{"id":10969,"date":"2022-12-26T18:25:27","date_gmt":"2022-12-26T18:25:27","guid":{"rendered":"https:\/\/rp221.com\/?p=10969"},"modified":"2022-12-26T19:40:35","modified_gmt":"2022-12-26T19:40:35","slug":"recuperation-des-terres-degradees-dans-le-sine-saloum-la-seconde-vie-de-la-vallee-rizicole-de-mbissel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rp221.com\/?p=10969","title":{"rendered":"R\u00e9cup\u00e9ration des terres d\u00e9grad\u00e9es dans le Sine-Saloum : La seconde vie de la vall\u00e9e rizicole de Mbissel"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"red\"><strong><em>R\u00e9cup\u00e9ration des terres d\u00e9grad\u00e9es dans le Sine-Saloum : La seconde vie de la vall\u00e9e rizicole de Mbissel<\/em><\/strong><\/h3>\n<strong><a href=\"http:\/\/lesoleil.sn\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?hl=fr&amp;q=http:\/\/lesoleil.sn&amp;source=gmail&amp;ust=1672067453096000&amp;usg=AOvVaw371xlvMw0qnibrgd1tFN2B\">http:\/\/lesoleil.sn<\/a> \u00c0 l\u2019abandon pendant des ann\u00e9es \u00e0 cause de la salinisation, la vall\u00e9e de Mbissel, haut lieu de la riziculture dans la commune de Fimela (r\u00e9gion de Fatick), a retrouv\u00e9 un second souffle gr\u00e2ce aux actions de l\u2019Institut national de p\u00e9dologie (Inp). Au grand bonheur des exploitants rizicoles.\u00a0<\/strong>\nLe contraste est saisissant. Il se donne \u00e0 voir gr\u00e2ce \u00e0 la ligne de d\u00e9marcation que constitue la route parfaite qui relie Fimela \u00e0 Joal Fadiouth. \u00c0 gauche, les terres soumises \u00e0 l\u2019influence du sel, \u00e0 droite les terres lib\u00e9r\u00e9es de son emprise. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une surface imberbe tapiss\u00e9e par une fine couche blanch\u00e2tre o\u00f9 ne pousse presque rien, sinon quelques arbustes rabougris \u00e9pars en bordure d\u2019une lie d\u2019eau o\u00f9 viennent picorer des h\u00e9rons. De l\u2019autre, une cuvette verdoyante, broussailleuse, o\u00f9 s\u2019\u00e9panouissent des champs de riz \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un petit cours d\u2019eau fleuri de n\u00e9nuphars.\nDes femmes, pagnes retrouss\u00e9s jusqu\u2019aux genoux, proc\u00e8dent \u00e0 la moisson du riz qu\u2019elles utiliseront pour nourrir leurs familles. Quant aux jeunes du coin, face aux difficult\u00e9s financi\u00e8res de leur Association sportive et culturelle (Asc), ils ont eu la belle id\u00e9e de descendre dans cette rizi\u00e8re pour exploiter une parcelle. Avec les recettes tir\u00e9es de la commercialisation de leur production, ils renfloueront leur caisse. Certains exploitants viennent m\u00eame de contr\u00e9es plus \u00e9loign\u00e9es, \u00e0 l\u2019image de Libasse B\u00e2, ancien douanier reconverti dans la culture du riz et Moustapha B\u00e2, tous deux de Djilor. C\u2019est que la vall\u00e9e de Mbissel (\u00e0 cheval entre les r\u00e9gions de Thi\u00e8s et de Fatick) exerce un certain attrait sur les riziculteurs. Elle est de nouveau florissante.\nVictime de la s\u00e9cheresse et de la salinisation.\nBord\u00e9e principalement par les villages de Kobogoye 2, de Mbissel et de Fadial (commune de Fimela, r\u00e9gion de Fatick), cette vall\u00e9e a \u00e9t\u00e9 pendant longtemps abandonn\u00e9e \u00e0 cause de la salinisation du fait de la pr\u00e9sence du bras de mer appel\u00e9 \u00ab O\u2019mag \u00bb. Avec l\u2019avanc\u00e9e de la langue sal\u00e9e, ce jadis haut lieu de la culture du riz fut donc d\u00e9sert\u00e9, plongeant les populations riveraines dans le d\u00e9nuement, elles qui y tiraient une partie de leur subsistance. \u00ab \u00c0 l\u2019\u00e9poque, nous ne savions pas combien co\u00fbtait le kilogramme de riz, parce que nous n\u2019en achetions jamais. Tout ce que nous consommions venait de cette vall\u00e9e \u00bb, explique le repr\u00e9sentant du chef du village de Kobogoye 2, Lamine Konar\u00e9. Du haut de ses 80 ans, il se rappelle que le mauvais tournant a eu lieu dans les ann\u00e9es 1970. Du jour au lendemain, les cycles de s\u00e9cheresses ont an\u00e9anti tous les efforts en mati\u00e8re d\u2019am\u00e9nagement et de ma\u00eetrise de l\u2019eau. La salinisation donna le coup de gr\u00e2ce. Une double peine \u00e0 laquelle les exploitants de cette vall\u00e9e n\u2019ont pu r\u00e9sister. \u00ab Nous avons donc d\u00fb nous r\u00e9soudre \u00e0 presque abandonner la culture du riz \u00bb, rench\u00e9rit Madeleine Diouf, dirigeante d\u2019une association de femmes de Mbissel.\nMais tout a chang\u00e9 quand l\u2019Ong Wetlands International, \u00e0 travers une association des producteurs, intervint pour renforcer la riziculture dans la localit\u00e9. Face \u00e0 l\u2019ampleur de la salinisation favoris\u00e9e par l\u2019intrusion marine et la remont\u00e9e capillaire, qui a conduit \u00e0 une baisse de la production agricole, l\u2019Ong a sollicit\u00e9 l\u2019expertise de l\u2019Institut national de p\u00e9dologie (Inp). Apr\u00e8s confirmation de la salinit\u00e9, ce dernier a pr\u00e9conis\u00e9 une strat\u00e9gie de lutte bas\u00e9e sur l\u2019amendement au phosphogypse (produit avec une certaine valeur fertilisante) sur 6 hectares associ\u00e9 au fumier organique suivi d\u2019un labour crois\u00e9 et d\u2019un l\u00e9ger drainage. \u00ab Les amendements permettent d\u2019am\u00e9liorer la structure du sol et d\u2019\u00e9liminer le sel. Le labour am\u00e9liore l\u2019enfouissement en jouant sur la porosit\u00e9 et l\u2019a\u00e9ration. Tandis que le drainage permet d\u2019enlever le sel par lessivage \u00bb, d\u00e9taille Mar Ndiaye, ing\u00e9nieur agronome, D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019Inp dans le Sine-Saloum. Mais l\u2019Inp ne s\u2019est pas limit\u00e9 \u00e0 appliquer ces technologies, elle les a partag\u00e9es avec les populations par la formation de relais, lesquels se chargeront de les d\u00e9multiplier dans toute la zone.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>L\u2019apport d\u00e9cisif de l\u2019Inp et de Wetlands International.<\/em><\/strong><\/h4>\nDes actions qui ont donn\u00e9 des r\u00e9sultats que les b\u00e9n\u00e9ficiaires magnifient. \u00ab Nous en sommes \u00e0 notre cinqui\u00e8me saison depuis que cette vall\u00e9e a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9e. Chaque ann\u00e9e, nous observons une am\u00e9lioration tr\u00e8s sensible des rendements. M\u00eame si nous n\u2019avons pas encore atteint les productions d\u2019antan, certains petits m\u00e9nages de cinq \u00e0 six personnes parviennent \u00e0 se nourrir, sur une ann\u00e9e, gr\u00e2ce au riz de cette vall\u00e9e \u00bb, indique Madeleine Diouf. Daouda Kane de la Coordination des actions pour la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes mangroves (Carem) qui a jou\u00e9 un grand r\u00f4le pour que la vall\u00e9e de Mbissel retrouve une seconde vie, fait chorus. Quant \u00e0 l\u2019ancien douanier Libasse B\u00e2, il ne regrette pas son pari de venir dans cette vall\u00e9e. En pleine moisson, les deux hectares qu\u2019il exploite lui ont d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 23 sacs de riz paddy alors qu\u2019il vient \u00e0 peine de commencer. Il table sur une cinquantaine de sacs \u00e0 la fin des op\u00e9rations. Son voisin de champ, sur un hectare, a d\u00e9j\u00e0 collect\u00e9 17 sacs. L\u2019ancien gabelou, tout en saluant les actions de l\u2019Inp en mati\u00e8re de techniques culturales, d\u2019appui en semences et de subvention pour la location de tracteurs, loue l\u2019ouverture d\u2019esprit des populations de Kobogoye qui ont accept\u00e9 que lui et Moustapha B\u00e2 exploitent des parcelles rizicoles dans cette vall\u00e9e. Un site dont le potentiel peut encore \u00eatre mieux valoris\u00e9, selon ce dernier. \u00ab Cette vall\u00e9e peut nourrir tout l\u2019arrondissement de Fimela. On peut m\u00eame y faire du mara\u00eechage en contre-saison si on arrive \u00e0 r\u00e9aliser des bassins de r\u00e9tention d\u2019eau \u00bb, pr\u00e9conise-t-il.\nEn effet, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, l\u2019eau est pr\u00e9sente sur le site. Ce qui n\u2019est pas toujours commode en p\u00e9riode de moisson, surtout pour les femmes dont certaines ont avou\u00e9 avoir peur d\u2019y plonger les pieds pour de nombreuses raisons. D\u2019o\u00f9 la pertinence du drainage de cette eau stagnante, r\u00e9sultat de la forte pluviom\u00e9trie de cette ann\u00e9e, vers des bassins de r\u00e9tention. Si elle ne facilite pas la moisson pour certains, cette eau sur les lieux conf\u00e8re pourtant un avantage, comme le souligne Madeleine Diouf. \u00ab La pr\u00e9sence de l\u2019eau encore en cette p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e favorise une nouvelle \u00e9piaison du riz \u00bb, soutient-elle. Un ph\u00e9nom\u00e8ne qui se constate de visu. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9pis matures dor\u00e9s qui n\u2019attendent que d\u2019\u00eatre fauch\u00e9s, de nouvelles pousses verdoyantes \u00e9mergent. \u00ab Pour dire que cette vall\u00e9e continuera \u00e0 donner du riz les mois \u00e0 venir \u00bb, ajoute le repr\u00e9sentant du chef de village.\n<h4 class=\"blue\"><strong><em>Multiplier les ouvrages pour sauver les vall\u00e9es\u00a0<\/em><\/strong><\/h4>\nLes r\u00e9sultats obtenus dans la vall\u00e9e de Mbissel, c\u2019est la raison d\u2019\u00eatre de l\u2019Institut national de p\u00e9dologie (Inp). Avec son vaste programme de renforcement des capacit\u00e9s des producteurs, cette structure s\u2019est fix\u00e9 comme objectif d\u2019accompagner les producteurs vers une am\u00e9lioration de la production agricole par la prise en compte des besoins nutritionnels des plants gr\u00e2ce \u00e0 la promotion de bonnes pratiques de gestion durable des terres. Pr\u00e9sent dans la tourn\u00e9e dans les d\u00e9l\u00e9gations de Kaolack et de Tambacounda, le directeur de l\u2019Inp, Mamadou Amadou Sow, a pu constater les acquis obtenus. Mais, vu l\u2019ampleur des terres d\u00e9grad\u00e9es \u00e0 cause de la salinisation entre les zones agro-\u00e9cologiques de la Casamance et du Sine-Saloum, il faut renforcer les efforts, souligne-t-il. C\u2019est en cela qu\u2019il s\u2019est f\u00e9licit\u00e9 de la r\u00e9alisation d\u2019une digue anti-sel et d\u2019un barrage de retenue d\u2019eau dans la conception de la route entre Fimela et Joal Fadiouth. Deux ouvrages qui ont grandement contribu\u00e9, en compl\u00e9ment aux actions de l\u2019Inp, \u00e0 sauver la vall\u00e9e de Mbissel. \u00ab Cette route joue un double r\u00f4le : permettre aux gens de se d\u00e9placer, mais \u00e9galement emp\u00eacher les eaux sal\u00e9es d\u2019infiltrer la vall\u00e9e. Il faut multiplier ce genre d\u2019ouvrage en Casamance et dans le Sine-Saloum qui sont des zones sans reliefs o\u00f9 nous avons une centaine de vall\u00e9es d\u00e9grad\u00e9es \u00e0 cause du sel. En effet, il suffit d\u2019une petite mont\u00e9e du niveau de la mer pour que les terres arables soient envahies. Or, une fois que les eaux sal\u00e9es infiltrent les terres, il faut beaucoup d\u2019ann\u00e9es et beaucoup de moyens pour les \u00e9vacuer \u00bb, explique-t-il. La preuve par la vall\u00e9e de Mbissel o\u00f9 il a fallu plus de quarante ans pour que la culture du riz s\u2019y \u00e9panouisse \u00e0 nouveau<strong>.  Elhadji Ibrahima THIAM (Envoy\u00e9 sp\u00e9cial \u00e0 Fatick)\u00a0Elhadj. I. THIAM (Envoy\u00e9 sp\u00e9cial )<\/strong>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9cup\u00e9ration des terres d\u00e9grad\u00e9es dans le Sine-Saloum : La seconde vie de la vall\u00e9e rizicole de Mbissel http:\/\/lesoleil.sn \u00c0 l\u2019abandon pendant des ann\u00e9es \u00e0 cause de la salinisation, la vall\u00e9e de Mbissel, haut lieu de la riziculture dans la commune de Fimela (r\u00e9gion de Fatick), a retrouv\u00e9 un second souffle gr\u00e2ce aux actions de l\u2019Institut [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[42],"tags":[1048],"class_list":["post-10969","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-vallee-rizicole"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10969","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10969"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10969\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10969"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10969"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rp221.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10969"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}