Revue de presse du Dimanche 04 Avril 2021

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LA FÊTE DE L’INDÉPENDANCE “DANS LA SOBRIÉTÉ”

Dakar, 4 avr (APS) – Le chef de l’Etat Macky Sall a présidé dimanche une cérémonie de levée des couleurs marquant la commémoration du 61e anniversaire de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale.
Cette cérémonie solennelle s’est déroulée “dans la sobriété’’, au palais de la République, en présence notamment des présidents d’institutions constitutionnelles.
Comme l’année dernière, l’esplanade du palais de la République a abrité cette cérémonie.
A son arrivée sur les lieux peu avant 10 heures, le président de la République a passé en revue un détachement de la garde présidentielle et salué le drapeau national, au rythme de la musique de la Gendarmerie nationale.
Le chef de l’Etat a reçu ensuite les honneurs de l’escadron spécial de la garde présidentielle, avant d’assister à la levée des couleurs.
Outre les présidents d’institutions constitutionnelles, étaient également présents, des membres du gouvernement et plusieurs autorités publiques.
Il s’agit du président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, de la présidente du Haut conseil des collectivités territoriales Aminata Mbengue Ndiaye, du président du Conseil économique social et environnemental Idrissa Seck,
Il y avait aussi le ministre des Forces armées, Me Sidiki Kaba, le chef d’état-major des armées le général Cheikh Wade, le Haut commandant de la Gendarmerie le général Jean Baptiste Tine.
Le thème de la fête nationale de cette année porte sur “Forces de défense et de sécurité et protection des frontières”.BHC/BK

LE PRÉSIDENT SALL GRACIE 908 PERSONNES

Dakar, 4 avr (APS) – Le chef de l’Etat, Macky Sall, a gracié 908 personnes condamnées pour divers infractions et détenues dans différents établissements pénitentiaires du pays à l’occasion du 61-ème anniversaire de l’accession du Sénégal à l’indépendance, a-t-on appris du ministère de la Justice.
Selon un communiqué de ce département, parmi ces personnes graciées, 811 personnes ont bénéficié de remises totales de peines, 63 de remises partielles de peines.
Le texte ajoute que 16 grands malades, cinq mineurs, cinq condamnés âgés de plus de 65 ans et huit commutations de perpétuité en 20 ans de réclusion criminelle font également partie des personnes graciées.
Le président Macky Sall “offre ainsi à une catégorie de citoyens, momentanément en conflit avec la loi, l’opportunité de retrouver la famille et profiter de cette seconde chance qui leur accorder pour se réinsérer dans la société”, note le communiqué.
Le président Sall “poursuit également, à travers cette importante mesure, sa politique pénitentiaire relative à la lutte contre le surpeuplement et à l’amélioration de la prise en charge des détenus”, indique la même source.BHC/BK

Relations Guinée – Sénégal : Alpha Condé bat en arrière

https://www.financialafrik.com Le président guinéen Alpha Condé a saisi l’occasion de la fête nationale de l’indépendance du Sénégal pour adresser, via un communiqué lu à la télévision nationale, le 3 avril 2021, ses vœux à son homologue Macky Sall et au peuple sénégalais tout en réaffirmant son engagement en faveur du dégel et du dialogue.  » Je voudrais vous assurer de ma ferme détermination à œuvrer de concert avec vous pour le renforcement et la diversification de nos liens d’amitié de fraternité, unissant si heureusement nos deux pays », a déclaré Alpha Condé à Macky Sall.
Il faut dire que cette main tendue intervient au lendemain de virulentes critiques du président Guinéen contre le Sénégal accusé régulièrement d’ingérences. De son côté, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), multiplie les missions de bons offices pour la réouverture des frontières entre la Guinée et ses deux voisins, le Sénégal et la Guinée Bissau, considérés par le locataire du palais de Sekoutoureya comme des soutiens à Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition du pays. Reste à savoir si ce communiqué lu à la télévision guinéenne, aussi important soit-il sur le plan régional, règle, en interne, le contentieux électoral qui paralyse le champ politique du « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest » depuis la réélection, en octobre 2020, du président Alpha Condé, 83 ans, à un troisième mandat. De notre correspondant permanent à Conakry, Mamadou Aliou Diallo.

Le résultat net de la BCEAO chute de 46% à 69 milliards FCFA en 2020

https://www.sikafinance.com L’exercice 2020 s’est achevé à la BCEAO sur une contreperformance significative, induite indubitablement par sa politique monétaire ultra-accommodante dont le but est de garantir un financement adéquat de l’activité économique, en dépit de la persistance de la Covid-19.
En effet, le résultat net est passé de 127, 52 milliards FCFA à fin décembre 2019 à 69, 24 milliards FCFA à fin décembre 2020, soit une chute de 46% ; en lien notamment avec une baisse de 5, 33 milliards FCFA des charges d’exploitation.
Cette évolution s’explique également par la mauvaise orientation du produit net bancaire qui s’est contracté de 17% à 259, 24 milliards FCFA, tirée par le repli respectif de 23% et de 31% du résultat net d’intérêts et du résultat net de change, en dépit d’une hausse de +6% des produits de commissions.
Toutefois, la forte progression de +102% à 1 319, 45 milliards FCFA des avoirs sur le Fonds monétaire international, conjuguée à l’appréciation de 22% à 1 371 milliards FCFA des avoirs en or, ont permis aux capitaux propres de l’institution d’émission monétaire de se consolider de +8% à 2 798, 2 milliards FCFA fin décembre 2020.Il s’ensuit que le total bilan de la Banque centrale s’est affermi de +18% à 20 961, 69 milliards FCFA en 2020.Dr Ange Ponou

UEMOA : 10 500 milliards FCFA empruntés sur le marché régional en 2020, selon la BCEAO

https://www.sikafinance.com Les emprunts contractés par les Etats membres de l’UEMOA sur le marché financier régional sont ressortis à un niveau très élevé de 10 486, 8 milliards FCFA en 2020, contre 4 428, 9 milliards FCFA en 2019, soit une forte hausse de +136, 8%, selon les données publiées ce 1er avril par la BCEAO.
Ces ressources obtenues grâce à un nombre élevé d’émissions de bons du trésor et d’obligations, étaient essentiellement destinées à faire face aux conséquences sociales, économiques et sanitaires causées par la propagation de la Covid-19 dans la zone.
Dans le détail, les émissions de bons du trésor ont permis de lever 5 504, 1 milliards FCFA à fin décembre 2020, contre 4 982, 7 milliards FCFA pour les émissions d’obligations, dont 3 237, 7 milliards FCFA via les émissions obligataires par adjudication et 1 745 milliards FCFA pour les émissions obligataires par syndication.
Les levées ont été particulièrement intenses sur les 3 derniers trimestres de l’année 2020 où respectivement 27, 9% ; 28, 2% et 27, 9% du montant global ont été mobilisées.
On note que sur l’ensemble des émissions en 2020, les émissions nettes qui représentent les emprunts réalisés dans le but de financer de nouveaux projets, se sont établies à 4 181, 1 milliards FCFA contre 910, 8 milliards FCFA un an plus tôt.
Par ailleurs, le coût moyen des ressources levées par les Etats sur le compartiment des bons du trésor s’est significativement replié sur la période. Le taux d’intérêt moyen pondéré est ainsi passé de 5, 36% en 2019 à 3, 28% en 2020.
Cette détente des taux d’intérêt est en lien avec la baisse des taux directeurs approuvée par la BCEAO.
En ligne avec ce qui précède, l’encours global des titres publics est ressorti à 15 064, 6 milliards FCFA à fin décembre 2020, représentant 16, 6% du PIB de l’Union.Dr Ange Ponou

L’ACCÉLÉRATION DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE, DÉFI MAJEUR DU PAYS (MINISTRE)

Dakar,  3 avr (APS) – L’accélération de la croissance économique constitue désormais “le défi majeur” auquel le Sénégal est appelé à s’attaquer, a déclaré, samedi à Dakar, la ministre du Commerce et des PME, Aminata Assome Diatta.
“Aujourd’hui, le défi majeur du Sénégal est de parvenir à une accélération de la croissance”, a-t-elle notamment indiqué, à l’ouverture des travaux de la 21ème session de l’assemblée générale du Mouvement des entreprises du Sénégal (MDES).
 L’Etat du Sénégal a besoin des acteurs du secteur privé pour atteindre cet objectif, a-t-elle ajouté, en présence de plusieurs chefs d’entreprises et d’officiels ainsi que des partenaires techniques et financiers.
 Aminata Assome Diatta a rappelé que l’investissement privé demeure au cœur de la croissance économique et de la création d’emplois.
Elle a assuré au secteur privé de l’intérêt que son département accordera aux conclusions qui sortiront des échanges de cette rencontre, promettant qu’elles feront l’objet d’un suivi et d’un traitement “appropriés”.
 “La génération massive d’emplois rémunérateurs, condition sine qua non de la victoire sur la pauvreté n’est possible qu’avec la présence et l’engagement des décideurs économiques compétents, résolument tournés vers la modernité et maîtrisant les nouveaux outils de gestion et de management”, a de son côté soutenu Innocence Ntap Ndiaye, présidente du Haut Conseil du dialogue social (HCDS).
Dans ce cadre, dit-elle, l’Etat a aussi un rôle important à jouer pour créer les conditions idéales d’émancipation de l’appareil de production et de services du pays.
“Ce rôle est devenu aujourd’hui, plus crucial et doit être plus efficace, car le monde connaît une globalisation totale, un libéralisme non contrôlé et une spéculation financière qui prend de plus en plus le pas sur l’économie réelle”, a-t-elle expliqué.
Elle relève que “cette situation engendre des crises cycliques qui perturbent durablement l’ordre économique et social de notre planète”.
Pour sa part, le président du MEDS, Mbagnick Diop, insiste sur l’opportunité d’une veille stratégique constante selon lui nécessaire pour garder et acquérir des parts de marché.
“C’est la raison fondamentale pour laquelle notre ambition dans cette dynamique, en tant qu’organisation patronale est de rester plus créative, plus dynamique et davantage engagée dans la voie de l’émergence nationale et de la compétence distinctive dans la promotion et le management de l’action entrepreneuriale”, a-t-il indiqué.
Selon lui, le MEDS est dans une dynamique de croissance avec son “positionnement traditionnel unique” dans l’univers patronal en tant qu’organisation de réflexion stratégique, d’initiatives novatrices et de propositions.SG/ASG/BK

La lettre de politique sectorielle 2021- 2025 validée

http://www.sudonline.sn La lettre de politique sectorielle du ministère de la microfinance, de l’économie sociale et solidaire (Lpsd) couvrant 2021-2025 a été validée hier, vendredi 2 avril, à Dakar par les toutes les structures relevant dudit département ministériel. La validation de la Lpsd a été actée par les ministres de la microfinance Zahra Iyane Thiam Diop et Amadou Hott de l’Economie, du plan et de la coopération dans le cadre d’un partenariat
La ministre de la Microfinance, de l’économie sociale et solidaire, Zahra Iyane Thiam Diop, et son collègue de l’Economie, du plan et de la coopération, Amadou Hott, ont signé hier, vendredi 2 avril, la lettre de politique sectorielle de développement (Lpsd 2021-2025) du secteur de la microfinance et de l’économie sociale et solidaire.
La ministre d’affirmer que «l’accès des populations aux services financiers et non financiers constitue une préoccupation majeure du Gouvernement, car contribuant à leur bien-être économique et social». Sur ce, elle avance que «la lettre de Politique sectorielle de développement de son département, objet de validation vise entre autres l’optimisation de la qualité de l’offre de services financiers sociaux et solidaires et ses canaux de distribution ; le renforcement de la capacité des opérateurs économiques de l’Economie sociale et solidaire (Ess) et de la structuration de leur demande de financement ; l’amélioration du cadre institutionnel et juridique de la gouvernance du secteur».
Selon elle : «l’opérationnalisation de cette lettre stratégique permettra de réaliser l’accès durable à la majorité de la population à des services financiers et non financiers adaptés, pour une contribution déterminante à une croissance forte et inclusive au Sénégal d’ici à 2025». Amadou Hott pour sa part dira : «L’élaboration de la lettre de politique sectorielle de développement offre l’opportunité à votre département de disposer d’un cadre de référence vous permettant de passer d’ici peu de la logique de budgets de moyens à celle de budgets programmes».
Cet instrument de planification qu’est la Lpsd «permettra de donner un contenu plus opérationnel aux attributions de votre ministère avec une gouvernance axée sur l’efficacité, conformément aux réformes du cadre harmonisé des finances publiques». Ces réformes majeures, dont le Sénégal est pionnier, ajoutera-t-il «doivent trouver leur socle et leur soubassement à travers la formulation des stratégies sectorielles de développement articulées au Pse».
Pour cela, dira Amadou Hott «nous comptons sur la microfinance et l’économie solidaire qui demeurent de véritables sources de création d’emplois et d’inclusion sociale». A ce titre, poursuit-il : «elles devraient permettre d’atteindre les taux d’occupation des jeunes et des femmes, attendus respectivement à 25% et à 35% en 2023, aux termes de la mise en œuvre du Pap2a»

Forum de Ndioum : L’Apix veut formaliser l’emploi au Fouta

https://lequotidien.sn Les jeunes du département de Podor avaient la possibilité de mettre en place des entreprises en mode fast track au cours du forum sur l’employabilité et l’emploi organisé à Ndioum au cours du week-end passé. En plus, 80 millions ont été débloqués pour permettre à ces entrepreneurs en herbe, de disposer d’un capital auprès de structures partenaires.
La jeunesse de Podor invitée à œuvrer dans le formel, en particulier dans la création d’entreprises.  Pour ce faire, Apix Sa a mis en place le guichet mobile de l’investissement à Ndioum pour apporter une réponse structurelle à la question de l’emploi et de l’employabilité des jeunes. Hier vendredi 2 avril, des structures aussi importantes de l’Etat que l’Adpme, la Der, l’Anpej, appuyées par la Cms, ont exposé pour une première approche avec les jeunes entrepreneurs. Ils ont compris qu’ils ont à leur disposition 80 millions de Francs Cfa, qui devraient leur servir à lever des fonds pour leurs activités économiques. Une visite guidée des ministres des finances Abdoulaye Daouda Diallo et son collègue de l’enseignement Supérieur Cheikh Oumar Hann assurée par le dg de l’Apix SA Mountaga Sy.
Stand après stand, les ministres et les jeunes découvrent ensemble l’intérêt des plateformes du guichet mobile pour offrir une chance aux jeunes entrepreneurs du Fouta à investir dans un secteur d’activité de leur choix mais en se basant sur une formalité réglementaire. L’objectif du guichet mobile est de renforcer la visibilité des Plateformes de l’Investissement et de rapprocher leurs services auprès des opérateurs économiques locaux présents dans toutes leurs zones de couverture respectives.
Cette activité de proximité avait pour objectif de faire comprendre aux visiteurs, que les plateformes visaient, entre autres, à leur faciliter l’obtention de documents administratifs (Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, Ninea, Autorisation Fra) et l’agrément aux régimes incitatifs ainsi que l’accès aux services publics d’accompagnement, de mise à niveau et de financement des Mpme. Ainsi, la création d’une entreprise, au cours de ce forum, pouvait se faire en 4 heures de temps, au lieu de 2 mois habituels, expliquera le Dg de Apix Sa, Mountaga Sy.
Le forum sur l’emploi et l’employabilité des jeunes met l’accent sur le développement des compétences entrepreneuriales pour promouvoir et accroître la participation des jeunes de Podor à la promotion de l’entrepreneuriat de la jeunesse. Pour ce faire, les participants au programme bénéficieront des séances de formation et de mentorat sur les thématiques telles que la gestion d’entreprise, la mobilisation de ressources financières. Les candidats ciblés sont âgés entre 18 et 35 ans.

ALIOUNE NDOYE REUNIT LES ACTEURS DE SON SECTEUR AUTOUR D’UNE MÊME TABLE

L’As-Le ministre ne semble visiblement pas être dans les dispositions de rester à la traîne dans la nouvelle dynamique du président Macky Sall qui a exprimé sa volonté de trouver coûte que coûte des solutions aux problèmes des Sénégalais, surtout les jeunes

Le chef de l’Etat a annoncé mercredi la tenue, en fin mai, d’un conseil présidentiel sur la pêche artisanale, en vue de la mise en œuvre d’une stratégie nationale de relance de ce secteur d’activités, à partir de juin prochain. Hier, le ministre des Pêches, Alioune Ndoye, a reçu les industriels du secteur pour recueillir leurs avis. Pour une fois, il avait autour de lui le Gaipes et le Caps d’Alioune Thiam pour aborder plusieurs questions liées à leur domaine d’activités.

Le ministre des Pêches et de l’Economie maritime ne semble visiblement pas être dans les dispositions de rester à la traîne dans la nouvelle dynamique du Président Macky Sall qui a exprimé sa volonté de trouver coûte que coûte des solutions aux problèmes des Sénégalais, surtout les jeunes.
Après la mission que lui a confiée le chef de l’Etat d’aller en Gambie dans le but de permettre aux ressortissants sénégalais vivant dans le pays dirigé par Adama Barrow de reprendre leurs activités de pêche, Alioune Ndoye n’a pas perdu de temps pour mettre en œuvre la volonté etle désir du locataire du Palais qui lui avait demandé d’engager des concertations avec toutes les parties prenantes du secteur de la Pêche.
L’objectif de Macky Sall, à travers cette demande en conseil des ministres de mercredi dernier, est de mettre en œuvre, à partir de juin 2021, une stratégie nationale inclusive de relance durable de la pêche artisanale. Mais pour y arriver, le président de la République veut tenir un conseil présidentiel sur la pêche artisanale en fin mai. C’est pourquoi le maire de Dakar-Plateau s’est tout de suite mis au travail pour réunir autour d’une même table le GAIPES de Saer Seck représenté par Fatou Niang Ndiaye, le Collectif des acteurs de la pêche du Sénégal(CAPS) du président Aliou Thiam et la Coopérative Sénégalaise des Exploitants de Crevettes Profondes (COSECPRO).
En plus de ces groupements et associations des acteurs de la pêche, plusieurs entreprises telles que CFT2, Groupe Maritalia, Senepeco, Pirogue Bleue, Ets Mandiang et frères, Hisepec, Sorecom SA, Senevisa SA, Soperka, Sopasen ou encore Ets Baye Niass ont pris part à la rencontre. Une vraie paix des braves pour des acteurs qui se regardaient jadis en chiens de faïence.
L’occasion a été saisie par les chefs d’entreprises pour étaler leurs préoccupations et leurs attentes à leur ministre de tutelle. Elle a permis également aux acteurs du secteur d’évoquer les conséquences désastreuses de la pandémie de la Covid-19 sur la pêche industrielle de manière générale, et sur la performance de leurs boîtes en particulier. Ne voulant rien au hasard, Alioune Ndoye et ses invités ont abordé plusieurs thèmes qui entrent surtout dans le cadre des directives données par le chef de l’Etat.
Réservant une part belle à l’employabilité des jeunes, comme le souhaite le locataire du Palais depuis les dernières manifestations violentes qui ont secoué le pays, le maire de Dakar-Plateau et ses hôtes ont longuement discuté sur comment le secteur de la pêche pourrait contribuer à résoudre la problématique.
En plus d’être une réunion de travail pour permettre au secteur de la pêche du Sénégal et à l’économie sénégalaise de se remettre sur les rails après le coup dur qu’elle a reçu à cause du coronavirus, cette rencontre revêt un caractère symbolique. Elle matérialise également la réconciliation du ministre Alioune Ndoye avec certains acteurs de la pêche avec qui il était à couteaux tirés. D’ailleurs, le patron de la Coalition nationale contre l’octroi des licences de Pêche industrielle (GAIPES) avait porté plainte contre le directeur de cabinet du ministre, suite à la polémique soulevée à l’époque par l’octroi des licences de pêche. El Hadji Fallilou FALL

PLUS DE 350 PIROGUES A L’ARRET

https://www.seneplus.com L’As-En cette période de pandémie de Covid-19, les populations de Rosso Sénégal sont durement impactées

Les populations de Rosso Sénégal sont très remontées contre les autorités étatiques. Elles s’insurgent contre la fermeture de la frontière, depuis plus d’un an, entre leur localité et Rosso Mauritanie. Conséquences de cette mesure ? Plus de 350 pirogues qui faisaient la navette entre Rosso Sénégal et Rosso Mauritanie sont à l’arrêt. Pour se faire entendre, elles comptent battre le macadam le 05 avril à Rosso.

En cette période de pandémie de Covid-19, les populations de Rosso Sénégal sont durement impactées. Pour dénoncer le calvaire qu’ils vivent depuis plus d’un an, les ressortissants de Rosso Sénégal, en partenariat avec «Urgences panafricanistes», ont fait face à la presse hier. Selon le coordonnateur d’ «Urgences Panafricanistes», Khadim Mbacké Sall, cette localité a été abandonnée à son triste sort par les dirigeants qui, selon lui, pensent que le Sénégal se résume à Dakar.
 «Rosso Sénégal est l’une des localités les plus impactées par la Covid-19. La mesure principale qui a eu plus d’effets sur la population est la fermeture de la frontière entre Rosso Sénégal et Rosso Mauritanie. Qui dit Rosso, dit pirogue. Depuis l’apparition de la Covid-19, plus de 350 pirogues sont à l’arrêt sur décision des autorités locales», clame-t-il. Continuant dans la même lancée, il indique que ces pirogues employaient plus de 500 personnes qui gagnaient entre 10 000 et 15 000 FCFA par jour.
«Elles se débrouillaient pour joindre les deux bouts. Aujourd’hui, ce sont des centaines d’enfants qui ne peuvent plus aller à l’école parce que leurs parents n’ont plus les moyens pour leur payer la scolarité», se désole-t-il.
Selon Khadim Mbacké Sall, c’est un chiffre d’affaire qui dépasse un milliard. «A part les pirogues et les commerçants, des centaines de travailleurs sont impactés à Rosso. Parmi eux, il y a les restauratrices. Des dizaines de familles n’ont plus accès à l’eau et à l’électricité à cause de la fermeture de la frontière parce qu’elles ne peuvent plus payer leurs factures», dit-il. Pour le président de l’Association des étudiants ressortissants de Rosso Sénégal, Mamadou Diop, la première activité économique de la localité est le port. «Par conséquent, quand la frontière est fermée, cela participe à l’appauvrissement de la localité. Nous constatons que l’Etat prend des mesures populistes. La population de Rosso se sent plus mauritanienne que sénégalaise», déclare-t-il.
A l’en croire, les recettes de la douane sénégalaise à Rosso Sénégal sont estimées 10 milliards par an. «Nous n’avons pas un budget de 500 millions FCFA dans la commune alors que nous sommes plus de 20 000 habitants. On lui a donné le statut de ville alors que c’est un gros village, parce qu’en matière de politique publique, nous sommes oubliés». Face à cette situation dramatique, les populations de Rosso Sénégal comptent organiser une marche pacifique le 05 avril afin de dénoncer leur calvaire et exiger l’ouverture de la frontière. Mame Diarra DIENG

LE SERVICE BANCAIRE DÉCRIÉ

https://www.seneplus.com L’As-A en croire Famara Ibrahima Cissé, le prix de la carte Gab instituée pour décourager les attroupements dans les agences est passé de 23 500 à 40 900 FCFA, soit une hausse de 17 400 FCFA

Le président de l’Association des Clients et Sociétaires des Institutions Financières (Acsif) est très remonté contre les institutions bancaires du Sénégal. Famara Ibrahima Cissé qui révèle, entre autres maux, une hausse de plus de 17 000 Fcfa sur le prix de la carte Gab, dénonce la défaillance de la Bceao dans son rôle de régulateur.

Malgré la crise économique née de la pandémie de la Covid-19, les services bancaires ont connu une inflation. Cette information émane du président de l’Acsif qui s’est fendu d’un communiqué pour dénoncer les nombreuses arnaques dont sont victimes les Sénégalais, notamment en cette période de crise sanitaire.
A en croire Famara Ibrahima Cissé, le prix de la carte Gab instituée pour décourager les attroupements dans les agences est passé de 23 500 à 40 900 FCFA, soit une hausse de 17 400 FCFA. «Si les populations, dans leur ensemble, ont adopté des comportements résilients pour réduire les risques de contamination, l’on pourrait constater que dans le secteur bancaire, des mesures sanitaires ont été prises, notamment la fermeture des agences plus tôt que prévu et l’admission au maximum de 5 clients dans lesdites agences, le tout sans mesure d’accompagnement», a rappelé le président de l’Acsif. Mais il estime que ces mesures n’ont pas servi à grand-chose. «D’autant que la banque en ligne n’est pas sécurisée contre les cybercriminels et que les GAB sont inaccessibles en période de pointe par des défauts d’entretien, des pannes, ou avec seulement un service minimum de consultation solde et retrait. De plus, en période pandémique, les agences et GAB ne sont pas pourvus de gel antiseptique ou de dispositifs sanitaires», s’insurge Famara Ibrahima Cissé.
Poursuivant, il estime que la pandémie de la Covid-19 reste un coup dur pour tous les travailleurs qui cherchent désespérément à la supporter, avec une baisse drastique de leur pouvoir d’achat du fait pour certains de la réduction de leurs revenus, et pour d’autres qui recevaient l’intégralité de leur salaire une exigence de solidarité vis-à-vis de leurs parents impactés directement. Par conséquent, il appelle les institutions financières à apporter des réponses aux multiples questions des sénégalais sur les hausses récurrentes liées aux services servis.
Et Famara Ibrahima Cissé d’alerter : «La réponse à ces différentes interrogations est sans appel et traduit plutôt un manque de solidarité des institutions financières et particulièrement de certaines banques qui se sont exclusivement inscrites dans l’enrichissement et non dans l’accompagnement des populations pourtant en difficultés. Cette augmentation abusive des services, notamment la carte GAB en pleine pandémie, affaiblit le pouvoir d’achat des travailleurs déjà mal en point et les empêche de se protéger plus efficacement contre la maladie et de supporter les mesures de restriction. En procédant de la sorte, le secteur bancaire a raté une belle occasion de redorer son blason».
Considérant que la crise sanitaire et économique actuelle doit apprendre aux uns et aux autres que désormais, «l’humain doit être placé au-dessus de la finance», le sieur Cissé se désole du fait que le secteur bancaire n’en ait pas encore tiré toutes les leçons, au détriment des populations, sous le regard impuissant des autorités étatiques et de la Bceao défaillante dans son rôle de régulateur. Aissatou DIOP

Lutte contre la migration clandestine : Une ferme agricole installée à Taïf

https://lequotidien.sn Le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural a inauguré jeudi un domaine agricole de plus de 15 ha à Taïf, une localité du département de Mbacké, région de Diourbel. Et pour Pr Moussa Baldé, ce projet va contribuer à la création de 3 000 emplois dont 70% des bénéficiaires sont des jeunes et des femmes, et 25% des migrants ayant regagné leur terroir. Selon le patron de l’Agriculture et de l’équipement rural, l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole aspire à atteindre un cumul de 50 mille emplois en fin d’année 2021. Ce, dit-il, grâce à ces fermes financées par l’Union européenne. A en croire le ministre Baldé, 34 jeunes et femmes du village de Taïf vont bénéficier de cette belle ferme qui est un outil précieux de travail. Aussi, précise-t-il, ce domaine agricole fait partie d’un ensemble d’initiatives financées par l’Ue à hauteur de 13, 1 milliards de francs Cfa.
Moussa Baldé a également souligné que cet investissement s’inscrit dans le cadre d’un fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne destiné à la lutte contre la migration irrégulière. Pour lui, les revenus de chacun des exploitants de la ferme peuvent dépasser 1, 8 million de francs Cfa, avant d’ajouter que ce financement de l’Ue va intervenir dans les régions de Kolda, Sédhiou et Diourbel, permettant d’exploiter plus 190 fermes Natangué.
Le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural a inauguré jeudi un domaine agricole de plus de 15 ha à Taïf, une localité du département de Mbacké, région de Diourbel. Et pour Pr Moussa Baldé, ce projet va contribuer à la création de 3 000 emplois dont 70% des bénéficiaires sont des jeunes et des femmes, et 25% des migrants ayant regagné leur terroir. Selon le patron de l’Agriculture et de l’équipement rural, l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole aspire à atteindre un cumul de 50 mille emplois en fin d’année 2021. Ce, dit-il, grâce à ces fermes financées par l’Union européenne. A en croire le ministre Baldé, 34 jeunes et femmes du village de Taïf vont bénéficier de cette belle ferme qui est un outil précieux de travail. Aussi, précise-t-il, ce domaine agricole fait partie d’un ensemble d’initiatives financées par l’Ue à hauteur de 13, 1 milliards de francs Cfa.
Moussa Baldé a également souligné que cet investissement s’inscrit dans le cadre d’un fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne destiné à la lutte contre la migration irrégulière. Pour lui, les revenus de chacun des exploitants de la ferme peuvent dépasser 1, 8 million de francs Cfa, avant d’ajouter que ce financement de l’Ue va intervenir dans les régions de Kolda, Sédhiou et Diourbel, permettant d’exploiter plus 190 fermes Natangué.

Afrique : «Bâtir une nouvelle structure de financement»

https://www.lepoint.fr/afrique ANALYSE. Comment repenser le financement d’une croissance durable et inclusive au tournant de la pandémie du Covid-19 ? Les propositions du Cercle des économistes.
En 2020, le PIB mondial a chuté de 4, 4 % d’après la Banque mondiale. L’économie africaine n’a pas été épargnée par la crise. La crise du Covid s’est traduite par un effondrement des flux financiers vers l’Afrique. Les investissements directs à l’étranger vers l’Afrique, qui avaient déjà chuté de 10, 3 % pour s’établir à 45, 4 milliards de dollars en 2019, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), ont chuté de près de 40 % et les flux de transferts des migrants de 25 % en 2020 (Banque européenne d’investissement). La pression fiscale dans la plupart des pays,  qui varie autour de 17, 2 %, est restée très faible malgré les réformes entreprises dans ce domaine. Alors que la directrice générale du FMI,  Kristalina Georgieva, estime l’important besoin de financement de l’Afrique à environ 1 200 milliards de dollars pour la période 2020-2023, le service de la dette publique extérieure a augmenté pour la majeure partie des pays africains,  comme la Zambie endettée en 2019 à 80 % du PIB (Banque africaine de développement) et ayant dépassé la barre des 100 % du PIB en 2020 selon les estimations. Pourtant, ce n’est pas tant le montant de la dette qui importe mais l’impossibilité des pays africains de se financer à bas coût sur les marchés pour mener des investissements productifs et nourrir la croissance suffisante qui permette de rembourser la dette. L’Afrique fait cependant preuve d’innovation. Elle est l’objet de transformations financières exceptionnelles et même leader sur toute une série d’innovations fintech. Les trois années à venir sont donc décisives et l’occasion pour l’Afrique de bâtir une nouvelle structure de financement (source de croissance).
Acteur du Consensus de Dakar, le Cercle des économistes était partenaire du 20e Forum économique international sur l’Afrique, conjointement organisé par la Commission de l’Union africaine et le Centre de développement de l’OCDE, sous la présidence de Macky Sall, président du Sénégal. Tenu le 22 février 2021 sur le thème « Investir pour une relance durable en Afrique », ce forum a été l’occasion de participer aux échanges, mais aussi de faire des propositions concrètes, notamment autour du thème « Repenser le financement d’une croissance durable et inclusive au tournant de la pandémie du Covid-19 ». Celles-ci visaient à traduire les énoncés de convergence du Consensus de Dakar du 2 décembre 2019 en décisions. Nous nous proposons de vous les présenter à travers des points forts.

Améliorer la notation des pays africains

La sixième proposition du Consensus de Dakar mentionne que la notation des pays africains doit être reconsidérée. Le développement de l’Afrique ne peut plus être conditionné à la sévère notation des trois grandes agences internationales. Cependant, les États africains doivent s’assurer que les prêts qui leur sont accordés contribuent au financement d’investissements productifs dans les secteurs d’avenir (technologie, industrie, agriculture, santé, éducation, environnement).

L’amélioration de la notation des pays africains peut passer par les trois points suivants  :

1) Les organisations internationales, le G20 et les pays membres du Club de Paris doivent user de leur influence et s’engager à rappeler aux agences de notation la nécessité d’attribuer des notes objectives aux dettes émises par les pays africains.
2) Il faut recourir à un instrument spécifique pour améliorer la notation  : effectuer un rehaussement de crédit africain (monoline). Cette technique financière repose sur un établissement financier spécialisé qui apporte sa garantie à un agent émetteur de créances sur un marché financier pour améliorer sa notation. Ce rehaussement de crédit a un coût pour l’établissement financier, qui serait ici supporté par les organismes internationaux et les pays qui le souhaitent en y dédiant une partie de leur aide publique au développement. De cette manière, ils garantiraient une partie des prêts accordés aux pays africains pour soulager les finances nationales et redonner confiance aux investisseurs privés.
3) Deux structures doivent être créées pour rendre plus objective la notation des dettes africaines et plus équitable la gouvernance financière mondiale (points 6 et 7 du Consensus de Dakar). La première, une agence internationale de notation pour l’Afrique composée de l’ensemble des grandes institutions financières africaines (Banque africaine de développement, Fonds de solidarité africain et les banques de développement régionales), des grandes institutions internationales (Fonds monétaire international, Banque mondiale) qui apporteront leurs données ainsi que la prise en compte du potentiel du continent et des agences de notation les plus importantes, qui fourniront leur expertise (Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings). La seconde, une structure panafricaine monoline, soit une société rehausseur de crédit. Elle pourrait être composée de la Banque mondiale et du FMI ainsi que des pays du G20 et du Club de Paris qui octroient une garantie explicite sur une partie des obligations des États africains. Cette structure bénéficierait de la meilleure note possible (AAA) ce qui permettrait de rehausser les notes des obligations des pays africains. Le suivi des investissements liés à ces garanties est assuré par l’agence internationale de notation pour l’Afrique.

Mettre en place des financements d’urgence

L’Afrique doit retrouver les moyens d’investir. C’est pourquoi il est absolument nécessaire de prolonger le moratoire décidé pour une partie des pays africains par les pays du G20 et le Club de Paris le 15 avril 2020 jusqu’à ce que l’Afrique retrouve le niveau de croissance calculé en prenant en compte la chute due à la crise du Covid et les croissances que les pays auraient obtenues sans la crise du Covid, selon les projections réalisées en 2020 par la Banque africaine de développement. Il est également nécessaire d’annuler les dettes odieuses (contractée par un régime à l’encontre de l’intérêt public avec la connivence des créanciers, Sack 1929) ou illégitimes (contractée en défaveur de l’intérêt général de la population).
Le développement se fait par une articulation optimale entre l’économie réelle et l’organisation d’un système financier complet.
L’Afrique doit aujourd’hui inventer le système financier le plus adapté à ses besoins, aux singularités des économies nationales pour renouer avec un fort niveau de croissance, comme l’ont fait auparavant les pays développés à économie de marché.
L’Afrique est très en avance dans le secteur des technologies financières.
L’Afrique peut capitaliser son avance par rapport aux pays de l’OCDE dans de nombreux secteurs de technologie financière et sur son réseau de fintech très important. Ces fintech offrent des moyens alternatifs à la faible bancarisation des pays africains, et font partie de la solution pour relever bon nombre de défis (fiscalité, crédit, etc.).

Prendre en compte la fragilité du système financier africain

Malgré ces innovations dans le domaine de la technologie financière, l’Afrique possède un système financier jeune, inégalement développé et qui manque encore de profondeur. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation, dont le nombre limité d’entreprises cotées en Bourse (3 000, autant qu’à la seule Bourse de Bombay), un degré de financiarisation parmi les plus bas au monde (crédit intérieur au secteur privé en pourcentage du PIB de l’Afrique subsaharienne  : 24 %).

Développer un réseau de places financières sur le continent africain

Il est donc indispensable pour bâtir une nouvelle structure de financement de mettre en place des instruments financiers ambitieux ainsi qu’un réseau de places financières élaborées et adaptées à la situation du continent. Une des pistes envisageables serait la constitution de quelques hubs majeurs autour des 28 Bourses qui seraient un des piliers de l’investissement productif avec une bonne gouvernance (décentralisé) et une intensification des échanges commerciaux intrazone. On trouverait dans un même secteur des banques, des institutions de régulation, une Bourse, différents marchés de capitaux (monétaire, dérivés), des fonds d’investissement, des branches des sociétés de notation et de multiples entreprises de services financiers. Cela va bien plus loin que la seule Bourse des valeurs mobilières. Il faudrait également que ces écosystèmes s’organisent avec l’ensemble des agences de réglementation, de contrôle et de rating, des services d’assurance et de réassurances.
Comme toujours dans l’histoire du développement économique, l’économie réelle s’appuie sur des modalités de financement adaptées. La croissance des économies africaines reposera évidemment sur la mise en place de systèmes financiers du XXIe siècle. Par Jean-Hervé Lorenzi*, avec Léa Konini et Théodore Gentil**

EXPLOITATION PETROLIERE ET GAZIERE : Supdeco alerte sur le risque de catastrophes 

https://www.enqueteplus.com Dans un contexte d’exploitation du pétrole et du gaz, certains experts du secteur ont procédé, hier, à un partage d’expériences avec les étudiants de l’Ecole supérieure de commerce de Dakar (Supdeco).
Dans le cadre du Master Trading et logistique du pétrole, le groupe Supdeco a organisé, hier, une séance d’échanges entre les étudiants et certains experts du secteur, autour du thème ‘’Exploitation et aval pétrolier’’.  La filière est, selon ses responsables, la première en Afrique de l’Ouest francophone et existe dans l’établissement depuis 11 ans. Plusieurs profils s’y retrouvent, à savoir les étudiants issus de l’Institut supérieur des transports (une branche de Supdeco), des professionnels qui veulent se lancer dans les métiers du pétrole et du gaz, et des Sénégalais souhaitant avoir une promotion dans leur service.
‘’Les métiers du pétrole et du gaz sont une richesse et peuvent constituer une valeur ajoutée sur l’économie sénégalaise. Dans l’aval pétrolier, il y a une large gamme de métiers  : plus de 500 métiers sont dénombrés dans l’amont comme dans l’aval. Donc, dans ce secteur, on n’a pas de problème d’insertion. Les jeunes arrivent à trouver de l’emploi ou même à entreprendre. Il y a beaucoup de services dans le domaine. Tout le monde ne sera pas trader, ni dans la logistique pétrolière. Supdeco avait anticipé sur la formation, dès qu’on a su qu’il y avait des découvertes. Avec le background qu’on a, on a compris qu’il fallait commencer à former’’, détaille le responsable du Master, Sidy Diop.
 La filière est actuellement à sa septième promotion et exige des connaissances solides dans les matières scientifiques.

L’utilisation du gaz pour une baisse de carbone et du coût de l’électricité

La rencontre a également été l’occasion de revenir sur le contexte des découvertes de pétrole et de gaz au Sénégal, qui a abouti à la restructuration de la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) qui, aujourd’hui, comprend Petrosen Holding (maison mère), une filiale dédiée à l’exploitation et à la production (Petrosen EP) et Petrosen Trading et service (l’aval des hydrocarbures).
Selon la Manager de Petrosen Trading et services, Gnagna Lam, ‘’il était important de restructurer Petrosen, car le gaz va être très important pour le secteur de l’énergie, dans la régénération de l’électricité et donc de la baisse du coût de l’électricité qui sera rendue possible par l’utilisation du gaz. La Senelec est en train de convertir ses centrales de fuel au gaz pour permettre d’avoir une empreinte carbone moins importante, mais aussi de baisser le coût de l’électricité et de valoriser ces ressources (pétrolières et gazières)’’. Par ailleurs, les chantiers en cours visent à augmenter les capacités de raffinage de la Société africaine de raffinage (Sar), la pétrochimie, la production d’engrais au niveau local. ‘’Ces projets de pétrochimie sont importants, ajoute Mme Lam, parce qu’ils permettent de renforcer le tissu industriel qui est un secteur qui va permettre de créer le plus d’emplois, surtout pour la jeunesse. Cette problématique étant absolue, c’était l’occasion de revenir sur cela, pour montrer comment Petrosen est en train d’évoluer pour embrasser les enjeux de l’exploitation pétrolière, mais surtout gazière’’.
Dans le cadre de la redistribution des revenus de l’exploitation pétrolière et gazière, Petrosen assure que l’Etat du Sénégal a débuté la réflexion depuis quelques années, en lançant une concertation nationale à travers le Cospetrogaz.  ‘’De cette réflexion sur la gestion des revenus tirés de l’exploitation du pétrole et du gaz, tout un travail de conception et de benchmarking au niveau international a été fait. Aujourd’hui, nous sommes au stade d’échanges avec les services spécialisés de l’Etat et des partenaires internationaux. Les ministères des Finances, de l’Economie et du Pétrole travaillent sur la redistribution des revenus. C’est une tâche assez difficile, car il faut prendre en compte les risques économiques et toutes les attentes sociales que les Sénégalais ont par rapport à ces ressources’’, fait-il savoir.
 Si le secteur cristallise les attentions, pour le directeur de l’IST, il ne faut pas omettre les questions de sécurité, vu les expériences récentes et même lointaines (catastrophes liées à un naufrage ou à l’éclatement d’un pétrolier).  ‘’J’aimerais attirer l’attention de tout un chacun  : l’histoire a montré que les dégâts les plus catastrophiques viennent du secteur pétrolier. Les cas ne manquent pas. Le dernier n’est autre que l’incendie du puits de Ngadiaga. Je me demande si le Sénégal a une politique prenant en compte ces questions de catastrophe.
Est-ce que nous sommes prêts ? Y a-t-il des techniques de sûreté et de sécurité, de protection de l’environnement et d’écologie mises en place ? Est-ce que Petrosen est prête ?’’, interroge Djibril Ly. L’explosion d’engins d’exploitation, alerte-t-il, risquerait de coûter cher au Sénégal, un pays en voie de développement. ‘’Dans ces cas-là, ce sont des milliards qui s’envolent, sans compter les dégâts écologiques. On va vers une richesse, mais une richesse qui pourrait découler sur des dégâts. Faisons attention. Au-delà de faire rêver ces jeunes-là, on doit sensibiliser les décideurs sur ces questions. Ce sont des sujets dont on ne parle pas’’, ajoute M. Ly.
L’Etat doit, de son point de vue, avoir une politique claire liée à la gestion des catastrophes, et cette notion devrait être insérée dans les sessions de formation. De son côté, la société pétrolière Woodside assure qu’au Sénégal, le premier baril de pétrole verra le jour en 2023. E.M FAYE

Christian de Boissieu : «L’Afrique doit promouvoir un développement plus endogène»

https://www.lepoint.fr/afrique LETTRE ÉCO D’AFRIQUE. Qu’est-ce qui attend l’Afrique au sortir de la crise du Covid-19 ? Aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, l’avis du vice-président du Cercle des économistes.
Délocalisées à la Maison de la radio à Paris, les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence rebaptisées à l’occasion de leur 20e anniversaire « Rencontres économiques Aix en Seine » ont choisi de se pencher sur l’Afrique autour de deux thèmes. L’un autour de l’intitulé « Préserver l’Afrique d’une crise de la dette » avec Carlos Lopes, professeur à l’université du Cap (Afrique du Sud) et ex-secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Yoshifumi Okamura, représentant du Japon auprès de l’OCDE, et Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l’OCDE. L’autre sur la thématique du « Nouveau partenariat Europe-Afrique » avec Élisabeth Moreno, vice-présidente Afrique de Hewlett-Packard, Ibrahima Assane Mayaki, secrétaire exécutif de l’Agence de développement de l’Union africaine, Carlos Lopes, déjà présent sur la dette, Cheikh Kanté, ministre sénégalais en charge du Plan Sénégal émergent, enfin Vincent Rouaix, président de GFI.
En quoi est-il pertinent que, pour cette édition autour du thème « Agir contre les dérèglements du monde, on va s’en sortir », le Cercle des économistes, présidé par Jean-Hervé Lorenzi, se penche sur l’Afrique au sortir de la crise du Covid-19, sanitaire mais aussi économique et sûrement sociale ? Rappelons-nous, au mois de mars, juste avant le début de la pandémie du nouveau coronavirus, l’Afrique était regardée comme la « nouvelle frontière ». Sous l’impulsion de sa stratégie de la nouvelle route de la soie, la Chine a inondé l’Afrique d’investissements, notamment dans le domaine des infrastructures. Le regard posé sur les faiblesses du continent a progressivement changé percevant désormais celles-ci comme des opportunités.
D’aucuns ont compris l’importance stratégique de mettre en place un écosystème vertueux pour transformer le potentiel africain en marchés et de permettre au continent de changer son paradigme dans les chaînes de valeur internationales Perçue comme un continent d’opportunités avec une forte croissance pendant près de deux décennies, l’Afrique va devoir se réinventer du fait du coup d’arrêt de la pandémie au sortir de laquelle la Banque mondiale pronostique pour le continent un « effondrement de l’activité économique », « une augmentation de la pauvreté » doublée de « la mise en danger des vies humaines et des moyens de subsistance des populations ». Professeur émérite à l’université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne), ancien président du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre de 2003 à 2012, Christian de Boissieu, vice-président du Cercle des économistes, s’est confié au Point Afrique sur les défis qui attendent l’Afrique post-Covid-19.
Pour Christian de Boissieu, malgré les énormes défis qui l’attendent, l’Afrique a encore plusieurs cartes à jouer pour changer la trajectoire de son destin. © Glasshouse

Le Point Afrique  : Avant la crise sanitaire du Covid-19, l’Afrique était perçue comme la nouvelle frontière. Pensez-vous que cela va changer ? Si oui, sur quels points et comment ?

Christian de Boissieu  :  Je pense, comme avant le Covid-19, que l’Afrique va être le continent du XXIe siècle. Tout le monde souffre de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques, donc le continent africain aussi. Mais pas plus que les autres… Plutôt moins si l’on en croit les statistiques officielles. Grâce à une intervention rapide, le nombre de décès, bien sûr trop important, y a été relativement (en proportion de la population) plus faible qu’aux États-Unis et dans nombre de pays d’Amérique latine. Il faut se rappeler qu’en mars on prévoyait le pire, ne serait-ce que du fait que le confinement est encore plus compliqué en Afrique qu’en Asie ou en Europe pour des raisons culturelles totalement respectables.
J’admire la manière dont des pays comme le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et tant d’autres ont pris les dispositions nécessaires pour limiter les pertes humaines. Par ailleurs, l’Afrique a, en général, trouvé un équilibre satisfaisant entre des critères sanitaires, appelant à élargir et allonger le confinement pour sauver des vies, et des critères économiques conduisant à ne pas trop prolonger ce confinement afin de limiter la casse économique et sociale. Restons vigilants, en Afrique comme ailleurs, car une deuxième vague serait pour nous tous une catastrophe sanitaire et économique.
Le Covid-19 n’a pas entamé le potentiel économique africain, qu’il s’agisse du dynamisme démographique (pour moi, un atout plutôt qu’un défi), de l’essor de la qualité du capital humain (à savoir retenir et attirer), de l’esprit d’innovation et de l’incorporation des nouvelles technologies. Sur des thèmes importants, l’Afrique est sur la « frontière technologique » ou s’en rapproche vite, qu’il s’agisse des technologies de paiements, des technologies de l’information et de la communication, de l’intelligence artificielle ou de la blockchain… Dire cela, ce n’est pas sous-estimer l’ampleur des défis à relever  : le chômage, les inégalités, la pauvreté, la lutte contre le changement climatique, la lutte contre la corruption… Mais tous ces défis concernent la plupart des pays, avancés comme émergents. C’est ensemble, en mettant en commun nos expériences, nos réussites et nos échecs, et nos financements qu’il faut les relever.

Répliquant au consensus de Washington, des pays africains ont proposé un consensus de Dakar lors de la conférence de Dakar du 2 décembre organisée autour du thème « Développement durable et dette soutenable  : trouver le juste équilibre ». Les pays africains y ont avancé la nécessité pour les institutions internationales d’intégrer dans leurs critères d’appréciation l’impact des dépenses liées à la lutte contre le terrorisme. Faudra-t-il ajouter désormais celui de la nécessaire mise à jour des systèmes de santé ?

Effectivement, le Cercle des économistes a participé activement à la conférence de décembre 2019 qui a proposé d’abandonner le « consensus de Washington » au profit du « consensus de Dakar ». Ce faisant, nous avons voulu sortir de la vision traditionnelle et un peu trop « prêt-à-porter » du FMI et de la Banque mondiale face à des pays souvent surendettés qui viennent y chercher des financements de secours. Même si la conditionnalité (ensemble des ajustements macroéconomiques requis) a évolué au cours du temps sous l’effet de critiques convergentes (dont celles du Nobel américain Joseph Stiglitz), elle reste trop court-termiste et d’un champ trop étroit. La conditionnalité des prêteurs doit désormais s’inscrire dans le long terme, mettre l’accent sur les infrastructures requises pour un développement durable et inclusif, tenir compte, comme vous l’évoquez, des dépenses d’intérêt général liées à la lutte contre le terrorisme, comporter une dimension écologique forte.
La croissance est nécessaire pour faire progresser le niveau de vie (mesuré par le PIB par tête), pour faire reculer le chômage et pour aborder dans de meilleures circonstances la lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités. En Afrique comme ailleurs, cette croissance est compatible avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre (le CO2 représentant à lui seul 70 % du problème à traiter) à condition d’intensifier les économies d’énergie, de modifier le mix énergétique, d’améliorer l’efficacité énergétique… Je ne souhaite ni pour l’Afrique, ni pour l’Europe, ni pour personne la décroissance. La récession de 2020, avec son cortège de faillites d’entreprises et de plans sociaux, n’est-elle pas justement le meilleur vaccin contre l’idée même de décroissance ? Par ailleurs, plus de croissance permettrait de retrouver des taux de croissance supérieurs (en moyenne) aux taux d’intérêt sur la dette, une configuration qui ne gomme pas les affres d’un endettement souvent mal employé (utilisé pour financer non pas de l’investissement mais de la consommation) mais qui évite à tout le moins l’emballement du surendettement. En attendant de retrouver des taux de croissance au-dessus des taux d’intérêt, je salue l’initiative du G20 de mars 2020 de suspendre pour 12 mois le remboursement de la dette de 40 pays africains. Une mesure nécessaire, mais pas suffisante. D’ailleurs, la France et l’Allemagne étaient et sont prêtes à aller plus loin.
En termes de croissance, j’insiste sur le chemin à parcourir. En 2018 et 2019, l’Afrique subsaharienne a, en moyenne, crû respectivement de 3, 2 % et 3, 1 %. Pas vraiment plus que le monde dans son ensemble (respectivement, 3, 6 % et 2, 9 %). En 2020, année de la grande récession, le PIB de l’Afrique subsaharienne va reculer de – 3, 2 % (moins que le monde  : – 4, 9 %) avant de remonter avec modération à 3, 4 % en 2021 (prévisions du FMI de juin 2020). Or, à Dakar en décembre, nous avons fixé un objectif de croissance pour la zone subsaharienne à 6 % par an. Nous en sommes loin. Pourtant, l’objectif peut être atteint si l’on met ensemble les talents, les technologies, les financements et la bonne gouvernance. Seule une croissance de cet ordre permettrait de couvrir convenablement ce que François Perroux appelait les « coûts de l’homme », dont bien sûr les dépenses de santé.

Que faudrait-il faire évoluer dans les critères d’appréciation du risque africain pour que celui-ci ne soit pas exagéré ?

La dette africaine a, en gros, trois composantes  : la dette bilatérale vis-à-vis des États, la dette multilatérale à l’égard des organismes internationaux, et la dette commerciale (ou privée). Que constate-t-on ? Une montée de la part de la dette commerciale, qui est en moyenne autour de 40 % du total. Or cette dette commerciale ou privée porte des taux d’intérêt plus élevés que la dette bilatérale ou multilatérale qui intègre en général des taux d’intérêt concessionnels. La dette africaine coûte donc plus cher qu’avant, dans le contexte où l’Europe connaît durablement des taux proches de 0 %, quand ils ne sont pas négatifs. Un peu paradoxal…
Cette dérive des taux est accentuée par les marchés financiers, les analystes financiers, les agences de rating… qui surestiment le risque africain et donc sous-évaluent les notes de nombre de pays africains. Les uns et les autres appliquent des grilles d’analyse trop classiques, se fondent sur des images et des représentations héritées de problématiques passées. Il faut du temps pour surmonter cette inertie des représentations collectives. Je demande par exemple aux agences de rating de mieux valoriser ce qui se constate sur le continent africain  : le potentiel innovateur et technologique, la disponibilité de talents, le potentiel de croissance, les progrès – lents mais continus – de la gouvernance macro et microéconomique, les avancées dans la transition énergétique et dans l’adhésion à des contraintes écologiques…

Matières premières, investissement, plus forte localisation des chaînes de valeurs, plus d’inclusivité économique… les défis sont nombreux pour l’Afrique. Comment pourrait-elle les relever alors que le repli économique, le protectionnisme et la crise économique généralisée vont nécessairement impacter le soutien et la solidarité des pays du Nord ?

L’Afrique est exposée en 2020 à un cercle vicieux bien connu. La récession s’accompagne d’un repli du cours de la plupart des matières premières, ce qui engendre pour les producteurs de sévères contraintes de financement et de surendettement qui accentuent le phénomène initial. Qu’il s’agisse des prix du pétrole ou d’autres matières premières industrielles ou agricoles, ce que perdent les pays producteurs avec le recul des prix dépasse ce que gagnent les pays importateurs  : le jeu n’est même pas à somme nulle, il risque d’être à somme négative…
Plusieurs facteurs poussent ces temps-ci au retour des frontières et au désir de souveraineté et de contrôle  : la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, avec des hauts et des bas ; la faiblesse de la gouvernance mondiale, faiblesse qui autorise la montée de l’unilatéralisme et de la tentation protectionnisme ; la persistance de tensions géopolitiques ; cerise sur le gâteau si je puis dire, les incertitudes sur les négociations post-Brexit. Ma liste est partielle. Ces facteurs poussant à une certaine fragmentation de l’économie mondiale sont accentués par les conséquences du Covid-19. Cela dit, le mouvement de « démondialisation » à mon avis n’ira pas très loin, sauf nouveau choc géopolitique ou financier majeur. Car il serait, individuellement et collectivement, suicidaire de se passer des avantages de la division internationale du travail. Car les technologies (IA, blockchain…) poussent par nature à la globalisation.
L’ambiance née du Covid-19 pousse, certes, à des relocalisations, populaires aux yeux des opinions publiques, et à de nouvelles stratégies industrielles qui vont avoir des conséquences directes pour les pays émergents en général, l’Afrique en particulier. Je pense par exemple aux velléités affichées par la France de relocaliser la filière santé et médicaments ou une partie de la filière automobile. L’échelle pertinente sera d’ailleurs souvent plus européenne que nationale. Je crois que ces relocalisations seront limitées dans l’espace et dans le temps. Plutôt que de « détricoter » la mondialisation, il vaudrait mieux aujourd’hui chercher à « tricoter » une gouvernance mondiale digne de ce nom. Nous en sommes loin, et le débat ici est de nature politique et géopolitique, non pas technique. Cela fait des années que je dénonce la sous-représentation de l’Afrique au G20… Certes, vu le manque d’effectivité du G20, il y a plus grave. En même temps, c’est une injustice à corriger rapidement vu les tendances de l’économie et de la géopolitique mondiales…
Face au ralentissement inéluctable de la Chine, qui aura des conséquences sur la stratégie africaine de ce pays, face aux tentations de repli de la part des pays du Nord et de certains pays émergents, l’Afrique doit promouvoir un développement plus endogène, plus fondé sur ses propres forces et atouts. Elle doit aussi promouvoir sa propre intégration commerciale, monétaire, financière, juridique…

Objet de démonstration de solidarité de la part de la Chine, premier foyer du Covid-19, l’Afrique peut-elle être encore plus sous influence de l’empire du Milieu à la sortie de la crise sanitaire ?

Si la Chine croît de seulement 1 % en 2020 contre environ 6 % avant le Covid-19, cela équivaut pour elle à une vraie récession (même si la croissance reste positive), avec des ajustements douloureux pour la politique domestique et la stratégie internationale de l’empire du Milieu. Certes, la Chine retrouvera assez vite des croissances plus soutenues sans repartir vers 6 %. Mais le Covid-19 va provoquer des transitions durables. Sans doute faut-il distinguer les flux des stocks  : la Chine ne va pas désinvestir de l’Afrique (effet-stock), disons qu’elle va, pour des raisons d’ajustement interne, ralentir son expansion sur le continent africain (effet-flux), et les IDE chinois pourraient être les premiers concernés.
La nature ayant horreur du vide et compte tenu des défis auxquels sont eux-mêmes confrontés les pays du Nord, il serait souhaitable de promouvoir plus d’IDE d’origine africaine en Afrique. L’épargne est là, disponible en quantité, qu’elle soit formelle ou informelle. Tout est affaire de confiance, de gestion partagée des risques, de bonne « tuyauterie » pour attirer plus de cette épargne vers le financement des entreprises, des infrastructures (santé, éducation…), de l’innovation, de la transition énergétique… De tout ce qui permettra de relever la croissance potentielle et effective, de réduire le chômage en général et le chômage des jeunes en particulier, tout en respectant les normes environnementales et sociales.

Comment pensez-vous que la crise sanitaire du Covid-19 va impacter l’évolution de la Zleca ? Quelle ligne de crête les pays africains devront-ils suivre pour ne pas perdre le fil de leurs ambitions pré-Covid-19 ?

Je salue la création de cette zone de libre-échange qui va rassembler l’ensemble des membres de l’Union africaine. Un projet fédérateur et intégrateur, au moment où,  je l’ai dit, l’économie mondiale connaît des risques de fragmentation. L’Afrique se doit de relever ce saut qualitatif, mais pour moi, il s’agit plus d’une étape que d’un état final. Un marché commun pourrait être l’étape d’après, plus ambitieux et plus impliquant qu’une zone de libre-échange. Il s’agirait alors d’agréger plusieurs marchés communs régionaux déjà en place ou en cours de formation. Il s’agit là d’un processus forcément long, fait d’avancées et de points de blocage. Malgré notre historique et notre expérience de l’intégration régionale, nous avons dû, en Europe face au Covid-19, constater et regretter l’absence d’une Europe de la santé et du médicament. Chacun pour soi… Des réunions à Bruxelles des ministres de la santé des pays de l’UE, cela est très en deçà de ce que pourrait laisser espérer une vraie mutualisation au niveau européen des objectifs et des moyens des politiques de santé. En matière d’intégration et de coopération, l’Afrique doit tirer les leçons des expériences d’autres continents, sans chercher à répliquer tel ou tel schéma ; elle doit trouver sa propre voie.

Avec la crise du Covid-19, la santé s’est révélée une variable économique à part entière. Comment l’intégrer dans les plans de développement et d’émergence. Et surtout, comment la comptabiliser ?

Aller bien au-delà du PIB, afin de raisonner et décider à partir d’indicateurs intégrant les facteurs extra-financiers tels que les critères ESG (environnement, social et sociétal, gouvernance), l’exigence devient universelle. Je constate, plus de 10 ans après le rapport Sen/Stiglitz, la difficulté concrète pour les comptables nationaux et les statisticiens d’aller vraiment « au-delà du PIB ». Malgré tout, continuons à travailler ensemble, à l’ONU, à l’OIT, dans tous les organismes internationaux, afin d’élargir la focale par la prise en compte de tout ce qui se rapporte à l’éducation, à la santé…

Quels préalables voyez-vous qu’il faut régler pour éviter un enlisement de toute la région ouest-africaine du fait de la prochaine disparition du franc CFA et de l’adoption de l’éco ? Quelle démarche vous paraîtrait la plus judicieuse pour changer les paradigmes monétaires de la sous-région ?

Les questions de monnaie, de politique monétaire et de souveraineté monétaire sont centrales. Je salue donc le grand intérêt et la grande ambition de la création de l’éco pour les pays de la Cedeao. Le calendrier ne sera probablement pas celui qui a été annoncé. Mais peu importe, la direction est donnée et la dynamique enclenchée. Les défis à relever sont à la hauteur de l’ambition. Nous en faisons l’expérience en Europe avec l’euro, qui à mon avis est là de manière irréversible, mais nécessite des progrès substantiels dans la gouvernance économique et politique de la zone euro.
L’éco, monnaie commune ou monnaie unique pour la Cedeao ? Le débat n’est pas que sémantique. En Europe, nous avons eu avec l’ECU une monnaie commune se surajoutant aux monnaies nationales, avant de passer à l’euro qui est venu remplacer les monnaies nationales. Du projet africain, je comprends que l’éco a vocation à être d’emblée une monnaie unique à la place du franc CFA et de quelques autres devises. Pourquoi pas ?
L’Afrique de l’Ouest est en train d’adopter la même séquence que la zone euro  : l’intégration monétaire avant l’intégration budgétaire et politique, la monnaie comme point de départ et non comme couronnement. Il faut simplement être conscient de ce que cela représente en termes de convergence des économies et de coordination des politiques économiques nationales. Le pari de la Cedeao et des pays membres est que le « mariage » monétaire va engendrer, de façon endogène, la convergence et la coordination qui permettront à ce « mariage » non seulement de tenir mais en plus de prospérer. L’expérience de la zone euro montre qu’il y a là un vrai défi, qui relève de considérations politiques mais aussi culturelles. J’ajoute un défi supplémentaire dans le cas de l’Afrique  : pour des raisons bien connues tenant à la spécialisation de nombre de pays africains sur les mêmes matières premières, les échanges commerciaux intra-africains demeurent modestes. Une différence notable avec l’Europe. Une libéralisation plus poussée, voire un vrai marché unique entre les pays de la Cedeao, permettrait de les doper. Sans oublier qu’une monnaie unique doit s’adosser à des marchés financiers résilients et intégrés, une condition loin d’être satisfaite aujourd’hui dans la Cedeao. Tout cela, de toute façon, prendra du temps. On ne pourra pas aller plus vite que la musique…
Quant au taux de change de l’éco, je suis partisan de l’ancrer dès sa naissance sur un panier de monnaies composé de trois devises  : le dollar, l’euro et le renminbi chinois. Les pondérations respectives de ces trois devises doivent dépendre de la structure du commerce extérieur de la zone Cedeao. Dans un monde de changes flottants et qui va le rester, il faudra accepter et, à certains moments, rechercher des ajustements de parité pour l’éco. C’est indispensable pour ne pas sacrifier la compétitivité-prix. Des ajustements trop peu fréquents confèrent un caractère excessivement dramatique aux dévaluations, on l’a bien vu avec le franc CFA (au fait, à ma connaissance, ce dernier ne disparaît pas puisqu’il continue à fonctionner dans la zone Cémac).

Comment voyez-vous l’Afrique des sept prochaines années ?

Les analystes, les marchés financiers, les agences de rating surestiment le risque africain, par comparaison avec d’autres régions du monde. Pour ma part, je me sépare de tout ce courant qui va dans le sens d’une surestimation des risques du continent africain. Je demeure fondamentalement optimiste à moyen-long terme pour l’Afrique. Elle a pour elle beaucoup d’atouts  : la dynamique démographique (« il n’est de richesses que d’hommes », disait il y a fort longtemps Jean Bodin), les hommes et les femmes c’est-à-dire les talents, les technologies et la capacité d’innover, les capitaux, les matières premières… Pour valoriser tous ces atouts, l’Afrique doit très vite mettre en place des systèmes de gouvernance crédibles, efficaces et transparents, qu’il s’agisse de la gouvernance macroéconomique ou de la gouvernance des firmes (« corporate governance »). Je souhaite aussi une relance du partenariat euro-africain sur des dispositifs plus équilibrés et résolument gagnant-gagnant, dans lesquels la question de la dette serait l’une des facettes d’une coopération tournée résolument vers le long terme, vers moins d’inégalités et plus de solidarité entre pays mais aussi entre générations. D’une coopération réunissant toutes les parties prenantes, décideurs publics et société civile, dans le respect de la souveraineté des uns et des autres. Propos recueillis par Malick Diawara

Un consulat à Dakhla : Le Sénégal dans le Sahara marocain

https://lequotidien.sn Le Sénégal rejoindra la liste des pays amis et alliés du Maroc qui ont ouvert des consulats à Dakhla, deuxième grande ville du Sahara marocain, selon le site marocain info360. Selon des sources sûres, le consulat sénégalais sera inauguré lundi 5 avril 2021, en présence des chefs de la diplomatie des deux pays, des notables de la région, des autorités locales. Nos sources indiquent également que cette inauguration verra la présence des représentants des consulats étrangers installés à Dakhla.
21 pays au total ont déjà ouvert des consulats à Laâ­youne et à Dakhla. A Da­khla, c’est le cas de la Gambie, de la Guinée, de Djibouti, du Liberia, du Burkina Faso, de la Guinée Bissau, de la Guinée Equa­to­riale et d’Haïti ainsi que de la République démocratique du Congo et des Etats-Unis.
Au niveau de la ville de Laâ­youne, c’est l’Union des Como­res, le Gabon, la Répu­bli­que centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe, le Burundi, la Côte d’Ivoire, l’Eswatini, la Zambie et la Jordanie qui ont ouvert les leurs.

SÉNÉGAL, LES ETHNIES ET LA NATION PAR MAKHTAR DIOUF

EXCLUSIF SENEPLUS – Des propos à relents ethnicistes tenus ces derniers temps dans le pays me poussent à une revisite de la question ethnique, avec cet article du titre éponyme de mon livre publié en 1994
En 1994, j’ai publié un ouvrage intitulé Sénégal  : Les ethnies et la nation. Des propos à relents ethnicistes tenus ces derniers temps dans le pays me poussent à une revisite de la question ethnique, avec cet article du même titre. Un parallèle s’impose ici entre le Sénégal et d’autres pays.

Problématique de l’État-nation

‘’État-nation’ procède de la juxtaposition des deux termes ‘’État’’ et ‘’nation’’. La nation est un concept psychoculturel difficile à saisir. Ce qui donne lieu à des compréhensions différentes.
Les deux conceptions de la nation qui s’imposent encore dans les sciences sociales sont celle du philosophe allemand  J. G. Fichte relayé par G.W. Hegel, et celle de l’écrivain français Ernest Renan.
Dans un texte de 1807, ‘’Discours à la nation allemande’’,   Fichte fonde la nation sur le critère de la naissance et de la culture englobant la langue. Cette conception repose sur la racine latine du terme ‘’nation’’ (‘’natus’’ qui renvoie à ‘’naissance’’). Ce qui a été à l’origine de l’idéologie du pangermanisme prônant le regroupement de tous les locuteurs de langue allemande dans un même État. C’est de là qu’est parti Hitler pour annexer les régions d’Europe frontalières de l’Allemagne abritant des locuteurs allemands, et asseoir sa thèse de la supériorité de la ‘’race aryenne’’ qui a conduit à l’holocauste (extermination des Juifs). Cette conception de la nation véhicule l’ethnicisme, terreau des conflits ethniques.
Ernest Renan, dans un discours prononcé à La Sorbonne le 11 mars 1882, ‘’Qu’est-ce que la nation ?’’, met en avant le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu. Et de préciser que l’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion. Cette conception de la nation favorise la cohabitation paisible entre groupes ethniques et confessionnels.
L’ethnie, parfois appelée ‘’nationalité’’ ou ‘’communauté’’ est un sous-ensemble de la nation. C’est une collectivité d’individus qui se considèrent appartenant à un même groupe qui s’identifie par la culture dont la langue. Une tradition dont l’origine remonte à un ancêtre commun réel ou mythique.
La nation dans ses différentes composantes constitue l’infrastructure qui porte l’État, comme une fondation porte un bâtiment. Pourtant, il peut arriver que les termes ‘’État’’ et ‘’nation’’ soient confondus. L’Organisation des Nations Unies est en réalité une organisation d’États et non de nations. Il existe actuellement dans le monde moins de 200 États, mais plus de 3000 groupes ethniques ou nationalités.

Quand l’Europe ne donne pas l’exemple

Dans l’anthropologie coloniale, les groupes culturels linguistiques d’Afrique n’étaient que des tribus. Pourtant, tribu ou ethnie, de ce point de vue, l’Europe est loin de pouvoir donner la leçon.
Le Royaume-Uni regroupe l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles, et l’Irlande du Nord qui sont des ‘’home nations’’. Depuis 1998, l’Écosse et le pays de Galles ont leur propre parlement et leur propre gouvernement avec Premier ministre. C’est un peu le cas en Espagne avec les Catalans (région de Barcelone) et les Basques, dotés du statut de ‘’communauté historique’’.
Le sport, le football surtout, y constitue un révélateur insoupçonné de l’ethnicisme, pour ne pas dire du tribalisme, conflit entre l’État et la nation.
Au Royaume-Uni, lors des matches de rugby ou de football entre l’Angleterre et l’Écosse, les supporters écossais conspuent l’hymne national God save the Queen pour chanter leur propre hymne Flower of Scotland. Les Anglais le trouvent agressif, mais la fédération écossaise de rugby l’a entériné.
Ces mêmes supporters écossais sont unis contre les Anglais, mais profondément divisés entre eux au plan confessionnel. Les deux plus grands clubs de football d’Écosse, Celtic Glasgow et Glasgow Rangers sont le premier catholique, le second protestant. Les rencontres entre les deux clubs ont souvent été émaillées de violences, jusqu’à morts d’hommes. C’est la guerre de religions catholiques contre protestants de l’Irlande du Nord qui y a été transposée dans le sport.
En Espagne, une particularité de l’Atletico Bilbao qui joue dans le championnat avait été de n’évoluer qu’avec des joueurs basques. Au FC Barcelone, la plupart des joueurs espagnols sont catalans. Les rencontres, le classico, entre le FC Barcelone et le Real Madrid ne sont vues du côté des Africains qui les suivent à la télévision que du seul côté sportif. En réalité, le classico est un phénomène ethnico-politique qui plonge ses racines dans l’histoire de l’Espagne. Le Real Madrid, club de la capitale est le symbole de la royauté et de l’État (le général dictateur Franco en était un fervent supporter), tandis que le FC Barcelone est le symbole de la résistance catalane contre l’hégémonie de la communauté autonome de Madrid, pour l’indépendance.
En France, les habitants de Perpignan, se considérant comme Catalans, supportent le FC Barcelone même rencontrant un club français en Coupe d’Europe. Pour ne rien dire de l’hostilité vivace entre Flamands et Wallons en Belgique.

L’exception sénégalaise

C’est un petit pays d’Afrique de l’Ouest, le Sénégal, qui donne la leçon au reste du monde, avec sa vingtaine de groupes ethniques. Il est intéressant de reproduire les témoignages de deux observateurs étrangers qui lui confèrent le statut d’État-nation.
Pour Françoise Flis Zonabend (Lycéens de Dakar, 1968),
La société sénégalaise se caractérise par une homogénéité fondamentale des ethnies qui la composent … Ce fait assez exceptionnel dans l’Ouest africain mérite d’être souligné.
L’homme d’Église le Père Henri Gravrand qui a vécu dans le pays depuis 1948, dans son ouvrage La civilisation Sereer. Pangool, 1990, déclare être parvenu à deux découvertes  : la première est l’unité nationale du Sénégal fondée sur la parenté des différentes ethnies ; la seconde est que la nation sénégalaise était en gestation depuis très longtemps  :
Depuis huit ou neuf siècles, il n’y a qu’un seul peuple sénégalais, plus uni par les liens de la biologie et de la culture que certains peuples d’Occident.
La conception de la nation de Renan correspond bien à la situation du Sénégal. Lors des premières années 1960, le journal parlé de Radio-Sénégal commençait toujours avec ce propos :  La nation est un commun vouloir de vie commune.
Le conflit casamançais n’a pas mis une ride à cette situation. Le conflit est politique et non ethnique. On n’a jamais vu de batailles rangées entre groupes ethniques de Casamance et d’autres groupes ethniques du pays. Comme c’est le cas dans les pays où le conflit est ethnique.
Lors d’une Conférence internationale sur ‘’Ethnicité et Citoyenneté’’ à Tripoli en 1989, un Burundais représentant l’OUA me demande de lui expliquer la parenté à plaisanteries du Sénégal. Je lui donne l’exemple d’un Hal pulaar et d’un Sereer, chacun disant à l’autre ‘’tu es mon esclave’’ en riant. Ebahi, il me dit qu’au Burundi ou au Ruanda, entre un Hutu et un Tutsi, si l’un dit à l’autre ‘’tu es mon esclave’’, à la minute il y a un cadavre par terre.
Tukuloor jaamu Sereer.
C’est ça le Sénégal !  Que des énergumènes aventuriers de tout poil ne viennent pas ébranler cet édifice d’harmonie ethnique et confessionnelle que le monde entier admire et nous envie !

APPEL POUR LA RÉPUBLIQUE

Le Sénégal prend les chemins de la faillite. Le regret serait profond demain, si nous laissions les choses suivre leur cours actuel. Il est temps que la nation assure l’épanouissement de ses filles et de ses fils
Le Sénégal achève soixante et une années d’indépendance. Nous sommes un jeune pays à l’échelle de l’histoire, mais aussi par la courbe démographique. La jeunesse sénégalaise est, à la fois, forte d’un potentiel immense et fragile, car exposée aux convulsions liées à l’évolution démocratique et aux mutations sociales. Elle a encore payé le prix fort lors des récents évènements qui ont secoué notre pays.
Douze de nos jeunes compatriotes ont trouvé la mort. C’est une tragédie de plus, qui appelle à un sursaut républicain. Durant cette crise, des vies humaines ont été arrachées ; des arrestations arbitraires ont été notées ; pour avoir condamné la misogynie et la culture du viol, des femmes ont été insultées et menacées de mort ; des menaces ont été formulées vis-à-vis de magistrats ; le domicile d’un avocat a été incendié ; des groupes de presse ont été attaqués ; des listes de “traîtres” ont été dressées ; la parole d’une présumée victime de viol a été niée sans aucune forme de procès. Des autorités ont traité les jeunes manifestants de terroristes instrumentalisés par de supposées forces occultes. Ces actes fragilisent l’unité nationale et désacralisent la République. S’il faut dénoncer l’instrumentalisation de la justice face à l’adversité politique, et les bavures récurrentes et inacceptables des forces de l’ordre, il est tout aussi important d’éviter de jeter le discrédit sur les institutions qui, même imparfaites et perfectibles, sont l’ultime rempart de la République.
La politique au Sénégal ne peut plus être ce champ de bataille, qui emporte, dans un éternel recommencement, des victimes innocentes. Que de querelles, de confrontations stériles, de lueurs évaporées, d’espoirs vaincus ! La roue tourne, et à chaque fois qu’on la croit vertueuse, elle nous déçoit. Les cris qui ont gonflé dans les poitrines, depuis 1960, semblent se dissiper dans le brouillard des rêves anéantis. Les deux alternances politiques de 2000 et de 2012 n’ont pas tenu toutes leurs promesses. Au lieu de mener à plus de respirations, ces victoires politiques ont, sous plusieurs aspects, été synonymes de fragilisation de certains de nos acquis démocratiques arrachés de haute lutte.
Par ailleurs, plusieurs maux graves affectent l’espace public. En effet, la pluralité des idées n’est plus assurée et les esprits sont braqués dans des schémas binaires qui appauvrissent la démocratie et menacent la liberté d’expression, garantie pourtant par notre charte fondamentale. Les positions manichéennes ont mené à des purges et des insultes sur les réseaux sociaux, qui ont quelquefois pris l’allure de tribunaux populaires ou d’arènes réglées par la seule violence. L’agitation, de plus en plus fréquente, de la question ethnique et confessionnelle dans les débats politiques fragilise ce qui a fait la force de notre nation : la tolérance. Il nous faut retrouver “l’intransigeance exténuante de la mesure”. L’espace politique doit demeurer le lieu de sublimation de nos contradictions naturelles dans une démocratie et non se transformer, par le zèle ou le populisme partisan, en combats de rue où de jeunes Sénégalais sont tués.
Le Sénégal prend les chemins de la faillite. Notre pays est en proie à de multiples crises et défis qui projettent leur spectre sur notre société. Or, nous vivons dans une région en proie à l’instabilité, où des pays voisins sont déjà installés dans des spirales de violences ethniques et religieuses. Au Sénégal, nous pouvons, dès demain, assister à un basculement qui verrait les sacrifices consentis par tant de générations partir en fumée. La situation politique, hautement inflammable, doit nous appeler à une profonde introspection. Lorsque les murs des institutions sont fissurés, lorsque la régression de la démocratie et de l’État de droit s’accélère à une vitesse vertigineuse, il y a urgence à dénoncer le déclin. Lorsque le savoir, la culture et toutes les bienséances républicaines et sociales s’effondrent, tout républicain et patriote véritable doit prendre ses responsabilités. Parce que l’histoire jugera.
Toutes les consciences éprises de dialogue, de justice et de liberté sont interpellées. Le regret serait profond, demain, si nous laissions les choses suivre leur cours actuel. Les évènements récents ne peuvent pas et ne doivent pas être passés par pertes et profits. Ils nous appellent à la réflexion et à l’action. Notre pacte républicain doit être protégé et renforcé, et il reste à faire aboutir, définitivement, la transformation démocratique au Sénégal. Le cap que suit notre pays n’est pas le bon, il faut ajuster la boussole. Tous les citoyens qui ont à cœur de préserver notre harmonie sociale et nos libertés, qu’ils soient politiques, artistes, intellectuels, membres de la société civile sont invités à se joindre à cette lutte.
Il s’agit de fabriquer véritablement un lien politique, où tous les citoyens sont d’égale dignité et égaux devant la loi, où les intérêts de la nation sont préservés, où la liberté est sacralisée, où toutes les compétences sont valorisées, où la politique n’est plus une entreprise de rente, où les droits des femmes sont respectés et promus, où les gains égoïstes d’une seule minorité ne prévalent pas sur les intérêts de la nation, où les meurtres de jeunes Sénégalais sont élucidés par des enquêtes, où les forces rétrogrades sont démasquées et combattues. C’est la vie de notre peuple, dans tous ses aspects, qui doit être améliorée. Il est temps que la nation assure l’épanouissement moral, intellectuel et spirituel de ses filles et de ses fils.
Ce que nous proposons est une révolution des mentalités qui oriente à nouveau nos concitoyens vers les valeurs humanistes de jom, de fulla, de fayda, de ngor, de kersa,  issues de notre imaginaire national. C’est le renforcement de la coopération et de la fraternité entre tous les membres de la communauté nationale. C’est de nourrir ce pays d’une culture qui enrichit, d’une économie qui profite à tous, d’une école qui élève l’esprit et favorise la mobilité sociale. Ce que nous proposons, c’est une nation de dialogue, de paix, et de libertés où la prospérité est partagée. C’est de mettre un terme à l’arriération socio-économique. C’est de faire participer notre pays à l’Odyssée des nations qui assurent le bien-être à leurs populations. Nous aspirons à ce que la République soit définitivement debout au Sénégal. C’est pour cette cause, plusieurs fois exprimée par la jeunesse sénégalaise, que des martyrs sont encore tombés. Soyons les vigies résolues de ces idéaux. Dans ce travail, aucun esprit humaniste, aucun cœur bienveillant ne sera de trop. Ce combat est aussi celui de l’espérance et de la solidarité, et il vaut tous les sacrifices.
Nous, signataires, sommes issus de traditions politiques et intellectuelles différentes. Nous avons voté, aux derniers scrutins, pour des listes et candidats différents, mais nous avons en partage la République, notre bien commun le plus précieux. Nous sommes persuadés que le moment est à l’action, pour reconstruire un sens commun, en opposition à la médiocrité et à la polarisation des opinions. Pour le salut de la nation, pour l’honneur et pour l’histoire, nous lançons un appel aux républicains de toutes les rives pour, au-delà de nos allégeances personnelles, constituer un rempart et préserver la République contre toutes les passions dangereuses, et contre tous les absolutismes, pour la justice, la paix, la démocratie et le progrès social et humain. Paap Seen, Aida Niang, Youssou Owens Ndiaye, Aminata Libain Mbengue, Mohamed Mbougar Sarr, Fary Ndao, Charles Ba, Racine Assane Demba, Hady Ba, Hamidou Anne

4 AVRIL : «CERTAINS GROUPES TERRORISTES VISENT LE SÉNÉGAL»

http://www.emedia.sn ’’Forces de défense et de sécurité et protection des frontières’’ est le thème de la célébration du 61e anniversaire de l’accession à la souveraineté internationale du Sénégal, ce 4 avril 2021.
Pour rappel, quatre hommes ont été écroués à Dakar le 10 février dernier, suite à leur arrestation à Kidira, point de passage vers le Mali. Ils sont accusés d’association de malfaiteurs et d’actes d’appui au terrorisme. Des images de propagande djihadiste ont été retrouvées dans leurs téléphones portables. Le numéro de l’un des suspects figurerait également dans un groupe WhatsApp lié à la Katiba Macina d’Amadou Koufa, l’une des principales composantes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affiliée à Al-Qaida au Sahel.
Ce qui fait dire au Dr Ousseynou KA, spécialiste des questions de défense et de sécurité, joint par iRadio, que le choix du thème est “une continuité par rapport à ce qui s’est passé à Kidira dernièrement.” D’autant plus qu’appuie, évoquant les manifestations survenues début mars dans la foulée de l’arrestation de l’opposant politique, Ousmane Sonko, “il y a eu la sortie du ministre de l’Intérieur où il parlait de forces occultes et de terroristes. C’est juste pour confirmer qu’il y a une probabilité d’infiltration de terroristes au Sénégal.”

LA POROSITÉ DES FRONTIÈRES, LE VENTRE MOU

L’historien et auteur de travaux sur les questions de sécurité, Mouhamadou Lamine Maïga, va plus loin. “Ces frontières que nous avons hérité de la colonisation sont très difficiles à gérer. Il s’agit d’espaces tampons qui sont aussi des espaces transculturels. Et la porosité de ces frontières-là entraîne beaucoup de défis de type sécuritaire. Parmi eux, nous avons le trafic des armes, de la drogue, la prostitution. Il y a aussi des groupes djihadistes qui essaient d’étendre leurs tentacules un peu partout, en Afrique de l’Ouest. Le Sénégal a été épargné jusqu’ici mais il y a à craindre puisque les informations que l’on reçoit actuellement font état de tentatives d’incursions au niveau de notre pays, de certains groupes terroristes.”
Pour y faire face, un changement d’approche sécuritaire est préconisé. “Comme la question est pesante, l’État du Sénégal doit élaborer une autre stratégie. On a une défense assez sectorielle mais là, il faut aller dans une défense et une stratégie globales. Parce que quand on parle du terrorisme également on parle de menace diffuse”, recommande Dr KA, insistant également sur la formation des contingents surtout du corps spécial face à la menace terroriste.
Maïga insiste sur l’implication des populations qui vivent dans les zones frontières, pour une prévention efficace. “Il va falloir qu’il y ait une synergie entre nos forces de défense et les populations. Parce que ces populations qui vivent au niveau de ces frontières-là, peuvent au moment où on note des activités illicites, qu’elles puissent remonter l’information au niveau des différents postes de contrôle afin qu’il y ait un maillage territorial”. Dié BA

Cheikh Tidiane Gadio : «Les djihadistes ciblent le Sénégal et le Bénin»

Les forces occultes dont parlait le ministre de l’Intérieur sont bien présentes au Sénégal. C’est l’ancien ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, qui le confirme. Faisant allusion à la récente étude américaine sur la sécurité en Afrique de l’Ouest, ce vendredi à l’Assemblée nationale, le député a appelé les Sénégalais à l’unité.
Pour lui, seul un ’’sursaut national’’ peut aider le Sénégal à se départir de ces forces occultes. «Les djihadistes ont dit qu’ils ont besoin d’une façade maritime. Ils ciblent clairement le Sénégal et le Bénin. Le Bénin leur fait un passage très long avec la Côte d’Ivoire et d’autres pays, alors que le Sénégal c’est direct. Nous devons tous prendre conscience que la situation de notre pays n’est plus celle qu’elle était avant. Notre pays est convoité, envié et infiltré. Les réseaux dormants sont sur place et ils commencent à s’activer. De ce point de vue, nous devons développer un sursaut national. Arrêtons de nous chamailler au point que chacun croît qu’il peut dire ce qu’il veut et que le pays peut le supporter. Ce n’est pas possible», a déclaré le président de l’Institut panafricain de stratégie.

Seydi Gassama plaide pour la mise en oeuvre des propositions de la CNRI

https://senego.com Le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, Seydi Gassama, s’est fendu d’un post, samedi, plaidant pour la mise en oeuvre des propositions de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI). Ce, pour la stabilité du pays.
Pour la stabilité du pays, nous devons tous travailler, gouvernants et gouvernés, à le doter d’institutions fortes et crédibles.“, a d’emblée posté le droit de l’hommiste.

Cnri

Et de poursuivre : “La Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI) a fait des propositions pertinentes. Elles doivent être mises en oeuvre.

Sénégal

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme mettent en garde face à une « instrumentalisation des origines et identités ethniques à des fins politiques » au Sénégal. Ils réagissent après plusieurs discours de personnalités publiques, suite aux manifestations meurtrières qui ont secoué le Sénégal dans le contexte de l’affaire judiciaire impliquant l’opposant Ousmane Sonko.

Yewuleen, un courant nouveau dans l’APR

https://www.enqueteplus.com Un responsable du parti au pouvoir vient de franchir le Rubicon, en créant le courant ‘’Yewuleen’’. Il dénonce le favoritisme dans les nominations, avec la part belle accordée aux Diourbellois dans les fonctions aux postes de décision.
Mactar Sylla est amer et très remonté contre certains proches du chef de l’Etat. Le responsable de l’Alliance pour la République de l’arrondissement de Ndindy, dans le département de Diourbel, les accuse de mal conseiller Macky Sall. “La responsabilité incombe à ceux-là. Ils n’ont été ni justes ni rassembleurs et n’ont pas fait preuve de générosité équilibrée et patriotique. Par ces gestes, ils se trompent et trompent le président de la République, car nous avons le sentiment de travailler pour d’autres. ‘Golo di bay, baabune di dundé’”, dit-il.
Fort de ce constat, Mactar Sylla franchit le Rubicon et crée le mouvement ‘’Yewuleen’’ au sein de l’APR. Matar Sylla ne peut pas digérer ce qui se passe dans son parti. Il note que ‘’les communes rurales de Diourbel sont oubliées par le régime du président Macky Sall, alors que c’est à elles que ce dernier doit ses victoires, lors des dernières élections. A la dernière Présidentielle, le candidat Macky Sall avait obtenu dans les communes rurales du département 21 399 voix sur 32 341 suffrages, soit 66, 16 % contre 19 103 voix sur 39 057 suffrages pour la commune de Diourbel, soit 48, 93 %’’.
Il ajoute  : ‘’J’ai déjà porté ce combat, entre 2012 et 2013, en sillonnant l’étendue du département de Diourbel, pour la massification de l’APR, tout en invitant mes compatriotes ruraux à refuser d’être ‘naturellement’ à la remorque de ceux-là de la commune-capitale de Diourbel qui pensent devoir toujours nous diriger, nous de la  brousse. Je précise que nous n’avons pas à avoir un quelconque complexe d’habiter ici. À ceux d’entre nous qui militaient dans la commune de Diourbel, je leur conseille d’aller plutôt le faire dans leurs villages respectifs, car je considère que le développement de nos terroirs ne pourra se faire que par nous-mêmes. Je suis fier d’être de Ndindy. Mon désir étant de voir rassemblés tous les fils de la brousse – ‘allebi’ – car j’avais toujours pensé qu’un jour, on sentirait le besoin d’unir nos forces et de peser sur la balance, face à l’attitude et au sentiment de supériorité dont peuvent faire montre certains de nos amis de la ville”.
Il dit ne pas comprendre que ‘’malgré tout ce résultat obtenu grâce aux communes rurales, nous les ruraux avons été oubliés, à l’heure des rétributions. Notre engagement, notre abnégation, nos efforts ont servi à payer les prix décernés exclusivement à ceux-là de la commune de Diourbel. En effet, 11 des 12 décrets de nomination du président de la République sanctionnant le ‘mérite’ du département de Diourbel sont allés à la commune de Diourbel, oubliant les responsables des communes rurales, malgré leur apport décisif, même si certaines d’entre ces personnes avaient mouillé le maillot. Cependant, il faut faire preuve de cécité pour ne pas voir le déséquilibre total entre ‘rew taax’ et ‘kaw ga’, lors de la distribution des prix”.  Le monde rural a aussi des fils valeureux qui ont été à la grande école’’. Boucar Aliou Diallo

Abdoul Mbaye sur le discours de Macky : «Le ton était juste rassembleur»

Le Président de la République, Macky Sall, s’est adressé hier à la nation en marge de la célébration de la 61e anniversaire de notre accession à la souveraineté internationale. Au lendemain de son discours, les sénégalais semblent partager sur les promesses qu’il a fait.
Sur son compte Twitter, Abdoul Mbaye parle de discours rassembleur. « Le ton du discours était juste, rassembleur et riche en promesses, nouveau plan d’émergence en gestation. Pour l’instant leurs comportements et les réalités sont contraires. Le futur mettra vite les déclarations à l’épreuve. Bonne fête et vive le Sénégal! », a écrit le leader de l’ACT sur le réseau social.
Le ton du discours était juste, rassembleur et riche en promesses, nouveau plan d’émergence en gestation. Pour l’instant leurs comportements et les réalités sont contraires. Le futur mettra vite les déclarations à l’épreuve. Bonne fête et vive le Sénégal! pic.twitter.com/mYOJ8laIzr
— Abdoul MBAYE (@AbdoulMBAYE2019) April 4, 2021

Kaolack : Un responsable confirme et soutient Macky pour un 3e mandat

https://www.rewmi.com Le coordonnateur de la Coalition Benno Bokk yaakar à Kaolack, Mohameth  Rahma a défié les jeunes apèristes qui étaient décidés à capoter leur méga-meeting qu’ils ont organisé hier dans la capitale du bassin arachidier. Aussi comptent-ils s’opposer à ce gaspillage estimé à plus d’une centaine de millions, alors que la jeunesse, qui ne voit pas encore  la queue du Diable, en termes de perspectives d’emploi, croupit toujours dans le gouffre.
Non seulement  lui et ses souteneurs ont battu le rappel des troupes mais aussi, la rencontre a été une réussite totale. Mais il a tenu à dire aux jeunes apèristes que le Chef de l’Etat ne les a jamais abandonnés. Non sans ajouter qu’il  soutient le Président de la République si tenté est qu’il daigne se présenter pour un troisième mandat.

Discours du 4 avril : Macky Sall passe à côté et joue encore avec les jeunes

https://www.xibaaru.sn Avec le Président de la République Macky Sall, les Sénégalais demeurent à présent convaincus qu’il y a toujours du réchauffé. Avant même qu’il ne soit élu à la tête de ce pays en 2012, alors qu’il briguait le suffrage universel, c’est lui le Président de la République Macky Sall qui promettait des centaines de milliers d’emplois aux jeunes. 500.000 emplois que personne n’a jamais vu venir. Une fois, se trouvant élu à la tête de ce pays, ensuite réélu en 2019, la jeunesse sénégalaise se montre toujours désespérée.
Les jeunes ont perdu toute confiance en ce régime. Ils sont des milliers à affronter la mer en empruntant des pirogues rien que pour se rendre clandestinement en Europe où ils pensent trouver l’Eldorado. L’espoir se trouve en Europe pour eux, au prix de perdre leur vie. La jeunesse était confiante en élisant le Président de la République Macky Sall, né après l’indépendance en 1960, qui a étudié au Sénégal au sein du public avant de devenir ce qu’il est, donc connaissant mieux les souffrances de la population. Macky Sall se trouve être une déception pour une partie de la population. Voilà pourquoi d’ailleurs, le peuple sénégalais vient de s’exprimer violemment à travers les manifestations qui viennent de se dérouler.
Le Président de la République Macky Sall n’a comme pas retenu la leçon. Il avait déjà adressé un discours au peuple sénégalais à la suite des évènements sanglants qui se sont tenus pour dire avoir compris son message. Il n’en est rien. Macky Sall prend du vieux pour créer du neuf. La preuve,  son message qu’il a adressé à la nation à la veille de ce 4 avril. Rien de nouveau dans son message.
Lors de son discours à la nation à l’occasion de la commémoration de l’Indépendance du Sénégal, le Président de la République a encore joué avec la jeunesse. Macky Sall joue même avec le feu, en pensant que la jeunesse peut se montrer si naïve et le croire sur mots après tant de promesses qui ont aiguisé ses appétits, affamée qu’elle est de trouver du travail et de stabilité.
Parfois, on a comme l’impression que le Président de la République Macky Sall se refuse à revoir sa propre copie. Quoi de neuf ? Il dit vouloir créer des « pôles emploi et entreprenariat pour les jeunes et les femmes ». Très bien. Mais avec des démembrements des agences déjà existantes et inefficaces comme la DER/FJ, L’ANPEJ, L’ADPME, LE FONGIP. Des agences qui existent depuis fort longtemps et n’ont jamais intéressé les jeunes.
La DER/FJ est pire qu’une banque usurière, l’ANPEJ, une agence de recrutement de jeunes de l’APR, L’ADPME, un conglomérat de GIE et le FONGIP est un parking pour les cadres de l’APR.
Le président de la République Macky Sall se doit bien de le reconnaître. Encore une fois, il est passé à côté de son sujet. Il n’a pas touché les problèmes fondamentaux. Les maux, ce sont les personnes qui détournent ces agences de leurs objectifs et les ministres qui politisent leurs départements, comme celui de la Jeunesse.
Le président de la République Macky Sall joue avec les jeunes car il ne change rien, laisse tout en place et déclare que tout va changer. Mais comment ? On n’a comme l’impression que le Président veut continuer toujours à jouer avec le feu, malgré le signal qui lui a été envoyé dernièrement par le peuple. C’est comme s’il est devenu dépassé par les évènements et n’a que des mots pour amadouer les jeunes. Mais ils sont déjà devenus habitués aux promesses mirobolantes de Macky Sall.

LE DIALOGUE POLITIQUE EN EAUX TROUBLES

L’As-A en croire le coordonnateur du FRN, Moctar Sourang et ses camarades, la majorité est en train de s’arc-bouter sur sa décision unilatérale de faire tenir les élections locales au courant de l’année 2022

Le Dialogue Politique risque d’être bloqué avec la décision du pôle de l’opposition de suspendre sa participation aux travaux. Un scénario prévisible suite au désaccord relatif à la fixation de la date des prochaines élections locales.

L’entente précaire au sein du Dialogue Politique est aujourd’hui menacée par le désaccord sur la tenue de la date des prochaines élections locales. En effet, le Front de Résistance Nationale (FRN) a informé hier avoir suspendu sa participation aux travaux de la Commission Politique du dialogue, jusqu’à nouvel ordre. Craignant que le gouvernement suive aveuglément le pôle de la majorité sans prendre en compte l’avis des autres parties prenantes aux concertations, l’opposition a décidé de se retirer momentanément. Une manière de mettre certainement la pression sur le gouvernement. Parce que, selon le FRN, le pôle de la majorité a été mis en minorité par les pôles de l’opposition, des non-alignés et de la société civile lors de la dernière réunion de la commission politique.
A en croire le coordonnateur du FRN, Moctar Sourang et ses camarades, la majorité est en train de s’arc-bouter sur sa décision unilatérale de faire tenir les élections locales au courant de l’année 2022. Et cela, disent-ils, en dépit de l’argumentation technique et scientifique qui lui a été servie, montrant nettement et clairement la possibilité d’organiser ce scrutin, au plus tard en décembre 2021. Or, souligne le FRN, il est bien établi qu’un tel dessein de la majorité ne manquera pas de bouleverser davantage le calendrier électoral déjà mis à rude épreuve, «dans un contexte de recul net de la démocratie dans notre pays».
Il faut noter que Moctar Sourang et Cie n’ont eu de cesse de pointer un doigt accusateur sur le gouvernement qui, d’après eux, a fait exprès de ralentir le processus pour que le scrutin se tienne en 2022. Ils exigent ainsi que les Locales se tiennent dans le courant de cette année 2021 et mettent en garde le Gouvernement contre toutes les conséquences que de nouveaux reports pourront engendrer. Force est de constater que la polémique sur la tenue des locales risque de plomber le processus entamé depuis 2019. En effet, l’absence de l’opposition sur la table des concertations ôterait toute légitimité sur les consensus qui seront actés lors de ces négociations. C’est pourquoi, l’Etat devrait prendre très au sérieux cette question.

LA SOCIETE CIVILE PROPOSE L’ORGANISATION DES LOCALES EN FIN JANVIER 2022

 Pour l’heure, la société civile présente au dialogue national semble avoir très bien compris la situation.
Dans un communiqué parvenu hier à «L’As», elle se dit vivement préoccupée par la suspension de la participation du pôle de l’opposition aux travaux en cours de la commission politique. Après avoir consulté des responsables de la majorité et de l’opposition, elle a appelé les pôles de la majorité et de l’opposition à faire preuve de dépassement en vue de trouver un compromis sur la date des prochaines élections locales. Elle a aussi demandé au pouvoir de fixer dans la loi l’échéance limite pour l’organisation des élections en fin janvier 2022.
Et enfin, la société civile a invité le chef de l’Etat à tout faire pour prendre un décret fixant la date des locales dans le courant du mois de décembre 2021. Pendant ce temps, l’Assemblée nationale a convoqué aujourd’hui les députés en séance plénière pour examiner le projet de loi portant report des élections territoriales et prorogation du mandat des conseillers municipaux et départementaux. Il faut dire, cependant, que jamais des élections locales n’ont été autant repoussées dans le pays. C’est la troisième fois que ce scrutin est reporté. Tout ceci est dû aux lenteurs notées dans l’audit du fichier et l’évaluation du processus électoral. Même si la Covid-19 peut être un bon prétexte pour expliquer de telles lenteurs, il demeure évident que le gouvernement a beaucoup trainé les pieds sur beaucoup de questions. Cela été le cas pour l’installation du Président du Comité de Pilotage du Dialogue National. Très en avance dans ses travaux et ayant fini ses termes de référence, la commission politique de feu Général Niang, était obligé d’attendre l’installation de Famara Ibrahima Sagna, qui a pris d’ailleurs beaucoup de temps, pour franchir des paliers. Seydina Bilal DIALLO

LA NOUVELLE DÉMARCHE DE PASTEF EN QUESTION

https://www.enqueteplus.com Dans sa nouvelle quête effrénée de voix, Ousmane Sonko semble accorder très peu d’intérêt à la qualité de ses conquêtes : insulteurs publics, repris de justice, hommes du système, tout le monde semble être le bienvenu dans la galaxie patriote

Dopé par les derniers évènements, Ousmane Sonko continue les parades politiques dans la rue publique ainsi qu’auprès de certaines personnalités. Dans cette quête effrénée de voix, le président du Pastef/Les patriotes semble accorder très peu d’intérêt à la qualité de ses conquêtes : insulteurs publics, repris de justice, hommes du système, tout le monde semble être le bienvenu dans la galaxie patriote.

Ousmane Sonko dans toutes les sauces ! Il ne rate presque plus aucune occasion de se mettre sous le feu des projecteurs, depuis les évènements de la semaine du 3 au 8 mars derniers. Pour certains, le pourfendeur du système fait un virage à 180 degrés dans son discours politique radical. Mais selon des spécialistes de la politique, le président du Pastef/Les patriotes fait juste preuve de pragmatisme et de réalisme. C’est le point de vue de l’enseignant-chercheur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, Moussa Diaw.
A la question de savoir s’il s’agit d’un reniement ou de l’opportunisme, voici sa réponse : ‘’Je ne pense pas que cela puisse être considéré comme un reniement de son discours. On est quand même dans le registre politique. Et dans ce registre, il y a le discours, mais il y a aussi la réalité.
On ne peut pas être prisonnier d’un discours et renoncer à développer des stratégies de rassemblement.’’
A l’en croire, il faut juste remettre le discours dans son contexte, c’est-à-dire la volonté du leader politique de se situer idéologiquement et sociologiquement par rapport à la majorité et à un mode de gouvernance ambiante depuis les indépendances. ‘’C’est ce qui justifie ce discours de rupture, à mon avis, ce discours antisystème. A travers ce discours, Ousmane Sonko entend, je pense, lutter contre certaines pratiques comme le clientélisme, le néocolonialisme, la mal gouvernance… Sur ce plan, je pense qu’on ne saurait parler, en tout cas pas pour le moment, de reniement. Il fait surtout preuve de pragmatisme, à mon avis’’.

Un politicien comme les autres ?

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une certaine opinion se demande si cette volonté de tendre la main à tout le monde ne va pas, demain, mener à des pratiques du genre : ‘’Gagner ensemble, gouverner ensemble.’’
Pour Moussa Diaw, il n’y a encore aucun motif de le croire. ‘’Ce n’est pas parce qu’il les côtoie qu’il va gouverner avec ceux qui sont considérés comme des membres du système. Mais comme je l’ai dit, en politique, il faut éviter de s’emprisonner dans le discours. S’il raisonne comme ça, il ne parviendra jamais à son objectif. Il faut des stratégies de mobilisation pour atteindre les objectifs politiques qu’il s’est assignés. Cela dit, s’il accède au pouvoir et veut mettre en œuvre ses politiques de rupture, il fera des tris. Il ne peut pas travailler avec tout le monde, de toute façon.’’
Pour le coach en art oratoire Jupiter Faye, ce qui est sûr est que jusque-là, la stratégie réussit bien au patriote en chef. A l’instar de l’universitaire, il estime que l’opposant fait surtout preuve de réalisme. ‘’C’est valable, souligne-t-il, pour tous les hommes politiques dans tous les pays du monde. C’est dans l’exercice du pouvoir qu’on peut apprécier si les engagements étaient sincères ou non ; s’il y a reniement ou non. Au moment de la conquête, il faut faire preuve de pragmatisme. Ce serait suicidaire de s’enfermer dans le discours radical, surtout dans le contexte sénégalais, avec la réalité religieuse et sociologique. Cette réalité, on ne peut l’ignorer, si on veut accéder au pouvoir. Et Ousmane semble le comprendre’’.
Selon le communicant, cette démarche nouvelle s’inscrit dans le cours normal des choses, dans la mesure où il y a eu une forte adhésion populaire à la cause du leader politique. ‘’C’est une occasion, dit-il, non seulement de remercier ses soutiens, mais aussi de massifier son camp. Pour moi, c’est tout à fait légitime et peut lui être bénéfique’’.

La gestion de l’agenda

En fait, depuis sa libération provisoire le 8 mars, dans le cadre de l’affaire de viols l’opposant à Adji Sarr, le président du Pastef/Les patriotes multiplie les visites. Tantôt, c’est pour remercier des soutiens, tantôt pour présenter des condoléances ou pour rendre visite à des blessés, ou tout simplement pour paraitre devant les médias. Sociaux et ou classiques. Certaines visites dont celle effectuée auprès du guide religieux Ahmeth Khalifa Niasse ont d’ailleurs beaucoup marqué les esprits, en raison d’une hostilité antérieure entre les deux personnalités.
Pour certains, la question qui se pose est de savoir si ces sorties ne risquent pas de lasser le public, à la longue. Pour Jupiter Faye, on ne saurait le dire à ce stade. ‘’Moi, je pense qu’il gère bien jusque-là sa communication. Maintenant, il faut savoir que la communication est très sensible. A force de multiplier les sorties, les gens peuvent se lasser du discours. Surtout quand c’est long et porte sur les mêmes thématiques. Mais il faut reconnaitre que Sonko réussit jusque-là à parler convenablement et à toucher les masses. Il faut juste veiller à ne pas commettre certaines erreurs’’.
Mais en communication politique, semble avertir Moussa Diaw, la gestion de l’agenda est très importante. ‘’Il faut savoir, analyse-t-il, que le temps politique est très court. Il faut donc s’y adapter ; être rationnel dans l’organisation de ce temps, tout comme dans les méthodes et stratégies à mettre en œuvre’’.
Le politologue de renchérir : ‘’A un moment, il faudra bien une pause pour éviter de lasser le public. Il faut s’inscrire dans une logique consistant à rationaliser les actes, les stratégies et les entreprises. Je pense qu’actuellement, il a un soutien spontané de ceux qui souffrent de la gouvernance politique actuelle. Mais il faut savoir gérer le temps.’’
Cela dit, en tant qu’homme politique, Sonko a tout intérêt à se déployer pour rallier le plus de personnes à sa cause. ‘’C’est dans ce cadre que s’inscrivent ces rencontres avec des leaders de l’opposition et de la société civile. C’est pour bâtir une coalition forte dans l’optique de pouvoir faire face à la majorité. C’est ainsi qu’il faut le comprendre. Je pense qu’ils ont compris que le contexte leur est favorable et ils veulent capitaliser les gains au sortir de ce bras de fer avec le pouvoir. D’autant plus que ce dernier ne semble pas sur la bonne voie pour apporter les réponses idoines aux aspirations de la population, particulièrement de la jeunesse’’, déclare Moussa Diaw.

Une question d’image et de discours

Jusque dans les rangs des sympathisants du président du Pastef, certains s’interrogent sur l’avenir des relations entre l’opposant radical et certains intervenants dans l’espace public, aux réputations sulfureuses. Parmi eux, il est notamment cité Clédor Sène qui traine encore comme un boulet sa peine de prison dans l’affaire Maitre Babacar Sèye. Mais pour Jupiter, il n’y a rien de trouble dans ces alliances de circonstance. Le spécialiste répond à la question de savoir s’il n’y a pas un hiatus avec les vertus toujours érigées en bandoulière. ‘’Il n’y a pas de remise en cause de l’éthique. En ce qui concerne les insulteurs, ce sont des gens qui partagent avec lui leur hostilité au pouvoir, même si les méthodes de se battre ne sont pas les mêmes. Je dois dire que c’est souvent les gens du pouvoir qui les considèrent comme des insulteurs. Pour les sympathisants de l’opposition, ils sont vus comme des influenceurs, quelles que soient leurs méthodes’’.
Quant à Clédor Sène, le spécialiste plaide son droit à une réinsertion sociale. ‘’Pour moi, il a réglé ses comptes avec la société. Je ne vois donc pas pourquoi Sonko devrait cracher sur son soutien. Pour moi, cela ne contraste pas avec l’éthique qu’il a toujours prônée’’.
Pour sa part, Moussa Diaw invite à relativiser et à éviter les amalgames : ‘’Je pense que c’est juste des étiquettes. Pour d’autres, ce sont des gens peut-être un peu extrêmes dans leur positionnement par rapport au régime en place. C’est leur stratégie. Dans la majorité aussi, on trouve des insulteurs. Et il y en a même pire, en l’occurrence ceux qui tiennent des discours clivant contre la République.’’ Aussi, peste-t-il : ‘’Il faut relativiser les discours, relativiser les étiquettes qu’on colle à certains. Est-ce leur vraie nature ou est-ce la résultante de certaines injustices dont ils ont fait l’objet ? Ce sont des questions qu’il faut se poser.’’ Mor Amar

Le retour de Karim pour le triomphe de Macky en 2024 ? Par Oumar Ngalla NDIAYE

La politique de «réduction de l’opposition sénégalaise à sa plus simple expression» a eu pour résultat de scinder en deux (à ce jour) les enjeux de la Présidentielle de 2024 entre Pro Macky et Pro Sonko. Macky et Sonko sont les deux potentiels présidentiables pour la Présidentielle de 2024 dont la campagne électorale a démarré depuis. Malheureusement, pour Macky Sall, l’objectif visé de la «route libre» se heurte à la farouche opposition d’un patriote qui a su (contre sa volonté?) fédérer et mobiliser : – d’une part, l’opposition restante autour de la lutte contre un adversaire commun ;- d’autre part, une écrasante partie de la population sénégalaise, surtout les jeunes, autour de la défense des idéaux et valeurs des libertés constitutionnelles.
Dès lors, l’affaire «sweet beauté» a pu renforcer, auprès de la population, ce sentiment de «2024, sans opposition crédible» traduisant la volonté politique de liquidation politique d’un sérieux os sur la route de 2024. Trop, c’est Trop et le vase déborda. La bataille politique se menant dans la rue, le Peuple descendit alors se frotter aux forces de l’ordre, perçues, à juste titre, comme des armées au solde du Président et non de la République. Jamais dans l’histoire politique du Sénégal, nous n’avons vécu le spectacle honteux de milices du pouvoir, défilant avec armes blanches au vu et au su de tout le monde et devant la presse internationale.
L’image honteuse et hideuse de la vraie Monarchie sénégalaise se révéla au grand jour avec une absolue impunité dont les tentatives puériles de justification n’ont eu que l’effet de démontrer le larbinisme intellectuel au sommet de l’Etat. Le besoin de plaire et de servir, non la République, mais le Monarque, a conduit des ministres à avancer des arguments aussi idiots que loufoques. Au vu de ce constat d’échec de la gestion de cette crise et, politiquement, des retombées catastrophiques, que reste-t-il à Macky comme arme politique? La question est d’un enjeu primordial si l’on sait la détermination de Macky à vouloir briguer des mandats successifs jusqu’en 2035. La bataille de la rue…perdue, la bataille de la diaspora…perdue, la bataille des chefs religieux…perdue, la bataille de la culpabilité de M. Sonko…..perdue, dès lors, que reste-t-il à Macky dans sa feuille de route de briser toute opposition sérieuse avant 2024 ? Deux (2) options s’offrent à lui : – le forcing en utilisant son bras armé judiciaire, le Procureur, pour placer son opposant sous mandat de dépôt ; ou la tactique dont les conséquences graves feront plus appel à la violence avec son lot de Sénégalais morts ;- engager en urgence une recomposition politique au Sénégal en usant de ses pouvoirs constitutionnels dont l’amnistie en faveur de M. Khalifa Ababacar Sall et de M. Meissa Wade. Si, pour M. K. Sall sa force politique semble «cantonnée» à Dakar, il en va autrement pour M. Wade. En effet, au delà de son mouvement «génération du concret», ce dernier dispose aujourd’hui de la force politique du Pds.
Deux forces politiques, bien structurées, sur l’étendue du territoire avec un jeune leader charismatique, disposant d’une énorme puissance financière et d’une aura internationale, M. Wade apparaît ainsi comme le contrepoids idéal pour faire ombre au jeune Sonko. Dès lors, amnistier M. Wade permettrait à Macky de brouiller le jeu politique et d’installer inévitablement une bataille de leadership intra-opposition. Avec le retour de leurs droits civils, civiques et politiques, la bataille de la candidature unique de l’opposition pour 2024 est irréversiblement vouée à l’échec. Aucun signal ne permet d’avoir une once d’espoir que M. Sall encore moins M. Wade vont se mettre derrière M. Sonko, comme unique candidat. La bataille intra-opposition va permettre à Macky de se projeter vers d’autres objectifs. En cas d’élection en 2024, rien n’indique que M. Sonko arriverait en deuxième position avec cette recomposition de l’opposition. M. Wade semble disposer, tout comme M. Sonko, de militants et de sympathisants sur le territoire national et dans la diaspora. La bataille pour la deuxième place, étant précisé que la première est réservée au sortant, au vu des scores du sortant à toute élection présidentielle, sera âpre entre les Patriotes et les Wadistes. Si les Patriotes remportent cette première bataille de la deuxième place, rien n’est moins sûr pour la victoire finale. En effet, en tant que membre de la famille libérale, Wadistes et Mackystes sont plus proches que de M. Sonko.
Spécialiste des combines politiques (protocoles de Rebeuss 1 & 2), signer un troisième protocole, sur le dos du peuple, ne serait pas la mer à boire pour cette famille libérale sachant qu’il y aurait toujours des larbins de services pour défendre la couleur noire du soleil. A ce jeu, les libéraux pourront sortir vainqueurs de la bataille présidentielle de 2024. Mais quel libéral pour occuper le fauteuil présidentiel ? Certes, l’idéal pour Macky est de prier et de travailler pour M. Sonko (NB : n’est il pas en train de le faire déjà?) M. Wade, en deuxième position, et M. Sonko, en troisième, signifierait pour M. Sall à coup sûr la perte du pouvoir. Nul Sénégalais sérieux ne peut imaginer une seule seconde que M. Sonko puisse signer un protocole nocturne pour soutenir M. Sall ! Ainsi, à ce jeu du retour des bannis, celui qui a le plus à perdre, contrairement à la croyance populaire, reste M. Sonko et le Pastef. Car, à défaut de prendre la première place au premier et dernier tour, l’accession de M. Sonko à la Présidence semble inévitablement liée au jeu politique des libéraux. Miser sur une trahison au sein de la famille libérale, pour soutenir un inconnu, est preuve manifeste d’immaturité politique.
En 2024, les libéraux pourront emprunter le célèbre slogan de Gbagbo «On gagne, ou on gagne»….. Mais avec quel libéral pour le fauteuil présidentiel ? Tel est l’enjeu pour 2024 et Pastef.Oumar Ngalla NDIAYE–oumanaposn@gmail.com

Autopsie d’une crise collective Par Sénégalais lambda

Le Sénégal, notre cher pays, vient de vivre au cours de ce dernier mois une des crises les plus sombres de sa jeune histoire. La République a vacillé pour une histoire de mœurs, qui sous d’autres cieux plus sereins, aurait certes fait les choux gras de la presse et alimenté les gorges chaudes, au regard du statut de l’un des protagonistes, mais n’aurait jamais contribué à installer la chienlit. Celle-ci s’est traduite par un bilan provisoire de 13 morts et des milliards de francs partis en fumée. Alors que s’est-il passé pour qu’une simple étincelle se transforme en feu de brousse menaçant d’emporter tout sur son passage dans un pays présenté jusqu’ici comme une oasis de stabilité ? Sociologues, politologues et autorités politiques ne manqueront d’apporter une réponse à cette question essentielle. Mais permettez-nous de vous soumettre humblement le fruit de nos réflexions en espérant qu’elles seront utiles pour l’avenir.

Au commencement était un déséquilibre démographique : perspective 2050

Les événements des 3, 4 et 5 mars 2021, les « trois glorieuses » pour paraphraser Mamadou Oumar Ndiaye (Le Témoin), se sont caractérisés par un soulèvement populaire déclenché majoritairement par de très jeunes manifestants. Il suffit simplement de jeter un coup d’œil sur l’âge des personnes décédées qui varie entre 17 ans et 20 ans pour se convaincre que les évènements que nous venons de vivre constituent à bien des égards une révolte juvénile.
En effet, parmi les victimes, seul Moussa Dramé de Ndoffane avait 35 ans. Triste constat mais ce n’est point une surprise. Il y a lieu de rappeler qu’en 2010 déjà, les projections des nations unies estimaient que la population africaine qui était de 1, 2 milliard d’habitants doublerait pour s’établir à 2, 5 milliards d’âmes à l’horizon 2050. Mais le plus grand défi de cette perspective se situe au niveau de la jeunesse. En effet, plus de la moitié de cette population aura moins de 25 ans. Le Sénégal ne saurait échapper à ce défi démographique qu’il devra transformer en opportunité à l’heure où l’on constate un vieillissement inquiétant de la population dans certains grands pays (Italie, Japon) voire un recul démographique.
Dans un récent rapport, l’Agence Française de Développement (AFD) mentionnait que
« Si,   dans  les  prochaines décennies,  rien n’est fait pour doper la création d’emplois de qualité tout en contenant la croissance démographique,   la  massification  du  chômage  chez  lesjeunes ou la multiplication des emplois précaires pourraient constituer un facteur de très forte contestation sociale  et  de  mobilité  forcée.  ».
Par conséquent, la configuration de notre population, composée majoritairement de jeunes, impose à nos dirigeants et impétrants de placer les problématiques de jeunesse au cœur des politiques publiques. A défaut, nos pays auront à gérer le pire des scénarios : la déflagration d’une véritable bombe sociale avec ses contrecoups qui vont du grand banditisme au terrorisme. 2050 se prépare maintenant.

Une crise des 3 pouvoirs

La confiance de nos concitoyens dans les institutions de la République s’est largement effritée. Pire, elle a tout simplement disparu. En réalité, l’Affaire Ousmane SONKO- Adji SARR n’a été que le révélateur de ce que l’on savait déjà. Pourquoi, en dépit des incertitudes sur la véracité des faits, l’écrasante majorité des Sénégalais connaissait déjà l’épilogue de cette sordide histoire? Un opposant placé sous mandat de dépôt, sali et délesté de ses droits civiques. La politique politicienne considérée par bon nombre de sénégalais comme le champ des actions malhonnêtes, des lois et décisions contraires à l’intérêt national a pris une telle importance que la parole de l’exécutif s’est dévalorisée à force de volte-face, ruses, duperies, nuances et autres wax waxeet honteusement qualifiés de génie politique par les spécialistes de la laudation.
Dans notre marigot politique, ravaler son vomi est devenu le vil jeu favori et la VAR n’y fait rien. La transhumance politique est institutionnalisée à telle enseigne qu’elle ne choque plus une population qui a fini par l’intégrer et en est totalement blasée. Le spectacle désolant que nous offre notre parlement relayé par les chaînes de télévision est caractéristique de la déliquescence du pouvoir législatif. Une statistique résume à elle seule la qualité de la vie parlementaire. Aucune proposition de loi d’envergure n’a été votée depuis 2012. C’est dire que qualifier cette institution de chambre d’enregistrement de l’exécutif n’est point exagéré. Quid du pouvoir judiciaire ? L’affaire de mœurs qui a récemment secoué la République a montré que les justiciables n’ont pas confiance en leur justice, surtout lorsque les protagonistes sont issus du personnel politique. Ils estiment qu’elle n’est ni indépendante, ni impartiale. Pire, ils la jugent corrompue ou assujettie à l’exécutif. Ont-ils tort ou raison ? Il serait fondamentalement injuste de jeter l’ensemble des membres de notre Temple de Thémis avec l’eau du bain car beaucoup de femmes et d’hommes qui l’animent sont dignes, de bonne foi et assument leurs fonctions avec toute l’éthique et la déontologie qui sous-tend leur serment. Toutefois, force et de reconnaître que les procès médiatiques impliquant des célébrités et, partant des hommes politiques, constituent les têtes de gondoles de Dame Justice. Et en la matière, ce qui nous a été donné de voir au cours des dernières années donne une image peu reluisante du pouvoir judiciaire.

Une classe politique au dessus des lois

De nombreux observateurs l’ont relevé avant votre serviteur et ce n’est pas prêt de s’estomper. Le personnel politique, tous bords confondus, prend ce pays en otage et se croit au dessus des Lois. Certes, il peut être admis que les hommes politiques ne sont pas des citoyens ordinaires. En revanche, ils sont des justiciables comme tout le monde. C’est à croire que les affaires politico-judiciaires se suivent et se ressemblent dans ce pays. Aussi loin que nous grimpons dans l’arbre à remonter le temps, les prévenus se bornent toujours à crier au complot de la part de leurs adversaires ou ennemis politiques et évitent soigneusement d’aborder le fond du dossier. C’est de bonne guerre de faire dans la victimisation pour gagner la bataille d’une opinion qui n’aime pas les victimes du fameux « toroxal gorr ». L’illustration la plus parfaite à ce sujet d’ailleurs a été donnée par un journaliste, Pape Ngagne NDIAYE de la TFM pour ne pas le nommer. Invitant Monsieur Cheikh Bamba DIEYE du FSD/BJ sur le plateau de son émission Faram Facce, le tonitruant autodidacte lui a indiqué en substance que « vous les hommes  politiques,   même  si  l’on  vous  arrête  pour conduite sans permis,  vous crierez au complot de vos ennemis politiques ». C’est tout dire et les exemples sont légion. L’affaire Aminata Lo DIENG, éclipsée par celle impliquant Ousmane SONKO, paraît déjà bien lointaine. Pendant cette période où il est très impopulaire de citer la France en exemple, les récentes affaires politico judiciaires de l’Hexagone impliquant tour à tour, François FILLON, Gérald DARMANIN, George TRON, Edouard BALLADUR, François LEOTARD et Nicolas SARKOZY, pour ne citer que ceux la, doivent nous édifier. Nous pourrions également traverser l’Atlantique pour convoquer l’affaire de harcèlement sexuel dans laquelle le Gouverneur de l’Etat de New York Andrew CUOMO est accusé. Tous se sont soumis à la justice de leurs pays sans pousser de cris d’orfraies en pointant du doigt leurs adversaires politiques. In fine, ce sont nos hommes politiques, du pouvoir comme de l’opposition, qui contribuent à discréditer la justice, selon leurs intérêts du moment.

Des médias au jeu troublant

Soyons clairs, il serait illusoire de croire que les médias sont impartiaux et ont un traitement de l’information situé à équidistance des chapelles politiques. Dans toutes les grandes démocraties de ce monde, il y a autant de lignes éditoriales que de sensibilités politiques. En France, “Le Figaro” et “Valeurs Actuelles” sont de droite là ou “Libération” où “Marianne” sont clairement de gauche. Aux états-Unis, le “New York Times”, le Washington Post” ou “CNN” sont de sensibilité démocrate alors que “Fox News” et d’autres médias de moindre envergure soutiennent ouvertement le parti républicain. Et les exemples foisonnent dans tous les pays. Au Sénégal, ce n’est pas nouveau non plus. Qu ne se souvient pas du journal “SOPI” avec ses articles au vitriol contre le régime du Président Abdou Diouf? Seulement, c’était au siècle dernier, à une époque où la petite lucarne n’était pas disponible dans tous les foyers et la distribution de la presse n’était pas numérique. Nos braves journalistes nous ont tellement rabâché la réthorique de Beaumarchais selon laquelle “les commentaires  sont  libres,   les  faits  sont  sacrés” que nous en sommes arrivés à la confondre avec la devise du journalisme. Cependant, ce qui est apparu depuis quelques temps, c’est que la sacralité des faits n’est même plus un postulat. La propension de plus en plus marquée de certains organes à travestir les faits sur fond de désinformation et de fake news tous azimuts est entrée dans les mœurs. Pis, la course au “shocking” est devenue une mode sur les plateaux télés. Les médias détiennent un énorme pouvoir, (le quatrième) en ce qu’ils façonnent l’opinion, ses humeurs, ses leurres et ses lueurs. Cette lourde responsabilité à l’heure de l’information instantanée et continue ne doit être transformée ni en phosphore, ni en silex.

Des réseaux sociaux vecteurs de haine, de violence et de médiocrité

Ils étaient sensés nous rapprocher mais ils ont creusé des tranchées très profondes au sein de notre société. Ils étaient sensés accélérer l’information et démocratiser son accès mais ils ont encouragé la désinformation, le lynchage médiatique et les fake news. Ils étaient sensés nous faire aimer les uns les autres mais ils ont davantage véhiculé la haine et la violence. Ils étaient sensés nous donner une infinité d’opportunités, ils sont devenus l’opium du peuple et endorment notre jeunesse “addicted” sous l’effet de pass internet bazardés par les opérateurs télécoms. Ils ont pour nom Facebook, Twitter, Instagram, WhatsApp, YouTube, TikTok, Snapchat. Une quinzaine d’années après l’introduction au Sénégal de l’aîné d’entre eux, Facebook, il devient impérieux de s’interroger sur l’impact des réseaux sociaux sur notre société et surtout, sur notre jeunesse. L’apparition des réseaux sociaux a telle permis à nos jeunes d’être mieux instruits? Nous sommes tentés de répondre par la négative lorsque l’on entend un professeur d’université dire sur les ondes d’une radio de la place que 89% des nos étudiants n’ont pas le niveau. Il suffit simplement d’apprécier leur expression écrite ou orale pour se faire une idée. La société est-elle mieux informée? Peut-être mais notre conviction est qu’elle est mieux désinformée tant les « fake news » concurrencent à longueur de journée l’information juste et vraie. A cet égard, le récent livre de Samuel LAURENT intitulé « Twitter va t-il tuer la démocratie ?» est une référence en la matière. Nombre de nos compatriotes ont relevé qu’ils n’ont jamais imaginé avant ces évènements des 3 glorieuses que les sénégalais pouvaient être aussi violents. Là aussi, les réseaux sociaux ont largement contribué à répandre la compétition d’invectives et de vulgarité à laquelle notre jeunesse participe au quotidien. Plus tu es extrême et plus on te like. Ces insanités sont le germe de la haine et de la violence qui s’est exprimée récemment. La formule magique est bien connue « gars yi partazé leen…. »* Ces nouveaux outils sont tellement nocifs que les patrons de la Silicon Valley qui les ont créés les interdisent à leurs enfants. CQFD.

LES PIQUES DE L’AS DE WEEK-END

SenePlus  |   Publication 03/04/2021

JEUX DE CARTES – Peines exemplaires…

La main des autorités universitaires n’a pas tremblé au moment de réprimer les étudiants qui ont semé le désordre et surtout une vive désolation à l’Ucad. C’étaient les lundi 8 et mardi 9 février 2021 à la Faculté des Sciences et Techniques (Fst). Les sanctions sont donc tombées : trois réprimandes, quatre interdictions d’inscription pour une durée d’un an, deux interdictions d’inscription pour une durée de deux ans, une interdiction d’inscription pour une durée de cinq ans. Des sanctions exemplaires et sévères à la mesure des bêtises commises par ces étudiants qui ont usé de l’argument de la force pour solder des comptes. Que de peines ! L’université est malheureusement habituée à ces joutes physiques parfois d’une rare violence. On y note souvent des dégâts incommensurables qui participent à la rendre hideuse. Ce qui est désolant pour un “temple du savoir” qui a pour objectif principal la formation des élites. C’est écœurant si on assiste de plus en plus à une décrépitude des valeurs qui font son essence. C’est en ce sens que ces mesures disciplinaires viennent à point nommé. Toutefois, à y regarder de près, les étudiants condamnés sont victimes d’un contexte marqué par un sale discours “divisionniste” et les commentaires qui lui sont inhérents. Ils sont donc moins chanceux que leurs camarades fauteurs de troubles qui dictent quasi quotidiennement une loi de la terreur à l’université et ses environs immédiats. Tant pis pour eux ! Vivement d’autres corrections contre des malpolis !

Miim Reew

Les 50 millions de Serigne Mountagha

La distribution des 50 millions du Khalife général des mourides aux familles des victimes et des blessés des manifestations commence ce samedi. Le responsable moral des Hizbut-Tarqiyyah, Serigne Youssouph Diop à qui Serigne Mountakha Mbacké a confié la mission va rencontrer les différentes familles pour leur remettre l’enveloppe. En plus de la médiation entamée pour calmer la tension politique, le Khalife général des mourides Serigne Mountakha Mbacké veut soulager les familles des victimes etles blessés. Le responsable moral des Hizbut-Tarqiyyah va remettre l’argent aux ayants-droit en présence des imams et chefs de quartiers. D’ailleurs Serigne YoussouphDiop sera ce samedi à la Médina, chez Mme Binta Ba, mère d’Alassane Barry, à partir de 10 heures.

Sept étudiants de l’Ucad sanctionnés

La commission de discipline de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a coupé des têtes d’étudiants à l’issue de sa réunion de jeudi dernier. La commission de discipline a examiné les dossiers de 14 étudiants impliqués dans les scènes de violences constatées les lundi 8 et mardi 9 février 2021 à la Faculté des Sciences et Techniques (FST). A l’issue des travaux, la commission présidée par le Recteur Ahmadou Aly Mbaye a relaxé quatre étudiants et réprimandé 03 autres. Mais la sentence a été plus lourde pour les sept autres étudiants restants. Ainsi 04 d’entre eux sont interdits d’inscription à l’Ucad pour une durée d’un an, deux sont interdits d’inscription à l’Ucad pour une durée de 2 ans et un interdit d’inscription à l’Ucad pour une durée de 5 ans. Outre ces sanctions, la commission de discipline a enjoint au Directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) de retirer les avantages au Campus social de ces étudiants sanctionnés avec effet immédiat.

Cellule genre et équité du ministère de l’Education

Le ministère de l’Education nationale tient désormais sa cellule genre et équité. Elle a été lancée jeudi sous la présidence du ministre Mamadou Talla. Les femmes du département ministériel se sont fortement mobilisées pour la promotion d’une éducation de qualité pour tous. Portée à la tête de la cellule, Mme Mary Siby Faye va œuvrer pour le maintien des filles à l’école, leur promotion dans les disciplines scientifiques, entre autres défis que la cellule a érigés au rang de priorité dans son plan d’action. Elle est consciente également de sa mission d’alerte, de coordination et de veille pour que les filles entrent à l’école et y restent. Non sans oublier les garçons. Pour sa part, le ministre de l’Education nationale indique que la cellule genre et équité qui matérialise les décisions du conseil présidentiel sur les assises de l’éducation et de la formation sera un outil important pour une gestion efficace, participative et inclusive pour le secteur. Il ajoute toutefois que l’équité est une réalité à l’école. Puisque du préscolaire au moyen secondaire, le pourcentage des filles est supérieur à celui des garçons. Ce qui est du reste, à ses yeux, un élément de satisfaction pour le système éducatif qui, dans un passé récent, enregistrait un taux d’abandon assez significatif des filles. Selon M. Talla, les femmes occupent plus de 18% des postes de responsabilité au ministère de l’Education nationale.

Macky Sall, Youssou Diallo, Landing Savané, Mamadou Oumar Bocoum au Niger

La République du Niger connaît sa première transition démocratique. Le nouveau président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, a prêté serment hier en présence de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement de la sous-région. Invité d’honneur, le Président Macky Sall a assisté vendredi à la cérémonie d’investiture du Président Mohamed Bazoum. On annonce également Landing Savané et son épouse Marie Angélique Savané, Mamadou Oumar Bocoum, le comptable des grands projets de l’Etat qui a été cité dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar qui a valu à Khalifa Sall la prison ; last but not least Youssou Diallo, Pca de Sonacos. Ces derniers ont en commun avec Bazoum d’avoir été au-devant des luttes estudiantines à l’université de Dakar. Hier, donc le nouveau président a décliné les grands axes de sa gouvernance. La sécurisation du pays et la lutte contre le terrorisme restent un de ses grands chantiers. Non sans oublier les défis du développement économique et social. Il faut rappeler que le Président Bazoum a effectué ses études supérieures à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar au département de philosophie.

Nettoiement et d’aménagement de Kaffrine

Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique Abdoulaye Saydou Sow était vendredi dans son bled. Il a lancé le plan d’urgence de nettoiement et d’aménagement de Kaffrine, la sphère administrative de la capitale du Ndoucoumane. Selon lui, ce programme constitue un tournant décisif pour la ville avec les travaux d’aménagement et d’embellissement prévus sur les lieux stratégiques de la ville. Un aménagement paysager est envisagé à l’hôpital de niveau 2 Thierno Birahim Ndao, à la devanture du cimetière catholique et à la Place de l’indépendance. Les deux principaux rondspoints de la ville seront également aménagés ainsi que les entrées et sorties de ville. Prenant part à la cérémonie, le Coordonnateur de l’UCG Mass Thiam indique que le système de collecte des déchets sera révolutionné par la mise en place d’une douzaine de points de regroupement normalisés (PRN). Des bacs à ordures seront aussi disposés sur les principales artères de la ville. Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique annonce par ailleurs que ce programme sera élargi pour Koungheul.

80 millions pour les jeunes à Podor

La situation des jeunes du département de Podor a été hier au centre des préoccupations des responsables de l’Alliance pour la République (Apr). Après le meeting de Boké Dialloubé, la commune de Ndioum a accueilli hier le forum sur l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes. Les ministres Abdoulaye Daouda Diallo et Cheikh Oumar Hanne, les Directeurs généraux comme El hadji Malick Gaye, Mountaga Sy, Aboubacry Sow etc. sont largement revenus sur les opportunités, les dispositions prises par l’Etat et les financements. Une enveloppe de 80 millions est déjà disponible pour financer les meilleurs projets des jeunes du département de Podor.

Baisse des décès liés à la covid-19

La baisse de la contamination entraîne le fléchissement des décès liés au coronavirus. Pour la journée du jeudi, le ministère de la Santé et de l’Action Sociale a enregistré 02 décès. Quant au taux de contamination du virus, il continue de tourner autour de 5%. Sur les 1 823 tests réalisés, 77 sont revenus positifs, soit un taux de positivité de 5, 87%. Il s’agit de 32 cas contacts et 75 cas issus de la transmission communautaire. Ils sont répartis comme suit : 48 cas dans la région de Dakar et 27 cas dans les autres régions dont 10 cas à Saint-Louis, 03 cas à Diourbel, 02 cas à Joal, 02 cas à Kolda, 01 cas à Kaolack, 01 cas à Kédougou, 01 cas à Mboro, 01 cas à Saly, 01 cas à Sédhiou, 10 cas à Somone, 01 cas à Tambacounda, 01 cas à Thiès, 01 cas à Vélingara et 01 cas à Ziguinchor. 34 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation et 98 patients hospitalisés sont déclarés guéris. A ce jour, 38 889 cas positifs sont enregistrés dont 37 532 guéris, 1 056 décédés, et donc 300 sous traitement. Par ailleurs, 13 377 personnes sont vaccinées hier, portant le total à 288 319.

Deux plaintes contre Madiambal Diagne

Un collectif de citoyens qui se dit attaché à la cohésion nationale, à l’unité nationale, à l’indivisibilité de la société et de la République a déposé deux plaintes contre le journaliste pour une de ses chroniques. La première plainte a été déposée hier sur la table du procureur de la République et la seconde sur le bureau du Cored. Le collectif pense que les propos de Madiambal Diagne constituent une menace pour la cohésion nationale. Il faut dire ce collectif aurait dû en faire de même lorsque le juge Seck a décidé de se retirer, parce que son épouse est Diola. Ça s’appelle une indignation collective.

AMADOU MAHTAR MBOW, UNE VIE, DES COMBATS

https://www.seneplus.com/ Dans cette biographie, pour la collection Figures, Hamidou Anne, jeune auteur de talent, dresse le portrait d’un « patriarche » engagé pour la construction de la nation sénégalaise et pour l’achèvement du projet panafricaniste
« La vie d’Amadou Mahtar Mbow est un roman, un essai politique, une poésie de l’humain et un traité de vie. ».  Cette vie, qui se confond avec la trajectoire de notre pays, fascine, tant l’homme a assumé divers rôles et positions à travers lesquels il n’a cessé de prôner l’humanisme et l’émancipation sociale.
Enseignant, soldat, militant politique, diplomate et icône nationale, Amadou Mahtar Mbow est une personnalité majeure de l’histoire contemporaine du Sénégal, et plus largement de l’Afrique, continent auquel il a dévoué sa vie et ses combats.
Dans cette biographie, pour la collection Figures,  Hamidou Anne, jeune auteur de talent, dresse le portrait d’un « patriarche » engagé pour la construction de la nation sénégalaise et pour l’achèvement du projet panafricaniste, à travers l’éducation, la souveraineté, la justice et l’amitié entre les peuples.
Hamidou Anne est né en 1983 au Sénégal. Ancien élève de l’ENA, il vit et travaille à Dakar. Co-auteur de l’ouvrage collectif Politisez-vous ! (United Press, 2017), il a aussi publié Panser l’Afrique qui vient ! (Présence Africaine, 2018).
« Vives Voix a choisi d’interroger le patrimoine immatériel de nos territoires africains par la mise en exergue de ces personnalités marquantes qui ont mêlé de façon inextricable leur histoire à celle du continent. Ces noms, que la collection « Figures » honore, évoquent tous quelque chose aux enfants d’une certaine génération. Ils résonnent en nous avec fierté, souvent sans connaître les raisons véritables, les positions prises et assumées qui ont dessiné les contours du monde dans lequel nous vivons. Cette collection interroge ces vies qui traversent des époques et des lieux, met une lumière différente sur ces personnes-marqueurs qui ont ancré leurs actions dans un monde afin de toujours le rendre meilleur. Que ces Figures nous inspirent !
Prix  : 10 000 FCFA, en vente à Dak Les Editions Vives Voix  : Basée à Dakar, Vives Voix a précédemment publié les Beaux-Livres Dakar Emoi ,  Dakar l’Ineffable raconté par Oumar Ndao, Musique Sénégalaise, Simb , entre autres
Dans la collection « Figures », vient de paraître la biographie Germaine Acogny, Danser l’humanité de Laure Malécot.Pour plus d’informations, merci d’écrire  :  Vydia.tamby@gmail.com

TROIS PÊCHEURS PORTÉS DISPARUS DEPUIS 4 JOURS

http://www.emedia.sn C’est encore la tristesse et la consternation à Thiaroye sur mer. Pour cause, trois pêcheurs saisonniers de cette localité sont portés disparus. Ces derniers, informe-t-on, étaient partis en mer, il y a quatre jours, à bord d’une pirogue en fibre de verre. Et depuis, ils n’ont pas fait signe de vie.
Les recherches effectuées par leurs camarades sont restées vaines. C’est pourquoi, ils sollicitent l’aide de l’Etat afin qu’ils puissent retrouver les trois disparus. Aliou DIOUF


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