Macky–Mimi : Je t’aime moi non plus !

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Macky–Mimi : Je t’aime moi non plus !

https://directnewsinfo.com C’est presque la suite d’une idylle sans fin qui se joue entre la directrice de campagne attitrée du Macky et le chef du parti APR. Cette une relation née du projet commun de refonder la société sénégalaise et son modèle de gouvernance qui a fondé le compagnonnage entre Aminata Touré et Macky Sall. Le type de relation qui se construit sous l’autel de la conquête, et quand sonne le partage du butin de la victoire les plus proches qui n’auront pas prêté allégeance et oublié les promesses de campagne  se voient sacrifiés par les intérêts dictés par le pouvoir. C’est ainsi s’est construite la relation entre l’ex-présidente du CESE et le Chef de l’Etat en poste sous la courbe des intérêts du moment et au prix de vils calculs. Aujourd’hui, sonne encore le glas de la énième séparation pour une rupture définitive ou une nouvelle bouderie ?
Elle aura été des premiers choix lors de la composition du gouvernement Macky I et II du 1er mandat, en étant tour à tour Garde des Sceaux et Chef du gouvernement. Mais tout ceci sous forme de « CDD » qui n’a duré que 27 mois, avec l’un des passages les plus courts de l’histoire de notre jeune nation à la primature. Engagée comme directrice de cabinet lors de la présidentielle de 2012, l’ex-directrice de campagne de Landing Savane, au temps de son militantisme au sein de l’AJ-PADS, a servi au Macky dans la structuration de l’intelligentsia de l’APR lors de la conquête du pouvoir à côté de ABC, formant ainsi les collaborateurs du Président par opposition aux groupes des partisans. Cette posture a su résister tant que le Macky se préparait à réparer les dégâts de Wade. Devenue porte-étendard de la traque des biens mal acquis, Mimi s’affirma au sein du nouveau régime comme la personne en charge des actions impopulaires et endosser la tunique de la dame sans cœur ou dame de fer. L’ex-régime verra en elle, l’inculpation de ses hommes dont le fils de l’ex-Président, et pis celle qui avait présenté la liste aux plus de 40 noms avant de voir le Président Sall jouer de son coude pour épargner la fille Wade et l’ex-patronne de l’Apix, Aminata Niane entres autres. Mais il faut à la vérité dire que certains membres de son parti et de la coalition s’étaient aussi dressés contre la volonté de Mimi de traquer les biens dits mal acquis des cadres sortants de l’ancien régime et de remettre sous la place des « deals » conclus sous le régime Wade et qui pourraient causer des dégâts au sein même de la maison beige marron .

Mimi, seule contre tous

Contre tous, et devant les hésitations du Boss, Mimi avait décidé d’ouvrir les dossiers poussant le bouchon jusqu’à engager des poursuites contre le père de son unique fille, en la personne de Oumar Sarr. C’est dire qu’avec Mimi il n’y a pas d’émotions face aux convictions. Aujourd’hui, des voix autorisées invoquent cette traque des biens mal acquis comme le début de la fin pour elle et que sa promotion à la primature n’était qu’un moyen pour Macky Sall de l’éloigner du département de la  justice pour mieux reprendre les dossiers en main. En effet, son arrivée à la tête du gouvernement ne fut pas un long fleuve tranquille avec un premier revers dans la conception du nouveau programme de gouvernance qui allait mettre fin au Yonnu Yokkuté dont elle fut exclue avec en prime pour une première dans l’histoire du Sénégal, un groupe consultatif qui s’est tenu sans le PM. D’ailleurs, c’est lors de ces rencontres à Paris que son remplaçant a eu l’occasion de renouer le dialogue avec son ex-patron et organiser son retour sur Dakar pour être bombardé Ministre en charge du PSE avant de se voir remettre les clés de la primature. La phase 1 de Mimi allait se refermer définitivement après l’assaut manqué de la mairie de Grand Yoff torpillé en cela par le jeu trouble de Me Ousmane Seye un allié de la 25e heure et le soliste Adama Faye, qui auront réussi à donner la victoire à Khalifa Sall.

Mimi « out »

Pris dans la nasse des recalés des locales, Mimi malgré le capital sympathie gagnée auprès des populations allait se retrouver en moins de 30 mois hors du Macky. Une traversée qui lui aura donné l’occasion de jauger sa nouvelle posture dans l’échiquier politique national qui n’avait jamais compté une femme de sa dimension. C’est que Mimi croit en son destin national et ne compte pas se laisser dompter de sitôt. C’est en cela qu’elle va exploiter un terrain délaissé par les nouveaux promus du Macky, celui de la défense des actions gouvernementales avec la mise en œuvre des premiers projets du PSE qui portent la marque du Macky. Faisant feu de tout bois sur les détracteurs du BBY, Mimi ne manque pas d’ouvrir le front contre Abdoul Mbaye et Idrissa Seck les deux ex PM à qui elle donne le change. Ragaillardie par les succès du référendum et des législatives, Mimi revient au côté du Chef de l’Etat sous le titre d’envoyé spécial, un poste qui lui donne la liberté de porter des positions tranchées sur des sujets qui ne mettent pas forcément le Président en première ligne comme cet échange avec l’ex-Président français Nicolas Sarkozy et le Maire de Montréal qui avait fait des jugements pour plaider la cause du Maire de Dakar Khalifa Sall en mal avec la justice. Aminata Toure faisait du Mimi au grand bonheur du Macky. Une qualité qui a fait d’elle une directrice de campagne de fait en retrouvant sa place privilégiée à côté du candidat à un second mandat lors de la présidentielle de 2019. Même si le PM Dionne lui a ravi la vedette lors de la soirée électorale, Mimi allait revenir sous les feux des projecteurs lors de la proclamation des résultats en annonçant au nom de la coalition la confirmation du coup KO, victoire au premier tour, promis aux opposants, dont elle a été l’un des artisans. Mimi était de retour et se voyait ouvrir les portes de la 4e institution, le CESE où elle ira déloger une autre Aminata.

Nouvelle séparation

Comme une répétition, Mimi va encore œuvrer pour se mettre à dos les faucons qui vont encore une fois la séparer du Macky. Entre accusations de disposer d’un agenda caché, volonté de faire barrage à un projet de 3e mandat et une entreprise visant à retourner le parti contre le Macky…. Mimi verra son sort scellé lors du deal Macky – Idy. Une nouvelle séparation qui pour nombreux observateurs sonne comme la der des der, tellement il semble que la nouvelle alliance du Macky est aux antipodes des valeurs qui avaient rapproché Aminata Toure à Macky Sall. En effet autour de la table du conseil des ministres palabrent tous les mercredis victimes et bourreaux de la Crei, Omar Sarr et l’ex-substitut du Procureur Antoine Diome, tandis qu’à la tête de la CESE trône « l’homme de Thiès », Idrissa Seck, que Mimi n’a jamais loupé dans sa défense acharnée du Macky, qui en sus a annoncé la couleur en ramenant dans ses bagages l’ex-Directeur général de l’ARTP Malick Gueye épinglé dans sa gestion gabégique par la Cour des comptes. Il est loisible de lire à travers la posture défensive de l’ex-cadre des Nations Unies une volonté de s’installer dans le champ politique, comme il est constant d’en déduire que Mimi semble cette fois-ci avoir tourné le dos au Macky pour prendre son destin en main et faire face. Car pour Mimi, il ne s’agit ni plus ni moins d’un retour du PDS aux affaires et d’un « casus belli » du pacte scellé il y a dix ans de cela entre elle et le candidat Macky Sall. À moins de consulter les oracles, nul ne peut parier sur la suite de l’aventure entre Mimi et Macky, un feuilleton en dent de scie qui reprend après chaque clap de fin.Pape D. Faye


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