de Dakar, mais parle curieusement de “La route des Niayes”. Surpris, je lui demande de répéter. Ce qu’il fit, tout en pointant un tronçon routier cabossé et étroit. Je réalise alors, que les belles réalisations routières s’arrêtent au rond-point… Que la belle route prend donc fin ici ! Dépité, je m’engage tout de même et les secousses du pick-up annoncent le début d’un rang-rang dont j’ignore l’aboutissement.
…La route est très étroite mais le paysage beau ! Des arbres serrés et touffus donnent l’impression de forêts. Ceci tranche assez nettement avec le paysage clairsemé jusqu’ici parcouru. Le feuillage touffu empêchant d’apercevoir une voiture susceptible de déboulonner à tout moment, appelle à ne pas se distraire dans ce décor fantastique caractérisé par l’alternance de hautes dunes et de profondes cuvettes. Il y a l’effort du conducteur d’être rassemblé, concentré sur la route.
…Quelques kilomètres plus loin, après avoir suivi la longue courbe qui s’est orientée vers l’ouest, j’aperçois à ma gauche une route légèrement ensablée. Je lève le pied instantanément et baisse la vitre. Immédiatement une immense fraicheur m’envahit, met mes sens en éveil et oriente mon regard vers le lointain. Je cherche la mer. Quelque chose me dit que le littoral est proche. Sans doute cette sorte de fines particules humides en suspension dans l’air, cette brume, la légère opacité du ciel à l’horizon, cette odeur iodée. Sur ce moment, j’ai nourri l’espoir de pouvoir enfin effectuer le reste du trajet le long de l’océan atlantique jusqu’à Dakar. Mais, le fait que cela ne se soit pas passé au voyage aller me rend perplexe.

L’inquiétude fit place à l’euphorie. L’angoisse de me retrouver dans une voie-sans-issue. C’est alors que je vis une silhouette qui me fait signe de m’arrêter. Le bonhomme me demande si je vais à Dakar.

J’hésite à lui répondre pensant qu’il s’agit d’un auto-stoppeur, puisqu’il n’y a plus de places, ni dans l’habitacle du véhicule, ni dans la malle arrière qui est pleine. En me retournant, je lui réponds par l’affirmative. “Dans ce cas prenez à gauche, parce qu’en allant tout droit, vous arriverez à Lompoul S/Mer ! ” me dit-il ! Le remerciant, je prends à gauche.
…La voie ne paie pas de mine, mais elle est praticable. Elle laisse apparaître un village apaisant et très joli, avec en arrière-plan de gros arbres et des champs maraichers verdoyants. Ce village dont j’ignore le nom a un charme inouï.
…Une borne kilométrique marque R30 et nous traversons Mbess. Sommes-nous toujours dans la Région de Louga ou celle de Thiès? Google-Earth me situera dans cette dernière. Incroyable ! Par cette voie, la Région de Saint-Louis est à peine à une heure de la deuxième région économique du Sénégal, Thiès ! En fait Lompoul sur cette zone, semble vraisemblablement être la ville frontière entre la Région de Thiès et celle de Saint-Louis.
… 8h45 à ma montre. Environ une dizaine de kilomètres plus tard, un panneau signale que je suis dans la communauté rurale de Mboro. Dans de magnifiques champs maraichers s’activent au bêchage et à l’arrosage, beaucoup de jeunes.
…J’aborde une série de dos-d’ânes, dont certains ont une hauteur dangereuse. Une borne kilométrique marque N8 et indique que je me situe à 21 km de Diogo et à 38 Km de Mboro. Une dizaine de kilomètres plus tard, une voie en latérite coupe la route. En me renseignant, un garde placé au croisement m’informe que je suis au niveau de la compagnie C.C.O. Il m’indique la direction menant à Diogo. Un poste de gendarmerie est positionné de manière stratégique à proximité de l’entrée de cette entreprise chargée d’exploiter le zircon. L’on peut se demander, contre quoi ces sociétés étrangères sensées apporter le bonheur aux populations locales dont elles exploitent les ressources, devraient-elles être protégées ?
…Des champs maraichers verdoyants nous accompagnent jusqu’à Diogo. La route qui mène à cette ville est satisfaisante. Les premiers habitants de Diogo rencontrés, ne sont pas souriants et une sorte de dépit semble se lire sur leurs visages encore endormis. La rue principale du bourg est constellée de nids-de-poule. Des dos-d’ânes anarchiquement installés mettent à rude épreuve échines et fesses. La ville lugubre de Diogo offre un spectacle désolant. En effet, le bourg est sale. Des déchets plastiques voltigent partout. Des centaines de pompes agricoles à réparer ou à vendre sont exposées sur la chaussée. Le sol est auréolé de suie et d’huile de moteur usagée. Noirci, il souffre des vidanges qui y ont été effectuées.
En voyant cet environnement délabré et la mine triste des habitants de Diogo, quel sujet de méditation, de s’imaginer que c’est de cette localité -qui devait être parmi les plus riches du Sénégal- que sont extraits des milliers de tonnes du minerai hautement stratégique. Le zircon. La gendarmerie a bien fait de s’installer parce que, lorsque ces populations réaliseront – de par la fin de la jouissance de leurs terres, le déclin de leur bien-être et la perte de leurs activités économiques traditionnelles- ne plus pouvoir supporter indéfiniment les impacts de l’extraction sans en tirer les avantages, elles ne manqueront pas de se révolter. Il est clair que les bénéfices du Zircon profitent davantage aux actionnaires étrangers qu’aux populations locales. Qu’en serait-il de Diogo, si les recettes fiscales engendrées servaient aux budgets locaux? Les dotations et les équipements sportifs offerts par l’entreprise ne sont que des cache-misères destinés à masquer la spoliation. Par ailleurs, qui peut confirmer l’acceptation durable des populations locales de la présence d’une sécurité presque exclusivement dédiée à une entreprise étrangère? Nous n’avons pas constaté de poste de gendarmerie à côté de l’entreprise chinoise de Lompoul par exemple ! Pourtant, c’est elle qui a réalisé la belle infrastructure routière de Saint-louis à Lompoul, utile à la population et à l’économie du pays ! La présence de cette gendarmerie démontre la prise de conscience implicite des autorités et de l’entreprise, d’un forfait. En définitive, la situation de Diogo est celle d’autres localités du pays impactées par l’industrie minière étrangère qui s’attèle, à la course aux profits à laquelle les populations locales ne prendront jamais part.

…9h 40 ! Je suis à Darou-Fall, dans la communauté rurale de Darou-Khoudoss. Je rencontre enfin les premiers postes de contrôles des gendarmes à 15 km de Mboro ! De Diogo à Mboro la route est un calvaire !

Mboro. Enfin ! Ce grand bourg arboré est splendide. Le dépaysement est garanti par l’effervescence florale et la végétation typique. En effet, quand le palmier à huile, maître des bassins de Mboro, déploie sa coiffe jusqu’à hauteur des dunes de sable, les cocotiers, les manguiers, les moringa et autres fruitiers quant à eux, plastronnent à leur tour. Cette ville est caractérisée par sa verdure mais surtout par ses nombreuses dépressions humides, ses lacs et cuvettes d’où affleure la nappe phréatique qui, favorisant la décomposition organique, rend ces milieux très fertiles. L’hygrométrie y est élevée. L’histoire de la géologie des Niayes, nous renseigne qu’il s’agit des vestiges d’anciennes vallées remontant aux périodes pluvieuses du quaternaire récent. L’on est loin de s’imaginer, que dans ces témoins d’anciens refuges forestiers, vivaient jadis des crocodiles et des hippopotames. On trouve de tels environnements en Gambie et en Casamance, mais ces reliques forestières des Niayes ne laissent pas indiffèrent. Elles suscitent l’imaginaire et réveillent l’inconscient collectif devenant ainsi de pertinents outils pédagogiques pour la sensibilisation des populations sénégalaises -la jeunesse en particulier- à la protection de ces écosystèmes continuellement agressés.
Ce qui caractérise également Mboro, c’est l’intense activité économique qui s’y développe. Pinet-Laprade -ancien gouverneur du Sénégal- qui entre 1862-63, trouvant à Mboro quelques hameaux Peuls, aurait du mal à s’imaginer que l’agglomération a compté en 2013, près de 30.000 habitants. Comme il s’étonnerait également que la petite station agricole de 1936 destinée à la production maraichère afin d’attirer les populations du voisinage, a fait aujourd’hui de Mboro un des plus grands centres de production horticole du pays.
Le marché de Mboro semble être le témoin de ce dynamisme économique. Dommage que ce marché sympathique mais embouteillé -parce que situé sur une artère principale- retarde le trajet. Toutefois, les voyageurs peuvent se consoler à travers la grande diversité de légumes, de fruits et de plantes aromatiques à très bons prix, proposée. Si les productions agricoles de la zone comme les produits laitiers, les viandes et les volailles, n’arrivent pas à forcer à la pause le voyageur le plus pressé, la fraicheur des ressources de la mer toute proche finira par le convaincre de s’arrêter. À coup sûr, un cadre de vie agréable et un niveau de vie facilité, rajoutés à l’extraction et la transformation des phosphates, du climat favorable et du potentiel touristique de la zone, ne tarderont pas de faire de Mboro une ville incontournable, appelée dans les années à venir, à jouer un rôle décisif dans le dispositif économique de la Grande Côte.
Ainsi, depuis 2002 la localité est érigée en commune et est rattachée au département de Tivaouane dans la région de Thiès. La gendarmerie de Mboro et le rond-point annoncent la sortie du bourg. Le panneau n’étant pas trop visible, prendre immédiatement à gauche ! Une borne situe Notto sur la N8.
…. 9h45 ! J’aperçois au loin des formes longilignes. Ce sont d’imposantes éoliennes totalement immobiles ! Elles semblent dénaturer le paysage. Mais écologiste dans l’âme, j’adhère totalement à doter notre pays d’énergies renouvelables. Je valide et encourage l’option des autorités. L’immobilité des pâles de ces monstres d’acier, dénote d’avec la danse endiablée des palmiers et des cocotiers filiformes de Mboro. Notto est à 18 km me signale la borne.
…Vers Oumar Mari une équipe d’ouvriers munie de longs balais, s’affaire à nettoyer la route. Les ouvriers tentent de débarrasser l’asphalte de la poudre jaunâtre qui la recouvre.
À 11 km de Notto la route est refaite. Elle est très praticable et sur les côtés, d’immenses champs maraichers s’étalent sur des kilomètres. Une plantation de manguiers est particulièrement impressionnante par ses dimensions.
…Il est 10h06 et un panneau nous signale : Notto / Bayakh tout droit, Mont-Rolland à gauche. Le défilé des camions citernes remplis d’acide sulfurique est ininterrompu. Sur plusieurs kilomètres le bord de route et l’asphalte sont peints d’une poudre jaunâtre où à Mbir Ndao, elle prend carrément l’aspect d’un dépôt. Il est légitime de s’interroger non seulement des risques pesant sur la santé des populations, mais également sur leur sécurité physique, dus à ce ballet incessant de gros camions sur cette route étroite.
…Nous traversons successivement Thor à 10H25 puis NDiender, pour être à 10h33 à Bayakh dernier bourg de la Région de Thiés. Gorom 2 que nous atteignons vers 10h 40 nous fixe définitivement dans la Région administrative de Dakar. Nous voilà arrivés à destination de notre périple !
…Après Gorom 2, nous arrivons à Gorom 1 et enfin Bambilor que nous atteignons vers 10h 48. Nous croisons Niacoulraab . Drôle de nom ! Evoque-t-il les “Raab” : esprits maléfiques ou plutôt “Rabou aleu” : animaux sauvages en wolof? L’étude toponymique de l’expression nous renverrait vers un lieu qui ne manquerait pas d’animaux sauvages, même si le bourg aujourd’hui densément peuplé, ne compte pas en apparence de bêtes sauvages. Cependant, ne nous y trompons pas ! De nos jours, en plus de leur flore diverse, les Niayes jusqu’à Gandiol sa limite extrême au Nord, comptent une richesse faunique insoupçonnée. En effet, quelques civets, des chacals et un grand nombre d’écureuils et de chauve-souris y sont encore observés. Dans la cuvette de Pikine on trouve des reptiles comme les varans et une diversité de serpents. Et un peu partout dans les Niayes, un bon nombre d’oiseaux insectivores et granivores, mais aussi d’oiseaux pécheurs, d’autres rapaces et une grande diversité d’insectes.
…Tout au long de ce parcours nous parlons des Niayes : cette bande littorale atlantique longue de près de 240 km et large d’environ 30 km, sans en situer la signification et l’origine. Etymologiquement, “Niaye” signifie en wolof : palmier à huile. L’origine des Niayes découle d’un déversement de la mer vers les terres “transgression marine” suivi du phénomène inverse : la “régression marine” expliquant les dépressions, les lacs et cuvettes, mais c’est l’importante phase éolienne sous un climat sec, qui a édifié les dunes des Niayes au quaternaire, vers le Paléolithique-moyen. Il est important de signaler qu’il y a plusieurs Niayes avec divers écosystèmes.

…Notre passage à Tivaouane-Peulh, nous projette vers les projets gouvernementaux sur lesquels nous reviendrons à la conclusion de cet article.

…Notre voyage se poursuit tout au long de l’océan atlantique sur la VDN. Les vagues qui déferlent sur la berge au sable fin d’un blanc scintillant, rafraichissent l’atmosphère. La bande de filaos qui défile, provient d’une première initiative de reboisement en 1925. La plantation sur une distance de 30 km en 1948 lui a succédé. Toutefois, avec les prédations foncières présentes et les dégradations récurrentes, des mesures de préservation de cette bande doivent être prises !
…Dans les futures “villes nouvelles” des Niayes, devant accueillir dans les années à venir, plus de 70 000 nouveaux habitants, des investissements colossaux dans le tourisme haut de gamme, l’agro-industrie et les services sont prévus. La valorisation de la biodiversité des Niayes, l’exploitation de ses diverses ressources minières et énergétiques, ajoutées au développement du potentiel agro-industriel et l’extension du tourisme, sont des actions susceptibles de faire de cette zone une composante essentielle du dispositif de développement du Sénégal. Car nous constatons déjà que tous les grands bourgs des Niayes : Diogo, Notto, Lompoul, Mboro, Kayar en plus d’être de grands centres de productions maraichères sont aussi des ports de pêche d’envergure nationale. Elles logent également des industries extractives. Tous ces atouts donc, ajoutés aux futurs projets et leurs entrants, comme le transport rapide, l’agriculture, l’élevage, la pêche et bientôt des produits pétroliers, sont très prometteurs pour les Niayes en particulier et pour notre pays en général.
Le développement rapide des Niayes est d’autant plus possible que déjà en 1960 , l’ouvrage de géologie “études sénégalaises” de F. Brigaud où j’ai tiré l’essentiel des informations sur la géologie des Niayes, dévoile que notre pays possède du “superphosphate” et non pas du simple phosphate, avec des teneurs tricalciques supérieures à la moyenne mondiale. Ce document a aussi révélé que déjà en 1959, la production d’ilménite était de 29.884 tonnes et celle du zircon de 8.669.800 tonnes. Notez bien c’est ce qui est écrit. Il reste donc à installer une synergie cohérente entre développement industriel et développement social qui tienne compte de la spécificité des Niayes. De toute évidence, les Niayes avec leur sable siliceux pour l’industrie du verre, et leurs énormes gisements de tourbes dont on parle peu, continueront d’attirer non seulement les industries, mais aussi les populations.
En effet, l’alizé maritime qui chasse l’harmattan, permettant ainsi au courant froid des Canaries, d’assurer une fraîcheur quasi permanente tout au long de l’année, favorise à coup sûr l’extension démographique des villes aussi bien en direction de la frange côtière, que de l’extérieur et de l’intérieur de l’espace naturel des Niayes. Mais les difficultés auxquelles nos agglomérations actuelles sont confrontées exigent qu’à l’ambition de tous ces projets répondent avant tout, la nécessité d’un aménagement rationnel du territoire adapté aux besoins des populations. Il faudrait aussi des mesures de protection sérieuses des Niayes, qui sont confrontés à la salinisation des terres et de la nappe phréatique et à l’érosion côtière et éolienne entraînant la perte des terres arables. Le Programme d’Actions pour la Sauvegarde et le Développement Urbain des Niayes et zones vertes de Dakar (PAS DUNE) doit s’étendre sur l’ensemble de la zone.
En définitive, ce long parcours sur les Niayes en même tant qu’il permet de retracer à travers la géologie et l’écologie, la genèse des paysages africains et leur évolution, montre également le rapport que les populations des localités entretiennent avec ces paysages au fil de leur propre histoire. Dès lors Les Niayes deviennent un patrimoine multidimensionnel national imprescriptible et inaliénable de notre pays. Mais, l’exploitation des ressources et les projets de développement doivent bénéficier en premier lieu aux populations des Niayes.
Pour conclure sur notre trajet Saint-Louis /Dakar, la voie goudronnée qui m’a permis de rallier les deux capitales Régionales, en traversant de grands bourgs du littoral comme Lompoul, Mboro, Kayar, Bayakh jusqu’qu’à Gorom 2 situé dans la Région de Dakar, n’est pas “l’Autoroute Côtière” proprement dite. Tout paraît vraisemblablement être question d’appellation. La section 3 ou VDN 3  : Golf- Guediawaye- Tivaouane-Peulh point final de mon périple, s’inscrit dans le cadre de la politique de décongestion des pénétrantes de la ville de Dakar. Elle mérite d’être dénommée “voie côtière” puisque de Diamalaye, elle longe l’océan atlantique jusqu’à Keur Massar ou Tivaouane-Peulh. Par contre, la voie qui m’a mené de Saint-louis à la VDN 3, n’est que le résultat d’un ensemble de petites routes reliées entre elles jusqu’à Dakar.

En réalité, la RN 2 est constellée de grandes villes régionales situées à l’intérieur des terres, ces dernières sont rattachées aux grands bourgs côtiers par l’intermédiaire de routes internes se dirigeant vers la côte atlantique. Nous avons ainsi : Sébikotane rattaché au Lac Rose; Pout attaché à Kayar; Tivaouane relié à Notto et Mboro; Mekhé ferré à Diogo; Kébémer qui dessert Lompoul et enfin Louga qui maille Léona. Tous ces embranchements s’orientent sur la façade maritime atlantique.

Le génie des autorités c’est d’avoir assuré la liaison continue de ces voies jadis discontinues. Ce sont véritablement la réfection de certaines voies, mais surtout la construction du magnifique tronçon Gandiol/Lompoul -qui a été décisive dans la liaison finale Saint-louis /Dakar.
L’Autoroute Côtière Dakar/Saint-Louis n’existe pas encore. Elle est en projet. Les travaux devaient avoir commencé en 2019. Sa future dénomination serait “A3, Autoroute de la Côtière” avec une première portion : Tivaouane Peulh / Lompoul d’une longueur de 114 km et la dernière portion : Lompoul /Saint-Louis distante de 81 km. Cette future voie sera le prolongement de la route Eur-Africaine : Madrid-Tanger-Nouakchott-Dakar. La future autoroute sera en quelque sorte, la section Saint-louis/ Dakar. Et ensuite, de la capitale sénégalaise, entre en jeu le projet de Corridor Côtier de l’Afrique de l’Ouest : Conakry-Abidjan-Lagos.
Pour revenir sur notre trajet, si nous considérons que notre destination est la région de Dakar et non notre propre domicile, nous pouvons arrêter notre horloge et dire : qu’ayant quitté Saint-louis à 7h30 et sommes arrivés à la Région de Dakar à environ 10h 39. Le trajet Saint-Louis/ Dakar par la voie interconnectée est donc de 3h 09 minutes. Dans certains sites spécialisés, “Sénégal Black Rainbow” par exemple, des routiers aventuriers parlent de 4 h. Pour l’instant, aucun y compris moi-même, ne semble en mesure de confirmer un kilométrage ou de situer la distance exacte !

Afin d’éviter le calvaire des dos d’âne et des engorgements, certains internautes proposent de “rejoindre depuis Bayakh la RN2” ; D’autres suggèrent “au km 50, de prendre les péages puis, de foncer directement sur Dakar” : D’aucuns : “depuis Mboro, de bifurquer vers Tivaouane puis passer par Thiès pour joindre la capitale sénégalaise”.

Ceux qui ont fait l’expérience de cette voie confirment la beauté des paysages, mais déplorent la dangerosité des multitudes dos-d’âne anarchiquement installés. Aussi, ils préviennent des “successions de virages, mais surtout avertissent “de la tentation de la grande vitesse sur les grandes lignes droites”. Si l’insuffisante de la signalétique est évoquée, cependant la sécurité relative sur cette route est confirmée par tous. Afin de la préserver des accidents on va jusqu’à proposer de “Discriminer la circulation”, en retenant “les gros camions et bus de transport sur la RN2” et d’orienter uniquement “les particuliers” sur cette route, ceci dans l’objectif de diminuer “la pression routière sur la RN2”. “Comme ça personne ne touche personne”.
Pour ma part, soutenant l’ensemble des propositions, je dis un grand Bravo aux autorités pour cette voie routière et vivement : l’A3, Autoroute de la Côtière ! Paris, le 16 /06/2020Papa Samba TOURE,  Travailleur social,  Promoteur touristique et Entrepreneur agricole <328>papasambatoure093@gmail.com

3 décès supplémentaires, 121 nouveaux cas, 32 cas graves et 65 malades guéris

https://www.pressafrik.com Le ministère de la Santé et de l’Action sociale fait le point sur la situation de l’épidémie de Covid-19 au Sénégal, ce dimanche 12 juillet 2020. Sur 1108 tests effectués, 121 sont revenus positifs soit un taux de positivité de 10, 92%.
Il s’agit de 6 cas contacts déjà suivis, 1 cas importé enregistré à l’ Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) et de 24 cas issus de la transmission communautaire. Ces derniers sont répartis comme suit : 05 à Thiès, 02 à Mbour, 02 à Saint-Louis, 02 au Plateau, 02 aux Maristes, 02 à Pikine, 02 à Guédiawaye, 01 à Diamaguène, 01 à Liberté6, 01 à Ouakam, 01 à Yoff, 01 à Keur Massar, 01 à Mbao et 01 à Bignona
Le Directeur de la prévention Docteur Mamadou Ndiaye du ministre de la Santé a également annoncé la guérison de 65 patients qui étaient sous traitement et de 32 cas graves. Trois (3) nouveaux décès enregistrés
A ce jour le Sénégal compte 8135 cas déclarés positifs dont 5446 guéris, 148 décédés et donc 2540 sous traitement.

RUPTURE DE PHÉNOBARBITAL  : 15.000 boîtes importées

« Suite aux informations relayées par une certaine presse portant sur une rupture de Phénobarbital au Sénégal (secteur privé et public confondus) pour cause d’arrêt de fabrication par l’usine MEDIS fermée depuis décembre 2019, la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (PNA) a importé 15 000 boîtes de 100 qui viennent d’arriver à l’aéroport et qui sont en cours de dédouanement.
L’autorisation d’importation étant disponible, ces médicaments pourront être livrés d’ici la fin de la semaine.Le Chef de la Cellule de Communication, Yathé Nara Ndoye ».

Gestion de la pandémie à coronavirus : L’avis du Dr Kane sur un système mis à nu par une crise sanitaire.

https://www.dakaractu.com Cela va presque faire 4 mois que la maladie à Covid-19 a gagné le monde surprenant ainsi plus d’un.
Aujourd’hui, le constat est unanime au Sénégal : Les cas ne cessent de prendre des proportions inquiétantes. Ainsi, il a été décompté ce jour 8014 cas positifs et 145 cas de décès.
Le Docteur Abdoul Kane cardiologue et professeur des universités du Sénégal, à l’occasion d’une interpellation de la plateforme des jeunes reporters, a listé ses différentes opinions sur la gestion de la pandémie au Sénégal.
Selon l’auteur du livre « Les eaux noires » publié aux éditions L’Harmattan, en avril dernier, « notre système de santé souffre de plusieurs maux structurels notamment sur les urgences, mais également d’inéquité territoriale. » Le médecin et chef du service cardiologie de l’hôpital Dalal Diam estime que dans cette situation sanitaire où nous sommes, compte tenu de ces insuffisances au niveau du plateau technique qui conduisent également à des difficultés liées à la prise en charge de certaines pathologies, il nous sera très difficile de faire face à cette crise liée à la covid-19.
Étant spécialiste des maladies du cœur, le professeur Abdoul Kane rappelle que le service de réanimation dédié à la chirurgie cardiaque est essentiellement occupé par les malades atteint de la covid-19. Ce qui voudra dire que les malades cardiaques ne pourront pas être pris en charge de façon optimale.
Ainsi, il proposera en guise de leçon à tirer, de rebâtir un système de santé plus résiliant, de renforcer et diversifier les ressources humaines, les infrastructures, les équipements, mais surtout de corriger les inégalités existantes dans le secteur avec notamment la territorialisation.

Le Dr Kane aura en même temps à se prononcer sur les personnes hypertendues ou diabétiques qui meurent de la Covid-19. Selon lui, cela est malheureusement dû à ce nombre extrême de diabétiques ou d’hypertendus qui ne sont pas stabilisés avec pour cause, ces détails relatifs au plateau technique soulevés ci-dessus. Mais également, parce que les malades ont de plus en plus peur d’aller se faire soigner.

Sur les cas qui augmentent, le Pr Abdoul Kane juge que « la bataille communautaire n’a pas pu être bien canalisée, maîtrisée. Ainsi, il faudra craindre avoir beaucoup plus de cas du fait de l’inobservance des gestes barrières, et du  relâchement qui restent actuellement les grandes préoccupations ».
Selon lui, il nécessitera de rectifier le tir en voyant déjà des éventualités de retour sur certaines mesures d’assouplissement. C’est vrai que les craintes économiques sont là, mais il faudra que l’État puisse mettre en place des stratégies d’accompagnement des couches les plus vulnérables avec des mesures de confinement. En plus, être présent au niveau communautaire avec notamment des initiatives et des solutions locales qui peuvent limiter la chaîne de transmission.
Pour cela il faudra, selon le cardiologue, l’implication des travailleurs sociaux, des relais communautaires, les médias et les champions en communication.
Concernant les cas graves, le Docteur estime important le renforcement des capacités des structures de santé de façon pyramidale. Autrement dit, équiper les centres régionnaux  à l’instar de l’hôpital régional de Ziguinchor pour qu’ils puissent prendre en charge les formes sévères. Il faut donc délocaliser, démultiplier les services de réanimation pour parvenir à maîtriser ces cas graves…

Paralysie de la Justice : Souleymane Téliko demande la prise en charge des revendications du Sytjust

https://www.seneweb.com Le président de l’Union des magistrats du Sénégal et ancien secrétaire général des Cours d’appel de Dakar et de Kaolack, Souleymane Téliko regrette la grève, déclenchée, depuis quelques semaines par le Syndicat des travailleurs de la justice. Ce, pour exiger le respect des accords signés par le Gouvernement. A son avis, la Justice est paralysée par cette grève parce qu’il y a beaucoup d’audiences qui ne peuvent pas être tenues. Car, le Sytjust est une organisation très représentative. « Nous sommes en train de faire aussi des démarches pour que cette crise soit dépassée. Nous avons intérêt à ce que le service public de la Justice fonctionne dans la mesure du possible. J’invite les autorités à prendre en charge ces revendications du Sytjust », a-t-il souligné.
Par ailleurs, il s’est prononcé sur l’accès du palais de Justice de Dakar interdit aux journalistes de la presse privée nationale. Il dit entendre parler de cette affaire mais il n’en sait pas grand-chose puisqu’il n’a pas pu joindre, le magistrat Mamadou Lamine Diédhiou, auteur de cette décision. « Je ne sais pas dans quelle mesure cette information est vérifiée donc il m’est difficile de faire un commentaire. Mais le principe que je retiens c’est qu’il ne serait pas normal, à mon avis, de traiter les journalistes privés de cette manière. Si les journalistes de l’Etat ont le droit d’accéder au palais, il n’y a pas de raison qu’on interdise l’accès à d’autres journalistes. Je ne vois pas le lien entre le journaliste et les terroristes », indique-t-il.

GANA GNING, MAIRE DE NDIAGANIAW : ’Djilakh et Ndingler se sont toujours battus pour ces terres avant Sedima’’

http://www.enqueteplus.com Sur l’affaire des terres opposant la Sedima aux populations de Ndingler, le maire de Ndiaganiaw, Gana Gning, demande au milliardaire de lâcher du lest par humanisme.
Avant-hier, il a été rapporté que le Conseil municipal de Ndiaganiaw a sommé Babacar Ngom de restituer les terres aux populations de Ndingler. Joint par téléphone, le maire Gana Gning a tenu à apporter ces précisions  : ‘’J’ai entendu, dans certaines relations, des journalistes dire que le Conseil municipal demande à Babacar de restituer la terre. Le conseil a dit  : ‘Que Babacar fasse preuve d’humanisme.’ Quelqu’un qui a son titre foncier, tu ne peux le sommer de le rendre comme ça. Nous lui demandons juste de le faire par humanisme.’’
Selon lui, l’autre décision prise par le conseil municipal a été de demander que la limite entre les deux communes soit retracée pour deux raisons. D’abord, pour que les populations des deux villages (Djilakh et Ndingler) puissent retrouver la paix. Ensuite, parce que cela permettrait d’y voir beaucoup plus clair, du point de vue administratif. Le maire d’ajouter  : ‘’Même s’ils sont des parents, le voisinage entre les deux villages n’est pas du tout paisible. Le tracé mettrait fin au conflit latent qui s’éternise entre les deux communautés.’’ D’après Gana Gning, ce conflit est bien antérieur à l’arrivée de Sedima. Toutefois, a-t-il tenu à préciser  : ‘’Le conseil a aussi pris la résolution de soutenir les populations dans leur lutte.
Parce que ce sont nos populations aussi. On les soutient, mais dans la légalité.’’
Interpellé sur la mise en valeur des terres avant l’arrivée de Sedima, il affirme  : ‘’C’est une question qui a été abordée aujourd’hui (lors du conseil municipal). Et certains ont même proposé qu’il y ait une enquête approfondie pour rétablir la vérité. Moi, si j’avais une preuve palpable sur la réalité des faits, je ne me gênerais pas à le dire publiquement. Je suis une personne véridique et j’entends le demeurer. Cette question mérite vraiment une enquête pour savoir ce qui s’est passé avant. Ce qui est clair, c’est que Djilakh et Ndingler se sont toujours battus pour ces terres.’’

COMMENTAIRE : Ma part de vérité  !

http://www.enqueteplus.com Trop d’émotion. De l’électricité dans le vent. On calme le jeu. On interroge les faits. Aussi bien les paysans de Ndingler que le PDG du Groupe Sedima sont des Sénégalais. Seule la vérité doit donc permettre de les départager. Si tant est qu’elle nous intéresse  !
D’abord, à qui appartiennent les terres litigieuses situées à la frontière entre Ndiaganiaw et Ndingler ? Ici s’affrontent deux droits : le droit moderne dont se prévaut Babacar Ngom et le droit coutumier que brandissent les paysans.

Les parties ont-elles apporté la preuve de leurs prétentions ? Quoi qu’on puisse lui reprocher, le PDG de Sedima a pu mettre sur la table une preuve intangible. Un titre foncier en bonne et due forme. En droit, ce genre de titre est considéré comme définitif et inattaquable. (Comment est-il parvenu à faire transformer sa délibération en TF ? Y a-t-il eu un dysfonctionnement au niveau des services étatiques ?…).

Autant de sujets de réflexion pour une gestion efficiente de la terre, non seulement pour les générations actuelles, mais également pour celles à venir. Mais ceci est un autre débat et cela transcende l’affaire Ndingler et Babacar Ngom. Dans cette affaire qui défraie la chronique, même si la loi le permettait, il faut reconnaître que ni la morale ni la justice ne sauraient cautionner que n’importe quel milliardaire puisse venir s’emparer des terres appartenant à des paysans. Raison pour laquelle il est utile de s’intéresser aux allégations des paysans. Nonobstant le titre foncier dont dispose l’homme d’affaires. Ces derniers peuvent-ils apporter, de quelque manière que ce soit, des preuves d’une quelconque propriété ou même de leur possession sur le bien ? Jusque-là, cela n’a pas été fait. La seule réponse fournie c’est  : « Sunu suufu maam leu (Ce sont les terres de nos ancêtres). Si on se rend sur les lieux, nous allons vous montrer le ‘nebadaaye’ de tel ancêtre, celui de tel autre ancêtre… » D’autres donneront le nom de grands-parents qui vivaient près de la ferme. Mais pas dans la ferme.
Mais soit ! A supposer même que les terres appartiennent à leurs aïeuls. Est-ce une raison de les laisser en jachère pendant toute une éternité ? Comme c’est le cas un peu partout sur le territoire national.
Voilà pourquoi il est impératif de savoir si ces terres faisaient l’objet d’une exploitation avant l’arrivée de Sedima.
Pour Babacar Ngom, la réponse est négative. « C’était une vaste brousse. J’ai payé au total 77 millions de F CFA pour débroussailler, suite à la délibération du conseil municipal. Personne n’osait, à l’époque, s’y aventurer ». Pour les paysans, c’est affirmatif. Quand on leur demande depuis quand ils les cultivent, les réponses divergent. Quand elles ne se contredisent pas.

Aucune date exacte. Beaucoup de généralités et d’hésitations.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’exploitation de ces terres est relativement récente pour des immeubles qui sont supposés appartenir à leurs arrières grands-parents.
Rapportant des confidences du maire de Ndiaganiaw, Ngom a dit : « C’est un gars honnête (le maire) qui ne veut pas être emporté dans du n’importe quoi. Mais il est très gêné, parce que c’est sa population. Il m’a confirmé qu’au début de cette histoire, même des gens du village lui disaient que ce terrain n’était pas exploité. Mais aujourd’hui les mêmes n’osent plus le dire à cause de la pression. »
Interpellé, le maire affirme  : « Je ne sais franchement pas si la terre était exploitée ou non avant. Mais puisqu’ils (les villageois) disent qu’ils les exploitaient, je ne peux que les croire.
Certes, je suis de la zone, mais je n’avais jamais été là-bas avant 2014-2015. »
Ainsi, aucune des preuves admises en droit n’est encore apportée par les gens de Ndingler. Pas d’écrit, pas de témoignage (neutre), pas d’aveu, même pas encore suffisamment d’indices. Il ne s’agit pas de dire qu’ils n’en disposent pas, encore moins qu’ils ont tort. Il s’agit juste de dire que, dans ce litige qui oppose des parties, toutes sénégalaises, nous ne pouvons qu’être du côté de la vérité. Et celle-ci ne peut jaillir que de la confrontation des différentes versions.

Par ailleurs, se pose également la question relative au nombre de victimes. Combien de personnes étaient sur le terrain avant l’arrivée de Sedima ? La réponse est 40. Pour Babacar Ngom, d’abord, personne n’était sur les lieux avant. Ensuite, même après le terrassement, pas plus d’une dizaine ne s’y activaient. Jusqu’au dernier hivernage.

Malgré tout, on aurait pu comprendre le combat de Ndingler, si les terres étaient effectivement situées dans le village. Raison pour laquelle nous avons essayé d’y voir plus clair. Là également, difficile de trancher si le terrain appartient à Ndingler (commune de Ndiaganiaw) ou à Dilakh (commune de Sindia).
En attendant d’avoir l’avis de l’autorité administrative compétente, nous nous sommes approchés des deux maires. Pour celui de Sindia, ces terres relèvent bel et bien de sa compétence. Quant à son homologue de Ndiaganiaw, il répond  : « Je ne peux vraiment pas m’avancer sur cette question, parce que la zone n’a pas été délimitée. Aujourd’hui, personne ne peut dire de combien d’hectares le champ a empiété sur Ndiaganiaw. Il faudrait que les autorités viennent effectuer le tracé. »
Une chose est sûre  : entre les habitations de Ndingler et la ferme, c’est une très longue distance que nous avons parcourue. Six kilomètres, aime à marteler le PDG du Groupe Sedima. Selon les gens de Ndingler, c’est parce que leurs grands-parents ont été chassés desdites terres par le tarissement des puits, la difficulté à accéder à l’eau. Toujours est-il que nous avons du mal à croire que les 140 ménages environ, qui vivent dans le désormais célèbre village, peuvent, seuls, cultiver toutes ces terres que nous avons vues sur place. Même s’ils prétendent le contraire.
Cela dit, rien ne peut expliquer l’attribution à titre privatif d’autant de superficies de terres arables à des individus. Fussent-ils nationaux. Quand c’est des étrangers, c’est encore pire  ! C’est tout aussi inadmissible que des paysans veuillent refuser de manière quasi-systématique tout projet agricole. Au seul motif que ‘’sunu suufu maam leu’’. MOR AMAR

LITIGE FONCIER À NDINGLER : «IL Y A UNE RÉELLE ABSENCE DE COMMUNICATION»

http://www.emedia.sn nLa situation conflictuelle à Ndingler pourrait être évitée s’il y avait une communication à l’avance. C’est la conviction de l’ancien directeur des Domaines, en retraite, Alé Sylla. Invité à l’émission Lr du Temps, ce dimanche, sur Iradio, M. Sylla note qu’il y a des projets agricoles qu’initient des investisseurs dans le monde rural et qui nécessitent forcément un consentement des populations à la base pour sa réussite. « Il y a un modèle d’affaire qui implique au préalable un accord sincère, transparent sur les objectifs qui sont visés par l’investisseur. Qu’est-ce les populations doivent attendre de cet investissement et comment les intégrés dans le projet pour qu’ils se sentent pas exclus », a-t-il indiqué. Pour lui, il ne s’agit pas simplement de faire de la Rse (responsabilité sociétale d’entreprise). « Il faudrait que les règles soient définies dès le départ », a-t-il suggéré.
Sur la même lancée, l’ancien DG Domaine note qu’il y a des organisations comme IPAR (Initiative Prospective Agricole et Rurale) qui sont en train de réfléchir sur un schéma foncier qui pourrait permettre de réconcilier les intérêts des investisseurs et ceux des populations. « Si au préalable, les populations avaient été informées, dans la mise en œuvre, qu’il s’agissait d’un projet qui portait sur une superficie aussi important de 300 hectares, qu’on leur permet de dire leurs mots sur la superficie qui est accordée et les enjeux de cette acquisition, on se retrouverait pas aujourd’hui dans cette situation où on a deux camps diamétralement opposés », pense M. Sylla qui déplore, aussi, l’absence de communication les élus locaux et les populations.
En tout état de cause, son co débatteur, Gilles Yabi estime qu’il faudrait une exploitation des terres pour combler le gap de la dépendance alimentaire. « Il ne suffit pas décréter une volonté de souveraineté alimentaire. La question, c’est qu’est-ce que l’on a fait pendant trois à quatre décennies pour que l’on puisse produire plus et mieux, en suivant l’évolution démographique très forte de nos populations », a-t-il souligné. Babacar FALL & Abdoulaye SYLLA (Photo)

Affaire Ndingler : L’Association des maires du Sénégal (AMS) s’en mêle

https://www.seneweb.com La polémique née des 225 ha attribués au patron de la Sedima est loin de connaître son épilogue. L’affaire est très prise au sérieux par l’Association des maires du Sénégal (AMS).
L’Association compte entendre en début de semaine prochaine les deux maires impliqués dans l’affaire des terres attribuées à la Sedima de Babacar Ngom, il s’agit des édiles de Sindia et Ndiaganiao. Selon le président de l’Union des associations d’élus locaux (UAL), les maires n’ont rien à se reprocher dans cette affaire puisque les services étatiques interviennent avant toute délibération.
« La mairie n’a rien à se reprocher, dès lors que la délibération a été faite en bonne et due forme, du moment où le représentant de l’Etat a approuvé la délibération, la notification est à qui de droit. Les terres qui ont été données à M. Ngom ont été exploitées donc il n’y a pas de soucis. Le problème de fond, c’est qu’il y a le principe qu’il faudra surveiller et c’est le principe de la non transmissibilité, de la cessibilité », a soutenu Adama Diouf, président de l’Union nationale des associations des élus locaux sur la Rfm.
Pour le maire de Ourossogui, il faut trouver une solution à une problématique, celle de la délimitation des frontières entre les communes.

Le syndrome de Ndengler guette Sandiara/«Si le maire dit qu’il fait du développement, ce n’est pas vrai »(Kor Dionne, cultivateur) »Nous demandons une délégation spéciale du fait des magouilles à la mairie»(Nakhla Tine, conseiller municipal) 

https://www.dakaractu.com Les populations de Sandiara et leur maire ne parlent plus le même langage. Regroupées au sein d’un collectif, ces dernières dépassées par le rythme effréné auquel leurs terres sont octroyées, disent stop. Ainsi, cultivateurs et conseillers municipaux, tous réunis autour du collectif « Ar souniou Souf », ont tour à tour dénoncé les agissements de la mairie de Sandiara.
Selon Nakhla Tine, conseiller municipal et membre du collectif, la mairie de Sandiara avec à sa tête Serigne Guèye Diop, l’actuel maire, procède à de grosses magouilles et brade leurs terres. Ce dernier d’inciter d’ailleurs le président Macky Sall à placer la Marie de Sandiara sous délégation spéciale.
Dakaractu Mbour a essayé d’avoir une voix autorisée au sein de l’équipe municipale, en vain…

Macky et son probable Gouvernement d’union nationale : l’analyste politique Serigne Saliou Guèye en parle (Entretien)

https://www.pressafrik.com/ « En politique, tout est possible », c’est ce qu’a répondu le journaliste et analyste politique Serigne Saliou Guèye, dans une interview accordée à PressAfrik, sur l’éventuelle formation d’un Gouvernement d’union nationale, par le Président Macky Sall. M. Guèye a évoqué plusieurs questions notamment les opposants qui feront leurs entrées dans ce Gouvernement d’ouverture et mais aussi l’avenir l’opposition sénégalaise.

Entretien !

On parle de la formation d’un éventuel Gouvernement d’union nationale, par le président Macky Sall. D’abord, pensez-vous que cela est possible dans le contexte actuel ?

En politique, tout est possible. Surtout celle que nous menons dans notre République où les actes, paroles et comportements de nos politiciens ne sont jamais adossés à des principes éthiques quand leurs intérêts crypto-politiciens sont en jeu. Avant de répondre au fond de votre question, il faut d’abord dire ce que l’on entend par Gouvernement d’union nationale et quelles sont les conditions de sa mise sur pied. Quand un pays est confronté à une crise polymorphe et durable qui se manifeste par un blocage des institutions, une instabilité sociale, des affrontements publics fréquents entre les forces de sécurité, de défense et les populations civiles, il y a là la nécessité de mettre sur pied un Gouvernement d’union nationale avec la participation des différentes forces politiques de l’opposition, des forces sociales et de la Société civile. Et dans une union nationale, le programme de gouvernement émane consensuellement de toutes les parties prenantes.

« Macky n’est pas à l’abri de remous qui peuvent secouer son régime »

Actuellement, je ne pense pas que notre pays soit plongé dans une crise profonde et multiforme qui nécessite un Gouvernement d’union nationale. Quand bien même notre pays serait confronté, depuis la dernière élection présidentielle à une mal-gouvernance amplifiée par la pandémie à coronavirus. Toutefois le chef de l’Etat Macky Sall, dans sa stratégie de domestiquer un pan de son opposition et se donner l’image d’un Président rassembleur, peut ouvrir son gouvernement et faire appel à cette opposition-light acquise à sa cause. Même si le pays semble apparemment calme, avec le front social qui se réchauffe et le mécontentement, il n’est jamais à l’abri de remous qui peuvent secouer voire déstabiliser un régime. Il faut tout faire pour éviter la contagion de ce qui se passe dans le Mali voisin dont le Président IBK ne parvient plus à contenir le mécontentement populaire malgré la volonté de mettre sur un Gouvernement de large ouverture.

Si cela venait à être une réalité, pensez-vous que des opposants comme Khalifa Sall, Idrissa et les Oumar Sarr, seront dans ce nouveau gouvernement ?

Pour éviter le syndrome malien, avoir un modus vivendi sur le couplage éventuelle, la procrastination des Locales et des Législatives et probablement le 3e mandat, Macky Sall peut inviter à la soupe gouvernementale les dissidents libéraux affamés de And Suxxali Sopi, certains membres de Taxawu Dakar dont le long mutisme de leurs leaders est devenu suspicieux. D’autres politiciens insoupçonnés peuvent faire partie d’un éventuel Gouvernement d’ouverture. Un tel Gouvernement aura une vocation purement politicienne parce que basé sur des calculs politiques et des intérêts individuels. Le Gouvernement actuel n’est pas à la hauteur de la situation que nous traversons. La pandémie a montré les limites ou les carences de plusieurs ministres de Macky. Et le Sénégal a besoin aujourd’hui d’un Gouvernement regroupant des hommes et des femmes compétents pour affiner un bon plan de relance notre économie menacée de récession.

« Le Gouvernement actuel n’est pas à la hauteur de la situation que nous traversons »

Mais si, pour résoudre nos difficultés, on reprend dans un Gouvernement d’ouverture les mêmes qui, naguère, s’étripaient avant de s’amouracher, on risque de tomber de Charybde en Scylla. On ne fait pas du neuf avec du vieux. Un salmigondis de Gouvernement regroupant la majorité et une opposition en réalité non-opposante ne fera qu’accentuer la colère des populations parce que convaincues de l’insouciance de cette engeance politicienne vis-à-vis de leurs souffrances.

Une éventuelle présence de ces opposants dans gouvernement d’union nationale, n’est-elle pas la mort de l’opposition sénégalaise ?

La présence de Rewmi, And Suxxali Sopi et Taxawu Dakar au cœur de la mascarade d’union nationale n’affaiblira en rien l’opposition. Elle aura même le mérite de clarifier les positions. Une opposition se caractérise par une présence assidue sur le terrain de la contradiction fertile et une prise en charge dans ses discours et interventions des problèmes des populations. Rien dans le discours et dans les faits n’atteste de l’opposition de ces regroupements politiques sus-évoqués. Aujourd’hui, au Sénégal, il y a une reconfiguration de l’opposition avec des leaders comme Ousmane Sonko, Thierno Bocoum, Hamidou Dème et ceux du Congrès de la reconnaissance démocratique (Abdoul Mbaye, Mamadou Lamine Diallo et Thierno Alassane Sall). Parallèlement, on assiste progressivement à l’extinction de dinosaures politiques et à l’émergence d’une nouvelle race d’hommes politiques portant la contradiction au régime en place.

« Sonko, Hamidou Dème, Barthélémy Dias, Abdoul Mbaye, Diallo Tekki… incarnent le nouveau visage de l’opposition »

On ne peut pas qualifier les animateurs de And Suxxali Sopi qui ont quitté avec fracas le PDS pour des intérêts autres que politiques d’opposants. Dans Taxawu Dakar, seul Barthélemy Dias dirige la résistance en l’absence de son leader aphone. A Rewmi, Déthié Fall, affaibli par la disparition de son leader de la scène politique, verse, à son corps défendant, dans une opposition feinte à l’Assemblée nationale. Donc l’on peut dire que le collaborationnisme de ces regroupements politiques à un Gouvernement de partage, au lieu d’affaiblir l’opposition, la renforcera au grand bonheur des leaders qui incarnent cette nouvelle force politique tenant la dragée haute au régime de Macky.
Même si Macky, projet politique en sous-main, peut jouir de dividendes politiques en favorisant l’entrisme de certains politiciens rabougris dans un bric-à-brac gouvernemental, le pays en butte à des difficultés économiques graves n’en tirera jamais profit.Salif SAKHANOKHO

PROCÈS KHALIFA SALL : LE JUGE TELIKO RECONNAIT UNE ERREUR

http://www.emedia.sn Le président de l’Union des magistrats du Sénégal donne raison à la Cour de Justice de la CEDEAO. Dans l’affaire opposant Khalifa Sall et Cie à l’Etat du Sénégal, la Cour avait rendu un arrêt pour solliciter la libération de l’ancien maire de Dakar et de ses codétenus parce que certains de leurs droits ont été violés dans le cadre de la procédure ayant conduit à leur condamnation en première instance. « Le problème juridique qui s’était posé, c’était sur l’affaire Khalifa Sall. Là, effectivement, je peux considérer que la Cour de Justice de la CEDEAO avait raison parce qu’il y avait d’une part la violation de la présomption d’innocence et d’autre part, il y avait une violation des droits de la défense par la Justice sénégalaise. Cela est clair », a déclaré le Président de la Cour d’appel de Thiès. Qui, dans le même sillage, pense qu’il y a eu moins de problème lors du procès de Karim Wade.
En effet, il regrette ce qui ne s’est passé parce que, estimant que la justice sénégalaise dispose de toutes les ressources humaines de qualité, qui peuvent nous épargner ce genre de déconvenue. A son avis, pour éviter pareilles situations, il faudrait qu’il ait beaucoup de débat sur toutes ces questions là pour qu’on en tire les enseignements nécessaires du point de vue juridique et si on doit modifier les dispositions on les modifie pour le bien de la Justice. Aliou DIOUF & Abbdoulaye SYLLA (Photo)

Vague de démission à l’Apr : Rama Macky et Omar Gueye claquent la porte

https://www.beut7.com Rien ne va plus dans les rangs du parti Présidentiel l’Apr. Beut7 est en mesure de dire que deux de ses jeunes responsables ont décidé de claquer la porte. Ces décisions sont consécutives à des frustrations accumulées. Nous y reviendrons avec de plus amples informations.

OUMAR SARR : «Je n’ai pas trahi Wade…»

https://www.jotaay.net Oumar Sarr est formel ! Personne ne peut l’accuser d’avoir trahi ou lâché Me Abdoulaye Wade qu’il dit être son père. Dans l’entretien qu’il nous a accordé avant-hier, tard dans la soirée, il dit être resté un an sans parler à Wade. Au sujet de Abdou Aziz Diop qui, malgré leurs relations, préfère rester au Pds plutôt que de le suivre dans l’aventure, Oumar Sarr minimise et dit que ça ne va rien changer entre eux, parce qu’il sait bien que si Aziz n’avait pas un mandat du Pds, il serait avec eux. Il a aussi évoqué l’appel de Karim Wade quand il était interné pour cause de Covid-19, celui de Macky Sall et des autres chefs de partis, majorité comme opposition.

Les Echos : Il nous revient qu’Abdoul Aziz Diop ne vous suivra pas dans votre nouvelle aventure politique. Comment appréciez-vous sa position, vu les relations fortes qui vous unissent

Oumar Sarr : Je n’ai pas échangé avec Aziz sur ça, mais bon…un député qui démissionne de son parti perd son mandat naturellement. Ça c’est la loi. Mais ça ne change rien entre nous. Je sais bien que s’il n’avait un mandat du Pds, il serait avec nous. Il a mandat du Pds, il est obligé de le respecter et pour cela, il n’y a pas de problèmes.

Cela ne vous gêne donc pas qu’il puisse rester en dehors de votre combat ?

Non ! Non, non…mais tout Richard-Toll, tous les militants de Richard-Toll, tous les militants du département de Dagana sont avec nous. Lui, il a un mandat du Pds qu’il est obligé de respecter. Sinon, il perd son mandat de député. A part ça, tous les militants sont avec nous.

D’après la déclaration d’annonce de création de votre parti politique, beaucoup de militants du Pds seraient sur le point de vous rejoindre. Qui sont-ils ?

Oui, il y en a beaucoup dans les capitales régionales et départementales. On fera une conférence de presse quand on va présenter les statuts et tout ça. On montrera département par département qui nous représente et on verra que dans l’écrasante majorité des départements, nous sommes très présents. Il y a d’autres qui ne sont pas du Pds, qui n’ont jamais milité au Pds et qui sont avec nous, comme on a dit dans le texte. On verra de nouvelles têtes… on est présent dans les 45 départements, ça c’est clair.

Vous envisagez le lancement quand ?

Bon, on doit se rencontrer pour voir comment finaliser les différents textes. Avec le Covid-19, c’est un peu compliqué. Il faut faire des réunions ; ensuite élargir. Je pense qu’on a une quinzaine de jours pour régler tout ça. De toute façon, l’ensemble des départements seront là. Avec la Tabaski, si on veut que tous les départements viennent, ce sera compliqué. Si on veut vraiment l’organiser, il faut prendre une semaine et l’organiser, département par département.

On parle de plus en plus des élections locales.Comment comptez-vous l’aborder?Vous irez seul ou en coalition?

On ne sait toujours pas quand est-ce qu’il y aura les élections locales. Personne aujourd’hui ne le sait. Il y a eu beaucoup de retards dû au fait qu’il y a le Covid-19, retards dans les audits, des retards pour les inscriptions, des retards à tous les niveaux pratiquement. C’est difficile de se projeter. Mais ce qu’on voudrait, c’est être présent dans toutes les collectivités locales. Maintenant sous quelle forme ? Je parle de manière théorique : il y a des communes où nous serons leaders, d’autres communes où nous ne serons pas leaders, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y aura des coalitions au niveau local. La difficulté, c’est qu’on ne sait toujours pas quand est-ce qu’il y aura les élections locales. Pour bien théoriser, il faut connaître la date. Mais ce qui nous préoccupe, c’est implanter tout de suite et immédiatement le parti dans les coins les plus reculés du pays. Qu’on reconnaisse nos couleurs, qu’on reconnaisse nos emblèmes, notre bulletin…. C’est vraiment un travail que nous voulons faire d’ici les élections locales.

Certains pensent que toute cette agitation, c’est juste pour vous rapprocher de Macky Sall…

Mais pourquoi quand on crée un parti, on dit que c’est pour… Nous, on était au Pds. Personnellement, j’ai été exclu du Pds. Je suis le seul à être exclu par une personne du Pds. C’est illégal, mais nous n’avons pas voulu porter plainte. J’ai été exclu du Pds ; les autres sont de fait exclus du Pds, parce qu’ils ne sont convoqués à aucune réunion, ne sont associés à aucun fait majeur. Si on veut continuer à faire de la politique, est-ce qu’on devrait encore rester les bras croisés ou se cacher sous le lit ? Il faut bien, si on veut continuer à faire de la politique, apparaître au grand jour. Maintenant, les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Nous sommes au dialogue national, pas au Force Covid-19. Le Pds est au Force Covid-19, pas au dialogue national. Est-ce qu’on va dire que le Pds est proche du régime ? Ou que le Pds négocie avec le régime parce qu’il est présent ? Non ! Nous pensons que chacun doit regarder son association. A mon avis, c’est même insensé de poser cette question. Nous, nous sommes au dialogue ; eux, ils ne sont pas au dialogue. Eux, ils sont au Force Covid, nous, nous n’y sommes pas. Donc…

Avec votre projet de création de parti, reconnaissez quand même que vous avez lâché Wade ?

Non, je n’ai pas lâché Wade. Wade reste un père, mon guide politique. Par contre, on l’a dit et je le répète, je ne peux pas accepter qu’il y ait une dévolution monarchique dans le parti. C’est-à-dire que le poste de secrétaire général, le poste de chef de parti soit un poste que l’on hérite. Que ce poste aille de père en fils, ce n’est pas acceptable. C’est contre les statuts du parti. Si on l’avait dit au départ, je n’allais jamais adhérer au Pds. Il faut de la démocratie dans les partis. Dès que ça a été clair que le Pds est un héritage de père en fils, j’ai pris ma responsabilité, malgré tout le respect que je dois au Président Abdoulaye Wade. Je n’ai plus de place dans un parti comme ça.

Justement, à quand remonte votre dernière conversation avec Wade ?

Avec Wade, ça fait plus d’un an. Il ne peut pas considérer que je l’ai trahi parce qu’on ne s’est pas parlé depuis plus d’un an. On n’a pas échangé depuis plus d’un an.

Et pour ce qui est de son fils ? Il parait qu’il vous a appelé au téléphone quand vous étiez à l’hopital…

Oui, il m’a appelé. Il a fait un communiqué pour dire qu’il m’a appelé. Mais bon, combien de responsables m’ont appelé. Le Président Macky Sall m’a appelé. Tous les chefs de parti de l’opposition et de la majorité présidentielle, même les maires m’ont appelé. Je les ai tous remerciés pour cet acte-là. C’est passé ! En tout cas, je ne pense pas que ce soit un acte politique de la part de Karim Wade.

Après plus de 20 ans, vous êtes encore candidat pour la mairie de Dagana ?

On ne sait pas quand est-ce qu’il y aura les élections locales. C’est difficile de se projeter si on n’a pas la date exacte…

Pour reparler de votre parti, où en sont les démarches ? Vous avez déposé pour votre récépissé ?

Il faut un délai pour avoir les différents papiers ; mais nous sommes en train de nous préparer cela. Je pense que nous l’aurons bientôt. Nous serons un parti légalement constitué. Nous serons un parti démocratique. Maintenant pour le nom lui-même, on va discuter encore avec tout le monde, avec nos différents membres, mais ce sera un parti qui s’inspirera vraiment des règles de la démocratie. Nous allons travailler sur le règlement, les statuts, le programme. Nous espérons que d’autres partis, des mouvements vont venir avec nous. Nous sommes en train de travailler avec beaucoup de gens. Nous pensons vraiment construire un grand parti qui va occuper sa place dans l’échiquier politique.Madou MBODJ

Plainte : Me Moussa Diop poursuit Barthélémy Diaz pour «diffamations» et lui réclame 500 millions F cfa   

https://actusen.sn Entre Barthélémy Diaz et Me Moussa Diop, la bataille judiciaire est déclenchée. En effet, le Directeur général de la société «Dakar Demm Dikk» a servi une citation directe au maire de Mermoz Sacré Cœur, qui est invité à comparaître le mardi 11 août 2020 à 8h30, à la barre du tribunal de Grande instance de Dakar statuant en matière.
Le fils de Jean Paul Diaz est poursuivi pour diffamation, suite à sa sortie annonçant que «l’Alliance pour la République (Apr), n’avait pas versé à «Dakar Dem Dikk» le montant d’un milliard de F Cfa, prix de l’assiette foncière qui lui a été cédé pour la construction de son siège, sur la route de Ouakam».
Des propos que Me Moussa Diop peinent à digérer. C’est ainsi qu’il compte trainer Diaz fils devant la barre pour qu’il apporte des preuves de ses allégations. Me Moussa Diop réclame aussi pour toutes causes de préjudice confondues la somme de 500 millions de F Cfa. Il demande au juge, si gain de cause lui est donné, d’ordonner la publication de la décision sur les quotidiens nationaux et des sites web d’informations.

Décès du transporteur Ndiaga Ndiaye

https://actunet.net Connu pour ne pas dire très connu, partout à travers le Sénégal, le nom Ndiaga Ndiaye est collé à un modèle de véhicules de transport. Il s’agit des cars Ndiaga Ndiaye. Mais, il faut bien savoir que ce nom provient de celui du célèbre transporteur éponyme. En effet, Ndiaga Ndiaye a donné son nom à ses véhicules qui ont fini de s’imposer dans le circuit du transport urbain et périurbain.Il s’est éteint ce jour à l’âge de 89 ans après une vie bien remplie. C’est à Pikine où il vivait. A rappeler qu’en 2015, il avait été élevé par le Président de la République au rang de Grand officier de l’Ordre national du mérite. Le groupe Dmedia présente ses condoléances à la famille éplorée.

La commune de Diass perd son maire

https://www.seneweb.com La commune de Diass (département de Mbour) est endeuillée par le décès de son maire, Aliou Samba Ciss.
Le défunt qui était alité depuis longtemps, avait d’ailleurs renoncé à son salaire pour participer massivement à la lutte contre la pandémie du Coronavirus.
Seneweb présente ses sincères condoléances à la famille du défunt et à la population de Diass.

Dr Ibrahima Seck, Maître de conférences titulaire au département d’histoire de l’université de Dakar, directeur de Recherche à Whitney Plantation, Louisiane : «Cette pauvreté endémique, la violence, la drogue… c’est l’esclavage qui est à la base de tout cela»

https://www.lequotidien.sn Des noirs tués impunément dans la rue par les Forces de l’ordre, la liste des victimes est longue avant que l’assassinat de George Floyd ne mette le feu aux poudres. Selon le Dr Ibrahima Seck, directeur de Recherche dans ce musée de l’esclavage qu’est la Whitney Plantation, les racines de tout ce mal se trouvent dans le long chemin qui a mené nos ancêtres dans les plantations du Sud des Etats-Unis. A la place du rêve américain tant vanté, le chercheur dévoile la face hideuse de cette Amérique dont le système éducatif est le pire des systèmes et où la pauvreté endémique, la violence, la drogue sont les seuls héritages de l’esclavage.

Qu’est-ce que La Whitney Plantation et comment vous êtes arrivé là-bas ?

Le Whitney plantation, c’est une vieille plantation d’indigo du 18ème siècle. Ensuite, elle est devenue une plantation sucrière au 19ème siècle. Le nom Whitney est très récent, il date d’après la guerre civile, donc après 1865. Mais le nom traditionnel est celui du fondateur de la plantation et c’était l’habitation Haider. C’était un immigrant Allemand qui était arrivé en Louisiane en 1721. Il faisait partie des milliers de laboureurs allemands qui avaient été recrutés par la compagnie française des Indes occidentales pour devenir des colons. Parce qu’il n’y a pas de colonisation sans colons, bien sûr ce sont des gens qui ont pu acquérir à la longue de nombreux esclaves surtout provenant de la Sénégambie et se sont enrichis. Donc Whitney Plantation est devenue aujourd’hui un musée de l’esclavage. La plantation a été mise en vente aux enchères en 1999 et cette fois-ci c’est un avocat qui se trouve être un ami à moi qui a acheté la plantation et qui m’a demandé d’être le directeur de Recherche. Je l’ai rencontré en l’an 2000, j’étais en visite en Louisiane avec le maire de Gorée, feu Urbain Diagne dont j’étais un de ses conseillers culturels. C’est là que j’ai rencontré John Cummings qui venait juste d’acheter la plantation et on a commencé à travailler. Donc ça fait 20 ans que je travaille avec ce musée-là.

Quel rôle est dévolu à ce musée ?

C’est d’être un musée de l’esclavage. Il y a tellement de plantations vraiment splendides avec de très belles maisons de maître. Les gens qui ont de l’argent y vont pour se marier. Mais on ne parle que de la splendeur, de l’opulence de ces plantations, des richesses de ces maîtres et rien pour les pauvres Africains et leurs descendants qui avaient tout construit. Ils ont construit ces plantations-là, la richesse, c’est eux qui l’avaient produite. En même temps qu’ils étaient des esclaves malmenés et maltraités, ils produisaient des richesses. Ils ont aussi produit des cultures. Parce que l’histoire de l’esclavage, ce n’est pas seulement une histoire économique, c’est une histoire culturelle, une histoire des civilisations. D’ailleurs, moi je considère que cette histoire des esclaves qui ont été déportés en Amérique est une histoire glorieuse. C’est eux qui ont bâti les économies et cultures partout dans le monde, que ce soit en Amérique mais aussi dans les terres d’islam  : Proche-Orient, Moyen-Orient, Espagne musulmane jusqu’en Inde.

Au niveau de cette plantation, vous montrez le mode de vie des esclaves ?

Oui d’abord ce qu’on appelle aujourd’hui de l’histoire publique, c’est-à-dire une histoire qui est à la portée de tout le monde que ce soit le petit enfant, les gens qui ne sont pas si bien éduqués à l’école occidentale, les chercheurs, tout le monde y trouve son compte. Donc c’est quelque chose de très pragmatique, une histoire qui montre d’abord pourquoi il y a eu esclavage. Il n’y a pas de secret, ce sont des gens qui voulaient s’enrichir et les esclaves ont fait mieux que de les enrichir, ils ont défini aussi leur culture. Donc on montre les fondements de l’esclavage mais aussi on explique d’où ils étaient venus les Africains. A quelle date ils étaient venus ? Qui étaient-ils ? A quelle ethnie ils appartenaient ? C’étaient des nègres de Nation Sénégal, des Wolofs, des nègres de Nation pulaar, des Fulbe, des nègres de Nation sérère, Bambaras, Mandingues, Naar. Bien sûr il y a une partie économie, c’est l’axe central mais aussi au-delà de l’économie, on rappelle aux visiteurs que l’histoire de l’esclavage, ce n’est pas seulement une histoire de déportation, une histoire économique mais aussi c’est une histoire culturelle. Ces gens ont amené leur langue, leur religion, leurs noms, leurs onomastiques, c’est-à-dire les noms qu’on donne aux enfants. Ils ont amené leurs nourritures, leurs cuisines, leurs croyances diverses, leurs contes. Donc c’est dire qu’il faut que les gens comprennent c’est quoi l’esclavage.

Et c’est quoi l’esclavage ?

C’est une histoire glorieuse. Très souvent on a tendance à mettre l’accent sur le côté horrible, les guerres en terre africaine pour fabriquer les esclaves, les longues marches jusqu’au Donjon de Gorée, d’Elmina au Ghana, de Ouidah, la traversée de l’océan, les morts, la promiscuité, le travail pénible au rythme du fouet, toutes sortes de maltraitance, l’esclavage ce n’est pas seulement ça.

Il y a une partie plus glorieuse ?

Nous avons intérêt à étudier ça et à ce que nos enfants apprennent cela. Que les Afro-Américains l’apprennent, que les fils de toubabs (blancs) l’apprennent aussi pour savoir ce qu’ils doivent à l’Afrique, ce qu’ils doivent à ces Africains, à ces Afro-Américains.

Cette partie glorieuse, c’est la participation de tous ces esclaves à l’économie de ces pays ?

Tout le monde aime la culture américaine mais l’Amérique que nous aimons a été bâtie par des esclaves, c’est l’Amérique du blues, du jazz, du rock and roll, une manière de marcher et même une manière de s’habiller aujourd’hui, une manière de parler. Tout ça c’est sorti des plantations.

Et qui sont les visiteurs qui viennent à la plantation ?

Ce sont des gens qui viennent de partout, de la Nouvelle Orléans, des paroisses voisines, de tous les Etats-Unis. Et beaucoup de groupes d’enfants, d’élèves du lycée jusqu’à l’université. Les gens prennent l’avion et même des gens qui viennent d’Europe, du Japon, de l’Allemagne, de partout. Quelques arrivées de l’Afrique mais ce sont des gens qui, par hasard, se retrouvent à la Nouvelle Orléans et qui entendent parler du musée de l’esclavage et qui viennent le visiter. Une fois, j’ai reçu l’association des maires francophones avec l’ancien Président du Bénin, Nicéphore Soglo. Une fois c’est la famille de Eva Marie Coll Seck qui est venue me rendre visite. Moins d’Africains quand même parce que les Africains n’ont pas d’argent, ils ne voyagent pas.

Mais est-ce qu’ils s’intéressent aussi à cette histoire-là ?

Mais il faut qu’on les intéresse à cette histoire. Ils vont à Gorée n’est-ce pas ? Les écoles vont à Gorée, parce que Joseph Ndiaye a fait un excellent travail de mémoire. Moi, ma mission c’est de continuer son travail en Amérique et ça marche très fort. Notre musée est à l’origine d’une révolution naissante qui fait que toutes les anciennes plantations en Louisiane et un peu partout jusqu’en Caroline du Sud, jusqu’aux grandes plantations qui appartenaient aux anciens Présidents comme George Washington, John Jameson, James Madison, tous ces gens-là ont changé leur scripte et parlent maintenant de l’esclavage mais c’est nous qui avons fait le premier pas.

Quand vous dites qu’il y avait des Wolofs, des Peulhs, est-ce que vous avez pu identifier des Sénégalais avec leur origine tracée ?

Oui beaucoup. Je donnerais l’exemple de Samba Banbara. Il était un maître de langue. Quand tu vas au Fouta, quand tu entends les gens parlaient de mérlangua, c’est la déformation de maître de langue. Aujour­d’hui, on parle de coxeur. C’est quelqu’un qui était un interprète, un facilitateur du Commerce pour la compagnie des Indes occidentales qui faisait la navette entre Saint-Louis et le pays de Ngalam, là où la Falémé et le fleuve Sénégal se rencontrent. Il y avait le Fort Saint Joseph ou convergeaient les caravanes d’esclaves. Les gens amenaient aussi du mil, du riz, de l’or, des plumes d’Autriche, de l’ivoire et Samba Bambara était un interprète. Il a commis un crime passionnel à Saint-Louis. Il a tué sa femme apparemment et s’est retrouvé esclave en Louisiane mais il est resté interprète pour le Conseil supérieur de la Louisiane en 1722. En 1731, il fomente une conspiration pour faire tomber le régime français pour prendre possession de la colonie et d’après le gouverneur Perrier qui était le gouverneur français de la Louisiane, il y avait au moins 400 Bambara qui étaient impliqués plus d’autres nationalités. Le complot a été découvert ainsi que l’insurrection qui devait éclater pendant la messe de minuit le 24 décembre 1731. Samba Bambara a été exécuté avec ses compagnons.

Et il venait d’où précisément ?

C’était un Bambara de Saint-Louis. L’autre exemple, c’est un Peulh. Il a été vendu à la Nouvelle Orléans en 1788. Il a été capturé la même année ici dans une guerre entre le Fouta-Djalon et le Gabou. Abdourahmane Barry était un prince. Il a fait 40 ans comme esclave à Natchez sur le fleuve Mississipi. Il a été libéré au bout de 40 ans. Ils l’ont ramené au Liberia qui était une colonie américaine. Il est mort à Monrovia avant de retourner à Timbo, son village natal. Il y a avait aussi beaucoup de Wolofs. Il y en a un qui s’appelait Thioukou. Les esclaves étaient utilisés aussi pour faire la guerre. Tous ces gens qui venaient de l’Afrique de l’Ouest pour la plupart, c’étaient des guerriers, des gens aguerris. L’histoire des tirailleurs ne date pas de maintenant. Tchioukou a été recruté par Bainville. Il était esclave et accompagnait Bainville dans les campagnes contre les Indiens. Avec sa bravoure, il a été libéré et il y avait sa femme Marie Arame qui était esclave et il a demandé qu’elle soit libérée aussi. Mis il fallait qu’il travaille 7 ans dans l’Hôpital de la charité où sa femme était employée. Il le faisait pour payer la liberté de sa femme. Ils étaient tous les deux des Wolofs.

Une fois sur place, ces esclaves ont changé de nom ou bien ?

Non, ils gardaient leurs noms africains. Il y a des Samba, des Yéro, Coumba, Penda, Sira, Ndiémé, Bougouma, Sophi Naar, Marie Gawlo… Ce sont des noms que l’on trouve à profusion dans les archives. Je suis en train d’ailleurs de travailler sur un livre que j’espère pouvoir publier avec le Musée des civilisations africaines sur la culture afro-créole de Louisiane.

Est-ce que les Améri­cains sont à l’aise avec leur passé ?

Ils ne sont pas à l’aise mais il faudrait qu’on leur apprenne à être à l’aise avec ça. Bien que quand on commet tellement de crimes comme ça, on est toujours gêné et on traîne cette mémoire. Il faut que quelqu’un les aide à transcender ça. Parce que les réparations, ce n’est pas de dire qu’on va payer aux Noirs toutes les richesses qu’ils ont produites sans être payés.

Donc vous êtes d’accord pour qu’il y ait une réparation ?

On parle d’un contexte de Covid 19. Les gens qui meurent aujourd’hui, ce sont des Afro-Américains, des pauvres qui n’ont rien. Donc, les réparations bien sûr, c’est ça. Il faut qu’ils soient dédommagés. Il y a une minorité à l’aise mais la grande majorité est dans la misère proverbiale. J’ai fait plus de 20 ans aux Etats-Unis. Je sais ce que vivent ces gens-là. Cette pauvreté endémique, la violence, la drogue… C’est l’esclavage qui est à la base de tout cela. Il y a des gens qui s’y plaisent parce que c’est rentable pour eux. Le système américain en profite jusqu’à présent parce que c’est une main d’œuvre corvéable à volonté. Ils accaparent les terres. Même aujourd’hui, on leur vole leurs maisons. Quand tu as de l’argent aux Etats Unis, tu peux acheter tout ce que tu veux. Il suffit de faire monter les impôts sur l’habitation et les gens ne peuvent plus payer, ils déménagent. Mais le maître de la réparation, c’est l’éducation. Sans éducation, il n’y a pas réparation.

Pour les pays africains, à quel genre de réparation doit-on s’attendre ?

L’Afrique est ce que j’appelle une portée de vipère. La vipère est ovovivipare. L’éclosion se passe dans le ventre de la vipère et elle meurt. Les petites vipères se nourrissent de la chaire de leur mère et deviennent elles-mêmes vipères. Toute l’Humanité est sortie de l’Afrique et cette Humanité mange l’Afrique, surtout les Européens. C’est l’Afrique qui nourrit le monde. Ce sont les Africains qui ont été déportés qui ont construit ces économies, ces cultures… Quand on parle de la dette de l’Afrique, la France devrait avoir honte de dire aux Etats africains : ‘’vous me devez de l’argent’’. La même chose est valable pour l’Angleterre, les Etats-Unis. Bien sûr qu’on doit des réparations aux Africains. Il y a des gens ainsi que les Afro-Américains, qui posent mal les problèmes en disant que les Africains ne doivent pas parler de réparation parce que c’est leurs propres ancêtres qui les ont vendus. Mais dans quel contexte ? Nos forêts sont pillées, nos richesses volées. Bien sûr, sur place il y a des complicités. Mais l’Afrique ne doit pas payer pour tous ces bouffeurs d’espoir. A l’époque, il y avait des royautés et les rois étaient complices aussi. Dans ce contexte, il y avait un système contre un autre qui est plus fort. Si tu ne participes pas, tu es mort. Il faut s’informer du mécanisme de la traite des esclaves pour le comprendre. Il y a des gens qui ont dit non à l’esclavage. En fait, c’est nous qui avons vendu nos ancêtres mais moi je n’accepte pas qu’on dise que pendant 400 ans, les Blancs sont venus pour prendre nos parents et que je n’ai jamais agi. Cela veut dire que je suis un imbécile. J’ai bien participé à cette misère mais quelles sont les conditions de ma participation et qu’est-ce qui m’a poussé à le faire ?

Mais il y a cette rancœur des Afro-Américains à l’encontre des Africains…

C’est parce qu’ils sont mal éduqués. Le système éducatif américain est le pire des systèmes éducatifs. C’est un système raciste qui n’apprend pas la vérité à ses enfants. L’Afro-Américain n’est pas éduqué pour avoir l’amour de soi-même. Il est éduqué pour être aliéné. Et c’est justement pour haïr l’Afrique parce qu’on sait que s’il n’est pas complètement détaché de l’Afrique, il ne va jamais se redresser pour dire non. Mon travail aux Etats Unis, c’est de casser cette barrière et j’espère le faire pour le reste de ma vie.

Il y a une prise de conscience avec la naissance de ces mouvements de revendication comme Black Lives Matter…

Oui ce sont des mouvements de prise de conscience qui draînent beaucoup de gens. Black Lives Matter est né à la suite de l’assassinat gratuit et odieux d’un jeune noir dans les rues d’Amérique (Trayvon Martin). Le système éducatif américain est cruel et l’Amérique court à sa propre destruction en maintenant cette discussion. Ils ont intérêt à le réformer. La preuve, ce système est si mauvais qu’il a généré un monstre qui s’appelle Donald Trump. N’oublies pas de mettre ça dans ton journal  ! L’Améri­que court à sa destruction si elle ne se réforme pas son système éducatif.
Le pays est au bord de l’implosion avec le Covid-19. On voit des images qui montrent des centaines véhicules qui attendent de l’aide alimentaire dans les grandes villes. Ce n’est pas une image qu’on avait l’habitude de voir aux Etats-Unis…
Pourtant c’est une image qui a déjà existé à plusieurs reprises, notamment à La Nouvelle Orléans après l’ouragan Katrina. J’y étais quand l’ouragan frappait. L’Amérique est un pays de paradoxes. Quand on nous chante cette grande puissance… Ce n’est pas une puissance. On disait que la Chine est un géant aux pieds d’argile mais c’est véritablement l’Amérique qui l’est.

L’implosion est proche ou pas ?

On ne sait jamais.Cela viendrait d’où ? On pensait qu’avec Obama, cela allait venir…
Obama est le fruit d’une grande frustration. Quand les Républicains ont repris le pouvoir des Démocrates, ils ont renoué avec leurs vieilles habitudes de tuer des dirigeants, de bombarder des pays comme l’Irak. Cette grande frustration a été à l’origine de l’élection de Obama. C’est aussi un homme qui a été mis en place par le système. C’est le système qui décide, pas les individus. La preuve, Obama lui-même a été rendu complice de la destruction de la Lybie. Il était là quand l’Armée américaine, avec Sarkozy, a contribué à la destruction de la Lybie et à l’assassinat lâche de Kadhafi. C’est un problème de système, pas de personne. Et la couleur de la personne importe peu. C’est le système qu’il faut réformer. C’est un système inhumain.

Est-ce que les Américains en sont conscients ?

Ils le sont. Les pauvres en tout cas. Ceux qui contrôlent le pouvoir savent ce qu’ils sont en train de faire et c’est d’accumuler des richesses. Ils ne veulent même pas que les américains puissent se soigner quand ils sont malades. Un pays qui peut investir des milliards de dollars dans la guerre et qui ne peur même pas soigner ses enfants quand ils sont malades, c’est un système qui est appelé à disparaître. Même leurs vétérans qui sont mutilés, il y en a tellement qui finissent dans la rue. J’en connais beaucoup à la Nouvelle Orléans. Au Sénégal on a l’habitude de donner l’aumône, moi j’ai mes vétérans à moi à qui je donne de l’argent tous les jours.

Docu télé-France 24 : ces enfants métis que la France coloniale cachait

https://www.lepoint.fr/afrique TÉMOIGNAGES. Arrachés enfants à toutes leurs familles, africaine comme européenne, des métis racontent le drame qui s’est noué autour de leur vie pendant la colonisation.
« Mon père passait son temps à faire des tournées à travers la Côte d’Ivoire. Quand il est arrivé dans la région, on lui a offert un cadeau. Ma mère était son cadeau de bienvenue. Elle était très jeune, analphabète, et se contentait de vendre ses légumes. Tout ce qu’elle avait, c’était sa beauté. Leur histoire a duré 48 heures. Nous avons subi beaucoup d’humiliations, et nous continuons d’en subir ». Marie-Thérèse a le cœur lourd lorsqu’elle évoque ses souvenirs familiaux. Comme de nombreux enfants métis, nés de l’union d’un colon blanc et d’une femme noire, elle a passé son enfance au Foyer des métis de Bingerville, près d’Abidjan. Si chaque histoire ne ressemble à aucune autre, elle fait écho aux nombreux autres témoignages récoltés par Caroline Dumay et Thaïs Brouck pour France 24 dans le documentaire qu’ils ont réalisé*. Des enfants bien souvent arrachés de force à leur mère et reniés par leur père. C’était pendant la période coloniale en Afrique-occidentale française (AOF).

Le contexte de conquêtes coloniales

Replaçons tout cela dans le contexte de l’époque. Frappées par la grande dépression économique des années 1870, les puissances européennes recherchent de nouveaux débouchés et de nouvelles ressources. Alors, comme la Grande-Bretagne, la Belgique ou encore le Portugal convoitent les richesses du continent africain, en pleine révolution industrielle, la France joue aussi des coudes pour asseoir sa domination économique, politique et culturelle en concurrence des autres puissances européennes. Déjà présente au Sénégal où le premier gouverneur sera installé en 1815, elle se lance véritablement dans l’aventure coloniale avec notamment Louis Faidherbe qui pousse l’avantage de la France dès 1854, année de sa nomination comme Gouverneur. De conquête en conquête, la France réussit à faire de la Côte d’Ivoire sa colonie le 10 mars 1893.

Instauration d’un système colonial

En Côte d’Ivoire mais aussi dans les autres parties de ce qu’on appelle l’empire colonial qui sera découpé en deux grands ensembles, l’Afrique occidentale française (AOF) avec comme capitale Dakar et l’Afrique équatoriale française (AEF) avec comme capitale Brazzaville, la France instaure un système inégalitaire où les peuples africains sont exploités et discriminés. Si l’esclavage est aboli définitivement depuis 1848, la France l’a remplacé par les travaux forcés. Cela va durer en Côte d’Ivoire jusqu’en 1946, date à laquelle Félix Houphouët-Boigny fera voter une loi y mettant fin. Ainsi, pendant près d’un demi-siècle, l’exploitation des richesses du pays (forêt, café, plantations de coton et de cacao) se fera par ce moyen.

Pour faciliter ce commerce de la colonie vers la France, les colons construisent des routes et des infrastructures.

Au-delà de la « mission civilisatrice » mise en avant, la colonisation matérialise une domination économique, politique, culturelle et même sexuelle avec de nombreux actes coercitifs sur les femmes des colonies. De ces actes sont nés de nombreux enfants métis que l’administration coloniale s’est évertuée à séparer du reste de la société les contraignant à vivre dans des foyers comme à celui de Bingerville, dans l’ancienne résidence des gouverneurs de la colonie française. Qualifiés de « bâtards de la République  !  », ces enfants sont devenus adultes et ont décidé de témoigner aujourd’hui qu’ils sont adultes.
C’est un traumatisme qui hante toujours Philippe, fils d’un planteur blanc. « Il a pris ma mère à l’âge de 16 ans. En 1946, quand elle est tombée enceinte, il l’a foutue dehors  ! Dans mon cœur, je voulais l’assassiner  ! En créant le foyer des métis, c’est nous qu’on envoyait à l’abattoir. Ces colons savaient ce qu’ils faisaient  !  », confie-t-il de rage à l’équipe de tournage de France 24. A l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960, Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire (1960-1993), conscient de l’importance de cette question, engage plusieurs métis dont Auguste Miremont en tant que porte-parole du chef de l’État. Lui aussi avait résidé au Foyer des métis de Bingerville.

En quête de reconnaissance

Victimes collatérales de l’expansion française en Afrique, ces métis ont un statut juridique flou. S’ils sont considérés comme des « pupilles de la nation » par la France, c’est parce qu’ils ont dû se déclarer orphelins alors que, dans la réalité, ils ne l’étaient pas. Aujourd’hui, ils restent toujours, aux yeux de l’État, sans parents clairement identifiés par le droit, faute de documents officiels. Devenus adultes, ils ne peuvent donc, ni revendiquer la nationalité française, ni un quelconque héritage du fait de blocages politiques et juridiques bien expliqués dans le récit de Caroline Dumay et Thaïs Brouck. Cela dit, les mentalités semblent évoluer progressivement. C’est ainsi qu’en 2019, après s’être officiellement excusée auprès des métis nés dans ses anciennes colonies, la Belgique a promis de les soutenir dans leur quête identitaire. On attendd de voir la réaction de la France sur cette question.  Par Cécilia Brillault
* « Enfants cachés de la France coloniale », documentaire réalisé par Caroline Dumay et Thaïs Brouck. Première diffusion  : samedi 11 juillet 2020 à 22h15 sur France 24. Visible après en podcast. 

Baïla Wane supplie Macky de faire un troisième mandat

https://directnewsinfo.com La question du troisième mandat refait surface. Dans un interview accordé à Seneweb, Baïla Wane est allé jusqu’à implorer le président Macky Sall de faire un troisième mandat.
« S’il y a une possibilité de faire un autre mandat, je veux qu’on aille le chercher parce que pour l’utilité du peuple sénégalais, il ne faut que le président de la république qui a été élu par la majorité des sénégalais, dise qu’il va partir » a déclaré le membre du cercle des amis de Macky Sall.
« je le supplie pour qui fasse de ce mandat son premier mandat par ce que le premier n’en fait pas partie » ajoute Baïla Wane.

Ansoumana Danfa, Mac/authentique, sur l’affaire Cissé Lô : «Il ne faut surtout pas prêter le flanc à l’opposition»

https://directnewsinfo.com Les insultes de Moustapha Cissé Lô contre des responsables de l’Alliance pour la République (Apr) continuent de susciter des réactions. Et c’est le tour du président de Mac/Au­then­tique de déplorer «avec la dernière énergie», les insanités du désormais ex-apériste. «Ni la majorité présidentielle, ni le chef de l’Etat, encore moins les Sénégalais ne méritent cette guéguerre qui sévit au sein de l’Alliance pour la République et, par extension, la coalition Benno bokk yaakaar», a dit Ansoumana Danfa qui, dans un communiqué, se désole «des querelles entre camarades qui agacent les Sénégalais».
Le leader du Mac/authentique de regretter  : «En nous engageant dans cette guéguerre, nous entachons l’image du président de la République, en bloquant la communication de l’Etat, au moment où, en cette période de la pandémie du Covid-19, il est en train de dérouler le Programme de résilience économique et sociale.» M. Danfa invite donc ses camarades à être «beaucoup plus solidaires», mais aussi à «consolider les efforts» du chef de l’Etat de venir en aide à la population et, surtout, à «ne pas prêter le flanc à l’opposition».
De même, le Mac/Authentique appelle son allié de Macky2012 originel, l’Apr et de la coalition Benno bokk yaakaar (Bby) à taire leurs querelles «malsaines». Et il conclut  : «La population sénégalaise ne nous a pas soutenus pour qu’on se chamaille, et le Président Macky Sall ne mérite nullement un tel sort.»

Trop de fétichisme égale trop de morts : Serigne Moustapha Sy explique les raisons du lourd bilan macabre sous les deux mandats de Macky Sall

https://www.leral.net En conférence ce samedi, retransmise sur Youtube, Serigne Moutspha Sy a encore bombardé le « Macky ». Selon le guide religieux des Moustachidines, il y a trop de fétichisme sous le règne de l’actuel président du Sénégal.
Pour Serigne Moustapha Sy, les raisons du lourd bilan macabre des grosses personnalités sous les deux mandats de Macky Sall, s’explique par sa grande implication dans le mysticisme.
« Beaucoup de grosses pointures ont quitté ce bas-monde sous son règne. Le Fétichisme l’a trainé dans beaucoup d’erreurs… Le pays va vers une destinée qui effraie tout le monde et je n’ose pas dire ce que DIEU m’a montré… Les populations sont fatiguées, je reçois trop de lettres. Même un directeur d’hôpital m’a saisi pour m’exposer les problèmes et débordements de leur structure…»
Cependant, le marabout a magnifié le travail que le préfet de Tivaouane a effectué pour la réussite de cette rencontre. Selon lui, si c’est une décision venue d’en haut, « le rattrapage n’est pas trop tard, et le Colonel Cissé le lui rapportera. … ».

Affaire des Oryx : “Le transfert de ces gazelles à été fait nuitamment”, accuse le maire de Ranerou

http://yerimpost.com Le maire de Ranérou a été interpellé sur le transfert des gazelles Oryx. Une affaire au centre d’une vive tension en ce moment dans le Ferlo.
Arona Ba a révélé que le transfert de ces gazelles à été fait nuitamment sans que les autorités n’en soient informées.
«Nous avons eu à sensibiliser les braconniers et ceux qui faisaient la chasse autour de l’enclos. Mais, si on apprend par la suite qu’une autorité responsable de l’Environnement a enlevé 6 Oryx nuitamment, pendant le couvre-feu, je dis que c’est regrettable. Il est inacceptable qu’un responsable à ce niveau puisse avoir un comportement pareil. Nous avions reçu une délégation ministérielle, mais on ne savait pas, par la suite, qu’ils allaient revenir pour récupérer ces gazelles, les amener dans un endroit privé», dénonce l’édile.

Ranérou réclame ses gazelles oryx… Par Bocar Harouna Diallo

Cette mascarade voire coup d’État environnemental mérite une sanction sans complaisance. Pourquoi soustraire nuitamment des biens publics protégés depuis 17 ans dans un environnement aussi serein et riche que celui de Katané pour en faire une contemplation ?
Au lieu de faire de la réserve de Katané un vecteur de développement local et de promotion de l’écotourisme, le ministre se permet de nous priver de ces belles et rares gazelles.
A quand l’émergence tant chantée par le président Macky si la gestion de l’environnement, secteur clé du développement durable est confié à des gens qui mettent en avant l’art de leur business personnel?
La préservation de la biodiversité est l’un des objectifs du développement durable et doit être le socle de notre bien-être car l’état de l’environnement reflète notre politique de développement et de notre situation économique et sanitaire. Cette gestion de développement est un politique citoyenne qui doit corroborer la transition écologique et l’Agro écologique qui sont une des priorités pour attendre la sécurité alimentaire, réduire le chômage et prôner un tourisme local. C’est dans ce sillage que le braconnage est considéré comme une activité ( pratique) illicite car il permet la disparition des espèces animales jugées utiles et rares. Ces espèces participent activement à reproduction végétale et enrichissent la pédologie. Elles constituent une importance capitale et peuvent selon l’utilisation générer des revenus inestimables. c’est ce qui d’ailleurs les a valu une protection juridique reconnue mondialement.
De 09 à plus 500 gazelles, personne ne peut juger que le parc de Katané n’est le lieu idéal pour ces espèces de pouvoir reproduire en toute sécurité. Et je pense la population de Ranerou qui a accepté de cohabiter et de protéger ces animaux n’ont jamais pensé à une domestication pour un luxe de l’œil et pourtant les dignes fils de Ranerou sont les mieux placés pour le faire. Mais non car ils sont conscients de l’importance de ces oryx et mettent en avant la vie de leur faune et flore.
Ranérou réclame ses gazelles…B H DIALLO http://yerimpost.com/

Du dibi Oryx chez le ministre de l’Environnement et du Développement durable ? Par Alioune Badara Mboup

On a pas encore fini de dénoncer l’attitude irresponsable du ministre braconnier Abdou Karim Sall qui a fait déplacer  nuitamment en pleine période de COVID19 marquée par un couvre feu , les  06  gazelles Oryx, espèces protégées, de leur lieu de vie à son Ranch privé, qu’on vient d’apprendre que les deux gazelles Oryx blessées au cours de leur convoyage depuis Ranerou ont été abattues et ont  servi de DiBI .
Du Dibi à 120 millions car c’est le prix des deux gazelles Oryx , offertes au Sénégal par l’Israël et l’Espagne .
Le Ministre de l’Environnement et du Développement Durable  qui est censé proteger  la faune et  la flore , qui  a l’autorité sur les parcs nationaux et autres aires protégées, lui qui devait  faciliter l’accès à ces espaces tout en veillant à leur assurer un haut degré de protection , vient de faire un un acte  illégal d’abattage d’espèces intégralement protégées.
On se rappelle de lui , Abdou Karim Sall pour ne pas le nommer , lui qui  voulait fermer la chaine de télévision walfadjiri en plein référendum  pour non respect de la réglementation de l’audiovisuel . Aujourd’hui cette même personne prise en flagrant délit d’abattage clandestin des gazelles Oryx , espèces en voie d’extinction , qui sont un bien public,   parle avec arrogance au peuple Sénégalais sans aucune sanction.
Le Seul responsable de cette barbarie est le Président Macky Sall , qui laisse toujours siéger ce piètre ministre braconnier , qui fut un simple responsable d’agence de la Sonatel avant 2012 et aujourd’hui dispose d’un Ranch privé. Pour ses caprices il abat illégalement ces Oryx , aurait il besoin de leurs cornes pour son bain mystique pour échapper au prochain remaniement gouvernemental ?
Avec un tel scandale , Abdou Karim Sall ne devrait siéger une minute de plus dans un gouvernement d’un pays  qui a ratifié  la convention de Washington .Cette convention oblige les Etats à protéger ces animaux. Même les cornes, les peaux et autres venant de ces animaux sont interdits de vente ou de circulation.Alioune Badara Mboup


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