Remodeler les modes de gouvernance par la prospective Par Pape Sadio Thiam

Partagez ce contenu!

Remodeler les modes de gouvernance par la prospective Par Pape Sadio Thiam

Aucune ressource naturelle ne nous sera pleinement profitable tant que nous ne serons pas capables de formuler, de formaliser et de modéliser (scientifiquement parlant) nos problèmes dans les cotextes socio-économiques au sein desquels ils surgissent. La crise sanitaire que nous traversons, dont on peut à ce jour seulement apercevoir les conséquences sociales, économiques, politiques et géopolitiques, devrait nous pousser à interroger notre modèle de développement en nous inscrivant dans la prospective. Au-delà de la gestion immédiate de la crise, qui concentre légitimement l’attention à ce jour, l’enjeu est en effet de penser un nouveau modèle soutenable, économiquement, socialement, écologiquement mais aussi démocratiquement, notamment à partir des différentes vulnérabilités que l’épidémie a révélées. C’est le référentiel de nos politiques publiques qui doit être ainsi refondé pour lui permettre de prendre en compte l’ensemble de ces dimensions. Cela suppose de définir un horizon pour l’après Covid19, préparer un redémarrage qui tienne compte des erreurs du passé pour ne pas les reproduire, réévaluer nos priorités et nos besoins, avec le souci du long terme. Pour cela, nos politiques publiques doivent s’enraciner dans la prospective. Car, à l’avenir, tous les Etats devront au préalable se mettre en situation de cultiver la culture de la projection et de la prévision. Même une maison ne saurait s’administrer au quotidien ; il faut se projeter dans l’avenir pour davantage comprendre et maîtriser son destin. La gestion de problèmes ponctuels n’a jamais fait une grande nation. Pourquoi nos pays sont si pauvres malgré leurs richesses naturelles et la disponibilité de leur jeunesse ? Pourquoi malgré les milliards d’aide publique au développement, l’Afrique reste toujours confinée dans les bas-fonds de la pauvreté ? Pourquoi malgré les immenses cours d’eau et les superficies cultivables disponibles, la famine et la malnutrition ne cessent de roder autour de nous ? Pourquoi la culture de la transformation qui a fait le succès de tous les pays développés n’a jamais été initiée dans nos pays ? La culture de la transformation se pense d’abord dans la prospection et le prospective : comment pouvons-nous transformer si nous n’avons qu’une connaissance incomplète de  la valeur de nos ressources ? Il n’y a pas de secret,  nous sommes condamnés à accepter et à encourager la culture de la prospection et de la prospective. La prospection, c’est d’abord l’information, ensuite la recherche planifiée avec des objectifs définis, c’est en outre l’examen des forces dont on dispose pour relever les défis présents à court et long terme. La prospection est par conséquent le premier levier de l’intelligence économique, il n’y a pas de choix, ni de performance économiques possibles sans la maîtrise du milieu, du contexte, de ses atouts et faiblesses. Nous sommes très souvent pris au dépourvu par les évènements qui secouent la planète et même par nos propres réalités : cela dénote d’un manque de pensée prospective. Nous n’avons pas besoin d’une révolution, mais nous ne pouvons guère nous passer d’un bouillonnement intellectuel permanent non seulement pour solutionner les difficultés, mais aussi pour les anticiper. Si l’observation des phénomènes naturels permet non seulement de les comprendre mais aussi de les prévenir, ce n’est pas une entreprise désespérer d’ambitionner de comprendre les réalités de notre société. Le pilotage a vue est souvent reproché aux politiques, mais il est temps de rendre disponible, à la connaissance de l’opinion et des décideurs, des théories, des solutions et des expériences innovantes. Mais ça ne sera ni une pétition de principe ni l’effet d’un coup de bâton magique, la nature ayant horreur du vide, si nous ne réfléchissons pas pour nous projeter dans l’avenir, d’autres vont le faire à notre place. Notre pays a les ressources humaines requise pour amorcer définitivement son émergence : tout le monde est d’accord là-dessus. Si ça ne marche pas, c’est soit parce que ces ressources humaines ne sont pas mises à profit, soit parce qu’elles sont mal ou insuffisamment exploitées. Il est par conséquent de la responsabilité de tout un chacun de chercher à contribuer à cet effort national de redynamisation d’une pensée imbibée de nos réalités socio-économiques. Trop extravertis du point de vue intellectuel, politique et économique, nous devons désormais amorcer la reconquête de notre identité intellectuelle et culturelle. Si la culture est, comme l’a dit Senghor, au début et à la fin de tout développement, il faut que cela soit une culture intellectuelle d’abord et non un simple éventail d’œuvres folkloriques. Cet ouvrage au sujet duquel, cet appel à candidature est lancé sera ainsi le fruit d’une symbiose de pensées libres dont le seul souci est la rédemption de notre pays. La culture de la disputes de borne fontaine doit être éradiquée dans ce pays. Il faut prendre de la hauteur comme l’aigle, si l’on veut avoir une vue exacte de nos réalités. La perception de la réalité est toujours défectueuse et altérée quand elle est sous le diktat des postures intéressées et partisanes. https://directnewsinfo.com/

 


Partagez ce contenu!

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*