Revue de presse du Dimanche 10 Janvier 2020

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Donald Trump bloqué par Twitter : splendeurs et misères de la démocratie américaine Par Adama wade

https://www.financialafrik.com Donald Trump, la preuve vivante qu’il vaut mieux avoir un mauvais président et une bonne et solide constitution plutôt que l’inverse.
Au delà de ses pantalonnades, Donald Trump n’a pas pu toucher à la constitution américaine. Ni déroger à un calendrier de succession fixé par les institutions. Encore moins mettre sous coupe un pouvoir judiciaire qu’il avait fait virer à tribord toute en nommant deux juges sensés lui être, croyait-il, favorables. Au final, cet épisode de contestation électorale le montre bien, aux USA c’est la constitution quasi-inviolable qui gouverne et la séparation des pouvoirs qui garantie la solidité du modèle.
Le président élu, conjoncturel par essence, peut être un progressiste invétéré comme Barack Obama ou un populiste doublé d’un milliardaire en délicatesse avec le fisc comme l’est Donald Trump, un va-t-en guerre comme Georges Bush Junior. Mais au terme de son mandat de quatre ans renouvelable une seule fois, il doit faire face à la sanction du peuple américain, souverain.

Aussi, le refus de Donald Trump de reconnaître sa défaite, la multiplication de ses recours contre des fraudes imaginaires (puisque sans preuves) et l’immense possibilité de contestation sur le plan fédéral et au niveau des Etats sonne plutôt comme la démonstration de la vitalité du système américain qui garantit la contestation et la confrontation des preuves et le recomptage des voix pour que le vote exprimé prévale.

Dans ce cadre quasi immuable fixé depuis James Madison (quatrième président des États-Unis, en fonction de 1809 à 1817), , il arrive entre plusieurs décades qu’un Donald Trump, investi du pouvoir temporaire de la majorité, tente de changer les règles du jeu. Sans conséquences. Les rédacteurs de la constitution américaine ayant apparemment prévu ces possibles excès en faisant du texte fondamental la référence suprême pour l’exécutif, le congrès et la cour suprême.
Ramener un seul instant les bouffées de chaleur de cette grande démocratie, y compris l’invasion burlesque du capitole, aux cas des démocraties balbutiantes en Afrique, où souvent c’est la constitution qui change et non le président, revient à notre sens, à confondre l’Amérique de Donald Trump de 2020 à la Côte d’Ivoire du Général Robert Geï au lendemain des élections de 2000. Qu’il soit populiste, Donald Trump l’est sûrement. Il a construit -ou fait croire ainsi- le mur avec le Mexique mais il n’a pas pu toucher à un seul texte de la constitution américaine. Et quand d’un coup de tweet rageur, il annonça ce décret bannissant les citoyens d’ un certain nombre de pays musulmans, c’est l’équivalent d’un petit juge de province, qui, depuis son modeste bureau, s’y opposa en invoquant la constitution. Résultat, Donald Trump fut arrière toute, démontrant qu’il vaut mieux avoir un mauvais président et un système démocratique équilibré qu’un bon président et un système démocratique maniable à souhait. Des institutions solides et non des hommes forts comme le disait un Barack Obama en foulant la terre de l’Afrique.
Toutefois cette victoire de la démocratie américaine sur le populiste Donald Trump semble porter en elle-même et par deux faits majeurs les germes d’une certaine décadence. Il y a d’abord la décision prise par certains journalistes des grands médias de couper le micro du président américain, certes dans un moment de grand dérapage. Cet exploit journalistique obligera la société américaine à s’interroger sur ce nouveau pouvoir des médias. Ou faudra-t-il placer le curseur afin que la salutaire décision de ne pas relayer des déclarations sans preuve ne se transforme tout simplement, comme au temps de la Pravda, en censure ou autocensure ?
L’autre question importante est la décision prise par le réseau social Twitter de bloquer le 45 ème président des Etats-Unis au lendemain de l’invasion du capitole pour, intention louable, prévenir toute incitation à la violence. Là aussi, comme à chaque fois lorsque la morale a tendance à prendre le pas sur le droit, l’on est en droit de se demander où s’arrêtera le pouvoir d’un tel réseau social ? Sera-t-il toujours bienveillant ou devons nous nous résoudre à accepter que le comité de lecture (ou de censure) de Twitter nous détermine les bons et les mauvais tweets, le bien et le mal, à l’instar de ce qui est sensé faire un pays autoritaire comme la Chine?
En clair, le CEO de Twitter, Jack Dorsey, serait désormais aussi puissant que le congrès américain, ayant la décision délicate, lui et ses collaborateurs, de dire ce qui est bon ou mauvais pour la société. Tant qu’il ne s’agira comme dans ce cas ci que de sauver la démocratie, l’on applaudira des deux mains. Mais qu’en sera-t-il si Twitter décidait de supprimer un compte d’activistes favorables à Vladmir Poutine ou Xi Jinping ? Le pouvoir suprême de bannir ou non doit-il toujours être confié aux administrateurs des réseaux sociaux au risque de voir la démocratie confisquée par des maîtres censeurs qui agissent pour “nous protéger” dans une société orwellienne ou derrière la chasse aux fake news s’intensifie à l’approche de chaque crise majeure comme lors de l’épisode des gilets jaunes en France?Bref, quand la morale prend le pas sur le droit, les censeurs ne sont jamais loin.

Pr Souleymane Bachir Diagne sur les évènements au Congrès américain : «J’ai éprouvé tristesse et sidération lorsque la foule est entrée dans le Capitole»

https://www.lequotidien.sn De la dénonciation à la sidération en passant par les railleries, les événements de mercredi à Washington ont suscité de très nombreuses réactions, en Afrique comme partout. Sur les réseaux sociaux, il y a eu beaucoup de questionnements sur la tenue de cette manifestation, l’inefficacité de la police, et sur le déclin du leadership américain, notamment auprès des Africains. Pour en parler, François Mazet de Rfi a sollicité Souleymane Bachir Diagne. Le philosophe sénégalais enseigne à l’Université Columbia, à New York.

Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez découvert les images du Capitole mercredi ?

J’imagine que ma réaction a été celle d’un peu tout le monde. C’était un effarement total parce que voir le Capitole, le saint des saints de la démocratie américaine, envahi comme cela, et aussi facilement d’ailleurs, c’est véritablement effarant. Puis ensuite, très rapidement, une certaine tristesse pour la démocratie.

On peut parler de sidération ?

Tout à fait. «Sidération» est le mot qu’il faut parce qu’effectivement, qui aurait pu imaginer une scène pareille ? Voir quelqu’un entrer dans la rotonde du Capitole, portant à l’épaule le drapeau confédéré, avec tout ce que signifie ce drapeau et la négation que représente ce drapeau, de ce que représente précisément le Capitole.
La différence d’encadrement policier entre cette manifestation et celle des derniers mois du mouvement Black lives matter, c’est quelque chose qui vous a interloqué aussi ?
Ah oui ! Cette foule est entrée comme du beurre dans le Capitole. Et d’ailleurs, en ce moment, la crise dans la crise, c’est la grande question : pourquoi cette faillite absolument incroyable des services de sécurité ? Qu’est-ce qui peut l’expliquer ? On dit même que l’intervention de dernière minute qu’il y a eu de la garde nationale a été commandée plutôt par le vice-président (Mike) Pence que par le Président lui-même.

Et la conséquence, c’est que les militants de Black lives matter y voient la preuve d’un racisme systémique ou encore d’un «privilège blanc», comme ils disent…

Si on regarde la différence de traitements, évidemment, des manifestations à peu près dans les mêmes espaces, on ne peut pas imaginer effectivement un mouvement de Black lives matter par exemple allant aussi loin et imaginer quelqu’un avec un tee-shirt Black lives matter assis comme ça sur le fauteuil de madame (Nancy) Pelosi, c’est la speaker du Congrès. Certains d’ailleurs ici ont dit de manière tout à fait officielle qu’il y a belle lurette qu’il serait déjà mort.

On se rappelle que Barack Obama, lorsqu’il était Président, avait dit en parlant de l’Afrique qu’«il n’y a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes». Donald Trump a joué à l’homme fort contre les institutions. Finale­ment, elles ont tenu, c’est la bonne nouvelle, mais elles ont été secouées…

Oui, finalement, c’était quelque chose qui pouvait s’appliquer parfaitement à son propre pays, on le voit maintenant. Et d’une certaine manière, une des leçons que porte cette crise, c’est qu’il aurait fallu ajouter que probablement le plus important, c’est une certaine éthique démocratique et la confiance en les institutions, parce que ce qui fait la force des institutions, c’est précisément la confiance que l’on a. Voilà des institutions fortes évidemment, on ne peut pas imaginer des institutions plus fortes que les institutions démocratiques américaines, mais il a suffi d’un Président qui essaye de repousser au maximum la norme en essayant de voir jusqu’où il peut aller. Qu’un Président, sur des bases totalement «complotistes» décrète que les élections avaient été faussées, frauduleuses, pour qu’une partie importante de l’opinion américaine se dise : «Oui, ces élections ont été irrégulières.» Et cela est une leçon pour les pays africains, je crois. Ce discours qui consiste dès l’entame des élections à dire : «Ah, elles vont être truquées», c’est un discours qu’on entend souvent. Donc, la confiance dans les institutions et surtout cette institution qui est fondatrice de tout, qui est l’élection démocratique, ou alors l’esprit démocratique qui fait que, quand on a perdu, on reconnaît de bonne grâce qu’on a perdu. Et c’est d’abord un comportement et une culture démocratiques.

Donald Trump a souvent humilié les pays du Sud, notamment les pays africains. Forcément, beaucoup mercredi se sont moqués de cette situation invraisemblable…

C’est vrai que si l’on regarde les réseaux sociaux, il y a une tendance aux ricanements en disant : «C’est bien fait pour lui, ce pays donneur de leçons», etc. Mais au-delà de cela, je crois que cela ne doit pas aller dans cette direction parce que tout le monde se rend compte que c’est quand même une anomalie. Et je crois que les Africains au bout du compte tireront la même leçon que tout le monde, que c’est la démocratie qui a été fortement bafouée. La situation est tellement anormale que c’est la seule leçon que tous les esprits sensés puissent en retirer.

Vous n’avez pas été enclin, vous, aux ricanements, à imaginer par exemple comme certains un communiqué un peu ironique de l’Union africaine ?

(Rires) Oui. Voyez-vous, j’ai pensé à des romans africains qui précisément jouent ce jeu, qui renversent les choses. Je pense par exemple au roman de mon aîné Abdourahman Waberi (Aux Etats-Unis d’Afrique, paru en 2006). Mais je crois que l’Union africaine doit également exprimer son attachement à la démocratie en disant sa peine, et puis tirer la leçon. La démocratie est une chose fragile. Je parlais tout à l’heure de la confiance. Finalement, elle ne repose sur rien la démocratie, elle repose sur d’abord quelque chose d’aussi impalpable que la confiance en les institutions. Et de voir que l’Etat démocratique le plus puissant au monde n’est pas lui-même à l’abri d’une crise de confiance comme celle qu’a installée le populisme, c’est une leçon pour tous ceux qui ont une inspiration démocratique de par le monde.

Rwanda, Côte d’Ivoire, Cap-Vert…ces pays qui devraient considérablement remonter la pente en 2021

https://afrique.latribune.fr L’activité économique en Afrique subsaharienne devrait progresser de 2, 7% en 2021, après une contraction d’environ 3, 7% en 2020, selon les projections de la Banque mondiale qui vient de publier ses perspectives économiques mondiales. « Alors que la reprise de la consommation privée et de l’investissement devrait être plus lente que prévu précédemment, la croissance des exportations devrait s’accélérer progressivement, en ligne avec le rebond de l’activité parmi principaux partenaires commerciaux. […] Les attentes d’une reprise lente en Afrique subsaharienne reflètent des flambées persistantes de COVID-19 dans plusieurs économies qui ont inhibé la reprise de l’activité économique », commentent les auteurs de l’étude.
Au cœur de cette reprise, certaines économies devraient considérablement remonter la pente. C’est le cas du Rwanda qui devrait passer de -0, 2% de croissance en 2020 à 5, 7% cette année, la Côte d’Ivoire (1, 8% à 5, 5%), le Kenya (-1% à 6, 9%), le Botswana (-9% à 5, 7%), le Bénin (2% à 5%) ou encore le Cap-Vert (-11% à 5, 5%), selon le rapport.

Les exportateurs agricole, mieux lotis que les pétroliers

Très clairement, les performances économiques devraient rester en deçà des taux de 8%, 9% enregistrés avant la crise. Mais globalement, les experts de l’institution de Bretton Woods tablent sur une reprise plus aisée en raison de la hausse attendue des prix internationaux pour les pays exportateurs de produits agricoles qui ont déjà connu une contraction moins prononcée de leurs économies l’an dernier.
Les exportateurs de pétrole en revanche restent suspendus à une potentielle remontée des cours sur les marchés internationaux. Chez le premier producteur africain de pétrole, le Nigeria, à titre d’exemple, la Banque mondiale s’attend à une sortie du rouge (de -4, 4% en 2020 à 1, 1 en 2021). La reprise, estiment les experts, ne pourrait être aussi forte qu’attendue sans une réelle remontée des cours de l’or noir. Même constat en Angola, deuxième pétrolier du continent dont la croissance du PIB passerait de -4% à 0, 9%.
La situation devrait être encore plus difficile pour les pétroliers d’Afrique centrale dont certains devraient restés en récession  : Guinée Equatoriale (-9% à -2, 8%), République du Congo (-8, 9% à -2%). Le Gabon en revanche pourrait revenir au vert, avec une certaine fragilité (-2, 4% à 1, 9%).

Les économies touristiques en attente d’un nouveau boom des voyages

Les économies portées par le tourisme qui ont également été brutalement touchées par la crise devraient rebondir en fonction de la reprise des voyages internationaux. D’ailleurs comme l’indiquait l’économiste mauricien Eric Ng Ping Cheun dans un entretien avec La Tribune Afrique en pleine pandémie, il serait « impossible de relancer l’économie » de son pays sans une véritable libre-circulation des personnes. Et la deuxième vague de contamination sur le continent pousse les pays à multiplier les mesures restrictives, ce qui ne représente pas en soi de bonnes nouvelles pour les économies touristiques. Toutefois, l’accès au vaccin est considéré comme un facteur majeur d’accélération de la relance du tourisme et les experts de la Banque mondiale ont bon espoir que ces pays dont Maurice, les Seychelles, le Cap-Vert… qui ont connu des contractions de leur PIB jusqu’à -15%, puissent remonter la pente plus tard au cours de cette année.

Promouvoir l’investissement

Récemment, de nombreux experts des questions africaines s’accordent pour dire que le plus urgent concernant le continent africain est la mise à disposition d’un financement de qualité. La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) est allée dans le même sens dans son dernier rapport, mettant un accent particulier les financements innovants au bénéficie des entreprises, car, on ne le dira jamais assez, le secteur privé reste le maillon fort de toute économie.
De même, la Banque mondiale estime que tout en déployant les vaccins, il va falloir davantage promouvoir l’investissement, débloquer les financements pour permettre aux économies de redémarrer dans un contexte d’incertitudes persistantes.  Par Ristel Tchounand

Les réserves de change de la BCEAO s’établissent à 10 550 milliards à fin octobre 2020

https://www.sikafinance.com Les réserves de change ou les avoirs détenus par la BCEAO en monnaies étrangères et en or se sont établies à 10 548, 9 milliards FCFA (16, 08 milliards d’euros) à fin octobre 2020, contre 9 015, 8 milliards FCFA (13, 74 milliards d’euros) à fin octobre 2019, soit une hausse de +1 533, 1 milliards FCFA en glissement annuel.

Cette évolution des réserves de change de la zone UEMOA est en lien avec les tirages effectués sur les ressources du Fonds monétaire international (FMI) qui ont induit une hausse de 1 185, 4 milliards FCFA des avoirs en Droit de Tirages Spéciaux (DTS) ainsi que des plus-values de +321, 3 milliards FCFA sur l’or monétaire.

Ce niveau de réserves peut donc permettre aux économies de l’Union de fonctionner normalement grâce notamment à la couverture de 5, 4 mois d’importations de biens et services.
Il correspond par ailleurs à un taux de couverture de l’émission monétaire par les réserves de change de 73, 9%, bien au-delà du seuil réglementaire de 20%. Ceci signifie que dans l’UEMOA les réserves de change couvrent jusqu’à 73, 9% de la masse monétaire en circulation, ce qui est un niveau très confortable.
En effet, afin de préserver la parité fixe avec l’euro, les Etats membres de l’Union doivent respecter certaines règles dans le cadre de la gestion de leurs réserves de change, notamment le fait que le taux de couverture extérieure de la monnaie qui est le rapport entre les avoirs extérieurs de la Banque Centrale et ses engagements monétaires (M1, M2 et M3), ne doit pas être inférieur à 20% pendant plus de trois mois consécutifs.Dr Ange Ponou

«LE SECTEUR INFORMEL RESTE LE PARENT PAUVRE DU COUVRE-FEU»

http://www.emedia.sn L’Etat d’urgence assorti d’un couvre-feu décrété par le chef de l’Etat, depuis le 6 janvier, impacte négativement le secteur de l’économe. L’informel en premier lieu. C’est l’avis de l’Economiste international, Pape Demba Thiam. Invité à l’émission Lr du Temps, ce dimanche, Thiam estime que le secteur informel, un pan important de l’économie sénégalaise, reste le parent pauvre de ces mesures prises.
« D’une manière générale, le coronavirus est un accélérateur de pauvreté. Parce que, les modèles de développement que nous avions, qui ne sont pas des modèles de développement, mais des ajustements permanents, en fonction de ce que nous demandent les institutions qui nous prêtent de l’argent. Ces modèles ont créé la pauvreté en créant la vulnérabilité structurelle qui détruit le développement et qui ne crée pas de la richesse partagée. C’est ce qui a explosé le secteur informel qui est une réponse à l’échec de l’économie formelle. Mais, c’est un secteur, que malheureusement ceux qui nous donnent des prescriptions ne comprennent pas. Ils ne savent même comment s’appuyer sur le dynamisme du secteur informel pour développer notre économie », a-t- il fait savoir.
Sur la même lancée, la directrice de Osiwa Pays au Sénégal, Hawa Ba, trouve que le couvre-feu se fera sentir dans les ménages. Pour elle, ce sont les travailleurs du secteur informel qui seront lésés, en grande partie, par ces mesures. « Nous avons déjà vécu un couvre-feu lors de la première vague. Haut delà du couvre-feu, toutes les mesures qui ont été prises ont eu un impact considérable sur le plan économique chez les Sénégalais. Mais surtout, sur la majorité de la population dont 90% des revenus dépendent des activités informelles. Ces activités vont se retrouver avec une baisse des heures de travail qui va absolument avec une baisse de revenus. D’autant plus que les mesures d’accompagnent, lors de le première vague, n’ont pas semblé être à la hauteur des pertes subies. Il y a eu à la fois une fragilisation économique des travailleurs et une vulnérabilité accrue des ménages qui dépendent de ces travailleurs », a-t-elle signalé. Babacar FALL & Pape D. DIALLO (Photo)

«HEC Paris est perçue comme une porte d’entrée vers l’Afrique»

https://www.lepoint.fr/afrique ENTRETIEN. L’Afrique oblige désormais à de nouvelles approches. Comment HEC Paris s’y adapte-t-elle ? Philippe Oster, son directeur des affaires internationales, répond.
La fulgurante évolution économique vécue par l’Afrique ces vingt dernières années n’a pas échappé à HEC Paris, grande école française créée en 1881 à Paris et installée à Jouy-en-Josas depuis 1964. Branchée sur le continent pour la formation autant initiale que continue, en direction d’étudiants, d’acteurs publics ou privés, HEC Paris a pris le parti de s’imprégner des nouvelles réalités de l’Afrique pour proposer des programmes plus pertinents sur le fond et sur la forme. Au regard de toutes les dynamiques qui travaillent le continent, politiques, économiques, sociales, culturelles mais aussi entrepreneuriales et numériques, la tâche est loin d’être aisée. Comment HEC Paris s’y prend-elle pour délivrer une formation utile à l’Afrique et accompagner les acteurs locaux et internationaux dans les entreprises et administrations publiques ? Réponse de Philippe Oster, son directeur des affaires internationales.

Le Point Afrique  : En quoi est-il pertinent d’être présent en Afrique aujourd’hui ?

Philippe Oster  :  L’éducation et la formation font partie des priorités de transformation du continent africain. La formation de dirigeants visionnaires, engagés et responsables ainsi que le développement d’un écosystème entrepreneurial fort sont des facteurs clés pour la réussite de cette transformation.
Pour HEC Paris, première business school européenne et institution de référence mondiale, le continent africain est d’une importance stratégique capitale. Notre ambition dépasse d’ailleurs le déploiement de formations d’excellence  : elle est de créer une communauté de dirigeants et d’entrepreneurs éclairés, internationale et très diverse, cherchant à contribuer au développement et au bien-être de l’ensemble de la société, en Afrique et dans le reste du monde.

Comment êtes-vous présent sur le continent ?

Forte de son ancrage historique sur le continent, HEC Paris y a accéléré son développement ces dernières années. Nous le faisons tout d’abord au travers de partenariats académiques forts. Nous sommes aujourd’hui très présents au Maroc, aux côtés de l’université Mohammed-VI-Polytechnique, ainsi qu’en Côte d’Ivoire, à la suite de la signature d’un partenariat avec l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny.
De nombreux projets communs, notamment dans le domaine de l’entrepreneuriat, sont en cours avec ces partenaires.
L’ouverture à Abidjan en 2018 d’un bureau de représentation a par ailleurs impulsé une nouvelle dynamique, qui bénéficie de la relation de proximité et de confiance établie avec le tissu économique en Afrique du Centre et de l’Ouest. Nous y poursuivons le développement d’un véritable portfolio de programmes à destination des cadres dirigeants, coconstruit avec nos partenaires locaux et répondant aux exigences de formation des secteurs public et privé.
La présence de HEC Paris sur le continent est aussi très largement portée par le dynamisme de nos diplômés, en nombre croissant. Quatorze chapitres alumni les réunissent aujourd’hui, les plus récents ayant été lancés au Nigeria et au Kenya en 2018, ainsi qu’au Gabon en 2019.

Comme grande école française, HEC Paris est un pôle d’excellence. Y accéder est un vrai défi. Comment composez-vous avec les réalités académiques, économiques et financières africaines pour ne pas passer à côté des meilleurs potentiels du continent ?

Accroître la présence des étudiants africains au sein des programmes diplômants de l’école nous tient tout particulièrement à cœur. Notre ambition est de porter le nombre d’étudiants du continent à 15 % des effectifs dans les cinq prochaines années. Nous sommes actuellement au milieu du gué, avec un peu plus de 8 %.
Pour atteindre cet objectif, nous disposons d’atouts indéniables, parmi lesquels une attractivité très forte de l’école, en particulier dans les pays francophones. Cependant, dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, les crises économiques ou politiques ont été un obstacle au recrutement, tout comme l’a été et continue de l’être une forme d’autocensure des étudiants, qui « n’osent pas » candidater à HEC Paris.
C’est pourquoi nous avons lancé en 2019 un dispositif inédit  : le programme d’accompagnement des talents africains (PACT Afrique). Destiné aux étudiants désireux de se préparer au concours d’admission internationale à la grande école de HEC Paris,  PACT Afrique prépare de jeunes talents présélectionnés, sur la base de leurs résultats académiques et de leur motivation, aux épreuves écrites et orales du concours. L’objectif est de les mettre en confiance et de leur donner les outils nécessaires pour bien appréhender ces épreuves très sélectives. En 2019, ce sont ainsi 16 étudiants qui ont été sélectionnés pour la toute première édition du programme PACT, et 5 d’entre eux ont intégré le prestigieux programme grande école à la rentrée dernière. En raison de ce succès,  23 étudiants viennent d’intégrer la deuxième promotion PACT, sélectionnés parmi 115 candidats.
Ce programme a été rendu possible par le soutien de la Fondation HEC et l’engagement de donateurs diplômés de l’école, qui en financent le développement, par la détermination de M. Koffi N’Guessan, directeur général de l’INP-HB, ainsi que le soutien du gouvernement de la Côte d’Ivoire, qui attribue des bourses d’excellence aux candidats admis dans les grandes écoles françaises.
Nous ambitionnons désormais de déployer le programme PACT dans d’autres pays limitrophes, dès l’année prochaine.

Sur le terrain académique, la concurrence est rude avec une multiplication d’écoles africaines souvent en partenariat avec des universités américaines, chinoises, canadiennes, indiennes ou autres. Comment vous y prenez-vous pour offrir un produit compétitif pour fournir tant les entreprises locales que les entreprises internationales à la recherche de compétences africaines ? 

Nous disposons d’un avantage compétitif très important  : la reconnaissance des entreprises au niveau mondial, saluée chaque année dans les classements internationaux. La première place européenne, obtenue une nouvelle fois cette année dans le classement des business schools européennes du Financial Times, est très largement due au très bon placement de nos étudiants, quel que soit le programme considéré.
Les diplômés de HEC Paris sont très recherchés au sein des grandes entreprises, françaises et internationales. Ces entreprises viennent chercher sur le campus les compétences africaines  : il s’agit d’une part de nos étudiants africains qui envisagent de plus en plus de retourner sur le continent pour être acteurs de la transformation, mais il s’agit aussi d’un nombre significatif d’étudiants français attirés par l’Afrique, ou encore d’étudiants internationaux s’intéressant à l’Afrique et qui viennent à HEC Paris car l’école est perçue comme une porte d’entrée vers le continent.
En témoigne le succès récent de notre troisième édition des Africa Business Days, un événement organisé en novembre par les étudiants du MBA de HEC Paris et dédié aux carrières en Afrique, très apprécié par les entreprises qui y participent.

L’Afrique bouge énormément et découvre de nouveaux besoins quant aux compétences de ses cadres dans une logique de développement où il faut créer de plus en plus de valeurs locales. Comment vous positionnez-vous dans cet univers ?

Le renforcement de l’expertise managériale et entrepreneuriale des décideurs s’appuie aujourd’hui en particulier sur de nouveaux programmes conçus pour l’Afrique, coconstruits avec des partenaires locaux, où l’expertise locale s’ajoute à l’expertise HEC Paris.
Une offre de certificats capitalisables et d’executive masters spécialisés à vocation africaine a ainsi vu le jour ces dernières années, et ils sont délivrés depuis le Maroc et la Côte d’Ivoire. Au Maroc, où depuis 2011 HEC Paris forme les cadres du groupe OCP, un executive Master en géopolitique et géo-économie de l’Afrique émergente ainsi qu’un programme certifiant de finance sont délivrés avec succès depuis 2018 avec l’université Mohammed-VI. En Côte d’Ivoire, HEC Paris a lancé en 2016 le programme MUST (Management d’une unité stratégique), un programme de haut niveau réunissant à Abidjan des cadres dirigeants d’Afrique francophone.
Nous déployons également sur le continent et depuis quelques années une offre en mode blended (présentiel et en ligne), comme pour notre executive certificate finance, ou 100 % en ligne, comme pour nos formations en finance, en stratégie ou en entrepreneuriat et innovation. Cette expertise que nous avons déployée sur les formations en mode blended ou 100 % en ligne nous permet par ailleurs d’assurer la continuité des enseignements en cette période de crise sanitaire.
En Afrique, HEC Paris bénéficie aussi d’une expertise reconnue dans le secteur public.
Entre 2007 et 2020, les programmes AGORA (Accompagnement gouvernemental des réformes en Afrique) ont accompagné le changement des administrations (agents, cadres et hauts fonctionnaires) de plusieurs ministères et pays africains (Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, Congo Brazzaville). Dernier en date, CAP2020 est le deuxième programme Agora soutenu par le gouvernement ivoirien.

Pour créer plus de richesses, les Africains sont de plus en plus acteurs de la dynamique d’entrepreneuriat et d’innovation qui prévaut sur le continent. Comment faites-vous pour préparer vos étudiants, en formation initiale ou continue, à affronter cette réalité avec le maximum d’atouts ?

L’entrepreneuriat et l’innovation constituent un axe fort de développement de l’activité de l’école, comme en témoigne notre devise historique « Apprendre à oser / Learn to Dare ». Nous avons construit au fil des années un écosystème entrepreneurial très développé, très robuste et très efficace, sur la base d’une pédagogie unique, basée sur le learning by doing. Notre mission est triple  : développer l’esprit d’entreprendre, accompagner les projets entrepreneuriaux portés par la communauté HEC Paris, soutenir et amplifier leur développement.
Aujourd’hui, ce sont 100 % des étudiants au sein de nos programmes diplômants qui sont sensibilisés à l’entrepreneuriat et à l’innovation, et 400 projets de start-up accompagnés en rythme annuel, avec un taux de survie à 3 ans de 85 %. Notre incubateur, basé à Station F, le plus grand campus de start-up du monde, est désormais aussi sélectif que Harvard !
Notre ambition est grande car nous considérons que ne nous ne sommes qu’à 5 % de notre potentiel de développement en la matière. Ce développement passe par l’international, et en particulier par le déploiement de notre expertise entrepreneuriale sur le continent africain. Notre ambition est de créer un réseau international d’incubateurs, de centres dédiés à l’innovation et à l’entrepreneuriat, pour amplifier encore notre action au service de nos étudiants et de nos diplômés. C’est ainsi que nous avons d’ores et déjà initié des projets d’incubateurs au Maroc et en Côte d’Ivoire, en partenariat avec l’INP-HB, qui viennent compléter un dispositif global déployé en Asie, avec une empreinte très forte en Chine dans le hub technologique de la zone de Shenzhen, au Moyen-Orient, en particulier au Liban et au Qatar, ainsi qu’en Europe.

Sur quels points les patronats locaux vous sollicitent-ils le plus et quelles relations entretenez-vous avec eux ?

Les patronats africains ont joué un rôle fondamental dans le développement de nos activités sur le continent. Le choix d’implantation de notre bureau régional à Abidjan s’est naturellement tourné vers la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGE-CI), avec qui nous entretenons des relations de proximité de longue date. Des programmes certifiants HEC executive education sont régulièrement proposés aux membres de la CGE-CI, qui reste de fait un partenaire clé dans le déploiement de nos activités.
Nous avons pour ambition de développer encore plus nos partenariats avec les patronats africains, comme actuellement au Cameroun où nous assurons une présence régulière du fait de nos actions menées en partenariat avec la Banque centrale des États de l’Afrique centrale.

Alors que le grand marché africain, la Zlecaf, se met en place, les espaces francophones, anglophones, lusophones, hispanophones et arabes vont se fondre progressivement les uns aux autres. Comment vivez-vous cette nouvelle donne et quelle stratégie déployez-vous pour être à son diapason ?

L’organisation ces dernières années d’un nombre impressionnant de forums, de conférences, et d’événements culturels concernant l’Afrique ont été autant d’occasions d’appréhender les nouvelles orientations et la transformation du continent.
Dans ce contexte en pleine évolution, un premier pas important a été mené pour développer le recrutement d’étudiants de toutes les régions du continent africain, dans tous nos programmes. Ainsi, nos programmes MBA et Executive MBA, entièrement dispensés en anglais, accueillent de plus en plus d’étudiants africains anglophones – Afrique du Sud et Nigeria en tête.
Un deuxième pas a été la création de programmes à vocation panafricaine, comme Lead Campus. Sustainable Leadership in Africa. Lancé en 2019 par HEC Paris en partenariat avec l’université UM6P au Maroc et Capetown BS en Afrique du Sud, ce programme multisites (Maroc, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud, Kenya, France) a pour ambition de rassembler les talents et de capitaliser sur le potentiel conjugué de l’Afrique francophone et de l’Afrique anglophone. Les enjeux et défis d’un continent en transition et la question du développement durable (gestion des ressources, empreinte carbone, inclusion sociale…) président ici à la compréhension de nouveaux modèles d’organisations plus performantes, plus responsables et plus inclusives.

Au regard de la diversité de l’origine de vos étudiants, les questions d’interculturalité et de multiculturalité sont réelles autant dans le fonctionnement de HEC Paris que dans ses programmes de formation. Comment y sont-elles approchées ?

HEC Paris compte actuellement plus de 110 nationalités et près de la moitié de nos étudiants est d’origine étrangère. Ce brassage inter et multiculturel est une chance et une richesse, et reflète l’un des trois piliers des valeurs défendues par notre école que sont l’excellence, la diversité et la communauté.
Nous encourageons ainsi la diversité sous toutes ses formes et facilitons l’intégration de nos étudiants internationaux au sein de nos programmes, mais également de la vie associative, fondamentale dans la construction de l’expérience HEC Paris.
C’est en effet une opportunité exceptionnelle qui est offerte à nos étudiants d’apprendre à étudier, à travailler, à vivre au sein de cette communauté internationale, qu’ils ne pourraient trouver ailleurs. C’est ainsi que se tissent des réseaux personnels et professionnels, des amitiés durables, mais également une meilleure compréhension de ce monde et des dynamiques qui l’animent. En cela, le campus de HEC constitue une chance, un véritable laboratoire, un lieu d’ouverture à toutes les diversités et d’expérimentation de la paix dans le monde.

Au final, quels sont les défis de HEC Paris en Afrique dans les prochaines années ? 

Nous souhaitons consolider et amplifier notre présence dans les régions francophones à travers le déploiement de notre programme PACT Afrique, de notre offre de formation executive education délocalisée sur des thématiques pays, de notre expertise entrepreneuriale et de nos centres dédiés à l’innovation.
Notre défi pour les années à venir est également de déployer notre présence dans les pays anglophones en poursuivant notre recrutement d’étudiants talentueux, en développant des programmes panafricains tels que Lead Campus, en encourageant les échanges d’étudiants, de l’Afrique vers la France mais aussi de la France vers l’Afrique, et enfin en faisant de l’Afrique et de ses enjeux un centre d’intérêt majeur pour toute la communauté HEC.  Propos recueillis par Malick Diawara

Le secteur tertiaire, clef de la croissance du Sénégal

https://magazinedelafrique.com Le tableau annuel de l’économie du Sénégal, ainsi que les chiffres provisoires concernant 2020, confirment combien les services tirent la croissance du Sénégal. Le secteur de la finance, en particulier, a soutenu une activité moindre qu’espérée en 2019.
L’Agence sénégalaise de la statistique et de la démographie (ANSD) a ajusté ses estimations de l’activité du pays pour l’année 2019. Selon des données quasi–définitives, la croissance ressort à 4, 4% en 2019, après une hausse de 6, 2% (chiffres définitifs) en 2018.

Le tertiaire contribue à hauteur de 2, 3 points à la croissance. « Le secteur tertiaire demeure ainsi le moteur de la croissance économique compte tenu de son poids prépondérant et de son dynamisme », souligne l’ANSD.

Certes, l’année 2019 parait déjà loin, compte tenu de la situation actuelle, mais elle témoigne du potentiel de croissance du Sénégal hors « choc », tel que celui subi en 2020. La presse sénégalaise n’a pas manqué de faire observer que cette révision contraste avec la prétention affichée du gouvernement d’une croissance continue de 6% l’an au moins, durant six ans consécutifs.
« Ce ralentissement s’est réalisé dans un contexte de hausse de 1, 9 % du niveau général des prix, après une dépréciation de 0, 8 % en 2018 », explique l’ANSD.
L’année 2019 est marquée par un ralentissement de l’activité économique mondiale mais le maintien d’une activité dynamique dans la zone Uemoa (+5, 8%), dans un contexte de maîtrise des prix. « Cette contraction des prix est en rapport avec la bonne campagne agricole réalisée dans plusieurs États membres et les mesures prises par les gouvernements pour un meilleur approvisionnement des marchés en produits alimentaires. »
En volume, la consommation finale et l’investissement (FBCF) ont enregistré, respectivement, des progressions de 3, 7% et 8, 4% en 2019 contre 4, 5% et 13, 7% en 2018. Les exportations ont progressé plus vite (+11, 2%) que les importations (+5, 3%), en conséquence le solde des échanges extérieurs s’est amélioré en 2019. À noter du dynamisme non démenti de l’épargne des ménages (+17, 7%) en 2019, après 16, 8% en 2018.
Revenant sur le ralentissement de croissance, « cette situation est consécutive au ralentissement de croissance des secteurs primaire (+4, 5%), secondaire (+3, 7%) et tertiaire (+4, 6%) », explique l’ANSD. Le tertiaire contribuant à hauteur de 2, 3 points à la croissance, contre 0, 7 point pour le primaire et 0, 9 point pour le secondaire. « Le secteur tertiaire demeure ainsi le moteur de la croissance économique compte tenu de son poids prépondérant et de son dynamisme », souligne l’ANSD.
La bonne tenue du secteur tertiaire est imputable à la performance des activités financières et d’assurance (+12, 0%), du transport, des activités immobilières et de l’enseignement. « Le raffermissement des services financiers est impulsé par la bonne tenue des sous-secteurs bancaire et d’assurance qui se sont bonifiés de 8, 3% et 23, 1% entre 2018 et 2019 et d’un dynamisme des activités des auxiliaires financières et d’assurance. »
En matière d’emplois, la consommation finale (82, 3% du PIB) a augmenté de 3, 7% (-0, 8 point). Cette tendance baissière a été atténuée par la consommation publique, en hausse de 5, 5% en 2019.
Schéma qui se retrouve pour la FBCF  : l’investissement privé n’a augmenté « que » de 9, 3% (contre +19, 5% en 2018) tandis que l’investissement public a rebondi de 5, 0% en 2019, après un repli de 3, 1% en 2018. Cette progression intervient dans le contexte de poursuite des projets structurants, notamment la finalisation du prolongement de la Voie de dégagement nord et des travaux relatifs au Train express régional.

Concernant les échanges extérieurs de biens et services, ils sont caractérisés par la vigueur des exportations en valeur (+12, 7%) et un ralentissement de croissance des importations (+5, 5%). Voilà qui a permis de contenir le déficit commercial à 1 940, 5 milliards de F.CFA contre 2 040, 5 milliards en 2018.

Le Sénégal affichait, fin 2019, un Revenu national disponible de 14 505 milliards de F.CFA (+6, 3%), soit un revenu par tête de 895 000 F.CFA, soit 1 528 dollars.

ENCADRE  : Rebond au troisième trimestre 2020

Par rapport au deuxième trimestre, le PIB en volume du Sénégal a enregistré une hausse de 3, 8%, révèle l’ANSD. Qui précise que ce résultat s’explique par une hausse de l’activité du secteur primaire (+2, 0%), secondaire (+6 %) et tertiaire (+3, 3%).
La consommation finale ressort en hausse de 1, 9% et la FBCF de 2, 7%. Les exportations ont rebondi de 35, 2% en termes réels. Par rapport au troisième trimestre de 2019, l’activité économique affiche une croissance plus modeste (0, 7%) car sur un an, le secteur tertiaire affiche toujours une contraction de 0, 7%.

Evolution de la valeur ajoutée en volume des secteurs d’activité et des taxes nettes

Par Paule Fax

GESTION BUDGETAIRE NOVEMBRE 2020 : Un solde déficitaire de 1 206, 9 milliards enregistré

http://www.enqueteplus.com La gestion budgétaire est marquée, en fin novembre dernier, par un solde déficitaire de 1 206, 9 milliards, contre 543, 2 milliards un an auparavant. Une situation qui relève, selon le point mensuel de conjoncture rendu public hier par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), d’une exécution soutenue des dépenses publiques associée à une baisse de la mobilisation des ressources internes.
Le point mensuel de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), rendu public hier, révèle qu’à fin novembre 2020, la gestion budgétaire s’est illustrée par un solde déficitaire de 1 206, 9 milliards contre 543, 2 milliards F CFA un an auparavant. Cette situation est justifiée, selon la même source, par une exécution soutenue des dépenses publiques associée à une baisse de la mobilisation des ressources internes.
En effet, les ressources mobilisées à hauteur de 2 411, 1 milliards se sont repliées de 0, 5 %, contre un accroissement de 21, 9 % des dépenses de 3 618, 0 milliards, en glissement annuel. ‘’Les ressources sont composées de recettes budgétaires de 2 119, 4 milliards, de dons de 271, 6 milliards et de recettes exceptionnelles pour 20, 2 milliards. La contraction des ressources est liée à la baisse des recettes budgétaires, malgré une progression des dons. S’agissant de la baisse des recettes budgétaires, elle est attribuable aussi bien aux recettes fiscales qu’à celles non-fiscales qui ont affiché, respectivement, des replis de 5, 5 % et 5, 8 %, pour s’établir à 2 005, 6 milliards et 113, 7 milliards’’, renseigne le document.
La DPEE explique que la baisse des recouvrements de recettes fiscales traduit, essentiellement, la faible mobilisation des impôts directs et ceux indirects qui se sont repliés, respectivement, de 28 milliards et 129, 1 milliards sur la période sous revue.
En effet, le document indique que les diminutions sont perceptibles au niveau de la mobilisation de l’impôt sur les sociétés pour une valeur de 218, 1 milliards, de l’impôt sur le revenu de 354, 9 milliards, de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) intérieure pétrole pour 14, 7 milliards et des taxes spécifiques de 179, 9 milliards. Ces taxes se sont repliées respectivement de 2, 4 milliards, 22, 6 milliards, 1, 5 milliards et 20, 2 milliards.
De même, les droits et taxes mobilisés par la douane, notamment la TVA import estimée à 371, 3 milliards et les droits de porte de 249, 9 milliards, se sont inscrits sur cette dynamique baissière avec des contractions respectives de 13, 2 % et 13, 9 %. ‘’Les taxes rapatriées (PSE ET Cosec), suivant également cette tendance, sont estimées à 35, 2 milliards avec des diminutions respectives de 2, 7 milliards et 1, 3 milliard.
En revanche, le FSIPP et la TVA intérieure hors pétrole ont atténué cette tendance baissière avec des hausses respectives de 44, 5 milliards (+246, 3 %) et 2, 8 milliards (+1 %)’’, lit-on dans le rapport.
Concernant les dépenses budgétaires, la DPEE informe qu’elles sont évaluées à 3 618 milliards à fin novembre 2020, contre 2 967, 4 milliards, un an auparavant, soit une hausse de 650, 6 milliards. Une situation qui reflète une progression des dépenses courantes, surtout la masse salariale et les autres dépenses de fonctionnement ainsi que les investissements.
D’après la même source, les autres dépenses de fonctionnement et la masse salariale ont enregistré des progressions respectives de 39, 3 % et 13, 1 %, pour atteindre 1 224, 3 milliards et 753, 8 milliards.
Toutefois, cette orientation est atténuée par la réduction des intérêts sur la dette, à hauteur de 17, 4 milliards, s’établissant à 270, 2 milliards.
Par rapport aux dépenses d’investissement, elles sont estimées à 1 354, 5 milliards, à la faveur des investissements financés sur ressources intérieures à hauteur de 722, 4 milliards et ceux sur ressources extérieures de 647, 4 milliards.MARIAMA DIEME

ECHANGES EXTERIEURS : Une dégradation du déficit commercial de 53, 1 milliards en novembre

http://www.enqueteplus.com Le déficit commercial s’est dégradé de 53, 1 milliards, en rythme mensuel, pour s’établir à 169, 7 milliards. Selon le point mensuel de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE) publié, hier, cette situation s’explique par une hausse des exportations de biens pour une valeur de 25, 5 milliards, moins importante que celle des importations pour 89, 3 milliards, en variation mensuelle.
Le commerce extérieur sénégalais s’est illustré, en novembre 2020, par la dégradation du déficit commercial de 53, 1 milliards, en rythme mensuel. Celui-ci s’est établi à 169, 7 milliards, selon le point mensuel de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE) rendu public hier. Dans le document, la DPEE explique que cette situation résulte d’une hausse des exportations de biens à hauteur de 25, 5 milliards, moins importante que celle des importations estimées à 89, 3 milliards, en variation mensuelle.

Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations est estimé à 43, 2 % contre 47, 71 % en octobre 2020, soit un recul de 4, 5 points de pourcentage.

La direction en charge de la prévision et des études économiques informe que les exportations de biens sont évaluées à 163, 6 milliards au mois de novembre 2020 contre 138, 1 milliards un mois auparavant, soit une de 25, 5 milliards. Ce qui traduit, essentiellement, le renforcement de la valeur des exportations de produits alimentaires pour 22, 0 milliards, d’or brut à hauteur de 6, 9 milliards. Mais aussi d’engrais minéraux et chimiques, pour un montant de 4, 1 milliards et de zircon de 2, 1 milliards. ‘’La hausse des exportations de produits alimentaires est, en partie, tirée par les produits arachidiers (+13, 7 milliards), halieutiques (+4, 7 milliards) et les ‘préparations de soupes, potages et bouillons’ (+3, 4 milliards). En revanche, les ventes à l’extérieur d’acide phosphorique et de titane se sont, respectivement, contractées de 7, 5 milliards et 2, 4 milliards, en rythme mensuel’’, rapporte le document.
Sur un an, la même source renseigne que les exportations de biens se sont confortées, atteignant 35, 8 milliards, en novembre 2020, reflétant, principalement, la progression des ventes à l’étranger d’or brut de 19, 2 milliards, de produits alimentaires de 13, 1 milliards, d’engrais minéraux et chimiques pour 4, 3 milliards et de ciment de 1, 7 milliard. S’agissant des produits alimentaires, la bonne tenue des exportations est, principalement, liée à la progression des ventes de produits arachidiers pour une valeur de 13, 8 milliards et de ‘’préparation de soupes, potages et bouillons’’ pour 1, 7 milliard.

Cependant, les ventes à l’étranger de produits pétroliers pour une somme de 8, 2 milliards, d’acides phosphoriques de 5, 2 milliards, de titane de 1, 6 milliard et de ciment de 0, 9 milliard se sont repliées sur la période sous revue.

Le point mensuel de la DPEE rapporte que les exportations du Sénégal destinées à la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) se sont établies à 36, 9 milliards en novembre 2020 contre 26, 4 milliards un mois plus tôt, soit une augmentation de 10, 5 milliards. ‘’La part de l’UEMOA dans les exportations totales du Sénégal s’est située à 22, 6 % en novembre 2020, soit un surplus de 3, 5 points de pourcentage, en variation mensuelle. Également, le poids des exportations du Sénégal vers le Mali dans les exportations totales de l’Union s’est amélioré de 4, 5 points de pourcentage, s’établissant à 68, 8 % en novembre 2020. Le ciment reste le principal produit exporté vers ce pays partenaire avec une part estimée à 22, 0 % contre 26, 6 % en octobre 2020’’, relève la note.

Hausse des importations en novembre 2020

Il convient de relever également, selon la même source, que les importations de biens se sont accrues de 89, 3 milliards au mois de novembre 2020 pour se situer à 378, 7 milliards. Une situation qui est imputable, notamment, au renforcement des achats à l’étranger de produits pétroliers à hauteur de 30, 1 milliards, de ‘’machines, appareils et moteurs’’ pour 30, 0 milliards. Mais aussi de ‘’véhicules, matériels de transport et de pièces détachées’’ dont les achats sont évalués à 12, 7 milliards, de produits pharmaceutiques à 3, 2 milliards et de produits alimentaires à 1, 7 milliard.
‘’La progression des importations de produits pétroliers est, essentiellement, liée à l’accroissement de la valeur des achats des huiles brutes de pétrole (+26, 5 milliards). Les produits raffinés de pétrole ont, également, progressé de 3, 6 milliards. S’agissant des importations de produits alimentaires, la hausse est, principalement, justifiée par l’accroissement des achats à l’extérieur de riz (+8, 1 milliards) et de fruits et légumes comestibles (+2, 7 milliards) amoindrie, toutefois, par les acquisitions de ‘froment et méteil’ (-2, 9 milliards) et de maïs (-1, 4 milliard)’’, relate le document.
En glissement annuel, la DPEE fait savoir que les importations de biens se sont inscrites en hausse de 33, 5 milliards au mois de novembre 2020. Ceci sous l’effet de la progression des achats de ‘’machines, appareils et moteurs’’ de 13, 1 milliards, de produits pétroliers de 12, 4 milliards, de produits alimentaires de 12, 1 milliards. Et également de produits pharmaceutiques pour 4, 0 milliards et de ‘’véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles’’, à hauteur de 1, 8 milliard.
Au titre des importations de produits alimentaires, la hausse est, essentiellement, expliquée par le riz, dont les importations sont estimées à 9, 4 milliards, les fruits et légumes comestibles à 3, 0 milliards, le ‘’froment et méteil’’ de 2, 7 milliards et les ‘’huiles, graisses animales et végétales’’ de 1, 0 milliard.
Pour ce qui est des importations de produits pétroliers, selon la DPEE, la progression est imputable, particulièrement, aux achats d’huiles brutes de pétrole de 26, 5 milliards sur la période sous revue. Concernant les importations de biens en provenance des pays de l’UEMOA, elles sont évaluées à 6, 9 milliards au mois de novembre 2020 contre 4, 4 milliards le mois précédent. Elles ont, ainsi, représenté 1, 8 % de la valeur totale des importations de biens au mois de novembre 2020, contre 1, 5 % un mois auparavant.
La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 78, 7 % en novembre 2020 contre 88, 8 % en octobre 2020, soit une perte de part de marché de 10, 1 points de pourcentage. Les achats en provenance de ce pays ont principalement porté sur les ‘’fruits et légumes comestibles’’, les ‘’matières plastiques artificielles’’ et les ‘’bois et ouvrages’’ avec des parts respectives, de 19, 1 %, 11, 8 % et 8, 0 % au cours du mois de novembre dernier.MARIAMA DIEME

Exportation de l’arachide : Une cinquantaine de camions interceptée au pont Noirot de Kaolack, à Sanguil et à Dinguiraye.

https://www.dakaractu.com Au moment où ces lignes sont écrites, au moins 30 camions sont bloqués par la Douane au niveau du pont Noirot de Kaolack.
Selon les informations que nous avons reçues du côté des exportateurs, cette décision fait suite à un contrôle du certificat phytosanitaire.  Les Douaniers auraient décidé de bloquer les camions par défaut de signature. « Ils ont dit que celui qui a procédé à la signature de ce document, n’est pas du tout habilité à faire un tel travail… », a lancé notre interlocuteur au téléphone.
Les exportateurs qui se sont déplacés sur les lieux ont déclaré eux que les douaniers se sont trompés sur le document, car il y a le certificat phytosanitaire qui est délivré au niveau local par l’inspecteur phytosanitaire de la direction de la protection des végétaux et le document final n’est disponible qu’au niveau du port.
Au niveau de Sanguil et à Dinguiraye, des dizaines de camions sont aussi bloqués sur place…

FILIERE CAROTTE : Une autosuffisance sous conditions

https://liiquotidien.com Le Sénégal ambitionne d’être autosuffisant en carotte. La filière connait un rythme de progression grâce à l’appui des institutions techniques et au gel des importations. Cependant, des entraves susceptibles de plomber cet objectif demeurent.
La quantité de pommes de terre importée obère la balance commerciale du Sénégal de plusieurs milliards de francs Cfa chaque année. Alors que des milliers de tonnes de carottes pourrissent sous les yeux impuissants des producteurs sénégalais. L’importation du produit, le manque de débouchés pour la commercialisation, le manque de magasins de stockage, d’unités de transformation, de traitement, au calibrage… sont à l’origine de ce problème censé entraver l’augmentation de la production et l’ambition du Sénégal pour l’atteinte de l’autosuffisance en carotte. Il est donc impératif de trouver des solutions à ces écueils qui plombent le développement du secteur.
A cause de l’importation massive, les producteurs du Sénégal étaient dans l’impossibilité d’écouler leur importante production. C’est pourquoi, depuis 2013, le gouvernement du Sénégal gèle les importations lorsque  les producteurs commencent à récolter. Cette politique de régulation mise en œuvre par les autorités sénégalaises vise à favoriser la production nationale. Elle a non seulement pour objectif d’augmenter les chances des producteurs d’écouler leur production, mais de protéger la filière locale de la concurrence de la carotte importée, et de promouvoir ainsi le consommer local.

Production attendue

De même, l’Agence de régulation des marchés (Arm) a décidé de geler cette année l’importation de la carotte. Dans cette optique, il a été convenu de prospecter les zones de production. C’est ainsi que le directeur de l’exploitation de ladite structure a effectué avant-hier, lundi 14 décembre, une visite de terrain à Fass Boye, dans le département de Tivaouane (région de Thiès), zone numéro un de production de la carotte au Sénégal.
La  visite a permis à Babacar Sembène et son équipe de sonder le grenier à carotte du pays. Elle entre dans le cadre de la préparation de la campagne de commercialisation 2020-2021 et permettra de déterminer les quantités de production attendues. «On s’attend cette année à une forte production qui dépasse celle de l’année dernière. Elle est estimée à 27 000 tonnes, contrairement à la précédente production qui s’élevait à 25 000 tonnes», a annoncé M. Sembène. C’est pourquoi, à l’en croire, la durée du gel des importations de la campagne 2020-2021 sera plus longue que celle de la campagne 2018-2019 et 2019-2020. «Le gel est à l’origine de ce rythme de progression de la production de carotte», a poursuivi le directeur de l’exploitation de l’Arm. «Le gel permet aux paysans de survivre, de rembourser le crédit et de préserver des milliers d’emplois créés par les acteurs de la filière», a ajouté Cheikh Awa Boye, le président de l’interprofesssion de la carotte. Hier, mardi 15 décembre, après concertation avec les producteurs et les commerçants, l’Arm a déclaré que le gel des importations de la campagne 2020-2021 va entrer en vigueur le 25 décembre 2020.

Ecueils

Les producteurs de carotte se félicitent de la décision du gel des importations. Mais ils disent être dans de sérieuses difficultés liées au manque de débouchés pour la commercialisation, de magasins de stockage, d’unités de transformation, de traitement, du calibrage… «Nous avons besoin en urgence des infrastructures de stockage.  Ce sont des chambres froides qui nous permettent de conserver nos productions et de pouvoir ravitailler correctement le marché intérieur durant toute l’année. On ne peut pas récolter et tout vendre le même jour», a martelé Aïssatou Ndiaye. Et la présidente de l’Union des transformatrices de produits horticoles et halieutiques d’ajouter : «sans magasin de stockage, la carotte change de couleur le lendemain de sa récolte. Les commerçants nous proposent dans ce cas des prix dérisoires. Nous sommes obligés de la céder. Pire, nos productions pourrissent sous nos yeux». A Fass Boye, des tas de carottes jonchent le sol faute de chambre froide. Des bêtes s’en servent pour la nourriture.

Dessablage

L’installation d’unités de transformation constitue un véritable handicap à la production de carotte. «Il faut d’importants efforts pour assurer une transformation massive. Avec la carotte, on peut produire du jus, du savon, de la confiture… Des capacités industrielles de transformation nous permettent de sauver la production du pourrissement. Mais il n’y a aucune unité», a regretté Fatou Khol, femme transformatrice. Le manque d’unités de traitement s’est invité aux difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs. En effet, concernant le dessablage, c’est-à-dire l’opération qui consiste à débarrasser le sable de la carotte, des femmes mettent de la production dans des récipients remplis d’eau et la piétinent. Cela laisse supposer aux consommateurs un manque d’hygiène. Il n’y a aucun magasin, aucune unité de transformation et de traitement. A ces écueils s’ajoute le calibrage. «Les sacs ne sont pas calibrés. Ils pèsent entre 80 et 85 kilos. Ce qui est anormal. Nous devons avoir sur le marché des sacs de 10, 15 et 20 kilos», s’est désolé Cheikh Awa Boye, président de l’interprofession de la carotte.

Envol

Face à ces contraintes qui lui ont été soumises, Babacar Sembène a évoqué la mise en place d’une «stratégie qui consiste à mettre en place un plan de développement de la filière carotte. «Nous sommes en train de travailler pour l’implantation des unités de transformation et de traitement, et sur des chambres froides pour une solution durable. Ce sera un schéma directeur qui va donner un véritable envol au secteur», a dit le directeur de l’exploitation de l’Agence de régulation des marchés, avant d’ajouter que compte tenu des performances relevant du gel des importations, la progression de la filière s’est avérée; et les producteurs peuvent croire à ce schéma. L’initiative d’organiser et de structurer l’interprofession pomme de terre découle d’un souci de performance, d’optimiser les résultats enregistrés en prenant des orientations pour assurer le programme national d’autosuffisance en carotte que le Sénégal s’est fixée.

Redevance, plateforme

Pour apporter des solutions au problème de commercialisation, l’Agence de régulation des marchés a initié la construction de plateformes de commercialisation. Des hangars de stockage, construits dans les zones de productions par l’Agence d’une superficie chacune de 600 m2. «Ces plateformes permettent de lutter contre l’offre atomisée qui freine le développement du secteur horticole. Car les producteurs sont habitués à vendre de petites offres. Le commerçant qui a besoin d’un grand tonnage est obligé de parcourir beaucoup de villages. Alors que la plateforme réunit la prodcution des paysans de plusieurs villages», explique Babacar Sembène.
Outre les plateformes, l’Arm a initié la mise en place d’une redevance dans la filière, une forme de prélèvement sur le produit horticole. Un mécanisme financier «conformément aux dispositions de l’article 17, du décret n°2013-997 du 16 juillet 2013 qui prévoit la perception de recettes sous forme de redevance ou rétributions provenant de l’exercice d’activités et de services au profit des acteurs des filières». «La redevance permet de trouver des solutions au problème de financement. Nous avons des chantiers inachevés, les subventions de l’Etat allouées à l’Arm ne cessent de baisser… Il nous faut donc trouver des moyens financiers pour mener à bien notre mission qu’est le développement de l’horticulture, en vue d’atteindre l’autosuffisance», a expliqué le directeur de l’Arm, Amadou Abdoul Sy, lors de l’Atelier de restitution et de validation du rapport d’options politiques, organisé par l’Ipar (Initiative prospective agricole et rurale), en partenariat avec l’Arm et la Fao.

RESTRICTION DANS LES TRANSPORTS : Entre rébellion et incivisme

http://www.enqueteplus.com Pendant qu’Aftu se défausse sur les clients qui forcent le passage de leurs bus, Dakar Dem Dikk se veut un modèle dans le respect des nouvelles restrictions. Pour les ‘’Ndiaga Ndiaye’’ et les ‘’cars rapides’’, c’est surtout la continuité, hormis l’incivisme des clients qui ne respectent pas le port obligatoire du masque.
‘’Aujourd’hui, j’ai dû arrêter le chauffeur pour faire descendre certains passagers qui ont usé de force pour entrer dans le véhicule. Nous, nous respectons les 40 passagers exigés par le ministre’’, raconte Matar, receveur de la ligne 2 (Aftu) assis au garage Petersen près du véhicule. A quelques jets, se trouve le receveur de la ligne 32. Lui aussi tente de veiller scrupuleusement au respect de la mesure. Il explique  : ‘’Depuis ce matin, j’essaie de respecter le nombre de 40 passagers qui doit être admis dans ce bus. Je regarde si les places assises sont occupées, ensuite, je compte si ceux qui sont debout ne dépassent pas 10.’’
Si ces deux jeunes hommes parviennent à faire respecter la limitation de places exigée par l’Etat, d’autres, par contre, semblent ne pas avoir été informés. Dans ce minibus de marque Tata, toutes les places assises étaient occupées depuis son départ à Petersen. Mais à chaque arrêt, d’autres passagers montent sans restriction. Ici, impossible de se frayer un passage. Les uns sont collés aux autres, comme si la mesure de limitation n’a jamais eu lieu. Bien installé dans son guichet, le receveur ne cesse, cependant, de rappeler aux clients leur obligation de bien mettre le masque, mais certains récalcitrants font fi de cette recommandation, en ne montrant aucun bout de tissu, pendant que d’autres font de leur masque un ‘’cache-menton’’.
Pour ce premier jour de l’entrée en vigueur de ces décisions du ministre des Transports terrestres, c’est le calvaire pour certains chauffeurs. Régulateur au garage Lat Dior, Ibrahima Mballo témoigne  :  ‘’La limitation à 40 du nombre de personnes admises dans les véhicules nous fatigue vraiment. On aurait dû seulement autoriser les places assises. Ce matin, il est arrivé que des clients fassent du forcing pour entrer dans le véhicule. Parfois, il est difficile de les en empêcher.’’ Un point de vue partagé par ce chauffeur de la ligne 34 qui raconte son vécu lors du premier jour d’entrée en vigueur des nouvelles restrictions  : ‘’Une dame m’a supplié en pleurant pour que je la laisse entrer dans le véhicule. Le bus était plein, mais je l’ai finalement laissé s’asseoir à mes côtés, même si je conduisais difficilement.’’
En outre, les pensionnaires des bus Aftu regrettent les heures de couvre-feu qui ne manqueront pas d’impacter sur leurs revenus. Il est 16 h à Lat Dior. De nombreux véhicules attendent encore leur tour. ‘’Beaucoup ne partiront pas’’, constatent nos interlocuteurs pour le regretter.

Dakar Dem Dikk se plie aux règles

Pendant que les bus Aftu peinent à s’adapter aux nouvelles mesures, les habitués de DDD, eux, pensent qu’il y aura moins de difficultés dans ces moyens de transport public. Trouvée à l’arrêt bus El Malick à Sandaga en train d’attendre le bus qui doit la conduire aux Parcelles-Assainies, Aliah, une jeune femme, projette, de temps à autre, son regard pour guetter leur arrivée. D’après elle, ces bus ont toujours respecté les mesures barrières. ‘’’Dans les bus DDD, chauffeurs comme receveurs exigent aux clients le port du masque. En ce qui concerne le nombre de places, je sens qu’il y a moins de personnes dans les véhicules aujourd’hui’’, soutient-elle.
A côté d’elle, un autre passager est assis, les yeux rivés sur l’écran de son téléphone. A la question si les bus DDD respectent les mesures édictées par l’arrêté du ministre, Mamadou Aliou Barry abonde dans le même sens qu’Aliah. ‘’Dans les bus Dakar Dem Dikk, informe-t-il, les mesures sont respectées. Ce sont les receveurs qui exigent le port du masque. Et ce matin, j’ai aussi constaté que le nombre de passagers a diminué’’.

Les véhicules ‘’Ndiaga Ndiaye’’ et les ‘’cars rapides’’, des cas particuliers

Au garage Lat Dior où stationnent ces deux types de car, les chauffeurs ne voient pas un grand changement avec l’instauration de ces mesures. Aly est chauffeur de ‘’car rapide’’. Assis sur une brique et suivant minutieusement des mécaniciens qui entretiennent son véhicule, le chauffeur, comme ses pairs, ne se sent pas trop concerné. Il souligne  : ‘’Rien n’a changé chez nous. On a juste interdit les places debout et ces places ont toujours été interdites. Chez nous, il n’y a que les places assises qui sont 23 au maximum. D’ailleurs, nos apprentis ont l’habitude d’interdire que les gens se mettent debout, parce que les policiers ont l’habitude de nous tracasser à cause de ça.’’
Dans les moyens de transport communément appelés ‘’Ndiaga Ndiaye’’, le constat est identique. Dans ces deux derniers cas, ce qui pose le plus problème, c’est le respect du port obligatoire du masque. Le chauffeur de ‘’car rapide’’ indexe l’indiscipline des clients. ‘’Beaucoup entrent dans le car avec le masque, mais ils le mettent au menton’’.
Un tour sur l’avenue Cheikh Anta Diop permet d’en avoir le cœur net. Dans ce véhicule ‘’Ndiaga Ndiaye’’, ceux qui ont mis convenablement leur masque se comptent sur les doigts d’une main. Quand certains l’ont au menton, d’autres le tiennent à la main, tandis que certains passagers n’en possèdent même pas. IBRAHIMA MINTHE (STAGIAIRE)

Lutte contre la covid19 : le ministre de l’Emploi demande à favoriser le télétravail

https://www.pressafrik.com Dans le cadre de la lutte contre la covid-19, le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Dame Diop, a instruit les entreprises à prendre les dispositions nécessaires pour assurer la continuité service en diminuant l’effectif du personnel.
A travers un communiqué rendu public samedi soir, le ministre a appelé à la limitation de la présence physique du personnel dans les administrations tout en  favorisant la télétravail. La mesure entre en vigueur à partir du lundi 11 janvier 2021.Fana CiSSE

AMADOU DIOP, ECRIVAIN-SUR L’EMIGRATION IRREGULIERE :  ’’Il faudrait organiser les assises de la jeunesse’’

http://www.enqueteplus.com L’écrivain Amadou Diop parle, dans son troisième livre intitulé ‘’L’appât du pain », du phénomène de l’émigration irrégulière qui est un épineux problème pour les pays de l’Afrique subsaharienne, tout en évoquant l’histoire de la vente de migrants en Libye. Il n’a pas manqué de donner des pistes de solution pour que les jeunes cessent d’aller à l’aventure. En dehors de la littérature, M. Diop dirige une entreprise de communication et mène, en parallèle, des activités politiques.
‘’L’appât du pain », écrit par Amadou Diop, est un roman d’actualité. Il traite du phénomène de l’émigration irrégulière. Un problème qui a connu une recrudescence inquiétante ces derniers mois. En octobre dernier, au Sénégal, en moins de 72 heures, 234 migrants clandestins ont été interceptés par la police et la marine nationale. ‘’Quand j’ai eu comme projet d’écrire ce livre, le phénomène de l’émigration ‘clandestine’ venait de prendre une autre tournure historique et coïncidait avec la vente de migrants en Libye. Je me demandais alors comment ces jeunes qui quittent leur pays en arrivent à une si désespérante et malheureuse situation ?’’, a expliqué l’auteur au cours d’un entretien accordé à ‘’EnQuête’’.

Ainsi, en tant qu’écrivain, il ne pouvait rester ‘’muet’’ face à ces événements. C’est la raison pour laquelle il a voulu sensibiliser ces jeunes ‘’qui abandonnent tout pour partir vers cette destination incertaine, mais certaine de croiser la mort’’.

‘’L’appât du pain’’ raconte le périple de Cheikhou, Maty, Samba, Ousmane et Diandian qui ont quitté leur pays à la recherche d’une vie meilleure en Europe et ‘’qui tombent inexorablement dans le piège de l’émigration clandestine’’. En choisissant ces cinq personnages, Amadou Diop, talentueux écrivain, a voulu, en effet, représenter tous les profils de jeunes qui étaient tentés par ce type d’aventure. Et il n’a pas manqué de citer et de décrire ‘’les tares de la société qui, également, a une part de responsabilité dans cette ignominie qui ne dit pas son nom’’.
Donc, à travers la description des épreuves que ces personnages endurent dans leur propre pays, M. Diop dénonce un climat social dans lequel ‘’les jeunes sont véritablement abandonnés’’. A cet effet, il souligne qu’’’il est grand temps que l’on mène des politiques destinées aux jeunes et qui existent depuis des années, mais qui, jusqu’à présent, n’ont jamais montré leur efficacité’’. Ainsi, dit-il, ‘’il faudrait également repenser ces dernières et organiser les assises de la jeunesse pour écouter celle-ci, en vue de mieux répondre à leurs demandes, exigences et aspirations’’.
Cela dit, pour Amadou Diop, l’une des solutions qui pourraient aider à éradiquer l’émigration irrégulière, est de rappeler aux jeunes leurs ‘’devoirs patriotiques’’ envers leur pays. Il faudrait, par conséquent, qu’ils comprennent que ‘’ce n’est pas parce que le bateau coule qu’il faut quitter le navire’’.

De ce fait, estimant que ‘’le sentiment de patriotisme et la volonté de réussir sont plus forts que tous ces péripéties’’, il exhorte la jeunesse à se surpasser et à travailler pour le devenir radieux de leur pays, sans jamais fuir la tâche qui leur est dévolue ; ‘’celle de l’abnégation, de la détermination et de la foi en soi’’.

A ce titre, il conseille à la jeunesse de lire Frantz Fanon dans un premier temps, en se rappelant sa citation  : ‘’Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.’’ Et il demande à la jeunesse de ne point abandonner, car la réussite est au bout de l’effort. ‘’Je conseille à cette jeunesse de demeurer forte, patriote et investie, et prête à prendre la relève pour changer les choses. Mais il est clair que ce n’est pas en abandonnant vite qu’elle prendra la relève et changera les choses’’, dit-il.

‘’À 7 ans, je lisais tous les jours les journaux de mon père’’

Interpellé sur la fuite du capital humain  qui constitue, à coup sûr, une grande perte pour les pays de départ, Amadou Diop déclare  : ‘’Je crois que pour limiter la fuite des cerveaux de notre pays et de notre continent, nous devons obtenir de ces étudiants, financés par les bourses de nos États, un engagement signé et respecté pour en priorité servir leur pays que de rester automatiquement apporter de la plus-value dans les pays dans lesquels ils sont formés à l’étranger.’’
En effet, M. Diop, a suivi ses études supérieures en France puis en Angleterre en sciences politiques, en histoire et en anglais. Il est diplômé dans ces trois domaines. ‘’Mais à la fin de mes études, j’ai préféré rentrer dans mon pays pour le servir sans regret aucun, car j’aime mon pays’’, a dit Amadou Diop.
Par ailleurs, son amour pour la littérature date de bien longtemps. ‘’Je me rappelle qu’étant très jeune je lisais tous les jours les journaux de mon père’’, se remémore le romancier qui devait, à l’époque, avoir entre 7 et 8 ans. Par ce truchement, il est ‘’tombé amoureux de la littérature’’. Et il avait pour habitude d’apprendre par cœur 5 ‘’mots savants’’ tous les jours afin de les utiliser en cours. ‘’Si je ne me faisais pas traiter de fayot, je me faisais traiter comme un élève pédant recherchant coûte que coûte la reconnaissance des professeurs de français’’, a-t-il relaté. Cette habitude est finalement restée. ‘’Jusqu’à présent, je ne cesse d’étudier et de lire, et d’aller à la recherche de la connaissance’’.
Ainsi, ses débuts dans la littérature ne furent pas difficiles. ‘’Ma toute première expérience en tant qu’écrivain est venue tout naturellement. J’avais commencé à écrire à l’âge de 16 ans et d’ailleurs, mon tout premier livre est essentiellement constitué de mes écrits au collège’’, a-t-il fait remarquer.  Il est un recueil de poèmes intitulé ‘’Voyages divins d’un poète’’.  Et le second, ‘’Les nouvelles de Paris’’, est un recueil de nouvelles racontant l’histoire de deux cultures ‘’qui se complètent, se marient et donnent corps à la culture française et sénégalaise, tout en symbiose’’. Comme disait Senghor, ‘’il faut aller dans une civilisation du donner et du recevoir’’. C’est ainsi que ma pensée autour de ce livre se formule’’, explique Amadou Diop. Selon qui ‘’les maisons d’édition sénégalaises gagneraient à s’unir et à se mettre à la disposition des acteurs du livre afin de mieux leur permettre de vivre de leur art et revoir leurs copies en ce qui concerne les pourcentages des droits d’auteur’’.
En dehors de sa vie d’écrivain, Amadou Diop dirige une entreprise de communication et mène en parallèle des activités politiques ‘’au service de la commune de Grand-Dakar’’ dans laquelle il a mis en place le mouvement Grand-Dakar sama Gokh pour, dit-il, ‘’prôner le développement’’ dans cette localité. ‘’J’ai pour objectif de m’engager davantage pour la jeunesse de mon pays et ainsi les représenter dans les sphères les plus importantes politiquement, en travaillant main dans la main avec des partenaires désirant tirer vers le haut cette jeunesse qui ne demande qu’une chose : une chance pour réussir’’, explique-t-il, ambitieux.BABCAR SY SEYE

DISPARITION DE DIARY SOW : «IL FAUT SOULEVER LE MONDE ENTIER À RECHERCHER CETTE ENFANT»

http://www.emedia.sn L’attente est longue. L’inquiétude s’agrandit. La peur et la tristesse assaillent les cœurs des sénégalais. Diary Sow ne fait toujours pas signe de vie. Meilleure élève du Sénégal en 2018 et 2019, cette native de Mbour et actuelle pensionnaire du prestigieux Lycée Louis Le Grand (France) est portée disparue depuis plus de 5 jours, plongeant le Sénégal dans une angoisse inédite. Les recherches entreprises par la police française n’ont pas encore donné de résultats. Mais pour Me Doudou Ndoye, ce n’est pas le moment de baisser le bras ou de perdre espoir. L’ancien Garde des Sceaux sous le régime de Abdou Diouf et non moins avocat à la Cour souhaite que les autorités sénégalaises et surtout les autorités françaises fassent toutes les recherches, toutes les enquêtes qui permettront de trouver cette fille. « Il y a beaucoup d’incidents de ce genre dans le monde entier mais le rôle de la police, c’est d’aider les parents à trouver leur fille. Il faut que tout le monde cherche », a déclaré la robe noire pour qui rien ne doit être négligé pour trouver la jeune sénégalaise au grand bonheur de ses parents et des sénégalais. « Il faut soulever le monde entier à rechercher cette enfant. Si tout le monde connaît son visage, il se pourrait que quelqu’un la voit quelque part. Il faut continuer à sur-médiatiser cette affaire », a recommandé l’avocat. Aliou DIOUF & Pape D. DIALLO (Photo)

Lutte contre la 2e vague de Covid-19 : Le ministère de l’Éducation annonce 5 millions de masques supplémentaires destinés aux établissements.

https://www.dakaractu.com Au regard de l’évolution actuelle de la pandémie à covid-19 sur l’étendue du territoire national, le ministre de l’éducation nationale a tenu à rappeler le caractère obligatoire du respect des gestes barrières dans les lieux de service.
Mamadou Talla précisera, à travers un communiqué que  » les écoles et établissements scolaires doivent particulièrement se conformer à ces mesures ».
Ainsi, il les exhorte à plus de rigueur et de vigilance dans l’espace scolaire, d’autant plus qu’elles constituent un espace de promotion des mesures d’hygiène individuelles et collectives.
Ainsi, une dotation supplémentaire de 5.000.000 de masques destinés aux écoles et établissements scolaires des 16 académies est prévue pour endiguer la propagation du virus.
Il est également prévu un appui d’un montant de 1.056.405.500 francs Fcfa aux écoles et établissements publics et le transfert opéré à toutes les structures du niveau déconcentré dans le cadre de la gestion budgétaire contre la pandémie.

245 Tests Positifs, 90 Guéris, 144 Cas Communautaires, 33 En Réa, 6 Décès

Le ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale a fait le point de situation du coronavirus de ce dimanche 10 janvier 2021.

Sur 1781 tests effectués 245 sont revenus positifs.

Des cas ainsi répartis : 101 contact suivis par les services du ministère de la Santé, 144 cas issus de la transmission communautaire, 0 cas importé AIBD.
Par ailleurs, 90 patients contrôlés négatifs, et déclarés guéris.
33 cas grave sont pris en charge dans les services de réanimation, 6 nouveaux décès.
A ce jour, 21.245 ont été déclarés positifs au Sénégal, dont 18.218 guéris, 465 décédés et 2561 patients sous traitement.
Selon le ministère, l’état de santé des patients hospitalisés est stable.
Il renouvelle à la population son appel au respect strict des mesures de prévention individuelle et collective.

GESTION DES CAS GRAVES : LE TABLEAU NOIR DU DIRECTEUR DU SAMU NATIONAL

http://www.emedia.sn L’heure est grave. Après le point du jour lu par Dr El Hadji Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention, Pr Mamadou Diarra Bèye, directeur du Samu national, a évoqué la gestion des cas graves. La situation l’exige surtout qu’avec la nouvelle vague qui s’est enclenchée au mois de novembre dernier, le Sénégal fait face à un nombre de décès de plus en plus important et à une flambée continue des nouvelles contaminations des cas contacts et de ceux issus de la redoutée transmission communautaire.
« La situation est très difficile pour la population et pour les soignants tout bonnement parce les cas augmentent de jour en jour, en moyenne une centaine par jour et dans tout le pays, a-t-il d’emblée relevé. Et ce qui est à noter également c’est l’augmentation de plus en plus en notable des cas communautaires. Ce qui témoigne de la circulation active du virus dans la population. »
Un tableau noirci par le « nombre de cas graves en réanimation », a ajouté le Pr Bèye, qui a également fait part de la « cohabitation avec l’augmentation des autres cas en réanimation. » Car a-t-il rappelé  : « il ne faut pas oublier que dans les services de réanimation en plus des cas sévères de Covid, on a d’autres pathologies. Ce qui fait que le nombre de lits se met très rapidement en tension. »

300 patients hospitalisés dans les CTE

« Mais au-delà des cas graves traités en réanimation, nous avons également des cas sévères et ça, c’est très important. Parce qu’aujourd’hui ce sont ces cas sévères qui sont dans les CTE (Centres de traitement épidémiologique). Depuis que la prise en charge à domicile a commencé, les cas qui ne présentent pas complication majeure sont pris en charge dans les domiciles avec un suivi mais les cas sévères qui nécessitent une prise en charge rapprochée, l’administration d’oxygène et d’autres médicaments, sont dans les CTE. Il faut noter qu’on en a à peu près 300 et ces patients hospitalisés dans les CTE consomment énormément d’oxygène, avec 10 à 15 litres par minute. D’où la charge de travail et pour ces patients, et pour ces patients la charge de travail est également difficile. Quand on est en surveillance continue, c’est un à trois soignants par patient et ceci de façon très rapprochée. Donc, cela peut donc expliquer très réellement la charge de travail », a souligné Pr Bèye. Qui s’est toutefois réjoui qu’en « pourcentage, (le Sénégal soit) resté quasiment sur un taux de létalité superposable avec la première phase, parce qu’on reste à un taux inférieur à 2, 5%. »
Par contre, s’agissant de la prise en charge à domicile qui est une réalité actuellement, il a insisté sur ’l’engagement des familles et des patients. » Parce qu’a-t-il justifié  : « au départ, si un triage est fait et qu’on décide de traiter quelqu’un à domicile, il faudra veiller à la contamination et veiller à avertir très rapidement les structures de santé en cas d’aggravation et c’est dans ce cadre-là que le Samu joue un rôle. Parce que, ces alertes nous les recevons sur le 1515 et chaque fois qu’il y a une détresse, il faut appeler très vite. Parce que ce qu’on a noté, pour les cas graves qui arrivent en réanimation, dans plus de 80% des cas, ce n’est pas des patients suivis à domicile mais des patients qui restaient à la maison et qui brutalement présentent des signes de détresse et quand nous intervenons nous nous rendons compte que ces personnes étaient malades depuis au moins dix jours. C’est un message très important parce que pendant ce temps, le risque de contamination a pu être important mais également ces malades arrivent dans des situations vraiment très dramatiques, de sorte que malgré tous les efforts faits dans les services de réanimation, nous déplorons un nombre de décès très élevé.
Pour terminer, il a encouragé tous les soignants, entre autres acteurs de la santé, « sur les efforts qui sont fournis et qui restent encore à être fournis » car « le chemin risque d’être encore long. » D’où son appel à ce que « les gestes barrières rentrent dans nos habitudes mais surtout le plus important éviter les rassemblements et les déplacements inutiles ». Dié BA

Covid-19 au Sénégal : Ces chiffres qui justifient des mesures contraignantes pour enrayer la pandémie.

https://www.dakaractu.com Les hospitalisations pour Covid-19 ont continué d’augmenter au cours des dernières 24 heures, et 13 patients sont décédés, selon les chiffres publiés ce samedi par les services du ministère de la Santé et de l’Action sociale.
Le nombre de patients Covid hospitalisés s’élève à 2 412 – soit 834 de plus que le 1er janvier  2021 -, au plus haut depuis quelques mois. Le nombre de malades en réanimation est de 32 sur 328 nouvelles admissions dans les Centres de traitement épidémiologiques (Cte).
Les données quotidiennes ont énormément varié depuis la fin d’année, oscillant entre quelque 19 364 cas et pas moins de 21 000, du 1er au 9 janvier 2021. Le nombre de nouveaux cas de personnes contaminées ne cesse d’augmenter
Le taux de positivité, qui mesure le pourcentage de personnes positives au Covid-19 sur l’ensemble des personnes testées, est estimé à 12, 84%, ce samedi, après plusieurs jours de hausse.
Avec 13 décès à l’hôpital en 24 heures,  une première depuis l’apparition de la pandémie au Sénégal, la maladie a désormais tué 459 personnes, depuis le début de l’épidémie, précise  le directeur de la prévention, le Dr El Hadj Mamadou Ndiaye.
À ce jour, 21 000 cas ont été déclarés positifs dont 18 128 cas guéris et 2 412 patients sous traitement, selon un bilan établi par le ministère de la Santé à partir de sources officielles vendredi à 10h00 GMT. Et la barre des 21 000 cas est atteinte au Sénégal.

Suffisant pour que le ministère de la Santé et de l’Action sociale exhorte les sénégalais à respecter les mesures barrières individuelles et collectives. Pour surmonter la crise, des mesures chocs s’imposent.

Le taux d’infection dans les régions de Dakar et Thiès est parmi les plus élevés du pays. Le phénomène s’explique notamment par la promiscuité dans ces localités.
En effet, le nouveau plan élaboré pour endiguer le coronavirus, semant la discorde, arrive à son heure. Face à un déluge de critiques sur l’état d’urgence assorti d’un couvre-feu, de 21 h à 5 h du matin, dans les régions de Dakar et Thiès, le gouvernement serait pris en tenaille entre des considérations sanitaires, politiques et économiques.
Les malades gravement atteints par le virus sont de plus en plus nombreux. Les responsables des grands hôpitaux ont mis en garde contre une saturation des centres médicaux spécialisés. Et le Sénégal ne semble pas être bien armé pour affronter ce «présent redoutable» appelé à «durer».

QUEL VIRUS ! … Par Guy Marius Sagna  

Il y a 70 élèves dans la classe de ma fille.
Malgré le coronavirus elle continue d’y aller.
Moi qui suis son père le président Macky Sall m’interdit de tenir des réunions privées!?
Quel virus!
Il disparaît lors des fêtes religieuses.
Ce virus ne sort que 8 heures par jour.
Ce virus ne sort que la nuit.
Ce virus évite les écoles, les marchés…
Quel virus !
Ce virus tue 438 personnes – que Dieu ait pitié de leur âme – mais est plus préoccupant
que le paludisme, l’émigration irrégulière, les amis de Macky Sall épinglés par les corps
de contrôle…
Quel virus!
RÉSISTANCE!
DÉSOBÉISSANCE CIVILE!
DON’T AGONISE, ORGANISE !
La lutte continue.
Ensemble nous vaincrons

Le Magal de Mbacké Cadior reporté à cause de la Covid-19

https://actunet.net Commémorant la venue au monde de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké ibn Khadim Rassoul, le Magal de Mbacké Cadior a été reporté à une date ultérieure à cause de la recrudescence de la Covid-19.
Selon des informations de Seneweb, la décision a été prise par son khalife Serigne Moustapha Mbacké.
Joint au téléphone par Seneweb, un membre du comité d’organisation du magal déclare que le khalife de Gouye Mbinde a déjà fait une déclaration pour en informer les disciples. La vidéo sera diffusée d’un moment à l’autre, annonce-t-il.
A noter que cet grand événement religieux était prévu mardi prochain à Mbacké Cadior, une localité de la région de Louga.

Serigne Mountakha reporte le Magal de Porokhane

https://actunet.net La décision vient de tomber. L’édition 2021 du Magal de Porokhane initialement fixée pour le 25 février prochain n’aura finalement pas lieu à la date indiquée.
Telle a été, en effet, selon Dakaractu, la décision de Serigne Mountakha Mbacké Bassirou. Le Khalife de Serigne Bassirou et par ailleurs Khalife Général des Mourides l’a personnellement fait savoir au comité d’organisation de l’événement, ce vendredi, à Touba.
Serigne Mountakha Mbacké expliquera clairement aux organisateurs que cette nouvelle orientation est causée par la recrudescence de la pandémie de la Covid-19 qui connaît, désormais, une très rapide propagation, note toujours la même source.
Il ne manquera pas de signaler que les rassemblements sont de nature à favoriser la contamination. Le chef religieux n’a, toutefois, pas communiqué une nouvelle date.

THIERNO NDIAYE SUR LA RÉBELLION DES JEUNES CONTRE L’INSTAURATION DU COUVRE-FEU : «Le regard doit être plus profond…»

https://www.lactuacho.com Les gens doivent essayer de comprendre les sources de la rébellion de ces premiers jours de couvre-feu des jeunes dans certains populeux de Dakar. Si d’aucuns pensent que c’est à cause la promiscuité dans certaines maisons très exiguës, pour d’autres la pauvreté et l’aspect économique sont les faits majeurs. Ainsi au cours d’un entretien, M. Thierno Ndiaye en appelle à un regard beaucoup plus profond de la réaction des jeunes suite à l’instauration du couvre-feu.
Thierno Ndiaye, responsable politique de l’Alliance pour la République (Apr), et président du Mouvement «And Defar Sunu Gokh Fass-Colobane-Gueule-tapée », n’a pas mâché ses mots hier, en ce qui concerne la rébellion des jeunes, après les mesures de couvre-feu et d’état d’urgence décrétées par le chef de l’État Macky Sall. Ce dernier a un regard beaucoup plus profond, qui dépasse même celui du politicien sur cette question lancinante. Ce regard tourne sur deux aspects. Il s’agit de la pauvreté et de l’économie. Pour lui, si aujourd’hui, il y a ce retour, c’est parce que le chef de l’État a écouté non seulement les autorités sanitaires, mais qu’il a pensé protéger les Sénégalais, surtout les populations vulnérables. D’après M. Ndiaye, le laxisme et le relâchement de certaines populations pour le respect des mesures barrières, ont fait progresser aujourd’hui, le taux de contamination qui est arrivé jusqu’à 12, 13 %. «Nous ne pouvons plus continuer à aller dans ce sens, même si la mesure suscite l’inquiétude et le désarroi», a-t-il déclaré. Avant de rappeler que les populations qui sont les plus impactées par cette décision, vivent d’une certaine paupérisation et d’une pauvreté extrême. Dans tous les quartiers où il y a une rébellion, explique-t-il, «le taux d’urbanisation» est très élevé et la «promiscuité» très importante. « Dans ces quartiers, tu peux entrer dans un immeuble de location, tu vois des ménages, un couple, ou le père de famille, sa femme et plusieurs enfants partagent la même chambre. Ce qui pose un problème de promiscuité. Ces gens-là, si vous leur dites à 21 heures vous devez aller vous coucher, il y a problème », a-t-il notifié.

L’aspect économique

À part la question de la pauvreté, le responsable politique de l’Apr a soulevé également le problème économique dans ces quartiers populeux (Médina, Usine Niary Tally, Grand-yoff, Pikine, Fass…), où beaucoup de familles ont arrêté de cuisiner la nuit. D’après lui, la plupart de l’activité se passe dans la nuit. Les gens sortent pour aller chercher à manger dans la gargotière d’à côté, chez le vendeur de sandwiches, la dame qui vende du couscous. Ce qui fait qu’aujourd’hui, selon lui, «si on dit à 21 heures toutes ces activités doivent cesser, cela pose inéluctablement des problèmes de survie». Avant de rappeler que ces actes de rébellion ne sont pas une «défiance» par rapport à l’autorité ou un «rejet systématique» de la loi. «Mais il faut voir, plutôt dans ces actes-là, le désespoir des gens qui n’ont pas d’autres revenus et qui ne savent pas où aller», lance-t-il. Ce dernier a fait part par ailleurs, que l’État ne peut plus procéder à l’accompagnement, comme il a eu à le faire l’année dernière avec la première vague de la Covid-19. Pour éviter d’arriver à une situation beaucoup plus difficile, il appelle le chef de l’État à mettre fin à ces mesures. S’agissant des jeunes qui se rebellent, il les appelle à la raison, parce que, précise-t-il, «le couvre-feu est temporaire». « Le Président Macky Sall n’a aucun intérêt à contraindre les Sénégalais dans la pauvreté. Son rôle, c’est de les protéger. Ce que doivent comprendre les gens », a rassuré Thierno Ndiaye.

«La collecte de fonds du parti Pastef en période de Covid-19, source de réflexions»

La collecte de fonds du Parti Pastef continue à faire couler beaucoup de salive. Pour le président du Mouvement «And Defar Sunu Gokh», cette collecte de fonds en cette période de Covid-19, où la diaspora sénégalaise vit des moments sombres, peut-être «source de réflexions». Du fait que, bien avant la pandémie, les transferts de fonds venant des migrants avaient chuté. Et ces derniers vivaient dans des difficultés et ne parviennent plus à envoyer de l’argent à leurs familles. «Et si aujourd’hui, les responsables nous disent que ces émigrés ont pu cotiser des millions de francs Cfa en quelques heures, cela peut susciter des interrogations», a-t-il signalé. Avant de préciser :
«cela ne veut pas dire que c’est suspect». Il reste maintenant, selon lui, à la loi de faire des investigations. «Si Pastef n’a rien à se reprocher et s’il sorte la liste de ses donateurs qui sont tous de nationalité sénégalaise, il n’y aura aucun problème. Mais, si le contraire s’impose, il doit répondre aux dispositions de la loi », rappelle M. Ndiaye. Il a salué aussi, le rappel du ministre de l’Intérieur aux dispositions de la loi qu’il juge légitimes. « le Pastef est un parti politique reconnu par le ministère de l’Intérieur. Et a des devoirs et des droits. S’il veut maintenant, que nous respectons ses droits, il faudrait qu’il se conforme à ses devoirs. Tant qu’il respecte les dispositions de la loi, tant que ce sont des Sénégalais identifiables qui participent au financement du parti, je ne pense pas qu’il doit avoir problème. Maintenant, s’il y a des étrangers, des sources de financement qui sont bannies, le Pastef doit faire face à ses obligations », a conclu Thierno Ndiaye.

Code de la Presse au Sénégal : Reporters sans Frontières demande des amendements

https://www.lactuacho.com Le nouveau code de la presse désormais en vigueur au Sénégal depuis la signature de ses décrets d’application par le président Macky Sall, le 6 janvier, maintient des sanctions pénales très lourdes pouvant aller jusqu’à deux ans de prison pour des faits de diffamation ou trois ans pour la publication de «nouvelles fausses» susceptibles de «porter atteinte au moral de population» ou de «jeter le discrédit sur les institutions publiques».
Des journalistes qui ne justifient pas d’une expérience professionnelle d’au moins dix ans pour les directeurs de publications ou de sept ans pour en assurer la rédaction en chef s’exposent à une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison selon l’article 194 de ce nouveau Code.
«Le maintien de nombreuses et très lourdes peines privatives de liberté pour de simples délits de presse ou qui seraient la conséquence d’une expérience jugée insuffisante pour occuper des postes à responsabilité dans les médias fait peser des menaces importantes sur le journalisme au Sénégal, estime le directeur du bureau Afrique de l’Ouest de RSF, Assane Diagne. Même si ces peines sont heureusement rarement appliquées, leur présence dans ce nouveau texte a quelque chose d’anachronique pour un pays qui pourrait aspirer à devenir une locomotive régionale en matière de liberté de la presse. A l’heure de la désinformation galopante, nous demandons aux autorités d’amender cette loi afin de protéger ceux dont le métier est d’assurer la diffusion d’informations fiables et de qualité».
Le Sénégal devra, à cet effet, revoir d’autres dispositions du Code comme celle qui donne la possibilité de fermeture d’un média par une autorité administrative compétente (un préfet ou un gouverneur par exemple) sans le contrôle du juge jusqu’ ici obligatoire au-delà de 48 heures. Cette sanction prévue par l’article 192 peut s’appliquer dans des «circonstances exceptionnelles» comme faire cesser une atteinte à la sécurité de l’Etat ou en cas d’incitation à la haine.
Par ailleurs, les restrictions à l’exercice du journalisme sont particulièrement préoccupantes, notamment pour la presse en ligne. Désormais, au Sénégal, les sites d’information devront avoir une rédaction minimale de trois personnes. Le directeur de la publication devra justifier d’une expérience dans la presse d’au moins 10 ans et le rédacteur en chef d’une expérience minimale de sept ans. Actuellement, très peu de sites d’information respectent cette nouvelle obligation. L’Association de la presse en ligne du Sénégal (APPEL), qui compte 55 membres, avait demandé que la loi ne soit pas rétroactive, que ces règles ne s’appliquent pas aux acteurs déjà présents. Une demande qui n’a pas été prise en compte.
Le Sénégal occupe la 47e place du Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2020 par RSF. Avec le Cap-Vert, le Ghana et le Burkina Faso, il est l’un des pays où la situation de la liberté de la presse est jugée «plutôt bonne» en Afrique de l’Ouest.

Suppression des villes : Le maire de Rufisque Est en phase avec l’Etat

http://lesoleil.sn Les réactions continuent après la sortie du député Seydou Diouf proposant la suppression des communes. Le maire de Rufisque Est, Boubacar Albé Ndoye, qui a fait face à la presse, hier, se démarque de cette proposition.
En présence des autorités religieuses, coutumières, des «badiènus gox», des délégués de quartiers et du représentant du conseil de la jeunesse, l’édile de la commune  de Rufisque Est a apporté la réplique au député Seydou Diouf et au ministre Ismaila Madior Fall. Les représentants des différents segments de la population ont été unanimes à exprimer un point de vue contraire à la proposition de ces responsables. Pour eux, une telle idée est contraire aux principes de la décentralisation et serait un recul de 20 ans pour Rufisque. «Le député Seydou Diouf a évoqué la possibilité de dissoudre les communes. Et avant, le ministre Ismaila Madior Fall a fait la même sortie. Vous avez pu constater que l’ensemble des acteurs présents ne sont pas d’accord pour la suppression des communes», a affirmé Boubacar Albé Ndoye. Et de préciser que cette proposition va à l’encontre du principe général à la base de la décentralisation, c’est-à-dire la proximité entre les gouvernants et les gouvernés.  Celui-ci affirme que l’esprit de la réforme avec la communalisation intégrale était de corriger les incohérences, les déséquilibres consécutifs au déphasage entre les charges et les compétences transférées aux communes. «La commune est  la collectivité territoriale qui est la plus proche des populations en termes d’accessibilité, de réalisations et de soutien pour les populations. Aujourd’hui, les communes ont la compétence sur l’éducation, la santé, le développement local. Elles accompagnent l’école, les postes de santé, construisent des maternités. Donc, il est impensable de penser à dissoudre ces  communes», a ajouté le maire de Rufisque Est et par ailleurs premier adjoint au maire de la ville de Rufisque.

La ville, un gouffre à milliards

Toutefois, il a dit être en phase  avec le ministre Oumar Guèye et le Chef de l’Etat qui estiment que la ville en l’état actuel n’a pas de pertinence. «Il est constaté et c’est unanime que la ville aujourd’hui n’a pas une pertinence pour le développement de notre chère ville de Rufisque», a déclaré M. Ndoye.  Pour les élus de la commune de Rufisque Est, la ville en tant collectivité territoriale, dans le fonctionnement des territoires, est une hérésie. Elle capte toutes les ressources des communes alors que celles-ci ont des compétences transférées par l’Etat en sus de la prise en charge des personnels municipaux après la dissolution de la ville en 2013. «La ville telle qu’elle a été créée en 1996 par la réforme n’existe plus et ses biens ont été répartis entre les 3 communes», a-t-il rappelé. L’édile de Rufisque Est pense que la ville, aujourd’hui, est un gouffre à milliards qui, malgré ses moyens énormes, n’a fait aucune réalisation palpable dans son périmètre. C’est pourquoi il préconise une correction par une redistribution équitable des ressources entre les communes. A son avis, avec ces ressources, ces dernières pourront mieux prendre en charge les préoccupations des populations. «En 18 ans, a-t-il souligné, la ville a exécuté près de 80 milliards de FCfa de budget sans qu’on puisse mettre le doigt sur une infrastructure qu’elle a réalisée. Durant toute cette séquence, il n’y a eu que 4 milliards d’investissement.»
A la place d’une suppression des communes,   Albé Ndoye a plaidé pour une mise en œuvre de l’intercommunalité telle qu’énoncée par les textes de la décentralisation. Que la ville soit une émanation de la volonté des communes qui lui confient des missions et l’accompagnent d’un transfert de moyens financiers pour la prise en charge des questions comme celles relatives à l’assainissement, la gestion des ordures, l’éclairage public…Daouda GUEYE

PRÉSIDENTIELLE 2024 : ME DOUDOU NDOYE VALIDE LA CANDIDATURE DE MACKY SALL

http://www.emedia.sn Macky Sall, candidat à un 3e mandat en 2024. La déclaration est de Me Doudou Ndoye, invité du Jury du dimanche, ce 10 janvier, sur iRadio et Itv. « Le président Macky Sall peut être candidat. Aucune loi, aucune constitution ne lui interdit d’être candidat. Tant que cette constitution existe, personne ne pourra l’empêcher d’être candidat », a déclaré l’ancien Garde des Sceaux.
A son avis, le Code électoral a dit ceux qui peuvent être candidats mais n’a pas dit ne peut pas être candidat celui qui est le président de la République. Maintenant, soutient-il  : « si Macky Sall est candidat, aucun Conseil Constitutionnel n’aura le droit de lui dire vous ne pouvez pas le faire. S’il est candidat et perd l’élection présidentielle, la question du troisième mandat ne se pose plus. Mais s’il gagne, le droit constitutionnel fera de lui le président ». Aliou DIOUF & Pape D. DIALLO (Photo)

3è mandat : “Personne ne connait mieux que Macky Sall, l’esprit de la loi”, dixit Seydi Gassama

https://senego.com La question de la troisième candidature de Macky Sall intéresse toujours les Sénégalais. Le chef de l’Etat n’a pas voulu donner une réponse claire à ce sujet. Sur ce, le directeur de Amnesty international/Sénégal, Seydi Gassama accorde le bénéfice du doute au chef de l’Etat, car selon lui, personne ne connait mieux que Macky Sall, l’esprit de la loi. Il s’exprimait jeudi, dans l’émission de Senego “Le Grand Entretien”.

Le bénéfice du doute

Macky Sall avait clairement dit qu’il va se limiter à deux mandats. Il l’a répété partout. Je sais personnellement que personne ne connait mieux à Macky Sall l’esprit de la loi, car c’est lui-même qui avait commandé la modification de la constitution. Alors, je pense que ce qui est mieux pour lui, c’est de maintenir ces propos et de ne pas se dédire“, a déclaré Seydi Gassama.

Les opportunistes

Il poursuit : “Tous les mauvais conseillers d’hier d’Abdoulaye Wade sont aujourd’hui à côté de Macky Sall. Mais j’espère que ce dernier est un homme lucide. Il doit savoir qu’il est jeune. Il a de l’avenir devant lui, donc il faut qu’il évite la tentative des opportunistes. Je pense qu’il va tenir sa parole“, a-t-il soutenu.

Les conseils

Il invite Macky Sall a se préparer à d’autres fonctions car  après la présidence, la vie continue.

Présidentielle en 2024 : l’enseignant chercheur Ngouda Mboup valide les candidatures de Karim Wade et Khalifa Sall

https://www.lactuacho.com « Rien n’empêche à Karim Wade d’être candidat à la prochaine élection présidentielle, car la peine de condamnation est terminée», c’est l’ultime conviction du constitutionnaliste Ngouda Mboup. Idem pour Khalifa Sall, selon l’enseignant chercheur en droit public «l’ancien maire de Dakar peut bel et bien candidat pour l’élection présidentielle de 2024»
Les Candidatures de Karim Wade et de Khalifa Sall à la prochaine élection présidentielle de 2024, refont surface. Et le constitutionnaliste Ngouda Mboup qui donne carte blanche à Wade fils.
«Dans le code pénal et de procédure, Karim Wade conserve tous ses droits civiques et politiques. Et peut également être candidat lors de l’élection présidentielle de 2024».
Selon l’enseignant-chercheur de droit public à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, «sa peine est terminée. Le fils de l’ancien président de la République, Me Wade, peut aller s’inscrire sur les listes électorales pour être candidat en 2024. A l’état actuel du droit sénégalais, rien ne l’empêche de l’être», affirme Ngouda Mboup.

Dans ce même sillage, le constitutionnaliste démonte la thèse sur l’inéligibilité de Khalifa Sall. A l’en croire, «en droit, on dit que toute inéligibilité doit être interprétée de façon stricte. C’est la raison pour laquelle, on dit qu’il n’y a pas d’inéligibilité sans texte, ni d’inéligibilité au-delà des textes», a d’emblée soutenu l’enseignant-chercheur de droit public à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

A l’en croire, «dans un Etat de droit, seul le juge peut prononcer une inéligibilité. Et dans ce cas, la loi le fait de façon automatique. Avec Karim Wade, ils ont tous les droits civiques et politiques. Autrement dit, le juge n’a pas prononcé la déchéance pour eux. Ils ont même la possibilité de demander le relèvement de la peine en allant directement s’inscrire sur les listes électorales… Même gracié, rien n’empêche Khalifa Sall d’être candidat en 2024».

Faisant également une analyse de la situation démocratique au Sénégal, l’enseignant chercheur n’y est pas allé par quatre chemins pour asséner ses vérités. Il a indiqué clairement qu’un Etat de droit n’est pas n’importe quel droit. Dans un langage succinct, il affirme qu’un Etat de droit doit véhiculer des valeurs.

Pour lui, «il y’a de grands principes démocratiques que personne ne doit enfreindre. C’est facile d’être au pouvoir, d’avoir une majorité mécanique et faire ce que l’on veut». Mais, atteste-t-il, «l’histoire a démontré que tout état violent risque d’être laissé à lui-même, c’est-à-dire finir par se faire broyer par sa propre violence».
Selon Ngouda Mboup, en Démocratie, «tu dois traiter les opposants comme tu traites tes proches. Dans l’adversité et le fair-play, il faut de l’élégance démocratique». Pour conclure, il souligne «le fait d’exclure des candidats a même inspiré le Président Alpha Condé qui voulait à l’entame de briguer un troisième mandat instaurer le parrainage24 heures

État d’urgence, couvre-feu : Le Mouvement national des femmes républicaines en phase avec le chef de l’État Macky Sall

https://www.seneweb.com/ « Pour image.gif
marquer notre entrée dans la 2ème décennie du 3ème millénaire, le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Macky Sall, a délivré un message d’espoir et de confiance, un message de paix et  d’unité à la nation sénégalaise ». Ainsi réagit Madame Ndèye Sali Diop Dieng, présidente du Mouvement national des femmes républicaines. Elle tire un bilan satisfaisant de la riposte menée par les  autorités de l’Etat dans le cadre de la lutte contre la Covid-19.
En effet, « A la hauteur des enjeux d’un contexte marqué par la crise multidimensionnelle liée à la pandémie de la Covid-19 et dans un élan de générosité propre aux grands hommes, Monsieur le Président de la République a parlé à son Peuple, passant en revue ses victoires, ses attentes, ses difficultés et, surtout, sa détermination à maintenir notre pays sur le chemin de l’émergence en 2035 », félicite le Mouvement national des femmes républicaines, dans un communiqué reçu.
Dans cette dynamique, souligne le texte, les femmes et les filles,  forces motrices et cœurs battant de la nation, ont encore fait l’objet d’une attention toute particulière, s’agissant de leurs droits fondamentaux, de leur santé, de leur pouvoir économique, de leur éducation, de leur participation à la vie politique, de la qualité de leur vie et de leur protection contre les différentes formes de violences, énumère-t-on.
Elles se disent « Fières de partager cette grande vision et cet engagement » et « adressent encore leurs vives félicitations au Président de la République, pour les succès obtenus dans la mise en œuvre du Programme de Résilience économique et social avec, en particulier, la substantielle amélioration de notre système de santé, présage d’une riposte robuste et efficace contre les tendances actuelles de la maladie ».
Les femmes républicaines de renouveler leur « fidélité » et leur « grande détermination à l’accompagner dans la haute mission au service du Sénégal et du Peuple sénégalais » et « s’associent aux sénégalaises des villes et des campagnes pour magnifier les excellentes perspectives de transformation structurelle de notre économie pour l’année 2021».
Mieux : elle disent soutenir les nouvelles mesures prises pour endiguer la propagation du virus sur toute l’étendue du territoire avec un accent particulier dans les régions de Dakar et de Thiès.
Dans cet esprit, les femmes républicaines lancent un appel à un respect strict des gestes barrières et à un soutien sans faille aux efforts de nos personnels de santé,  de défense et de sécurité résolument engagés aux côtés des autorités à ne ménager aucun effort pour préserver notre bien-être, conclut le texte signé Ndèye Sali Diop Dieng.

Seydi Gassama décèle une faille dans la communication de Macky…

https://www.xibaaru.sn La manière de communiquer du Président Macky Sall n’enchante guère Seydi Gassama. Il a fortement décrié la sortie maladroite du Chef de l’Etat lors de son dernier face à face avec la presse après son discours de la nation.
« Le Procureur de la République est investi du pouvoir de poursuites. Donc, il lui revient de voir s’il vaut la peine de poursuivre ou de ne pas poursuivre une personne. Il peut, dès fois, arriver qu’il soit amené à arrêter une personne dont l’arrestation peut conduire le pays dans un chaos total », ainsi parlait Macky Sall le 31 décembre 2020 passé.
Selon le directeur d’Amnesty International section Sénégal, « en aucun cas, un président de la République ne devrait sortir ses genres de phrases, qui peuvent se retourner contre lui. Il doit savoir que tous les hommes naissent libres et égaux devant la loi. Un chef d’Etat doit éviter de créer un déséquilibre », martèle t-il, dans  » Le Grand Entretien », sur Senego.

Financement des partis : le cas Amsatou Sow Sidibé

https://liiquotidien.com S’il y a une question qui doit être prise très au sérieux, c’est effectivement celle du financement des partis politiques. Elle est d’autant plus cruciale que nous allons vers des lendemains assez troubles si l’esprit patriotique n’est pas élevé en dogme. Lendemains troubles parce que la découverte des richesses pétrolières, minières, gazières et autres dans un pays, a toujours tendance à attirer tous les charognards de la planète.
En ce sens, le cas de la professeure Amsatou Sow Sidibé nous semble intéressant puisqu’il met précisément en relief cet esprit patriotique.
En effet, en 2012, alors qu’elle était candidate à la présidence de la République, rappelle Pèdre Ndiaye, Mme Sow Sidibé s’est vu proposer un financement à hauteur d’un milliard Cfa. La présidente de Car Leneen avait tout simplement décliné l’offre parce qu’elle était dubitative sur le caractère licite du financement. Une autre proposition de six cent millions Cfa lui sera faite durant son fund raising. Rejetée.
Tout ça pour dire quoi ?
Le Sénégal est notre patrimoine commun, et nous avons la lourde responsabilité de le laisser en héritage aux générations futures. Non pas en lambeaux et à la merci des forces occultes étrangères, mais en bon état, bien construit et solidement fondé sur des institutions fortes qui moquent des fantaisies et de humeurs personnelles Par Félix NZALE

KenBugul, écrivain : «Cette pandémie donne à réfléchir sur la vie, sa fragilité pathétique» 

http://lesoleil.sn Réinventer un monde réajusté et renforcer nos capacités de survie et de vie dans un environnement plus proche de la nature et de l’humain. Voilà, la recette de Ken Bugul face aux questions aactuelles. Elle pense que l’homme a toujours la capacité à surmonter les épreuves de la vie, à moins qu’il ne l’exploite par fatalité ou défaitisme.  Du contexte sanitaire à la création littéraire nationale, en passant par l’émigration des jeunes, l’auteure du célèbre roman « Le baobab fou », âgée aujourd’hui de 73 ans, nous répond sans détours dans cet entretien.

En tant qu’écrivain, comment vivez-vous cette période de la pandémie Covid-19 ?

La pandémie a affecté tout le monde, écrivain ou non, dans son quotidien. Au début, j’étais un peu déstabilisée par rapport à mes activités programmées, planifiées, mais je me suis réorganisée assez rapidement pour une question de survie. Il fallait continuer à occuper la vie. J’avais un manuscrit à corriger, un nouveau livre sur lequel je travaillais et d’autres activités  connexes, des retards de lecture d’ouvrages surtout de la nouvelle génération, et une réécoute des musiques urbaines. Cette pandémie m’a donné l’occasion de réfléchir sur la vie en général dans sa fragilité et sa précarité et de me repencher sur la mienne en particulier dans son optimisme linéaire naïf.

Pensez-vous que les Sénégalais s’en tirent mieux, par rapport à d’autres pays ?

Je ne sais pas ce qui se passe dans le monde en dehors des informations diffusées par les médias. Mais d’après ces mêmes médias, le Sénégal s’en sort assez bien depuis le début. Cependant avec la recrudescence connue ces temps-ci, il faut redoubler d’efforts à tous les niveaux. C’est une question de discipline individuelle pour le salut de tous. Il y a des gens qui ne croient pas à la pandémie, d’autres qui négligent les gestes barrières, d’autres qui s’en remettent à Dieu, en oubliant que Dieu Aime la discipline pour soi-même,  pour et envers les autres.  Les autorités doivent aussi penser aux circuits socio-culturels traditionnels pour informer et sensibiliser sur la pandémie, mais doivent en profiter pour renforcer les structures sanitaires existantes en les équipant surtout dans les régions et en milieu rural. Dans le Saloum où je suis née, nous avons des structures sanitaires qui ne sont que des bâtiments mais ne sont pas équipés en matériel et en personnel adéquats.

Cette situation, sanitaire, sociale et économique vous-a-t-elle inspiré un thème pour un livre ou non ?

Cette situation ne m’a pas encore inspiré un livre, car nous n’en sommes pas encore sortis. Il faut du recul pour mieux appréhender une situation. Des livres sont sortis à ce sujet, mais sur des spécificités liées à la pandémie, mais  pas sur la pandémie elle-même, car elle sévit encore et le virus s’amuse à muter. Des conséquences psychologiques, sociales, économiques, cliniques, sont relevées et relatées, mais ne pas encore traités d’une manière exhaustive dans la littérature. Il y aura beaucoup de publications bientôt, que la pandémie perdure ou qu’elle disparaisse, ce que je souhaite et prie pour. Les réflexions auxquelles la pandémie me pousse au quotidien par rapport à ce que j’observe en moi et dans mon environnement, contribueront certainement à l’écriture d’un livre qui l’utilisera comme toile de fond, mais abordera  des questionnements essentiels sur la vie, son sens, son essence, sa finalité et l’homme face  à des forces incontrôlables et à sa capacité ou son incapacité à les surmonter, comme depuis les origines de l’humanité.  Espérons que l’intelligence et l’utilisation de ses potentialités insoupçonnées mais énormes, pourront aider l’être humain à réinventer un monde réajusté, rééquilibré et renforceront ses capacités de survie et de vie dans un environnement plus proche de la nature et de l’humain.

Justement où en-êtes-vous dans la création littéraire ?

Je viens de terminer la correction d’un manuscrit.  Actuellement je travaille sur un projet pour une chorégraphie et j’ai ressorti un manuscrit  sur lequel je travaillais.  J’ai aussi une pièce de théâtre que je dois dépoussiérer et la travailler. Je suis en permanence en train de travailler ou de penser à un projet. Avoir des projets, projette dans le temps, dans l’imaginaire, dans la créativité et amenuise les petits soucis encombrants et non inspirants du quotidien.

Ces derniers mois, l’on a noté des jeunes sénégalais périr dans l’océan à bord d’embarcations de fortune pour rallier l’Europe. Que pensez-vous de ce phénomène ? 

Ce phénomène est récurrent et n’est pas prêt de s’arrêter. Il fait le buzz de temps à autre quand il y a beaucoup de morts en peu de temps. Tous les jours, des hommes, des femmes, des enfants sont en train de mourir ou de vivre dans des conditions inhumaines quelque part sur leur parcours vers l’ailleurs. Il ne s’agit plus d’un ciblage de l’Occident pensé comme un eldorado, mais c’est partir et partir n’importe où. Devoir partir, est le nœud de la problématique du phénomène. C’est sur cela que nous devons réfléchir et nous avons tous les éléments. Pourquoi vouloir partir? C’est légitime de vouloir partir. L’homme est fait pour bouger. L’homme doit bouger. Mais devoir partir et partir n’importe où, comme un suicide, il y a un problème.
Nous devons y réfléchir et y trouver les solutions qui existent. Il faut revoir le système pervers qui s’empare de notre société en la hiérarchisant, en la catégorisant, en les classifiant, à travers des valeurs matérialistes égoïstes et cupides imposées comme nouvelles échelles de valeurs. Où est la connaissance? Où est le savoir? Où est la culture? Où est le respect de la différence? Où est la justice? Où est le sens de la famille? Où est la solidarité séculaire? Où sont nos garde-fous socio-culturels traditionnels qui contribuaient à stabiliser, réguler, et à inculquer des valeurs intrinsèques et endogènes?
Le manuscrit que je viens de terminer en parle mais insiste dans le questionnement sur le motif plutôt que sur les faits en situant toutes les responsabilités.

Vous avez vécu en Europe. Pensez-vous que ces jeunes vont réellement trouver le mieux-être en Occident, l’eldorado ?

Ecoutez, je ne crois pas que l’Europe soit systématiquement visée actuellement. Sa proximité est une raison pour la choisir comme destination dans le «n’importe où». L’Europe est à quatorze ou quinze kilomètres du continent Africain. Du sud de l’Espagne, on peut voir les lumières des villes d’Afrique du Nord, la nuit, en temps clair. J’ai fait avec le grand écrivain congolais Henri Lopez, une rencontre avec des étudiants à Tarifa en Espagne et des étudiants marocains y avaient assisté en faisant une traversée de quatorze kilomètres. C’est  une question de proximité. Ceux qui partent visent un espace Schengen tout proche qui leur permettra de se diriger vers d’autres pays. Nous ne parlons pas des autres itinéraires à travers la partie orientale du continent, le désert du Sinaï, vers la Turquie, etc. Il y a aussi les itinéraires plus compliqués à travers l’Amérique latine.  Les migrants y rencontrent les mêmes souffrances et la mort. Il faut revoir le film de Moussa Sène Absa, Yole. Ceux qui partent ont connaissance et conscience des difficultés sur le parcours avec ces milliers de morts, hommes, femmes, enfants, des problèmes économiques dans beaucoup de pays d’Europe et d’ailleurs. Il y a aussi la montée du nationalisme,  de l’extrême droite,  des politiques d’immigration dures, les assassinats par des racistes, par la mafia, le mépris dont les migrants sont victimes en permanence. Les candidats à l’émigration sont au courant de tout cela, mais ils veulent quand même partir. C’est ce «devoir partir» qu’il faut analyser, comprendre et chercher et trouver des solutions. Malheureusement d’un côté comme de l’autre,   il y a une méprise et un manque de vision. Les uns donnent des milliards pour freiner l’émigration clandestine, d’autres s’en fichent et n’utilisent pas  judicieusement ces fonds alloués à cet effet où les utilisent à d’autres fins. Et pour les uns, les immigrés clandestins ou non contribuent d’une part à l’emploi au noir par des sociétés sans scrupules, et pour les autres ils servent de régulateurs socio-économiques et masquent les insuffisances dans la vision d’une prise en charge responsable des problèmes de chômage et de mal être des gens surtout des jeunes gens harcelés par la société, depuis la cellule familiale.

Vous êtes souvent invitée à des rencontres et  salons de livres à travers le monde. Quels échos y avez-vous de la littérature sénégalaise ?

Le Sénégal figure en bonne place dans la littérature. Les noms d’auteurs sont connus, mais pas leurs ouvrages surtout pour les auteurs vivant et se faisant éditer au pays. Il y a un problème au niveau de la chaîne du livre par le manque de promotion, par une implication efficiente des autorités en charge du secteur, de l’auteur jusqu’au lecteur. Les auteurs ont des difficultés pour faire éditer leurs ouvrages, les éditeurs ont des difficultés pour éditer un livre qui nécessite des moyens, des correcteurs quand un livre est retenu pour publication, les techniques relatives à la fabrication d’un bel ouvrage, de bonnes imprimeries qui ont du bon matériel, la distribution, les libraires et un public de lecteurs qui fait défaut. Avant les programmes d’ajustement structurel qui ont été meurtriers avec la culture, surtout avec le livre, le secteur était subventionné. Mais bien que notre autorité de tutelle fasse de son mieux, il reste beaucoup à faire pour booster l’édition. Les mesures imposées par les Programmes d’ajustements structurels (Pas) n’ont pas été réactualisées et réajustés depuis quarante ans, à moins que nous soyons encore sous leur joug. Quand un livre n’est pas distribué, il n’est pas accessible.
C’est le problème pour les autres au Sénégal. Il y a des talents, mais la plupart sont brisés. C’est dommage. En dehors des auteurs qui vivent en Occident, concernant le Sénégal, on cite toujours l’ancienne génération. Alors qu’il y a de talents en herbe dont il faut faire la promotion en les soutenant par des lieux de résidence d’écriture et de création, des bourses et des aides à la création, par des rencontres avec d’autres auteurs, en soutenant la chaîne de fabrication et de diffusion du Livre. Les médias aussi y ont un rôle important à jouer. Il faut que le Cesti incorpore dans son curriculum une spécialisation en art et en culture. La Direction du Livre du Sénégal doit avoir plus de moyens pour faire avancer la littérature d’une manière efficiente et efficace. La littérature ce n’est pas dans la quantité, mais il faut de bons livres de qualité, bien édités, bien distribués. Pour aspirer à devenir un bon écrivain, il faut avoir beaucoup lu et continuer à lire. Il faut être cultivé pour écrire. Le reste c’est avoir le sens de la créativité en lâchant son imaginaire. La littérature ce n’est pas des histoires à raconter c’est l’art de les raconter. Il faut que les jeunes auteurs lisent, qu’ils se cultivent et travaillent un peu plus leurs manuscrits pour sortir des ouvrages de haute facture qui contribueront à peupler nos imaginaires et ceux du monde. Les éditeurs aussi doivent être plus exigeants sur les ouvrages qu’ils publient. Rendons grâces, car depuis quelques temps, de jeunes auteurs sont en train de relever les défis. Il fut les encourager et les soutenir. Le développement ne peut se faire sans le savoir, la connaissance et la culture dont la lecture inspirante et non des ouvrages de faits divers dont on se lasse très vite pour s’orienter vers des séries télévisées et autres novelas dont le niveau intellectuel n’est pas relevé et nous plonge dans des imaginaires aliénants.
Il nous faut rattraper le retard. Le Sénégal était connu comme un pays de grands écrivains et auteurs dramaturges, de grands poètes. Parmi eux, C. H. Kane, Malick Fall, Sembène Ousmane, Mariama Bâ, Aminata Sow Fall, Cheikh Ndao, B.B. Diop, C. Anta. Diop, A. Sadji, Ousmane Socé Diop, L. Senghor, Ibrahima Sall, Abdou Anta Kâ, A. Lamine Sall etc. Les nouvelles générations comme Fatou Diome, Khady Hane, Mariama Ndoye, Sokhna Benga, Felwine Sarr, et tant d’autres dont beaucoup de femmes qui essaient de porter haut le flambeau pour un renouveau de la littérature. Il faut des moyens et de la reconnaissance pour sortir la littérature du folklore et de la médiocrité.

A parcourant vos œuvres littéraires, le lecteur en apprend sur notre société, les rapports femmes-hommes, les traditions, etc. Cette société que vous évoquiez dans vos livres, a-t-elle changé de nos jours ?

La société n’a pas changé. C’est le système social qui a muté brutalement.  Nous sommes dans la confusion totale. Nous avons besoin de nous ressaisir, de nous repenser, de nous réinventer. Nous sommes tous responsables. Il faut une vision et une approche endogènes dans tous les secteurs avec une ouverture au monde devenu un village planétaire. Il faut refonder notre système éducatif en recensant ses forces et ses faiblesses qui sont nombreuses. Le niveau baisse de plus en plus. Ce qui manque à notre système éducatif c’est la dimension de la culture qui laisse à désirer. Il y a des étudiants à l’université qui sont incapables de tenir un discours cohérent et fluide. C’est le cerveau qui est incohérent dans sa non maîtrise de ses langues maternelles qui se sont abâtardies, et cela affecte la maîtrise des langues étrangères dans lesquelles ils sont éduqués. Quand on ne maîtrise pas sa langue maternelle, il est difficile de maîtriser une autre langue. C’est cette confusion perturbante qui est en partie, la cause de notre acculturation et jette le flou dans notre quête d’identification et  d’identité. Nous en perdons tout un héritage intellectuel, spirituel,  un sens du discernement, une cosmogonie. Il faut que nous sortions rapidement de cette zone de confusion pour redevenir l’homme intégral auquel nous aspirons avec nostalgie pour certains, en développant toutes nos potentialités et sortir de la traîne de la dépendance mentale.

Au-delà de la littérature, quelles activités vous occupent maintenant à votre âge?

Je n’ai pas d’âge. Chaque matin, je suis un être tout neuf, prêt à vivre. Je peux parler du temps qui passe en blanchissant mes cheveux, en ridant ma peau, mais il n’affecte pas la vie qui se présente à moi à chaque instant. La vie n’a pas d’âge. Elle est l’instant. Aujourd’hui plus que jamais, je me sens naître chaque jour et je prends la vie à bras le corps et m’occupe à remplir chaque instant dans des actes et des actions utiles, qui ont du sens pour moi et pour ceux qui m’entourent dans mon quartier et partout. Je trouve la vie si excitante et je ne voudrais pas qu’une question de nombre d’années m’empêche de vivre chacun de ses instants. Je lis, j’échange avec les gens que je rencontre partout et n’importe où, je saisis tout bruit, tout son, tout vent. Je contemple la vie qui m’émeut. Je suis émue par la vie et par la création. Et j’aime les gens parce qu’eux aussi m’émeuvent, me touchent et me rapprochent de plus en plus de Dieu, donc de moi-même. Je rends grâce à cette Energie qui est la vie.
J’aime visiter les lieux de culte, faire le marché et la cuisine. Je mange essentiellement ce que je prépare moi-même. Dans mon prochain ouvrage, il y a une partie consacrée à la relation entre faire la cuisine et écrire un livre. C’est pareil. C’est de la création. Entretien réalisé par Omar DIOUF

HOMMAGE PAR ALPHA AMADOU SY : Professeur Abdoulaye Bara Diop, l’expression vivante de la rigueur, de l’humilité et de l’altruisme

http://www.sudonline.sn À l’annonce de la disparition de l’éminent Maître dans ses quatre-vingt onzième années, Pr Buuba Diop a rendu hommage à un compatriote qui s’est évertué «à remplir ses missions dans la rigueur et l’humilité »
Lui faisant écho, Marie Aida Diop Wane saluera en Abdoulaye Bara Diop « un homme de paix et d’ouverture ». À Penda Mbow de renchérir, en s’inclinant devant la mémoire « d’un grand Monsieur très engagé » : « L’apport du grand sociologue est inestimable, ses travaux sur le système inégalitaire dans la société wolof demeurent incontournables ».
De l’engagement, en effet, il en avait fait preuve dans le triple axe de la recherche scientifique, de la formation des étudiants et de l’implication dans les luttes citoyennes. S’il est vrai qu’il a abordé plusieurs questions d’ordre sociologique, il reste que ce sont ses investigations sur la société wolof, consignées dans son chef-d’œuvre, La société wolof, tradition et changement, les systèmes d’inégalité et de domination, édité en 1981, que retient « le grand public ».

Abdoulaye Bara Diop a fait œuvre de pionnier en parvenant à extirper la sociologie des mailles de l’eurocentrisme et de l’africanisme. Cette liberté d’esprit, adossée à une solide connaissance de son milieu, lui a permis de contribuer à une intelligence beaucoup plus positive des phénomènes aussi complexes et sensibles que celui des castes.

Ainsi, il a su montrer comment, sur la base de ces critères que sont la spécialisation professionnelle, l’hérédité et l’endogamie, se dessine « une bipartition principale donnant d’un côté les géér et, de l’autre, les ñeeño. » Par cet éclairage, il a mis le curseur sur cette division binaire dont la complexité réside aussi dans le fait que cette formation sociale décline un « ordre hiérarchique décroissant » dont les composantes sont : « les géér (paysans généralement et les ñeeño dont les sous-groupes sont les jëf-lekk (artisans), les sab-lekk (musiciens, chanteurs, laudateurs), les ñoole (courtisans, serviteurs, bouffons). »
Cette approche lui permet de s’inscrire à porte- en- faux contre ceux qui considèrent que les géér ne constituent pas une caste : « Ce point de vue ignore la bipartition fondamentale de la société wolof donnant le couple d’opposition géér/ ñeeño dont les termes renvoient à des groupes appartenant à un système social unique : celui des castes. Ils ont en commun les mêmes caractéristiques qualifiant celles-ci : spécialisation professionnelle, hérédité, endogamie. » Sans occulter l’objection que peut soulever un tel point de vue, il nous est loisible d’en retenir la portée politique dans un contexte où la lutte pour l’égalité des citoyens trouve son corollaire dans la lutte pour l’avènement de l’État de droit.
Cette analyse du Pr Abdoulaye Bara Diop du phénomène des castes favorise l’égalité entre des citoyens dont leur espace naturel qu’est la République ne connait qu’un seul critère de distinction entre ses membres : le mérite. En tout état de cause, il mènera des investigations suffisamment denses et originales pour être saluées comme des références incontournables dans le domaine des sciences sociales comme en témoignent ses nombreuses publications.

En plus d’être homme de terrain, il est crédité d’une compétence et d’une générosité remarquables au service des étudiants dans le cadre des enseignements-apprentissages et de leur accompagnement dans la rédaction de leurs mémoires et thèses. Et comme mu par une volonté inébranlable de se consacrer entièrement à son pays, il fera profiter à ses concitoyens son expertise par l’animation des cadres de réflexion créés dans la perspective d’élargir pour le Sénégal l’horizon des possibles.

Ainsi, Abdoulaye Bara Diop a dirigé non seulement le Comité scientifique des Assises nationales ouvertes le 1er décembre 2008, mais aussi celui de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI). Mais cet engagement, loin de relever d’un phénomène de mode ou d’un effet d’entrainement, avait trouvé sa raison dans son appartenance à cette forte dynamique historique qui avait mis en demeure les intellectuels et hommes de culture africains « d’assumer leur tâche générationnelle », pour reprendre Frantz Fanon.
Dans ce contexte, malgré les pesanteurs liées à la guerre froide, les Africains, acquis à la cause de l’émancipation de leurs peuples, s’étaient évertués à élargir leurs espaces de convergence par l’expression culturelle. Cet esprit, incarné par Alioune Diop, n’était pas étranger à Abdoulaye Bara Diop.
Pour preuve, il sera parmi les éminents membres fondateurs, en 2007, de la section sénégalaise de la Communauté Africaine de culture, née en 2005 des cendres de la Société Africaine de Culture et dont le Président est le Nigérian Wole Soyinka. Révélatrice est aussi son initiative prise de verser à la CACSEN un montant équivalent à une dizaine d’années de cotisation afin qu’elle puisse dérouler son programme culturel. Loin de s’épuiser dans l’anecdotique, cet acte est resté un cas d’école en tant qu’expression condensée à la fois de générosité, de discrétion et d’attachement à une bonne cause ! Bien plus, ce geste renvoie à tout du Professeur : l’effacement, cette sobriété aux accents pudiques, l’altruisme et le don de soi.
Au-delà de l’émotionnel, la perte cruelle de l’éminent compatriote renvoie les chercheurs à leur devoir de poursuivre l’œuvre du Maître en contribuant à proposer une plus grande lisibilité du champ social, rendu plus complexe par l’enchevêtrement des phénomènes qui le structurent. Elle incite aussi à un devoir d’évaluation des Assises, une dizaine d’années après l’organisation historique des Assises nationales. Il n’est pas superflu de permettre à tous ceux qui en ont cru, pour y avoir consacré leur énergie et leur intelligence à l’instar du Professeur Abdoulaye Bara Diop, d’être édifiés sur les impacts de ces assises sur le cours politique, sur les dynamiques citoyennes et sur l’état de nos institutions ?

Mais de manière beaucoup plus générale, le décès du professeur Abdoulaye Bara Diop, qui s’ajoute à cette liste déjà terriblement longue de nos remarquables compatriotes disparus que sont, entre autres, Alassane Ndaw, Amady Aly Dieng, Sémou Pathé Guèye, Ousmane Sembene, Aminata Diaw Cissé, Mame Younous Dieng, Djibril Diop Mambéty, Boubacar Ly, Ousmane Sow Huchard, Hamidou Dia, Ndiaga Mbaye, Mansour Kama et Babacar Touré, soulève la question de notre devoir de reconnaissance et de gratitude.

Évidemment, il y aura toujours quelques bonnes volontés qui, en fonction de leurs moyens et surtout de leurs sensibilités idéologiques et politiques, commémoreront le décès et/ou la naissance de telle ou telle autre personnalité. Certes, les « plus chanceux » d’entre eux verront leur nom associé à des sites. Mais, soixante ans après nos indépendances, il n’est que grand temps d’interpeler l’État sénégalais à travers le ministère de la Culture et nos universités sur le sort à réserver à nos illustres disparus.
L’impératif est très précisément de voir comment intégrer leurs œuvres dans le patrimoine national et se résoudre à perpétuer leur héritage. Cette attention méritée aura aussi l’avantage de participer à doter les enfants de la République d’une mémoire suffisamment fournie pour leur permettre d’avoir une prise sur leur présent et de préfigurer leur avenir en sachant de qui tenir.
En attendant de voir ces vœux bénéficier de l’attention qu’ils requièrent, nous nous inclinons devant la mémoire de notre illustre compatriote. Et d’un même mouvement, présentons, au nom de la CACSEN, nos condoléances les plus sincères à tous nos concitoyens, à toute la communauté des chercheurs, et des femmes et hommes de culture. Nos condoléances notamment à sa veuve l’éminente linguiste Arame Fall et sa belle-sœur, la talentueuse romancière, Aminata Sow Fall.

Des paysages et des visages, le voyage intellectuel de Felwine Sarr

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https://www.franceculture.fr Felwine Sarr nous invite, dans « La saveur des derniers mètres », à partager ses voyages à travers le monde, mais aussi à un cheminement intellectuel, celui d’un homme qui veut repenser notre manière d’habiter le monde et redéfinir la relation entre l’Afrique et les autres continents.
L’économiste sénégalais Felwine Sarr est l’un des intellectuels importants du continent Africain. Ecrivain et professeur d’économie, il est également musicien. Deux de ses livres ont notamment fait date  :  Afrotopia (2016) et Habiter le monde (2017). Avec Achille Mbembé, il est le fondateur des Ateliers de la pensée de Dakar. Chaque année, des intellectuels et artistes s’y rencontrent lors d’un festival des idées transdisciplinaire pour “repenser les devenirs africains” à travers des concepts adaptés aux réalités contemporaines.
La littérature, les arts, la production d’imaginaires et de sens demeurent de formidables boussoles pour l’humanité. Nous sommes dans une crise de l’imaginaire, nous n’arrivons pas à déboucher les horizons. (Felwine Sarr)
L’utopie nous dit qu’on peut féconder le réel, faire en sorte qu’il y ait un surcroit de réel. (…) Le premier travail est d’imaginer qu’ « il est possible de… » (…) Il faut reprendre le chantier qui consiste à dire qu’il existe des horizons souhaitables, qu’il faut les penser, les imaginer, et travailler pour les faire advenir. (Felwine Sarr

Felwine Sarr a été, avec l’historienne de l’art Bénédicte Savoy, chargé de rédiger un rapport sur la restitution des œuvres d’art africaines spoliées lors de la colonisation, remis à Emmanuel Macron en novembre 2018.

Nous devons reprendre notre élan notamment en reconstruisant un rapport à notre patrimoine, à notre histoire. (Felwine Sarr)
Son livre La saveur des derniers mètres (éditions Philippe Rey) est une invitation au voyage intellectuel et physique, le voyage des idées et des hommes, un plaidoyer presque, pour l’importance des rencontres et du dialogue avec l’autre. La confrontation avec des ailleurs (Mexico, Mantoue, Le Caire, Istanbul, Port-au-Prince, Cassis, Kampala, Douala), mais aussi le retour chez soi, l’île de Niodior, sa terre natale, son point d’ancrage, sa matrice. Imaginaire en voyage et voyage des imaginaires.
Goûter à la saveur du monde est un droit qui doit être équitablement réparti. Il faut considérer la mobilité comme un droit fondamental. (Felwine Sarr
Un récit entre le carnet de voyage, les notes de l’économiste, les réflexions anthropologiques et les évasions poétiques. Une plongée intime dans des transports de la pensée et du coeur.

Voyager permet d’avoir un regard en biais, en relief, à la fois en dedans et en dehors.

 (Felwine Sarr) Appartenir à une île, c’est devoir la quitter. (Felwine Sarr)

 Kaolack-Fatick : La gendarmerie intercepte 263 kg de chanvre indien débarqués au quai de Sibassor à destination de Fissel.

https://www.dakaractu.com Selon le communiqué du Haut Commandement de la Gendarmerie Nationale, la compagnie de Fatick a intercepté deux charretiers qui acheminaient du chanvre indien de Sibassor à Mbafaye.
Ainsi, Deux cent soixante trois (263) kg de chanvre indien, contenus dans des sacs avaient été débarqués au quai de Sibassor. Ces produits devaient par la suite transiter par Fatick à destination de Fissel…

Saisie record de drogue en Gambie : comment la DLEAG a découvert le pot aux roses

https://www.dakaractu.com Les trafiquants de drogue viennent d’essuyer un cinglant revers en Gambie. L’agence de lutte contre la drogue a annoncé ce vendredi, la découverte au port de Banjul d’une quantité record de 2, 9 tonnes de cocaïne dans un chargement de sel en provenance d’Équateur. La poudre blanche a été dissimulée dans 118 sacs transportés depuis le port de Guayaquil dans un conteneur numéroté SUDU7531754 censé contenir du sel et envoyé en Gambie aux côtés de trois autres conteneurs.
Les trois premiers conteneurs (SUD7531754, TLLU2135228 et TCLU2505880) transportés par MAERSK LINE SHIPPING COMPANY et transbordés au port d’Algésiras en Espagne sont arrivés à Banjul le 1er janvier dernier. Un quatrième conteneur en provenance de Guayaquil et transporté par MSC a été transbordé à Anvers, en Belgique, puis à Las Palmas, en Espagne avant d’arriver en Gambie le 27 décembre.
D’après le communiqué exhaustif de la DLEAG sur cette rocambolesque affaire, les quatre conteneurs sont expédiés par la société ECU WORLDWID ECUADOR SA et avaient comme destinataire BOLLORE TRANSPORT and LOGISTICS en tant que partenaire local. Cependant, l’agence de lutte contre la drogue précise qu’un Bill of loading (connaissement maritime) a été émis par l’expéditeur au destinataire réel qui se trouve être CIRCUIT LONG TRADING CLT et un certain Sherif Njie a été désigné comme personne contact.
Le lundi 4 janvier, poursuit le communiqué lu à Dakaractu, une fouille minutieuse a été menée sur le conteneur TGCU 212 7190, mais il a été découvert qu’il ne contenait que du sel. Les recherches se poursuivent le jeudi 7 janvier sur les trois conteneurs restants. C’est ainsi que la découverte de 118 sacs contenant de la drogue a été effectuée mais uniquement dans le conteneur SUDU7531754, arrivé le 1er janvier au port de Banjul.
Selon les premières informations détenues par les agents de la DLEAG, les conteneurs appartiendraient à un ressortissant français identifié sous le nom de Banta Keïta. Né le janvier 1984 selon son passeport, il résiderait à Kanifing, à la section Fajara M. Il est actuellement l’homme le plus recherché de la Gambie.
Les informations données par l’agence de lutte contre le trafic de drogue sont intrigantes à propos de la provenance de cette quantité de drogue et de sa destination finale. Même si pour l’heure, rien ne peut être définitif, les premiers éléments semblent indiquer que la cocaïne devait terminer sa course en Afrique. En tout cas c’est tout comme. Après avoir quitté l’Equateur, la drogue a d’abord transité en Europe, exactement au port d’Algésiras, en Andalousie avant de faire Cap sur Banjul.


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