CHRONIQUE DE WATHIE Par Mame Birame WATHIE

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CHRONIQUE DE WATHIE Par Mame Birame WATHIE

S’il y a encore, dans ce pays, quelqu’un en mesure d’arrêter le leader de l’APR, c’est véritablement le moment d’agir. Refusant le costume de chef de tout l’Etat, il arbore la tunique du chef de gang et mène le Sénégal tout droit vers le chaos. Cette horde de nervis, molestant et humiliant des citoyens dont le seul tort est de ne pas croire aux illusions que Macky SALL commercialise,va mettre le feu aux poudres.
« Des images ont montré des milices du pouvoir entraver, voire obstruer le travail de nos forces de sécurité régaliennes. Ceci constitue un précédent grave dont les conséquences pourraient être dévastatrices pour la paix et la cohésion sociale. (…) Nous interpellons le haut commandant de la gendarmerie et le Directeur général de la police pour qu’ils prennent leurs responsabilités face à l’histoire et au peuple sénégalais. Un appel fort à toutes les forces vives de la nation à se mobiliser contre ces agissements. Car, il ne faudrait jamais en arriver à un point où les citoyens organiseront eux-mêmes leurs systèmes d’autodéfense ». C’est le mouvement “Y’en a marre” qui sonne cette alerte après avoir constaté, à l’instar de tous les Sénégalais, que le président SALL se déplace avec de gros bras qui sèment le chaos partout où il passe. Des nervis armés de gourdins et autres barres de fer molestent tous ceux qui essaient de manifester leur mécontentement. A défaut d’applaudir le président, il faut faire profil bas pour ne pas se faire tabasser sous regard impuissant des forces de l’ordre. Par la magie des réseaux sociaux, ces images ont fait le tour de la planète, confortant la place du Sénégal dans le cercle élargi des républiques bananières.
C’est à ce niveau de délabrement avancé que le leader de l’APR a ramené la démocratie sénégalaise qu’il a complètement défigurée. Des décennies après le parti unique, notre pays est désormais sur orbite, tutoyant la pensée unique qui exalte les bienfaits que Macky SALL n’a pas fait. Ainsi, l’opposition réduite en plusieurs expressions, la presse mise sous perfusion, il reste à Macky SALL la domestication de ce peuple qui l’a honni.
Si cette tournée était réellement économique, les responsables de l’APR n’auraient pas besoin de mobiliser des centaines de millions pour exporter des applaudisseurs. Sans t-shirt, ni per diem, les populations allaient se précipiter vers celui qui leur apporte changements et meilleures conditions d’existence. Ce fut tout le contraire. En l’espace de quelques heures la population du Fouta a doublé. Des bus remplis de militants occasionnels venant de partout ont envahi la cité. Pourtant, en dépit de ces moyens colossaux utilisés, le président SALL a vu rouge. Lui qui se disait allergique à cette couleur, suscite maintenant le même sentiment de rejet.
Arrivé au pouvoir en passant entre les mailles du filet du mécontentement de ses compatriotes qui ne voulaient plus de son prédécesseur, le président par défaut est désormais démasqué. Les Sénégalais ont maintenant compris qu’il est un politicien professionnel dont les priorités sont à chercher dans les résultats du prochain scrutin. Orientés dans une localité qu’ils n’ont, pour certains, jamais foulé du pied, les étudiants de l’Université du Sine-Saloum El Hadj Ibrahima Niass (USSEIN) du campus de Fatick ont compris que l’argent dilapidé dans les meetings que Macky SALL organise aurait pu servir à la finition de leur logement. Les populations du Fouta, pour qui le Conseil national de la sécurité alimentaire a dernièrement lancé un SOS annonçant la famine aux portes des départements de Podor et de Matam, ont compris que Macky SALL ne leur porte d’intérêt qu’après avoir fixé la date d’une élection.
Maintenant que tout le Sénégal scande “Tampi”, il est temps de prendre les devants afin d’encadrer le départ de Macky SALL qui ne tient plus qu’un pouvoir de transition. Et pour cela, le Mouvement pour la défense de la démocratie (M2D), très réducteur, ne saurait suffire. Il faut dès à présent lancer des “assises” à l’instar de celles qui se sont passées entre 2008 et 2011. Laisser les coudées franches à Macky SALL, c’est lui permettre de culbuter la pirogue, car se sentant noyé.


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