Edition du Soir du 16 Septembre 2020

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COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 16 SEPTEMBRE 2020

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Macky SALL, a présidé le Conseil des Ministres, le mercredi 16 septembre 2020, à 10 heures, au Palais de la République.
Le Chef de l’Etat a, à l’entame de sa communication, rappelé au Conseil, l’impératif d’accélérer, dans le contexte du Plan ORSEC, le déploiement de tous les moyens logistiques de pompage des eaux et de secours, ainsi que l’assistance humanitaire aux populations sinistrées. Il a insisté sur l’urgence d’accorder une priorité notable aux localités de Sokone, Kaolack, Ziguinchor, Joal, Palmarin, Thiès, Saint-Louis et Keur-Massar pour la région de Dakar.
Le Président de la République a, à cet effet, demandé aux ministres concernés, de lui proposer un Programme spécial intérimaire d’assainissement pour Keur-Massar, en cohérence avec le Programme décennal de lutte contre les inondations. Il a, en outre, informé le conseil qu’il se rendra très prochainement dans les zones inondées, pour évaluer la situation in situ.
Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, invité le Ministre de l’Intérieur, en relation avec le Ministre de l’Eau et le Haut-Commissariat de l’OMVS, de veiller, face aux risques de crues, à la protection préventive des localités situées le long du Fleuve Sénégal et de ses affluents.
Le Président de la République a, au titre de la préservation des cultures et de la préparation de la prochaine campagne de commercialisation des produits agricoles, informé le Conseil qu’il effectuera une Tournée économique, du 19 au 21 septembre 2020, dans les régions de Fatick, Kaffrine et Kaolack.
Le Chef de l’Etat a, a demandé au Ministre de l’Agriculture et au Ministre du Commerce de s’atteler à la préparation de la prochaine campagne de commercialisation des produits agricoles et horticoles.
Le Président de la République a ensuite abordé la question de la gouvernance transparente de l’Etat et du renforcement de sa politique de lutte contre la Corruption au Sénégal. Il a informé le Conseil avoir approuvé la Stratégie nationale de lutte contre la corruption au Sénégal sur la période 2020-2024. Il a, dans cet élan, demandé au Gouvernement, au secteur privé et à la société civile d’apporter à l’OFNAC, tout le concours nécessaire à l’exécution optimale de son Plan d’actions quinquennal. Il a, enfin, demandé à l’OFNAC de lui transmettre chaque année, un rapport d’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie.
Le Chef de l’Etat, revenant sur l’application rigoureuse de la charte de la déconcentration, a demandé au Ministre de l’Intérieur et au Ministre des Finances et du Budget, en rapport avec les membres du gouvernement, de veiller à la vulgarisation, dans toutes les structures de l’Etat de la charte de la déconcentration en vue de son application systématique et cohérente. Il a enfin rappelé au Gouvernement la nécessité de renforcer l’Administration territoriale dans son efficacité, d’asseoir le « Fast-Track » comme mode de gouvernance afin de consolider les performances des politiques publiques et la satisfaction des citoyens.
Le Président de la République, au titre du climat social, de la gestion et du suivi des affaires intérieures a demandé au Ministre de la Culture de lui proposer en relation avec les acteurs, un Plan spécial de relance des activités culturelles au Sénégal.
Le Chef de l’Etat a, notamment, demandé au Ministre de la Culture de travailler à la contractualisation de polices d’assurance pour les bâtiments et édifices culturels, et veiller à la réhabilitation et au fonctionnement optimal du Théâtre national « Daniel SORANO ».
Le Président de la République, sur le suivi de la coopération et des Partenariats, a rappelé au Gouvernement la doctrine relative au traitement des initiatives, projets et dossiers de coopération, dans le respect des principes de cohérence et de rationalisation.
Le Président de la République a clos sa communication sur son agenda diplomatique en informant le Conseil avoir pris part, le 15 septembre 2020, à Accra, au Sommet extraordinaire restreint de la CEDEAO sur la situation au Mali.

Au titre des Communications,

Le Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République a fait le point sur l’évaluation et l’harmonisation des services financiers et non financiers d’appui au secteur privé et à l’entreprenariat.
Le Ministre des Finances et du Budget a fait une communication sur la mission en cours, effectuée par le Fonds monétaire international (FMI), portant sur l’exécution budgétaire.
Le Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a fait une communication sur l’assistance apportée à nos compatriotes de la Diaspora et sur la situation internationale.
Le Ministre de la Santé et de l’Action sociale a fait le point sur la situation de la pandémie de COVID 19.
Le Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a fait une communication sur la préparation de la tournée du Président de la République, la situation de la pluviométrie, le suivi des cultures et l’exportation des produits horticoles.
Le Ministre des Collectivités territoriales, de l’Aménagement et du développement des Territoires a fait une communication, portant sur la mise en œuvre du projet de désenclavement des zones de productions en appui au Programme national de Développement local (PNDL).
Le Ministre, en charge du Suivi du Plan Sénégal émergent (PSE) a fait le point sur les avancées et la mise en œuvre des réformes, notamment sur l’accélération de la mise à disposition du foncier.

Au titre des textes législatifs et réglementaires, le Conseil a examiné et adopté :

– le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la charte africaine de la sûreté, la sécurité maritime et le développement en Afrique (Charte de Lomé) ;
– le Projet de décret fixant les modalités d’application de la loi 2019-01 du 1ier février 2019 portant Code pétrolier ;
– le projet de décret abrogeant le décret n° 2020-781 du 18 mars 2020, portant Code des marchés publics relatifs aux dépenses liées à la COVID-19 ;
– le projet de décret modifiant le décret n° 72-1288 du 27 octobre 1972 relatif aux conditions d’affectation des terres du domaine national comprises dans les communautés rurales.

Au titre des mesures individuelles, le Président de la République a pris la décision suivante :

Madame Aïchatou Ndiaye DIALLO, Administrateur civil, matricule de solde n° 669 323/A, précédemment Chef de la Division des Ressources humaines à la Direction générale de l’Administration territoriale, est nommée Adjoint au gouverneur de la Région de Matam chargée du développement, poste vacant.Fait à Dakar le 16 septembre 2020, Le Ministre, Porte-Parole du Gouvernement,Ndèye Tické Ndiaye DIOP

Guinée-Bissau : Le trésor public encaisse 11 milliards de FCFA

https://www.financialafrik.com La Direction générale du trésor et de la comptabilité publique de la Guinée-Bissau a encaissé le 15 septembre 2020 sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) un montant de 11 milliards de FCFA (16,500 millions d’euros)  à l’issue de son émission simultanée d’obligations assimilables du trésor (OAT) de maturité 3 et 5 ans.
L’objectif visé à travers cette levée de fonds est de mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales en vue d’assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’Etat de Guinée-Bissau. Les souhaits d’émissions de titres publics exprimés par les autorités gouvernementales bissau-guinéennes se chiffrent à 10 milliards de FCFA pour le mois de septembre 2020.
C’est ce même montant qui a été mis en adjudication le 15 juillet 2020. A l’issue de l’adjudication, le trésor public Bissau-Guinéen a reçu 41,987 milliards de FCFA de soumissions globales provenant des investisseurs, soit un taux de couverture du montant mis en adjudication de 419,87%.
Sur le montant des soumissions, l’émetteur en a retenu 11 milliards de FCFA  et rejeté les 30,987 milliards de FCFA restants, soit un taux d’absorption de 26,20%.
Selon l’agence UMOA-Titres, les OAT de maturité 3 ans sont remboursables le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 16 septembre 2023.
Le paiement des intérêts se fera à un taux d’intérêt de 6,25% l’an dès la première année.
Quant aux OAT de maturité 5 ans, leur remboursement interviendra aussi le premier jour ouvré suivant la date d’échéance fixée au 16 septembre 2025.
Le paiement des intérêts se fera à un taux d’intérêt de 6,50% l’an dès la première année.  Albert Savana

Covid-19 au Sénégal : Des pertes de revenus estimées à 681 milliards Fcfa par mois et 2,5 millions de personnes appauvries

https://www.seneweb.com Les chiffres sont effarants. La pandémie de Covid-19 a sévèrement impacté les ménages sénégalais. Les pertes de revenus occasionnées par la Covid-19 sont estimées à 681 milliards Fcfa par mois. C’est la révélation d’une étude réalisée par «l’African economic research consortium (Aerc)» basé à Nairobi. Dans le document parcouru par L’AS, ce sont au total 2,672 millions Sénégalais qui sont affectés.
Selon l’économiste sénégalais, le Professeur Abdoulaye Seck, enseignant à la Faculté des Sciences économiques et de gestion (Faseg), qui a participé à cette étude, ces pertes concernent 7,9% du Pib. L’étude a cherché de savoir l’impact de cette crise en termes de pauvreté. Les recherches ont montré qu’effectivement, la pauvreté a augmenté de 17%. Autrement dit, on passerait de 38% à près de 55%.
Ainsi rapporté à la population totale de 15 millions d’habitants, ce sont 2,672 millions de Sénégalais qui basculent dans la pauvreté. M. Seck renseigne aussi que l’agriculture et les transports aériens sont les secteurs les plus impactés par la crise sanitaire. A l’en croire, si la perte est envisagée en terme absolu, l’agriculture se classe à la première place avec 36% du montant total des pertes enregistrées par les ménages. L’intensité des pertes, dit-il, est aussi importante au niveau des transports, surtout ceux aériens.

Ndongo Samba Sylla : ‘’Le schéma de l’économie coloniale’’

https://www.dakarmatin.com http://www.enqueteplus.com Membre du Groupe sur la souveraineté économique et monétaire de l’Afrique (auteur d’une lettre ouverte signée par plus de 600 économistes à travers le monde dont de prestigieux économistes comme Mme Stéphanie Kelton, ex-Conseillère économique de Bernie Sanders), l’économiste sénégalais, Ndongo Samba Sylla, revient, dans cet entretien, sur cette initiative internationale, démystifie la monnaie et démolit ce qu’il nomme  : ‘’Le schéma de l’économie coloniale.’’ Une économie extravertie, bâtie sur des concepts erronés et qui appauvrit plus qu’elle ne développe le continent !

Comment est né votre Groupe sur la souveraineté économique et monétaire de l’Afrique et qu’est-ce qui fait sa particularité par rapport aux initiatives précédentes ?

Notre Groupe sur la souveraineté économique et monétaire de l’Afrique est né, il y a deux ans, dans le cadre de la préparation de la Conférence internationale sur le même sujet, qui s’est tenue en novembre 2019 à Tunis, avec la participation d’un aréopage d’économistes de renommée mondiale. Nous pensons que la souveraineté monétaire est cardinale et qu’une bonne compréhension de ses enjeux permettrait aux pays africains de mettre en place des politiques économiques bénéfiques à la grande majorité et d’être plus indépendants vis-à-vis de la finance internationale. Notre mission, en tant qu’intellectuels, est aussi de participer à l’éducation monétaire de nos compatriotes, en dissipant les nombreux mythes et incompréhensions sur le sujet.

C’est quoi la monnaie et pourquoi est-ce un attribut de souveraineté important ?

Dans la période moderne, la monnaie a été une créature de l’Etat  : c’est un titre de dette émis par l’Etat qui peut prendre de nombreuses formes (pièces, billets, obligations, bons, réserves). Comme l’Etat a le monopole de l’émission de sa monnaie, il ne peut jamais en manquer. Il peut toujours créer des titres de dette. Mais il n’est pas garanti que les populations vont les accepter. Pour faire accepter sa monnaie, l’Etat impose aux populations le paiement des taxes et impôts dans sa propre devise/unité de compte. L’Etat n’a pas besoin des taxes et impôts pour se ‘’financer’’, puisqu’il a le monopole de la création monétaire. Mais il a besoin des taxes et des impôts pour obliger les populations à accepter sa devise et pour d’autres objectifs importants.
Ainsi, quand l’Etat fait des dépenses, il crée de l’argent frais. Quand il reçoit des impôts et des taxes, ces ‘’revenus’’ fiscaux réduisent la quantité de monnaie en circulation.

‘’Les impôts et taxes ne financent pas les dépenses d’un Etat émetteur souverain de monnaie’’. Pourriez-vous être plus clair ?

Pour le comprendre, il peut être utile de revenir à l’étymologie du mot ‘’revenu’’ – quelque chose qui ‘’revient’’  : l’Etat dépense d’abord sa devise, puis une partie de celle-ci ‘’revient’’ sous forme d’impôts et de taxes. Un bon exemple est fourni par les colonies qui sont par la suite devenues les Etats-Unis d’Amérique. Face à l’austérité monétaire que leur imposait l’Angleterre, celles-ci se sont rebellées pour exiger leur indépendance monétaire et politique. Quand les gouvernements de ces colonies ont voulu avoir plus de marge de manœuvre et augmenter leurs dépenses publiques, ils ont commencé à émettre du papier-monnaie (billets du Trésor) et, simultanément, à imposer des taxes dans leur unité de compte. Quand une partie des billets ‘’revenaient’’ vers eux à la suite du paiement des taxes par les populations, ils les brûlaient tout simplement ! Parce qu’ils savaient que les taxes et impôts ne sont pas une source de financement, mais une manière de créer une demande pour la devise qu’ils émettaient. Pour pouvoir payer des impôts et des taxes dans la monnaie de l’Etat, il faut d’abord que l’Etat dépense sa propre devise !
Les colonisateurs européens ont fait la même chose en Afrique  : prohibition des devises indigènes et obligation, pour les populations, de payer leurs taxes dans l’unité de compte choisie par le colonisateur ! En Afrique centrale, au début de la colonisation, les administrateurs français envoyaient des militaires dans les marchés pour exiger l’usage de la devise coloniale. Le refus de payer les taxes dans la monnaie coloniale était passible de sanctions !
Ces différents exemples montrent pourquoi la monnaie est un attribut important de souveraineté, pourquoi on ne peut pas séparer un Etat de sa devise sans attenter à sa souveraineté politique (comme dans le cas des pays qui sont en union monétaire) et pourquoi les taxes et impôts ne financent pas la dépense d’un souverain monétaire.

En sus de ces explications, pouvez-vous donner quelques bonnes raisons, pour un pays, de battre sa propre monnaie ?

Un Etat qui émet sa monnaie n’a aucune contrainte financière intrinsèque sur son propre territoire  : il peut acheter tout ce qui se vend dans sa propre devise sans être contraint par le montant des revenus fiscaux. Sa capacité à créer de la monnaie est limitée seulement par les ressources réelles à sa disposition (terres, main-d’œuvre, matières premières, équipements, etc.). Si l’Etat crée de la monnaie, c’est-à-dire des droits sur la production en cours et future, alors que la production ne croît pas, le niveau des prix va augmenter. Tant que l’Etat peut mobiliser des ressources locales afin d’augmenter les capacités productives locales, il peut créer de la monnaie sans craindre le risque d’une envolée du niveau des prix.
Par contre, les pays qui n’ont pas leur propre devise, comme le Sénégal, ont une contrainte financière. Ils sont dépendants des impôts et des taxes pour leurs dépenses publiques. Sur le plan financier, ils fonctionnent comme des colonies ou des collectivités locales. Je ne dis pas cela pour faire de la provocation, mais pour faire comprendre les différences fondamentales entre un Etat qui a sa monnaie et un Etat qui n’en a pas.

Mais on peut vous rétorquer qu’il y a en Afrique des pays qui battent leur propre monnaie, mais qui ne sont guère mieux lotis. Est-ce donc une condition suffisante ?

En fait, avoir sa propre devise ne confère qu’une souveraineté monétaire nominale. Une souveraineté monétaire réelle suppose un contrôle sur les ressources locales et sur le système financier. Elle suppose aussi l’absence d’endettement souverain en monnaie étrangère. Les pays qui utilisent le franc CFA n’ont aucune souveraineté monétaire, tandis que les autres pays africains – qui disposent de leur propre devise – ont une souveraine monétaire limitée.

Sachant que la plupart des Etats africains sont dépendants des échanges avec l’extérieur, n’est-ce pas un obstacle à leur souveraineté économique et monétaire ?

A l’instar de la liberté individuelle, la souveraineté économique et monétaire n’est pas un absolu. Il est plus utile de la concevoir comme un continuum. Pour gagner en souveraineté, nos gouvernements doivent faire un effort maximal pour mobiliser leurs ressources locales, en privilégiant la finance locale. Ils doivent comprendre cette chose très simple  : ‘’Ils peuvent financer en monnaie nationale tous les projets matériellement et techniquement faisables à partir des ressources nationales, sans qu’ils ne soient trop contraints par le montant de leurs recettes fiscales.’’ A partir d’un tel constat, la stratégie devrait consister à identifier les différentes ressources disponibles et celles à acquérir. Si les pays africains, tous sans exception, ont une souveraineté monétaire limitée, cela résulte certes du caractère répressif du système économique mondial, mais aussi de leur faible contrôle sur leurs propres ressources et de ce que leurs systèmes financiers n’ont pas été conçus pour répondre à leurs besoins nationaux. Souveraineté économique et souveraineté monétaire vont de pair.

Pourquoi, selon vous, les Etats ne travaillent pas dans ce sens ?

L’ignorance, l’entêtement et le manque de volonté. Ignorance, car les dirigeants politiques et leurs conseillers économiques ont souscrit jusque-là à des visions erronées largement discréditées – comme l’obsession pour les déficits publics faibles, la prétendue indépendance des banques centrales, le choix de celles-ci de privilégier la lutte contre l’inflation au détriment de l’emploi et de la transformation structurelle et socio-écologique, tous les discours obscurantistes sur les dangers de la ‘’planche à billets’’, etc. L’entêtement à poursuivre les politiques d’avant la pandémie ne sera pas une bonne nouvelle pour les économies africaines. Enfin, le ‘’manque de volonté’’ a jusque-là signifié l’adoption de politiques qui satisfont les préférences à court terme des dirigeants politiques et de leurs partenaires au développement au détriment d’un véritable agenda de transformation.

Qui est habilité à créer et à gérer la monnaie ?

La monnaie est un bien public. Mais, dans le système capitaliste, elle est gérée par le secteur privé, sous la supervision à géométrie variable des autorités publiques. Partout, la monnaie en circulation est créée essentiellement (à plus de 95 %) par les banques commerciales. Ce sont elles qui disposent de la ‘’planche à billets’’. Quand une banque accorde un prêt à un client, elle crée de l’argent frais (des inscriptions électroniques sur un compte bancaire). Quand ce prêt est remboursé, cet argent est détruit (ces inscriptions électroniques sont effacées). Donc, il y a deux sources de création monétaire  : l’Etat et les banques.
L’un des objectifs de la mondialisation financière est de corseter les pouvoirs de création monétaire des gouvernements des pays périphériques (on leur interdit de faire du déficit – la seule manière pour eux de créer de la monnaie) au profit des grandes banques qui financent la spéculation financière et immobilière plutôt que l’économie réelle. Un des enjeux autour de la souveraineté monétaire est la réappropriation de la monnaie comme bien public au service de la grande majorité plutôt qu’un bien privatisé servant les besoins d’une minorité globale.

Depuis des années, des intellectuels mènent ce combat. Mais on a l’impression que rien ne bouge, dans certains pays. Qu’est-ce qui bloque, à votre avis ?

Je pense que le combat a énormément avancé grâce à la mobilisation des mouvements panafricanistes et de certains intellectuels. Les populations africaines se rendent compte, de plus en plus, de l’importance de la souveraineté économique et monétaire. Mais les dirigeants politiques, comme sur beaucoup de sujets, sont en retard sur les évolutions souhaitées par leurs peuples.
Actuellement, les populations africaines luttent contre les ‘’troisièmes mandats’’. Sur les questions économiques et monétaires, nous autres économistes hétérodoxes continuons de nous battre contre la possibilité d’un ‘’40e mandat’’  : il est temps de se défaire du cocktail économique désastreux qui prévaut depuis les années 1980 ! Dans le cas du franc CFA, né en 1945, nous continuons de lutter contre un ‘’76e mandat’’ !

Sur cette dernière question, Paris a annoncé son retrait des instances de décision de la BCEAO, le changement du nom CFA en Eco, ainsi que la fin de l’obligation de dépôt de ses réserves au Trésor français. Qu’en pensez-vous ?

La réforme annoncée par le duo Macron-Ouattara, en décembre 2019, est une réforme administrative, principalement symbolique. Elle n’apporte aucun changement substantiel au cadre existant. L’annonce récente de Ouattara selon laquelle l’Eco, censé se substituer au franc CFA, ne verra pas le jour avant 3 voire, 5 ans, n’est pas une surprise. J’avais soutenu que la rhétorique de la fin du franc CFA et de son changement en Eco n’a aucune portée opérationnelle et que c’est de la poudre aux yeux.

L’Eco CEDEAO a enthousiasmé beaucoup de panafricanistes, mais vous avez toujours semblé moins euphorique pour les monnaies uniques. Pensez-vous que l’Eco pourrait réussir là où le CFA a échoué ?

Les panafricanistes se font beaucoup d’illusions sur l’Eco ‘’authentique’’, le projet de monnaie unique pour les quinze pays de la CEDEAO. Premièrement, cette monnaie ne verra probablement jamais le jour. Tant que l’approche par les ‘’critères de convergence’’ et l’approche ‘’gradualiste’’ (les pays prêts lancent l’Eco) sont maintenues, il faudra s’attendre à des reports réguliers de son lancement. Il faut aussi analyser l’Eco comme une question politique pouvant être résumée ainsi  : les pays de la CEDEAO, les pays francophones en particulier, sont-ils prêts à utiliser une monnaie pilotée par le Nigeria ? Le Nigeria n’abandonnera jamais sa monnaie nationale, s’il n’est pas le patron de l’Eco, tandis que les pays francophones, jusque-là, ont préféré s’intégrer avec la France et l’Europe plutôt qu’avec leurs voisins.
Deuxièmement, à supposer que cette monnaie voie le jour, elle créerait des problèmes similaires au franc CFA en tant que monnaie unique. Aux Etats-Unis, si une grande banque fait faillite dans un Etat donné ou si un Etat donné fait face à des difficultés budgétaires importantes, c’est le Trésor fédéral qui nettoie l’ardoise. C’est ce qu’on appelle le fédéralisme budgétaire. Avec une monnaie unique CEDEAO, nous aurions des Etats unis sur le plan monétaire, mais chaque pays aurait ses propres lois, son propre budget, etc., sans le bénéfice d’un Trésor fédéral. Si une grande banque nigériane fait faillite au Cap-Vert, c’est le gouvernement capverdien qui devra nettoyer l’ardoise et se condamner à vivre dans l’austérité pendant des décennies.
C’est cela le projet de monnaie unique CEDEAO  : un copier-coller de l’euro, une monnaie sans souverain qui soumet les pays en crise à une austérité permanente. Nous devons toujours nous rappeler que la monnaie est la créature et l’instrument d’un Etat. Ce qui signifie que seules deux formules peuvent logiquement être acceptées  : une monnaie nationale ou une monnaie fédérale. Les formes d’intégration intermédiaires sont vouées à l’échec. Soulignons également que la Zone euro est la seule zone monétaire entre pays souverains en vigueur à avoir été créée dans la période postcoloniale. Les autres zones monétaires existantes sont des créations d’origine coloniale. La Zone euro est une anomalie historique qui viole le principe ‘’un Etat/Fédération, une monnaie’’. Les Européens sont en train de chercher à rectifier les failles originelles dans la conception de l’euro.

Pour le Groupe sur la souveraineté économique et monétaire, il faut des ruptures fortes dans les stratégies de développement en Afrique. Quels doivent être les principaux axes de ce vaste chantier ?

Le chantier le plus important est d’ordre intellectuel. Il y a des idées simples, quoique contre-intuitives, que les dirigeants politiques et leurs conseillers économiques ignorent ou ne comprennent pas. Ceci les conduit à adopter des politiques économiques infructueuses. Une idée répandue est que les pays africains doivent être dépendants de la finance internationale pour leurs investissements, car ils manqueraient d’épargne. Pareil raisonnement justifie l’endettement en monnaie étrangère et les efforts incroyables pour attirer les investissements étrangers. Il est pourtant erroné sous deux aspects.
Premièrement, ce n’est pas l’épargne qui finance l’investissement. C’est plutôt l’investissement qui crée l’épargne. Et quand les banques commerciales accordent des prêts, elles ne s’appuient pas sur une épargne préalable à leur disposition  : elles créent de l’argent ex-nihilo. Elles utilisent ‘’leur’’ propre ‘’planche à billets’’.
Deuxièmement, les investissements étrangers, en raison des facilités qui leur sont offertes, n’augmentent pas toujours l’épargne des pays africains. Souvent, ils tendent à l’exporter sous différentes formes. Pensons juste aux flux financiers illicites. Dans notre lettre ouverte, nous remettons en question les stratégies économiques basées sur le mythe d’une Afrique incapable de contribuer significativement au financement de son développement, en raison d’une faible épargne.
Dès que les gouvernements africains auront une idée plus claire des possibilités internes importantes qu’ils ont de la relation entre épargne et investissement, du fonctionnement du système monétaire, etc., alors ils pourront, espérons-le, se détourner des stratégies économiques que leur recommandent la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) au profit de politiques de mobilisation des ressources locales et de schémas alternatifs de coopération régionale permettant l’atteinte de la souveraineté alimentaire et énergétique ainsi qu’une réelle intégration dans le domaine des infrastructures.

Justement, le groupe a cité, parmi les problèmes structurels, l’absence de souveraineté alimentaire, l’absence de souveraineté énergétique et une industrie à faible valeur ajoutée. Comment y remédier ?

Prenons le cas du Sénégal. Nous avons des terres. Nous avons des paysans qui ont du savoir-faire, mais qui, malheureusement, ne bénéficient pas d’un soutien important et cohérent de la part de l’Etat. Alors que le secteur agricole emploie la majeure partie de la force de travail, il n’a reçu que 2 % du total des crédits bancaires en 2019. Mieux, nous signons des accords de libre-échange qui font que nos produits agricoles sont en concurrence avec des produits étrangers souvent fortement subventionnés. Pire, le franc CFA que nous utilisons handicape la production domestique et les exportations. Son arrimage à l’euro en fait une monnaie forte.  En outre, nous n’investissons pas assez dans les infrastructures rurales. Enfin, nous avons été programmés culturellement pour préférer les produits venant de l’étranger aux nôtres. Comment pouvons-nous développer l’agriculture dans de telles conditions ?
Nous n’avons pas le cadre  : le fonctionnement du système bancaire, notre politique commerciale, la politique de change, la politique en matière d’infrastructures et la politique culturelle concourent toutes à ralentir le développement du secteur agricole. Résultat  : malgré tout le potentiel que nous avons, nous sommes déficitaires vis-à-vis de l’extérieur, sur le plan alimentaire. Bien souvent, nous devons donc nous endetter en monnaie étrangère pour boucher ce déficit. C’est le schéma de l’économie coloniale.

L’Afrique peut-elle se passer des investissements directs étrangers (IDE) que vous listez parmi les stratégies problématiques dont la promotion est assurée par le FMI et les créanciers internationaux ?

La question, selon nous, est plutôt de savoir de quels genres d’IDE le continent a besoin. Les gouvernements africains et leurs agences de promotion des investissements extérieurs se font énormément d’illusions sur les IDE. Ils croient, à tort, que ces derniers vont créer des emplois. Chaque année, alors que 17-18 millions de personnes entrent sur les marchés du travail en Afrique subsaharienne, les IDE créent entre 100 mille et 150 mille emplois. Une goutte d’eau. Est-ce que les IDE se traduisent par des transferts de technologies ?
C’est rarement le cas. Or, c’est sans doute l’aspect qui pourrait les rendre désirables et bénéfiques.

Pourriez-vous revenir sur les impacts pervers de ces IDE sur les économies des pays africains ?

Les IDE à destination du continent ont souvent concerné les secteurs des hydrocarbures et des mines. D’où leur caractère extractif  : peu d’impôts payés, peu de salaires distribués, des flux financiers illicites, des rapatriements importants de profits, accaparement des terres, pollution, etc. La concurrence que se livrent les pays pour attirer les ‘’investisseurs étrangers’’ exacerbe cette orientation extractive.
Par ailleurs, les conventions bilatérales d’investissement que nos pays signent avec les pays en dehors du continent, reviennent bien souvent à instaurer une discrimination de fait en faveur des ‘’investisseurs étrangers’’ et au détriment de leur propre secteur privé. Comme nous le disons dans notre lettre ouverte, les pays africains doivent privilégier une approche panafricaine régionale/continentale à ce sujet, au lieu de la concurrence destructrice.

A cause de la pandémie de Covid-19, beaucoup de pays vont connaître des chutes vertigineuses de leur croissance. Le gouvernement sénégalais parle de -1 % contre les 6 % initialement prévus. Qu’est-ce qui explique une telle vulnérabilité face aux chocs exogènes ?

La grande extraversion économique des pays africains est un legs colonial qui a été renforcé par les politiques néolibérales qu’ils mènent sous la dictée des institutions de Bretton Woods. Ceci dit, la pandémie a eu des conséquences moindres en Afrique, comparativement aux pays du Nord. Nos pays ont particulièrement souffert de la baisse des prix des produits primaires et de la réduction des transferts des migrants internationaux. A la différence des pays du Nord, les gouvernements africains ont, pour la plupart, évité les confinements généralisés. Ce qui a atténué l’effet récessif de la pandémie dans leur cas. La relative résilience montrée par beaucoup de pays africains devrait nous encourager à mobiliser davantage nos ressources locales, à stimuler des formes de coopération régionale basées sur l’émulation plutôt que la compétition et à négocier avec les pays du Nord les termes d’une ouverture plus équilibrée et bénéfique à tous.

Que pensez-vous du rapport Doing Business qui fait courir beaucoup d’Etats africains ?

J’avais écrit, en 2013, dans les colonnes de votre journal, que ‘’quiconque vainc par Doing Business périra par Doing Business’’. Depuis lors, je ne me suis plus intéressé à cet indicateur controversé, puisqu’il n’a aucune validité théorique, n’explique rien, ne prédit rien. C’est un outil majeur de l’agenda néolibéral promu par la Banque mondiale.

Pensez-vous que les 1 000 milliards de francs CFA mobilisés par le gouvernement sénégalais, dans le cadre du Plan de résilience économique et social contre la Covid-19, ont été bien dépensés ? (La répartition initiale faisait état de 64 milliards pour la santé, 100 milliards pour la résilience et cohésion sociale, 802 milliards pour le secteur privé et 33,6 milliards pour la sécurisation des circuits d’approvisionnement).

Avec un budget contraint, les arbitrages sont difficiles à réaliser dans cette période particulière. Ce sera au Parlement sénégalais de nous fournir une évaluation du plan de riposte. Avec la pandémie, la consommation des ménages a baissé tout comme l’investissement des entreprises, les recettes d’exportation et les transferts des migrants internationaux.
Pour compenser cette chute de la demande globale, le gouvernement doit réaliser un déficit plus important que la norme. N’ayant pas de souveraineté monétaire (financer gratuitement par la création monétaire une partie de ses dépenses en monnaie locale, sans hausse de la dette) et ne pouvant pas compter sur une hausse de la pression fiscale (une mesure contreproductive en la circonstance), le Sénégal est dépendant de l’extérieur pour le financement de sa riposte  : les dons et la dette. Selon les estimations publiées en juin par le FMI, le gouvernement sénégalais était censé enregistrer cette année un déficit de 1 373 milliards de F CFA (9,6 % du PIB) financé grâce à des dons de 500 milliards F CFA (3,5 % du PIB) et par la dette. A titre de comparaison, le déficit public était de 759,8 milliards (5,5 %) du PIB en 2019, financé à hauteur de 221 milliards par des dons (1,6 % du PIB). Mais ces estimations basées sur un taux de croissance de 1,1 % en 2020, ne sont sans doute plus d’actualité.

  Quelles conséquences pour les populations ?

Avec des taux de croissance économique de 6 %, les Sénégalais étaient majoritairement dans une situation difficile. Un ralentissement ou une contraction de l’économie ne pourra que compliquer les choses. Pour une sortie par le haut de cette situation qui n’est pas spécifique au Sénégal, il faudra des mesures hardies au niveau mondial.
Outre la nécessité d’une annulation des dettes souveraines extérieures, les banques centrales des pays riches devraient étendre aux pays africains les facilités qu’elles ont octroyées aux banques centrales de certains pays émergents (ou une formule équivalente via le FMI). Cela permettrait aux pays africains d’assurer leurs importations essentielles, de stabiliser la valeur externe de leurs monnaies et d’avoir plus de marge de manœuvre sur les plans monétaire et fiscal.
En contrepartie, les pays africains devraient fournir des garanties de transparence et de bonne gestion et se résoudre à faire ce qu’ils auraient toujours dû faire  : mobiliser leurs ressources locales.

Pouvez-vous revenir sur les défis de l’après-Covid ?   

La pandémie confirme avec force les diagnostics qui ont été faits depuis plusieurs décennies, au sujet de l’évolution du continent africain qui doit reconquérir sa souveraineté économique et monétaire. A court et moyen termes, l’endettement extérieur des pays africains pèsera comme une épée de Damoclès. L’endettement des ménages et des entreprises, quoiqu’on en parle très peu, sera aussi un défi majeur. Pour le réduire, les Etats devront faire plus de déficit, ce qui va accroître les niveaux d’endettement public. Si les Etats ne font rien, et que le secteur privé se désendette tout seul, les économies vont peiner à se relever. Des politiques monétaires et budgétaires vigoureuses orientées vers la mobilisation des ressources locales seraient appropriées. Mais les pays africains qui ont contracté des prêts d’urgence auprès du FMI pour faire face à la pandémie, lui ont promis de revenir à ‘’ l’orthodoxie’’ en 2022.
Les temps à venir s’annoncent difficiles pour le continent. Les pays qui souhaitent tirer leur épingle du jeu devront faire preuve d’audace et d’imagination. La solidarité panafricaine, bien souvent introuvable, pourrait faciliter une sortie de crise plus ambitieuse.
Dans le cas du Sénégal, l’exploitation prochaine du pétrole et du gaz comporte des défis et des opportunités. Le trio hydrocarbures-franc CFA-libéralisation commerciale risque de désarticuler l’économie sénégalaise, de la désindustrialiser davantage et de la rendre plus instable. Pour que les hydrocarbures aient un rôle bénéfique, le Sénégal doit avoir une autonomie sur la gestion de la valeur externe de sa monnaie. Ce qui n’est possible que s’il se dote d’une monnaie nationale. Autrement, il faut craindre que son économie ne se transforme en une sorte de République du Congo.PAR MOR AMAR

Dette : ce que le Covid 19 change pour les pays en développement

https://www.lepoint.fr/afrique  ANALYSE. Le moratoire sur les intérêts de la dette accordés par les organismes internationaux confère à ceux-ci un rôle de « donneurs en dernier ressort » qui facilite le remboursement des créanciers privés.
Les besoins de financement pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et relancer l’activité économique détériorent un peu plus la soutenabilité de la dette des pays à faible revenu (PFR). Ce problème s’aggrave en outre pour les États qui doivent faire face à des pics de remboursement auprès des créanciers privés. C’est pourquoi, en avril 2020, le G20 a lancé l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD), qui accorde un moratoire (suspension des intérêts de la dette jusqu’à la fin de l’année 2020) aux pays qui en font la demande. Les créanciers publics et privés, regroupés au sein du Club de Paris ou encore de l’Institut de finance internationale, ont discuté de l’extension de l’ISSD à la dette privée. Malgré quelques réserves, ces derniers ont soutenu l’initiative.

Notes dégradées

Au début de la pandémie, avant l’ISSD, les primes de risque des PFR sur les marchés secondaires des eurobonds, où s’échangent les titres déjà émis, avaient surréagi, mais cette surréaction était générale. Elle résultait de la fuite des investisseurs vers des titres plus liquides et de meilleure qualité, et traduisait un accroissement de leur aversion au risque. En effet, ces investisseurs préfèrent des rendements faibles, nuls, voire négatifs, plutôt que de détenir des titres émergents à haut rendement, mais très risqués. Le moratoire a néanmoins contribué à stopper l’envolée des primes de risque sur les marchés secondaires, laissant penser que le marché perçoit ces moratoires comme une subvention implicite du public pour rembourser le privé. Malgré le contexte d’incertitude créé par le Covid-19, les rendements des titres publics sur le marché des eurobonds continuent ainsi de baisser (voir tableau ci-dessous) – ce qui résulte aussi en partie de l’abondance de la liquidité mondiale.
Depuis le début de la pandémie, les banques centrales ont élargi les achats d’actifs aux « anges déchus » et ont injecté plus de 6 000 milliards de dollars américains – très largement au-dessus des montants de 2009. Cela a contribué au retour de la confiance sur le marché des eurobonds, rendant temporairement soutenable la dette de certains pays.
Néanmoins, les agences de notation surveillent toujours de près la participation des pays à l’ISSD, comme en témoigne l’annonce de Moody’s d’une potentielle dégradation des notes de l’Éthiopie, du Cameroun, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire du fait de leur adhésion au moratoire. La dette africaine est de plus en plus intégrée aux marchés financiers. De nombreux gestionnaires d’actifs considèrent désormais la dette africaine comme un investissement à haut rendement. Toutefois, les pays africains payent leur dette plus cher, toutes choses égales par ailleurs, que les autres emprunteurs. De plus, les spreads (écarts entre les taux) évoluent de façon désordonnée d’un pays à l’autre.

Un système à repenser

Dans le contexte actuel, les créanciers privés ont bien compris que les moratoires et même les annulations de dette publique des pays à faible revenu permettraient d’éviter des défauts en cascade sur les marchés financiers. En conséquence, le moratoire sur les intérêts de la dette n’apparaît pas comme la meilleure solution pour remédier aux dégâts économiques et sociaux provoqués par le Covid-19, et surtout, ne fait que repousser un problème de surendettement antérieur. De plus, L’ISSD confère (volontairement ou non) aux créanciers publics un rôle de « donneurs en dernier ressort » qui facilite le remboursement des créanciers privés.
Enfin, ce moratoire et les potentielles futures annulations de dette posent le problème de la pertinence des prêts accordés à des conditions douces. Cette forme de financement concessionnelle (mi-prêts, mi-dons) s’est développée à la suite de la création d’organes de financement spécifiques aux pays à faible revenu, tels que l’Association internationale pour le développement (AID) de la Banque mondiale en 1960 et la Facilité d’ajustement structurel (FAS) en 1986.
S’intensifiant jusqu’aux années 2000, le recours massif et généralisé aux prêts concessionnels parmi les pays à faible revenu, associé à des réductions de dette, constitue un « paradigme concessionnel »  : les PFR se financent à bon compte auprès des organismes publics spécialisés ; les pays à revenu intermédiaire se financent auprès des marchés.
L’annulation pure et simple des prêts concessionnels dans un futur proche, sans contrepartie, légitimerait un recours systématique aux dons plutôt qu’à ces formes hybrides de financement. Toutefois, le remplacement des prêts par des dons ne ferait pas disparaître le problème de subvention des prêteurs privés par les organisations d’aide au développement. La création de fonds spéciaux alimentés par les sommes épargnées par l’ISSD avec une gestion supervisée par les organismes internationaux, comme cela a été proposé, apparaît aujourd’hui comme proche de l’initiative de pays pauvres très endettés (PPTE) qui avait été lancée en 1999, mais qui n’a pas tenu dans la durée. L’ISSD d’avril 2020 a fragilisé l’ordre concessionnel qui prévalait jusqu’alors. C’est donc l’ensemble du système de financement du développement qui doit aujourd’hui être repensé.  Par Marc Raffinot,
Babacar Sène, Marin Ferry* pour Theconversation.com
* Marc Raffinot est chercheur en économie du développement à l’université Paris-Dauphine-PSL.
** Babacar Sène est directeur du Centre de recherches économiques appliquées (Crea) et du Laboratoire d’ingénierie financière et économique (Life), professeur agrégé en économie spécialisé en monnaie et finance, université Cheikh-Anta-Diop de Dakar.
*** Marin Ferry est maître de conférences en économie du développement, finances publiques, traitement de la dette publique dans les pays à faible revenu, à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEM), Institut de recherche pour le développement (IRD).

Veolia en passe de détrôner Suez (Sen’Eau) dans la gestion de l’eau

https://www.dakarmatin.com Nouveau rebondissement dans l’affaire du contrat de production et de distribution d’eau potable au Sénégal accordé à Suez.
Veolia, qui était arrivé 3e et dernier derrière Suez et la Sde lors de l’appel d’offres, pourrait sous peu détrôner Suez.
En effet, la gestion du secteur de l’eau au Sénégal pourrait tomber entre les mains de Veolia grâce au rachat de près du tiers des actions de Suez.
Selon le quotidien EnQuête qui donne l’information, Veolia a lancé une offre publique d’achat (OPA) sur Suez en France.
Tout est parti de juillet, quand Engie, premier actionnaire de Suez (maison mère de Sen’Eau) a décidé de vendre toutes ses actions (33%) pour se concentrer uniquement sur l’eau et les déchets.
Engie, qui veut se débarrasser de Suez, plonge ainsi la maison-mère de Sen’Eau dans un avenir incertain.
Mais, Suez entend contre-attaquer. Le spécialiste du traitement de l’eau et des déchets tente de réunir une offre pour racheter la part que détient Engie dans son capital.

Sonatel fait coter son obligation de 100 milliards FCFA à la BRVM

https://www.sikafinance.com L’emprunt obligataire de Sonatel dénommée  » SONATEL 6,50% 2020-2027  » d’une valeur de 100 milliards FCFA, le plus important jamais réalisé par une société privée dans la zone UEMOA,  a été admis à la cote de la BRVM ce 15 septembre sous le symbole SNTS.O2.
Les détenteurs de ces titres ont donc officiellement la possibilité de les céder sur le marché secondaire et réaliser des gains au passage.
Lancée le 15 juin dernier, l’opération prévue pour s’étendre sur un mois avait enregistré un franc succès au point où elle avait été clôturée par anticipation le 8 juillet ; 122 milliards FCFA étaient alors proposés par les investisseurs.
Sur les 100 milliards retenus, près de 21% (21 milliards FCFA) a été mobilisé auprès de fonds d’investissement internationaux, 19,5% auprès de banques commerciales, 17,5% auprès de grandes entreprises et institutionnels, 12,4% auprès des compagnies d’assurances et environ 10% auprès des banques d’investissements. Des OCPVM, des caisses de retraites et des particuliers ont même pris part à l’opération avec des montants importants.
 » Cette transaction a prouvé la résilience de la BRVM ainsi que la profondeur du marché financier régional pendant ces temps de crise. La réussite d’une opération de cette envergure constitue un signal fort envoyé aux entreprises de la zone, démontrant que le marché financier régional est un moyen à regarder avec beaucoup plus d’attention afin de diversifier leurs sources de financement à long terme  » a souligné Edoh Kossi Amenouvé, directeur général de la BRVM.
Sonnant la cloche marquant le démarrage des transactions sur l’obligation, Sékou Dramé, le directeur général du groupe Sonatel s’est félicité de voir une autre opportunité de  » contribuer à faire de ces placements une réussite pour les souscripteurs « .
Rappelons que ces fonds levés sont destinés à financer le plan d’investissement du groupe sur le marché sénégalais pour l’exercice 2020. Un plan qui vise notamment le développement de nouveaux relais de croissance.
Présent dans 5 pays, le groupe Sonatel est la première capitalisation de la BRVM, représentant le tiers du marché actions, avec plus de 27 000 actionnaires. Au 11 septembre, sa capitalisation boursière était de 1 215 milliards FCFA.Jean Mermoz Konandi

Hydroma ambitionne de produire à grande échelle de l’électricité à partir d’hydrogène naturel au Mali et au Sénégal

 (Agence Ecofin) – Au Mali, Hydroma Inc souhaite produire de l’électricité à partir d’hydrogène naturel. Ce passage à l’échelle industrielle intervient après 8 ans d’expérimentation dans la localité de Bourakébougou et se fera avec l’appui de partenaires probablement allemands.
Au Mali, Hydroma Inc prévoit de produire de l’électricité à base d’hydrogène naturel. Elle vient d’achever huit ans de phase expérimentale et souhaite utiliser la production de ses puits pour générer de l’énergie à une échelle plus grande.
Depuis 2012, Hydroma exploite des puits pour fournir de l’électricité aux habitants de Bourakébougou, une localité située à 60 km au nord-ouest de la capitale Bamako. « L’exploitation future de l’hydrogène naturel au Mali ouvre la voie à une Afrique en pointe dans les technologies de demain », est convaincu Aliou Boubacar Diallo (photo), le promoteur d’Hydroma Inc.
La compagnie, qui est également implantée en Australie et au Canada, est à la recherche de partenaires européens, allemands notamment disposant d’une expérience établie pour porter le projet à une plus grande échelle.
Dans le cadre de ce développement, la compagnie a entamé la construction de champs de panneaux solaires photovoltaïques au Mali, mais également au Sénégal, rapporte le site Afrik 21. Outre l’hydrogène naturel obtenu à partir du sous-sol, elle compte à terme produire également le combustible par électrolyse de l’eau un procédé bas carbone. Gwladys Johnson Akinocho

LA PÊCHE EN EAUX TROUBLES

https://www.seneplus.com http://www.enqueteplus.com Le Sénégal fait partie des pays à mer les plus poissonneuses au monde. Pourtant, le panier de la ménagère n’en profite pas. Pêcheurs, mareyeurs, vendeurs de poissons sont tous unanimes : la denrée est en train de devenir un luxe

Le poisson se fait rare. Il coûte cher. Pêcheurs, mareyeurs, vendeurs de poissons sont tous unanimes  : la denrée est en train de devenir un luxe et ce, pour plusieurs raisons.

Le Sénégal fait partie des pays à mer les plus poissonneuses au monde. Pourtant, le panier de la ménagère n’en profite pas. Au quai de pêche de Yarakh, en cette matinée du lundi 13 juillet, les vendeurs rivalisent de formule pour attirer la clientèle. Au large, quelques pirogues reviennent d’une nuit de dur labeur. Cheikh Ndiaye court sur la rive apporter à des femmes la caisse de poissons qu’il porte à l’épaule. L’homme est mareyeur depuis cinq ans. La discussion entre lui et les revendeuses s’éternise, les mines sont serrées. Ces dernières veulent acheter ses caisses de ‘’sompate’’ (daurade grise) à 6 000 F CFA, mais il n’est pas d’accord. C’est 10 000 F CFA ou rien.
’En ce moment, les affaires ne marchent pas vraiment. Les pêcheurs ne rapportent pas grand-chose. Donc, cela se répercute sur le prix d’achat des revendeuses. Ce n’est pas de notre faute’’, confie-t-il, en rangeant des billets de banque dans sa sacoche.
Derrière lui, les marchandages vont bon train. Les rares clients arborant un masque sont regardés de travers. Ici, cet outil de protection contre le coronavirus est absent. ‘’Il existe des périodes où le poisson se vend à bon prix et des moments où on ne gagne pratiquement rien. Par exemple, en cette période d’hivernage, ‘yaboye’ (sardinelle) se fait rare. En général, quand il pleut, il disparait. Le ‘yaboye’ est cher en ce moment. On achetait la caisse à 500 F ; maintenant, elle coûte 1 000 F. Lorsqu’il va commencer à pleuvoir sérieusement, le prix va varier entre 15 000 et 35 000 F CFA’’, explique le vieux Fallou Samb, vendeur de poisson.
Assis tranquillement face à son étal, il poursuit  : ‘’Il y a du poisson, mais c’est le gouvernement qui nous complique la tâche. Si un bateau étranger vient prendre tout ce qu’on doit pêcher, finalement nous, on n’aura rien. Pire encore, leurs filets s’étendent sur un kilomètre. Il y a quelques années, on ne faisait même pas un kilomètre pour trouver du poisson. Qu’est-ce qu’on va avoir, après leur passage ? D’un autre côté, les premières pluies de l’hivernage ont accentué l’insalubrité habituelle des lieux. ‘’EnQuête’’ avait consacré, en 2018, à ce haut de commerce, un dossier intitulé  : ‘’Deux ans après, rien n’a changé.’’
Les eaux des multiples canalisations sur le quai, d’autres en dessous des étables déversent leur contenu noirâtre, çà et là. Comme si cela ne suffisait pas, l’eau de mer reçoit le contenu du canal 6. Elle n’est plus bleue ou claire, mais noire. Sur le quai, il faut savoir où mettre les pieds, sinon c’est la glissade assurée. Ceci, sans compter, les tas d’ordures qui font office de décor. Une bonne partie est constituée de plastique et se trouve à deux doigts de la mer, puisqu’elle avance à grands pas.
Selon Fallou Samb, ‘’ces ordures, pour la plupart, proviennent de l’eau de mer de Thiaroye et Mbao. Mais les habitants du quartier déversent aussi leurs ordures ménagères.  Ce qu’on ne prend pas en compte, c’est que cette saleté fait fuir les poissons’’.
De l’avis du président du quai de pêche, c’est la mentalité des Sénégalais qui pose problème. ‘’Le Sénégalais est sale. Il faut qu’on se le dise. Il porte de beaux habits propres, se parfume, mais reste indifférent face à la saleté de son environnement. J’ai moi-même pris des gens en flagrant délit. Ils ont été entendus à la brigade, on leur a collé une amende. Pourtant, certains continuent de déverser leurs ordures ici, la nuit, pendant que nos équipes de surveillance sont absentes’’, soutient Ibrahima Niang. A l’en croire, tous les dimanches, le quai est nettoyé et désinfecté. C’est pourquoi il déplore l’absence de projet durable en faveur de son assainissement.
‘’Il n’y en a eu qu’un seul (Sen Environnement) pour le nettoyage et le tri des déchets qui a été lancé en 2007. Il s’est terminé trois ans plus tard. Depuis lors, plus rien. Il y a un réel problème de continuité. Trois ans, ce n’est rien du tout. Actuellement, on attend le démarrage d’un autre projet, celui de la dépollution de la baie de Hann. On espère que ce n’est pas juste une annonce comme les autres et qu’il se déroulera effectivement’’, lance notre interlocuteur.
Riche d’une expérience de 25 ans de pêche, il ajoute  : ‘’On a l’impression que nous sommes oubliés par l’Etat. Pourtant, la pêche est un grand pourvoyeur d’emplois. Elle fait entrer de grosses devises. Le principal problème, c’est qu’aujourd’hui, la réglementation fait défaut. Il n’y a aucune délimitation quant aux zones de pêche. Et les navires font la loi. Il y a à peu près dix ans, on pêchait tellement de poissons qu’on offrait des seaux pleins à des proches ou des voisins. Mais aujourd’hui l’activité est morose. Nous demandons à l’Etat de revoir la délimitation des espaces en mer’’.
Selon lui, les pêcheurs dépensent beaucoup d’argent dans l’achat de gasoil pour leurs pirogues. Les pêcheurs ont besoin de quatre ou cinq bidons (60 litres) de 33 000 F CFA chacun, pendant qu’un seul suffisait, il y a quelque temps. Le quai de pêche de Yarakh accueille également des pêcheurs sénégalais venant de la Guinée et de la Guinée-Bissau. Au mois de juillet, ceux de Saint-Louis y avaient aussi élu domicile. Afin de pouvoir satisfaire les besoins de leurs familles pour la Tabaski, ils avaient quitté les eaux pauvres en poisson de cette ville pour venir pêcher à Yarakh.

‘’Les bateaux sont notre plus grand cauchemar’’  

12 h 30. La plage de Yoff Tonghor est plutôt calme. Sur le quai, les étals sont presque vides. Les vendeuses de poisson discutent entre elles. De jeunes garçons profitent de l’accalmie pour se baigner, en attendant le retour, vers 17 h, des pêcheurs.
Assis sur le sable, sous une pirogue, Omar Kébé semble perdu dans ses pensées. Sa cigarette lui tient compagnie. ‘’Je suis pêcheur et cet instant devait me trouver en mer. Mais la situation est tellement morose que, désormais, j’achète le poisson pour aller le revendre dans d’autres marchés. En fait, ici, après la campagne de décembre à mai, beaucoup de pêcheurs rentrent et la mer est plus ou moins vidée de ses poissons. Ce qui fait que la période qui suit, il y a peu de prises. Aussi, la quantité n’est pas fixe, car les poissons se déplacent d’un point à un autre, selon des paramètres que je ne maitrise pas. En période d’hivernage, on peut en avoir tout comme ne pas en avoir. La situation n’est pas figée ; tout dépend de la mobilité de la ressource.
Actuellement, on ne trouve que les petits poissons, encore que pour les avoir, les pêcheurs vont jusqu’à Kayar. Il y en a qui passent la nuit’’.
Intéressé par le sujet, il a trouvé une bonne occasion de vider son sac  : ‘’Les bateaux sont les premiers responsables de cette situation. Ils sont notre plus grand cauchemar. Vraiment, c’est de mal en pis. Les bateaux chinois et américains sont partout et quand tu te plains, ils te disent clairement qu’ils ont payé pour pêcher ici. L’Etat a tout vendu aux Occidentaux. Ce sont donc leurs navires qui pêchent les meilleurs poissons et les mailles de leurs filets ne sont pas assez larges, contrairement aux nôtres. Franchement, leur façon de pêcher laisse à désirer. Ils ramassent tout. Petits comme gros poissons. Ce sont eux qui tuent la pêche sénégalaise, parce qu’ils prennent des poissons qui sont encore en croissance et n’ont donc pas fini de se développer. Malheureusement, aujourd’hui, c’est ce que les pêcheurs sénégalais font aussi et quand ils accostent, ils n’arrivent pas à écouler ce stock de petits poissons. Ils sont obligés de les reverser dans la mer. Je pense que c’est à l’Etat de réglementer tout ça. Normalement, personne ne doit pêcher ces alevins’’.
Oumar Kébé ne manque pas de proposer des pistes de solution. ‘’En Mauritanie, les gens pêchent par période. Il y a un moment où on ferme la mer. Pendant trois mois, personne ne pêche. Or, au Sénégal, ce n’est pas le cas. Chaque jour, tout le monde va en mer, au même moment. On ne va pas s’en sortir. On devrait plutôt penser à alterner les temps de pêche. En Mauritanie, dès que vous accostez, les surveillants viennent regarder ce que vous avez pris. Si, par malheur, ils trouvent des alevins, on te colle une amende ou une interdiction de pêche’’. En ces lieux, la caisse de carpe et de daurade coûte entre 10 000 et 16 000 F CFA. Une quantité qui était vendu à 6 000, 8 000 ou au plus 11 000 F CFA. Une pirogue qui part en mer ne ramène pas plus de trois caisses.
Pendant notre échange, un mareyeur discute en aparté avec des revendeuses. ‘’Regarde par exemple le contenu de ces caisses, rien que de petits poissons !’’, lance-t-il dépité en les montrant de la main. ‘’Dans ce pays, chacun fait ce qu’il veut. Tu attrapes un poisson en pleine croissance qui doit grandir pour pouvoir se reproduire, tu sais qu’une fois sur la rive, tu ne pourras pas le vendre, pourquoi ne pas le rejeter immédiatement dans la mer ? Mais non, ils viennent jusqu’ici et ils renversent parfois même sur la plage ces poissons morts qui pourrissent ici. Ailleurs, ce genre de poissons (pourris) est amené dans une usine pour transformation. Il y a un véhicule spécial qui vient les ramasser et après leurs services nettoient la plage’’, poursuit-il.
Ce qui est sûr, c’est qu’il en veut aux navires étrangers, et pour une bonne raison. ‘’Dès qu’on approche de leur périmètre, leurs radars le leur signalent. Ils vous envoient une lumière forte. Ils te prennent, te font monter à bord, t’emmènent, te frappent et te collent une amende. C’est incroyable ! Aujourd’hui, on est obligé d’aller à Thiaroye ou à Yarakh acheter du poisson et le revendre. Pourtant, cette zone était la mieux nantie en poissons, il y a quelques années’’.

Réglementer le nombre de jours de pêche

Pour ce pêcheur, si on veut sauver la pêche sénégalaise, le nombre de jours de pêche doit être compté et clairement défini. De même que l’espace attribué à chacun. En ces lieux, l’eau de mer garde encore une certaine clarté. Mais l’insalubrité fait sa loi. Sachets plastiques, restes de repas, poissons pourris… Bref, dans les tas d’immondices, tout y est. On a l’impression, au Sénégal, que beaucoup ignorent l’impact du plastique sur la ressource halieutique.
Une étude parue dans la revue britannique ‘’Proceedings B of the Royal Society’’ a montré, en 2017, que le plastique colonisé par des bactéries et des algues produit des odeurs qui conduisent les poissons à les ingérer volontairement. Ainsi, ces derniers et d’autres mammifères de mer meurent, lorsque les fragments de plastique ingérés sont volumineux. Au cas contraire, l’homme mange, par leur intermédiaire, une partie des millions de tonnes de déchets plastiques dissous dans les fonds marins.
Selon Omar Kébé, ‘’la nuit, chacun déverse le contenu de sa poubelle dans la mer. Le service de nettoyage balaie, mais rien. Les riverains viennent verser les ordures ménagères, parfois même sur la plage. Ils ignorent que cette saleté fait fuir les poissons. Il faut que les responsables du quai assurent le suivi après un nettoyage. Au lieu de s’intéresser à cette insalubrité, c’est l’argent de la patente seulement qui les fait bouger. Tout le monde doit participer à la propreté de cet espace ; chacun doit jouer son rôle’’.
Un peu plus loin, sur la rive, le vieux Souleymane Fall, courbé sur le rebord de sa pirogue, prépare son filet. Le sujet de jour l’a quand même sorti de sa concentration. ‘’Le gouvernement n’a rien fait de ce qu’il nous avait promis. Il ne nous aide pas. C’est très difficile pour nous. Aujourd’hui, tout le monde a une licence et ils avaient dit qu’une fois qu’on a la licence, toute pirogue qui a un problème en mer sera secourue. Pourtant, depuis lors, ils n’ont pas bougé le petit doigt pour secourir toutes ces pirogues qui se sont perdues en mer.
Au contraire, elles n’ont bénéficié d’aucun soutien de la part de l’Etat. Ici à Yoff, c’est nous-mêmes qui allons les chercher et on peut soit les retrouver, soit ne jamais les revoir. L’Etat n’a pas respecté son engagement, alors que nous avons fait tout ce qu’il nous a demandé. Les bateaux détruisent nos effets, cognent nos pirogues. Mon propre frère a été emporté par une collision avec un bateau, avec trois de ses coéquipiers. Nous avons informé les autorités compétentes, elles ont retracé le déroulé de l’accident, mais le fautif n’a pas été interpellé.
Il n’y a eu aucune sanction. Tout ce qu’on demande, c’est que ces grands bateaux qui emportent tous nos poissons aillent plus loin, que leur espace de pêche soit délimité et qu’ils nous laissent notre petit territoire de pêche. Ils en ont déjà assez pris. Un navire ne peut pas se disputer cet espace avec de petites pirogues. Que le gouvernement nous aide en ce sens. Nous sommes pauvres et nous vivons de cette activité’’, explique-t-il la voix grave.
Sa prise de parole a créé un petit rassemblement. Certains n’ont pu s’empêcher d’applaudir. Dans le lot, mère Sarr veut s’exprimer  : ‘’En période de campagne, le lieu est beaucoup plus animé. Mais, actuellement, c’est vraiment difficile, le poisson coûte cher. Des caisses qu’on achetait à 6 000 ou 7 000 F CFA, coûtent aujourd’hui 10 000 ou plus. Et le pire, c’est que cela va continuer jusqu’à la prochaine campagne, en décembre.’’ Emmanuella Marame Faye

LES ACTEURS INVITES A DONNER CORPS AU PROGRAMME

https://www.seneplus.com -L’as-Après l’adoption du plan national d’Aménagement et de développement Territorial (Pnadt) en janvier dernier, les autorités s’attellent désormais à sa vulgarisation.
Après l’adoption du plan national d’Aménagement et de développement Territorial (Pnadt) en janvier dernier, les autorités s’attellent désormais à sa vulgarisation. A cet effet, les acteurs en charge de cette question se sont réunis hier pour s’approprier ce document qui se veut comme un cadre de la politique nationale d’aménagement du territoire.
Suite à la validation du Plan National d’Aménagement et de Développement Territorial (Pnadt), le Président Macky Sall a instruit le gouvernement de le vulgariser auprès des institutions, des collectivités territoriales et de l’ensemble des acteurs. Une instruction appliquée par le ministre des Collectivités territoriales, Oumar Guèye, qui a initié hier une rencontre articulée autour de cette problématique.
Au cours de la rencontre, Oumar Guèye a invité tous les acteurs à s’approprier le Pnadt qui vise entre autres la mise en cohérence des plans sectoriels en déploiement, l’optimisation du potentiel des territoires et de leur développement, la promotion de l’attractivité du Sénégal et la consolidation de la compétitivité des territoires. Le ministre compte sur l’engagement et le portage de tous les acteurs pour sa vulgarisation et sa mise en œuvre. «Le Pnadt permet de territorialiser les projets du Pse», a expliqué Oumar Guèye.
Sur un autre registre, il a magnifié l’harmonisation des stratégies d’aménagement du territoire des pays membres de l’Uemoa à travers le Schéma de Développement de l’Espace régional (Sder) de l’Uemoa. Présente à la rencontre, la représentante de l’Uemoa à Dakar a félicité le Sénégal pour les travaux abattus dans le but de mettre en œuvre son Schéma d’Aménagement du Territoire qui est l’une des directives de l’organisation sous régionale.
A cet effet, elle a invité les autres Etats membres de l’Uemoa à s’inspirer du Sénégal et à élaborer leur document de planification nationale des territoires conformément aux orientations communautaires adoptées en 2004, en vue d’appuyer les initiatives nationales et d’harmoniser les chemins ou plans nationaux d’aménagement du territoire.

LES PREOCCUPATIONS DES ELUS LOCAUX ET DU SECTEUR PRIVE NATIONAL

Représenté par le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Mdes) Mbagnick Diop, le secteur privé national s’est engagé à vulgariser le Pnadt. D’autant que, souligne Mbagnick Diop, ce programme ambitionne de fixer les opérateurs économiques nationaux dans leurs terroirs en vue de booster les activités économiques et industrielles dans toutes les régions du Sénégal. Se félicitant de leur inclusion totale dans le processus qui a mené à l’adoption du Pnadt, le représentant de l’Association des Elus Locaux a appelé les autorités à faire preuve de pragmatisme dans la mise en œuvre effective de la vision du chef de l’Etat pour qu’il y ait un bon suivi du plan. Car, estime-t-il, le plus important, c’est de pouvoir mettre en œuvre le plan Abou Sy & Awa AMANI

Facebook lance une initiative pour former les femmes entrepreneures

https://www.sikafinance.com Après la Nigéria et l’Afrique du Sud, Facebook lance ce 16 septembre l’initiative  » SheMeansBusiness » au Sénégal, une première en Afrique francophone
 » SheMeansBusiness senegal  » est un programme de formation en ligne gratuit qui vise à doter les femmes entrepreneures de compétences dans le numérique, la gestion commerciale et financière et renforcer leur leadership.
L’objectif selon Facebook est de former et soutenir plus de 1 500 femmes entrepreneures d’ici la fin de l’année 2020 et leur permettre de constituer un réseau de femmes chefs d’entreprise.
 » Nous nous réjouissons de travailler avec des entreprises féminines à fort potentiel dans les mois à venir, en leur permettant d’affiner leurs compétences « , a déclaré Balkissa Idé-Siddo, responsable affaires publiques de Facebook pour l’Afrique francophone, ajoutant que la vision du programme est de construire une communauté où les femmes entrepreneures peuvent partager leurs expériences et demander conseil à leurs pairs.Olivia Yao

Smart Data Power et Women in Africa dévoilent le classement des 200 femmes africaines les plus influentes sur Twitter

 (WOMEN IN AFRICA) – Smart Data Power, en partenariat avec l’initiative Women in Africa (WIA), dévoile les résultats d’une étude répertoriant les 200 femmes africaines les plus influentes sur Twitter. Ce projet, réalisé en étroite collaboration avec Moussoukoro Diop – figure emblématique de l’activisme féminin au Sénégal – se veut le reflet de l’effervescence que connait le continent, dont les femmes sont plus que jamais ambassadrices.
Présentée le 11 septembre lors d’un webinaire suivi par 22 nationalités, l’étude a été menée sur 12 millions d’utilisateurs Twitter géolocalisés en Afrique, dont environ 15% de femmes. L’attention s’est portée sur les profils suivants  : femmes politiques, femmes d’affaires, journalistes, leaders d’opinion et personnalités de la société civile. Différents indicateurs ont été pris en compte  : la caisse de résonance du compte, le volume d’engagement, les pays représentés…
A elles seules, ces 200 femmes possèdent une portée de près de 40 millions de personnes. Suivies et écoutées, elles ont une influence indéniable et croissante sur les sociétés dans lesquelles elles évoluent, via leur prise de parole sur ce réseau.

L’analyse de ce TOP 200 a permis de mettre en lumière quelques grandes tendances  :

-Plus de la moitié des femmes de la sélection sont réparties entre 4 pays anglophones qui possèdent des littoraux leur assurant un bon accès à internet  : le Kenya, l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Égypte.
-54% de ces personnalités se trouvent dans les pays les plus peuplés et les plus riches du continent.
A travers le partage de bonnes pratiques, une partie de l’étude et du webinaire s’est attelée à répondre à la question « Comment Twitter peut-il favoriser l’émergence et l’empowerment des femmes en Afrique ? ». Les analyses qui découlent de ce travail mettent  en lumière la diversité des parcours des femmes sélectionnées, mais aussi les infinies possibilités offertes par Twitter.
Cette conférence a permis de démontrer que les femmes sont au cœur de la révolution numérique en Afrique. Selon Seynabou Dia (photo), ambassadrice WIA  :  « Le webinar a reçu un bel accueil  : près de 80 personnes y ont assisté, issues de 22 pays différents, dont 19 pays africains. Nous nous réjouissons que cette étude permette de sortir des sentiers battus, tout en montrant une image authentique de l’Afrique, à travers un contenu qui nous ressemble et qui nous permet d’atteindre nos objectifs ».
Fort de son succès, le partenariat entre Smart Data Power et Women in Africa pourrait être renouvelé et réinventé, mettant en avant d’autres thématiques (art, culture, santé, environnement, énergie …). Entre temps, tous les conseils et techniques discutés lors du webinaire sont à retrouver sur la page Twitter de Moussoukoro Diop (@mamouchkadiop).

A propos de WIA Initiative

Lancée en 2017, et Présidée par Hafsat Abiola (Nigériane) Women In Africa (WIA) Initiative est la première plateforme internationale de développement économique et d’accompagnement des femmes africaines leaders et à haut potentiel. Par ses programmes, ses sommets et sa plateforme digitale WIA Link, WIA contribue à la promotion d’une nouvelle génération de femmes africaines qui inventent un leadership inspirant pour changer positivement l’avenir du continent. Sa Fondation WIA Philanthropy a pour mission de soutenir les femmes dans l’économie et développe différents programmes dédiés à l’éducation, à l’entrepreneuriat, au mentoring et à l’agriculture. WIA Philanthropy a lancé avec Working Ladies un premier Hub dédiée aux femmes entrepreneurs à Kinshasa en mars 2019. https://wia-initiative.com/

A propos de Smart Data Power

Smart Data Power rend la masse de données présentes sur Twitter intelligentes et intelligibles, notamment en les croisant avec l’Open Data démographique, économique, environnemental, etc. La méthode  : un savant mélange de Data Science et d’analyse humaine. Contrairement au Big Data, Smart Data Power se concentre sur la qualité, la précision et la vérification des informations transmises. Cela permet ainsi d’identifier et d’inviter pour n’importe quel compte des profils ultra qualifiés, des middle aux tops influenceurs, et d’augmenter sa visibilité pour lui permettre de réussir sa communication d’influence. En d’autres termes, de prendre, ou reprendre le Pouvoir sur les Data. https://www.smartdatapower.com/

Mise au point de l’ITA sur notre article paru hier sur la présence de substance cancérigène dans le Neex Soow

https://www.pressafrik.com/ Mise au point par rapport à l’article paru dans PressAfrik ce 15/09/2020 intitulé « Présence de substances cancérigènes dans le « Neex Soow » : l’ITA et deux éminents Professeurs démontent l’étude de l’enseignant-Chercheur de l’Université de Bambey ».
Cet article paru hier cite l’Institut de Technologie alimentaire (ITA) comme source ayant partagé les avis de deux techniciens de renom sur la question en l’occurrence M. WADE et M. DIOUF.
Les avis cités dans l’article n’étaient pas destinés à la presse et donc l’ont été dans le cadre d’un échange professionnel privé. L’ITA rappelle également que l’enseignant-Chercheur de l’Université Alioune DIOP de Bambey n’est pas membre du Réseau INFOSAN et ne lui avait pas soumis son étude. L’ITA dégage toute sa responsabilité par rapport aux propos parus dans cet article et s’excuse auprès des membres du Réseau INFOSAN pour les désagréments causés.
L’ITA n’affirme pas aussi l’inexistence de laboratoires pour analyser l’aflatoxine M1 dans le lait au Sénégal mais précise que cette analyse n’est pas réalisable pour le moment dans son laboratoire de mycotoxines.
L’ITA précise aussi qu’il n’a pas émis d’avis scientifique sur cette question à PressAfrik.
NB : Monsieur Issa WADE est Chef de la Division Consommation et de la Sécurité des Consommateurs au niveau de la Direction du Commerce Intérieur et Pr Amadou DIOUF est le Président du Comité National du Codex Alimentarius. La Direction de l’ITA.

10,5 MILLIARDS FCFA DE LA BOAD POUR UN COMPLEXE SPORTIF À DIAMNIADIO

http://www.emedia.sn Serge EKUE, président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) et Madani Maki TALL, président de Sports City Diamniadio Co (SCD Co), ont procédé à la signature d’un contrat de prêt d’un montant de 10,5 milliards FCFA relatif au financement partiel du projet de construction d’un complexe hôtelier et sportif par la société Sports City Diamnadio (SCD) Co SA à Diamnadio, selon le site lejecos.com.
La même source précise que le financement de ce projet a été approuvé au cours de la 117e session du Conseil d’administration de la Boad qui s’est tenue au mois de juin 2020. Cela concerne la construction d’un complexe multifonctionnel dans le pôle urbain de Diamnadio, intégrant un hôtel d’affaires quatre (4) étoiles de cent soixante-onze (171) chambres dont cent soixante-six (166) chambres standards et cinq (05) suites.
Dans son communiqué, la Boad indique qu’il s’agit d’un complexe sportif et de loisirs pour différentes disciplines (football, handball, volleyball, basket ball) destiné aux sportifs professionnels et amateurs, aux entrainements et stages de préparation des équipes locales et sous régionales ainsi que celles participant aux différentes compétitions africaines et internationales au Sénégal et aux loisirs pour les populations de la région de Dakar.
Une fois les travaux achevés, le projet deviendra un nouveau complexe sportif complet dans la sous-région ouest-africaine, capable de répondre aux besoins des sports de haut niveau, ainsi qu’à celui des athlètes amateurs d’âge et de niveau différents, tout en fournissant plusieurs services tels que l’hébergement, la restauration, le commerce, l’éducation et la formation.
« Cette opération, porte à 212, 887 milliards FCFA, le volume global des engagements de la Banque en faveur du secteur privé au Sénégal », informe enfin la Boad.EMEDIASN,avec Lejecos.com

Fonds Force-Covid-19 : 35 milliards FCfa dont 20 provenant des nationaux récoltés

http://lesoleil.sn En cinq mois, l’appel du Président de la République à des contributions pour appuyer la lutte de l’Etat contre le coronavirus a produit des résultats exceptionnels. Pas moins de 35 milliards f Cfa ont été récoltés à ce jour dont 20 milliards au niveau national.
La 10 avril 2020, 18 jours seulement après l’appel lancé par le Président de la République à des souscriptions pour appuyer la lutte de l’Etat contre la pandémie du coronavirus, le ministère des Finances et du Budget faisant le point sur les contributions au fonds Force Covid-19 révélait qu’elle s’élevait à 29 627 100 104 FCfa. Un montant exceptionnel qui indiquait à quel point l’appel de Macky Sall avait suscité une très forte adhésion.

5,4 milliards de FCFa en cinq mois

Dans le détail des versements reçus par le Trésor public pour le compte du fonds Force Covid-19, on apprenait que les donateurs au niveau national, à savoir les Sénégalais individuellement pris, les établissements publics, le secteur privé (nationaux et étrangers) avaient contribué à hauteur de 14 627 100 104 FCfa. Et que du côté des partenaires au développement, la Banque ouest africaine de développement (Boad) s’était signalée de fort belle manière avec une contribution de 15 milliards FCfa.
Aujourd’hui, cinq mois après, on apprend que les contributions se poursuivent de plus belle dans le compte bancaire
SN0000100100000006025215/code bic Bceau BCEAOSNDA intitulé « compte spécial fonds coronavirus/Covid-19 » ouvert au nom du Trésorier général du Sénégal dans les livres de la Bceao. En effet, la plus récente contribution, d’un montant de 500 000 FCfa qui est intervenue, avant-hier (lundi) a permis de faire franchir l’enveloppement des « nationaux » (14 627 100 104 FCfa) la barre des 20 milliards FCfa. En somme, entre avril et septembre, 5,4 milliards de FCfa ont été récoltés. Yakham Codou Ndendé MBAYE

Akilee, Ces, Powercom : Pape Demba Bitèye passe en revue les arguments avancés contre lui

https://directnewsinfo.com Attaqué sur plusieurs fronts, le Directeur général de la Senelec semble ne pas se soucier des sorties de ses « partenaires en affaires » et garde le cap pour dit-il défendre les intérêts de sa maison, la Senelec. En effet, l’ingénieur se dit condamné à réussir, lui le diplômé de l’École Supérieure Interafricaine de l’Électricité de Bingerville (Côte d’Ivoire) qui a intégré la Senelec en septembre 1998

Akilee, le décompte d’un contrat

Le droit des affaires consacre les relations entre filiales et maison mère. La filialisation des activités de la Senelec à travers des structures comme Akilee répondait plus à un souci de disposer d’un savoir-faire non disponible en interne afin de disposer de plus-value sur les produits et services. Face à l’augmentation du coût de l’énergie, la Senelec a dû revoir en interne les postes de dépenses dans le cadre d’une opération de « cost killing » pour non seulement atténuer la hausse survenue, mais permettre à la compagnie d’électricité de recouvrer une bonne marge pour réussir à revenir à une tarification plus soutenable pour les ménages. Il fallait pour cela, revenir sur les engagements financiers de la Senelec et aller vers des économies à milliards. Le partenariat avec Akilee en projection menait la Senelec vers des coûts d’achats de compteurs intelligents avec un différentiel de près de 15 000 frs par compteur. Ce montant rapporté à 3 millions de compteurs représente un montant de plus de 23 milliards. Le choix a été vite fait , entre « la préférence nationale » et protéger les intérêts de la nation. Ce qui semble être reproché à la Senelec s’est d’avoir fait le choix de se fournir chez un prestataire en l’occurrence Powercom, au détriment de la relation contractuelle avec Akilee. Mais, le problème de Akilee, c’est qu’elle ne produit pas de compteur, elle fait ce qu’on nomme en jargon national du « Rangou ». Pour la Senelec, il ne s’agit pas de « préférence nationale » mais de « défendre les intérêts d’une société nationale », car ce que Akilee ne dit pas, c’est qu’elle est en position de revendeur des compteurs intelligents et que son fournisseur a même fait des offres à la Senelec, et les prix étaient plus compétitifs que ceux proposés par Akilee tout en restant supérieurs au tarif de Powercom. Il faut rappeler que l’engagement de la Senelec avec Akilee, c’est un coût de 186 milliards sur 10 ans.

Akilee, un savoir-faire remis en cause

Le Directeur général de Akilee a loué dans les médias un système développé par sa boite. Il a aussi plaidé le fait de ne pas laisser entre les mains d’étrangers le système de contrôle des compteurs et le dispositif de fourniture d’énergie. Il semble avoir été pris au mot, car le boss de la Senelec a décidé de reprendre en main le système en question et d’en laisser le contrôle aux cadres de la maison. Déjà, 12 000 abonnés ont été intégrés à ce système amélioré en interne, et a eu le mérite de remobiliser les cadres de la boite autour d’un projet qui permettra à la Senelec, dans le même souci d’aller vers une rationalisation des dépenses, d’arriver à une baisse des prix des factures des ménages. C’est plus de 10 milliards ainsi recouvrés par la Senelec pour une solution qui en plus avait été acquis en 2015 sur financement de la Banque Mondiale.

Akilee une mise en scène presque parfaite

Amadou Ly, s’exprime beaucoup et se dévoile chaque jour un peu plus. Son argument visant à justifier le contrat de 180 milliards en réduisant les pertes commerciales et charges d’exploitation de 500 milliards en 10 ans, semble ne pas tenir la route, car des cadres de la maison informent que ces chiffres émanent de Amadou Ly « himself » dans le cadre d’une mission de consultance qui l’a mené à la Senelec. En effet, le loup était dans la bergerie et en a profité pour renifler les bons coups avec le cabinet PMC. PMC qui fut le cabinet-conseil qui a proposé à la Senelec sa stratégie prospective sur un horizon à moyen terme. Le Boss de PMC, Victor Ndiaye se retrouve actionnaire de Akilee…chercher l’erreur. Quand Amadou Ly se permet de déclamer que c’est la Senelec qui a pris des parts dans Akilee, une société avec pour actionnaire sa personne, Victor Ndiaye et Samba Laobé Ndiaye, le crime est avoué. Akilee est née d’une idée de projet, un embryon qui a vu le jour grâce à la Senelec qui lui a transmis l’ensemble de ses gênes et dans sa constitution, notre patrimoine se retrouve minoritaire de son propre bébé. Aussi quand Amadou Ly se présente comme le porteur du projet à travers « Ines » quid de Victor Diagne et de Samba Laobé Diagne ? Pourquoi ce partage à trois ? Quel est l’apport des deux autres actionnaires au moment de la mise en place de la société ? Un dossier qui au-delà du règlement des différends contractuels, devrait de se retrouver sur la table du procureur, car il dégage un délit d’initié et une compromission à plein nez.

La CES en défaut pendant 10 ans

La Compagnie d’électricité du Sénégal, CES a rué sur les brancards pour dénoncer une ardoise de 47 milliards sur un an. Ce que la CES ne dit pas, c’est que le passif de cette société auprès de la Senelec est lourd de retard sur les délais de réalisation et de déficit de production. L’exploitant de la Centrale à charbon de Bargny doit plus de 65 milliards à la société nationale d’électricité. En effet, la sortie de la CES cache mal les manquements dénoncés par la Senelec, des pannes récurrentes dont une qui s’est produite du 21 octobre 2018 au 19 juillet 2019 et un défaut de respect de la fourniture de 922.000 mégawatts/heure par an. Le plus cocasse, c’est que la centrale n’aura produit que 400.000 mégawatts/heure sur 4 ans soit un déficit de 3.200.000 mégawatts/heure sur la même période. Une situation qui devrait pousser le Directeur général de la Senelec à saisir la justice pour dénoncer ce contrat et se libérer ainsi de ses engagements pour défaut de production et menace à la stabilité de la fourniture d’énergie, cause de nombreux soulèvements populaires au Sénégal. Car il est impensable qu’un tel promoteur puisse se permettre de réclamer des factures à la Senelec et de continuer à réaliser des prestations pour la société nationale d’énergie avec de tels manquements.

Un engagement dans le Macky

Pape Demba Biteye est  confiant devant les défis de la  Senelec. Jetant un regard sur le rétroviseur, il ne manque pas de saluer le chemin  parcouru depuis les périodes sombres rythmées par les délestages. Pour le Directeur général de la Senelec, la  « vision de génie » du Chef de l’État a permis de résorber le déficit de production, d’améliorer la distribution et de sécuriser l’approvisionnement. Il parle avec émotion d’une phrase lancée par son fils lors d’une coupure d’électricité, « les coupures de Macky Sall ne durent pas, le courant va bientôt revenir ». Une phrase déclic, qui sonnera son engagement politique, lui le Chef de Projet Énergie du PSE, à accompagner le Macky dans « sa volonté de faire du Sénégal un pays Emergent ». Car l’enfant de Ndangane aime à rappeler les réalisations sous le Macky avec le raccordement de plus de 3.000 villages depuis l’arrivée du Chef de l’État, alors que seulement 1.600 villages disposaient de l’électricité de 1960 à 2012, sans oublier la place des énergies propres dans la production de la Senelec. En parfaite synergie avec son ministre de tutelle Mactar Cissé, le DG de la Senelec se dirige vers la réalisation de la plus grande centrale d’énergie selon les  orientations du Chef de l’État et cela par la mobilisation du génie sénégalais.   Pape D. FAYE

Massar,demain Macky Sall à Keur

https://www.dakarmatin.com Selon les informations de Libération online, le Président Macky Sall va visiter les zones inondées de la banlieue, demain. Il sera, entre autres, à Keur Massar où son service de reconnaissance a été aperçu ce mercredi. Pour rappel, Ousmane Sonko et Bougane Guèye Dany s’étaient rendus à Keur Massar, une zone fortement touchée par les inondations.

Bilan des inondations : 11 régions touchées,16 798 personnes sinistrées,65 familles déplacées,7 morts

https://www.dakarmatin.com Suite à une évaluation de terrain menées par les équipes de la Croix-Rouge sénégalaise (SRCS), ReliefWeb, un service d’information humanitaire du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a révélé le bilan catastrophique des inondations au Sénégal. Il fait état de 11 régions touchées dont 25 départements, 16 798 personnes touchées, 365 familles  personnes déplacées, 7 morts.
(Rapport) – Le Sénégal a connu une saison très pluvieuse en 2020 avec des précipitations dépassant le montant habituellement reçu. Les pluies enregistrées début septembre ont conduit à des inondations dans la quasi-totalité du territoire, notamment dans les régions de Dakar et de Thiès, provoquant des dégâts matériels, la destruction des moyens de subsistance des sinistrés, la mort, etc.
Au 7 septembre 2020, toutes les régions du Sénégal ont enregistré un excès de précipitations par rapport à la normale, allant de 100 mm à 1900 mm selon la zone géographique. Les régions de Dakar et Thiès ont enregistré 800 mm de précipitations principalement dans les banlieues de la capitale et dans le département de Thiès.
Les fortes pluies ont touché 11 régions dont 25 départements, provoquant le déplacement de près de 3 285 personnes représentant 365 familles dans la banlieue de Dakar et le département de Thiès. Dans ces régions, les populations ont été chassées de leurs foyers par les inondations. Nous pouvons remarquer des rues gorgées d’eau, des quartiers entiers inondés et des ponts détruits, enclavant certaines localités ou communautés. En raison d’un accès difficile, certaines communautés n’ont pas pu être atteintes par les services d’urgence.
Ces informations issues des évaluations de terrain menées par les équipes de la Croix-Rouge sénégalaise (SRCS) révèlent une situation critique pour 16 798 personnes touchées (5 879 hommes et 10 919 femmes). Parmi eux 640 enfants de moins de 5 ans, 216 femmes enceintes / allaitantes, 72 personnes handicapées, 533 personnes âgées.
Les dégâts matériels font état de 102 maisons détruites, 230 latrines détruites et de nombreux équipements et biens emportés, en plus d’environ 7 morts sur tout le territoire et 4 dans les régions de Thiès et de Dakar dont un secouriste volontaire de la Croix-Rouge (électrocuté ) du comité local de Rufisque (banlieue de Dakar) survenu lors des opérations de sauvetage et de deux autres personnes dont un garçon de 10 ans emporté par l’effondrement du bâtiment et du mur d’enceinte, suite à une montée rapide des eaux.
Les catégories les plus touchées sont les femmes, en particulier les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans, les personnes âgées et les personnes handicapées qui vivent dans des abris de fortune et des maisons inondées avec un accès limité aux services essentiels.
Les autres zones qui ont reçu de fortes pluies comprennent les départements de Matam, Kanel, Ranérou, Saint-Louis, Podor,Dagana, Kaolack, Nioro, Mbacké, Sedhiou, Tambacounda, Kolda, Velingara, Bambey, Diourbel, Tivaouane, Mbour,Kaffrine, Mbirkilane , Fatick et Foundiougne.

Rencontre entre Sonko et le Dg de l’Onas : Moustapha Diakhaté décèle un ‘‘problème’’

iGFM – (Dakar) Ousmane Sonko et Lansana Gagny Sakho, Dg de l’Onas, vont se voir le vendredi prochain pour parler du plan décennal de lutte contre les inondations. Mais, pour Moustapha Diakhaté, une telle chose n’est pas prévu par les textes. Il explique pourquoi, dans cette tribune que nous vous proposons.
«Relations entre les pouvoirs exécutif et législatif : une rencontre de travail entre un directeur et un député n’est pas prévue par le règlement intérieur de l’assemblée nationale.
Dans le cadre sa mission du contrôle de l’action du gouvernement et en vertu du régime de la séparation des pouvoirs, un député, pris individuellement,  ne peut interroger qu’un ministre selon les trois modes de saisine que sont : les questions d’actualités,  les questions écrites et les questions orales.
Ces questions  doivent être, au préalable, déposées à la Présidence de l’Assemblée nationale qui se charge, à son tour, de les transmettre au Ministre chargé des relations avec les Institutions. Elles ne sont adressées qu’aux seuls membres du gouvernement.
Etant représentant de la nation, un Elu de la République, le député doit, constamment, avoir à l’esprit le respect du Règlement intérieur dans ses initiatives et actions parlementaires.»

Rébellion au SUTSAS : La section SUTSAS de FANN, Albert ROYER, ENDSS et ENTSS désavoue Mballo Dia Thiam

https://www.dakaractu.com Dans un communiqué rendu public dont nous vous proposons l’intégralité, les sections syndicales SUTSAS de Fann ENDSS, ENTSS et Albert Royer se désolidarisent des positions de Mballo Dia Thiam du Sutsas et exigent l’application du système LMD dans les écoles de formation de santé.

Voici le communiqué :

Les sections SUTSAS de FANN, ENDSS, ENTSS et Albert ROYER se désolidarisent totalement des positions de Mballo DIA THIAM du SUTSAS et réaffirment leur ancrage dans la Convention des Professionnels de la Santé (CPS) pour exiger l’application intégrale du système LMD (Licence-Master-Doctorat) dans les écoles de formation en sciences de la santé et action sociale et leur rattachement à l’enseignement supérieur conformément aux directives de la CEDEAO.
Le sieur Mballo DIA THIAM, retraité syndicaliste devrait avoir l’honnêteté et la loyauté de soutenir ses camarades qui ne demandent que l’alignement du Sénégal aux normes communautaires. Nous rappelons au sieur THIAM que l’Etat du Sénégal, après une implication au plus haut sommet de ses experts (Universitaires, Enseignants des écoles de formation paramédicales) dans la rédaction des curricula de formation harmonisés dans l’espace CEDEAO, a signé l’ensemble des directives obligeant tous les pays membres à harmoniser la formation dans les sciences de la santé et de l’action sociale avec le relèvement des niveaux de recrutement au baccalauréat de toutes les sections de premier cycle et le basculement à l’enseignement supérieur à l’image de tous les autres pays de la sous-région.
Par ailleurs nous rappelons au sieur THIAM que le Ministre de la Santé et de l’Action Sociale par lettre n° 5676 du 16 Mai 2018 en annexe avait déjà, en application des normes de la CEDEAO, donné des directives au Directeur de l’ENDSS pour l’application du système LMD.
Le sieur THIAM ignore le régime des écoles de formation publique pour l’accès à l’Autorité Nationale d’Assurance Qualité pour l’Enseignement Supérieur (ANAQSUP). En effet l’ENDSS est une école de septième catégorie donc sous le régime de l’autorisation de délivrer des diplômes qui ne sont pas de l’enseignement supérieur. Donc la modification du décret de l’ENDSS avec statut d’établissement de l’enseignement supérieur s’impose pour être habilité à la délivrance de Licence-Master-Doctorat.
Par conséquent on ne peut pas faire du supérieur étant dans le ministère de la santé car ce dernier n’a pas la vocation de formation de Licence- Master- Doctorat. Nous demandons au sieur THIAM de nous montrer un exemple de pays dans le monde où ces formations de LMD sont sous la tutelle d’un Ministère de la santé.

Pourquoi Il Faut Brûler Le CESE

http://www.walf-groupe.com Le Conseil économique et social du royaume chérifien a été à l’origine de la préférence nationale décrétée par le gouvernement marocain.
En effet, dans son dernier rapport, intitulé :  La commande publique Levier stratégique de développement économique et social, le Ces rappelle que la commande de l’Etat représente l’équivalent de 24 % du Pib. «Ainsi, il est nécessaire de promouvoir l’accès des Pme aux marchés et l’accroissement de la valeur ajoutée produite localement», souligne le Ces (Voir par ailleurs). Voilà une institution utile pour son pays. Tout le contraire de notre fameux Conseil économique, social et environnemental (CESE).
L’utilité de cette institution, dont le budget toise les 7 milliards de francs, est plus que douteuse. En effet, du temps du Ps à nos jours, le CESE n’a jamais été à l’origine d’une initiative semblable à celle du Ces marocain, du point de vue économique, environnemental et social.  Ceux qui se sont succédé à la tête de cette institution n’ont jamais pu lui faire jouer son véritable rôle.
Habib Sy, qui fut directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade, disait dans un entretien accordé à WalfQuotidien, qu’il n’avait jamais vu ce dernier jeter un coup d’œil sur les différents rapports du CESE. En définitive, cette institution considérée comme budgétivore n’est rien d’autre qu’un refuge pour caser des alliés politiques.Charles G.DIENE

LA CAMPAGNE SÉNÉGALAISE POUR LA DÉFENSE D’AL-QODS ET LA PALESTINE REJETTE LA NORMALISATION DES RELATIONS ENTRE ISRAËL ET DEUX ETATS ARABES

Dakar, 16 sept (APS) – La Campagne sénégalaise pour la défense d’Al-Qods et la Palestine fait part de son « rejet total » de l’officialisation de la normalisation des relations entre Israël et les Emirats Arabes Unis d’une part et Bahreïn d’autre part.
Dans un communiqué transmis à l’APS, « la Campagne sénégalaise pour la défense d’Al-Qods et la Palestine confirme son rejet total de l’officialisation des relations diplomatiques, politiques, économiques et sécuritaires entre l’entité (…) occupant d’Israël et les Emirats Arabes Unis d’une part et Bahreïn d’autre part ».
Israël a formellement signé, mardi, à Washington, des accords de normalisation avec les Émirats Arabes Unis et Bahreïn, accords conclus récemment sous l’égide des États-Unis.
La Campagne sénégalaise « déclare son soutien sans faille et sa position sans ambiguïté en ce jour triste pour le monde dit libre et nos frères et sœurs en Palestine occupée et dans la diaspora disséminée partout dans le monde ».
Elle dénonce « la normalisation de l’humiliation et de l’indignité dont l’objectif, entre autres, est d’anéantir tous les sacrifices consentis pendant plus de 70 ans (…) ». Pour la Campagne, « ces accords sont considérés comme une trahison, une agression, un acte criminel qui porte atteinte aux droits du peuple palestinien et à son autodétermination ».
La Campagne sénégalaise pour la défense d’Al-Qods et la Palestine invite « les Nations musulmanes et celles éprises de paix et de justice » à dénoncer ces accords.OID/AS

LAMINE DIACK CONDAMNÉ À 4 ANS DE PRISON DONT DEUX FERME

Dakar, 16 sept (APS) – L’ancien président de l’IAAF, le Sénégalais Lamine Diack, a été condamné mercredi à 4 ans de prison dont deux ferme pour corruption, dans l’affaire de dopage des athlètes russes.
M. Diack, 87 ans, était jugé par la 32e chambre correctionnelle de Paris pour corruption active et passive, blanchiment en bande organisée et abus de confiance.
L’ancien président de l’IAAF (1999-2015), assigné à résidence dans la capitale française depuis 2015, a été également condamné au paiement d’une amende maximale de 500 000 euros.
Diack qui a la possibilité de faire appel, était jugé pour avoir permis de retarder, à partir de fin 2011, des procédures disciplinaires contre des athlètes russes soupçonnés de dopage sanguin en échange de financements de Moscou.
Il était accusé d’avoir permis, aux côtés de cinq autres personnes dont son fils Papa Massata, d’avoir retardé des sanctions contre des sportifs russes soupçonnés de s’être dopés
Lors de son procès en juin, les procureurs du Parquet financier de Paris (France) avaient requis quatre ans de prison ferme contre lui.
Ancien député, ex-maire de Dakar, Lamine Diack a reçu de nombreuses manifestations de solidarité au Sénégal.Il a dirigé l’IAAF de 1999 à 2015.OID/SD

Me Simon Ndiaye (Avocat Lamine Diack) : «Cette décision est inhumaine… Cette justice a voulu faire de la morale et non pas du droit »

https://www.dakaractu.com L’un des avocats de Lamine Diack, Me Simon Ndiaye, inscrit au barreau de Paris, s’est prononcé juste après la proclamation de la peine de son client condamné en première instance à 4 ans dont 2 avec sursis en plus d’une amende de 500.000 euros.
Selon Me Ndiaye : « Nous vous annonçons tout de suite que la défense de Mr Diack va faire appel de cette décision. Cette décision est injuste et inhumaine. Elle est injuste parce que le tribunal a cherché à faire dans le politiquement correct en se servant de Mr Diack comme un bouc émissaire. En lisant cette décision le tribunal nous a montré qu’il n’a fait qu’épouser de façon entière la thèse du parquet », s’est-il désolé devant la presse internationale.
Mieux, l’avocat de la défense estime que : «  Aucun élément présenté par la défense n’a été écouté. Toutes les thèses du parquet ont été épousées sans recul. Alors que le parquet à la fin du réquisitoire avait dit : « J’ai des doutes. »  Aujourd’hui nous avons un tribunal qui n’a plus de doutes, nous avons un tribunal avec des certitudes. » Une manière de charger un peu plus le tribunal dont le manque d’impartialité a été maintes fois décrié par les conseils de l’ancien patron de l’IAAF.
Dans cette lancée, Me Simon Ndiaye qui s’exprime ainsi en présence du principal concerné, Lamine Diack, de poursuivre : « Nous avons noté plusieurs incohérences, notamment quand on nous dit qu’il y’a eu des financements de campagne mais que dans le même temps on nous dit qu’il n’y a aucune trace de ce financement-là. On nous dit qu’il y a abus de confiance, que 15 millions de dollars auraient été détournés par le biais de contrats. Mais ceux qui ont signé le contrat ne sont pas mis en cause.
Les bénéficiaires des contrats ne sont pas mis en cause, ceux qui travaillent pour Mr Diack, il y’en a aucun qui est poursuivi dans le cadre du marketing. »
Enfin, tel qu’annoncé par Me Moussa Sarr un peu plus tôt, depuis Dakar, Me Simon Ndiaye d’annoncer qu’ils comptent faire appel. « Cela est profondément injuste. Cette justice a voulu faire de la morale et non pas du droit. Et, c’est dangereux ! C’est pour ça que nous allons contester cette décision en faisant appel » a-t-il martelé.

 Réfection retardée, eau coupée,… : le stade Senghor à l’agonie

https://www.dakarmatin.com La réhabilitation du stade Léopold Senghor avait été annoncée en novembre 2018, donc bien avant l’arrivée du coronavirus. Aujourd’hui, comme par hasard, le prétexte de cette pandémie est brandi pour expliquer le retard des travaux de ce «temple» du football sénégalais complètement à l’agonie.
Nos confrères de wiwsport.com, camé­­­­­­­­­ra en main, ont fait un tour au stade Léopold Senghor. Au vu des images, le décor est insoutenable, du dehors comme à l’intérieur, où l’insalubrité et l’inondation sont de mise. Une situation pas du tout surprenante pour le plus grand stade du pays où tout est à refaire. De la pelouse aux projecteurs, en passant par les vestiaires, la toiture et les tribunes, entre autres chantiers.
Interpellé par nos confrères, le directeur des Infrastructures au ministère des Sports, Cheikh Tidiane Sarr, prend prétexte de la pandémie. Selon lui, la raison du retard dans la rénovation du stade Léopold Senghor est due aux partenaires chinois qui devaient faire le déplacement pour entamer les travaux, mais qui sont bloqués chez eux par le Covid-19.
Il est vrai que la pandémie a bon dos. Mais il faut aussi noter que cela fait maintenant près de deux ans que le stade Senghor est fermé. Depuis rien n’a bougé à part des promesses venant des autorités sportives, mais toujours pas respectées.
Pourtant, au moment de la fermeture du stade, on était loin du coronavirus qui s’est installé à Dakar en mars dernier. Pourquoi les travaux n’ont pas débuté entre temps ; surtout au moment où les Chinois étaient présents à Dakar et souvent en visite de chantier au stade ? Y a-t-il eu des blocages dans les termes du partenariat ? Ce sont les grandes questions qui rebondissent sur le gazon.

La Convention avec la Chine signée depuis novembre 2018

On imagine du coup les conséquences pour une infrastructure aussi grande comme le stade Senghor, restée fermée pendant de longs mois avant d’être «achevée» par les Navétanes et la lutte.
Et du coup, les premiers impactés directement sont évidemment les employés. En effet, Le Quotidien a appris que les membres du personnel sont restés trois mois sans salaires. Avant d’être envoyés tous en chômage technique (c’est à la mode) ; avec le même prétexte  : la pandémie. Pire, l’eau est coupée depuis, nous souffle-t-on.
Pour rappel, l’Etat du Sénégal et celui de la Chine ont signé depuis novembre 2018, une Convention pour la réhabilitation du stade Léopold Sédar Senghor, mais aussi de trois stades régionaux  : Ely Manel Fall de Diourbel, Aline Sitoé Diatta de Ziguinchor et Lamine Guèye de Kaolack. 40 milliards Cfa sont prévus pour la réalisation de ces travaux. La moitié de ce budget (20 milliards) doit être allouée uniquement pour la réfection du stade Senghor.

Le début des travaux était prévu… en juin 2019

Après la signature de cette Convention, le ministre des Sports, Matar Ba, s’était fixé un deadline. «Quand nous avons décidé de signer une convention, cela veut dire que l’aspect technique est déjà bouclé. Main­tenant, il nous reste le lancement de l’appel d’offres au niveau de la Chine pour qu’une entreprise vienne au Sénégal pour démarrer les travaux des quatre stades régionaux. Ça va se faire très rapidement. En début d’année 2019, avant même juin 2019, nous aurons terminé le processus et démarré les travaux», avait promis Matar Ba. Aujourd’hui on est en septembre 2020, toujours rien n’est fait !SOURCE PAR HYACINTHE DIANDY

FLAGRANTS DÉLIRES – AINSI PARLAIT ABDOULAYE MAKHTAR DIOP

NETTALI.COM – Théoricien de la non-limitation des mandats du président de la République, Abdoulaye Makhtar Diop est rattrapé par la publication d’une vidéo où il soutient le contraire.
Depuis la réélection de Macky Sall en 2019, le débat sur la limitation des mandats du président de la République jouit d’une grande surface rédactionnelle dans les médias. Outre Serigne Mbacké Ndiaye et l’ancien Premier ministre Boun Abdallah Dionne, une autre personnalité de la mouvance présidentielle, en l’occurrence Abdoulaye Makhtar Diop, plaide pour que saute le verrou.
En clair, dans un entretien avec Dakaractu, celui qui est, par ailleurs, Grand Serigne de Dakar, croit savoir que l’on doit donner au chef de l’Etat assez de temps pour parachever sa mission.
Le cinquième vice-président à l’Assemblée nationale pense que tout homme d’Etat doit s’ériger contre la limitation des mandats du président de la République. A cet égard, il préconise la tenue d’un référendum afin de recueillir l’avis du peuple sénégalais. « Et si le Oui l’emporte sur le Non, dans ce sens on pourra limiter le mandat du président de la République », proposera-t-il.
En tenant ces propos, Abdoulaye Makhtar Diop ignorait peut-être qu’il avait défendu le contraire, dans une vidéo, devenue virale dans les réseaux sociaux. Dans cet élément, le Grand Serigne de Dakar, interrogé sur la question du 3e mandat, se montre intransigeant. « Non non, ça vraiment, moi je pense que ça doit être le consensus fort du Sénégal, si nous voulons être un exemple en Afrique.  Tout président qui exerce deux mandats successifs doit se retirer. Il ne faut pas toucher la constitution sur ce plan. En tout cas moi Abdoulaye Makhtar, qui touche à la constitution, tu m’auras en face », déclare l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, sous le magistère de Abdou Diouf.
Ce dernier a suscité une vive réaction des internautes, qui fouillent dans son passé de ponte du Parti socialiste, à l’époque du quasi monolithisme d’Etat, pour soutenir qu’il n’a jamais été un démocrate. Même l’histoire des Tontons Macoutes, ces nervis du Ps, est exhumée pour descendre en flammes Abdoulaye Makhtar Diop, dont on ne peut comprendre le rétropédalage subit sur cette question aussi sensible.
A travers cette sortie, l’ancien ministre de Abdoulaye Wade donne raison à ceux qui pensent qu’il avait rejoint le régime libéral, au lendemain de la chute du Ps, uniquement pour les lambris dorés du pouvoir. Abdoulaye Makhtar Diop, qui est témoin des scènes de violence notées avant la présidentielle de 2012, ne doit-il pas adopter la posture du sage colombe ? Après tout, il est un commis de l’Etat, en plus d’être le Chef Supérieur de la Collectivité léboue. A cet égard, la situation qui prévaut en Guinée Conakry et en Côte d’Ivoire ne devrait-elle pas l’amener à jouer un rôle de veille et d’alerte pour prévenir les dangers qui guettent la sous-région ouest-africaine ?
De plus, comment engager les deniers publics dans la tenue d’un référendum dispendieux, alors que l’économie sénégalaise souffre des contrecoups néfastes de la hausse du prix du baril de pétrole, de certains choix du gouvernement, du coronavirus et des inondations ?
Des observateurs de la scène politique sénégalaise, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, relient la proposition du Grand Serigne à une stratégie bien élaborée par le pouvoir pour préparer psychologiquement les Sénégalais à la perspective d’un revirement spectaculaire, comme ce fut le cas au référendum de 2016, quand Macky Sall n’honora pas sa promesse  de réduire son premier mandat de sept à cinq ans.
Il convient de rappeler que le jour de la Korité, en 2015, ce fut l’imam ratib de la Grande mosquée de Dakar, qui lança le ballon de sonde, en conseillant au chef de l’Etat de faire un mandat de sept ans. L’Histoire est-elle en train de se répéter ?

ENQUETE SUR LES FONDS DESTINES AUX INONDATIONS – NIASS DIT NON AUX DÉPUTÉS DE L’OPPOSITION

NETTALI.COM  – Il n’y aura pas de commission d’enquête, ni d’audition des ministres en charge de la gestion des inondations. Le bureau de l’Assemblée nationale présidée par Moustapha Niass s’y est opposé
Les députés du Parti démocratique sénégalais (Pds), membres du groupe “Liberté et Démocratie” avaient adressé une lettre au bureau de l’Assemblée nationale pour demander la tenue d’une session extraordinaire. Objectif : convoquer tous les ministres engagés dans la lutte contre les inondations. Serigne Mbacké Bara Doly, président du groupe “Liberté et Démocratie” et ses collègues voulaient ainsi avoir des explications sur l’utilisation des fonds destinés au Plan décennal de lutte contre les inondations et que certains estiment à plus de 750 milliards de francs Cfa.
Ce mardi, le bureau de l’Assemblée nationale s’est réunie pour étudier la question. Mais l’opposition n’a pas eu ce qu’elle voulait. “C’est Moustapha Niass qui a dit non“, révèle Cheikh Abdou Bara Doly Mbacké, député membre de la Convergence démocratique Bokk Gis Gis n. En lieu et place, les députés de Benno Bokk Yakaar, largement majoritaires dans le bureau de l’Assemblée, ont proposé la mise sur pied d’une mission d’information dirigée par Seydou Diouf. Selon Cheikh Abdou Bara Doly Mbacké, c’est une façon d’écarter la commission de l’Aménagement du territoire dirigée par l’opposant Mamadou Lamine Diallo. “La commission voulait même se rendre dans les zones inondées, mais Moustapha Niass nous a appelés pour nous demander d’attendre l’autorisation de l’Assemblée“, se désole Cheikh Abdou Bara Doly Mbacké, membre de ladite commission.

SONKO-BOUGANE – LA GUERRE DES NOVICES

NETTALI.COM  – Après la brève entente de l’après-présidentielle de 2019, Bougane Gueye Dany et Ousmane Sonko se livrent à une guerre médiatique sans merci. Pourtant, ces joutes verbales auraient pu être évitées si les deux hommes avaient preuve d’un peu plus de tact. 
Malgré la grande détresse des populations sinistrées, les zones inondées de Dakar sont devenues un champ de bataille pour les acteurs politiques. Mais alors que l’on s’attendait à joutes verbales entre pouvoir et opposition, ce sont plutôt les opposants qui se donnent en spectacle. Particulièrement Ousmane Sonko, leader de Pastef-Les Patriotes, et Bougane Gueye Dany, chef de file du mouvement Gëm sa bopp, mais surtout patron du groupe de presse D-media
Tout commence le mercredi 9 septembre dernier. Ce jour-là, le député Ousmane Sonko accompagné des responsables de son parti fait le tour des zones inondées de la banlieue de Dakar. Le leader de Pastef en profite pour casser du sucre sur le dos du pouvoir de Macky Sall. Il accuse le chef de l’Etat d’avoir trahi les Sénégalais. Quelques heures après Sonko, c’est Bougane Gueye Dany qui investit la banlieue. Aux populations sinistrées, il octroie vivres, moto-pompes et carburant. Le patron de D-media en profite pour lancer quelques salves aux hommes politiques. Ils les accuse de politiser les souffrances des sinistrés. Pourtant, il fait exactement ce qu’il reproche aux autres. Sa visite en banlieue est particulièrement médiatisée. Elle est même retransmise en direct sur les réseaux sociaux.
Mais puisque le mot est lâché, il y a forcément quelqu’un qui se sent visé. Ousmane Sonko profite de sa visite à Ziguinchor pour lancer la réplique. Sans le nommer, il met Bougane Gueye Dany dans le lot des opposants de circonstances qui flirtent même avec le pouvoir de Macky Sall. Qui se sent morveux se mouche. Le patron de D-media sort un texte au vitriol contre Sonko. Cette fois-ci, il le cite nommément l’accusant d’avoir la mémoire courte. La réponse du chef de Pastef n’est pas encore tombée, mais la “dispute” fait des dégâts notamment sur les réseaux sociaux.
Pourtant, avec un peu de tact de part et d’autre, ce différend aurait pu être évité. Puisque dans le fond, il n’y a rien de bien sérieux. Mais les deux se sont comportés en vrais novices, ouvrant des fronts inutiles.
Toutefois, les élections locales qui se profilent à l’horizon semblent pousser Ousmane Sonko à l’offensive. Histoire de se positionner comme le vrai défenseur des populations en face d’un pouvoir et d’une opposition qui sont dans le deal permanent. Ce que lui conteste le chef de fil de Gëm sa bopp. Mais ce dernier se sait aussi surveillé. Certains l’accusent de désormais flirter avec le régime de Macky Sall. Le chef de l’Etat l’aurait même reçu en audience. Ceci explique-t-il cela ?

IDIOVISUEL, LA CHRONIQUE MEDIA DE NETTALI.COM – DANS LE YOYO DES CHIFFRES

NETTALI.COM – Manque de transparence ou incompétence en communication ?  Une réponse difficile à fournir d’autant plus que le gouvernement n’a jamais vraiment brillé sur la question communication. Il ne s’est pas non plus toujours montré transparent sur certains sujets sur lesquels pourtant il avait l’obligation de rendre compte aux gouvernés. Ce qui lui vaut parfois des crises qu’il aurait pu éviter
Cette volonté de ne pas communiquer amènent dès lors certains fouineurs à débusquer de petits secrets qui finissent par connaître un emballement médiatique. Quoi qu’il en soit, l’argument de catastrophe naturelle tant chantonné pour justifier les inondations, a du mal à passer puisque l’impression qui se dégage, est que la gestion rigoureuse et ardue du phénomène n’a pas vraiment été au rendez-vous.
La Rts a en tout cas essayé tant bien que mal d’assumer son rôle de toujours, en rendant compte des actions du gouvernement. Elle a ainsi interrogé des habitants de quelques quartiers afin de prouver que leurs lieux d’habitation ne sont plus inondés depuis que les travaux d’assainissement y ont été effectués  : Thiaroye Gouye Sapot, Yoff devant le domicile du khalife, Ouest-Foire, Rufisque au quartier Hlm, etc. Elle a ajouté à la fin du reportage que l’Etat compte poursuivre ses investissements. Sacrée RTS, jamais critique, toujours à prêcher la bonne parole. C’est la sainte des télés ! Mais qu’elle ne se trompe pas. Personne n’a jusqu’ici affirmé que le gouvernement n’avait pas investi, mais juste que ce qui a été fait, est infime par rapport à l’ampleur de la tâche. Elle doit garder à l’esprit que chaque Sénégalais dans sa localité, vit sa propre réalité. De fait, la frontière entre la communication et l’info, réside dans le fait que l’info doit présenter les faits en restant équilibrée. Or, la RTS a enjolivé le décor en présentant un Sénégal des inondations idyllique.
Mais là où elle a vraiment dépassé les limites puisque le Comité d’observation des règles d’éthique et de déontologie de la presse a relevé dans une note qu’elle a cherché à mettre au goût du jour, une ancienne visite de Macky Sall dans des zones inondées. Cherchait-elle à palier l’absence remarquée de Macky Sall dans les zones inondées ? “Source A” dans sa livraison du mardi 15 septembre n’a pas manqué de souligner ce fait : “Macky Sall, Moustapha Niasse, les deux Aminata – Ils refusent de se salir les pieds” La Rts a en tout cas été rappelé à l’ordre. «Dans son émission ‘’Saytu’’ en date du vendredi 11 septembre 2020, consacrée à la question des inondations, la télévision nationale, Rts 1 a montré des images du chef de l’Etat en visite nocturne dans des zones inondées. Or, il s’avère que cette visite remonte à 2012», a écrit le Cored qui ne manque pas de souligner à l’endroit de la chaîne  : «dans le contexte actuel, la diffusion de ces images est de nature à induire le téléspectateur en erreur en faisant croire que le président de la République est descendu sur le terrain, suite aux inondations survenues récemment dans le pays», avant de rappeler aux médias et aux télévisions en particulier «le respect du principe de « l’honnêteté vis-à-vis du téléspectateur». «Ce principe postule l’exactitude de l’information, mais aussi le non recours à des procédés de nature à induire le téléspectateur en erreur», ajoute le comité avant de souligner  : «dans le cas d’espèce, le principe de l’honnêteté aurait dû amener la Rts1 à donner une indication claire de l’origine et de la nature des images diffusées, c’est-à-dire préciser qu’il s’agit d’images d’archives de 2012, et par conséquent les accompagner de la mention ‘’Archives’’» Une remarque qui ne fait pas du tout honneur à la Rts. Elle n’a pas vraiment changé, elle est restée la même, immuable dans le temps.
Si ce n’est pas la RTS qui fait dans la communication, ce sont des débatteurs que le gouvernement envoie sur les plateaux télés alors que rendre compte est la chose la plus simple à faire. Informer le citoyen doit être la routine d’un gouvernement. Les Sénégalais ne sont pas juste intéressés par la feuille d’audience du Président ou de ses voyages aux sommets de la Cedeao. Ils ont également envie de savoir comment leurs deniers sont dépensés, la destination de ces dépenses, pourquoi, quand et où ? Voilà.

Les chiffres de Birima Ndiaye qui étonnent…

En fait d’être informé, Bouba Ndour était d’ailleurs bien étonné à « Jakarloo » de ce vendredi 11 septembre que cela soit Birima Ndiaye qui les informât après deux mois d’absence à l’émission. Le chroniqueur marquait son retour comme par enchantement. Ce qui a poussé « Fou malade » à lui balancer tout de go  : « tu ne nous as donné aucun chiffre. Ce sont des textos qu’on t’envoie (…) Je savais que tu serais là pour défendre le gouvernement parce que vous êtes en train de souffrir ». Il fallait bien que Birima tentât de  sauver les meubles. Une pierre évidemment dans le jardin des autorités dont il attendait des informations plutôt que du chroniqueur de la TFM. Et la comparaison que le directeur des programmes de la chaîne fut à Birima Ndiaye, n’était pas des plus sympas. La remarque était même légèrement condescendante pour ne pas dire assassine. Ndour a osé comparer Birima à la « bonne » qui répond à une question sur la dépense quotidienne, au maître de maison, alors que son épouse n’a pas su fournir une réponse.
Toujours est-il que le syndicaliste Ndiaye très en verve, a annoncé un chiffre de 764,5 milliards  dont l’ensemble n’était pas destiné aux eaux de pluie. Un montant arrêté selon lui au 13 décembre 2012 au King Fahd palace et dédié au plan décennal et réparti en 3 parties. Poursuivant, le tonitruant chroniqueur nous a appris que les ONG ont accepté de financer 66 milliards pour la gestion de 2012-2013 bien que 250 milliards eussent déjà été votés en vue du plan décennal. Il était aussi d’après lui,  prévu 72 milliards d’investissement  en 2020 qui n’ont pas pu être mobilisés à cause de la Covid ; 70 milliards pas encore votés pour 2021 et les investissements à venir pour 2022. Et Birima, de rappeler l’interrogation des journalistes qu’il a trouvée logique puisque ceux-ci se sont étonnés du fait que 8 ans se sont déjà écoulés alors que la moitié de l’argent n’a pas encore été débloqué.
Une intervention qui a fait sortir « Fou malade » de ses gonds  quand il dit  : « S’il y a des gens payés par les blancs (ndlr – allusion aux ONG étrangères) pour les défendre, il y a des gens payés par le pouvoir pour le défendre ».
Bouba Ndour ne s’en prendra pas seulement au gouvernement. Il s’interrogera aussi sur le rôle de l’Assemblée nationale. « Pourquoi l’Assemblée nationale ne suit pas les projets de l’Etat ? »,  interroge-t-il ; estimant au passage qu’eux ne font qu’une émission télévisuelle. « Ils doivent communiquer avec les gens au lieu de conserver les dossiers dans des tiroirs. Si Birima a sorti des chiffres, c’est parce que quelqu’un les lui a donnés. Ce ne sont pas des chiffres qu’on trouve dans la rue», dit-il. Et même s’il souligne des avancées sur la question des inondations, Bouba n’a pas manqué de se demander où se trouve la vérité des chiffres fournis
Pour un talk-show, même si les choses étaient dites avec le sourire, il y avait comme une sorte d’ambiance malsaine et de concurrence latente très perceptible avec des coups au-dessous de la ceinture. Une sorte de règlements de comptes qui ne dit pas son nom. Quelque chose ne devait pas bien aller entre Bouba, « Fou malade » d’un côté et  Birima Ndiaye de l’autre. En même temps, l’on peut ressentir beaucoup de narcissisme qu’on peut résumer par le souci de vouloir briller plus que l’autre ! Et pourtant l’objectif de l’émission n’est rien d’autre que d’informer le téléspectateur.
Lansana Gagny Sakho a apporté des précisions à l’émission « Jury du Dimanche » par rapport au montant alloué au Plan décennal de lutte contre les inondations ( PDLI).  « Quand vous faites un plan, vous dites j’ai envie de mobiliser telle somme. En l’espèce, ce n’est même pas 750 milliards, c’est 764,5 milliards », a précisé le Directeur général de l’Onas. Poursuivant, il a renseigné que ce plan est structuré en 3 estrades à savoir 5,5 milliards pour l’aménagement du territoire, 483 milliards de francs CFA pour la structuration et les logements et 276 milliards pour la gestion des eaux pluviales. Et l’Onas intervient dans le dernier point énuméré. « Je mets au défi Ousmane Sonko. S’il vient à l’Onas lundi, je lui montre, pièce par pièce, l’ensemble des montants qui ont été dépensés uniquement à l’Onas (80 milliards) », a-t-il fait savoir avant de préciser  : « les gens parlent du plan décennal. Il faut reconnaître que ce plan a d’abord le mérite d’exister. C’est la première fois au Sénégal depuis les indépendances, que l’on parle de lutte contre les inondations. En face de ce plan, nous avons des investissements qui sont en cours et qui tournent autour de 260 milliards de F CFA ».

Les inondations et l’équation de la récupération politique 

Ce dimanche 13 septembre, Momar Diongue, journaliste, a livré sa lecture de la gestion des inondations. Invité de l’émission « Objection », l’analyste politique pense tout simplement que « les tenants du pouvoir ne disent pas toute la vérité et ne sont pas prêts à régler la question pour 3 raisons ». Pour Diongue, comme première raison  : « la question est politisée aussi bien par le pouvoir que par l’opposition ». Le gouvernement n’a pas à son avis pris de mesures courageuses et « préfère rafistoler ».  Sur la deuxième raison, le journaliste n’est pas loin  de penser qu’ « il y a une toute une économie qui s’organise autour des inondations avec une caste politico-affairiste qui profite toujours des situations ». Ceux-là s’affairent autour de la vente de motopompes ou mettent à la disposition des populations des camions hydrocureurs pour tirer profit de la situation. Comme troisième raison, Diongue de déclarer que le gouvernement ne serait pas prêt à régler la question, soulignant « la création de nouvelles cités sans que de réels travaux d’aménagement et d’assainissement, soient faits »
Abdoul Mbaye, l’ancien Premier ministre dans une interview exclusive, accordée à « Sud Quotidien » de ce lundi 14 septembre est d’avis que « la mise en œuvre du plan décennal a commencé en 2013 après avoir été adopté en septembre 2012 ». Pour lui « beaucoup de travail a été accompli sous la coordination du Premier ministre parce que tous les services concernés étaient mobilisés ». D’ailleurs, nous apprend l’ancien PM , « c’est ce qui a été fait en 2013 qui a été cité par le président de la République ». Il ne manque pas de souligner que c’est après son « départ de la primature en début septembre-fin août que ce travail a été abandonné ». Un abandon dont il impute « la responsabilité au chef de l’Etat ». M. Mbaye pense d’ailleurs qu’ « il n y a jamais eu 767 milliards disponibles engagés dans des dépenses de lutte contre les inondations »
Ce qui est tout cas constant, c’est que crise ou pas crise, ce sont toujours les populations qui finissent par trinquer. En effet les politiques trouveront toujours le moyen de faire de la récupération. C’est ce que Momar Diongue nous a fait savoir à l’émission « Objection » de ce dimanche. «Du point de vue de l’opposition, on a comme l’impression qu’ils sont prompts à se saisir de la première inondation pour en faire de la récupération politique et en faisant parfois dans la démagogie. » Il faisait ainsi référence aux nombreuses sorties des acteurs politiques surtout de l’opposition ou encore à leurs supposées visites et soutiens aux sinistrés des inondations.
Marième Faye ne démentira point cette tendance, elle qui a trouvé le moyen d’aller se payer un bain de foule en banlieue, plus précisément à Pikine, ville qui est en réalité un grand vivier électoral que l’épouse du Président ne pouvait se permettre de s’y absenter, quitte à y injecter, même si c’est du saupoudrage, quelques espèces, motopompes et autres sucettes pour calmer la température bien palpable. Mais chose bizarre, l’on a plus vu des militantes et communicateurs traditionnels, mobilisés pour l’occasion comme lors des campagnes électorales, scandant des remerciements à la gloire de la 1ère dame. Marième Faye Sall, cette militante active de l’APR et actionnaire majoritaire à qui l’on l’attribuerait d’ailleurs la nomination de certains ministres. Pour rappel, elle était allée grossir durant la campagne électorale passée, les rangs de l’APR, aux Parcelles Assainies, cet autre bassin électoral, en renfort à Amadou Ba.
Ce qui était fort étonnant dans cette assemblée, c’est l’agglutination des personnes, les uns serrés contre les autres, dans un contexte de Covid. Surprenant quand même ! Sacrés politiciens dès qu’il s’agit de leur intérêt, ils peuvent tout se permettre. Ils pensent même à l’élargissement du gouvernement de Macky dans ce contexte de Covid et d’inondation. Et Diégane Sène sur la TFM nous a livré tout le bien qu’il pense de cela, évoquant la largesse de la majorité. Pour lui abondance de bien ne nuit pas.
PS  :  un des thème de l’émission « 10 milliards d’aide dont 3 milliards en cash transfert.. » n’est pas passé inaperçu. Une décision de transférer de l’argent qui laisse penser que le  gouvernement a dû apprendre de sa déconvenue liée à la gestion des vivres. Il avait été vertement critiqué pour avoir adopté le transport des vivres par des camions et à coups de milliards.  Cette fois ci, il a peut-être décidé d’être sage. Comme quoi les mauvaises expériences doivent parfois servir. Bravo en tout cas pour la leçon sue. 

 A SON EXCELLENCE MACKY SALL Par Boubacar SADIO

« Une parole pathologiquement instable et un discours spécieux et apocryphe instillent le doute et sèment le trouble dans les esprits ».

Monsieur le Président de la République,

permettez à ma très modeste et insignifiante personne de s’associer à vous pour présenter ses très sincères condoléances à toutes les familles sénégalaises ayant perdu un etre cher dans les récentes inondations qui ont plongé le pays dans une situation de calamité indescriptible. Je disais récemment dans une contribution qui m’avait valu une convocation à la DIC qu’il faut etre doté de certaines qualités et imbu de certaines valeurs pour etre un bon Président de la république ; ainsi avais-je cité la compétence, l’efficacité, le courage dans les prises de décisions, l’honnêteté, le sens de la justice, de l’éthique et de la morale dont on dit qu’elles constituent l’âme de l’Etat. A cela, il faut ajouter beaucoup d’empathie envers son peuple. Pour ce dernier aspect, je constate, malheureusement, et certainement avec beaucoup de Sénégalais, que vous semblez en manquer ; ce n’est qu’une impression fortifiée par votre démarche. A votre empathie apparente se greffe une condescendance envers les Sénégalais. La condescendance, la morgue, l’orgueil ainsi que l’arrogance ont en commun de toujours de toujours perdre ceux qui s’en prévalent.

Monsieur le Président de la République,

comment avez-vous pu prendre tranquillement l’avion pour vous envoler quelque part dans le continent alors que votre pays que voulez émergent est profondément immergé dans les eaux de pluies, alors que votre vaillant peuple vit dans le désarroi, se trouve dans une détresse incommensurable et connait un des moments les plus catastrophiques de sa récente histoire ? Pendant que vous étiez dans les airs, peut-être dans l’espace aérien du Mali, les Sénégalais souhaitaient très vivement et ardemment vous sentir à leur coté parce que, tout simplement et le plus normalement du monde, voyant en vous le dépositaire de leur salut. Votre présence physique les aurait confortés, encouragés et rassurés ; ils pourraient ainsi dire, avec fierté, que l’homme auquel nous avons confié les destinées du pays ne nous a point abandonnés, délaissés et laissés à la merci des intempéries et à la furie des eaux.

Monsieur le Président de la République,

 j’ai constaté, et certainement d’autres compatriotes avec moi, qu’à chaque fois que vous subodorez d’éventuels remous, des velléités de manifestations et des mouvements d’humeur de la part des populations, vous trouvez toujours un bon prétexte, une occasion pour précipitamment quitter le pays. C’est peut-être un hasard ; mais, à mon avis, un tel comportement ne sied pas à une autorité qui doit etre prête et préparée à affronter toutes sortes de défis, à consentir tous les sacrifices nécessaires, même physiques, non seulement pour défendre son pays et protéger ses populations mais aussi pour le maintien et la garantie de la stabilité, de la tranquillité et de la paix sociales. En donnant la désagréable impression de fuir devant l’adversité, je me garderais de dire que c’est réellement le cas, vous pourriez faire croire à certains de vos concitoyens que peu vous chaut le sort de votre pays.

Monsieur le Président de la République,

de retour de voyage vous avez pris la très bonne initiative de vous adresser à vos compatriotes pour évoquer le problème crucial de l’heure, c’est-à-dire les inondations. Alors que l’on s’attendait à une adresse intelligente d’une grande et grave solennité, compte bien tenu de l’ampleur du malheur, vous nous avez servi un discours d’une banale tonalité, fade, sans hauteur ni dépassement, à la limite de la désinvolture. Au lieu de reconnaitre, honnêtement et en toute responsabilité, les manquements et les dysfonctionnements au niveau de l’Etat et de venir à résipiscence, ce qui n’aurait fait que redorer votre image, vous vous êtes évertué à exclure toute responsabilité de votre gouvernement, en développant des arguties et un argumentaire simpliste à caractère, parfois, fataliste. Pour justifier l’impéritie de votre gouvernement de dormeurs, de noceurs, d’incompétents et d’incapables, vous avez d’abord évoqué les changements climatiques et ensuite fustiger l’indiscipline de vos compatriotes. Le directeur général de l’ONAS a, de manière méprisante, mis tous nos problèmes d’assainissements sur le dos des Sénégalais qu’il accuse d’avoir une tendance exacerbée à vouloir toujours procréer sans limite. C’est à croire que la grande majorité de vos cadres est constituée d’imbéciles à la cervelle de moineau ne pouvant débiter que des idioties et des sornettes.

Monsieur le Président de la République,

ma très modeste et insignifiante personne s’associe encore à vous pour condamner ce qui s’est passé au Mali voisin avec la destitution de votre frère et ami, le Président Ibrahima Boubacar KEITA. Qu’on le veuille ou non, il s’agit bel et bien d’un coup d’Etat, peut-être « soft », mais un coup d’Etat quand même. Permettez-moi d’exprimer, d’abord, un coup de cœur par rapport à la situation actuelle. Il ne s’agira pas pour moi de jeter l’anathème sur les jeunes officiers qui ont courageusement assumé leurs responsabilités. On nous parle de rétablissement de l’ordre constitutionnel ou institutionnel, c’est selon. Mais enfin, de quel ordre parle-t-on ? Un ordre bafoué, piétiné, avili et trahi par le Président Ibrahima Boubacar Keita qui a commis toutes sortes de forfaitures politiques pour se maintenir au pouvoir. Le Président IBK a instauré un régime autocratique, népotique, clanique et familial ou les différents membres se livraient à la luxure et avaient un penchant prononcé pour le luxe. Avec IBK ce sont des détournements de deniers publics aussi bien de la part de responsables civils que de hauts gradés de la hiérarchie militaire, toutes les formes de prévarications et de malversations ; la vassalisation de toutes les institutions, notamment une cour constitutionnelle corrompue et une assemblée nationale croupion présidée par un usurpateur. Pendant ce temps des militaires patriotes et engagés aux différents fronts se faisaient tuer, amputer faute d’équipements adéquats.-

Monsieur le Président de la République,

devant une telle situation de désagrégation jamais atteinte dans leur pays, les populations maliennes, dépitées et excédées, se sont massivement soulevées pour y mettre un terme. Les forces de défense et de sécurité qui ont pour missions essentielles, on semble ou feint de l’oublier, de défendre l’intégralité du pays, de veiller à la stabilité et à la solidité des institutions à travers un jeu démocratique respectueux des valeurs et principes républicains, n’ont fait que parachever une crise qui avait atteint son point paroxystique. Les militaires ont agi ainsi pour mettre un terme à l’anarchie et au désordre institutionnel créés par le Président IBK et éviter que leur pays dont ils sont amoureux et fiers ne sombre dans le chaos. Leur action a pris la forme d’un coup d’état, certes condamnable sur le principe mais tout aussi salutaire parce que tout simplement libérateur d’un peuple subissant les affres d’une ploutocratie éhontée, avide, cupide, arrogante, peu soucieuse des intérêts des maliens et totalement indifférente à leurs légitimes aspirations de vivre à l’abri du besoin et de la peur, dans un environnement sécurisé, de tranquillité publique et de paix sociale. Mon coup de gueule porte sur les orientations que semblent prendre les auteurs du coup d’état ; chasser IBK, ne devrait etre qu’une première étape. Une autre étape, qui ne me parait pas trop visible et qui est tout aussi crucial, est de traduire en justice tous les malfaiteurs, prévaricateurs et autres détourneurs de deniers publics ; sinon le combat aura perdu tout son sens.

Monsieur le Président de la République,

 la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) s’est très tôt engagée pour gérer la crise malienne avec des initiatives malheureuses et pas réalistes, souvent dictées par les intérêts crypto personnels des dirigeants des pays qui la composent. Les Présidents Alassane Ouattara et Alpha Condé ont très tôt voulu faire adopter une ligne dure et sans concession aucune, tout simplement, parce qu’il y a dans chacun de leurs pays respectifs les prémices du syndrome malien. ILs ont voulu pousser la CEDEAO à agir sans délai et vigoureusement pour conjurer toutes tentatives de mutinerie ou tout risque de contagion chez eux. Vous avez été d’une grande lucidité en vous y opposant avec fermeté et en proposant que la question soit examinée de manière sereine et judicieuse pour éviter de faire subir au peuple malien les conséquences néfastes d’une répression irréfléchie, je vous en félicite honnêtement. Il y a que la CEDEAO souffre congénitalement et originellement d’un très grave déficit de crédibilité dans la mesure où certains de ses émissaires avaient perdu toute légitimité aux yeux des maliens ; il s’agit du Président Alassane Ouattara et de vous-même. La Cote d’Ivoire et le Sénégal, évoquant opportunément et hypocritement leur souveraineté nationale, n’avaient-ils pas, bruyamment, ostensiblement et gaillardement refusé de se soumettre aux décisions de l’organe communautaire ? Cela n’était-il pas un défi humiliant qui a beaucoup entamé la crédibilité de la CEDEAO ? Il y a beaucoup contradictions, de paradoxes et de gamineries dans le comportement de nos roitelets d’Afrique de l’ouest.
L’organe communautaire devrait etre rebaptisé, communauté des dictateurs des Etas de l’Afrique de l’ouest (CDEAO).

Monsieur le Président de la République,

au Mali, les jeunes officiers qui ont renversé votre ami et non moins frère Ibrahima Boubacar Keita, n’ont fait que concrétiser l’inextinguible, ardent et pressant désir du vaillant et brave peuple de se débarrasser d’un système autocratique et ploutocratique qui y sévissait et qui, à bien des égards, présentent quelques similitudes avec ce qui se passe dans notre pays. L’éveil des consciences va inéluctablement susciter une véritable prise de conscience des populations ouest africaines longtemps spoliées, brimées et exploitées, sur la nécessité de prendre leurs destins en main. Aucune force, si puissamment armée soit-elle, aucun soutien extérieur, ne pourra résister à la détermination, encore moins, à la furie d’un peuple décidé à s’affranchir, à se libérer du joug dictatorial de ses dirigeants tyranniques. Aujourd’hui, heureusement qu’une tendance dans ce sens s’affirme davantage, la CEDEAO doit s’imposer comme agenda politique prioritaire le bannissement du troisième mandat dans son espace. Vos collègues de la Cote d’ivoire et de la Guinée se sont engagés dans la quête d’un troisième mandat en marchant sur des cadavres.

Monsieur le Président de la République,

 il vous est prêté la très forte intention de vouloir solliciter un troisième mandat, ce qui serait en totale et profonde contradiction avec vos propos et engagements d’antan. Après avoir déclaré, sans équivoque, que le présent mandat (2019-2024) sera votre dernier mandat, vous semblez vouloir revenir sur votre parole. Votre fameuse réponse de ni oui ni non n’est qu’une extraordinaire reculade qui pourrait relever du parjure. « La parole c’est l’homme » dit un proverbe ; et celle d’un Président de la République, émanation du pouvoir divin chez nous en Afrique, a une valeur sacrée. C’est très regrettable de le dire, votre parole est réputée d’une instabilité pathologique chronique ; et s’il faut maintenant y ajouter un discours apocryphe et spécieux, cela ne peut qu’instiller le doute et semer le trouble dans l’esprit de vos concitoyens. Un Président de la République doit entretenir avec ses concitoyens qui ne sont pas ses sujets et dont il n’est que le délégataire des relations de confiance absolue fondées sur la transparence, la vérité, la sincérité et l’honnêteté. Il doit s’interdire de louvoyer avec son peuple, il ne doit pas ériger l’effet de surprise comme mode de comportement, de fonctionnement et de gestion de la chose publique. Ses paroles, actes ou actions ne doivent laisser subsister le moindre doute quant à ses véritables intentions et sur ses véritables objectifs. Le Sénégal, sous votre magistère, a connu et vit un recul démocratique sans précèdent ; pour preuve, le calendrier républicain des élections est devenu erratique, vous seul, sur les quinze millions de Sénégalais, le maitrise. N’est-ce pas ahurissant et effarant ?

Vous ne pouvez pas avoir un troisième mandat et vous ne l’aurez pas, c’est clair, tenez-vous le pour dit définitivement.

De grâce n’écoutez pas cette faune de lâches qui vous entourent et vous incitent à vous dédire honteusement. Ils vous précipitent dans un précipice dont vous ne sortirez pas indemne. Pour votre gouverne, sachez que les plus farouches opposants et les plus grands contempteurs contre un éventuel troisième mandat se trouvent dans votre propre camp, à vos côtés, et très proches ; certains ont le privilège et le grand avantage de vous rencontrer hebdomadairement. Les services compétents pourraient vous aider à les identifier ; vous serez surpris de la véhémence et de la charge virale de leurs attaques le moment venu. Patientons un peu.

Monsieur le Président de la République,

 votre épouse, la première dame Marième Faye, celle qui, selon vos thuriféraires et autres flagorneurs, a introduit l’encens pour la première fois au Palais, a offert aux Sénégalais une image peu reluisante et un spectacle plus que désolant lors de sa visite à Pikine. On la reconnait et l’accepte comme la Première dame, aussi-devrait-elle, en toutes circonstances, faire montre de classe, de tenue et de retenue. Certes, elle a la réputation d’avoir un bon cœur, d’etre altruiste et empathique ; elle se soucie de vous épauler dans votre action politique, seulement elle devrait revoir la manière de s’y prendre. Certaines actions pourraient facilement etre interprétées comme du populisme et ce n’est pas souhaitable. C’est votre épouse, en bon mari, excusez-moi mon impertinence, il faut la protéger et la mettre à l’abri de certains désagréments, sa présence n’est ni nécessaire ni obligatoire lors de certaines cérémonies. Je m’autoriserai à faire des observations du point de vue sécuritaire ; en effet, les services compétents en charge de la sécurité du couple présidentiel auraient dû s’opposer à un tel déplacement dans la banlieue, notamment à Pikine. Une analyse sérieuse du contexte aurait dû indiquer clairement qu’un tel déplacement pouvait etre dangereux voire périlleux et surtout contreproductif. Sur le terrain, il était aisé de constater l’insuffisance de la couverture sécuritaire globale et l’effectif très réduit de la garde rapprochée. Le climat était délétère et tendu sur fond de rivalités politiques exacerbées avec des nervis surexcités et quasi incontrôlables ; la première dame était exposée à toutes formes d’agressions et manifestement en situation de grand risque.

Monsieur le Président de la République,

 je ne saurais terminer sans convoquer mon personnage préféré, en l’occurrence Souleymane Jules DIOP qui disait  :
« Abdoulaye Wade est un abime de perversité et Macky Sall se réclame fils d’Abdoulaye Wade. Quelqu’un qui se réclame fils d’Abdoulaye ne peut pas etre un homme bon » ;
« Macky Sall est un incapable, c’est Abdoulaye Wade qui l’a fabriqué de toutes pièces » ;
« Comment un misérable qui était plus pauvre qu’un rat d’église en 2002, et qui louait un appartement à 50 000 FRS à Derklé, a pu acheter un appartement et aux Etats-Unis et en France en 2006 ? Sans nul doute, c’est parce qu’il est un voleur au cœur sec et à la conscience réifiée ».
Je vous laisse réfléchir, méditer et apprécier ces propos de votre nouvel ami qui est dans vos bonnes grâces et qui jouit, présentement de tous les privilèges de la République. Personnellement ni ma dignité ni ma fierté encore moins mon honneur ne m’auraient permis de faire appel à un tel individu à mes côtés.

Le pouvoir au peuple, les servitudes aux dirigeants. TERMINUS 2024.

Ziguinchor le 15 Septembre 2020.Boubacar SADIO, Commissaire divisionnaire de police De classe exceptionnelle à la retraite.

Souvenirs : Cheikh Amala SY 16 sep 1976-16 sep 2020

Un homme de vision, de conviction, de fidélité et d’humanisme
Il aura marqué l’histoire des mouvements de jeunesse au Sénégal à l’aube de l’indépendance et du tourisme en étant le premier africain à être élu vice-président de l’union internationale des organismes officiels du tourisme et président de la commission africaine du tourisme marquant l’entrée du continent africain dans le tourisme mondial des 1965 à Mexico.
Ses enfants se souviennent et restent fidèles à ses valeurs inculquées.Priez pour lui

QUAND MACKY SALL RESSUSCITE LAFRANÇAFRIQUE POUR UN EVENTUEL TROISIEME MANDAT PAR MOHAMED DIA

Élu le 28 mars 2012, le nouveau président sénégalais Macky Sall s’est finalement refusé à exiger le paiement d’un loyer par la France, décidant que la France pourrait bénéficier du site de Rufisque à titre gracieux, et a signé le traité le 18 avril 2012
« Élu le 28 mars 2012, le nouveau président sénégalais Macky Sall s’est finalement refusé à exiger le paiement d’un loyer par la France, décidant que la France pourrait bénéficier du site de Rufisque à titre gracieux, et a signé le traité le 18 avril 2012 à l’occasion de sa visite en France ». République Française. France-Afrique, une expression qu’aurait inventée l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Houphouët-Boigny, pour décrire la complexité des relations économiques, militaires, politiques et les liens sociaux qui unissaient la France à ses anciennes colonies. Ces liens, construits au cours des décennies de domination coloniale ont quand même persisté après l’indépendance et a fourni un environnement bénéfique pour les deux parties, nous, Africains, profitant de la protection française, du soutien militaire et sécuritaire sans oublier l’aide étrangère et eux les Français, profitant de nos matières premières et de la mainmise dans notre politique économique.

France-Afrique

Nos systèmes et méthodes gouvernementaux, ont été copiés sur les structures françaises, et beaucoup le sont encore. Le français est souvent la langue officielle dans plusieurs pays africains. Ces facteurs garantissent la continuité de l’influence française après l’indépendance dans de nombreuses de nos sociétés africaines. Nos dirigeants amassent souvent des fortunes puis les transforment en propriétés immobilières et autres holdings en France et ailleurs en Europe et dans le monde. Pendant ce temps, la France bénéficie de dirigeants qui leur donnent carte blanche sur nos ressources naturelles, aux marchés d’exportation et d’une liberté d’action tacitement accordée. Il faut noter que le faux départ a eu lieu durant les époques coloniales ; nos dirigeants étaient culturellement très imprégnés des traditions françaises, et certains occupant même des postes en France, comme par exemple Houphouët-Boigny qui servait dans le gouvernement français et l’ascension du président sénégalais Senghor au sommet de la société française jusqu’à son élection à l’Académie française. Le modèle France-Afrique a bien fonctionné pendant des décennies, sous la tutelle du légendaire et controversé Jacques Foccart, conseiller Afrique de Gaulle, Pompidou, et, brièvement, François Mitterrand et son fils Jean-Christophe et Jacques Chirac. Pendant de nombreuses années, le conseiller Afrique à la présidence n’a pas rendu compte au conseiller diplomatique du président, mais directement au président, bénéficiant ainsi d’un statut égal ou peut-être même supérieur à celui du conseiller diplomatique.

Rien n’est éternel

À la fin du 20e siècle, on assiste à un paysage mondial en mutation et le modèle France-Afrique commence à avoir du mal à s’adapter. Les Africains avaient commencé à beaucoup voyager et ils ont vu d’autres parties du monde et ont commencé à démystifier la France. Il y a aussi l’aspect de la globalisation qui a exposé nos sociétés aux films, modes, sports, musique et littérature non français et l’Amérique du Nord a bénéficié d’un avantage dans ce domaine. Conséquemment, les Africains francophones ont commencé à perdre leur tendance à considérer la France comme leur modèle. Bref, France-Afrique a commencé à être victime de plusieurs effets de la mondialisation. Pour la France, le coût du maintien de France-Afrique a commencé à devenir moins proportionné à ses rendements, à la fois politique et économique. Ayant changé de stratégie sur sa présence militaire en Afrique, cela a augmenté le coût de maintenir sa présence militaire dans le monde. Entre cela et une population vieillissante, la France commence à sentir le poids économique et le privilège français est menacé en Afrique. Sur le plan politique, les problèmes en Afrique deviennent plus complexes et plus coûteux à gérer pour la France. Autrefois considérée comme joyau de la couronne de France-Afrique, elle avait commencé à sombrer dans le chaos après la mort de l’un des plus grands défenseurs et bénéficiaires de France-Afrique, Houphouët-Boigny. à titre d’exemple, l’opération Licorne a coûté à la France environ 250 millions d’euros par an, sans donner de résultats satisfaisants. France-Afrique a accordé des privilèges à la France, mais portait aussi un fardeau d’attentes devenu plus difficile à assumer. Tout le monde a reconnu la primauté de la France dans certaines parties de l’Afrique, mais cela a créé des espérances que lorsque des problèmes surgissent, les Français s’en chargeront. La France a longtemps été capable et désireuse de relever ces défis quand tout le monde a accepté cette réalité, mais ce n’est plus le cas. France-Afrique a parfois été une arme à double tranchant, certains, y compris des Africains, voulant que la France intervient avec force lorsque des problèmes surgissent, mais avec d’autres, heureux d’accuser la France d’agir unilatéralement ou en tant que néocolonialiste quand elle le fait. Cependant, le gouvernement de Jacques Chirac était conscient que le modèle FranceAfrique stagnait et il a tenté néanmoins, à préserver la façade du modèle. Le modèle commençait à mourir avec le président Nicolas Sarkozy qui a voulu changer les choses. Il voulait normaliser les relations entre la France et ses anciennes colonies et voulaient que les Africains se prennent en charge sans l’aide de la France. Sur papier, Sarkozy avait éliminé la position de Monsieur Afrique et a nommé Jean-David Levitte comme conseiller diplomatique et Bruno Joubert comme adjoint de ce dernier. La position de Monsieur Afrique n’existe plus officiellement et les conseillers ne rendent plus compte directement au président, mais plutôt au conseiller diplomatique.

Quand Macky Sall ressuscite la Françafrique

« Élu le 28 mars 2012, le nouveau président sénégalais Macky Sall s’est finalement refusé à exiger le paiement d’un loyer par la France, décidant que la France pourrait bénéficier du site de Rufisque à titre gracieux, et a signé le traité le 18 avril 2012 à l’occasion de sa visite en France ». République Française. Vu que les pays africains ont demandé et ont lutté pour leur indépendance avant d’avoir eu une politique commune de défense, il était facile pour les anciennes puissances coloniales d’exploiter cette lacune. Elles en ont profité pour signer des accords de défense militaire. Pour demeurer une puissance occidentale, la France s’est assurée de maintenir les rapports avec ses anciennes colonies. François Mitterrand disait : « Sans l’Afrique, il n’y aura pas d’histoire de France au 21e siècle ». La France a garanti l’aide, l’assistance et les accords de défense en cas de troubles intérieurs, elle a même utilisé ces accords pour établir des bases militaires dans plusieurs pays africains. Presque toutes les anciennes colonies sont liées à la France par un accord de défense. Par ce biais, on note le comportement paternaliste pour renforcer son influence sur les anciennes colonies et leur faire croire qu’ils ont besoin de la France. Sous Macky Sall, les entreprises françaises font de bonnes affaires, et même de très bonnes affaires, en Afrique de l’Ouest et au Sénégal plus particulièrement : Eiffage est le concessionnaire de la première autoroute à péage du pays qui relie le centre de la capitale Dakar au nouvel aéroport international Blaise Diagne et la seconde ville du pays Thiès ; Bolloré est le concessionnaire du port de Dakar ; Alstom s’est occupée du Train Express Régional qui reliera Dakar, sa banlieue et l’aéroport international Blaise Diagne ; Auchan a commencé à déployer un réseau de grandes surfaces qui pénètrent les principaux quartiers chics et populaires de Dakar ; Suez a raflé le contrat d’affermage relatif à la gestion de l’hydraulique urbaine et périurbaine, Total a reçu en mai 2017 la licence de prospection et d’exploitation des blocs de pétrole et de gaz les plus prometteurs du pays. à l’ère où nous sommes, on ne devait plus parler de France-Afrique, mais plutôt de partenariat gagnant -gagnant. Pourquoi nos dirigeants n’assurent pas notre propre défense afin de pouvoir enfin oser dire non quand il faut dire non. Quand un pays assure votre défense, et qu’elle paie les violons, elle va choisir la musique. Il faut oser couper le cordon ombilical et grandir, mais pour le faire, il faut respecter les étapes à suivre afin de devenir une nation souveraine.Mohamed DIA,consultant bancaire Dakar Sénégal

A PROPOS DU «CONFLIT» AU NIVEAU DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DE DAKAR PAR KOSSORO CISSOKHO

C’est le Secrétaire général qui assure l’administration de la chambre (budget, objectifs moyens, délais, évaluation du personnel, etc.)
Au regard des faits recueillis de part et d’autre, on se rend compte que la situation contentieuse qui oppose la chambre de commerce et l’Union nationale des chambres de commerce a pour origine une multitude de facteurs dont certains sur lesquels nous mettrons l’accent.
D’abord, il y a lieu de retenir que la chambre de commerce de Dakar comme d’ailleurs toutes les chambres de commerce a, entre autres, une fonction de conseil, d’assistance d’encadrement et de formation à l’endroit des opérateurs économiques.
A cet effet, elle bénéficie d’une autonomie de gestion tant au plan administratif qu’au niveau financier. Cependant, malgré cette  autonomie, la chambre de commerce est soumise  à  une double tutelle  à  savoir  :   la tutelle technique assurée par le ministère du Commerce, et la tutelle financière assurée  par le ministère  des Finances.
A  ce niveau,  toutes les chambres de commerce  bénéficient  annuellement  des contributions financières disproportionnées  de la part de l’Etat, ce pour combler l’insuffisance de  leurs ressources  propres. Le président de la chambre de commerce étant élu par ses pairs membres titulaires, engage l’institution au plan juridique tant au niveau interne qu’externe. Il est assisté d’un bureau qui exécute la politique consulaire et rend compte aux membres de l’Assemblée générale considérée comme organe délibérant.
En réalité, le président de la chambre de commerce a un rôle plus honorifique dans la gestion de la chambre de commerce. La clé de voute de cette institution est le Secrétaire général, nommé par le président, qui doit informer le ministère du Commerce et le ministère des Finances. C’est le Secrétaire général qui assure l’administration de la chambre (budget, objectifs moyens, délais, évaluation du personnel, etc.) Quant à l’Union nationale de la chambre de commerce, elle a été créée sous la présidence de feu Issa Diop.
L’Union des chambres de commerce n’est pas en réalité un organe au même titre que la chambre de commerce. En effet, l’objectif assigné a L’union est d’être un instrument de coordination des politiques des chambres de commerce et d’identification des goulots d’étranglement qui handicapent leur fonctionnement, en vue de trouver des solutions communes. Ainsi, l’Union des chambres, sous la présidence d’un membre désigné à cet effet, se réunit par rotation dans chacune des chambres de commerce du Sénégal.
En outre, il n’existe pas un lien hiérarchique entre la chambre de commerce et l’union des chambres de commerce, qui est une émanation de toutes les chambres de commerce du Sénégal. En théorie, toutes les chambres de commerce du Sénégal sont membres de l’union.
Mais dans les faits, plusieurs chambres restaient des mois sans verser leurs contributions à l’union, a fortiori, assister aux réunions. Cela peut s’expliquer par le fait que les chambres de commerce n’ont pas les mêmes capacités financières.
A ce niveau, la chambre de commerce de Dakar est première, la deuxième celle de Kaolack, et la troisième, Saint-Louis. S’agis – sant du manque de dynamisme des chambres de commerce au niveau du développement économique et social du pays, plusieurs explications sont plausibles.
D’abord il faut avoir à l’esprit que les pouvoirs publics n’ont jamais eu la volonté politique d’impliquer réellement les chambres consulaires tant dans la conception qu’au niveau de l’exécution des politiques publiques. Le constat qui découle de ce fait est que les pouvoirs publics se bornent souvent à recevoir des observations pertinentes formulées dans divers domaines (industriel, économique, commercial, agricole, etc.) qu’ils ne prennent pas souvent en considération.
Par ailleurs, les chambres de commerce ont initié de nombreux projets tels que la gestion des gares routières, du port autonome de Dakar, du parking automobile qui n’ont jamais eu d’approbation de la part des pouvoirs publics. Il faut aussi retenir que, lors des nombreux bechmarking effectués par la chambre de commerce dans la sous-région, il a été constaté que les chambres de cette zone ont un dynamisme très frappant dans le développement économique et social de ces pays. Ensuite, les contributions financières allouées à ces chambres par ces Etat sont plus substantielles que celles allouées aux chambres de commerce du Sénégal.
Exemple : là où le budget de la chambre de commerce du Burkina Faso s’élevait à 1 milliard 200 millions F Cfa, celui de la chambre de commerce du Sénégal s’élevait à 400 millions F Cfa. Par ailleurs, chaque fois que la chambre de commerce de Dakar initie des projets de grande portée économique, le pouvoir public s’en approprie.
Exemple  : c’est le cas du guichet unique. Enfin la loi 2017-15 du 06 février qui remplace la loi n° 89-08 du 17 janvier 1989 (chambre de commerce) porte la création de la chambre nationale du commerce d’industrie et des services et les chambres régionales de commerce d’industrie et de services, cela en attendant la création d’une chambre nationale d’agriculture.
A notre avis, ce n’est pas l’avènement d’entités nouvelles à la place des chambres de commerce qui va apporter une innovation majeure. Comme nous l’avons souligné précédemment, tant que toute structure créée n’est pas impliquée, concernée, intéressée dans la conception et l’exécution des politiques publiques, le même constat va se reproduire. Si les chambres de commerce n’ont pas eu toute leur plénitude de participer au développement économique et social du pays, c’est parce que, entre autres, elles ont été considérées comme des organismes professionnels dont les observations à fort contenu économique, social, industriel et agricole ont été rangées dans les placards ou armoires.Kossoro CISSOKHO,Ancien secrétaire général adjoint, conseiller juridique et chef du personnel de la chambre de commerce d’industrie et d’agriculture de Dakar


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