En réponse à Sarkozy, Sassou Nguesso convie les chefs d’Etat africains à une conférence le 24 octobre à Brazzaville

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En réponse à Sarkozy, Sassou Nguesso convie les chefs d’Etat africains à une conférence le 24 octobre à Brazzaville

(Agence Ecofin) – 13 ans après le Discours de Dakar, mais seulement 2 jours après que Nicolas Sarkozy ait assimilé les « nègres » à des « singes » au cours d’une émission de TV, le président congolais annonce une conférence internationale le mois prochain à Brazzaville en réponse à ceux qui estiment « que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ».
Le chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso, par ailleurs président en exercice de la CEEAC, a invité son homologue camerounais, Paul Biya, à prendre part à une conférence internationale organisée le 24 octobre à Brazzaville, à l’occasion des 60 ans des indépendances des pays d’Afrique francophone et des 80 ans de la participation des troupes africaines à la libération de la France en 1940. L’invitation lui a été remise ce samedi 12 septembre 2020 à Yaoundé par le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso.
Selon l’envoyé spécial du président congolais, cette conférence internationale permettra de rappeler le rôle important que l’Afrique en général, l’Afrique francophone et la sous-région en particulier, a joué dans l’édification d’un monde libre et de paix. Un rappel nécessaire « au moment où l’on assiste ici et là, à la résurgence des idéologies rétrogrades, telles que le racisme et la xénophobie ».

Nicolas Sarkozy

« Lorsque la puissance tutélaire qui était la France a été vaincue par les nazis, elle a en quelque sorte réfugié son honneur en Afrique équatoriale française. Brazzaville est devenue la capitale de la France libre. Et c’est de Brazzaville que des légions entières de Congolais, Camerounais, Centrafricains, Tchadien, etc. vont partir avec le général de Gaulle, le général Leclerc et d’autres généraux pour prendre part aux grandes batailles de la Deuxième Guerre mondiale », a rappelé l’hôte du chef de l’État.
Pour le plénipotentiaire brazzavillois, la riposte de ces Africains qui ont pris faits et causes pour la France prend le contrepied de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy. « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », déclarait-il le 26 juillet 2007 à Dakar au Sénégal. « Lorsque quelques-uns prétendent que l’Afrique n’est pas assez entrée dans l’histoire, ça nous fait rigoler, parce que l’Afrique est d’abord le berceau de l’humanité, l’Afrique est quelque part même la genèse de la civilisation à travers notamment l’Égypte des Pharaons. L’Afrique a pris sa part dans l’histoire du monde », réplique Jean-Claude Gakosso, 13 ans après le Discours de Dakar, mais seulement 2 jours après que Nicolas Sarkozy ait assimilé les « nègres » à des « singes » au cours d’une émission de TV.

Paul Biya très attendu

À l’ouverture du colloque, les chefs d’État d’Afrique devraient s’adresser à la jeunesse africaine et au monde. « Nous n’acceptons plus la domination, nous n’acceptons plus l’humiliation et nos chefs d’État vont porter cette parole forte, devant le monde, devant l’Afrique, devant notre jeunesse », indique l’émissaire congolais. « Nous espérons vivement que son Excellence [Paul Biya] sera à Brazzaville parce que sa parole est très attendue. C’est un grand patriarche, la mémoire de notre sous-région. Son message est très attendu à cette occasion-là », a-t-il plaidé en quittant le palais de l’Unité.BE


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