INONDATIONS : « OÙ SONT PASSÉS LES 750 MILLIARDS FCFA ? »

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INONDATIONS : « OÙ SONT PASSÉS LES 750 MILLIARDS FCFA ? »

http://www.emedia.sn Actualité oblige, le magazine d’informations, La Totale, de ce dimanche, 6 septembre, s’est intéressé aux inondations constatées dans le pays après les fortes pluies d’avant-hier samedi. « Où sont passés les 750 milliards de F CFA qui auraient été investis pour lutter contre les inondations ? » s’interrogent les Sénégalais.
Serigne Mbaye Thiam, le ministre de l’Assainissement et de l’Hydraulique, a rappelé qu’un rapport est en train d’être fait sur instruction du chef de l’État, Macky Sall. Ledit document, a-t-il précisé  : « indiquera, rubrique par rubrique, comment ça a été dépensé. Le plan décennal des inondations était de plus de mille milliards à peu prés. Les logements qui ont été faits à Tawfekh, ce n’est pas quelque chose qu’on imagine. Je ne dis pas que ça prend les 750 milliards mais cela fait partie de ce plan décennal. Les gens peuvent constater que c’est du réel qui a été fait. Il y a des bassins qui ont été faits dans des localités. »
Face à la catastrophe actuelle, il soutient que « dans tous les pays du monde lorsqu’on programme des infrastructures d’assainissement, d’hydraulique et de transport, on les dimensionne selon les besoins du moment. Ici au Sénégal, par exemple, ces infrastructures de lutte contre les inondations, on les programme sur ce qu’on appelle la pluie décennale, la pluie la plus forte observée au cours d’une décennie. Si vous avez maintenant, une pluie qui dépasse cette décennale-là, en ce moment-là, vous avez des difficultés. Il y a des pays qui ont des moyens, qui programment selon une centennale. Je vous donne simplement l’exemple de Thiès, l’année dernière, la saison des pluies 2019, entre le début et le 31 août, sur trois mois, on avait en tout 120 mm d’eau. Rien que la journée d’hier, j’ai les dernières statistiques de Thiès au cours de la réunion par l’ANACIM, c’est 126,9 mm ».

« Les 750 milliards n’ont pas été mobilisés « 

Un autre intervenant, Cheikh Gueye, expert en développement, a, d’emblée, souligné, qu’ « en annonçant 750 milliards, il n’était pas évident que l’Etat atteindrait cette somme sur les dix ans. C’était, d’abord, une annonce. Ensuite, dans le cadre du plan d’urgence, l’Etat avait réussi à mobiliser d’abord 66 milliards et l’a dépensé pour des grandes infrastructures notamment autour de l’hôpital Maguilène Senghor, de la Foire, et de certains projets au niveau de la banlieue, en continuité de la politique mise en place par le président Wade (plan Jaxay, etc). En dehors de ce plan d’urgence, l’Etat a pu mobiliser à peu près 120 milliards avec les différents bailleurs autour d’une table ronde, qu’il a complété aussi au fur et à mesures avec, à chaque fois, dix, vingt milliards depuis lors. Donc cet argent-là n’a pas été totalement consacré disons à réduire les inondations ici et maintenant. C’était de l’argent qui devait aussi servir à mettre en place un plan national d’aménagement du territoire, des études, et d’autres mécanismes qui pouvaient permettre à moyen et long terme de réduire les inondations. »
Selon le chargé de prospective et stratégie à Enda Tiers Monde, « le fait même que le président n’ait pas de visibilité à travers un mécanisme de suivi de la dépense de cet argent, et que le ministre (Serigne Mbaye Thiam) ne puisse pas l’affirmer, montrer qu’il y a déjà un défaut de mobilisation autour de cette question des inondations. » Et « malheureusement, c’est une politique un peu spectacle. C’est-à-dire qu’à chaque fois qu’il y a des inondations, on fait des annonces, et après quand il n’y a pas de pluie décennale ou centennale, on n’en parle pas beaucoup alors que cela doit être un thème transversal aux différents ministères, et un domaine dans lequel la mobilisation doit être permanente et anticipatrice », a-t-il conclu.

« L’engagement des communautés »

Entre autres solutions structurelles qui devraient être envisagées, Gueye a listé « les plans directeurs d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Qui doivent permettre vraiment de mettre les inondations comme une priorité notamment en mettant en place un plan de drainage des eaux pluviales », et « l’engagement des communautés dans la réduction des risques d’inondations, comme pour la Covid-19 ».
Mais en attendant, dans le cadre du plan Orsec déclenché par le chef de l’État, afin de permettre une synergie plus opérationnelle de tous les services de l’Etat en cas de catastrophe, les 14 gouverneurs de région ont envoyé, chacun son rapport, au niveau central. Et ces rapports seront utiles dans la mobilisation des moyens dont le montant reste à déterminer.
Déjà, assure le ministre, « on n’a pas attendu le plan Orsec. Dans la mesure où, au cours de la (réunion au ministère de l’Intérieur), la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers a expliqué que 185 motopompes et électro-pompes étaient déjà opérationnelles depuis le démarrage de la saison des pluies mais qu’il faut renforcer parce que la quantité d’eau demande qu’on renforce le cubage d’évacuation. Et c’est ça qui est en train d’être fait avec ces moyens supplémentaires. »
Ainsi, il est formel  : « Ce n’est pas tout le territoire qui est inondé. Parce que même au sein des régions, ce n’est pas tous les départements et toutes les localités qui sont inondés. La zone qui a reçu une quantité plus importante de pluie, c’est les régions de Fatick, Thiès, Kaolack, Kaffrine et Dakar, qui sont les plus problématiques. Dans les autres régions, nous avons des poches quelques fois. » Dié BÂ


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