Edition du Soir du Mercredi 07 Avril 2021

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COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES  DU MERCREDI 07 AVRIL 2021

Le Président de la République, Son Excellence Macky SALL a présidé le Conseil des Ministres, ce mercredi 07 avril 2021, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat s’est incliné devant la mémoire de Monsieur Ibrahima SAKHO, Ancien Préfet, Ancien Gouverneur de Région, Ancien Directeur général de l’Administration territoriale et Secrétaire général sortant du Ministère de l’Intérieur, arraché, hier, à notre affection.

Le Président de la République présente ses condoléances les plus attristées à sa Famille, au Ministre de l’Intérieur, au Premier Président de la Cour des Comptes, Institution dans laquelle il venait de le nommer comme Magistrat, Conseiller référendaire, ainsi qu’à toute l’administration sénégalaise, notamment son corps d’origine : celui des administrateurs civils.

Ibrahima SAKHO fût un fonctionnaire expérimenté, au dévouement exceptionnel, un républicain ayant l’Etat toujours chevillé au corps. Il demeure, de par son parcours, son courage et son engagement, un exemple remarquable de Serviteur de l’Etat, pour les jeunes générations d’agents publics.

Revenant sur la célébration de la fête nationale du 04 avril 2021, avec le thème “Forces de Défense et de Sécurité et protection des frontières”, le Chef de l’Etat a félicité chaleureusement nos forces de défense et de sécurité pour leur professionnalisme notable et leur engagement permanent dans le cadre de leurs missions de défense et de protection des personnes et des biens.

Le Président de la République réitère sa détermination à consolider la construction citoyenne, mais également, la modernisation de notre outil national de défense et de sécurité qui est l’incarnation de notre commune volonté de vivre ensemble dans la paix, la stabilité, la solidarité et la prospérité dans l’équité.

Le Chef de l’Etat rappelle au Conseil, les orientations et décisions annoncées, lors de son Message à la Nation le 03 avril 2021, relatives à l’emploi des jeunes, notamment la mobilisation, à partir de mai 2021, de 80 milliards de FCFA pour le recrutement de 65000 jeunes qui vont servir dans divers secteurs (éducation, sécurité, nettoiement, environnement et cadre de vie, culture urbaine, tourisme, …).

A cet égard, le Président de la République, après un large échange avec les membres du Conseil sur les questions de jeunesse et d’emploi, réaffirme sa forte volonté de territorialiser l’emploi des jeunes au niveau des collectivités territoriales. Il demande également au Gouvernement, une parfaite préparation du Conseil Présidentiel sur l’insertion socio-économique et l’emploi des jeunes, prévu le jeudi 22 avril 2021 au CICAD.

Abordant la question liée à la relance économique à travers l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires, le Chef de l’Etat, appréciant positivement le taux de croissance actualisé à 1,9% en 2020 dans un contexte international de récession dû à la pandémie Covid-19, invite le Gouvernement à asseoir de manière dynamique la relance de l’économie nationale, conformément aux orientations du Programme d’Action Prioritaire PAP2A, dans une perspective d’intensification des projets de formation professionnelle, de promotion de l’entreprenariat et de création d’emplois.

Le Président de la République demande, dès lors, au Gouvernement d’accentuer les efforts budgétaires et les réformes sectorielles, d’optimiser les projets et financements de la coopération internationale, ainsi que les partenariats avec le secteur privé national et international.

Le Chef de l’Etat souligne, à ce sujet, la nécessité d’accorder une attention prioritaire à l’amélioration de l’environnement des affaires et à l’attractivité du Sénégal aux investissements directs étrangers (IDE).

Le Président de la République rappelle au Gouvernement, l’impératif de finaliser, les mesures restantes de la feuille de route Doing Business 2021.

Sur la nécessaire émergence des zones économiques spéciales comme sites d’innovation, d’industrialisation et de création d’emplois, le Chef de l’Etat invite le Gouvernement, à intensifier l’attractivité des quatre (04) Zones économiques spéciales (ZES), actuellement créées au Sénégal.

Le Président de la République demande, dans cet élan, aux Ministres en charge des Domaines et de l’Urbanisme, de veiller à la préservation foncière des sites “ZES” et au respect de leurs vocations en matière, notamment, de transferts de technologies, de développement industriel et de création d’emplois dans les localités d’accueil.

Poursuivant sa communication, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement l’importance qu’il attache à l’accélération des réalisations d’infrastructures et de centres de formation professionnelle fonctionnels, afin de promouvoir davantage le renforcement du Capital humain national mais aussi l’employabilité des jeunes dans les territoires (Communes et Départements).

Le Président de la République demande, à ce propos, au Ministre chargé de la Formation professionnelle de procéder, d’une part, à l’évaluation rapide du fonctionnement des centres et instituts de formation professionnelle et, d’autre part, à l’actualisation des structures de formation.

Le Chef de l’Etat invite, enfin, les Ministres en charge de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, à proposer une nouvelle carte scolaire et universitaire consolidée et optimisée, conforme à un rééquilibrage du système éducatif national vers le développement d’une formation professionnelle dynamique et adaptée aux besoins de l’économie nationale.

Le Président de la République informe le Conseil qu’il présidera, en fin juin 2021, une réunion présidentielle sur la Formation professionnelle.

Sur le climat social, la gestion et le suivi des affaires intérieures, le Chef de l’Etat invite le Ministre de l’Artisanat et de la Transformation du Secteur informel, en relation avec le Ministre des Finances et du Budget, à accélérer les processus de mise à disposition intégrale des fonds (25 milliards) destinés aux artisans du Sénégal et à leurs organisations dans le cadre de la résilience économique et sociale.

Le Président de la République demande également au Ministre en charge de l’Artisanat de finaliser, avant le 15 mai 2021, la nouvelle stratégie nationale de développement de l’artisanat, en cohérence avec le Plan de relance de l’économie et le programme d’urgence d’insertion socio-économique et d’emploi des jeunes.

Le Chef de l’Etat signale, aussi, au Ministre de l’Artisanat et de la Transformation du Secteur informel, l’urgence (i) d’engager la réforme fonctionnelle et la modernisation des Chambres des Métiers ; (ii) de renforcer le dialogue de proximité avec les acteurs du secteur, dont le rôle collectif majeur, demeure un atout pour le développement économique et la stabilité du Sénégal.
Le Président de la République, a clos sa communication par son agenda diplomatique.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS

– Le Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République a fait le point sur le suivi des directives présidentielles ;

– Le Ministre des Finances et du Budget a fait une communication sur la préparation de la troisième revue de l’Instrument de Coordination de la Politique Economique (ICPE) ;

– Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur le programme d’urgence pour l’insertion socioéconomique et l’emploi des jeunes ;

– Le Ministre de la Santé et de l’Action sociale a fait une communication sur la situation de la campagne de vaccination contre la Covid-19;

– Le Ministre du Tourisme et des Transports aériens a fait une communication sur le stratégie hub aérien et touristique 2021-2025 ;

– Le Ministre auprès du Président de la République, en charge du suivi du Plan Sénégal Emergent a fait une communication sur l’exécution des projets et réformes phares du PSE.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :
-Le Projet de loi modifiant les articles 10 et 13 de la loi 2017-26 du 13 juillet 2017 abrogeant et remplaçant certaines dispositions de la loi n° 67- 42 du 30 juin 1967 portant Code des pensions militaires d’invalidité, modifiée ;
– Le Projet de loi modifiant la loi n° 2017-25 du 13 juillet 2017 abrogeant et remplaçant l’article 48 de la loi n°81-52 du 10 juillet 1981 portant Code des Pensions civiles et militaires de retraite.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Docteur Amadou Mame DIOP, est nommé Directeur Général de la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et Zones Touristiques du Sénégal (SAPCO-SENEGAL) en remplacement de Monsieur Aliou SOW, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Philippe Ndiaga BA, Titulaire d’un Master en Langues étrangères appliquées, est nommé Directeur de la Promotion Touristique au ministère du Tourisme et des Transports aériens, en remplacement de Madame Oulimata Fall SARR, appelée à d’autres fonctions ;
Monsieur El Hadji Habib KANDJI, Administrateur civil, matricule de solde n° 624 574/F, précédemment Conseiller technique du Délégué général à la Promotion des Pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose, est nommé Secrétaire Général de l’Agence nationale de la Petite Enfance et de la Case des Tout-petits, en remplacement de Monsieur Cheikh NDOUR, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Mor NDIAYE MBAYE, Expert Auditeur en système d’information et organisation des entreprises, est nommé Secrétaire technique du Comité National de Suivi de Contenu Local (CNSCL).Fait à Dakar le 07 avril 2021
Le Ministre des Collectivités Territoriales,du Développement et de l’Aménagement des Territoires, Porte-Parole du Gouvernement  Oumar GUEYE

Dette:Le Sénégal et le Cameroun bénéficient de l’extension de l’ISSD

https://www.sikafinance.com Le Sénégal et le Cameroun intègrent la liste des pays éligibles à l’extension de l’ISSD (DSSI en anglais), l’initiative de suspension du service de la dette destinée à 73 pays à faible revenu et mis en œuvre par les institutions de Bretton Woods et les pays du G20.

L’ISSD, faut-il le rappeler, est un accord portant sur le report des échéances de remboursement de la dette des pays en développement à l’effet d’aider ces pays à dégager de ressources supplémentaires à consacrer à la la lutte contre crise de la Covid-19.

Ces deux Etats rejoignent une vingtaine d’autres, dont le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Mali ou encore le Togo, déclarés éligibles au

prolongement de l’initiative. Prévue au départ pour couvrir le service de la dette arrivant à échéance entre mai et décembre 2020, l’ISSD a été étendue pour six mois supplémentaires, jusqu’à juin 2021, par les pays du G20 afin de poursuivre leur soutien à des économies éprouvées par la crise sanitaire.

Selon les données de la Banque mondiale, en 2020 (entre le 1er mai et le 31

décembre 2020), le Cameroun a obtenu le report du paiement de 337,3 millions de dollars de dette, alors que ce montant se chiffrait à 139,2 millions de dollars pour le Sénégal.

Si jusque-là les créanciers publics (agence de développement, banques publiques, etc.) des pays développés avaient été mis à contribution, il a été convenu à la faveur du prolongement de l’initiative (via le ‘’Cadre commun”), d’associer des pays comme la Chine et les créanciers privés à l’effort mondial de soutien aux pays pauvres.

Toujours selon la Banque mondiale, le Cameroun pourrait bénéficier entre janvier et juin prochains d’un report de remboursement de 271,9 millions de dollars contre 97,7 millions de dollars pour le Sénégal.Jean Mermoz Konandi

la DER fait son bilan et ses perspectives

https://www.financialafrik.com La Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) a rendu public, le 7 avril 2020, l’intégralité du bilan de ses activités 2020 et présenté les axes de son action pour l’année 2021. Avec 60 milliards de francs CFA de financements accordés en 3 ans d’existence, dont 25 milliards de francs CFA pour la seule année 2020, la structure dirigée par Pape Amadou Sarr a mobilisé l’ensemble de ses ressources, contribuant ainsi à la résilience des écosystèmes entrepreneuriaux sénégalais dans le cadre de la crise liée à la pandémie de la Covid-19.
En 3 ans, sur plus de 400 000 demandes, plus de 106 000 bénéficiaires dont 2 600 entreprises locales auront été accompagnés par la DER/PJ au Sénégal. En 2021, la DER/FJ deviendra l’un des principaux opérateurs du nouveau Programme d’urgence pour l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes. Ce programme sera doté d’un budget triennal d’au moins 450 milliards de FCFA, dont 150 milliards pour cette année 2021.
À noter que,,en 2020, 75 % des financements ont été alloués à des femmes tous secteurs confondus, et des produits financiers dédiés à la résolution des problématiques qu’elles rencontrent ont été créés, à l’image du micro-crédit, de l’assurance agricole, mais surtout du nano-crédit. En 3 années d’existence, la DER/FJ s’est imposée comme le premier opérateur public de soutien à l’entrepreneuriat innovant et créatif au Sénégal.  Albert Savana

LITIGE:PetroNor de Timis annonce l’échec des négociations avec l’Etat

Entre l’Etat du Sénégal et la compagnie pétrolière PetroNor, les négociations engagées depuis la suspension de l’arbitrage ont échoué. C’est du moins, ce qu’annonce la compagnie. Les deux partie se dirigent vers une procédure d’arbitrage risquée.
La société d’exploration, de production pétrolière et gazière annonce qu’elle n’a pas été en mesure de trouver une solution satisfaisante avec l’Etat du Sénégal. Ce, durant  la période de suspension. Elle annonce qu’elle «recommencera donc le processus d’arbitrage formel» qui avait été déclenché au centre international de règlement des différends relatifs aux investissements internationaux.
PetroNor explique que tout au long de la période de suspension qui a été plusieurs fois prolongée, elle a déployé des efforts importants pour parvenir à une solution mutuellement avantageuse et a maintenu de nombreuses réunions progressives avec les autorités compétentes, en vain.
«Nous avons eu un dialogue approfondi et le soutien de la présidence et du ministère, mais comme la partie sénégalaise n’a pas été en mesure de faire avancer le dialogue, le processus doit maintenant revenir à l’arbitrage», a annoncé Eyas Alhomouz, président de PetroNor.

Le bloc attribué à Total

Pour comprendre ce litige,  il faut remonter à plusieurs années auparavant. En novembre 2011, le régime de Wade signait les décrets d’approbation du contrat de recherche et de Partage pour les blocs «Rufisque Offshore profond» et «Sénégal Offshore Sud» au profit de African Petroleum de Frank Timis.
Mais, en mai 2017, lors de la visite d’Etat du Président Macky Sall en France, l’Etat du Sénégal a octroyé «Rufisque Offshore profond» à Total. Macky Sall, avait apposé son approbation la même année. Ce qui avait soulevé une vive polémique, notamment sur les conditions d’attribution, jugées nébuleuses avec la démission fracassante du ministre de l’Énergie d’alors, Thierno Alassane Sall.
Ensuite, Matar Cissé, nommé ministre du Pétrole, a inscrit «Sénégal Offshore Sud profond» sur la liste des blocs à attribuer dans le dernier cycle d’octroi de licences. La réaction d’African Pétroleum ne se fera pas attendre.
Dès le 5 mai, elle a réagi pour dénoncer le deal avec Total. La compagnie a porté l’affaire au Centre international pour le règlement des différends de paris. L’affaire est enregistrée dès juillet 2018.
Entretemps, en Mars 2019, African Petroleum (AP) de Frank Timis fusionne avec PetroNor E&P Ltd, (lui aussi fondé par l’homme d’affaires roumain), après avoir racheté l’essentiel de ses actions. African Petroleum devient PetroNor E&P Limited. Donc, au fond, PetroNor n’est que la nouvelle version d’AP fondé par Frank Timis.
Une suspension de l’arbitrage avait été décidée par les deux parties pour trouver une solution à l’amiable. Mais, elle n’a, visiblement, rien donné. A présent, place à l’arbitrage et ses risques. L’Etat du Sénégal peut s’en sortir indemne comme ce fut le cas avec Arcelor Mittal, comme il peut aussi mordre la poussière.Publié par Youssouf SANE

VERS UN RENFORCEMENT DE LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX

Dakar, 7 avr (APS) – Le renforcement des dispositifs internes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) était, mercredi, un des sujets de la première rencontre trimestrielle de l’année 2021 entre la Direction nationale de la BCEAO et les dirigeants des établissements de crédit, a appris l’APS.
Cette première réunion organisée en visioconférence a été présidée par Ahmadou Al Aminou LO, Directeur National de la BCEAO pour le Sénégal, en présence du président de l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers du Sénégal (APBEFS), Mamadou Bocar Sy, des Directeurs Généraux des établissements de crédit ou de leurs représentants ainsi que du Directeur Exécutif de l’APBEFS.
Selon un communiqué transmis à l’APS, ‘’les échanges ont porté principalement sur l’analyse de la situation récente du système bancaire dans le contexte de persistance de la pandémie à COVID-19 ainsi que sur le renforcement des dispositifs internes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) des établissements de crédit’’.
Le document note que ‘’s’agissant du renforcement des dispositifs internes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, les établissements de crédit ont, en ce qui les concerne, passé en revue les mesures urgentes à prendre en leur sein, à la suite de la décision prise par le GAFI, au mois de février 2021, de placer le Sénégal sur la liste des pays présentant des déficiences dites +stratégiques+dans son dispositif LBC/FT’’.
Le Sénégal et trois autres pays ont été placés, au mois de février, sous surveillance par le Groupe d’action financière (GAFI) pour leurs manquements dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Le GAFI, un organisme intergouvernemental a ajouté, à l’issue d’une réunion
plénière, ces quatre pays à la ‘’liste grise’’ des pays présentant des ‘’déficiences stratégiques’’, mais qui ont pris l’engagement de mettre en œuvre des plans d’action dans des délais impartis pour améliorer leur situation.
Au cours de leur réunion avec la Direction nationale de la BCEAO, les Directeurs généraux des établissements de crédit ‘’se sont accordés sur les actions à mettre en oeuvre en matière d’obligations renforcées de vigilance, en vue du respect intégral des dispositions en vigueur, en particulier celles relatives à l’identification des clients et des bénéficiaires effectifs, à l’évaluation et à la maîtrise des risques, à la formation du personnel, à la surveillance des transactions et au signalement des opérations suspectes’’.
S’agissant de la situation du système bancaire, le communiqué note qu’elle ‘’a été marquée en 2020 par une bonne tenue des principaux indicateurs, sous l’effet des mesures exceptionnelles prises par l’Etat et la BCEAO pour limiter l’impact de la COVID-19 sur l’économie sénégalaise’’.
Selon le document, ‘’les emplois bancaires se sont inscrits en hausse de 843,0 milliards (+12,5%) en variation annuelle pour s’établir à 7.609,3 milliards, sous l’effet principalement de l’augmentation substantielle des concours à l’Administration Centrale et à ses démembrements, sous forme de crédits ou de souscription à des titres publics et, dans une moindre mesure, des crédits au secteur privé’’.
Toutefois, les Directeurs généraux des établissements de crédit se sont ‘’préoccupés des perspectives entourées d’incertitudes pour l’année 2021, en termes de reprise d’activités au niveau de certains secteurs économiques, et l’impact sur le profil de leurs portefeuilles de risques sur la clientèle’’.
Ils ‘’ont, à cet égard, souligné la nécessité d’une analyse approfondie de la situation des entreprises qui continuent d’être affectées par les effets de la pandémie de la Covid-19 et des solutions idoines à y apporter’’.
Dans ce cadre, ces Directeurs ‘’ont mis en exergue l’importance à attacher au maintien de concertations étroites entre l’Etat et les banques, en particulier dans la mise en œuvre du plan de relance économique’’.
Selon le communiqué toujours, ‘’ils ont également relevé l’opportunité de procéder à l’évaluation de l’impact éventuel, sur leur clientèle débitrice, des réallocations budgétaires consacrées au financement des plans d’urgence pour l’emploi des jeunes’’.
Les dirigeants des établissements de crédit ‘’ont enfin pris connaissance des résultats du cadrage macroéconomique 2021-2022 du Sénégal effectué par les Services de la BCEAO et des recommandations issues de la 31ème rencontre du Conseil National du Crédit’’.OID/AKS

Pétrole:Le Sénégal lance un appel d’offre pour 12 blocs offshore

https://www.seneweb.com Le bloc pétrolier Sénégal Offshore Sud Profond (SOSP)
est bien ouvert à la concurrence pour son exploitation. Ainsi, les compagnies intéressées par l’un des 12 blocs sont invitées à faire parvenir leurs offres avant le 30 mai 2021. La précision est de Petrosen qui rappelle que le bloc est inclus dans les 12 blocs proposés à l’appel d’offres international (licensing round) lancé en novembre 2019 par l’Etat du Sénégal. C’est ce que renseigne le journal L’AS dans sa livraison de ce mercredi. Ce bloc, d’une superficie de 7653 km², se situe au sud de Rufisque Offshore, Sangomar Offshore et Sangomar Offshore Profond (RSSD) où d’importantes découvertes ont été faites ces dernières années. Le champ de Sangomar, en cours de développement, illustre bien le potentiel dont regorge le bassin sédimentaire du Sénégal.

LA VENN BATAILLE

https://www.seneplus.com Malgré la suspension des permis de coupe, les trafiquants parviennent à se frayer un chemin pour transporter le bois rose en Gambie. A Médina Yoro Foulah, Bounkiling, Kolda, Sédhiou, Ziguinchor et Bignona, le dispositif des Forces de défense et de sécurité n’a pas réussi à freiner le trafic. Ce pillage organisé courrouce les défenseurs de l’environnement. Le Quotidien, en collaboration avec la Fondation Heinrich Boll Sénégal, a mené l’enquête dans les régions de la Casamance et en Gambie. Sur la piste latérite, qui mène à Médina Yoro Foulah, les arbres s’affaissent sous l’assaut des coupeurs. En quittant Kolda, il faut faire 80 km à moto à partir de Kolda pour parcourir cette forêt où ils dictent leur loi. La végétation s’efface peu à peu pour laisser place au désert. Cette masse poussiéreuse obstrue la vue au milieu de la broussaille de ce département de la région de Kolda. Enfouie dans la Casamance, Médina Yoro Foulah est une ville rurale, implantée au cœur d’une jungle. Mais, elle incarne l’élégance de la région naturelle du Sud du Sénégal. Dans ces forêts cohabitent une multitude d’espèces, qui risquent de perdre leur habitat naturel. De Bounkiling à Sédhiou en passant par Ziguinchor et Bignona, le constat est triste : les arbres implantés, qui poussent depuis au moins 50 ans, sont abattus. Les feuilles de bois mort jonchent le sol noirci par une exploitation du charbon. Les feux de brousse laissent échapper une fumée blanche qui se propage dans tous les coins de la forêt. Sec et accablant, le temps annonce la canicule en ce mois de février. Le changement climatique serait en train de faire ses effets à cause de la course effrénée au bois rose. Médina Yoro Foulah perd sa verdure, des hameaux servent d’accueil aux trafiquants. Dans les vastes formations de steppe de la région, il y a du maïs séché, un tapis herbacé jauni, à cause de la chaleur excessive qui sévit depuis février. La diversité d’espèces végétales et fauniques constituant le charme de ces forêts. «Avant de venir, les Gambiens se renseignent si le bois recherché -bois rose- existe dans la zone. Ils vont chez le chef de village appelé «jarga» pour lui donner 300 000 francs ou 500 000 francs Cfa. Ensuite, ils vont aller voir le maire qui va leur donner son consentement. Ils coupent tout ce que bon leur semble pour trans¬porter ce bois en Gam¬bie», explique Dikory Baldé, écologiste, habitant à Kolda.Par de petites allées tracées au cœur de la brousse, les trafiquants tiennent leurs pistes déjouant les Forces de l’ordre postées dans les frontières administratives. Au niveau des «boders», déformation de l’anglais Border signifiant frontière, les charrettes ne désemplissent pas. La scène se déroule à Sara Moussayel situé au niveau de la frontière gambienne. Les charretiers traversent la frontière avec leurs troncs. Avec une tranquillité déconcertante. Sans la présence des agents des Eaux et forêts. Ils transportent le bois vers la Gambie. A Burko, Niaming, Faffacourou, Saré Moussael et Saré Bodion… faisant partie des 11 communes du département de Médina Yoro Foulah, les dépôts ou «boders» constituent les lieux de négoce, le théâtre des marchandages entre Sénégalais et Gambiens. Les premiers coupent le bois et les seconds les récupèrent en échange de sommes d’argent ou de motos Jakarta.
Dans ces zones hostiles, le journaliste est obligé de cacher son identité. «J’ai obtenu ma moto grâce à un tronc d’arbre que j’ai transporté jusqu’à Saré Moussayel. Il n’y a rien à faire dans ce département où les gens vivent dans une extrême pauvreté. Si j’ai une autre occasion d’avoir encore une moto Jakarta, je suis prêt à entrer dans la forêt pour couper le bois. C’est une question de survie», se justifie Boubacar qui fait la navette Kolda-Médina Yoro Foulah en moto.

Saisie importante à Coumbacara

Dans l’autre bout de la brousse, la route menant à Dabo vers le département de Vélingara, les forêts classées commencent à recevoir la visite des coupeurs de bois rose. Le 27 décembre dernier, l’Observatoire sur les territoires (Oster) découvre 3 dépôts avec 98, 73 et 42 troncs dans la forêt classée de Koudora à Sare Héry et Sinthiang Yaya situé à une cinquantaine de km de Kolda. Dans cette zone, le Forum civil a mis en place des équipes de contrôle formées par les populations à travers l’Oster. «Ce sont de gros troncs. Les trafiquants ont des tracteurs dans la brousse. Les Eaux et forêts ne savaient même pas qu’il y avait d’autres dépôts. Lorsqu’on a découvert ces dépôts, on a directement prévenu la gendarmerie», révèle Moudjibou Rahmane Baldé, coordonnateur régional du Forum civil à Kolda.
Dans cette forêt située dans la commune de Coumbacara, les dépôts ont été saisis par la brigade locale des Eaux et forêts. Un juge d’instruction est aujourd’hui en train d’enquêter sur les responsabilités alors que le présumé trafiquant court toujours. «On n’arrête que les délinquants de seconde zone, à savoir les chefs de village et les charretiers. Sinon, les vrais trafiquants ne sont jamais inquiétés», se désole le coordonnateur régional du Forum civil. Dans son discours, il pointe en filigrane des complicités jamais inquiétées. «Parfois on se demande si les agents des Eaux et forêts ne sont pas complices. Moi, j’achète du bois de fraude mais à chaque fois que les Eaux et forêts saisissent mes pièces de bois, ils les revendent à d’autres menuisiers», accuse Ndiaga convaincu que certains trafiquants «bénéficient de la complicité d’agents de l’Adminis¬tration qui ferment les yeux sur certains actes». Vers la fin du mois de février, un camion venant de la Gambie a été intercepté par les Eaux et forêts à Tambacounda.

Un camion gambien intercepté à Tamba

Dans la forêt classée de Kanoulayes, dans le département de Bignona, une importante partie de l’écosystème a disparu à cause des coupeurs clandestins. En attestent ces espaces vides qui font juste apparaître des pieds d’arbres abattus. C’est le cas à Oudacar, Sédhiou et Bounkiling, où les palmiers surplombent les habitations. L’herbe, qui pousse et jonchant les souches d’arbres, est dévorée par les vaches tandis que les amoncellements de bois mort s’étalent le long de la Route nationale. Après la tragédie de Bofa Bayotte (13 morts), en janvier 2018, le président de la République avait décidé de suspendre les permis de coupe du bois. De plus, le ministre de l’Environnement et du développement durable a indiqué que le nouveau Code forestier, voté le vendredi 2 novembre 2018, définit mieux le concept de trafic de bois en y ajoutant la notion de commanditaire et une nouvelle incrimination qu’est l’association de malfaiteurs. Alors que les peines infligées aux trafiquants de bois passeront désormais de quatre à dix ans avec des sanctions pécuniaires pouvant atteindre 30 millions de francs Cfa. En apparence, ce durcissement des peines n’a pas dissuadé les coupeurs au moment le Sénégal perd 40 mille ha de forêt par an. Babacar Guèye DIOP

LES TRAVAILLEURS DE TWYFORD DÉPOSENT UN PRÉAVIS DE GRÈVE :”Nous sommes traités comme des esclaves des temps modernes”

“Encore une fois, le Syndicat unitaire des travailleurs des industries minières et activités connexes (Sutimac) vient pour alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation humiliante et dramatique des travailleurs de Twyford Ceramics depuis la création de cette usine en 2017.
Cette multinationale, à qui l’Etat du Sénégal a tout facilité pour lui permettre de promouvoir l’emploi des jeunes, continue de profiter de cette facilité d’investissement au détriment des travailleurs essentiellement des jeunes qui voient les ressources de leur pays surexploités et qui en plus y sont traités comme des esclaves des temps modernes.
En effet, depuis presque deux années, la direction des ressources humaines de Twyford Ceramics, sous la conduite des employeurs chinois, continue de traiter les travailleurs dans des conditions dignes de l’esclavage et de les gérer en dehors de toute la législation en vigueur au Sénégal malgré les avertissements incessants de l’Inspection régionale du travail.

L’entreprise Twyford Ceramics ne respecte pas :

– la durée légale de travail de 40 heures par semaine et la pause quotidienne (chaque employé travaille pendant une durée de 12 heures par jour, sans arrêt et sans pause);
– les normes relatives aux conditions sanitaires, sécuritaires et de protection des travailleurs (conditions de travail d’une extrême pénibilité : travail en position debout durant 12 heures) ;
– le versement des cotisations sociales à l’IPRES et à la CSS ;
L’entreprise Twyford Ceramics ne fournit pas des équipements de protection individuelle (EPI) adéquates et appropriés dans certains départements de l’usine où les travailleurs qui y interviennent sont exposés à des risques de graves accidents.
L’entreprise Twyford Ceramics ne paye pas les primes de salissures, de risque et de transport (à la place, elle a opté d’assurer le transport du personnel avec un réseau qui ne couvre que partiellement les zones d’habitation des travailleurs).
À Twyford, au moment où dans les autres entreprises on subventionne la restauration des travailleurs, ici au contraire, on prend leurs primes de panier pour les remplacer avec des repas d’esclaves juste pour faire des bénéfices sur ces primes.
A l’entreprise Twyford, les emplois sont précaires : ils ne favorisent pas la promotion de l’emploi des jeunes. En effet, elle se sert de manière abusive de la dérogation de la convention de l’APIX qui lui permet de renouveler des CDD durant 5 ans, en mettant fin aux contrats après seulement six mois et le remplacement par de nouveaux : Twyford est une entreprise génératrice de chômeurs et non créatrice d’emplois.
Il s’y ajoute qu’à Twyford, l’environnement de travail est caractérisé par une insécurité totale du fait qu’un « chef chinois » peut frapper, battre et agresser un « employés noir » sans être sanctionné.
Face à cette situation délétère, le collectif des délégués du personnel n’a cessé de ménager des efforts par l’entremise d’un dialogue social constructif à travers de multiples tentatives de dialogue et de négociations initiées mais en vain.
Il faut signaler que ce même collectif est en train de subir des sanctions. Les délégués vivent actuellement une discrimination venant de leurs supérieurs hiérarchiques qui les laissent en rade quand à l’avancement dans les emplois. Et pour couronner le tout, la direction est sur le point de ne pas renouveler les contrats des délégués en prétextant que certains d’entre eux ne font pas leur travail, ce qui est totalement contraire à la réalité. La vérité est que le fait que les délégués assurent leurs rôles n’arrange pas la direction donc il faut les “supprimer”.
Trop, c’est trop ! Et le Sutimac, syndicat d’affiliation de la quasi-totalité des travailleurs de Twyford, a déposé un préavis de grève qui va expiré ce 12 avril 2021; et par suite il va dérouler un plan d’action pour exiger de l’entreprise Twyford Ceramics le respect de la législation du travail en vigueur au Sénégal et de traiter les travailleurs dans la dignité. Section Sutimac/Twyford”.

En grève:Les travailleurs de PANAPRESS exigent le paiement de 38 mois d’arriérés de salaires

https://actunet.net Bon nombre d’employés de l’Agence panafricaine d’information (PANAPRESS) ont entamé une grève. D’après le journal Kritik, ces travailleurs exigent le paiement de leurs salaires équivalant à 38 mois d’arriérés.
Confrontés à cette situation depuis 2020, le secrétaire du collectif des employés renseigne « qu’ils n’ont perçu que deux salaires (en janvier et avril) et des demi-salaires en mai, juin, juillet et août ». Compte tenu de leur situation et des difficultés financières que l’agence supporte depuis 2003, qu’ils avaient notifiées au président de la RD Congo, actuel président de l’UA, au chef de l’état Macky Sall et au ministre des Affaires étrangères, il ont pu rencontrer le PCA qui leur a assuré que tout rentrerait dans l’ordre mais qui, par contre, a profité de certaines directives pour bloquer leurs mots de passe facilitant l’accès à la plateforme de l’agence.Ainsi, ils comptent poursuivre leur grève dans le but d’obtenir gain de cause.

Les travailleurs du nettoiement dans la rue vendredi prochain

http://www.walf-groupe.com Les ex-travailleurs d’AMA Sénégal et de ceux de la Société industrielle d’aménagement urbain du Sénégal (SIAS) disent ne plus pouvoir attendre vainement le paiement de leurs indemnités. Pour pousser les autorités à le faire, dans les plus brefs délais, ils ont décidé de battre le macadam.
« Nous tenons à organiser une grande marche le vendredi 9 avril 2021, pour réclamer les indemnités des ex-travailleurs de AMA Sénégal et de SIAS qui s’élèvent à plus de quatre milliards », a déclaré Madani SY secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du nettoiement.
 Selon lui, le président SALL avait promis  que s’il est réélu, il allait régler définitivement la situation des ex-travailleurs d’AMA et de SIAS. Malheureusement, se désole-t-il,  « cette situation ne fait que durer. Plus de deux ans nous avons enregistré des centaines et des centaines de morts, des familles qui sont disloquées, des enfants qui ne partent plus à l’école. Donc des familles qui dorment à la belle étoile. Certains de nos camarades sont devenus des mendiants».
Les syndicalistes exigent de l’Etat du Sénégal le paiement de toutes ces indemnités et appellent à une forte mobilisation des agents du nettoiement.

Sénégal:l’UE va produire un rapport sur les fonds injectés dans la lutte contre l’émigration clandestine

https://www.pressafrik.com L’Union Européenne (UE) va produire un rapport sur les fonds injectés dans la lutte contre l’émigration clandestine. L’annonce a été faite par le collectif Noo Lank qui a rencontré, ce mercredi, l’ambassadrice de la Délégation de l’Union Européenne (DUE), Irène Mingasson, avec ses collaborateurs.
Lors de la rencontre, les membres du collectif ont soulevé trois points à savoir : l’annulation des accords de pêches signés avec les bateaux étrangers, son implication dans le trafic clandestin, l’utilisation des fonds de l’UE qui, ont-ils rappelé, “selon les dénonciations de Boubacar Sèye, n’ont pas permis de lutter contre l’émigration clandestine”. Amadou Gueye et ses camardes ont aussi soulevé la question du visa demandant la baisse de ses frais pour les Sénégalais désireux de voyager.
« Nous avons rencontré aujourd’hui, l’ambassadrice de la Délégation de l’Union Européenne, Irène Mingasson avec ses collaborateurs. Comme vous le savez, Noo Lank s’est engagé avec des artisans, avec le secteur artisanal de la pêche pour fustiger les accords de pêche qui ont été signés et dénoncés par les pêcheurs artisanaux comme étant un élément qui a contribué à la baisse de leur activité, et son implication dans le trafic clandestin. La deuxième question, vous vous souvenez que Monsieur Boubacar Sèye avait dénoncé l’utilisation des fonds de l’UE qui n’ont pas permis de lutter contre l’immigration. Pour nous, c’est important de venir rencontrer l’ambassadrice pour confirmer la réalité des montants de ces financements, et voir quelle est leur efficacité. Enfin, il y a d’autres questions comme celle du visa que nous avons souhaité ouvrir les discussions avec Mme l’ambassadrice de l’UE pour voir comment baisser ses frais pour les Sénégalais », a indiqué Amadou Gueye, membre du collectif Noo Lank.

Qui a annoncé  que l’UE va produire un rapport parallèle de celui de l’Etat du Sénégal sur les fonds injectés dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine.

« En plus du rapport qui est attendu du président de la République, Macky Sall, l’UE va faire son propre rapport qu’elle enverra à la Cour des comptes européenne », a révélé  Amadou Gueye.
Selon lui, « Ce rapport nous permettra d’avoir des informations beaucoup plus objectives sur l’utilisation des fonds de l’UE. Sur les accords de pêche, elle a maintenu les mêmes explications qu’elle a tenu au paravent. En essayant de relativiser l’importance de cet accord de pêche, nous savons que l’UE gagnerait plus à suspendre ces accords de pêche qu’a les maintenir ».
Poursuivant sa réaction, M. Gueye a ajouté : « Nous sommes restés sur ce point. Nous n’avons pas encore eu d’accord. Ce qui est important, c’est de commencer à discuter. Nous maintenons que cet accord de pêche n’est pas utile et n’apporte pas grand-chose au Sénégal. C’est juste 3 millions d’euros l’équivalent de 2 milliards F Cfa pour permettre à une quarantaine de bateaux de pêche. Pour nous ce montant est dérisoire », a-t-il conclu.Ibrahima Mansaly

100 000 MENDIANTS:PLAIDOYER POUR LE VOTE DU CODE DE LA PROTECTION DES ENFANTS

http://www.emedia.sn Amnesty International a présenté son rapport annuel 2020. L’organisme a relevé beaucoup de manquements relatifs aux droits des enfants. Selon Seydi Gassama, il y a, au moins, 100 mille enfants mendiants au Sénégal. Et ces derniers, souligne-t-il, pour le regretter sont souvent maltraités et torturés.
Ainsi, Seydi Gassama plaide pour le vote du code pour la protection des enfants. « La loi sur la protection des enfants qui devrait être votée dort dans les tiroirs de l’Etat ou de l’Assemblée. 100 mille enfants qui mendient au Sénégal. On a besoin d’un cadre juridique pour protéger les enfants et réguler la création des daaras au Sénégal », a déclaré le directeur exécutif de Amnesty International/Section Sénégal.
Selon lui, tant que la question des enfants talibés ne sera pas réglée, le respect des droits humains ne sera jamais une réalité au Sénégal. Cependant, il a magnifié le fait que la justice ait commencé à punir les maîtres coraniques qui violentent les enfants.

La violence des forces de l’ordre pendant le couvre-feu mise à nu

Dans le même sillage, Seydi Gassama a soutenu que la Covid-19 a mis à nu la faiblesse du système de santé au Sénégal. Il en veut pour preuve la vétusté des hôpitaux, le défaut d’équipements sanitaires de protection pour faire face à la pandémie. En sus, Amnesty a déploré le fait que beaucoup des médecins qui ont été dans les centres de traitement n’ont pas été payés.
Également, Amnesty a constaté que lors du couvre-feu, les forces de l’ordre ont fait recours à la force lors de leurs opérations pour faire respecter les mesures barrières qui ont été édictées par les autorités étatiques. La liberté d’expression et des réunions a été également bafoué au Sénégal, selon le constat fait par Amnesty qui, pour étayer ses propos, a cité l’arrestation musclée de Assane Diouf, l’agression dont a été victime la camerawoman d’un site de la place et les attaques perpétrées contre le journal « Les Echos ». De l’avis de Seydi Gassama, ces agressions à l’endroit des journalistes méritent des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces actes.
Même si le rapport présenté n’a pas pris en compte les derniers évènements qui se sont déroulés au Sénégal, Seydi Gassama a évoqué le sujet. Il exige une enquête indépendante pour déterminer les circonstances dans lesquelles les 12 personnes ont été tuées lors de ces manifestations violentes. « On a besoin de savoir ce qui s’est passé. En 2011, il y a eu des pertes en vies humaines et justice n’a pas été faite. Dix ans après les mêmes faits se sont reproduits donc, il faut que lumière soit apportée », a déclaré Seydi Gassama, soutenant que Amnesty est dans les dispositions d’apporter son aide et son soutien aux familles des victimes. Aliou DIOUF

L’Université Assane SECK de Ziguinchor paralysée en pleine période d’examens 

http://www.walf-groupe.com  Malgré les retards notés dans le calendrier universitaire à cause de la suspension des cours partout dans le pays due à la pandémie du coronavirus, l’Université Assane SECK de Ziguinchor est de nouveau paralysée.
Ce 6 avril 2021, en pleine période d’examens pour l’année 2019-2020, les vacataires ont décidé de se faire entendre. Ils ont suspendu toutes les prestations qui sont fournies pour l’université et bloqué les examens.
Selon leur porte-parole Abdou Khadre DIALLO, ils sont restés 6 mois sans percevoir de salaire. « Trop c’est trop. On ne peut pas travailler dans une institution comme l’université Assane SECK et rester 6 mois sans être payé. Nous pensons qu’il y a un manque de respect total de la part de l’administration et de la tutelle. Le recteur a promis de nous payer à la fin du mois de mars, mais à notre grande surprise nous constatons le contraire. Pendant ce temps, tous les travailleurs ont été payés, même les femmes de ménage. Si les autorités universitaires nous payent, nous reprendrons aussitôt. Dans le cas contraire, le boycott va se poursuivre », assène-t-il.

LUTTE CONTRE LA COVID-19 : «La bataille n’est pas encore gagnée»

http://www.sudonline.sn Le président Macky Sall n’a pas aussi manqué, lors de son discours, de lancer un nouvel appel au respect des mesures barrières pour une riposte efficace contre la Covid-19. Et de rappeler aux populations sénégalaises que « la maladie est toujours là
La bataille n’est pas encore gagnée, même si nos résultats sont appréciables grâce à nos efforts communs. Alors, ne nous relâchons pas. Continuons à porter nos masques et à respecter toutes les recommandations sanitaires contre la propagation du virus ».
Par la même occasion, le président de la République a tenu à rendre encore hommage au
personnel médical qui est le premier au front. « Je réitère, une fois de plus, notre reconnaissance à notre corps médical et para médical, ainsi qu’aux personnels de soutien, pour leur dévouement dans la lutte contre la pandémie et le bon déroulement de la
campagne de vaccination; comme en témoigne l’adhésion massive de la population ».
Pour sa part, il a réaffirmé la volonté ferme de l’État à jouer sa partition. « Le gouvernement reste activement engagé dans l’acquisition de vaccins, pour maintenir le rythme de la campagne ».

UN MILLIARD DE FRANCS CFA POUR LE RENFORCEMENT DES STATISTIQUES DE GENRE

Dakar, 7 avr (APS) – L’Agence française de développement (AFD) et Onufemmes vont signer un accord de financement portant sur un montant d’un milliard de francs CFA pour ’’renforcer la qualité, l’accessibilité et l’utilisation de statistiques de genre au Sénégal’’.
La cérémonie qui sera retransmise en ligne aura lieu, jeudi en présence de Philippe Lalliot, ambassadeur de France au Sénégal, d’Alexandre Pointier, directeur de l’AFD au Sénégal et d’Oulimata Sarr, directrice régionale d’ONU Femmes, indique t-on dans un communiqué transmis à l’APS.
La signature de ce partenariat entre dans le cadre du programme ’’Women count’’ (Les femmes comptent). Il vise à ’’renforcer la qualité, l’accessibilité et l’utilisation de statistiques de genre au Sénégal’’.
Le communiqué souligne que ’’la production de données genrées est indispensable au renforcement de la condition féminine dans le pays, et ainsi à la mise en œuvre des projets pertinents pour développer l’égalité homme-femme’’.
Il relève que l’appui de l’AFD ’’permettra d’accélérer la mise en œuvre de +Women Count+ et de ses activités phares autour des indicateurs nationaux de genre et des objectifs du développement durable’’.
La même source précise qu’il s’agit ’’de la désagrégation des données dans les domaines des violences basées sur le genre, de l’emploi formel, de l’éducation et de l’entrepreneuriat féminin’’.
Elle rappelle que ’’les statistiques de genre fiables constituent un pilier incontournable pour éclairer la recherche, le plaidoyer, les politiques et les programmes en faveur de l’égalité entre les sexes, le leadership et l’autonomisation des femmes’’.
Dans le communiqué, il est souligné que ’’c’est à dessein que la cérémonie de lancement officiel de ce partenariat entre l’AFD et ONU Femmes fait suite à la Journée internationale des droits de la Femme 2021, placée sous le thème +Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde du Covid-19+’’.
Cette journée a été célébrée sous ce thème ’’en reconnaissance des immenses efforts déployés par les femmes et les filles pour construire un futur plus égalitaire à l’issue de la pandémie’’.OID/AKS

SEYDI GASSAMA PLAIDE POUR LE RESPECT DES DROITS DES HOMOSEXUELS

http://www.emedia.sn Amnesty international a présenté, ce mercredi, son rapport annuel concernant les évènements de 2020. Une occasion saisie par Seydi Gassama, Directeur exécutif de Amnesty International/Section Sénégal pour plaider pour le respect des droits des homosexuels. Ce, dans une période où les Etats-Unis mettent encore la pression sur le Sénégal pour la légalisation de l’homosexualité. « Quand il s’agit des LGBT, l’Etat dit qu’on veut leur imposer quelque chose. Il faut arrêter la surenchère, la démagogie », a d’emblée soutenu Seydi Gassama qui précise qu’aucun Etat, ne peut obliger le Sénégal à légaliser l’homosexualité. « Nous n’avons pas de campagne spécifique pour demander la légalisation de l’homosexualité. C’est d’ailleurs une campagne qui serait vaine et sans succès », dit-il.
Cependant, pense-t-il, l’Etat doit assumer ses responsabilités et protéger la vie des présumés homos. « La constitution du Sénégal protège tous les sénégalais, protège le droit à la vie de tous les citoyens sénégalais. Même l’Etat ne peut pas prendre la vie de quelqu’un. La constitution protège tous les sénégalais contre la torture et les traitements cruels inhumains et dégradants. Tous les sénégalais sont protégés et cette protection n’exclut aucune catégorie de personne », dit-il. Avant d’ajouter : « On ne peut pas accepter que les homos soient torturés, lynchés ou traqués. Le droit à la vie est garanti par la constitution. Nous demandons à l’Etat de respecter la constitution en protégeant tous les citoyens ». Aliou DIOUF & Pape D. DIALLO (Photo)

Imam Alioune Badara Ndao:«Mon plan de développement local pour la finance publique et populaire.. L’indépendance de la justice…Mes prédications sur le danger qui guettait notre pays»

https://www.dakaractu.com D’après le guide religieux, le Sénégal peut bel et bien sortir de la situation relative au chômage des jeunes, la délinquance, l’errance des talibés etc…
Et pour cela, l’imam Alioune Badara Ndao qui a reçu l’équipe de Dakaractu Kaolack dans son domicile à Ngane Extension, a proposé quelques éléments de réponse qu’il a ficelés dans un document dénommé ” Plan de Développement Local”.
Ledit document est axé sur la finance pubique populaire, l’autosuffisance alimentaire, la création de banques populaires qui vont se substituer aux banques classiques, etc…
Dans cet entretien, le guide religieux a déclaré que les autorités étatiques peuvent s’appuyer sur ces nouvelles idées pour répondre favorablement à la demande sociale, notamment l’employabilité des jeunes.
Par ailleurs, l’Imam Ndao est revenu sur l’indépendance de la justice qui d’après lui existe encore, en dépit des manipulations tous azimuts. Non sans oublier ses prédictions sur le danger qui guettait le Sénégal…

Présidentielle 2024:350 milliards FCfa pour un 3e mandat ?

https://www.leral.net Les motivations du Président Macky Sall d’investir 350 milliards de nos francs pour l’emploi des jeunes, pourraient s’expliquer par sa volonté d’accéder à la demande très pressante d’une jeunesse très remontée, prête à en découdre. Jeunesse que le chef de l’État dit avoir comprise. Au Dialogue national en train de dérailler suite à un clash avec le Front de Résistance nationale (FRN), à propos du calendrier électoral, le président de la République s’accommoderait bien d’un Dialogue sur et avec la Jeunesse.
Avec 350 milliards en main, le chef de l’État pourrait bien décrisper certains visages, surtout si les fonds sont logés au Palais présidentiel, et qu’il en soit l’ordonnateur principal, indique Le Devoir.
350 milliards est une nécessité pour un Président qui ne désespère pas d’une troisième candidature, et dont la mouvance, lors des toutes prochaines consultations, risque d’être mise à rude épreuve par une opposition très ragaillardie.
Avec plus de 100 milliards par an (de 2021 à 2023), la jeunesse qui fera la différence à la Présidentielle de 2024, serait-elle prête à cracher dans la soupe ? Le Président Macky Sall réussira-t-il le pari du million, après des promesses de 500.000 emplois en 2012 ?
Depuis l’annonce des 350 milliards FCfa, l’espoir renaît chez certains, surtout chez ceux habitués d’en recevoir, par les bons soins d’un parent ou du parti.
En vérité, pour investir efficacement dans un plan pour la formation, l’emploi des jeunes, il faut des structures consolidantes : construction de lycées techniques et des Écoles et Centres de Formation professionnelle, un suivi continu des élèves jusqu’à leur insertion dans le monde du travail.
L’auto-emploi des jeunes et l’entrepreneuriat exigent des restructurations profondes, une administration centrale en synergie avec tous les ministères concernés.
Une nouvelle structure, autonome, indépendante, qui systématise toute l’expérience acquise des neuf ans, où toutes les agences seront dissoutes pour en devenir des démembrements, avec un guichet unique.

Mamadou DIOP Decroix:«on s’efforce d’enterrer tout souvenir de ce qui vient de se passer»

http://www.walf-groupe.com Le président SALL n’a rien retenu des manifestations qui ont dernièrement secoué le Sénégal. C’est l’avis du  leader d’AJ-PADS. Dans un entretien avec WalfQuotidien, Mamadou DIOP Decroix qui commente le discours de Macky SALL ce 3 avril,  estime même que le régime fait tout pour effacer ce qui s’est passé dernièrement
« Le Sénégal a deux types de crise : d’une part, une crise existentielle avec ses versants économique, social, culturel, moral. Et, de l’autre, une crise politique. Il y a bien entendu, une relation dialectique entre ces deux types de crise qui fait qu’elles s’affectent mutuellement. Sur le premier type de crise, les Sénégalais sont habitués à la litanie rituelle du président de la République », analyse l’ancien ministre du Commerce. Selon lui, entre « promesses non tenues, autosatisfaction et vœux pieux », les tenants du pouvoir ont fini de prouver leur incapacité à trouver des solutions à cette crise.
A en croire Mamadou DIOP Decroix, « les Sénégalais savent, par conséquent, qu’il ne leur reste plus qu’à prendre leur mal en patience, pour expédier nos gouvernants actuels dans l’opposition en 2024 ». Pour éviter aux Sénégalais cette longue attente, le Pouvoir, désavoué par le Peuple, devrait démissionner. Seulement, se désole-t-il, « ici au Sénégal, on ne démissionne pas, on n’organise pas de nouvelles élections, mais mieux (ou pire), on s’efforce même d’enterrer tout souvenir de ce qui vient de se passer. Et c’est là le lieu véritable de la crise politique au Sénégal »

La liberté d’expression fortement menacée dans les réseaux sociaux

Quand dans notre pays, de plus en plus, des commentateurs sont obligés de s’aplatir pour ne pas subir insultes et menaces, des journalistes n’osent plus faire correctement leur travail, des lanceurs d’alertes sont confinés à des sujets et à des arguments sous peine d’être traités de corrompus, des leaders d’opinion titubent sur les plateaux par peur de révéler leurs propres convictions.
Et quand, surtout, ceux-là abdiquent parce que laissés à eux-mêmes sans protection et craignant même pour leur propre vie, il y a de quoi alerter.
Insulter, calomnier, menacer n’est plus du domaine de la liberté d’expression mais bien du domaine délictueux.
S’aplatir, surfer sur la vague, se résigner n’est plus du domaine du choix mais de celui de la contrainte.
Les victimes des réseaux sociaux se comptent par milliers dans notre pays et elles ne sont pas moins touchées que celles de la vie réelle confrontées à leur voisinage et à leur environnement social.
Liberté ne signifie pas libertinage.
Ceux qui n’ont pas une capacité de résilience leur permettant de multiplier par zéro les attaques virtuelles et de rester scotchés à leurs rôles respectifs doivent être protégés.
La dignité humaine est sacrée. Son respect et sa protection sont une obligation légale.
L’article 7 de la Constitution sénégalaise dispose : « La personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. »
Nous ne sommes pas forcément toujours d’accord avec les opinions des uns et des autres mais nous devons nous battre pour qu’ils puissent avoir leur propre opinion ainsi que ceux qui leur répondent, dans le respect strict de la liberté d’expression et de la dignité humaine.Thierno Bocoum,Président du mouvement AGIR

Un pays qui méconnait ou a peur de son histoire n’a pas de futur:Que nous révèle le cas Ousmane Sonko & Adji Sarr ?Par  Alain Pascal Kaly , Docteur en sociologie, professeur d’histoire et cultures africaines et afro , Département d’histoire da Universdade Federal Rural de Rio de Janeiro (UFRRJ)

Comme beaucoup de Sénégalais et « grand-e-s spécialistes » de l’Afrique et du Sénégal, je me suis planqué pendant trois jours devant la télévision et les réseaux sociaux pour accompagner les marées humaines politiques et politisées qui ont manifesté dans toutes les villes du pays. J’ai aussi accompagné beaucoup de débats sur les chaînes de télévision sénégalaises et françaises post-déferlements et prises d’assaut des espaces publics et les symboles matérialisant l’existence et la persistance des brutalités politiques et économiques du capitalisme de la France. J’ai aussi relu les notes prises au Sénégal, en août et octobre 2019, lors de mes séjours au Sénégal plus les deux articles publiés en 2020 dans la presse écrite sénégalaise :

La khessalisation mentale et psychologique des hommes sénégalais: Un problème de santé publique ou le pilier de notre irréversible déshumanisation? Le Ndogalu Yàlla: la fuite civique ou les périlleuses accommodations politiques.

Mais est-ce que les grand-e-s spécialistes sénégalais (es) et étrangers, surtout français (es), ont bien compris les enjeux idéologiques, psychologiques, émotionnels, culturels, politiques et économiques de ce que devrait nous révéler le plus récent feuilleton politique franco-sénégalais dénommé Le cas Ousmane Sonko & Adji Sarr? Ce cas ne serait-il pas la pointe d’iceberg d’une séculaire et complexe culture d’assassinats, d’éliminations et de déportations de la France impériale et de la France républicaine politique, militaire et capitaliste ? La France politique républicaine et ses agents serait-elle stable émotionnellement, psychologiquement et mentalement sans sa conviction d’avoir en face de soi un non humain ou un presque humain ? Quels seraient et sont alors les rôles joués et que jouent les présidents des ex-colonies de l’Afrique occidentale française (AOF) et l’Afrique équatoriale française (AEF) pour le bien-être psychologique de la France républicaine, politique, idéologique, militaire et capitaliste ?

Tout le temps passé devant les chaines de télévision et la lecture des journaux sénégalais n ’ étaient que des recherches que je faisais pour aller au-delà des vérités des grands spécialistes ;

– tous les Sénégalais sortis pour manifester ont dit que c’est un complot monté par le gouvernement et que celui-ci ne se concrétiserait pas ;
– tous ces Sénégalais ont soutenu que Ousmane Sonko était victime du complot du président Macky Sall et de ses alliés les plus proches qui visent à évincer tous ses adversaires ;
– tous ces Sénégalais ont tué socialement, moralement, religieusement, émotionnellement et éthiquement mademoiselle Adji Sarr. Mais est ce qu’après cet assassinat, les jeunes filles sénégalaises auront maintenant le courage de dénoncer le vrai viol ou les vraies tentatives de viol sans « être des Adji Sarr »? N’a-t-on-pas ouvert dans ce cas le robinet pour un laxisme de la police, de la gendarmerie et de la justice contre les violences sexuelles au Sénégal ? Le lynchage social, médiatique, politique et religieux d’Adji Sarr ne devrait-il pas être positivé aussi pour le bien-être de la société sénégalaise ?
La plupart des penseurs sénégalais et étrangers s’étaient alignés militairement sous les parapluies des vérités des marées humaines. Tous ont martelé l’opinion publique sénégalaise à partir des réponses-vérités ou des vérités-réponses sur un thème dont les causes sont plus séculaires et structurelles, plus enracinées, plus idéologiques, plus politiques, plus capitalistes et complexes et dont les sources se trouvent de l’autre côté de l’Atlantique, notamment en Europe. Ces causes échappent aux vérités superficielles du « feuilleton politique sénégalais » dont le gouvernement de Macky Sall n’est qu’une petite pièce du club des non humains selon le responsable du chéquier qu’est la France politique républicaine.
Les colonies des Amériques ont été les meilleurs laboratoires pour les puissances traditionnelles coloniales (Royaume-Uni, France, Espagne, Portugal, Pays-Bas…) Cependant, parmi celles-ci, la France impériale politique a été l’unique puissance ayant essuyé la pire vexation pour avoir été vaincue militairement par des « soldats » considérés comme presque humains sous le commandement de Toussaint-Louverture. Cette humiliation de la bien équipée armée coloniale de la France impériale politique sera vengée jusqu’à nos jours par l’inauguration de la culture de violences, d’assassinats, d’éliminations, de manipulations et de déportations des leaders politiques qui ont remis ou remettraient en cause les intérêts, mais aussi entraveraient tous les projets de spoliation de la France républicaine politique. C’est ainsi qu’un machiavélique projet fut orchestré pour l’assassinat politique et géographique de Toussaint-Louverture qui fut enlevé, déporté et incarcéré au Fort de Joux, en France, où il mourut loin de sa terre natale en 1803 avant l’indépendance de Saint Domingue après une véritable révolution et un événement capital dans l’histoire moderne et universelle, mais qui a été systématiquement banalisée. La France
impériale politique venait de mettre en marche sa culture politique de colonisation, de violence, de brutalités, d’assassinats et de déportations au nom des intérêts français et occidentaux.
C’est à partir de cette défaite que la France impériale politique a inauguré deux manières pour récupérer son prestige et son singulier orgueil psychologique d’être un peuple blanc, unique responsable divin des peuples non blancs. Au-delà de la culture de violence, d’assassinats, d’éliminations et de déportations de leaders, cette France a aussi jeté les bases de sa  culture de payer le travail de civilisation réalisé par la mission civilisatrice. Elle a obligé les autorités haïtiennes à payer pour la reconnaissance de leur indépendance et indemniser les ex-propriétaires des esclaves devenus des citoyens, constituant la première dette extérieure et internationale. Les autorités haïtiennes ont dû consentir un prêt de 150 millions de francs-or aux banques françaises. C’est à cause de ce prêt que le Sénégal a des gendarmes à Haïti depuis des années.
Cependant, une observation et une analyse attentive montre que le payement pour la reconnaissance de l’indépendance cachait une autre cause : la France impériale politique exigeait qu’on paye le travail de sa mission civilisatrice pour avoir hissé les Noir-e-s africain-e-s de leur condition de sauvages et de barbares à celle de presque humaine. Les nouvelles autorités haïtiennes et les futures générations ont eu à payer la dette pendant plus d’un siècle à la France impériale et, plus tard, à la France républicaine politique.
A la fin de la Guerre froide, Haïti élit démocratiquement son premier président en la personne de Jean-Bertrand Aristide. Durant son magistère et après plusieurs calculs, les techniciens de son gouvernement conclurent que le prêt de ses ancêtres équivalait à vingt trois billions de dollars de nos jours. Le nouveau et « intrépide » président envoya à son homologue français Jacques Chirac la documentation exigeant la dévolution de l’argent que la France impériale politique « avait volé » à ses ancêtres en 1825 sur le président Jean-Pierre Boyer, qui a été exilé en France. Il meurt à Paris en 1850. Pris de court, mais surtout agacé par l’arrogance du président nègre presque humain, Chirac contacta son homologue nord-américain – Bill Clinton – qui dépêcha ses Marines pour destituer un président démocratiquement élu. Chirac venait, avec l’aide de son homologue nord-américain, de mettre en branle la culture de violence, d’assassinats, d’éliminations et de déportations des leaders contre les intérêts mis en place au début du XIXe par la France impériale politique.
Serait-il possible d’appréhender analytiquement les soubassements idéologiques, politiques et capitalistes du cas Ousmane Sonko & Adji Sarr en dehors de cette culture d’assassinats, d’éliminations et de déportations et/ou emprisonnement des leaders qui pourraient déranger la politique de spoliation coloniale de la France républicaine politique ? Comme le disait Frantz Fanon, cette culture de violence est ineffaçable de toutes les institutions coloniales de pouvoir. La durée dans le temps d’un tel système, lui-même établi par la violence, est aussi, précise-t-il, «fonction du maintien de la violence».
Après la perte de sa plus riche colonie des Amériques, la France impériale politique, comme les autres puissances coloniales, a réalisé une reformulation, une ré-adéquation et une réadaptation non seulement des cartes coloniales et colonialistes, mais surtout les processus de la culture d’assassinats et de déportations des leaders contraires à ses intérêts. En Afrique, la France comme les autres puissances coloniales a changé la nomenclature dénominative : on passe du trafic et de l’esclavage à la colonisation territoriale. Et pour mieux « gouverner », la France républicaine politique a eu à diviser ses possessions en « Afrique Noire » en deux régions administratives : l’Afrique occidentale française (AOF) et l’Afrique équatoriale française (AEF). Et finalement la création de la monnaie des colonies françaises d’Afrique (le franc CFA).
Au-delà de diverses formes de violence, la France mit en pratique sa culture de brutalités et de déportations des leaders visant déjà à leur inculquer mentalement et émotionnellement la culture de la mendicité, de l’incompétence administrative et surtout la conviction de la non humanité par rapport aux Français. La France venait d’inaugurer en AOF et en AEF la culture de l’infantilisation, de l’irresponsabilité, de l’incapacité et de la négation de l’humanité aux leaders politiques.
C’est ainsi que la France inaugura sa culture de violences et d’éliminations dans la seconde moitié du XIXe siècle en Afrique occidentale : El Hadji Oumar Tall, Samory Touré, Sarraounia Mangou  (reine des Aznas – actuel Niger), M. Balia Camara  (1929-1955) de la Guinée-Conakry. La même France déporta le roi Béhanzin  en Martinique puis en Algérie où Il mourut ; Cheikh Amadou Bamba  au Gabon et finalement en pleine Deuxième Guerre mondiale Aline Sitoé Diatta . L’Etat du Sénégal a aussi mis en branle cette culture de brutalités, d’éliminations et de déportations régionales après indépendance au nom des intérêtes de la France : Mamadou Dia,  jeté en prison dans la région de Tambacounda ; assassinats de Emile Badiane, Ibou Diallo, Victor Diatta ; Cheikh Anta  Diop  interdit d’enseigner au Sénégal ; Abdoulaye Wade  jeté plusieurs fois en prison ; Karim Wade  emprisonné et après forcé à l’exil et finalement Khalifa Sall, libéré mais ne jouissant pas de ses droits civiques. C’est pourquoi, le plus récent cas de cette culture inaugurée en Amérique française, celui dénommé Ousmane Sonko & Adji Sarr, ne devrait pas être analysé à partir du gouvernement de Macky Sall. Après les indépendances, la France républicaine politique a délégué sa culture d’assassinats, d’élimination et de déportations des leaders dangereux pour ses intérêts et sa culture de spoliation à ses presque humains présidents.
Entre 1960 et aujourd’hui, la France républicaine politique a tué presque vingt leaders politiques Thomas Sankara, Muammar al-Gaddafi…) au nom de ses intérêts politiques, idéologiques, militaires, monétaires et capitalistes. En 2011, Laurent Gbagbo de la Côte d’Ivoire a été déporté et condamné faussement par le Tribunal pénal international. De ce fait, est-il possible d’appréhender analytiquement le cas Ousmane Sonko & Adji Sarr en dehors de la dette imposée par la mission civilisatrice qui dit avoir hissé les sociétés du Sénégal actuel à la condition presque humaine comme dans le cas haïtien ? C’est pourquoi les débats sur l’indépendance du Sénégal comme des autres pays de l’Afrique dite noire devraient prendre en compte inéluctablement le douloureux processus de ré-humanisation de nos élites politiques, culturelles et mêmes académiques.
L’impossibilité pour les populations de « l’Afrique noire » de bénéficier des richesses de leur sous-sol trouve ses racines principalement dans la conviction de leurs autorités politiques de leur non-humanité.
C´est pourquoi notre prochaine réflexion portera sur la création de la deuxième monnaie de la France républicaine politique (le franc des colonies françaises – CFA) et ses implications politiques, idéologiques, psychologiques, raciales, culturelles et économiques. Le franc CFA, c´est la monnaie des non humains pour la France républiciane politique.

Le sparadrap du président Macky SALL Par André Bailleul

Il y avait le célèbre sparadrap du capitaine Haddock, désormais il y a celui du président sénégalais Macky SALL qui s’appelle Ousmane SONKO. En effet le chef de l’état sénégalais va devoir vivre désormais, jour et nuit, avec ce sparadrap qui lui colle aux doigts et dont il ne pourra se séparer jusqu’aux élections qui s’annoncent dans les trois années suivantes (municipales, législatives, présidentielle). Tout le monde a été surpris par la violence de ce soulèvement général de la jeunesse qui pourtant en 2011 avait favorisé l’élection de Macky SALL contre le président Abdoulaye WADE qui s’était mis en tête d’effectuer un 3é mandat. La plainte d’une jeune masseuse pour viols sur sa personne par O.SONKO, député chef du parti d’opposition PASTEF, s’est transformée  immédiatement en combat politique, le député criant au complot politique pour l’éliminer de la prochaine élection présidentielle, les jeunes et les différents mouvements d’opposition voyant une manœuvre du président pour éliminer un opposant en s’appuyant sur une justice aux ordres. Il est probable que de fins conseillers, stratèges politiciens, se soient emparés de la plainte de la jeune Adji SARR  pour régler le compte de cet empêcheur de tourner en rond qui agresse constamment  et personnellement le président de la république, dénonçant sa corruption, celle de sa famille et de son entourage politique, stigmatisant son échec en lui demandant de partir. Ces stratèges ont allumé une mèche qui leur a échappé et comme le paysan qui brûle les pailles de son champ mais ne maitrise plus le feu qu’il a allumé, celui de la révolte de la jeunesse s’est embrasée dans tout le pays poussé par le vent violent des revendications. Ce n’est pas la première fois que la jeunesse sénégalaise se soulève depuis 1968 mais jamais de façon aussi violente sur tout le territoire national avec des revendications pêle-mêle  pour l’emploi, contre la France et le franc CFA, l’impérialisme et le néo colonialisme, stigmatisant les magasins AUCHAN, les stations TOTAL, quelques boutiques ORANGE mais surtout pour se nourrir à cause de la gestion par le gouvernement  du Covid qui a supprimé tous les petits boulots de l’informel et les revenus qu’ils génèrent, enfermant Dakar et sa région dans le mimétisme des mesures de confinement comme en Europe.
Les dégâts étant  extrêmement importants, le président de la république qui ne maitrisait plus la situation, ayant lui même supprimé le poste fusible de premier ministre après sa réélection, s’est trouvé seul devant cette révolte inattendue de la jeunesse. Il ne s’est exprimé que cinq jours plus tard après avoir consulté beaucoup de personnalités politiques, religieuses et de la société civile pour rétablir la situation. C’est le grand marabout mouride qui a réussi à calmer le jeu réussissant à repousser une grande marche des forces de l’opposition (Mouvement 2D) en faveur d’O.SONKO. Celui ci a du mettre du sucre dans son bissap pour adoucir ses propos anti français déclarant qu’il n’avait rien contre la France et les français vivant au Sénégal. Pour avoir écouté depuis quelques années ses discours enflammés anti-français, anti capitalistes, on peut penser que le grand marabout mouride M’BACKE lui a tiré les oreilles et a su trouver les conseils religieux pour sortir de cette crise. Dans ces situations pré-révolutionnaires qui risquent de déraper, les autorités religieuses d’un état se déclarant laïc, sont nécessaires pour calmer le jeu de tous les acteurs et indiquer une porte de sortie de la crise ; n’oublions pas non plus que les marabouts mourides sont de puissants opérateurs économiques dont les intérêts financiers risquent d’être menacés. Sur le plan politique Macky SALL est sauvé, momentanément, par une confrérie qu’il avait fustigé à son arrivée au pouvoir !.
Depuis son élection, il avait, jusqu’à ces événements, dominé le jeu politique par des alliances (BBY),des ralliements parfois inattendus comme ceux par exemple de vieux politiciens marxistes du PIT, de socialistes issus du PS et de l’ex UPS qui a dominé 40 années la vie politique sénégalaise depuis l’indépendance, de l’éclatement du PDS dont il est issu etc… Il en est lui même le parfait exemple après avoir été chassé du pouvoir PDS comme on renvoie un vulgaire domestique par son patron Abdoulaye WADE mais il a su réagir en créant son parti APR et arriver très rapidement au sommet de l’État avec sa coalition BBY. La transhumance politique n’a jamais été aussi importante depuis son élection et l’énumération de tous ceux qui ont zigzagué ou joué à saute-moutons au dessus de leurs engagements à vie serait un véritable roman d’amour et de trahisons, de désunions, mais aussi de ralliements inattendus  comme le dernier, le plus “exemplaire”, celui du frère ennemi I.SECK .Surfant sur sa deuxième victoire présidentielle, Macky SALL s’est engagé dans un hégémonisme politique jusqu’à vouloir intégrer à son gouvernement des opposants patentés et renvoyer de loyaux ministres qui lui auraient fait de l’ombre. Il a fait de l’arithmétique partisane estimant que désormais son parti et ceux de ses nouveaux alliés représentaient 85% des sénégalais ; il doit pourtant savoir que l’équation politique est faite de nombreuses inconnues et vouloir rester seul jusqu’à supprimer toute opposition n’a rien de démocratique et risque d’être dangereux. La vie politique n’est jamais un long fleuve tranquille et comme le grand fleuve Sénégal ,elle s’ensable selon des saisons de pluies plus ou moins abondantes qui parfois provoquent des inondations que les barrages institutionnels ont du mal à maitriser. Il en va ainsi de la vie politique sénégalaise et des ses cycles démocratiques qui s’enfoncent parfois dans des crises qu’elle a toujours su maitriser, même en emprisonnant ses enfants désobéissants au nouvel ordre politique post colonial (Senghor/Dia).
La jeunesse dont les moins de 25 ans représentent plus de 65% des sénégalais lui a rappelé son existence et sa détresse, sans avenir et sans emploi , l’immigration lui apparaissant comme seule solution. Elle n’est pas associée à la vie politique, se sent marginalisée et s’exprime à travers divers regroupements d’associations apolitiques d’où l’explosion que vient de connaitre le Sénégal dont l’affaire SONKO, ajoutée au COVID, ont été le détonateur. Certes, on ne peut ignorer l’importance des dépenses budgétaires que le Sénégal consacre à l’éducation, aux centres de formations professionnelles, aux universités qui se multiplient dans les régions mais le marché de l’emploi est loin d’absorber des étudiants souvent mal formés.Évidemment l’explosion démographique que connait le Sénégal en est une des causes que beaucoup, pour des croyances religieuses, ne veulent pas aborder. Comment faire comprendre que le champ d’arachides ou de riz qui nourrissait x personnes ne peut à l’infini être divisé pour nourrir tout le monde même si on améliore les pratiques culturales : tout périmètre a ses limites sauf à s’installer sur le champ de ses voisins. Cet aspect de l’aveuglement des responsables politiques sénégalais comme ouest africains est le poison distillé par une économie mondiale qui s’emballe dans un modèle sans issue même si le pétrole et le gaz découverts au large des côtes sénégalaises permettront, pour un temps, de pallier aux besoins de la jeunesse. Espérons que les responsables politiques n’utilisent à leurs profits les ressources financières comme l’ont fait les irresponsables chefs d’états et politiciens d’Afrique centrale, mais on a déjà des doutes avec l’exemple du frère du président pris la main dans le pot des confitures BP ; O.SONKO ne s’est pas privé pour dénoncer ces pratiques.
La révolte de la jeunesse sénégalaise avec des dizaines de milliers de jeunes arrivant chaque année sur le marché de l’emploi est le signal d’une détresse généralisée. Le président Macky SALL ferait bien de s’en inquiéter pour les trois années qui lui restent de son mandat présidentiel. On n’ose pas imaginer, vu les circonstances, qu’il s’engage dans la voie d’un 3é mandat anticonstitutionnel qui mettrait le feu au pays. Son plat de tieb risque d’être très pimenté et O.SONKO, 45 ans,devenu le seul opposant crédible, a tout l’avenir devant lui, même si la relève des différents partis feront tout pour garder leurs privilèges et leurs rentes. Espérons que le président Macky SALL saura sortir de ses martingales politiciennes aventureuses pour se consacrer à la jeunesse sénégalaise dont il est responsable et éviter les aventures djihadistes que connaissent les pays voisins. Je n’oublie pas la jeune plaignante A.SARR qui a déclenché cette explosion par sa plainte qu’elle a confirmée lors d’ une conférence de presse avec ses avocats. Les faits sont graves et doivent être examinés au fond; ils ne peuvent faire l’objet de tractations ou de marchandages politiciens sauf à s’enfoncer dans la négation d’un état de droit qui caractérise jusqu’ici le Sénégal. A.BA,petit géopoliticien au Point E –  DAKAR

RAPPORT 2020 SUR LES DROITS HUMAINS :Les récriminations d’Amnesty contre le Sénégal

Libération Sénégal online « Les forces de sécurité ont eu recours à une force excessive dans le maintien de l’ordre public. En janvier, un homme est décédé en garde à vue dans la ville de Fatick après avoir été, semble-t-il, battu par la police. Les conclusions de son autopsie, selon lesquelles il serait mort de « causes naturelles », ont suscité de violentes manifestations », note Amnesty dans son rapport en parlant du Sénégal. « Les autorités ont alors ouvert une enquête sur les trois policiers soupçonnés d’être responsables de ce décès. En mai, les gendarmes ont utilisé du gaz lacrymogène lors d’une conférence de presse tenue par des jeunes de Cap Skirring pour dénoncer le manque d’eau potable dans leur ville. Au moins deux participants, un homme et une femme, ont été grièvement blessés. En juin, quatre personnes qui manifestaient contre la démolition en 2013 de leurs logements, situés à Gadaye dans la banlieue de Dakar, la capitale, ont été blessées lorsque la police a dispersé leur rassemblement avec violence », poursuit le rapport consulté par Libération online.
Concernant la liberté d’expression et de réunion, le document signale : « En juin, la police a arrêté Assane Diouf après qu’il eut critiqué le gouvernement dans une discussion vidéo en direct. Cet homme était toujours en détention à la fin de l’année pour les charges d’outrage à agent, d’appel à un attroupement armé et d’injures publiques à travers le net (ndlr, il a été libéré par la suite en fin janvier). En août, des membres de Dahiratoul Moustarchidine wal Moustarchidati ont mis à sac les locaux du journal « Les Échos » après la publication d’un article avançant que le chef de cette organisation religieuse avait contracté le Covid-19. Six suspects ont été arrêtés. En septembre, Adja Ndiaye, une journaliste de Dakaractu, a été agressée verbalement et physiquement par des policiers à Dakar, alors qu’elle effectuait un reportage. Elle a été blessée au cou et au dos, et sa caméra a été endommagée ».
A propos du droit à la santé du personnel soignant, le rapport poursuit : «En juin, le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) a menacé d’appeler à une grève pour dénoncer le manque d’équipements de protection individuelle et d’autres ressources nécessaires à la gestion de la pandémie de Covid-19 ; des médecins travaillant en première ligne ont également menacé de cesser le travail pour protester contre leurs salaires impayés et leurs mauvaises conditions de travail ».
Les conditions de détention dans les prisons ne sont pas en reste. « Les centres de détention étaient surpeuplés et le coronavirus n’a fait qu’aggraver les risques sanitaires pour les personnes incarcérées. En octobre, 10.804 personnes étaient emprisonnées au Sénégal, dont 5.052 en détention provisoire. Entre mars et septembre, les autorités ont libéré 3 731 détenus dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Deux détenus sont morts de cette maladie à la prison de Thiès, ce qui a déclenché des grèves de la faim parmi la population carcérale. Les grévistes réclamaient des tests à grande échelle. Au moins six personnes sont décédées, apparemment en raison de mauvaises conditions de détention, alors qu’elles se trouvaient en garde à vue ou qu’elles étaient détenues dans les prisons de Thiès et de Diourbel ».
Comme chaque année, Amnesty a aussi plaidé la cause des Lgbt. « Des militants ont fait l’objet de campagnes de diffamation et de menaces de mort. Aux termes du code pénal, les relations sexuelles entre personnes du même sexe étaient passibles d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement. En octobre, 25 hommes et adolescents ont été arrêtés lors d’une fête privée à Dakar. Inculpés d’«actes contre nature», ils ont été placés en détention. Le 6 novembre, un tribunal de Dakar a condamné deux des adultes à six mois d’emprisonnement et cinq autres à trois mois. Les autres intéressés, y compris tous les mineurs, ont été libérés sans inculpation ».
Pour les droits des enfants, « un projet de loi visant à réglementer les écoles coraniques n’avait toujours pas été approuvé par le parlement. Douze élèves de ces établissements auraient été soumis à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements par leurs enseignants. En février, un garçon de 13 ans a été battu à mort par son professeur dans la ville de Louga. En mars, la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar a condamné un maître d’école coranique à 10 ans d’emprisonnement pour « voies de fait et coups et blessures sur une personne de moins de 13 ans » et un autre membre du personnel à cinq ans d’emprisonnement pour non-assistance à personne en danger. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, les autorités ont annoncé avoir extrait 2 015 enfants de la rue : elles en ont rendu 1 424 à leur famille et ont placé les autres dans des centres d’accueil publics », note le rapport qui dénonce aussi des expulsions forcées : «Les communautés rurales de la région de Thiès luttaient toujours contre les menaces d’expulsions forcées liées aux projets d’entreprises agricoles et pétrochimiques empiétant sur leurs terres. La communauté agricole de Ndingler, près de la ville de Mbour, a perdu 0,75 kilomètre carré de terres collectives au profit d’un projet agroindustriel. En juillet, les autorités ont négocié une trêve dans ce différend, ce qui a permis aux agriculteurs et aux agricultrices d’accéder à leurs terres mais de façon limitée. La population du village de Tobène a accusé une entreprise pétrochimique de polluer ses terres agricoles et a contesté la décision de l’État d’allouer six hectares supplémentaires de terres agricoles à cette société. Elle a protesté contre l’indemnisation de neuf millions de francs de Fcfa (16 110 dollars des États-Unis) proposée par l’entreprise ».
Sur les exactions perpétrées par les groupes armées, Amnesty révèle : « La Casamance a connu une reprise des violences. En août, Hamidou Diémé, un ancien combattant du groupe armé Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, a été tué par des hommes armés non identifiés à Diégoune, dans la région de Ziguinchor. À la fin de l’année, personne n’avait été traduit en justice pour cet homicide ».

Hajj 2021:La vaccination obligatoire pour accéder à la Mecque, incertitudes autour de la participation des pèlerins sénégalais.

https://www.dakaractu.com L’incertitude plane encore sur la participation des pèlerins Sénégalais à la prochaine édition de pèlerinage à la Mecque.
D’après les informations recueillies auprès de la chargée de communication du RENOPHUS, Hourèye Thiam Preira,” nous n’avons aucune visibilité sur la situation”, une manière de dire que pour l’heure ni la délégation au pèlerinage, dirigée par Abdou Aziz Kébé, ni l’État du Sénégal ne sont en mesure de se prononcer clairement sur la question.
Les conclusions des autorités saoudiennes sont donc attendues par rapport à l’organisation de cet événement religieux mondial. Néanmoins la Oumrah reste d’actualité avec les nouvelles restrictions imposées conformément au protocole sanitaire établi par le pays hôte.

Ramadan 2021:L’Arabie Saoudite fixe ses règles pour la Oumra et la prière à la Mecque.

https://www.dakaractu.com L’Arabie Saoudite, à l’instar de toute la  communauté musulmane, prépare le mois sacré de Ramadan. Mais dans le contexte mondial caractérisé par les méfaits de la pandémie, les autorités saoudiennes ont pris des mesures pour éviter que les lieux saints de l’Islam ne favorisent des contaminations.
Ainsi, est-il retenu qu’à partir du début du Ramadan, seuls les musulmans immunisés contre la Covid-19 seront autorisés à effectuer le pèlerinage de l’Oumra. Une décision des autorités saoudiennes révélée ce mardi 6 avril 2021, a appris Dakaractu.
Contrairement au Hajj (le grand pèlerinage), la Oumrah (petit pèlerinage), ne fait pas partie des 5 piliers de l’Islam. N’étant donc pas obligatoire, elle peut être effectuée à tout moment de l’année. C’est le cas au cours du mois sacré de Ramadan. Le ministère Saoudien du Hajj et de la Oumra a annoncé, à quelques jours du début dudit mois sacré, que trois catégories de personnes seraient considérées comme “immunisées” :  celles qui ont reçu deux doses du vaccin, celles qui ont reçu une seule dose au moins 14 jours auparavant et celles qui ont guéri du virus, ont annoncé nos confrères de The Guardian.
‘’Seules ces personnes pourront bénéficier d’un permis pour effectuer la Oumrah, ainsi que pour assister aux prières dans la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. Le ministère a ajouté que cette condition s’applique également à l’entrée dans la mosquée du Prophète dans la ville sainte de Médine. Et que cette politique entrerait en vigueur au début du Ramadan, mais il n’a pas précisé combien de temps elle durerait’’, renseigne ladite source.
Cette dernière indique que l’autorité saoudienne ‘’n’a pas non plus été précisé si cette politique, qui intervient dans un contexte de hausse des infections à coronavirus dans le royaume, serait étendue au hajj annuel plus tard cette année’’.
Relativement aux chiffres de la maladie, en terre Saoudienne, il a été signalé plus de 393 000 infections à coronavirus et 6 700 décès dus à la Covid-19. Pour venir à bout de cette maladie, le ministère de la Santé saoudien a déclaré, selon ladite source médiatique, avoir administré plus de 5 millions de vaccins contre le coronavirus, dans un pays qui compte plus de 34 millions d’habitants.
Il faut rappeler qu’au cours du mois de mars dernier, le roi Salman a remplacé Mohammad Benten, le ministre du Hajj. Et ce, quelques mois après que le royaume a accueilli le plus petit nombre de pèlerins pour le Hajj de l’histoire moderne en raison de la pandémie. Celui-ci a été relevé de ses fonctions et remplacé par Essam bin Saeed, selon un décret royal publié par l’agence officielle Saudi Press Agency.
Le royaume a accueilli le Hajj, fin juillet de l’année dernière. Seuls 10 000 résidents d’Arabie saoudite ont été autorisés à y prendre part, alors que 2,5 millions de musulmans du monde entier y ont participé en 2019. Pour l’heure, le nombre de pèlerins qui seront autorisés à effectuer le Hajj cette année, reste inconnu. Le journal pro-gouvernemental Okaz informe, cependant, que seuls les pèlerins vaccinés seront probablement autorisés cette année.
En octobre dernier, l’Arabie saoudite avait assoupli les restrictions liées au coronavirus en ouvrant la Grande Mosquée à la prière pour la première fois depuis sept mois et en reprenant en partie le pèlerinage de l’Oumra.
L’Oumra, attire habituellement des millions de musulmans du monde entier chaque année. Les autorités ont déclaré que ce Petit Pèlerinage serait autorisé à reprendre sa pleine capacité une fois que la menace de la pandémie se serait éloignée.

Balises Condé, le ressentiment permanente

https://lequotidien.sn Notre brillante compatriote, l’écrivaine Fatou Diome, dit souvent à la jeunesse africaine que «le ressentiment n’est pas un projet mais un frein à tout». Le Président Condé, qui n’est plus si jeune, devrait aussi s’approprier cette sagesse. En septembre 2020, le Président Alpha Condé ferma sa frontière avec le Sénégal. A Dakar, on ne s’en rendit même pas compte. Ce fut un non-évènement. Sept mois après, il a fallu que Condé en parle à Jeune Afrique pour que le Sénégal se rappelle et se souvienne que la frontière était toujours fermée. Ce qui confirme que la fermeture de la frontière guinéenne a été et demeure un non-évènement à Dakar. Si l’histoire des relations internationales est avant tout une question de rapport de force, on voit nettement où penche la balance.
Il avait affirmé lors de l’épidémie d’Ebola que le Sénégal avait fermé ses frontières alors que, selon lui, la Guinée nourrit le Sénégal. Depuis septembre 2020, la frontière est fermée et le Sénégal n’est pas mort de faim. Alpha Condé cherche une voie de sortie honorable pour ouvrir la frontière ? Et c’est parce que la sortie de Alpha Condé dans Jeune Afrique a été un non-évènement à Dakar qu’il a changé de stratégie en sortant le riti pour le 4 avril, en «nous assurant de sa ferme détermination à œuvrer de concert avec vous pour le renforcement et la diversification de nos liens d’amitié de fraternité, unissant si heureusement nos deux pays». Le Sénégal a très bien fait d’être constant en traitant toutes ces gesticulations de Condé comme des non-évènements. Il avait fermé unilatéralement sa frontière. S’il veut la rouvrir, il n’a qu’à le faire unilatéralement. Ce n’est pas au Sénégal de lui fournir un prétexte, ou une porte de sortie honorable.
Comme je l’ai souligné dans ma dernière chronique, Condé poursuit le Sénégal d’un ressentiment tenace qui remonte d’avant les indépendances, à cause de frustrations d’étudiant à la Feanf. C’est ce ressentiment permanent qui explique sa joie à peine dissimulée lors des émeutes qui ont coûté la vie à une dizaine de nos compatriotes. C’est aussi ce ressentiment qui explique qu’il ait servi de bouclier pour sauver Yahya Jammeh, le Néron de Banjul, qui attisait le feu en Casamance pour une partition du Sénégal. Il y a un proverbe arabe qui dit : «Il est préférable de choisir le voisin avant la maison et le compagnon avant le voyage.» Un pays fait son histoire mais subit sa géographie. Donc, le Sénégal et la Guinée sont des voisins et aucun ne peut déménager, mais heureusement le compagnonnage avec Condé est limité dans le temps, s’il est probable qu’il va céder à la tentation du 4e mandat. Qui aimerait avoir un voisin qui se réjouit de vos malheurs (les émeutes qui ont fait une dizaine de morts) et va servir de bouclier pour sauver un de vos pires ennemis (Jammeh). Pour justifier son bras de fer avec Macky Sall, Condé invoque la vieille rivalité entre les deux titans Senghor et Sékou Touré. Il a raison. Tout est parti de là.
Sékou Touré a été, comme l’a écrit Sennen Andriamirado, un «un héros» avant de devenir un «tyran» sanguinaire. De Sékou Touré à Condé, la Guinée est passée de l’avant-garde incarnant le rêve et la fierté africaine, à l’arrière-garde. Sékou Touré a fait entrer la Guinée dans l’histoire en 1958, ses successeurs l’en ont fait sortir.
Sékou Touré a brisé son élan et celui de la Guinée parce qu’il s’est enfermé dans le piège identitaire, avec une quête permanente de complots souvent imaginaires comme le fait Condé aujourd’hui. Contrairement à Sékou Touré et son obsession des complots, Senghor s’est courageusement mis à l’œuvre pour bâtir une Nation mais surtout un Etat, qui est aujourd’hui notre bien le plus précieux. C’est parce que Senghor s’est battu pour une Nation et un Etat que Diouf a consolidés, que le Sénégal a souvent été une terre d’asile démocratique pour Condé quand il était opposant. Ce Sénégal dont il se réjouit des malheurs et qui l’a pourtant sauvé des geôles de Lansana Conté. D’ailleurs, dans les milieux diplomatiques, on raconte l’anecdote que, «il n y a que Condé qui a réussi la prouesse d’énerver l’irréprochable Bruno Diatta, dont le flegme et le sang-froid étaient légendaires». Quand le Président Diouf en visite à Conakry, sauva Condé des geôles de Lansana Conté, il le ramena à Dakar dans son avion et le fit loger au Méridien. Condé appela Bruno Diatta, non pas pour le remercier des dispositions prises pour le loger mais pour protester qu’on ne lui ait pas donné une suite. Le Sénégal a toujours été une terre d’asile naturelle pour les opposants africains (de la Swapo à Condé), mais aussi refuge pour anciens dictateurs qui viennent chercher la protection de notre Droit et de nos lois qui étaient une denrée rare sur le continent.
Eyadema avait fait la querelle à Wade : «Mes opposants se réunissent à Dakar alors que tes opposants ne sont pas à Lomé.» Les opposants sénégalais n’ont pas besoin de terre d’asile parce qu’ils peuvent se réunir librement au vu et au su de tout le monde. Condé poursuit le Sénégal d’un ressentiment qui remonte aux années d’avant-indépendance. Vu l’ampleur et la profondeur de cette frustration et de ressentiment plus âgé que le Sénégal indépendant, on a qu’à remercier Dieu que Condé n’ait pas le pouvoir de dévier le cours du fleuve Sénégal et de l’empêcher de couler vers Saint-Louis. S’il en avait le pouvoir, il l’aurait fait sans hésiter. Remercions aussi Dieu de nous avoir donné Léopold Senghor qui, en plus d’avoir renforcé le sentiment national (le contraire de la Guinée) et de nous avoir laissé cet Etat qui est notre avantage absolu, et qui permet au Sénégal de rester à l’avant-garde des démocraties avec l’alternance devenue la respiration naturelle de notre démocratie. N’en déplaise à Condé, c’est parce que nous sommes à l’avant-garde que l’opinion internationale s’émeut des émeutes à Dakar, alors qu’elles sont une banalité dans d’autres pays. Les Sénégalais ne doivent jamais l’oublier. Quelles que soient nos différences politiques, notre pays a un rang à tenir car les autres se projettent sur nous et aspirent à atteindre nos standards democratiques.

Lettre ouverte au Président de la République:Les jeunes réclament l’instauration du service militaire obligatoire

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Le contexte dans lequel vous lisez cette lettre est difficile pour le Sénégal et les Sénégalais, et risque de durer encore plusieurs mois. Dans vos récents discours, vous avez appelé à l’unité de la Nation et à l’apaisement en réponse aux épreuves que nous venons de traverser. Nous pensons que cette unité doit se faire en préservant et en préparant un avenir d’espoir commun, au centre duquel les attentes de la jeunesse doivent être mieux écoutées, prises en compte et valorisées en réponses pertinentes.
Les forces Nouvelles saluent votre réactivité pour la réorientation des priorités autour de la Jeunesse et les ressources exceptionnelles destinées au financement de la première phase de la mise en œuvre du Programme d’urgence pour l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes.
Excellence, Monsieur le Président de la République, vous le savez comme nous, cette crise sanitaire en cours sans précédent a bouleversé notre société, exacerbé la précarité, renforcé la vulnérabilité des jeunes et creusé les inégalités en laissant apparaitre une réelle fracture sociale. Nos jeunes, sont d’ores et déjà parmi les plus affectés par les conséquences sociales de cette pandémie et de sa fracture sociale : beaucoup d’entre eux ont été concernés par des fermetures d’établissement, d’universités, d’écoles, de non orientation ou n’ont pas pu bénéficier de la continuité éducative ; des milliers d’autres n’ont plus d’accès à la scolarité, à la santé, parfois à l’alimentation ou encore aux loisirs, condition sine qua non de leur épanouissement.
La crise va continuer d’affecter les jeunes dans les temps à venir et encore plus qu’hier, les maux comme « mbeukk mi » immigration clandestine, la délinquance, la drogue, la violence ou le terrorisme risquent de gagner du terrain en raison des conséquences économiques de la pandémie de la COVID-19 et la perte progressive de notre souveraineté et de notre identité culturelle. Cette crise a fini de révéler certaines faiblesses préexistantes et les échecs de beaucoup de responsables en charge des différentes politiques publiques en faveur de la jeunesse. Paradoxalement, cette crise est aussi une opportunité pour nous transformer, pour nous améliorer. A quelque chose, malheur est bon.
A cet égard, après avoir écouté la jeunesse à travers un sondage sur leur sentiment par rapport au service militaire obligatoire (SMO) débouchant sur une formation ou un financement, 92 % des jeunes sondés ont répondu favorablement.
Face aux dérives observés ces derniers temps, lors des émeutes, lors des bagarres à l’université Cheikh Anta Diop, face aux dérapages verbaux insistants sur la base de propos ethnicites, d’appels à la violence etc, nous vous demandons de reconsidérer l’adoption d’un service militaire obligatoire (SMO) comme le socle fédérateur de la République du Sénégal.
Ces derniers temps, plusieurs voix autorisées au sein des Armées, de la Police, de la Gendarmerie, de la société civile, des quartiers et de nos villages reprennent l’idée du service militaire obligatoire pour la jeunesse sénégalaise et saluent ce dispositif de citoyenneté qui serait une réponse pertinente à plusieurs égards aux problèmes de la jeunesse. Aujourd’hui, nous devons faire évoluer notre pensée et envisager le service militaire obligatoire comme le ferment de la citoyenneté et le ciment du sentiment d’appartenance à la Grande Nation Sénégalaise.

Nous l’étudierons de manière innovante et ajustée à nos besoins sous trois (3) challenges :

Avec la recrudescence des actes de terrorisme dans la sous-région et dans les pays limitrophes en particulier, nos armées ont un soudain et réel  besoin de renforcement en hommes et en équipements. Ces dernières années, nous avons tous noté avec horreur et stupéfaction une forte montée de la violence, des tensions politiques et des velléités  séparatistes ou sécessionnistes non encore éteintes au Sénégal.
Dès lors, il devient nécessaire de reconstruire notre commun vouloir de vivre-ensemble et de renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté nationale.
Ainsi, le service militaire appelé aussi conscription peut contribuer à rapprocher un peu plus toutes les ethnies du Sénégal, les sénégalais d’ici, de la diaspora et de tous ceux qui aspirent à devenir sénégalais. C’est la solution pertinente pour retrouver et partager ensemble un ADN d’appartenance et de reconnaissance mutuelle dans une seule et même communauté nationale et de frères et de sœurs d’armes.
Nous devons envisager le service militaire obligatoire comme un socle fédérateur, gage de mixité sociale et dénominateur commun de tous les jeunes sénégalais quelles que soient leur ethnie, religion, tarikha, croyances, etc. Il est une réponse ferme aux enjeux de la cohésion nationale à laquelle appellent de tous leurs vœux, nos guides religieux de tous bords.
Nous sommes convaincus que le service militaire pourrait renforcer notre identité culturelle et rendre insignifiant la perte des valeurs, le rejet de l’unité et rendre inopérants tous les discours ethnicisés aux relents séparatistes ou destructeurs de la Nation Sénégalaise.
Nous avons également constaté qu’un peu partout dans les différents continents, le sujet du service militaire obligatoire est redevenu d’actualité. Les pays qui l’avaient abandonné travaillent à sa réintroduction et l’ont remis à l’ordre du jour pour des raisons militaires (politique étrangère) et pour des considérations d’ordre politique et social (politique intérieure).
Aujourd’hui pour le Sénégal, nous devons apporter une réponse structurelle à ce qui doit être le creuset de notre identité nationale. Le service militaire serait le point de convergence autour de la République, de ses valeurs et de la citoyenneté. Ainsi, cette décision audacieuse et pragmatique réduirait le risque terroriste, djihadiste, casserait toute dynamique séparatiste ou communautariste et ressouderait la jeunesse de notre pays.
Excellence, Monsieur le Président de la République, il est temps de redonner au Sénégal ses lettres de noblesse, de trouver la grandeur de notre pays en remettant de l’autorité, le goût du travail, le don de soi, l’ordre mais surtout, les valeurs républicaines et souverainistes au sein de notre projet de société. Définitivement, l’adoption du service militaire serait le nouveau ferment de la citoyenneté et le ciment du sentiment d’appartenance à la Nation.
Ainsi, grâce au service militaire, tous les sénégalais disposeraient d’une instruction militaire, sortiraient de l’Armée avec un enseignement de la défense, de la sécurité, de la Patrie, de notre Histoire et constitueraient une réserve renouvelée. Cette convergence d’enjeux et de finalités autour du service fait sens pour le renforcement du sentiment d’appartenance à la Grande Nation Sénégalaise.
-(Formation, Emploi ou projet financé).
Le service militaire obligatoire s’adapterait à des finalités innovantes et disruptives propres au génie sénégalais et se positionnerait en réponse aux besoins de formation et de développement des compétences de nos compatriotes sur les métiers utiles d’aujourd’hui et les métiers utiles de demain pour le Sénégal.
Parmi les initiatives emblématiques adoptées par les Forces nouvelles, figure l’« Infrastructure de la matière grise » (Grey Matter Infrastructure). Elle consiste à privilégier le développement des compétences des acteurs et le renforcement des capacités de la jeunesse pour combler les lacunes en matière institutionnelle, organisationnelle et en ressources humaines. La formation reçue lors du service militaire serait l’école de la 2ième chance tant attendue par bon nombre de nos jeunes pour retrouver espoir dans l’avenir. C’est également une chance inouïe pour l’égalité des chances.
« Si vous trouvez que l’éducation coûte trop cher, essayez l’ignorance ! » aurait dit Abraham Lincoln. Tout comme lui, nous croyons à l’égalité des hommes et à la nécessité de leur offrir une éducation de qualité à tous pour le bonheur de tous en société.
En addition à une solide formation militaire structurante, les recrues sortiraient avec un préalable à l’emploi, une formation à un métier et une riche expérience, levant d’office deux contraintes majeures auxquels se heurtent fréquemment les jeunes lors des demandes d’emploi. Par ce biais, le service militaire doté d’un rôle social, serait un puissant levier de formation et d’insertion pour favoriser l’employabilité des jeunes.
En plus, chaque recrue sortirait de l’armée en sachant lire, écrire, compter, utiliser internet et les réseaux sociaux, ce qui permettrait de mieux lutter contre la fracture numérique. D’un autre côté, le service national peut permettre l’acquisition de compétences certifiantes, diplomantes ou qualifiantes, immédiatement valorisables sur le marché du travail.
Le service militaire obligatoire produirait grâce au plan « 1 jeune, une solution FEP » (FEP étant l’acronyme de Formation, Emploi ou projet financé) des impacts forts sur les parcours ultérieurs des jeunes sur le marché du travail. Dès lors, il est aisé de comprendre la nécessité d’adopter un véritable « Plan Marshal » pour la jeunesse sur la base du concept « 1 jeune, 1 solution FEP ». Par ce biais, le service militaire favoriserait l’insertion professionnelle des jeunes grâce à une mesure de discrimination positive.
Les jeunes porteurs de projets pourront être accompagnés par des structures d’orientation, de gestion de projet, d’incubateurs de startups pour les coacher et les soutenir grâce à une politique active de RSE pour maximiser leurs chances de réussite.
Sur la base de nos prévisions, ce plan « 1 jeune, 1 solution FEP » sera doté d’au moins 1 000 milliards de FCFA en réponse aux préoccupations de formation et de financement de projet de nos jeunes. Ces fonds remboursables s’étaleront sur la période de trois ans pour accompagner 100 000 jeunes par an pour un effectif en service permanent de 300 000 recrues en année pleine affectés au niveau de l’Armée, de la police, de la gendarmerie, des sapeurs militaires, des collectivités territoriales, des entreprises, des coopératives agricoles, des travaux routiers et de de voiries  etc.

Le service militaire et le challenge de la révolution verte.

Excellence, Monsieur le Président de la république, nous pensons que la révolution verte est non seulement possible, mais urgente pour le Sénégal car nous avons les moyens de créer  encore plus de valeur ajoutée en transformant directement les productions agricoles et favorisant ainsi, les créations d’emplois pour la jeunesse.
Au Sénégal, l’agriculture est considérée comme un secteur moteur de l’économie dans le Plan Sénégal Emergent (PSE) qui sert de cadre de référence des politiques publiques sur la période 2014- 2035. Le Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS) opérationnalise le volet agricole du PSE. Elle constitue la source de revenu de la plupart des ménages ruraux. Toutefois, il a été principalement caractérisé par forte incertitude liée à une pluviométrie. Ce secteur reste dans une bonne dynamique de performance. Les résultats encourageants obtenus sont en grande partie imputables aux efforts fournis par les autorités à travers le PRACAS qui reste le programme de référence de l’agriculture au Sénégal.
Dès lors, force est de constater que le service militaire serait un accélérateur sur la base d’une stratégie plus ambitieuse avec des objectifs et KPI à réaliser en mode obligation de résultats suivant les spécificités régionales pour atteindre l’autosuffisance alimentaire dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et de la pisciculture pour les principaux produits de base et de sécurité alimentaire (sécurité alimentaire riz, mil, mais, sorgo, fonio, arachide, blé, poisson, huile de palme, produits horticoles, manioc, volaille, bétail) les produits au sommet des chaînes de valeur (coton, noix de cajou, fruits à exporter).
La transformation de cette série initiale de chaînes de valeur des produits de base sur toute l’étendue du territoire pourrait ouvrir des marchés d’une valeur de plus de 1 000 milliards cfa par an à l’horizon 2025, en plus d’avoir un impact substantiel sur la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) concernant la réduction de la pauvreté et l’élimination de la famine. Elle nécessiterait avant tout une forte volonté politique et de vrais managers pour piloter la mise en œuvre. En termes de compétitivités territoriales, le Sénégal prendrait de suite un avantage concurrentiel énorme sur ses voisins avec des champions nationaux dans l’agro business capables de maitriser les prix au consommateur, la quantité et la qualité souhaités.
Cette vision commune du service militaire pour la réinvention du Sénégal placerait les jeunes au cœur du projet de dévellopement et favoriserait l’émergence d’un secteur agro-industriel compétitif et pluriel. A terme, une telle démarche devrait contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à l’amélioration de la croissance économique du Sénégal. Par conséquent, comme moteur de la croissance et de la stabilité économiques au Sénégal, le service militaire constitue un instrument de libération du plein potentiel de notre agriculture et pourra favoriser la transformation des petites exploitations agricoles en entreprises productives et rentables.
Excellence, Monsieur le Président de la République, les benchmarks étudiés nous conforte dans l’idée pour vous dire que c’est de l’ordre du possible. L’Inde y est parvenue sur une période relativement courte. Toutefois, si nous voulons suivre les traces de l’Inde, le Sénégal devrait surmonter un nombre de contraintes bien connues : la faiblesse du réseau routier, le manque d’installation d’entreposage, de capacités d’extension, la problématique de l’eau, des engrais et de financement convenable, pour n’en citer que quelques-unes. En revanche, lorsque les gouvernements et les entreprises investissent dans l’agriculture, des gains spectaculaires sont possibles. Les expériences vécues, entre autres, en Éthiopie (floriculture), au Kenya (horticulture), au Nigeria (système de wallet mobile ou de portefeuille électronique (orange money – wave – free money sont là pour le Sénégal entre autres alternatives) et de distribution efficace des intrants) et au Rwanda (diverses récoltes) le démontrent amplement.
Pour que la révolution verte devienne une réalité au Sénégal, il est impératif d’accroître la productivité et d’apporter de la valeur ajoutée à travers la transformation sur place de la production agricole. Le Sénégal ne va pas se nourrir lui-même en n’exploitant qu’une petite partie de ses terres arables sur une petite partie de l’année et en ne transformant pas sa production agricole.

Le service militaire et le challenge de la grande muraille verte

Aujourd’hui, on a l’impression que le désert avance encore plus vite, et inexorablement. Les sécheresses qui se succèdent depuis les années 1960 dans la zone sahélienne, la déforestation et le surpâturage en sont les principales causes. En 2008, l’Union africaine avait décidé de stopper cette avancée grâce à la Grande Muraille verte, un projet qui a pour objectif de restaurer les écosystèmes sahéliens menacés par la désertification. Cette bande de reboisement, large de 15 km et longue de 7 800 km, traverse le continent d’est en ouest, passant par onze pays.
Le Sénégal fait partie des pays concernés. Et le service militaire serait le meilleur moyen d’engager la prise en charge de nos objectifs mensuels, de les suivre et de corriger au mois le mois sachant que nous disposerons des effectifs nécessaires pour réaliser cet engagement majeur et servir d’exemple et d’effet d’entrainement aux autres pays concernés.
Au Sénégal, ce projet de lutte contre la désertification est loin des ambitions annoncées. Depuis 2008, dans le nord du Sénégal, moins de 15 000 hectares ont été reboisés sur les 850 000 que le Sénégal s’était fixé de restaurer. Il est temps et il est possible de redonner vie et de recréer nos forêts en faisant du Sénégal le pays le plus vert de l’Afrique de l’Ouest telle doit être notre mission pour les générations futures et lutter contre les déforestations abusives pour du charbon de bois.
Ainsi, il est aisé de comprendre, qu’à travers l’élaboration d’un programme visant à autonomiser les jeunes diplômés à chaque stade des chaînes de valeur, cette initiative entend favoriser la création d’emplois pour les jeunes dans le secteur agro-industriel. Ce programme crée des « agripreneurs » en dotant les jeunes de nouvelles compétences, de moyens technologiques et de financement afin de leur permettre de lancer des entreprises agricoles viables et rentables ; celles qui créent des emplois et génèrent des revenus pour eux-mêmes et pour leurs familles. .
Notre vision dépasse l’autosuffisance alimentaire car nous devons être plus ambitieux en nous positionnant comme un grenier de l’Afrique avec une posture d’exportateur de denrées alimentaires. Il s’agit très clairement de mettre le Sénégal au sommet des chaînes mondiales de valeur, d’orienter nos produits agricoles vers l’exportation lorsqu’ils ont un avantage comparatif.

Le service militaire et le challenge des trois (3) « téméres (500 fcfa)»

Cette politique sur la révolution verte pourrait permettre de réduire le cout de la vie chère et renforcer le pouvoir d’achat des sénégalais, produire du riz pour avoir un sac de 50 kilos à 10 000 fcfa au maximum, produire suffisamment d’arachide pour obtenir le prix du litre d’huile à 500 fcfa maximum et le kilo de sucre à 500 cfa maximum avec du lait de qualité à moindre cout, et l’essence à 500 cfa maximum.

Le service militaire pour le rayonnement de l’Armée sénégalaise dans la sous-région et sur le plan international

Le service militaire obligatoire revêt un fort caractère symbolique. Il permettra au Sénégal de démontrer sa volonté de défense et de s’en assurer lui-même, de défendre les pays de la sous-région également et de participer aux opérations dans la sous-région et à l’international confortant ainsi l’aguerrissement de nos militaires et leur professionnalisme.
Des considérations militaires et d’ordre politique et social sont sous-jacents à la nouvelle popularité du service militaire obligatoire. Une introduction semble réaliste vue le niveau d’alerte ou de menaces terroristes au niveau de la sous-région et en particulier pour notre pays. Les récentes émeutes constituent de nouvelles missions dépassant le cadre du maintien de l’ordre et élargissent le champ de compétence et d’intervention des militaires (comme avec le plan de sécurité renforcé sur toute l’étendue du territoire en France Plan Vigipirate, aux USA Homeland security Advisory system).
Le Service militaire aiderait à professionnaliser davantage l’armée sénégalaise en recrutant les meilleurs à l’issue de la période du service.
Excellence, Monsieur le Président de la République, nous vous invitons à échanger à nouveau sur la pertinence du service militaire au vu des arguments soulevés. Nous vous invitons à co-construire de manière inclusive, avec vous, l’élaboration d’un ambitieux plan global pour ramener nos jeunes dans le giron de la République, de l’Etat de droit et de nos valeurs ancestrales. Cette vision réinventée d’un Sénégal nouveau, permettrait de ne plus laisser aucun jeune au bord de la route et ferait des jeunes, des citoyens engagés et utiles pour la Nation. Les politiques en faveur de de la jeunesse doivent donner du sens, gagner efficacité et en cohérence via l’approche par les devoirs et les droits.
Enfin, l’ambition pour la jeunesse doit s’accompagner d’une action forte sur l’amélioration de la participation des jeunes aux décisions et politiques publiques qui les concernent. Ainsi, le Sénégal doit engager des mesures innovantes pour que notre société incarne l’égalité des chances et devenir une société plus juste. L’heure est grave et on sent confusément la nécessité de retrouver un socle commun. C’est au Sénégal redevenir une cause, un espoir. Avant que ça ne dégénère pour de bon et que des pyromanes réussissent à nous monter les uns contre les autres.
Nous devons adopter une idée directrice au service de l’engagement de la jeunesse et au service de la Nation, faire de nos hommes et de nos femmes, le véritable facteur clé de réussite pour le développement et l’émergence du Sénégal.
Excellence, Monsieur le Président de la République, dans cette période difficile, nous pensons qu’investir pour la jeunesse et l’effectivité de leurs droits et devoirs et affirmer une ambition souveraine et républicaine est un cap qui participerait au renforcement de la cohésion nationale et à l’unité que vous appelez de vos vœux. Nous vous appelons donc, à impulser une véritable politique transversale pour les Droits et obligations de la jeunesse et de la restauration de l’autorité. Il est encore temps de graver des actes forts pour la jeunesse et pour l’avenir du Sénégal, mais il faut agir maintenant pour éviter le pire demain. Il en va de votre Leadership et de celui du Sénégal pour les générations futures.
Nous sommes convaincus, comme vous, que notre pays a plus que jamais besoin de réapprendre le « vivre ensemble » et de donner un nouvel élan à la mobilisation de ses citoyens. Comme vous, nous sommes convaincus que le service militaire est une magnifique idée, et qu’il faut le rendre obligatoire pour tous les jeunes sénégalais.
Ce service est aujourd’hui plébiscité par les jeunes, les parents, les entreprises, les associations et les collectivités qui pourraient mieux assurer la sécurité des biens et des personnes, pour le reboisement, la reforestation, la surveillance du territoire national, le développement de l’agriculture, de l’élevage, et de nouvelles missions à inventer collectivement au service du Sénégal, au service de la citoyenneté. Comme vous, nous sommes convaincus qu’il faut valoriser ce « Sénégal qui s’engage » et qui innove au service de l’intérêt général. Mais nous sommes également convaincus que vous ne devez pas, que vous ne pouvez pas, à l’aune de cette volonté tout à fait louable, dégrader, voire ne pas considérer cette demande de votre jeunesse en faveur du Service Militaire Obligatoire qui permettrait à des milliers de jeunes sénégalais chaque année de rebondir, de regagner confiance en eux et en la société, d’avoir une seconde chance …
Monsieur le Président, nous savons vos intentions louables et nous savons votre écoute attentive et empathique. Car l’objectif du service militaire est de permettre à tous les jeunes sénégalais, à une étape de leur vie, à servir la collectivité et à réapprendre le « bien vivre ensemble » dans le respect des différences, des territoires, des ethnies, des croyances et des origines. Que ce service soit l’un des éléments fondateurs de ce Nouveau « Sénégal bou bess » que nous avons à co-construire ensemble. Le dispositif du service militaire serait une extraordinaire réponse pour la jeunesse. Le Sénégal en a besoin et nous savons compter sur vous.
Veuillez recevoir, Excellence, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération. Alpha THIAM,Secrétaire Général du Parti Forces Nouvelles,Juriste, Manager,Ancien militaire,Médaillé de la Défense Nationale et de l’OTAN

AMADOU MAKHTAR MBOW, CE CONTEMPORAIN FONDAMENTAL PAR L’ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, ALYMANA BATHILY

EXCLUSIF SENEPLUS – L’enseignement de nos héros nationaux à tous les niveaux de l’école, dans les langues du pays, est indispensable si nous voulons ancrer dans les mémoires, de génération en génération, notre trajectoire historique
Je reprends ici l’expression en l’appliquant à Amadou Makhtar Mbow pour signifier que l’homme qui vient de fêter son 100e anniversaire représente pour nous Sénégalais et autres Africains, à la fois une référence historique et une balise mémorielle importante.
Il représente l’une de ces figures contemporaines, acteurs de premier plan et témoins privilégiés de notre histoire récente. Comme ses autres contemporains que sont entre autres, Léopold Sédar Senghor, Cheikh Anta Diop, Mamadou Dia, Abdoulaye Ly,  Majemout Diop et Abdoulaye Wade.
Ce qui est remarquable chez ces hommes-là, qui sont de la même génération à peu près, c’est que le combat politique pour l’indépendance de l’Afrique se doublait toujours d’un engagement intellectuel fécond sur d’autres champs. La poésie pour Senghor, l’égyptologie pour Cheikh Anta Diop, l’économie politique pour Mamadou Dia, l’histoire pour Abdoulaye Ly, la sociologie politique pour Majemout Diop, l’économie et le droit pour Abdoulaye Wade.
C’est pourquoi la figure et le parcours de vie de chacun de ces hommes sont particulièrement significatifs et peuvent servir de référentiels pour les générations actuelles et futures.

Pourquoi ce contemporain est-il si fondamental ?

D’abord du fait de cette trajectoire intellectuelle et politique tout aussi éclectique et qui a bénéficié d’une remarquable longévité. Il a traversé quasiment le siècle dernier en prenant part à toutes les grandes luttes intellectuelles et politiques dans lesquelles le destin du Sénégal et de l’Afrique s’est joué. Il fut, on le sait, tour à tour et parfois simultanément, activiste étudiant, enseignant et chercheur, militant et dirigeant de parti, ministre, directeur général de l’UNESCO et maître d’œuvre des Assises nationales du Sénégal.
D’abord, étudiant, il fut de ceux qui ont initié dans les années 1940 en France les luttes des étudiants africains et qui ont ouvert la voie à la Fédération des Étudiants africains en France (FEANF) dont on connaît la contribution à l’indépendance de l’Afrique.
Ensuite, dans le champ de l’éducation et de la culture, il s’impose comme une référence essentielle.
Du fait de sa formation initiale de professeur d’histoire et de géographie, de sa pratique d’enseignant en Mauritanie et au Sénégal, de ses recherches sur le terrain, de ses travaux sur l’éducation de base et des réformes des programmes d’histoire et de géographie qu’il a proposées en 1965 déjà.
Du fait aussi de ses fonctions de ministre, de l’éducation et de la Culture dans le gouvernement d’autonomie interne en 1957/1958 puis de l’éducation nationale de 1966 à 1968.
Il y a aussi que dans le champ politique, il fut un témoin privilégié et un acteur de premier plan, souvent à des moments décisifs de notre histoire.
Ainsi, pendant cette période charnière qui va du Congrès constitutif du Parti du Regroupement africain (P.R.A) à Cotonou, en juillet 1958 ou le projet d’indépendance immédiate de l’Afrique de l’Ouest sous domination française dans un cadre fédéral est lancé, au démantèlement du PRA réduit en une section sénégalaise qui se dissoudra en 1966 dans l’Union Progressiste Sénégalaise (UPS). Ainsi sa « station » de ministre de l’Éducation nationale du Sénégal jusqu’aux « événements de mai 1968 ».
Il y a aussi bien entendu sa présidence de l’UNESCO de 1974 à 1988, pendant cette période de la « Seconde Guerre froide » « quand tout était possible même le pire » pour l’humanité, quand il a voulu faire de ce bras culturel de l’ONU, un moyen pour établir un système mondial d’échange équitable de communication et d’échanges culturels.
En s’entourant de quelques-uns des esprits les plus brillants et les plus généreux de l’époque comme l’avocat irlandais, cofondateur d’Amnesty International, Sean Mc Bride, le journaliste français et fondateur du quotidien Le Monde, Hubert Beuve-Méry, l’écrivain colombien et prix Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez et le sociologue américain des médias Marshall Mc Luhan.
Enfin, il y a son rôle de maître d’œuvre et de caution intellectuelle et morale des Assises nationales du Sénégal.

Amadou Makhtar Mbow, un monument ?

La célébration du 100e anniversaire de l’homme dans le cadre d’un musée, le Musée des Civilisations Noires qui plus est, une première il me semble, est significative : elle semble indiquer une volonté nationale délibérée de conserver désormais le legs de nos contemporains fondamentaux pour le rappeler à notre mémoire à volonté et le transmettre aux générations futures.
Il s’agirait de constituer ainsi le patrimoine humain de la Nation pour le partager aujourd’hui et demain entre nous, avec l’Afrique et avec le monde entier.
On s’est souvent référé à Amadou Makhtar Mbow comme à un « monument ». Entendons le mot comme signifiant à la fois témoin et mémoire d’une époque. Mais ceci ne veut pas dire que nous devons ériger une statue à la gloire et au souvenir de l’homme.
D’abord parce que la statue comme support et rappel de la mémoire me parait d’effets limités, même quand il s’agit de figures contemporaines. Voyez la statue de Cheikh Anta Diop à l’entrée du campus de l’Université éponyme : je doute qu’elle convoque l’illustre égyptologue et homme politique à la mémoire des passants, même étudiants.
Cela n’a rien à voir avec la valeur artistique de l’œuvre, mais avec le fait que la statue n’est évocatrice que dans un cadre culturel de référence, pour ceux qui ont été préalablement initiés à son sens. Ce qui est valable il est vrai pour toute expression artistique.
La transmission orale me semble particulièrement indiquée pour célébrer et transmettre la mémoire de nos grands hommes (et femmes !). Je ne parle pas ici des griots dont l’art est trop souvent si perverti par la politique, qu’ils se déguisent désormais sous le sobriquet de « communicateurs traditionnels » et qu’ils ne sont en rien ces gardiens de la mémoire historique et dépositaires de la tradition d’antan. Je pense plutôt à ces « spécialistes de l’oralité », conteurs autant qu’artistes que sont par exemple Massemba GueyeBoubacar Ndiaye et Dyénaba Gueye, entre autres. Je pense aussi aux musiciens modernes et particulièrement aux rappeurs. Mais il y a aussi et d’abord l’école. Car c’est là que se forge la mémoire autant que se transmet le savoir.
L’enseignement de nos héros nationaux, contemporains et anciens, de Njajaan Njaay à Amadou Macktar Mbow, à tous les niveaux de l’école, dans les langues du pays, est indispensable si nous voulons ancrer dans les mémoires, de génération en génération, notre trajectoire historique en tant que peuples et l’idée de notre communauté de destin.
Le livre est bien entendu un support indispensable pour ce faire. L’ouvrage de M. Mahamadou Lamine Sagna : « Amadou Mahtar Mbow, une légende à raconter » devrait être suivi de beaucoup d’autres.
Les techniques du multimédias et du numérique qui sont déjà, il me semble bien intégrées dans nos musées, devraient être exploitées dans toutes leurs fonctions.
Mais nous ne disposons toujours pas dans ce pays, d’un fonds organisé d’images et de sons, indispensable à la conservation mémorielle surtout quand elle porte sur un Amadou Makhtar Ba, un Mamadou Dia ou un Cheikh Anta Diop dont les patrimoines comportent tant de documents audiovisuels.
Il est souhaitable qu’une institution comparable à l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) en France, à la BBC Archives en Grande-Bretagne ou aux US Archives of Public Broadcasting soit mise sur pied.
Une telle institution dont l’accès et l’usage par le grand public seraient facilités en vertu d’une Loi sur l’Accès à l’Information (régulièrement annoncée et toujours différée), permettra aux publics de connaître véritablement ces contemporains et de s’identifier à eux.abathily@ seneplus.com


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