Revue de Presse du Dimanche 09 Aout 2020

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Augmentation des décès liés au Covid-19: “Je ne suis pas surpris…”,déclare le Pr Seydi

https://senego.com Avec plus de 11 000 cas positifs, 232 décès à la date de ce dimanche 9 août, Pr Seydi dit n’être guère surpris. Des qu’il y a eu des cas communautaires, il fallait s’attendre à ça.
Je ne suis ni surpris par le nombre de cas, ni par le nombre de décès“, déclare l’infectiologue sénégalais dans l’émission Objection sur SudFm. Il précise par ailleurs qu’on peut s’en sortir sans trop de dégâts, si on respecte les mesures-barrières. Mais, si on ne les respecte pas, la situation peut empirer.

Nombre de cas

Concernant l’augmentation des cas, une personne infectée,  on dit qu’elle peut infecter entre deux (2) ou trois (3) personnes. Mais c’est valable surtout en Europe. Chez nous, le deuxième cas a infecté 20 personnes, parce qu’il y a un environnement différent. Il y a une certaine promiscuité“, a expliqué le Pr Moussa Seydi.

Nombre de décès

Par rapport aux décès, c’est parce qu’on retrouve le virus partout au Sénégal, dans toutes les régions. Et ça augmente le risque pour les personnes  qui présentent des facteurs de faire une maladie grave de contracter le virus, selon le Pr Seydi. “Il y a beaucoup de sujets âgés, beaucoup de personnes diabétiques etc. De ce fait, ce n’est pas surprenant que le nombre de cas graves augmente puisque ces personnes sont connues comme pouvant faire des  cas graves de Covid-19.  Et c’est à la suite de ces cas graves que le nombre de décès augmente.”

Réforme du franc CFA: SCANNER de l’Accord de Coopération

Interview de Abdou Cissé et Claude Mombo,experts du Groupe CISCO²NSULTING-SOLVISEO.
IRM de la ‘Garantie’, CFA- ECO: Zoom sur la dimension Actuarielle de l’EX-FUTURE Monnaie, de la Garantie de Convertibilité à l’Autorisation de Découvert.
https://www.financialafrik.com Le nouvel Accord de coopération signé le 21 décembre 2019, adopté en conseil des ministres du gouvernement français le 20 mai 2020, est une adaptation en conséquence de la coopération monétaire de 1973, par le changement de nom du franc CFA, la suppression du mécanisme de compte d’opérations et la transformation du rôle de la France en celui d’un garant financier. Au conseil des ministres de la France du 20 mai 2020, le projet de loi – 2986 – d’approbation de cet Accord de coopération a été autorisé et sera présenté à l’Assemblée nationale. FinancialAfrik a sollicité Abdou Cissé et Claude Mombo, experts du Groupe CISCO²NSULTING-SOLVISEO pour recueillir leur avis après une lecture approfondie de l’Accord de coopération et de  ses annexes.
Entretien.
FInancial Afrik: La tentative de remplacer le franc CFA par l’ECO soulève les inquiétudes des anglophones d’Afrique de l’ouest, en particulier celles du Président Nigérian, Muhammadu Buhari. Cette situation préoccupe tous les Africains. Quelle en est votre lecture ?
Abdou Cissé et Claude MomboNous souhaitons d’abord attirer l’attention de vos lecteurs pour préciser que  nous livrons ici notre avis, lequel va au-delà de l’idéologie, de la géopolitique, de l’émotion et de la passion. Nos réponses sont plutôt mues par le pragmatisme, l’efficacité et la dimension objective des relations entre la France et les pays de l’UMOA. Nous restons donc ouverts à tout débat constructif. La CEDEAO est en projet d’une monnaie unique autonome depuis 1983, qu’elle a décidé de nommer ECO (diminutif d’ECOWAS) ; les Etats de la communauté ont clairement exprimé leur souhait d’éviter d’en faire un franc CFA bis. Les populations concernées tiennent à leur communauté économique et souhaitent même l’élargir à la CEMAC plutôt que d’assister à son implosion.
Le document en question, disponible sur le site de l’Assemblée nationale française se décompose en un exposé des motifs, un accord de coopération (signé par les Etats de l’UMOA et l’Etat français) et une étude d’impact (présentée aux parlementaires français). Selon la presse, le projet de loi ferait déjà l’objet d’interrogations au Sénat français. Qu’en est-il réellement ?
Les Sénateurs français ont émis des doutes sur la réalité de la fin des ‘irritants’, et la commissions des finances s’est interrogée sur les tensions entre l’UEMOA et la CEDEAO. Nous avons effectué une lecture approfondie des textes et la répétition des notions de Garant et Garantie (citées 28 fois dans l’Accord de coopération et autant de fois dans l’étude d’impact), a attiré toute notre attention. Ce rôle de garant financier de la France mérite d’être éclairci par une revue actuarielle du document.
Pourquoi une revue actuarielle?
Cet Accord de coopération et ses annexes s’entendent comme un ensemble de clauses contractuelles (conditions générales). Le mot Garantie, étroitement lié à un engagement, un contrat, ou un traité, revêt une obligation légale ou contractuelle qui incombe à l’un des co-contractants. Une garantie, indissociable du concept de l’assurance, se manifeste soit par une couverture en jouissance (d’un droit ou d’un objet), soit par une protection et traduit souvent une indemnisation ou une exécution d’une obligation à la réalisation d’un évènement (risque). Une garantie assure l’exécution, voire le respect des termes d’un contrat. La branche actuariat s’inscrit dans la culture du risque, indissociable des notions de garantie et d’engagement qui intègrent tous les contrats d’assurance et de finance.
Aussi, l’assurance est l’une des rares disciplines qui s’évertuent à valoriser les clauses contractuelles, en leur donnant une pesée statistique, probabiliste et une dimension Actif-Passif. La revue actuarielle consiste à donner une interprétation technique et financière, intégrant le volet juridique, par une méthode d’analyse qui mène à la quintessence des clauses contractuelles.
Quelles sont vos premières impressions après la lecture de l’Accord de coopération et de ses annexes ?
Nous proposons dans un premier temps d’aborder les grandes lignes à retenir de nos réflexions avant de passer à l’analyse détaillée. La lecture approfondie nous projette aux frontières de l’assurance et de la finance. Selon notre interprétation des textes :

-L’Accord de coopération présente l’Etat français comme un garant financier, avec une notion de garantie difficilement perceptible, une convention de garantie non encore publiée qui en dérive et une monnaie ECO qui  appartient à la France ;
-L’étude d’impact le présente comme un garant d’exécution d’une promesse de Porte-Fort (voir ci-dessous pour la définition), avec des clauses contradictoires à la substance du contrat. A travers cette promesse de Porte-Fort, le Trésor français est présenté comme une banque commerciale envers la BCEAO pour qui elle ouvre une ligne de crédit  (je vous prête ou je vous prêterai et dès que vos réserves seront reconstituées alors vous me rembourserez) ;
-La lecture croisée de l’Accord et de l’étude laisse entendre que l’Etat français prend toutes les dispositions qu’un assureur aurait prises pour gérer un contrat d’assurance, mais ne tarifie pas ses risques et ne provisionne pas pour leur couverture ;
-En poussant notre analyse à l’ordre 2 et en tenant compte de l’historique des évènements relatifs aux Accords de coopération, l’Etat français se présente comme une banque de marché qui depuis plus de 50 ans, propose aux Etats de l’UMOA un produit dérivé sur matières premières ;
En résumé, le contenu de l’Accord de coopération n’offre pas une garantie au sens propre du mot ; la France propose aux Etats de l’UMOA (via la BCEAO) une autorisation de découvert (via le Trésor français). Il est nécessaire de rappeler que tel a toujours été le sens de la ‘garantie’ : une autorisation de découvert assujettie à des conditions de gestion de la politique monétaire stricte comme le taux minimal de couverture de l’émission monétaire de 20% ( les réserves de change doivent couvrir au moins 20% de la base monétaire).
Les conditions de fonctionnement du découvert ne figurent pas dans l’Accord signé mais seront détaillées dans une éventuelle convention de garantie (taux du découvert, durée maximum acceptée, contraintes d’amortissement, contreparties, à savoir aussi si des matières premières ne seront pas prises en compte) ; par ailleurs l’Etat français renonce à une contrepartie des réserves de change qu’elle détenait depuis 1973 (autorisation de découvert  sans caution apparente).
La notion de garantie de convertibilité illimitée et inconditionnelle apparaît comme complexe à appréhender, y compris pour des experts qui se posent la question de savoir en quoi elle consiste. Pouvez-vous nous apportez votre éclairage sur ce point ?
En parcourant les dictionnaires de la langue de Molière, on peut noter deux types de garants qui peuvent se rapporter à l’Accord de coopération, en dehors du rôle de garant d’un assureur classique :
Un Garant Financier désigne une partie qui apporte une garantie financière lors d’une transaction. Autrement dit, le garant (physique ou moral) prend un engagement qui lui impose de servir de garantie. Se porter garant financier ne donne pas nécessairement lieu à une contrepartie financière (échange de flux financiers), mais présente des risques qu’il est important de mesurer.
Un Garant d’exécution d’une promesse de Porte-Fort, s’engage au profit d’un bénéficiaire, à ce qu’un tiers exécute une obligation ou un engagement. La promesse de porte-fort constitue une garantie de cette exécution ; la responsabilité du promettant sera engagée lorsque le tiers n’aura pas correctement exécuté l’obligation ou l’engagement. Se porter fort (être garant de Porte-Fort) ne donne pas nécessairement lieu à une contrepartie financière, mais expose le promettant à des dommages et intérêts au cas où le tiers n’exécute pas l’obligation ou l’engagement (*).
Par ailleurs, le terme Garantie, généralement en référence à un contrat d’assurance, donne lieu à une contrepartie appelée prime (échange périodique de flux financiers) ; l’assuré s’engage à payer une prime à la signature du contrat et l’assureur s’engage à régler un montant aléatoire (sinistre en cas de réalisation d’un évènement garantie).
-L’article 2 de l’Accord de coopération présente la France comme un garant financier et précise un accès illimité des Etats membres de l’UMOA auprès du garant en cas d’épuisement des réserves officielles ; il définit bien l’évènement déclencheur de la garantie mais en même temps, renvoie à un texte subordonné (convention) qui doit préciser les modalités d’activation de la garantie ; le document n’est pas  encore disponible.
-Dans son paragraphe IIIl’étude d’impact précise les objectifs de l’Accord ou convention en faisant état d’une garantie illimitée et inconditionnelle de convertibilité assurée par la France.
A ce stade de la lecture des documents, le rôle de la France (garant financier) dans un tel Accord ne peut être apprécié correctement ; mais l’instruction approfondie des clauses contractuelles permet d’apporter plus de précisions.
-Dans le paragraphe VI-b de l’étude d’impact on peut retenir que l’Etat français s’engage au profit des Etats de l’UMOA, à ce que son Trésor prête à la BCEAO les devises nécessaires en cas d’épuisement de ses réserves officielles ; et les Etats de l’UMOA devront rembourser ce prêt à la reconstitution des réserves de change…La garantie de convertibilité ne relève pas d’une ‘garantie de l’État’ au sens de  l’article 34 de  la  loi organique…..
Une interprétation de la garantie peut amener à la déduction que, la France a un rôle de garant d’exécution d’une promesse de Porte-Fort, car elle s’engage au profit des Etats de l’UMOA (les bénéficiaires), à ce que le Trésor français prête à la BCEAO (tiers protégé) les devises nécessaires en cas d’épuisement de ses réserves officielles. Plus précisément, la France brandit cette promesse de Porte-Fort comme une garantie qui dit que le Trésor prêtera à la BCEAO (exécutera l’engagement de prêter en cas de besoin). Aussi, l’Etat français n’engage pas sa richesse dans cet Accord de coopération (la garantie ne relève pas d’une ‘garantie d’Etat’).
En résumé de ces parties du texte, l’Accord  présente un garant financier et l’étude d’impact précise que la France offre une promesse de Porte-Fort aux Etats de L’UMOA, à savoir qu’en cas de besoin, elle accepte d’accorder un prêt à la BCEAO via  le Trésor ; ce découvert est illimité (en montant) et ‘inconditionnel’ (quels que soient les risques qui le déclenchent). Le Trésor français, qui n’est pas une institution financière, se positionne ainsi comme une banque qui autorise un découvert à son client la BCEAO, découvert dont les conditions de fonctionnement seront détaillées dans la convention de garantie comme nous l’indiquions plus haut. Seulement, lorsqu’une banque vous octroie un découvert (prêt), cela n’équivaut pas à vous donner quelque garantie que ce soit ; de plus, vous  êtes tenus de rembourser ce prêt jusqu’au dernier centime. De là, on comprend que les rôles affichés explicitement dans les textes sont en réalité inversés : ce sont les Etats de l’UMOA qui accordent une garantie à l’Etat français et aux multinationales, à savoir la libre transférabilité de leurs avoirs sans risque de change.
Si l’on se réfère à l’ancien Accord (qui est encore en cours), les 50% de nos réserves de change représentent la contrepartie de la garantie de convertibilité. Comment expliquez que la France accepte dans le nouvel Accord de ne plus les détenir et maintien cette fameuse garantie?
Comme l’Accord de coopération ne mentionne pas d’échange économique officiel sous forme de contrepartie (prime ou caution contre garantie), alors l’intervention de la France en cas de crise lui octroie de fait une propriété de la monnaie FCFA devant être baptisée ECO.
L’ECO qui est censé remplacer le FCFA, telle que définie dans l’Accord, appartient à la France et la contradiction est notoire ; d’une part, dans l’introduction de l’Accord de coopération, la France précise bien qu’elle prend en considération la résolution des Etats de l’UMOA visant à concrétiser le projet de monnaie unique de la CEDEAO, et d’autre part elle propose aux Etats francophones d’aller vers une monnaie qui lui appartient. Le Général De Gaulle disait que les Etats n’ont pas d’amis, mais uniquement des intérêts. Penser que la France est capable en 2020, d’apporter une ligne de crédit aux Etats de l’UMOA sans détenir une contrepartie financière tangible, relève d’un rêve.
Les 50% des réserves de change que détenait la France en contrepartie pouvaient être placées à des taux plus avantageux que ceux qu’elle sert aux pays africains jusqu’aux années 2016. Ceci n’est plus le cas car l’assouplissement quantitatif a engendré une convergence des taux vers zéro en Occident et la situation s’est dégradée depuis que la banque centrale européenne (BCE) est tombée dans le piège des taux d’intérêt négatifs. La France n’a plus d’opportunité à rémunérer les réserves de change des pays africains à des taux potentiellement supérieurs aux taux de marché. Ce qui peut expliquer sa concession sur la fermeture du compte d’opérations. Mais, elle détient toujours d’autres contreparties non mentionnées dans l’Accord et qu’on peut retrouver dans le coût de fabrication des billets CFA, l’entretien de la circulation monétaire, le stock d’or monétaire de la BCEAO déposé en partie à la banque de France, voire même d’éventuels droits de seigneuriage. Ceci sous-entend que les Etats de l’UMOA payent de réelles primes d’assurance ; pour l’illustrer, il faut d’abord déceler la position d’assureur de la  France entre les lignes de l’Accord et de l’étude d’impact.
Par les Articles 5 et 6 de l’Accord de coopération, la France se définit comme un assureur car elle affirme couvrir un risque et devoir organiser des comités de gestion Actif-Passif périodiques (tenir des rencontres techniques organisées en tant que de besoin et se réunir à la demande de l’une des parties lorsque les conditions le justifient, notamment en vue de prévenir ou de gérer une crise).
Au paragraphe VI-b de l’étude d’impact, elle reconfirme sa position d’assureur et précise bien que le risque de réalisation de l’évènement garanti est très faible au point de ne nécessiter aucun provisionnement ; le texte précise bien que la France provisionne zéro euro dans la ligne budgétaire consacrée à la garantie.
En résumé de cette partie du texte, la France se positionne comme un assureur qui d’une part ne dévoile pas ses primes (ne tarifie pas ses risques) et d’autre part ne met pas en place la provision correspondante.
Que pourrait-on retenir sous forme de synthèse après votre lecture complète des documents en question?
Nous sommes face à un contrat signé par les Etats de l’UMOA et l’Etat français, dans lequel ce dernier est représenté sous trois positions distinctes :
-A travers l’Accord de coopération, l’Etat français précise aux Etats de l’UMOA qu’il est garant financier ;
-Dans l’étude d’impact il précise à ses parlementaires qu’il est garant de Porte-Fort, à savoir qu’il a juste donné une promesse de se porter fort envers les Etats de l’UMOA, pour qu’en cas de besoin, le Trésor français leur Accorde un découvert ;
-L’interprétation combinée des deux textes révèle que l’Etat français prend toutes les dispositions qu’un assureur aurait prises pour gérer un contrat d’assurance, mais ne tarifie pas ses risques et ne provisionne pas pour leur couverture.
Notre synthèse est la suivante : l’Accord de coopération et l’étude d’impact contiennent tous les termes combinant l’assurance et la finance (garant, garantie, convention de garantie, activation de la garantie, prêt, ligne de crédit, découvert, couverture du risque, risque de défaut très faible, comité de suivi du risque…..). Seulement, tous ces termes ont un et un seul dénominateur commun : le mot Assurance. En effet, tout ce qui est promesse, engagement, garantie ou vente à date aléatoire, à prix aléatoire, à quantité aléatoire, donne naissance à un passif incertain et se retrouve dans le concept d’assurance ; d’où l’objet d’une provision.
La Finance, depuis les années 70, a été sciemment complexifiée avec des clauses dont le contenu relève du métier d’assurance, mais gérée sans les contraintes d’assurance par les financiers. L’exemple typique est celui des produits dérivés sur le risque de défaut de crédit, bien connus sous le nom de CDS (Swap pour défaut de crédit) qui ne sont rien d’autre que des contrats d’assurance qui échappent à la sphère de contrôle d’une autorité assurancielle. En 2010, nous avions assisté à la manipulation de l’économie mondiale par ces produits dérivés, à travers une crise de la dette souveraine en zone euro, qui avait vu les Chypriotes payer à la place des spéculateurs et les Grecs en austérité destructrice au profit de Goldman Sachs et des Hedge Fonds. Le marché opaque de ces CDS régissait à lui seul la solvabilité des Etats de la zone euro. Tous ces faits illustrent bien que les banquiers  manipulent très souvent des produits d’assurance qu’ils qualifient de produits financiers pour échapper au contrôle. L’Accord de coopération dont il est question, s’inscrit avec ses annexes dans le contexte de ces problématiques, à la frontière de l’assurance et de la finance ; toutefois, la France n’échappera pas à son statut d’assureur que la lecture des textes laisse entendre à travers une forme de traité de suzeraineté (**). Se présenter comme garant financier ou garant de Porte-Fort, en encaissant des primes, revient à porter une casquette d’assureur.
Peut-on déduire de vos diagnostics que la France est assimilable à un assureur comme AXA et son Trésor à une banque comme BNP Paribas ?
Axa commercialise des contrats d’assurance dans un environnement règlementé, avec un régulateur l’ACPR (autorité de contrôle prudentiel et de résolution) qui veille en continu sur les bonnes pratiques du métier, en particulier celles relatives à la tarification des produits et au provisionnement des risques. Comparée à Axa, la France est un assureur qui n’a aucun régulateur qui le contrôle. A l’image des banquiers, la France propose et échange des produits qui sont régis par la règlementation assurancielle, sans être soumise au contrôle approprié d’un régulateur. Il faut rappeler ce qu’Axa a vécu avec la Covid-19, preuve de la complexité du métier d’assurance. Le numéro un français qui pratique ce métier depuis plus de 200 ans, avait refusé de régler des sinistres en perte d’exploitation administrative pour des restaurateurs affectés par la Covid-19. Les deux Parties ne s’entendaient pas sur l’interprétation de certaines clauses des contrats, mais le tribunal a donné raison aux assurés ; la preuve que les professionnels de l’assurance peuvent avoir du mal à s’y retrouver, à plus forte raison des acteurs potentiellement non avertis.
On pourrait pousser l’analyse au second ordre pour se rendre compte que cet Accord de coopération dissimule un produit dérivé sur matières premières, sous forme d’option de vente (put) dont l’émetteur de la couverture (le Trésor français) règle le paiement (Payoff) par le biais d’un prêt qu’elle accorde aux bénéficiaires (les Etats de l’UMOA). Il s’agit d’un prêt contingent, indexé sur la baisse des réserves de change dont la volatilité est associée aux fluctuations des prix du pétrole (en majorité) et des prix des produits agricoles – cacao, coton, noix de cajou, etc. – sans oublier l’or et les autres métaux précieux. La déclinaison traduit un produit dérivé indexé sur matières premières, souvent sur le pétrole car, la baisse significative des réserves de change est étroitement liée aux fluctuations des prix du pétrole et que la prétendue garantie sera probablement appelée pour cause de ses effets ; rappelons-nous que ce fût le cas en 1973 (choc pétrolier qui aboutit à la révision des Accords de 1960) et en 1993 (chute des prix du pétrole qui entraîne la suspension temporaire de la convertibilité conduisant à la dévaluation de 50 % du franc CFA de janvier 1994). Donc, en prolongeant le parallélisme avec une banque, il s’avère que la France via son Trésor, propose aux Etats de l’UMOA depuis 60 ans un dérivé de matières premières en guise de couverture.
Dans le document de travail des universitaires français du Centre d’Economie de la Sorbonne intitulé «Le fonctionnement des comptes d’opérations et leur rôle dans les relations entre la France et les pays africains» et élaboré par Bruno Tinel (2016), on peut lire : «Ce qu’il convient de comprendre ici, c’est qu’il n’y a aucun mécanisme spécifique aux comptes d’opérations………. En  effet, le Trésor français ne commence à ‘aider’ les  Banques Centrales africaines qu’au moment où ces dernières ont procédé au ‘ratissage’ de toutes les devises détenues dans leurs zones respectives, notamment auprès des banques commerciales, et même du FMI. C’est seulement après ce ratissage que le Trésor met les euros à disposition des Banques Centrales. La seule fois où les réserves ont  beaucoup  diminué, en 1993, le  processus a abouti à la dévaluation de  janvier 1994. Drôle d’assureur que le Trésor!» Comment expliquer vous cette dévaluation de 1994?
Retenons d’abord l’expression : ‘Drôle d’assureur que le Trésor!’ ; car cette qualification est tout à fait exacte. Comme vous pouvez le constater, la position d’assureur de la France dans le contexte du Franc CFA est confirmée par des universitaires français. Rappelons qu’avec l’Accord du 4 décembre1973 (qui est encore en cours), la prétendue garantie de convertibilité a eu successivement comme contrepartie 100%, 65% puis 50% des réserves de change. Ainsi, les Etats de l’UMOA ont toujours payé des primes d’assurance sous forme de revenu des placements de leurs réserves de change par la France.
Ainsi, les Etats de l’UMOA ont toujours payé des primes d’assurance sous forme de revenu des placements de leurs réserves de change par la France et au-delà même, à travers le coût de fabrication des billets, d’entretien de la circulation et d’éventuels droit de seigneuriage comme dit plus haut. Le 12 février 2020, la Commission des finances de l’Assemblée nationale française a consacré une séance de travail à cette réforme du franc CFA, annoncée le 21 décembre 2019. Au cours de cette séance, le représentant de la Banque de France a déclaré, je site : « La BCEAO est le deuxième client de la Banque de France, après la zone euro, pour l’impression des billets ». La BCEAO et la BEAC sont « ses deux principaux clients extérieurs de la zone euro et représentent plus de 40 % et même près de la moitié de son plan de charges sur l’avenir ». Ce sont des « clients importants pour l’avenir de cette activité en France ». Ainsi les Etats de l’UMOA payent réellement des primes d’assurance non tarifées.
Comme les français confirment eux-mêmes que la France est un assureur et que les Etats de l’UMOA payent bien des primes, alors la suspension temporaire de la convertibilité (qui a abouti à la dévaluation de janvier 1994) n’aurait pas dû avoir lieu si la France avait respecté le contrat signé. Quelle que soit sa conception de la garantie, elle aurait dû apporter les devises pour compenser l’actif nécessaire à la couverture du passif d’engagement des Etats de la zone CFA, valorisé avec la fixité convenue.
Comment le grand public devrait-il comprendre le fait que la France n’ait pas respecté le contrat en 1994, préférant dévaluer le CFA cette même année, et surtout que les Etats de la zone n’aient pas dénoncé ce contrat au vu du non-respect de ses clauses?
On pourrait envisager l’une des deux raisons suivantes ou les deux à la fois :
La France a toujours conçu (et jusqu’aujourd’hui) que le risque de réalisation de l’évènement qu’elle garantit est très faible, raison pour laquelle elle n’avait pas provisionné pour sa couverture (on pourrait aussi s’interroger sur l’état de l’économie française à la fin de l’année 1993, début de la cohabitation gauche droite). Nous rappelons que l’assurance est un service Forward, sous forme de vente dans le futur, d’où la nécessité de mettre en place un provisionnement.
La France avait réagi par un mécanisme très subtil qu’on peut détailler en vision actif-passif. En effet, la suspension temporaire de la convertibilité en 1993 explique bien que la France avait refusé de respecter son engagement ; et dévaluer le franc CFA en 1994 consistait exactement à abaisser le passif dans le compte de gestion de la monnaie. En abaissant la valeur du passif, l’actif net du compte CFA devient positif (actif supérieur au passif) et la France n’avait plus obligation d’imposer au Trésor l’exécution de la garantie. Quant à savoir pourquoi ce contrat n’avait pas été dénoncé, une réponse a été relatée par l’ancien Président du Sénégal, Monsieur Abdou Diouf dans ses Mémoires : c’était soit la dévaluation soit une coupe de l’aide internationale et des prêts du FMI aux pays de la zone CFA. Les chefs d’Etats avaient-ils conscience de la teneur des contrats que le Général De Gaulle leur avait imposés depuis les années 60 ? Il est encore possible de dénoncer ce contrat car le sinistre de 1993, relatif à la suspension temporaire de la convertibilité, n’a pas été traité en bonne et due forme. En dévaluant le franc CFA de 50%, la France, assureur qui ne dit pas son nom, avait tordu le bras aux Etats de l’UMOA en leur faisant payer eux-mêmes le sinistre qu’ils avaient subi ; du grand art à inscrire dans les annales de l’assurance.
Quelle proposition feriez-vous aux Etats de l’UEMOA pour une couverture en cas de baisse significative des réserves de change?
Prêter des devises à des pays qui ont des problèmes de balance de paiement est partie intégrante des missions du FMI. Aussi, cette notion de “garantie de convertibilité” n’a aucun sens en dehors des systèmes monétaires basé sur l’étalon-or ou l’étalon de change-or. Le contexte monétaire internationale est tel que la banque centrale européenne (BCE) n’a plus de mandat depuis 2008 ; elle a suspendu ses critères de converge que globalement ses pays membres n’ont jamais respectés depuis la naissance de l’euro ; elle est devenue une compagnie d’assurance et de réassurance qui n’encaisse pas de primes mais payent aux Etats membres tous les sinistres qui surviennent par le véhicule de la monétisation des dettes et des projets ; elle assure même les marchés financiers contre des baisses significatives. La FED des Etats Unis, les banques centrales d’Angleterre, du Japon et bien d’autres sont sur le même schéma.
Devant un tel contexte, les Etats africains ont le devoir de s’adapter par de réelles innovations monétaires, commençant par quitter l’esprit d’une couverture externe et aller vers la mutualisation de nos banques centrales. La CEDEAO doit créer sa monnaie ECO avec une banque centrale en représentation d’une mutuelle qui regroupent celles des Etats membres, en bâtissant un modèle monétaire spécifique aux réalités africaines. Cette création de l’ECO de la CDEAO ne doit pas attendre des respects de critères de convergences car dans ce désordre monétaire mondial créé par le dollar et l’euro aucun pays n’est capable de les respecter sans tricher. Le clan asiatico-russe s’en est sorti par la dé-dollarisation et la mise sur pied d’institutions communes. Les Etats de la CEDEAO doivent y aller par la volonté de vivre et de mourir ensemble. Tous les Africains doivent œuvrer pour que ce projet de monnaie ECO arrive à son terme avec un élargissement à la CEMAC, car le continent n’échappe pas à la guerre des monnaies. En effet, la dévaluation de janvier 1994 restera vue comme un événement monétaire certes, mais également historique et géopolitique, marqué par l’acceptation par la France d’une perte de souveraineté sans partage sur l’Afrique subsaharienne, en admettant un pilotage à deux de la zone franc avec les institutions de Bretton Woods  (FMI et Banque mondiale). Nous devrions prendre conscience que la guerre des monnaies s’abat sur le continent depuis plus de 60 ans et il nous faut s’unir pour résister.
Quel enseignement nos Etats devront tirer de votre exposé ?
Nos Etats, autant que nos entreprises africaines, doivent régulièrement effectuer une revue actuarielle de tous les contrats ou traités qu’ils ont signés avec d’autres parties, pour aller au-delà de la dimension juridique ; à l’exemple des contrats du Sénégal de type Eiffage (autoroute à péage), contrat sur le TER (Train Express Régional), contrat sur gaz et pétrole. Tous ces contrats contiennent des engagements à court, moyen ou long terme et dissimulent des passifs d’engagement qui, à l’échéance, se transforment souvent en passif de dette libellée en numéraire.
En guise de conclusion?
La zone CIMA (conférence interafricaine des marchés d’assurance) doit commencer à regarder de près ces assureurs de taille exponentielle, sans agrément, qui commercialisent depuis plus de 50 ans des produits d’assurances sous forme de dérivé de matières premières, sans tarifer leurs risques (impose aux assurés des primes aléatoires), sans  constituer de provision ni payer leurs sinistres. Il serait beaucoup plus opportun que ce ‘garant’, la France,  invite ses partenaires occidentaux à reconstruire un ordre monétaire international en commençant par réguler leurs marchés financiers et leurs économies. Elle gagnerait beaucoup plus à éradiquer les paradis fiscaux qui abritent les biens de ses enfants, plutôt que d’inviter les Africains à la signature de tel type de contrat, en pêle-mêle, ficelé sur des tréteaux boiteux, et qui n’a pas apporté la moindre valeur ajoutée attendue sur le continent africain depuis en 60 ans.
De voir qu’en 2020, les Etats de l’UMOA s’accrochent encore à ce type de lien avec la France (car le Président Macron a bien précisé que la garantie de convertibilité est maintenue suite à une demande des Etats africains), se mesure comme une forme d’absence de respect envers le peuple africain. Ceci donne raison à mon frère panafricain Ndiouga, ivoirien, d’origine sénégalaise, qui murmure toujours que notre génération est témoin oculaire et auditif de la dépendance de l’Afrique subsaharienne et que les enfants de nos enfants ont une probabilité presque nulle de respirer dans l’environnement d’une Afrique indépendante. Mon frère camerounais C. W. Ekanga va plus loin en rappelant Abraham Lincoln : “On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.”
ANNEXES :
(*)- La Promesse de Porte-Fort est définie comme convention par laquelle une partie s’engage envers une autre (qui accepte le risque) à obtenir l’approbation d’un tiers à ratification ou exécution d’un acte envisagé et s’expose à une indemnité au cas où ce tiers, comme il est libre de le faire, refuserait de ratifier ou d’exécuter l’acte (Arrêt du 7 mars 2018, Cour de cassation de Paris, portant sur l’inexécution de la promesse de porte-fort).
(**)– Suzeraineté : Droit d’un Etat sur un autre qui possède un gouvernement distinct certes, mais ne pourrait jouir de toute son autonomie. Ainsi, le traité de suzeraineté est la convention qui détermine les différentes conditions des prérogatives et devoirs de chaque partie contractante.

Côte d’Ivoire: le discours de Tidjane Thiam sucite des interrogations

https://www.financialafrik.com/ De nombreux ivoiriens ont été surpris de voir l’ancien directeur général de Crédit Suisse, Tidjane Thiam, prononcer un discours à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, diffusé sur la toile.
L’ex patron de l’assureur Prudential a, tout en souhaitant “une Côte d’Ivoire réconciliée et fraternelle”, donné l’impression de vouloir s’inviter dans l’arène politique. Son intervention au lendemain du discours du Président Alassane Ouattara laisse transparaître en tout cas de l’appétit politique que l’âme du banquier tempère, en ne prenant aucun risque, aucun engagement et en essayant, par delà les mots, à “plaire à tout le monde”, PDCI, FPI comme RHDP, “ce qui rapproche sa posture à celle d’un pasteur”, lance un observateur averti pour qui, à la différence du sermon religieux, tout discours politique doit comporter une prise de risque réelle pour être qualifié de tel.
Si le propos de Tidjane Thiam signifiait pour certains son retour dans l’arène politique, il est, pour d’autres, une simple invite citoyenne à renforcer les principes d’une nation forte. «En ce jour du 07 août 2020, mon vœu le plus cher est que nous bâtissions ensemble une Côte d’Ivoire réconciliée et fraternelle pour le plus grand bonheur de nos populations. Pour le bonheur de toutes les composantes de notre belle Nation, dans toute sa diversité et dans toute sa richesse », affirme l’administrateur du groupe Kering, numéro 3 mondial du luxe.
A l’en croire, la Côte d’Ivoire semble être de nouveau , à une “période critique de son histoire”. Mais, pour surmonter ces défis, il déclare : « nous devons, comme nos aînés l’ont fait avant nous, trouver dans nos valeurs éternelles d’union, de paix et de dialogue, la force et la détermination nécessaire pour relever les nouveaux défis auxquels nous sommes malheureusement confrontés ».
Il faut dire que l’ex directeur général de Crédit Suisse a toujours entretenu le flou sur sa candidature à l’élection présidentielle. Absent du pays depuis 1999, le financier est néanmoins bien représenté dans les réseaux sociaux par le club «les Amis de Tidjane Thiam», qui ratisse large. L’ex -patron de Crédit Suisse doit donc prendre plus de risques s’il veut être audible dans une pré-campagne électorale inédite Issouf Kamgate

OUATTARA CANDIDAT :Soro et Cie dénoncent une « agression contre l’indépendance de la Côte d’Ivoire »

https://www.financialafrik.com Ce vendredi 07 août 2020, M. Guillaume Kigbafori Soro, Président de Générations et Peuples Solidaires (GPS) a présidé une réunion d’urgence consacrée à l’analyse de la situation politique actuelle en Côte d’Ivoire.
La réunion a principalement statué sur la déclaration de candidature de M. Alassane Ouattara, Président de la République sortant de Côte d’Ivoire.
La réunion a noté la gravité extrême d’une telle déclaration qui constitue une agression contre l’Indépendance de la Côte d’Ivoire acquise de haute lutte depuis le 7 août 1960.
La volonté et la détermination du président sortant à violer la loi fondamentale est inacceptable et intolérable.
Par conséquent,la réunion a mandaté Monsieur Guillaume Kigbafori Soro aux fins de:
– convoquer dans les plus brefs délais le Comité d’Orientation et de Concertation de GPS pour se saisir activement de la question.
– convoquer un conclave de tous les mouvements et partis politiques alliés.
La réunion a par la suite lancé un vibrant appel aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens des hameaux, des villages, des villes et de la diaspora, à défendre dans la dignité et la fierté l’Indépendance de la Côte d’Ivoire.
La réunion en appelle aux partis politiques et toutes les forces vives de la Nation à l’unité d’action.
La réunion réaffirme son attachement à la République, à la Constitution et au droit inaliénable qu’a tout peuple de disposer de lui-même.Fait à Paris, le 7 août 2020″

1 333 milliards de F CFA de ressources mobilisées en fin juin

http://www.enqueteplus.com/node Les finances publiques sont marquées, en fin juin dernier, par une hausse de 5 %, en glissement annuel. Selon le rapport sur le point mensuel de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), rendu public hier, les ressources mobilisées sont évaluées à 1 333 milliards de francs CFA.
Au premier semestre 2020, l’exécution budgétaire s’est traduite par un accroissement modéré des ressources associé à une augmentation maitrisée des dépenses publiques.
En effet, d’après le rapport sur le point mensuel de conjoncture publié hier par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), les ressources mobilisées, à fin juin 2020, sont évaluées à 1 333 milliards, soit une hausse de 5 % en glissement annuel. ‘’Quant aux dépenses, elles se sont établies à 2 074,2 milliards, à fin juin 2020, contre 1 738,8 milliards un an auparavant, soit une hausse de 19,3 %. En conséquence, le solde budgétaire est estimé, en déficit, à hauteur de 741,2 milliards, à fin juin 2020, contre un déficit de 469,1 milliards à la même période de l’année précédente’’, renseigne le document.
La même source précise que les ressources mobilisées sont constituées de recettes budgétaires à hauteur de 1 210,2 milliards, de 102,5 milliards de dons et de recettes exceptionnelles d’une valeur de 20,2 milliards. ‘’En glissement annuel, les ressources ont progressé de 63,1 milliards, grâce aux recettes budgétaires et aux dons. Ces derniers sont estimés globalement à 102,5 milliards (+30,9 %) en liaison avec la progression de l’appui des bailleurs, mais également à l’apport des ressources exceptionnelles de 20,2 milliards reçus dans le contexte de la lutte contre la pandémie de la Covid-19.
Par ailleurs, les recettes budgétaires, estimées à 1 210,2 milliards, se sont confortées de 1,6 % à fin juin 2020, par rapport à la même période de 2019’’, poursuit la note.
Cette hausse est impulsée, d’après la DPEE, par ses composantes fiscales estimées à 1 126 milliards pendant la période sous-revue et celles non fiscales de 84,2 milliards. Ces recettes qui ont augmenté respectivement de 0,5 % et 18 %.
Le rapport souligne aussi que l’amélioration des recettes fiscales est portée par la hausse de l’impôt sur les sociétés de 196,9 milliards, de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) intérieure (hors pétrole) évaluée à 185,8 milliards et le Fonds sécurisation des importations des produits pétroliers (FSIPP) à 20,1 milliards. Ces ressources se sont confortées respectivement de 11, 59,6 et 12,1 milliards de francs CFA.
En revanche, l’impôt sur les revenus, l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (IRVM/IRC), la TVA intérieure pétrole, les taxes spécifiques et les droits de timbre ont atténué cette tendance haussière avec des baisses respectives de 0,8 milliard, 2,8 milliards, 3,3 milliards, 10,4 milliards et 5 milliards. Elles se sont établies à 198,6 milliards, 17,4 milliards, 5,4 milliards, 87,7 milliards et 31,9 milliards à fin juin 2020.
De même, les droits et taxes mobilisés par la douane, notamment la TVA import (186,8 milliards) et les droits de porte (119,7 milliards) se sont inscrits sur cette dynamique de baisse avec des contractions respectives de 11,6 % et 15 %.

2 074,2 milliards de dépenses budgétaires

Concernant les dépenses budgétaires, la DPEE informe qu’elles sont évaluées à 2 074,2 milliards à fin juin 2020 contre un montant de 1 738,8 milliards un an auparavant, soit une hausse de 335,4 milliards. ‘’Cette situation reflète les hausses combinées des dépenses courantes et d’investissement qui se sont confortées respectivement de 27,8 % et 6,4 %. Les dépenses courantes sont évaluées à 1 338,1 milliards contre 1 046,9 milliards à la même période en 2019, soit une augmentation de 27,8 %. Cette hausse est soutenue par la masse salariale (409,7 milliards) et les transferts et subventions (607,3 milliards) qui se sont renforcés respectivement de 13,4 % et 86,3 %’’, relève la Direction de la prévision et des études économiques.
Cependant, cette orientation est atténuée par la réduction des intérêts sur la dette qui se sont repliés de 10,5 milliards pour s’établir à 162,1 milliards. Pour ce qui est des dépenses d’investissement, elles sont estimées à 736,1 milliards à la faveur des investissements sur ressources intérieures arrêtées à 441,6 milliards. Pour les financements sur ressources extérieures, ils sont évalués à 294,5 milliards et enregistrent une baisse estimée à 14,4 %.

La masse monétaire établie à 5 813,7 milliards en fin mai

Il ressort également du point mensuel de conjoncture de juin dernier qu’en fin mai 2020, la situation estimée des institutions de dépôts, comparée à celle du mois précédent, fait ressortir une expansion de la masse monétaire. En contrepartie, une augmentation des actifs extérieurs nets et un renforcement de l’encours des créances intérieures sont notés sur la période sous-revue. ‘’La masse monétaire a progressé de 182,6 milliards, en variation mensuelle, pour atteindre 5 813,7 milliards, à fin mai 2020. Cette évolution est perceptible à travers les dépôts transférables qui ont augmenté de 100 milliards pour s’établir à 2 725,4 milliards. Pour sa part, la circulation fiduciaire (billets et pièces hors banques) a augmenté de 46,6 milliards pour ressortir à 1 372,6 milliards, à fin mai 2020’’, lit-on dans le document. Quant aux autres dépôts inclus dans la masse monétaire, ils ont également augmenté de 36 milliards, se fixant à 1 715,7 milliards. Sur un an, la liquidité globale de l’économie est en expansion de 431,2 milliards ou 8 %, à fin mai 2020.
Pour ce qui est des actifs extérieurs nets des institutions de dépôts, la DPEE indique qu’ils se sont situés à 1 767,3 milliards pendant cette période, en hausse de 80,9 milliards ou 4,8 % par rapport à fin avril 2020. ‘’Cette situation est imputable aux banques primaires qui ont enregistré une augmentation de 53,1 milliards de leurs avoirs extérieurs nets (619,3 milliards à fin mai 2020). Quant à la position extérieure nette de la Banque centrale, elle s’est améliorée de 27,9 milliards pour s’établir à 1 148 milliards, à fin mai 2020. Comparativement à fin mai 2019, les actifs extérieurs nets des institutions de dépôts ont diminué de 41,4 milliards ou 2,3 %, à fin mai 2020’’, précise la DPEE. Pour l’encours des créances intérieures des institutions de dépôts, il s’est renforcé de 233,8 milliards, entre fin avril et fin mai 2020. Ceci pour se chiffrer à 5 457,1 milliards, du fait des crédits nets à l’administration centrale (+141,2 milliards) qui se sont situés à 963 milliards.
‘’Pour leur part, les créances sur l’économie sont ressorties en hausse de 92,8 milliards, en variation mensuelle, pour s’établir à 4 494,2 milliards, à fin mai 2020. En glissement annuel, l’encours des créances intérieures des institutions de dépôts s’est renforcé de 525,2 milliards ou 10,6 %, à fin mai 2020’’, fait savoir la même source.MARIAMA DIEME

ECHANGES EXTERIEURS AU MOIS DE JUIN :Le déficit commercial s’est accentué 

http://www.enqueteplus.com/node Au mois de juin 2020, le déficit commercial s’est accentué de 40,5 milliards de francs CFA, pour s’établir à 134,8 milliards. C’est ce qui ressort du rapport sur le point mensuel de conjoncture publié hier par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).
Le déficit commercial du Sénégal s’est accentué de 40,5 milliards, au mois de juin 2020. Ainsi, il s’est établi à 134,8 milliards, selon le rapport sur le point mensuel de conjoncture publié hier par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE). ‘’Cette situation est en relation avec la hausse des importations (+66,8 milliards) plus importante comparée à celle des exportations de biens (+18,3 milliards), en variation mensuelle. Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations, évalué à 47,3 %, a diminué de 5,0 points de pourcentage par rapport au mois précédent’’, précise le document.
La même source indique que les exportations de biens sont estimées à 156,4 milliards au mois de juin 2020, contre 138,1 milliards le mois précédent, soit une hausse de 13,2 %, environ 18,3 milliards. ‘’Cette progression est, en partie, expliquée par le renforcement des exportations d’or brut (+3,7 milliards), de zircon (+1,4 milliard) et, dans une moindre mesure, de ciment (+0,8 milliard). Les exportations de produits alimentaires ont affiché une légère hausse de 0,6 milliard sous l’effet, essentiellement, de l’accroissement des ventes à l’extérieur de produits halieutiques (+8,3 milliards) amoindrie néanmoins par la baisse des exportations de produits arachidiers (-7,8 milliards)’’, lit-on dans le rapport. En glissement annuel, les exportations de biens se sont accrues de 21,9 %, soit une hausse de 28,1 milliards. Ce qui reflète ainsi l’accroissement des exportations de produits alimentaires à hauteur de 7,6 milliards et d’or brut de 1,4 milliard.
Concernant les ventes à l’étranger de produits alimentaires, la DPEE renseigne que la hausse est liée, en partie, à la progression des exportations de produits arachidiers de 3,6 milliards, de ‘’préparation de soupes, potages et bouillons’’ de 2,3 milliards et de légumes frais pour un montant de 1,2 milliard.
Cette hausse a, toutefois, été légèrement atténuée par le repli des exportations de zircon de 1,2 milliard.

38,6 milliards d’exportations vers l’UEMOA

Le document de la DPEE informe aussi que les exportations du Sénégal vers l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), sont estimées à 38,6 milliards au mois de juin 2020 contre 30,9 milliards le mois précédent, soit une hausse de 7,7 milliards. ‘’Elles ont, ainsi, représenté 24,7 % de la valeur totale des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois de juin 2020. La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’union, est passée de 48,0 % à 45,7 % sur la période, soit une perte de part de 2,3 points de pourcentage. Le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali avec une part évaluée à 28,6 % en juin 2020 contre 29,1 % le mois précédent’’, relève le rapport.
Concernant les importations de biens, elles sont passées de 264,0 milliards au mois de mai 2020, à 330,8 milliards en juin 2020, soit une progression de 66,8 milliards. Cette augmentation est, d’après la DPEE, l’effet de la progression de la valeur des importations de produits pétroliers à hauteur de 39,6 milliards, de ‘’machines, appareils et moteurs’’, de 8,6 milliards et de ‘’véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles’’ pour un montant de 4,2 milliards. ‘’Pour ce qui est de la hausse des importations de produits pétroliers, elle est imputable aux renforcements des achats à l’extérieur des huiles brutes de pétrole de 29,8 milliards et de produits raffinés de 9,8 milliards, en variation mensuelle. A l’inverse, les importations de produits pharmaceutiques et de produits alimentaires se sont orientées en baisse respectivement de 6,8 milliards et 2,6 milliards’’, poursuit la note.
En glissement annuel, les importations de biens ont connu une hausse de 54,7 milliards reflétant, principalement, l’accroissement des achats à l’étranger de produits pétroliers pour une valeur de 30,6 milliards, de produits alimentaires de 18,7 milliards et de ‘’machines, appareils et moteurs’’ de 6,5 milliards. S’agissant des produits pétroliers, la Direction de la prévision et des études économiques fait savoir que l’accroissement est tiré, particulièrement, par l’augmentation de la valeur des achats à l’étranger d’huiles brutes de pétrole de 29,8 milliards.
En revanche, les achats à l’extérieur de ‘’véhicules, matériels de transports et pièces détachées automobiles’’ et de produits pharmaceutiques se sont inscrits en baisse respectivement de 13,1 milliards et 4,2 milliards sur la période.
Concernant les importations de biens en provenance des pays de l’UEMOA, elles sont évaluées à 7,4 milliards au mois de juin 2020, contre 6,9 milliards le mois précédent, soit une hausse de 0,5 milliard. Elles ont, ainsi, représenté 2,2 % de la valeur totale des importations de biens au mois de juin 2020, contre 2,6 % le mois précédent. ‘’La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 64,9 % en juin 2020, contre 85,5 % le mois précédent. Les achats en provenance de ce pays ont, principalement, porté sur les fruits et légumes comestibles, le bois et ouvrages et les matières plastiques artificielles qui en ont représenté, respectivement, 17,3 %, 9,6 % et 9,5 % sur la période’’, conclut le document.MARIAMA DIEME

Autosuffisance alimentaire: Au Sénégal, le cas Babacar Ngom à Ndingler appelle à une approche novatrice du foncier en Afrique

https://www.financialafrik.com “L’Afrique n’est pas le Brésil” déclare Njack Kane en parlant d’un schéma d’équilibre entre le capital foncier et le capital financier. “Au Sénégal, Babacar Ngom, le patron du groupe Sedima, a beaucoup de mérite. C’est un capitaine d’industrie parti de rien, qui a construit sa réussite non pas sur l’immobilier mais sur l’économie réelle. Cela dit, il a comme beaucoup d’investisseurs, commis une erreur d’approche…”
En clair pour Njack Kane, il faut dans ce cas comme dans celui plus ancien de Demet (Ile à Morphil) ou encore de Podor, “futur grenier de l’Afrique si l’on prend les bonnes décisions”, une approche nouvelle fondée sur l’équilibre entre le capital foncier et le capital financier. “Des schémas existent, déclare l’ancien trader genevois en prenant exemple sur l Ghana où il intervient en ce moment sur un programme national mettant en avant de tels équilibres. “Les terres ne doivent pas rester en friche. Les paysans ne doivent pas être dépossédés. Et l’investisseur a besoin de rentabilité”. Voilà l’équation qui se pose à l’Agriculture. Sa résolution conduit à “la souveraineté nationale et régionale, nécessaire pour soulager la balance des paiements de nos Etats et créer des emplois”.
Cela passe par des mesures fortes”, déclare Njack Kane, appelant à voir dans cette crise du coronavirus, “un accélérateur” qui n’est pas sans reposer la question de la pertinence d’une trop forte dépendance de l’Afrique par rapport à l’Asie. La crise alimentaire de 2008 née des décisions de quelques pays exportateurs du riz à fournir d’abord leurs marchés nationaux est encore vive dans les mémoires.Dominique Mabika

TÉLÉPHONIE: L’Asutic pour un boycott d’Orange

Libération Sénégal online Dans une déclaration que Libération online publie en intégralité, l’Association sénégalaise des utilisateurs des Tics (Asutic) demande un boycott des services de l’opérateur Orange Sénégal.

« Dans le contexte de pandémie de la Covid-19, l’accès à une connexion Internet est un des éléments clés de riposte. Aussi, dans le monde entier les sociétés de télécommunication collaborent avec les gouvernements, soutiennent les populations en vue de faciliter l’accès à internet.

Tout le contraire de l’opérateur Orange Sénégal qui a pris la décision d’augmenter ses tarifs depuis le 22 Juillet 2020 rendant ainsi plus difficile l’accès à internet.

Une décision cynique et ­inhumaine au moment où l’accès à internet est une question de vie ou de mort. C’est au moment où les Sénégalais ont le plus besoin d’être soutenus, d’avoir leur gouvernement accompagné qu’ils sont lâchés par Orange Sénégal. L’opérateur confirme encore une fois, que seuls ses résultats financiers comptent, aucune pensée pour les Sénégalais.

Non seulement le contexte ne se prête pas à prendre une telle décision mais pire encore aucun argument économique ne peut être brandi par l’opérateur pour la justifier.

D’abord, le secteur des télécommunications est l’un des rares à ne peut être affecté par la pandémie, mieux encore il fait partie de ceux qui en profite le plus par une demande exponentielle à leurs services, ensuite, le coût de production des opérateurs télécoms a été fortement baissé par le Gouvernement du Sénégal en novembre 2019, par une réduction de 20% des tarifs des fréquences qui constituent la matière première des réseaux télécoms.

Par conséquent, aucun argument ne peut justifier cette hausse de tarifs sinon que la boulimie financière d’un opérateur traumatisée par la baisse continue de l’action en bourse et des dividendes à distribuer aux actionnaires.

Prenant en considération sa mission de protection de l’intérêt général et du contexte crée par la COVID-19, l’Autorité de régulation des Télécommunications et des Postes (Artp) a annoncé, le 07 Aout 2020, avoir demandé à Orange de surseoir aux nouvelles offres mises sur le marché.

L’Asutic soutient cette initiative du régulateur tout en déplorant le rejet d’Orange de la demande qui rappelle­: «­que toutes ses initiatives commerciales, notamment le lancement de nouvelles offres ou leurs évolutions, sont concertées avec l’Artp dans le respect des textes en vigueur­».

En termes plus clairs, cette hausse de tarifs en période de Covid-19 au Sénégal où l’accès à internet est vital, a été approuvée par l’Artp.

Face au refus d’Orange Sénégal de suspendre ses nouvelles offres, l’Artp doit se prévaloir de ses pouvoirs règlementaires, en auto-saisine, qui lui permettent de prendre la décision de les d’annuler.

Pour rappel, par décision n°2019-015, l’Artp a obligé en novembre 2019 l’opérateur Free Sénégal à retirer ses nouvelles offres du marché. Si, un tel résultat est obtenu avec un opérateur qui n’a pas une puissance significative sur le marché, il faut savoir que l’autorité de régulation dispose de compétences et de prérogatives beaucoup plus contraignantes quand il s’agit d’un opérateur puissant tel que Orange Sénégal.

Orange Sénégal a été désigné par décision n°2019-007 du 29 mai 2019 de l’Artp comme

opérateur puissant sur tous les marchés pertinents du secteur des télécommunications.

D’ailleurs, il est le seul opérateur puissant sur le segment de l’internet haut débit fixe et mobile.

Aussi, en vertu des dispositions des articles 13, 14 et 15 du décret n°2019-582 14 février 2019 précisant les règles applicables aux opérateurs ayant une puissance significative, les tarifs de l’opérateur Orange Sénégal sont contrôlés, encadrés et orientés vers les coûts par l’Artp.

Par conséquent, Orange ne peut pas fixer librement ses tarifs. L’Artp dispose, ainsi, de pouvoirs réglementaires pour prendre la décision d’annuler les nouvelles offres d’Orange Sénégal. Asutic l’exhorte à aller dans ce sens.

En attendant la décision de l’Artp, les utilisateurs ont la possibilité de riposter à cette augmentation de tarifs injustifiée en utilisant le service de portabilité. Depuis 2015, tout utilisateur qui n’est pas satisfait des services d’un opérateur peut changer d’opérateur tout en conservant le même numéro. En outre, la demande de portage d’un numéro est gratuite. Les utilisateurs disposent, ainsi, avec la portabilité du pouvoir de réguler le marché des télécoms.

Par conséquence, contester, dénoncer, c’est bien, mais agir efficacement c’est encore mieux, aussi, Asutic demande aux clients d’Orange Sénégal de le quitter en utilisant le service de la portabilité pour imposer l’annulation de la hausse des tarifs.

C’est la riposte idoine, qui donnera un signal fort aux autres opérateurs sur l’exigence des utilisateurs d’un service de qualité, accessible à des tarifs abordables.

Au regard de ce qui précède, l’Association des utilisateurs des Tic:

-Exhorte, l’Artp d’user de ses pouvoirs réglementaires en vue d’annuler les nouvelles offres Orange Sénégal;

– Demande, aux utilisateurs de quitter l’opérateur Orange en utilisant le service gratuit de portabilité et ne pas se laisser enfumer par sa communication toxique sur sa prétendue meilleure qualité de réseau­;

Bataille entre Canal+ et StarTimes pour la diffusion de la Liga espagnole en Afrique

https://www.financialafrik.com Se dirige-t-on vers la paix des braves entre la StarTimes et la française Canal+ ? Le diffuseur TV chinois StarTimes a annoncé jeudi 6 août dernier avoir acquis les droits de retransmission du championnat espagnol jusqu’en 2024 en Afrique subsaharienne (47 pays), jusque-là du ressort de Canal+. Toutefois selon nos informations, le schéma le plus probable au stade actuel des négociations c’est une “co-diffusion”.
En effet, de source proche du groupe, CANAL+ serait également en discussion avancée avec la Liga pour reconduire, pour 4 saisons, les droits du championnat espagnol sur ses antennes en Afrique. La société de radiodiffusion StarTimes est devenue l’un des principaux fournisseurs de télévision payante du continent avec environ 10 millions d’abonnés et des filiales établies dans plus de 30 pays africains.
CANAL+ est le leader de la diffusion de compétitions sportives internationale en Afrique, à l’instar des championnats de football européens (Ligue 1 française, Liga espagnole, Serie A italienne), mais également des tournois internationaux de tennis, des matchs basketball de NBA ou encore des compétitions majeures d’athlétisme, de Formule 1 et de golf.  Albert Savana

Covid-19: et si le vaccin de la Russie devançait les concurrents américains?

https://www.financialafrik.com La course à la suprématie mondiale se joue en ce moment sur les vaccins contre le covid-19. Quel pays sera le premier à apporter la potion magique pour sauver l’humanité ? La société américaine Moderna, l’université britannique d’Oxford en partenariat avec le laboratoire AstraZeneca ou la Chine via sa myriade d’ universités et de centres médicaux ?
Nostalgique de la grande URSS, la Russie de Vladmir Poutine déclare avoir mis au point un vaccin grâce aux concours du ministère de la Défense et du Centre d’épidémiologie et de microbiologie russe Gamaleïa. Le vaccin sera produit en masse par trois entreprises biomédicales russes à partir du mois de septembre.
Selon le vice-ministre russe de la Santé, Oleg Gridnev, cité vendredi 7 août 2020 par Sputniknews, l’enregistrement du vaccin contre le coronavirus aura lieu le 12 août prochain. «Les documents nécessaires à l’enregistrement du vaccin, données des études cliniques comprises, ont été soumis à une expertise sans laquelle le processus est impossible», a précisé le service de presse du ministère, selon le même média. Pour rappel, des tests cliniques sur des volontaires ont été effectués depuis le 17 juin à l’université Setchenov de Moscou et à l’hôpital militaire de Bourdenko.
D’après le ministère de la Défense, les essais cliniques sur des militaires se seraient révélés concluants et sans effets secondaires. La Russie refuserait de partager ses données avec la communauté scientifique internationale.
Vu de Washington, les vaccins développés par la Chine et la Russie ont du mal à convaincre. “j’espère vraiment que les Chinois et les Russes testent leurs vaccins avant de les administrer à qui que ce soit”, avait déclaré l’immunologue Anthony Faucid, voix d’autorité sur le covid-19, l’une audition fin juillet devant le Congrès américain.
« Affirmer disposer d’un vaccin prêt à être distribué avant même de le tester est, selon moi, problématique, pour ne pas dire plus », a ajouté le très respecté directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses, qui estime que les États-Unis n’auront pas à dépendre de vaccins d’autres pays. Des critiques loin de tempérer l’ardeur de Moscou qui compte entamer dès septembre et octobre la production industrielle d’au moins deux vaccins contre la COVID-19 conçus par des chercheurs de centres étatiques.
En réaction aux critiques américaines, Kirill A. Dmitriev, patron du fonds souverain Russian Direct Investment Fund (RDIF), un véhicule de 10 milliards de dollars, engagé dans le financement de l’un des vaccins russes, a ironisé, comparant la course actuelle au vaccin anti-Covid à la conquête de l’espace. « Les Américains ont été étonnés quand ils ont entendu le signal du Spoutnik », le premier satellite artificiel lancé par l’URSS en 1957, a-t-il dit à la chaîne d’information américaine CNN.
« Avec le vaccin, ce sera la même chose.Nous serons les premiers ».Albert Savana

HAUSSE DES CAS DE TRANSMISSION COMMUNAUTAIRE: Le baromètre des manquements de la stratégie de riposte contre le coronavirus 

http://www.enqueteplus.com/node Une semaine après la célébration de la fête de Tabaski, un premier point du ministère de la Santé a noté une explosion des cas communautaires, malgré les mises en garde sur les conséquences de la dispersion de la population pour fêter l’Eid El-Kébir chez eux.  
Ce sont les médias que le président de la République a indexés, en les traitants d’alarmistes, dans leur traitement de la progression de la pandémie de coronavirus. Lors du Conseil présidentiel sur la gestion de la riposte contre la Covid-19 tenu ce jeudi, Macky Sall a soutenu, à l’endroit des journalistes, qu’il ne sert à rien d’alarmer les populations et de noircir le tableau : ‘’La situation du Sénégal n’est guère inconfortable, comparée à tout ce qui se fait à travers le monde.’’ Malgré la participation des médias à l’effort de guerre qui en a pris un coup, la lecture du dernier bilan journalier sur l’évolution de la maladie du ministère de la Santé et de l’Action sociale montre que s’il n’y a pas lieu de s’alarmer, la situation est devenue très préoccupante.
En effet, le directeur de la Prévention, Dr Mamadou Ndiaye, a annoncé hier que parmi les 172 tests revenus positifs de la journée du jeudi, 82 cas sont issus de la transmission communautaire. Un record qui en a alarmé plus d’un, une semaine après la célébration de la fête de Tabaski qui a vu beaucoup de Sénégalais se déplacer en masse pour passer la fête en famille.
C’est surtout la dispersion notée dans la localisation des cas communautaires qui pousse à se poser des questions. Onze ont été recensés à Saint-Louis, 6 à Dakar-Plateau, le même nombre aux Maristes, à Thiès, 5 à Keur Massar, 4 à Mbour, à Sangalkam et Yoff, 3 à Diourbel, Kolda, Liberté VI et Tivaouane, 2 à Bignona, Kaolack, Mermoz, Parcelles-Assainies, Pikine et Touba, 1 à Diamniadio, Diofior, Diouloulou, Guédiawaye, Kédougou, Louga, Mbao, Oussouye, Pout, Rufisque, Thionk Essyl et Ziguinchor. Un maillage du territoire national qui s’explique par les déplacements liés à la Tabaski ?
Si aucune étude ne permet de le confirmer, le scénario était attendu avant la célébration de la fête. A commencer par le ministre de la Santé et de l’Action sociale. ‘’Nous allons vers la fête de la Tabaski et (elle) ne doit pas être une occasion de propagation et de dispersion de la pandémie dans le pays’’, disait Abdoulaye Diouf Sarr, lors de la réception d’un don de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) constitué de 15 000 tests et 22 000 kits de prélèvements et d’équipements de réanimation au Laboratoire national de santé publique basé à Thiès.
Jusqu’ici, pas moins de huit décrets ont été pris par les autorités publiques pour restreindre ou alléger les libertés et surtout interdire les rassemblements publics de même qu’imposer le port obligatoire du masque de protection. Seulement, ils sont loin d’avoir produit les effets escomptés. Et les raisons peuvent, en partie, être trouvées dans les manquements notés dans l’application de ces mesures par les autorités.
A l’enterrement du premier mort du coronavirus au Sénégal, Pape Diouf, tout un dispositif avait été mise en place pour éviter les contaminations, malgré le ‘’rang social’’ du défunt. Mais c’est tout le contraire qui a été noté lors de dernières cérémonies de funérailles, dont le dernier exemple et non moins important est celui du khalife général des niassènes, jeudi, à Kaolack.

‘’Ils sont infectés dans des cérémonies funéraires principalement les levées du corps, les enterrements’’

Avant lui, beaucoup de cérémonies ont été organisées dans la région de Dakar, avec la disparition d’illustres personnalités ces deniers jours : Serigne Pape Malick Sy, Babacar Touré, Mansour Kama, etc. Et ces rassemblements ont joué un grand rôle dans la propagation récente de la pandémie, comme l’a confirmé le Pr. Mame Thierno Dieng, lors du Conseil présidentiel sur la gestion de la riposte contre la Covid-19. Le directeur de l’hôpital Principal de Dakar note : ‘’Comme la plupart des malades sont décédés à l’hôpital Principal, nous avons pu faire la traçabilité. Ils sont infectés dans des cérémonies funéraires, principalement les levées du corps, les enterrements. La plupart sont infectés dans ça…’’.
La ‘’reculade’’ des autorités face aux familles qui ont, parfois violemment, exprimé leur désir d’enterrer leurs morts dans des conditions normales, a mené à cette situation favorable à la progression des cas de transmission communautaire.
A cela s’ajoute la stigmatisation dont sont victimes les structures sanitaires que la population rechignait à fréquenter, en cette période de propagation du virus. Le docteur Abdoulaye Bousso l’a expliqué, en affirmant que les hôpitaux essuyaient beaucoup de refus de la part de malades qui doivent être pris en charge. ‘’Nous avons dans les domiciles des personnes avec des comorbidités et qui ne devraient pas y être. Mais il s’agit de VIP, de personnalités, et aujourd’hui, c’est un accent très, très important qui doit être mis sur la prise en charge à domicile, principalement à Dakar’’, argumente le directeur du Cous.
Mamadou Diarra Bèye, Directeur du Samu, lui emboite le pas en révélant : ‘’On a eu des patients qui ont été testés positifs, qui ont présenté des comorbidités et qui ont refusé systématiquement d’aller dans des centres de traitement et qui se sont aggravés par la suite. Il y en a même qui ont malheureusement perdu la vie, conséquence du délai très tardif de recours aux structures de santé.’’
Cette situation peut être à l’origine d’un décalage entre les chiffres officiels du ministère de la Santé et la réalité. Car, comme l’expliquait jeudi le Dr Babacar Niang de Suma Assistance sur le plateau de la TFM, ce n’est que dans les grandes villes que les décédés obtiennent des certificats. ‘’Combien de personnes sont mortes sans être comptabilisées ? Le véritable nombre de cas devrait être estimé entre 30 000 et 50 000 cas’’, analyse l’urgentiste.
Il n’existe sûrement aucun pays au monde où les chiffres officiels sur la pandémie prennent en compte tous les cas effectifs. Mais la tournure des choses devrait pousser le gouvernement à réadapter sa stratégie de riposte. A la journée d’hier, le Sénégal comptait 10 887 cas déclarés positifs, dont 7 186 guéris, selon les chiffres du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

‘’On a vu qu’il y a un relâchement et on savait, en tant que techniciens, qu’on allait vivre des situations pareilles’’

Comme l’a reconnu hier le ministre de l’Intérieur, lors de sa conférence de presse, un certain relâchement des populations et un non-respect manifeste des mesures barrières, à la tête desquelles le port du masque et la distanciation physique, ont été notés depuis la levée de l’état d’urgence. En vérité, cette déconcentration s’est installée depuis le 12 mai 2020, date de l’assouplissement des conditions de l’état d’urgence et des horaires du couvre-feu, par le président de la République, pour soulager l’économie, ainsi que la réouverture des lieux de culte.
Dans une intervention sur iRadio, le Dr Serigne Fallou Samb, Secrétaire général de l’Association de cliniques privées, rappelait hier que ‘’dans ces genres de situation, il nous faut de l’autorité pour préserver les Sénégalais. Malheureusement, depuis le 11 mai (nuit de l’allocution du président de la République), on a vu qu’il y a un relâchement et on savait, en tant que techniciens, qu’on allait vivre des situations pareilles. Et je crois qu’on aurait voulu ne pas avoir raison, mais aujourd’hui, on a eu raison’’.
L’accumulation des faits a amené le président Macky Sall, lors du Conseil des ministres de ce mercredi 5 août, à taper du poing sur la table et à demander plus de rigueur dans l’application des mesures barrières.
Comment sortir de cette situation ? Pour le Dr Khadim Ngom, cardiologue à Bordeaux, il faut rehausser le plateau technique et surtout le nombre de lits de réanimation. La solution la plus simple pour y arriver serait de mettre à contribution des lits dans les hôpitaux privés, jusqu’ici écartés de la gestion de la pandémie. D’autant plus que, selon le secrétaire général de l’Association de cliniques privées, ces structures sanitaires constituent 43 % de l’effectif médical au Sénégal.
Si les rassemblements occasionnés par la célébration de la Tabaski peuvent être mis en cause dans la hausse observée des cas de transmission communautaire, il sera possible d’y voir plus clair dans une semaine, voire quatorze jours après la fête. En même temps, d’autres cérémonies religieuses se profilent avec des capacités de mobilisation de personnes encore plus importantes. Malgré tout, les mesures de restriction des déplacements imposées par le ministère de l’Intérieur restent suspendues.
En attendant le retour des décisions fortes pouvant influer sur le comportement des Sénégalais, le virus continue d’augmenter son bilan macabre.  Lamine Diouf 

172 tests positifs, 113 cas communautaires, 3 nouveaux décès

Le ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale a fait le point de situation du coronavirus de ce dimanche 9 août 2020.
Sur 1656 tests effectués 172 sont revenus positifs.
Des cas ainsi répartis : 59 contacts suivis par les services du ministère de la Santé, 113 cas issus de la transmission communautaire.
Par ailleurs, 23 patients ont été contrôlés négatifs, et déclarés guéris.
43 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation
A ce jour, 11.175 cas ont été déclarés positifs au Sénégal, dont 7.352 guéris, 232 décédés et 3.590 patients sous traitement.
Selon le ministère, l’état de santé des patients hospitalisés à Dakar, Touba et Ziguinchor est stable.
Il renouvelle à la population son appel au respect strict des mesures de prévention individuelle et collective.

l’Eglise catholique sénégalaise maintient la suspension des cultes publics

APA-Dakar (Sénégal) Par Abdourahmane Diallo-La Province ecclésiastique de Dakar, dans un communiqué parvenu ce samedi à APA, affirme avoir prorogé la suspension du Culte chrétien décidée dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.
« Il demeure de notre devoir, à nous vos Pères Évêques, de rappeler que la situation actuelle de cette pandémie, tant au niveau national qu’international, est loin d’être maîtrisée », ont déclaré solennellement les hommes de Dieu.
Partant de ce constat et en se basant sur les nouvelles instructions du président de la République pour un meilleur respect des gestes barrières, mais aussi les mises en garde des experts sur les menaces persistantes et aggravantes de la pandémie, « nous maintenons notre fervent appel à la persévérance dans la patience et la prudence », ont soutenu les Evêques, martelant que « la situation actuelle ne milite pas en faveur d’une reprise immédiate du Culte chrétien ».
Selon les religieux et contrairement à ce que beaucoup souhaitaient ou pensaient, « la date du 15 Aout 2020 n’a jamais été fermement retenue pour une reprise officielle du Culte chrétien en public, notamment à travers la Célébration des Messes avec présence du Peuple de Dieu ».
Tout en rappelant que ce qui prime, c’est la vie et la santé des personnes qu’il ne faut pas mettre en danger, les Evêques de la Province ecclésiastique de Dakar signalent que « les églises demeurent ouvertes aux fidèles pour des dévotions personnelles ».
Certaines sollicitations d’ordre pastoral (Baptême, Mariage, Funérailles…) sont laissées à l’appréciation des Prêtres qui devront, dans un esprit de dialogue avec les fidèles laïcs et de communion pastorale, s’assurer que tout se fasse dans le respect des mesures barrières, avec un nombre restreint de fidèles, pour ne pas favoriser la propagation de la maladie, lit-on encore dans le communiqué.
Compte tenu du contexte de la pandémie, les Ordinations sacerdotales et Professions religieuses de l’année Pastorale 2020-2021 se feront dans un cadre restreint et dans le respect des mesures sanitaires que requiert la situation, avec le souci permanent de protéger la vie humaine, informe la note.
Ainsi, à l’occasion de la prochaine fête de l’Assomption, le 15 août, les Evêques demandent « à tous d’éviter les déplacements et les regroupements habituels, et d’invoquer, avec ferveur, la protection maternelle de Marie pour nos familles, notre pays et le monde entier ».ARD/te/APA

Mesures restrictives: Le Gouverneur de Dakar ferme les bars, les discothèques et les salles de spectacle pour 3 mois. (DOCUMENT)

https://www.dakaractu.com Nous en savons davantage sur les décisions nouvellement prises par le gouvernement tendant au renforcement de la riposte contre la pandémie à coronavirus dans le pays.
En effet, le gouverneur de la région de Dakar, se conformant aux instructions étatiques, n’a pas attendu pour affirmer sa responsabilité dans l’application des nouvelles directives dans la bataille sanitaire. Ainsi, Al Hassan Sall informe à travers un communiqué rendu officiel ce 08 août, des mesures prises dans la région de Dakar.
Conformément à l’interdiction de rassemblement qui a pris effet suite à la sortie du ministre de l’intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, la fermeture des bars, discothèques et autres salles de spectacle sera appliquée dans toute sa rigueur et ce, pour une durée de 3 mois.
Il faudra donc attendre au mois de novembre au plus tard pour mesurer les effets de ces nouvelles mesures déroulées par les autorités étatiques.
La gouvernance informe à ce titre également que la suspension des autorisations de faire de la musique, des chants et danses dans les débits de boisson est désormais systématique et jusqu’à nouvel ordre.
Le contrôle du respect des mesures barrières dans les restaurants sera par ailleurs renforcé avec la « présence systématique des forces de sécurité », souligne le document. Il sera de même dans les plages et autres espaces publiques en vue d’une application rigoureuse des mesures d’interdiction de rassemblement. Un contrôle intensif du respect du port obligatoire du masque dans les services publics et privés, dans les lieux de commerce et les moyens de transports amènera toutefois les forces de sécurité, de la gendarmerie et de la police à avoir une présence constante dans ces espaces cités aussi longtemps qu’il faudra pour contraindre la propagation du virus qui poursuit son lot de conséquences dans le pays.

Responsabilité Des Médias: Macky, Les Faux-Fuyants Et La Stratégie Du Bouc Émissaire

http://www.walf-groupe.com Faute de plan de riposte efficace contre le virus qui connait une vitesse de propagation supersonique, le pouvoir n’a trouvé rien de mieux que d’en faire porter la responsabilité aux médias. Une stratégie du bouc émissaire qui va difficilement convaincre.
Si l’on en croit le compte-rendu qui a été fait du conseil présidentiel, tenu jeudi au Palais de la République, le Président Sall, au sortir de ce brainstorming, a eu des mots assez durs à l’endroit de la presse nationale accusée de noircir le tableau de la pandémie.«Il y a une couverture médiatique alarmiste ; je lance un appel à la presse sénégalaise. Il ne sert à rien d’alarmer les populations et de noircir le tableau. La situation du Sénégal n’est guère inconfortable comparée à tout ce qui se fait à travers le monde, pour susciter tout ce tollé». C’est ce qu’aurait déclaré le président de la République et qui départ des lauriers qu’il a tressés à la même presse dans ses différentes adresses à la Nation depuis le début de l’épidémie. Quand il a décidé de lever le pied, sous la pression des lobbies,la presse a été la première à alerter sur le risque encouru. Malgré tout, le nez sur le Tableau des opérations financières, aveuglé par les chiffres de la croissance ou de la décroissance –c’est selon – sans compter un plan de riposte inadapté à notre contexte parce que calqué sur la France dont les réa-lités sociologiques sont différentes des nôtres, il a poursuivi son plan de libéralisation en desserrant l’étau. Coup sur coup, il a ouvert le transport interurbain, levé l’état d’urgence et le couvre-feu, autorisé la fréquentation des lieux de culte, la réouverture des écoles,marchés hebdomadaires, etc.
En son temps, la presse avait alerté, sans être entendue, sur le fait que ce relâchement sur les me-sures pouvait être interprété, chez le citoyen moyen, comme un recul de la maladie. Ce, alors que, au même moment, les chiffres de la maladie prenaient l’ascenseur : de zéro décès, 79 cas positifs au moment de la prise des mesures,aucun en réanimation, pendant qu’il desserrait la vis, on était passé à des dizaines de morts, de cas graves. La presse avait relevé l’incohérence. Là aussi, sans être entendue. On avait visiblement opté pour le populisme. Non, M. le Président, la presse n’a pas in-venté les chiffres. Elle ne fait que relayer les bulletins quotidiens du ministère de la Santé. Si le pouvoir a une peur bleue des données que renvoient ces bulletins, il n’a qu’à décréter la confidentialité, un peu comme les rapports de l’Inspection générale d’Etat, exclusivement destinés au président de la République, seul maître de leur publication ou pas.
Quand le ministre de la Santé, le preux chevalier Diouf Sarr, a, à Thiès, dissuadé les Dakarois d’aller fêter la Tabaski chez eux pour amoindrir le risque de propagation,la presse était seule à relayer son message. Aucune voix de poids n’est venue se joindre à la sienne pour convaincre les fêtards de rester dans leur lieu de résidence habituel. Ni le ministre de l’Intérieur encore moins le président de la République n’était audible. Au Maroc, à la veille de l’Eid, le Roi a pris la mesure salutaire d’interdire la circulation entre les principales villes du Royaume. Cela a-t-il permis de réduire les cas de contamination ? Là, n’est point le débat.Ce qui est louable ici, c’est que l’Etat marocain, au niveau le plus élevé, a affirmé toute son autorité. L’autre fait à relever et qui est à l’avantage de la maladie, c’est cette cacophonie notée au sommet de l’Etat et cette inversion des priorités. Quand le ministre de la Santé dit que «globalement, la maladie est sous contrôle»ou que le«pic est derrière nous», son patron prend le contrepied et décrète que«nous devons nous préparer à une lutte longue et difficile». Au sur-plus, un message sous-jacent issu de la litanie quotidienne des bulletins de santé, au début de la maladie, a persuadé les jeunes que seuls les vieillards sont susceptibles d’en mourir. Conséquence : les jeunes ont repris le chemin des plages et des terrains. Oubliant que si leur système immunitaire supporte le virus, celui de leurs parents et grands-parents à qui ils le ramènent est fortement affaibli par le poids de l’âge. Et que donc ils sont susceptibles d’en mourir. Et alors que l’urgence était à un réarmement moral et matériel du corps médical, le gouvernement fonce, tête baissée, dans l’aide alimentaire d’urgence, le Palais, dans des audiences tous azimuts qui fleurent bon les combines politiciennes.
Voilà pour les faits. Toute autre interprétation relève de la stratégie du bouc émissaire qui, en français facile, veut dire que l’on choisit délibérément d’expier sa propre responsabilité pour la faire porter par un autre.Ibrahima ANNE

Covid 19: M.le Ministre de l’Intérieur s’est gardé de dire l’essentiel  Par Dr Diom Wouro Bâ

Nous avons suivi avec beaucoup d’intérêt la conférence de presse de ce vendredi 07 août 2020 de M. le Ministre de l’Intérieur, annonçant les mesures prises par le gouvernement pour endiguer la progression de la covid 19 dans notre pays, avec son cortège de décès quotidiens.
L’inconfort de M. le Ministre est évident. Il transparaît dans son discours que depuis l’assouplissement des restrictions et la levée de l’état d’urgence, suivis d’un relâchement par rapport aux gestes barrières, le contrôle est devenu très difficile. Les déplacements interrégionaux, la réouverture des lieux de culte, la promiscuité dans les marchés, la désinvolture engendrée par la banalisation de la maladie au fil du temps, sont autant de facteurs qui ont offert un terrain fertile au développement de la maladie qui avance lentement mais sûrement.
Nous sommes conscient que la situation est délicate. L’assouplissement des restrictions était une nécessité, car les citoyens ont besoin de travailler pour vivre. Beaucoup de couches de la population avaient été durement frappées par le ralentissement – voire l’arrêt, pour certains – de l’activité économique. Mais l’option réaliste ne saurait servir de prétexte pour une complaisance dangereuse pour le peuple tout entier, sous peine d’infliger à nos vaillants techniciens de la santé la châtiment de Sisyphe.
Il est vrai que la priorité doit demeurer la sensibilisation. Cela a été dit et répété : sans un bon engagement communautaire, il sera très difficile de venir à bout de la pandémie. Cependant, avant d’arriver à la situation idéale d’une bonne implication des citoyens à la base, il faut parer au plus pressé. L’Etat est interpellé. Certaines questions sont certes sensibles mais il faut les affronter, avec diplomatie mais sans ambages. Je donne ici trois exemples pour mieux préciser ma pensée :
1/ Suite au rappel à Dieu du khalife des Niassènes (qu’Allah SWT l’accueille au Paradis Firdawsi), nous n’avons pas compris comment l’Etat a pu autoriser, dans le contexte actuel de progression de la covid au Sénégal, l’arrivée de plusieurs avions remplis de fidèles venus assister aux funérailles du saint homme, sans compter les centaines de personnes en provenance des pays limitrophes et des quatre coins du Sénégal. Il est facile de comprendre que cette affluence massive (excusez l’emphase) n’était pas raisonnable.
2/ Dans quelque temps, ce sera le Magal, qui sera suivi un mois après par le Maouloud. Nous savons tous qu’à ces occasions, Touba, dans le premier cas, et Tivaoune, dans le second, reçoivent des centaines de milliers, voire des millions de pèlerins. L’Etat laissera-t-il faire ?
Nous sommes tous des croyants mais il faut savoir faire la part des choses. L’Etat a le devoir de protéger ses citoyens, avec responsabilité, sans faiblesse. Nous sommes convaincu que nos guides religieux sont pleins de sagesse : en leur parlant clairement, ils comprennent et, généralement, accompagnent les dynamiques constructives. Si le hajj, un des cinq piliers de l’Islam, a fait l’objet de restrictions drastiques en raison de la pandémie, l’Etat doit pouvoir expliquer aux Sénégalais qu’en cette année 2020, le Magal et le Gamou devront être simplifiés, avec le moins de monde possible. Et c’est maintenant qu’il faut communiquer sur ces questions, pendant qu’il est encore temps. A force de vouloir éviter, à tout prix, de frustrer les familles religieuses, l’Etat du Sénégal et son gouvernement fait courir le risque d’une explosion de la pandémie dans notre pays mais aussi dans les pays de provenance des pèlerins qui vont venir de l’étranger.
3/ Sur un autre registre, nous avons appris que les universités vont reprendre les cours en présentiel à partir du 1er septembre 2020. Nous ne sommes pas le mieux placé pour dire comment cela doit se faire. Mais lorsque l’on sait qu’en première année de science juridique de l’UCAD, par exemple, les étudiants sont plusieurs milliers, il faut étudier avec beaucoup de rigueur les meilleurs schémas pour une reprise sécurisée, ce qui requiert un travail minutieux. La surpopulation estudiantine dans les premiers cycles ne concerne pas d’ailleurs que l’UCAD, mais la quasi totalité des universités publiques.
Cette crise sanitaire interpelle tous les secteurs de notre société : l’Etat, les communautés à la base mais également chaque citoyen pris individuellement. Chacun DOIT s’acquitter de ses obligations pour l’intérêt de tous, sans compromission.Dr Diom Wouro Bâ

LA RIPOSTE COMMUNAUTAIRE CONTRE LA COVID 19 AU SÉNÉGAL:Tâtonnement au sommet !Par Falilou Bâ

12000 volontaires communautaires (re)lâchés dans les communautés:12000 cas communautaires ou 12000 solutions communautaires ?
Le 30 juillet 2020, en suivant sur les ondes de la télévision sénégalaise (la RTS1) le Ministre de la Santé et l’Action sociale M. Abdoulaye Diouf Sarr, j’ai eu comme une  sensation de déjà vu et surtout de déjà entendu, dans cette guerre contre la COVID 19. Voilà que, entouré de ses lieutenants, le « Général d’armée », Diouf Sarr, procédant à la revue de ses troupes de volontaires communautaires nouvellement engagés, (re)lançait 2 cris de guerre, en ces termes :
– une énième offensive  de la bataille de Dakar avec le slogan : « si on remporte la bataille de Dakar qui regroupe à lui seul 75 % des cas de contamination, on gagnera la guerre contre le coronavirus » ;
– une énième vérité, qui est passée maintenant dans tous les esprits comme une évidence : « la guerre contre le coronavirus se gagnera au niveau communautaire ».
C’est avec ces grandes intentions que la guerre communautaire contre la COVID 19 est encore (re)déclarée au Sénégal, en grande pompe. En grand nombre, plutôt, devrait-on dire car de la stratégie qui est arrêtée et mise en (dé)route, le point central reste le nombre de volontaires communautaires mobilisés. Ainsi qu’on peut le comprendre à travers l’appel du 30 juillet 2020 du Général depuis le district centre, lorsqu’il a particulièrement insisté sur le fait que : « 12.000 volontaires ont été outillés afin d’aller à la rencontre des populations. Avec pédagogie, leur mission est d’informer et de sensibiliser sur les gestes barrières indispensables pour stopper la pandémie ». En effet, dans cette énième déclaration de guerre, qu’est-ce qui est nouveau à l’horizon ? En tout cas, ce n’est sûrement pas la prétention d’armer les « soldats », avec les instruments classiques d’information et de sensibilisation. Ce n’est pas, non plus, la mission qui leur est assignée et qui se limite à, tout juste, informer et sensibiliser les populations sur les gestes barrières contre la COVID 19. La nouveauté se situerait donc plutôt ailleurs. Précisément au niveau de la taille de l’armée, cette fois-ci, (re)constituée.
En fait, jusque-là les recrues, souvent choisies à Dakar, tournaient autour de 50 à 100 au maximum. En guise d’illustrations, voilà quelques initiatives d’enrôlement de volontaires communautaires déjà organisées :
« – Plus de 50 personnes sont éparpillées sur tous les réseaux sociaux. Des actions de terrains sont aussi initiées par les membres pour toucher leurs proches qui ne sont pas connectés (site SNEIPS) ;
– Formation de 100 jeunes volontaires de la ville de Dakar sur la communication sur les risques et l’engagement communautaire, avec des sessions sur la situation épidémiologique du département de Dakar mais aussi sur la nécessité d’insister sur le rappel des gestes barrières pour se protéger et protéger sa communauté (Site de la mairie de Dakar) ;
– Avant même les mesures prises par le gouvernement, un groupe d’habitants de Dakar issus de la société civile avait lancé l’opération ‘’100 volontaires’’ et qui consistait à former des bénévoles dans chaque quartier pour diffuser des messages de prévention et inculquer les bons gestes (Sénégal/Santé du 31 mars 2020).
De 50 à 100 recrues jusqu’à présent, voilà que pour cette énième opération communautaire lancée ce 30 juillet 2020, subitement les chiffres s’emballent, multipliés par 12, et la liste explose pour atteindre le nombre stratosphérique de 12.000 volontaires communautaires engagés. Ainsi, la tactique de guerre employée, au tout début de la riposte communautaire, qui était celle d’étouffer rapidement les velléités du virus au sein des communautés par le recours de la technique de la guerre éclair (BlitzKrieg) a évolué. Aujourd’hui que les troupes sont poussées dans leur dernier retranchement, et au moment où elles sont débordées de toutes parts, la nouvelle approche envisagée est celle de déployer un très grand nombre de « soldats » volontaires dans les communautés pour contenir les assauts de l’ennemi. Aussi, la tactique de guerre éclair employée jusque-là, s’est-elle muée en  guerre du nombre (Krieg der Zahlen).
Mais mon Général, si je peux me le permettre, en passant justement d’une technique de guerre à une autre, avez-vous d’abord procédé au travail ô combien obligatoire et nécessaire de l’évaluation de votre tactique ?  D’autant qu’il est prouvé que c’est souvent la non évaluation ou la mauvaise évaluation des programmes qui reste le véritable maillon faible des interventions d’ordre économique, politique. Mais aussi et surtout celles davantage qualitatives relevant du domaine social ; comme le programme de la riposte communautaire du Sénégal contre la COVID 19, en question ici.
Mais à quoi pourrait-être liée cette fâcheuse tendance à cette culture de non-évaluation ou aux raisons techniques de la mauvaise, souvent fatales aux programmes d’intervention sociale et sanitaire ? Ainsi qu’il en est, hélas, pour ce programme de riposte communautaire contre la COVID 19, conduit sous la forme d’un pilotage en vue. Cela tient sans nul doute à une mauvaise appréciation ou à une mauvaise appropriation des concepts majeurs de l’évaluation d’un programme, sans quoi point d’usage optimal de l’évaluation. Dans le cadre de la mise en route de ce programme d’intervention de riposte communautaire contre le Coronavirus en (dé)route, questionnons alors le dispositif d’évaluation qui s’(impose) aux concepteurs du programme.
Pilotage à vue de la riposte communautaire : en cause, un défaut de dispositif d’évaluation par faute de prédisposition en évaluation de programme d’intervention ?
Officiellement, il n a pas été (encore) procédé à une évaluation du programme de lutte contre le Coronavirus au Sénégal. Qu’on ne vienne surtout pas m’opposer que c’est parce que l’intervention n’est en cours que depuis seulement 4 mois. Le cas échéant, cela viendrait confirmer davantage le défaut de prédisposition en évaluation, que nous soupçonnons. Ne serait-ce que pour ce qui est de la maîtrise de cette dimension de l’évaluation, relative à ses différentes méthodes constitutives.
En effet, hormis le fait que tout programme peut être soumis, déjà, à une évaluation ex-ante. À plus forte raison un programme en cours d’exécution peut aussi ou même doit aussi, bel et bien, être objectivement soumis, à son tour, à une évaluation à mi-parcours. Dans ce type d’évaluation, il est bien possible et même souhaité de dérouler l’approche tout en interrogeant l’approche, ce faisant. Mise en œuvre en milieu de cycle du programme, si les besoins se font sentir, l’évaluation à mi-parcours permet de réajuster les stratégies pour un bon déroulement et pour une atteinte des objectifs du programme. Son utilité pratique doit interpeler et amener à s’interroger quant à sa non-réalisation.
À défaut d’y avoir souscrit, dans le cadre de la stratégie de riposte communautaire développée contre la COVID 19, sur quoi se base-t-on alors, logiquement, pour faire évoluer la tactique de la guerre éclair vers celle de la guerre du nombre ; sans être passé par une évaluation à mi-parcours de la première approche. À l’absence d’indications scientifiques, la seconde approche risque d’être conduite sous la forme d’un pilotage à vue et les décisions prises peuvent s’avérer alors approximatives et contreproductives, à terme. Or justement, avec une évaluation au préalable, ces décisions s’appuieraient alors sur des résultats qui seraient conformes aux objectifs fixés et inviteraient, dans ce cas, à perpétuer le programme. Où a contrario, les résultats ne seraient pas conformes aux attentes originelles du programme et exigeraient, dans ce cas, alors d’imaginer d’autres stratégies de résilience de l’outil d’intervention lui-même.
L’esprit qui est à la base de ce type d’évaluation procède, en toute cohérence méthodologique, de la méthode de recherche évaluative pour la logique suivante : « la finalité de la recherche évaluative n’est pas uniquement de porter un jugement sur un programme, mais elle consiste à porter un jugement dans le but d’améliorer le programme, d’apporter des changements nécessaires et, finalement, de mieux desservir les clientes ciblées par les programmes (Rossi, Freeman, 1993 ; Tard, Ouellet, Beaudoin, 1997). La recherche évaluative vise donc également à guider la prise de décisions à l’égard d’un programme » (sous la direction de Bouchard et : 2010 : 437).
Voilà qui doit rassurer les acteurs de mise en œuvre des programmes d’intervention qui ne seraient pas du tout ouverts à tout modèle d’évaluation. La raison, ils confondraient, tous les modèles d’intervention dans le registre de l’évaluation sommative qui a pour caractéristique de distribuer des bons points et souvent des mauvais. En cas d’écart, anormalement importants suivant les termes du contrat établi, la sanction prévisible et prévue pourrait aboutir à l’arrêt du programme, en tant que tel. Alors qu’il devrait surtout être privilégié, ici et selon notre entendement, le registre de l’évaluation formative qui s’inscrit, quant à elle, dans une logique de redressement, de perfectionnement du programme en question. En effet, dans son essence même, l’évaluation formative est mue par l’esprit de réparer et non de casser. La forme de sanction corrélative, qui lui est consubstantielle, étant de corriger plutôt que de punir, avec : «  pour principal objectif de fournir des résultats qui permettent d’améliorer un programme d’intervention généralement en développement » (Fitzpatrick, 2012 : 21).
Ce point de clarification apporté aura, espérons-le, la vertu de lever les craintes, de dissiper les doutes, d’atténuer les peurs des acteurs de la lutte contre la COVID 19 au Sénégal, qui ne souffrent pas qu’on pose un regard critique (constructif) sur leur programme d’intervention et sur leur approche de riposte communautaire. À croire, s’ils supportent même leur propre regard critique ? Pour ainsi dire. Une fois le sens de l’évaluation de programme compris, autoriseront-ils enfin et s’autoriseront-ils cette posture scientifique et de scientifiques. Aussi, oseraient-ils désormais aller au-delà de la forme faussement efficace de l’évaluation de l’implantation du programme à laquelle ils font, le plus souvent, recourt lorsqu’ils sont contraints à évaluer leurs programmes.
Il serait salutaire, désormais, qu’elles s’orientent, de manière souveraine, vers la forme d’évaluation plus efficiente, plus efficace de programmes. Celle qui, de toutes les formes d’évaluation possibles en recherche évaluative, se révèle être la plus opportune. La raison étant liée au fait que : « L’évaluation de l’efficacité d’un programme d’intervention peut se définir comme l’utilisation des méthodes de recherche scientifiques visant à porter un jugement sur l’atteinte des objectifs d’un programme. Ce type d’évaluation cherche à vérifier si des changements se sont effectivement produits chez les participants à un programme et à démontrer que ces changements sont directement liés à la participation au programme » (sous la direction de Bouchard et Cyr, 2010 : 44).
Monsieur le Ministre de la Santé, vos collaborateurs en charge de mettre en œuvre votre programme de riposte communautaire ont-ils pris la pleine mesure des enjeux qui entourent les démarches entre types d’évaluation, méthodes d’évaluation, formes d’évaluation, modèles d’évaluation, tels que revisités ci-dessus à leur intention. Vous êtes-vous donné les moyens, comme tout bon général de guerre que vous êtes assurément, de trouver les moyens de recueillir les bons conseils, de prêter une oreille attentive à des observateurs qui ont le regard, pas de critique mais plutôt critique. Pour ainsi (sou)peser les avantages et les inconvénients du nouveau programme de riposte communautaire qui vous est (re)eprésenté, encore une fois, par vos lieutenants. Afin d’en appréhender, ainsi, ses points forts et ses points faibles, tous ses contours, avant de (re)lancer vos troupes sur un autre front de guerre communautaire ? Car perdre un combat, comme cela semble être le cas présentement en changeant de fusil d’épaule comme vous le faites, n’est pas perdre la guerre, certes.
Mais perdre deux batailles, trois batailles… pourrait, in fine, s’avérer fatal à votre armée et se traduire chez la population par cette hécatombe par rapport à laquelle tous les esprits de bons sens sonnent l’alerte et se préparent incessamment. La preuve à ce jour, le Sénégal détient le triste palmarès de premier dauphin, parmi les pays de la Zone ouest africaine qui décompte le plus grand nombre de morts de ou avec la COVID 19.  Avec 250 morts, juste derrière le Nigéria qui est à 950 morts, les plus pessimistes et les plus réalistes, d’entre nous, qui font des projections respectivement alarmistes et alarmantes sont, tous deux, sur le même scénario catastrophe que le pire est à venir. Cela, si une réponse communautaire adaptée n’est pas vite trouvée afin de freiner ce fléau communautaire du Coronavirus.
Par vos décisions stratégiques, M. le Ministre, dans votre mission régalienne de protéger les populations, c’est toute votre responsabilité et seulement votre responsabilité qui est engagée. À ce propos, la grande décision, de démultiplier le nombre de volontaires communautaires que vous venez de prendre là concernant un changement de cap dans la riposte communautaire du Sénégal contre la COVID 19, a-t-elle été :
– suffisamment, rigoureusement et méthodiquement, pensée ;
– argumentée et structurée dans sa conception, dans sa planification, pour sa mise en œuvre et pour son évaluation (à mi-parcours et finale).
Allons (sa)voir !
Déroute du biltzKrieg (guerre éclair), mise en route du Krieg der Zahlen (guerre du nombre)
Dans la guerre contre la maladie du Coronavirus au Sénégal, les termes de riposte communautaire et d’engagement communautaire ont été brandis, à juste raison, comme armes alternatives ; à défaut d’armes médicales. Cette réflexion ou ce réflexe a habité les acteurs de la lutte contre la pandémie dès mars 2020 déjà, avec l’apparition du premier cas communautaire le 21 mars 2020 précisément. 20 jours à peine, après le débarquement du virus ennemi dans notre pays le 2 mars 2020, semant la peur générale.
Une panique généralisée, compréhensible lorsqu’on sait que la transmission communautaire se produit lorsqu’une personne contracte la COVID 19 d’une source inconnue et qu’un lien épidémiologique ne peut être établi. En d’autres mots, c’est lorsque le virus se propage au sein même d’une communauté, allant d’une personne à l’autre. Aussi, dès lors que le coronavirus a mué de sa nature médicale pour adopter une nature communautaire, alors  la prise en charge de la pandémie a changé d’un protocole de traitement médical en un protocole de réponse communautaire. Suivant le fameux slogan, justement, théorisé par mes étudiants de l’ESEA ex ENEA : « À problème communautaire, réponse communautaire ».
Ainsi, une fois que l’approche communautaire est évoquée ou invoquée comme démarche de la stratégie de réponse communautaire à apporter, on a assisté à un déploiement, tous azimuts, de tout type de communautaires dans une marche communautaire.
Jeunes des ASC, étudiants, filles des groupements, notables, religieux, politiques, sportifs, artistes, badienou Gokh, éléments de santé communautaire, acteurs communautaires, acteurs de la société civile… En un mot, le tout communautaire est (re)sorti de toutes parts, comme une trainée de poudre, pour cannibaliser le champ de la bataille communautaire. Avec cette rapidité par laquelle la guerre communautaire contre la COVID 19 a été déclenchée, il n y a pas de doute que c’est la tactique du blitzkrieg ou guerre éclair qui a été conduite comme premier assaut pour freiner rapidement l’invasion des cas communautaires.
Au regard de son style de mise en œuvre par maillage du terrain, ce dispositif communautaire repose sur deux constantes : une variété des forces constitutives et un engagement communautaire indiscutable des acteurs. En atteste la manière spontanée, désintéressée et déterminée par laquelle ils ont rejoint le combat. Un sur-investissement qui n’a d’égal que la puissance du sursaut communautaire qui les a animés en ce moment de guerre contre le Coronavirus. Mais, l’avantage de l’expression d’une énergie débordante est, le plus souvent, atténué par l’inconvénient de l’esprit amateuriste qui l’accompagne.
Aussi dans le cas du premier round de la stratégie communautaire contre la pandémie, l’euphorie et l’enthousiasme des acteurs ont été générateurs d’improvisation et de cacophonie dans la démarche. De ce fait, cette phase durant laquelle les dirigeants et les militants de la lutte contre la COVID 19 s’imaginaient que la foi seule suffisait à soulever les montagnes et que seul comptait l’idéalisme, s’est révélée finalement plus grisante que payante. La preuve, malgré ce départ qui a été noté dans la réactivité communautaire du 21 mars à aujourd’hui en toute vitesse et avec le vent en poupe, quel résultat a produit la riposte communautaire ?
Le résultat Pas du tout fameux au plan statistique car pour ce qui est  des cas communautaires répertoriés, le Sénégal est aujourd’hui à plus de 1600 cas, à raison de 400 nouveaux cas en moyenne par mois. S’il est avéré, selon les lois de la probabilité, qu’un cas communautaire infecterait au moins 10 personnes avant d’être mis hors état de contamination, ces chiffres officiels se démultiplieraient alors pour monter officieusement à 16.000 cas au total. À ce rythme, le Sénégal est ou serait littéralement envahi, avec des transmissions provenant de n’importe quel coin et recoin de nos communautés. La preuve aujourd’hui, toutes les localités sénégalaises, même les plus reculées, sont infectées de cas communautaires, avec pour épicentres Dakar, Touba et Thiès.
Mais comment cela se fait-il malgré cette sur-action ou cet activisme communautaire qui grouille de partout?
L’explication se trouve dans le fait que le principal obstacle, qui a brisé l’élan de ce décollage en trombe de la réponse communautaire et qui a empêché aux volontaires communautaires et aux autorités de la lutte contre la COVID 19 de tirer grand profit de cette phase favorable d’engagement communautaire, est que les responsables n’ont pas su conjuguer le temps de la réflexion avant le temps de l’action. Afin de concevoir une stratégie globale, déterminer une démarche opérationnelle et établir un plan de mise en œuvre articulé. En terme scientifique et technique, nous aurions parlé de la mise en cohérence d’un mode d’intervention, d’une méthodologie d’intervention et d’un modèle d’intervention.
De même, une fois reconnu et salué l’engagement communautaire des différents acteurs de la communauté qui se sont levés comme un seul homme pour barrer la route au Coronavirus, réaliste est de reconnaître deux viatiques : la seule volonté ne saurait, par la magie du temps, finir par remplacer la parfaite maîtrise ; l’habitus ne saurait, par extraordinaire à force, se transformer en expertise. Sous ces rapports,  rendons-nous à l’évidence qu’être acteur communautaire ne se décrète pas. Aussi, on ne se lève pas un beau jour et s’improviser communautaire et se mettre à organiser des activités de sensibilisation, de communication sur la COVID 19, même si on est animé de toute la bonne intention du monde. Or à ce que je sache, les jeunes des quartiers, les ASC, les associations de femmes, les partis politiques, les femmes des groupements, les différents corporatistes… n’ont pas été forcément formatés à l’action communautaire, à la communication de changement d’attitude et de comportements. Les deux piliers de la réponse communautaire à opposer à la COVID 19.
D’où la nécessité de canaliser toute cette énergie communautaire qui est un trésor communautaire en une synergie communautaire au service de la riposte communautaire contre le Coronavirus.
Cela apparait comme la volonté reconnue ou subie de la part des autorités de la lutte contre le coronavirus lorsque, ce 30 juillet 2020, elles en sont venues à accepter de modifier de stratégie communautaire. La limite de l’approche du blitzkrieg est ainsi reconnue ; mais pour autant la stratégie du krieg der sharen, nouvellement adoptée, est (re)levée en pertinence jusqu’à quel point ? Autrement dit, jusqu’à quel niveau est opéré un renoncement qualitatif de l’ancienne stratégie au profit de la nouvelle ? Car de l’audace et de la profondeur du (re)virement (entre)pris, dépend le succès de la nouvelle approche envisagée. Qu’en est-il ?
Autre fusil, à la mauvaise épaule 
En misant principalement sur le nombre de volontaires communautaires à enrôler pour remporter la bataille communautaire contre le coronavirus, les responsables en charge de la lutte contre la COVID 19 font le pari de la quantité sur la qualité. Or, le problème de la tactique communautaire jusque-là utilisée a péché, non pas sur la forme mais, plutôt sur le fond. En effet, on a jusque-là amené les communautés à savoir le virus et non à agir contre le virus ou, plutôt, à connaître le virus et non à combattre le virus.
Le message transmis aux acteurs engagés dans les communautés pour qu’ils le (re)transmettent au sein des communautés est encore et toujours un message de persuasion et non un message de l’action. En effet, que cela soit affiché sur des supports divers (radio, télé, affiches…), que cela soit dit par des personnes différentes (artistes, religieux, notables, politiques, sénégalais lambda, personnels de santé, acteurs communautaires…), que cela soit véhiculé en des lieux diversifiés (marchés, gares routières, écoles, lieux de travail, stades, mosquée, églises, dans les quartiers, dans les villages, à l’intérieur des maisons…) et surtout que cela soit dispensé, partagé, enseigné dans les modules conçus à cet effet, à travers des sessions de formation, des ateliers, des séminaires. Qu’importe, le message principal ne change pas du tout et reste immuable jusqu’à présent. Il porte encore et encore et toujours sur l’identification des signes de la maladie et sur l’importance du respect des gestes barrières.
Aussi le problème de la réponse communautaire ne se situe pas à un niveau superficiel, mais il est incrusté à l’intérieur du système de lutte communautaire contre la COVID 19. Pour l’extirper et le solutionner durablement, on ne peut pas, tout juste, se contenter de poser des petits pas, comme on est en train encore d’en faire, en espérant faire bouger, même si c’est  mollement, la perspective. Au contraire, il faudra arpenter de grands pour renverser la tendance. Cela demande de l’audace, de l’ouverture, des moyens, mais aussi et surtout de l’expertise ou des expertises. Ce qui existe ici au Sénégal mais semble encore pas suffisamment exploité. Il faut aller chercher cette connaissance jusqu’en Chine, et vous n’aurez même pas besoin de faire ce grand voyage-là car elle est déjà là, un peu au-delà de votre cercle restreint. Et face aux enjeux de vie ou de mort que nous (im)pose la COVID 19, le jeu en vaut largement la chandelle. Donc, Général Diouf Sarr, c’est sur le front avancé du combat qu’on vous attend pour porter nos troupes sur les lignes de la victoire et assurer à nos populations la (sur)vie communautaire !
Car c’est comme un pied de nez fait que les cas communautaires semblent faire à la nouvelle approche de riposte communautaire proposée par les autorités de la lutte contre la COVID 19.
En effet, à peine lancé en grande pompe (par la médiatisation), en grand nombre (12. 000 volontaire communautaire (re)lâchés mobilisés et avec grand(s) espoir(s) de circonscrire, de ralentir et de stopper la chaine de transmission communautaire, voilà que 5 jours seulement  et, pour la première fois dans l’histoire de la situation de la COVID 19 au Sénégal, les cas communautaires dépassent les cas contacts et les cas importés. Ce 04 Août 2020, il est dénombré 27 cas communautaires contre 16 cas contacts et 0 cas importé. Ne serait-il pas là un signe prémonitoire d’une approche de réponse communautaire biaisée, dès sa mise en pratique. Trop tôt encore pour l’affirmer objectivement !
Attendons donc de (sa)voir quels vont être, dans les prochains jours et les prochains mois, les résultats communautaires de cette nouvelle riposte communautaire essentiellement bâtie autour du (sur)nombre de volontaires communautaires (ba)lancés dans les communautés sénégalaises ?Falilou Bâ,Enseignant-chercheur à l’ESEA ex ENEA,Dr en Sciences de l’Information et de la Communication d’Aix-Marseille Université,Spécialiste de communication de changement d’attitudes et de comportement.Lauréat du Prix de la Meilleure Recherche en Protection de l’Enfance de France 2019

Gestion gouvernementale du volet sanitaire de la Covid-19: un échec Par Cheikh Faye

La gestion sanitaire de la pandémie de la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), par le Gouvernement, est un échec. Il convient de préciser que cet échec ne peut être associé ni imputable au personnel de santé (toutes catégories professionnelles confondues). Ce dernier a démontré sa compétence, fait preuve d’engagement et montré son sens du dévouement dans la prise en charge et le traitement des personnes atteintes de la maladie. Certaines de ses composantes, qui interviennent en amont, ont fait de leur mieux, avec le peu de moyens disponibles, en termes de prévention. Au passage, il importe de noter que le personnel de santé a payé, à ce jour, un lourd tribut dans la lutte contre la Covid-19 en enregistrant, en son sein, des agents infectés par le virus dont certains en sont morts. Il mérite la reconnaissance de la population, surtout celle de l’État notamment en termes de revalorisation de leur statut et de dotation en ressources suffisantes (humaines, matérielles et financières).
À la date d’aujourd’hui, le pays a enregistré, officiellement, 11 003 cas positifs dont 3 444 sous traitement et 229 décès. La Covid-19 touche 65 des 79 districts sanitaires que compte le pays, soit 82%. Sur la foi des données du Secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (SCSAO), qui suit l’évolution de la pandémie dans l’espace sous régional, le Sénégal occupe le quatrième rang, derrière le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire, en termes de nombre de cas positifs. Il occupe le second rang, derrière le Nigeria, en termes de nombre de décès enregistrés. Tout laisse croire qu’une pondération avec le nombre d’habitants par pays aurait placé le Sénégal en tête sur tous les tableaux notamment celui du nombre de cas positifs et celui du nombre de décès (le Nigéria compte 212 millions d’habitants, le Ghana 30 millions, la Côte d’Ivoire 25 millions et le Sénégal 16 millions).
La situation géostratégique du Sénégal, qui l’expose à plus de contacts avec l’Extérieur, comparativement aux pays continentaux, n’expliquerait pas, à elle seule, cette mauvaise performance. En effet, la Côte d’Ivoire a une plateforme portuaire et aéroportuaire plus importante que celle du Sénégal, pourtant, à ce jour, elle n’a enregistré que 16 447 cas positifs (sur une population de 25 millions d’habitants) et ne comptabilise que 103 décès en lien avec la Covid-19. Soit moins de la moitié des décès enregistrés au Sénégal (229 décès). L’Éthiopie (98 millions d’habitants, soit plus de 6 fois la population sénégalaise), qui constitue l’un des hubs les plus importants du continent africain, n’a enregistré, à ce jour que 380 décès. Par conséquent, les causes de l’échec du Sénégal dans la gestion de la Covid-19 sont plutôt endogènes. Elles sont à chercher dans la façon dont le Gouvernement a élaboré puis géré la riposte. Deux causes, parmi tant d’autres, retiennent notre attention : l’adoption de choix stratégiques discutables et le manque d’efficacité gouvernementale.

Des choix stratégiques discutables 

Comme tous les pays africains, le Sénégal a eu la chance de voir venir lorsque la Covid-19 a commencé à faire des ravages, en Chine, dans la ville de Wuhan située dans la Province de Hubei. L’épisode du rapatriement ou non des douze (12) étudiants sénégalais, pris au piège à Wuhan, est encore frais dans les mémoires et prouve, si besoin est, que le Gouvernement était bien au fait, depuis le début, de l’existence d’une infection virale mortelle qui commençait à se déplacer à travers le monde. Pour autant, il s’est gardé d’initier des actions préventives à ce moment. Même le fait que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ait déclaré, le 30 janvier 2020, l’épidémie de Covid-19 comme une urgence de santé publique de portée internationale n’y a rien fait. Il a fallu attendre le 2 mars 2020, date d’annonce officielle du premier cas de Covid-19 au Sénégal, pour que le Gouvernement daigne, finalement, mettre en branle le Centre des opérations d’urgence sanitaire (COUS) pour organiser la riposte. Cette absence d’anticipation renseigne, outre sur la légèreté du Gouvernement, mais aussi sur le peu d’opérationnalité d’un instrument aussi important que le COUS dont l’une des missions est de « définir les mesures à mettre en œuvre selon les situations d’urgence sanitaires ».
L’une des plus grandes erreurs faites par le Gouvernement est d’avoir privilégier, au départ de la pandémie, une approche sélective au détriment d’une approche communautaire inclusive. L’approche sélective a conduit, entre autres, au choix d’un dépistage ciblé (limité exclusivement aux personnes présentant les symptômes du virus, aux personnes en contact avec elles lorsqu’elles sont jugées vulnérables, c’est-à-dire âgées et/ou atteintes de maladies chroniques, etc.), à une prise en charge hospitalière, au confinement des cas contacts (dans des hôtels) et à une recherche de cas suspects. Évidemment, une telle stratégie est plutôt centrée sur le curatif (soigner les personnes malades) et non sur la prévention. Elle ne peut pas donner une idée claire sur l’ampleur de la pandémie, car ne prenant pas en compte toute la réalité, étant donné que les personnes porteuses asymptomatiques en sont exclues. Donc, cette stratégie sélective ne peut pas permettre de rompre la chaîne de transmission. Par exemple, à la date du 06 août 2020, le Sénégal n’a réalisé que 121 836 tests (102 065 par l’Institut Pasteur et 19 771 par l’IRESSEF du Pr MBoup) contre plus de 280 000 tests faits par le Rwanda au même moment. Soit plus du double du nombre de tests effectués par le Sénégal ! Au passage, il est intéressant de noter que le Rwanda n’a enregistré, à ce jour, que 5 décès dus à la Covid-19 alors que le pays compte 12 millions d’habitants. Le fait d’accorder le monopole des tests à deux laboratoires (Pasteur et IRESSEF), au lieu de permettre leur réalisation dans les structures de santé de proximité, n’est pas étranger au caractère limité du nombre de tests effectués.
Une autre erreur, et non des moindres, est celle d’avoir accordé la priorité aux mesures sociales (achat et distribution de riz, huile, sucre, etc.) au lieu d’intensifier les mesures préventives au plan sanitaire. La parade, à des fins de politique politicienne, de Macky Sall devant les sacs de riz, a contribué à conforter, faussement, auprès de larges pans de la population, la thèse selon laquelle la crise n’était pas sanitaire, mais plutôt alimentaire. De plus, cela a détourné l’attention sur l’essentiel pendant un moment : le partage des juteux marchés et la passation de commandes de gré-à-gré a davantage préoccupés plusieurs responsables au sommet de l’État. Si le Gouvernement avait fait le pari, à ce moment-là, de l’achat et de la distribution massive de moyens de prévention (masques, solutions hydro alcooliques, etc.) aux populations avec une communication adaptée, le Sénégal ne serait pas dans la passe difficile qu’il est en train de vivre.

Une gestion tâtonnante révélatrice d’un manque d’efficacité gouvernementale

La gestion de la stratégie adoptée a donné lieu à une trop grande centralisation de la part du MSAS. L’une des conséquences majeures de cette forte centralisation est la concentration des moyens au sommet au détriment des districts sanitaires, lesquels sont en contact direct avec les populations. Ce qui est une absurdité et une contradiction aux principes qui fondent la politique sanitaire du Sénégal, notamment celui de la participation communautaire dans la gestion de la santé. En effet, c’est pour faciliter la participation communautaire qu’il a été mis sur pied, par exemple, des relais communautaires chargés d’appuyer les personnels de santé. Ces relais communautaires sont chargés de mener des activités de promotion de la santé à travers des visites à domicile, la sensibilisation, la mobilisation communautaire. Cette forte centralisation n’a pas aussi permis l’implication de tous les acteurs de la santé dont beaucoup ont été victimes d’ostracisme. Il a fallu attendre la propagation exponentielle du virus pour que des corrections soient apportées avec, par exemple, une implication progressive des relais communautaires et une intégration de certains acteurs de la santé dans la stratégie de lutte contre la Covid-19.
La communication du MSAS, à travers ses conférences de presse quotidiennes où plusieurs statistiques étaient égrenées avec des termes pas toujours compris par tous, est qualifiée par certains spécialistes de « communication de la peur ». Elle a fini par semer le doute sur l’existence de la Covid-19 dans l’esprit de nombreux sénégalais en plus de faire planer un scepticisme sur la fiabilité des statistiques publiées. Ce qui a fait le lit du déni, du rejet et de la stigmatisation. Cette situation est aggravée par un manque de cohérence dans la communication gouvernementale comme, par exemple, les messages contradictoires lancés par d’autres Départements ministériels. C’est ainsi que, par exemple, le Ministère de l’Intérieur a décidé de fermer les mosquées tout en laissant ouverts les marchés. Cela a favorisé une attitude de défiance de la part des populations.
La pandémie a progressé de façon exponentielle aussitôt après l’allègement puis la levée des mesures d’accompagnement (État d’urgence, couvre-feu, restriction, voire interdiction des déplacements interurbains, prohibition de tout rassemblements, etc.). Un relâchement important des mesures barrières (port de masques, lavage des mains, etc.) s’en est suivi, surtout lorsque le Président Macky Sall s’est permis, comble d’irresponsabilité, de demander aux sénégalais « d’apprendre à vivre avec le virus ».
Une chose est sûre : cette gestion erratique est due, en grande partie, à l’incapacité du Cabinet du MSAS. En effet, pour un aussi important Département ministériel, au contenu très technique et scientifique, il est inexplicable qu’aucun de ses trois (3) premiers responsables, détenteurs d’un pouvoir de décision, ne soit spécialiste de la santé. Il s’agit du Ministre (un économiste et financier), du Secrétaire Général (un Administrateur civil) et du Directeur de Cabinet (un juriste). Cela va à l’encontre d’un management efficace de la santé publique. Voilà où peuvent conduire les nominations partisanes.Cheikh Faye, Ph.D,Professeur – UQAC

Birahim Seck, Forum civil: «Les journalistes doivent avoir accès aux conventions signées par l’Etat »

https://www.seneweb.com Le Forum civil, en partenariat avec la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) a organisé un atelier de partage et de plaidoyer de l’avant-projet de loi relatif à l’accès à l’information. Ce, pour permettre à la presse d’avoir accès aux informations et aux conventions signées par l’Etat du Sénégal.
Selon Birahim Seck, le coordonnateur du Forum civil, la meilleure manière de rendre hommage à Babacar Touré c’est de se battre pour une presse libre. C’est pourquoi on doit travailler la main dans la main pour une loi sur l’accès à l’information comme au Gabon et d’autres pays.
Aujourd’hui, poursuit-il,  les journalistes doivent avoir accès aux informations et aux conventions signées par l’Etat du Sénégal.
« La première génération a fait un travail considérable et je parle de Babacar Touré, Sidy Lamine, Mamadou Omar Ndiaye… Et si on parle de presse libre, c’est grâce à ces personnes. Nous ferons cet exercice avec toutes les organisations de la presse car les journalistes ont besoin de cette loi sur l’accès à l’information », a défendu M. Seck.

Le SEP de BBY salue les mesures du MINT, condamne l’attaque du journal « Les Échos » et appelle à la mobilisation du peuple contre la Covid-19.

https://www.dakaractu.com/ Examinant la situation nationale, marquée pour l’essentiel par la pandémie de Covid-19 qui affecte le Sénégal depuis le 02 mars 2020, le SEP/BBY a noté la propagation inquiétante de la Covid-19, avec un nombre élevé des patients et des décès. De même, il a relevé pour le déplorer le non-respect des mesures-barrières par beaucoup de nos compatriotes.
Ainsi, au regard des conséquences économiques et sociales de cette pandémie sur le pays, le SEP/BBY estime qu’il est impératif d’accroître la sensibilisation des populations notamment des jeunes afin d’engager une dynamique communautaire seule susceptible de limiter l’extension de la maladie. Dans ce sens, il invite l’ensemble des parties prenantes de la Coalition BBY à impliquer davantage toutes leurs militantes et tous leurs militants dans la campagne d’information et de sensibilisation partout à travers le territoire national.
Constatant qu’à l’heure actuelle, les essais cliniques en cours dans le monde n’ont pas encore produit un traitement efficace contre la Covid-19, le SEP/BBY rappelle le nécessaire respect des mesures préventives pour se protéger et protéger la communauté notamment les personnes âgées.
C’est pourquoi le SEP/BBY salue les mesures prises par le chef de l’état et par suite le Ministre de l’intérieur. Ces mesures pertinentes et opportunes au vue de l’évaluation de la pandémie qui a été faite jeudi 6 Aout méritent d’être comprises, acceptées et appliquées par toute la population en vue de mettre un terme à la propagation de la maladie.
Dans ce sens, appréciant à sa juste mesure le rôle inestimable de la presse dans la lutte contre la pandémie actuelle, le SEP/BBY réitère ses félicitations à l’ensemble des professionnels des médias et les exhorte à être le relais des mesures prises par les pouvoirs publiques et le personnel de santé.
Concernant le saccage des locaux du journal « Les Echos », après avoir réaffirmé l’attachement de la Coalition BBY à la liberté d’expression et aux principes qui fondent la profession de journalisme, le SEP/BBY condamne sans équivoque l’attaque ignoble subie par ce quotidien.
Sur un autre registre nous avons appris avec émotion et profonde tristesse le rappel à Dieu de personnalités marquantes de notre pays, Bennoo Bokk Yaakaar présente ses condoléances émues aux peuples sénégalais, particulièrement aux familles concernées et prie qu’Allah leur réserve une place de choix au Paradis !
Par ailleurs, analysant la situation politique dans la sous-région, le SEP/BBY a exprimé sa vive préoccupation face aux évènements en cours dans la république sœur du Mali qui, en plus de la crise sécuritaire qui l’a déjà trop endeuillé, connaît aujourd’hui un conflit politique dont les conséquences peuvent être graves pour elle et pour l’ensemble des Etats de la sous-région.
Prenant la pleine mesure de la crise sécuritaire et politique qui prévaut dans ce pays frère, le SEP/BBY invite tous les sénégalais et au-delà tous les africains épris de paix et de justice à prendre toutes les initiatives nécessaires à la résolution pacifique de cette crise.
De même, le SEP/BBY appelle l’ensemble des parties prenantes à ce conflit à privilégier le dialogue dans l’intérêt exclusif du peuple malien. Toute autre voie conduirait à l’aventure et installerait le chaos dans ce pays suffisamment meurtri par tant d’années de violence inacceptable.
C’est pourquoi, après s’être félicité des initiatives des Chefs d’Etat de la CEDEAO, le SEP/BBY en appelle à la responsabilité de la Communauté internationale et l’invite à tout mettre en œuvre pour la stabilité du Mali.
En ces moments d’épreuve, le SEP/BBY tient à réaffirmer la solidarité et le soutien du Président Macky SALL et de toute la Coalition au peuple frère du Mali.Fait à Dakar le 07 août 2020,Le SEP/BBY

Comme ADO et Condé, Macky Sall briguera un troisième mandat Par Mohamed Dia

Si on juge le président par ses promesses électorales, on peut facilement dire qu’il briguera un troisième mandat. Il a fait le contraire de tout ce qu’il avait promis, donc pourquoi croire que sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat ne changera pas ?
Si dans les années 90 le vent de la démocratie semblait souffler sur le continent africain, de nos jours, c’est le vent de la modification des constitutions qui souffle sur notre continent. Toutes ces modifications ont le même dénominateur commun, celui de modifier la constitution pour s’éterniser au pouvoir, souvent par peur de répondre aux crimes financiers.
A chaque fois qu’il y a de possibles manipulations de la constitution, cela laisse sous-entendre des faiblesses majeures et le manque de précisions sur les lois constitutionnelles. Combien de fois des présidents africains ont refusé d’organiser des élections sous différents prétextes, comme sécuritaire ou sanitaire ? Avec la pandémie du Covid 19, on n’a même entendu le président américain suggérer le report des élections de Novembre de cette année, à cause de la crise sanitaire.
Néanmoins, cette suggestion a créé un tollé dans les deux camps.
Sous l’ancienne constitution du Sénégal, il n’y avait pas de limite sur le nombre de mandat de la fonction de président. En 2001, le Sénégal a adopté une nouvelle constitution qui a introduit une limite de deux mandats consécutifs pour la présidence. Cependant, cette loi n’a pas été appliquée rétroactivement au premier mandat de Wade parce qu’il était élu avant l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution. Sachant qu’il était devenu impopulaire et que c’était peu probable qu’il puisse gagner les 50 % nécessaires pour éviter la nécessité d’un second tour, il a décidé d’introduire une réforme de la Constitution pour baisser à 25 % le nombre de voix nécessaires pour être élu au premier tour avec un vice-président.
C’est avec surprise que nous avons tous entendu l’actuel président de la Côte d’Ivoire annoncer être officiellement candidat à un troisième mandat. Cette annonce vient après la mort de son dauphin, Amadou Gon Coulibaly, ce qui lui a poussé à invoquer un « cas de force majeure ». Ancien Premier ministre et président du parti Rassemblement des Républicains, ADO était un homme très mesuré, qui, malheureusement sortira par la petite porte.

La parole donnée est sacrée

Quant au président Sall, ne disait-il pas que la taille du gouvernement était trop grande que les fonds publics étaient mal gérés ? Il disait aussi que son parti allait revitaliser le caractère républicain de l’Etat, renforcer la séparation des pouvoirs. Il avait promis de revitaliser l’agriculture et de réorienter les projets d’infrastructures hors de Dakar.
En tant que martyr, il disait être pour un système monocaméral avec une forte présidence où l’Assemblée nationale est autorisée à faire son travail. Il ajoutait en disant que la multiplicité des agences épuise les ressources de l’Etat et devaient être réduites, tout comme le nombre d’ambassades que nous avons.
En ce qui concerne les infrastructures, il disait aussi qu’il fallait plus d’investissement dans le sud et le nord-ouest et que certaines routes vitales ont été laissées dans un état de délabrement total.Ne misait-il pas sur l’agriculture afin de créer des emplois ?
Le président Macky Sall disait que « pendant plusieurs décennies, des politiques et stratégies ont été mises en œuvre au Sénégal, sans une amélioration conséquente de la situation économique et sociale des populations. (…) Préserver dans cette voie aurait accentué le malaise social et hypothèque toute perspective de décollage économique. Il poursuit en disant « j’ai décidé de rompre avec les schémas classiques, pour positionner le pays dans la voie de la modernité et impulser un nouveau modèle de développement économique ».
Le président Sall s’est dédit sur beaucoup de choses. La première promesse la plus flagrante qui a été trahie est la réduction de son mandat même si je crois fermement que le conseil constitutionnel est la seule institution compétente à se prononcer là-dessus. L’erreur commise a été de promettre une chose sans en savoir sa faisabilité. Il avait aussi promis de ne jamais mêler sa famille aux affaires de l’État surtout avec ce qui s’est passé entre Père Wade et fils, cette promesse a aussi été trahie.
Il avait promis de réduire le nombre de ministres à 25 ce qu’il a fait pendant quelques mois avant d’augmenter ce nombre et de nommer une flopée de ministres conseillers. J’étais fier du président Sall quand il disait qu’il ne protégera personne : « à tous ceux qui assument une part de responsabilité dans la gestion des deniers publics, je tiens à préciser que je ne protégerai personne. Je dis bien personne ». Il en a tellement protégé que l’exception en est devenue la règle. Une seule personne est jugée et condamnée par la CREI sur une liste de 25 personnes.
Pire, quand la justice a demandé à Ousmane Ngom de ne pas sortir du territoire, le président Sall l’amena avec lui en voyage en Guinée Conakry. Le président Sall avait promis une indépendance de la justice mais rien de concret n’a été fait dans ce sens.
Tous ces propos ont été tenus avant 2012 et il a fallu le second mandat en main pour commencer à parler de fast-track et de rationalisation des dépenses. Gouverner, c’est prévoir. Si on avait orientée les dépenses somptuaires dans les infrastructures sanitaires, on serait mieux préparé pour gérer cette pandémie. Je puis vous assurer que certains choix politiques sont la raison que des centaines de citoyens mourront de cette pandémie.
On dit souvent qu’une personne est digne de confiance que si l’acte est en conformité avec la parole donnée. A vous de juger !

L’ère d’un néo pilatisme hors contexte Par Alioune FALL, Conseiller du Président de la République

Je voudrais d’abord remercier Habib Sy de me mettre à l’aise dans cet échange d’idées qui n’a rien de personnel, en prenant l’initiative de lui conférer de la convivialité nous prédisposant ainsi à nous cantonner dans un cadre fraternel tout en assumant nos divergences sur des questions d’intérêt.
J’ai lu avec beaucoup de plaisir sa réponse à ma réponse et ses interpellations insistantes qui ne me laissent aucune possibilité de ne pas poursuivre ce débat que je considérais clos.
Au risque de nous distraire de l’essentiel qui porte sur la gouvernance de notre pays, je voudrais bien m’appesantir un peu sur le dialogue qu’il met en situation entre Alphonse de Lamartine et Birago Diop.
Dans des moments de spleen (j’emprunte le mot à Baudelaire que Habib cite bien-à-propos, quelque part) dans l’exil, nostalgique de sa terre natale, Milly dont il revoit l’environnement et le décor dans ses pensées, Lamartine apostrophe des « objets INANIMÉS » de cet environnement qui lui manquent tant, leur demandant s’ils ont « une ÂME qui s’attache à notre âme », cette question n’ayant qu’un caractère intermédiaire vers la préoccupation essentielle du poète : savoir si ces montagnes, vallons, saules, vieilles tours… ont « la force d’aimer ».
La réponse de Birago Diop présentée par Habib Sy, en est-elle vraiment une ? On peut bien en douter car quand Lamartine parle d’une âme pour les objets inanimés, Diop fait état de l’âme des morts qui viendrait habiter des objets. Le poète sénégalais ne reconnaît donc pas réellement l’existence d’une âme propre à ces objets comme l’envisage son confrère français né plus d’un siècle avant lui, mais évoque une métempsychose. Et surtout, Lamartine s’intéresse à une âme des objets pour l’amour alors que Birago Diop révèle une âme humaine réincarnée, vindicative, capable de châtier durement comme en a fait l’expérience son personnage, Sarzan, frappé de folie par les esprits pour avoir défié la tradition et les fétiches. On se retrouve ainsi dans une concurrence à soubassement culturel voire cultuel entre un animisme affectif et un animisme coercitif.
Habib, tu es revenu aussi sur l’histoire politique du Sénégal. J’en ai une autre vision que j’aurais confrontée à la tienne si le contexte le permettait. A côté des grands idéaux que tu identifies comme ayant toujours été le moteur des différentes séquences de cette histoire, j’aurais mis en exergue d’autres propulseurs que l’on ne saurait justement marginaliser car ayant déterminé le cours de l’histoire et qui remettent fortement en cause la vertu de ces âmes que tu célèbres aujourd’hui avec nostalgie. En tout état de cause, pas plus que les partis, les leaders ne sauraient être inscrits dans l’éternité comme tu l’affirmes. Dans ce monde, rien n’est éternité, tout est temporalité.
Quant à la mosaïque de partis et de mouvements politiques qui suscite ton émotion, son histoire est connue car relevant du contemporain. Son apparition n’a rien de spontanée et ses origines n’entretiennent aucun mystère. Jusqu’en 2000, année d’arrivée de votre famille politique aux affaires, on était encore dans des limites raisonnables. Vous avez profité de votre position de pouvoir pour encourager la fragmentation du paysage politique dans le but d’affaiblir vos adversaires. Vous avez aussi promu l’entreprenariat politique en fonctionnarisant le statut de chef de parti pour vos alliés, provoquant ainsi une ruée vers la création de partis politiques unipersonnels qui s’empressaient d’adhérer à la coalition qui vous soutenait à l’époque, la fameuse CAP21 dont la presse a eu à faire des révélations sur les « tontines » et autres mœurs très éloignées de la vertu et des soucis de bonne gouvernance. Enfin, lorsque vous avez perdu le pouvoir, votre parti qui avait déjà perdu son âme depuis longtemps et n’avait plus aucune attractivité propre n’a pu retenir ses cadres qui se sont massivement évadés pour aller créer chacun son propre parti ou mouvement. C’est cela la véritable histoire de l’inflation de partis et de mouvements politique dans notre pays. Votre responsabilité dans cette situation est donc grande même si tu t’attèles à vouloir t’en laver les mains.
Mais si créer un parti est chose aisée, le crédibiliser pour en faire un acteur majeur du jeu politique et des échéances électorales l’est beaucoup moins. Le peuple est attaché à la vertu et l’exige de ses dirigeants. C’est sur ce terrain que Macky Sall bat tous ses contemporains. L’adhésion populaire à son leadership n’a jamais frémi que pour aller un peu plus vers l’avant, en plus de 10 ans dont 8 à la tête de l’État. Pendant ce temps, beaucoup d’autres sont abonnés aux moins de 1% de suffrages, encore qu’ils ont besoin de s’armer de beaucoup de courage pour affronter les urnes sans s’accrocher au wagon passager d’un tuteur plus significatif qu’eux.
Quand tu parles d’incompétence, d’amateurisme, de faux documents administratifs, d’injustice, de petites coteries, de tâtonnement dans les prises de décisions, je me dis que c’est comme si tu avais consulté les archives de la presse pour compiler un ensemble de tares qui étaient régulièrement attribuées à vos différents gouvernements. Je me rappelle particulièrement le mépris et l’arrogance avec lesquels certains de vos adversaires vous caractérisaient en commentant votre action.
Habib, l’histoire n’est jamais exacte car elle n’est jamais neutre. C’est conscient de cette réalité d’ailleurs que mon patron, comme tu dis avec justesse, privilégie toujours l’information recueillie à la source plutôt que les relations susceptibles d’avoir un effet altérant. Tu peux ainsi être assuré qu’il n’a pas besoin de moi pour prendre connaissance de tes réflexions dès l’instant que tu les rends publiques.
Je peux t’assurer aussi que nous ne trouvons rien de particulier dans le fait qu’il puisse être amené à s’inspirer de réflexions émanant de toi. Tu es suffisamment qualifié pour formuler des idées profitables à ce pays que nous avons en commun et mon patron à qui incombe la lourde mission de gouverner est connu pour son humilité et son ouverture d’esprit qui le prédisposent à l’écoute et la réceptivité.
Je peux t’assurer enfin que je suis loin de voir en toi un simple producteur de bizarreries, bien au contraire. Je confirme toutefois que tes recommandations que j’ai eu à qualifier de bizarres le sont bien à mes yeux, pour des raisons que j’ai exposées en son temps. Je dirais même que c’est par respect pour l’aîné digne de respect que tu es, que j’ai choisi ce qualificatif qui me paraissait le plus neutre dans l’éventail lexical qui se présentait à moi.
Cette fois, tu concentres tes critiques sur la gestion politique de la Covid-19 en prenant comme prétexte cette phrase extraite du discours du 11 mai 2020 du Président de la République :
« Dans le cadre de cette nouvelle phase qui va durer, non pas quelques semaines, mais au moins trois à quatre mois, nous devons désormais apprendre à vivre avec le virus… ».
Tu estimes que « depuis, les barrières de protection de l’État à l’endroit des populations ont été progressivement démantelées ». Ainsi, poursuis-tu, « il s’en est suivi une propagation du coronavirus, du nombre de cas testés positifs, de l’augmentation des cas graves et du nombre de décès ». Ta sentence, tel un couperet, tombe : « Les mesures de relâchement de protection des citoyens sénégalais, en leur demandant d’apprendre à vivre en présence du virus, sont une forfaiture, et une violation de dispositions de notre Charte fondamentale ».
Tu vises, au titre de ces dispositions prétendument violées par l’État, d’abord l’article 7 de la Constitution que tu cites en ces termes :
« La personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger.
Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, à l’intégrité corporelle, notamment à la protection contre toutes mutilations physiques. »
Selon toi, « il ressort de ces dispositions, qu’en demandant aux populations d’apprendre elles-mêmes à coexister avec un virus aussi dangereux, l’État du Sénégal a failli à son obligation de respect et de protection du citoyen ».
Tu renchéris : « Notre droit à la vie, à la sécurité, au libre développement et à l’intégrité corporelle a été violé par la puissance publique ».
Tu enchaînes avec l’article 8 que tu cites ainsi :
« La République du Sénégal garantit à tous les citoyens les libertés individuelles fondamentales, les droits économiques et sociaux, ainsi que les droits collectifs. Les libertés et droits sont notamment : » (fin de citation)
Tu continues avec ton propre commentaire, comme suit : « Parmi les droits énumérés, figure « le droit à la santé ». Manifestement, la levée des mesures de protection sanitaire des populations, constitue une atteinte grave au droit à la santé du peuple sénégalais. Ainsi, de façon volontaire et consciente, l’État du Sénégal expose son peuple à un danger sanitaire. »
Tant dans la convocation de la parole présidentielle que dans la citation des dispositions constitutionnelles des articles 7 et 8, je ne saurais ne pas souligner le jeu de distraction auquel tu te livres, en amputant tout ce qui est susceptible d’anéantir la thèse bancale que tu t’évertues à asseoir.
En ce qui concerne le discours du 11 mais 2020 du Président de la République, le passage que tu cites s’enchaîne avec d’autres pour former un tout cohérent qui ne laisse aucune place à l’équivoque. Je vais donc replacer ce passage qui retient ton intérêt dans son contexte discursif et on pourra apprécier ensuite de la valeur de l’interprétation que tu en fais. Je cite :
« Aujourd’hui, après deux mois de mise à l’épreuve, nous devons sereinement adapter notre stratégie, en tenant compte, une fois de plus, de notre vécu quotidien. J’ai consulté à cet effet une équipe pluridisciplinaire d’éminents experts nationaux.
Il ressort de leurs analyses et évaluations minutieuses que dans le meilleur des cas, c’est-à-dire si nous continuons d’appliquer les mesures édictées, le COVID-19 (ndlr : l’Académie française n’avait pas encore tranché le débat sur le genre du mot) continuera encore de circuler dans le pays jusqu’au mois d’août, voire septembre.
Ces projections montrent que l’heure ne doit pas être au relâchement, mais à l’adaptation.
Plus que jamais, l’État continuera donc de veiller à l’application des mesures de contingentement de la maladie.
Mais plus que jamais, la responsabilité de chacune et de chacun de nous est engagée.
Dans cette nouvelle phase qui va durer, non pas quelques semaines, mais au moins trois à quatre mois, nous devons désormais apprendre à vivre en présence du virus, en adaptant nos comportements individuels et collectifs à l’évolution de la pandémie.
En conséquence, il nous faut adapter notre stratégie, de façon à mener nos activités essentielles et faire vivre notre économie, en veillant à la préservation de notre santé et celle de la communauté. »
Plus loin dans le même discours, le Président poursuit :
« Le Gouvernement veillera particulièrement à ce que la fréquentation des lieux de culte, des établissements scolaires et autres espaces publics, des marchés et autres commerces, y compris les restaurants, obéisse strictement aux mesures de distanciation physique et aux gestes barrière ; notamment le port obligatoire du masque et le lavage des mains.
Partout, le respect de ces conditions est essentiel pour éviter des risques de contamination. Le Gouvernement y veillera de près et prendra, le cas échéant, toutes les mesures appropriées afin de prévenir la propagation du virus.
Déjà, 10 millions de masques ont été produits localement. Ils seront distribués dans les écoles, les lieux de culte, les marchés et les transports publics ».
Dans ce discours, qu’est-ce qui pourrait être assimilable à une défaillance de l’État, à fortiori une forfaiture ? Le virus est là, bien là, partout sur la planète, sans que l’humanité n’y soit préparée. Partout, le nombre de malades et de décès évolue à un rythme exponentiel. Les plus grandes puissances de la planète totalisent leurs cas de contamination en centaines de milliers et les décès en dizaines de milliers. Partout, on a confiné, dé-confiné et on re-confine en attendant de dé-confiner à nouveau. Et nulle part dans le monde, à l’heure actuelle, on ne dispose de moyen pour éradiquer ce virus. Faudrait-il renoncer à vivre, à travailler et s’enfermer dans les maisons pour attendre l’échéance incertaine de sa disparition totale ? En vérité, Le Président Sall a énoncé une doctrine de réalisme contextuel qui a fini de s’imposer dans tous les pays de la planète, avec la bénédiction des instances internationales dont l’OMS. Partout, tout le monde parle de « apprendre à vivre AVEC le virus » et il faut souligner la subtilité sémantique dans le choix du Président Macky Sall de préférer dire « EN PRÉSENCE DU VIRUS » et non « AVEC LE VIRUS ».
Les articles de la Constitution que tu vises ne sont pas non plus épargnés par cette opération de charcutage destinée à soustraire au regard de l’opinion tout ce qui est de nature à compromettre la lecture que tu voudrais donner de ces textes. Ainsi, aucun des 2 articles auxquels tu te réfères n’a été cité dans la totalité de ses dispositions. Je me limiterai simplement à l’article 8 qui parle de droit à la santé, que je reproduis intégralement ci-dessous :
« La République du Sénégal garantit à tous les citoyens les libertés individuelles fondamentales, les droits économiques et sociaux ainsi que les droits collectifs. Ces libertés et droits sont notamment :

  • Les libertés civiles et politiques : liberté d’opinion, liberté d’expression, liberté de la presse, liberté d’association, liberté de réunion, liberté de déplacement, liberté de manifestation,
  • Les libertés culturelles,
  • Les libertés religieuses,
  • Les libertés philosophiques,
  • Les libertés syndicales,
  • La liberté d’entreprendre,
  • Le droit à l’éducation,
  • Le droit de savoir lire et écrire,
  • Le droit de propriété,
  • Le droit au travail,
  • Le droit à la santé,
  • Le droit à un environnement sain,
  • Le droit à l’information plurielle

Ces libertés et droits s’exercent dans les conditions prévues par la loi. »

On constate que cet article traite de libertés et de droits qu’il énumère de manière exhaustive mais également hiérarchisée car l’ordre d’énumération est loin d’être gratuit. Les 5 premières libertés appartiennent à la catégorie dite de première génération au critère chronologique car lorsque les peuples sont passés du statut de sujets aux droits négligeables à celui de citoyens, on a estimé que ces libertés étaient les plus fondamentales pour donner de la substance à ce nouveau statut. Cette catégorie traite de libertés essentielles. Ici, ce qu’on attend de l’État, c’est juste de lever toute interdiction susceptible d’entraver la pleine jouissance par le citoyen de ces libertés, toute action de fond de sa part étant jugée négative. Avec l’évolution, on a greffé 6 nouveaux droits appartenant à la catégorie dite de 2eme génération et qui traitent de droits sociaux. Le glissement lexical de la notion de liberté à celle de droit est très significatif. Car on est désormais dans un champ où l’implication active de l’État est nécessaire et obligatoire, notamment en termes de mise à disposition (rendre disponible des établissements scolaires, des structures de santé, créer les conditions d’accès à la propriété, au travail…). Enfin, on a 2 droits plus récents relevant de la 3ème catégorie et qui sont des droits de solidarité ou d’épanouissement. Sur la liste hiérarchisée de ces libertés et droits qui sont au nombre de 13, tu as fait abstraction des 10 premiers pour mettre en exergue le 11ème , pourquoi ? Parce que les mesures que tu critiques, après près de 2 mois de situation d’exception, consacrent le retour à l’orthodoxie démocratique par la restauration des libertés fondamentales de première génération que sont la liberté de réunion, la liberté de déplacement, la liberté de manifestation, les libertés religieuses… Au nom de ton interprétation plus que contestable du 11ème droit dans la hiérarchie, tu préconises un ensevelissement pur et simple des 10 premiers qui sont substantiels à notre modèle de démocratie libérale et à l’humanité. C’est quand même surprenant de la part d’un militant libéral.
Habib, cette pandémie est tombée sur la planète, alors que l’humanité ne savait rien d’elle ni de son agent porteur. De la Chine aux USA, de la France au Brésil, en passant par l’Algérie, le Nigéria et l’Afrique du sud, partout, on a réagi à l’instinct et l’intuition, et l’on se retrouvait souvent perdu entre tâtonnements et errements. Avec le temps, on commence à connaître le mal. Désormais, on sait au moins 3 choses.
La première est que l’on en ignore encore beaucoup plus que l’on en sait sur cette maladie. Ce qui rend plus pertinent et plus actuel que jamais le principe d’adaptation préconisé régulièrement par le Président Macky Sall.
La deuxième est que nul ne sait quand l’humanité sortira de cette épreuve. Ainsi, on comprend aisément que le mot dignité revient souvent dans le discours du Président, car il en faut pour surmonter notre peur et faire face.
La troisième est que par la seule volonté, on peut s’imposer des comportements capables de réduire sensiblement la circulation du virus et limiter son champ de contamination. Ceci nous rend chacun responsable et nous commande de faire preuve de lucidité et de rigueur dans la mise en œuvre des comportements appropriés au contexte. Ceci interpelle aussi tous ceux qui ont un statut de leader dans la société car ils ont tous le devoir et la responsabilité de concourir au respect par tous des mesures de prévention. Chaque société a ses spécificités et la nôtre se distingue entre autres par l’attachement des populations à des leaderships et autorités non étatiques de différentes natures, lesquels exercent souvent sur elles une influence dont ne saurait se prévaloir l’autorité publique. Ainsi, dans une situation où le cadre institutionnel ne permet plus à celle-ci de contraindre les populations comme l’aurait fait naturellement le chef de canton il y a juste quelques décennies, l’influence des différents leaders alternatifs, à commencer par le chef de famille, serait un relais particulièrement efficace pour inciter les populations à une attitude plus adaptée au contexte. Idrissa Seck vient d’en donner un exemple particulièrement émouvant, en renonçant à se présenter à la levée du corps de son cousin Alioune Badara Niang (que Dieu lui réserve un accueil favorable et accorde à ses proches la force de surmonter l’épreuve, amine) par respect des mesures de distanciation sociale et aussi par souci de mettre son leadership au service de la bonne cause.  Je lui présente mes condoléances attristées en y associant toute sa famille et salue son geste de grandeur et de responsabilité. Dans ce contexte précis, c’est le genre de posture qu’on attend de tout leader. Ceux qui se dérobent de leurs responsabilités et passent leur temps à accuser l’État d’avoir démissionné devant les populations, ceux-là rendraient bien jaloux Ponce Pilate. ‘’

Campagne Touba ça kanam : ça sent l’arnaque avec la pub sur les donateurs Par Mor Talla Gaye,journaliste

Ça ne vous a jamais choqué, ces images, lors des cérémonies officielles de grands événements religieux quand dans le plan large du khalife, vous apercevez la tronche recueillie d’hommes d’affaires qui se sont arrangés pour être à ses côtés, le temps des discours . Il y a également cette course effrénée vers le talibé nanti qui aura mobilisé les médias et montré qu’il a sacrifié pour l’occasion 100 boeufs, 10 chameaux, 700 moutons et une armée de poulets…Parfois cet homme d’affaires gâté par le destin n’a pas payé le salaire de ses agents, ou un de ses proches court derriére une audience pour se faire acheter une ordonnance de 10 000 FCfa. La religion, pour ces personnes qui ont du mérite ça dépend de ce l’on met dans ce mot, c’est d’exister par le m’as-tu-vu, l’ostentation débridée. Le désir de paraître comme le talibé modéle. Le fils de la maison, généreux, travailleur, l’ami majuscule du khalife qui ne manque jamais de lui faire les cadeaux, les plus sophistiqués.
C’est bien tout ça. Mais ça finit par montrer aux yeux de beaucoup de fidéles, le caractére opportuniste de la religion sous nos cieux. Et l’idée selon laquelle, le matériel a plus de prisme que le spirituel. Dieu nous en garde!
Ça nous change des péres fondateurs, enseignants chevronnés, ascétes convaincus qui avaient pour seul critére de vérité dans leur rapport avec leurs talibés la foi et la crainte révérentielle… Tout ça est derriére nous. Ou presque.
Au Sénégal, la religion est une belle vitrine pour se parer des oripeaux d’une belle âme, d’un homme vertueux pétri de valeurs morales et religieuses…la religion confére une virginité aux truands les plus roublards, aux tartuffes difficiles à apprivoiser. Alors quand une initiative comme Touba Ca Kanam sort des sentiers battus, adoptant une démarche originale, loin de tout voyeurisme totalement aux antipodes de ce que l’on voyait dans les « Khawarés batrré » où l’anonymat et le désinterêt comptaient pour beaucoup dans l’adhésion. Parce que l’idée de Touba Ca Kanam était d’avoir une cotisation permanente mensuelle de 1000 FCfa. Ni vu ni connu.
Mais là avec, cette campagne pour l’assainissement de la ville menée tambour battant par Touba Ca Kanam. L’on retourne dans le jeu favori de l’exhibitionnisme de mauvais aloi. Chacun se faisant de la publicité gratuite photo à l’appui sur Touba Ca Kanam… et comme au Grand thêàtre national, c’est le défilé des grands pontes de ce pays, mais aussi des délinquants à cols. Blanc: peoples en mal de visibilité, artistes paumés, personnages ambigüs…tous se bousculent pour avoir droit au chapitre… Faussant l’idée premiére que dans le sentier d’Allah et de Touba Ca.kanam, celui qui a versé 1000 FCfa à la sueur de son front, et le sombre homme d’affaires qui a mis sur la table une dizaine ou centaine de millions de FCfa ne seraient pas habités par la même conviction
Il y a moyen de rappeler le dernier sermon du prophéte notre modéle à tous: «Aucune personne n’est supérieure à une autre, si ce n’est en piété et en bonnes actions. Vous savez que chaque musulman est le frère de tous les autres musulmans. Vous êtes tous égaux. »
Attention Touba Ca Kanam, le fait d’afficher de façon si ostensible vos contributeurs peut ouvrir la porte à toutes les dérives. Et certains pourraient y voir une forme d’arnaque qui ne dit pas son nom sous le sceau de la ville religieuse de Touba. Surtout que l’argent n’aime pas le bruit. Dieu reconnaitra les siens…

Restez alarmistes, chers confrères…Par  Ndiaga DIOUF Journaliste

Suite à la sortie du chef de l’Etat, Macky Sall,  accusant la presse sénégalaise de couvrir de façon alarmiste l’évolution de la pandémie du coronavirus au Sénégal, le député Mamadou Diop Decroix a donné une réponse très pédagogique sur le plateau de Soir d’info de la Tfm. Pour le parlementaire, il faut juste dire ce qui se passe.
Mais s’il existe deux extrémités (être alarmiste pour faire prendre conscience aux populations de la situation de la maladie ou être très prudent jusqu’à pousser les gens à penser que ça ne passe rien du tout), il allait choisir la première option. C’est ce que fait la presse depuis toujours et sur tout. C’est l’option de parler des trains qui n’arrivent pas à l’heure pour que chaque citoyen soit conscient de la réalité de la marche du pays mais surtout de sa part de responsabilité sur le cours de ce développement. Et les dirigeants sont les premiers interpelés.
Pourtant avec cette pandémie, certains ont même pensé que la presse était complice du gouvernement dans l’exposé des faits. Alors que la presse ne fait que rapporter des informations, chercher ce qui ne va pas, alerter, relayer les quelques voix discordantes qui osent faire face au point de vue et à la stratégie officiels. Elles deviennent de plus en plus nombreuses.
On peut tout reprocher à la presse sénégalaise, tout le monde sait que des brebis galeuses sont dans la profession, certains sont soupçonnés de faire souvent le jeu du pouvoir dans l’orientation de l’information.
Mais cette presse fait son job pour l’essentiel. Un dirigeant soucieux des progrès démocratiques de son pays, des conditions de travail des journalistes, de l’industrialisation de sa presse pour plus de possibilités de création d’emplois dans le secteur allait avoir un autre comportement. Ce serait regrettable si Macky Sall ne fasse pas mieux que ses prédécesseurs en faveur de la presse. Surtout avec tous ces journalistes avec qui il a cheminé toutes ces années de pouvoir. Ce sera aussi leur échec, ces confrères qui ont eu l’occasion de graver leur nom sur les livres d’histoire de la presse sénégalaise comme l’a fait un certain Babacar Touré.
Pour le moment le système Macky Sall préfère la déstructuration de la presse pour en tirer profit. Heureusement que toute la presse de ce pays ne s’est pas agenouillée  devant le chef de l’Etat et ses hommes. Alors chers confrères rester alarmistes. Parce que pour le moment c’est ce qui nous reste pour protéger la population comme le prouve la dernière sortie du ministre de l’Intérieur qui met à nu le jeu de yo-yo du pouvoir face à la pandémie.

Mankeur Ndiaye, Représentant spécial du Sg de l’ONU pour la République centrafricaine: «Comment sortir la république centrafricaine de l’engrenage »

La MINUSCA et la communauté internationale, dans sa diversité, partagent la conviction que la quête d’une solution politique durable au conflit en République centrafricaine (RCA) passe par l’appropriation nationale de l’Accord du 6 février 2019. Au-delà des convictions partagées, se trouvent une volonté commune et une détermination à travailler avec le Gouvernement, les communautés, toutes les parties prenantes et les partenaires internationaux pour faire jaillir de cet Accord des dividendes de la paix. Tels sont les enseignements majeurs à tirer de l’entretien, via email, réalisé avec le Représentant spécial du Secrétaire général pour la RCA. Mankeur Ndiaye, ancien chef de la diplomatie sénégalaise, rêve aujourd’hui de voir clore à jamais les portes de ce conflit ouvert depuis des décennies en République centrafricaine.
SeptAfrique : Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine (RCA) et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), en quoi consiste votre rôle dans la mise en œuvre des missions de l’ONU dans cette zone ?
Mankeur NDIAYE : J’ai été nommé par le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), le 06 février 2019. Ma mission a une double dimension : représenter le Secrétaire général dans le pays, coordonner et conduire toutes les activités du système des Nations Unies en RCA et diriger la MINUSCA, en m’assurant de la mise en œuvre du mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies à travers la résolution 2499. La MINUSCA est l’une des plus grandes opérations de paix des Nations Unies dans le monde avec plus de 11 mille militaires, quelque deux mille policiers et 1 400 civils. C’est avec ce personnel et avec mes proches collaborateurs que sont les deux Représentantes spéciales adjointes, le Général et Commandant de la Force et un Général, Chef de la composante Police que nous nous efforçons d’exécuter les tâches de ce mandat dont la principale priorité est la protection des populations civiles. Parmi les autres tâches, il y a la mise en place de conditions de sûreté favorables à l’acheminement de l’aide humanitaire, l’appui à l’extension de l’autorité de l’Etat, la Réforme du secteur de la sécurité, le Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR), la protection des droits de l’homme et l’appui à la justice et la lutte contre l’impunité. Justement, l’une des tâches prioritaires de ce nouveau mandat contenu dans la résolution 2499 reste l’assistance du Gouvernement et des parties prenantes pour la tenue d’élections présidentielle et législatives en fin 2020 et début 2021. Je travaille étroitement avec les autorités centrafricaines et d’autres acteurs nationaux mais aussi avec les partenaires internationaux tels que l’Union africaine, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), l’Union européenne et les Etats membres, sur différentes questions comme la mise en œuvre de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA). J’aimerai d’ailleurs saisir l’opportunité que m’offre votre tribune pour relever les soutiens coordonnés de la Communauté internationale sans lequel nous n’aurions certainement pas réaliser des progrès dans bien des domaines relatifs à la restauration de l’autorité de l’Etat, au redéploiement des forces de défense et de sécurité à travers le pays, le fonctionnement de l’administration judicaire et le relèvement graduel du pays.
Qu’est-ce qui fait la spécificité de la République centrafricaine ?
Je me pencherai surtout sur celles qui ont un impact sur la mise en œuvre de notre mandat. L’une des premières spécificités est la taille du pays – 622 mille 980 km2 –, avec très peu de routes en bon état et des ponts détruits ; ce qui a un impact à la fois sur notre mobilité et nos opérations militaires. Nous sommes ainsi obligés de réajuster notre concept d’opération afin de nous doter de moyens aériens et de technologies pour assurer la mobilité de notre Force en tout temps et maintenir une posture robuste en tout lieu. Cependant, nos casques bleus portent le lourd fardeau de notre mandat de protection des populations civiles, parfois au péril de leur vie, en réhabilitant certains axes mais aussi en multipliant les patrouilles ou en établissant des postes militaires avancés dans des zones sensibles et à haut risque.
L’autre constat est l’absence de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Ce n’est que récemment, avec l’appui de la MINUSCA, que l’Etat a commencé à déployer ses différents représentants ; c’est-à-dire les préfets, les sous-préfets, les policiers, les gendarmes, les militaires, les juges et autres fonctionnaires. Ainsi, le mois passé, grâce à la Force de la MINUSCA et aux efforts de dialogue politique, les Forces Armées Centrafricaines ont pu se déployer à Birao (Nord-Est) et à Ndélé, des points névralgiques du territoire. Cette absence de l’Etat explique en partie la présence des groupes armés dans certaines régions. Autre caractéristique importante : le nombre actuel de réfugiés centrafricains (647 mille), surtout dans les pays voisins, et de personnes déplacées internes (702 mille), soit presque 25% de la population totale du pays (4 millions 666 mille). C’est un drame auquel, la MINUSCA, dont j’ai la charge et d’autres partenaires, comme les agences du système des Nations Unies, HCR et IOM ainsi que quelques ONGs internationales et l’Etat centrafricain essaient d’apporter une réponse pour faciliter leur retour à leurs domiciles ou au pays mais aussi pour créer des conditions sécuritaires et solutions durables.
A votre avis, est-ce que l’instabilité souvent notée dans cette partie de l’Afrique est exclusivement liée à une course vers l’exploitation des ressources du sous-sol ?
Les causes profondes de l’instabilité dans la région sont multiples. La réalité, c’est que les groupes armés sont présents dans des régions riches où ils exploitent les ressources du sous-sol centrafricain, privant l’Etat des moyens et des recettes qui lui permettraient de développer le pays, construire des écoles et des hôpitaux, etc. Cependant, il y a d’autres causes à la crise comme, par exemple, «les inégalités qui affectent les communautés et les régions qui ont été lésées par le passé», dont il est fait mention dans les textes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Un diagnostic de l’Etat nous édifie sur les facteurs structurels de fragilisation des institutions, de l’Etat de droit et de la démocratisation du système politique. Je me réjouis que l’Accord Il est, cependant, regrettable que certains groupes armés et pas des moindres n’aient pu respecter leurs déclarations en faveur de l’effectivité du cessez-le-feu consacré par l’Accord de paix du 6 février 2019. Toutefois, des développements positifs peuvent être constatés dans le contexte du Covid-19, notamment le commencement du programme de Désarmement et de Démobilisation d’au moins 220 combattants du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique.» du 6 février 2019 dresse de réelles perspectives de dépassement de la crise et offre des opportunités de transformation du conflit. Je ne peux manquer d’évoquer, à ce titre, les réformes profondes amorcées à travers l’adoption de la loi portant organisation et fonctionnement des collectivités territoriales qui dessine les contours d’une nouvelle politique de décentralisation au profit de l’égalité des territoires et d’une gouvernance locale participative. On pourrait en dire autant sur la loi relative à la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation, tant attendue par des milliers de victimes qui aspirent à un processus de justice transitionnelle comme élément consubstantiel à la paix et à la réconciliation nationale. Je suis de ceux qui croient que cet Accord peut mener les fils et filles de la République centrafricaine vers des solutions politiques durables. Il suffit qu’ils s’en approprient tous et veillent à sa mise en œuvre effective par tous les signataires sous l’œil vigilant et le soutien concerté de la communauté internationale pour en tirer des dividendes. C’est à ce titre seulement que les programmes de relèvement et de développement locaux préconisés par l’Accord se matérialiseront dans l’intérêt de tous en donnant corps au nexus paix et développement sur toute l’étendue du territoire national et de façon équitable, avec l’appui technique et financier des partenaires. Toutefois, il est utile de rappeler que l’histoire politique depuis les années 60 a été très mouvementée, avec une instabilité chronique. Mais, je pense qu’avec l’APPR-RCA, les conditions sont réunies pour sortir le pays de cet engrenage dommageable pour le développement du pays.
Au-delà des ressources minières, pouvez-vous nous dire s’il y a d’autres richesses qui font objet de convoitise dans la zone ?
Au-delà des ressources minières, ce pays contraste avec des régions quasi désertiques. Il offre des forêts et autres cours d’eaux à exploiter. Il reste aussi un grand pays d’élevage et de transhumance. Et cela est également l’une des principales sources de la crise centrafricaine, vu que de nombreux groupes tentent de tirer profit de cette activité en taxant et parfois en tuant les éleveurs. Le berger, qui parcourait jadis les circuits de transhumance avec un bâton et/ou coupecoupe, fait aujourd’hui recours à une protection rapprochée et très souvent bien armée. La MINUSCA, à travers ses bureaux de terrain, notamment dans l’ouest de la RCA et la section des Affaires civiles, travaille avec les acteurs locaux pour que la transhumance ne soit plus une source de conflit, mais plutôt un trait d’union entre diverses communautés
Nos confrères du journal Le monde évoquaient il y a deux ans un risque de génocide en Centrafrique
Les Nations Unies avaient fait le constat d’une situation extrêmement grave dans le pays, bien avant. En 2013, le Conseil de sécurité des Nations Unies, dans sa Résolution 2121, se disait «particulièrement préoccupé par les informations faisant état de violences ciblant les représentants de groupes ethniques et religieux et d’une aggravation des tensions intercommunautaires». La situation a évolué depuis lors, avec une baisse des violations des droits de l’homme. Mais, ensemble, avec l’Etat et les communautés, nous devons poursuivre nos efforts pour enrayer toute éventualité de crimes graves de droit des gens dans le futur, en RCA. Je sais aussi que nous n’y parviendrons qu’en traitant, par la justice, le passif de violations de droits de l’Homme de manière séquencée et compatible aux objectifs essentiels de stabilisation de la RCA.
A l’instar du monde entier, la Centrafrique fait face à la pandémie du Covid-19. Quel est l’impact de cette maladie sur l’action de la MINUSCA ?
La maladie à coronavirus a un impact direct sur la mise en œuvre de notre mandat ; et comme toutes les opérations de paix des Nations Unies en Afrique et en coordination avec le siège, la MINUSCA a dû s’adapter à ce contexte sanitaire inédit sans pour autant compromettre l’exécution de son mandat. Ceci d’autant que 2020 est une année charnière pour la Centrafrique avec la tenue des élections présidentielles et législatives en 2020. Tout en suivant les mesures préventives édictées par les autorités centrafricaines pour freiner la propagation du virus dans le pays – où le cap des 3.613 cas et 47 décès est franchi depuis le 30 juin -, la MINUSCA a pris des dispositions à différents niveaux dont le plus important est sans doute la suspension momentanée de la rotation des contingents militaires et des unités de police constituées pour endiguer les risques de propagation du coronavirus. C’est une mesure importante vu les défis sécuritaires permanents dans le pays, comme en témoignent les violences récentes à Birao, Ndélé, Bouar et Pougol ainsi que les opérations en cours pour mettre un terme aux agissements de certains groupes armés signataires de l’Accord de paix. Le télétravail est devenu la norme et les missions entre Bangui et les bureaux de terrain dans les préfectures réduites au strict minimum. Evidemment, nous appuyons les autorités centrafricaines dans le combat contre le Covid-19, en coordination avec la famille des Nations Unis en Centrafrique. Quelque deux millions de dollars de nos fonds programmatiques et des projets à impact rapide sont désormais utilisés dans des actions diverses pour renforcer la réponse sanitaire du Gouvernement avec la construction de centres d’isolement, la campagne d’information et de sensibilisation et l’appui aux populations, avec l’acquisition de kits de lavage de mains. C’est aussi une manière de protéger les populations civiles. Je ne saurais passer sous silence l’appel que j’ai lancé le 25 mars pour relayer l’invite du Secrétaire général de mettre «fin à la maladie de la guerre et combattre la maladie qui ravage le monde ». J’avais particulièrement exhorté les groupes armés à un dépassement des divergences, doublé d’un sursaut patriotique pour mutualiser leurs efforts dans la cohésion afin d’éviter une propagation ravageuse du seul «ennemi commun» de toute la population, le coronavirus. Je me réjouis du fait que deux groupes armés et non des moindres aient répondu favorablement à mon appel ; et je continue à m’engager pour que ce soit le cas par tous les 14 groupes armés signataires de l’APPR-RCA. Il est, cependant, regrettable que certains groupes armés et pas des moindres n’aient pu respecter leurs déclarations en faveur de l’effectivité du cessez-le-feu consacré par l’Accord de paix du 6 février 2019. Toutefois, des développements positifs peuvent être constatés dans le contexte du Covid-19, notamment le commencement du programme de Désarmement et de Démobilisation d’au moins 220 combattants du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC). Nous gardons donc bon espoir que l’effectivité du cessez-le-feu sera bientôt une réalité dans chaque portion du territoire centrafricain.
Quels impacts cette situation d’instabilité ont-ils sur nos compatriotes sénégalais établis en Centrafricaine ?
La situation sécuritaire s’est certes améliorée avec l’Accord de paix ; mais des violations continuent, affectant particulièrement les civils. Le dernier exemple a eu lieu à Ndélé avec 25 personnes tuées et une cinquantaine de blessés, après une attaque d’hommes armés. Les casques bleus sont parvenus à les chasser de la ville tout en protégeant les populations. Je voudrais rappeler que 1/5 de la population centrafricaine vit dans la capitale Bangui. Et une des fortes concentrations de la population étrangère dans la capitale se retrouve au PK5, un quartier qui a connu de façon récurrente des problèmes de sécurité. Depuis plusieurs générations, quelques populations ouest africaines y vivent dont des Sénégalais. Mais, depuis les combats de décembre dernier, l’intervention de la Force de la MINUSCA a permis le rétablissement de la sécurité et la protection des civiles au PK5 pour l’ensemble des populations y vivant. Nous continuons à travailler avec les autorités centrales et leurs démembrements dans les préfectures, avec les groupes armés et tous les partenaires internationaux pour une issue définitive à la crise. La MINUSCA et la communauté internationale, dans sa diversité, partagent la conviction que la quête d’une solution politique durable au conflit en RCA passe par l’appropriation nationale de l’Accord du 6 février 2019. Au-delà des convictions partagées se trouvent une volonté commune et une détermination à travailler avec le Gouvernement, les communautés, toutes les parties prenantes et les partenaires internationaux pour faire jaillir de cet Accord des dividendes de la paix et en faire le dernier qui clora à jamais les portes de ce conflit ouvert depuis des décennies.Source : SeptAfrique Mag – 31 I N° 07 – 12 au 26 Août 2020


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