Défiance des jeunes aux forces de l’ordre: Le mythe s’est-il effondré ou manque de civisme?

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Défiance des jeunes aux forces de l’ordre: Le mythe s’est-il effondré ou manque de civisme?

https://directnewsinfo.com On savait que de nombreux jeunes ne portaient pas dans leur cœur les forces de l’ordre qu’ils considéraient comme « Lucifer » ( le Démon) mal aimés.  Le divorce entre les jeunes et les forces de l’ordre est profond et partagé bien au-delà des quartiers dits sensibles. La dernière illustration nous a été servie avec l’attaque de la gendarmerie de Bakel. Pourquoi en est-on arrivé là ? Qu’ont fait la police, la gendarmerie , les Sapeurs pompiers pour que leur attitude soit un sujet de ressentiment en général chez les populations et en particulier chez les jeunes ?

Décrpyptage…

Les forces de l’ordre, faudrait-il le rappeler,  sont chargées essentiellement de la protection des personnes et des biens, du maintien de l’ordre public, de la constatation des infractions aux lois pénales, de l’assistance aux autorités administratives et diplomatiques et de la gestion de la mobilité urbaine, entre autres missions ; tous les commissariats et services de sécurité publique, à travers tout le territoire national lui sont rattachés. En réalité,  les forces de l’ordre garantissent au peuple une vie paisible. C’est le rôle capital qui leur est assigné.
Auparavant,  l’homme de tenue forçait le respect, impose sa personnalité et rien que sa présence dans un quartier renforçait la quiétude. Aujourd’hui, l’autorité des forces des sécurité semble perdre un peu de sa valeur cardinale face à une nouvelle génération qui a fini de la démystifier. Pour preuve : au début du couvre-feu instauré par le Président de la République dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie du Coronavirus, l’on a enregistré des scènes de défiance orchestrées par des jeunes face à des forces de l’ordre en pleine nuit. C’était à la Médina. Ces jeunes récidivistes dont les images polluent  les réseaux sociaux jubilaient en groupes au retour des proches d’une quarantaine. La présence des forces de défense ne les inquiétait pas. Même si la police avait interpellé 74 d’entre eux,  habitants,  de ce quartier populaire de Dakar pour violation du couvre-feu. Aussi, le ministre sénégalais de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye avait prévenu que ces actes allaient cesser. Hélas ! Cette menace n’a pas fait effet de panique.
Diamaguène-Sicap Mbao, un autre quartier de la banlieue de Dakar a été théâtre d’une manifestation du genre. Dans ce fief d’Ibrahima Gueye décédé du féroce virus de la  Covid-19, selon un test post-mortem, des jeunes ont bravé l’Etat d’urgence pour dire niet à l’enterrement du défunt, prétextant qu’il n’habiterait pas cette localité. Ils ont endommagé, les véhicules des Sapeurs-Pompiers et de la croix rouge. Jusque-là, seuls quatre instigateurs ont été arrêtés par la police.

Emeutes de l’eau à Cap Skiring

Ensuite, la violence met le cap sur Cap Skiring. Ici, des manifestations exigeant l’écoulement à flot de l’eau, une source vitale, ont valu à la gendarmerie de la localité des saccages et des blessés dont le commandant de la brigade. Des actes de trop posés par des jeunes d’un Sénégal qui se dit pourtant pacifique.
Ces jeunes prouvent qu’ils n’ont plus peur des forces de sécurité souvent impuissantes devant la furie des mécontents qui comptent désormais régler leurs problèmes que par la force. Le gouvernement doit agir et trouver des moyens de combattre ce phénomène. Sinon, il y a des risques énormes qui peuvent plomber la paix tant vantée au Sénégal. C’est urgent. D’autant qu’à Touba, d’autres manifestations ont soulevé l’ire du saint homme, Sérigne Mountakha Mbacké,  khalife général des mourides.  Il a fallu l’intervention de cet érudit pour que les jeunes se ressaisissent.  Sinon le règne des forces de l’ordre n’a pas brisé leurs ardeurs dans leur combat pour le redémarrage de leurs activités dans leur secteur de prédilection, le transport. «Ils n’en pouvaient plus », arguent-ils, «parce que n’ayant plus de quoi assurer la dépense quotidienne en cette période de crise sanitaire ».
Le constat est récurrent et flagrant. Les jeunes sénégalais ont tendance à braver l’autorité étatique incarnée par ces hommes de tenues qui sont en passe de perdre leur notoriété. Ce qui est dangereux dans un pays comme le Sénégal, selon cette policière qui rouspète : «  On ne doit plus tolérer ce bordel »   Elle assimile ces actes à «des faits d’indiscipline avérés de jeunes immatures qui méritent la correction.»
Son collègue en faction au deuxième rond-point de liberté 6 à l’époque du couvre -feu, à un point de vue différent. Justement pour lui, c’est la situation qui impose cette attitude de…reculade de la police face à des situations du genre. «Il y a des moments où il faut savoir encadrer pour que les manifestations ne dégénèrent pas. Mais ce n’est pas de la reculade ou de la domination d’une frange de la population sur les forces de sécurité. Seulement, les jeunes policiers peuvent parfois songer à la riposte. Mais ils n’oublieront jamais que leur mission primaire est de restaurer l’ordre d’abord sans faire mal », assène-t-il.

Indignation chez la vieille garde

Chez les civils également, c’est l’indignation. Pour cet octogénaire qui se remémore de sa tendre enfance où il n’osait même pas croiser le regard d’un homme de tenue, « le phénomène est presque général. Partout dans le monde,  on voit souvent des jeunes défier des forces de sécurité pour une cause parfois juvénile. Regarde les dernières manifestations contestant la mort de Georges Floyd  aux Etats-Unis. Ce sont pour la plupart des jeunes qui n’ont pas hésité à affronter la police pour combattre le racisme. Ces mouvements contestataires sont souvent dirigés par des jeunes. Généralement, c’est pour des causes nobles. Mais quand ça persiste, ça risque de bafouer l’autorité sécuritaire. Et quand ça dégénère, bonjour les dégâts», avertit-il
L’homme propose une nouvelle approche. Celle qui consistera à conscientiser sur le rôle des forces sécuritaires et leur importance dans un pays. Car, «ces jeunes qui défient les policiers ne sont pas très matures. Ils sont  modernes, très ouverts et éveillés. Auparavant, les personnes de leur âge n’avaient pas cette ouverture. C’est pour dire aussi que le modernisme a beaucoup impacté sur le comportement des jeunes. Il faut comprendre aussi leur agissement dans ce sens. Mais ces jeunes doivent comprendre que la police n’est pas un  ennemi qui se dresse contre leur liberté mais plutôt pour leur sécurité », prodigue le sage El hadji Ibrahima.

Suggestions de l’ancien gouverneur Souleymane Diène

Souleymane Diène, ancien gouverneur lui propose « la sensibilisation, l’éducation, la conscientisation pour ancrer les populations dans la citoyenneté et le respect de l’autorité publique ».  Mais aussi et surtout, il faut sanctionner. «Il y a une problématique de la violence sociale et collective. Au Sénégal,  nous constatons le plus souvent des actes de violences. Comme ça été le cas à Keur Massar et aujourd’hui à Tambacounda. Elle est collective en ce sens qu’une foule d’individus détruise un symbole de l’Etat ou brave l’autorité publique qui ne fait qu’assurer sa sécurité. Il faut sanctionner sévèrement.  Il faut leur faire savoir qu’on n’a pas le droit de s’attaquer aux édifices publics, à la gendarmerie. Il faut leur faire respecter  la loi », assène-t-il. De son avis, il faut que « l’Etat lui-même respecte la loi en respectant son engagement vis-à-vis des citoyens»
Le phénomène est en passe de se généraliser. Surtout que le contexte lié à la lutte contre la pandémie du coronavirus est propice à la colère. « Dans cette affaire, l’Etat n’a pas su gérer de façon efficace la maladie. Surtout le plan de la communication. Il faut dire aux gens ce qu’il faut respecter », fulmine cet octogénaire qui dégage une piste de réflexion en guise de solutions « pour une meilleure adhésion aux appels de l’Etat pour combattre la covid-19.  Les discours contradictoires perturbent les gens  qui cherchent des solutions personnelles par eux-mêmes. Il faut prendre la dimension psychosociologique.  Au lieu de prendre des mesures à l’aveuglette qui peuvent révolter les gens ».
Des conseils vite assimilés par le jeune Moustapha qui rêve d’arborer un jour le camouflé militaire pour servir sa nation. Il arrache la parole et ajoute : « moi je voue beaucoup de respect à ces hommes qui veillent nuit et jour sur notre sécurité. » Une raison sécuritaire valable pour Moutapha pour qu’on les adule et les honore. Ameth Seck


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