Revue de Presse du Dimanche 10 Mars 2019

Revue de Presse du Dimanche 10 Mars 2019
Revue de Presse du Dimanche 10 Mars 2019
Partagez ce contenu!

Augmentation des dépenses alimentaires des ménages

APA-Dakar (Sénégal) Par Massamba Sall-Au Sénégal, 79,2% des ménages ont vu leurs dépenses alimentaires augmenter au quatrième trimestre 2018, selon une récente enquête de perception de la conjoncture par les ménages (EPCM), rendue publique par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).

Les résultats de cette enquête indiquent pour ce qui est des dépenses d’électricité, une hausse ou stabilité entre les deux dernières factures des ménages.

Les dépenses de santé, de scolarité et de transport sont, quant à elles, restées stables pour respectivement 51,0%, 64,2% et 50,1% des ménages.MS/te/APA

DISTRIBUTION DE L’EAU : Moustapha Diakhaté propose l’Etat, Sos consommateur dit non 

http://www.enqueteplus.com Suite à l’annulation de l’attribution provisoire du contrat de concession à Suez par l’Agence de régulation des marchés publiques (Armp), Moustapha Diakhaté propose que l’Etat reprenne la gestion. Dans un post publié sur sa page Facebook, le ministre chef de cabinet du président de la République soutient que l’Etat doit déprivatiser la société et confier la gestion aux cadres qui y sont depuis 22 ans.

‘’Notre pays dispose, en effet, d’une grande expertise en matière de gestion de l’eau, grâce à deux décennies de politique de responsabilisation des nationaux de la Sde et de transfert de technologie’’, ajoute-t-il. Avant d’arguer que ‘’les résultats plus qu’élogieux de la Senelec, de la Sonacos et de Dakar Dem Dikk sont la preuve qu’avec la volonté politique, l’Etat peut être un bon gestionnaire’’. ‘’Désormais, le Sénégal peut bien se passer d’un partenaire stratégique pour fournir de l’eau à sa population’’, appuie M. Diakhaté.

Cependant, le président de Sos consommateur, Me Massokhna Kane, ne partage pas cette proposition de l’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar. Pour lui, confier la gestion administrative à des fonctionnaires dans un secteur ‘’aussi stratégique’’ n’est pas la seule solution. ‘’Je crois que si c’était opportun, l’Etat n’aurait, en son temps, depuis plus de 20 ans, pris la décision de privatiser’’, soutient le consumériste. Contrairement à Moustapha Diakhaté, Me Kane semble ne pas faire confiance à l’expertise locale. Car, à son avis, ‘’la gestion serait moins performante’’, dans la mesure où, analyse-t-il, ‘’les individus se donnent plus de mal, lorsqu’il s’agit d’un jeu d’intérêt’’.

25% des gains des employés provient du secteur industriel (Enquête)

APA-Dakar (Sénégal) Par Massamba Sall-Au Sénégal, un quart des gains du secteur formel, soit 25,1%, provient du secteur industriel, selon les résultats de l’enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

L’ANSD ajoute que ce secteur est suivi du secteur primaire avec 21,9%. Les secteurs des services et de la construction couvrent, pour leur part, respectivement 19,3% et 19,1% de la rémunération totale de l’ensemble des entreprises du secteur formel. De son côté, le secteur du commerce n’absorbe que 14,6% des rémunérations.

Concernant la rémunération moyenne de l’emploi salarié par catégorie socioprofessionnelle et par sexe, l’enquête de l’ANSD révèle que les hommes gagnent en moyenne plus que les femmes.

« Toutefois, souligne cette structure, la répartition de la rémunération des employés salariés suivant les catégories socioprofessionnelles montre une distribution un peu distincte selon le sexe ». Ainsi, un cadre supérieur homme gagne annuellement en moyenne 11 200 000 FCFA, soit 933 333 FCFA par mois contre 8 367 429 pour une femme cadre supérieur, soit 697 286 FCFA par mois (1 FCFA équivaut à 0,0017 dollar).

En revanche, au niveau des catégories des techniciens, agents de maîtrise, ouvriers qualifiés et employés, manœuvres , ouvriers , l’ANSD a noté le contraire, les femmes perçoivent plus que les hommes. Dans la première catégorie, les femmes gagnent en moyenne un salaire mensuel de 338 288 FCFA contre 284 123 FCFA pour les hommes. Dans la deuxième catégorie, leur salaire se situe à 246 911 FCFA contre 205 577 FCFA pour les hommes.

Concernant les techniciens supérieurs et cadres moyens, la rémunération mensuelle moyenne des hommes est de 684 493 FCFA et celle des femmes tourne autour de 569 559 FCFA. L’enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail est une première au Sénégal.

Elle vient à point nommé pour combler le manque de statistiques détaillées sur l’emploi et la rémunération des salariés dans le secteur formel. Elle a été réalisée avec l’appui financier de la Banque Mondiale à travers le projet Statistics for Results Facility (SFR).MS/te/APA

EMPLOIS DANS LES INDUSTRIES EXTRACTIVES:LES FEMMES REPRÉSENTENT MOINS DE 25 % DES EFFECTIFS (ÉTUDES)

Dakar, 08 mars (APS) – Les femmes s’activant dans les industries extractives au Sénégal représentent moins de 25% des effectifs employés par ces industries, a indiqué vendredi Demba Seydi de l’ONG ‘’Publiez ce que vous payez’’, Demba Seydi.

‘’Des études menées en partenariat avec la Banque mondiale et l’ITIE [Initiative pour la transparence dans les industries extractives], montrent qu’au Sénégal, moins de 25% de femmes travaillent actuellement au niveau des industries extractives’’, a-t-il déclaré.

Demba Seydi s’exprimait ainsi à l’occasion d’un panel sur le thème ‘’Les femmes au cœur des mines et des industries extractives : quels impacts au quotidien’’. Ce panel est organisé par le Centre pour le commerce extérieur du Sénégal (CICES) dans le cadre de la Journée internationale de la femme.

A cette occasion, les différents panelistes ont passé en revue, entre autres points majeurs, ‘’les impacts socioéconomiques de l’exploitation minière sur les droits des femmes au Sénégal, ainsi que « le rôle et la place’’ qu’occupent ces dernières dans le secteur extractif.

Selon le juriste, spécialiste des questions liées aux industries extractives à Enda-Diapo, ‘’le secteur des mines est une activité qui donne en ce moment peu d’opportunités aux femmes en termes de revenus et d’emplois et de conditions humaines’’.

‘’Le profil de femme dans une mine n’est pas aisé à incarner’’, a fait pour sa part remarquer l’ingénieur en mine et géologie, Lika Scott, précisant sur ce point que beaucoup d’étudiantes spécialisées en la matière, peinent à s’insérer en raison de considérations liées à leur féminité’’.

Face à ce qui est considéré comme une ‘’injustice’’, des solutions et innovations majeures ont été apportées par l’Etat du Sénégal avec l’adoption du nouveau code minier de 2016’’, souligne la juriste à Enda-Lead, Gnagna Diène Diatta.

Elle a cité à titre d’exemple, l’article 109 du nouveau code minier instituant la promotion de l’égalité des chances à l’emploi entre hommes et femmes dans la sphère professionnelle, mais également la garantie de l’équité salariale entre employés hommes et femmes à qualification égale.

Mais malgré toutes ces mesures, ‘’beaucoup de choses restent encore à être faites’’, a-t-elle reconnu, invitant l’Etat et les industriels concernés à ‘’pousser davantage les innovations’’ en allant dans le sens de ‘’renforcer les capacités des femmes et à leur donner plus de responsabilités’’. MK/ASG

LA COMPAGNIE AIR SÉNÉGAL RÉCEPTIONNE SON PREMIER A330NEO (COMMUNIQUÉ)

Dakar, 8 mars (APS) – La compagnie Air Sénégal a réceptionné vendredi son premier A330-900 issu de la chaîne de production d’Airbus à Toulouse (France), après un premier vol de bienfaisance entre cette ville française et l’aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD), annonce un communiqué de presse transmis à l’APS.

’’Ce transporteur [Air Sénégal] est la première compagnie africaine à exploiter le dernier né des gros-porteurs Airbus de nouvelle génération, équipé de moteurs de technologie avancée ainsi que d’une nouvelle voilure aux caractéristiques aérodynamiques optimisées et aux extrémités incurvées, s’inspirant de l’A350 XWB’’, selon la Fondation Airbus.
Cet avion A330neo qui, a décollé de Toulouse (France) pour atterrir à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass, avait à son bord 13 tonnes de marchandises composées notamment de ’’matériel médical, des jouets, des vêtements pour enfants et adultes et des livres’’.
Air Sénégal et la Fondation Airbus se sont ainsi associées pour ce premier vol de bienfaisance, souligne le communiqué.
A propos de l’A330neo d’Air Sénégal, le texte indique qu’il est doté ’’d’une cabine en configuration tri-classe comprenant 32 sièges en classe affaires, 21 en classe Premium Plus et 237 en classe économique’’.
La compagnie prévoit d’exploiter cet appareil sur ’’la ligne Dakar-Paris et de poursuivre le développement de son réseau moyen et long-courrier.’’
’’L’A330neo est un véritable avion de nouvelle génération qui s’appuie sur les caractéristiques du gros-porteur best-seller A330 et tire parti des technologies de l’A350 XWB’’, vante la fondation de l’avionneur européen.SMD/ASG/MD

Diogo, le cri de colère des lésés du zircon !

IGFM-À Diogo, localité nichée à 24km de la commune de Darou Khoudoss dans le département de Tivaouane, région de Thiès, les populations mènent une vie de misérables. Et pourtant, dans les entrailles souterraines de cette terre du Cayor gît du zircon à gogo, exploité à coups de milliards FCfa par la Grande côte opération (Gco). L’Obs a fait le voyage dans ce coin excentrique !

Diogo est un bout de peine. Difficile à voir, difficile à vivre. Comme une ombre couchée sur un tas d’or, Diogo est une manne du Ciel, qui ne luit presque jamais. Même quand le soleil au zénith darde ses rayons d’espoir sur sa mine de Zircon, le village s’éteint de malheur. Suffoquant sous l’étuve d’une terre de damnés, au sous-sol immensément riche, mais au quotidien tragiquement pauvre. Un coin de fatalité toute humaine, source d’une mauvaise industrialisation, qui a exacerbé les fractures, brisé les espoirs et enterrés les rêves les plus fous. Ceux qui étaient nés avant l’arrivée de Gco, comme ceux nés après. Un cauchemar financier et environnemental qui suffoque Diogo et transforme ses enfants en martyrs de la mauvaise politique de gestion des ressources minières.

Marche, prison et souffrance

À défaut de faire entendre sa voix, Ibra Fall, quadra au teint clair et aux convictions solides, rue dans les brancards. A la tête du Collectif des jeunes pour le développement de Diogo et environs, l’homme bat le rappel des troupes. Ce matin du 03 juin 2013, main dans la main, lui et ses camarades d’infortune prennent d’assaut les axes stratégiques du bourg. Pour exiger illico la prise en charge des mille problèmes des villageois. Dédommagement, postes sanitaires, éclairage public, eau potable, emplois et infrastructures routières, etc., tout y passe. Visage fin cachant une ombre de moustache, Ibra crache sa colère, la voix chevrotante et plaintive : «Les populations exigent la restitution de leurs terres. Sans délai. Nos terres ont été prises de force, sans un consentement au préalable. Alors que c’est notre principale source de revenus.» Des policiers à leurs trousses, des arrestations à la pelle. Pan ! La prison. Ibra Fall est épinglé et passera un mois deux jours en taule. Pour avoir osé dire à haute voix ce que des milliers de villageois crient tout bas. Depuis, 6 ans se sont écoulés. Mais Ibra Fall porte toujours en bandoulière la voix des populations de Diogo et environs contre l’injustice. Une injustice née, selon lui, de l’accaparement des terres fertiles et de l’exploitation du zircon de la zone par la Grande côte opération (Gco).

Diogo. Un nom anodin, sorti de l’anonymat grâce à son sous-sol très riche en minerai. De Tivaouane à Darou Khoudoss, la route est droite sur une vingtaine de kilomètres. Les deux versants parsemés d’embuches et piquetés d’arbustes. L’espace semble être sans limites. Après 24Km parcourus, Diogo se découvre peu à peu. Le gros village est un patelin de terre où vivent des populations prises au collet par la dèche et pauvres comme Job. Les hommes d’ici passent d’un sentiment de puissance à l’écrasement. Seuls et perdus. Déplorant unanimement la mise en l’encan de leurs minerais au profit de firmes étrangères. Puisque dans les entrailles souterraines de Diogo, pullule le zircon. Une ressource minérale exploitée par la Grande côte opération.

«Les jeunes ne trouvent pas du travail, ils sont tous oisifs…»

Dans ce lointain Cayor, tout est priorité. Les milliers d’âme qui y vivent, peinent à se soigner à leur guise, à accéder à l’eau potable en qualité et en qualité et à l’éclairage public. À cela s’ajoutent le manque d’emplois des jeunes et le déficit criard d’infrastructures routières et de pistes de production. Les villages de Diogo, Darou Fall et Darou Ndoye, Ngouye Bèye et Ngouye Yewatt, Foot, Danghare et Mbététe, tous vivent dans une extrême pauvreté. Ces bourgades sont comme un désert sombre habité par la misère et la faim. Quotidiennement, les villageois voient passer sous leur nez, les milliards de francs Cfa sortis de leur terre. Sans pouvoir lever le petit doigt, au risque de se retrouver sous les verrous. Le cas Ibra Fall est évocateur…

«Nous avons été arrêtés, malmenés et emprisonnés, à tort. Puis, le dossier n’a pas connu de suivi. Pour calmer les ardeurs des uns et des autres, Gco a fait des efforts. Les villageois les plus chanceux ont été dédommagés à hauteur de 3 millions FCfa, d’autres ont obtenu moins de 500 000 FCfa. Mais ce qui écœure dans cette affaire, c’est de voir des paysans qui gagnaient plus de 3 millions FCfa par an, se retrouver avec 3 millions FCfa pour toute compensation. Pour une durée d’exploitation estimée à 25 longues années», déplore le président du Collectif des jeunes pour le développement de Diogo et environs. Selon qui, l’État fait la sourde oreille. Alors que même si les populations restent braves et dignes dans la souffrance, ça risque de dégénérer un jour. «Parce que, jure-t-il la main sur le cœur, la colère et le mépris gagnent de plus en plus les autochtones assis sur une poudrière. Il suffit donc juste d’une petite étincelle pour que ça explose.»

Aux premières lueurs de cette matinée-là, Diogo dort encore. Sous la maternelle caresse du vent fredonnant des feuillages. Seule la lumière vive de l’usine Gco scintille dans ce patelin de terre. De loin, le gigantesque bâtiment  ressemble à un cube de parpaings posé sur une colline serpentée, son bas-côté s’ouvrant sur un aven à pic. Ici, le soleil d’altitude fend les pierres et la nuit vous glace jusqu’au désespoir. Il fait trop chaud. Ou trop froid. L’air trop sec. Ou trop humide. La population est accueillante et placide. Mais quand il s’agit de l’avenir de ses enfants, Diogo sait aussi mettre la voix dans la plaie. «Nos jeunes ne trouvent pas du travail. Ils sont devenus tous oisifs. Gco pouvait en employer davantage, mais l’usine ne prend que moins de 10% des jeunes du village. C’est déplorable», proteste Ousmane. Un septuagénaire père de 8 enfants, dont 5 garçons, tous partis chercher du travail ailleurs.

«Nous vivons comme des misérables»

A l’heure où l’astre solaire au zénith, laisse pleuvoir du feu sur les torses ruisselants de sueur, le longiligne Abdoulaye Kâ taille bavette avec des amis, sous l’ombrage d’un arbuste, à Madina. Un carré de terre logé à des encablures de Diogo et abritant des déguerpis. Dans ce coin, la déception et la colère montent dans les cœurs et les esprits. Seulement tous gardent le silence. Sous l’aiguillon de l’amertume, Abdoulaye Kâ se lève et grogne : «On nous a recasé ici, après avoir confisqué nos terres à Diogo. Mais rien ne marche ici. On a certes un panneau solaire, une école. Mais l’éclairage pose défaut. Outre, l’eau du forage n’est pas de bonne qualité, elle est rougeâtre. La case de santé est construite, mais n’a ni personnel ni équipements. Pis, la nuit venue, certains d’entre nous sont obligés de s’entasser comme des sardines dans les chambres.» Laye pour les intimes de renchérir : «Nous n’avons plus de forêts. Ou presque. Les terres déjà exploitées par l’usine sont infertiles. Et en brousse, c’est la pollution qui dicte sa loi. Chaque jour, des jeunes de la zone viennent me voir pour chercher du travail à l’usine. En vain. On n’a rien à leur offrir.»

À Diogo et environs, chaque habitant, chaque famille a son cri de cœur. Déterminées plus que jamais à avoir une place au soleil, les populations ne veulent plus rester les bras croisés, en broyant la poussière industrielle à longueur de journée, tout en humant l’air pollué de la zone. Désormais, les autochtones ont pris l’engagement ferme de réclamer leur dû pour sortir du trou. «Rien ne sera comme avant. Que l’État sache que les habitants de Diogo ne sentent pas la richesse de leurs terres. C’est du jamais vu ! Des étrangers exploitent nos ressources et nous vivons comme des misérables», regrette la mémé Aminata angoissée, dont la bouche édentée laisse échapper une odeur âcre de cola moue.

Diogo-Maye, site de recasement de certains déguerpis de Diogo, a aussi son mur des lamentations. Des souffrances qui ont pour nom : chômage, oisiveté, absence ou mauvaise qualité de l’eau, hôpital, gares routières et marchés inexistants, déficit d’infrastructures routières, éclairage public… Conséquence ? Les habitants sont furieux. Très furieux même contre l’État et surtout les industriels exploitant leurs ressources minières. Sans une contrepartie équitable. Tout compte fait, les communes de Darou Khoudoss, Taïba Ndiaye, Méouane et Mboro veulent toutes sortir du cul-de-sac des industries extractives. Afin de sentir les retombées des ressources minérales du Cayor. Terre historique et d’histoires.IBRAHIMA KANDÉ (ENVOYÉ SPÉCIAL À DIOGO)

APPEL D’OFFRES RELATIF TRAVAUX D’ENTRETIEN DE ROUTES REVETUES DANS LES REGIONS DE THIES ET DIOURBEL (PERA 2018-2019-2020): L’Armp «dézingue» l’Ageroute sur un marché de plus de 34 milliards… l’offre moins-disante de Bara Tall écartée

https://www.jotaay.net Ce n’est demain que les travaux d’entretien de routes revêtues dans les régions de Thiès et Diourbel (PERA 2018-2019-2020) se feront ! En effet, l’Armp vient de casser un marché de 32.955.801.454 attribué au groupement Henan Chine Senegausogec, alors que l’entreprise de Bara Tall a proposé une offre 3 milliards moins élevée que celle de l’attributaire.  

Ageroute Sénégal a fait publier, dans le journal «Le Soleil» du 16 août 2017, un avis   d’appel  d’offres   national   sans   pré-qualification,   pour   les  travaux  pluriannuels d’entretien de routes revêtues dans les régions de Thiès et de Diourbel (PERA 2018-2019-2020). A l’ouverture des plis, le 19 octobre 2017, quatre (4) offres ont été reçues et les montants ci-après lus publiquement à savoir : le groupement Henan Chine Senegausogec (32.955.801.454 F Cfa) ; Eiffage Sénégal (40.084.107/232 F Cfa); Cde (34.702.007.598 F Cfa) ; JLS SA (26.777.314.621 F Cfa). A l’issue de  l’évaluation  des  offres, la commission  des  marchés a  décidé  d’attribuer provisoirement   le  marché au  groupement Henan Chine SenegausogecSarl  pour  un montant  toutes  taxes comprises  de  trente-deux   milliards neuf  cent cinquante-cinq millions huit cent un mille quatre cent cinquante-quatre (32.955.801.454) F Cfa. Informée du rejet de son offre, la société JLS SA a introduit, le 14 décembre 2018, un recours gracieux auprès de l’autorité contractante. Non satisfaite de la réponse de cette dernière, reçue le 18 décembre 2018, JLS SA a saisi le Crd d’un recours contentieux, le 21 décembre 2018. Ainsi, par décision N°002/19/ARMP/CRD/SUS du 02 janvier 2019, le Crd a déclaré le recours recevable, ordonné la suspension de la procédure de passation du marché et demandé la transmission des dossiers aux fins d’instruction. Par lettre reçue le 11 janvier 2019, Ageroute a transmis les documents demandés.

Un écart énorme entre l’offre de JLS et celle de l’entreprise attributaire

Seulement, les services de Bara Tall ont fourni des arguments qui justifient qu’ils ont été lésés dans cette procédure. En clair, JLS SA informe avoir réalisé, entre 2010 et 2017, outre les travaux de l’autoroute Patte d’Oie – Malick Sy commandités par I’Apix pour un montant de 31.541.558.359 F Cfa, un marché de 16,4 milliards avec Ageroute Sénégal pour la reconstruction de la route de Fatick – Kaolack. Elle signale avoir également reçu un ordre de service pour réaliser un nouveau chantier pour la route Kaffrine- Nganda pour un montant de 15,8 milliards de F Cfa. Se fondant sur ces références, l’entreprise JLS Sénégal estime que l’approche utilisée par l’autorité contractante pour l’éliminer, au regard des critères de qualification portant sur le chiffre d’affaires moyen et l’expérience spécifique, n’est pas pertinente. Elle déclare, à ce propos, que l’esprit de la loi (attribuer les marchés publics aux entreprises capables de les réaliser) doit toujours primer sur la lettre. Le requérant soutient que les critères de qualification fixés dans le dossier d’appel d’offres ne doivent pas, par leur application stricte, obérer l’esprit de la loi. En outre, JLS signale, par ailleurs, l’écart de 6,2 milliards de francs Cfa entre son offre et celle du groupement Henan Chine Senegausogec, attributaire provisoire du marché. Elle déclare avoir proposé l’offre conforme, évaluée la moins-disante et fait observer qu’elle a prouvé avoir les qualifications requises pour exécuter le marché. C’est pourquoi, elle sollicite l’arbitrage du Crd.

Ageroute se confond dans ses arguments

L’autorité contractante fait observer que les critères de qualification relatifs au chiffre d’affaires moyen et à l’expérience spécifique n’ont pas été satisfaits par JLS SA. Ageroute Sénégal précise que pour le premier critère cité, il était requis un chiffre d’affaires moyen de 11 milliards sur les trois dernières années, alors que celui produit pas JLS SA ne couvre que 30% du montant susmentionné. S’agissant de l’expérience spécifique, l’autorité contractante informe que sur la preuve de la réalisation des deux (02) expériences similaires exigées, JLS SA n’en a produit qu’une. Elle indique que JLS SA a mentionné une référence, en l’occurrence les travaux de reconstruction de la route Fatick-Kaolack, sans joindre le procès-verbal de réception desdits travaux. L’autorité contractante précise, à ce propos, que la réception provisoire des travaux susmentionnés réalisée pour son compte, n’a  été  prononcée  que  récemment, en octobre 2018 donc, bien après l’ouverture des plis du marché litigieux qui a eu lieu le 19 octobre  2017. Elle fait observer, sur ce point, que la commission des marchés ne pouvait pas tenir compte de cette référence de marché en cours d’exécution.

L’Armp «déchire» les arguments de l’Ageroute et annule la procédure 

Ainsi l’Armp constate que JLS SA n’a pas présenté les pièces prouvant qu’elle remplit les critères de qualification portant sur le chiffre d’affaires moyen et l’expérience spécifique, tels que fixé dans le DAO. Elle constate aussi que JLS SA a prouvé avoir réalisé sur la période de référence un chiffre d’affaires moyen de 3.410.963.268 F Cfa inférieur au montant de 11.000.000.000 requis. Somme toute l’Armp dit que le grief tiré du non-respect du chiffre d’affaires moyen est fondé. Mais l’Armp signale, toutefois, que JLS SA a produit une attestation de capacité financière pour prouver qu’elle dispose des moyens financiers pour exécuter le marché. Donc, en l’espèce, l’appréciation de la situation financière de JLS SA, par l’analyse  combinée  des  trois critères  relatifs  au  chiffre d’affaires, aux états financiers et à la capacité financière, permet d’atténuer la crainte d’une défaillance durant l’exécution pour insuffisance des moyens financiers. Poursuivant l’arbitrage du différend, l’Armp remarque que JLS SA a fourni une référence prouvant qu’elle a réalisé un marché similaire d’un montant de 31 milliards pour l’autoroute Patte d’oie – Malick Sy et mentionné avoir exécuté pour le compte de Ageroute des travaux pour la reconstruction de la route Fatick-Kaolack d’un montant de 17 milliards en 2017, sans pouvoir apporter le document y relatif. Sur ce, elle déclare que l’appréciation des critères de qualification ne donne pas lieu à la comparaison d’offres de soumissionnaires, mais constitue plutôt une phase de vérification de l’aptitude du candidat (dont l’offre est conforme et évaluée la moins disante) à assurer l’exécution correcte du marché. Par conséquent, l’Armp dit que JLS SA a prouvé avoir exécuté dans le passé des marchés de nature et de complexité similaires, présumant ainsi de sa capacité à exécuter les travaux attendus, même si le critère sur le chiffre d’affaires moyen et l’expérience spécifique ne sont pas remplies au regard des clauses du DAO. Ce faisant, elle fait remarquer que JLS SA a présenté l’offre conforme classée première avec un montant corrigé qui s’établit à 29.802.986.707 F Cfa TTC, tandis que l’offre de l’attributaire provisoire du marché est de 32.955.801.454 F Cfa TTC, soit un écart de plus de 3 milliards de F Cfa. Somme toute, l’Armp soutient qu’en éliminant JLS SA, qui a proposé une offre conforme moins disante et qui a prouvé avoir la capacité d’exécuter des marchés similaires, l’autorité contractante n’a pas tenu compte du principe d’économie. Pour conclure l’Armp ordonne l’annulation de la proposition d’attribution provisoire du marché et la reprise de l’évaluation.  Samba THIAM

Journée mondiale du rein : «Moins de 15 centres de dialyse pour 20 mille malades»

http://www.emedia.sn Aujourd’hui, il y a 800 mille insuffisants rénaux au Sénégal. Des chiffres qui inquiètent le mouvement des insuffisants rénaux, ce 9 mars, la journée mondiale consacrée au rein. D’autant que déplore le président dudit mouvement, El Hadj Amadou Diallo, contacté par iRadio (90.3), « il y a moins de 15 centres de dialyse pour 20 mille insuffisants rénaux chroniques en phase terminale. »

En effet, les séances de dialyse sont gratuites dans les structures sanitaires publiques. Seulement, il n’en existe pas assez pour prendre en charge tous les malades du rein, dénonce Diallo. Qui alerte : « Nous sommes 800 mille Sénégalais insuffisants rénaux aigus. Les kits de dialyse grâce auxquels on peut faire la dialyse valent 8 mille FCFA, l’Etat l’achète à 40 mille FCFA, ce qui fait que l’Etat n’a pas assez de moyens pour ouvrir des centres de dialyse. Les infrastructures sont insuffisantes. Face à cette situation de nombreux malades s’orientent vers les établissements sanitaires privées. » Seul bémol, regrette le malade : « Le coût (du traitement) est excessivement cher car indique-t-il : « Dans le privé, le traitement est à 65 mille F CFA la séance, 12 fois par mois. Ce qui revient à 840 mille F CFA. »

Aussi, accuse-t-il, « le décret sur la transplantation rénale tarde à être appliqué. » Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un adulte sur 2 souffre d’insuffisance rénale. DIÉ BA

Hamidou Diallo : «Au Sénégal, 2 insuffisants rénaux meurent par jour»

iGfm- (Dakar) La prise en charge des insuffisants rénaux dans les hôpitaux n’est pas effective si l’on en croit le porte parole de l’association nationale des insuffisants rénaux au Sénégal. Hamidou Diallo puisque c’est de lui qu’il s’agit dénonce la politique du ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, et révèle aussi  que sur les 800 000 insuffisants rénaux au Sénégal, les 400 000 sont sur la liste d’attente et risque de mourir dans 15 jours si rien n’est fait»

«Il y’a , à peu prés, 15 centres où la dialyse est gratuite, et 5 autres où elle est payante à raison de 65 000 la séance, et il faut noter qu’il faut 12 séance le mois. Ce qui fait un total de 840 000. Il n’ya ni prévention, ni prise en charge active. Il y’a deux malades qui meurent par jour. Le ministre de la santé s’occupe plus de politique, que de dialyse» a déclaré le porte parole des insuffisants rénaux sur les ondes de RFM.

  1. Diallo soupçonne un deal pour ne pas dire une escroquerie, orchestré par l’Etat avec la complicité des hôpitaux sur les kit dialyse, le tout sur le dos des malades.

LA PREMIÈRE PIERRE DE LA ’’MAISON DU SAES’’ POSÉE À THIÈS

Thiès, 9 mars (APS) – Le secrétaire général national du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES), le Professeur Malick Fall, a procédé samedi à Thiès, à la pose de la première pierre de la ‘’Maison du SAES’’, futur siège du syndicat dans le campus social de l’Université de la capitale du Rail.
Le site de 600 mètres carrés devant abriter le futur bâtiment, est situé non loin de l’Université de Thiès, sur la voie de contournement Nord (VCN).
La cérémonie a eu lieu, en présence du recteur de l’Université de Thiès Ramatoulaye Diagne Mbengue, de l’ancien recteur Mour Ndiaye Seck, et de représentants du corps enseignant et d’étudiants.
Le professeur Malick Fall, a dans le même moment, remis un chèque de 5,5 millions de francs CFA au coordonnateur du SAES pour le campus de Thiès, Mamadou Babacar Ndiaye.
Selon Malick Fall, la Maison du SAES servira de ‘’lieu de rencontre, d’échanges, de réflexion et de prospection’’.
‘’ Le SAES est un syndicat qui réfléchit beaucoup ‘’, a-t-il dit en rappelant que le projet s’inscrit dans un programme du syndicat du supérieur, qui avait décidé depuis 2016 de construire une maison du SAES dans chaque campus universitaire du pays.
Aussi, le SAES a-t-il posé le mois dernier la première pierre d’un bâtiment similaire à Ziguinchor. Il compte en faire de même prochainement à l’Université de Saint-Louis.
Le recteur de l’Université de Thiès Ramatoulaye Diagne Mbengue a assuré le SAES que l’institution qu’elle dirige sera à ses côtés pour que ce projet se réalise ‘’ dans les meilleurs délais ’’.
Le coordonnateur du SAES à Thiès Mamadou Babacar Ndiaye a pour sa part invité les enseignants et les bonnes volontés à contribuer à la finalisation de cet édifice, dont le financement ‘’n’est pas encore bouclé ‘’.
M. Fall a par ailleurs saisi l’occasion pour remettre symboliquement, un lot d’une vingtaine de matelas destinés aux étudiants de l’Université de Thiès. Il a souligné le rôle social que joue ce syndicat, au-delà de la défense des intérêts de ses membres.
Il a également évoqué un don de médicaments à l’Université Assane Seck de Ziguinchor, de vidéoprojecteurs à l’Université du Sine-Saloum et des consultations médicales gratuites avec dons de médicaments à Kaffrine.
Créé en 1985 en tant que Syndicat des assistants, le SAES a ‘’ grandi ‘’, et ne cesse de contribuer au ‘’ rayonnement du supérieur ‘’, a-t-il assuré.ADI/AKS

Disparition de Bernard Dadié, père des lettres ivoiriennes

L’immense Bernard Dadié vient de décéder à l’âge vénérable de 103 ans, a annoncé ce samedi le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman. Personnage de nombreux talents, l’Ivoirien fut poète, romancier, homme de théâtre, mais aussi homme politique et ministre de la Culture sous Houphouët-Boigny. Proche du Front populaire ivoirien, il avait pris fait et cause pour Laurent Gbagbo alors que celui-ci était incarcéré depuis 2011 au centre de détention de la CPI, à La Haye (Pays-Bas). L’auteur de Climbié et d’autres opus devenus des classiques de la littérature africaine, fut le premier écrivain africain dont on a célébré le centenaire de son vivant.

Rendant hommage à l’aîné à l’occasion de son centenaire en 2016, le romancier Koffi Kwahulé écrivait dans Jeune Afrique : « Dadié est à la littérature ce qu’Houphouët est à la politique. » Autrement dit, un ancêtre incontournable. Voire même la matrice à partir de laquelle la littérature ivoirienne est née.  « Ecrire est, pour moi, un désir d’écarter les ténèbres, un désir d’ouvrir à chacun des fenêtres sur le monde », avait déclaré l’écrivain lors de la cérémonie du centenaire. Malgré son grand âge, le doyen des lettres africaines était venu personnellement, jeudi 11 février 2016, au Palais de la culture d’Abidjan pour recevoir le premier prix James Torres Bodet que l’Unesco lui avait décerné en hommage à sa longue carrière d’écrivain.

La particularité de Bernard Dadié est d’avoir pratiqué tous les genres, de la poésie à l’essai, en passant par la fiction, le théâtre et le conte. Il avait tout inventé. L’homme avait coutume de collectionner les premières places. Climbié, son roman sans doute le plus connu, publié en 1956, est le premier ouvrage de fiction ivoirien. Avec sa pièce Les Villes, jouée à Abidjan en avril 1934, Dadié a donné la toute première pièce de théâtre du corpus dramatique de l’Afrique francophone. Enfin, last but not least, il fut le premier et le seul à remporter deux fois le grand prix littéraire de l’Afrique noire, la première fois en 1965 avec son roman Patron de New York, et la deuxième fois en 1968 avec un autre roman La Ville où nul ne meurt.

L’autre trait marquant de l’œuvre de Bernard Dadié, c’est son refus de la « négritude » comme source d’inspiration, tranchant ainsi avec l’idéologie chère aux grands Africains de à sa génération. Pour lui, écrit Nicole Vinciléoni, spécialiste de la littérature ivoirienne, « l’Afrique est un vécu et non une nostalgie. C’est donc avec un cœur trop africain pour avoir à clamer son africanité qu’il regarde le monde […] »

« Le Victor Hugo de la Côte d’Ivoire »

Bernard Dadié n’a certes pas été le Senghor de la Côte d’Ivoire, mais il fut son Victor Hugo, toutes proportions gardées. Ecrivain précoce, il est entré en littérature très tôt, composant son premier texte de théâtre, Les Villes, en 1931, à l’âge de 15 ans, lorsqu’il est encore élève à l’Ecole primaire supérieure de Bingerville. A 21 ans, il participe à la composition d’une saynète inspirée de la cosmogonie agni, baptisée Assemien Dehylé roi du Sanwi (Ceda, 1979). La pièce fut jouée en 1937 au théâtre des Champs-Elysées de Paris, à l’occasion de l’Exposition universelle. Depuis, l’Ivoirien n’a jamais cessé d’écrire et a produit une vingtaine de livres, tous genres confondus. Son œuvre raconte les combats de son peuple, ses légendes et ses aspirations que l’écrivain a lui-même incarnées en tant que militant anti-colonial, avant de participer à la vie politique en tant que, notamment, ministre de la Culture de Houphouët-Boigny.

Né en 1916 à Assinie, non loin d’Abidjan, sur les rives de l’Atlantique, le futur écrivain a grandi dans une famille où combats politiques et engagement n’étaient pas de vains mots. Son père était fondateur du premier syndicat agricole africain. Ce père combatif, qui tenait tête aux fermiers blancs et à l’administration coloniale, s’était pourtant assuré que son fils soit éduqué à l’occidentale en l’inscrivant à l’école française. Après de brillantes études primaires et secondaires, celui-ci partit parfaire son éducation au début des années 1930 à la prestigieuse école William-Ponty à Dakar, par laquelle ont transité de nombreux dirigeants de l’Afrique indépendante. A sa sortie de l’Ecole, il fut affecté à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) et passa dix ans au Sénégal, avant de regagner définitivement son pays à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

A son retour en Côte d’Ivoire en 1947, Dadié s’engagea dans l’activisme anticolonial, au sein du Rassemblement démocratique africain (RDA), formation créée sous l’impulsion de Félix Houphouët-Boigny. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, avec le retour au pays des soldats africains qui avaient participé aux batailles sur les fronts européens et avaient vu l’Europe se déchirer dans une longue et terrible guerre fratricide, les colonies africaines furent secouées par de timides mouvements de libération. Avec ses compagnons de lutte pour l’indépendance, Dadié fut arrêté et emprisonné en 1949 pour « activités anti-françaises ». Il fera seize mois de prison, avant d’être relâché au bénéfice d’un non-lieu.

Le jeune homme, traumatisé par son passage dans la lutte politique militante, se réfugiera alors dans l’écriture, son premier amour. Il va désormais exprimer son engagement aussi à travers la littérature, tout en menant parallèlement une vie professionnelle et politique intense au sein de l’administration ivoirienne.

L’engagement politique de Dadié le conduisit des cabinets ministériels au gouvernement. Il fut l’un des piliers de l’administration culturelle ivoirienne pendant la longue présidence d’Houphouët-Boigny. D’abord chef de cabinet du ministre de l’Education nationale, puis directeur des services de l’information (1959-61), directeur des Beaux-Arts (1962-63) et des affaires culturelles (1973-1976), il finira sa carrière politique en tant que ministre de la Culture et de l’Information, poste qu’il occupa entre 1977 et 1986. Pendant ces neuf années à la tête de ce ministère sensible, Dadié favorisa l’épanouissement de la presse libre et libéralisa les pratiques artistiques et culturelles.

Lucide et impitoyable

C’est aussi au cours des années 1950 à 1980 que Bernard Dadié produisit l’essentiel de son œuvre littéraire. Il se fit d’abord connaître comme poète, avec la publication à Paris, en 1950, de son recueil de poèmes au titre évocateur, Afrique debout (Seghers). Les poèmes au ton martial et à la formulation dépouillée répondent en écho aux luttes des hommes noirs asservis et proclament le caractère inéluctable du changement à venir. « Les rois du pétrole et du fer/ Les princes du diamant et de l’or/ Les barons du bois et du caoutchouc/ Veulent me dompter », mais « Nous les empêcherons de nous mettre le bâillon  », clame le poète.

Les ouvrages se succèdent et ne se ressemblent pas. Au cours des deux décennies qui suivirent, Bernard Dadié était au sommet de son art et publia l’essentiel des ouvrages qui ont fait sa renommée. Dans ses premiers livres de contes, Légendes africaines (Seghers, 1954) et Le Pagne noir (Présence Africaine, 1956), puisant dans la longue tradition orale africaine, il transmet les sagesses tirées du passé de son peuple et mêle – avec brio – le fantastique, le réalisme et le lyrisme. La restitution et la transmission des récits anciens constituent un pan majeur de l’œuvre de Bernard Dadié, qui n’eut de cesse de répéter que seuls les peuples enracinés dans leur passé savent où ils vont, même lorsqu’ils ont subi les outrages les plus terribles.

Paru en 1956, Climbié (Seghers), à mi-chemin entre roman et chronique autobiographique, raconte, tout comme les autres romans de formation de l’époque coloniale, les dramatiques dilemmes identitaires de la jeunesse noire alphabétisée. Celle-ci est tiraillée entre les valeurs africaines de ses ancêtres et les fétiches de sa civilisation que l’Europe tente de lui imposer à travers ses écoles, sa puissance et sa domination. Tous les jeunes d’Afrique noire connaissent Climbié, devenu un grand classique de la littérature francophone.

Enfin, le trio Un Nègre à Paris (Présence Africaine, 1959), Patron de New York (Présence Africaine, 1964) et La Ville où nul ne meurt (Présence Africaine, 1969), productions emblématiques de cette période faste, mettent en scène avec une délectation ironique et moraliste la confrontation de l’homme africain avec les métropoles occidentales (Paris, New York et Rome), avec leurs modernités ombrageuses et leurs faux-fuyants. L’auteur donne dans cette trilogie originale toute la mesure de son talent de critique sociale, aussi lucide qu’impitoyable.

Retour au théâtre et… à la politique

Dans les années 1970, Bernard Dadié renoua avec le théâtre, porte par laquelle il était entré en littérature dans sa jeunesse. Il publiera successivement, aux éditions Présence Africaine, Monsieur Thôgô-Gnini (1970), une satire des mœurs coloniales, Béatrice du Congo (1970), une pièce historique sur la colonisation portugaise dans l’Afrique centrale, Iles de tempête (1973), drame en plusieurs tableaux consacré à la lutte de libération des Haïtiens, ainsi que d’autres pièces moins connues chez des éditeurs africains. Riche des ressources dramatiques africaines, le théâtre de Dadié plaît à un très large public et il a été joué sur des scènes internationales, à Paris, à Avignon et même à New York.

S’il n’a quasiment rien produit au cours des dernières décennies de sa vie, le centenaire n’avait rien perdu de sa combativité, comme en témoigne son intérêt persistant pour la vie politique dans son pays. N’avait-il pas récemment voué aux gémonies le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, l’accusant de négliger la voix du peuple ? L’homme avait d’ailleurs depuis longtemps pris fait et cause pour Laurent Gbagbo, allant jusqu’à assumer dès 2002 la direction du Congrès national de résistance pour la démocratie (CNRD), mouvement mis en place par Simone Gbagbo pour la défense son mari. En 2016, à l’occasion de son centenaire, il avait lancé une pétition publique pour réclamer la libération de Gbagbo, rappelant que « depuis plus de cinq ans la CPI peine à apporter la moindre preuve matérielle au soutien des charges retenues contre Laurent Gbagbo ». La pétition avait recueilli 26 millions de signatures!

Les prises de position de Bernard Dadié contre le régime ivoirien en place n’ont pas toutefois empêché le ministre de la Culture d’Alassane Ouattara de participer à la cérémonie de remise de prix à l’écrivain par l’Unesco, qui s’est déroulée à Abidjan le 11 février 2016. Sans doute parce que l’oeuvre littéraire de Dadié, reconnue dans le monde entier, n’appartient à aucun camp et dépasse les rivalités politiques du moment. On pourrait dire qu’elle n’est ni ouattariste, ni gbagboiste, en parodiant l’écrivain qui aimait répéter dans ses années de militantisme politique aux côtés de Félix Houphouët-Boigny qu’il n’était « ni houphouétiste, ni antihouphouétiste, mais tout simplement ivoirien » !Rfi.fr

MOUSSA SÈNE ABSA,CINÉASTE : «LE GRAND THÉÂTRE EST UN GRAND GÂCHIS»

http://www.emedia.sn/ Référence incontestée dans le milieu du septième art, Moussa Sène Absa, jette un regard défavorable sur la politique culturelle sénégalaise. « Il y a, note-t-il, dans un entretien accordé à L’As, une réflexion à faire pour avoir un agenda culturel. » Celui-ci, regrette le cinéaste, ne profite pas des diversités culturelles « extraordinaires » du Sénégal car énumère-t-il : « Nous avons un beau pays (où) chaque ethnie possède une ressource culturelle magnifique, un parc hôtelier très beau. On a une richesse culturelle incroyable. Malheureusement, on ne sait pas comment l’utiliser. » Il en veut pour preuve : « Sur l’agenda culturel mondial, on ne retrouve aucun événement majeur du Sénégal, sinon la Biennale qui se tient tous les deux (2) ans. »

« Manque de vision »

Pourtant, s’enorgueillit-il, « on a de grands danseurs, de grands cinéastes, des peintres de renommée internationale, de grands écrivains, des musiciens très talentueux mais on manque de vision. » Moussa Sène Absa est loin d’en avoir fini : « Beaucoup de personnes qui gravitent autour de la culture, ne connaissent pas la culture. Ils pensent que la lutte se réduit au folklore alors que le folklore ne représente que moins d’un pourcent (1%) de la culture. » Pour lui, « le Grand Théâtre national est un grand gâchis, en termes d’investissements culturels. On ne peut pas avoir une création de cette envergure avec tout le matériel qui va avec et ne pas organiser de grands événements culturels de type mondial. »

« Abdou Diouf n’a rien fait pour la culture »

Soutenant que « Macky Sall a fait de belles choses pour la culture », le cinéaste indique que « la seule personne qui n’a rien fait pour la culture, c’est Abdou Diouf. »

Hormis ’’Tundu Wundu’’ qu’il apprécie, il soutient que les séries télévisées « ne reflètent pas la réalité sénégalaise », montrant « de belles maisons des acteurs qui roulent dans de gros bolides et les femmes sont toujours « xessalisées ». »

Entre autres œuvres, Moussa Sène Absa est l’auteur des films ’’Ken Bugul’’, ’’Madame Brouette’’ et ’’Teranga Blues’’. Il a été interviewé par nos confrères durant le FESPACO, au Burkina Faso

 UN RECUEIL SUR LE ’’VIVRE ENSEMBLE SÉNÉGALAIS’’ EN GESTATION

Dakar, 9 mars (APS) – Un manuel résumant la philosophie du ‘’vivre ensemble’’ des grands érudits musulmans du Sénégal va être prochainement publié après sa validation par le comité scientifique du Cadre unitaire de l’islam, a annoncé samedi à Dakar, son président, Cheikh Ahmeth Tidiane Sy.
‘’Aujourd’hui, nous avons élaboré ce manuel de 160 pages dont les diffèrents thèmes portent sur le vivre ensemble sénégalais à travers les écrits de nos érudits’’, a-t-il déclaré à des journalistes à l’ouverture d’un atelier de validation de ce recueil dédié à la paix et à la tolérance.
L’ouvrage va notamment s’inspirer d’une encyclopédie rédigée par Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, des enseignements d’El Hadji Malick Sy, figure importante de la confrérie tidiane, a précisé le président du Cadre unitaire de l’islam.
Selon lui, l’ouvrage est, d’une manière générale, une émanation des écrits de l’ensemble des érudits musulmans du Sénégal issus de tous les foyers religieux du pays.
‘’Il s’agit de thèmes qui touchent profondément le vivre ensemble et le vécu du sénégalais, qui ont besoin d’être vulgarisés pour permettre aux gens de préserver cet acquis légué par nos références locales’’, a-t-il souligné.

Cheikh Ahmet Tidiane Sy fait savoir que l’ouvrage aborde ‘’les différences entre communautés religieuses et des mécanismes sur lesquels s’appuyer afin de transcender les clivages idéologiques’’.
« Nous voudrions que ce manuel soit introduit dans le programme des écoles qui dispensent des enseignements religieux pour que nos enfants puissent s’abreuver de l’enseignement de nos anciens », a ajouté M. Sy.DS/AKS

César Atoute Badiate sur ses rapports avec l’Etat du Sénégal : ‘’Je n’ai jamais eu de contacts officiels, depuis 2012, avec le président Macky Sall’’

https://actusen.sn César Atoute Badiate brise le silence. Annoncé mort hier, le Chef rebelle de l’une des factions du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance est revenu sur ses rapports avec l’Etat du Sénégal. ‘’En fait, aucun. Simplement pour dire que le président Macky Sall n’a pas suivi la même logique que son prédécesseur (Me Abdoulaye Wade – Ndlr), qui  discutait avec toutes les factions (…)’’, regrette-t-il dans un entretien avec SourceA. Il avoue n’avoir jamais eu de ‘’contacts officiels, depuis 2012, avec le président Macky Sall’’.

‘’Les seules discussions que j’ai eues, c’est avec l’Eglise en 2013, quand on avait interpellé les démineurs qui avaient franchi les limites qu’on leur avait tracées. La deuxième fois, c’était en 2014, quand le Gouvernement voulait construire des pistes en encerclant mon Quartier général de Kassolol, j’avais demandé à discuter avec le Ministre de tutelle ou, tout au moins, avec le Gouverneur pour être rassuré que ce n’était pas une stratégie de l’Armée pour s’approcher de nous et nous bombarder. Hormis ces deux fois, je n’ai pas eu de contact officiel avec l’Etat du Sénégal ou l’un de ses démembrements’’, a-t-il précisé.

A la question de savoir si l’Etat du Sénégal a pris contact avec lui, à travers un ou des émissaires, depuis qu0il est alité, il répond : ‘’Je ne sais pas si c’est officiel ou pas, mais un Officier sénégalais en service à l’Ambassade du Sénégal à Bissau est venu s’enquérir de mon état de santé. Quand il venait me voir, il était accompagné de hauts gradés de l’Armée Bissau guinéenne.

Le chef rebelle, admis à l’hôpital militaire Simao Mendés (Guinée-Bissau), espère recevoir des mains des autorités sénégalaises, un passeport ou un Sauf-conduit pour se rendre au Portugal et se faire soigner sur place. ‘’Si on me délivrait un passeport et au vu de ce que les médecins m’ont dit, je me rendrais au Portugal. Car sur place, un fidèle compagnon du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) serait prêt à m’accueillir et à veiller sur moi’’.

Il lance ainsi un appel à Macky Sall et prie pour quitter cet hôpital pour livrer ‘’sa part de vérité dans le conflit Casamançais’’.

Deuxième mandat de Macky Sall : César Atoute Badiate livre ses attentes et salue la ‘’’percée’’ de Ousmane Sonko

https://actusen.sn Le président Macky Sall a été réélu à la tête du pays pour un mandat de 5 ans. Pour ces 5 prochaines années, César Atoute Badiate attend le locataire du Palais sur un certain nombre de question. Notamment sur celle relative à la paix globale en Casamance. ‘’Mon souhait est qu’il prenne en compte les aspirations de TOUS, les Sénégalais de quel que bord qu’ils soient’’, dit-il d’emblée. Le chef rebelle de l’une des factions du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) de poursuivre : ‘’Me concernant, je ne sais pas si je serais encore en vie pour constater ce que le président Macky Sall fera, mais je crois, sincèrement, que la question de la paix globale en Casamance doit être inscrite dans son agenda. Certes, il existe une accalmie et nous nous en félicitons, même si je considère que ma faction fait l’objet d’un certain mépris. Autrement dit, on aurait rendu à César ce qui lui appartient…’’.

‘’Ousmane Sonko est un don du ciel pour le Sénégal et la Casamance, en particulier’’

César Atoute Badiane s’est aussi exprimé au sujet de Ousmane Sonko. Sorti troisième à l’issue de la présidentielle de 2019 avec un bon score, le candidat de la coalition ‘’Sono Président’’ est accusé d’avoir bénéficié d’un vote régionaliste. Seulement, selon César, tel n’a pas été le cas. Je ne crois pas qu’il ait bénéficié du seul vote de la Casamance pour obtenir un tel score. Ceux qui le disent sont les mêmes, qui alimentent les braises de la haine entre les Sénégalais. Je me rappelle, déjà, tout petit,  que plusieurs personnes faisaient une différence entre la Casamance et le reste du Sénégal et cela est très mauvais pour l’unité nationale. Il faut respecter le score d’Ousmane Sonko, qui, d’ailleurs, me rappelle un certain Emile Badiane’’, décrypte-t-il. D’après lui,  ‘’Ousmane Sonko est un don du ciel pour le Sénégal et la Casamance, en particulier. Je prie juste qu’il ait une plus longue vie que Feu Emile Badiane, car il est le leader, qui était attendu,  depuis 1972’’.Actusen

ROKHAYA SAGNA : LE BUILDING ADMINISTRATIF,C’EST ELLE!

http://www.emedia.sn Derrière l’imposant nouveau bâtiment du Building administratif, Rokhaya Sagna, ingénieure en Btp. Elle est l’unique femme a avoir participé au projet de refection du bâtiment. Zoom !

Rien ne prédestinait Rokhaya Sagna à une carrière dans le Bâtiment. Mais, Rokhaya Sagna a su relever le défi. « J’ai toujours été intéressée par les sciences notamment les mathématiques et sciences physiques. Ce sont ces matières qui m’ont aidées à pousser mes études le plus loin possible », affirme celle qui est maintenant une Ingénieure de référence parce qu’ayant travaillé à un projet cher à l’Etat du Sénégal : la réfection du building administratif. D’ailleurs, elle était la seule femme ingénieure à avoir participé à la réalisation de cette infrastructure administrative.

En 2012, son diplôme de génie civil de l’école Polytechnique de Lille en poche, Rokhaya Sagna commence sa carrière sur le terrain. « J’ai démarré avant même d’avoir mon diplôme. Parce que, j’ai fait mon projet de fin d’études en 2012. Il a duré 6 mois. À la fin de ce projet, j’ai été embauchée directement », narre-t-elle.

Être femme dans un métier majoritairement masculin ? C’est un sujet que Rokhaya Sagna aborde avec modestie. « Les femmes ne sont pas encore nombreuses dans ce métier. Mais c’est une tendance qui tend à changer. On voit, de plus en plus, de jeunes femmes stagiaires dans les Btp ».
Mariée et mère d’une fille, Rokhaya tente tous les jours de ne pas manquer à ses devoirs en tant qu’épouse. Ce qui n’est une chose aisée vue le métier qu’elle exerce. Mais avec une bonne organisation, elle s’en sort pas mal. « Je suis dans un domaine où l’on ne compte pas les heures. C’est pourquoi, parfois, il y a certaines tâches ménagère que je ne pourrais pas assurer et on m’aide dans ce sens », reconnait la jeune femme. BABACAR FALL

Macky Sall aux Sénégalaises : ‘’Bientôt, il y aura une femme Générale de l’Armée’’

Les forces de sécurité et de défense qui comptent dans leurs rangs beaucoup de femmes, peuvent envisager la présence prochaine d’une Générale de l’Armée. Le président Macky Sall, Chef suprême des armées en a émis l’idée et dit nourrir l’espoir d’en compter ne serait-ce qu’une dans un avenir proche. Une possibilité que le locataire du Palais présidentiel a bien relevé.
‘’Vous voyez qu’il y a beaucoup de femmes en tenue. Alors qu’il y a 15 ans, on n’imaginait pas une femme dans les services de l’armée, de la gendarmerie. Comme quoi tout est une question de mentalité. Nous avons des femmes colonelles dans l’armée. J’espère que bientôt il y aura une femme générale de l’Armée’’, lâche-t-il.
‘’Nous avons maintenant une femme Recteur, maintenant il faudrait qu’on aille plus loin. (…). Moi j’ai nommé la première femme patron de la police nationale, Inspectrice générale de police (Anna Sémou Diouf), la première femme gouverneure de région. Donc je suis votre partenaire et votre allié dans la promotion des femmes’’, s’est-il réjoui en rappelant

La police et la gendarmerie bientôt fusionnées

https://www.dakar7.com La révélation du porte parole de la police: La police et la gendarmerie seront bientôt fusionnées. Invitée de l’émission Grand jury, le commissaire Tabara Ndiaye a révélé que la réflexion est engagée au plus haut niveau. « L’autorité y pense vraiment. C’est dans l’intérêt de tous qu’il n’y ait plus zone police,zone gendarmerie.«a déclaré la porte parole de la police.

Colonel Tabara Ndiaye :  » Au Sénégal, il y a 27 commissaires de police femmes’

https://www.dakaractu.com/ Chef du bureau des relations publiques de la police, le colonel Tabara Ndiaye se réjouit beaucoup de la présence féminine dans les rangs de la police, même si elle considère que cette pénétration souffre encore de quelques blocages. Pour l’invitée du Grand Jury de ce dimanche, l’on gagnerait à aller dans le sens d’ouvrir plus amplement le service de la police. Toutefois, affirme-t-elle,  27 femmes occupent déjà les fonctions de commissaire de police au Sénégal.  » Ce qui n’est pas mal  » selon elle. À côtés de ces dernières, il y a environ 6 officiers et environ cinq centaines de policières.

Elle-même ancienne commissaire de police dans la banlieue de Dakar, Tabara Ndiaye estime avoir réussi sa mission dans une zone a priori jugée dangereuse et réputée criminogène et confie qu’elles sont très nombreuses ces femmes qui ont la capacité de gérer certains postes de responsabilité. Une ambition à laquelle il ne faudrait trouver aucune limite et qui peut aller jusqu’à voir un jour une femme faire office de ministre de l’intérieur ou de chef de l’armée.

Les femmes sénégalaises invitées à s’affirmer aux prochaines élections locales

APA-Dakar (Sénégal) Par Abdourahmane Diallo-La présidente de l’Observatoire national de la parité (ONP), Fatou Kiné Diop a plaidé, vendredi à Dakar, pour l’élaboration et la mise en œuvre « d’un vaste programme » d’accompagnement des femmes engagées en politique afin de rehausser leur représentativité au sein des institutions locales.

S’exprimant à l’occasion d’un panel scientifique organisé dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme, Mme Diop a indiqué que les prochaines élections locales de décembre 2019 et « pour lesquelles une affirmation plus soutenue du leadership féminin est attendu » constituent une bonne occasion « pour aboutir à une augmentation du nombre de femmes maires et du nombre de femmes présidente de Conseil départemental ».

Pour réussir ce pari, la présidente de l’ONP invite les potentielles candidates à tirer les enseignements de la dernière élection présidentielle marquée notamment par l’absence de candidates et à étudier les stratégies à mettre en œuvre pour accompagner les futures candidates.

Tout en reconnaissant les difficultés inhérentes au combat pour l’émancipation de la femme, Fatou Kiné Diop s’est dite « convaincue » qu’un leadership féminin fort est « un facteur potentiel de changement et de transformation sociale ».

Et c’est pourquoi, elle a appelé à veiller à la mise en œuvre des actions inscrites dans le plan d’action prioritaire de la phase 2 du Plan Sénégal Emergent (PSE II).

La Journée Internationale de la Femme de 2019 est placée sous le thème : « Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement ». Le Sénégal a, pour sa part, porté la réflexion autour de ce thème et de manière spécifique sur le « leadership féminin, autonomisation économique et innovation dans le contexte de la 2ème phase du Plan Sénégal Emergent (PSE) ».ARD/te/APA

TOUBA : «J’ai battu campagne pour Idy.Je l’assume et je suis heureux de savoir que les populations de Touba ont refusé de vendanger leur vote» (Junior Lô, fils de Moustapha Cissé Lô)

https://www.dakaractu.com Que le fils de Moustapha Cissé Lô ait battu campagne pour Idrissa Seck peut bien étonner. Pourtant Moustapha Junior Lô assume son choix de ne pas être dans le camp de son père et se félicite grandement de la défaite du Président Macky Sall à Touba lors de la présidentielle.

 Dans un entretien avec la presse, le jeune leader politique se réjouit de savoir que les populations de la cité ont atteint une certaine maturité qui leur permet de comprendre que leur vote est leur seule arme.   » Beaucoup de gens sont en train de contester la victoire du Président Idrissa Seck à Touba, la relativisant avec des arguments irréfléchis. Nous qui étions avec lui pensions même que la victoire allait être plus large. Les populations de Touba ne peuvent plus accepter à chaque veille d’élection, que des leaders politiques, des directeurs généraux viennent faire un show, déversent de l’argent, gagnent la ville et disparaissent pour encore bien longtemps. Il faut que les leaders Apéristes assument leur défaite et avouent qu’ils ne font que récolter la tempête après avoir semé le vent. Nous les entendons faire du bruit alors qu’ils ont été battus. Malgré tout l’argent qui a été jeté dans la cité, environ 20 milliards, le Président Macky Sall a perdu. Il a un problème de leaders locaux, de personnes capables d’être constamment aux côtés des populations.  »

Moustapha Junior Lô de regretter que des jeunes soient envoyés faire des sorties à travers la presse accusant des personnalités d’avoir financé la campagne d’Idrissa Seck. Interpellé sur l’incident qui a eu lieu dans la maison du Khalife général des Mourides lors de la dernière visite du Premier ministre, de signaler qu’ils n’ont fait que répondre à la provocation et qu’ils sont plus que tout le monde  respectueux  de l’orthodoxie mouride. Il dira que ce groupe de jeunes qui a été derrière Idrissa Seck est prêt à s’engager pour les élections locales prochaines.

«La plus grande menace qui guette le Sénégal… », selon Alioune TINE, président d’AfricaJOM Center

https://www.senenews.com Grand acteur de la société civile et militant acharné des Droits de l’Homme, Alioune Tine a fondé récemment AfricaJOM Center, un think thank qui a pour mission prévenir des crises de toutes sortes, des conflits sur le continent et de consolider la démocratie en Afrique dans une vision prospective. Observateur aguerri d’ élections sur le continent, dans cet entretien avec SeneNews, Alioune Tine fait une évaluation du scrutin du 24 février au Sénégal et liste les défis qui attendent le Sénégal en termes de gouvernance, de démocratie, de respect des droits de l’homme et des libertés et surtout de la gestion des ressources pétro-gazières.  L’ancien  président de la Raddho lance quelques alertes sur des méthodes de gouvernance peu orthodoxes, voire obsolètes, et évoque des réformes nécessaires dont a besoin le Sénégal pour une justice sociale, pour la stabilité même du pays. Ainsi, pour Alioune Tine des perspectives sombres guettent le Sénégal si l’on ne change pas de méthode de gouvernance. Attention à la une «horde de faucons, de requins, de caïmans» qui pourraient «faire mains basses sur le gaz et le pétrole» au détriment de la majorité, prévient Alioune Tine.

 Alioune Tine, vous aviez initié des auditions des représentants des candidats sur un certain nombre des thèmes pendant la campagne électorale pour entendre les représentants des candidats.  Aviez-vous été satisfaits des réponses apportées aux différentes interpellations ?

 Globalement nous, nous sommes satisfaits On a eu deux auditions, notamment une sur les réformes institutionnelles. Parce que nous avons une démocratie électorale, une fois que les élections sont terminées, tout le monde passe à autre chose. Mais maintenant, nous disons qu’il faut construire une démocratie post-électorale pour qu’effectivement notre démocratie ne soit pas qu’une démocratie politique. La démocratie, elle est aussi économique et sociale. Je pense que toutes ces questions-là, il faut les approfondir. Et puis la démocratie doit toucher tout le monde. Ce n’est pas seulement les habitants de Dakar ou des autres capitales du pays. Nous avions eu deux ateliers sur la réforme institutionnelle. Ça a été un débat de grande qualité. Franchement. Tous les 4 candidats nous ont envoyé les personnes qui sont à la hauteur et qui ont présenté leur vision… Parce que nous avons énormément de problème.

Quels types de problèmes ?

Le principal problème c’est qu’on n’arrive pas à se débarrasser de l’État-parti et de la toute-puissance du président de la République en tant qu’institution, et vraiment l’hyper présidentialisme qui a été construit par Senghor dans 1963 lorsqu’il s’était débarrassé de Mamadou Dia et a instauré une véritable dictature. Ça, il faut le reconnaitre hein !  Jusque dans les années 74, c’était une dictature civile qui régnait au Sénégal. Senghor, ce n’était pas un enfant de chœur. Il y a beaucoup de gens qui ont été envoyés en prison, des étudiants envoyés dans l’armée. Il y en a même qui sont morts. Malgré ça il y a une capacité de résistance et de mobilisation des Sénégalais qui a fait avancer la démocratie et les droits de l’homme au prix d’ailleurs de la vie de certains

Voulez-vous dire par ce rappel historique, que la démocratie sénégalaise n’a pas été quelque chose de donnée ?

Bien entendu ! Cette démocratie n’est pas quelque chose qu’on a donné sur un plateau d’argent. C’est le fruit d’une tradition de luttes et de résistance qui l’ont instaurée.  Maintenant on est en face aujourd’hui d’un régime qui a une capacité de résistance au changement énorme et qui également à deux armes qui font qu’il est de plus en plus difficile et qui rend aussi le pays fragile parce que vous ne pouvez pas concentrer autant de pouvoir dans les mains d’une seule personne.

 Lors de campagne électorale, est-ce qu’il y a des thèmes importants que les candidats n’ont pas du tout abordé à votre avis ?

Écoutez, moi je ne me faisais pas trop d’illusion parce que ça fait longtemps que surveille les élections. Et pendant les campagnes électorales, les gens s’adressent vraiment à l’imaginaire des peuples. Une campagne électorale, ça se déroule un peu comme une fête. Vous n’avez pas le temps comme. Par exemple, les 7 mn de temps d’antenne, en télévision, ce n’est pas énorme.  Vous avez à peine le temps de montrer que vous avez une foule enthousiaste qui vous soutient et ensuite, vous dites deux ou trois choses. Donc vous n’avez pas la possibilité de développer.

Qu’en est-il des programmes des candidats ?

Ce qu’on peut constater c’est que quand même tous les candidats ont produit un programme. Pas de programmes chiffrés mais quand même, il y a une vision qui était là.  Et ça, c’était très important. Peut-être la prochaine fois, si on veut une démocratie qualitative, il faut que les candidats s’asseyent et discutent entre eux des visions, des programmes et des offres qu’ils font à la population. Ça permettrait vraiment de comprendre plutôt que de continuer à faire des campagnes électorales qui ressemblent à une foire. Cela dit il y a eu des idées intéressantes sur lesquelles les gens sont plus ou moins d’accord même s’ils n’ont pas les mêmes approches, les mêmes méthodes. Ce sont les réformes des institutions. C’est un problème fondamental.

Pourquoi le sujet est si fondamental ?

Le surpouvoir du président de la République tout le monde l’a dit. Par exemple, on a une assemblée nationale qui ne défend pas l’intérêt général et il y a surtout l’influence de l’exécutif sur la justice. Il faut une rupture immédiate, qu’on fasse en sorte que le président ne siège pas au Conseil supérieur de la magistrature. Il faut un recul plus ou moins modéré.  On a parlé aussi des institutions administratives indépendantes. Toutes sont logées à la présidence, toutes sous le contrôle du président comme l’IGE, Cos Pétro-Gaz.

Tous ces organes de contrôle devraient nous aider à avoir la meilleure une gouvernance. Mais la gouvernance demeure partisane, la reddition des comptes est partisane. Parce que certains sont vos partisans, vos alliés politiques, sont dans votre gouvernement, ils sont protégés.  Mais les autres on ne les protège pas. Maintenant, il faudrait effectivement faire en sorte que le président ne contrôle pas tout ça. La dépolitisation des institutions de la République est une chose fondamentale que tous les Sénégalais devraient exiger aujourd’hui.

 Qu’en est-il des hommes qui sont à la tête de certaines institutions ?

Il faut revenir sur certains postes stratégiques qui doivent faire l’objet d’appel d’offre. Parce qu’il y a des gens qui occupent des stations extrêmement élevées qui font des déclarations qui menacent la paix civile et le vivre ensemble. C’est quand même très grave. C’est un manque de culture d’État, de culture politique. Donc la question des appels d’offre pour que les postes stratégiques soient occupées par les meilleurs doit être fondamentale. Dans le processus électoral par exemple, aujourd’hui la Commission électorale nationale autonome (Cena) était carrément bouffée par le ministère de l’Intérieur. On ne l’a pas entendue, on ne l’a pas sentie. On se demande à quoi sert-elle ? La même chose que le Conseil national régulation de l’audiovisuel (Cnra).

Oui, le Cnra qui a interdit le débat entre les candidats, souhaité par des citoyens, en invoquant notamment les textes….

Le Cnra qui a interdit le débat au lieu de l’ouvrir, au lieu de le démocratiser, de moderniser les libertés d’expression. L’interdiction du débat, c’est du jamais vu. Et puis, il s’agit d’un ancien ambassadeur au Sénégal aux États-Unis d’Amérique où la liberté d’expression est consacrée pratiquement par l’article 1 de la constitution.  Il vient au Sénégal pour dire aux gens – : vous la fermez, il n’y a pas de débat.  Ce qui montre encore une fois que toutes les institutions de la république, les organes de régulation sont entre les mains du président de la République. Comme c’est lui qui nomme, les gens sont là pour défendre son régime au lieu de défendre l’intérêt général.  Vraiment on ne peut pas aujourd’hui continuer à défendre un régime, les institutions au service d’un régime, d’une personne et dire qu’on va avancer. Ce n’est pas possible.

Quelles peuvent être les conséquences d’un tel mode de fonctionnement des institutions ?

Dans tous les pays où nous avons un régime de cette nature, ces pays se sont écroulés. Ça, c’est la plus grande menace que nous avons au Sénégal, surtout comme nous sommes en train de changer de statut avec le gaz, le pétrole. Si on ne fait pas attention, nous allons avoir une horde de faucons, de requins, de caïmans qui vont faire mains basses sur le gaz et le pétrole et que la grande majorité n’y verront que du feuTous ce que les gens vont avoir si on ne fait pas attention, ça va être tout simplement le désagrément sur le plan écologique, politique et sociale. Donc il faut alerter très vite sur la malédiction du pétrole. Ça vient très vite et nous sommes extrêmement très inquiet par la manière dont ont voté vraiment la loi sur à la veille des élections, personne n’a suivie.

Le vote de cette loi vous parait suspect ?

Pour une question aussi stratégique, je pense que l’opacité doit être totalement bannie. Or tout cela s’est fait dans l’opacité. D’ailleurs parmi les problèmes que nous avons soulevé pendant cette campagne, c’est question de la transparence dans la gestion des affaires publiques. Et sur cette question, on nous sort l’ITE (l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives).  Moi, je connais un pays où l’ITIE était présente, mais il y a des ressources minérales que ce pays cache à l’ITE qui ne voit que du feu. Donc dire que l’ITIE nous a donné un certificat en termes de transparence, ça ne peut strictement rien dire.

 Ça ne veut vraiment rien dire ?

Non ! Ça ne veut pas dire grand-chose pour moi. Je fais partie des membres fondateurs qui ont amené l’ITIE. C’est une excellente chose d’être dans l’ITE. C’est un formidable mécanisme, mais ça ne veut pas tout dire.

Expliquez-nous davantage…

C’est facile de dire les accords ont été publié sur le site de l’ITIE.  Ce n’est pas la publication qui est le plus important. Le plus important souvent ce sont les clauses de réserve, de confidentialité qui sont dans ces accords et qui ne sont pas publiques. Ces questions-là ce sont des questions de fond quand on a le gaz et le pétrole. Mais aussi, quand vous mettez en place  un organe comme le Cos Pétro-gaz (Comité d’Orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz ) et vous le logez  à la présidence, ça veut dire que vous contrôlez tout, vous  mettez tout à la disposition du président de la République et qui   en fait ce qu’il veut. Ça, c’est un danger. Et dans la plupart des pays en Afrique, vous avez des problèmes, des crises parce que vous avez ce genre de pouvoir excessif, où il n’y a absolument rien. Ni l’institution parlementaire, ni l’institution judicaire, ni les organes de régulation.

Maintenant que l’élection est terminée, le président est reconduit

quels doivent être les défis pour le Sénégal ?

Il faut qu’on se mobilise. Ça c’est très important. Il faut que le président lise de la façon la plus scrupuleuse avec beaucoup d’attention le message qui a été envoyé également les nouvelles légitimités qui émergent. Qu’est-ce qu’il y a de positif et de négatif dans cette nouvelle légitimité ? Avec cette nouvelle légitimité quelle politique en faire pour qu’effectivement on soit un pays qui se calme pendant cette période. Nous n’avons pas besoin de tempête au moment où on aura du gaz et du pétrole parce que nous avons aussi beaucoup de parasites politiques qui vont faire leur apparition.

Des parasites politiques, dites-vous ?

Ah oui ! il y a des parasites politiques c’est à dire qu’il y a des gens qui créent des partis politiques, qui essaient de faire des alliances pour pouvoir demain profiter des institutions.  La captation des institutions, des ressources par une personne, qui les distribue et qui devient elle-même un esclave de la plupart de ces gens qui l’entourent, et qui vont dire : – on a voté pour toi, maintenant, tu nous paies. Il faut rappeler que les institutions de la République sont pour la République, pour les Sénégalais. De ce point de vue, les dépolitiser, y mettre les meilleurs serait une excellente chose. Il faut faire très attention parce que notre pays est devenu aujourd’hui plus fragile, plus vulnérable parce une réalité, il n’y a pas suffisamment de garde-fou.

Comment finir avec la suspicion persistante qui existent envers le ministère de l’intérieur à chaque fois qu’il y a élection ?

Ça ce sont les effets pervers du manque de consensus. Le combat pour arriver à la démocratie, ça été un combat extrêmement dur. Le pouvoir chez les africains c’est comme une espèce de drogue que soit pour l’opposition ou le pouvoir. Regardez depuis qu’on a commencé le processus démocratique dans les pays africains, regardez le recul qu’on connait.  Vous avez des autoritarismes qui se développent. Partout les gens veulent mettre des partis-États : des personnes qui veulent tout contrôler. Regardez le Bénin qui était bien avancé ce que ça donne aujourd’hui, regardez la Côte d’Ivoire, ils sont en train de recommencer les mêmes choses qu’on a vécu il y a 11 ans et qui a détruit le pays, observez la Guinée.  Après le départ du capitaine tout le monde pensait que ça allait avancer, mais voyez ce que ça donne. Tout le temps, c’est des morts.  Regardez maintient le Nigeria avec ces élections, ça a produit combien de morts. Donc il est temps d’engager une réflexion pour voir comment nous pouvons, dans notre sous-région, Afrique de l’Ouest-Sahel, vraiment consolider la démocratie, le vivre ensemble parce qu’aujourd’hui, il n’y a pas que les terroristes hein.

Comment avez-vous apprécié l’irruption du président Wade dans cette campagne électorale ?

Moi je n’ai pas envie de beaucoup parler de Wade. C’est un vieil homme qui vraiment a un amour paternel extraordinaire pour son fils. Je regarde le côté affectif pour son fils. Mais je crois que la responsabilité c’est son fils. C’était à Karim Wade de dire : – «papa repose-toi» . Karim aurait dû être un héro s’il disait : – « écoute, je viens » et qu’il vient. Même s’il allait en prison. Ca aurait été quelque chose d’extraordinaire. Il faut qu’il ait du courage. Il ne peut pas tout le temps demander à Wade de prendre les devants… Moi je crois que ce vieil homme a fait un travail monumental au Sénégal. Si effectivement nous avons cette démocratie, ce processus électoral, c’est entre lui et Diouf que ça s’est joué. Il l’a fait aussi dans des conditions extrêmement difficiles. Il a été à plusieurs reprise en prison.

 Mais sa gouvernance n’a pas été exempte de reproches…

Oui, malheureusement Wade a toujours été mal entouré. Et il porte la responsabilité dans la situation actuelle du Sénégal. Ça il faut le dire. Historiquement il a été formidable à faire des choses, mais il a fait des erreurs s qu’il a reconnues. Le résultat, il est là surtout pour son parti qui a été un grand parti, qui a été construit dans des conditions extrêmement difficiles. Wade a été suivi par pratiquement toute une jeunesse du temps de sopi et puis c’était un héros. Il reste d’ailleurs toujours un héro quand il arrive. Tout le monde court après Abdoulaye Wade. Bon il s’est ravisé. Nous tous nous avons travaillé pour qu’il se ravise. C’est une très bonne chose.Propos recueillis par Noël SAMBOU

MACKY, TANOR, NIASSE… FACE À LA NÉCESSITÉ D’IMPOSER UNE ALTERNANCE GÉNÉRATIONNELLE

http://www.emedia.sn Macky Sall doit-il se séparer de ses alliés comme Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, présents sur l’espace politique sénégalais depuis des décennies et ainsi imposer une alternance générationnelle pour mieux aborder son second mandat ? C’est l’avis de Jean Martin Coly et Ibrahima Dia, les deux invités d’Alassane Samba Diop, ce dimanche, dans son émission hebdomadaire « Lr du temps », sur iRadio (90.3 FM). Le premier, Sociologue et expert en Sciences politiques, estime qu’il est temps d’envisager d’aller vers un renouvellement générationnel et, pour ce faire, le président réélu doit tendre la main à cette nouvelle donne qui a commencé à se dessiner dans l’espace politique sénégalais. Selon M. Coly, « si Macky Sall veut gouverner de manière stable, pour ce mandat, les jeunes et les femmes doivent avoir une place forte dans sa gouvernance. »

Pour sa part, Ibrahima Dia, socio-économiste, ancien directeur du MCA Sénégal, remarque qu’il y a « une perception qui est là, tenace, parce qu’il y a deux ou trois personnes qui sont autour de lui (le chef de l’Etat) et qui sont là, dans le jeu politique depuis des décennies et ceci participe à conforter cette perception. » Ce qui lui fait penser que Macky Sall devra aller plus loin dans son engagement à consacrer ce mandat à la jeunesse et aux femmes en priorité et cela passe naturellement par le renouvellement de son entourage politique, estime-t-il, d’autant plus que l’influence des leaders du troisième âge se réduit de plus en plus.

« Le dialogue est plus important que les bagarres partisanes »

Par ailleurs, les deux invités ont également abordé la question de la position affichée par l’opposition, qui refuse de féliciter le président réélu, Macky Sall. Ce qui ne surprend guère Ibrahima Dia. « Si on fait l’analyse historique, que cela soit ici ou dans d’autres pays africains, souligne le socio-économiste, le vaincu ne félicite le vainqueur que quand c’est l’opposition qui gagne. L’ancien président félicite l’opposition. Mais quand c’est le pouvoir sortant qui gagne, on a rarement des félicitations mais des contestations. En 2007, c’était la même chose. Les gens avaient contesté et n’avaient pas félicité Wade (après sa réélection). » Il ajoute : « La différence entre maintenant et 2007, c’est que le président sortant avait fait une conférence de presse pour attaquer l’opposition. Cette fois-ci, c’est le contraire. Certainement peut-être dans la perception du président réélu, Macky Sall, c’est son deuxième et dernier mandat et que par rapport à cela il veut léguer au pays une situation beaucoup plus favorable. Mais aussi parce que les enjeux sont énormes, on passe d’un pays dépendant du pétrole de l’extérieur à un pays qui va entrer dans l’ère du gaz et du pétrole. Les enjeux sécuritaires sont également très importants. »

Tout cela, tranche Ibrahima Dia, « fait que les enjeux sont très élevés. C’est pour cela qu’on devrait apprécier cette main tendue et ne pas trop se focaliser sur le fait que d’autres n’ont pas félicité parce que c’est moins important. Ce qui est important, c’est qu’après qu’ils acceptent de venir sur la table des négociations et éviter les problèmes qu’on a eus sur le manque de dialogue sur les processus électoraux. Parce que l’enjeu principal, l’objet des contestations est toujours lié au processus électoral. Il faut comprendre que cela va prendre du temps, qu’on puisse se concerter à l’intérieur de l’opposition. »

Dans tous les cas, décrypte le sociologue, « c’est une grandeur au lendemain d’une élection de dire : ’’Je tends la main à tout le monde pour que nous puissions nous mobiliser autour de ce qui fait le sens dans une Nation’’. C’est cela le plus important au lieu des bagarres partisanes. Aujourd’hui, le chef de l’Etat est au dessus des appartenances partisanes et des partis politiques, il doit gouverner pour tout le monde. Il va s’en dire qu’il faut qu’il fasse appel à toutes les forces vives de ce pays afin que nous puissions ensemble avancer dans un processus qui nous est tous profitable. » Surtout, soutient Jean Martin Coly, qu’il avait la possibilité de dire : « J’ai gagné donc je gouverne, j’administre et de je décide ». DIE BA

Le silence intrigant de Idrissa Seck

http://www.dakarmatin.com Le candidat arrivé en deuxième position à l’issue de l’élection présidentielle du 24 février dernier s’est emmuré dans un silence intrigant. Depuis sa déclaration au Point E pour rejeter les résultats provisoires, Idrissa Seck n’est apparu en public qu’à Touba lors de l’audience que le Khalife général des mourides lui avait accordée.
On attendait sa déclaration à la suite des nombreuses arrestations de ses responsables et militants et de la proclamation des résultats définitifs. Mais le leader de Rewmi reste aphone. Prépare-t-il une sortie pour encore déballer comme à l’époque de son feuilleton : « lui et moi» ?.

Dr Abdourahmane Diouf : « Il n’a pas été question d’une acceptation des résultats par la Coalition Idy2019 »

iGFM – (Dakar) « Suite à mon intervention du Samedi 8 Mars 2018 sur la chaîne de télévision 7TV, il a été prêté au Parti Rewmi et à la Coalition Idy 2019 des positions qui ne sont pas les leurs. Je me suis exprimé sur les résultats de l’élection présidentielle à titre de JURISTE faisant la distinction technique entre la légitimité et la légalité. C’est ma propre analyse qui ne peut en aucun cas être interprétée comme une acceptation des résultats de l’élection présidentielle par le Parti Rewmi et la Coalition Idy 2019 » précise le Dr Abdourahmane Diouf, dans un communiqué de presse publié ce samedi sur sa page facebook, visitée par IGFM.

 Couplage locales-législatives : La majorité peine à accorder ses violons

Ça ne parle pas le même langage, au sein de la majorité présidentielle, au sujet de la proposition de la présidente du mouvement Oser l’Avenir, Aïssata Tall Sall, de coupler les élections locales et législatives, pour un souci de rationalisation des dépenses. Les divergences sont profondes, à ce propos, entre alliés.

Si le président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (Bby), Aymérou Gningue, adhère à l’idée de dissoudre l’Assemblée nationale et organiser des législatives anticipées couplées aux locales de décembre, le Parti socialiste est monté au créneau, hier, pour s’opposer énergiquement à ce qui est assimilé à un «débat inutile et inopportun».

«Quand le Sénégal passe d’un septennat à un quinquennat, il est plus judicieux que la présidentielle et les législatives se déroulent à la même année. Parce que le président nouvellement élu a besoin d’une majorité confortable», argumente le président du groupe parlementaire Bby. Pour le porte-parole du Secrétariat national (Sen) du Ps, Me Moussa Bocar Thiam, l’heure est à la «consolidation» de Benno Bokk Yaakaar. «Le président de la République n’a même pas encore prêté serment. Donc, il est inopportun de porter sur la place publique des débats par rapport au futur», signale-t-il.

Les conditions pour dissoudre l’Assemblée nationale

http://www.dakarmatin.com L’option de dissoudre l’Assemblée nationale, où la majorité des sièges était détenue par le président déchu Abdoulaye Wade,  avait été agitée en 2012, au lendemain de l’élection de Macky Sall (entrée en fonction le 2 avril). Le débat sur une possible «gouvernance par ordonnance» faisait rage, à quelques mois des législatives du 1er juillet 2012.

Une décision dans les cordes du président, puisque la loi ne lui impose que deux conditions à respecter avant de procéder à la dissolution de l’Assemblée nationale. D’abord, la dissolution doit intervenir «deux ans après l’élection des députés». La seconde condition est de «recueillir les avis du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale»

WORÉ GANA SECK DEMANDE L’AMNISTIE POUR KHALIFA SALL ET KARIM WADE

http://www.emedia.sn Invitée, ce dimanche, à l’émission « Jury du dimanche » sur Iradio, la conseillère économique sociale et environnementale, Woré Gana Seck a plaidé l’amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade. Première adjointe au maire de Bargny, elle demande au président de la République, réélu pour un mandat de 5 ans, d’être indulgent à l’endroit de ces deux hommes. « Il y a eu beaucoup de désagréments et de tristesse de la part de certains sénégalais avec le cas de ces deux personnalités. Khalifa Sall, je l’ai connu un peu parce qu’on a eu à voyager ensemble à Singapour, il y a quelques années. S’il a eu à commettre des malversations dans sa gestion c’est peut-être des erreurs. Nous demandons au président de la République de les pardonner », a plaidé la directrice de Green Sénégal.

À son avis, Macky Sall est une personne généreuse qui ne doit pas suivre les faucons du palais. « Il faut que Macky Sall renforce cette humanité que les sénégalais lui connaissent. Il ne doit pas suivre certaines personnes. Il y a des gens qui n’aiment que la zizanie. Nous demandons à Macky Sall d’écouter les religieux. A genoux, nous lui demandons de pardonner. Ce second mandat doit se faire dans la paix, la stabilité, la générosité et la concorde », a-t-elle soutenu.

Par ailleurs, Woré Gana Geuye s’est opposée à la dissolution de l’Assemblée nationale qui, selon elle, n’a pas de pertinence. A son avis, dissoudre l’Assemblée nationale veut dire qu’on n’a pas confiance à nos institutions. Toutefois, ce qu’elle déplore, c’est le comportement et la façon de faire de certains parlementaires à l’hémicycle. Les députés, rappelle-t-elle, doivent savoir qu’ils sont élus pour défendre les intérêts du peuple. Donc, conseille-t-elle : « ils doivent revoir leur façon de s’exprimer, leur façon de faire. Il est anormal que des députés se crêpent les chignons à l’Assemblée nationale ». Aliou DIOUF

 Macky II:«Ce mandat doit être placé sous le sceau d’une mobilisation générale des populations du Sénégal autour de l’essentiel.Et l’opposition a un rôle à jouer…»Pape M. Ndour, CD de Guinguinéo)

https://www.dakaractu.com/ Après la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle du 24 Février par le Conseil constitutionnel, le chef de l’État réélu, M. Macky Sall avait lancé un appel au dialogue à l’opposition. Un énième dialogue selon, M. Pape Malick Ndour, président du Conseil départemental de Guinguinéo qui pense que « ce mandat doit être placé sous le sceau d’une mobilisation générale des populations du Sénégal autour de l’essentiel. Et l’opposition a un rôle à jouer dans cette nouvelle dynamique. » Auparavant, il a eu à exprimer au micro de Dakaractu, les attentes du département de Guinguinéo, «qui a joué son rôle de grenier électoral du candidat Macky Sall» pour ce deuxième mandat.

En effet, «Guinguinéo devrait en principe bénéficier de services universels d’électrification et de l’eau qui doivent être partout. Mais le programme le plus saillant du Président Macky Sall et qui concerne Guinguinéo est d’en faire un hub ferroviaire qui devrait permettre à Guinguinéo de retrouver son lustre d’antan et qui devrait permettre de régler définitivement le problème du chômage des jeunes.» Et sur toutes ces questions « le Président ne fait pas de promesses, il a pris des engagements», a conclu M. Ndour…

Mamadou Bamba Ndiaye : « la réélection de Macky Sall pose un problème de légitimité, de justice et d’équité »

https://www.leral.net Le secrétaire général de MPS Selal a estimé que la « réélection du Président Macky Sall pose un problème de légitimité, de justice et d’équité », dans l’émission « Remue-ménage » de la RFM. Mamadou Bamba Ndiaye a évoqué des irrégularités dans le processus électoral, estimant qu’« il y avait un second tour qui n’a pas été organisé ». Le souteneur du candidat Idrissa Seck a souligné que « le porte-parole de la CENA avait fait état de la confection de 7000 faux bulletins de naissance, de même que des représentants de l’Union Européenne ont évoqué des faux certificats de résidence ». Mamadou Bamba Ndiaye soutient que selon les résultats collectés par leurs représentants dans les bureaux de vote, « Macky Sall a obtenu 46% des voix », déplorant que « le processus électoral soit interrompu »

Bamba Ndiaye sur les conditions du dialogue : « que Macky Sall accepte d’en appliquer toutes les conclusions »

https://www.leral.net Le secrétaire général du MPS Selal n’est pas opposé à l’idée du dialogue national lancé par le Président Macky Sall. Tout au contraire, le souteneur de Idrissa Seck à la dernière élection présidentielle, rappelle que « le dialogue est une exigence de l’opposition, mais il n’a jamais eu lieu parce que Macky Sall n’en a jamais voulu. Il se contente d’appel propagandiste sans y mettre les formes ». Selon Mamadou Bamba Ndiaye qui se prononçait dans l’émission « Remue-ménage », « pour qu’il y ait dialogue, il faut d’abord désigner un médiateur indépendant, mais également que Macky Sall s’engage à en accepter toutes les conclusions, sans en enlever une seule virgule »

MOR NGOM TENACE:«18 cités fondées par Serigne Touba ou sous son ndigël ont voté Macky… Nous n’avons pas besoin de mettre Idy en résidence surveillée»

https://www.dakaractu.com/ Que les gens se plaisent à dire que les mourides n’ont pas voté pour le Président Macky Sall écœure le ministre Mor Ngom. Pour les besoins de son meeting-bilan, le maire de Ndangalma n’a pas manqué de soulever cette question pour mettre les points sur les i.

 »J’entends dire que les mourides ont sanctionné le Président Macky Sall. C’est faux ! On veut nous faire avaler des contrevérités. Notre candidat a gagné dans 18 localités que Serigne Touba a lui-même créées ou qui ont été créées sous  son ndigël. Moi-même je suis mouride et j’ai voté pour le Président Macky Sall. Laissez-moi citer Ndindy, Taïf, Darou Moukhty… Ce que le Khalife général des Mourides a dit à son endroit est largement suffisant pour attester de l’estime qu’il témoigne au Chef de l’État. »

Mor Ngom de réserver dans son réquisitoire un traitement particulier au candidat Idrissa Seck.  »Idrissa  Seck a tort de dire que Touba a voté pour lui parce qu’il est mouride. C’est des balivernes distillés par des vendeurs d’illusions… »

Quant à la perspective de mettre sous résidence surveillée l’ancien maire de Thiès pour éviter toute velléité de complot de sa part contre le régime en place, Mor Ngom en rit.  »Comment peut-on mettre en surveillance quelqu’un qui n’a pas même pas le tiers de l’électorat. S’il doit en vouloir à quelqu’un, il devra en vouloir au peuple Sénégalais qui lui a, à maintes reprises, dit non. »

Par rapport aux prochaines élections locales, il dira ne nourrir aucune inquiétude quant à la victoire des maires de sa coalition.  »Nous les battrons lors des élections locales comme nous le fîmes avec eux lors des élections législatives et lors de la présidentielle… »

Jean Martin Coly, sociologue : «Macky doit se séparer de Niass et Tanor et imposer une alternance générationnelle»

https://www.senenews.com Ousmane Tanor Dieng, présents sur l’espace politique sénégalais depuis des décennies et ainsi imposer une alternance générationnelle pour mieux aborder son second mandat ?

C’est l’avis de Jean Martin Coly invité d’Alassane Samba Diop, ce dimanche, dans son émission hebdomadaire « Lr du temps », sur iRadio (90.3 FM). Le Sociologue et expert en Sciences politiques, estime qu’il est temps d’envisager d’aller vers un renouvellement générationnel et, pour ce faire, le président réélu doit tendre la main à cette nouvelle donne qui a commencé à se dessiner dans l’espace politique sénégalais. Selon M. Coly, «si Macky Sall veut gouverner de manière stable, pour ce mandat, les jeunes et les femmes doivent avoir une place forte dans sa gouvernanceAvec Exclusif

 Serigne Mbacké Ndiaye : «Que l’opposition ne participe pas au dialogue n’empêchera pas Macky Sall de gouverner»

https://www.senenews.com Serigne Mbacké Ndiaye est convaincu que le dialogue national lancé par le Président Macky Sall est une nécessité. Pour l’ancien porte-parole du Président Wade, il faudra mettre les formes dans ce dialogue, se félicitant de l’idée du chef de l’Etat de convier les anciens président Abdoulaye Wade et Abdou Diouf.

Il a estimé dans l’émission Remue-ménage, qu’il faudra en plus convier naturellement les candidats à la dernière élection présidentielle, associer la classe politique d’une manière générale et à tous les autres acteurs, en dehors de l’espace politique. Toutefois, prévient Serigne Mbacké Ndiaye, « appeler au dialogue ne veut pas dire que si vous ne dialoguez pas avec moi, je ne gouverne pas ». Dans tous les cas, soutient-il, il appartiendra à « Macky Sall de définir les formes du dialogue »

Avec Leral

QUI A GAGNÉ LA PRÉSIDENTIELLE DE FÉVRIER 2019 ?Par Papa Ibrahima Dia

Le candidat Macky Sall, Président sortant, avec un scénario pensé et écrit magistralement, mis en scène avec une froide maestria, a réussi son défi de passer dès le premier tour ; le fameux coup- ko africain. La réalisation du film a été  cahoteuse avec des procès rocambolesques, avec des suspicions sur le fichier des électeurs et des contestations véhémentes sur le mode de parrainage des candidats. Mais il a abouti au « happy end » avec  une confortable victoire à 58,26% modestement accueillie par les vainqueurs car bien loin des 65% de 2012, prouesse transparente, unanimement reconnue et fêtée dans l’allégresse par la majorité des sénégalais.

Les adversaires de Macky Sall, avec des moyens sans commune mesure avec ceux du Président sortant- ce qui pose avec acuité le problème du financement des partis et des campagnes- ont fait une campagne électorale honorable avec des fortunes diverses et se sont illustré par leur solidarité à récuser unanimement les résultats livrés par la Commission nationale de recensement des votes, confirmés, sans recours, par la Cour constitutionnelle. Ils ont subi leur défaite avec sérénité et se sont fait violence pour appeler au calme et à la réflexion pour des réformes de fond qui s’imposent.

Le véritable vainqueur de ces joutes électorales est sans contexte  le peuple sénégalais qui est sorti en masse et a voté avec calme et dignité. Il a déjoué bien des pronostics, ébranlé beaucoup de certitudes avant de s’en retourner gérer tranquillement son  quotidien souvent difficile pour la plupart d’entre eux. Son vote massif  pose  les bonnes questions à ceux qui sollicitaient leurs suffrages et il est impérieux  que les bonnes réponses lui soient données. Surtout ne pas s’attarder en stériles débats sur les votes alimentaires,  affectifs, émotionnels, ethniques, claniques, régionaux ou de confessions religieuses.

Le Président Sall, durant son mandat de sept ans, a fait des réalisations matérielles à nul autre, Président du Sénégal, pareil. Avec un volontarisme louable il s’est attaqué aux problèmes d’énergie, de mobilité, d’urbanisation, d’éducation, de santé, de précarité et autres sollicitations nationales. Il a réussi à achever les chantiers de son prédécesseur et à planter ses projets propres dont la nouvelle ville  de Diamniadio, l’autoroute de Touba,  le train express régional (TER) et le pont sur la fleuve Gambie, en collaboration avec son collègue, le Président Baro.

Les pièces maitresses  de  l’offre politique du Président sortant  ne semblent cependant pas avoir convaincu l’électorat ; hormis,  peut être, dans le département de Rufisque et dans les régions du Fleuve et du Centre. Le département de Mbacké (malgré l’autoroute Ila Touba) et la région de Ziguinchor (malgré le pont sur le fleuve Gambie) ont sévèrement sanctionné le candidat Macky Sall.

Il semble que la moitié du pays a constaté que les infrastructures, réalisées par des sociétés étrangères à l’Afrique, sont dispendieuses et leur usage  est payé cher, à des privés non nationaux, pour de très longues années. Les infrastructures d’Etat relèvent du fait de prestige plus que d’une nécessaire priorité. La croissance, à 7% et plus,  profite surtout aux multinationales, notamment d’obédience française.

Plus déterminant dans l’appréciation des électeurs est le non respect des engagements du candidat Macky Sall en 2012. Quid de la gestion sobre, vertueuse, et transparente ? Qu’est il advenu d’une taille de gouvernement restreinte, de la diminution drastique de la pléthore des agences publiques ? Quelle issue à la réforme foncière, à la territorialisation, aux zones économiques ? La Patrie avant le Parti s’est concrétisé  par la politisation de la fonction publique. Des directeurs nationaux  jusqu’aux chefs d’établissements universitaires, hospitaliers et éducationnels sont  jugés sur leurs performances politiques et leurs appuis financiers et matériels à la majorité présidentielle plus que sur les résultats techniques de leurs institutions.

Si l’on y ajoute le  traitement des dossiers de la CREI, de l’OFNAC de  l’IGE et de la Cour des comptes on est bien éloigné des exigences de justice, d’équité et d’éthique.

Cependant il ya des raisons de croire que le prochain quinquennat du Président Sall sera plus efficace. Parce qu’il aura réussi à mettre sous l’éteignoir les partis membres de Benno Book Yakaar, parce que ses alliés de la dernière heure chercheront à blanchir leurs dossiers compromettants et/ou à se positionner pour remplacer leur mentor en 2024, si celui-ci ne se laisse pas tenter par le syndrome du troisième mandat. Parce qu’il est fort probable que bon nombre de ses adversaires du 24 février 2019 trouveront des accommodements avec lui, à la faveur de l’appel au dialogue. Parce qu’enfin il voudra, légitimement, entrer dans l’Histoire et pourquoi pas revenir, en 2029, s’il en a envie et s’il est convaincu que la majorité des sénégalais le souhaite.

Point n’est besoin de convoquer de couteuses grand-messes, pour dialoguer, alors que l’essentiel des réformes à conduire a été formulé lors des Assises nationales. De prime abord il serait  judicieux de dissoudre l’Assemblée nationale, de faire que la liste majoritaire départementale s’exécute en deux tours et que le pourcentage de la liste proportionnelle soit significativement augmenté. Cela permettrait, si le scrutin est transparent- c’est là où le bât fait très mal- d’installer un Parlement diversifié, lieu d’un dialogue véritablement participatif et inclusif. Les mêmes  réformes pourraient s’appliquer au niveau communal où  l’on peut, à cette échelle, élargir l’inclusion en donnant un statut électif aux membres des Conseils de quartiers ou de villages. Cela élargirait suffisamment la base des élus, permettant d’établir un fichier, fiable et contrôlable, pour des parrainages moins folkloriques.

L’organisation  des élections législatives et locales au cours de cette année 2019 mettrait tout le monde au travail dès 2020 pour au moins quatre ans avant la fièvre de prochaines campagnes toujours trop longues.

Après toutes les péripéties traversées, avant, pendant et après ces élections, le Sénégal a très peu vacillé, s’est rapidement ressaisi pour encore étonner le monde. L’attitude de la moitié de l’électorat peut être interprétée comme la posture  d’un personnage qui, contre mauvaise fortune, est contraint de faire bon cœur. Mais c’est un cœur quelque peu amer qui ne peut se contenter de réformettes de divertissement. La citoyenneté sénégalaise  a fait un bond qualitatif considérable et les politiques ont intérêt à en saisir toute la portée dans les actes qu’ils vont poser.

Bon vent Président Macky notre devenir vous est confié pour cinq ans ; puissiez-vous nous maintenir, toutes générations confondues, à travers les turbulences d’un monde incertain, dans notre Sénégal de paix et, nous l’attendons, de prospérité équitablement partagée.

Bouna Mouhamed Seck : “L’Afp aura son candidat en 2024…”

Ferloo.com– L’élection présidentielle est derrière nous, cap est maintenant sur celle de 2024. Les partis ou les coalitions de partis se signalement déjà. Après Me Assaïssata Tall Sall, c’est le Directeur de Cabinet du président de l’Assemblée nationale Bouna Mouhamed Seck, membre de Secrétariat permanent de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) qui annonce la candidature de ladite formation politique à la présidentielle de 2024.

“Je confirme l’AFP aura son candidat à la présidentielle de 2024”, a-t-il laissé entendre sur les ondes de Sud Fm et de prédire dans la foulée que “si l’AFP, le PS et l’AFP se présenteront à cette échéance électorale il y aurait nécessairement un deuxième tour et en ce moment l’alliance entre ces trois partis qu’est BBY s’effritera. Une autre force politique pourra prendre le pouvoir”

Cependant, tempère-t-il, la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) peut procéder à une analyse froide de la situation à chaque moment”

S’agissant de la proposition relative à la dissolution de l’Assemblée nationale, Bouna Mouhamed Seck déclare que l’AFP est tout à fait à l’aise sur la question même s’il reconnait que la dissolution de l’Assemblée nationale est une prérogative du président de la République consacrée par l’article 87 de la constitution. « Il n’y aura pas de danger pour la coalition de BBY car la dissolution de l’Assemblée nationale peut être un outil pour harmoniser le calendrier républicain. Cela peut être également périlleux dans la mesure où les citoyens deviennent de plus en plus exigeants”.

“Personnellement, déclare-t-il,  je ne suis ni pour ni contre la dissolution de l’Assemblée nationale d’autant plus que l’AFP ne s’est pas réunie sur la question de la dissolution de l’Assemblée nationale”.

Ne touchez pas à l’Assemblée nationale! Par  Ibrahima PIT/SENEGAL

Immédiatement après l’élection du Président Macky Sall à un second mandat, Me AÏssata Sall a relancé le débat sur  la dissolution de l’Assemblée nationale,  pour faire coïncider la durée du  mandat Présidentiel, qui est désormais de Cinq ans, avec celle de l’Assemblée nationale, en couplant les  élections locales de Décembre 2019, avec  une Législative anticipée.

Avant elle,  Sonko, en pleine campagne électorale,  avait promis de dissoudre l’Assemblée nationale s’il était élu, dans le but évident de vouloir faire  coïncider la majorité présidentielle et la majorité législation pour pouvoir exécuter son programme.

Cette position de Sonko, pour légitime qu’elle soit pour se donner les moyens institutionnels pour gouverner, en évitant une cohabitation avec une Assemblée nationale contrôlée majoritairement par l’opposition, s’inscrit néanmoins dans le sillage de la conservation des pouvoirs exorbitants du Président de la République qui peut, à sa guise, dissoudre l’Assemblée nationale durant les trois dernières années d’une législature de Cinq ans.

Ce pouvoir exorbitant du Président de la République sur l’Assemblée nationale que Wade a introduit dans notre Constitution depuis la Réforme de 2001, n’est donc  pas mis en cause par Sonko, ou même par Idrissa Seck.

Pourtant, autant les «  Conclusions des Assises nationales », que les propositions de réforme de la CNRI,  ont exigé d’y mettre fin, en proposant que le Président de  la République ne puisse dissoudre l’Assemblée  nationale,  qu’à l’issu de   «  deux motions de censure » contre le gouvernement, et non plus  à sa guise, pour un plus grand équilibre entre l’Exécutif et le Législatif.

C’est donc ce pouvoir exorbitant sur l’Assemblée nationale,  que Me Aïssata Sall voudrait que le Président Macky Sall utilise, pour, paradoxalement, remettre en cause sa majorité parlementaire dont il a besoin pour exécuter son programme.

Ainsi, le Président Macky Sall devrait, selon elle, se créer artificiellement un défi politique qui pourrait plonger le pays dans une cohabitation difficile durant les deux premières années de son second mandat, en compromettant l’exécution du programme pour lequel le peuple Sénégalais l’a élu.

L’argument utilisé pour donner du crédit à cette aventure électorale consistant à faire coïncider la durée des mandats présidentiels et législatifs pour se baliser le terrain sur les cinq ans que dure son second mandat,  relève  de la politique fiction , et non des nécessités de fonctionnement de l’Etat.

Il faudrait ne pas perdre de vue, que Me Aïssata Tall,  en femme politique expérimentée, n’a pas fait  cet appel au Président de la République, par  légereté, mais bien en fonction d’objectifs politiques qui lui sont propres.

En effet, elle a d’abord déclaré sa volonté d’être candidate à la Présidence de la République en 2024, avant de proposer la dissolution de l’Assemblée nationale actuelle, où elle est Député,  pour  des élections anticipées dès 2019,  et non en 2022, afin d’avoir les coudées franches pour se déployer très tôt, au plan national et international, pour atteindre ses objectifs à la Présidentielle.

Les Législatives pour 2019 seraient pour elle, le starting bloc pour sa campagne  vers la Présidentielle de 2024, alors que le temps serait très court pour ce faire, à partir de 2022.

Elle n’est donc pas motivée par des soucis de stabilité institutionnelle, mais bien par ses objectifs politiques en direction de la Présidentielle de 2024.

Se faisant, elle est bien dans son rôle de prétendant sérieux à la Présidentielle de 2024, même s’il faut pour cela,  perpétuer  la  perception dévalorisante  de l’Assemblée nationale,  comme un vulgaire  instrument au service des calculs  politiciens d’un Président de la République, qui a sur elle, droit de vie et de  mort sur les trois ans qui restent de la Législature.

Il est à remarquer  que ce pouvoir exorbitant du Président de la République,  du fait du  cumul de cette fonction  avec  celle de Chef de l’Etat qui définit la Politique de la Nation qu’il fait exécuter par un Premier Ministre de son Choix, indépandemment de l’avis de l’Assemblée nationale,  malgré les «  Conclusions des Assises nationales » et les propositions de réforme de la CNRI, n’est mis en cause par aucun candidat à la Présidence de la République, comme , du reste, son pouvoir exorbitant sur l’Assemblée nationale.

Ils se sont  contenté de proposer de limiter, à la marge, son large  pouvoir de nomination, et en faisant  croire qu’ils vont  mettre fin au « Parti Etat », en interdisant le cumul de la fonction de Président de la République  avec les fonctions de Chef de Parti.

Pourtant, ils semblent oublier qu’Abdou Diouf l’avait fait dès 2016, sans pour autant changer la nature de «  Parti Etat » de son régime, qui continuait d’être combattu comme tel jusqu’en 2000, et que Wade a conservé en  rétablissant, dans sa  Constitution de 2001, ce cumul, tout en renforçant le pouvoir exorbitant du Président de la République par son pouvoir excessif de dissolution de  l’Assemblée nationale durant les trois dernières années de la Législature.

Ainsi, il peut être compréhensible qu’Alioune Tine, qui n’a pas participé aux «  Assises  nationales »,  réduit la lutte contre le «  Parti Etat », à la limitation, à la marge du pouvoir de nomination du Président de la République, et à la fin du cumul de la fonction de Président de la République et de Chef de Parti.

Cependant,  il est tout de même étonnant  de voir des gens,  qui se revendiquent des «  Assises nationales » et de la CNRI, faire de même, en soutenant Sonko et Idy, dont les programmes, en matière institutionnelle, tournent aussi clairement le dos à celles-ci,

Pourtant, ils n’ont eu de cesse à expliquer, sept ans durant, que  leur opposition à Macky  est fondée sur son  « non- respect de ces Conclusions » et «  propositions de réforme » !

 Le «  peuple des Assises » a fini de découvrir leur jeu politicien, qui n’est pas pour peu dans la lourde défaite de Sonko et d’Idy,  qui avaient fini de croire, grâce à leur soutien, en leur victoire.

Les républicains et démocrates de ce pays, soucieux de l’équilibre entre les trois pouvoirs, et du respect des mandats électifs et du calendrier républicain, devraient se mobiliser pour s’opposer à toute tentative de dissolution de l’Assemblée nationale sur ces bases purement politiciennes !

Il y va de la crédibilité de nos Institutions républicaines, et de la stabilité qui sont nécessaires à tout approfondissement des acquis démocratiques de  notre peuple, mais  au maintien de la paix civile, la sécurité des citoyens, et le relèvement des défis auxquels ils font face. Ibrahima PIT/SENEGAL,Dakar le 10 mars 2019

Auteur d’une virulente tribune contre les citoyens, les autorités politiques et religieuses : Un peu de mesure mon Commissaire !Par Alioune Badara COULIBALY 

En navigant sur le Web, nous avons été interpellé par le contenu d’un texte du Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite, Boubacar Sadio. «Lettre à mon frère d’arme», titre donné au document en question, long comme le bras, se présente telle une fausse radiographie du paysage politico social de notre pays. Il évoque des sujets divers et variés, perçus par l’auteur comme les gangrènes de notre société.
Nous ne prenons pas la parole pour remettre en question son argumentaire, encore moins lui apporter une quelconque contradiction. Toutefois, nous ne pouvons guère accepter que les citoyens sénégalais, dans leur ensemble, soient traités comme des moins que rien, si l’on suit la logique du texte. Nos origines, notre histoire, notre éducation et notre conscience nous interdisent de survoler d’aussi grossières et dangereuses affirmations sans attirer l’attention de l’auteur sur ses dérives. Les fausses allégations, n’en parlons pas. Un homme responsable, ayant occupé des fonctions importantes dans l’administration centrale devrait quand même s’interdire des déclarations auxquelles il est incapable d’apporter la moindre preuve. Comment, en évoquant la récente campagne présidentielle, le commissaireBoubacar Sadio pourrait apporter la preuve matérielle du paragraphe qui suit : «…La pratique de l’achat de conscience a atteint des proportions abusives, scandaleuses et inimaginables qui conduisent à se poser des questions sur la nature de certains de nos compatriotes qui se laissent acheter comme des caprins ou des gallinacés de nos marchés».
La violence des propos, l’injure qu’ils charrient et l’irrespect du commissaire  vis à vis des autorités publiques, en l’occurrence le ministre des finances, mais également des citoyens sénégalais heurtent sans aucun doute la conscience du lecteur. Le commissaire Sadio, visiblement, ignore la notion de respect et tout ce qu’elle comporte. Le respect est essentiel à la vie d’une société. Il faut respecter la loi et l’ordre public. Mais il ne faudrait pas également perdre de vue que la société est faite de citoyens, d’êtres humains, égaux en droits et en dignité et dont chacun mérite le respect. Le respect est donc un devoir qui s’impose à tous et tout particulièrement à ceux et celles qui exercent, ou qui ont eu à exercer une autorité.C’est le cas du commissaire Boubacar Sadio. Lui qui, pourtant, a poussé le bouchon encore plus loin en disant à son frère d’arme: «Nous devons nous regarder les yeux dans les yeux et nous dire la vérité. Si la corruption a pu prospérer aussi facilement et à plein régime, c’est qu’elle a trouvé un terreau favorable avec des compatriotes cupides, sans honneur, sans dignité et sans vergogne». Pour lui, les électeurs sénégalais, en plus d’être assimilables à du bétail, n’incarnent aucune valeur humaine. S’il avait, un tant soit peu, mesuréla participation citoyenne des gens qu’il caricature, il aurait eu un tout autre raisonnement.  Mais cela implique qu’il jette un regard attentif sur divers aspects de la vie politique comme le taux de participation aux processus électoraux, le niveau de l’engagement social et de l’action militante, l’efficacité des différentes méthodes de participation publique, la compétence civique ainsi que le niveau de l’éthique sociale des citoyens. Démarche qui, de  façon manifeste est ignorée pour ne pas dire inconnue par le commissaire divisionnaire à la retraite.
Les leçons de Sadio et ses critiques s’étendent également aux Imams et chefs religieux. Comme si ceux-ci n’étaient pas des citoyens avant d’être des hommes de Dieux. Vraisemblablement,  des confusions volontaires ont été entretenues dans le texte du commissaire. «Quelles images scandaleuses que de voir des imans brandir et brasser des millions à l’intérieur des mosquées ; des imans enivrés par la vue et l’odeur de l’argent qui versent dans la vulgarité langagière».Aujourd’hui, la question que nous ne pouvons nous empêcher de poser à l’auteur est de savoirs’il existe toujours et nécessairement un lien entre les actes, le comportement et l’attitude d’un citoyen avec le pouvoir central et ceux qui l’incarnent? Comme il semble l’insinuer tout le long de son texte. Alioune Badara COULIBALY Citoyen sénégalai

Dame Diop : «Si tous les mourides étaient contre lui, Macky Sall ne serait pas réélu»

IGFM-Après la proclamation officielle des résultats de la présidentielle par le Conseil constitutionnel, des leaders de la coalition Benno Bokk Yakaar tentent d’expliquer les raisons de la réélection du Président Sall. Dame Diop Dg du Fonds de financement pour la formation professionnelle et technique(3FPT) étudie le vote dans le département de Diourbel et notamment de la communauté mouride. 

Le Président Macky Sall a remporté le département de Diourbel avec 56,73%. Quelles étaient les clés de ce succès ?

Le succès, à Diourbel, est le résultat de l’investissement, l’engagement et l’implication de tous les responsables politiques. Je salue l’unité et le rassemblement qui ont prévalu dans le département de Diourbel. La bonne coordination des efforts et des actions a également été déterminante, avec en point d’orgue, le meeting présidé par Macky Sall, qui a connu un immense succès et une mobilisation exceptionnelle. Par ailleurs, le bilan du chef de l’Etat à Diourbel a été un facteur non négligeable dans la victoire. Le Pudc, les financements de la Der, les travaux de Promoville, les routes, les bourses familiales, la Cmu, les bus ont eu des impacts concrets dans la vie quotidienne des populations. Il ne faut pas oublier les formations offertes par le 3Fpt aux femmes et aux jeunes. Je crois que ce sont les clés de la victoire à Diourbel.

Vous avez tout de même perdu le département de Mbacké. Comment l’expliquez-vous ?

Je dois reconnaître, pour le regretter et le dénoncer, qu’il y a eu beaucoup d’intoxication de la part de nos adversaires, qui ont tenté de jeter le discrédit sur le Président Macky Sall. Je rappelle qu’il a d’excellentes relations avec le Khalife, pour qui d’ailleurs, il a beaucoup d’affection et c’est réciproque. D’ici les prochaines échéances électorales, on a un travail de terrain à faire, pour reconquérir ces circonscriptions, porter les bonnes informations en allant vers les populations pour les convaincre. Donc, le travail de déconstruction du discours contre le Président Macky Sall sera mené dans les mois à venir. Il n’est pas question d’abandonner ces territoires à l’opposition.

Au final, le Président Macky Sall gagne à Diourbel et Bambey. Qu’est-ce que les populations attendent de lui sur place ?

Vous savez, Diourbel est une région ancienne, qui doit rattraper son retard en matière d’infrastructures. C’est le deuxième pôle économique du pays. J’ai évoqué quelques éléments du bilan dans une précédente question, mais les populations attendent donc le développement des infrastructures locales avec, entre autres, la construction d’un marché moderne et d’un Isep (Institut supérieur d’enseignement professionnel) à Diourbel, qui reste quand même le chef-lieu de région.

On a beaucoup parlé du vote ethnique, communautaire, régionaliste ou même confrérique, notamment dans le département de Mbacké que le Président Sall a perdu. Avez-vous ressenti un clivage confrérique dans la zone ?

Pas du tout. Il y a plutôt un vote affectif très fort dans le pays. Le département de Mbacké dont on vient de parler est d’ailleurs une zone affective du Président Abdoulaye Wade jusqu’à une période récente.

Mais certains observateurs ont estimé que les mourides sont contre Macky Sall…

Ce n’est pas conforme à la réalité. Ce sont des analyses hâtives, partielles et surtout superficielles. Si tous les mourides étaient contre le Président Sall, il ne serait pas réélu. On est quand même dans un pays curieux. Quand vous gagnez chez vous, dans votre fief, on dit que «c’est grâce au vote ethnique que vous avez gagné». Quand vous perdez chez vous, on dit : «Voilà, il n’est même pas capable de gagner chez lui.» Vous entendez certains de vos confrères dire qu’un responsable politique est battu dans son bureau de vote, dans sa commune, etc. La vérité, c’est qu’aucune communauté ne peut, à elle seule, faire élire un président de la République. Tout le monde a voté pour Macky Sall, toutes confréries, religions, communautés, régions, etc. C’est donc l’agrégation de ces votes qui permet à un candidat de l’emporter. Ce fut le cas avec Abdou Diouf, avec Abdoulaye Wade et avec Macky Sall pour la seconde fois. Voilà.

Le Président va donc entamer un second mandat. Quels seront, selon vous, les principaux chantiers de son quinquennat ?

Le premier chantier, à mon avis, c’est le dialogue national inclusif. On sort d’une élection avec une campagne électorale qui a été marquée par des clivages et des oppositions profondes. Comme le Président l’a dit dans son discours du 5 mars dernier, salué par tous, l’heure est au rassemblement et à l’unité pour bâtir notre pays. Le Président élu est celui de tous les Sénégalais, sans exclusive, et c’est ensemble que nous réussirons à faire avancer le Sénégal.

Ce second mandat sera celui de la poursuite des chantiers déjà entamés, avec notamment la phase 2 du Pse, pour lequel le Sénégal a obtenu les crédits nécessaires à son financement. Donc, les dossiers sont nombreux avec les secteurs sociaux de base et les infrastructures, mais aussi la problématique de l’emploi et de la formation reste une priorité pour le Président, qui souhaite donner un avenir et des perspectives à la jeunesse et surtout ici même et pas à l’étranger.

Vous êtes aussi le Directeur général du 3Fpt. Comment comptez-vous appuyer davantage l’action du chef de l’État dans cette institution ?

En fait, le 3Fpt fait partie du dispositif imaginé et mis en place par le Président Macky Sall dans le cadre du Plan Sénégal émergent, notamment dans son Axe 2, qui vise à développer le capital humain et lutter contre les inégalités. A ce titre et pour donner corps à cette vision du chef de l’Etat, le ministre Mamadou Talla, en charge de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat, joue un rôle primordial pour organiser et encadrer la formation professionnelle, mais aussi la valorisation des expériences et du savoir-faire à travers l’apprentissage et l’artisanat. En réalité, l’employabilité des jeunes est fondamentale pour donner à tous, l’opportunité d’une insertion socio-économique réelle. On ne pourra pas régler la question de l’emploi, si on ne règle pas la question de l’employabilité. C’est donc la formation professionnelle et technique qui permettra aux jeunes d’être compétitifs sur le marché. Le 3Fpt est, par conséquent, une réponse concrète au financement de la qualification de la jeunesse sénégalaise à travers l’octroi de bons de formation qui ont permis à plus de dix mille jeunes, depuis 2014, de suivre une formation professionnelle et technique. Aujourd’hui, tout cela est possible grâce à l’affectation intégrale de la contribution forfaitaire à la charge des employeurs, plus connue sous le sigle Cfce, à la formation professionnelle. Il s’agit d’une taxe dont le montant est équivalent à 3% de la masse salariale des entreprises et qui permet aujourd’hui de prendre en charge les coûts de formation des jeunes. C’est donc une décision historique du président de la République, dont il faut se féliciter, d’autant que beaucoup de pays souhaitent s’en inspirer.

Pour en revenir à la politique, on parle déjà d’une éventualité de 3e mandat pour le Président Macky Sall…

(Il coupe) C’est un débat totalement inutile. A peine réélu, le Président Macky Sall a vraiment d’autres priorités que d’alimenter ce genre de débats. Il est le gardien de la Constitution et c’est un légaliste. Donc, il respectera les dispositions constitutionnelles en la matière. Par conséquent, ce débat est sans objet et les urgences sont ailleurs. Je vous vois venir avec la dissolution de l’Assemblée nationale et le couplage des Législatives et des Locales. Une réflexion et une concertation doivent être menées avec tous les acteurs pour arriver à un consensus le plus large possible sur l’agenda électorale, parce qu’il faut éviter les élections permanentes. On a besoin de travailler, car les attentes sont nombreuses et urgentes.Propos recueillis par MAMADOU SECK

Le scepticisme démocratique : Il y a encore tant de raisons de douter…Réponse à Amadou Lamine Sall

Le scepticisme démocratique : il y a encore tant de raisons de douter…

A Amadou Lamine SALL,Poète,Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Cher ami poète et écrivain

J’ai bien reçu le message si riche et si inspirateur que tu m’as transmis comme tu le fais à chaque fois lors de tes articles ou de tes interventions à l’étranger. Je te remercie de la persistance de cette amitié poétique que fortifie de jour en jour le gout de l’écriture, de la pensée et des idées fondatrices. Récemment, en réponse à un de tes textes envoyés par mail, je te disais « Nous, Poètes, nous percevons parfois les choses bien à l’avance». En fait, comme certains grands entrepreneurs et leaders, les poètes peuvent être de grands visionnaires. Mais, je sais que souvent les sceptiques n’y croient pas et en rigolent, oubliant cette phrase qu’on prête à Gandhi : « d’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, après ils vous combattent, et puis vous gagnez».

Poète-essayiste, je suis rentré en politique par effraction, ce qui me pousse d’ailleurs à méditer sur un ouvrage intitulé « Entré (s) en politique par effraction, le devoir d’y rester »… Au fond, nos messages et poèmes sont déjà assez « politiques » à l’instar du titre de mon second recueil « Comme un amas de pyramides inversées » dont le dix-huitième poème « Les vents de la démocratie » pourrait rappeler les évènements politiques en cours. Je sais que beaucoup de poètes plaident pour la jouvence et la régénérescence, des qualités dont inlassablement tu fais preuve. Ton article «MACKY SALL II : FACE À L’HISTOIRE ! » va dans ce sens. Tu aurais voulu ce miracle. Je salue donc ce courage de l’optimisme. Cependant, je n’ai pas l’impression que pendant ces sept dernières années, le Président MACKY SALL et son entourage aient fait preuve de l’élégance, voire de la tolérance dont nous rêvions, peut-être à tort: une stratégie offensive tous azimuts, sans relâche, forcément violente pour ceux qui l’ont vécu et mémorisé comme agressive et intolérante. Cela demandera une reprogrammation du subconscient des victimes et ce n’est pas automatique pour tous… Mais qui le fera ? Qui a cette légitimité ?

En fait, je suis tenté de croire que pour le Président Macky SALL et son entourage mieux vaut appliquer la règle « Prudence, mère de sûreté » ! Je sais qu’à l’instar des grands poètes dignes de ce nom, tu es sensible au genre humain et à son sort. Mais je suis sceptique sur ce possible revirement auquel tu invites Macky II. D’ailleurs, tu décris son forcing, sa ténacité, sa têtue persistance par un style si évocateur, voire véridique. Vous lui souhaitez une mue et une si grande capacité de retournement : « … quitter ces fonctions de chef de parti, s’éloigner du pilotage de la justice et consacrer son indépendance effective, instituer un mandat unique assez long (attention: en espérant qu’il ne l’appliquera pas alors à celui qui va démarrer bientôt), une nouvelle forme de gestion du consensus et du dialogue politiques, un gouvernement réduit, une taille de l’Etat rationnalisée, etc. », en somme tout un optimum compatible avec la rationalité managériale. Cela rappelle certaines autres idées que d’incorrigibles sénégalais continuent de diffuser: « c’est (c’était) le premier mandat ; il n’était pas libre ; maintenant avec ce deuxième mandat, il l’est ; avec ce deuxième mandat, il est maintenant à l’abri des pressions de politiciens, de groupes de pression, de transhumants ; il n’a plus rien à perdre, car il serait forcé à partir à la fin de ce deuxième mandat, etc. » Derrière ces affirmations, il y a aussi le débat peu ou mal discuté de ce qu’est la gestion du changement, la capacité à changer, à consolider des coalitions sincères pour l’excellence, les performances et le changement, à mobiliser les énergies, à les convaincre que le statu quo est intolérable, que le moment est venu de tourner la page, d’être disciplinés, toutes choses que cette missive ne peut adéquatement prendre en compte… Ce pari auquel tu invites « MACKY II » est rationnel, avec derrière l’effectivité de bonnes pratiques managériales et de gestion du changement, l’éthique, l’intégrité, la transparence, la méritocratie, un nouveau leadership transformationnel, des vraies réformes institutionnelles, la citoyenneté, etc.

Comme les grands poètes, tu es un visionnaire, tu anticipes et tu vois avant les autres ; mais souvent les gens de la politique politicienne manquent d’élégance et sont prêts à jouer, même sans légitimité, avec toutes les manipulations en leur faveur ; bizarrement, ils sont contents de ce qu’ils ne méritent pas. Et étrangement, ce sont des gens du peuple qui les érigent ainsi en faux héros, qui applaudissent, qui courtisent !

Peut-être, pour des raisons tenant à mon expérience, je suis difficilement influençable à cet égard. En effet, je ne peux qu’être dubitatif ayant tiré les leçons de 30 années de présence au sein des plus hautes sphères de l’Etat sous le « leadership » de trois présidents de la république et ayant vécu tant de faits peu éthiques face aux « flagrants délits » constatés par le corps auquel j’ai appartenu.

Cher ami poète

Ces jours-ci, j’ai reçu beaucoup de « textos » de sénégalais qui m’ont envoyé ton message. Je prends au hasard quelques réponses que je leur ai fournies :

A l’un d’entre eux, je répondais ceci : « Merci ! J’ai lu le texte d’Amadou Lamine. Macky est-il capable d’une si belle mutation ? Il me semble parfois que les sénégalais sont trop optimistes, trop généreux, oublient et pardonnent trop vite. Personnellement, je ne pense pas… »

A un autre qui m’avait envoyé ton texte, je répondais ceci : « Merci … Je vais lire. J’avais déjà reçu ce fichier d’Amadou Lamine, mais je ne l’ai pas encore ouvert. Je pars de l’a priori que les gens sont optimistes et trop gentils. Mais peut-être à tort, je ne pense pas que la personne changera(dans le sens que vous indiquez).On verra… »

Bien d’autres petits « textos » de ce genre…

Scepticisme ardu, dira-t-on ! Mais comment croire le contraire avec ce deuxième paragraphe de ton texte si subtil qui rappelle tant de faits, d’évènements, de choix, de décisions, de forcings, de refus, etc. Certes, s’il y a quelque chose que quelqu’un comme moi qui suis tombé dans la politique par effraction a appris dans ce monde, mais aussi avec l’âge et l’expérience de la vie tout court, c’est que tout est perception. C’est vrai, en politique, ce sont ces perceptions que nous défendons bec et ongle. Pour certains, ce ne sera pas facile d’oublier les « traumatismes »

Cher Amadou Lamine,

A la limite, j’aurais préféré que ta noble espérance se réalise, que Macky II émerge et ne soit pas une image fugace et lointaine à laquelle succéderait Macky III. Poètes, nous sommes condamnés à vivre entre les deux pôles de la prière et de l’intuition pour croire comme Feu Vayne Dyer, ce grand coach américain, que « la prière, c’est quand l’homme parle à Dieu, l’intuition, c’est quand Dieu parle aux hommes ». Grand poète, le meilleur d’entre nous, par ce message, tu accomplis généreusement ce don de soi aux autres : au fond tu pries, peut-être aussi que ton intuition est le début de futures transformations tant espérées. Tu as ce privilège de la double casquette de la prière et de l’intuition ! Ensemble, nous sommes obligés de dire, de vitupérer, de relancer, d’avertir en pensant un peu comme cela est écrit dans l’acte 5 de la pièce de Jean Desmarets de Saint-Sorlin, « Le visionnaire » :

« il importe fort peu que les ignorants l’entendent ou non, puisque cela n’a pas été apprêté pour eux…. Ce n’est pas pour toi que j’écris, Indocte et stupide vulgaire: J’écris pour les nobles esprits, Je serais marri de te plaire. »

Le grand problème, c’est cela aussi: les nobles esprits, la classe et l’élégance ! On dirait qu’ils sont rares en politique. C’est aussi les ignorants dont parle Jean Desmarets qui refuseront ton message !

Ton coreligionnaire en poésie, Abdou Karim GUEYE, poète-essayiste, Inspecteur général d’Etat à la retraite. Ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Auteur des recueils « Les Portes étroites » – « Comme un amas de pyramides inversées » – « Les piroguiers aux millions de rames ».

AMINATA DIALLO SORT DE SON SILENCE : «il faut sortir Khalifa et foncer sur la table du dialogue»

https://www.jotaay.ne =Elle avait complètement disparu de la circulation, perdue de vue, même à la faveur de la campagne présidentielle. Mais, Aminata Diallo est bien là, toujours scotchée à Khalifa Ababacar Sall. Dans cet entretien téléphonique, ce 8 mars, Journée de la femme, elle dit ses vérités. 

Les Echos : Que devient Aminata Diallo après une longue absence sur la scène politique ?

Aminata Diallo :Je suis là et bien là. Je profite de mon temps pour faire des études. Je suis dans des combats depuis 2000, dans l’opposition, avec le Parti socialiste. Mais, à un moment donné de la vie, il faut faire des choix. Je suis avec Khalifa Sall. Nous sommes dans un combat et le combat, quelle que soit la situation, finira un jour. Et quand ce sera la fin, nous allons faire autre chose. C’est à dire aller à la reconquête du pouvoir. Et il faut du temps à cela. Alors j’en profite, depuis l’année dernière, pour continuer mes études. Aujourd’hui, j’ai un Certificat en pratique protocolaire (diplomatie). J’ai un diplôme supérieur en diplomatie. Actuellement, je suis en train d’écrire mon mémoire et inchallah, après la fête de l’indépendance, je vais soutenir pour avoir le diplôme. En dehors de cela, je me suis aussi lancée dans l’entreprenariat féminin». Quand Khalifa a été révoqué de la mairie, moi aussi, on m’a fait sortir, parce que j’étais chef de cabinet du maire. C’est normal que quand le maire quitte la mairie, que je quitte la mairie. Et c’est ce que j’ai fait. C’est en toute responsabilité j’ai quitté le poste. Je n’avais plus rien à faire à la mairie de Dakar, même si tout le monde, la mairesse au premier chef, est en train de s’activer pour que je revienne». Mais, le plus important, est que je puisse faire ce que je veux. Ainsi, je me suis lancé dans l’entreprenariat féminin en produisant de l’eau de Javel : «Javel Amina», comme le nom de la maman du Prophète Mohammad (Psl). Qu’une femme puisse s’investir dans un monde comme ça, c’est très rare. Mais nous sommes des femmes de défis. Je ne suis pas seule dans ce projet, je suis avec d’autres femmes de mon quartier de Grand-Yoff. Nous sommes en train de travailler cette expérience. Des femmes et des hommes nous y accompagnent, en achetant le produit. D’autres, en nous appelant. Je m’active aussi dans le nettoyage…j’ai crée carrément une entreprise qui vient de démarrer.

Vous êtes donc en train de vous reconvertir…

Non, ce n’est pas une reconversion. C’est juste que depuis l’âge de 12 ans, je suis dans la politique. J’ai une grande expérience dans le domaine, en pratiquant des grands de la politique, comme le Président Abdou Diouf, Tanor Dieng, Khalifa Sall et les autres. J’ai grandi auprès de grandes personnes comme Diouf, Mme Ndioro Ndiaye, ancienne ministre de la Femme, parce que le Président Diouf m’avait emmenée chez elle. J’ai côtoyé Mme Diouf, Aminata Mbengue Ndiaye, Pape Babacar Mbaye, Khalifa Sall… Avec toute l’expérience acquise, je me suis dit que la politique n’est pas un métier et que, nous femmes, si nous voulons réussir, arriver là où nous voulons dans les instances de décisions, si nous voulons être libres en politique, nous devons impérativement avoir l’indépendance économique et financière de nos ambitions. C’est pourquoi je me suis lancée et j’ai emmené d’autres qui étaient avec moi, en leur disant qu’au lieu de toujours accompagner, je vais créer quelque chose qui va nous profiter à nous tous. Des hommes et des femmes de ce pays nous accompagnent. L’avenir pour 2024, c’est que Khalifa Sall doit être accompagné de femmes. De femmes politiques, d’administration, des femmes prêtes à aller dans les instances supérieures. Que ce soit sur le plan politique ou sur le plan de l’administration.

Vous parlez d’avenir avec Khalifa Sall, justement quelle est l’appréciation que vous avez de ces élections ?

Pour le 24 février, il n’y a pas de surprise. Pour beaucoup de gens, en tout cas, il n’y a pas de surprise. A propos du dialogue, pour moi, il faut d’abord sortir Khalifa Sall de prison et ensuite foncer sur la table. Parce que le processus électoral, aujourd’hui, si on ne cherche pas à savoir ce qu’il y a dedans, on va continuer à crier pour rien. Et ce n’est pas ce qui est recherché. On ne doit plus se laisser endormir. Je n’ai peut-être pas les mêmes idées que mes camarades, mais je trouve que rester là et dire : non le processus, le processus…je pense qu’il faut faire quelque chose. Allons creuser pour voir ce qu’il y a dans le processus. Mais, la première étape est que Khalifa Sall doit sortir de prison, parce que c’est d’abord un père de famille, un homme politique. Mais aussi le maire de Dakar. Et avec tout ce qu’il a vécu ces deux dernières années, je trouve que c’est injuste de le garder encore en prison.

Vous n’êtes donc pas de ceux qui disent:liberté de Khalifa Sall ou rien.Non ?

Non, il faut que Khalifa sorte, point. C’est cela la réalité. Il ne faut pas y voir du chantage ou je ne sais quoi d’autre, mais il faut que Khalifa sorte de prison, maintenant que les élections sont passées. S’il a été enfermé, c’est pour qu’il ne soit pas candidat. Maintenant, qu’il sorte de prison. On ne s’attend pas à autre chose.

Et quel commentaire vous inspire le départ de tous ceux qui étaient avec lui avant les élections et qui ont fini par le lâcher ?

Je ne vais pas m’attarder sur cette affaire. Mais je sais qu’en 2024, tous ceux-là qui étaient avec lui seront à nouveau avec lui et c’est cela le plus important. Par expérience politique, je ne jetterai l’anathème sur personne. Je sais que quand Khalifa sortira de prison, tous ceux qui étaient avec lui seront à nouveau à ses côtés. C’est mon intime conviction et je pense que c’est cela l’essentiel. Nous allons ensemble, main dans la main, reconquérir ce pays avec Khalifa Sall.

Comment avez-vous vécu les retrouvailles de Tanor Dieng et de Me Aissata Tall Sall, dans le cadre de la grande coalition au pouvoir ?

Nous sommes en politique ! je ne vais pas m’attarder sur cette question. Ceux qui peuvent être ensemble sont ensemble. Nous, nous sommes avec Khalifa, point ! Madou MBODJ

Madické Niang, ses fans lui rendent hommage

http://www.seneweb.com/Les fans de Madické Niang, arrivé cinquième de la présidentielle, se sont deplacés en masse ce samedi pour lui rendre hommage, chez lui aux Almadies.

Ils ont salué l’humilité et la disponibilité dont a fait montre le candidat de Madické 2019 durant la campagne électorale.

Acteurs de film, animateurs, influenceurs ou mannequins, le fans club de l’ancien ministre des Affaires étrangères a célébré « Korr Khoudia », qui n’a pas manqué de les remercier pour cet élan de sympathie à son égard.

Tout a commencé sur Facebook, lorsque des jeunes décident de créer un groupe nommé Fan’s Club Madické Niang. Celui-ci compte près de 10000 membres.

Appel du président Macky Sall : Messieurs les politiques, dialoguez!

Après la publication des résultats des présidentielles par le conseil constitutionnel confirmant la réélection du candidat Macky SALL au 1er tour, ce dernier a fait une adresse à la nation afin de saluer la maturité du peuple. Ce qu’on retient le plus dans son discours c’est l’appel à un dialogue politique inclusif. Il va même plus loin en invitant ses prédécesseurs DIOUF et WADE à s’impliquer pour la réussite de ce dialogue.

Cet appel a été diversement accueilli par les différents leaders politiques mais a été salué par tous. On y sent un élan de dépassement des clivages mais aussi une envie d’apaiser le climat politique et social. Ces dernières années, notre pays a vécu des moments d’incertitudes faits d’invectives, de déclarations incendiaires, d’insultes… à tous les niveaux.

La vérité est que tout le monde a eu peur et personne n’est prête à revivre ce stress une seconde fois. Personne ne pensait un seul instant qu’on irait à ses élections et nous en sortir sans enterrer des centaines de morts et panser des milliers de blessures. La communauté internationale était aussi très inquiète quant à l’issu de ces élections.

Le peuple est allé massivement voté dans le calme et à la proclamation des résultats celui ci est passé à autres choses refusant de jouer les prolongations pour qui que ce soit. Ce peuple qu’on disait mature est devenu RÉPUBLICAIN. Qu’il en soit infiniment remercié !

C’est ce peuple magnifique qui mérite que les politiques se mettent autour de la table. Les egos surdimensionnés doivent être mis de côté au nom de l’intérêt supérieur de la Nation. On ne peut plus continuer à l’approche de chaque élection vivre l’enfer du stress de lendemains troubles. Nous ne pouvons plus nous permettre de jouer avec le feu comme on le fait surtout quand on a du pétrole sous les pieds : ça peut exploser à tout moment !

Pour réussir ce dialogue il faut que la confiance entre l’opposition dite représentative et le pouvoir s’installe. Sans cela on continuera à avoir des discussions boycottées par cette opposition qui rejettera inéluctablement toutes les conclusions qui y seront issues. Ainsi on retombera dans un éternel recommencement avec un rejet de tout le processus électoral.

Messieurs de l’opposition !

Vous dites que le fichier électoral est piégé et que le système de parrainage doit être revu alors vous avez l’occasion rêvée de mettre tout ceci sur la tables des discussions. La politique de la chaise vide n’a jamais prospéré. Il faut accepter la main tendue du Président de la République afin d’éviter demain que ce peuple républicain ne se détourne de vous.

Quand on a des choses à dire et qu’on vous en donne l’occasion il ne faut pas s’en priver. L’opposition ne peut aujourd’hui plus se permettre de boycotter toutes les tables de dialogue et vouloir continuer à dénoncer. C’est contre productif !

Maintenant si l’on veut que la confiance s’installe il ne serait pas superflu de confier l’organisation de ce dialogue à une structure ou une personne indépendante. Cette dernière aura la charge de tracer les lignes directrices des discussions en restant équidistante entre les différentes parties prenantes. Les termes de références et la feuille de route pourront aussi faire l’objet d’une élaboration participative et inclusive avant de chercher une large validation.

C’est avec cette démarche que notre pays a eu le code électoral consensuel dit « code Keba Mbaye » de 1992 ainsi que la création de l’Observatoire Nationale des Élections (ONEL) devenue CENA.

Les hommes politiques ne peuvent pas continuer à s’ignorer et à dialoguer par presse interposée. Ce que vous faites tous les jours à travers les médias, c’est cela même que l’on vous demande autour d’une table.

On ne vous demande pas d’être d’accord mais de donner votre avis et d’écouter ceux des autres. Ensuite en adultes et responsables du devenir de ce pays, vous chercherez à trouver des consensus forts afin de préserver notre pays du diable de la division et de la violence inutile. Ce n’est pas trop vous demander si réellement l’amour que vous déclarez pour le pays est sincère.

Permettez au Sénégal de continuer à donner la plus belle image d’une démocratie achevée au monde entier. Ce mandat ci qui sera le second et le dernier pour le Président en exercice vous donne à tous l’occasion rêvée d’aider ce dernier à écrire l’une des plus belles pages de notre histoire.

Les élections locales approchent à grands pas et vous n’avez plus le temps des petites bouderies. Il faut que chacun accepte Le Bras tendu de l’autre et de faire des concessions.Nous le méritons vraiment !Dialoguez Messieurs !au PEUPLE !


Partagez ce contenu!

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*