La sociologue Fatou Sow alerte sur la menace qui pèse sur la loi sur la Parité

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La sociologue Fatou Sow alerte sur la menace qui pèse sur la loi sur la Parité

https://www.dakaractu.com Adoptée à l’Assemblée nationale, en sa séance du vendredi 14 mai 2010, la Loi n° 2010-11 du 28 mai 2010 instituant la parité absolue homme-femme dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives est menacée.
C’est le Pr Fatou Sow Sarr, sociologue qui en a fait la révélation, en fin de semaine. Elle a profité d’une brève présentation faite lors d’un webinaire dédié à l’espace civique pour relever cette volonté cachée qui guette cet acquis majeur.
L’espace civique défini comme l’environnement de travail des acteurs et organisations de la société civile dans l’expression de leurs droits fondamentaux. Et pour ce qui est de cet espace civique au Sénégal, la sociologue prévient qu’il ‘’est en train de se rétrécir de plus en plus’’. Une idée
qu’elle dit fonder sur le fait qu’on ‘’les entend de moins en moins. Elles semblent être aphones, alors que paradoxalement, les opportunités d’expression sont très développées avec la technologie. Et même pour les problèmes qui les concernent telles que les violences qui, aujourd’hui, font fureur dans ce pays et qui les frappent très durement, on a de la peine à les mobiliser’’, a déploré le Pr Fatou Sow Sarr, au cours de cette conférence virtuelle initiée par Cocidev en partenariat avec Innovation for change (I4c).

« Si rien n’est fait,je crois qu’on va assister à la mort simple de beaucoup d’organisations »

Lors de cette conférence à laquelle  d’autres acteurs de la société civile ont pris part, la dame n’a pas caché ses craintes de voir le silence assourdissant des femmes conduire à une perte de beaucoup de leurs acquis.
‘’Quand il y a la faible présence des femmes dans l’espace civique, pour moi,
c’est un indicateur de mesure de la régression de la démocratie. Parce que le rétrécissement de l’espace civique s’accompagne d’une exclusion progressive des femmes’’, a-t-elle dit avant d’évoquer l’effet négatif de la crise sanitaire et ses éventuelles répercussions. ‘’La Covid-19 a encore renforcé la léthargie. Et si rien n’est fait, je crois qu’on va assister à la mort simple de beaucoup d’organisations’’.
Sa conviction est faite que ‘’les organisations de la société masculine sont beaucoup mieux armées, beaucoup mieux outillées, à la fois du point de vue intellectuel, de la connaissance ou des savoirs’’. En face, ‘’la plupart des organisations de femmes sont confrontées à ce type de problèmes’’.
Toutes choses qui font qu’elle est fortement convaincue qu’il y a ‘’de réelles risques de régression et de suppression des acquis démocratique. Nous savons qu’un des acquis qui est la loi sur la parité est menacée. Il y a des négociations et des discussions pour que, pour les prochaines élections locales, cette question soit supprimée.
Donc, les menaces sont là. Et la manière pour que les femmes puissent s’en sortir c’est une alliance entre les organisations de la société civile féminine exclusivement avec des organisations de société civile dirigées par d’autres’’, prévient la Directrice du laboratoire genre et recherche scientifique de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) sis à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Malgré cette situation, cette dernière estime qu’il existe pour les acteurs de la société civile féminine, des défis à relever pour sortir la tête hors de l’eau.

‘’C’est qu’il n’y a pas une pensée politique qui sous-tend l’action des femmes et leur présence dans l’espace civique.

Evidemment aujourd’hui par exemple, les femmes s’organisent. Maintenant beaucoup de femmes sont aujourd’hui dans les réseaux sociaux et s’organisent par rapport à leurs problèmes. Comment gérer leurs enfants ? Comment gérer leurs maris ? Mais, il n’y a pas une pensée politique qui sous-tend l’action des femmes. C’est-à-dire qu’il n’y a pas un idéal. C’est ce qui fait qu’au quotidien, de manière ponctuelle, elles s’impliquent dans ces actions mais il n’y a pas de vision à long terme. Et c’est pourquoi je pense que la Société civile en général doit aller vers une approche inclusive et créer des espaces de rencontre avec les organisations de la société civile féminine.
C’est-à-dire qu’il manque cette capacité d’analyse des contextes, à la fois au niveau international et des enjeux qui dépassent simplement leur existence
quotidienne’’, a-t-elle confié.


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