Momar DIONGUE  : «ON N’EST PAS PRET DE REGLER CETTE QUESTION POUR 3 RAISONS»

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Momar DIONGUE  : «ON N’EST PAS PRET DE REGLER CETTE QUESTION POUR 3 RAISONS»

http://www.sudonline.sn Selon Momar DIONGUE, avec cette question des inondations, les régimes ne disent pas la vérité aux populations sénégalaises et persistent à utiliser les mêmes méthodes pour lutter contre les inondations.
Avec cette question des inondations, les régimes ne disent pas la vérité aux populations sénégalaises et persistent à utiliser les mêmes méthodes pour lutter contre les inondations. C’est la conviction du journaliste analyste politique, Momar Diongue, qui estime que la vérité est cachée aux Sénégalais pour 3 raisons, notamment la politisation de la question, l’économie autour des inondations et l’absence d’études d’impact environnemental concernant les grands travaux. Il était l’invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm d’hier, dimanche 13 septembre0
La question des inondations n’en finit pas d’alimenter les débats et le régime en place semble accablé de part et d’autre dans sa gestion tant décriée du problème. Hier, dimanche 13 septembre, le sujet est revenu à l’émission Objection de la radio privée Sud Fm. En effet, l’invité du jour, en l’occurrence le journaliste analyste politique, Momar Diongue, a laissé entendre que, sur la question des inondations, les tenants du pouvoir ne disent pas toute la vérité et qu’ils ne sont pas prêts à régler cette question.

Et cela, pour 3 raisons.

Comme première raison, l’analyste politique indique «que c’est une question éminemment politisée aussi bien par le pouvoir que par l’opposition». Pour le pouvoir, il estime que «plutôt que de prendre des mesures radicales et courageuses qu’exige la lutte contre les inondations, il préfère rafistoler».
Analysant le mode de gestion de cette question par le régime, il dira qu’il fait dans le «gigantisme et le voyeurisme», titillant ainsi le régime sur les 10 milliards dégagés pour le plan Orsec. A son avis, ils préfèrent engloutir des milliards dans des travaux publics qui sont très perceptibles par l’opinion plutôt que de consacrer cette manne financière dans des travaux à enfouir sous terre, en matière d’aménagement.
Poursuivant son argumentaire sur la première raison de la politisation des inondations, il trouve que «du point de vue de l’opposition, on a comme l’impression qu’ils sont prompts à se saisir de la première inondation pour en faire de la récupération politique et en faisant parfois dans la démagogie». Faisant ainsi référence aux nombreuses sorties des acteurs politiques, surtout de l’opposition, ou encore à leurs supposées visites et soutiens aux sinistrés des inondations.
Passant à la deuxième logique de son assertion, Momar Diongue évoquera la question économique qui entoure les inondations. A son avis, «il y a toute une économie qui s’organise autour des inondations, avec une caste politico-affairiste qui profite toujours de la situation». Ces derniers s’affairent autour de la vente de motopompes ou en mettant à la disposition des populations des camions hydro-cureurs pour tirer profit de cette situation.
Sur la troisième raison qui explique que les gouvernants ne sont pas prêts à régler définitivement ce problème des inondations, M. Diongue a fait cas des travaux des études. Il reste persuadé «qu’il y a eu des travaux d’envergure qui sont faits, conduits sans étude d’impact environnemental au préalable», tout comme «la création de nouvelles cités sans que de réels travaux d’aménagement et d’assainissement soient faits».
A Rufisque, par exemple, il estime que les populations sont dans les eaux parce qu’il n’y a pas eu de véritables études d’impact environnemental autour du Ter. Par conséquent, malgré les plans et autres programmes annoncés par les différents régimes, le journaliste analyste politique pense que «les gouvernements successifs n’ont pas eu à faire ce qu’ils devaient faire». On se rend compte, selon lui, que depuis les inondations de 1989, on utilise les mêmes systèmes. A savoir, «pompage des eaux pour soulager les populations, camions hydro-cureurs par-là», a-t-il déploré. Ce qu’il considère comme de la «folie d’Etat». C’est-à-dire, explique-t-il, «faire la même chose et d’attendre un changement». Jean Michel DIATTA

Momar Diongue : «Il y a eu un mensonge d’Etat sur la gestion du Plan décennal»

Entre la déclaration du candidat sortant à la Présidentielle de 2019, Macky Sall, et la réalité sur le Plan décennal de gestion des inondations, il y a un monde. C’est la conviction de Momar Diongue, invité de l’émission «Objection» de ce dimanche, qui parle de «mensonge d’Etat» et fustige par la même occasion «le pilotage à vue» et «l’absence de suivi évaluation» qui ont plombé ce projet.
«Macky Sall a eu l’intelligence de lancer un Plan décennal en 2012. Un programme triphasé : une phase d’urgence 2012-2013 qui devait coûter 69 milliards, une phase à court et moyen terme (2014-2017) qui devait coûter 339 milliards et une phase à long terme (2017-2022) qui devait coûter 336 milliards, soit 767 milliards au total», précise-t-il d’emblée.
Mais, critique le journaliste, «le président n’a pas eu le triomphe modeste». «En 2019, tout le monde a vu cette vidéo où il s’enorgueillit d’avoir réglé le problème en 4 ans, alors que quand il venait en 2012, il y avait des milliers de personnes sorties de leur maison à cause des inondations», martèle Diongue qui ajoute que, premièrement : «On est quasiment dans le cadre d’un mensonge d’Etat.»
Deuxièmement, poursuit-il, «il n’est pas sûr que les 767 milliards soient totalement mobilisés. Il y a un problème de ce point de vue-là».

«On a un président de la République à réaction»

Mais la principale limite de ce plan décennal, selon le chroniqueur de la Sen Tv, «c’est qu’un programme de cette envergure, qui s’étale sur 10 ans, devait faire absolument et de façon régulière, l’objet d’un suivi-évaluation». Malheureusement, regrette-t-il, «on a un président de la République à réaction».
«Il a fallu qu’il y ait eu les premiers effets des inondations pour qu’il demande qu’on lui fasse un rapport détaillé. Alors qu’il aurait fallu, chaque année, avant le début de l’hivernage, faire le point. Dans ce dossier comme dans bien d’autres, on est dans le pilotage à vue. On n’est pas dans le suivi-évaluation, comme cela doit se faire», dénonce-t-il.
Pour Momar Diongue, lutter contre les inondations, «c’est faire en sorte que les zones non ædificandi, parce que inondables, ne soient pas occupées par les populations. Ça, c’est du devoir régalien de l’Etat». C’est aussi «réaliser des travaux d’infrastructures qui permettent aux populations d’être résilientes par rapport aux inondations».
Mais, ce qui est encore plus grave dans cette situation, selon Momar Diongue, «c’est les effets d’annonce, les slogans, le mensonge d’Etat qui a accompagné tout cela».


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