Revue de presse du Dimanche 06 Septembre 2020

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39 nouveaux cas testés positifs au coronavirus, 71 nouveaux guéris, aucun nouveau décès et 33 cas graves en réanimation.

https://www.dakaractu.com Sur 1166 tests réalisés, 39 sont revenus positifs au coronavirus soit un taux de positivité de 3,34%. Il s’agit de 15 cas contacts suivis et 24 cas issus de la transmission communautaire répartis comme suit : Guédiawaye (2), Liberté 6 (2), Ouakam (2), Dakar Plateau (2), Pikine (2), Thiès (2), Yoff (2), Diakhao (1), Gilbraltar (1), Hlm Grand Yoff (1), Keur Massar (1), Maristes (1), Médina (1), Mbour (1), Parcelles Assainies (1), Rufisque (1) et Yeumbeul (1).
71 patients ont été testés négatifs et déclarés guéris.
33 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation.
Aucun nouveau décès lié à la Covid-19, n’a été enregistré.
A ce jour, le Sénégal compte 13987 cas positifs dont 9922 guéris, 290 décès et 3774 encore sous traitement.

Fortes pluies du week-end : Macky déclenche le plan Orsec

https://www.dakarmatin.com Les fortes pluies de ce week-end, ont plongé les populations de plusieurs localités du pays, notamment Dakar et Thiès, sous les eaux. Exprimant, dans un tweet, sa « solidarité » aux populations sinistrées, le président de la République Macky Sall a « demandé au ministre de l’intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, de déclencher le plan Orsec (Plan national d’organisation des secours)  » pour venir en aide aux populations submergées par les eaux.
Ce, en attendant le rapport détaillé du plan décennal de lutte contre les inondations (2012-2020) qu’il a lui-même demandé mercredi dernier en conseil des ministres. Un programme de résilience qui a couté 750 milliards dont les résultats peinent à se faire ressentir sur le terrain.

Pluies diluviennes/Inondations dans les zones du pays : Le Sénégal sous les eaux…

https://www.dakaractu.com Le Sénégal sous les eaux ! C’est l’expression qui revient vue la situation actuelle des inondations notées un peu partout dans le pays. Les pluies qui sont tombées ce samedi ont montré la fragilité du réseau d’assainissement du Sénégal. Que ça soit à Dakar, Thiès, Rufisque, Kaolack, Saint-Louis, Louga, Diourbel entre autres, toutes les localités du pays sont sous les eaux. Les mairies, les structures sanitaires, les routes, les marchés, les maisons ont tous été engloutis par les pluies. Sur les réseaux sociaux, les populations s’indignent et appellent le président de la république à situer les responsabilités et à sanctionner…

Une Partie De La VDN3 Menacé D’effondrement !

https://www.xibaaru.sn L’alerte est lancée ! Une partie du virage du pont de Cambérène, sur la VDN3 près du mausolée de Seydina Issa Laye, menace de s’affaisser à cause des fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale Sénégalaise et sa banlieue, rapporte Rewmi. Une situation dangereuse qui expose les nombreux automobilistes qui passent par là.
En effet, sur le bas-côté, le ruissellement des eaux usées ajouté à celui des eaux de pluie, a provoqué un affaissement sur le bas-côté. Une situation susceptible d’engendrer un drame évitable. À signaler qu’aucune signalisation n’a été repérée dans la zone, encore moins de garde-fous.

Inondations : Kaolack sous les eaux.

https://www.dakaractu.com Les inondations continuent de hanter les braves populations de la ville de Mbossé. Ce samedi, à cause des fortes pluies, plusieurs quartiers sont encore sous les eaux, précisément Khakhoun, Médina Mbaba, Fass Cheikh Tidiane etc.
Interrogés, les habitants appellent à l’aide et déplorent le fait que certaines personnes tentent de minimiser l’impact. « Se moquer des Kaolackois, c’est de dire que les problèmes liés à l’inondation sont de mauvais souvenirs. Mais aussi c’est de faire croire à l’opinion que 48 heures après chaque forte pluie, l’eau disparaît… »,  a fustigé un habitant de Médina Mbaba, du nom de Abdoulaye Diagne.
Rencontrée non loin du pont de Médina Mbaba, Astou Cissé témoigne. « Nous avons quitté notre maison à cause des inondations. Actuellement, ma famille est hébergée par un ami de mon père. Il est temps qu’une solution soit trouvée pour faire face à ce fléau… »

Inondation : Tivaouane sous les eaux

https://www.dakarmatin.com Les inondations font encore parler d’elles à travers le pays. La cité religieuse de Tivaouane n’est pas épargnée par la furie des eaux et leurs conséquences sur le quotidien des citoyens.
La dernière pluie enregistrée dans la localité a rendu plusieurs axes routiers impraticables. « Les maisons sont englouties sous eaux pluviales et eaux usées. La route qui mène vers les mosquées et mausolées est coupée en deux », constate sur place un témoin qui s’est confié à Seneweb.
Au quartier Djeddah en face du l’ex siège de la Sde délocalisé depuis à cause des inondations, la situation est déplorable. Ce qui suscite des interrogations sur le programme d’assainissement de l’Etat lancé en août 2018, lequel ne couvre que 10 quartiers sur les 72 et prend en charge seulement les eaux usées et non les eaux pluviales. Regardez !

Ça chauffe à Cambérène : Les jeunes affrontent les forces de l’ordre.

https://www.dakaractu.com Au moment où ces lignes sont écrites, les jeunes de Cambérène affrontent les forces de l’ordre. Ils s’insurgent contre le mauvais système de canalisation qui a entraîné la fréquence des inondations dans la zone et le manque de considération des autorités à leur égard. Pour rappel, à Cambérène, un homme a perdu la vie suite à l’affaissement du mur de clôture de sa maison à cause des fortes pluies qui s’étaient abattues la semaine passée sur Dakar..

Serigne Mbaye Thiam : « C’est une pluie qui aurait dû tomber toute une saison des pluies, qui est tombée en un jour »

iGFM – (Dakar) Les populations sénégalaises ont vécu une journée difficile ce samedi avec de fortes pluies qui ont perturbé la circulation et inondé de nombreuses demeures. Ministre de l’hydraulique et de l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam s’est expliqué sur ces précipitations et leurs dégâts.
«Il pleut depuis ce matin sur toute l’étendue du territoire national. Au-delà du territoire national d’ailleurs, il pleut dans la zone sahélienne dans beaucoup de pays d’Afrique de l’ouest. Et ces pluies sont conformes aux prévisions qui nous ont été données il y a deux jours par Agrimet qui indiquait que dans la période du 2 au 9 septembre, on allait avoir des pluies fortes à exceptionnelle dans la zone sahélienne. Et cela se confirme. Et effectivement, ce sont des pluies exceptionnelles.
A Thiès, par exemple, au 31 aout 2019, on avait 120 mm de pluie comme cumul du mois de juin. Rien que la journée d’aujourd’hui, de 6 heures du matin à 18heurs, il a plu 124 mm. Donc c’est, l’équivalent, pratiquement dans beaucoup de localités, de la pluie qui aurait dû tomber pendant toute la saison des pluies, c’est à dire du mois de juillet au mois de septembre,  qui est tombée en un jour sur le territoire national

« La situation est suivie heure par heure par le gouvernement et le chef de l’Etat lui-même »

Donc c’est une situation exceptionnelle  : 162 mm à Joal, 177mm à Sébikhotane, 120 mm à Mékhé, 119mm à Ranérou etc. Il a plu partout sur le territoire national.  En ces moments-là, toutes nos pensées vont à ces populations qui ont des difficultés pour se déplacer, qui ont de l’eau dans leur domicile y compris dans les chambres ou dans leur salon. Nous pensons à eux.  Je voudrais leur dire que l’Etat et l’administration ne sont pas restés les bras croisés.
Tous les services de l’Etat sont à pied d’œuvre. Y compris la nuit, les gens ont continué à pomper les eaux. Mais tout le monde comprendra que si on pompe alors que la pluie ne s’arrête pas, c’est la même quantité d’eau qui se reconstitue. Donc la situation est suivie heure par heure par le gouvernement, le chef de l’Etat lui-même. Des mesures sont en train d’être prises pour soulager les populations.»

Plan de lutte contre les inondations,le budget de 750 milliards : Le ministre de l’Assainissement s’explique

iGFM – (Dakar) Depuis le début de l’hivernage, beaucoup s’interrogent sur l’utilisation des ressources affectées au plan de lutte contre les inondations qui ne semble pas avoir résolu les problèmes des populations. Ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam s’est expliqué sur la question, joint par nos confrères de la Rts.
«Partout où il a eu des ouvrages du plan national décennal de lutte contre les inondations, nous n’avons pas eu les mêmes difficultés qui ont été observées.
Je voudrais seulement rappeler qu’il y a des localités, ici à Dakar, qui connaissaient des situations difficiles, qui aujourd’hui ont pu résister à la pluie. On n’y a pas eu ces inondations, parce que tout simplement, ces ouvrages du plan décennal de lutte contre les inondations ont correctement fonctionné.
Mais tout le monde comprendra que ces ouvrages sont faits pour des pluies décennales. Et les pluies que nous observons aujourd’hui, dépassent par endroit, la trentennale. Ce sont des pluies qu’on n’observe que tous les 30 ans.»

Inondations-Barth pilonne le Plan décennal : « 750 milliards engloutis dans le vol…  »

https://www.seneweb.com/ Après la pluie, c’est le sale temps pour Macky Sall et son gouvernement. Les sénégalais en ont gros sur le cœur après les inondations de ce week-end et le déclenchement, par le président de la République, du plan Orsec n’y change rien. Face au sinistre que vivent les populations de plusieurs villes du Sénégal, Barthélémy Dias tire sur le plan décennal dans un post sur sa page Facebook.
« Vous pensez franchement que c’est sérieux. Aucune miséricorde pour votre peuple.

Honte à vous ! », martèle le maire de Mermoz Sacré-cœur. 

« 750 milliards engloutis dans le vol, le mensonge et la mal gouvernance. Ce régime ne mérite que notre mépris… Que Dieu veille sur le Sénégal ! AMEN… A demain inshaAllah pour un Sénégal de solidarité, de dignité, de prospérité. Il est temps de dégager ! », peste-t-il.

Gestion des inondations-Moustapha Diakhaté :  » 1000 milliards en fumée,on ne garde pas un tocard perdant… »

https://www.leral.net Moustapha Diakhaté n’a pas été tendre avec le régime s’en prend au Plan d’organisation des secours en cas de catastrophes (Plan ORSEC) et au Programme décennal de gestion des inondations (Pdgi). Selon l’ancien député de la majorité, ces programmes vont permettre à des personnes “sans foi ni loi de s’enrichir sur le dos du contribuable sénégalais“. Il a fait cette déclaration sur sa page facebook.
« Les braconniers de la détresse des Sénégalais vont encore capturer les deniers publics pour rien comme d’habitude.
Il urge de sortir de plusieurs décennies d’erreurs et des sentiers battus ! Les faramineuses dépenses de plus de 1 000 milliards de Francs Cfa pour des résultats aussi médiocres plaident en faveur d’un changement de structures, d’hommes, de politiques et de méthodes ».

Gestion des inondations

« Depuis le début du 21e siècle, le Sénégal a consenti d’énormes sacrifices budgétaires dans sa croisade contre les inondations. Malheureusement, force est de constater que les résultats sont en deçà des dépenses affectées à la recherche de solutions idoines. Ce paradoxe justifie la pertinence de l’audit des infrastructures d’assainissement.
Il relève de l’évidence que c’est toute la politique de lutte contre les inondations entreprise par les gouvernements sénégalais depuis l’indépendance, qu’il faut diagnostiquer sans complaisance et réformer en profondeur. Les deniers publics consacrés à la lutte contre les inondations n’ont, manifestement, pas été judicieusement utilisés. », a-t-il dit.

Génie militaire

C’est pourquoi, en attendant, l’audit et ses résultats, il urge désormais de confier les opérations de cette année au génie militaire et d’écarter tous ceux qui ont été associés, dans le passé, à la gestion des inondations : administration centrale, opérateurs économiques et tous les inondationphages pompeusement désignés sous le respectable vocable d’expert.
La misère, la détresse des populations ne doivent être une aubaine, une occasion pour des personnes sans foi ni loi de s’enrichir sur le dos du contribuable sénégalais.
Au Sénégal comme ailleurs, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. C’est un cheval qui gagne qu’on garde, mais pas un tocard perdant.Solidarité et compassion avec les victimes des inondations.

DE L’HYPOCRISIE SOUS LES EAUX PAR MOMAR DIENG

https://www.seneplus.com -Impact.sn-Lorsqu’il est rapporté que le président de la République se serait indigné et ému des dégâts causés par les pluies qui s’abattent sur le pays, on a l’impression d’être nargué
Plus de vingt ans de présence active et stratégique dans l’espace politique sénégalais. Président de la République depuis avril 2012. Premier ministre, il l’a été. Président de l’Assemblée nationale également. Ministre de l’Intérieur, ministre des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique, il l’a été. De même que Directeur général de Petrosen. Par deux fois au moins, il a fait le tour du Sénégal et semble en connaître les coins et recoins insoupçonnés. Même s’il a été fortement « encadré » et « conseillé » avant et après son arrivée au pouvoir, il disposait déjà d’une solide expérience politique qui, cumulée à des circonstances exceptionnelles, lui a permis de damer le pion à des vieux de la vieille classe politique incapables de saisir la chance de leur vie à un moment crucial de leur carrière politique.
En regard de tous ces éléments factuels et de bien d’autres encore, lorsqu’il est donc rapporté que le président de la République se serait indigné et ému des dégâts causés par les pluies qui s’abattent sur le pays, on a l’impression d’être nargué. On peut avoir le vilain sentiment d’être le jouet d’une partie de forfanteries qui se jouerait au coin d’une plage confisquée de Mermoz contre les populations prisonnières des inondations depuis Mathusalem.
S’indigner aujourd’hui et maintenant des dégâts des inondations sur de pauvres gens tout en étant convaincu de sa propre impuissance ne peut être que cynisme pur et simple. S’indigner du sort de ses compatriotes – au bon milieu de l’hivernage – en sachant parfaitement que l’on a échoué à empêcher le pire contre eux est un signe de mépris net. S’indigner après avoir déroulé – en l’entretenant – une chape de corruption historiquement jamais égalée au Sénégal à tous les niveaux de l’appareil d’Etat est une forme refoulée de revanche sur un destin implacable. On ne se refait pas. Enfin, pas toujours.
Nos politiciens professionnels, des plus aguerris et retors aux plus jeunes cupides et pressés, ont appris à tout contourner dans ce pays  : les lois, les institutions, les organes de contrôle, la vigilance citoyenne, jusqu’aux choix des électeurs. Alors, les inondations qui assaillent ceux qui les ont «élus» ne peuvent être plus que des dégâts collatéraux. Nous en sommes là et nulle part !

Gouvernance en Afrique : Pourquoi la plupart des pays n’ont pas pu franchir le cap comme l’a fait le Cap- Vert ? Par Mohamed H’Midouche

https://www.financialafrik.com Mohamed H’Midouche est Vice-Président de l’Académie Diplomatique Africaine et Membre du Conseil d’Administration de l’Institut Africain de la Gouvernance. Ancien vice-président de la Banque Africaine de Développement, son représentant résident au Sénégal, le financier marocain évoque dans le dernier numéro août-septembre de Maroc Diplomatique, ce qui est convenu, à quelques exceptions près, d’appeler l’exception du Cap-Vert. En consul honoraire de l’archipel aux 10 merveilles au royaume du Maroc, Mohamed H’Midouche décortique la recette miracle de ce pays à revenus intermédiaires, qui ne dispose ni du pétrole ni du diamant ni des minerais de fer.
L’actualité politique de notre continent, marquée ces derniers jours par son lot de bruits de bottes et de nouvelles inquiétantes en raison de la situation socio-politique qui prévaut en Libye, au Mali, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée, en RDC et en Ouganda, occulte les effets dévastateurs de la pandémie du Covid-19 qui ont terrassé les économies de la majorité des pays africains. Décidément, comme ledit l’adage populaire, un malheur ne vient jamais seul et toutes les couches de la population se retrouvent fragilisées avec un risque majeur de catastrophes sanitaire et économique qui vont aggraver la vulnérabilité des couches les plus démunies, notamment les jeunes et les femmes.
Si le dérèglement que nous constatons au niveau de tous les secteurs économiques est attribuée au Covid-19, l’instabilité politique et les crises qui s’en suivent, observés sur notre continent, sont le fait de facteurs endogènes propres à nos Etats en raison de la mauvaise gouvernance, du népotisme, de la gabegie, de la corruption et du désordre résultant d’une mauvaise administration des ressources nationales ou celles provenant de l’aide extérieure et de l’exclusion de la gestion des affaires de l’Etat des partis politiques d’opposition et des représentants de la société civile, ce qui constitue un facteur permanent d’instabilité.

Performance mitigée par 60 ans d’indépendance

En ce mois d’août 2020, de nombreux pays subsahariens ont célébré leurs fêtes de l’indépendance dans un climat marqué par les restrictions sanitaires, sans fastes et souvent sans défilés militaires. Ces indépendances ont été arrachées du joug colonial il y a six décennies. Le bilan que l’on peut dresser de ces années d’indépendance est mi-figue mi-raisin. Certes, de nombreux progrès ont été enregistrés sur le plan social, notamment au niveau de l’éducation des jeunes et des femmes avec la réalisation de nombreux projets d’infrastructures au prix d’un endettement excessif. Toutefois, de nombreux défis restent à relever notamment au niveau du secteur de l’énergie (60% des africains n’ont pas encore accès à l’électricité), de la santé (les hôpitaux sont sous équipés, la classe dirigeante et les nantis continuent de se faire soigner à l’étranger au prix d’une ardoise très salée. L’émergence d’une classe moyenne a été saluée mais elle se retrouve gravement fragilisée par l’impact négatif du Covid-19.

LE BILAN QUE L’ON PEUT DRESSER DE CES ANNÉES D’INDÉPENDANCE EST MI-FIGUE MI-RAISIN Mohamed H’Midouche

La détérioration de la situation économique de nombreux pays s’est brusquement aggravée par les crises politiques qui ont surgi récemment ici et là, fragilisant les fondements de base de l’économie et les quelques acquis sociaux enregistrés. Tout le monde s’accorde à dire que cette instabilité est due à la mauvaise gouvernance et aux ingérences étrangères dans les affaires intérieures des pays africains, qu’elles soient le fait des anciennes puissances coloniales ou des nouveaux acteurs sur la scène régionale ou internationale qui ont leur propre agenda sans oublier les entreprises multinationales qui continuent à exploiter les ressources pétrolières ou minières de notre continent dans des conditions pas toujours transparentes et qui pratiquent l’évasion fiscale à grande échelle, laissant aux pays africains de maigres ressources pour financer leur propre développement les obligeant sans cesse à s’endetter.
Cette situation peu reluisante nous interpelle tous et à tous les niveaux et nous nous devons, en tant qu’africains, d’effectuer un sursaut qualitatif pour changer cette image négative qui continue à nous coller à la peau dans tous les médias internationaux qui traitent de l’Afrique et qui n’hésitent pas à perpétuer cette image dégradante et affligeante de notre continent, objet de toutes les convoitises en raison du grand potentiel de son marché avec une population estimée à plus de 1,2 milliard et de son sous-sol riche en matières premières. Heureusement que ce tableau peu reluisant ne concerne pas tous les pays africains et qu’il existe de petits pays comme le Cap Vert dont on ne parle pas souvent et qui est cité comme une vraie «SUCCESS STORY» en matière de bonne gouvernance en Afrique. Comment explique-t-on l’exception capverdienne ?
Rappelons tout d’abord que le Cap Vert est un Etat insulaire, un archipel de dix îles volcaniques situées en plein Océan Atlantique, au large des côtes du Sénégal et dont la capitale, Praia, se trouve à 644 kms de Dakar. Le Cap-Vert est le seul pays d’Afrique de l’Ouest totalement insulaire. Ses populations ont réussi un exploit extraordinaire, celui d’atteindre le niveau d’émergence faisant de leur pays un véritable cas d’école qui s’est distingué par la pertinence de sa vision et par la capacité d’anticipation de sa population qui entend compter sur elle-même

Impact du COVID19 sur l’économie cap verdienne

La solide performance économique enregistrée par le Cap-Vert ces dernières années a été brusquement interrompue par la pandémie du COVID-19 en raison des mesures d’urgence strictes adoptées pour contenir l’effet négatif du Coronavirus sur l’économie du pays et dont les projections de croissance ont été radicalement révisées à la baisse, passant de 5% à -4% en 2020. Pa railleurs, la dépendance du pays à l’égard des secteurs économiques bleus, notamment la pêche et le tourisme (qui représentent 20% du PIB), le rend particulièrement vulnérable aux chocs extérieurs et exacerbe l’impact de la pandémie.
Les autres facteurs du ralentissement économique ont trait à la réduction des IDE, à la forte baisse des envois de fonds de la diaspora et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et leur impact sur les importations. Quelles leçons peut-on retenir de l’expérience du Cap Vert ? Les grandes leçons que l’on peut tirer de l’expérience du Cap-Vert sont très simples : pour réussir, il est indispensable d’adopter des politiques saines et de disposer d’institutions robustes et d’un bon système de gouvernance. Parmi les leçons à retenir de l’expérience cap-verdienne en matière de bonne gouvernance, on peut citer entre autres les principaux facteurs suivants :

· Stabilité politique et bonne gouvernance  :

Dès son indépendance en 1975, le Cap-Vert a réussi à consolider sa stabilité et sa bonne gouvernance, éléments clés de sa crédibilité internationale, pour gagner la confiance des citoyens, des membres de sa diaspora, des investisseurs internationaux et de la communauté des bailleurs de fonds.

· Stabilité macroéconomique et crédibilité :

Le pays a opté pour des institutions pragmatiques et transparentes et pour des processus efficaces de gestion des finances publiques en donnant les moyens aux institutions clés d’exercer leurs activités sans subir de pressions politiques.

. Investissement dans les citoyens et dans le développement du capital humain :

le pays veille constamment à n’exclure personne et à ce que tous les segments de la population partagent les fruits de la croissance; en élargissant la portée du système de protection sociale à des pensions du régime public et à une assurance contre les accidents et les blessures corporelles pour tous.

· Sentiment d’appropriation nationale et partage d’une vision commune  :

la population est mobilisée autour de la mission de reconstruction nationale en s’interrogeant sur la façon dont elle pourrait contribuer à l’édification de l’économie nationale au lieu de se demander ce que l’État pourrait faire pour elle.
Depuis le premier gouvernement formé en 1975, l’État s’emploie à mettre en œuvre une vision partagée et une approche inclusive, en concertation étroite avec la société civile.

Excellent score dans les indices internationaux de la Bonne Gouvernance

Selon l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG), en 2018, le Cap Vert a obtenu le score de 71,1 sur 100, le classant 3ème sur 54 pays africains. Il a également été très efficace dans la lutte contre la corruption. Dans l’Indice de perception de la corruption de ‘’Transparency International’’ en 2019, le Cap Vert se classe 41e sur 180 pays, soit le troisième pays africain le moins corrompu. Grâce à ces performances remarquables en matière de gouvernance, l’archipel est aujourd’hui considéré comme le pays qui dispose de l’un des systèmes démocratiques les plus stables d’Afrique, respectueux des droits de l’homme et de la liberté de la presse.
L’expérience du Cap-Vert montre que le développement généralisé est possible même lorsque le pays n’est pas doté de ressources naturelles et qu’il subit les surcoûts de l’insularité et d’un climat hostile l’exposant à une vulnérabilité extrême. Puisse notre continent retrouver le chemin de la stabilité politique et de la croissance économique inclusive au moyen de bons systèmes de gouvernance et d’institutions publiques fortes et stables, seuls gage d’une Afrique paisible et prospère.

Les relations Suisse-Afrique vues par le ministre suisse des Affaires étrangères Par Ignazio Cassis.

https://www.financialafrik.com Conseiller fédéral, Chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Ignazio Cassis livre dans cette contribution parue dans le mensuel Scheiwer Monat sa vision des relations Suisse Afrique. “Le partenariat n’est pas une voie à sens unique”, déclare le ministre qui rappelle qu’en Afrique, la Suisse mise sur une économie forte et une jeunesse dynamique.

La coopération au développement moderne n’obéit plus à la logique du donateur unilatéral, mais privilégie une approche fondée sur un esprit de partenariat …

L’aide au développement traditionnelle est critiquée : d’aucuns prétendent que les fonds versés n’arrivent pas où ils devraient, voire qu’ils produisent des effets délétères en favorisant notamment la corruption et la dépendance unilatérale. Ces critiques réduisent toutefois l’impact et la durabilité de la coopération au développement moderne à une fausse question : l’aide au développement traditionnelle est-elle une malédiction ou une bénédiction pour le pays partenaire?
Au lieu de se perdre dans des discussions stériles à ce sujet, il serait plus judicieux de se demander quel type de coopération au développement est à même de répondre aux défis globaux actuels. La coopération au développement moderne n’obéit plus à la logique du donateur unilatéral, mais privilégie une approche fondée sur un esprit de partenariat.
Les pays africains qui connaissent un essor fulgurant illustrent bien la manière dont la coopération au développement doit être conçue dans le contexte actuel, c’est-à-dire comme une interaction entre partenaires égaux. D’autant plus qu’il n’existe pas une Afrique mais plusieurs, et qu’il n’existe par conséquent pas de modèle unique de coopération au développement. En Afrique, les problèmes auxquels se trouvent confrontés les différents États varient tout autant que les conditions régissant la coopération. L’Afrique n’est pas une entité homogène, mais un continent composé de 54 pays aux différences parfois très marquées, même à l’intérieur de leurs propres frontières. Nous avons donc tout intérêt à adopter une approche plus différenciée, aussi bien vis-à-vis de l’Afrique elle-même qu’en ce qui concerne la coopération au développement.

Stabilité régionale grâce à la médiation locale

Le voyage en Afrique que j’ai effectué en 2019 en ma qualité de chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) m’a conduit en Afrique du Sud, au Mozambique, au Zimbabwe et en Zambie, où j’ai pu me rendre compte par moi-même de l’action menée par la Suisse sur le terrain. J’ai été impressionné de voir à quel point notre coopération au développement était diversifiée et flexible.
J’ai aussi pu constater que les pays africains n’ont pas tous les mêmes besoins et que la Suisse jouit d’une grande crédibilité dans toute la région, non pas pour son rôle de donateur, mais pour celui de médiateur, d’acteur humanitaire et de partenaire économique. Prenons l’exemple du Mozambique, où la crédibilité élevée dont bénéficie la Suisse et la position neutre qu’elle a adoptée aussi bien dans le contexte historique que dans l’actualité géopolitique ont permis à notre pays de jouer le rôle de médiateur dans le conflit politique interne qui s’y déroulait. Un conflit qui a duré plusieurs décennies, coûtant la vie à des millions de personnes, et qui a pris fin avec la signature, il y a un an, de l’accord de paix entre le président de la République et le chef de l’opposition. Pays sans passé colonial, la Suisse est perçue comme un État impartial, capable d’assumer un rôle de médiateur dans la résolution de conflits. Sa position neutre lui permet de promouvoir le dialogue entre les différentes parties et de contribuer ainsi à l’instauration d’une paix durable. Ramener la sécurité et la paix dans un pays contribue de manière significative à la stabilité régionale.

De l’aide humanitaire au développement à long terme

À l’instar de la médiation, l’assistance rapide, professionnelle et sans formalités excessives que la Suisse apporte dans les situations d’urgence compte parmi ses atouts les plus reconnus. Après les deux cyclones dévastateurs qui ont frappé le Mozambique au printemps 2019, les experts du Corps suisse d’aide humanitaire ont immédiatement acheminé du matériel de secours pour construire des abris d’urgence et assurer l’approvisionnement en eau potable des zones sinistrées. Lors de catastrophes naturelles, cette aide efficace et non bureaucratique se révèle particulièrement précieuse pour la population locale. Par ailleurs, deux jeunes architectes suisses de l’EPFL, Emilie Schmid et Mikhail Broger, adoptant une approche novatrice en matière d’aménagement du territoire, ont utilisé la technologie de pointe des drones pour transformer un camp de réfugiés en petite ville. Grâce au numérique et à l’innovation suisse, il a ainsi été possible de convertir des abris de fortune en un nouvel espace de vie pour des milliers de personnes.
Au cours de mes voyages, j’ai pu constater par moi-même à quel point l’utilisation coordonnée de différents instruments de la politique étrangère suisse s’avérait innovante et efficace. J’ai aussi compris qu’il était indispensable de prendre en compte l’économie et de la considérer comme une composante essentielle de toute politique de développement durable. Les acteurs économiques peuvent en effet faire quelque chose que ni les pays ni les organismes d’aide ne parviennent à réaliser, à savoir créer des emplois : plus de 90% des postes sont générés par le secteur privé. Ces places de travail offrent des perspectives d’avenir aux jeunes, et la population locale, qui croît rapidement, est ainsi associée à une croissance économique durable dans les pays d’origine. Le potentiel économique existe dans la plupart des pays africains, reste à savoir comment mieux l’exploiter au niveau local.

La création de places de travail ouvre des perspectives à long terme

Tant les pays africains que la Suisse ont un intérêt à voir les entreprises suisses investir davantage afin de combler les lacunes dans certaines chaînes de création de valeur, d’ouvrir de nouveaux marchés et de créer des emplois sur place. De nombreuses entreprises suisses le font d’ailleurs aujourd’hui déjà avec succès : tandis qu’une bonne centaine d’entreprises suisses sont présentes en Afrique du Sud, d’autres investissent dans le développement économique local au Nigeria, en Côte d’Ivoire et au Kenya. La Suisse soutient de plus en plus les partenariats public-privé, que ce soit dans le secteur de l’eau, de la santé ou de l’agriculture par exemple.
Au Kenya, elle a collaboré avec un partenaire privé pour promouvoir un modèle d’approvisionnement en eau bon marché et de qualité adapté pour les villages. Au Mozambique, la coopération avec une entreprise locale a permis de créer un système de marché concurrentiel pour le secteur agricole, grâce auquel les petits paysans peuvent investir dans de meilleures semences. En Somalie, où près de 80% des soins médicaux sont délivrés de façon informelle, la Suisse travaille avec des représentants du secteur privé pour développer des modèles permettant aux prestataires de soins privés de proposer davantage de services de qualité à un prix abordable. Enfin, le Kenya, qui accueille près d’un demi-million de réfugiés, est confronté à un défi de taille.
Pour limiter la dépendance des réfugiés vis-à-vis de l’aide et tirer profit de leur potentiel pour le développement économique de la région, la Suisse teste actuellement un partenariat avec la Société financière internationale du Groupe de la Banque mondiale. L’objectif est de susciter l’intérêt du secteur privé pour la région accueillant le camp de réfugiés de Kakuma et de soutenir les entreprises locales afin de créer des emplois générant des revenus et d’améliorer l’offre locale en services et en produits.

Une politique étrangère dans l’intérêt de la politique intérieure suisse

Je suis convaincu que de tels investissements seront payants pour tous les acteurs impliqués. C’est pourquoi l’Afrique représente une priorité géographique qui occupe une large place dans la Vision de la politique étrangère de la Suisse à l’horizon 2028 (AVIS28) et dans la stratégie de politique extérieure du Conseil fédéral qui en découle (SPE 2020-2023). Le développement en Afrique prendra de plus en plus d’importance dans le cadre de la nouvelle stratégie de coopération internationale 2021-2024.
En tant que pays fortement globalisé, la Suisse a tout intérêt à ce que règnent la sécurité sociopolitique et à la stabilité économique hors de ses frontières également. La guerre, la famine et les catastrophes naturelles entraînent des flux migratoires vers l’Europe, tandis que la corruption et l’instabilité économique fragilisent les relations commerciales. La Suisse devrait donc ne pas considérer l’Afrique uniquement comme un partenaire de la coopération au développement, mais reconnaître le potentiel de ce jeune continent en matière d’innovation et d’économie, et à se positionner comme un partenaire scientifique et économique novateur. Grâce au pragmatisme, à la qualité et à l’efficacité de son travail de coopération mené depuis de longues années avec les autorités, les institutions et les entreprises locales, la Suisse jouit d’une bonne réputation en Afrique. Son expertise est appréciée et permet de créer une base de confiance solide pour développer une coopération fructueuse. En Afrique, la confiance dont bénéficie la Suisse constitue son principal atout.

La coopération au développement revient à travailler main dans la main

L’évolution économique et démographique des pays africains et la longue tradition humanitaire de la Suisse confèrent à la coopération suisse au développement et à l’Afrique la légitimité nécessaire pour maintenir ces liens étroits à l’avenir aussi, dans l’intérêt de toutes les parties. En outre, il est temps de ne plus considérer la coopération au développement comme un soutien unilatéral, mais comme une approche fondée sur un esprit de partenariat.
La coopération au développement requiert une compréhension mutuelle et un intérêt partagé pour créer les conditions nécessaires au développement durable du potentiel local, ainsi que la volonté de travailler ensemble pour réaliser cet objectif. Aussi sommes-nous tous appelés à approfondir et à élargir notre vision de l’Afrique pour éviter les approches unidimensionnelles. Le continent africain possède un grand potentiel économique, une jeunesse dynamique et des classes moyennes en plein essor dans les villes, qui sont fondamentalement ouvertes à nos valeurs libérales. En tant que pays doté d’une économie forte et d’une grande capacité d’innovation, la Suisse devrait aider le continent à poursuivre sur cette voie, afin de lui permettre de mettre en œuvre ses propres solutions locales. Une approche qui sert également les intérêts de la Suisse

Suisse-Afrique : des relations inscrites dans la durée à fort potentiel

Dans le cadre de sa stratégie de politique extérieure 2020-2023, la Suisse élabore sa première stratégie concernant l’Afrique subsaharienne. C’est dans cette optique qu’elle a organisé un colloque international à Berne. Invités à participer, des représentants diplomatiques de plus de 30 pays africains ont souligné l’importance de la coopération au développement, menée depuis de longues années, ainsi que l’énorme potentiel que recèlent les relations avec les pays africains. En savoir plus sur la stratégie de la Suisse pour l’Afrique subsaharienne

Le Kenya, future porte d’entrée des déchets plastiques américains vers l’Afrique

 (Agence Ecofin) – Réunis au sein de l’American Chemistry Council (ACC), plusieurs producteurs de pétrole et de dérivés pétrochimiques font, depuis de nombreux mois, du lobbying pour pouvoir exporter massivement des déchets plastiques vers le Kenya, afin d’y installer une filière de recyclage. Or, Nairobi s’est doté, depuis 2017 d’une politique de limitation des importations et de l’utilisation des plastiques. L’accord commercial qui le lie aux USA expire en 2025, mais le président Uhuru Kenyatta s’est déjà dit impatient de conclure le deal. Les organisations de défense de l’environnement craignent que le Kenya ne devienne une porte d’entrée sur le continent pour les déchets plastiques américains.

Contexte

Depuis les cinq dernières années et avec la baisse drastique des prix du pétrole, l’industrie pétrolière a accru ses investissements dans la pétrochimie afin d’amortir ses pertes. On estime à environ 200 milliards de dollars l’investissement dans ce segment, ces dernières années. Ainsi, une bonne partie de l’offre pétrolière est massivement engloutie dans la production de plastiques. En 2019, le pays de l’Oncle Sam a exporté plus de 500 millions de tonnes de déchets plastiques dans le monde à des fins de « recyclage ».
Il faut rappeler que l’exportation de déchets plastiques est un moyen pratique pour les Etats-Unis et d’autres pays industrialisés de considérer les déchets plastiques comme « recyclés » et d’éviter les coûts et les impacts environnementaux de leur traitement. A cet effet, Ahmad Masrizal Muhammad, ministre malaisien de l’Energie, a affirmé  :  « les déchets sont commercialisés sous le prétexte du recyclage ».

Il faut rappeler que l’exportation de déchets plastiques est un moyen pratique pour les Etats-Unis et d’autres pays industrialisés de considérer les déchets plastiques comme «recyclés» et d’éviter les coûts et les impacts environnementaux de leur traitement.

Pour les USA, le succès de ce segment aura néanmoins été de courte durée, car dès 2018, la Chine qui en importait 90% lui a fermé ses frontières, conformément à sa nouvelle politique environnementale. L’empire du Milieu veut ainsi développer sa propre capacité de recyclage domestique. En réponse à cette mesure, de nombreux recycleurs ont déplacé leurs opérations de la Chine vers d’autres pays d’Asie, ce qui a d’ailleurs entraîné l’apparition de plus de 200 sites illégaux en Asie, notamment en Malaisie. Aussi, les exportations américaines de déchets plastiques vers l’Afrique ont-elles plus que quadruplé en 2019, par rapport à l’exercice précédent. On estime leur valeur à plus de 2 milliards de dollars.
Aux Etats-Unis même où on consomme jusqu’à 16 fois plus de plastiques que la moyenne des pays pauvres, la consommation de plastiques à usage unique déclenche de plus en plus de réactions de rejet qui rendent plus difficile leur commercialisation.
Actuellement, étant donné que plusieurs pays ont restreint leurs importations de déchets plastiques, les Etats-Unis ne savent plus que faire des leurs. D’où l’urgence de trouver un nouveau repreneur.

Actuellement, étant donné que plusieurs pays ont restreint leurs importations de déchets plastiques, les Etats-Unis ne savent plus que faire des leurs.D’où l’urgence de trouver un nouveau repreneur.

L’ACC qui est composé d’industriels comme Shell, Chevron, Exxon Mobil, DuPont et Dow est soutenu par l’administration Trump, qui a toujours été du côté des industriels du pétrole et de la pétrochimie, ces dernières années, quelles que soient les circonstances. Dans ses lettres aux autorités concernant l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et le Kenya, l’ACC a demandé aux responsables américains « d’interdire l’imposition de limites nationales sur la production ou la consommation de produits chimiques et de plastiques et de lever les restrictions sur le commerce transfrontalier des matériaux et des matières premières ». Et d’ajouter que les Etats-Unis et le Kenya « devraient permettre le commerce des déchets à des fins de gestion saine et de recyclage, conformément aux engagements internationaux pertinents ».

Intérêt pour le Kenya 

Si les négociations de l’accord commercial entre les Etats-Unis et le Kenya se poursuivent, c’est la posture très tôt adoptée par le président Kenyatta qui choque les organisations de défense de l’environnement. Le dirigeant a fait part de son intention d’accueillir les déchets plastiques américains et s’est dit « impatient » à ce sujet. Or, depuis 2017, le Kenya a mis en place un arsenal législatif en vue de protéger l’environnement vis-à-vis de l’utilisation des plastiques.
Certains analystes estiment que ce rétropédalage de Nairobi a pour but de relancer l’économie, qui a été lourdement affectée par la pandémie du coronavirus, notamment dans le secteur touristique. « Faire miroiter une grande filière du recyclage peut être alléchant », juge France Info.
Mais les conséquences pourraient être désastreuses. Malgré la législation en vigueur, le Kenya peine déjà à contrôler ses propres déchets plastiques. Des ONG ont remarqué qu’une grande partie des déchets, qui contiennent souvent les plastiques les plus difficiles à recycler, finissent dans les rivières et les océans. Plusieurs cours d’eau dans les grandes villes, à l’instar du Athi River qui traverse la capitale, sont saturés de déchets plastiques.

« L’Afrique ressemblerait à un nouveau dépotoir pour les déchets plastiques américains. Nous n’allons pas permettre cela.»

Derrière le tollé, la société civile s’organise pour empêcher le projet et les acteurs haussent le ton. « Ils veulent que le Kenya revienne sur sa législation sur les plastiques, y compris l’interdiction des sacs plastiques ? C’est un NON », a tweeté James Wakibia, un activiste qui a milité pour l’interdiction des sacs plastiques dans le pays. « L’Afrique ressemblerait à un nouveau dépotoir pour les déchets plastiques américains. Nous n’allons pas permettre cela », a, de son côté indiqué Griffins Ochieng qui dirige le Centre pour la justice environnementale et le développement au Kenya.
Pour l’instant, les autorités kényanes restent muettes.

Plaque tournante 

En avril dernier, Ed Brzytwa, directeur du commerce international pour l’ACC, a déclaré dans une lettre au bureau du représentant américain au commerce  :  « Nous pensons que le Kenya pourrait servir à l’avenir de plaque tournante pour l’approvisionnement en produits chimiques et plastiques fabriqués aux Etats-Unis sur d’autres marchés africains grâce à cet accord commercial ».

« Nous pensons que le Kenya pourrait servir à l’avenir de plaque tournante pour l’approvisionnement en produits chimiques et plastiques fabriqués aux Etats-Unis sur d’autres marchés africains grâce à cet accord commercial ».

On voit clairement transparaitre la volonté des Etats-Unis de faire du Kenya une porte d’entrée pour ses déchets plastiques vers d’autres pays africains. Dans un contexte où les défis liés à l’urbanisation dans les villes africaines sont énormes, cela deviendra même un problème de développement majeur.
Par ailleurs, l’Afrique ne dispose pas de moyens techniques appropriés pour recycler les déchets plastiques américains. C’est ce que fait savoir Dr Innocent Nnorom, professeur associé en chimie environnementale à l’université de l’Etat d’Abia au Nigeria.
« La plupart des pays d’Afrique ne disposent pas de l’infrastructure de recyclage nécessaire pour gérer l’augmentation des déchets plastiques […] Une fois en Afrique, les nouvelles routes de libre-échange pourraient être utilisées pour faciliter les mouvements transfrontaliers vers d’autres pays africains. L’Union africaine et ses Etats membres devraient être à l’affût », a-t-il averti.

Par ailleurs, l’Afrique ne dispose pas de moyens techniques appropriés pour recycler les déchets plastiques américains.

Il faut rappeler que la demande de produits pétrochimiques devrait exploser dans les prochaines décennies, les entreprises devant se tourner vers les pays à faible et moyen revenu pour développer leur marché. Le plastique est déjà le principal produit d’exportation des Etats-Unis vers le Kenya, avec des ventes totalisant 58 millions de dollars en 2019.
Le danger qui plane désormais sur le Kenya pèse également sur le reste du continent. En ouvrant la porte aux déchets américains, l’effet domino qui s’en suivra pourrait plonger la région dans une crise environnementale qui s’ajoutera à celle des dérèglements climatiques, importée elle aussi…Olivier de Souza

Mali : démarrage des concertations nationales sous fond de divergences

https://www.financialafrik.com Les concertations nationales organisées par la junte militaire ont commencé samedi 5 septembre à Bamako et dans les capitales régionales. Partis politiques, syndicats, acteurs de la société civile et groupes armés signataires de l’accord de paix de 2015 sont invités à ce cadre élargi qui doit tout d’abord s’entendre sur l’objet.
“L’évènement qui nous réunit ce matin va nous permettre de décider de l’avenir du Mali”, a déclaré Djiré Mariam Diallo, maire de la commune III du district de Bamako. En réalité, les forces vives maliennes doivent définir l’architecture de la transition à venir. La junte entend dégager un consensus, une tâche compliquée tant les divergences sont nombreuses.
Au début des travaux, les membres de la coalition M5-RFP fidèle à l’imam Mahmoud Dicko avaient boudé avant de revenir à de meilleurs sentiments. Les travaux ont commencé immédiatement après la cérémonie d’ouverture. Mais sans le président du Comité pour le salut du peuple, le colonel Assimi Goïta, grand absent de la matinée. Une absence que les représentants du CNSP ont refusé de commenter.
Le début de la concertation a d’ailleurs été perturbé par les jeunes du M5-RFP, qui se sont plaints de ne pas être représentés dans toutes les commissions et ont ainsi commencé à élever la voix dans la salle. Une «tentative de sabotage», selon les militaires qui les ont autorisés à assister à toutes les discussions. Chacun a ensuite pu rejoindre son groupe de travail. Plus de 500 participants ont répondu à l’invitation de la junte militaire : représentants des partis politiques de tous bords, syndicats, organisations de la société civile et groupes armés du Nord, signataires de l’accord de paix de 2015, à l’exception des ex-rebelles de la CMA qui, tout en réaffirmant leur engagement à «collaborer avec le CNSP», dénoncent un « dilettantisme peu rassurant» dans l’organisation de cette concertation.
La junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali plaide pour une transition longue, de deux à trois ans, avant de rendre le pouvoir aux civils. Une offre rejetée par la CEDEAO exigeant avant tout le principe d’une transition d’un an maximum, dirigée par des civils. Sans quoi elle ne lèvera pas ses sanctions financières et économiques.
Prenant la parole, le Colonel Malick Diaw, vice-président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), a décliné les objectifs de la concertation : «depuis le 18 aout 2020, nous sommes entrés dans une nouvelle ère de l’existence de notre pays. Nous avons décidé de tenir cet atelier de validation des termes de référence de la concertation nationale et régionale sur l’existence de notre pays. Comme vous le savez, le temps presse, il faut aller vite et très vite, mais surement. C’est pourquoi, le comité national pour le salut du peuple a décidé d’organiser cet atelier national de validation des termes de référence sur les concertations nationales», a-t- il affirmé.
Une chose est sûre, les partis politiques maliens ne sont pas tous d’accord : la coalition M5-RFP, qui a mené pendant des mois la contestation populaire avant le coup d’État militaire, souhaite une transition d’un an et demi à deux ans, avec un président civil et un militaire au poste de premier ministre.  Daouda Bakary KONÉ

Mauritanie : l’étau se resserre autour des personnalités du régime de l’ex-président Aziz

https://www.financialafrik.com En Mauritanie, la brigade de répression des crimes économiques et financiers poursuit l’audition des personnalités du régime de l’ex-président Mohamed Abdel Aziz, au pouvoir entre 2009 et 2019. Nombre de ces personnalités – déjà placées sous contrôle judiciaire – ont été auditionnées entre le jeudi 3 et le samedi 5 septembre.
Ce 5 septembre, la brigade a entendu, à nouveau, Isselkou Ould Ahmed Izibih l’un des rares anciens ministres restés fidèles à l’ancien président. Il serait reproché à cette haute personnalité, qui a démissionné de son dernier poste d’ambassadeur à Rome, en juillet dernier, pour “laver son honneur “souillé par la calomnie, d’avoir participé – au temps où il était ministre des Affaires étrangères – à la vente d’une ile mauritanienne à l’ancien émir du Qatar.
L’intéressé parle de fabulation et dément la vente de toute ile tout en demandant à ses interlocuteurs de fournir un début de preuves. Sur cette question de l’Ile Almoravide vendue aux Emirats Arabes Unis, l’ancien président avait lui aussi parlé d’une histoire montée de toutes pièces. Autre personnalité entendue le 4 septembre pour la énième fois, l’ancien Premier ministre Yahya Ould Hademine et l’ancienne ministre Amal Mint Maouloud, ancienne ministre de l’Equipement et des Transports et actuelle DG de la compagnie publique Mauritania Airlines.
Hademine et Amal sont connus pour avoir apposé leur signature à l’attribution de la concession de financement, de construction et d’exploitation de l’extension du port de Nouakchott pour 390 millions de dollars à Arise. Les conditions de l’attribution sont aujourd’hui dénoncées par la Commission d’enquête parlementaire (CEP) sur la gouvernance d’Aziz, laquelle commission recommande soit l’annulation de la concession soit une renégociation.
Le 4 septembre, la brigade de répression des crimes économiques et financiers a interrogé aussi l’ancien DG de la Société mauritanienne d’électricité , Mohamed Salem Ahmed alias Merkhi, pour la septième fois. Merkhi est cité dans le rapport de la Commission parlementaire sur la gouvernance d’Aziz comme partie prenante dans la signature d’une foule de contrats dans l’attribution est entourée de mystère. La belle famille de l’ex-clan présidentiel n’est pas en reste.Y compris Didi Ould M’Sabou, auditionné le 4 septembre. Le père de Mohamed Ould M’Sabou, qui lui-même, gendre d’Aziz, a été interpellé et interrogé par la brigade de répression des crimes économiques, a été longuement entendu par les limiers. Plus longuement que l’audition de son fils Mohamed Ould M’Sabou qui s’est déroulée le 3 septembre.
Indexé comme le représentant d’entreprises gagnantes de juteux contrats de gré à gré sous le règne d’Aziz, Mohamed Ould M’Sabou avait été déjà gardé à vue 36 heures durant à la brigade de répression des crimes économiques et financiers. “Ma belle famille en question était nantie avant mon accession au pouvoir,” disait en substance Aziz lors d’une conférence à son domicile à Nouakchott récemment. Mais apparemment le plaidoyer de l’ancien président en faveur des Ould M’Sabou n’a pas servi à grand-chose.  Samba Camara

Disparitions forcées, violences sexuelles, tortures : Plus de 2.780 migrants dont des enfants vivent l’horreur en Libye

https://www.pressafrik.com  «Tortures, disparitions forcées, violences sexuelles ». Dans un rapport remis au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’Onu a une nouvelle fois dénoncé les conditions de détention des migrants en Libye.
«Rien ne peut justifier les conditions horribles dans lesquelles les réfugiés et migrants sont détenus en Libye », a-t-il dit tout en réclamant une nouvelle fois la fermeture des centres de détention libyens.
Selon son rapport «au 31 juillet, plus de 2 780 personnes, dont 22% d’enfants, étaient prisonnières »  dans les centres fermés de migrants à travers la Libye. «Les enfants ne devraient jamais être détenus, notamment lorsqu’ils sont sans accompagnateur ou séparés de leurs parents », affirme Antonio Guterres. Il exhorte également Tripoli de remettre les enfants à des services spécialisés jusqu’à ce qu’une solution à long terme soit trouvée.

« Conditions horribles de détention »

Le document dénonce des «conditions horribles » de détention, avec des «informations faisant état de tortures, de disparitions forcées et de violences sexuelles et sexistes commises par les fonctionnaires gérant les centres, ainsi que d’un manque de nourriture et de soins de santé ».
«Les hommes sont régulièrement menacés quand ils appellent leurs familles afin de les pousser à payer des rançons. Des migrants et des réfugiés sont la cible de tirs lorsqu’ils cherchent à s’échapper, ce qui entraîne des morts et des blessés. Et quand ils sont estimés trop faibles pour survivre, ils sont souvent abandonnés dans un hôpital proche ou laissés à la rue pour y mourir », indique encore le rapport.
Dans les centres de détention où des stocks d’armes et de munitions sont conservés, les réfugiés et migrants, lorsqu’ils ne sont pas recrutés de force, sont souvent astreints à réparer ou recharger des armes appartenant à des groupes armés, signale aussi le chef de l’Onu.
Plus d’un an après la frappe aérienne du 2 juillet 2019 qui a tué plus de 50 réfugiés et migrants et fait des dizaines de blessés dans le centre de détention de Tajoura, près de Tripoli, aucune personne n’a encore été obligée de rendre des comptes, déplore-t-il par ailleurs.Salif SAKHANOKHO

TEXTE COLLECTIF

LA RÉPONSE DE L’AFRIQUE À LA PANDÉMIE APPELLE LA RECONQUÊTE DE SA SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE ET MONÉTAIRE

Lettre ouverte signée par 500 personnalités de par le monde et disponible en 47 langues, africaines y compris, appelant à une rupture structurelle dans les stratégies de développement économique en Afrique
Si l’Afrique a été épargnée, sur le volet sanitaire, des pires effets de la pandémie Covid-19, l’arrêt économique qui s’en est suivi a mis en évidence ses carences économiques et ses vulnérabilités structurelles. Etant un continent riche en ressources, l’Afrique a la capacité d’offrir une qualité de vie décente à tous ses habitants. L’Afrique est capable d’offrir des services publics universels tels que les soins de santé et l’éducation, de garantir un emploi aux personnes qui veulent travailler et de mettre en place des filets sociaux assurant des revenus décents aux personnes qui ne peuvent pas travailler. Toutefois, des décennies de dislocation socio-économique coloniale et postcoloniale, exacerbées par des politiques de libéralisation économique, ont plongé les pays africains dans un cercle vicieux entretenu par plusieurs problèmes structurels, parmi lesquels  :
– l‘absence de souveraineté alimentaire
– l’absence de souveraineté énergétique
– des industries manufacturières et extractives à faible valeur ajoutée.
Cette «trinité impie» produit une pression à la baisse très pénible sur les taux de change des pays africains, ce qui augmente la facture des importations de produits de première nécessité tels que les aliments, les produits énergétiques et les produits médicaux vitaux. Afin de protéger les populations de ce type d’inflation importée, les gouvernements africains contractent des emprunts en devises étrangères afin de maintenir leurs monnaies artificiellement «fortes» par rapport au dollar américain et à l’euro. Cette solution de fortune artificielle les contraint à un pilotage à sens unique de l‘activité économique, exclusivement axée sur l’obtention de recettes en dollar/euro pour assurer le service de la dette extérieure. Au bout du compte, les économies africaines se retrouvent piégées dans un modèle d’austérité qu’imposent souvent la mise en œuvre des conditionnalités du Fonds monétaire international (FMI) et la pression constante d’autres créanciers tout aussi soucieux de protéger leurs intérêts politiques et économiques ; ce qui empiète encore plus sur la souveraineté économique, monétaire et politique des pays africains.

Les conditionnalités du FMI et des créanciers internationaux se concentrent généralement sur cinq stratégies économiques problématiques et infructueuses :

– une croissance tirée par les exportations
– la libéralisation des investissements directs étrangers (Ide)
– une promotion excessive du tourisme
– la privatisation des entreprises publiques
– la libéralisation des marchés financiers
Chacune de ces stratégies est un piège déguisé en solution économique. La stratégie de croissance tirée par les exportations augmente les importations d’énergie, de biens d’équipement et de composants industriels à forte valeur ajoutée, ainsi que l’accaparement de terres et de ressources, mais elle ne génère tout au mieux que des exportations de produits à faible valeur ajoutée. Et, bien sûr, tous les pays en développement ne peuvent suivre simultanément un tel modèle. Si certains pays souhaitent obtenir des excédents commerciaux, il doit y en avoir d’autres prêts à enregistrer des déficits commerciaux.
La stratégie de croissance tirée par les Ide augmente les importations d’énergie et contraint les pays africains à une compétition destructrice afin d’attirer les investisseurs par le biais d’allégements fiscaux, de subventions et d’un affaiblissement des réglementations en matière de travail et d’environnement. Elle entraîne également une volatilité financière et d’importants transferts nets de ressources vers les pays riches, certains prenant la forme de flux financiers illicites. Le tourisme augmente les importations d’énergie et de denrées alimentaires, en plus du coût environnemental considérable de cette industrie en termes d’empreinte carbone et d’utilisation de l’eau.
Les entreprises publiques, pour la plupart, ont déjà été privatisées depuis les années 1990 (par exemple, les télécommunications, les compagnies électriques, les compagnies aériennes, les aéroports, etc.). Toute nouvelle privatisation rétrécira comme peau de chagrin les filets de sécurité sociale résiduels sous contrôle public.
La libéralisation des marchés financiers nécessite généralement la déréglementation de la finance, la réduction des impôts sur les plus-values, l’élimination des contrôles de capitaux, l’augmentation artificielle des taux d‘intérêt et la surévaluation des taux de change ; tout cela garantit un environnement attractif pour les plus grands spéculateurs financiers du monde. Ces derniers se bousculent avec leurs capitaux spéculatifs pour «acheter à bas prix et vendre à prix fort», puis les retirent en laissant derrière eux une économie déprimée.

Enfin, tous les accords de libre-échange et d’investissement visent à accélérer et à approfondir ces cinq stratégies ; ce qui enfonce les économies africaines davantage dans l’impasse.

Ce type de développement économique défectueux exacerbe, qui plus est, la fuite des cerveaux africains qui, dans certains cas, prend tragiquement la forme de bateaux de la mort et de routes de la mort pour les migrants économiques, sanitaires et climatiques.
Ces cinq pseudo-solutions économiques paraissent souvent attrayantes car elles apportent des gains de court terme sous la forme de création d’emplois et donnent l’illusion de concourir à la modernisation et à l’industrialisation. En réalité, ces emplois sont de plus en plus précaires et sont à chaque instant à la merci des chocs externes sur la chaîne d’approvisionnement mondiale, la demande mondiale et les prix mondiaux des matières premières. En d’autres termes, le destin économique de l’Afrique continue d’être piloté de l’extérieur.
La pandémie Covid-19 a mis en relief les problèmes économiques fondamentaux de l’Afrique. C’est pourquoi la reprise post-pandémique ne peut être durable que si elle s’attaque aux carences structurelles préexistantes. A cette fin, compte tenu de la crise climatique imminente et de la nécessité d’une adaptation socio-écologique, la politique économique doit être fondée sur des principes et des propositions alternatifs.

Nous appelons les Etats africains à élaborer un plan stratégique axé sur la reconquête de leur souveraineté économique et monétaire, qui doit inclure la souveraineté alimentaire, la souveraineté dans le domaine des énergies (renouvelables) et une politique industrielle centrée sur un contenu manufacturier à plus forte valeur ajoutée.

L’Afrique doit mettre un terme au type de développement économique fondé sur le principe de la course vers le bas au nom de la concurrence et de l’efficacité. Les partenariats commerciaux régionaux au sein du continent doivent être basés sur des investissements coordonnés visant à former des liens industriels horizontaux dans des domaines stratégiques tels que la santé publique, les trans­ports, les télécommunications, la recherche et le développement, et l’éducation.
Nous appelons également les partenaires commerciaux de l’Afrique à se rendre compte de l’échec du modèle économique extractif et à adopter un nouveau modèle de coopération incluant des transferts de technologies, un véritable partenariat en matière de recherche et de développement, et des structures d’insolvabilité souveraine -y compris l’annulation de la dette souveraine- qui préservent la production et l’emploi.
Les Etats africains doivent élaborer une vision à long terme claire et indépendante pour renforcer leur résistance aux chocs extérieurs. La souveraineté économique et monétaire n’exige pas l’isolement, elle suppose plutôt un choix résolu en faveur des priorités économiques, sociales et écologiques ; car elle nécessite la mobilisation des ressources nationales et régionales pour améliorer la qualité de vie sur le continent. En d’autres termes, il faut être plus sélectif en ce qui concerne les Ide, les exportations et les industries extractives. Il faut également donner la priorité à l’écotourisme, au patrimoine culturel et aux industries locales.
La mobilisation des ressources de l’Afrique commence par un parti-pris en faveur de politiques de plein emploi (un programme de garantie d’emploi), d’infrastructures de santé publique, d’éducation publique, d’agriculture durable, d’énergies renouvelables, de gestion durable des ressources naturelles et un dévouement inconditionnel pour l’autonomisation des jeunes et des femmes par le biais de la démocratie participative, de la transparence et de la responsabilité.
Il est temps que l’Afrique aille de l’avant et aspire à un avenir meilleur dans lequel tous ses habitants pourront s’épanouir et réaliser leur plein potentiel. Cet avenir est à portée de main, et il commence par la reconquête par l’Afrique de sa souveraineté économique et monétaire.

Signataires :

Fadhel Kaboub, Denison University, Ohio, USA
Ndongo Samba Sylla, Dakar, Sénégal
Kai Koddenbrock, Université Goethe, Francfort, Allemagne
Ines Mahmoud, Tunis, Tunisie
Maha Ben Gadha, Tunis, Tunisie
La signature de cette lettre engage seulement les signataires en leur qualité personnelle et non leur employeur ou les institutions dont ils sont membres.

UNE HAUSSE DE 2, 2 % DES PRIX À LA CONSOMMATION ENREGISTRÉE EN AOÛT (ANSD)

Dakar, 5 sept (APS) – Les prix à la consommation ont enregistré en août une hausse de 2, 2 % comparativement au mois précédent en raison principalement de l’augmentation du coût des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, a-t-on appris de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie.
‘’Cette évolution résulte principalement d’une hausse de 4, 2 % des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées et, dans une moindre mesure de celle de 0,5 %, des services de santé’’, souligne l’ANSD dans sa note d’analyse de l’indice harmonisé des prix à la consommation.
Le document consulté à l’APS cite parmi les facteurs d’une telle évolution la majoration de 0, 3 % des prix des boisson alcoolisées, tabacs et stupéfiants et de 0,2 % du coût des biens et services divers.
En variation annuelle, les prix à la consommation ont progressé de 3 % tandis que le taux d’inflation annuel moyen s’est établi à 2 %, signale l’ANSD.
Elle souligne que l’inflation sous-jacente a reculé de 0,1% en rythme mensuel et a progressé de 1, 3% en variation annuelle.
‘’Les produits locaux et importés se sont renchéris respectivement de 2,8% et 0,4% au mois d’août 2020 comparativement au mois précédent. En variation annuelle, ils se sont accrus respectivement de 3,8% et 1,7%’’, relève le rapport.AKS/MD

 «Notre défi c’est de mobiliser la jeunesse sénégalaise autour de l’agriculture…Les meilleures vacances sont celles de l’agriculture»(Pr. Moussa Baldé)

https://www.dakaractu.com Le Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement Rural, le Pr. Moussa Baldé, a réservé la deuxième étape de sa tournée à Missirah Ardoulaye au champ des jeunes. Sur place, le MAER s’est réjoui de la forte implication des jeunes dans l’agriculture.
En effet, dira-t-il, « Notre défi c’est de mobiliser la jeunesse sénégalaise autour de l’agriculture pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Et nous pensons que les meilleures vacances sont celles de l’agriculture. À travers ce champ des jeunes de la zone sud et sud-est, de plus de 400 ha,  nous matérialisons ici un engagement des jeunes pris lors du forum organisé à Kolda par ces derniers dont j’étais le parrain. Je les félicite de cet engagement surtout pour lutter contre le coronavirus. Nous constatons partout l’augmentation des emblavures avec toutes les spéculations qui se portent bien. C’est pourquoi, nous soutenons l’entrepreneuriat rural agricole, surtout celui des jeunes qui ont le physique et l’intelligence pour atteindre la souveraineté alimentaire. »
Selon Mohamed Tidiane Diallo, porte-parole des jeunes et président du CRJ de Tamba,  « c’est grâce au ministre de l’agriculture Moussa Baldé que nous avons eu aujourd’hui, le goût de l’agriculture. L’État à travers son ministère, a compris qu’il est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il, le MAER,  nous a fait comprendre que l’agriculture est la solution. C’est pourquoi, nous remercions le chef de l’État et le ministre de l’agriculture. Nous matérialisons aujourd’hui, l’engagement pris lors de notre forum à Kolda. Nous demandons à l’État de prêter une oreille attentive aux jeunes afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Mais également du même coup freiner l’émigration clandestine en créant des emplois à travers ce secteur vital… »
C’est ce qui fait dire au ministre de l’agriculture « qu’on n’est pas riche sans sueur. Nous constatons qu’il y a même des diplômés de l’ENEA qui ont compris que l’agriculture est la solution ».

Sangomar : Accord pour le transfert des droits sur les champs pétrolifères entre Cairn et Woodside

https://www.dakaractu.com Le géant australien du pétrole et du gaz Woodside a signé des accords contraignants avec Cairn pour l’acquisition des 40 % d’intérêts de Cairn dans les blocs pétroliers offshore exploités par Woodside au Sénégal.  En Aout dernier, la compagnie australienne Woodside Petroleum (WPL.AX) avait exercé son droit de répondre à l’offre de 400 (221 milliards de FCFA) millions de dollars faite par le groupe russe Lukoil (LKOH.MM) pour acheter la totalité des parts de Cairn Energy (CNE.L) dans le projet pétrolier Sangomar au Sénégal aujourd’hui. C’est désormais chose faite. L’accord intervenu hier vendredi, révèle que Woodside paiera 300 millions de dollars, plus les ajustements du fonds de roulement, y compris le remboursement des dépenses en capital de développement de Cairn engagées depuis le 1er janvier 2020. L’accord prévoit des paiements conditionnels pouvant aller jusqu’à 100 millions de dollars US, liés au prix des matières premières et au moment de la mise en production du pétrole. L’offre de Woodside reste toujours soumise à l’approbation du gouvernement du Sénégal, et les Australiens deviennent ainsi l’actionnaire majoritaire de l’exploitation du bloc pétrolier avec 68% des parts.
Les réserves d’hydrocarbures récupérables du champ de Sangomar s’élèvent à environ 500 millions de barils de pétrole selon « https://www.oedigital.com/ ». Le champ devrait être mis en service en 2023 via un FPSO fourni par Modec. Ce sera le premier champ pétrolier offshore en production au Sénégal.

ÉLARGISSEMENT DU COS-PÉTROGAZ : IL FAUT S’ATTENDRE À DES MALENTENDUS, SELON DEMBA SEYDI

En conseil des ministres le mercredi 2 septembre 2020, le président de la République, Macky Sall a donné des instructions pour l’élargissement de l’organe de coordination et de pilotage stratégique du secteur pétrolier et gazier, Cos PétroGaz, à la Société civile et à l’Opposition sénégalaise. Également, il a instruit au ministre des Finances et du Budget, en relation avec le ministre du Pétrole, de finaliser les textes légaux et règlementaires relatifs à la répartition des revenus issus de l’exploitation des ressources.
Joint au téléphone et interrogé sur ce sujet, Demba Seydi, coordonnateur régional Afrique de l’Ouest Francophone de l’ONG « Publiez ce que vous payez », indique que cette décision de vouloir élargir Cos-Petrogaz à la société civile et à l’opposition est une demande expresse des acteurs de la société civile. Lesquels considéraient que, sur des questions de gouvernance et de transparence, il faudrait qu’ils aient leur mot à dire. Et, si le président va dans le sens de concrétiser cela, c’est une mesure qu’il faut saluer.
Car, dit-il  : « Cos-Petrogaz est un organe de contrôle et, dans l’opposition, on peut trouver des personnes qui pourraient apporter leur expérience positive à partager au niveau de cet organe. Je trouve que c’est un esprit d’ouverture qui pourrait contribuer à apporter les éléments nécessaires au président de la République afin qu’il prenne des décisions ».
Cependant, Demba Seydi prévient que cet élargissement peut engendrer des problèmes si l’on sait que l’opposition et la société n’ont pas les mêmes préoccupations que le Gouvernement. « Est-ce que tous les conseils qui sortent de cette instance seront appliqués par le Gouvernement », s’interroge-t-il avant de présager d’éventuels conflits. « Il peut arriver que les membres de la société civile ou de l’opposition veillent proposer que désormais l’adoption des contrats passe par l’Assemblée nationale. Cela peu être un écueil que le président de la République ne veuille pas accepter », a expliqué Demba Seydi.
Etayant ses propos, il a cité la commission la commission nationale révision de la loi foncière que feu Moustapha Sourang dirigeait. A un moment, dit-il, le Président de la république pensait que ceux qui étaient dans cette commission outrepassaient leurs prérogatives. « On peut s’attendre au même risque. C’est une décision salutaire qui a des limites. Il faut s’attendre à des incompréhensions, des malentendues et à l’éclatement de Cos-Petrogaz », avertit-t-il. Aliou DIOUF

Distribution des décodeurs TNT : Signature d’un partenariat entre Excaf télécom et La Poste

http://lesoleil.sn Pour matérialiser la volonté du Président de la République, Macky Sall, par rapport à la généralisation de la télévision numérique terrestre (Tnt) en vue d’assurer «le respect du principe d’équité et d’égalité des citoyens», le Groupe Excaf télécom et le Groupe La Poste viennent de parapher une convention de  partenariat. L’objectif est de permettre aux populations d’acquérir facilement le décodeur «Tnt By Excaf» et souscrire à un abonnement au niveau des 300 agences et bureaux du réseau national de distribution de La Poste que compte le Sénégal.
La cérémonie officielle de signature de ce partenariat, informe un communiqué reçu hier, a eu lieu en présence d’Abdoulaye Bibi Baldé, directeur général du Groupe La Poste Sénégal, et de Sidy Diagne, président directeur général du Groupe Excaf Télécom. Selon ce document, ce partenariat historique public-privé ouvre «une nouvelle ère de démocratisation de l’accès aux services de la télévision numérique terrestre avec plusieurs dizaines de chaines nationales et inter- nationales, en excellente qualité son et image.»
Dans le basculement de l’analogie au numérique, Excaf Télécom espère finaliser l’axe Linguère-Dahra durant ce mois de septembre afin de permettre à l’Etat du Sénégal d’avoir une couverture totale de la Tnt sur le territoire national. Le Sénégal, qui a entamé son processus de basculement à la Télévision numérique terrestre (Tnt) depuis 2015, conformément à ses engagements internationaux pris en 2006, aborde depuis quelques mois la dernière étape de cette grande mutation technologique.Ibrahima BA

39 tests positifs, 24 cas communautaires, 71 guéris, 0 nouveau décès

Le ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale a fait le point de situation du coronavirus de dimanche 6 septembre 2020.
Sur 1.166 tests effectués 39 sont revenus positifs.
Des cas ainsi répartis  : 15 contacts suivis par les services du ministère de la Santé, 24 cas issus de la transmission communautaire.
Par ailleurs, 71 patients ont été contrôlés négatifs, et déclarés guéris.
33 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation, 0 nouveau décès.
A ce jour, 13.987 cas ont été déclarés positifs au Sénégal, dont 9.922 guéris, 290 décédés et 3.774 patients sous traitement.
Selon le ministère, l’état de santé des patients hospitalisés à Dakar, Touba et Ziguinchor est stable.
Il renouvelle à la population son appel au respect strict des mesures de prévention individuelle et collective.

la Covid-19 a régressé en août (officiel)

APA-Dakar (Sénégal) Par Oumar Dembélé–Le Sénégal a réalisé des performances « considérables » dans la diminution de nouveaux cas de Covid-19 au cours du dernier mois.
« Le nombre de cas a considérablement diminué durant les quatre dernières semaines », a fait savoir ce samedi le docteur Abdoulaye Bousso, directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) du ministère de la Santé.
Sous la direction du chef de ce département Abdoulaye Diouf Sarr, la task force chargée de mener la riposte faisait ce jour le traditionnel point mensuel de l’évolution de la pandémie au Sénégal.
Ainsi, « de la semaine 33 à la semaine 36, les cas diminuent. Il faut également noter que le taux de reproduction du virus est également passé à 1,7 %. C’est-à-dire, une personne infectée ne peut contaminer que deux personnes », a poursuivi Dr Bousso. Il souligne que nous sommes passés de 776 nouveaux cas à la 36e semaine de l’apparition de la maladie dans le pays à moins de 400 nouveaux patients à la 36e.

Le professeur Amadou Alpha Sall, directeur de l’Institut Pasteur, l’un des principaux laboratoires de tests de Covid-19, corrèle ces résultats aux « mesures » prises dernièrement par les autorités sénégalaises.

Face à la propagation inquiétante de la pandémie notée au début du mois dernier, le président Macky Sall avait instruit ses ministres de l’Intérieur et des Forces armées à déployer sur le terrain « un dispositif spécial de régulation et de contrôle » pour le respect des mesures barrières. Plusieurs restrictions héritées de l’état d’urgence sanitaire avaient été ainsi réactivées par l’Etat.
En revanche, juin, juillet et août « ont été les mois les plus difficiles où nous avons franchi la barre des 3000 malades à chaque fois. Le taux de décès était également important durant ces mois », a déploré Abdoulaye Bousso.
Son collègue professeur Mamadou Diarra Bèye, chef du Service d’assistance médicale d’urgence (Samu), note qu’il n’y a « pas de changement » sur les décès dont l’âge moyen est de 65 ans.
Le premier cas positif au nouveau coronavirus a été testé le 2 mars au Sénégal. Depuis lors, 13.948 personnes ont été infectées par le virus dont 9851 guéries, 290 décédées, une évacuée en France finalement décédée et 3806 encore sous traitement.
Malgré la diminution du nombre de cas noté en août, le professeur Amadou Alpha Sall appelle à ne pas faire « dans le triomphalisme » et « garder cette dynamique » baissière. Ce samedi, sur 1313 tests virologiques réalisés seuls 67 sont revenus positifs, mais avec 128 nouvelles guérisons. La même tendance a été constatée ces derniers jours comme l’ont noté ces spécialistes.
Autre fait  : « On a noté ces derniers mois une diminution des évacuations sanitaires vers Dakar », selon Pr Mamadou Diarra Bèye.
En outre, « on a été confronté à un problème de ressources humaines qualifiées », faisant que dans certaines régions certains médecins se sont dédoublés pour faire le travail qui n’est pas le leur, a souligné le chef du Samu.ODL/te/APA

Formes graves de covid-19 : Le professeur Moussa Seydi disqualifie l’hydroxychloroquine et annonce une étude scientifique sur un anticoagulant

https://www.dakaractu.com  L’association hydroxychloroquine-azythromycine n’est pas efficace pour les formes graves de Covid-19. Cette révélation de taille est du professeur Moussa Seydi. « L’association azythromycine-hydroxychloroquine s’est révélée efficace selon nos résultats. Mais cette efficacité s’est révélée évidente lorsqu’il s’agit d’une administration précoce mais elle est moindre dans les formes graves », a déclaré le responsable de la prise en charge médicale des malades Covid, à l’occasion du bilan du 6e mois de lutte contre la maladie.
Selon lui, « c’est fort de cette information que l’Institut Pasteur de Dakar, et le service des maladies infectieuses de Fann ont initié une étude scientifique en vue d’évaluer l’efficacité d’un médicament dans les formes sévères ».
« Il s’agit de médicaments disponibles depuis plus de 20 ans, qui a une action anticoagulant et anti-inflammatoire efficace chez l’homme. Ces deux actions sont indispensables à obtenir dans le cadre de la prise en charge des formes graves », a ajouté l’infectiologue qui n’a pas précisé le nom du médicament en question.
Le Pr Moussa Seydi renseigne que la molécule qui est actuellement étudiée a déjà démontré une puissance antivirale très importante in vitro, c’est-à-dire au laboratoire.
« Le projet a démarré le 14 août 2020 conformément au protocole de recherche validé par le comité d’éthique nationale pour la recherche en santé », a indiqué le scientifique qui rappelle que le Sénégal a très tôt inclus dans la prise en charge l’utilisation des anticoagulants et des corticoïdes bien avant les recommandations de l’OMS.

Traitement des cas graves covid au Sénégal : le pr Moussa Seydi jette son dévolu sur le Nafamostat.

https://www.dakaractu.com Le Professeur Moussa Seydi a annoncé ce samedi 05 septembre une étude scientifique pour évaluer l’efficacité d’un médicament dans le traitement des cas graves de la covid-19, sans pour autant donner le nom de la molécule. Dakaractu est en mesure de révéler qu’il s’agit du Nafamostat.
Selon les informations disponibles sur les sites spécialisés, c’est un inhibiteur synthétique de la sérine protease et un anticoagulant à action rapide. Le médicament est utilisé pour le traitement de la pancréatite. Il possède aussi des propriétés antivirales et anticancéreuses potentielles.

Evaluation/Covid-19 : «Une enquête de séroprévalence à l’horizon (…)pour évaluer les différentes stratégies en vue d’éventuelles pré-adaptations»(Dr Marie Khémesse Ngom)

https://www.dakaractu.com Le Sénégal va dans les prochains jours lancer une enquête de séroprévalence dans une perspective de jauger le niveau d’atteinte nette de la maladie à coronavirus dans la population, pour notamment évaluer les différentes stratégies afin de se parer d’éventuelles pré-adaptations, a indiqué ce 05 septembre la directrice de la santé, le Dr Marie Khémesse Ngom.
« La recherche n’a pas été en reste dans la riposte car des essais cliniques sont attendus à l’horizon. Des études préliminaires expérimentales sont en cours sous l’oeil vigilant du comité national de recherche et d’étude en santé », a dit le Dr Ngom.

Selon elle, le grand défi est et reste, aujourd’hui, la détection rapide et le suivi adéquat des cas graves.

L’autorité qui prenait part à l’évaluation des 5 mois de lutte contre la Covid-19 est longuement revenue sur les différentes stratégies mises en place dans le dispositif de riposte contre la pandémie et a informé de l’impact de cette approche qui sera maintenue et renforcée.
Le Dr Ngom s’est appesantie sur l’importance et l’apport de ces différentes stratégies déroulées depuis le début de la riposte, notamment celle hospitalière dans les centres de traitement des 14 régions, celle extra-hospitalière pour les cas asymptomatiques et la stratégie de prise en charge à domicile pour les cas simples.
« La prévention et le controle de l’infection ont été assurés à tous les niveaux dans la protection du personnel, mais également dans la gestion des déchets biomédicaux », a-t-elle souligné. C’est dans le souci de recherche de la qualité, la prévention et le controle de l’infection, a-t-elle encore soutenu.
Selon elle toujours, la décentralisation des laboratoires, maillon indispensable dans la lutte, a permis de faire des tests au niveau des régions de Kédougou, Tamba,  Matam, Kaolack, Thiès et Ziguinchor. En ce qui concerne les tests de diagnostic rapide, ils sont en phase pilote dans les sites sentinelles de Dalaba à Kédougou, Tamba, Saint-Joseph à Ziguinchor, au centre abattoirs de Kaolack, à Bokidiawé dans la région de Matam, à Médina Fall à Thiès, à Rosso et à Richard-Toll dans la région de Saint-Louis.

Cette approche a été facilitée, confie le Dr Ngom, par la mise en place d’une commission technique de biologie médicale qui a donné les avis d’expert.

La cellule d’alerte mise en place qui a positivement participé à la lutte, a également permis la détection physique des cas, mais notamment de suivre de près les contacts par l’orientation et la régulation du Samu national, une prise en charge adéquate des cas, a indiqué le Dr Ngom dans les locaux du ministère de la santé et de l’action sociale,  magnifiant ainsi l’apport de la structure d’alerte dans le dispositif.
Depuis l’ouverture des frontières, certains pays dont le Sénégal exigent la présentation d’un certificat Test négatif. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, en plus des laboratoires de l’institut Pasteur et l’Iressef, ceux de Dantec, de l’hopital militaire de Ouakam, du laboratoire de santé publique de Thiès sont enrôlés dans le dispositif pour accompagner les voyageurs sortants, a soutenu la directrice de la santé, le Dr Marie Khémesse Ngom.
Selon cette dernière, la communication sur le risque et l’engagement communautaire avec un socle d’argumentaires religieux, culturel et social, une synergie d’action avec les socio-antropologues, les acteurs communautaires, les praticiens de la médecine traditionnelle, les communicants et les communicateurs traditionnels ont agi considérablement sur le déni et la stigmatisation…

Covid-19 : «Aujourd’hui, nous avons plus de patients à domicile que dans nos centres de traitement»(Cous)

https://www.dakaractu.com Les autorités sanitaires ont fait une analyse de la situation épidémiologique, après 6 mois de présence de la Covid-19 dans nos murs.
À la suite du ministre de la santé et de l’Action sociale, de la Directrice de la santé, entre autres, le Dr Abdoulaye Bousso, chef du Centre des Opérations d’Urgence Sanitaire (Cous), a lui aussi dressé la situation de cette épidémie au coronavirus au niveau du Sénégal.

Après un petit rappel sur la stratégie du Sénégal qui, selon lui, a été dynamique, il a signalé qu’actuellement où le Sénégal est passé au 3e stade c’est à dire la prise en charge à domicile, la donne a changé.

‘’Aujourd’hui, nous avons plus de patients à domicile que dans nos centres de traitement. Des efforts sont en train d’être faits. C’est vrai que tout n’est pas au point, il reste encore quelques difficultés parce qu’il y a beaucoup de malades dans nos domiciles qui sont suivis par des équipes des districts et des régions médicales’’, a révélé le chef du Cous.
Sur le plan des données épidémiologiques, a-t-il indiqué, « nous sommes aujourd’hui à près de 14 000 cas. L’ensemble des 14 régions du Sénégal sont touchées, nous avons toutefois certains districts qui ne sont pas touchés sur les 79 districts, les 70 sont touchés. Nous avons aujourd’hui des districts qui étaient touchés et qui sont devenus inactifs, c’est-à-dire des districts qui, après 28 jours n’ont pas eu de cas » a-t-il indiqué
« Il s’agit des districts de Koungheul, Makacoulibatang, Goudiri, Ranérou, Linguère, Birkilane, Diakhao, Niakhar, Darou Mousty, Coki, Kébémer et Thilogne. Nous avons également à ce jour des districts qui sont indemnes pour lequels nous n’avons jamais eu de cas. Il s’agit de 9 districts que sont Goudomp, Salémata, Médina Yoro Foula, Dianké Makha, Bakel, Koumpentoum, Dahra et Keur Momar Sarr. Il faut en outre signaler que le cumul, aujourd’hui, fait état de plus de 150 000 tests réalisés par les 5 laboratoires. Il s’agit l’Iressef (Institut de recherche en santé de surveillance épidémiologique et de formation), l’Institut pasteur, le laboratoire de bactéro-virologie de Ledantec, le laboratoire de l’hôpital militaire de Ouakam et le laboratoire national de santé public qui est à Thiès » a déclaré le directeur du Cous.
Le Dr Bousso qui a salué les efforts consentis pour venir à bout de cette épidémie, a aussi indiqué qu’« aujourd’hui au moins 10 régions sont en mesure de faire des tests. Ce qui permet d’avoir des résultats vite fait. Au départ, il n’y avait qu’un centre de référence, c’est l’hôpital de Fann, aujourd’hui nous sommes passés à plus de 35 sites de prise en charge. Toutes les 14 régions ont des sites de prise en charge. Dans chaque région il y a au moins une structure de santé capable de prendre en charge des malades », se félicite le patron du Cous.

Les chiffres de la maladie durant les 3 mois qui ont été assez difficiles pour les autorités sanitaires Par Dr Abdoulaye Bousso

https://www.dakaractu.com La Covid-19 qui a bouclé ses 6 mois de présence effective au Sénégal, a donné des sueurs froides aux autorités sanitaires.
« À l’analyse du nombre de cas depuis le début, ce qu’on remarque, c’est que nous avons eu 3 mois qui ont été assez difficiles. Ce sont les mois de Juin, juillet et août où nous avons franchi la barre des 3 000 cas chaque mois », a signalé le Dr Abdoulaye Bousso, chef du Centre des Opérations d’Urgence Sanitaire (Cous).
« Donc, nous sommes passés au mois de mars avec 190 cas ; avril (834 cas) ; au mois de mai nous sommes passés à 2 715 nouveaux cas ; juin (3 186 nouveau cas) ; juillet (3 359 nouveaux cas) et le mois d’août 3 371. Ce qui renseigne qu’en termes d’évolution plusieurs milliers de nouveaux cas, chaque mois. »

Parlant des décès enregistrés qui sont de l’ordre de 290 à ce jour, le Dr Bousso de révéler « qu’ils sont aussi calqués sur ces nouveaux cas ».

Il rappelle d’ailleurs que « plus nous avons de cas, plus nous avons des personnes vulnérables touchées, plus le nombre de décès augmente. Donc sur le mois de juin nous étions à 74 décès, juillet à 93 et le mois d’août à 75. Et si on regarde la répartition sur les décès : les plus de 60 ans représentent plus de 75% des cas. Avec une analyse un peu plus poussée, il apparait, que par semaine, durant les 4 dernières semaines, le nombre de cas diminue. Ce qui est le résultat des mesures fortes qui avaient été prises pendant le temps de l’état d’urgence. Ce sont, entre autres, la fermeture des écoles, la réduction de la mobilité, l’interdiction des manifestations et des rassemblements et cela a eu un impact positif sur la diminution des cas. »
Des mesures saluées par le Dr Bousso qui, selon lui, a permis de maîtriser en tout cas la propagation de la maladie. Il ajoute : « On voit en tout cas, qu’il y a une régression progressive des cas. Cela est également objectivé par ce qu’on appelle le taux d’attaque, c’est-à-dire le nombre de personnes infectées sur 100 000 habitants. Aujourd’hui nous sommes à 20 personnes infectées pour 100 000 habitants, comme moyenne nationale, alors qu’à un moment de l’épidémie, au courant de mai/juin, nous étions à 81 personnes infectées pour 100 000 habitants. Mais il ne faut pas qu’on fasse du triomphalisme. Il nous faut garder cette dynamique de mobilisation encore plus forte, il faudra plus que jamais que les mesures barrières soient respectées », rappelle-t-il.
À quelques jours de la reprise des cours dans certaines écoles et universités, il continue d’insister sur la nécessité de respecter les mesures barrières. « Nous allons vers la rentrée. On a eu plus de 51% des cas positifs au niveau de cette cible jeune, depuis le préscolaire jusqu’à l’université. Pour les manifestations religieuses des mesures fortes devraient être prises dans le cadre du respect des mesures barrières pour nous permettre de continuer cette tendance à la baisse et d’arriver à inch’Allah à pouvoir maîtriser cette épidémie »

Abdoulaye Diouf Sarr : «personne ne sait quand cette épidémie prendra fin»

https://www.dakarmatin.com Cela fait 6 mois que la maladie du coronavirus est entré sur le territoire sénégalais. Ainsi, comme à l’accoutumée, une séance de bilan mensuel a été consacrée à l’épidémie de la Covid-19 au Sénégal. « C’est un moment d’informations, de communication, mais aussi d’analyse », a d’emblée déclaré le ministre de la Santé et de l’Action sociale. Abdoulaye Diouf Sarr de marteler, dans le même sillage, que nulle ne peut prédire la fin de cette épidémie qui dicte sa loi dans le monde.
« Personne ne sait quand cette épidémie prendra fin, ni quand un remède efficace pourra permettre au monde d’en sortir. Dès lors, la lutte contre l’épidémie se poursuit et doit être intensifiée. À ce jour, l’application des mesures barrières est la meilleure arme dont nous disposons pour freiner le virus », a -t-il soutenu. Mieux, il en appelle à la vigilance de tous, aux niveaux individuel et collectif, surtout pour protéger les personnes vulnérables.
Auparavant, le ministre de la Santé et de l’Action sociale a félicité toutes les personnes engagées dans la riposte, aux premiers rangs desquels les personnels de santé et d’action sociale, les forces de défense et de sécurité. Il a également évoqué les efforts du chef de l’Etat marqué par les importantes mesures qu’il a bien voulu prendre en vue d’empêcher la propagation du virus et de soulager les populations face aux rudes conséquences de cette épidémie.
Il s’y ajoute les moyens substantiels qui ont été mobilisés par l’Etat, durant ce semestre. Ce, pour réaliser des infrastructures, acquérir et installer de nouveaux équipements, sans oublier le recrutement et la formation de ressources humaines

«Il y a un manque de ressources humaines qualifiées, notamment de médecins anesthésistes-réanimateurs»(Pr. Mamadou Diarra Bèye, directeur du Samu national)

https://www.dakaractu.com Dans la prise en charge des malades du coronavirus, le problème auquel font face les services du ministère de la Santé n’est pas lié à la saturation, mais à « un manque de ressources humaines ». C’est du moins l’avis du directeur du Samu national.
« On a été confronté à un problème de ressource humaine qualifiée. Il y a un manque, de façon importante, pas seulement pour le Sénégal, de ressource humaine qualifiée, notamment de médecins anesthésistes-réanimateurs. Ce qui fait que dans certaines régions, certains médecins anesthésistes ont fait le travail tout seul », se désole le Pr. Mamadou Diarra Bèye, qui s’exprimait  lors d’un point de presse sur l’évolution de la maladie après six mois.
Selon lui, une mesure importante, consistant à capaciter en soins intensifs des jeunes médecins généralistes, a été prise tout dernièrement. « Ils vont appuyer les Cte dans la prise en charge des cas graves », a-t-il assuré.

Covid-19 : 127896 tests réalisés par l’institut Pasteur en 6 mois

https://www.seneweb.com Six mois après la détection du premiers cas de Covid-19 au Sénégal (le 2 mars 2020), la disponibilité, la rapidité et la fiabilité des tests diagnostic est l’un des leviers sur lequel s’appuie la lutte. Et à ce niveau l’institut Pasteur et l’Iressef ont été mis à contribution. Pour sa part, l’institut pasteur a réalisé « 127896 tests dont 83303 au niveau du laboratoire central et 44593 dans les laboratoires décentralisés », a indiqué son directeur Dr Amadou Sall qui présenté ce matin le bilan des 6 mois de lutte contre la Covid-19 au Sénégal.
« Les tests utilisés ont été recommandés par l’Oms et évalués systématiquement à travers une analyse comparative pour choisir ceux qui présentaient les meilleures performances. Ensuite, l’exécution des tests s’est faite selon une démarche d’assurance qualité dans toutes les phases du processus d’analyse. Et enfin une augmentation graduelle pour en assurer la disponibilité, avec des capacités quotidienne qui sont passés de 500 au début, puis 1000 puis 2000 aujourd’hui », renseigne-t-il.

La grippe moins présente cette année

Suivant la dynamique d’évolution et de propagation de l’épidémie dans les différents districts du pays, la décentralisation des laboratoires de tests a été opérée pour détecter et circonscrire les clusters.  Ainsi, des laboratoires ont été installés à « Touba en avril, à Kolda en mai, à Kédougou Matam et Richard-Toll en juillet, à Ziguinchor et Kaolack en août, à Tambacounda depuis le 2 septembre ».
Cette approche a permis, selon Dr Sall, de noter sur la base de résultats préliminaires, que cette année « même si la Covid-19 est l’infection respiratoire dominante, la grippe est présente mais beaucoup moins importante par rapport à la place qu’elle occupait les années précédentes ».

Tests rapides en phase pilote

S’agissant du dispositif de test rapide, son déploiement est en phase pilote dans 6 localités du pays : Kédougou, Tamba, Richard-Toll, Ziguinchor, Kaolack et Tambacounda. Dr Amadou Sall annonce son extension sur le territoire national ou une meilleure surveillance de la pandémie. « L’évaluation qui en sera faite dans les prochaines semaines devrait nous permettre de tirer les enseignements pour étendre son utilisation au niveau national », souligne-t-il.
Sur le plan de la recherche clinique, Dr Amadou Sall salue la mise en place de la plateforme de recherche clinique avec l’appui du professeur Seydi qui a permis de sélectionner les meilleurs traitements et molécules pour la prise en charge des malades.

Docteur Amadou Alpha Sall,directeur de l’Institut Pasteur de Dakar : «Moins de 7% des chaînes de transmission de la Covid-19 sont actifs»

https://www.dakaractu.com Le ministère de la Santé et de l’Action Sociale a procédé ce samedi à faire le bilan des six mois de présence de la covid-19 au Sénégal. L’institut pasteur de Dakar destinés en primo pour les tests, s’est adonné à cet exercice. Ainsi, le docteur Amadou Alpha Sall, directeur de l’institut devant le pupitre du ministère de la Santé où se sont succédé le docteur Bousso, le professeur Seydi, a donné les faits marquants des six mois de covid-19 au Sénégal au niveau de l’institut Pasteur.

Les tests de laboratoire

Tout d’abord la fiabilité, la rapidité et la disponibilité des tests qui avaient été fixées comme objectif par le ministère de la Santé ont pu se faire. La capacité qui était de 500 au début, est passée à 2000, accompagnée par une décentralisation progressive qui a permis d’assurer la disponibilité sur l’ensemble du territoire national. Les labos ont été installés en avril à Touba et en mai à Kolda. Après Kédougou, Matam et Richard Toll au mois de juillet. À Ziguinchor et Kaolack en août et à Tambacounda depuis septembre.
À ce jour, 127.896 échantillons ont été testés par l’institut Pasteur de Dakar dont 83.383 au niveau du laboratoire central et 44.593 dans les laboratoires décentralisés.
La grippe est présente mais beaucoup moins importante par rapport à la place qu’elle occupait les années précédentes.

Le déploiement en phase pilote des diagnostics rapides

À Kédougou, Tamba, Richard-Toll, Ziguinchor, Kaolack, l’évaluation qui sera faite de cette phase pilote les prochaines semaines, devrait nous faire tirer les enseignements pour étendre son utilisation au niveau national.

La formation du personnel et l’équipement des structures décentralisées

Cela permet de renforcer les laboratoires dans le dispositif de lutte contre les épidémies. Le dispositif de recherche mis en place a conduit à des résultats importants. Le premier est la plateforme clinique de recherche supervisée par le Professeur Seydi. Elle est mise en place pour évaluer et choisir les meilleurs traitements et molécules pour prendre en charge les patients sévères et les patients modérés. La deuxième même si le virus a été réintroduit plus de quarante fois au Sénégal, elle n’a pas connu beaucoup de changements depuis son arrivée.
L’analyse des chaines de transmission indique qu’une majorité d’entre elles a pu être atteinte. Aujourd’hui, moins de 7% sont encore actifs. Ce qui nous amène à une tendance baissière. Tout ce travail ne peut réussir que si tout un chacun de nous respecte les mesures barrières et respecte la distanciation.

Les pays africains vont recevoir 220 millions de doses de vaccin contre la covid-19 (OMS)

 (Agence Ecofin) – Selon l’OMS, l’Afrique va recevoir 220 millions de doses de vaccin contre la covid-19, dans le futur dispositif mondial d’accès aux vaccins contre la pandémie dénommé COVAX. Tous les 54 pays du continent ont d’ores et déjà exprimé leur intérêt pour cette initiative.
Les pays africains recevront 220 millions de doses de vaccin contre la covid-19, une fois qu’il sera homologué et approuvé, a annoncé le jeudi 3 septembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dotation interviendra dans le cadre du futur dispositif mondial d’accès aux vaccins contre la covid-19 dénommé COVAX.
Pour la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Matshidiso Moeti (photo), « COVAX est une initiative mondiale novatrice qui inclura les pays africains et garantira qu’ils ne seront pas laissés en queue de peloton pour les vaccins contre la covid-19 ».
A travers l’instrument COVAX Facility, coordonné par l’Alliance pour les vaccins (Gavi), l’initiative vise à garantir l’accès à tous  : tant aux pays à revenu élevé et moyen qui autofinanceront leur propre participation qu’aux pays à revenu faible qui verront leur participation soutenue par la garantie de marché du COVAX (Advance Market Commitments, AMC).
Selon le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, les 54 pays du continent ont tous exprimé leur intérêt pour l’initiative mondiale codirigée par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), l’Alliance pour les vaccins (Gavi) et l’OMS.
En outre, 46 pays d’Afrique sont éligibles à la garantie de marché du COVAX, l’instrument de financement qui a permis de collecter environ 700 millions $, sur l’objectif de 2 milliards $ de fonds prévus, auprès de pays donateurs à revenu élevé, du secteur privé et de philanthropes d’ici fin 2020.
Déjà, huit pays africains ont accepté d’autofinancer leurs doses de vaccins par le biais de la COVAX Facility, a fait savoir l’OMS.Borgia Kobri

Hamidou Anne : «Redéfinir un nouveau contrat social entre l’Afrique et sa jeunesse»

https://www.lepoint.fr/afrique ENTRETIEN. Avec Panser l’Afrique qui vient !, Hamidou Anne avait ouvert au « Point Afrique » des pistes de réflexion que le contexte actuel appelle à explorer.
Dette, multilatéralisme, franc CFA  : l’actualité économique africaine a terminé l’année 2019 en fanfare nourrissant les débats ici et là sur les voies et moyens pour l’Afrique d’être mieux comprise, mais aussi de mieux se prendre en mains. L’information selon laquelle le franc CFA allait changer de nom et de structure de gouvernance en même temps qu’il rompait l’obligation de dépôt de 50 % des réserves de change des pays ouest-africains membres de la zone franc dans un compte d’opérations du Trésor français a polarisé alors toutes les attentions. Pour important qu’il soit, ce fait ne dissout pas l’essentiel des obstacles que les pays concernés doivent franchir. Une réflexion plus profonde doit être menée et des initiatives plus puissantes prises. Objectif  : construire une pensée qui conduise à un réel processus de mise en place d’écosystèmes de valeurs. Celles-ci sont politiques, économiques, sociales et culturelles et doivent ouvrir la voie à une réelle indépendance, à une vraie émergence et à une dignité retrouvée. C’est tout le sens des propos tenus dans cet entretien que Hamidou Anne, auteur de Panser l’Afrique qui vient !*, nous avait accordé au mois de décembre passé. Dans le contexte actuel d’une Afrique où la transmission du pouvoir demeure problématique (coup d’Etat au Mali par exemple et tentation régulière de troisième mandat présidentiel ici et là), retour sur un échange qui en dit long sur les attentes de la jeunesse africaine.

Le Point Afrique  : Pourquoi faut-il penser l’Afrique ? Panser « a » et penser « e » ?

Hamidou Anne  : C’est un jeu de mots. J’ai essayé d’interroger le présent de l’Afrique à travers deux difficultés majeures que sont les migrations clandestines, avec le lot de drames qu’elles charrient, et l’irruption du terrorisme religieux. L’Afrique fait face à des difficultés liées à l’éducation, à la santé, à l’accès à l’emploi, entre autres. Ce sont difficultés qu’il faut « panser ». Or soigner le continent passe d’abord par un nouveau printemps de la pensée, de la réflexion, des idées, de l’éducation, de la culture. Voilà pour le jeu de mots entre panser « a » dans le sens de soigner et penser « e » à travers une réflexion et des idées.
L’ouvrage « Panser l’Afrique qui vient ! » de Hamidou Anne a été édité chez Présence africaine. © Présence africaine

Est-ce à dire que l’Afrique ne pense pas assez, ne se pense pas assez ?

L’Afrique ne se pense pas assez à mon avis. Ceci résulte en partie des décolonisations procédurales que nous avons vécues. En 1960, la France et d’autres pays colonisateurs ont accordé l’indépendance à un certain nombre de pays africains, mais les Africains ont continué à ne pas se penser, à importer les idées des autres. Joseph Ki-Zerbo disait  : « Les Africains dorment sur la natte des autres. » Même les instances de légitimation de nos intellectuels et de nos artistes restent les capitales occidentales. Les solutions utilisées notamment dans la gouvernance et la mise en œuvre des politiques publiques, économiques ou sociales, sont importées, calquées sur des modèles exogènes, qui ont échoué et entraîné ailleurs des crises sociales et des crises de sens. Ces modèles sont responsables du dérèglement climatique, de la montée des populismes et du nationalisme en Europe.
Continuer à les importer prouve que nous ne pensons pas suffisamment notre destin. Le but de ce livre est de proposer une nouvelle façon de réfléchir, plus ancrée dans nos réalités socio-anthropologiques.

Alors sur quoi faudrait-il qu’on insiste pour justement enclencher une pensée qui soit une construction de l’Afrique ?

Je tiens beaucoup à l’idée de la conquête de la souveraineté en vue d’arriver à une décolonisation substantielle totale. En somme que les Africains ne se sentent pas obligés de continuer à copier ce qui se passe dans les sociétés occidentales qui ont dirigé le monde des siècles durant. Cette recherche de la souveraineté passe par l’éducation, notamment dans un contexte de crise de l’éducation dans de nombreux pays, dont le Sénégal d’où je viens. Il est inenvisageable de construire un peuple et rendre sa dignité à un continent si l’éducation est défaillante. Donc l’idée dans ce livre est d’articuler une réflexion, pour traduire en actes concrets l’ambition qu’on a pour cette jeunesse-là et pour nos pays en général.
À mon sens, l’autre volet important est celui de la culture. Si on ne promeut pas ce printemps des idées, de la culture, il sera difficile de nous soigner, de nous panser et de penser pour proposer un chemin heureux pour le futur.

Pourtant, aujourd’hui, la situation de la culture en Afrique est schizophrénique. Malgré toutes leurs belles déclarations, les hommes politiques ne mettent pas les moyens à même de permettre la promotion locale et internationale de la culture…

Absolument. La culture reste le parent pauvre des politiques en Afrique. C’est souvent une variable d’ajustement des budgets. À chaque fois que le budget est serré ou intenable, c’est celui de la culture qui saute, parce qu’on la considère comme un amusement, du divertissement. Ce fut le cas au Sénégal lors des ajustements structurels, ce qui a constitué une rupture avec cette grande idée qu’on avait de la culture durant la présidence de Léopold Sédar Senghor.
En outre, la culture a été confiée à des acteurs extérieurs. L’exemple le plus pertinent est le rôle prépondérant dans la diffusion de la culture et la promotion de nos artistes que jouent les Instituts français dans les pays africains. Or, qui détient la culture détient le cœur d’une nation.

À votre avis, que faudrait-il mettre en place pour justement reprendre en main cet aspect-là des choses ?

Il y a une idée que je développe à la fin du livre. C’est celle du retour du politique. Il y a dans notre époque une vaste entreprise de dépolitisation de la jeunesse. Celle-ci considère que la politique n’est pas une matière vertueuse et que les politiciens sont tous corrompus. Il y a effectivement des hommes politiques corrompus ; une élite qui n’est absolument pas consciente de ses responsabilités vis-à-vis de ceux qui sont gouvernés.
Mais il y a un autre défi qui se dresse face au politique.

Il s’agit de cette nouvelle doxa adressée aux jeunes : «Désengagez-vous de la politique et engagez-vous dans l’entrepreneuriat ou dans l’activisme numérique».

Ces domaines sont importants. La volonté d’innovation existe, alliée à un sens affirmé de la créativité certes. Mais je pense que les problèmes de l’Afrique sont politiques. Ils relèvent de la gouvernance et de la construction de sens. Aussi, à mes yeux, les solutions ne peuvent qu’être politiques. De fait, dans la foulée de l’ouvrage collectif que j’ai coordonné il y a deux ans, Politisez-vous, je poursuis là, dans un ouvrage personnel, cet appel à la politisation de la jeunesse pour transformer le présent et proposer des idées pour le futur.  Propos recueillis par Malick Diawara

DÉSACCORDS SUR LE STATUT DE L’OPPOSITION : UN GROUPE D’EXPERTS VA PROPOSER LE CONTENU

http://www.emedia.sn L’opposition, réunie au sein du Front de résistance national (FRN), ne parvient pas à accorder son violon sur le statut du chef de l’opposition. Selon l’AS, les membres de cette coalition présents à la table du dialogue national ont refusé, faute d’accord interne, de proposer un contenu concernant le statut de l’opposition.
Finalement, informe le journal, la plénière a recommandé que l’autorité crée un groupe d’experts pour se charger de cette question. Il s’agira, de l’avis du journal, d’une commission technique pluridisciplinaire qui va réfléchir sur le statut de l’opposition.Aliou DIOUF

Statut du chef de l’opposition : LA POSITION DE MACKY–En 2016,il avait préféré le candidat arrivé 2ème à la Présidentielle

https://www.lequotidien.sn Si Macky Sall a toujours son point de vue de 2016, la «logique» voudrait que le candidat arrivé second à l’issue d’une élection présidentielle soit le chef de l’opposition. Et, en cas de rétroactivité, ce serait Idrissa Seck. Mais le chef de l’Etat avait bien rappelé aussi qu’«une loi est votée pour l’avenir». Mais ça c’était avant la Présidentielle de 2019.
Les acteurs du dialogue politique peinent à s’accorder sur les modalités de désignation du chef de l’opposition. Mais c’est connu que la majorité présidentielle voudrait que ce soit le candidat arrivé deuxième à l’issue de l’élection présidentielle. Dans l’opposition, certains ont le même point de vue, mais d’autres préfèrent aussi la tête de liste arrivée deuxième à l’issue des élections législatives. La bataille se joue donc entre Abdoulaye Wade et Idrissa Seck. Et, vraisemblablement, il a été retenu lors de la séance d’hier de «renvoyer la question à l’autorité qui pourrait éventuellement mettre en place un comité d’experts pour sa réalisation sachant que le Front de l’opposition a retenu de ne pas envoyer de représentant». Si cela ne dépendait que de Macky Sall, la question devrait être tranchée puisqu’il avait donné sa position sur le sujet. Dans un entretien avec le site AZactu.net en octobre 2016, Maïmouna Ndour Faye lui avait posé la question sur la matérialisation du statut chef de l’opposition. «Il y a un débat qu’il faut vider  : est-ce que le leader de l’opposition, c’est celui qui vient en deuxième position après l’élection présidentielle ou c’est celui qui dirige le parti, la liste ou la coalition arrivé deuxième aux Législatives ? Voilà des questions que la classe politique doit régler. Moi je n’ai pas de préférence particulière. Mais il me semble qu’il aurait été plus logique que le candidat arrivé second, qui a rassemblé le plus grand nombre de voix par rapport aux autres, puisse incarner l’opposition», avait pourtant… préféré Macky Sall. «Ce serait Abdoulaye Wade ?», relance la journaliste. Le Président Sall de répondre  : «Si nous voulons appliquer, ce serait une rétroactivité. Une loi est votée pour l’avenir. Mais s’il y a un consensus, on peut bien le retenir. Encore une fois, je ne fais pas de fixation sur la personne qui pourrait incarner ce rôle, maintenant ou dans l’avenir. Il n’y a pas d’enjeu pour moi.» Tout l’enjeu est dans la rétroactivité ou non de ce statut.

BABACAR TOURE, IMPERTINENT ET TENDRE PAR FADEL DIA

«Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire ! » Cette citation, que l’on prête faussement à Voltaire, pourrait être la devise professionnelle de Babacar Touré et c’est sous ce signe que s’est effectuée notre première rencontre.
C’est peut-être même tout simplement la devise de sa vie, celle d’un homme qui avait choisi de faire confiance à ses semblables et qui avait une haute idée de l’Homme. Je laisserai à d’autres, à ceux qui ont été, des décennies durant pour certains, ses compagnons ou ses complices, le soin de parler de l’étudiant rebelle, du journaliste engagé, de l’entrepreneur novateur qui a inventé la start-up avant les autres Sénégalais, du communicateur subtil ou du médiateur universel. Je n’ai pour ma part, connu et pratiqué Babacar Touré que dans l’écume de sa vie, lorsqu’il s’est déchargé provisoirement de son métier d’homme de presse, a mis en veilleuse ses activités professionnelles, pour exercer, sinon bénévolement, du moins avec un grand désintéressement, des responsabilités qu’il n’avait acceptées que parce que celui qui les lui avait proposées l’avait assuré qu’à ce poste, il pouvait servir utilement son pays.
Ce visiteur du soir qui fréquentait les hommes de pouvoir, pouvait être impertinent, sans jamais être agressif ou insolent, et c’est sans doute parce qu’ils le savaient sincère que ceux d’entre eux qu’il a quelquefois tancés lui ont gardé leur amitié. Cet homme qui disait, en plaisantant, qu’il était plus vieux que son âge, manifestait une extrême courtoisie, et quelquefois une émouvante déférence, à l’endroit de ses aînés. De la plupart d’entre eux tout au moins, car tous les vieillards qui meurent ne laissent pas des bibliothèques…
Ce grand corps, et c’est peut-être ce qui était le plus surprenant chez lui, était en réalité un grand tendre qui faisait preuve d’une indulgente affabilité à l’endroit des humbles et de tous ceux qui étaient victimes d’une injustice. Cet homme, qui était sans doute l’un des mieux resautés de notre pays, ne ménageait pas sa peine pour rendre visite à cet éclectique aréopage , ou à défaut, à user du téléphone et de ses artifices, en prenant son temps, ou celui qu’on voulait bien lui consacrer, quoique cela lui coûte car il n’était pas un adepte des applications mobiles gratuites…

Peu d’hommes, à ma connaissance, se sont ,aussi souvent que lui, donné la peine d’appeler des hommes et des femmes, y compris des inconnus, juste pour porter une appréciation sur un article paru dans la presse, ou sur un discours tenu en public, ou encore pour apporter un soutien ou un réconfort après une sanction qu’il jugeait arbitraire.

J’en parle encore en connaissance de cause, puisque c’est dans une telle occasion que j’ai fait la connaissance de Babacar Touré… Mais que ce soit en entretien distanciel ou en entretien présentiel, comme on le dit désormais en ces temps de confinement, son langage n’était jamais équivoque car il n’est pas de ceux qui empruntent des chemins de traverse. Peut-être que le temps lui a fait la faveur de se faire élastique à son seul usage, car, par déformation professionnelle ou par curiosité intellectuelle, ce grand bavard trouvait aussi le temps de ne rater aucune bonne émission ,à la radio ou à la télévision, aucune publication, livres ou journaux, qui méritait qu’on lui prête attention .
Les éloges, les coups d’encensoir, n’étaient sans doute pas ce qu’il attendait le plus de ses amis et de ses collaborateurs. J’ai encore en mémoire cette cérémonie publique, la dernière qu’il présidait au nom du CNRA, au cours de laquelle il dut batailler ferme pour éviter qu’elle ne soit transformée en sacre. Si pourtant, comme d’autres avant moi, j’ai cédé à cette tentation, c’est pour la raison que voici : qu’on soit dans le réduit clos d’une voiture, dans l’enceinte d’une concession familiale, voire dans un cercle plus large, à la dimension d’une association ou d’une nation, il y a toujours du bonheur à savoir que celui qui tient les rênes ne déroge pas aux principes et ne se défaussera pas sur vous pour justifier une fausse manœuvre. Ce bonheur-là, je crois pouvoir le dire à leur nom, nous avons été huit femmes et hommes à le vivre pendant les six ans du mandat de Babacar Touré à la tête du CNRA.

POINT DE VUE SUR DES ACCUSATIONS D’UN OFFICIER DE GENDARMERIE POUR TORTURE.

A supposer, qu’en regagnant son foyer au terme d’une journée de labeur, un haut cadre de la gendarmerie qui symbolise de la plus belle manière soit la méritocratie s’entend dire ceci par son fils : « Papa mes camarades de classe m’ont montré votre photo dans Facebook, avec la légende ci-après :

C’EST LUI LE COLONEL CHEIKH SARR QUI AVEC 13 AUTRES ELEMENTS ONT TORTURE LE FRERE ARDO GNINGUE.

Et l’enfant de poursuivre, qu’en est-il exactement papa » ?
Tout comme l’épouse de ce vaillant soldat de la loi, qui pourrait faire l’objet de quolibets de son entourage.

I-ANALYSE DES FAITS

Qu’est-ce qui est à l’origine de cette situation déconcertante à plus d’un titre, non seulement pour l’officier incriminé par ces allégations qui semblent être dénuées de fondement, mais également pour toute la gendarmerie nationale. Au-delà tous les anciens militaires de cette prestigieuse institution, ses amis et ses sympathisants, en raison du rôle capital qu’elle joue au sein de notre pays.
En résumé, dans l’optique de donner suite à une réquisition de l’autorité administrative compétente, pour mettre un terme à des velléités signalées par une partie des habitants du village de Tobéne, (Région de Thiès) dont un nommé Ardo GNINGUE, déterminés à troubler l’ordre public pour s’opposer à une décision administrative.
Ce village se trouvant dans la circonscription territoriale relevant de la direction opérationnelle du Colonel Cheikh SARR basé à Thiès, un détachement d’éléments de gendarmerie devant servir de renfort a donc quitté Thiès, pour ce rendre sur les lieux avant d’être rejoint par le Colonel Cheikh SARR.
L’objectif visé connaissant l’abnégation de cet officier de valeur, contrôler l’action de son personnel en apportant les redressements nécessaires et soutenir ses éléments engagés dans l’action. Pour qui connait les différents maillons de la chaine de commandement, d’une Légion jusqu’à la brigade l’unité élémentaire, particulièrement une aussi importante Légion de Gendarmerie comme la L.C.O (de Thiès jusqu’à Touba), cet officier pouvait même se garder d’effectuer le déplacement et se limiter à donner des directives opérationnelles à partir de son bureau. Mais ce serait étonnant connaissant l’enthousiasme professionnel qui anime cet officier hors du commun, son pragmatisme.
D’ailleurs dans le concert des différents commentaires et témoignages des internautes, consécutifs à la publication de cette affaire dans les réseaux sociaux, se dégage une constance  : «  un officier de valeur, parce qu’ayant servi  partout ailleurs avec honneur et patriotisme, dans la droiture et l’exemplarité ». Aussi soucieux de l’importance de la mission confiée, il a préféré quitter le confort de son Etat-major pour s’engager résolument vers le théâtre des opérations.
Au terme de sa mission s’appuyant sur la légitimité et les normes requises, le Colonel SARR dont le nom ne figure même pas sur le procès-verbal qui sanctionne les opérations effectuées et transmis à monsieur le Procureur compétent, parce qu’ayant agit en qualité de Directeur opérationnel, a été surpris d’apprendre que son nom et sa photo circulent à travers les réseaux sociaux. Au motif qu’il serait auteur de tortures contre un nommé Ardo GNINGUE.

II-POINT DE VUE

Naturellement, la lecture des faits allégués à travers la presse sur cette affaire, n’écarte point une compilation de motifs superfétatoires qui n’excluent point la volonté de jeter le discrédit sur cet officier au-delà, sur la gendarmerie.
A titre d’exemple, on raconte qu’un sachet de chanvre indien aurait été introduit par les gendarmes dans la poche d’un individu déjà arrêté. Ce même GNINGUE ayant déposé plainte en déclarant être victime de tortures, s’empresse de tirer ses propres conclusions en récusant la Section de Recherches de la gendarmerie qui l’avait convoqué pour donner suite à sa requête. Prétextant que l’enquête est biaisée, du fait qu’elle est confiée à cette unité qui était sous le commandement du Colonel SARR.
Avant de demander que l’enquête soit confiée à la police nationale, pour garantir l’impartialité. Alors que cet officier avait fini son temps de commandement dans cette unité, depuis pas moins de dix années sauf erreur.
En effet, on reconnait au sieur NGINGUE son droit d’ester en justice s’il estime être victime de tortures. Mais sous réserve de laisser la juridiction compétente le soin de faire ouvrir une enquête, aux fins d’obtenir la preuve des allégations fournies, avant d’incriminer qui que ce soit. Car des résultats de cette enquête dépendent, la décision du tribunal. Pour au besoin prononcer une condamnation, voire la réparation du préjudice de la victime. Dans l’optique de préserver l’ordre social, en tenant compte bien entendu de la culpabilité ou l’innocence de ou des personnes désignées dans la plainte. Ce qu’il convient d’appeler subséquemment, préserver l’honneur voire la liberté des personnes soupçonnées, car c’est de cela qu’il s’agit.
Il faut peut-être le rappeler, un principe de droit élémentaire nous apprend, que tant que sa culpabilité n’est pas encore établie, la personne désignée comme étant coupable de faits incriminés, doit toujours être considérée au cours d’une enquête, comme une personne soupçonnée. C’est ce qu’il convient d’appeler :

« La présomption d’innocence ». 

Donc pour revenir sur le sujet d’actualité, le sieur GNINGUE qui avoue être victime de tortures, saisit la justice de notre pays avec un certificat médical je pense de cinq jours sauf erreur à l’appui. Avant le procès pénal pour donner suite à cette saisine, voire après le verdict, on aperçoit à travers des réseaux sociaux, une sorte de campagne dans les réseaux qui s’apparente à une diabolisation, qui cible un valeureux officier de gendarmerie, sa photo à l’appui. En le désignant avec des termes péremptoires comme étant le coupable des tortures, infligées au sieur GNINGUE. Tout, porte à croire que ce dernier ne serait pas étranger à cette publication, accompagnée de propos qui portent atteinte à l’honneur et l’honorabilité de ce haut fonctionnaire dépositaire de l’autorité publique. Je peux me tromper, mais de mon point de vue, cela ne devrait pas être admis dans un Etat de droit comme le Sénégal. Il faut avouer que ces propos tendancieux, distillés partout au quotidien dans les réseaux sociaux voire au-delà, puisque j’apprends qu’une plainte aurait été déposée au niveau des organismes qui militent en faveur des droits humanitaires, au niveau de l’ONU (MONUSCO) etc.., traduisent la volonté de jeter le discrédit sur la gendarmerie.

Cette prestigieuse institution dont le rôle est capital au sein de notre nation, voire entamer le moral de son personnel.  

Autant de motifs qui me fondent à émettre de sérieuses réserves sur les faits allégués. En attendant les conclusions éventuelles d’une enquête judiciaire, pour satisfaire les normes internationales en la matière, qui recommandent l’ouverture obligatoire d’une enquête dans le cadre d’allégations de tortures. Mais pour disposer des conclusions de cette enquête, il faudrait bien que la partie qui déclare être lésée, accepte de se présenter devant l’unité désignée par le Parquet pour diligenter la procédure. En l’occurrence la Section des Recherches. Au lieu de s’empresser à déposer sa requête au niveau des autres organismes qui n’ont pas à ce que je sache, la qualité pour mener l’enquête appropriée.

La MONUSCO n’a rien à voir sur les faits allégués. Sauf si l’auteur de la saisine est animé du dessein de nuire.

Si je tiens compte de mes notions sommaires en matière de droit, je pense autant notre législation donne l’opportunité au justiciable de saisir les voies de droit pour se faire justice, autant le législateur s’est soucié de garantir à d’autres justiciables de ne pas être victimes d’allégations non fondées. Encore moins une catégorie de personnes, du fait de l’exercice de leurs fonctions d’autorité publique. C’est ce qui me fait dire que la gendarmerie ne devrait pas se limiter à jouer le rôle d’un sujet passif dans cette affaire.
Autrement dit subir l’action au lieu de se constituer pour faire valoir les droits que lui confère la législation. Naturellement, je ne voudrais pas préjuger sur la décision qu’envisage de prendre la gendarmerie pour freiner ces dérapages. Mais je pense, que le commandement prendra des mesures. Aussi je voudrais conseiller à ce compatriote d’arrêter toute démarche allant dans le sens de porter atteinte à l’honorabilité de l’officier concerné par ses accusations.

En effet, au regard des dispositions du code pénal, notamment dans son article 258 qui stipule  : « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel, le fait est imputé est une diffamation. Lorsqu’elle a été faite par l’un des moyens visés en l’article 248 ».

S’entend tout procédé technique destiné à atteindre le public. A l’image du support des réseaux sociaux.
En tant qu’ancien ayant servi pendant plus de trente années dans la gendarmerie qui m’a tout donné, je ne pouvais donc pas me permettre de garder le silence sur ces attaques répétées, qui sont de nature à fragiliser notre prestigieuse institution qui nous est si chère. C’est en partie cela qui m’autorise à faire un devoir citoyen, en produisant cette présente contribution sous forme de représentation, pour donner mon point de vue sur ce sujet d’actualité. Conscient, que dans le futur des circonstances peuvent en créer d’autres analogues. Au demeurant et par voie de circonstances, je me dois aussi d’éclairer ou de rappeler à l’opinion, le rôle capital que la gendarmerie a toujours joué et continue de jouer au sein de la nation, en vue de participer
à son émergence.

L’autre fondement non moins important qui justifie mes réserves sur le bien fondé de ces accusations d’allégations de tortures, s’appuie dans la ou les considérations suivantes.

Au niveau de la gendarmerie, dans le cadre de la formation du personnel, figure en bonne place une psychologie qui bannit l’usage de la violence sous quelque forme que ce soit. Même dans le cadre du rétablissement et du maintien de l’ordre républicain, si toutes les conditions sont réunies pour l’usage de la force, on recommande toujours aux personnels engagés, de faire preuve de discernement, pour être conforme aux normes internationales en la matière. A ce titre ils sont presque tous préparés à comprendre, qu’au cours de ces opérations, quelle que soit la violence des charges que des manifestants pourraient exercer contre le personnel de la gendarmerie engagé, il faut les considérer d’abord comme des concitoyens en conflit avec l’ordre public, partant la loi. Aussi, il faut veiller même en cas d’arrestation au respect de la dignité humaine et à la garantie des droits des personnes appréhendées. Dans un Etat de droit comme le Sénégal qui se targue en plus d’être un pays phare de la démocratie, c’est là un principe d’action selon lequel  :  «On ne nourrit pas de haine envers les délinquants ».
On se limite à prendre les dispositions appropriées en s’appuyant sur la légalité, avant de les mettre à la disposition de la justice. Je n’étais pas sur le théâtre des opérations à Tobéne, mais si on se base sur les informations diffusées par la presse, je pense que la gendarmerie n’est pas sortie de ce cadre.
En plus, étant moi-même dans un récent passé intervenant au niveau de l’Ecole des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) pour une remise à niveau de la formation des apprenants, je puis en conséquence témoigner que l’accent a toujours été mis sur cet aspect, dans le cadre du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui constituent les meilleurs garants que l’on peut offrir aux membres des forces de sécurité. Dans le souci bien entendu, d’accroître leur capacité opérationnelle, mais singulièrement dans l’optique de les amener à des pratiques dignes non seulement d’une force républicaine, mais conformes aux standards internationaux en la matière. Au motif que le monde nous regarde, et notre pays se targue à juste titre d’être un Etat de droit et de démocratie.
De même, le commandement de l’EOGN a toujours insisté sur la nécessité de faire remarquer aux apprenants venant de rejoindre l’institution, parce que certains provenant des universités, que nous vivons l’ère où la primauté est accordée à la mondialisation et partant à l’internalisation des droits inaliénables de l’homme de manière générale.
Sous ce rapport, l’homme dans un sens large en tant qu’être, devient la préoccupation majeure des Etats de droit. Encore moins pour le représentant de la loi qui n’a pas droit à l’erreur, parce que justiciable au même titre que tous. Soldat de la Loi, il doit par voie de conséquence, adapter son savoir-faire et son savoir-être à cette nouvelle donne, du troisième millénaire. Etre professionnel et donc savoir-faire ne suffiront plus pour ce contexte actuel, pour devenir un digne représentant de la loi. Il faut savoir être d’où la nécessité de savoir se comporter.
Pour toutes ces considérations, ma conviction est que c’est quasiment impossible, de voire un gendarme de  surcroît, un officier de haut rang, s’engager dans une quelconque forme de violences hors les cas prévues par la loi.
Le Général de Division Jean Baptiste TINE, Haut commandant de la gendarmerie est intransigeant dans ce domaine. Aussi, dès qu’il a connaissance de bavure de cette nature impliquant un personnel de l’Arme, il s’empresse de faire effectuer une enquête par l’Inspection Générale de la Gendarmerie pour déterminer les circonstances. Si les faits signalés sont avérés, des sanctions disciplinaires sont prises immédiatement, sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourraient être ordonnées, si le Ministère public le requiert.

III-LA GENDARMERIE NATIONALE ET L’APPRECIATION D’UNE HAUTE AUTORITE SUR SA MANIERE DE SERVIR

En somme donc au sein de la Gendarmerie, c’est connu de tous, on ne répétera jamais assez, que le Gendarme est garant de la loi. Son comportement, sa tenue en sont l’expression formelle par conséquent ils ne doivent pas donner lieu à la critique.
Le comportement du Gendarme donc doit avoir valeur d’exemple parce qu’étant un modèle aux yeux de ses concitoyens. Il doit toujours avoir à l’esprit, que ses fonctions tout comme ses interventions le placent au contact de toutes les couches sociales et souvent au premier plan.
En plus avant de terminer, je voudrais mettre à profit cette opportunité pour faire remarquer à la génération du personnel gendarme actuelle et future, une partie de l’historique de l’institution qu’ils ont le prestige de servir.
La Gendarmerie nationale sénégalaise dont l’efficacité continue d’être en perpétuelle évolution, est investie d’une mission transversale qui couvre tout le spectre de la vie de la nation depuis sa naissance à nos jours. Elle constitue un instrument de gouvernance sécuritaire, qui se distingue par son efficacité, dans l’exécution des missions d’ordre judiciaire, administratif, militaire voire économique. Naturellement pour résumer, cette institution est devenue sénégalaise en 1960. Mais sa présence sur le territoire national remonte à bien longtemps avant les indépendances.
La gendarmerie est en effet un pilier de l’Etat de droit avant d’être un outil sécuritaire efficace. Par son organisation, son fonctionnement et les valeurs qui guident l’action de son personnel, elle a une vocation d’instrument de consolidation de l’Etat. Ensuite, les innombrables missions accomplies par cette prestigieuse institution depuis notre souveraineté nationale, illustrent parfaitement la raison d’être de la Gendarmerie comme force militaire et partie intégrante des forces Armées.
La Gendarmerie sénégalaise inspire aux autorités et aux populations, un modèle de professionnalisme, de sacrifice, de loyauté et d’esprit républicain. Sa neutralité et son impartialité, mais aussi l’esprit de sacrifie, de courage de ses hommes dans l’accomplissement de leur devoir, lui ont valu la confiance des autorités étatiques et l’estime des populations en général. Aussi, c’est en reconnaissance à sa participation active à la vie de la nation sénégalaise, que le Président Léopold Sédar SENGHOR premier Chef d’Etat du Sénégal, a rendu à cette institution, un des plus beaux hommages au moment de quitter le pouvoir, sur les pages de son livre d’or  :

– Le Président Léopold Sédar SENGHOR

« En prenant ma retraite politique pour passer le flambeau à la génération suivante, je suis heureux d’adresser toutes mes félicitations à la Gendarmerie nationale. Ce n’est pas un hasard, si en son temps, j’ai décidé que la garde présidentielle serait composée de gendarmes.
Arme d’élite grâce à la riche variété de leurs connaissances en matière de défense militaire et de sécurité civile, les gendarmes, depuis notre indépendance nationale acquise en 1960, se sont montrés disciplinés, instruits, efficaces parce qu’animés d’un patriotisme au-dessus de tout éloge. En leur faisant mes adieux, je leur renouvelle ma confiance pour l’honneur de la nation et la sécurité des sénégalais. Ils seront toujours à la hauteur de leurs devoirs ». Signé Président Léopold Sédar SENGHOR.

IV-CONCLUSIONS

Autant de raisons qui font qu’il serait illusoire de penser qu’en menant campagne pour fustiger les forces de sécurité et de défense, on parviendrait à installer la léthargie dans leur camp, pour les amener à croiser les bras et laisser le terrain aux activistes, mener tranquillement leurs revendications, hors les cas autorisés par l’autorité compétente.
Que mes lecteurs veuillent bien excuser de ce qu’il peut y avoir d’inopportun dans cette contribution. Je ne voudrais pas que mes formateurs et d’autres qui m’ont accompagné dans ma mission avant d’être admis à la retraite, soient amenés à me reprocher de garder le silence, quand il fallait parler pour la défense de l’institution. HONNEUR-PATRIE.El Hadj Papa Cissé GUEYE, Adjudant Major Gendarmerie en retraite, Officier dans l’ordre du Lion, Médaillé Militaire du Sénégal, Officier dans l’ordre du Mérite, Médaille d’honneur de la Gendarmerie, Médaillé d’Honneur ONU

LE MAGAL VA SE TENIR DANS SON FORMAT INITIAL (KHALIFE GÉNÉRAL DES MOURIDES)

Diourbel, 5 sept (APS) – Le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a assuré samedi, par la voix de son porte-parole, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, que le magal de Touba va se tenir dans son format initial, comme le faisait ses prédécesseurs.
La position du khalife général des mourides sur la célébration du magal ne souffre d’aucun doute. Serigne Mountakha va faire comme ses prédécesseurs, a rapporté Serigne Bassirou Mbacké.
Il s’exprimait au terme d’une visite de chantier effectuée par le khalife au complexe islamique de Mbacké.
Le khalife général des mourides est là pour préserver le legs des anciens donc soyez-en rassurés, a affirmé le porte-parole des mourides, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre.FD/MD

Bara Ndiaye traîné à l’OFNAC pour « détournement » de 77 millions

https://www.seneweb.com Le maire de Méouane, par ailleurs Directeur général de La Maison de la Presse, est traîné devant l’Office national de lutte contre la corruption et la Concussion (OFNAC) par 27 conseillers municipaux.
Selon le quotidien EnQuête qui donne la nouvelle, ils comptent également saisir la Cour des comptes et le général François Ndiaye de Force-Covid-19.
Les conseillers et 5 membres du comité de ciblage des ménages lui reprochent d’avoir détourné les 77 millions Fcfa destinés à l’achat de semences, d’intrants et de kits alimentaires au bénéfice des populations impactées par la Covid-19.
D’après les informations glanées par le journal, sur les 44 millions destinés à l’achat de vivres, le maire n’a acheté que 2035 sacs de riz.
En ce qui concerne l’achat des matériels de construction, Bara Ndiaye a distribué dans les 72 villages relevant de sa commune une bouteille de gel et une autre de désinfectant vendues au prix de 300 Fcfa sur le marché.
Le camp du maire, joint les soins du journal, dément et parle de «chiffres fabriqués», pour salir l’image Bara Ndiaye.

Taxé de méchant, Imam Kanté répond à ses détracteurs : «Projet « Akon city » : lettre aux personnes « bonnes » et Xaré citoyen» Par Imam Ahmad Kanté

Je parle de gouvernance foncière, de tourisme éthique et solidaire, de contrôle citoyen de l’action publique, d’accès à l’information publique, de transparence, etc, et voilà que des personnes « bonnes » crient à la méchanceté.
Ce sont ces personnes « bonnes » qui donnent plutôt l’impression d’être méchantes en ce qu’elles ne veulent pas reconnaître que je peux vendre au prix fort mon silence…combien de personnes en savent plus que moi sur tous ces dossiers d’intérêt public et se taisent ? Ce n’est certainement pas par bonté !
Je resterai de marbre inchaa Allah, jusqu’à ce que les pouvoirs publics et le promoteur du projet « Akon city » acceptent de jouer le jeu de la bonne gouvernance et répondent aux questions que n’importe quel citoyen a le droit de poser sur les décisions et la gestion des affaires publiques.
Grace à Dieu, je n’ai pas le complexe des maquettes, des célébrités, des promesses d’argent, et de je ne sais quoi d’autres. Je ne « jalouse » que des personnes de foi et de vertu  comme me l’a enseigné le sceau des prophètes (saws).

Aussi, j’ai appris du Coran qu’il ne suffit pas seulement de bâtir, mais de donner du sens à ce qu’on fait.

Ces mêmes personnes « bonnes » parlent d’investissements comme de quelque chose qui prime sur toute autre considération. Même si c’est Satan qui est l’investisseur, ces personnes « bonnes » sont d’accord pour lui étaler le tapis rouge!
Je leur réponds que s’il ne s’agissait que de cela, il y a du monde qui a la capacité financière d’acheter notre cher petit pays en terme de foncier…d’en faire et d’y faire n’importe quoi…
Il faut éviter, aujourd’hui et maintenant, de prendre des décisions sur les affaires publiques au nom du dieu investissement, qui sont de fait des actes de dépossession du peuple de ce qui est comme le dit la constitution, sa propriété.
Les détenteurs éphémères des pouvoirs publics ne devraient se comporter que comme gérants-comptables de la propriété du peuple, d’où l’injonction du Coran à leur endroit « Dieu vous commande de restituer les dépôts aux ayants droit »
C’est maintenant et sur des projets, pas après, que nous pouvons peser de tout notre poids citoyen afin que les pouvoirs publics tiennent comptent de nos préoccupations et ne mettent pas demain nos enfants et petits enfants à l’étroit ou à la marge dans leur propre pays. Ils seront alors en droit de nous en vouloir, pour haute trahison du legs. Que Dieu nous en préserve!
Sous ce rapport, ma posture de citoyen actif qui reste vigilant sur toute question d’intérêt public dans mon pays est plus qu’un droit, un sacerdoce, je dirai même une œuvre cultuelle au sens de l’islam. Cela, même les personnes « bonnes » ne pourront me l’enlever.
Ce qui précède constitue la base éthique ou si vous voulez, un manifeste du Xaré citoyen que je compte poursuivre inchaa Allah sur ce dossier comme sur d’autres, avec les intéressés comme il est de droit. Afin qu’aucune personne « bonne » n’en ignore. Wa Salam !Imam Ahmad Kanté,Expert en environnement et économie solidaire


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