{"id":42366,"date":"2026-09-29T09:44:34","date_gmt":"2026-09-29T09:44:34","guid":{"rendered":"https:\/\/rp221.com\/?p=42366"},"modified":"2026-09-29T09:44:34","modified_gmt":"2026-09-29T09:44:34","slug":"structure-des-emissions-du-senegal-sur-le-marche-des-titres-publics-les-facteurs-dune-amelioration","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rp221.com\/?p=42366","title":{"rendered":"Structure des \u00e9missions du S\u00e9n\u00e9gal sur le march\u00e9 des titres publics : Les facteurs d\u2019une am\u00e9lioration"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le S\u00e9n\u00e9gal a lev\u00e9 vendredi dernier 157 milliards FCfa sur le March\u00e9 des Titres publics. La particularit\u00e9 avec cette op\u00e9ration est un retour massif des investisseurs sur les Obligations de 3 et 5 ans. L\u2019analyste financier Same Mbaye d\u00e9crypte les facteurs \u00ab d\u2019une sortie de crise \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Le 25 septembre 2026, l\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal a sollicit\u00e9 le march\u00e9 financier r\u00e9gional de l\u2019Union mon\u00e9taire Ouest-Africaine (Umoa) pour un montant de 150 milliards de FCfa, \u00e0 travers une \u00e9mission simultan\u00e9e compos\u00e9e de Bons Assimilables du Tr\u00e9sor (Bat) \u00e0 364 jours et d\u2019Obligations Assimilables du Tr\u00e9sor (Oat) \u00e0 3 et 5 ans. L\u2019op\u00e9ration a suscit\u00e9 un montant total de soumissions de 157,89 milliards de FCfa, soit un taux de couverture de 105,26 %. Pour l\u2019analyste financier et Trader, Same Mbaye, cette op\u00e9ration contraste nettement avec celle du 28 ao\u00fbt 2026 (avant accord avec le Fmi), au cours de laquelle le Tr\u00e9sor avait mis en adjudication 70 milliards de FCfa. Les soumissions avaient, explique-t-il atteint un niveau sup\u00e9rieur au montant recherch\u00e9, mais seulement 77 milliards de FCfa avaient finalement \u00e9t\u00e9 retenus, soit un taux d\u2019absorption de 67,65 %. Cette diff\u00e9rence entre le volume des offres et celui des montants retenus traduit une s\u00e9lection plus importante des propositions pr\u00e9sent\u00e9es par les investisseurs. Cependant, aux yeux de l\u2019expert, l\u2019analyse des rendements permet d\u2019\u00e9clairer cette situation. Car le 28 ao\u00fbt, les rendements moyens pond\u00e9r\u00e9s s\u2019\u00e9tablissaient \u00e0 7,85 % pour le Bat, 7,77 % pour l\u2019Oat \u00e0 3 ans et 8,24 % pour l\u2019Oat \u00e0 5 ans. \u00ab Le Tr\u00e9sor pouvait ainsi privil\u00e9gier les offres compatibles avec les conditions de financement recherch\u00e9es et \u00e9carter certaines propositions comportant des exigences de rendement plus \u00e9lev\u00e9es. Il convient toutefois de pr\u00e9senter ce m\u00e9canisme comme une s\u00e9lection des offres selon les conditions de prix et de rendement, plut\u00f4t que d\u2019affirmer que toutes les offres rejet\u00e9es \u00e9taient n\u00e9cessairement \u00ab trop co\u00fbteuses \u00bb pour l\u2019\u00c9tat \u00bb, soutient Same Mbaye.<\/p>\n<h6><strong>Une situation qui se d\u00e9tend<\/strong><\/h6>\n<p>Poursuivant son analyse Same Mbaye estime que la situation s\u2019am\u00e9liore depuis l\u2019adjudication du 11 septembre 2026. Pour un montant mis en adjudication de 100 milliards de FCfa, les soumissions atteignent 109,02 milliards, tandis que 101,34 milliards sont retenus, soit un taux de couverture de 109,02 % et un taux d\u2019absorption de 92,96 %. Cette \u00e9volution, consid\u00e8re l\u2019analyste financier, traduit une am\u00e9lioration de l\u2019ad\u00e9quation entre les conditions propos\u00e9es par le Tr\u00e9sor et les exigences des investisseurs, m\u00eame si elle ne permet pas, \u00e0 elle seule, d\u2019\u00e9tablir une causalit\u00e9 pr\u00e9cise. L\u2019\u00e9l\u00e9ment de contexte important qui intervient entre ces diff\u00e9rentes adjudications selon lui est l\u2019accord technique avec le Fmi. Le programme envisag\u00e9 vise notamment \u00e0 restaurer la stabilit\u00e9 macro\u00e9conomique et la viabilit\u00e9 de la dette, \u00e0 r\u00e9duire les vuln\u00e9rabilit\u00e9s budg\u00e9taires et ext\u00e9rieures et \u00e0 renforcer les finances publiques. \u00ab L\u2019accord restait toutefois soumis \u00e0 plusieurs conditions, notamment \u00e0 l\u2019approbation de la Direction et du Conseil d\u2019administration du Fmi. Dans ce contexte, l\u2019annonce du Fmi peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un facteur susceptible d\u2019am\u00e9liorer la visibilit\u00e9 des investisseurs sur le cadre de politique \u00e9conomique, mais il serait excessif d\u2019attribuer directement l\u2019am\u00e9lioration des adjudications \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement \u00bb, indique Same Mbaye. \u00c0 l\u2019en croire, la chronologie est compatible avec cette hypoth\u00e8se, mais elle ne permet pas, \u00e0 elle seule, d\u2019\u00e9tablir une relation causale. D\u2019autres facteurs peuvent \u00e9galement intervenir. Il s\u2019agit notamment des anticipations de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, des besoins de liquidit\u00e9 des investisseurs, des strat\u00e9gies d\u2019allocation des portefeuilles et des conditions g\u00e9n\u00e9rales du march\u00e9 r\u00e9gional.<\/p>\n<h6><strong>App\u00e9tit pour le long terme<\/strong><\/h6>\n<p>Le 28 ao\u00fbt 2026, rappelle Same Mbaye, les Oat \u00e0 3 et 5 ans repr\u00e9sentaient d\u00e9j\u00e0 environ 68,3 % des montants retenus. Cette proportion atteint 75,5 % le 11 septembre 2026, puis 89,7 % le 25 septembre 2026. Il ne s\u2019agit donc pas selon lui, d\u2019un basculement brutal d\u2019une pr\u00e9f\u00e9rence pour les Bar vers les Oat, mais plut\u00f4t d\u2019un renforcement progressif de la demande et de l\u2019allocation en faveur des maturit\u00e9s longues. \u00ab Le 25 septembre, sur les 157,89 milliards de FCfa de soumissions retenues, les Oat repr\u00e9sentent pr\u00e8s de 141,62 milliards FCfa, contre 16,27 milliards FCfa pour le Bat. L\u2019Oat \u00e0 3 ans concentre \u00e0 elle seule 96,74 milliards de FCfa, soit environ 61 % du montant total retenu \u00bb, indique-t-il. Selon sa lecture, la dynamique est donc particuli\u00e8re car le taux de couverture diminue, passant de 162,60 % le 28 ao\u00fbt \u00e0 105,26 % le 25 septembre, mais parall\u00e8lement le taux d\u2019absorption augmente fortement, de 67,65 % \u00e0 100 %. \u00ab Cette combinaison est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Elle signifie que, le 28 ao\u00fbt, le Tr\u00e9sor avait re\u00e7u beaucoup d\u2019offres mais n\u2019en avait retenu qu\u2019une partie, tandis que le 25 septembre, les montants propos\u00e9s \u00e9taient plus proches du besoin de financement et ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement retenus \u00bb, ajoute Same Mbaye.<\/p>\n<p>Il estime que les adjudications entre fin ao\u00fbt et fin septembre 2026 sugg\u00e8rent un renforcement de l\u2019app\u00e9tit des investisseurs pour les titres publics s\u00e9n\u00e9galais, notamment les maturit\u00e9s longues. Cette \u00e9volution peut s\u2019expliquer par les rendements propos\u00e9s, les anticipations de taux et l\u2019annonce du programme envisag\u00e9 avec le Fmi. Toutefois, indique Same Mbaye, elle ne constitue pas \u00e0 elle seule une preuve de confiance durable dans la trajectoire budg\u00e9taire. Pour lui, la consolidation budg\u00e9taire devra concilier soutenabilit\u00e9 de la dette, cr\u00e9dibilit\u00e9 financi\u00e8re, protection sociale et soutien \u00e0 la croissance.<\/p>\n<p><strong>Demba DIENG<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le S\u00e9n\u00e9gal a lev\u00e9 vendredi dernier 157 milliards FCfa sur le March\u00e9 des Titres publics. La particularit\u00e9 avec cette op\u00e9ration est un retour massif des investisseurs sur les Obligations de 3 et 5 ans. L\u2019analyste financier Same Mbaye d\u00e9crypte les facteurs \u00ab d\u2019une sortie de crise \u00bb. 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