LA SOCIETE CIVILE EXIGE UNE ENQUETE PARLEMENTAIRE

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LA SOCIETE CIVILE EXIGE UNE ENQUETE PARLEMENTAIRE

https://www.seneplus.com http://www.sudonline.sn Le Programme décennal de lutte contre les inondations (Pdli), d’un coût global de 767 milliards FCFA, continue de susciter des réactions, surtout avec les dégâts causés par les fortes pluies du week-end dernier
Le Programme décennal de lutte contre les inondations (Pdli), d’un coût global de 767 milliards FCFA, continue de susciter des réactions, surtout avec les dégâts causés par les fortes pluies du week-end dernier. La société civile, en l’occurrence Birahim Seck, coordonnateur du Forum civil, Amacodou Diouf, Président du conseil d’administration (Pca) d’action Humaine pour le Développement Intégré au Sénégal (Ahdis), et Guy Marius Sagna de FRAPP restent unanimes sur la nécessité de mener une enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette importante manne financière dépensée dans le cadre de ce plan contre les inondations.

AMACODOU DIOUF, PCA AHDIS  : «J’ose espérer que l’Assemblée nationale prendra ses responsabilités pour mettre en place une commission d’enquête»

S’il s’avère vrai que cette enveloppe a été dégagée sans effets substantiels dans la lutte contre les inondations, il faut chercher à situer les responsabilités et prendre des mesures idoines (au nom du peuple et au nom de la sauvegarde des principes de reddition des comptes..). Pour se faire, le président devrait instruire les organes de contrôle à en faire un rapport exhaustif pour informer les Sénégalais. J’ose espérer que l’Assemblée nationale prendra ses responsabilités pour mettre en place une commission d’enquête si dans ce pays, ces gens se fient aux populations. Quid du contraire ? Les Sénégalais comptabiliseront ce fait dans le registre des frustrations et en conséquence prendront leurs responsabilités tôt ou tard. Seule une évaluation exhaustive et fidèle aux faits pourra nous conduire vers des conclusions sérieuses. Il faut l’exiger. Le président de la République peut voyager là où bon lui semble et n’importe quand. Cela va de son degré d’appréciation de la situation de crise et convoquer un conseil présidentiel sur les inondations ou au moins un conseil ministériel, y compris avec les impacts.

«JE NE CROIS PAS AU PLAN ORSEC»

Je ne crois pas au plan Orsec. Par conséquent, je ne pense pas que son déclenchement pourra aider à résoudre le problème. Aucun plan Orsec n’a sauvé ce genre de situation dans l’histoire de ce pays. Je profite de l’occasion pour marquer ma solidarité à l’endroit des impactés en milieu urbain et rural (des habitations et des ponts se sont effondrés en campagne), lancer un appel à l’endroit du secteur privé ainsi que des associations de la société civile humanitaires pour un appui conséquent pour sauver des vies humaines qui pataugent dans les eaux de pluies, exhorter le gouvernement à clarifier globalement la question du financement des inondations de 2013 à maintenant et de prendre les mesures idoines pour informer les Sénégalais d’une manière claire et pour sanctionner au besoin. Je rappele au gouvernement que dans pareilles circonstances, l’approche la plus convaincante est la tenue de sessions de haut niveau pour des mesures technico-politiques et de suivi des décisions au profit des populations»

GUY MARIUS SAGNA, FRAPP  : «CES QUESTIONNEMENTS AUSSI POSENT L’EXIGENCE DE LA NECESSITE D’UNE ENQUETE PARLEMENTAIRE…»

«Vraisemblablement, quand on voit la somme annoncée pour lutter contre les inondations et la réalité du nombre de localités affectées, 8 ans après l’accession du président Macky Sall au pouvoir, ça peut vouloir dire beaucoup de choses à la fois. Premièrement, ça peut vouloir dire qu’en réalité, ce n’est pas ce montant qui a été injecté dans la lutte contre les inondations. Que le budget alloué a été détourné, a fait l’objet d’une mauvaise gestion. Ça peut vouloir dire qu’en fait techniquement, ce qui a été utilisé pour lutter contre les inondations n’est pas adapté. Mais tous ces questionnements là posent la nécessité et, au niveau du FRAPP, nous l’avons affirmé et nous le réaffirmons d’un audit de la gestion de la lutte contre les inondations, d’un audit de la gestion des fonds annoncés et qui ont effectivement étaient utilisés. Le FRAPP exige que le programme de lutte contre les inondations soit audité. Deuxièmement, ces questionnements aussi posent l’exigence, si tenté que nous sommes en république, si tenté que nous sommes en démocraties, de la nécessité d’une enquête parlementaire au sujet de ce plan décennal de lutte contre les inondations au Sénégal. Nous ne demandons pas de mise sur pied de commission d’enquête parlementaire en fait opaque. Nous parlons de commission parlementaire réelle, forte, sérieuse. Pas d’une commission d’enquête qui ne soit sérieuse, qui soit politicienne. Donc nous pensons que cette question pose en tout cas cette nécessité d’une enquête parlementaire. Maintenant, ça va vouloir dire une troisième chose, que l’argent injecté dans la lutte contre les inondations n’était pas suffisant. Cela, en fait, nous amène à remettre sur la table une des revendications du FRAPP, à savoir une situation où le peuple sénégalais fait face à la pandémie du coronavirus mais également à une autre pandémie qu’on appelle inondation. Le FRAPP persiste et signe à dire qu’il est aujourd’hui nécessaire de supprimer le HCCT, de supprimer le CESE, de supprimer le CNDT, d’autant plus que le FRAPP a beaucoup plus fondé à poser ces revendications que je vous rappelle qu’en 2012, quand le président Macky Sall avait été élu, dès le mois de septembre, il avait décidé de supprimer le Sénat et quand on lui avait demandé pourquoi il supprimer le Sénat, il avait dit qu’il voulait utiliser les 8 milliards de budget du Sénat pour lutter contre les inondations. Or, les inondations de 2020 sont plus importantes que celles de 2012 ».

«MACKY SALL N’AVAIT PAS A VOYAGER»

« Le FRAPP pense que la grande majorité de la classe politique sénégalaise, avec à sa tête le président Macky Sall, manque d’empathie pour le peuple sénégalais qui souffre. Qui souffre sur le plan de la santé, qui souffre sur le plan de l’éducation, qui souffre sur le plan de la sécurité, qui souffre sur le plan du chômage, qui souffre sur le plan de l’analphabétisme, qui souffre sur le plan des inondations aujourd’hui. Parce que nous pouvons dire que nous sommes effectivement dans une période de guerre sanitaire mais également une période où nos populations sont les pieds dans l’eau. Donc, cette situation-là devait exiger du président qu’il reste avec son peuple, qu’il fasse corps avec son peuple. Et non qu’il se mette à voyager. Donc, nous pensons qu’effectivement le président Macky Sall n’avait pas à voyager. Mais, cela confirme tout simplement s’il en était encore besoin que le président Macky Sall est à des années-lumière des priorités et des préoccupations du peuple sénégalais. Lui, sa préoccupation, c’est de voir comment sanctionner le peuple malien qui a osé dire «IBK, dégage». Sa préoccupation, c’est de voir comment éviter que le Mali ne contamine la Côte d’ivoire, la Guinée et le Sénégal. Or, la préoccupation de nos autorités aurait dû être le peuple sénégalais qui est en train de souffrir. Et aux souffrances du peuple sénégalais est venue s’ajouter une autre souffrance qui s’appelle les inondations».

BIRAHIM SECK, FORUM CIVIL « Une Assemblée nationale à la hauteur de ses responsabilités…devrait convoquer les Ministres en charge de la lutte contre les inondations ».

«Une Assemblée nationale à la hauteur de ses responsabilités de représentation du peuple devrait immédiatement convoquer les Ministres en charge de la lutte contre les inondations. Sept cent cinquante (750) milliards de FCFA pour récolter ces scènes de désolation. Une faillite réelle de la politique d’infrastructures de prévention contre les intempéries. La reddition des comptes était pourtant un engagement fort du Président de la République». Jean Michel DIATTA


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