France : «Nous sommes encore dans un paradigme colonial»

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France : «Nous sommes encore dans un paradigme colonial»

https://www.seneweb.com Les appréciations diffèrent à propos du dernier sommet Afrique-France. Si certains ont apprécié la posture des jeunes de la société civile africaine qui ont exposé avec force et arguments la cause du continent au président Macron, d’autres estiment qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. C’est le cas de Cheikh Guèye, secrétaire permanent du rapport alternatif sur l’Afrique (Rasa). Invité de l’émission « Objection » de ce dimanche sur Sud Fm, Guèye s’interroge d’emblée sur « l’objectif de tous ces sommets ».
« Cela fait de longues années que nous entendons France-Afrique, de tous ces face à face que la France organise avec tout un continent. Ce qui est déjà un premier problème parce que l’ancienne puissance française qui n’en est plus une, ne peut pas avoir comme interlocuteur tout un continent. Nous avons 54 états dont certains sont plus grands que la France du point de vue de la superficie et de la démographie », souligne-t-il.
Selon lui, « cela montre que nous sommes encore dans un paradigme colonial qui est reproduit, perpétué sans cesse par les autorités françaises. On peut pas leur en vouloir parce qu’elles sont libres d’avoir leur agenda ». « Maintenant c’est à nous de nous interroger sur le sens de notre participation et l’instrumentalisation dont nous sommes objet, nos chefs d’état d’abord, notre société civile maintenant et sans doute nos autorités religieuses ensuite et toutes les autres catégories d’acteurs », martèle le secrétaire du Rasa.

« Le manque d’expérience des jeunes s’est senti »

Déjà le format pose problème car, s’interroge-t-il : « est-ce qu’il s’agissait d’une invitation, d’une convocation, d’un contournement ou alors même d’une provocation? » il s’explique : « un sommet ça convoque les plus hautes autorités. On laisse de côté les chefs d’état, les gouvernements et on choisit de rencontrer la société civile mais surtout de rencontrer les parties les plus jeunes, les plus sensibles et les plus inexpérimentées de la société civile »
D’après lui, « leur manque expérience s’est senti ». Parce qu’explique-t-il, « d’abord tous ces jeunes mêmes s’ils ont voulu bien faire en portant une voix forte, de revendication parfois même de refus, ils ont quand même été manipulés ». Et il suffit juste de scruter les résultats issus de ce face à face pour s’en rendre compte.
« Quand on regarde le résultat à la sortie de la rencontre, les promesses qui ont été faites je pense que beaucoup d’entre eux doivent se sentir floués par tout ce qu’on leur avait promis dans ce face à face et que finalement on a deux ou trois annonces de financement pour soit disant développer la démocratie chez nous ou encore soutenir des projets de migrants », déplore Cheikh Guèye.


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