{"id":5343,"date":"2022-10-13T17:49:23","date_gmt":"2022-10-13T17:49:23","guid":{"rendered":"https:\/\/rp221.com\/?p=5343"},"modified":"2022-10-13T17:49:40","modified_gmt":"2022-10-13T17:49:40","slug":"les-carences-cachees-de-la-grande-muette-du-secteur-primaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rp221.com\/?p=5343","title":{"rendered":"Les carences cach\u00e9es de la grande muette du secteur primaire"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"red\"><strong><em>Les carences cach\u00e9es de la grande muette du secteur primaire Par Henri Eli Yangane<\/em><\/strong><\/h3>\nLe secteur de l\u2019\u00e9levage s\u00e9n\u00e9galais amor\u00e7ait l\u2019\u00e8re d\u2019une int\u00e9grit\u00e9 syst\u00e9mique de la structure elle-m\u00eame et sa corporation en 2015. Des changements souhait\u00e9s tels que la cr\u00e9ation d\u2019un Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 cette date, ainsi que son appui plut\u00f4t par le Plan national de d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9levage (Pnde), cadre de r\u00e9f\u00e9rence, sont devenus aux yeux des acteurs, huit (8) ann\u00e9es encore inachev\u00e9es. Ainsi, se succ\u00e8de une bourde sectorielle favoris\u00e9e par la crise du Covid-19 depuis 2020 qui a suscit\u00e9 une bienveillance conjoncturelle de l\u2019Etat, volant au secours de l\u2019administration publique et priv\u00e9e. Cependant, cet \u00e9lan ayant comme ma\u00eetre-mot \u00abR\u00e9silience nationale\u00bb, a marqu\u00e9 forfait le secteur de l\u2019\u00e9levage qui s\u2019insurge en bandouli\u00e8re entre autres maux\u00a0 : lenteurs administratives sur les augmentations affect\u00e9es dans la Fonction publique et priv\u00e9e, d\u00e9valorisation accentu\u00e9e des salaires, absence d\u2019indemnit\u00e9s de risques encourus dans la pratique, r\u00e9tention de primes, conditions de travail difficiles et manque de consid\u00e9ration de l\u2019Etat. Les cris revendicatifs sporadiques de ces soldats de la seringue et des productions animali\u00e8res ne sont pas si assourdissants \u00e0 l\u2019endroit du gouvernement du S\u00e9n\u00e9gal pour un traitement prioritaire des urgences.\nPr\u00e8s de 26 milliards de F Cfa \u00e9tait l\u2019allocation au secteur de l\u2019\u00e9levage en 2020. Ce budget a connu une augmentation d\u2019environ 1 milliard de francs Cfa, portant ainsi cette enveloppe \u00e0 plus de 27 milliards en 2021. Un budget qui pr\u00e9visiblement montre \u00e0 suffisance le panorama repr\u00e9sentatif de succession de chiffres assez d\u00e9risoires et persistants au fil des ann\u00e9es. Contrairement aux autres secteurs primaires, \u00e0 savoir la p\u00eache et l\u2019agriculture, des pans soutenus aujourd\u2019hui par des politiques publiques et investissements porteurs de d\u00e9veloppement, l\u2019\u00e9levage participerait au loin sous l\u2019effet d\u2019une inclusion dans le tissu du changement. Etant une insuffisance dans la prise en charge des r\u00e9els d\u00e9fis, l\u2019\u00e9levage au S\u00e9n\u00e9gal aurait tardivement vu na\u00eetre ses diff\u00e9rentes attributions le 23 septembre 2013, suite au d\u00e9cret n\u00b02013-1281. A cet effet, le minist\u00e8re de l\u2019Elevage et des productions animales, sous l\u2019autorit\u00e9 du Premier ministre d\u2019alors, pr\u00e9pare et met en \u0153uvre la politique d\u00e9finie par le chef de l\u2019Etat. Par ailleurs, dans cette m\u00eame mission r\u00e9galienne \u00e0 contribution efficace et effective de l\u2019autosuffisance alimentaire, l\u2019environnement du secteur a \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9 afin de favoriser la r\u00e9alisation des objectifs du Plan S\u00e9n\u00e9gal \u00e9mergent (Pse) institu\u00e9 en 2012. En 2017, malgr\u00e9 une situation pastorale assez difficile en 2016, les acteurs de l\u2019\u00e9levage ont d\u00fb contrebalancer les performances, l\u2019une des plus satisfaisantes, \u00e0 97%. Relativement au suivi de la mise en \u0153uvre de la politique sectorielle entra\u00een\u00e9e par l\u2019augmentation et la s\u00e9curisation des productions animales, et l\u2019am\u00e9lioration de leur qualit\u00e9, ces principaux indicateurs sont vaillamment port\u00e9s d\u2019une main secourable par l\u2019ensemble des directions nationales (services v\u00e9t\u00e9rinaires, d\u00e9veloppement des \u00e9quid\u00e9s, industries animales\u2026).\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Essoufflement des \u00e9quipements et infrastructures affect\u00e9s\u2026<\/em><\/strong><\/h4>\nL\u2019approvisionnement en viande de qualit\u00e9 \u00e0 suffisance, proportionnellement au vaste march\u00e9 de consommation, est l\u2019un des objectifs majeurs des acteurs de l\u2019\u00e9levage. Cependant, le personnel administratif, les v\u00e9t\u00e9rinaires et autres techniciens du Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9levage et des productions animales (Mepa), qui ne repr\u00e9sentent pas plus de sept cents (700) agents pour le maillage territorial et qui demeurent des piliers confirm\u00e9s, semblent d\u00e8s lors ignor\u00e9s dans cette cha\u00eene de distribution. Un travail de pr\u00e9vention en amont, \u00e0 travers une inspection intensive du cheptel, un contr\u00f4le qualit\u00e9 de produits indispensables pr\u00e9cit\u00e9s (viande bovine et viande de volaille industrielle), serait r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant, ce qui est plus qu\u2019al\u00e9atoire avec plus de deux cent mille tonnes (200\u00a0000 t) consomm\u00e9es chaque ann\u00e9e. Par cons\u00e9quent, eu \u00e9gard \u00e0 ces r\u00e9sultats satisfaisants, le cadre de vie, d\u2019exercice de la pratique des agents techniques de l\u2019\u00e9levage, des ing\u00e9nieurs des travaux de l\u2019\u00e9levage voire des ing\u00e9nieurs zootechniciens m\u00eames, n\u2019est pas entretenu. Dans les d\u00e9partements et communes des 14 r\u00e9gions du S\u00e9n\u00e9gal, nous pouvons clairement apercevoir, sans ambig\u00fcit\u00e9, un accueil non hospitalier, les indisposant dans leur collaboration avec les populations. Une \u00e9crasante majorit\u00e9 des b\u00e2timents abritant les services de l\u2019\u00e9levage et des productions animales marquent les stigmates de la vieillesse, pire certains menacent ruine au grand dam des agents m\u00e9ritants. En d\u2019autres termes, cette acceptation de ces conditions de travail d\u00e9voilerait un esprit arm\u00e9 d\u2019engouement \u00e0 un d\u00e9vouement ferme et inconditionn\u00e9 \u00e0 servir et veiller \u00e0 la sant\u00e9 animale et m\u00eame humaine, consid\u00e9rant aujourd\u2019hui la r\u00e9alit\u00e9 du \u00abOne Health\u00bb. A cela s\u2019ajoute le fait que beaucoup de chefs de poste v\u00e9t\u00e9rinaires sont en location dans les communes devant l\u2019absence de poste construit. Une somme de ces limites qui se solde par la non-concr\u00e9tisation des perspectives soulev\u00e9es en 2018 sur l\u2019appui au pastoralisme et ses panoplies de projets et programmes. En 2022, quatre (4) ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es, ces projections ne sont toujours pas r\u00e9alis\u00e9es comme le stipulait le rapport d\u2019activit\u00e9s 2017 sur son point 2\u00a0 : \u00abLe renforcement des r\u00e9alisations en termes d\u2019infrastructures et d\u2019\u00e9quipements pastoraux dans une r\u00e9silience des syst\u00e8mes d\u2019\u00e9levage.\u00bb Un parc automobile (v\u00e9hicules ou cyclomoteurs) vieillissant ou absent accentue une carence continue du secteur. Cette d\u00e9faillance favorise des tractations intempestives sur les indemnit\u00e9s, lesquelles doivent faciliter un quelconque d\u00e9placement en cas d\u2019intervention dans les zones \u00e0 vaste \u00e9tendue, aux confins des communes. Ainsi, de ces tourments de souffre-douleur, apr\u00e8s cette insuffisance de moyens de d\u00e9placement, les agents, en plus de subir les affres de cette vague aux allures s\u00e9gr\u00e9gationnistes sur les primes et salaires, les asphyxient\u00a0 : le logement \u00e0 des prix \u00e9cr\u00e9m\u00e9s et de lourds frais d\u2019investissement comme l\u2019achat d\u2019une motocyclette pour mieux prendre en charge leurs missions r\u00e9galiennes. Un constat similaire est aussi op\u00e9r\u00e9 en zone insulaire, particuli\u00e8rement dans les \u00eeles du Saloum, o\u00f9 une vedette a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e, mais cette fois-ci, c\u2019est dans l\u2019op\u00e9rationnalisation de son encadrement que se situe le dysfonctionnement. Bien que cette derni\u00e8re existe et jouant un r\u00f4le primordial dans le d\u00e9senclavement de ces \u00eeles du S\u00e9n\u00e9gal, la ressource humaine pour son fonctionnement n\u2019est pas prise en compte. La pr\u00e9sence en permanence d\u2019un conducteur de vedette au service des agents favoriserait plus de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 des agents durant les interventions pour un meilleur maillage et une inclusion de fa\u00e7on effective des \u00eeles aux diff\u00e9rents programmes du service de l\u2019\u00e9levage. Au plan infrastructurel, dans le lot des moyens indispensables, nous pouvons compter des parcs \u00e0 vaccination en nombre tr\u00e8s insuffisant. En outre, les risques pourraient s\u2019accro\u00eetre avec une ins\u00e9curit\u00e9 mena\u00e7ante chez les agents de l\u2019\u00e9levage lors des campagnes de vaccination des grands ruminants (bovins). Par ailleurs, des coups de sabot de b\u0153ufs ou de chevaux, des blessures caus\u00e9es par les coups de cornes et des morsures sont des accidents tr\u00e8s fr\u00e9quents. Contentionner ces bovins dans des parcs destin\u00e9s \u00e0 la vaccination serait d\u2019un grand apport s\u00e9curitaire pour \u00e9viter des accidents de travail. Un autre facteur rend la liste des probl\u00e8mes loin d\u2019\u00eatre exhaustive\u00a0; il s\u2019agit du plateau technique en manque. Nous pouvons en citer des seringues, du mat\u00e9riel de chirurgie, des v\u00ealeuses, des sondes naseau-\u0153sophagiennes, des gants aseptiques, etc. En ce sens, la satisfaction int\u00e9grale est prise en charge en g\u00e9n\u00e9ral par les cliniques priv\u00e9es qui sont malheureusement insuffisantes pour la polarisation \u00e0 cause de ses co\u00fbts prohibitifs. Malgr\u00e9 cette faible privatisation de la m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire, les services publics de l\u2019\u00e9levage et des productions animales assurent toujours de fa\u00e7on efficace, les soins de sant\u00e9 sur les animaux dans la majeure partie du territoire national. Il est \u00e0 noter qu\u2019afin de mieux assurer les interventions cliniques sur le terrain, les agents sont oblig\u00e9s de se ravitailler en m\u00e9dicaments v\u00e9t\u00e9rinaires, partant de leurs fonds propres.\nCette d\u00e9marche salutaire promeut l\u2019accessibilit\u00e9, la proximit\u00e9 et la disponibilit\u00e9 de ce service vis-\u00e0-vis des populations.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Risques du m\u00e9tier et d\u00e9gradation sociale des acteurs de l\u2019\u00e9levage<\/em><\/strong><\/h4>\n\u00abUn secteur de l\u2019\u00e9levage comp\u00e9titif, satisfaisant de mani\u00e8re durable la demande nationale en produits animaux et assurant la promotion socio-\u00e9conomique de ses acteurs\u00bb est la nouvelle articulation actualis\u00e9e depuis 2014 dans le Plan S\u00e9n\u00e9gal \u00e9mergent (Pse). La vision pr\u00e9cit\u00e9e, qui est la \u00abcomp\u00e9titivit\u00e9\u00bb, commence \u00e0 \u00eatre mat\u00e9rialis\u00e9e par la fili\u00e8re laiti\u00e8re appuy\u00e9e par la race bovine, le d\u00e9veloppement de l\u2019aviculture et le l\u2019apiculture, la promotion des cultures fourrag\u00e8res, le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re \u00e9quine avec le renforcement g\u00e9n\u00e9tique, les haras nationaux, l\u2019am\u00e9lioration de la stabulation, etc. L\u2019op\u00e9rationnalisation du syst\u00e8me de collecte de donn\u00e9es, pour am\u00e9liorer le pilotage du secteur et contribuer \u00e0 rendre l\u2019\u00e9levage davantage attractif \u00e0 l\u2019investissement priv\u00e9, figurait parmi les actions motrices de d\u00e9veloppement du secteur. De lourdes t\u00e2ches dont les agents ne feront qu\u2019une priorit\u00e9 sont corrobor\u00e9es au sacerdoce et obligation de respect\u00a0de mener \u00e0 bien toutes les politiques de l\u2019Etat. \u0152uvrant toujours au nom de l\u2019action concr\u00e8te, les acteurs axent leurs interventions sur quatre (4) domaines g\u00e9n\u00e9raux\u00a0 : 1) le zoo sanitaire du b\u00e9tail, 2) la s\u00e9curisation du cheptel, 3) les cha\u00eenes de valeurs animales, 4) l\u2019acc\u00e8s des produits animaux. Ces acquis, qui pr\u00e9figurent les premiers jalons pos\u00e9s en 2012, \u00e9taient la contribution majeure \u00e0 l\u2019atteinte maximale \u00e0 l\u2019autosuffisance alimentaire, seul gage \u00e0 l\u2019effort de lutte contre la pauvret\u00e9. En effet, sur une d\u00e9clinaison assez claire du vrai sens du devoir des agents v\u00e9ritables adeptes de performances probantes, les missions titanesques sur le terrain ne sont pas sans risques. Ces t\u00e2ches non ais\u00e9es t\u00e9moignent aujourd\u2019hui de la forte pr\u00e9carit\u00e9 qui s\u00e9vit en ces temps dans le secteur de l\u2019\u00e9levage. D\u2019abord, au plan technique, l\u2019exposition permanente des agents ainsi que de leur famille aux zoonoses qui sont \u00e0 une r\u00e9currence extr\u00eame d\u00e9montrant au loin de l\u2019effectivit\u00e9 de ce qu\u2019on appelle la surveillance \u00e9pid\u00e9miologique tant d\u00e9fendue. Il existe certaines maladies transmissibles de l\u2019animal \u00e0 l\u2019homme et qui constituent une s\u00e9rieuse menace pour les agents sur le terrain lors des activit\u00e9s de clinique v\u00e9t\u00e9rinaire et durant l\u2019inspection de salubrit\u00e9 des viandes destin\u00e9es \u00e0 la consommation humaine. Parmi ces maladies, nous pouvons citer\u00a0 : la fi\u00e8vre de la vall\u00e9e du Rift, la fi\u00e8vre Crim\u00e9e Congo, la grippe aviaire et la rage. Il existe d\u2019autres pathologies avec une surveillance continue et qui sont en contact direct avec l\u2019homme, favorisant des conditions difficiles de travail. Dans la mise en \u0153uvre des missions assign\u00e9es au secteur de l\u2019\u00e9levage, il \u00e9tait question d\u2019accentuer l\u2019intervention sur l\u2019objectif intitul\u00e9\u00a0 : Assurer l\u2019am\u00e9lioration et la protection de la sant\u00e9 animale. Depuis des ann\u00e9es, ceci \u00e9tait la cl\u00e9 de vo\u00fbte des acteurs pour une meilleure pr\u00e9vention. Mais nonobstant la mise sur pied du Syst\u00e8me national de surveillance \u00e9pid\u00e9miologique des maladies animales (Snse), avec ses efforts encourageants par exemple sur la planification pour le contr\u00f4le et l\u2019\u00e9radication de la Peste des petits ruminants (Ppr) pour lequel le S\u00e9n\u00e9gal s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 l\u2019horizon 2025, des dommages surgissent souvent chez les agents dans l\u2019exercice de leur fonction. Assurer leur immunit\u00e9 en cas de contagion d\u2019une de ces maladies est un parcours du combattant. L\u2019administration du vaccin anti-rabique aux agents de terrain, en cette ann\u00e9e 2022, t\u00e9moigne de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019assurer au personnel technique, une bonne immunisation. Soulever les risques d\u2019empoisonnement para\u00eet irr\u00e9aliste dans l\u2019entendement. Le risque existe bel et bien souvent lors de l\u2019extermination, par les services v\u00e9t\u00e9rinaires, des chiens errants lorsqu\u2019ils deviennent, en des p\u00e9riodes de l\u2019ann\u00e9e et dans certaines zones du territoire, tr\u00e8s envahissants et qui fragiliseraient la qui\u00e9tude des populations. Ainsi, une mauvaise manipulation de la strychnine, un poison redoutable qu\u2019utilisent les services v\u00e9t\u00e9rinaires, peut virer au drame faute d\u2019un cadre de services d\u2019urgences rapides et de protection apr\u00e8s des accidents de travail. Ensuite, au plan s\u00e9curitaire, il est doublement not\u00e9 son imperm\u00e9abilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale dans le secteur. Les agents font face, dans un \u00e9tat inoffensif, aux exactions courantes et sommaires d\u2019abattages clandestins. Ce sont des op\u00e9rations perp\u00e9tr\u00e9es et r\u00e9cidiv\u00e9es par les malfaiteurs, des instigateurs g\u00e9n\u00e9ralement dangereux. Sur ce terrain tr\u00e8s hostile, un autre ph\u00e9nom\u00e8ne le justifie\u00a0 : la commercialisation de fa\u00e7on frauduleuse des m\u00e9dicaments v\u00e9t\u00e9rinaires, ainsi que leur circulation dans le march\u00e9 noir. Les v\u00e9t\u00e9rinaires sont oblig\u00e9s de s\u2019adapter, avec des moyens dissuasifs qui leur sont propres jusque-l\u00e0. Dans cette m\u00eame cha\u00eene d\u2019une f\u00e9brilit\u00e9 accrue, se trouvent les \u00e9leveurs qui sont dans le groupe des producteurs. Toutefois, ils ne peuvent \u00eatre \u00e9cart\u00e9s des plus faibles de cette exaction majeure dans la zone rurale, celle du vol de b\u00e9tail. Ce fl\u00e9au est transversalement une des plus grandes pr\u00e9occupations et d\u00e9fis de tous les agents de ce grand secteur porteur, l\u2019\u00e9levage. Cette r\u00e9signation des acteurs, relative \u00e0 ces probl\u00e9matiques qui se meuvent dans une \u00e9ternelle r\u00e9cidive, persiste toujours bien qu\u2019il eut un plan d\u2019actions \u00e9labor\u00e9 depuis 2014. Il \u00e9tait question \u00e0 cette \u00e9poque, d\u2019entamer une lutte structurelle mettant fin \u00e0 la pratique redout\u00e9e du vol de b\u00e9tail \u00e0 travers la sensibilisation et l\u2019information, lutter contre les abattages clandestins, l\u2019identification et enfin la plus urgente\u00a0 : la prise de d\u00e9cisions rigoureuses et imm\u00e9diates sur le renforcement du dispositif s\u00e9curitaire et la r\u00e9vision du cadre r\u00e9glementaire et l\u00e9gislatif. En plus, des dommages collat\u00e9raux de cette grande paralysie du secteur suite au mouvement d\u2019humeur des agents du secteur de l\u2019\u00e9levage, surgissent en nombre des \u00e9leveurs et producteurs qui en p\u00e2tissent. Ces derniers n\u2019ont qu\u2019une et seule source de revenu financi\u00e8re, l\u2019\u00e9levage, un secteur important de l\u2019\u00e9conomie nationale. Ses activit\u00e9s assurent les moyens de subsistance de 30% des m\u00e9nages en milieu rural. Le Plan national de d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9levage depuis 2016 le r\u00e9affirmait \u00e0 partir de son r\u00e9f\u00e9rentiel. En ces temps tumultueux o\u00f9 tout est \u00e0 l\u2019arr\u00eat, l\u2019inspection de la salubrit\u00e9 des viandes n\u2019est plus syst\u00e9matique et la s\u00e9curisation du cheptel est moindre, la dispense des techniques et d\u2019outils en termes de formation, d\u2019encadrement et d\u2019investissement sur la r\u00e9alisation de projets est plus ou moins inaccessible.\nEnfin, les dures conditions de travail ne sont jamais sanctionn\u00e9es proportionnellement par une assurance sur le risque. Suppos\u00e9 encadr\u00e9 dans la budg\u00e9tisation annuelle de l\u2019\u00e9levage et des productions animales qui est tabl\u00e9e en 2022 \u00e0 plus de 29 milliards, ce chiffre est loin de satisfaire tous les manquements d\u2019ordre social. Les primes de risques et les indemnit\u00e9s de logement sont devenues une demande profonde et l\u00e9gale. Son alignement pour tous les fonctionnaires de l\u2019\u00e9levage est un droit absolu vu l\u2019arrimage depuis quelques mois des augmentations des primes dans des secteurs par l\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal. Le fonds d\u2019intervention institu\u00e9 par d\u00e9cret de son caract\u00e8re impersonnel serait au grand avantage de tous les agents de l\u2019\u00e9levage. L\u2019exceptionnalit\u00e9 ne doit pas constituer un d\u00e9savantage \u00e0 ces mandat\u00e9s et asserment\u00e9s de l\u2019Etat pour l\u2019am\u00e9lioration de leur cadre de vie social, de travail, de leur indemnisation face aux risques d\u2019accidents, d\u2019exposition aux zoonoses, d\u2019agression en pr\u00e9sence d\u2019abattages clandestins, de vol de b\u00e9tail et d\u2019utilisation de produits dangereux.<strong>Henri Eli Yangane SENE Journaliste<\/strong>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les carences cach\u00e9es de la grande muette du secteur primaire Par Henri Eli Yangane Le secteur de l\u2019\u00e9levage s\u00e9n\u00e9galais amor\u00e7ait l\u2019\u00e8re d\u2019une int\u00e9grit\u00e9 syst\u00e9mique de la structure elle-m\u00eame et sa corporation en 2015. Des changements souhait\u00e9s tels que la cr\u00e9ation d\u2019un Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 cette date, ainsi que son appui plut\u00f4t par le Plan national [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[45],"tags":[613,614],"class_list":["post-5343","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-contributions","tag-henri-eli-yangane","tag-pnde"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5343","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5343"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5343\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5343"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5343"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5343"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}