LICENCES ET ACCORDS DE PÊCHE, PRÉSENCE DE NAVIRES ÉTRANGERS

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LICENCES ET ACCORDS DE PÊCHE, PRÉSENCE DE NAVIRES ÉTRANGERS

http://www.enqueteplus.com Les pêcheurs de Kayar décrètent trois jours sans pêche
Pour faire pression sur l’État qui a signé et octroyé des licences de pêche au profit de navires européens, les pêcheurs de Kayar, qui ont appelé hier à un rassemblement, ont décrété trois jours sans pêche. Ils demandent à l’État de réagir au plus vite, au risque d’enclencher la phase virulente du combat.
Dans la première quinzaine du mois de novembre 2020, le Parlement européen a donné son avis favorable pour l’accord de pêche signé au début du mois d’octobre avec l’État du Sénégal. Avec cette convention signée, le régime du président Macky Sall ouvre une voie libre aux navires de l’Union européenne. Ils peuvent désormais accéder aux eaux sénégalaises sans aucun souci, et y pêcher des milliers de tonnes de poisson.
Il y aura, au total, 28 thoniers-senneurs-congélateurs, 10 canneurs et 5 palangriers espagnols, portugais et français. Les navires sont autorisés à pêcher 10 000 t de thon annuellement ainsi que d’autres espèces dans les eaux sénégalaises. Outre cet arsenal de pêche, l’UE débarque aussi avec deux chalutiers espagnols. Des licences de pêche leur seront octroyées pour pêcher environ 1 750 t par an.
En contrepartie, l’UE dit être prête à verser à l’État du Sénégal 1,7 million d’euros par an. Une enveloppe bien répartie. Les 900 000 euros sont destinés à l’accompagnement du secteur de la pêche et les 800 000 autres euros constituent la somme donnant l’autorisation aux navires d’accéder dans les eaux sénégalaises.
En dépit de tous ces acquis réservés à l’État, les pêcheurs de Kayar trouvent ‘’scandaleuse’’ cette décision du gouvernement de sceller ce nouvel accord. Ce dernier, disent-ils, vient ‘’achever’’ un secteur qui, depuis des années, est à terre à cause du manque de volonté des autorités pour soutenir et asseoir une bonne politique de pêche durable au bénéfice de milliers de Sénégalais.
Hier, Kayar, un des quais de pêche les plus importants de ce pays, a crié son ras-le-bol et son désespoir. Les pêcheurs de cette localité de la région de Thiès invitent l’État du Sénégal à geler tous les accords déjà signés et les licences de pêche octroyées aux navires étrangers. Pour résoudre cette situation, ils interpellent directement le chef de l’État qui, selon eux, est la seule personne pouvant mettre un terme à cette ‘’forfaiture’’ qui plonge leur secteur dans un avenir incertain et sombre.
Ainsi, ils disent non aux ‘’licences illégales, mais oui à la protection des océans’’.

‘’La situation a empiré avec Macky Sall’’

Selon le responsable du Collège des pêcheurs de Kayar, le chef de l’État est l’unique et seul responsable de la situation que vivent les pêcheurs de ce pays. ‘’Nous avons perdu tout espoir. Parce que, quotidiennement, l’avenir du secteur qui nourrit des milliers de familles s’assombrit. Nous ne parvenons plus à trouver du poisson dans la mer, depuis presque sept mois, à cause de l’État du Sénégal qui a vendu la mer aux étrangers qui font tout ce qu’ils veulent, sans aucun contrôle. La mer est notre seule source de vie. Ces navires européens disposent d’une grande capacité de pêche et détiennent des contrats qui leur autorisent d’exporter et de vendre le produit en Europe. Ils doivent, en principe, pêcher 45 % de certaines espèces. Mais ils font tout ce qu’ils veulent. Ils ne respectent aucune règle’’, fulmine Madické Faye, lors d’un sit-in organisé sur l’esplanade du quai de pêche de Kayar.
Le porte-parole du jour des pêcheurs ne s’est pas arrêté là. Il pose la problématique de la disponibilité du poisson dans les eaux sénégalaises. A ses yeux, la ressource est encore présente. Cependant, M. Faye soutient que le véritable problème, c’est le fait que les bateaux étrangers ne respectent pas la réglementation en vigueur et qu’il n’existe aucun contrôle. Avec la complicité de l’État, accuse-t-il, ces navires pêchent tous les jours. ‘’C’est trop. D’ailleurs, c’est ce qui crée la rareté des poissons dans les eaux sénégalaises’’, fustige-t-il.
Avant de mettre le président Sall face à ses responsabilités. ‘’Ce qui se passe actuellement dans le pays est de la responsabilité du président de la République. Nous voulons le rencontrer pour lui faire part de nos doléances. Tous les acteurs de la pêche réclament leur droit. Nous allons poursuivre le combat et nous avons décrété 72 heures de grève. Aucun bateau ou pirogue n’ira en mer. Le président Sall doit nous écouter, sinon ça va chauffer. Il sait ce qui se passe dans la mer’’, prévient Madické Faye.
Poursuivant, il rappelle au chef de l’État ses promesses lors de la récente campagne électorale. ‘’C’est le président Macky Sall qui disait, pendant la campagne électorale, qu’il ne restait que le ‘’yaboye’’ dans la mer, mais la situation à empiré sous son magistère’’, conclut Madické Faye, invitant ses camarades à se mobiliser pour gagner le combat de leur vie.GAUSTIN DIATTA (THIES)    EMMANUELLA MARAME FAYE


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