EDITO : Désolation Par Babacar DIONE

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EDITO : Désolation Par Babacar DIONE

Comment une société de transport publique dont les passagers sont parmi les couches les plus démunies de la population peut-elle se payer le luxe d’acheter à son directeur général un véhicule de fonction à hauteur de 50 ou 85 millions de F Cfa ? Un directeur général payé déjà chaque mois à coup de millions.
Comment un ministre de la République, en l’occurrence celui des Finances, Abdoulaye Daouda Diallo, peut-il se permettre de retenir la subvention de Dakar Dem Dikk quitte à empêcher ou retarder le paiement des salaires de pauvres travailleurs pour la bonne et simple raison qu’il n’était plus en odeur de sainteté avec leur directeur général?
Comment un marché, notamment celui de l’approvisionnement de DDD en carburant, a-t-il pu être octroyé à une société, à savoir TOTAL, déjà forclose au tout début de la procédure?
Le spectacle qu’offre la société Dakar Dem Dikk est désolant. Non pas que l’ex directeur général et le tout nouveau se crêpent le chignon par presse interposée. Mais surtout parce que cette société est le symbole même de la mal gouvernance. Toutes les pratiques décriées comme étant contraires à une gestion sobre et vertueuse de nos maigres ressources y ont élu domicile. Des centaines de millions de francs de Cfa sont dépensés pour l’achat de véhicules de luxe pour les cadres. Au même moment, l’usager qui peine à rassembler 1000 francs ou même 500 F pour son transport journalier, n’a même pas le minimum de bus affectés pour ses déplacements.
Quant aux agents, ils perçoivent des salaires de misère et ne disposent d’aucune protection sociale, parce que leurs responsables sont plus préoccupés à préserver leur statut de nouveaux riches qu’à leur payer leurs allocations à l’pres et à l’Ipm.
Dakar Dem Dikk est à l’image de ce qui se passe dans nos sociétés publiques. Une bande de privilégiés s’accaparent les moyens mis à la disposition de tous les
Sénégalais. C’est connu de tout le monde, mais on laisse faire. Cette fois ce sont les plus hautes autorités d’une entreprise publique qui sortent au grand jour les cafards de leur gestion nébuleuse, avec la presse comme témoin. Preuves ne pouvaient être plus palpables. À quoi peuvent s’attendre les Sénégalais ? Que justice soit faite, bien sûr. Mais cela n’a jamais été le cas. Pourquoi le serait-il aujourd’hui ?
La vraie croissance c’est celle que vivent les populations.  L’émergence, c’est quand elles ressentent un changement dans leur condition de vie au quotidien. Quand il y a davantage de moyens de transport décents mis à leur disposition.
C’est quand leur condition de travail n’est pas aussi précaire que celle des agents de Dakar Dem Dikk. C’est surtout quand le Sénégalais ne passe pas tout son temps à chercher du travail sans en trouver, ou quand il vit de la vente à la sauvette pour nourrir toute une famille restée au village.
Et c’est surtout quand la transparence et la bonne gouvernance guident la gestion de nos maigres ressources.
L’émergence ou le développement ne sera jamais une réalité au Sénégal aussi longtemps que la justice sera une hérésie, et l’impunité érigée en règle.


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