{"id":41748,"date":"2026-08-12T14:17:14","date_gmt":"2026-08-12T14:17:14","guid":{"rendered":"https:\/\/rp221.com\/?p=41748"},"modified":"2026-08-12T14:17:54","modified_gmt":"2026-08-12T14:17:54","slug":"des-650-millions-dabdou-diouf-aux-17-milliard-dousmane-sonko-lhistoire-jamais-soldee-des-fonds-politiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rp221.com\/?p=41748","title":{"rendered":"Des 650 millions d\u2019Abdou Diouf aux 1,7 milliard d\u2019Ousmane Sonko : L\u2019histoire jamais sold\u00e9e des fonds politiques"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019affaire des \u00ab fonds politiques \u00bb s\u2019est impos\u00e9e, ces derniers jours, comme l\u2019un des d\u00e9bats les plus vifs de la sc\u00e8ne politique s\u00e9n\u00e9galaise. Sur les plateaux de t\u00e9l\u00e9vision, sur Facebook et sur l\u2019ensemble des r\u00e9seaux sociaux, responsables politiques, anciens ministres et parlementaires s\u2019\u00e9charpent autour d\u2019une question devenue explosive. En r\u00e9alit\u00e9, il y\u2019a lieu de se poser une question : qui, avant Ousmane Sonko, a r\u00e9ellement dispos\u00e9 de ces enveloppes discr\u00e9tionnaires allou\u00e9es \u00e0 la Primature, et pour quel usage en ont-ils fait ? Un d\u00e9bat qui jaillit dans un contexte particuli\u00e8rement charg\u00e9, puisque l\u2019Assembl\u00e9e nationale, r\u00e9unie en session extraordinaire depuis le 10 ao\u00fbt dernier sous la pr\u00e9sidence d\u2019Ousmane Sonko lui-m\u00eame, examine justement une proposition de loi portant sur l\u2019encadrement des cr\u00e9dits sp\u00e9ciaux et autres fonds secrets, aux c\u00f4t\u00e9s de textes sur la d\u00e9claration de patrimoine, le Code du travail et la cr\u00e9ation de six commissions d\u2019enqu\u00eate parlementaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tincelle, la sortie d\u2019Aly Ngouille Ndiaye<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout est parti d\u2019une intervention de l\u2019ancien ministre de l\u2019Int\u00e9rieur Aly Ngouille Ndiaye, invit\u00e9 de la SenTV. Connu pour son franc-parler, il a affirm\u00e9 de fa\u00e7on cat\u00e9gorique qu\u2019Ousmane Sonko \u00e9tait le tout premier Premier ministre de l\u2019histoire du S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de fonds politiques propres \u00e0 sa fonction : \u00ab En r\u00e9alit\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 le premier chef du gouvernement \u00e0 y avoir droit. Moi je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 Premier ministre, mais il y a des anciens Premiers ministres qui sont toujours l\u00e0 et qui m\u2019\u00e9coutent, et il n\u2019y a que Boun Abdallah Dionne qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9, et je sais qu\u2019il n\u2019avait pas de fonds pour \u00e7a. Donc, cela a d\u00e9marr\u00e9 avec lui. Amadou Ba n\u2019en avait pas parce que lui, il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par Sidiki Kaba, et Sidiki n\u2019a pas dur\u00e9 \u00e0 la Primature pour en b\u00e9n\u00e9ficier. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019ancien ministre est \u00e9galement revenu sur le montant r\u00e9guli\u00e8rement cit\u00e9 par Sonko lui-m\u00eame, \u00e0 savoir 1,7 milliard de francs CFA, tout en pointant une incertitude persistante sur sa p\u00e9riodicit\u00e9 : \u00ab Certains disent par trimestre, d\u2019autres disent par ann\u00e9e. Si c\u2019\u00e9tait par ann\u00e9e, Sonko \u00e9tait autour de 8 milliards. Mais je sais que les premiers 1,700 milliard FCFA ont \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9s. Si c\u2019\u00e9tait par ann\u00e9e et qu\u2019ils soient \u00e9puis\u00e9s pendant le trimestre, c\u2019est tr\u00e8s rapide. \u00bb Il a repris \u00e0 son compte les r\u00e9v\u00e9lations ant\u00e9rieures du ministre du P\u00e9trole et de l\u2019\u00c9nergie, Abdourahmane Diouf, selon lesquelles cette premi\u00e8re dotation aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement consomm\u00e9e avant que Sonko ne sollicite une rallonge budg\u00e9taire. Un fait qu\u2019il pr\u00e9sente comme la preuve que le successeur de Sonko \u00e0 la Primature n\u2019aurait rien trouv\u00e9 disponible. Pour Aly Ngouille Ndiaye, cette situation appelle des explications : \u00ab Dans les commissions d\u2019enqu\u00eate, il aurait d\u00fb inclure son propre cas, pour des raisons de transparence. Et il y a m\u00eame des choses que je sais que je ne peux pas dire ici. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La riposte ou les t\u00e9moignages d\u2019anciens Premiers ministres qui contredisent la th\u00e8se<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ces d\u00e9clarations ont imm\u00e9diatement suscit\u00e9 une vague de contestations sur les r\u00e9seaux sociaux, o\u00f9 plusieurs vid\u00e9os d\u2019archives, devenues virales, sont venues contredire frontalement la version de l\u2019ancien ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. Le t\u00e9moignage le plus marquant est celui de Souleymane Nd\u00e9n\u00e9 Ndiaye, dernier Premier ministre d\u2019Abdoulaye Wade, qui avait d\u00e9clar\u00e9 sur le plateau de l\u2019\u00e9mission \u00ab Faram Facce \u00bb, d\u00e8s avril 2025 : \u00ab M\u00eame quand j\u2019\u00e9tais Directeur de cabinet du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 des fonds politiques. Chaque fin du mois, on me donnait mes fonds politiques. \u00bb Une pr\u00e9cision de taille : elle situe l\u2019existence de ces fonds bien avant m\u00eame l\u2019accession de Souleymane Nd\u00e9n\u00e9 Ndiaye \u00e0 la Primature, d\u00e8s l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il occupait la fonction de Directeur de cabinet pr\u00e9sidentiel. Ce qui semble suffire \u00e0 elle seule, selon plusieurs observateurs, \u00e0 invalider la th\u00e8se d\u2019Aly Ngouille Ndiaye pr\u00e9sentant Ousmane Sonko comme l\u2019inaugurateur du syst\u00e8me.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 ces \u00e9l\u00e9ments se sont ajout\u00e9es des d\u00e9clarations attribu\u00e9es \u00e0 Macky Sall, qui a lui-m\u00eame occup\u00e9 la Primature sous Abdoulaye Wade entre 2004 et 2007 et qui \u00e9voquent dans d\u2019anciennes interventions l\u2019existence de fonds dont il disposait \u00e0 ce poste, ainsi qu\u2019\u00e0 Idrissa Seck, Premier ministre de Wade entre 2002 et 2004. Sur les r\u00e9seaux sociaux, plusieurs internautes ont \u00e9galement rappel\u00e9 un fait rest\u00e9 dans les m\u00e9moires. Celui d\u2019Abdoulaye Wade qui aurait, \u00e0 l\u2019occasion, pr\u00e9lev\u00e9 sur ses propres fonds politiques pr\u00e9sidentiels pour \u00ab aider \u00bb son Premier ministre \u00e0 faire face \u00e0 certaines d\u00e9penses.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le camp Pastef r\u00e9plique : \u00ab des affirmations gratuites \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la mouvance pr\u00e9sidentielle, la r\u00e9ponse la plus structur\u00e9e est venue d\u2019Elimane Pouye, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 de Gestion et d\u2019Exploitation du Patrimoine b\u00e2ti (SOGEPA SN), qui a d\u00e9nonc\u00e9 des \u00ab affirmations gratuites \u00bb. Il a invit\u00e9 \u00e0 comparer les budgets de la Primature des exercices 2023, 2024 et 2025, estimant que les diff\u00e9rentes rubriques sont rest\u00e9es \u00ab globalement identiques \u00e0 droit constant \u00bb, les variations observ\u00e9es s\u2019expliquant surtout par les changements institutionnels intervenus entre les diff\u00e9rents gouvernements. Pour lui, la question l\u00e9gitime \u00e0 poser n\u2019est pas de savoir si de tels fonds existaient avant Sonko, mais bien de savoir si ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs en ont us\u00e9, et \u00e0 quelles fins. Le d\u00e9bat, insiste-t-il, doit porter sur l\u2019usage de l\u2019argent public dans un cadre d\u00e9mocratique et contradictoire, plut\u00f4t que sur des pol\u00e9miques st\u00e9riles autour des montants et de leur p\u00e9riodicit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Plusieurs voix proches de Pastef ont par ailleurs rappel\u00e9 que le parti d\u00e9non\u00e7ait d\u00e9j\u00e0, depuis 2014, l\u2019absence de contr\u00f4le sur ces fonds politiques, et que leur r\u00e9forme figurait \u00e0 son programme \u00e9lectoral d\u00e8s 2019, soit bien avant l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Ousmane Sonko \u00e0 la t\u00eate du gouvernement en 2024. Une mani\u00e8re de souligner que la pratique \u00e9tait connue et document\u00e9e de longue date, loin d\u2019\u00eatre une innovation propre \u00e0 l\u2019actuel Premier ministre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce que r\u00e9v\u00e8le la r\u00e9alit\u00e9 historique de ces fonds<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il faut certainement aller au-del\u00e0 de la controverse du moment, car, plusieurs interventions parlementaires permettent de resituer ces fonds dans une perspective historique plus large. Selon des \u00e9l\u00e9ments r\u00e9cemment rapport\u00e9s, ces enveloppes discr\u00e9tionnaires auraient connu une inflation consid\u00e9rable au fil des r\u00e9gimes successifs : environ 650 millions de francs CFA sous la pr\u00e9sidence d\u2019Abdou Diouf, elles seraient pass\u00e9es \u00e0 pr\u00e8s de 8 milliards de francs CFA sous Abdoulaye Wade. Un rapport des Inspecteurs g\u00e9n\u00e9raux d\u2019\u00c9tat (IGE), portant sur la p\u00e9riode 2008-2012, avait d\u2019ailleurs r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 108 milliards de francs CFA de fonds politiques avaient \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9s durant cette p\u00e9riode, dont 48 milliards sans aucune r\u00e9gularisation comptable et donc, un chiffre rest\u00e9 longtemps dans les archives de la reddition des comptes publiques s\u00e9n\u00e9galaise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019histoire r\u00e9cente offre \u00e9galement un exemple concret et document\u00e9 qui reste celui du Programme national de d\u00e9veloppement local (PNDL), un fonds de 100 milliards de francs CFA confi\u00e9 \u00e0 la Primature, au c\u0153ur d\u2019une enqu\u00eate ayant vis\u00e9 Idrissa Seck apr\u00e8s son d\u00e9part du gouvernement de Wade en 2004. Les enqu\u00eateurs s\u2019\u00e9taient alors int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la gestion de ce programme ainsi qu\u2019\u00e0 deux biens immobiliers de l\u2019ancien chef du gouvernement, l\u2019un \u00e0 Saly et l\u2019autre \u00e0 Atlanta, dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure portant notamment sur un possible enrichissement illicite. Cet \u00e9pisode, rest\u00e9 dans les m\u00e9moires politiques, illustre \u00e0 quel point la question du contr\u00f4le des ressources discr\u00e9tionnaires de la Primature ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Les voix qui r\u00e9clament un encadrement l\u00e9gal<\/p>\n<p>Pour \u00eatre dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du d\u00e9bat, regardons le cot\u00e9 institutionnel de cette affaire. En effet, plusieurs d\u00e9put\u00e9s se sont mobilis\u00e9s pour porter cette exigence de transparence au niveau l\u00e9gislatif. Le d\u00e9put\u00e9 de la majorit\u00e9 Guy Marius Sagna a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 avoir soumis, d\u00e8s septembre 2025, une proposition de loi portant cr\u00e9ation d\u2019une \u00ab Commission de v\u00e9rification des cr\u00e9dits fonds politiques \u00bb au pr\u00e9sident du groupe parlementaire Pastef ainsi qu\u2019\u00e0 Ousmane Sonko lui-m\u00eame, alors pr\u00e9sident du parti. Selon ses propres mots, ce dernier lui aurait demand\u00e9 de patienter, pr\u00e9f\u00e9rant que la r\u00e9forme soit port\u00e9e par une initiative gouvernementale plut\u00f4t que par l\u2019Assembl\u00e9e nationale : \u00ab Le pr\u00e9sident Sonko m\u2019a demand\u00e9 de le laisser discuter avec qui de droit \u00bb, a-t-il \u00e9crit sur Facebook, pr\u00e9cisant que le chef du gouvernement \u00ab pr\u00e9f\u00e9rait que cela soit port\u00e9 par le gouvernement et non l\u2019Assembl\u00e9e nationale \u00bb. Guy Marius Sagna affirme que Sonko aurait par la suite amend\u00e9 sa proposition initiale \u00ab en allant plus loin de mani\u00e8re f\u00e9conde \u00bb sur l\u2019encadrement de ces fonds, tout en regrettant que le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique semble vouloir s\u2019inscrire \u00ab dans la continuit\u00e9 \u00bb sur ce dossier. Le d\u00e9put\u00e9 a, depuis, d\u00e9pos\u00e9 un paquet de quatre propositions de loi \u00e0 son groupe parlementaire, dont l\u2019une pr\u00e9voit express\u00e9ment la cr\u00e9ation d\u2019une commission charg\u00e9e de v\u00e9rifier l\u2019utilisation des cr\u00e9dits allou\u00e9s aux fonds politiques.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le d\u00e9put\u00e9 Thierno Alassane Sall, ancien ministre de l\u2019\u00c9nergie connu pour sa d\u00e9mission retentissante en 2017 sur des questions de transparence, a qualifi\u00e9 sans d\u00e9tour ces fonds politiques de \u00ab vol \u00bb, d\u00e9plorant l\u2019absence de tout vote parlementaire les autorisant : \u00ab Le Premier ministre est venu ici pour parler des fonds politiques le 22 mai dernier. Mais ce n\u2019est pas \u00e0 lui d\u2019en parler \u00bb, avait-il lanc\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Il a n\u00e9anmoins pris soin de distinguer ces enveloppes contest\u00e9es des cr\u00e9dits vot\u00e9s destin\u00e9s au renseignement au niveau de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, qui ne sauraient selon lui \u00eatre confondus avec les fonds actuellement mis en cause.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Toutes les voix ne convergent cependant pas dans le m\u00eame sens. El Hadj Momar Samb, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la RTA-S, a pour sa part d\u00e9nonc\u00e9 ce qu\u2019il consid\u00e8re comme un \u00ab opportunisme \u00bb de la majorit\u00e9 parlementaire, rappelant que plusieurs responsables aujourd\u2019hui membres de cette majorit\u00e9 ont occup\u00e9, ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es, de hautes responsabilit\u00e9s au sein de l\u2019\u00c9tat sans engager plus t\u00f4t cette r\u00e9flexion sur le contr\u00f4le des fonds sp\u00e9ciaux. Tout en se disant favorable au principe de transparence, il a plaid\u00e9 pour un contr\u00f4le parlementaire \u00e9largi, qui devrait \u00e9galement porter, selon lui, sur la gestion de l\u2019ONAS, la tra\u00e7abilit\u00e9 des revenus p\u00e9troliers, l\u2019utilisation des fonds de la r\u00e9gion de Matam et les indemnit\u00e9s destin\u00e9es aux victimes des crises politiques.<\/p>\n<p>La position officielle qui est d\u2019encadrer plut\u00f4t que de supprimer<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur la question en mai dernier, le pr\u00e9sident Bassirou Diomaye Faye avait justifi\u00e9 le maintien de ces fonds, insistant sur leur r\u00f4le dans le renseignement et la solidarit\u00e9, et estimant qu\u2019une suppression pure et simple cr\u00e9erait un vide face \u00e0 des sollicitations sociales urgentes. Ousmane Sonko, de son c\u00f4t\u00e9, avait exclu la suppression de ces fonds tout en se disant favorable \u00e0 leur encadrement, citant lui-m\u00eame devant l\u2019Assembl\u00e9e nationale, le 22 mai 2026, le montant de 1,77 milliard de francs CFA allou\u00e9 \u00e0 la Primature.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que s\u2019inscrit la session extraordinaire ouverte le 10 ao\u00fbt 2026, dont l\u2019ordre du jour pr\u00e9voit pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019examen, en proc\u00e9dure d\u2019urgence, d\u2019une proposition de loi encadrant les cr\u00e9dits sp\u00e9ciaux et fonds secrets, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019un texte modifiant l\u2019article 37 de la Constitution sur la d\u00e9claration de patrimoine du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Ce d\u00e9bat, loin d\u2019\u00eatre clos, montre ainsi, la tension persistante entre une pratique institutionnelle ancienne, document\u00e9e sous plusieurs r\u00e9gimes successifs depuis Abdou Diouf jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, et les exigences de transparence et de reddition des comptes port\u00e9es par les nouvelles autorit\u00e9s elles-m\u00eames depuis leur arriv\u00e9e au pouvoir en 2024.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019affaire des \u00ab fonds politiques \u00bb s\u2019est impos\u00e9e, ces derniers jours, comme l\u2019un des d\u00e9bats les plus vifs de la sc\u00e8ne politique s\u00e9n\u00e9galaise. Sur les plateaux de t\u00e9l\u00e9vision, sur Facebook et sur l\u2019ensemble des r\u00e9seaux sociaux, responsables politiques, anciens ministres et parlementaires s\u2019\u00e9charpent autour d\u2019une question devenue explosive. 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