«L’IMMATRICULATION PAR AIR SENEGAL DE SES AVIONS A MALTE EST UNE PROCEDURE QUI EST TOUT A FAIT IRREGULIERE»

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http://www.sudonline.sn Air Sénégal SA immatricule ses avions à Malte au lieu de le faire sur la registre national.

Air Sénégal SA, la nouvelle compagnie aérienne nationale ambitionne d’ériger un «véritable hub aérien régional» autour de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). Au-delà d’un réseau domestique et régional, il se projette sur Paris et Sao Paulo, une ville du Sud-est du Brésil, capitale de l’Etat du même nom. Seulement, pour pouvoir opérer en Europe, en plus de se loger sous la coupole de son principal concurrent qu’est Air France, la compagnie aérienne nationale est obligée de faire immatriculer ses avions à Malte, faute de Certificat de navigation. Une procédure jugée «irrégulière»

Air Sénégal SA immatricule ses avions à Malte au lieu de le faire sur la registre national. En atteste, alors que d’habitude les avions sénégalais sont immatriculés 6V, l’on apprend que le nouveau Airbus 330-900 NEO est immatriculé 9H, donc à Malte. Une procédure jugée irrégulière par le commandant Malick Tall, ancien pilote en chef à Air Afrique, ancien directeur des opérations d’Air Sénégal international (ASI), commandant de bord et recruteur. «C’est une procédure qui est tout à fait irrégulière, un pays qui exploite sa compagnie aérienne, qui a un Certificat d’exploitation aérienne de son pays devrait immatriculer ses avions sur le registre de son pays», a-til expliqué au micro de Sud FM Sen Radio. Revenant sur le défaut de certification d’Air Sénégal SA, à l’origine de cette donne, le commandant Malick Tall relève: «d’après ce qu’on a comme information, c’est que l’équipe d’Air Sénégal SA n’a pas procédé à ce qu’on appelle le processus de Certification IOSA (IATA Operational Safety Audit) ni le processus Third Country Operator (TCO)» qui devraient lui ouvrir l’espace aérien européen. Or, «pour pouvoir opérer en Europe, il faut absolument avoir ces deux certifications», note-t-il. Alors, «Air Sénégal, ne l’ayant pas, est obligé d’aller voir une compagnie tierce pour opérer à Paris sous la coupe de cette compagnie. D’après ce que je crois savoir, cette compagnie s’appelle Hi Fly qui est compagnie Portugaise.»

 AIR SENEGAL AVAIT PLUS D’UN AN POUR ENGAGER LE PROCESSUS DE CERTIFICATION IOSA, MAIS NE L’A PAS FAIT

Contrairement à ceux qui croiraient que la compagnie nationale a dû opérer en urgence pour honorer son engagement sur la desserte Dakar-Paris, l’ancien directeur des opérations d’ASI précise qu’elle ne s’y est pas prise à temps. «Parce que l’équipe actuelle est en place depuis septembre 2017. Quand l’équipe est arrivée (en septembre 2017), le processus de Certification pour l’obtention du permis d’exploitation aérienne était pratiquement terminé. Quand ils sont arrivés, la Certification était à sa phase 4 sur 5 et les premiers avions, les ATR qui sont destinés aux vols dits domestiques et du voisinage, étaient déjà en place, en novembre 2017. Donc, ils avaient plus d’un an pour engager le processus de Certification IOSA, ce qui n’a pas été fait. Et c’est ce qui explique qu’aujourd’hui on ne peut pas opérer sur l’Europe, sans passer par des compagnies européennes.»

L’autre absurdité indexée par l’ancien pilote en chef à Air Afrique, c’est le fait qu’Air France, une compagnie concurrente, loge aujourd’hui Air Sénégal à Roissy Charles De Gaulle. «Ça aussi, c’est une situation qu’on n’arrive vraiment pas à s’expliquer. C’est tout à fait inédit de voir une compagnie aérienne d’un Etat opérer sous la coupe de la principale compagnie concurrente et qui plus est aille se loger dans le ventre de cette compagnie aérienne étrangère au niveau de la base d’exploitation, de l’autre côté. Ça, c’est quelque chose que l’on ne s’explique pas, c’est tout à fait inédit et c’est extraordinaire.» Et de citer en exemple, l’ex-compagnie continentale africaine qui a vécu la même situation, avant d’en tirer les leçons. «Air Afrique avait connu à peu près cette même situation et elle en avait tiré tout de suite les conséquences et les conclusions en se rendant compte que c’est quelque chose qui n’était pas raisonnable, qu’on ne s’explique pas.»

«C’EST UNE SITUATION QUI NE PEUT PAS PERDURER»

Interpellé par Aliou Diarra sur les répercussions possibles de cette situation sur l’exploitation notamment sur les billets qui risquent de coûter plus chers, le commandant Malick Tall confie que cette situation ne peut pas perdurer. «Dans le contexte préétabli, c’est-à-dire le contexte qui se dessine, avec un avion immatriculé en Europe et une exploitation du Dakar-Paris sous la coupe du principal concurrent, c’est sûr qu’il n’y a pas photo. On peut dire que c’est une situation qui ne peut pas perdurer.»


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