L’insécurité a changé de camp : La famille sénégalaise épicentre de la violence et des crimes passionnels…

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L’insécurité a changé de camp : La famille sénégalaise épicentre de la violence et des crimes passionnels…

https://directnewsinfo.com Depuis quelques temps, le Sénégal a basculé dans une forme de violence assez inquiétante. Elle s’est inscrite à l’intérieur de nos familles. Meurtre de conjoints, parricide, fratricide, au surfond de forte émotions, de passions et de pulsions débiles, tel est l’énoncé de drames et de tragédies enregistré de manière récurrente dans le cercle familial sénégalais. La crise sociale, économique, morale et des valeurs est indexée. Mais aussi l’influence négative de modes de vie et de culture étrangères, distillés de mille manière ( tourisme, films dits d’action et d’amour, telenovelas, etc) dans un village planétaire aux frontières de plus en plus poreuses.

La puissance publique incarnée par l’Etat, et garante de la sécurité des populations, pourrait-elle endiguer le mal ?

Au-delà de la rue, l’insécurité a semblé se loger aujourd’hui dans l’intimité des maisons et des foyers. Et c’est véritablement dans le sang que le linge familial est lavé. Dans un pays où le décompte des crimes et des meurtres prend de plus en plus des proportions exponentielles inquiétantes dans la cellule familiale. L’on a eu de tout temps à indexer les conditions de vie et d’existence matérielle comme facteurs qui déterminent la conscience, l’attitude et le comportement des gens. Ainsi, la promiscuité, la pauvreté, le mal-vivre, la non satisfaction des besoins élémentaires de la vie, ont été pour certains, à la base d’actes répréhensibles et délictuels comme les agressions, la violence sous toutes ses formes, pour vivre et survivre.

Crise des valeurs

De cette crise d’ordre matériel a découlé selon les spécialistes, celle des valeurs et morales, génératrice, comme on le sait, de déséquilibres émotionnels et psychiques. C’est de là aussi, que semblent découler les explications (apparentes) de ces violences, meurtres, infanticides, parricides,  fratricides, que le Sénégal, réputé pays de tradition et de culture paisible, égrène, depuis quelques temps, de manière tragique.
L’opinion a en mémoire, ce fait horrible et incompréhensible à Nianing ( département de Mbour ). A la suite d’une banale dispute, un homme égorge sa femme et se donne la mort par pendaison, sous le témoignage de leur fille consternée.
Il y a de cela à peine deux hivernages, dans la commune de Thiaroye, l’épouse d’un homme qui voulait prendre une seconde épouse dans le quartier est charcutée par la « awo ». Dans cette même collectivité locale de Thiaroye, l’horreur était à son comble.
Après avoir divorcé avec sa femme, un homme qui ne supportait pas cette séparation, récupère son fils. Il l’amène dans un coin de la maison retiré, lui coupe les veines et se donne lui aussi la mort.
Un an déjà que la jalousie meurtrière aux Maristes a défrayé la chronique. Un homme annonce à sa femme son intention de prendre une seconde épouse. Cette dernière, fille d’un guide religieux, en état de grossesse avancé, le brûle au 3ème degré. Il succombera à ses blessures quelques jours à l’hôpital. A Tambacounda, un marié cocufié, surprend l’amant de sa femme dans sa propre chambre, dans une partie de jambes en l’air. Il le charcute tout bonnement jusqu’à ce que mort s’en suive pour le resquilleur.
Revenue exténuée de l’hôpital où elle était allée pour des soins médicaux, une jeune dame, originaire de la banlieue dakaroise, qui n’a pas pu ainsi préparer le repas, est rouée de coups par son mari. Elle succombera à ses blessures. Le mari sera mis aux arrêts. Dans la localité de Wodobéré ( Matam ), un jeune homme n’a pas pu digérer les deux grossesses hors mariage de sa sœur. Il lui lance un projectile qui atterrit sur la tête du bébé qu’elle portait au dos qui passa de vie à trépas. A Tivaouane, un fils décapite froidement son père et jette sa tête dans un puits. Mis aux arrêts, le fils justifie son acte, par un différend foncier avec son géniteur. Dans cette longue liste de tragédies, a aussi figuré le meurtre de cet homme ayant froidement égorgé ses deux enfants, des garçons à la fleur de l’âge, qui dormaient tranquillement dans leur chambre. Devant les enquêteurs, il aurait expliqué son acte par le fait qu’il était possédé par des esprits. Mais le véritable mobile est d’après les enquêteurs, qu’il soupçonnait ses deux femmes, mères des deux enfants, d’adultère et qu’il voulait ainsi, par cet acte, se venger ou prendre sa revanche sur elles. Tout dernièrement, aux Mamelles, un officier de la douane, tue sa fille âgée de 6 ans. Devant les enquêteurs, il justifie son acte par le fait que ce « sacrifice » entre dans le cadre d’une mission qu’il avait en charge, pour sauver l’humanité. Il a été interné à l’hôpital psychiatrique.
La liste n’a pas été exhaustive, de ces violences aux mobiles diverses et meurtres répétés au sein des familles sénégalaises où l’insécurité a semblé aujourd’hui établir ses quartiers.

Ordres de valeur bousculés par le matériel

Ces violences et crimes dans le cercle familial (pour la plupart passionnels), ne peuvent être aussi que l’aboutissement d’une situation de crises multiformes et généralisée, d’une société de déséquilibres où les ordres de valeur sont bousculés par le matériel, la recherche du profit et des gains, le paraître, les strapontins, les honneurs. Au détriment de la bonne morale et des bons comportements. Une société agressée par les influences néfastes de l’extérieur charriées par des cultures et modes de vie de l’étranger. Il est vrai que c’est l’Etat qui est le garant de la sécurité de chaque citoyen. Mais il faudrait aussi se rendre à l’évidence qu’il est impossible à l’Etat de placer derrière chaque citoyen un gendarme, pour le contrôle de ses actes. Il lui est cependant possible de procéder à la censure, au niveau, des médias par exemple, pour que les influences négatives ne passent pas. L’on s’attend aussi à ce que l’Etat installe un cadre de vie et d’épanouissement socio- économique pour les populations, participant à leur épanouissement intégral. Le rétablissement aussi par l’Etat, de la peine de mort abolie en 2004, a semblé être une solution, pour d’aucuns. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est aussi d’intervenir dans les superstructures. Et là, tous les bâtisseurs de conscience ( chefs spirituels, éducateurs, enseignants, medias, etc ) , ont un rôle déterminant à jouer.Mohamed El Amine THIOUNE  


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