Doudou WADE : «Rien N’interdit À Moustapha CISSE LO De Garder Son Poste De Député»

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Doudou WADE : «Rien N’interdit À Moustapha CISSE LO De Garder Son Poste De Député»

http://www.walf-groupe.com Désormais ex-membre de l’Alliance pour la République dont il a  été exclu, hier, Moustapha Cissé Lô devra entamer un autre combat. Celui  du maintien de son mandat de député à l’Assemblée nationale.
Mais selon Doudou Wade, Président du groupe parlementaire des libéraux lors de 11ième législature, la Constitution du Sénégal est très claire malgré qu’il ait démissionné de son poste de 1ier vice-président du parlement. «Rien ne l’interdit de garder son poste de député. Il peut continuer à siéger à l’Assemblée nationale. Rien ne l’interdit, ni la Constitution, ni le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il est exclu de l’alliance pour la République et non de l’Assemblée nationale»,  précise Doudou Wade.
Mais, pour un probable combat de destitution de cet ancien parlementaire de la Cedeao par ses collègues, Doudou Wade souligne que, vu le fonctionnement de la démocratie au Sénégal, il reste pessimiste. Parce que, soutient-il, tout est possible. «Je ne dirai pas que ce n’est pas possible. Il est même possible que le gouvernement du Sénégal et son Assemblée nationale décident d’ôter un citoyen de sa nationalité»,  ironise-t-il tout en réaffirmant que Moustapha Cissé Lô est encore et demeure député tant qu’il n’a pas démissionné ou n’est pas décédé. «Dans la situation actuelle, il demeure député. Ses collègues sont libres d’engager la bataille de sa destitution. On peut contraindre une personne à abandonner même son épouse»,  laisse-t-il entendre.
En effet, au regard des articles 60 de la Constitution et 7 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il est clair comme eau de roche que seule la démission d’un député de son parti est constitutive de la perte de son mandat. «Tout député qui démissionne de son parti, en cours de législature, est automatiquement déchu de son mandat. Il est remplacé dans les conditions déterminées par une loi organique», prévoit le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Par contre,  «aucune autre disposition législative ou réglementaire ne prévoit la déchéance d’un parlementaire de l’Assemblée nationale, en cas d’exclusion de sa formation politique, pour quelle que raison que ce soit», lit-on dans le même texte.

La frustration de Cissé a pour origine la volonté de Macky d’écarter ses militants de la première heure

A l’en croire, la cause de cette frustration, si on en revient à la personne et la personnalité de Cissé Lo, lui-même a eu à dire qu’il est resté pendant plusieurs mois sans entrer en contact avec le président Macky Sall. Lui, ce qu’il cherche, c’est de rencontrer le président peu importe comment. Qu’il le rencontre qu’il ne le rencontre pas, c’est un problème entre deux responsables de même parti.
L’analyste politique, Bacary Domingo Mané a fait le même constat. Difficile d’expliquer l’origine de cette frustration, sans pour autant parler de la mise à l’écart des militants de la première heure. « On peut retrouver cette frustration dans cette volonté inébranlable de Macky Sall de se séparer des militants de la première heure. Ce sont des gens qui étaient là depuis le début  et qui on fait de long chemin avec Macky Sall ».

On peut comprendre la frustration de Cissé Lo

L’autre constat est que le président Macky Sall s’est entouré de nouveaux amis. Quelque part, ses militants de la première heure ne peuvent pas gober cette mise à l’écart des instances du parti et de la gestion du pouvoir. « Quoi qu’on dise, le président de la République et en même temps le président de l’Apr, aurait pu valoriser ses anciens compagnons en les consultant de temps en temps sur des problématiques qui concernent la marche du pays. Mais ce n’est pas le cas ».
Par le passé, a-t-il poursuivi, Cissé Lo tentait à voir le président de la République, mais toutes les portes lui sont formées. « On peut comprendre aujourd’hui  sa frustration. Et même si ses injures se sont retrouvées dans l’espace public, il semble que c’était dans un cadre privé. Bref, l’un dans l’autre, ça explique que ses compagnons ne sont pas contents du management du parti par le président de l’Apr, Macky Sall ».
A en croire Bacary Domingo Mané, il faut s’attendre à d’autres actions. Peut-être qu’il y a d’autres personnes tapies dans l’ombre. Avec la succession de Macky Sall, il y a des noms qui sont mis sur la place publique. Il y a le clan de l’ex-ministre des Finances, Amadou Bâ, de l’autre côté le clan de Mimi Touré. A l’intérieur du parti, il y a sûrement des gens qui veulent succéder à Macky Sall. Donc le jour où ses gens vont poser de tels actes, c’est clair qu’on va les exclure.

Les conséquences de l’exclusion de Cissé Lo

Ces analystes politiques sont tous d’avis que l’exclusion de Cissé Lo peut avoir des conséquences au sein de l’Apr, mais aussi dans la gestion du pouvoir. M. Mbow fera d’abord la comparaison avec le régime de Wade. « Quand on fait la jonction entre Abdoulaye Wade, son Parti démocratique sénégalais et avec l’Alliance pour la République, il y a des points de similitude à une période donnée de la gestion de pouvoir. Entre 2009 et 2010, Wade aura constaté des départs de responsables ».
Et de poursuivre  : « Aujourd’hui, il y a les deux Moustapha (Diakhaté et Cissé Lo) qui sont exclus. Effectivement, ils peuvent belle et bien paralyser la gestion de Macky Sall. C’est cela la principale conséquence. Car quoi qu’on puisse dire, celui qui a été vice-président de l’Assemblée nationale durant la 12e et 13e législature, jusqu’au jour où il a décidé de démissionner. Et celui qui a été par deux mandats consécutifs président de la Commission de la CEDEAO, il est sûr et certain qu’il est assis sur des dossiers. Il pourrait élever la voix pour dénoncer comme il l’a fait au moment où il n’était pas encore exclu. Il a parlé des surfacturations dans le Train Express Régional, d’une nébuleuse affaire dans la réfection du Building administratif et également le problème du foncier qui est une bombe sociale. Sans oublier les autres scandales liés au trafic de drogue, à l’origine de la forte présence des immeubles qui poussent à Dakar et le détournement de deniers publics ».
Pour M. Mané, c’est le pouvoir de Macky Sall qui va s’affaiblir. « Ce sont des anciens compagnons, des militants de la première heure. Ça veut dire qu’ils connaissent beaucoup depuis la marche dans l’opposition jusqu’à la gestion du pouvoir. Or quand le management est à l’origine de ces frustrations, le danger est que ces gens en savent trop. Ce qu’ils savent du président Macky Sall, risque de retrouver sur la place publique. C’est ça le danger. Et à partir de ce moment, il faut faire gaffe. Que des gens du pouvoir s’offrent en spectacle, c’est pas bon pour l’image du pays. Ca risque de distraire le président Macky Sall qui déjà face à la covid19. On sait que l’économie est à terre. Si Macky Sall ne prend pas la responsabilité d’arrêter l’hémorragie, le sang va couler. De révélations à révélations, c’est le pour de Macky Sall qui va s’affaiblir ».
Moustapha Cissé Lô a été exclu lundi des instances du parti de l’Alliance pour la République (Apr), à la suite de la réunion de la Commission de discipline dudit parti. Cela fait suite à la diffusion d’éléments audios dans lesquels il profère de « graves insultes » à l’encontre de son collègue député Farba Ngom et du Directeur général du quotidien Le Soleil, Yakham Mbaye. Ces deux responsables de l’Apr l’auraient accusé de détournement de fonds d’un marché destiné à la filière arachide. Ce mardi, Cissé Lo a été également exclu du groupe parlementaire de la majorité Benno Bokk Yakaar.Salif SAKHANOKHO


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