Fabrice Le Saché, vice-président du Medef : «Il faut que la France retrouve les conditions d’une compétitivité plus forte au Sénégal»

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Fabrice Le Saché, vice-président du Medef : «Il faut que la France retrouve les conditions d’une compétitivité plus forte au Sénégal»

http://lesoleil.sn Le Medef, selon son vice-président, a voulu, le temps de son Université d’été, lancer un message d’optimisme au monde des finances pour insuffler la continuité des projets et des gros investissements. Cet évènement, qui va regrouper plus de 3000 entreprises françaises et européennes, permettra de réfléchir sur une stratégie commune pour surmonter les effets néfastes de la pandémie de la Covid-19 mais aussi de discuter des grands sujets qui façonnent le milieu économique mondial.

Le choix d’un Chef d’État africain pour incarner la relance économique sous Covid-19 est un symbole fort audacieux. Quel en est la motivation ?

Nous avons toujours eu un regard au-delà de la France, notamment sur l’Afrique francophone qui a connu une croissance extraordinaire et exceptionnelle au cours des dernières années. Parmi ces pays dynamiques, le Sénégal fait figure de leader avec la croissance la plus rapide. Notre choix d’inviter le Président Macky Sall à l’Université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef), dans ce contexte de crise sanitaire mondiale, est motivé, entre autres, par notre curiosité à vouloir mieux comprendre les raisons de son succès économique. Ce que nous voulons, c’est également trouver les moyens d’accroître nos flux d’affaires croisées entre les entreprises sénégalaises et françaises. Nous savons très bien que le Sénégal est un marché ouvert et que les partenariats sont diversifiés. Il nous appartient, dès lors, d’identifier la valeur ajoutée que nous pouvons apporter. Et pour ce faire, c’est important d’échanger avec nos homologues sénégalais pour nouer des liens directs. Si nous voulons réussir dans ce marché, il faut, évidemment, avoir des liens capitalistes. Le Président Macky Sall a une vision futuriste pour son pays et pour l’Afrique, notamment sur les infrastructures, le changement climatique, l’énergie, le tourisme… Donc, c’est intéressant de mieux comprendre les ressorts de cette stratégie.

Quelles sont les ambitions du Medef et des entreprises qui le composent pour le Sénégal?

Le Medef international va prochainement organiser une mission au Sénégal avec des dizaines d’entreprises françaises pour les inciter à investir dans le pays, en partenariat avec le secteur privé sénégalais. C’est aussi notre devoir de montrer qu’il y a de belles opportunités au Sénégal. Par ailleurs, nous y avons toute notre place si les offres sont intéressantes et utiles pour le pays avec plus de valeur ajoutée. Le Sénégal est un pays allié où les entreprises françaises sont fortement implantées. Nous avons des intérêts économiques et des liens forts avec nos homologues sénégalais. Notre souhait, c’est aussi d’inviter les entreprises sénégalaises à investir en France et nouer des partenariats forts. Il faut que la France retrouve les conditions d’une compétitivité et d’une valeur ajouté encore plus forte au Sénégal. Malgré ses effets d’optique, la France demeure un partenaire important du Sénégal, tant sur les investissements directs dans le pays que sur les flux commerciaux. Il y a un grand nombre d’entreprises du Medef international déjà présentes au Sénégal, particulièrement sur les flux bilatéraux avec plusieurs milliards d’euros d’investissements. Personnellement, j’ai créé l’entreprise Aéra Group spécialisée dans le trading des matières premières liées à l’environnement. Nous achetons et nous revendons des crédits de carbone, des certificats d’eau, d’énergies renouvelables, etc. Nous travaillons beaucoup au Sénégal sur les projets solaires photovoltaïques, notamment à Bokhol, Ten Mérina, Méouane, etc., avec des entreprises comme la Senelec, Méridiam et Laser.

L’énergie écologique est en train de prendre un bond important au Sénégal. Est-ce un secteur qui vous intéresse particulièrement ?

Bien évidemment ! Nous venons d’ailleurs d’obtenir pour Laser un financement important de 87 millions de dollars du Fonds vert pour le climat en faveur de l’électrification rurale décentralisée. Nous avons aussi accompagné, au-delà des centrales solaires photovoltaïques, la Sococim et la Compagnie sucrière sénégalaise dans leurs projets de cogénération à partir de biogaz pour de l’énergie propre. Nous intervenons dans tout ce qui réduit les émissions de C02 et contribue à mettre en place des technologies vertes dans le but de créer un supplément de revenus. L’Afrique francophone à un développement économique encore très peu connu avec un taux de croissance supérieur à celui des pays anglophones. Sur ce, nous encourageons des projets d’éoliennes comme à Taïba Ndiaye, des projets photovoltaïques, en particulier dans l’industrie qui utilise des technologies vertes. L’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (Aser) vient d’ailleurs d’obtenir un financement de 230 millions de dollars. Et c’est de loin le plus gros montant qu’une entité sénégalaise a obtenu de la finance climat.Propos recueillis par Ousmane Noël MBAYE


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