{"id":13425,"date":"2023-02-02T19:12:14","date_gmt":"2023-02-02T19:12:14","guid":{"rendered":"https:\/\/rp221.com\/?p=13425"},"modified":"2023-02-02T19:13:59","modified_gmt":"2023-02-02T19:13:59","slug":"bamboung-une-idee-des-tresors-du-delta-du-saloum","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rp221.com\/?p=13425","title":{"rendered":"Bamboung, une id\u00e9e des tr\u00e9sors du delta du Saloum"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"red\"><strong><em>Bamboung, une id\u00e9e des tr\u00e9sors du delta du Saloum<\/em><\/strong><\/h3>\nToubacouta, 1er f\u00e9v (APS) - Bamboung, pour celui qui ne le sait pas, renvoie \u00e0 13 villages du Niombato, terroir traditionnel correspondant plus ou moins \u00e0 l\u2019arrondissement de Toubacouta, au c\u0153ur du delta du Saloum, l\u00e0 o\u00f9 nature et culture se rejoignent pour constituer un patrimoine d\u2019exception.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>L\u2019aire marine prot\u00e9g\u00e9e communautaire (AMPC) de Bamboung tire profit de ce cadre fig\u00e9 dans les merveilles de la nature pour mieux amplifier la renomm\u00e9e de ces contr\u00e9es du d\u00e9partement de Foundiougne, sans doute la destination la plus attractive de la r\u00e9gion de Fatick (centre).<\/em><\/strong><\/h4>\nIl se sent une atmosph\u00e8re de fin d\u2019hivernage sur la route menant \u00e0 Toubacouta, en cette fin janvier. Un matin d\u2019air frais conjugu\u00e9 \u00e0 un soleil sans rayons. La fin de la saison des pluies se lit dans le tapis herbac\u00e9 d\u00e9j\u00e0 jauni. C\u2019est le temps des r\u00e9coltes, et cela se voit bien dans quelques hangars remplis d\u2019arachide et les piles de sacs de foin stock\u00e9es de part et d\u2019autre de la route.\nA mesure que le voyage se poursuit dans les profondeurs du Niombato, le paysage devient plus touffu par le biais d\u2019une rang\u00e9e d\u2019arbres s\u00e9culiers surplomb\u00e9s par un feuillage g\u00e9n\u00e9reux. Les multiples travers\u00e9es de troupeaux \u00e0 la recherche de p\u00e2turages plus fournis rendent plus attrayante cette carte postale. Malgr\u00e9 la distance, le voyageur ne sent pas le temps passer, subjugu\u00e9 qu\u2019il est par un paysage jusqu\u2019au bout captivant.\nToubacouta se d\u00e9couvre en commune rurale perdue dans les confins du d\u00e9partement de Foundiougne, non loin de la ligne frontali\u00e8re avec la Gambie voisine, avec cette particularit\u00e9 que les sites h\u00f4teliers et autres campements touristiques c\u00f4toient les habitations. Les champs et les vergers se confondent tout autant. Des pontons artisanaux construits en bois et bord\u00e9s par des arbres bien fleuris relient la terre ferme aux affluents du fleuve Saloum.\n\u2018\u2019Mettez vos gilets de protection. Ce sera une journ\u00e9e charg\u00e9e o\u00f9 nous allons visiter diff\u00e9rents sites de l\u2019aire marine prot\u00e9g\u00e9e de Bamboung\u2019\u2019, lance le capitaine Lamine Kant\u00e9, conservateur de l\u2019AMPC de Bamboung, \u00e0 l\u2019accueil d\u2019officiels du minist\u00e8re de l\u2019Environnement et du D\u00e9veloppement durable et de journalistes. Les visiteurs ont d\u00e9j\u00e0 pris place dans trois pirogues bien amarr\u00e9es sous le ponton d\u2019un c\u00e9l\u00e8bre h\u00f4tel \u00e0 Toubacouta.\nLa voix du capitaine couvre \u00e0 peine le vrombissement presque simultan\u00e9 des moteurs des trois chaloupes, coup d\u2019envoi de cette visite guid\u00e9e.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>\u2018\u2019Nous allons faire la grande boucle de Bamboung. Nous d\u00e9marrons par la visite de Diorome Boumak, un site historique devenu une \u00eele d\u2019amas coquillers\u2019\u2019, dit le capitaine pour annoncer le programme de la visite, sans vraiment se faire entendre \u00e0 cause du vacarme provoqu\u00e9 par l\u2019enthousiasme des visiteurs.<\/em><\/strong><\/h4>\nC\u2019est parti pour une visite des principaux sites de Bamboung, une ancienne r\u00e9serve naturelle de 7.000 hectares \u00e9rig\u00e9e en aire marine communautaire prot\u00e9g\u00e9e par l\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal en 2004.\nA l\u2019origine, la localit\u00e9 de Bamboung avait \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e en r\u00e9serve naturelle communautaire \u00e0 l\u2019initiative du conseil municipal rural de Toubacouta. Deux ans apr\u00e8s cette d\u00e9cision des \u00e9lus locaux, un d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel \u00e9tait venu consacrer sa mutation en aire marine.\nTout au long du trajet, \u00e0 travers le Diomboss et le Bandiala, deux fleuves c\u00f4tiers qui se jettent dans l\u2019oc\u00e9an Atlantique et arrosent Toubacouta, les bolongs (chenals) sont ceintur\u00e9s par des rang\u00e9es de mangroves, ces zones de reproduction et de refuge de poissons, de crevettes, d\u2019hu\u00eetres et d\u2019autres crustac\u00e9s.\nCette galerie de mangroves amphibies constitue aussi des espaces de nidification\u00a0pour les oiseaux migrateurs.\nL\u2019un des noyaux de la r\u00e9serve de biosph\u00e8re du delta du Saloum, dont Bamboung est la composante principale, est un site class\u00e9 au patrimoine culturel de l\u2019UNESCO depuis 2011. Bamboung compte aussi depuis 1981 parmi les \u2018\u201912 plus belles baies du monde\u2019\u2019. Un tableau compl\u00e9t\u00e9 par une mangrove de 3.506 hectares et une savane de 433 hectares, lieu de refuge de plusieurs mammif\u00e8res, sans compter une for\u00eat-galerie de 38 hectares, une sorte de\u00a0formation foresti\u00e8re associ\u00e9e \u00e0 des cours d'eau et \u00e0 des zones humides.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Un site m\u00e9moriel de trois mille ans d\u2019histoire\u00a0<\/em><\/strong><\/h4>\nTout \u00e0 la contemplation de ce paysage magnifique, la vue d\u2019un bloc de terre au milieu de nulle part attire l\u2019attention du visiteur. Le regard se fige sur un paysage pittoresque. \u2018\u2019Bienvenue \u00e0 l\u2019\u00eele au coquillage ou l\u2019\u00eele des amas coquillers\u2019\u2019, annonce le conservateur de l\u2019AMPC de Bamboung, bien en \u00e9vidence dans son uniforme vert, un b\u00e9ret de m\u00eame couleur bien viss\u00e9 sur la t\u00eate.\nLa grande muraille verte repr\u00e9sent\u00e9e par les lignes de mangroves laisse appara\u00eetre une sorte de mur blanc fait d\u2019impressionnants amas de coquillages. Des stigmates des vagues sur un bloc de rochers sont encore visibles par endroits. Plusieurs tas de coquilles vides s\u2019amoncellent dans un coin. Pr\u00e8s d\u2019un entrelacs de branches d\u2019arbres et d\u2019arbustes qui se termine par un enchev\u00eatrement de lianes. Un baobab au tronc imposant dessine enfin une ligne d\u2019horizon\u00a0comme un point d\u2019attraction.\n\u2018\u2019Ce site est le t\u00e9moin de plus de trois mille ans d\u2019histoire. Il y a plus de 7.000 tonnes de coquillages. Cela d\u00e9montre qu\u2019il y avait ici des activit\u00e9s \u00e9conomiques depuis au moins plusieurs si\u00e8cles\u2019\u2019, explique le capitaine Lamine Kant\u00e9 dans un silence dont le charme est \u00e0 peine rompu par un concert d\u2019insectes et des gazouillements d\u2019oiseaux.\n\u2018\u2019Des fouilles effectu\u00e9es par des experts de l\u2019IFAN (Institut fondamental d\u2019Afrique noire), un laboratoire de recherches de l\u2019universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar, ont montr\u00e9 que plusieurs personnes y sont enterr\u00e9es. Des pr\u00e9l\u00e8vements d\u2019ossements humains ont \u00e9t\u00e9 faits\u2019\u2019, ajoute le conservateur.\nIl d\u00e9signe ensuite un baobab consid\u00e9r\u00e9 comme un site sacr\u00e9. \u2018\u2019Au moins 128 corps humains sont enterr\u00e9s dans son tronc. D\u2019apr\u00e8s l\u2019histoire, il recevait des corps de griots qui y sont enterr\u00e9s avec leurs bijoux\u2019\u2019, poursuit Lamine Kant\u00e9, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un rite fun\u00e9raire ancien pratiqu\u00e9 dans la S\u00e9n\u00e9gambie.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Un point de transit d\u2019esclaves en route vers Gor\u00e9e\u00a0<\/em><\/strong><\/h4>\nLe myst\u00e8re demeure entier quant \u00e0 l\u2019identit\u00e9 des populations qui habitaient ces lieux encore marqu\u00e9s par la pr\u00e9sence d\u2019un tonnage important de coquillages en plusieurs piles superpos\u00e9es sous forme d\u2019\u00e9tages.\nDes versions non encore certifi\u00e9es par des recherches en cours \u00e9voquent un site de \u2018\u2019transit d\u2019esclaves venant de partout en Afrique avant de rejoindre Gor\u00e9e\u2019\u2019, l\u2019\u00eele abritant une maison d\u2019esclaves au large de Dakar.\n\u2018\u2019L\u2019on parle aussi de peuples qui venaient ici par r\u00e9flexe de survie en p\u00e9riode de crise, de famine ou de maladies, parce que les c\u00f4tes gardent toujours des ressources permettant de vivre ou de survivre\u2019\u2019, ajoute le colonel Mamadou Sidib\u00e9, directeur des aires marines communautaires prot\u00e9g\u00e9es au minist\u00e8re de l\u2019Environnement et du D\u00e9veloppement durable.\nLa repr\u00e9sentation mentale du tr\u00e9sor que pourrait contenir ces vestiges n\u2019est pas sans enthousiasmer les visiteurs, dont la Fran\u00e7aise Charline Panossianc, qui appelle de ses v\u0153ux \u00e0 la poursuite des recherches pour \u2018\u2019d\u00e9terminer avec plus de pr\u00e9cision la valeur de ce site rempli de myst\u00e8res\u2019\u2019.\nMme Panossianc est charg\u00e9e de projet \u00e0 l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD), \u00e0 Dakar. L\u2019AFD a inject\u00e9 pr\u00e8s de sept milliards de francs CFA dans un programme de d\u00e9veloppement des mangroves dans plusieurs aires marines prot\u00e9g\u00e9es du S\u00e9n\u00e9gal, dont celle de Bamboung.\n\u2018\u2019Nous allons voir la possibilit\u00e9 d\u2019inclure dans ce programme des bourses de recherches et de th\u00e8ses de doctorat pour mieux \u00e9tudier et affiner ce qui se raconte concernant ce site m\u00e9moire\u2019\u2019, confie-t-elle au reporter de l\u2019APS, avant de prendre place dans une pirogue pour la poursuite de la tourn\u00e9e de la boucle de Bamboung.\nLe soleil, jusque-l\u00e0 \u00e9clips\u00e9 par les nuages, fixe d\u00e9sormais ses rayons sur les affluents du delta du Saloum devenus plus scintillants mais calmes. Les trois pirogues qui se suivent de pr\u00e8s font un d\u00e9tour par un petit bolong pour arriver au mirador de Bamboung.\n\u2018\u2019Nous sommes dans un site important de l\u2019aire marine prot\u00e9g\u00e9e de Bamboung. Il s\u2019agit du mirador. C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s la brigade de police, avec une approche dissuasive et non r\u00e9pressive\u2019\u2019, pr\u00e9cise le capitaine Lamine Kant\u00e9.\nIl s\u2019agit d\u2019une sorte de minaret qui surplombe le site, \u00e0 pr\u00e8s de 30 m\u00e8tres. Il offre une vue panoramique de Bamboung. Install\u00e9 sur un bout de terre en haute mer, il est dot\u00e9 d\u2019aires de repos faites de cases en pailles, de deux blocs de toilettes, quelques habits d\u00e9lav\u00e9s \u00e0 m\u00eame le sol et divers d\u00e9tritus meublant le d\u00e9cor.\n\u2018\u2019Nous sommes dans une zone tr\u00e8s poissonneuse. Au moins 78 esp\u00e8ces de poissons sont identifi\u00e9es ici. La p\u00eache est interdite en ces lieux, ce qui explique l\u2019am\u00e9nagement du mirador\u2019\u2019, avec des \u00e9quipes d\u2019agents communautaires se relayant \u2018\u2019toutes les quarante-huit heures\u2019\u2019, explique Lamine Kant\u00e9.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Cogestion et engagement communautaire\u00a0<\/em><\/strong><\/h4>\nPlusieurs \u00e9cogardes volontaires venant des villages de Bamboung sont d\u00e9sormais recrut\u00e9s par l\u2019Etat apr\u00e8s pr\u00e8s de deux ann\u00e9es de \u2018\u2019b\u00e9n\u00e9volat et d\u2019engagement communautaire\u2019\u2019.\nCompte tenu du potentiel \u00e0 pr\u00e9server au b\u00e9n\u00e9fice des communaut\u00e9s, les autorit\u00e9s ont pris les devants pour mettre fin \u00e0 un b\u00e9n\u00e9volat qui exposait des surveillants vuln\u00e9rables \u00e0 la d\u00e9termination de p\u00eacheurs n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 d\u00e9bourser de l\u2019argent pour jeter leurs filets dans ces eaux poissonneuses.\n\u2018\u2019Plusieurs fois, des p\u00eacheurs sont venus nous voir pour nous proposer de les laisser p\u00eacher dans le p\u00e9rim\u00e8tre maritime interdit \u00e0 cette activit\u00e9, en contrepartie de sommes d\u2019argent allant jusqu\u2019\u00e0 100.000 francs CFA. Mais nous avons toujours rejet\u00e9 leur offre parce que nous savons ce que la ressource apporte \u00e0 nos communaut\u00e9s\u2019\u2019, confie Koutoubo Basse, un surveillant en service au mirador de Bamboung.\n\u2018\u2019La loi pr\u00e9voit de lourdes sanctions \u00e0 l\u2019encontre de ceux qui sont tent\u00e9s de p\u00eacher dans ces eaux interdites, qui servent de zones de reproduction pour 78 esp\u00e8ces de poissons\u2019\u2019, explique le capitaine Lamine Kant\u00e9, avant d\u2019indiquer \u00e0 ses h\u00f4tes la derni\u00e8re \u00e9tape de la visite.\nLe groupe met alors le cap sur le \u2018\u2019campement Bamboung\u2019\u2019, un espace am\u00e9nag\u00e9, pourvu notamment de toutes les commodit\u00e9s permettant de vivre la meilleure exp\u00e9rience \u00e9cotouristique possible.\nEn empruntant le grand bolong de Bamboung, un ravissement saisit les visiteurs qui sortent de leur torpeur en lan\u00e7ant des cris d\u2019\u00e9merveillement, \u00e9bahis qu\u2019ils sont de contempler sans frais ce spectacle rare, tout pr\u00e9cieux.\nVisiteurs impr\u00e9vus, des dauphins surgissent, de part et d\u2019autre des chaloupes, en sautant hors de l\u2019eau \u00e0 intervalles r\u00e9guliers. Le cr\u00e9pitement des appareils photo retentit de plus belle. Histoire d\u2019immortaliser ces moments magiques et instants rares. Les cris d\u2019\u00e9merveillement se multiplient. La fatigue et la torpeur sont oubli\u00e9es. \u00c7a grouille tout autour, devant le myst\u00e8re et la beaut\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Danse des dauphins et concert des hy\u00e8nes<\/em><\/strong><\/h4>\n\u2018\u2019C\u2019est un jour de chance. Admirez ces acrobaties. Quel magnifique comit\u00e9 d\u2019accueil. Ce n\u2019est pas tous les jours que les visiteurs de Bamboung sont accueillis par une belle danse des dauphins\u2019\u2019, lance, en s\u2019amusant, le colonel Mamadou Sidib\u00e9, chef de la d\u00e9l\u00e9gation.\n\u2018\u2019Ces dauphins sont des embl\u00e8mes du parc du delta du Saloum\u2019\u2019, ajoute le directeur des aires marines prot\u00e9g\u00e9es communautaires.\nCe spectacle a r\u00e9veill\u00e9 et \u00e9gay\u00e9 les voyageurs jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e au campement naturel de Bamboung, dont le d\u00e9cor est fait d\u2019amas de terre sablonneux, de quelques rochets fissur\u00e9s par les vagues, de cases en paille, plus quelques ceintures de palissades. Il y a \u00e9galement l\u00e0 de grands arbres \u00e0 l\u2019ombre g\u00e9n\u00e9reuse, des tas de coquillages, des anacardiers et le bouclier naturel constitu\u00e9 par les mangroves.\nA cette \u00e9tape de l\u2019excursion, les voyageurs sont re\u00e7us dans un imposant cadre am\u00e9nag\u00e9 avec de la paille et du bois, en forme de chapiteau.\nLe campement de Bamboung symbolise la r\u00e9ussite de l\u2019\u00e9cotourisme. Un mod\u00e8le que les g\u00e9rants se plaisent volontiers \u00e0 mettre en exergue en pr\u00e9sence d\u2019autres responsables d\u2019aires marines prot\u00e9g\u00e9es venant de la Casamance, dans le sud du S\u00e9n\u00e9gal.\n\u2018\u2019Au d\u00e9but, il y avait une grande r\u00e9ticence. Mais aujourd\u2019hui les communaut\u00e9s s\u2019approprient [ce mod\u00e8le de gestion et de conservation] de nos ressources. Il y a une bonne cogestion entre l\u2019Etat et les communaut\u00e9s. Rien que ce campement, qui accueille des touristes et des chercheurs, nous rapporte beaucoup\u2019\u2019, se r\u00e9jouit Ibrahima Ndiaye, le pr\u00e9sident du comit\u00e9 de gestion de l\u2019AMPC de Bamboung.\n\u2018\u2019Nous avons toutes sortes d\u2019esp\u00e8ces \u00e0 Bamboung\u00a0: des chacals, des phacoch\u00e8res, des dauphins, des oiseaux migrateurs, etc. Mais le concert des hy\u00e8nes est une merveille\u2019\u2019, rel\u00e8ve Bakary Dabo, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du comit\u00e9 de gestion. Il n\u2019a pas termin\u00e9 sa phrase qu\u2019un phacoch\u00e8re se met \u00e0 r\u00f4der autour du campement, suscitant une grosse curiosit\u00e9 chez les visiteurs.\n\u2018\u2019Le mod\u00e8le de Bamboung nous inspire. Nous sommes une aire marine prot\u00e9g\u00e9e naissante. C\u2019est pourquoi nous sommes venus pour apprendre la fa\u00e7on dont celle de Bamboung est g\u00e9r\u00e9e\u2019\u2019, d\u00e9clare Papa Mor Faye, l\u2019adjoint du conservateur de l\u2019AMP de Niamone-Kalounayes, en Casamance.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Les hu\u00eetres, refuge des femmes\u00a0<\/em><\/strong><\/h4>\nSur le chemin du retour, la mar\u00e9e basse contraint les visiteurs \u00e0 faire presque du surplace sur une distance de deux kilom\u00e8tres pour rejoindre le village insulaire de Sipo, lieu d\u2019accostage des pirogues de l\u2019\u00e9quip\u00e9e.\nSipo, \u00eele qui tient sa renomm\u00e9e de la personnalit\u00e9 de sa reine traditionnelle, Fatou Man\u00e9, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 12 avril 2022. De son vivant, celle qui a re\u00e7u les honneurs de l\u2019Agence s\u00e9n\u00e9galaise de promotion touristique a fait \u00e9largir l\u2019audience de son \u00eele natale au-del\u00e0 des fronti\u00e8res s\u00e9n\u00e9galaises.\nA Sipo prosp\u00e8rent de nombreuses activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus \u00e0 partir de l\u2019exploitation des produits de la mer, dont les hu\u00eetres s\u00e9ch\u00e9es. Du miel issu de la mangrove, des pains de singe et des tas d\u2019oseille de Guin\u00e9e et d\u2019autres fruits de mer sont expos\u00e9s \u00e0 l\u2019attention du visiteur.\n\u2018\u2019Il y a une diversit\u00e9 d\u2019activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus. Les femmes ont constitu\u00e9 des groupements d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique pour exploiter les ressources halieutiques. Elles s\u2019activent \u00e9galement dans l\u2019apiculture. R\u00e9cemment, au moins 130 millions de francs CFA ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9bours\u00e9s pour booster ces activit\u00e9s\u2019\u2019, se r\u00e9jouit Lamine Kant\u00e9.\n\u2018\u2019L\u2019exploitation des ressources de la mer nous permet d\u2019avoir une certaine ind\u00e9pendance financi\u00e8re. C\u2019est notre refuge. Nous alimentons plusieurs parties du pays en fruits de mer. En plus, les touristes et les voyageurs raffolent de nos produits\u2019\u2019, confirme Khady Diouf, l\u2019une des vendeuses de ce march\u00e9 de fortune install\u00e9 sur les berges de l\u2019\u00eele de Sipo.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Soixante-dix-huit esp\u00e8ces de poissons, 20 amas coquillers et 154 esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales<\/em><\/strong><\/h4>\n\u2018\u2019L\u2019on ne peut pas estimer la valeur financi\u00e8re de Bamboung. C\u2019est insondable parce que Bamboung, vu ses merveilles naturelles et son poids culturel et cultuel en termes de retomb\u00e9es touristiques, a un potentiel infini, au-del\u00e0 de toute estimation\u2019\u2019, fait valoir le capitaine Lamine Kant\u00e9, conservateur de ce site de 7.000 hectares, avec ses 20 sortes d\u2019amas coquillers, ses 154 esp\u00e8ces de v\u00e9g\u00e9taux et ces centaines d\u2019esp\u00e8ces d\u2019oiseaux. Sans compter plusieurs esp\u00e8ces d\u2019animaux, dont des tortures marines et terrestres.\n\u2018\u2019Une \u00e9tude avait \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur la valeur chiffr\u00e9e du potentiel du delta du Saloum. Elle l\u2019avait estim\u00e9e \u00e0 des milliers de milliards de francs CFA. Et Bamboung repr\u00e9sente 30 %, voire 40% du delta\u2019\u2019, assure Bakary Dabo.\nL\u2019\u00e9tude en question est un document de 51 pages, que l\u2019APS a consult\u00e9. Elle est r\u00e9alis\u00e9e par plusieurs organisations sp\u00e9cialis\u00e9es, dont Wetlands International, une organisation mondiale \u00e0 but non lucratif, vou\u00e9e \u00e0 la conservation et \u00e0 la restauration des zones humides.\nIntitul\u00e9 \u2018\u2019Evaluation des actifs durables du delta du Saloum\u2019\u2019, le document tente une \u2018\u2019\u00e9valuation \u00e9conomique de la contribution du delta du Saloum au d\u00e9veloppement durable, en se concentrant sur les zones humides et les mangroves\u2019\u2019.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>\u2018\u2019Bamboung a des potentialit\u00e9s insondables, infinies\u2026\u2019\u2019<\/em><\/strong><\/h4>\nL\u2019\u00e9tude d\u00e9montre que \u2018\u2019la valeur des services \u00e9cosyst\u00e9miques du delta du Saloum peut augmenter pour atteindre 5,4 milliards d'euros (<strong>3.542<\/strong>\u00a0milliards de francs CFA)\u2019\u2019. \u2018\u2019Le revenu du travail g\u00e9n\u00e9r\u00e9 pourrait augmenter encore pour atteindre 14,8 milliards d'euros (<strong>9.708<\/strong>\u00a0milliards de francs CFA) sur une p\u00e9riode de quarante ans\u2019\u2019, ajoute-t-elle.\nMais cet \u00e9norme potentiel pourrait subir de r\u00e9elles menaces li\u00e9es \u00e0 l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re qui se profile dans cette zone.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Le p\u00e9trole et le gaz, des menaces sur Bamboung<\/em><\/strong><\/h4>\nL\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal a annonc\u00e9 que Sangomar, nom g\u00e9ographique d\u2019une \u00eele situ\u00e9e dans le parc national du delta du Saloum, est l\u2019un des plus importants blocs gaziers d\u00e9couverts dans le pays. Les r\u00e9serves de ce bloc sont estim\u00e9es \u00e0 quelque 5 milliards de barils pour une production nominale de gaz naturel d\u2019environ 100.000 barils par jour.\n\u2018\u2019Cette exploitation pourrait avoir des r\u00e9percussions sur les activit\u00e9s \u00e9conomiques habituelles et l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me naturel. Mais nous allons essayer de sensibiliser les communaut\u00e9s \u00e0 des solutions d\u2019adaptation\u2019\u2019, assure le conservateur de l\u2019AMPC.\nLes craintes du capitaine Lamine Kant\u00e9 se justifient bel et bien, si l\u2019on se fie \u00e0 l\u2019\u00e9tude pr\u00e9cit\u00e9e, selon laquelle l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re pourrait entra\u00eener \u2018\u2019une r\u00e9duction du stock de mangroves saines et une perte correspondante des services \u00e9cosyst\u00e9miques\u2019\u2019.\n\u2018\u2019Ce sc\u00e9nario a \u00e9t\u00e9 inclus dans l\u2019\u00e9tude parce qu'il existe actuellement des licences accord\u00e9es pour l'extraction p\u00e9troli\u00e8re offshore du delta du Saloum\u2019\u2019, pr\u00e9cise le document.\nDerni\u00e8res images, pour garder espoir. Sur le chemin du retour, le soleil cr\u00e9pusculaire se met subitement \u00e0 irradier de ses rayons color\u00e9s un affluent de fleuve. Il y a ensuite la vision de cette nu\u00e9e d\u2019oiseaux, des p\u00e9licans en majorit\u00e9, en train de se percher sur la pointe des mangroves. D\u2019autres se mettent \u00e0 survoler tout autour pour saluer par la fin de la journ\u00e9e.\n\u2018\u2019Apr\u00e8s la danse des dauphins, les oiseaux se chargent du spectacle final comme pour nous dire au revoir\u2019\u2019, s\u2019enthousiasme un passager.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Bamboung en chiffres<\/em><\/strong><\/h4>\n1981\u00a0: Bamboung est class\u00e9 parmi les 12 plus belles baies du monde\n2002\u00a0: d\u00e9lib\u00e9ration du conseil municipal pour la cr\u00e9ation de la r\u00e9serve naturelle communautaire de Bamboung\n2004\u00a0: signature d\u2019un d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel pour faire de Bamboung une AMPC\n2011\u00a0: Bamboung est class\u00e9 au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO\n7.000\u00a0: le nombre d\u2019hectares de Bamboung\n13\u00a0: le nombre de villages\n78\u00a0: le nombre d\u2019esp\u00e8ces de poissons r\u00e9pertori\u00e9es\n154\u00a0: le nombre d\u2019esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales\n20\u00a0: le nombre d\u2019amas coquillers\n433\u00a0: le nombre d\u2019hectares de savane\n3.506\u00a0: le nombre d\u2019hectares de mangroves\n38\u00a0: le nombre d\u2019hectares de for\u00eat\nUne inconnue\u00a0: le potentiel de Bamboung. MTN\/BK\/ESF\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bamboung, une id\u00e9e des tr\u00e9sors du delta du Saloum Toubacouta, 1er f\u00e9v (APS) &#8211; Bamboung, pour celui qui ne le sait pas, renvoie \u00e0 13 villages du Niombato, terroir traditionnel correspondant plus ou moins \u00e0 l\u2019arrondissement de Toubacouta, au c\u0153ur du delta du Saloum, l\u00e0 o\u00f9 nature et culture se rejoignent pour constituer un patrimoine [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[42],"tags":[1201],"class_list":["post-13425","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-delta-du-saloum"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13425","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13425"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13425\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13425"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13425"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13425"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}