KHALIFA SALL PRIS ENTRE DEUX FEUX

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KHALIFA SALL PRIS ENTRE DEUX FEUX

http://www.sudonline.sn https://www.seneplus.com/ Son destin ou du moins son avenir politique parait ne pas être entre ses mains, car devant faire face à la pesanteur judiciaire, mais aussi à l’âge, même s’il restera toujours dans la limite requis des 75 ans au plus, à la présidentielle de 2029
Elargi de prison le 29 septembre dernier, après une grâce présidentielle, l’ancien député-maire de Dakar, Khalifa Sall condamné à 5 ans d’emprisonnement pour «faux en écriture de commerce et escroquerie portant sur les deniers publics», dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, semble reprendre du service. Cependant, son destin ou du moins son avenir politique parait ne pas être entre ses mains, car devant faire face à la pesanteur judiciaire, mais aussi à l’âge, même s’il restera toujours dans la limite requis des 75 ans au plus, à la présidentielle de 2029.
L’ancien député-maire, Khalifa Sall, au chevet des sinistrés de la commune de Grand Yoff, le 7 septembre dernier. C’est l’image qui a fait le tour de la toile, notamment avec le message lancé aux habitants de son «fief» et du Sénégal face aux inondations, mais surtout avec l’invite adressée au gouvernement pour trouver une solution face au calvaire des populations impactées par les inondations.
Avec cette sortie très médiatisée, “Khaf“ entend matérialiser la promesse faite à ses militants, le mercredi 11 mars dernier, lors d’une rencontre à la mairie de Dieuppeul Derklé, à savoir qu’ : «il est temps de retrouver le terrain après les visites de proximité». Hélas, l’ex-maire de Dakar n’est pas encore totalement maitre de son destin politique. Pour cause, les critères d’éligibilité selon la Constitution du Sénégal issue du referendum du 20 mars 2016, sont les suivants : être exclusivement de nationalité sénégalaise ; jouir de ses droits civiques et politiques ; être âgé de 35 au moins et de 75 ans au plus le jour du scrutin. Le hic se trouve au niveau des deux derniers critères d’éligibilité cités ci-dessus. En effet, condamné en août 2018, à 5 ans d’emprisonnement pour «faux en écriture de commerce et escroquerie portant sur les deniers publics» dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar puis élargi de prison le 29 septembre dernier, après une grâce présidentielle, Khalifa Sall doit franchir un adversaire de taille.
En réalité, il y a une pesanteur judiciaire qui pèse sur lui, compte tenu de son casier judiciaire qui est encore souillé. En dépit de la grâce présidentielle dont il a bénéficié, il reste toujours frappé par l’article L.156 relatif à l’inéligibilité des individus condamnés, «lorsque leur condamnation empêche d’une manière définitive leur inscription sur une liste électorale».
Pour prétendre participer à une quelconque élection, il lui faudra une amnistie par l’Assemblée nationale. Seulement, c’est cette même Assemblée qui lui avait retiré son immunité, bien qu’il n’ait pas été entendu par la commission installée par étudier son cas. Ce qui voudrait dire que ses chances de se faire amnistier par cette XIIIème législature restent minimes. Encore que, s’il s’aventure à mener un combat contre la majorité, en prenant des positions contre par rapport à des situations politiques, il risque de compliquer sa situation. Pour cause, l’initiative en matière judiciaire, notamment l’obtention de l’amnistie, relève de la majorité. Quid de la limite d’âge, quand on sait qu’il est né en 1956 ? Il reste évident que ses partisans diront qu’en 2024, tout comme en 2029, Khalifa Sall n’aura pas de problème d’éligibilité concernant son âge. En effet, la limite requise est de 75 ans au plus, le jour de l’élection. Seulement, si on doit écarter 2024, à cause de la déchéance de ses droits civiques, il ne lui restera que 2009. Sachant que n’est pas Me Wade qui veut, parce qu’il a accédé au pouvoir à 74 ans, il n’est pas évident que Khalifa Sall garde toute ses facultés à cette âge aussi avancée, à savoir 73 ans.
A noter, par ailleurs, que sa coalition ”Tawawu Ndakaru“ a pris un rude coup avec des défections non négligeables. Des ténors qui pesaient bien sur la balance dans cette coalition en termes d’électorat, mais aussi d’engagement politique lors des dernières échéances, avant celle de février 2019, ont préféré quitter la barque pour se ranger dans la mouvance présidentielle. Il faut compter parmi eux le «Gros poisson» pêché par Macky Sall à la veille de la présidentielle, en l’occurrence Moussa Sy, maire des Parcelles. Que dire de Jean Baptiste Diouf, maire de Grand Dakar, ou encore d’Alioune Ndoye de Dakar Plateau qui a rejoint la maisonmère, le Parti socialiste (Ps) ? Ou encore Banda Diop de la Patte d’Oie, pour ne citer que ceux-là ? C’est dire que la coalition de l’ancien député-maire a perdu sa force d’antan, et que ”Khaf“ a perdu beaucoup de sa marge de manœuvre dans la capitale sénégalaise. Encore que Dakar n’est pas le Sénégal et qu’il lui reste beaucoup de travail à faire dans les régions. Jean Michel DIATTA


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